La parole aux femmes.

L’autre jour, une amie soignante me parlait d’un patient.

«Il se fout systématiquement à poil, même pour une simple angine. Alors qu’avec mes associés -qui sont des hommes- jamais. Ça me met en colère. »

Ma propre soeur me dit qu’en tant que soignante elle est souvent amenée à recadrer des patients qui la complimentent lourdement sur son physique.

Sur internet, j’ai posé la question aux soignantES et j’ai récolté beaucoup de témoignages.

Il y a ces jeunes femmes médecins qui racontent comment des hommes qu’elles aident à se redresser s’accrochent pile à leurs hauts, au niveau du décolleté. Avec ça ? Les remarques salaces sur la douceur de leurs mains, la taille de leurs poitrines.

Il y a les infirmières qui, alors qu’elles sont en train de poser une sonde urinaire à un homme, s’entendent dire de, je cite, « bien caresser la veine pour la faire gonfler ». Mais il y a aussi les patients qui offrent systématiquement une vue plongeante sur leurs organes génitaux quand les infirmières entrent dans leur chambre et qui, quand les soignantes tentent de cacher tout ça avec un drap, leur répondent “ah mais je suis pas pudique moi, vous inquiétez pas…” sachant qu’ils NE FONT PAS ça avec leurs collègues masculins.

Les soignantes me parlent également des patients qui s’accrochent à leurs blouses pendant les mobilisations et qui font “malencontreusement” sauter les pressions. Pourquoi croyez-vous que beaucoup d’infirmières portent un débardeur même quand il fait 30° dans le service l’été ?!?!

Il y a les aides-soignantes qui, alors qu’elles procèdent au rasage préopératoire, voient le patient ricaner et leur dire d’insister au moment de raser le pubis. Les patients qui veulent absolument qu’on leur fasse la toilette intime alors qu’ils sont opérés du pied et tout-à-fait capables de s’en charger comme des grands. Ou ces autres patients qui cessent de sourire quand c’est un homme aide-soignant qui vient se charger de la toilette en question puis qui demandent expressément que ce soit plutôt “la gentille dame de tout-à-l’heure”…

Avec ça ? Les auxiliaires de vie ou les kinésithérapeutes qui doivent gérer les patients hommes qui veulent systématiquement se mettre tout nu pour des soins qui ne nécessitent pas de quitter leurs sous-vêtements.

Les féministes le disent depuis des années : il y a un problème avec la masculinité. Sur la façon dont la société enseigne aux petits garçons comment devenir des hommes. Elles le disent et personne ne les écoute. Pourtant, je vous le demande : si vous marchez dans la rue, la nuit, et que vous entendez du bruit provenir de l’intérieur d’une ruelle mal éclairée : serez-vous plus rassuré d’en voir sortir une femme ou un homme ?

Les soignantes qui m’ont écrit tous ces témoignages que je suis triste de relayer aujourd’hui ont le droit d’être en colère car il existe une différence fondamentale entre être UN soignant et UNE soignante : s’il m’arrive parfois d’être en situation de conflit avec un patient, et que je sens cette situation comme pouvant possiblement dégénérer vers une agression physique, je n’ai JAMAIS, je dis bien JAMAIS craint une agression sexuelle venant d’un patient.

Je passe mes journées seul avec des malades.

La moitié sont des hommes. Et je n’ai pas peur. Ou si j’ai peur, ce n’est pas CETTE peur là.

Mes collègues soignantes ne peuvent pas en dire autant.

51 réflexions au sujet de « La parole aux femmes. »

  1. Nanie

    Merci Baptiste d’ Avoir mis « les pieds dans le plat ». Quand,à l’école et en famille sera enseigné le respect de l’autre et en priorité celui des femmes?

  2. Rodjeur69

    C’est vrai, tout ça, hélas !
    Mais il y a aussi des patients respectueux et soucieux de la pudeur des soignantEs.
    Pour répondre à Nanie, depuis que mon fils est adolescent et qu’il me parle de ses chéries, je lui explique que, lorsque une fille/femme dit”non”, elle veut vraiment dire non. Et pas “oui, si tu insistes”…

    1. sarah

      et surtout surtout … que lorsqu’une fille/femme ne dit rien, elle ne dit pas oui.
      que seul un oui peut être un oui.
      et qu’un oui est un oui si et seulement si il est donné avec consentement, sans pression, ni insistance.

