Comment virer émotionnellement schizophrénique en 2 étapes.

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Alors voilà une bonne recette pour faire virer émotionnellement schizophrène un interne en deux étapes :

Étape 1 :
Se débrouiller pour que l’interne qui finit sa garde à 22h vous déteste :

En se pointant aux urgences à 21h30, un dimanche soir, avec une fillette de 3 ans et lancer à l’interne avec hargne :
– J’en ai marre ! Je suis venue jeudi soir, on m’a dit « gastro-entérite ». Elle vomissait encore, alors vendredi on fait une échographie qui montre ce truc au nom barbare. Je m’inquiète. Qu’est-ce qu’elle a ma fille ? J’en ai marre !
Je suis un peu old-school : je tiens à ce qu’on me dise « Bonjour » avant de me chier dans les bottes.
J’examine la petite, fais une moue, balance à la mère :
– Vous êtes inquiète ? Vous pouviez venir vendredi après midi, samedi matin, samedi après midi, dimanche matin et dimanche après midi. Vous aviez sans doute une bonne raison pour ne pas le faire, en revanche je n’en vois aucune pour nous témoigner autant d’agressivité.

Prends ça dans les dents, Gaétan ! Faut pas chier dans les bottes à Bi-Bi !

Étape 2 :
Ensuite, quand l’interne est bien chaud, le retourner comme une crêpe avec une phrase…

La mère s’excuse, a les yeux qui s’embrument, dit avec une retenue formidable :
– J’avais peur de venir. Il y a deux ans, j’ai perdu mon fils ici. Cet endroit…

Je déteste comment notre métier nous rend émotionnellement schizophrénique, je veux dire : je déteste VRAIMENT comment notre métier nous rend émotionnellement schizophrénique.

(Les illustrations sont trouvées sur les réseaux sociaux où elles sont libres de droit ce qui n’est pas le cas sur CenterBlog. Si vous connaissez les artistes, on veut bien connaître leurs noms et l’afficher ! Redde Caesari quae sunt Caesaris)

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Un grand moment de solitude…

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I. est déjà passée là : Plutôt Charlotte aux fraises que madeleine ? et là : « Et demain, je dors. »

Le retour de I. !

Alors voilà les crématoriums (quelle entrée en matière !).

Les fours incinérateurs des crématoriums n’aiment pas les Pace-makers : ça les fait exploser. Quand un patient meurt et veut se faire incinérer, il faut toujours retirer le pace-maker. Dura lex, sed Lex !
Et revoilà… I. ! Notre interne gaffeuse bien aimée !
Elle est appelée dans les services pour constater un décès.
Le service est plein : un patient a déjà remplacé la patiente décédée. Le corps repose dans le couloir, sur un brancard.
– Elle a un Pace-Maker et elle a réclamé une crémation.
– Il faut lui retirer avant que la famille n’arrive. Tu l’as prévenue ?
L’infirmière :
– Dans 20 minutes.
La nuit, on est amené à mal entendre ou mal expliquer : I. pense avoir entendu que la famille serait prévenue dans 20 minutes. L’infirmière pense avoir expliqué tout autre chose…
Sachez qu’un Pace-Maker, c’est très difficile à retirer. I. essaye, elle tire, elle force, elle bande tous ses muscles.

Vous sentez venir le truc là ?

Se mettre à califourchon sur le corps de la patiente, c’est difficile à oublier.
Se faire surprendre dans le couloir à califourchon sur la patiente par sa famille… VRAIMENT impossible à expliquer.

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Les deux lois universelles qui gouvernent le monde.

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(Anecdote de M., l’écriture c’est moi, Merci !)

Alors voilà l’anecdote qui devait fatalement arriver un jour ou l’autre…

Mme F., 42 ans, aux Urgences. Avec son mari, ils ont joué à des jeux d’adultes et leur jouet de 24 cm s’est retrouvé coincé puis emporté dans le sigmoïde et le côlon de madame.

