Les enfants particuliers.

Texte de ma consœur J.

“Alors voilà. Je suis pédopsychiatre et cette journée a été marquée par 2 Enfants Particuliers.

Tanguy a 9 ans. Il a été placé en urgence pour carences affectives, éducatives et maltraitances il y a quelques jours. Sa mère, enceinte, a été retrouvée alcoolisée et en errance. Ne pas juger. Dans le foyer d’accueil d’urgence, il explose à la moindre frustration. Ils ne savent plus comment faire pour l’apaiser. Lorsque je le rencontre, c’est un petit animal aux aguets. Il refuse tout en bloc mais accepte finalement l’échange, il collabore à sa manière. Ses yeux sont si mobiles. Il a les genoux écorchés. Il est en colère contre ce juge qui lui a fait quitter sa maison. Tellement sur le qui-vive et en même temps tellement attentif à tous les propos échangés avec les personnes du foyer qui l’accompagnent. Chez lui, il était le bouc émissaire de tous les soucis familiaux m’expliquent-elles. Pas le choix : prescription de neuroleptiques afin qu’il puisse accéder à un peu d’apaisement.

Et ensuite Leila qui arrive cet après-midi de pédiatrie. Elle a fugué de son foyer et a fait une mauvaise rencontre. Un type qui l’a accostée, l’a effrayée. Et Leila la mal aimée, Leila qui est persuadée que rien de bien ne peut lui arriver, Leila qui se met en danger, a dit non mais n’a pas osé se débattre. Violée. Pas de préservatif. Elle a 14 ans. Depuis 3 jours en pédiatrie elle refuse l’examen et les prélèvements gynécologiques. Prostrée, elle ne se nourrit presque plus. Lors d’un viol, les prélèvements doivent être réalisés dans les 72 h pour que des tests génétiques puissent être réalisés. Avec l’infirmière, nous passons des heures alternativement à essayer de la convaincre de réaliser ces tests. Parce qu’elle ne doit plus être seulement une victime. Parce que ce pourri doit pouvoir être identifié. Les autres jeunes du service ont perçu son mal être à son arriver. Ils s’agitent, se disputent. Il faut gérer. Tic tac. Ce soir il sera trop tard. Et Leila s’enfoncera encore plus dans ce statut de victime. Et en même temps on culpabilise, parce qu’on lui demande de montrer, d’exposer son corps blessé. Parce qu’un écouvillon, même si ce n’est qu’un « coton-tige un peu plus grand », elle ne peut envisager qu’il la touche là. Je lui dis qu’elle doit réagir. Ne plus subir. Que grâce à son courage, elle empêchera peut-être cet homme de récidiver. Que grâce à elle il pourrait peut-être se faire soigner. Ne pas juger. A 19h elle accepte. Lors de l’examen, l’infirmière est d’un côté de la table d’examen et moi de l’autre. Elle nous tient la main. Elle serre les dents. Nous comptons les écouvillons (il y en a 5). Je compte les secondes à haute voix pendant chaque prélèvement. Je ne sais pas pourquoi. Probablement pour lui montrer que le temps s’écoule, que ce calvaire va finir. Elle serre ma main. Elle est courageuse.

Il est 20h, ma journée est terminée. Je me rends directement dans mon petit resto favori. C’est l’été. La terrasse est très agréable. Des touristes, des familles avec leurs enfants profitent de cette belle soirée.

Deux mondes… Impossible de basculer dans celui-là malgré ses attraits. Impossible de faire sortir les enfants de mon esprit.

Tanguy et Leila, on aurait envie qu’ils soient des Enfants Particuliers comme dans les livres, avec des pouvoirs pour se sortir des situations horribles.

Il fallait que ça sorte. Merci d’avoir lu. Bonne nuit”

71 réflexions au sujet de « Les enfants particuliers. »

  1. dubois martine

    Témoignage bouleversant du quotidien du personnel hospitalier. Merci madame pour ce que vous faites pour tous ces enfants qui n’ont pas la chance de vivre avec insouciance leurs jeunes années.

  2. Tsuvane

    … je suis tellement admirative devant des personnes telles que vous. Moi j’en serais incapable, je pleure déjà devant mon smartphone, je pourrais pas tenir face à ce que vous cotoyez.
    Les vrais héros, ce sont les gens comme vous.

  3. Nana

    Bonjour,
    Je suis extrêmement choquée par cette phrase “Pas le choix : prescription de neuroleptiques afin qu’il puisse accéder à un peu d’apaisement.”. Cet enfant de 9 ans est arrivé il y a quelques jours, c’est normal qu’il soit déboussolé, apeuré et en colère. Quand on sait que la très grande majorité des enfants placés finissent extrêmement mal (et j’en ai vu de ces enfants, à la rue, ayant fait de la prison), il suffit de regarder les rapports évaluant l’ASE, ou même de lire l’histoire de Leïla.
    Le choix de cette prescription est comme, bien souvent, un choix de confort, un moyen de le contrôler (et d’avoir la paix). Le terme “apaisement” est aussi utilisé dans certains hôpitaux pour décrire… des chambres d’isolement. C’est un terme qui permet d’adoucir la réalité: les neuroleptiques ne soignent AUCUNE souffrance, ils matent, rendent n’importe quel humain apathique, contrôlable à souhait. Ils sont d’ailleurs énormément prescrits… en prison! En particulier chez des détenus récalcitrants.
    Il y a d’énormes mises en garde sur ces traitements, car les effets indésirables (et non secondaires, terme adoucissant la réalité) sont nombreux et pour pas mal d’entre eux, présents à vie. Les prescrire à un enfant de 9 ans, c’est le mettre en danger volontairement.