      Rodjeur69, s’il vous plait : Quand on parle de la maltraitance des femmes, peut-on, une fois une seule fois, ne pas ramener la lumière sur les hommes ? Ce n’est pas le sujet. Ce n’est VRAIMENT pas le sujet. Quand on parle de la maltraitance des femmes, ce qu’on veut mettre en lumière, c’est le nombre de femmes maltraitées, ce n’est pas le nombre d’hommes gentils.
      Laissez-nous notre part de lumière. On a besoin d’être vues et entendues.

  3. Augustin

    Je suis moi aussi seul en consultation avec mon (ma) patient(e) et il ne me vient pas à l’idée d’avoir un regard “malhonnête”. Nos yeux doivent glisser sur le patient avec naturel, nos mots choisis, notre examen manuel expliqué et doux.
    Par contre, PAR CONTRE, je commence à avoir peur de la diffamation! de la patiente qui va affirmer que j’ai eu des gestes ou mots déplacés!!! Nous sommes seuls en consultations, comment faire; je suis sûr que si cela arive, le médecin sera en garde à vue, avant que l’enquête ai pu prouver la diffamation.
    Au bloc, ce n’est pas pareil, nous sommes rarement seul, mais respect permanent, empathie. Et le patient qui manque de respect à une soignante, les filles le savent, je débarque dans la chambre avec un témoin, en permanence pour que mes propos ne soient pas déformés, et là, c’est la colère du siècle Je le clous au lit et lui conseille de dégager au plus vite, avec parfois rapport à la direction

    1. c'line

      Pour une “diffamation”, comme vous dites, combien de gestes/reflexions vraiment déplacés ?? Rassurez-vous, Augustin: on est loin de l’équilibre dans ce domaine-là !

      1. Lauriane

        Bonjour c’line, on est certes loin de l’équilibre, mais Augustin a raison, la bonne ligne de conduite pour un professionnel de santé masculin envers une patiente est aussi un jeu d’équilibriste…

      2. Philippe

        Bonjour C’line,

        Vaut-il mieux un innocent en prison, ou un coupable en liberté ??
        Dix coupables et un innocent en prison ou dix coupables et un innocent en liberté ??

        Combien d’aides soignants reçoivent des mots déplacés de la part de leur patientes ?
        Faut-il les passer sous silence ?

        Effectivement, la priorité passe par l’éducation des garçons et des filles dans le respect mutuel.

    2. Jenplus4fr

      Ayant accouché deux fiis6aux USA, je confirme que les gynécologues/obstétriciens mâles, au moins, ont toujours une femme présente avec eux pendant la consultation, justement pour cette raison.

    3. Marie

      “Par contre, PAR CONTRE, je commence à avoir peur de la diffamation! de la patiente qui va affirmer que j’ai eu des gestes ou mots déplacés!!! ”

      Ben voyons — les hommes sont tellement à plaindre, les pauvres, et le risque (statustiquement infime) d’une plainte infondée est tellement, tellement plus grave que les agressions sexuelles (très fréquentes, demandez à n’importe quelle femme de votre entourage) dont les femmes sont victimes.

      Le sujet, c’est: les agressions sexuelles dont les femmes sont victimes.

      On peut parler de CA dix minutes sans qu’un mec ramène tout à lui?
      Ou c’est trop demander?

      (C’est trop demander pour un mec, apparemment)

  4. c'line

    2019, année de la Meuf ! On espère…
    Merci de relayer ces témoignages : tellement d’hommes refusent de croire que de tels comportements existent ! Cela me met en rogne, j’avoue…
    La bise à vous, cher Bibi !

  5. Emmanuelle

    Très cher Baptiste, ce sont des choses dont, souvent, nous n’avons pas conscience, tellement.
    Au boulot, les collègues me “claquent la bise”… pas les amis (ceux là, je m’en charge), nan. Des messieurs que je ne connais “ni des lèvres ni des dents”, comme dirait mon père… mais il serrent soigneusement la main de leurs collègues masculins (peu importe l’âge). D’ailleurs, au boulot, je ne mets jamais de jupe quand je ne connais pas mes interlocuteurs (trop compliqué à gérer).
    Au boulot encore, on se pose toujours la question du degré d’autonomie qu’a pris une femme dans ses travaux de recherche… jamais pour un homme (bah pourquoi)… on trouve aussi souvent que “c’est pas grave qu’UNE collègue décroche de la recherche, ELLE va faire de la pédagogie”… mais on se bat pour repêcher les décrocheurs mâles, par contre.
    Ce qui est amusant, c’est que ce sont des choses dont je n’ai pris conscience que récemment.
    De même que je n’ai réalisé que récemment qu’il était anormal qu’on me fasse attendre nue sur la table d’examen pour une écho mammaire (?? Vraiment nue ??) ou “en attendant que la radio des poumons soit développée” (plus de 30 minutes, vraiment ?)… du coup, je ne suis même pas surprise de ce que vous racontez sur les soignantes et leurs patients.
    C’est présent “à tous les étages”… et tellement révoltant !
    Courage, donc et merci à vous de mettre en avant ces comportements.