Sachez-le, deux lois universelles gouvernent le monde : celle de la Gravité et celle du Péristaltisme Intestinal.
La première dit que si vous jetez une pomme en l’air, elle vous retombe sur la gueule.
La deuxième dit que si vous vous enfoncez trop profondément un objet oblong dans l’anus le mouvement de votre côlon le fera remonter mais jamais ressortir (à bon entendeur…).
On opère madame. L’interne au chirurgien :
– On fait quoi du Sex-Toy ?
– Tu leur rends ! Il est à eux…

Une semaine après :
Mr F., époux joueur de Mme F., consulte aux urgences. Cette fois-ci, c’est lui. Dura lex, sed lex : même motif, même punition.
On opère monsieur. L’interne au chirurgien :
– On fait quoi du Sex-Toy ?
– Dis-leur qu’il a été perdu. J’en ai marre de voir leurs gueules.

Personne n’échappe aux deux lois universelles, je veux dire : VRAIMENT personne n’échappe aux deux lois universelles qui gouvernent le monde.

A lundi !

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À propos de la communication entre les Hommes.

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Petit souvenir de l’externat.

Alors voilà le détenu numéro 213 amené par la police. Agressé dans sa cellule. Bien amoché, le pauvre type. La médecin chef veut l’examiner, mais seule : hors de question qu’un policier assiste à l’examen et de toute manière le détenu est menotté au lit : « je ne risque rien » dit la Chef. Le gardien refuse net : il restera dans la chambre pendant l’examen. Non négociable. Le ton monte, personne ne veut lâcher l’affaire. On parle d’appeler l’administrateur de l’hôpital. Je me demande qui est le plus con de nous quatre : le détenu qui s’est mis dans une sale affaire, les deux autres concourant pour savoir qui a la plus grosse, ou moi, au milieu, totalement impuissant.
Je fais un pas vers le patient. La chef, le doigt levé, l’air sévère et catégorique :
– Tu attends B. !
Je regarde le patient en train de pisser le sang. Question : que se passe-t-il quand une force irrésistible rencontre une masse inamovible ?
Si vous aussi vous vous posiez la question, sachez-le la réponse est : « Tu attends B. ! » (À dire d’un ton sévère et catégorique avec le doigt levé).
Finalement, le gardien mettra un pied dans la chambre, l’autre dans le couloir et la tête hors du box, faisant semblant de regarder ailleurs.
Sur l’instant, je trouve cela stupide et puis… le patient, dans un murmure à peine audible, nous dit qu’il saigne aussi « derrière ».
La chef a eu raison : il faut connaître son patient pour pouvoir bien le soigner. Le détenu n’aurait jamais parlé en présence du gardien.

Mais ça a mis du temps.

Le monde des Hommes gagnerait, entre autres bienfaits, à un peu plus de communication, je veux dire : il gagnerait VRAIMENT à un peu plus de communication.

« À notre époque où on parle tant de communication, la vraie communication est poétique. »
Robert Sabatier. 

« C’est ben vrrrai ça, Bob, c’est ben vrrrrai… »
La mère Denis.

A demain ! P.S., petit concours, selon vous : que se passe-t-il quand une force irrésistible rencontre une masse inamovible ?

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Kaboom !

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Mon sujet de thèse : « modification des bébêtes dans le tu-tube digestif par d’autres bébêtes achetées en pharmacie : quel intérêt dans le traitement des maladies pas cools qui vous donnent mal au ventre et vous donnent l’impression de faire des lames de rasoir… »
À ce propos, vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire, à venir sur le site (déjà 340 000 visiteurs…) et cela signifie que vous êtes de plus en plus nombreux à me faire confiance pour notre réconciliation… Cela me touche et, comme je ne peux répondre à tout le monde, je vais écrire les choses avec pudeur et entre parenthèses (vous connaissez maintenant mon goût pour les parenthèses entre parenthèses…) ainsi que dans une police plus petite car il n’y a pas mieux qu’un petit voile de pudeur posé sur l’objet du désir pour mettre en relief le fameux objet, donc voilà : ((je vous aime aussi !))

Père castor, raconte-nous une histoire !