    Quant à Leïla, le fait qu’elle ait fugué est un élément à peine abordé. Un enfant ou un adolescent ne fuit JAMAIS d’un endroit où il se sent en sécurité. Des enfants qui ont fugué d’un foyer et de leur famille d’accueil j’en ai vu beaucoup à la rue: ils racontent qu’au bout d’un moment, la Police ne lance plus d’avis de recherche (surtout quand ils dépassent 16 ans).
    Les justifications telles que “il faut identifier l’individu” et “elle ne doit plus être seulement une victime” sont dignes d’une personne lambda qui n’y connait rien au système judiciaire dans son ensemble, mais certainement pas d’une personne qui est proclamée “spécialiste des enfants”. Ces adultes exposent Leïla à une longue procédure, au succès plus d’incertain, qui risque fortement de la détruire davantage. Une infime partie des violeurs sont condamnés, d’ailleurs la personne qui témoigne dit bien: “elle empêchera PEUT-ETRE cet homme de récidiver”. La réalité est là: l’avocat de la défense va appuyer sur la fugue de Leïla (et son passé) et le fait qu’elle n’ait pas dit non. La plaidoirie de la pédopsychiatre à base de “elle doit réagir. Ne plus subir” relève encore d’un mauvais disque qui a tourné trop longtemps: ce n’est pas juger, c’est jouer sur la culpabilité de Leïla et son prétendu “devoir” de faire quelque chose. Dire que c’est du “courage” d’accepter des prélèvements c’est dire implicitement que si elle ne l’avait pas fait, elle aurait été lâche.
    Le moyen dont ce personnel a obtenu ces prélèvements est franchement douteux. En sachant que Leïla va continuer de vivre dans un lieu où elle ne sera pas entourée (le point de départ c’est la fugue). En sachant qu’elle est exposée dorénavant à davantage de violences (les études montrent qu’une personne exposée à une violence a une plus grande probabilité d’en être exposée à une suivante, en particulier lorsqu’il s’agit d’un enfant).
    Quant au “grâce à elle il pourrait peut-être se faire soigner”, j’ignore si je dois rire ou pleurer d’une telle ineptie, venant d’une discipline qui a longtemps considéré l’homosexualité comme une maladie, j’imagine que je dois plutôt être effrayée… La pédophilie n’est pas une maladie et le passage à l’acte encore moins. Le premier n’est pas condamnable: on ne contrôle pas les pensées de chacun et je rappelle que l’inceste a longtemps été considéré comme tout à fait normal – voir le témoignage à la TV d’un grand médecin (sic) qui dit tranquillement régulièrement avoir des rapports sexuels avec sa fille, il y a seulement 40 ans. Le second l’est et dire que certains peuvent soigner cela relève d’un sentiment de toute-puissance doublé d’une escroquerie (seul un gourou pourrait dire de telles choses): dire que des êtres humains pourraient empêcher un individu de violer un enfant ou un adulte, c’est dire que ces mêmes êtres pourraient contrôler n’importe quel écart social. Et les meurtres? Et la violence conjugale? Et le vol? De plus, il n’y a aucun début de preuve que ces injonctions de soins “soignent” qui que ce soit (et il y en a de plus, dès lors qu’un comportement est “anormal” aux yeux de la société – mais bizarrement jamais pour le terrorisme…).

    Quand je vois de telles choses, je me dis qu’on peut avoir fait 10 années d’études et être à côté de la plaque si on n’a aucun bon sens, aucune base de sociologie, aucun esprit scientifique de droit et qu’on est plein d’idéologie, surtout scientiste, et de certitudes jamais démontrées avec en prime, des clichés communs.

    Je ne me fais pas d’illusions sur l’avenir de ces deux victimes, pas juste victimes de leur agresseur, mais surtout, victimes de ce système qu’est la pédopsychiatrie et de ce qui les attend. Si au moins l’une de ces deux s’en sort dans la vie (sens large pour ne pas dire: ne finit pas à la rue, dans un HP, en prison, seul.e à l’âge adulte avec en prime une dépendance et d’autres maltraitances, y compris dans les structures d’accueil qu’ils connaîtront), ce serait déjà vraiment énorme.

    1. Sylvie

      En gros, vous nous dites qu’il ne faut rien faire. Vous y étiez avec ces enfants ? Avec ceux qui tentent de les aider ? D’après vos réflexions, je vois surtout, personnellement, une grande froideur en vous. Et du jugement sans appel.

      1. mimi

        Non, bien au contraire Sylvie, relisez, vous comprendrez.

