Les enfants, les tribus et les grenouilles.

L’histoire c’est B., alias Titou, interne en pédiatrie, l’écriture c’est moi. Merci !

Si vous voulez raconter : c’est ICI !

Alors voilà Alexandre avait six ans. Il est venu avec maman, un ours en plastique dans chaque main et des douleurs abdominales.
– Tu as mal où ? demande Titou.
Alexandre montre le téton droit en plissant les lèvres. La mère dit que c’est le ventre. Souvent les enfants montrent le téton quand ils ont mal ailleurs. Le téton, ou le bras, ou la cuisse… Bref, ne jamais croire un gamin (mais qui a inventé l’expression “la vérité sort de la bouche des enfants ?”. Sûrement un enfant…).
– Tous les mois c’est pareil. Pendant deux/trois jours, il a mal.
On fait des examens au gosse. Une batterie. Des échographies. Des prises de sang. Des rendez-vous avec le spécialiste. Rien. Nada.
– Tous les mois, vous dites ?
– Tous les mois.
– À la même période ?
– À la même période.
Titou est dubitatif. Mais qu’est-ce qu’il a, ce gosse ?…
Alors Titou de souvient d’un reportage qu’il a vu la veille sur Arte et qui parlait de grenouilles et d’hormones.
– Il a combien de sœurs ?
– Quatre, répond maman.
– Elles sont réglées ?
– Oui.
– À peu près au même moment dans le mois ?
– Oui.
– Elles ont mal ?
– Elles ont leurs règles. Bien sûr qu’elles ont mal !
(((((Assertion discutable, mais dite en ces termes là alors je retranscris…)))))
– Il me vient une idée idiote. Est-ce que, par hasard, les douleurs d’Alexandre apparaissent au moment où vos filles sont réglées ?
La mère s’étonne.
– Ben maintenant que vous le dites, c’est au même moment, oui.
– On va faire quelque chose : chaque mois, quand vos filles ont leurs règles, vous leur demandez de prendre leur anti-douleur discrètement et de dire devant le petit qu’elles n’ont pas mal. Ça vous va ?
– Heu… Oui, d’accord.

Ils ont fait comme ça et ça a marché. Les filles ont dit qu’elles n’avaient pas mal et les douleurs du petit ont disparu. Plus rien. PFFFF ! Envolées !
Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour appartenir à une tribu ! Je veux dire qu’est-ce qu’on ferait VRAIMENT pas pour appartenir à une tribu !

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74 réflexions au sujet de « Les enfants, les tribus et les grenouilles. »

  1. heliotrope

    on dirait que ce sont les neurones miroirs (cf Dr Oughourlian) !
    ceux qui nous font copier tout ce qui se passe autour de nous !
    histoire délicieuse, merci

  2. saur

    chaque mois! à moins que tu n’aies un dédoublement de la personnalité?
    Il n’y a pas longtemps que je sais cette assertion discutable: il y en a elles ne connaissent pas leur chance!

    1. Cath

      Comment ça ” assertion discutable ” ?
      Ça fait mal à se tordre oui ! À s’évanouir même ! A avoir la trouille de les avoir ces trucs – pour ne pas dire un autre mot – Des anti-douleurs efficaces ? Jamais eu.
      Le seul truc qui ait marché ? Deux litres de jus d’orange d’un coup à l’approche des dates fatidiques. Et des médecins qui n’ont jamais compris pourquoi ça calmait et ça permettait de tenir le coup.
      Il y a des femmes qui ont de la chance et qui ne souffrent pas, et j’en suis heureuse. Mais de grâce, qu’on ne qualifie pas cette douleur atroce d’assertion discutable. Je pourrais en concevoir de l’humeur.

      1. Libellule

        Cath,
        j’avais compris que l’interne trouvait discutable de trouver cette douleur normale et/ou qu’il savait que cela concernait certaines femmes mais pas toutes. J’espère ne pas me tromper (sinon c’est un gros beauf…) !
        Ayant vu avant-hier dans l’émission médicale quotidienne sur la 5 toutes les difficultés de diagnostic de l’endométriose chez les femmes (hyper douloureuse au moment des règles), j’espère que ton médecin a vérifié cela pour toi ? Apparemment certaines de ces femmes étaient suivies en centre anti-douleur… En tout cas je suis désolée pour toi.

        1. Cath

          Vu comme ça, je comprends mieux, effectivement.

