La femme qui était gourmande.

L’histoire c’est M., l’écriture c’est M. Je n’ai touché à rien ! (Ben oui, les gens, je suis en vacances, moi !!!!)

ALORS VOILÀ une petite anecdote récoltée lors de mon “Pflegepraktikum” dans un hôpital non loin de la forêt Noire…
[…]
C’était mon tout premier stage à l’hôpital. J’arrivais fraîche comme une fleur, avec mes illusions et mon smartphone dans ma poche de blouse sur lequel j’avais pris bien soin de télécharger une application dico français-allemand (l’allemand d’une bachelière n’étant pas à l’abri des redoutables assauts de l’accent bavarois). Parachutée au service d’oncologie, je me retrouvais complètement perdue dans le ballet des infirmières qui sautillaient de chambre en chambre tandis que les substances chimiothérapeutiques poursuivaient, implacables, leur goutte à goutte toxique dans les avant bras des patients. A l’heure du repas, une patiente, dont on comptait les derniers jours à vivre, m’appela depuis sa chambre :
“C’est pour le gâteau fit-elle dans une moue, il est trop sec; vous n’auriez pas un peu de crème fouettée pour l’accompagner ?”. Je lui en trouvais.
Ce manège se répéta tous les jours jusqu’à ce que finalement, la dame à la crème se trouva tellement affaiblie par son cancer qu’elle n’était plus en mesure d’avaler quoi que ce soit de solide. On lui servit donc du bouillon de légumes.
Elle m’appela pourtant de nouveau pour le repas.
“Vous savez, j’ai toujours été une gourmande incorrigible… Alors le bouillon de légumes, là, ce n’est pas terrible…En fait, ce qui me ferait plaisir là, tout de suite, c’est de la crème fouettée. Un ÉNORME bol de crème fouettée à manger pure, comme ça, sans rien de plus à côté. Alors écoutez moi bien, vous allez sortir le porte monnaie de mon sac à main. Il y a 10 euros dedans et avec ce billet, vous irez à la Konditorei (pâtisserie) de la rue d’en face, vous allez demander un bol de crème fouettée avec une cuillère et avec le reste de l’argent, vous achèterez pour vous une grosse part de Schwarzwälder Kirschtorte. Vous êtes Française, il faut vous cultiver; vous ne pouvez pas continuer d’habiter en Allemagne sans avoir goûté ce merveilleux gâteau. C’était mon dessert préféré, avant.”
Je suis donc allée à la pâtisserie. Ils étaient un peu surpris par ma demande mais je suis finalement repartie avec le bol de crème fouettée avec une cuillère et ma part de gâteau (ça ressemblait à 20 bon centimètres de couches chocolat et crème alternées avec des cerises au kirsch, je crois que j’ai frôlé l’indigestion). La dame était aux anges. Elle s’est délectée de chaque cuillère. Elle est partie quelques jours après…
Maintenant, je ne peux m’empêcher de penser à elle dès que je croise une Konditorei. Mais très honnêtement, j’ai des doutes sur les capacités des estomacs français à digérer la fleur de la pâtisserie allemande.

Si vous voulez raconter : c’est ICI !

Prenez soin de vous et ne parlez pas aux inconnus !!

117 réflexions au sujet de « La femme qui était gourmande. »

  1. petra duvinage

    Les habitants de la région allemande proche de la Forêt Noire ont leur propre parler, l’alémanique, et n’ont pas l’accent bavarois. Ils disent d’eux-même qu’ils savent tout faire, sauf parler le Hochdeutsch (l’allemand “standard”).

  2. Lutine

    Ah, la Schwarzwälder Kirschtorte ! On en faut aussi en Alsace, comme quoi, peut être faut-il parler une langue germanique pour produire les enzymes permettant de digérer ça 😉 C’est tellement touchant d’avoir pu combler les papilles de quelqu’un dans cette situation !

    Petra, c’est juste, l’alémanique est bien la variante germanique parlée autour de la forêt noire (la vraie, pas le gâteau) c’est aussi la famille de langue de l’alsacien (low alemanic)

    Des bisous au bretzel !

    1. Adikia

      Oui c’est toxique. Ça soigne peut-être, mais c’est aussi très très agressif…
      Et la crème fouettée pour les patients, oui ça soigne aussi. Ça soigne le moral. Et ça, c’est important… tellement important…

  3. Julie

    La forêt noire c’est trop bon.
    Bonne vacances, et pense à nous oublier pendant tes congés, faut déconnecter ! Tu vas revenir tout frais comme ça.