        Un “jugement” tellement réaliste, tellement clair, une vérité qui vous agresse très certainement, qui vous fait mal, mais une vérité…

        Sans doute n’avez vous jamais été confrontée, vous, à ces enfants massacrés…

    2. Annick

      Ah Nana, je trouve votre reponse interessante. On y sent beaucoup de souffrance, de colère, de deception : avez-vous même été déçu par les adultes et la medecine ?
      Pour les neuroleptiques, je partage votre avis mais sans être medecin ça me semble être pourtant la seule solution temporaire lorsque le cerveau n’est plus en capacité de maitriser le calme du corps.
      Mais finalement qu’aurait dû faire cette médecin ?
      Lui prescrire un plein d’amour et de rencontres bienveillantes pour eviter d’avoir à fuir ce qui l’entoure aujourd’hui ? Si seulement c’etait possible…

      1. Lorraine

        Je suis d’accord avec vous. Cette Pedopsy ne parle pas d’un traitement au long cours. Si cet enfant presentait un risque pour lui ou les autres, qu’est ce qu’il fallait faire?
        Quand au cas de Leila c’etait qu’elle comprenne qu’elle était une victime, que ce n’était pas de sa faute, car qu’est ce qu’elle doit s’imaginer cette pauvre gamine…j’ai fugué c’est de ma faute…si j’etais resté chez moi etc… alors que le monstre c’est l’autre, cet adulte pervers qui profite de son desarroi et de sa faiblesse.

    3. Cécile

      Pas d’accord avec tout ce que vous avez dit mais au moins en partie et j’espère qu’on donnera aux soignants les moyens de remettre en cause certaines de leur pratiques, je crains que pour l’instant ils n’aient ni le temps, ni le budget nécessaires.

      1. Elle

        C’est quoi ce “BRAVO Nana !!!!!!!!” RIDICULE ?
        Vous applaudissez à son”” optimiste”” conclusion :
        “Je ne me fais pas d’illusions sur l’avenir de ces deux victimes, pas juste victimes de leur agresseur, mais surtout, victimes de ce système qu’est la pédopsychiatrie et de ce qui les attend. Si au moins l’une de ces deux s’en sort dans la vie (sens large pour ne pas dire: ne finit pas à la rue, dans un HP, en prison, seul.e à l’âge adulte avec en prime une dépendance et d’autres maltraitances, y compris dans les structures d’accueil qu’ils connaîtront), ce serait déjà vraiment énorme.
        Personnellement je dis BRAVO Docteur ne vous découragez pas ! Vous mettez des enfants perdus sur le chemin de la résilience et ça c’est magnifique

    4. Anne Courbière

      Je suis vraiment touchée par votre témoignage, Nana, parce qu’il résonne en moi à plein de niveaux…
      J’ai eu aussi un serrement de coeur en lisant le “pas le choix” des neuroleptiques pour Tanguy, tout comme la manière “médicale” de s’occuper de Leïla…
      Le seul soin que j’ai pu constater comme vraiment apaisant envers un être vivant blessé (j’allais dire humain, mais j’ai vu la même chose chez les animaux) c’est la “présence”: Qui peut s’exprimer par le toucher, les mots, ou le silence… bien sûr, selon le besoin…
      Et comme chaque instant est unique, chaque rencontre l’est aussi.
      Alors, ce que je lis dans le témoignage de J., c’est qu’elle a fait de son mieux avec ce qu’elle a appris, avec ses “outils”, mais surtout avec son coeur.
      Juger négativement (ou positivement) ce qu’elle a fait, et surtout “comment elle l’a fait” ne sert à rien.
      La seule chose importante à mes yeux est que ce qu’ils ont vécu tous ce jour-là a été témoigné, et partagé…
      Chacun avait besoin d’être écouté dans sa souffrance.
      Le passé ne peut être réécrit. Il peut cependant servir, une fois “écouté”, à proposer d’autres manières de traiter les situations terribles que la vie met sur notre chemin.
      En ça, le partage nous rend plus humain, qu’en pensez-vous?

        1. hexdoc

          Mais bien sur, la souffrance est rédemptrice, la morphine pour la souffrance physique, les anxiolytiques ou les neuroleptiques pour la souffrance psychique, ça abrutit et ça cache les maux … N’empêche que si on peut apaiser l’une ou l’autre, et dans le même temps essayer de prendre en charge ce qui en est la cause, je pense que la personne qui souffre ne s’en portera pas plus mal.
          Soyez moins péremptoire dans vos assertions mimi …

    5. Sanglier

      eh Nana t’es qui? tu fais quoi? à part critiquer ,t’ apportes quoi?culpabiliser les autres , faire la morale,c’est trop facile, tu poposes quoi????

      1. mimi

        Un constat, vous comprenez ou il faut vous expliquer ???
        Vous vous sentez coupable pour être aussi agressif ?
        Il faut dire qu’avec un tel pseudo on peut se poser des questions….