  6. Marie-

    Il ne faut pas oublier non plus les médecins indélicats, ho pas vous, j’en suis absolument convaincue.
    Mais plutôt comme ce généraliste que je suis allée consulter pour un contrôle obligatoire de mes vaccinations dans le cadre de mes études et qui a absolument voulu me montrer comment il fallait faire la palpation des seins. J’ai failli lui vomir dessus tellement ces gestes étaient déplacés !
    J’étais dans un état de sidération alors que j’aurais voulu le gifler !

  7. MLine

    Il ne faut pas oublier non plus les médecins indélicats, ho pas vous, j’en suis absolument convaincue.
    Mais plutôt comme ce généraliste que je suis allée consulter pour un contrôle obligatoire de mes vaccinations dans le cadre de mes études et qui a absolument voulu me montrer comment il fallait faire la palpation des seins. J’ai failli lui vomir dessus tellement ces gestes étaient déplacés !
    J’étais dans un état de sidération alors que j’aurais voulu le gifler !

    1. Cath

      J’allais faire un commentaire similaire, sauf que moi j’ai dit NON au type qui prétendait vouloir faire un examen gynécologique… et qu’il a parfaitement compris qu’assise sur la table d’examen, j’étais prête à le “remettre en place” s’il il avait osé insister. Pas de sidération de ma part, parce que tout simplement j’e flaire l’individu pas net et que je suis précisément en alerte.

      Et oui, il y a des patients et des soignants aussi, qui ont des attitudes déplacées. Pareil pour des collègues au travail, ou des passants dans la rue. J’ai un physique qui n’incite pas à me taper sur l’épaule -ou ailleurs- et qui refroidit ce genre de velléités : ça aide. Cela dit, si je suis d’accord pour monter au créneau, je n’apprécie pas trop les personnes qui se désistent après coup, “par crainte”, mais qui ne craignent pas de vous envoyer au front à leur place…

  8. 40

    Je confirme, les hommes se tiennent mal avec les femmes et il ne d’agit pas de pudeur seulement, ils ne se respectent pas eux mêmes, dans un centre de rééducation cardiaque, les convalescents hommes sont nombreux à ne pas se laver, à traîner sans s’habiller, à manger salement, à salir leur chambre et ne parlons pas de leurs WC, le personnel préférait de loin les patientes dans ce domaine du savoir-vivre en général.

  9. Anne

    Mon ostéopathe, Michel Sanchez (Quimper) pour ne pas le nommer, 80 ans au compteur et toujours au cabinet, même quelquefois le dimanche … sa vie est dédiée au soin, et je l’en remercie tellement. Mais je voulais surtout témoigner de sa grande grande pudeur face à mon corps. Jamais un regard sur telle ou telle partie, les yeux dans le vague, par concentration mais aussi et surtout j’en suis sûre (ça fait plus de 20 ans qu’il s’occupe de mes bobos) par respect pour ses patients. J’appelle ça un vrai praticien.

  10. Nanou

    Ce que tu dis est juste et triste, Baptiste, mais certains médecins abusent aussi de leur statut de “dominants” lors de l’auscultation. Et même, ô surprise, des FEMMES, envers d’autres femmes. Exemple, cette gynéco que je n’ai vue qu’une fois, et ce sera la seule. Je lui explique que mon mari m’a quittée et que je suis “sexuellement inactive” depuis son départ. Elle m’examine, me fait mal, je saigne. Et elle “oh c’est rien, c’est juste parce que ça fait longtemps que vous n’avez pas été pénétrée”. QUOI???

    1. doubleK

      Ça me rappelle une certaine gynécologue que j’ai vu qu’une seule fois également: consultation express où elle n’a pas répondu à mes questions (en me faisant comprendre que ELLE sait c’est pas à moi de chercher à comprendre). PUIS: elle m’a tout bonnement renvoyée en soutien – gorge pour me rhabiller en salle d’attente devant les autres patientes médusées !