    1. Cath

      Euuh…
      Je suis d’accord que créer un tel objet de délices pour compenser ces forêts noires si sombres et effrayantes, cela relève du génie. Mais je suis malheureuse car je n’arrive pas à manger le moindre gâteau au chocolat.
      Cependant, si on enlève le chocolat, qu’on me laisse la crème fouettée et les cerises (avec le kirsch flambé), je veux bien me dévouer.

      En tous les cas, des infirmières, docteurs, soignants qui ont ces gestes pour faire plaisir aux malades, cela touche énormément. Ces petits gestes qui montrent l’attention et la gentillesse valent un monde.

  4. Elle

    Bravo aux deux intervenantes ! A la soignante et à la soignée.

    “Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.”
    Bernard Pivot (Les mots de ma vie)

    1. Julie

      Soeursourire, j’allais le demander ! Comment faire de nouvelles rencontres si on ne parle pas aux inconnus ? (A ce propos j’ai découvert l’émission “nus et culottés”, et en terme de rencontres avec des inconnus c’est super). A mon avis, il ne faut pas parler à tout les inconnus. La difficulté est de faire un choix !

    2. Cath

      Tiens, c’est vrai ça. C’est pourtant pratique pour demander sa route quand le GPS se fait porter pâle, ou qu’on n’a pas de GPS.
      La communication, il n’y a rien de tel, à condition d’être plus chanceux que ma pomme. Je suis tombée sur un type qui avait un trou de mémoire… et il n’y avait plus un chat dans les rues, un comble non ?

  5. annaick

    Si tous les internes étaient comme vous, ce serait le paradis dans les hôpitaux, parce qu’il faut bien dire une vérité : si il y a une chose que l’hôpital ne soigne pas, c’est bien la gourmandise ! Qu ‘est ce qu’on y mange mal ! On ne demande pas des repas 4 étoiles mais tout de même, leurs cuistots pourraient faire un effort et ne pas cuire tout à l’eau ! Déjà que les malades n’ont pas toujours beaucoup d’appétit, ce qu’on leur sert n’est vraiment pas tentant !

    1. Cath

      Bien d’accord. Mais le pire, c’est que non seulement, ce n’est pas nécessairement le Véfour, mais en plus, on ne perd pas un gramme même après une semaine de ce régime. Pas de bol, je vous dis !

      1. Cath

        Ouuuulââh ! En pleine forme à ce que je lis 😉
        Bon, ben crème fouettée pour moi. Enfin, j’aimerais bien. Quand je serai libérée de mes obligations variées et enquiquinantes, j’irai chez Angelina sous les arcades savourer un délice, un péché à faire damner les diététiciens. Et je penserai à beaucoup de monde, ou peut- être pas…

        1. marie

          pour Georges je sais pas mais Sting a ses habitudes chez Angélina le lieu est suranné à point mais so paisible dans ce monde de bruts,t’y va quand?

          1. Cath

            Sais pas encore, il y des travaux en cours chez moi, snif. Mais le dimanche, je dis pas… Histoire de voir si le monde est toujours aussi beau dans le calme, luxe et volupté des papilles…

          2. Cath

            Oui, ça fait rêver. Le mont blanc tout spécialement dont je garde un souvenir ému.
            Mais là, pour le moment, je ne peux même pas boire un café et croquer un petit pain beurré avec la confiture de framboises (maison). Et le café me manque vraiment.
            Bah…

      2. Grand33

        On mange mieux sur les navires-hopitaux, oui mais qu’est-ce qu’on s’en fout, non ? en fait c’était juste pour chanter : ” il était teuton petit navire, il était teuton petit navire ……”
        moi aussi j’oublie mes cachets parfois
        Ach so !!!

        1. marie

          Grand Cruel! ce matin la balance me dit ALERTE ROUGE may day !may day ! et toi t’arrives avec ton petit air teuton et les petits fours d’Angélina ! TERRORISTE!!!

          1. Cath

            Ah non ! Quand on cause d’Angelina, y a pas de balance qui fasse le poids !
            La mienne peut s’égosiller mayday SOS et j’en passe, elle s’est fait une raison et me tire ma tronche.
            Du train où vont les choses à la maison, m’est avis que je tenterai l’aventure à vélo dimanche, si l’électricien plombier s’est pas pendu avec les fils d’ici là…

          2. Dragonfly (Libellule)

            Proverbe de grand-mère gourmande : “Y a que les remords qui font grossir !”
            (pas tout à fait vrai, mais tellement déculpabilisant !)