    6. Un grain de sel

      Quel fatalisme, quel pessimisme, quel cynisme aussi, Nana ! Le système de soins en santé mentale est clairement défaillant et les moyens, réduits à peau de chagrin, sont insuffisants pour obtenir le meilleur des capacités que nous pourrions théoriquement offrir.
      Néanmoins, je rebondis sur certains aspects de votre propos:
      1) reconnaître et insister pour faire reconnaître le statut de victime, voire rétablir la justice, est crucial dans la gestion des victimes d’abus. Pour prendre en charge, comme psychiatre, de nombreuses victimes adultes qui n’ont pas été reconnues victimes lors d’abus durant l’enfance, je vois ce processus de reconnaissance comme essentiel même si son initiation peut paraître médicale et froide. Et on observe beaucoup plus de souffrance en lien avec l’absence de démarches qu’avec celles qui auront été faites, entourées, même si elle n’ont pas abouti. C’est nécessaire pour l’avenir de la victime ! Il va de soi que le boulot consiste aussi en une écoute respectueuse et attentive, un accompagnement humble mais solide. À savoir qu’en plus d’etre Humains et souhaitant aider au mieux, les médecins ont aussi une responsabilité médico-légale. Alors il y a peut-être des nuances à apporter dans les mots utilisés mais rien qui ne mérite une telle condamnation de votre part.
      2) concernant le « soins » à apporter à l’agresseur… on peut questionner la définition du terme mais il reste tout-à-fait juste de garder en perspective l’aide pouvant être apportée à ces individus. Encore une fois, j’ai eu l’occasion d’accompagner dans un processus thérapeutique 3-4 pédophiles. Il y a effectivement une démarche de l’ordre du soin, un peu comme nous pouvons accompagner et soigner les personnes souffrant d’assuetudes. Pas nécessairement pharmacologique mais parfois aussi. Avec leur accord, cela va de soi. Tout dépend également de leur part de souffrance et de la demande qui en découlera. Sans cela, pas d’aide à apporter…
      3) concernant les neuroleptiques, malheureusement, il faut là aussi nuancer le propos. Il y a effectivement d’importants effets indésirables lors de prises chroniques. Principalement pour les anciens, dits neuroleptiques classiques. Actuellement, les « atypiques », plus modernes, sont principalement associés à une sédation et à une prise de poids. Mais ils ont pour intérêts certains la sédation – justement – lorsque le cerveau « disjoncte » (et que les risques d’aggravation de la situation sont importants) et l’absence de phénomène de dépendance, comme pour les benzodiazépines
      Ensuite, ce type d’indication n’est que ponctuelle et nécessairement associée à un accompagnement psychothérapeutique, bref ou non. Je vous passe les détails pharmacologiques qui contredisent l’impact à long terme, dont vous parlez, d’une prescription ponctuelle. Plusieurs études montrent même, depuis longtemps, qu’au contraire, à long terme, une intervention pharmacologique adaptée peut réduire de multiples conséquences ultérieures (syndrome post traumatique qui perdure, dépressions majeure avec risque suicidaire,…..). On est bien loin de la zombification et des comparaisons malhabiles (cf. Prison) que vous insinuez.
      Vos propos sont le reflet de la réalité que vous connaissez. Je peux respecter cela. Mais, dans la réalité que je partage avec plusieurs de mes collègues, consœurs et confrères, l’experience Clinique et les suivis à long terme montrent de réels benefices pour les victimes et une veritable tendance à éviter la chronification.
      Et si vous assenez une position si tranchée sur le témoignage ci-dessus, je me permets de tenter d’interrompre le climat de peur, sombre et cynique, que vous instaurez pour permettre aux victimes qui vous liraient d’etre rassurées: elles seront prises en charge de façon respectueuse et professionnelles !

      1. Mélusine

        Merci, un grain de Sel.
        Il me semble évident – même si ce n’est pas dit dans le texte – que ces neuroleptiques ne sont donnés que provisoirement; parce que ça va permettre à l’enfant (dans ce cas-ci) de calmer l’emballement (légitime) de cet état de crise – un peu comme on jette de l’eau sur un feu, ou qu’on donne d’abord des antibio ainsi que des antidouleurs en même temps, avant d’opérer sur une grosse inflammation, par exemple…
        Mon seul regret quand je lis ce genre de témoignages c’est que certaines techniques thérapeutiques et méthodes de soin dites “alternatives” (que je préfère appeler “complémentaires”) soient encore si rarement utilisées dans ce cadre, alors qu’elles peuvent être tellement efficaces…

    7. Gael

      Heureusement qu il y a des personnes comme vous pour nous montrer ” le droit chemin”. Alors, que proposez vous ? Je suis toute ouïe ….

    8. Marie-Noelle

      Je partage beaucoup de choses dans ce que vous dites. On a juste oublier de lui demander ce qu elle veut, qu elle est son souhait. L écouter, la faire parler, écrire, dessiner.. on lui a juste imposer les souhaits des autres, les spécialistes, les experts.

    9. ellae

      Nana ,
      peut-etre simplement que les autres lecteurs qui s’opposeront à votre écrit n’auront jamais eu votre vie, la mienne, celle de tous ses gamins, qu’on détruit avec l’aval des institutions, pour que des biens pensants dorment tranquillement le soir dans leurs jolies maisons.
      Ah oui puis je dire qu’il y a pas si longtemps j’ai entendu d’un directeur d’un service d’aide social d’urgence du 91 : cela servira également à tes indemnités que tu demanderas devant le tribunal ( dire cela à une enfant de 12 ans suite à un viol commis par un autre jeune du foyer, qui ne souhaitait pas qu’on l’examine )
      Je laisserai les bien pensant défendre les paroles du directeur …
      Je n’ai pas la force d’en dire plus , mais de tout coeurs avec Tout vos propos.

