Le jour où j’ai soigné Fanny Ardant.

Photographie sublime de Olschinsky.

Le vrai titre de ce post est : « Le jour où j’ai soigné Fanny Ardant (ou presque comme elle !) »

Alors voilà Mme K., 67 ans, aux Urgences, une irritation mal placée.
Moi :
– À quand remonte votre dernier rapport sexuel ?
Elle rit, je rougis. J’ai zappé quoi ?
– À toutes les nuits depuis presque 40 ans.
Comme j’ai pas l’air de comprendre, ou de me faire des idées, elle m’aide un peu :
– Mon dernier client est parti à 16h.
Moi, petit garçon, j’ai cette phrase VRAIMENT stupide :
– Vous êtes un peu prostituée ?
Comme si on pouvait être « un peu » boucher-charcutier ou « un peu » chauffagiste.
– Ah non, non, pas un peu, carrément pute !

Le mystère féminin : elle est magnifique en disant ça, pas une once de vulgarité. Fanny Ardant, fume-cigarette et rouge à lèvres, ne serait pas plus élégante. Elle dit « pute » comme elle dirait l’Ave Maria ou réciterait « Demain dès l’aube » en italien.

Je suis écarlate, elle est triomphante :
– C’est à cause de l’âge, on n’imagine pas. Pourtant, comme dit ma copine Gloria qui est plus vieille que moi : « si pute est le plus vieux métier du monde, tu imagines vieille pute ? »

J’ai bien envie de la prendre dans mes bras là, maintenant, mais à cause du monde où on vit ce serait bizarre et équivoque. Je lui donne son ordonnance en lui faisant la leçon sur les Infections Sexuellement Transmissibles.

Moi, 27 ans, je fais la leçon sur les IST à une femme de 67 ans qui en connait plus long sur le sujet qu’un colloque de vénérologues sous métamphétamines. Puis elle file telle une reine. Ou comme Fanny Ardant, fume-cigarette en main et rouge à lèvres.

Oui, VRAIMENT presque comme elle.

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La mauvaise étagère.

(Pour M., qui sait écouter même ce que je n’arrive pas à dire : « Tomber trois fois, se relever toujours. »)

Alors voilà Mlle T., 27 ans, douleurs articulaires chroniques.

Les examens étant négatifs et Mlle T. ayant eu plus que son comptant de bleus à l’âme, le docteur l’a rangée sur l’étagère du BAS, celle marquée : « Hystérique qui s’ennuie dans la vie et va consulter plutôt que de rester sagement chez elle pleurer dans des pots de Häagën Dazs en jouant au Scrabble après avoir rempli toutes les grilles du Sudoku ».

Mais voilà : que ce soit dans la tête ou dans les genoux, Mlle T. boite !
Elle insiste : psy/pas psy, une souffrance est une souffrance, et nous, les médecins, sommes outillés pour fixer ça. Non ? C’est SA vie qui dérape ! Et qui relève la vie des gens quand celle-ci trébuche ?

Après huit ans d’errance médicale et psychothérapie :

Nouveau bilan + IRM = ça concorde : Mlle T. a une spondylarthrite ankylosante.

Mlle T. est presque rassurée : elle peut ENFIN nommer cette partie de son corps qui lui échappe. Quant à nous, les mécanos du corps qui aimons que tout soit bien à sa place, nous pouvons déplacer Mlle T. sur l’étagère du HAUT : « Maladie rhumatismale au nom qui fait peur, qu’on sait pas trop ce que c’est, ni comment la traiter, mais qui fait quand même très mal et très chier ». Cette étagère rassure : le corps, ça se voit, se trifouille, s’ausculte, se sonde etc…
L’esprit… Lui… voilà une autre paire de manches…

Alors je pose juste une question, libre à vous d’y répondre :

Et si nous mettions ces deux étagères sur le même niveau ? Je veux dire : et si nous mettions VRAIMENT ces deux étagères sur le même niveau ?

Parce que Hippocrate était médecin, pas garagiste.

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La mauvaise éducation (sexuelle).

Le vrai titre de ce post, trop long pour figurer en en-tête, est en réalité :
Pourquoi les « modes d’emploi » s’appellent « modes d’emploi » (et pas « Sac à patates » par exemple, ou « Paquet de Ya-Bon Banania » ou encore « Paradoxe Einstein-Podolsky-Rösen et rapport avec la théorie intégrée des supercordes : vers la fin de la physique quantique théorique ? » par exemple).