    1. marie

      Tiens une belge! une Westvleteren XII et pour moi se serait une boite de calissons d’Aix natures et authentiques (qui a dit roulés sous les aisselles!?!) kiss!

      1. Mésange

        Wow! Restons dans la légèreté… 🙂
        Pour moi, chers soignants, ce sera un “pudding du chômeur” (sans coco), ode québécoise au sirop d’érable… hyper sucrée, à faire pâlir d’envie un pot de Nutella! Tiens une recette par là pour vous donner une idée de cette si délicieuse chose… si le sucre vous est permis ou ne vous dégoûte pas : http://www.recettes.qc.ca/recette/pouding-chomeur-a-l-erable-2600
        J’aime le chocolat mais pas en gâteau, par contre le sirop d’érable… à toutes les sauces! Et je m’emploie avec enthousiasme à transmettre ce délicieux péché de gourmandise à ma descendance… Québec quand tu nous tiens…
        Merci M. pour ce récit et pour ce geste… de bonté envers votre patiente.

        1. Cath

          C’est quoi la “poudre à pâte” ? Et la graisse végétale ? L’huile d’arachide, ça marche ?
          M’a l’air un brin sucré, mais c’est vrai que le sirop d’érable dans la compote de pommes… Bon, je retourne à mon yaourt après ces rêves d’agapes plantureuses.

          1. Mésange

            poudre à pâte=levure
            graisse végétale… hum margarine me semble-t-il… Hélas, ça fait au moins 3 ans qu’on a mangé not’dernier pudding du chômeur là-bas…
            Essaie le sirop d’érable dans le yaourt, c’est… miaaaam, absolument schtroumpfant!
            Amis soignants, rien qu’un chouia de sirop d’érable dans un vulgaire yaourt nature fera de votre patient le plus heureux des hospitalisés… enfin presque…

      2. Cilou

        Je prends note pour les calissons 😉
        Merci pour la belge, je viens d’un we chez ma Twin à Bruxelles, on a picolé de la blanche toute simple, je manque de réflexes ^^ On a bcp parlé, pleuré, ri, on s’est tues et câlinées, on a fait des bains de soleil, on s’est retrouvées, après toutes ces années sans le droit de le faire, on s’est retrouvées, enfin. Il aura fallu tout ça…

          1. soeursourire

            @ cilou : Yes ! 🙂
            NB 1 En même temps, je crains un peu le télescopage virtuel/réel, et puis docbibi a écrit qu’il ne faut pas parler aux inconnus 🙁
            Mais je suis prête à prendre le risque. 🙂
            NB 2 Il faudrait que tu récupères mon mail chez le patron.

          2. Julie

            Cilou et Soeursourire, plein de jolies choses pour votre rencontre ! Car ça aussi c’est une jolie histoire, le passage du réel au virtuel… Super ! Je suis d’accord avec soeursourire, un peu d’appréhension mais une jolie adrénaline certainement !

          3. Mésange

            Soeursourire
            Je comprends les inquiétudes à propos de “il ne faut pas parler aux inconnus”, il y a tant de pervers en ce monde.
            Je comprends ta crainte à propos du télescopage virtuel/réel, je l’ai éprouvée.
            Mais, pour te rassurer, si certains d’entre nous n’avaient pas pour une fois “parlé” virtuellement avec des inconnus et accepté plus tard de les rencontrer, ils n’auraient jamais éprouvé l’un des plus grands bonheurs de leur vie…
            Pour moi, Cilou fait partie de ce bonheur-là… à renouveler le plus souvent possible.
            Bonne rencontre en vrai de vrai et plein de joie pour toutes les 2

          4. Cilou

            serieux, le Bibi il est bourré. Je lui dis que je veux ton mail, il me dit “c’est qui soeursourire ?”. Le patron il est rond ^^

            mais tu communiques aussi sous le pseudo de Doume non ? il m’avait semblé que vous n’étiez qu’une seule et même personne. Ou bien chuis aussi bourrée que Bibi, mais bon moi c’est normal, je picole ^^

  6. Ahava

    Sans parler des croutons de pain du matin.
    Z’êtes en cheville avec les dentistes pour qu’on se casse les dents, avouez-le. 😀
    Aujourd’hui, on a eu une formation pour les premiers secours avec un pompier: il nous a parlé des gens qui simulaient.
    Je lui ai parlé de la méthode de chef Viking pour débusquer les comédiens. Il a secoué la tête dans tous les sens, je crois que ça ne lui a pas plus. 😀
    (j’ai quand même appris des trucs utiles, je te rassure)

  7. Soulalune

    Hopla, belle histoire, mêlant humanité et gourmandise 🙂 Merci à M.
    Quant aux repas des hôpitaux, je n’arrive à les manger qu’en étant hospitalisée … si je suis en mode “simple visite”, ils me soulèvent le coeur !