(Anecdote rapportée par Mahatma E., infirmier quelque part en France, conteur hors pair, qui a toujours su nous faire rire même quand on pensait ne plus y arriver. Tu es une grande âme ! PS : Mahatma a une toute petite tendance à l’exagération mais c’est aussi pour cela que nous aimons ses récits… l’écriture c’est moi. Merci !)

« Alors nous vl’à le chef, l’interne, l’ambulancier et moi appelés pour une défenestration du huitième étage. On est à fond : je ne sais pas ce qui traîne dans l’air, mais ce jour-là, bon dieu ce qu’on est à fond ! L’ambulancier ne conduit pas : il pilote, on est comme une team de super héros qui va sauver la veuve et l’orphelin. Arrivé au pied de l’immeuble j’attrape le scope (10 kg) le sac de réanimation (10 autres kg), on surgit dans le hall. Y a un ascenseur ! Pas d’ascenseur, dit le chef, s’il tombe en panne quand on est dedans le patient est cuit !
Ah oui, c’est vrai, le patient ! On va l’avoir celui-là ! Putain de bordel de Dieu, on va le récupérer ce défenestré, on va le ramener chez les vivants en le tirant par la corde du string s’il le faut !
On saute quatre à quatre les marches d’escalier, on court, on flotte, on glisse, on est des petits photons de lumière qui volent !
Enfin nous voilà, huitième étage, transpirant, suant mais enthousiastes et fiers d’avoir fait si vite, d’être là pour sauver ce pauvre type qui s’est pris pour un albatros. Une porte s’ouvre : une femme, petite, en tablier de cuisine, écarte largement ses bras et crie avec l’accent pied noir :
– EH BÉ, QU’EST-CE QUE VOUS FAITES LÀ ! Mon fils, il s’est défenestré, c’est en bas qu’il a besoin de vous !

Et E. de nous faire doctement :
– Vous voyez les enfants, il y a une morale à cette histoire…
Légère pause pour que nous, tous en cœur, fassions :
– Oh oui ! Dis-nous père Castor !
– Quatre personnes dans une même voiture peuvent cumuler plus de 25 ans d’études à elles toutes et pourtant être plus connes qu’une valise sans poignée.

J’adore les chutes qui ponctuent les anecdotes de Mahatma E., je veux dire : j’aime VRAIMENT les chutes de Mahatma E.

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Le secret de pourquoi je n’aurai plus peur des dobermanns.

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(Le sujet de ma thèse ? je vous le donne demain… Parce que c’est vous !)

Petit/Grand souvenir de l’externat…

Alors voilà le SAMU appelé pour un petit gars de 3 ans. Crise d’épilepsie. Lorsque nous arrivons, cela fait déjà 21 minutes que le petit convulse. Il a inhalé dans ses poumons tout son repas.
Il est en train de mourir.
Je ne vous parlerai pas de la mère choquée, des gestes héroïques de l’infirmière, de la détresse de C., un ambulancier, solide gaillard dont je croise le regard effondré.
Je vais vous parler du chien de ce petit gars de 3 ans, cet énorme Dobermann, mélange du chien des Baskerville et de la bête du Gévaudan.
Il nous accueille sans un aboiement, la queue entre les jambes, ouvrant le chemin.
Cinq gars débarquent chez lui mais le molosse ne bronche pas.
Pire, il pleure.
Il tourne/retourne derrière la fenêtre, nous observe autour du corps de son petit maître et il geint, il gratte, il gémit à n’en plus finir.
La catatonie de la mère, le courage de l’infirmière, la détresse de l’ambulancier… ça je ne peux pas vous en parler. Mais ce Dobermann monstrueux qui sait, déjà, que tout est fini, qui le sait avant nous-même, avant le destin lui-même, cela a quelque chose de déchirant et mystérieux, je veux dire : c’est VRAIMENT déchirant et mystérieux.
Quand nous emportons le petit corps de son petit maître, l’énorme bête renifle une dernière fois les pieds menus déchaussés par la mort.

Le retour de Chef Viking !

