Garder, emmêler, démêler, aimer, veiller. Aimer.

(L’anecdote c’est Isa, l’écriture c’est moi. Juste merci.)

Alors voilà le lieutenant M. qui est hospitalisé pour une leucémie.
À 45 ans.
Son bataillon vient lui rendre visite 1 fois par semaine. Le lieutenant L. tous les jours.
Ils ont fait tous les deux une guerre dans un pays exotique dont Isa ne se souvient plus. Peu importe : c’était loin, il faisait chaud, c’était la guerre. Ils se sont rencontrés là-bas, c’était il y a 25 ans, ils venaient d’intégrer l’armée.
Lieutenant M. a sauvé la vie du lieutenant L.
Là aussi, Isa ne se souvient plus : il y a des milliers de façons de sauver la vie de quelqu’un pendant un conflit, au moins autant de façons que de la prendre.
Lieutenant L. vient donc tous les jours :
– Pensez-vous qu’il y a encore une chance ?
Ou :
– Est-ce qu’il n’y a pas des traitements expérimentaux à essayer ?
Ou :
– Pourriez-vous lui apporter une couverture supplémentaire ?
Le lieutenant L. est là : il monte la garde et veille.
Garder.
Veiller.
Un jour, Isa entre sans frapper.
Lieutenant M. et lieutenant L. se tiennent la main.
Les mains de M. et L. emmêlées se démêlent.
Emmêler. Démêler. Aimer.
Isa ressort.

Il y a la guerre et ceux qui la font. Et puis il y a de l’amour. Parfois inattendu. Parfois interdit. Mais de l’amour, oui, de l’amour en toutes choses.
Garder, emmêler, démêler, aimer, veiller. Aimer.
Aimer.
Vraiment.

(Les illustrations sont trouvées sur les réseaux sociaux où elles sont libres de droit ce qui n’est pas le cas sur CenterBlog. Si vous connaissez les artistes, on veut bien connaître leurs noms et l’afficher ! Redde Caesari quae sunt Caesaris)

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Le secret de pourquoi les médecins sont pessimistes.

(L’histoire c’est O. interne déjà rencontré dans le post ci-dessous. L’écriture c’est moi. Merci vieux frère !)
Les pieds où il ne faut pas

Alors voilà O., 25 ans, tout jeune interne en cardiologie. O. est une personne fraîche : toujours enthousiaste, toujours à voir le bon côté des choses.
En un mot : optimiste. En deux mots : très optimiste.
Il reçoit une patiente de 82 ans aux urgences. À priori rien de grave. La patiente est « stable », pas inquiétante.
La famille demande le pronostic à O.
Mauvaise pioche.
O. répond tel qu’il est en lui-même : avec enthousiasme et optimisme. Il est rassurant (trop ?) mais il est jeune, il apprend son métier et s’apprête à recevoir une leçon magistrale : il arrive cette série de petits événements mystérieux et imprévisibles qui font qu’une personne s’efface du monde en l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit, tel l’Atlantide.
Chaque être humain est une île qui mérite le voyage. L’île « Mamie » est submergée.
La famille envoie une lettre, promet un procès à O. Non parce qu’il a mal fait le job, mais parce qu’il a promis la guérison là où la mort est survenue.

Nos patients nous changent. Surtout ceux qui meurent.
Aujourd’hui, O. est nettement moins enthousiaste et optimiste mais plus blasé et plus cynique.
La leçon à retenir ?
Toujours être pessimiste : si cela se passe mal, les familles nous remercient de les avoir préparées au pire. Si cela se passe bien, la famille nous remercie d’avoir sorti le patient d’une situation dramatique et VRAIMENT très grave.

« En l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit funeste, l’île d’Atlantide fut engloutie sous l’eau et disparut »
Platon, Timée. 

« En l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit funeste, l’île Mamie fut engloutie et l’enthousiasme d’O. disparut.  »
B.

La phrase exacte de O. à la famille la veille de sa mort :
« Quand on voit votre grand-mère, on se dit que la doyenne de l’humanité a du souci à se faire ! »

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Vol au dessus d’un nid de coucou.