          Pour le reste, rien. Ungros c… de docteur qui trouvait la douleur normale pour une femme ( même une petite fille) en rigolant… Eh oui, le genre plombier de bénitier.

          Enfin, pas la peine d’y revenir.

          Merci pour la clarification. Je fatigue un peu là.

          1. Libellule

            ça nous arrive à tous de fatiguer.
            désolée pour le médecin ignoble de ton adolescence, malheureusement il y a des blaireaux dans tous les métiers… cela fait peu de temps que la douleur est prise en compte, et encore pas partout ni par tous.

  3. marie

    le numéro cinq , attendu avec amour pour être garçon après quatre soeurs et ressentir les affres des menstrues par empathie…je sens déjà sur ses petites épaules le poids du “tu seras un homme mon fils!” ne lâches rien Alex

  4. Lise

    Dans le genre, j’ai un petit bonhomme à la maison qui se plaint très souvent d’avoir mal au dos depuis quelques mois, tout comme sa maman 😉
    Et à contrario, j’espère ne pas passer à côté de quelque chose !

    N’empêche, bravo à Titou pour ce diagnostic étonnant … et à ARTE pour ses reportages sur les grenouillles !!!

    La bise à tous.

    1. Cath

      A propos de grenouilles, un copain de retour des States m’a envoyé ceci en anglais, mais c’est quand même marrant (rien à voir avec le fait que je sois française et que je me sois occupée de la question, ou que je sois incapable de prononcer certains mots sans que l’audience se torde de rire).

      http://www.youtube.com/watch?v=RDTFubGGFzw&sns=em

      Cela dit, je n’ai toujours pas compris pourquoi on causait de grenouilles dans le reportage, mais là n’est pas la question, je crois.

  5. Julie

    ” C’est l’histoiiiiire de Grumpy ! Tadada lala lalala !” Cette image me fait ma journée.
    Le petit garçon qui s’identifie à ses soeurs, c’est chou, mais il va lui falloir un peu de travail afin de trouver sa place dans la tribu ! Je me souviens avoir voulu faire comme mon grand-frère quand j’étais petite: faire pipi debout…quelle expérience !! Ma mère s’en souvient encore.

      1. Julie

        En effet… il a suffit que je “m’équipe”, car trop petite pour être bien en face de la cuvette. Bref, les enfants sont débordants d’imagination. 😉

  6. Mamzelle B.

    Bonjour !
    De 1, la photo n’avait même pas fini de s’afficher que je riais déjà.
    De 2, l’anecdote est très jolie.
    De 3, j’avais entendu dire qu’il arrive que des femmes vivant sous le même toit “synchronisent” leurs menstruations mais je n’ai jamais rencontré le cas. Nous étions 4 à la maison et, à ma connaissance, ce n’est jamais tombé en même temps, même pour seulement deux d’entre nous. (Oh mon Dieu ! Nous étions anormales, c’est ça ?!) 😀
    Merci pour cette pause drôlatique, quoique sans doute moins du point de vue du garçonnet : simulait-il consciemment ou somatisait-il ?
    A bientôt, Dr B.

      1. Mamzelle B.

        Euh.. Comment dois-je le prendre ? … Est-ce la possibilité que nous soyons anormales qui est intéressant ou ma dernière question ? (et une ola à moi toute seule pour mon esprit tordu, une !)
        J’ai cru que vous alliez ajouter : “Allongez-vous là et parlez-moi de votre mère.” 😛
        Bises à vous aussi.

    1. Cath

      Jean Auel le décrit dans sa saga sur la préhistoire. Et je me souviens de l’avoir lu également, mais je ne sais plus si les phases lunaires avaient un impact ou non.
      Finalement, peut-être qu’il y a synchronisation chez les grenouilles ?

    2. elwynn

      internat de jeunes filles pendant 6 ans, collocations entre filles, a chaque fois mon cycle est perturbé et se synchronise plus ou moins sur les autres. le pouvoir des pheromones 🙂

      l’homme est un animal comme les autres.

    3. Lizik

      Et bien moi je le confirme, quand j’étais étudiante je me suis mise en colocation avec 3 autres amies. Au début on avait pas nos règles au même moment, et au bout de quelques mois effectivement on était 3 à les avoir en même temps (et l’autre pas loin derrière)! Oh miracle de la nature. Par contre si je me souviens bien 2 sur les 3 qui avaient leurs règles en même temps prenaient la pilule… il y a donc quelque chose à élucider!?