  11. MarieG

    Un accident de voiture et quelques vertèbres mal fracturées m’ont valu de passer quinze jours dans un hôpital public aux USA cet automne pour y être opérée en urgence et préparée au retour en Europe. J”ai été extrêmement bien soignée. A part mon époux qui est venu dès qu’il a pu, et des appels téléphoniques, les proches n’ont pas pu me rendre visite; en partie pour cete raison, tous les soignants m’ont beaucoup entourée, prenaient du temps pour parler, aussi la nuit.
    J’avais le temps, je me suis beacoup intéressée au fonctionnement de l’hôpital, aux différents métiers, aux processus. Tout est assez différent de l’Europe. En particulier les rapports soignant-patient.
    Mon ressenti est que le patient est le point focal, le principal centre d’intérêt de tous les soignants et des administratifs. On explique au patient chaque geste, chaque traitement, chaque médicament. Les soignants se donnent la peine d’expliquer, de rassurer, de répondre aux questions.
    Donc ils sont extrêment attentifs à respecter la pudeur des patients; le taux d’infirmiers doit être supérieur à ce qu’on connaît en Europe, du coup chaque infirmier m’a toujours demandé si je préférais qu’une infirmière vienne me faire tel ou tel soin.
    Bien sûr, il y a la charte du droit des patients qui parle des dérapages possibles, aussi bien de la part des patient.e.s que des soignant.e.s, elle est remise à l’entrée et à côté du téléphone une étiquette indique un numéro qu’on peut appeler en toute confidentialité, pour quelque sujet que ce soit.
    J’ai dû passer un certain nombre de scan, IRM, radio: tout était organisé pour que je sois découverte aussi peu que possible.
    Je présume que ces attentions particulières ne sont pas tombées du ciel: une certaine dose de puritanisme, quelques procès, un travail en profondeur sur le nursing, etc… Quoi qu’il en soit, le résultat est là: je me suis toujours sentie à l’aise, d’autant plus que chaque nouveau soignant commence par dire bonjour, se préente, annonce sa fonction et ce qu’il va faire et demande comment on va (et s’intéresse vraiment à la réponse). Enfin, comme les nord-américains passent très vite à l’utilisation seule du prénom, celà évite d’entendre parler dans les couloirs de “la dame de la 502”, mais plutôt de “Marie, dans la 502”. J’ai trouvé plus agréable.
    Dernier détail: chaque infirmière travaille avec une aide-soignante; pour certaines tâches, elles travaillent chacune de leur côté, mais pour beaucoup d’autres (toilette au lit, changer un lit, certains soins, etc…), elles les font à deux. Ca doit les protéger aussi j’imagine.
    Bref, je suis rentrée en Europe en pensant qu’on avait certainement beaucoup à apprendre des US, même si leur système de sécurité sociale est défaillant. En même temps, ce serait une telle révolution que je ne suis pas sûre que nous soyons prêts, notamment pour les relations médecin-infirmière : jamais vu un médecin prendre de haut une infirmière, au contraire le corps médical compte sur elles et leurs observations. Dynamique d’équipe intéressante à observer et à vivre comme patiente.
    Belle journée

    1. Veronique

      Bonjour MarieG,
      je suis ravie d élire votre témoignage. De mon côté j’ai accouché de la seconde fille aux USA et globalement, mon expérience rejoint la votre. Du coup, j’ai écrit une lettre à la maternité où j’ai accouché de ma troisième, dans les Hauts-de-seine… Un truc qui m’avait marquée : aux USA, l’obstétricien était venu me rendre visite après la naissance (un peu compliquée). Mais dans le 92, nada. Et bien pour la quatrième naissance, toujours dans le 92, j’ai eu la visite des médecins chaque jour !! Je ne sais pas si c’est ma lettre qui avait changé les choses, j’ose penser “un peu” ou “peut-être”. Je pense qu’il est important pour nous patients de donner des retours, respectueux, pour que les pratiques évoluent. Votre retour est passionnant, j’espère qu’il sera étudié par des médecins français !
      Bon rétablissement.

  12. Axelle

    C ‘est un sujet interessant .
    A quand la sanction ou gestion adaptée avec suivie d’un comportement à conséquences stressantes et traumatisantes sur l’être humain ?
    Il me vient à l ‘esprit de faire des stages de récupération comportementale comme pour les infractions de la route: échange en groupe avec psychologue ,filmé peu être un plus, et méditation de pleine conscience afin de relié le corps et l ‘esprit. On peut rajouter un bar à eau ou non-alcool et de la musique aussi.

  13. Jac

    j’ai connu une fois un médecin aux gestes et paroles déplacées.

    A contrario, je suis parfois étonnée, et de plus en plus, d’être auscultée à travers des vêtements, de ne pas être examinée ni touchée.
    Je me dis alors qu’une consultation téléphonique n’aurait rien enlevé.