(Anecdote rapportée par C., IMG : juste merci !)

Alors voilà, Mme T. et Mr T., 27 et 28 ans.
Elle : douleurs abdomino-pelviennes.
Lui : probablement un PETIT déficit en vitamines depuis l’enfance…
Interrogatoire de C., l’interne, qui veut se renseigner sur la possibilité qu’une grossesse soit en route.
– Vous prenez la pilule ?
– Oui.
Son compagnon, la réprimandant tout en se mettant en avant :
– Elle n’est pas très sérieuse.
Regard de travers de Mme T.
– Quoi ! c’est vrai t’es pas très sérieuse ! Du coup, quand elle oublie, c’est moi qui la prend.
– Qui prend quoi ? demande C.
– Ben sa pilule !
L’interne, incrédule :
– Vous LA prenez ? Vous voulez dire, dans la bouche ? Vous L’avalez ?!?!
Mr T., regardant C. comme s’il parlait à un gamin :
– Ben oui par la bouche ! C’est pas des suppositoires quand même !

J’aime bien les patients qui ont des carences en vitamines, je veux dire : j’aime VRAIMENT les patients qui ont des carences en vitamines.

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Le secret de pourquoi vous attendez aux Urgences !

Illustration Philippe Ramette

Parce que, avouez-le, vous avez toujours voulu savoir !
(Anecdote livrée par N., IMG. Juste merci !)

Alors voilà Mr. E. 28 ans. À 3h, il a décidé d’aller aux Urgences. Ça lui a pris comme une envie de pisser :

– Trois mois que j’ai le teint terne. Cette semaine, il est tout gris. Alors je me suis dit « Jo-Jo fais quelque chose! » Faites-moi un Scanner avec de l’IRM, histoire d’éliminer un cancer, des métastases ou quelque chose de plus grave.

(Sachez-le : il n’y a pas grand chose de plus grave que les métastases et on ne fait pas de « scanner avec de l’IRM » à 3 h du matin…).

N., très second degré :
– Un cancer ? De quoi ? Du teint de la peau ?
Mr E., très inquiet, sort cette phrase mémorable qui vexera tous les trentenaires (à qui je déconseille d’avancer plus loin) :
– Regardez-moi ! Quelque chose cloche ! J’ai 28 ans, mais on dirait que j’en ai 31 !

N., pensant qu’il plaisante car entre 28 et 31 ans il n’y a pas vraiment de quoi caser la Russie, de dire :

– Pourquoi pas 32 tant qu’on y est ?

Et Mr E. touchant son visage, de hurler paniqué :

– QUOI ! J’AI L’AIR D’AVOIR 32 ANS ?!?!?

Voulez-vous savoir pourquoi vous attendez si longtemps aux Urgences ?
Les salles d’attente sont pleines de Mr E., je veux dire : les salles d’attente sont VRAIMENT pleines de Mr E.

Et savez-vous le secret des internes aux Urgences ? Ils sont là AUSSI pour rassurer les Mr E. : chaque seconde de chaque minute de chaque jour de chaque mois l’année.

« L’essentiel de ma vie a été de choisir tous les soirs entre la soupe poireaux-pommes de terre ou le suicide. »
M. Duras.

Mais non, Marguerite, mais non ! Tu aurais pu aussi choisir de venir aux Urgences.

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GAGNER LA GUERRE

(Pour Mme B., compagnon de tranchée de l’hiver 2010, respectivement le pire hiver de nos vies. Je le savais pour elle, elle l’ignorait pour moi.)

Alors voilà Mme B., 56 ans, fine, cultivée, l’esprit acéré. Son frère a un cancer.
Au début, Mme B. doute : je suis interne / j’ai l’air jeune / elle aime son frère = équation fatale. À sa place, je me méfierais aussi…

Alors, pour elle, pour faire vieux, je laisse pousser ma barbe, mets des chemises et des lunettes à grosses montures.
Courageuse Mme B. : fossoyeuse de sa famille, elle a déjà accompagné son père et sa sœur.

Et elle est là, toujours solide, pour son petit frère de 53 ans.