  7. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Sympa le petit Alexandre de vouloir faire parti de la tribu, mais tu m’étonnes le pôvre ! 4 nanas et une mère. Pas facile tous les jours sûrement ……
    la bise

  8. Marina

    Il me semble que c’est toi qui a nous a rappelé un jour que “l’homme est une femme comme les autres”, non ? A chacun de trouver sa place du mieux qu’il peut. Chapeau à Titou d’avoir ’empathiser” (oui je sais ça ne se dit pas, c’est moche mais c’est comme ça que je le pense :p ) et d’aimer les grenouilles .

  9. dars

    Je te lis depuis longtemps et j’adooooore !!
    Ma 2ème copie tout sur sa soeur (juste 17 mois de plus), j’ai mal aux oreilles et j’entend rien (sa soeur a eu des drains déjà 6 fois…), je vois flou (sa soeur a des lunettes depuis quelques mois), j’ai mal à l’épaule (j’ai mal à l’épaule depuis 6 mois)….
    Bien vu l’interne de pédiatrie !
    Merci !

  10. annaick

    Au sujet des règles douloureuses, ma sœur aînée se tordait de douleur chaque mois, je n’en n’ai jamais souffert….Je devais manquer d’empathie ! Et je pense que plus elle avait peur d’avoir mal, plus elle souffrait. La sophrologie n’aide pas dans ces cas ?

    1. Libellule

      … et il n’a pas tord (enfin, ça dépend des moments, quand on vous refuse un emploi parce que en tant que femme c’est sûr vous attendez juste d’avoir un job pour “faire un enfant dans le dos” à votre employeur, c’est pas cool).
      mais ça doit être cool aussi d’être un garçon !

      1. Mvuninn

        Cela devrait être aussi cool d’être un garçon que d’être une fille.
        Et, si cela lui fait envie, mon neveu aux longs cheveux bouclés devrait pouvoir porter des jupes, ou des robes. Après tout, ses sœurs portent bien des pantalons !

        1. Libellule

          Oui ! Il y a des peuples où la robe et la jupe ne sont pas réservés aux femmes. Et si son envie perdure et que notre société n’évolue pas (ce qui serait bien triste), il pourra toujours selon ses envies porter virilement le kilt en Écosse, ou partir en Polynésie où il sera considéré positivement comme un Mähü.

  11. anne

    Je me souviens qu’à 21 ans j’ai fini aux urgences pour des douleurs intolérables à la tête. L’interne de garde (et je n’ai rien contre les internes…. au contraire, je revendique la formation par alternance, le meilleur moyen d’apprendre le métier, quel qu’il soit) m’avais prescrit du Valium.
    J’avais réussi à lire à l’envers sur le dossier qu’il remplissait : anxiété +++
    Ma tante venait de mourir d’une tumeur au cerveau quelques jours auparavant. Avec ce p…. de Valium, je suis restée scotchée 3 jours sur une chaise. Si j’avais rencontré un interne comme Titou, j’aurais évité cet abrutissement inutile, et nous aurions parlé….. Souvent le meilleur des remèdes.
    Longue vie à Titou ! et à toi Baptiste !

    1. marie

      le cerveau décompresse…méga stress = méga mal de calbasse, j’ai eu des périodes où systématiquement le week-end j’étais clouée par des maux de tête + nausées du feu du diable , le lundi arrivait et là plus de marteaux piqueur j’aime bosser mais quand même…explication des années plus tard… la tension et le stress du travail la semaine se carapataient telles les Valkyries quand je passais en mode détente . Pourquoi on nous dit rien hein ? pourquoi on nous cache tout?

  12. Justine

    Première fois que je commente, mais aujourd’hui c’était quasi-obligatoire !
    De un, le petit Alexandre est juste trop mignon.
    De deux… Le nombre de fois où l’on m’ a balancé qu’il était tout à fait normal de souffrir à cette période, que c’est ça d’être une fille (Ah ouai ? Remboursez !), que ça me préparait aux douleurs de l’accouchement ( véridique ! Sympa de dire ça une gamine de 14 ans n’est ce pas ?), que c’était purement mental, que la douleur était dans ma tête… J’en suis arrivée à penser que l’on faisait encore payer aux femmes la pomme qu’Eve a croqué (oui je peux partir assez loin quand je suis agacée) et que si certaines douleurs typiquement féminines étaient aussi masculines, elles seraient peut être mieux prises en compte !
    Bref, ce pavé pour dire que la seule chose que j’ai trouvé c’est faire du sport la veille et serrer les dents le jour (ou nuit) même…
    (désolée pour cette réaction un peu à chaud 🙂 )

    1. Cath

      Bien d’accord.
      Essayez de prendre du jus d’orange la veille : ça peut peut-être marcher ( ne me demandez pas pourquoi, mais c’est ainsi que j’ai pu survivre à ces épreuves répétées).