    Un exemple frappant. Première consultation obligatoire avant une cure.
    Je reste entièrement habillée et, assise sur la table de consultation, le médecin prend ma tension.
    Aucune mobilisation, aucune observation de mes mouvements. Si, je dois marcher devant lui !
    Pour le reste, il se fie à ce que je lui dis.
    Et à la piscine, je vois une dame pleine de boutons entrer dans la même eau que moi.
    Peut-être pas contagieuse, mais je me dis que si j’avais eu une mauvaise plaie ou un peau malsaine, il m’aurait prescrit quand même piscine puisqu’il ne s’était donné aucune possibilité de les diagnostiquer.

    Je pense aussi aux personnes âgées, aux hommes (!!!) qui viennent pour un problème ponctuel et cachent ce qu’ils traînent depuis des mois sans soins.

  14. Sylvie

    Tout cela ne me surprend pas du tout. Et pas seulement dans le domaine des soignants, dans lequel je ne suis pas. J’ai déjà dû supporter des tas de remarques déplacées dans mon boulot.
    Le pire, c’est quand j’ai eu des contractions en fin de grossesse, j’ai dû consulter aux urgences. Et je peux vous dire que les yeux du mec, au cours d’un doigté, n’étaient que lubricité.
    Facile. Et Lâche. Voire pervers.

  15. la tulipe

    A un article sur les soignants qui souffrent, les commentaires dérivent vite sur les dérives de soignants. Je trouve ça dommage, peu respectueux de ce que les soignants vivent au quotidien. J’ai quelques souvenirs marquants dont un en particulier qui date d’il y a 40 ans. Mon premier poste d’infirmière dans une clinique toulousaine, j’avais 21 ans. Je me souviens très bien du nom de ce monsieur opéré de la prostate au regard pas trop net. Je m’occupe de son voisin. Et ce vieux cochon de me dire “vous avez une culotte bleue” A l’époque, nous étions en blouse donc juste une épaisseur de tissu! Je lui ai répondu d’un ton sec “non, elle est bleue” et de ce jour, je me suis débrouillée pour ne plus jamais tourner le dos à un patient quand je m’occupais de son voisin!
    Je me souviens aussi d’un vieux monsieur tout léger que je portais du lit au fauteuil : “je l’embrasserais bien, la petite élève infirmière”. Je n’avais pas trop apprécié… S’il avait pu, il l’aurait fait!
    Et d’un jeune garçon de 12 ans qui sortait doucement du coma. je lui faisais la toilette tous les matins et il était assez réactif! Un matin, alors que là aussi, je le portais pour le mettre au fauteuil “Annie, je t’aime, je veux t’embrasser sur la bouche”. Là, quand j’y pense, je souris encore. Et je me souviens de son prénom 🙂
    Je me souviens aussi de tous ces hommes que j’ai soignés, d’une extrême pudeur. De certains aussi, je me souviens du nom et du visage, ils m’ont marqué dans le bon sens et je les en remercie. Le respect mutuel, ça aide à une belle relation soignant-soigné.

    1. Anne

      “A un article sur les soignants qui souffrent, les commentaires dérivent vite sur les dérives de soignants.”
      Merci de ce recadrage. J’ai eu l’impression en lisant certains commentaire qu’au fond on mérite bien ça puisque certains d’entre nous se comportent mal… ça m’a fait de la peine.

      Médecin anesthésiste femme je ne peux malheureusement que confirmer : patients qui mettent une mains aux fesses ou s’accrochent à la poitrine ou au décolleté lors des transferts lit-brancard ou table d’op-brancard, allusions salaces, regards déplacés … pas tous les jours certes, mais plusieurs fois par mois. Et que des hommes 🙁

  16. tisseur evelyne

    c’est triste dans l’ensemble tous ces témoignages si négatifs sur les hommes !
    mon mari a été hospitalisé très régulièrement pendant 9 ans ( leucémie)
    et maintenant je suis angoissée à l’idée qu’il pouvait se comporter comme ces rustres
    cependant, je me rassure en pensant à tous les mots gentils sur lui de tout le personnel soignant
    lors de son décès, tous m’ont parlé de lui comme de quelqu’un de bien.

    quand aux médecins que je voie, aucun n’a jamais eu de geste déplacé et je les en remercie.

  17. DOMINIQUE

    Une infirmière libérale me racontait qu’un jour, pendant qu’elle douchait un vieux patient, il lui dit “regarde, je bande”. Elle, derechef, met sur eau froide et dirige le jet vers l’objet du délit… “oh, pardon”.
    Un autre infirmier me racontait que les femmes ne voulaient pas en général se faire faire la toilette par un homme.
    Tout ce qui est humain n’est pas simple !