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Alors voilà Chef Viking appelé dans un camping où une jeune fille serait tombée : sa jambe ferait un angle de 90′ ce qui n’est ni physiologique, ni idéal pour courir le 100m. Anatomiquement, ça coince.
Le régulateur, par téléphone, à l’équipe déjà lancée sur la route :
– J’ai oublié de vous dire, y a une surprise…
En général, Chef Viking n’aime pas être surpris.
À l’arrivée au camping, un premier bonhomme, une bonne femme, trois enfants, une mamie, deux papis et finalement toute une foule.
– Bordel, ils sont tout nus !
Le régulateur :
– Surprise !
En général, Chef Viking n’aime pas être surpris. Surtout par des gens sans textiles…
– Venez docteur, venez, elle est là-bas. Elle avait froid alors on l’a couverte.
À cet instant de son récit Chef viking me regarde et dit : « j’ai vu la chose la plus drôle de ma vie. La jeune fille avait froid, ils l’ont couverte… Un pull. Posé en travers du ventre. En haut : rien. En bas : rien. Balcon et cave en plein courant d’air.
Après l’avoir stabilisée, pour rédiger mon observation, je me suis assis au pied d’un arbre. »
Il secoue la tête :
– Tu sais B., il y a une leçon à retenir en cas d’intervention dans un camp nudiste. La position assise est déconseillée. J’avais pas fini d’attraper mon stylo que tout un cercle s’était formé autour de moi : des papis, des mamies, des femmes, des hommes (beaucoup d’hommes. Trop…).
Un bobo par ci, un bobo par là, ils avaient tous quelque chose à me montrer. Mais c’est pas vraiment leurs petits bobos qui me sautaient aux yeux à cette hauteur-là. Jamais je n’ai été cerné par autant de pubis de ma vie. Crois-moi, c’est une image qu’on n’oublie pas. On aimerait, mais on ne peut pas.

« Ne t’assois jamais dans un camp nudiste, tu m’entends B. ? Ne t’assois VRAIMENT jamais dans un camp nudiste. »

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Le retour du Stakhanoviste ! Partie 2

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Suite :

Chef TIS! se tourne vers moi, je me lance :
– Alors Voilà Mr. H. 93 ans, resté au sol 16 heures avant d’être amené à l’hôpital. Il n’arrivait pas à se relever.
[info : dans le Syndrome de la Tortue, le patient est coincé sur le dos sans pouvoir se retourner. C’est pas très très bon pour la santé…]
Je termine ma présentation, plutôt satisfait. Chef TIS!, plutôt dubitatif :
– Ton patient, tu l’as mis par terre ?
– Pardon ?
Chef TIS!, comme si j’avais de la fêta dans les oreilles :
– EST-CE QUE TU AS MIS LE PATIENT PAR TERRE ?
Je pense : « Oui ! Je l’ai déshabillé, jeté au sol, fouetté avec une pelle en hurlant des chants militaires allemands après avoir mis ma combinaison Lapin en latex rose que les vieux de 93 ans adorent. »
Alors je dis :
– Non. Pou…pourquoi ?
Chef TIS!, change de ton et dit simplement :
– Ton patient, tu le mets par terre, tu regardes pourquoi il ne se relève pas et tu lui apprends. Comme ça, quand il retombera -et crois moi ils retombent toujours- tu lui auras appris à se relever. Ok ?
Dix minutes après : Mr H., affolé, allongé sur le dos, se tortillant sur le sol comme la tortue sur le sable. Comment me dépatouiller de cette situation ubuesque ? En faisant la seule chose sensée : je m’allonge à côté et, tous les deux, on apprend à se relever.

Erratum : si tu changes beaucoup de lettres à « pédagogie spartiate » cela fait « grands coups de pieds au cul riches en leçons de vie ».
Chef TIS! est un grand professeur.

La leçon du jour : avant de soigner celui qui boite, enfile ses mocassins.

Notre métier sert aussi à relever les gens qui sont tombés, je veux dire : notre métier sert VRAIMENT à relever les gens qui sont tombés. Littéralement.