Alors me v’la appelé à la rescousse de l’interne en psychiatrie qui doit faire un sondage urinaire mais : « je sais pas comment faire » me dit-il.
Il m’accueille : à la main un trousseau de clefs gros comme celui de Passe-Partout dans Fort-Boyard (là, j’aurais dû flairer l’embrouille), il ouvre une porte, la referme, long couloir, ouvre une porte, la referme (je commence à paniquer : pourquoi toutes ces portes, pourquoi toutes ces clefs ?).
Chambre 7 : les murs sont maculés de taches noires, ça sent mauvais, le patient est attaché sur le lit. Il gémit (ou grogne, bref : il « gromit »). Ça fait mal, un globe urinaire !

[Je dois vous dire : à l’époque je suis en stage de gériatrie, j’ai pris la mauvaise habitude (parce que ça les rassure) de poser la main sur l’épaule des vieux patients avant de faire un geste invasif et douloureux.

Vous sentez venir le truc là ?]

Moi, enthousiaste :
– Bonjour ! Je m’appelle B., je vais introduire ce minuscule —en fait pour ceux qui n’en ont jamais vu, c’est énorme !— tube en caoutchouc dans votre urètre afin d’évacuer l’urine qui distend votre vessie et vous fait si mal !
Lui, regard fixe du psychotique sous neuroleptiques :
– Ne retouche plus JAMAIS mon épaule. JA-MAIS.
Là, plusieurs idées se bousculent chronologiquement dans ma tête :
1- « Od€2@48€€131416jasdaaaarrrhhhh »
2- Jésus, Bouddha, Moïse, Ghandi, Krishna, Superman, Maman…
3 – Ça alors ! Les tâches noires sur le mur sont en fait des morceaux d’excréments écrasés.
4 – Si ça le gêne que je touche son épaule, c’est qu’il n’a pas dû comprendre ce que j’allais faire à son urètre.
5 – J’ai pas oublié d’éteindre la lumière de la cuisine en partant ce matin ?
6 – C’est dingue toutes ces clefs et toutes ces portes !
8 – C’est où, déjà, l’urètre ?
7 – Maaaaamaaaan !

Parfois mon métier me fait un peu peur, je veux dire : parfois mon métier me fait VRAIMENT un peu peur.

« Il y a toujours du bon dans la folie humaine »
Villiers de l’Isle-Adam.

« Not today. »
Syrio Forel, Game of Thrones.

A ce propos, j’ai eu la chance de voir le spectacle musical ci-dessous qui parle de la maladie psychiatrique et de l’hôpital psy de façon humaine et touchante, je vous le conseille : http://www.lesinstantsvoles.fr/

Mme S.

(L’histoire c’est B., l’écriture c’est moi. Juste Merci !)

À l’hôpital il y a CEUX qui donnent et CE qui vole.

Alors voilà Mme S. 48 ans, hospitalisée pour fausse route avec pneumopathie d’inhalation. Depuis dix ans elle souffre d’une maladie de Steinert, saloperie dégénérative qui change vos muscles en soupe et vous métamorphose en poupée de chiffon.

Ils sont trois à devoir porter Mme Steinert après qu’elle ait déféqué sur la chaise percée : l’aide soignante, l’infirmière, B.
Le corps humain est fait de 70% d’eau. Pour Mme Steinert, je pense que Dieu a rajouté du plomb.

Du plomb et pas mal de déveine.

B. va voir le neurologue, il veut son avis sur Mme Steinert. Il le lui donne.
B. se tourne vers le pneumologue, solliciter son expertise sur la radio de Mme Steinert. Il le lui donne.
B. va parler de Mme Steinert au Chef afin d’obtenir un conseil. Il le lui donne.
Finalement, l’aide-soignante dit à B. : « pourquoi l’appelles-tu Mme Steinert ? Elle s’appelle Mme S. ! »

[…]

Depuis le début de la matinée B. a confondu son nom, à consonance germanique, avec celui de sa maladie.

[…]

Depuis le début de la matinée B. est allé voir différents spécialistes qui ont donné de leur temps et de leur connaissance pour elle. Ils ont donné.

[…]

À l’hôpital il y a CEUX qui donnent et CE qui vole.
Les infirmiers, les aides-soignants, les médecins donnent.
La Maladie vole.

Depuis dix ans, la maladie de Steinert a tout volé à Mme S. : sa vie de femme, sa vie de maîtresse, sa vie sociale, son corps, sa dignité, son droit de se torcher toute seule ou de manger sans suffoquer.