  13. Myriam FdF

    Ce pauvre petit garçon, qui devait se trouver totalement “anormal” de ne pas avoir mal au ventre comme le reste de la fratrie, a trouvé sa solution.
    N’empêche que grâce à lui et à son subterfuge, plus de douleur pour les frangines 😉 …. qui sait, une nouvelle vocation de médecin est peut-être née de cette jolie histoire 🙂

    1. Libellule

      C’est vrai !
      Comme quoi ce garçon qui n’a pas vraiment mal attire plus l’attention de sa mère que 4 filles qui ont mal :s Faut espérer que cela devienne de plus en plus rare dans les générations qui viennent;

  14. Lise

    @libellule

    pardon, j’ai honte …. comment ai-je pu les oublier … bien sûr, merci avant tout aux grenouilles !!!

    @marie

    j’ai longtemps été moi aussi une pro de ce magnifique phénomène qu’est la décompression du stress de la semaine par une superbe migraine qui vous scotche le week-end entier … Genre week-end bien pourri, tu es invitée pour une bringue ou tu as prévu une belle ballade en bord de mer, sauf que toi, rien que l’idée de poser un pied au sol te donne le mal de mer, et que la moindre petite luminosité te vrille la tête … Et tu repars, le lundi matin, en pleine forme pour … le boulot !

    heureusement, c’en est fini de ce temps-là, et il n’y a vraiment plus que des stress intenses qui dégénérent ainsi … genre quand je croise mes beaux-parents … nan, je déconne ….

    ceci dit, au moment même où je vous écris, j’en tiens une magnifique, mais celle-là, elle est … comment dit-on déjà ? ah oui … cataméniale ! Et là, malgré l’arrêt de toute contraception hormonale, y’a pas moyen de m’en débarrasser …. La ménopause peut-être ? 😉

    Ciloux à tous

    1. Cath

      Essayer peut-être un massage des pieds et des chevilles pour soulager et détendre. Bête à dire, mais c’est vrai que quand ça prend, à part le grand noir et le silence, rien ne soulage vraiment. Ou alors partir pour avoir le vent dans le nez – c’est ce que j’avais trouvé de mieux pour essayer de surmonter.
      Je compatis vraiment.

    1. Julie

      Ah merci Ahava, j’en rigole encore ! Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour faire comme les garçons ! C’est classe, c’est girly (le rose bien sûr…comme les garçons mais pas trop quand même…). Fichtre ! Comment garder sa contenance en sortant l’engin du sac à main ? Petite, j’avais imaginé le même système, à deux ou trois détails près. Ça a perdu de son charme en devenant adulte, mais mince, qu’est ce que c’est marrant ! Non décidément, je continuerai à faire pipi semi-assise dans les buissons ou les toilettes publiques. Parce que ça aussi ça a son charme quelque part… Que les garçons nous envient peut-être ?

      1. Grand33

        semi-assise ou semi-debout ?
        Non les garçons ne vous envient pas du tout, au contraire. Faire pipi assis, c’est le début de la fin, comme dit mon pauvre papa parkinsonien, psychologiquement je crois que l’on perd un peu de sa “dignité” masculine.
        Bref, fille ou garçon, pipi assis ou debout, mais pipi dans le trou !!! (signé la dame pipi)

        1. Cath

          Désolée @Grand33, mais j’ai du mal à contenir le fou rire. Atteint de Parkinson et faire pipi en visant juste… c’est nerveux, c’est affreux, mais c’est nerveux….
          J’en suis désolée, sincèrement désolée, mais je ne peux pas m’en empêcher.
          Et la prochaine fois qu’un mâle se vantera de l’avantage d’avoir un “robinet” ( les petits garçons demeurent de grands enfants), je lui mentionnerai ce détail. C’est mesquin, je sais, mais on ne se refait pas.
          You made my day dear 😉