  8. Anne-Lise

    Ah oui, désolée mais le Schwarzwald, c’est en Bade-Würtemberg, rien à voir avec la Bavière. (Comme si tu confondais les Alpes et les Pyrénées, malheureuse!) Mais ils ont un bon accent montagnard! Sinon, j’adore ton histoire. J’essaie de refiler des trucs à mon grand-père aussi. Il est allemand et il adoooooore la crème et saucer la poêle…

  9. Claudia

    Tiens, ça me rappelle une gentille aide-soignante de Haute-Pierre à Strasbourg (si vous passez par là, vous ne vous souvenez peut-être pas de moi mais moi si, encore Merci ! ;)) qui devant ma détresse de n’avoir plus de brumisateurs avait très gentiment refait mon stock en allant en acheter sur son temps de pause (deux choses resteront dans la tête des gens de ce passage trèèèès long de Claudia à l’hôpital : les bas auto-fixants à mi-cuisses dignes d’une call-girl sous le jolie blouse en presque papier de l’hôpital, et le bruit répété de ma bouche tétant l’embout du brumisateur… Ben ouais quand t’as pas le droit de boire, de la fièvre à faire éclater le thermomètre, que t’as déjà sucé toutes les lingettes trempées dans l’eau et demandé trop souvent à te brosser les dents, le brumisateur c’est la vie ! Si !)

    1. marie

      je confirme , un brumisateur c’est le top first du non renoncement, le premier pas vers ” ça vaut peut être le coup de continuer” Take le car Claudia!

  10. Grand33

    Bonjour Bibi,
    L’histoire c’est moi, enfin j’essaye.
    Il y a presque un an visite à Mario, frère ainé d’un très bon pote, en chambre N° je sais plus. Il va s’en aller dans quelques jours, nous le savons, il le sait. Il plaisante, comme d’habitude, moi aussi je plaisante avec lui et son frangin, comme d’habitude.
    On parle de foot, de nanas et de bouffe. (comme les mecs quoi).
    Ha ! la bouffe parlons en, dégueulasse à l’hosto et on vient à parler du repas du soir, on organise une soirée cagouilles ( pour les terriens non du sud-ouest = escargots) Mario : des cagouilles avec un bon petit saint émilion, Hummm !!!
    Mario ça te dit ?
    Ho putain oui !!!
    Chiche…
    Le lendemain midi, après avoir préparé une bonne part, on prend la route de l’hosto. Arrivée dans la chambre N° je sais plus, Mario rit, et Mario mange ses cagouilles, et Mario boit son saint émilion, et Mario est heureux. L’interne de garde, l’infirmier, le doc, je ne sais pas, entre dans la chambre et dit :
    “mais qu’est ce que vous faites ici ?”
    Je lui réponds : “je soigne Monsieur”
    Je me souviendrai longtemps de sa réponse : “alors si c’est ça, ça va !”
    Je n’ai plus revu Mario, mais je conserve quand même ce moment comme un instant de bonheur.
    la bise

      1. Cath

        Alors pour moi ça sera … On en est bien à faire un menu, non ? Et notre Barbu quipicpasquidi à la manoeuvre, non ?
        Parce que je vous le dis en vérité, je suis pas prête d’avoir mon yaourt ce midi. L ´électricien est en train de s’énerver, et l’électricité saute comme une donzelle des Folies Bergères. J’ose pas m’aventurer dans la cuisine. C’est ma veine de tomber sur un poste qui parle de crème fouettée 🙁