Ce matin, la maladie lui a aussi volé son nom.

[…]

Elle s’appelle Mme S.
Je veux dire : elle s’appelle VRAIMENT Mme S.

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La Mort, Nana Mouskouri, Maman et le déodorant Wizard.

Alors voilà Maurice qui a fait un arrêt cardiaque. Dans la voiture qui file à fond de train à travers la ville, je demande son âge :
– 45 ans.
– Aïe…
(Mot stupide s’il en est pour désigner la situation d’un homme de 45 ans en train de mourir : Aïe…).
À côté de moi, E. l’infirmière.
Depuis ce matin, je l’appelle Maman. Dans le service, quand une collègue tombe enceinte je l’appelle Maman.
Pourquoi ?
D’abord c’est drôle, ensuite ça leur rend service : je les habitue au rôle magnifique qui les attend.
[petit aparté : réfléchissons-nous suffisamment combien ce mot de « Maman » est beau ? C’est le seul mot qui, s’il est crié très fort dans la rue, a le pouvoir de faire se retourner toutes les femmes… ou presque].
Nous étions donc quatre : le chef, l’ambulancier, Maman et moi.
Et Maurice qui, avant de s’écrouler, a vomi absolument partout. Je masse Maurice, les genoux dans les vomissures, l’estomac dans les talons.
Une image idiote me traverse l’esprit : Nana Mouskouri en train de chanter « quand tu chantes, quand tu chantes, Wizard »
PSHITT ! PSHITT !
Tout est bon pour prendre de la distance, même Nana Mouskouri.
Je masse.
« Il parfume, il créait l’ambiance, Wizard »
PSHITT ! PSHITT !
Maman, en train de préparer ses perfs, est blanche comme un linge :
– Je crois que je vais vomir. D’habitude le vomi, ça ne me fait rien, mais là…
Elle porte la main à son ventre.
Moi, à ce moment précis, je pense :
1- Tiens ! Maman a des nausées !
2- Et merde ! Nana Mouskouri ne fait plus effet (on ne peut pas compter sur les grecs…),
3- Oh, oh… je suis dangereusement en train de me laisser envahir par l’idée que j’ai sous les mains un monde de tristesse en devenir.
Je fais donc la seule chose sensée : mes pensées se jettent sur les nausées de Maman comme un miséreux sur du bon pain.
Maman a envie de vomir… C’est génial ! Elle a envie de rendre son déjeuner… C’est fantastique ! Elle va retapisser mon paysage avec son bœuf-bourguignon à moitié digéré… Vive les nausées de Maman !
Et je m’en réjouis, et je m’en émerveille, et je m’en ragaillardis.
Parce que ses nausées à elle, ses nausées de Maman, elles sont une bonne nouvelle, je veux dire : ses nausées sont VRAIMENT une bonne nouvelle en devenir.

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Père Castor, raconte-nous une histoire ! Le clown triste.

(L’histoire suivante est soumise à caution : Père Castor nous l’a racontée à 2 heures du matin, après une intervention SAMU extrêmement tragique. Peut-être a-t-il enjolivé les faits, peut-être était-ce un chat plutôt qu’un tigre, peut-être le patient n’avait-il perdu qu’un ongle et pas le bras… Qu’importe, cette histoire a eu le mérite de nous faire rire aux larmes à un moment où les larmes, justement, n’étaient pas loin de couler. Et cela, c’est aussi une forme de réconciliation…
Je vous souhaite à tous une bonne journée… Je ne peux répondre à tous les mails mais ils me touchent tous… Merci et prenez soin de vous… B.) 