      1. Suze Araignée

        Autant je ne suis pas d’accord concernant les neuroleptiques (qui n’ont jamais rien guéri à eux tout seuls, mais qui permettent souvent d’apaiser des souffrances insupportables, à condition d’être utilisés correctement, c’est à dire pour le bien des patient-e-s et non pour le confort des soignant-e-s, ce qui semble être le cas ici), autant j’ai également du mal avec la façon dont est racontée la pression mise sur Leïla pour qu’elle accepte les examens. Lui dire qu’accepter c’est empêcher son agresseur de récidiver, c’est en substance, lui dire que refuser, c’est se rendre coupable de ses récidives (alors qu’on se sent bien assez coupable tou-te-s seul-e-s, quand on subit des violences sexuelles). Lui parler de la possibilité que son agresseur soit soigner, c’est nier la réalité, qui est qu’aujourd’hui, en France, la quasi totalité des agresseurs ne le sont pas, “soignés” (les thérapies visant à leur faire prendre conscience de la gravité de leurs actes et à leur permettre de ne pas récidiver sont quasiment inexistantes), et c’est, encore une fois, la rendre responsable de son agresseur. Renforcer le phénomène d’identification à l’agresseur, je trouve ça fortement problématique. Faire pression sur une victime de viol pour qu’elle accepte des examens gynécologiques, alors qu’elle est déjà fragilisée au niveau du consentement, je trouve ça encore plus grave. Céder n’est pas consentir, et ça vaut aussi pour un examen gynécologique, quelque soit la raison pour laquelle on le fait.

        1. Suze Araignée

          Ceci dit, au lieu de jeter la pierre aux soignant-e-s, on devrait surtout s’interroger sur le manque de formation des dits soignant-e-s à la prise en charge des victimes de violences sexuelles…

  4. Marie

    Travaillant avec des enfants comme Tanguy et Leila, je ressens aussi souvent cette dichotomie dans ma vie. L’envie de les voir s’en sortir et la “pauvreté” de nos actes …

  5. marie

    Merci d’avoir écrit.

    Parfois on se rend compte de ces mondes parallèles qui se touchent s’imbriquent, se croisent ; il suffit de pousser une porte, une seule . D’un côté l’horreur de l’autre la fraîcheur . LA MORT , LA VIE

    Vivre et aimer, incorrigibles optimisme…ET cette petite musique dans la tête “ou est ce qu’on a déconner pour que le monde atteigne ce point d’inhumanité ”
    On aimerait etre une deesse ou un dieu et sortir de la fange ces drôles qui n’ont pas demandé à naître avec un compteur bonheur faussé d’entrée de jeu.
    Vous êtes un super colibri

  6. Lili

    Je travaille comme AVS, heureusement à temps partiel car parfois c’est bien difficile d’être au contact de certains enfants cabossés par la vie et de rentrer chez soi la tête joyeuse… Bravo pour ce que vous faites pour ces jeunes et n’oubliez surtout pas de prendre du temps pour vous. Tout est une question d’équilibre !

  7. Agnès Verfaillie

    Alors voilà….. Je souhaite à tous de trouver le bonheur : Soignants, soignés, la vie est parfois tellement cruelle et injuste. Mais il faut avancer, trouver le bonheur en nous et aider les autres à le trouver en eux quand les événements douloureux de la vie s’acharnent !

  8. Pascal

    Rescapé (jamais entièrement) moi-même de maltraitances, je souhaite fort que Leila et Tanguy connaissent cet autre monde que le leur jusqu’ici.

    Les violences, les maltraitances, les viols éclaboussent tous ceux dont le chemin croise ces histoires. Aucun environnement n’en sort indemne, aussi préparé, aussi armé soit-il.

    Merci aux personnes comme cette dame médecin qui est présente lorsque plus personne ne l’est.

    Merci madame.

  9. tisseur evelyne

    très froid le commentaire de Nana, très dur, tout le monde ne peut pas être le grans manitou qui sait tout mieux que tout le monde !
    je préfère le petit tout le monde qui même si il se trompe ou est à côté de la plaque ” medicale” tente avec ses moyens, son humanité, ses doutes d’encourager la “Vie” pour ces pauvres victimes de notre société qui se perd de plus en plus …
    ces témoignages sont durs …. et pourtant combien d’autres ????

      1. Marie-Eve

        Mais quels risques prend-on en commentant sur internet de manière anonyme ?! Le pire des risques, c’est d’avoir à lire quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous et l’exprime de manière très agressive en cherchant à vous faire passer pour un monstre, soit exactement ce qu’elle fait.

        1. G

          Le risque de s’en prendre plein la figure mais c’est vrai que ce blog est bien tenu. Si Nana témoigne ici, certainement qu’elle le fait ailleurs aussi. Elle doit avoir ses raisons.
          Se donner bonne conscience en culpabilisant (à deux et en se relayant) une gamine traumatisée pour qu’elle témoigne et ce faisant, l’exposer à des agressions supplémentaires (physiques et morales) et en plus témoigner de son dur labeur pour se faire plaindre….. franchement! L’enfer est pavé de bonnes intentions. Réfléchir.