  18. Rose

    Il n’est pas encore arrivé le jour de l’égalité homme – femme. Respect mutuel, salaire identique pour le même grade, …
    Un jour, je me suis plainte à mon chef de service de l’attitude déplacée d’un collègue (paroles salaces, main aux fesses).
    Réponse de mon chef : « Il faudra t’y faire, il est ainsi » !!!!
    J’ai été choquée et ai raconté tout à mon mari.
    Ce collègue a remis le couvert…je l’ai giflé de toutes mes forces !
    Il a stoppé net !
    Je vous souhaite à toutes du courage, n’hésitez pas à dénoncer ce genre de comportement à votre hiérarchie en espérant qu’elle vous entende !

  19. sarah m

    J’ai travaillé dans un service d’aide à domicile pour personnes âgées. J’ai eu le cas de cette personne qui coinçait les intervenantes dès qu’elles avaient moins de 30 ans. Un autre qui mettait du porno quand on venait chez lui…
    Le plus rageant ? Dans le premier cas, on m’a simplement dit : ” Évite d’envoyer des jeunes” sans m’expliquer pourquoi. C’est une intervenante qui avait été agressée qui m’en parlé. En gros, on préfère mettre ça sous le tapis qu’essayer de régler le problème. Le tout en laissant des meufs risquer de se faire agresser.

  20. Christine

    Je na sais pas quoi écrire, à part une envie de vomir, moi aussi victime, plus confiance, DU TOUT.
    Bonne Année à tous les humains et aux femmes.

  21. Emmanuelle

    Un ajout… j’ai (re(re(re)))fait un tour sur votre Instagram, Baptiste, et… c’est incroyable la bienveillance du regard que vous posez sur l’Autre et qu’on sent jusqu’au tréfonds de ces photos… Le Monde serait tellement plus doux si nous parvenions tous à cette bienveillance-là. Merci pour ça et belle année 2019 !

  22. Flex

    Pas surprise du tout, forcément ! Films etc entretiennent d’ailleurs cette image des infirmières pas farouches. Etre une femme est encore et toujours un double combat : avoir sa place et devoir prouver que l’on est “mérite” cette place…
    Je n’aime pas particulièrement faire de la publicité pour les diffuseurs ou grands groupes, mais sur un site très connu de streaming (ça débute par net…) je vous conseille vivement – et plus encore – le one woman show “Nanette” d’Hannah Gadsby. C’est le seul endroit où vous pourrez le voir. Prenez le mois gratuit, empruntez l’abonnement, squattez chez des amis, faites ce que vous pouvez pour le regarder, 1h09 de votre temps. Faites circuler. C’est une des meilleures choses que j’ai vu de ma vie. A voir par les femmes et les hommes.

  23. Catherine

    Contexte: stage de réanimation, 5ème année de médecine, chambre où séjournait depuis plusieurs jours un patient avec surinfection d’une bronchite chronique et complications multiples. Environ 70 ans, sous ventilation non invasive (sorte de masque qui insuffle de l’air dans les poumons), parfaitement conscient. On m’envoie faire la ponction artérielle du matin. Je lui explique le geste, la ponction se passe bien. En me tournant vers mon chariot pour débarrasser le matériel, je sens qu’il m’agrippe vigoureusement la fesse droite. Je me tourne brusquement pour ôter cette main: vision surréaliste du patient cyanosé, respirant avec 10% de sa capacité respiratoire, incapable d’aligner 3 mots, mais avec un regard brillant et égrillard, les paupières grandes ouvertes, qui passe de ma fesse à mon décolleté. Je me souviens lui avoir dit que cette attitude était inacceptable. En apportant les résultats de la gazométrie au médecin du service, je lui rapporte aussi l’attitude du patient. Il me regarde au-dessus de ses lunettes, et me dit: “tu as vu les résultats, il ne va échapper à l’intubation, et vu le tableau, il ne va possiblement pas sortir du service. Il faut voir ca comme un dernier sursaut de vigueur!”. Merci de votre soutien, chef. En discutant avec les infirmières, j’ai appris qu’il avait déjà peloté plusieurs d’entre-elles, y compris au cours de précédents séjours en réa. Il fut sédaté et intubé dans l’après-midi. Conclusion du chef après l’intubation: “mesdames, maintenant, vous êtes tranquilles”. C’est sûr. Mais on aurait préféré que vous lui passiez un savon tant qu’il était conscient, chef.

  24. Marie

    Je suis une femme, pas soignante du tout, rarement une patiente et ayant eu la grande chance de ne rencontrer (presque que) des soignants hommes bienveillants et en tout cas professionnels.