Alors voilà E. et l’équipe SAMU appelés dans un cirque à cause « d’un petit incident avec un tigre ». Vous jugerez de la pertinence d’une telle litote : pas sûr qu’il existe vraiment de « petit » incident quand on parle d’un tigre.
E. :
« Nous arrivons et là : un nain fanfreluché qui court, une femme gigantesque serrant contre elle un lama, une centrifugeuse fonctionnant toute seule qui envoie des boulettes de barbe-à-papa dans l’air et, par terre, un morceau de steak qui traîne. Ah, non, en fait, c’est un bout d’avant-bras. Débarque un petit gros barbu, habillé en vicomte, qui dit « suivez-moi, suivez-moi, il saigne ». On ne l’a pas contredit parce que, avec ce bout d’avant-bras sur le sol, ça nous paraissait plus que vraisemblable que quelqu’un saigne quelque part. Le Vicomte ouvre une tenture et on voit, étendu sur de la paille, Bozzo le clown, dont le moignon fait « Pshiiit-Pshiiit » telle une canette de coca secouée. Son maquillage dégouline, il pleure, il gémit, il hurle, une femme en tutu rose (sa femme ?) pleure aussi, derrière eux une cage avec un tigre gros comme un autobus qui feule en direction du clown. Le vicomte de dire :
– Il a encore faim ce con !
Je me suis dit que c’était normal puisque le lambeau d’avant-bras était resté par terre, juste grignoté, et qu’après ce qui s’était passé, personne n’avait dû penser à donner son repas du soir au félin. »

((((Là, j’ai toujours douté de la véracité de la chute mais E. y mettait tant de conviction que je vous la livre quand même.))))))

Et E. qui nous fait, en ménageant du suspense pour son auditoire :
– Mais savez-vous ce qui m’a le plus marqué cette nuit-là ?
Nous, tous en cœur et au cœur de la nuit :
– Oh non ! Dis-nous père Castor !
– Il avait gardé son faux nez rouge ! LE CLOWN AVAIT ENCORE SON FAUX NEZ ROUGE !

J’adore les anecdotes de Mahatma E., je veux dire : j’aime VRAIMENT les anecdotes de Mahatma E.

PS : le clown triste avait voulu caresser le tigre en passant son bras à travers la cage, que cela nous serve de leçon à tous, surtout ceux qui ont un tigre à la maison.

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La Marseillaise, mes beaux yeux verts, Findus et ma…

Alors voilà qu’en revenant d’une intervention SAMU particulièrement difficile, ma co-interne décide de me remonter le moral.
L. (mais je l’ai surnommée Frottis pour des raisons que vous préférez ignorer) m’attrape par le coude et me dit :
– Allez viens, j’ai une patiente qui chante.
Mme Q., 89 ans, démente, dans sa chambre, nous accueille en entonnant la Marseillaise.
– Allons enfants de la patrie ! Etc…
Là, gros pétage de plomb, je me mets à chanter avec elle, main dans la main. Frottis aussi. Alors Mme Q. nous prend au dépourvu et attaque « Ah le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles » dont je ne connais pas les paroles.
On essaie de la suivre mais on fait du yaourt. Ambiance. Finalement Mme Q. s’interrompt, me regarde fixement, approche son visage du mien et crie :
– Oh ! Qu’il est beau ! Mon dieu qu’il est beau !
Moi, après l’intervention un peu dramatique, je me réjouis de plaire à une Mamie démente de 89 ans… Il n’y a pas de petit plaisir dans la vie (comme disait Monsieur Oblique-Bosse-Canne).
– Ces yeux verts ! De beaux yeux verts, ça oui…
Et là, devant l’équipe et BiBi pas peu fier d’avoir de beaux yeux verts :
– À mon avis, il a une toute petite queue !
Éclat de rire général. Et Mme Q. de faire une description anatomique détaillée de l’appareil reproducteur de votre serviteur.

Je n’aime pas comment la démence sénile ramène l’être humain à ses fondamentaux.

P. S. 1 : depuis cet épisode, je mange des lasagnes Findus. Tout est rentré dans l’ordre. Je peux témoigner : il y a, VRAIMENT, du cheval dedans.

P. S. 2 : le Post Scriptum 1 est de l’humour : aucune Lady ne s’est jamais plainte de BiBi (Spéciale dédicace à L., alias Frottis, et notre running-phrase : « La bosse sous ma blouse ? C’est parce que ma sœur est noire ! »   Comprenne qui pourra…)

L’enfant qui savait d’où il venait.

(L’anecdote c’est L. L’écriture c’est moi. Juste Merci !)

Alors voilà, il s’appelait Henry, ou Léa, ou peu importe c’était un enfant et il aurait eu 10 ans dans un peu moins d’une semaine.
Un samedi.
Il est parti faire du poney multicolore à cause d’une maladie du sang, une leucémie.
Vous auriez adoré ce gamin. Il n’était pas comme les autres enfants de son âge : il n’aimait pas les voitures, détestait le base-ball ou les dinosaures. Par contre, il se passionnait pour la généalogie.
C’est une lubie inhabituelle chez un enfant de dix ans.
Un jour, il montre à l’interne l’arbre généalogique qu’il a dressé avec patience durant ses longues heures d’hospitalisation.
Il est fier de lui.
Savez-vous ce qu’il affirme avoir découvert ?