De jours en jours, de problèmes en problèmes, d’aggravations en aggravations, on échange, on fait « au mieux », rendant son frère moins « inconfortable » dans la perte de son corps et le regain des douleurs.
Puis, un matin, on se surprend à parler d’autres choses. Littérature, poésie, voyages. Son frère, bien sûr, mais autres choses aussi…

Trois longs mois d’hiver passent, elle a confiance : je garde la barbe (il neige !) mais quitte les lunettes de vieux et les chemises petit bourgeois.
Finalement, en paix, son frère s’en va faire du poney multicolore dans les nuages.

Elle m’envoie une immense déclaration d’Amitié. Je ne sais pas où j’ai rangé mon diplôme -et je m’en fous- mais la lettre de Mme B. trône sur mon bureau.
De mes neuf ans d’études, c’est d’elle dont je suis le plus fier. C’est mon plus beau CV.

« On a perdu la guerre, conclut-elle, mais je me sais moins malheureuse de l’avoir faite -et perdue- à vos côtés. »

Moi aussi, Mme B., je veux dire : moi aussi…

VRAIMENT.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »
Mark Twain

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De l’urgence d’interdire les mariages entre cousins.

Illustration : Banksy

(Pour les cinéphiles, le vrai titre de ce post est : La Colline a des Yeux Et elle Louche.)

Alors voilà le jeune Mr C., 17 ans. Surinfection d’une plaie de la main.
C’est rouge, chaud, luisant, ça renifle méchamment.
Mr C. est inquiétant, il me met très mal à l’aise. Sur le coup je pense : « BiBi, il est grand temps d’arrêter la saison 7 de Dexter… »
Mr C. a une petite coquetterie dans le regard. Comme dirait ma grand-mère : « Il a un œil qui surveille la bouilloire sur le feu et un autre qui semble dire « Attention le chien ! » (jamais trop compris cette expression mais Mamie l’adore…).

Lui :
– Y avait un con de chat. Je l’ai un peu cherché, il m’a mordu, le con ! Du coup je l’ai buté.

Il a l’air mauvais en disant ça, mauvais mais bête : plus cortiqué, on sent qu’il serait du genre à apprendre la langue des signes juste pour dire aux sourds-muets combien c’est COOL d’entendre.

Moi, petit garçon au pays des Bisounours :
– TU AS TUÉ LE CHAT ?!?!?
– Ben ouais, ce con m’a déchiré la main ! Mais je lui ai explosé le crâne. Avec un caillou.

Mea maxima culpa : j’ai beau aimer mon prochain mais là, étant juste humain, j’ai prié le PDP (Petit Dieu de la Pasteurellose) pour que :
1- les antibiotiques prennent leurs temps,
2- le pharmacien confonde les antalgiques avec des placebos,
3- Mr C. soit réincarné en souris,
4- Christine Boutin n’ait pas d’autres enfants avec son cousin germain de mari.

(PS : la méchanceté de ce post n’est ni volontaire, ni totalement fortuite, elle est cathartique. Je veux dire, il m’a VRAIMENT dit avoir tué le chat.)

« Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache un puits quelque part… »
Antoine de Saint Exupery.

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Une petite lacheté matinale.

Photo : Tunnel of Love, Kleven, Ukraine. Merci Alli !

Alors voilà Mr A., 18 ans, conducteur malheureux. A gagné l’EuroMillion des fractures.
Son corps est comme un sac à osselets qui fait « Drelin-Drelin » quand on le secoue.

Il sera opéré dans la matinée.

L’infirmière de nuit :

– Il veut son portable, pour appeler sa copine. Il est perdu. Il ne sait pas… Il me dit : « Heureusement, j’étais seul dans la voiture. » Tu te rends compte ?

Non, grande duduche, je ne me rends pas compte. Personne ne peut.

– Tu veux aller le voir ?
Moi, noyant le poisson :
– Il est stable ?
– Oui. On attend le feu vert du bloc. Tu veux le voir ?
Décidément celle-là, quand elle tient un morceau…
– Non. Pas ce matin.

Je ne veux pas aller voir Mr A., 18 ans, chambre 2, au fond de son lit, conducteur du véhicule.

Mr A. qui fait « Drelin-Drelin » quand on le secoue et qui répète au personnel : « Heureusement, j’étais seul dans la voiture.  »

L’amnésie des faits -commune chez le traumatisé crânien ou le syndrome post traumatique- n’empêchera jamais qu’à 18 ans il n’y a pas d’autre amour que le Grand Amour, même si celui-ci ne dure jamais très longtemps…

Sa copine, la passagère du véhicule, 17 ans, est morte sur le coup.