    1. Libellule

      Bravo !
      Pour un proche qui avait perdu beaucoup de poids suite à une opération cardiaque, le médecin m’encourageait à lui amener ce qu’il aimait et lui a dit le jour du départ “Forcez un peu sur les pizzas et la carbonara, il va falloir vous remplumer”… et juste après, la diététicienne. Visiblement pas au courant, et plus habituée dans ce service à trouver des fumeurs obèses sédentaires ayant fait un infarctus que des sportifs minces avec une malformation de naissance. Elle nous remet 90 pages de recommandations diététique pour manger équilibré (c’est à dire hypocalorique, si je la suis) et insiste : “ne mangez jamais de jaune d’oeuf, jamais, jamais, c’est trop mauvais pour votre cholestérol”… il répond : “mais, j’en ai jamais eu, du cholestérol !?!”. Et elle, continuant son discours bien rodé sans en changer une virgule… On a suivi les recommandations du médecin (bien pour lui, moins bien pour l’IMC du reste de la famille !)

    2. Julie

      Quoi ! On dit pas cagouilles partout ? Je pensais que c’était universel, comme “chocolatine”. Quoi ?!! Chocolatine non plus ? Bwaah…
      Bravo Grand 33, belle histoire. On soigne le corps mais aussi l’esprit. C’est important de ne pas l’oublier. La gourmandise est un des plaisir de la vie ! Bravo aussi à ce soignant si tolérant.

    3. Mésange

      Grand, fais comme Bibi ou M., raconte-nous encore une histoire…
      Soirée cagouilles, je saliiiive et revois mon papa les préparant pour un de ses petits plats qu’il savait si bien nous mijoter avec amour. Merci Grand de m’avoir fait retrouver ce souvenir. Caresses de plumettes.

  11. patiente

    Chaque fois qu’un des miens a été hospitalisé, je me suis efforcée de lui porter ce qu’il aime, parfois en le cachant dans mon sac !!! Mais le plaisir que j’ai vu dans les regards de ceux qui étaient couchés, m’a toujours encouragée… À recommencer !!!

    1. Cath

      Que nenni, le diplomate, fourré de crème et de cerises, et recouvert d’une robe de pâte d’amandes !
      Ou alors avec de la crème de marrons, façon Angelina. Je fais une fixation maintenant.. 😉

  12. Libellule

    Alors voilà, grâce à ce blog et plein de gens sympas, j’avais fini par croire à la réconciliation soignants/soignés. En plus ça m’arrange bien car étant soignante et soignée, j’aime mieux pas vivre en conflit permanent dans ma tête.
    Sauf que je suis coincée dans un conflit entre 2 médecins : un grand ponte parisien qui me voit rarement et donne ses directives, et un spécialiste reconnu localement, qui n’aime pas obéir à l’autre. Les deux sont en désaccord sur mon traitement, mais au lieu de se le dire entre eux, ils exigent que je sois leur intermédiaire (ils ont trop de travail pour se téléphoner, paraît-il, donc c’est à moi de me débrouiller avec leurs secrétaires). Résultat : des mois de traitement long et coûteux vont être interrompus car le spécialiste refuse d’appliquer les directives du ponte, et je vais rester sans solution, sauf à me déplacer chaque mois pour 1 ou 2 consultations à Paris (frais de transport et de logement non pris en charge bien sûr, et 2 jours de congés à prendre vu la distance).
    J’ai essayé de m’auto-POUET-POUETer, de m’auto-chatouiller, ça marche pas. J’ai fini les tablettes de chocolat. Si vous avez une blague, une anecdote, un sourire je suis preneuse. Désolée pour ce commentaire “36-15 j’ai pas d’amis”

    1. Mésange

      Libellule
      Des soignants tellement pris qu’ils ne peuvent se fendre d’un coup de fil ou d’un courrier pour s’expliquer? ça, je n’avais pas encore rencontré… Dans le genre non prise en compte du patient, chapeau!
      Je trouve honteux de charger la patiente de faire les commissions, comme si elle n’avait pas assez de sa maladie sans jouer en plus le tampon entre 2 soignants si enfermés dans leurs certitudes qu’ils refusent de communiquer entre eux. Leurs egos seraient-ils décidément surdimensionnés?
      Je suppose que le traitement du ponte parisien te convient puisque tu ne parles pas de cesser tes allers-retours à Paris. Donc… n’as-tu pas la possibilité de trouver un autre spécialiste par chez toi, histoire que le traitement puisse se prolonger sans augmenter inconsidérément tes frais? Je sais bien que cela implique de recommencer pas mal de choses et que ce n’est pas facile de toujours dire et redire ses maux à chaque fois que l’on change de soignant. 🙁

      Ou alors, 😉 tu reviens chez ton spécialiste/ton éminence parisienne… avec un Forêt Noire/de la crème fouettée/toute autre douceur que tu dégusteras tranquillement dans son bureau en lui disant que tu ne partiras pas tant qu’il n’aura pas appelé son homologue pour s’expliquer!!!
      Caresses de plumettes en soutien, Libellule.