    Alors oui, les femmes ont besoin d’être entendues et certaines d’entres vous aimeraient que les hommes ne la ramènent pas sur ces sujets qu’ils sont supposés ne pas comprendre (sauf Baptiste visiblement…)

    Pourtant, il y a pas moins de 4 jours, je discutais encore avec cet ami kiné de ce qu’il ressent parfois quand certaines patientes déboulent dans son cabinet, en sous-vêtements pas vraiment adaptés pour ce genre de séance. De ce qu’il ressent quand, médicalement parlant, il aurait besoin de masser telle cicatrice à tel endroit du corps pouvant paraître “un peu déplacé”… Mais qu’il n’ose pas car l’attitude de sa patiente est ambivalente… Et de cette question : que peut-il faire dans ces cas-là ?

    Alors oui, beaucoup trop d’hommes, depuis beaucoup trop longtemps, manquent de respect aux femmes et se comportent comme si tout leur était permis. Mais des femmes qui en font autant, il y en a aussi malheureusement.

    Plus que le féminisme, je suis de tout cœur pour l’égalitarisme. Pour ce monde où hommes ET femmes se respectent mutuellement. Et, en ça Baptiste, je n’ai jamais pris le temps de le faire depuis quoi 6, 7 ans que tu tiens ce blog mais… Mille mercis. Vraiment.

    1. Sophie

      Je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Ce n’est pas le sujet.
      Il est plus qu’important, primordial, de savoir et faire savoir que ces comportements existent et qu’ils sont inacceptables.
      Que de plus la société et les supérieurs hiérarchiques les banalisent ou les excusent alors qu’ils ne feraient pas la même chose avec l’autre sexe.
      Ce qui est grave c’est que ces comportement sont très répandus et le peu de femmes, proportionnellement, qui se comportent mal est infime en regard de ceux des hommes.

      1. Caroline

        Que le nombre des femmes ayant des comportements déplacés soit infime ne les excuse en rien, et si cela vous hérisse le poil quand les hommes se défendent en disant “Tous les hommes ne sont pas comme ça !”, alors reconnaissez au moins que “Certaines femmes aussi sont comme ça !” Je suis tout à fait de l’avis de Marie qui se dit profondément égalitariste, car moi aussi. Présenter systématiquement LES femmes comme des victimes et LES hommes comme des agresseurs est une malhonnêteté intellectuelle et manque cruellement de nuance. Le monde n’est pas en noir et blanc, les gentilles femmes d’un côté et les méchants hommes de l’autre.
        Et ne parler que du sujet des femmes qui sont agressées, sans pour autant vouloir parler des hommes qui s’en sont rendus coupables, me semble un refus d’essayer de remonter aux sources du problème ou de trouver une solution. Au fond, chaque fois que j’entends ou lis “On ne parle pas des hommes, là, y en a marre qu’ils tirent la couverture à eux !”, j’ai l’impression qu’au fond, elles ne veulent que se plaindre et c’est tout. Alors c’est bien, hein, de dire ce qui se passe, mais on ne peut pas faire que ça, quand-même ? !!

      2. Aslan

        Originaire de Turquie, ayant fait une partie de mes études aux Etats-Unis, ayant servi dans l’armée de mon pays à la frontière syrienne, travaillant majoritairement en France mais occasionnellement dans diverses parties du monde, je suis en mesure de vous affirmer, Sophie, que Marie a parfaitement raison et que la stupidité et la perversité sont réparties de manière égale entre les hommes et les femmes. Agresser sexuellement ou non quelqu’un, quel que soit le sexe de l’agresseur et de l’agressé, est inacceptable.
        Je me permets de vous faire remarquez que vous banalisez vous-même avec beaucoup de désinvolture les agressions commises par les femmes à l’encontre des hommes. Une femme battue par un homme, c’est une victime, par contre, un homme battu par une femme, c’est ridicule, n’est-ce pas ?
        Dans beaucoup de cultures non occidentales, la personne que redoute le plus une jeune épouse, ce n’est pas son mari, c’est sa belle-mère.

  25. Marie

    “Plus que le féminisme, je suis de tout cœur pour l’égalitarisme.

    …………………… c’est quoi, pour vous, ‘le féminisme”?

    1. Philippe

      Pour moi le féminisme est assez Darwinien.
      Il est l’émanation d’un mouvement en réaction à des siècles d’oppression de la femme par l’homme.
      Plus fort physiquement, l’homme s’est imposé à la femme, naturellement.
      La raison, la culture, les lois arrivant, l’homme occidental (malheureusement uniquement en occident) perd son avantage physique et se retrouve en concurrence morale avec la femme.
      Ainsi le féminisme est un mouvement révolutionnaire contre un pouvoir en place qui vacille.
      Doit-on pour autant écraser l’homme dans un but de revanche ?
      Dans toute révolution il y a des extrêmes, et mal géré, le féminisme en fait partie…
      Je suis donc, moi aussi, pour l’égalitarisme.

