Archives mensuelles : octobre 2019

La solitude des gens dans le métro.

(Photo prise par moi-même, vous pouvez retrouver mes essais de photographies en amateur ICI)

Alors voilà, avant de faire médecine, j’avais les mêmes tabous que beaucoup par rapport au corps, ses sécrétions (crachats, vomissements, selles, urines, etc) et aussi le tabou de certaines maladies, comme si, le corps et l’expérience du corps, donc de la maladie, n’étaient pas les choses les plus partagées au monde,

Il n’y a pas moi, malade de ceci et cela d’un côté, et les autres, sains de corps et d’esprit. Ça n’existe pas, ça. Jamais.

Non. La normalité, c’est JUSTEMENT d’être emmerdé par des maladies, petites ou grosses, et par des troubles psychologiques qui nous font plus ou moins souffrir.

Je veux dire : tout le monde a mal quelque part, a un problème de peau, de ventre, ou ailleurs, a peur de ceci ou cela.

Quand vous prenez le métro, derrière cette apparence de normalité que nous affichons tous, il y a ce qu’on ne dit pas, ce qu’on tait et garde pour nous.

Telle fille à votre droite a de l’eczéma. Tel garçon ne s’en sort plus avec ses pellicules. Telle vieille dame a des troubles cognitifs, tel jeune homme à des difficultés à maintenir une érection, telle jeune fille se fait vomir parce que la société lui a toujours renvoyé une image négative de son corps.

Regardons-nous dans le miroir. Aimons la personne qui s’y trouve. Soyons indulgent avec elle et ses petits soucis. Pardonnons-lui ses erreurs, ses petits ratés. Et rappelons-lui que quand son corps ou son mental lui fait défaut, elle n’est pas une exception contre la multitude des gens qui iraient bien, non, non, elle est comme la multitude qui se cache derrière une apparence de normalité.

Ce qui est normal dans la vie, ce sont les hématomes.

Pas l’absence d’hématomes.

Alors cessons de mentir et cassons un peu tout ça.

Tenez, par exemple, moi, depuis mon installation en tant que jeune médecin généraliste, j’ai…

[la suite à lire ici, sur le site de France Inter]