          1. Marie-Eve

            Et si la gamine en grandissant décide un jour qu’elle veut se défendre pour pouvoir tourner la page, quelle preuve aura-t-elle ? Je ne suis pas sûre à 100% qu’il fallait insister pour les prélèvements, surtout que même si cela me semble du bon sens je n’y étais pas, mais cela me parait bien péremptoire d’affirmer qu’il ne fallait surtout rien faire.
            Quant à s’en prendre plein la tête, si on reste dans le respect ça reste rare. Lorsque ça arrive, on peut aussi se remettre en question et se dire que ce n’est peut-être pas pour rien. Il arrive qu’on s’en prenne plein la tête de manière injuste sur internet, je le reconnais, mais si on n’a rien à se reprocher il suffit de ne pas lire (d’ailleurs on ne dirait pas que Nana est repassée par ici après avoir lâché son jugement). Le “risque” est vraiment très limité, donc, surtout dans l’anonymat, et je n’y vois aucun courage.

  10. 40

    Plus que froid le commentaire de Nana est très vrai, admirable, implacable de lucidité. Très courageux.
    Certes, les soignants qui accompagnent la jeune- fille violée font ce qu’ils peuvent mais ils ne sont pas correctement formés. Un exemple criant:
    “…a dit non mais n’a pas osé se débattre. Violée.”, pas osé se débattre! Les soignants n’ont même pas entendu parler de l’état de sidération induit par ce genre d’attaque qui fait que la victime ne peut physiquement pas réagir!
    Mais lisez au moins les témoignages de victimes, pour les plus accessibles sur des sites comme Balance ton porc et vous en apprendrez des choses!
    Incompétence, ignorance et bonne volonté, pauvre coktail pour quel résultat?

  11. Ninette

    Pour avoir eu besoin de neuroleptique, je sais qu’ils sont nécessaires dans les périodes de grande souffrance.
    Ils m’ont permis d’être apaisée et de pouvoir entamer un chemin vers la guérison, chose qui n’est pas possible quand le mal être nous fait penser que l’avenir ne peut être que sombre et sans issue.
    La prise de neuroleptique n’entraîne pas une dépendance. Les soignants ne sont pas tous comme Nana les décris, juste là pour avoir la paix !
    Je souhaite à ces deux jeunes enfants de trouver le soutient et le courage nécessaire pour reprendre leur vie en main.
    Ils devront faire preuve de résilience, cette capacité de faire face à l’adversité……

    Merci pour ce témoignage

  12. Emmanuelle

    Peut-être (mais alors juste peut-être), peut-on, simplement cesser d’être dans le jugement de l’Autre ?
    Recevoir le texte de J, lire entre les lignes, comprendre ce qu’elle ressent…
    Lire entre les lignes sous-entend aussi d’accéder à ce que dit plus crûment Nana : pensez-vous que J soit dupe ? Moi, je pense que non… je pense qu’elle fait autant qu’elle peut pour aider ces âmes cabossées, avec le peu de moyens qu’elle a… et qu’on ne peut pas juger aussi simplement de la façon dont chacun agit pour aider les autres.
    Ne pas demander de prélèvement pour cette petite… mais, personnellement, je m’en sentirais mal de ne pas lui demander (je précise que je ne suis pas médecin… mais mère, entre autres)… parce que si l’on a une chance de l’arrêter, ce gars, il faut la saisir… et faire confiance à la Justice qui est ce qu’elle est… si l’on renonce à faire appel à la Justice, c’est là que tout est perdu.
    Je ne suis ni psy, ni pédiatre, ni rien de tout cela… mais j’imagine l’état de ces enfants… et chercher à les soulager, les soigner, les aider, c’est tellement logique !
    Et si la solution appliquée à Pierre ne fonctionnait pas pour Jacques ?
    Et si celle qui a raté pour Paul marchait pour Jacques ?
    Et si l’on recevait simplement le mal-être de J pour ce qu’il dit, de ce monde affreux, capable de détruire ses enfants tout en riant aux terrasses des cafés ?
    J, je vous souhaite bien du courage, mais aussi de la capacité à oublier, ne serait-ce qu’un peu, ce que vous voyez chaque jours dans votre métier lorsque vous sortez de votre cabinet…

    1. martine martin

      Tout à fait en adéquation avec ce que je pense.
      Et si J, avait été avec cette jeune fille très douce et contenante?
      Nous ne savons pas tous les détails de cette histoire, je pense que nana a bien des comptes à régler avec les services sociaux? avec son histoire en tout cas.
      Bravo à ceux qui prennent en charge ces blessés de la vie, ils ont du mérite.

  13. DOMINIQUE

    Comment peut-on juger sur une petite chronique les agissements d’un soignant ? Quand on écrit, on élude, on raccourcit, on élague pour que le récit soit plus fluide. On ne sait pas tout ce qui a été dit, échangé, les heures passées à essayer de convaincre, d’apaiser, de comprendre aussi.
    Ce que je retiens, c’est cette immense détresse de deux enfants, les efforts d’une équipe pour les aider dans la mesure du possible, mais hélas les blessures sont tellement profondes…
    Au moins, ces enfants ont été pour une fois écouté et entourés.
    Merci pour ce récit, qui en dit tant !

  14. BRUNEL MARC

    NANA.. comme beaucoup vous êtes pleine de votre certitude… vous critiquez mais vous n apportez aucune solution concrete….c est vrai que c est la meilleur solution pour ne pas se tromper..