      1. Libellule

        merci pour les caresses de plumettes, Mésange !
        pour moi aussi c’est une nouveauté car tous les médecins de mon entourage (privé et professionnel) prennent assez facilement leur téléphone pour discuter en cas de désaccord. Ils considèrent que c’est important pour le patient d’avoir confiance dans le “corps médical” dans son ensemble, et qu’on ne médit pas publiquement d’un confrère ou d’une consoeur. Je suis tombée dans un combat d’égos, je le crains…

    2. Cath

      Si les deux coincent, eh bien, n’y a-t-il pas une troisième voie ?
      Un autre médecin pour être plus claire.
      Ou alors considérer quel est le traitement ou quelles sont les directives qui sont le plus efficaces pour le confort du malade ? Si c’est le local, alors adieu le ponte. Et si c’est le ponte, alors trouver un local qui suivra ses directives.
      Et libellule, en anglais, ça se dit dragonfly… Faire comprendre à ces braves gens qu’il serait peut-être séant de s’accorder parce que le malade, il /elle a vraiment autre chose à faire que de se coltiner leur hargne ? Parce qu’entre nous, ce n’est pas davantage le boulot de leurs secrétaires reectives que d’intervenir dans le traitement. Et si il n’y a pas de solution, alors la troisième voie.
      Bien sûr, ça a l’air si simple comme ça sur le clavier…

      1. Libellule

        merci Cath !
        N’étant pas spécialiste, il m’est impossible de savoir lequel des deux a raison (leurs arguments se tiennent). Et chacun des deux m’explique que je risque beaucoup (ma santé) à écouter l’autre. D’où la difficulté à faire un choix : déjà tenté le 3ème avis, mais les autres médecins s’avouent moins expérimentés, c’est honnête mais ça m’éclaire pas. Faut dire qu’on est dans du très rare, donc ultra-spécialisé. Bref, je ne suis pas à la recherche d’un avis médical ici, mais de compréhension et de soin au moral, exactement ce que vous faites si bien !
        Merci aussi pour la traduction de Libellule en anglais, Dragonfly c’est beaucoup plus impressionnant !

    3. marie

      Les mandarins ont parfois leur petite coquetterie,
      – quoi le grand yak de Paris nie mon propos éclairé!
      – quoi ce pegzouille de Province veut me faire la leçon!’
      et patati et patata …et toi t’es là , genre la chouette rose à pattes bleues qui regarde à gauche, qui regarde à droite, elle pressent une kata mais bon… que faire !!!! que faire !!!???????????
      bein …la voix du milieu …ton instinct de guerrière…
      Dubitative j’étais ! Devant un traitement proposé à vie, très cher aussi, très très cher
      – « regardez la vidéo tranquille chez vous, lisez le fascicule, on se revoit dans quinze jours»
      Bien, bien, bien…je lis donc le petit livret accompagnant la movie et que ne vois-je ! 49 effets indésirables… 49 meuh !!! c’te plaisanterie !!!!, moi qui réagit au quart de tour à n’importe quelle substance illicite… le dernier en particulier m’a tuée, enfin non ! mais peut-être aurait-il pu, si j’avais pris ce foutu traitement … le suicide…si !si ! il existe des traitements remboursés par la sécu qui poussent au suicide…océan de dubitation !!!
      Kirsch sur la Schwarzwald !… il fallait se faire toute seule une piqure tous les jours et moi j’ai une trouille bleue des piquouzes….
      La voie du milieu…le troisième médecin c’est toi !

      1. Libellule

        merci Marie !
        ta description m’a fait rire, je pense que c’est assez vrai concernant ces 2 médecins.
        Après 24h de recherches désespérées, j’ai trouvé 1 spécialiste qui accepterait de suivre à la lettre toutes les directives du grand yak de Paris, à une condition : que le grand yak lui téléphone pour lui expliquer son protocole. Cela aurait du être flatteur pour le grand Yak, mais non : sa secrétaire me fait part du message du grand Yak “ben s’il est d’accord, je ne vois pas pourquoi je le rapellerai” (GGGRRRRHHHH !). Donc je suis passée en mode “me cherche pas où tu vas tâter le feu du DragonVolant”. J’espère que ma colère va impressionner et qu’il rappellera !