Je suis vraiment stupide de conduire au dessus des vitesses autorisées, je veux dire : je suis VRAIMENT stupide de conduire au dessus des vitesses autorisées.

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Sexuel Panda.

(Anecdote racontée par D., IMG s’essayant au Diplôme Universitaire de Sexologie : juste Merci.)

Alors voila Mme et Mr H., 28 ans, qui consultent pour des troubles de la procréation :
Mon ami D. :
– Bien, quelle est la fréquence de vos rapports sexuels ?
Mr. et Mme H. :
– Pardon ?
– Combien de fois faites-vous l’amour en moyenne par semaine ?
– Heuuuuu…
– Par mois ?
– Heuuuuu…
– Par an ?
Mr. et Mme H, soulagés :
– Environ une fois.
D., se retenant :
– Et vous n’arrivez pas à avoir d’enfants ?
– Ben non.
D., pince-sans-rire, très professionnel :
– Une fois par an… on va commencer par travailler ça…

J’aime bien les anecdotes de mon pote en sexologie, je veux dire : j’aime VRAIMENT les anecdotes de mon pote en sexologie.

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Comment je me suis fait un ami pour toute la Vie.

(Pour les Internes en Médecine Générale)

Alors voilà Mme T., 58 ans, cancer du sein stade terminal (sans déc : faites vos mammos les filles). Elle demande et n’attend pas grand chose. Elle aime juste regarder « Des Jours et des Vies » le matin. Choix discutable mais bon… je mets ça sur le compte des métastases cérébrales…

Depuis deux jours, la TV ne s’allume plus.
L’infirmière :
– J’ai appelé la technique : sa famille n’ayant pas payé, ils ne remettent pas la TV tant qu’elle n’a pas payé.
Le technicien, au téléphone :
– Je veux rien savoir. Pas payé, pas de TV.
Moi :
– Allez, quoi ! Sa famille paiera plus tard.
– Aura la TV plus tard alors.
– Sera morte plus tard. Combien ?
– 8 €.
Je descends, avec des envies de meurtres, jette 10 € au mec.
– Ça fait deux euros de monnaie. Gardez-la. Vous vous achèterez des couilles ou un cœur.
Là -je ne sais plus- j’ai peut-être dit un mot très vulgaire (pardon maman) et fait une prière au Dieu des Armes à Feux avant de claquer la porte.

A l’Hôpital, on sous-traite la TV avec des entreprises privées. Un jour on sous-traitera l’Humain, le Sacré, le Mystère. Pourtant, une femme qui meurt, c’est Humain, c’est Sacré, c’est Mystérieux. Même -surtout- devant « Des Jours et des Vies » : on sait qu’il lui en reste si peu.

Je n’aime pas le technicien TV de l’hôpital, je veux dire : je n’aime VRAIMENT pas le technicien TV de l’hôpital.

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La dissection romantique.

Alors voilà Mr. Y., 86 ans, qui vient pour une douleur thoracique. Bon examen, bonne échographie, bon diagnostic, mauvais pronostic : jamais vu quelqu’un aussi heureux d’apprendre qu’il a une dissection aortique non opérable.

Il sourit. On lui explique « en gros » comment son aorte peut s’ouvrir à tout moment et vider son jus dans l’abdomen et il sourit. Je demande aux infirmières s’il ne serait pas un peu dément. Elles ne savent pas. Il est là, sur son lit, presque content.

Sa fille au téléphone : non Mr. Y. n’est pas fou, oui il a toute sa tête.

Voulez-vous savoir pourquoi il n’a pas l’air abattu ?

Mr. Y., 86 ans, est resté un peu jeune homme : il est amoureux.
64 ans de mariage, sa femme est morte il y a 9 jours.

Et moi, pauvre ingénu qui m’inquiétais pour rien, alors que je viens juste de lui apprendre que son deuil n’allait pas durer trop longtemps.

J’aime bien comment la Mort est parfois tendre avec les vieux amoureux, je veux dire j’aime VRAIMENT comment la Mort est parfois tendre avec les vieux amoureux.

« Beaucoup de gens ne sont jamais jeunes. Quelques personnes ne sont jamais vieilles. »
G. B. Shaw.

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