    1. Mimi

      Non, c est tt simplement la solution pour changer les comportements.
      Votre commentaire la juge, mais vous, que proposez vous ?
      Vous devez faire partie de ces gens à cent lieues de ces drames…

  15. Le chêne vert

    Il n’est pas toujours facile de savoir si ce que l’on fait ou dit est bien et je pense que si ce médecin écrit ici c’est que justement elle est dans le doute, elle est mal dans sa tête. Heureusement qu’elle se pose des questions et qu’elle ait besoin d’écrire ce qu’elle vit. ça prouve qu’elle n’est pas blindée… OUF!

  16. faribole

    Nana, quelle profession exercez-vous ? Dans quelle structure, auprès de quels enfants ? C’est une vraie question, ça m’intéresse pour mieux comprendre votre propos.
    Je travaille auprès de jeunes gens au mieux déboussolés, la plupart du temps déjà détruits par leurs familles.
    Je ne critique que rarement l’approche médico-sociale, car je sais à quel point ces métiers sont éprouvants, pour intervenir auprès de ce public (incestes, grande pauvreté, deuils, télé 12 h/jour, parfois le tout mélangé…)
    Par contre, j’entends bien les critiques de ceux qui y sont, qui se la coltinent, toute cette boue, toute cette horreur. Qui œuvrent pour que ça change. Qu’est-ce qu’on fait, donc, concrètement ?

  17. Marie-Eve

    Pour les neuroleptiques, je n’ai pas assez de connaissances pour avoir un avis argumenté, mais le mot regroupant une grande famille de médicaments ils n’ont peut-être pas tous les mêmes effets ? Je me méfie comme de la peste des substances qui jouent sur le fonctionnement du cerveau, cependant je crois que les psychiatres savent mieux que moi ce qu’il faut faire et que les soignants qui souffrent pour leurs patients sont bienveillants et réfléchis et ne pratiquent pas la camisole chimique.

    Être isolé(e) dans une chambre peut apporter un apaisement, au moins chez les enfants. Pour ma fille, nous avions tout tenté lorsqu’elle rentrait dans ses crises-orages qui la dépassaient : voix douce, câlins, chansons, amour exprimé à foison, tout cela ne faisait qu’alimenter sa colère et au final lui faire du mal sur le moment. Une fois que nous avons compris que la meilleure des choses à faire était de la laisser s’apaiser seule et que le temps des câlins et explications ne viendrait qu’en second elle a appris à se sortir de cet état de plus en plus vite (et à y entrer de moins en moins souvent).
    Ce n’est sans doute pas la chose à faire de base pour toutes les personnes en crise, mais dans certains cas ça peut marcher et je trouve ça dommage de rejeter en bloc les chambres d’isolement comme quelque chose d’horrible.

    Je ne suis pas choquée par l’encouragement aux prélèvements génétiques, c’est signifier clairement à Leila que cet homme n’avait pas le droit et que tout est mis en oeuvre pour le retrouver et le punir. J’espère bien que lorsque cet individu sera jugé Leila sera protégée des questions de l’avocat de la défense, je ne suis pas sûre qu’elle soit obligée de se rendre au procès et elle aura des avocats qui se présenteront et se battront pour elle. Parce que sinon, on fait quoi ? Rien ? On laisse le mec poursuivre en toute impunité et on dit à Leila de faire un effort pour oublier et reprendre sa vie ? Ce n’est pas parce que seule une infime partie des violeurs sont condamnés qu’il faut en rajouter.

    On ne sait pas pourquoi Leila a fugué, ni pourquoi elle était dans un foyer (et ça ne nous regarde pas), mais c’est vrai que c’est révélateur d’un problème à prendre à bras le corps en même temps que les soins des terribles conséquences de cette mauvaise rencontre. Rien ne dit dans le témoignage que Leila va retourner dans ce foyer, j’ose espérer que les adultes chargés de veiller sur elle vont longuement parler avec elle pour comprendre et trouver une solution, mais pour le moment elle est à l’hôpital et ils traitent le traumatisme.

  18. E.

    Un témoignage bouleversant qui fait écho à mon stage en pédopsychiatrie.
    Des histoires de vie toujours (très) compliquées, pas facile de rentrer chez soi en sachant que certain patient ne retrouveront jamais un “chez soi”.

    Juste pour préciser, au vu des précédents commentaires, certains lecteurs ont peut-être l’impression que les neuroleptiques et la chambre d’isolement sont une punition. Il n’en ai rien, c’est toujours après réflexion de ces deux composantes sont prescrits.
    La chambre d’isolement est un lieu à l’écart de toute stimulation extérieure, elle permet à certain patient dont les plus jeunes d’avoir un lieu calme, sécurisé, le temps nécessaire à un retour au calme physique et psychique.

    Merci Baptiste pour les partages de témoignages, toujours pertinents.
    E. (Externe pour encore quelques semaines)

    1. Suze Araignée

      Les neuroleptiques et la chambre d’isolement ne sont pas censés être des punition, c’est vrai. Néanmoins, vous ne pouvez nier qu’ils sont parfois utilisés comme tels (de même que la mise en pyjama forcée, l’interdiction d’avoir des visites, ou la contention mécanique). Il y a même des “soignant-e-s” (j’ai du mal à les appeler comme ça) qui revendiquent punir les patient-e-s en psychiatrie, et ne voient pas en quoi c’est problématique…

  19. Brigitte

    Bonjour,
    Je suis triste pour Tanguy, triste pour sa mère errante, triste pour Leïla, heureuse que J., vous soyez parvenue à la convaincre, en ayant de plus cette pression du temps-limite pour le faire. Votre récit me fait revivre ces rencontres, merci de l’avoir aussi bien fait.
    Je suis sûre que votre attitude empreinte d’humanité laissera des traces chez ces enfants.
    Tout ce que nous faisons laissé des traces. Mais il faut tellement de temps pour que la graine arrosée se transforme en petite plante sortant de terre.