      2. Cath

        La chouette rose à pattes bleues, espèce très rare, pour ne pas dire unique du bestiaire de Marie la Bleue !
        J’aime !
        Un jour, nous devrons faire un livre des bestioles rencontrées sur ce blog, la Libellule-dragon, la Mésange zinzinulante, le Quipicpasquidit, le chatAlcide de Julie, le chat JeanCharles ( c’était quoi la suggestion de Marie pour baptiser l’heureux félin ?), le PatàPat, l’abraconda…

        Ooouuuuhlà, le tonnerre gronde, j’arrête ici 😉

    4. Cilou

      @ Libellule : je n’ai pas de solution à ton problème. En revanche, je t’invite quand tu veux à venir boire une bière chez moi pour imaginer les mille tortures qu’on pourrait faire subir à ces incapables qui ne s’imaginent pas une seconde à quel point ils sont pitoyables et toxiques. A bon entendeur ! 😉

      1. Mésange

        Alors là… tremblez leskisedisentsoignantsmaislefontqu’àmoitié!
        Libellule, je ne sais pas, mais Cilou…. Cilou a une imagination dé-bor-dan-te! Libellule, ça te ferait un bien fou au moral! Le tout en chavourant quelques pâticheries-miam et là, là… extase. 😀

      2. Libellule

        Merci Cilou et Mésange !
        Je vous rends l’invitation si vous passez dans le far Ouest… Là où on a des galettes, du cidre, des chapeaux ronds, des bonnets rouges, des marinières et des “ouvrières illettrées” (qui sont en majorité des hommes sachant lire, mais c’est un autre débat)

        1. marie

          une bretonne!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!on est amie pour la vie alors (smiley qui rigole, euh woui j’ai un problèm avec les trucs à insérer dans les commentaires je sais pas ouisson!!!)

    5. michel

      Je n’ai pas plus de solution que cilou. Je suis saisi par la qualité de “présence” de ton appel “3615je n’ai pas d’amis”. Je n’en regrette que plus d’être si démuni, sauf à dire que : plus fort que ce désagréable que tu subis, tu vis, tu es toi, et en cela, tu apportes, tu nous interpelles, merci !

      1. Libellule

        merci Michel !
        J’étais désespérée au moment ou j’ai posté le message. J’aurais plutôt du écrire : je n’ai pas d’amis présents en ce moment près de moi dans le monde réel, et qui comprennent bien ces soucis liés au soins. Mais c’était un peu long. En tout cas votre message est très gentil et ça fait du bien.

    6. Julie

      Ah non, il ne faut pas être désolée pour ton commentaire, si nos échanges permettent d’apporter un peu de soutien, c’est normal ! Tu as raison, Mésange, Cath et les autres, elles ont les mots pour les maux. Je ne connais pas de blagounettes, je ne les retiens jamais… Par contre je te propose autre chose: colle ta joue sur ton écran (si si, fait moi confiance, vas y !) Ça y est ? SMACK !! Tu l’as senti ? Ma contribution pour te redonner le sourire, un bisou sincère. (Si quelqu’un a une astuce pour enlever les traces de bave sur un écran… Je suis preneuse. Mais surtout prête à recommencer !!) J’espère que ça t’auras fait un peu de bien…? Force et courage pour la suite Dragonfly (c’est vrai que c’est pas mal en anglais !), et câlins bien sûr.

      1. Dragonfly (Libellule)

        Merci !
        Je l’ai senti, et j’ai même cru entendre le bruit du smack 😉
        Pour la peine, je change de pseudo. Les énervants n’ont qu’à bien se tenir, le souffle du dragon risque de leur faire chaud aux fesses et froid dans le dos (ils auront un gros rhume à cause du choc thermique et le nez tout irrité à force de se moucher, bien fait !). Pour les autres, et en particulier les amis de ce blog, je reste une libellule !