        2. Julie

          Mince, Grand 33, tu ne sais pas ce que tu manques ! Viser dans le trou quand on est semi-assise (ou semi-debout, c’est au choix. Je dirais même “assis-debout” [[Gad Elmaleh, je t’aime]] ), bref, c’est super difficile ! Aaaaah, éclabousser sa culotte, avoir des débuts de crampes aux cuisses pour éviter de s’asseoir sur une cuvette dégueulasse, relever la tête et s’apercevoir qu’il n’y a plus de papier toilette. Bien sûr, on n’a pas de mouchoir à ce moment là. Et non, on ne peut pas se secouer le tuyau pour enlever la dernière goutte (j’ai essayé, ça marche pas). Non, vraiment, tu manques tout le charme de ces moments là !!
          Ce petit Alexandre nous aura inspiré de jolis échanges ! En même temps, les garçons, les filles, leurs différences et leurs ressemblances… sujet inépuisable ! Et parfois tellement amusant !
          J’aime beaucoup la phrase de la dame pipi 😉

      2. Martineduouaibe

        Bon bien suis certainement beaucoup plus vieille que vous et en plus suis Marseillaise ,quand j étais petite que j allais au marché avec ma grand mère ,les marchandes de poissons ,de légumes etc..n avaient pas besoin de cet ustensile pour faire pipi debout elles avaient juste des culottes fendues elles écartées les jambes et ça le faisait “elles faisaient pipi debout”.

        1. Cath

          A la messe aussi, à l’harmonium ? 😉
          Jean- Louis Fournier raconte que sa grand-mère le faisait aussi (“il a jamais tué personne mon papa”).

  15. Libellule

    L’histoire est vraiment drôle avec l’aide du reportage sur les grenouilles pour poser le diagnostic. Mais Titou est un excellent médecin, et s’il avait vu un reportage sur la systémie familiale (moins drôle à raconter), il serait sûrement arrivé à la même conclusion !
    Dans cette approche, “Les troubles du patient traduisent les difficultés du système (famille, (…)). Celui-ci en est donc le porteur, voire le porte-parole”… et Alexandre est bien le porteur des douleurs non prises en compte de ses soeurs, non ?
    http://www.systemique.be/spip/spip.php?article644

    1. Herve CRUCHANT

      Il me semble que la théorie de système -la systémique- est une excellente approche de divers problèmes comportementaux. Me vient un nom : Waklavicz. Mais de mémoire. Aussi, mille pardons si je n’écris pas correctement son nom.

      1. Libellule

        Merci Hervé !
        Je garde cette référence parmi les nombreuses lectures à venir.
        Ainsi, vous êtes à la fois un poète et un connaisseur des systèmes, j’admire !

  16. Lise

    intéressant ce petit dispositif pour faire pipi debout ….
    la 1ère utilisation doit être … épique !!!!
    mais c’est bien trouvé

    bizz à vous tous

  17. Herve CRUCHANT

    J’ai eu ce problème de douleur cardiaque pendant mon adolescence -c’est à dire jusqu’à l’année dernière, date de mon nouveau logiciel 7.0 ; j’avais du mal à me sentir à côté de la doxa, cette convenance hypocrite et diabolique. Cette règle du je sociétal. Et puis çà m’a passé. Non pas que la société ait changé de paradigme, comme on dit dans les académies du rire, mais parce que je n’en fous !

    Au lieu d’agir sur les filles (encore et toujours!) on aurait du dire au petit père qu’il devait s’en débarrasser, de cette suggestion étrangère. Et que sa liberté viendrait alors en écho à l’amour et à la tendresse qu’on porterait à son originalité de petit garçon. Au lieu de le ramener dans une communauté, fut-elle sa fratrie, comme si sa terreur sourde de la solitude était une déviance.

    La peur de la solitude, les syndromes d’abandons, la terreur du désert sans vie que nous appelons “la mort”. Tout cela est naturel et doit être enseigné, connu, commun, discutable. Comme on parle du vent, de la pluie, de la tempète quand on est sur une île. Cette île extraordinairement merveilleuse de la vie. Et que comptent pour nous, tous les petits garçons âgés, la formidable présence des femmes. Il existe des sociétés qui pratiquent cette relation à Gaia, cette culture. Pour nous, “civilisés”, qui avons tout oublié de la sagesse de nos aînés, ces mœurs devraient pourtant être nos règles.

    1. Libellule

      Alors comme ça l’adolescence s’arrête à 7.0 ???
      Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir (j’ai encore du temps avant que mon idéalisme soit rattrapé par le principe de réalité) , ou bien s’en désespérer (tant de temps avant la fin de l’acné et de cette période où on n’est plus un enfant mais pas encore autonome) !