Peut-être faites-vous non de la tête, peut-être vous mordez-vous la lèvre supérieure.

Henry dit détenir la preuve que sa famille descend en droite ligne d’Adam et Eve. Et cela, pour lui, c’est une certitude.
C’est étrange, n’est-ce pas ?
Avoir la certitude de savoir d’où on vient et hériter d’un destin qui ne vous mène nulle part.

Je veux dire c’est VRAIMENT étrange.

Regarder les gens dans le Métro.

Dédramatisons l’affaire des fautes d’orthographe : corrigez, c’est important, mais ne vous prenez pas la tête entre vous pour ça. Ce n’est pas l’objectif du blog. Et dédicace à Sarah qui se reconnaitra, fidèle lectrice et fidèle correctrice.

P.S. : j’avais dit « pas de posts cette semaine » mais vous me manquiez !

Regarder les gens dans le Métro.

Allora Ecce les gens dans le Métro.
Roma, Statione Termini. 7h20 du matin, très tôt (ou très tard selon ce qu’on a fait la nuit).

Une jeune fille, assise, studieuse, stylo en main et bouton de fièvre sur la lèvre. Deux possibilités : soit le stress lui a fait sortir son herpès, soit elle a embrassé Bidule en boite qui a partagé son virus. On ne peut rien contre la générosité.
Un homme entre dans la rame. Série de petits grains de beauté rougeâtres.
Ressemblent à un Sarcome de Kaposi.
Peut-être rien, peut être une belle histoire d’amour qui a mal tourné.

Un homme habillé en loques. Beaucoup de pellicules, couperose prononcée et démarche hésitante. Il se penche plusieurs fois vers l’avant en grimaçant. Alcoolisme chronique, probablement pancréatite chronique associée. Pourquoi en est-il là ? À l’hôpital je le demande à mes patients, mais là…

Un homme, la cinquantaine, colle les pages de son livre sur son nez : devrait faire un tour chez l’ophtalmo, ses lunettes ne le corrigent plus suffisamment.

Jeune de 12 ans, gynécomastie discrète : la puberté arrive. Son grand frère plein d’acné, la puberté a déjà commencé. Y a des parents qui vont morfler…

Deux types d’endroits sont propices aux méditations : les centres commerciaux et le Métro (et la Sixtine mais elle est fermée en ce moment et elle est hors concours).

Les centres commerciaux parce qu’on s’y pose beaucoup de questions existentielles : plutôt Figolu ou Granola ? Quel est le sens de la vie ? Colgate citron ou Vadémécum Fluor & Plantes ? Dieu existe-t-il ?

Le Métro, parce qu’on y est immensément seul parmi  la foule.

Je ne sais pas si dieu existe mais il y a les gens dans le métro. Il faut les regarder : ils ont vraiment des histoires à nous raconter.

(Les illustrations sont trouvées sur les réseaux sociaux où elles sont libres de droit ce qui n’est pas le cas sur CenterBlog. Si vous connaissez les artistes, on veut bien connaître leurs noms et l’afficher ! Redde Caesari quae sunt Caesaris)

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Martine en vacances et B. à Rome.

Photographie de Pol Ubeda Hervas (Merci à Flexable pour la trouvaille).

Salut à tous et toutes…

Étant en vacances dans la ville éternelle (rien à voir avec le conclave, je viens juste faire monstrueusement la fête…), ce sera relâche cette semaine (ou pas…). J’espère que vous comprendrez.

En tout cas il pleut à Rome…

j’ai bien lu vos commentaires sur les fautes d’orthographe, j’ai cherché une bonne excuse à vous donner. Je n’en trouvais pas alors je me suis dit « dis-leur la vérité »; Avec des parenthèses entre parenthèses, il va sans dire !

((((Alors voilà, vendredi dernier c’était le 8 mars et c’était la journée de la femme : j’étais donc vraiment très occupé !)))))

La bise à tous (((et toutes))),

Prenez soin de vous…

B.