          1. Dragonfly (Libellule)

            Si tu veux.
            Je crois que je vais vendre mon scénario à “Poubelle la vie” :
            aujourd’hui je vais faire un examen prescrit par le grand yak (sous anesthésie) avec mon nouveau spécialiste local, celui qui a réussi à flatter le grand yak pour avoir des infos. J’ai cru halluciner en voyant débarquer en salle de réveil l’ancien spécialiste local (petite ville, ils utilisent le matériel du même hôpital) !
            Il me fonce dessus, “qu’avez vous fait là, ma pauvre enfant, vous vous êtes égarée” (je résume), et me déballe tout ses arguments. J’ai pas lâché, je lui ai dit ce que je pensais de son comportement. Ca l’a schotché, du coup il compte me revoir (cours toujours). Et là, il sort sa botte secrète : le grand yak ne lui arrive pas à la cheville, d’ailleurs hier il était avec le Directeur de l’hosto du grand yak et il va lui écrire pour se plaindre. Intérieurement, j’imagine un match de catch dans la boue pour les départager.

          2. Mésange

            Oui oui le match de catch dans leur boue!!! L’est tellement épaisse! Quand? Où? O:-D
            Dragonfly, j’adore la gnaque que te donne la traduction anglaise de ton pseudo! Plein de caresses de plumettes à vous deux… ben oui… à la douce Libellule et à l’implacable Dragonfly!

          3. Cath

            Comme je dis toujours, faut pas jouer abec la bête.
            Yahoo Lulubelle !
            Le pouvoir des mots pour donner lagnaque, c’est fou !

          4. Dragonfly (Libellule)

            Toujours hors sujet, mais comme c’est pour vous faire part du Happy End avec un nouvel incroyable rebondissement, je me permets !
            Mon spécialiste local habituel (Castor) et le grand yak (Pollux) ont dû se contacter pour fixer la date et l’heure du match de catch dans la boue. Cela a du être un combat épique, chacun faisant jouer ses muscles saillants et huilés sous le torride soleil grec, façon peplum. Et ce qui ne pouvait arriver arriva quand même ! A un moment le combat s’est transformé en ébats 😉
            Castor et Pollux se sont mis d’accord sur un nouveau protocole utilisant le meilleur de leurs connaissances. Il pensent former le meilleur tandem de spécialistes national sur le sujet et projettent des recherches ensemble (la Toison d’Or et tout ça). Chacun reste néanmoins persuadé d’être le leader. Castor et Pollux m’ont chacun laissé un message téléphonique pour me dire “c’est bon, mon confrère s’est rallié à mon point de vue, j’ai à peine infléchi mon protocole pour lui faire plaisir”. Pollux m’a demandé de laisser tomber le nouveau spécialiste local (qui a pourtant assuré grave !) pour me faire suivre exclusivement par Castor. J’attends le faire-part de mariage.
            J’ai quand même apporté des chocolats et un mot de remerciement à mon “ex-nouveau spécialiste”, car c’est lui le plus humain.
            Vive les rebondissements (mais pas trop quand même !) et vive l’Amour !

  13. heliotrope

    sans blague libellule ! tu t’installes dans le bureau du grand ponte et tu lui donnes ton portable en lui disant : voilà il y a votre collègue au bout du fil, je ne sortirai pas d’ici tant que vous ne vous êtes pas parlé … il te fait subir une violence, tu lui fais subir une douce violence !
    tu peux aussi donner le nom du grand ponte ici ;-)( ça va lui faire une jolie pub !
    je l’ai fait avec un notaire dans sa salle d’attente, il y a quelques années, j’ai eu toutes les explications que je désirai !
    allez courage …

    1. Dragonfly (Libellule)

      Merci Héliotrope pour cette suggestion !
      Je ne me sens pas le courage de le faire : peur que les 2 médecins me virent de leur patientèle et de me retrouver sans traitement du tout, ce qui serait vraiment pas cool. Mais ça m’a bien détendue d’imaginer…
      Au final après quelques rebondissements (heureusement que j’étais en congés aujourd’hui), cela semble s’arranger car une des 2 secrétaires du grand yak et le nouveau spécialiste local sont très arrangeants. Donc je ne devrais pas passer tous mes jours de congés à aller-revenir à Paris. Si j’ai bien compris, ça m’éloigne des bières de Cilou, seul point négatif de cette nouvelle situation.

        1. Dragonfly (Libellule)

          Lui, je sais pas, mais j’ai fait livrer un petit bouquet à sa secrétaire : elle a passé 3h hier à trouver des solutions pour que le grand yak téléphone à mon nouveau spécialiste et lui donne les infos…

  14. Perrine

    Bien sur que si il faut parler aux inconnus !! enfin sous réserve d’être adulte et consentant… il faut tout tester dans la vie : mieux vaut des remords que des regrets !

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