(PS : je n’ai pas de combinaison Lapin en latex rose, c’est de l’humour. Et de toute façon, inutile de demander, je ne la prête pas, elle est à ma grand-mère.)
PS 2 : BiBi prépare officiellement sa thèse, donc si vous le voulez bien le WE ce sera relâche, on se retrouve lundi avec…. Le Retour du Chef  Viking !!

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Le retour du Stakhanoviste ! Partie 1

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(Anecdote racontée par A., mais j’étais là aussi ! Merci !)

(Le chef dont il est question est le même que dans « Stakhanoviste du toucher vaginal ». Si vous aimez les coups de pieds au cul, l’inventeur c’était lui!)
Le stakhanoviste du toucher vaginal…

Chef TIS! : pour les cinéphiles, cela veut dire « Chef This Is Sparta ! »

Alors voilà les externes en réunion. Grand messe du jeudi. Chacun présente 1 patient au chef TIS! .
Chef TIS! pratique la « pédagogie spartiate »(si tu changes beaucoup de lettres à « pédagogie spartiate » ça fait « grands coups de pieds au cul »…).
Chef TIS! fait peur : certains jours, faut pas le chatouiller, malheureusement pour nous, c’est souvent.
A. commence :
– On lui a fait une thyrodoido…thyrododo (elle bute)…thyroectododi… Bref, on lui a sorti la thyroïde.
Chef TIS! :
– On lui a QUOI ?
A., avec d’infinies précautions :
– On a retiré la thyroïde native du patient de la loge thyroïdienne, Professeur.
– On dit « thyroïdectomie ». Ça gagne si peu un externe qu’il ne puisse pas se payer une orthophoniste ?
Rire du sous-chef qui doit avoir la langue râpeuse à force de lécher des culs.
Moi, je pense : « Tagada ! Youpla Boum ! Allez ! On peut rien contre l’ambiance ! Allez ! Youpla Boum »
A. finit sa présentation.
Elle veut être urgentiste et les précautions langagières, les urgentistes s’en cognent un peu…
Elle sera une merveille de médecin, la A., le genre que vous serez content de voir tendre sa main par la fenêtre de votre voiture encastrée dans un platane.

Le professeur se tourne vers moi. Je pense encore  » Tagada ! Youpla Boum ! Allez ! On peut rien contre l’ambiance ! Allez ! Youpla Boum » et je me lance :
– …
La suite… Demain… et ça vaut le coup ! Croyez-moi…

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Ce « je-ne-sais-quoi » appelé « élégance française ».

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(L’histoire c’est L., l’écriture c’est moi)

Alors voilà L. : cheveux longs, rouge à lèvres, grand sourire, joli minois, fringues pas données. Manque juste la paire de Louboutin. Elle est ce que le monde entier nous envie : elle est une « femme française », digne représentante de ce « je ne sais quoi » que les américains nomment « l’élégance française » (à prononcer avec l’accent).
Elle explique à une patiente de 57 ans les principes de son examen.
– On va vous faire une coloscopie madame.
– Colo-quoi ?
– On met une fibre optique depuis le sigmoïde jusqu’au côlon gauche pour rechercher une anomalie.
– Une fibre-quoi ?
L. qui est d’une patience d’ange :
– Une caméra téléguidée dans le fondement pour voir si il y a un problème.
– Hein ?
L. à court de vocabulaire :
– Euh on va vous mettre un tube dans l’anus pour filmer l’intérieur ?
– C’est quoi l’anus ?
[la patiente a vraiment posé la question !]
– Euh l’anus c’est par là où vous évacuez… Où vous faites la grosse commission.
– Je ne comprends pas
– On va vous mettre un tube dans le trou du cul pour regarder si vos tripailles pissent le sang !
– Ah ! Ben fallait le dire ! Par contre mon mari m’a jamais fait ça alors bon courage ça doit être poussiéreux !

« L’élégance française » n’est pas la qualité la mieux partagée en France, je veux dire : « l’élégance française » n’est VRAIMENT pas la qualité la mieux partagée en France !
À prononcer avec l’accent.

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