      1. V*

        Le féminisme a pour but l’égalité des sexes, pas d’écraser les hommes… !! C’est incroyable que ce mouvement soit aussi mal compris : il s’agit simplement de lutter pour que le patriarcat ne soit plus la norme et que les femmes puissent avoir les mêmes droits que les hommes, non seulement en théorie, mais aussi dans les faits—mêmes salaires pour mêmes emplois (ce n’est toujours pas le cas), même possibilité d’accès à divers emplois en cas de diplômes ou qualifications similaires (là aussi, ce n’est pas le cas), même considération dans la société (et le texte de Baptiste Beaulieu vient à nouveau montrer que ce n’est pas gagné).
        Plutôt que de refuser le terme de “féminisme”, il vaudrait mieux condamner toutes celles et tous ceux qui contribuent à la permanence d’un système injuste qui nuit à toutes et tous.

  26. Souslalune

    Philippe, accepter la différence (physique ), ce n’est pas accepter “naturellement ” l’inégalité de traitement !
    Courage à toutes les soignantes pour ce qu’elles affrontent au quotidien, surtout ne pas banaliser et ne pas baisser les bras .

    1. Philippe

      Bonjour Souslalune,

      Je suis tout à fait d’accord avec toi (vous ?).
      Je soulignais simplement cette différence.
      Nous sommes heureusement passé d’un monde violent à un monde raisonnable.
      La transition ne doit pas engendrer de dérive c’est tout.

      Je suis Papa de deux fils que nous élevons dans le respect de l’humain quel qu’il soit.
      Pour vivre en société, l’être humain à besoin de s’identifier à un groupe (équipe de foot, philatéliste, fan de xfiles, jeune maman, bouliste, etc…) et de s’opposer à d’autres groupes (je n’aime pas les gens qui ne ramassent pas les crottes de leur chien, qui passent au feu rouge en voiture…).

      Il est dommage de concevoir une opposition homme/femme et de remettre dos à dos ces deux groupes.

      Je trouve également intolérables les agressions sexuelles commises par qui que se soit.
      Cependant, face à la mort ou à l’angoisse de mort, le mâle oppose facilement le sexe, car l’acte est quasi instantané, et lui permet de se perpétuer, contrairement à la femme dont la gestation est plus longue.
      Ainsi on peut imaginer que nu devant une femme, au seuil de la mort (réel ou fantasmé) , ce soit l’instinct qui parle et non plus la raison.

      Mais cela n’empêche pas non plus qu’il y ait des salaces aussi !!

      1. Anne-laure

        Bonsoir Philippe,

        Une objection, ça n’est pas le féminisme qui oppose femmes et hommes mais bien le patriarcat dans lequel nous vivons, le féminisme est là pour rétablir l’égalité de traitement.
        Par ailleurs, je ne crois pas qui’l y ait d’instinct chez les hommes, mais bien une construction sociale virile qui l’autorise (voir l’encourage) à se comporter comme tel.

  27. Aslan

    A l’hôpital où je travaille, nous avons eu quelques cas comme ça. Avec ma supérieure, j’ai récupéré la méthode inculquée par un de mes professeurs de l’université d’Istanbul, une femme qui avait fait carrière dans l’armée, et Dieu sait si le soldat turc de base peut avoir du yaourt à la place du cerveau. Nous avons appris aux infirmiers, et surtout aux infirmières, de notre service à réagir avec efficacité face à ce genre de situation. Une remarque salace appelle une réponse ferme et le rappel des peines encourues pour harcèlement sexuel. Un geste mal placé, c’est un appel au secours à haute voix et la dénonciation des faits aux personnes qui arrivent.

    Pour les cas les plus graves, un médecin vient dans la chambre au moment où le patient reçoit une visite et énonce la liste des faits concernés et informe le patient que les personnes agressées songent à porter plainte, et que les sous-vêtements ont été mis de côté afin que les plaignants puissent prouver l’agression ou la tentative de viol devant la justice.

    Etrangement, aucun patient ne récidive plus quand on a dressé la liste des remarques salaces proférées à l’encontre des infirmiers et des aides-soignants devant son épouse ou ses enfants.
    Si une collègue a l’impression d’être en danger, elle doit hurler. C’est toujours un peu délicat pour un homme d’expliquer pourquoi il est enfermé seul avec une femme qui s’est mis à pousser des cris perçants.

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