  18. Herve CRUCHANT

    L’adolescence est destinée à l’usage interne de bien des spécialités et une notion qui leur est privée, spécifique, qui justifie comme d’autres préceptes leur propre existence. Donc insaisissable. Et incomparables d’une discipline à l’autre. Le “çà dépend du point de vue” le prouve évidemment.

    Mais le fait de pouvoir se dire, à 70+ ans, que le principal de sa propre personnalité, donc de sa vie, une fois débarrassé des contraintes sociales imposées par la doxa (je ne parle pas raison mais des convenances) est de pouvoir se foutre totalement des “_ _ correct” qui sont ses fumées d’opium.

    Cet état d’esprit n’est pas une marque d’autonomie. Qui est autonome, au risque d’être néant ? Ceci est de la liberté, enfin accessible, après avoir souscrit aux prélèvements obligatoires imposés par une forme d’assujetissement ‘librement’ consenti. Eloge du chantage.
    L’idéaliste et son schéma sont bien accueuillis pas la doxa, qui utilise alors toute la puissance de sa tolérance. Cette relation charitable de dominant à dominé. Cette charité de la doxa par rapport aux systèmes idéalistes fait partie de l’entretient de la vie: tout système fermé a besoin d’informations, d’autant mieux acceptées qu’elles sont irréalistes, par définition.
    Par contre, l’utopie n’est jamais bien tolérée. Sauf comme l’acceptation irrévocable d’une entropie inhérente au mouvement vital. Toutes les réactions -car ce sont des boucles réflexes qui ne passent pas par le raisonnement- concernant l’utopie, tiennent dans leur rejet pour cause d’impossibilité, voire de démence. Or, la doxa sait bien que l’utopie est synonyme de “non encore réalisé” (qu’elle dévie en non réalisable). Elle est donc potentiellement dangereuse pour le système.
    Dans cette approche, l’adolescence projette sur le futur -son état adulte à venir- des utopies qui lui ouvre des imaginaires indispensables à la vie. Où l’on voit que la doxa est fonctionnellement et nécessairement conservatrice. Et que l’utopie, obligatoire, est, à proprement parler, une révolution; de la néguentropie.

    La faculté de ‘se foutre de tout’ (évidemment une appréciation fausse) est révolutionnaire, considérant les règles de vie imposées. Et ne peut être condamnée, puisque cette dynamique est garante de l’évolution positive de l’adaptation du groupe social aux défis posés par son environnement : la culture.

    L’observation de nos contemporains nous permet d’entretenir notre maintient au sein du groupe, ce qui est bien connu. Eventuellement de se regrouper par sensibilités sociales communes; en faisant le choix entre les dynamiques issues de la doxa (conservatisme) ou celles inspirées par la néguentropie (progressisme).

    Quant à l’idéalisme, il nous laisse cette part de rêve, inqualifiable et immense, sans lequel nous ne serions pas ce que nous sommes : homo sapiens et demens, comme dirait Edgar Morin.

    Ce fut un plaisir de monologuer avec vous ! :-))

  19. So

    Je sais, j’arrive des plombes après mais j’ai découvert ce site il y a une semaine et le dévore tant les médecins sont pr moi une hantise !!
    Bref, je ss pas certaine d’avoir compris, vous dites que les filles font semblant d’avoir mal pendant les règles (ou du moins d’avoir autant mal) ? Parce si c’est le cas cher monsieur, je sais pas ce qu’il vous faut, si les larmes, gémissement, sueurs et autres ne suffisent pas à vous convaincre !
    Autre détails, les filles se synchronise parfois dans les internat ou les familles, ce garçon avait peut-être le même genre de soucis, enfin, si sa douleur était réelle (et somatique) et non inventé pr rentrer dans le moule.
    Sur ce, doc, à bientôt !!

    1. Julie

      Ah, pour ma part je n’ai pas compris qu’il avait écrit que les filles font “semblant d’avoir mal” (ou autant). C’est plutôt la réponse de la mère qui est “discutable” car elle semble décrire la douleur des règles comme évidente et systématique (le “bien sûr” me semble un peu catégorique…). Moi par exemple, j’ai de la chance mais je n’ai pas toujours mal. Donc non, toutes les filles ne souffrent pas.
      Je ne pense pas que Baptiste remette en cause le fait d’avoir mal (je suis sûre qu’il nous croit ! Hein ? 🙂 ) mais plutôt le fait que ça paraisse évident et inévitable pour la mère.
      Allez, big kiss à toutes celles qui passent un très mauvais moment tous les mois.

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