    Pour ce qui est de l’analyse longue et virulente de l’une d’entre nous, je ne ferai pas de commentaire si ce n’est que J., j’espère que vous ne vous en n’êtes pas laissée blesser, comme cela arrive à Baptiste lorsqu’il reçoit des critiques injustes.
    Certains, au contact de la violence et de l’impuissance de l’institution, et au contact des douleurs qu’ils côtoient, deviennent des murs vivants. Ils décanillent, ils prophétisent l’échec.

    D’autres dont vous êtes, dont j’essaie d’être – contre vents, contre marées, contre raz de marée même –
    restent dans le bateau de la vie.

    Merci encore pour votre témoignage et pour ce que vous avez apporté à Tanguy, à Leïla.

  20. Vizzarri


    Mes plus douces et apaisantes pensées à votre Humanité:)

    Des sourires, de la douceur, de la patience, une main tendue, tenue, de la bienveillance à n’en plus finir seront vos plus efficaces armes:) Ces enfants se souviendront longtemps de vous:)

    Marielle.

  21. Herve Cruchant

    Beau récit, plein et chaleureux malgré les deux personnages démontés, déglingués par la vie.
    Savoir qu’il existe des personnes comme vous est un réconfort. Un peu pervers, en fait, ce sentiment là. Car ce réconfort est fait d’une certaine lâcheté face à ces détresses. “Du moment qu’il y a des gens qui s’en occupent…”. La mode actuelle du moment n’est-elle pas de se laisser porter par le courant ?

    On ne peut penser raisonnablement récupérer ces petits pour pouvoir les faire vivre avec un minimum de confiance en eux, en la vie. L’éparpillement est trop profond, trop atroce.
    Par contre, on peut vraiment modifier les causes de leurs malheurs. Sans juger, comme vous dites. Qui veut vraiment le faire ? Ou laisser ces cas dans les exceptions sociales, finalement. Dans cet autre monde dont vous parlez. Des petits pourcentages de “branques et de déviants”. Dont la définition légale est bien suspecte….

    Je pense plutôt, sans vous accuser de quoi que ce soit mais plutôt pour initier une réflexion, que nous vivons dans un même monde. Et que penser cette dichotomie sociale est, peut-être, une frontière nécessaire -mais perverse- à nos sensibilités. Vos petits martyrs ont besoin de nous tous pour survivre. Les causes de leur malheur appartiennent aussi à ce même monde.

    Aux marges de la société humaine, cette remarque un peu fade : faut-il changer le pansement ou penser le changement ?
    merci pour ce que vous faites et que Mieux vous accompagne.

  22. marjitj

    Moi ce que je lis, c’est un pédopsy qui sortant de son taf à du mal à décrocher… Elle dévoue déjà pas mal de son temps à aider les autres, c’est peut être pas nécessaire de lui jeter la pierre… elle voulait juste se décharger, elle a droit d’en avoir gros sur la patate… et voilà qu’elle en prend plein la tête…
    Elle n’a pas fait son rapport professionnel ici que je sache!! alors que savez vous de ses gestes, de ses paroles sur le moment, que savez vous de la situation réelle???
    C’est un être humain, c’est bien facile de critiquer caché derrière un ordinateur.

  23. Lili

    Que dire après avoir lu ce témoignage et les commentaires qui l’ont suivi ? Que je lis les articles de ce blog depuis pas mal de temps et trouve les articles émouvants, touchants, drôles souvent aussi. Mais que malheureusement je vois que la tendance actuelle à la critique – facile, anonyme, parfois violente mais toujours sans connaître toutes les circonstances de ce qui est raconté – a fini par envahir ce site comme tant d’autres. Je tire mon chapeau à Baptiste et ses confrères et consœurs pour le travail difficile qu’ils font et avec les moyens souvent insuffisants dont ils disposent. Ils ont besoin d’encouragement et de soutien pour tenir le coup face à tant de problèmes sociaux en plus des problèmes médicaux qu’ils doivent traiter.
    J’ai décidé de ne plus lire ce blog tout en le regrettant car je ne supporte plus le flot de commentaires négatifs et la méchanceté manifeste de certains messages.

    1. Didique

      Ayant lu les lire de Baptiste que j’aime beaucoup, je lis ce blog depuis plusieurs années et comme vous Lili je suis souvent choquée par les réactions beaucoup trop critiques qui suivent les articles de ce blog, parfois bien malveillantes et du coup je ne lis plus trop les commentaires qui suivent dès lors que j’en vois la dérive. Aujourd’hui j’ai commencé à lire les commentaires et vite sauté à fin après celui de Nana.
      Le point de vue de Nana, même si tout peut y être juste, m’a horripilée.
      Le témoignage de cette pédopsychiatre que Baptiste nous a partagé, n’est pas un documentaire, ni un exposé sur la pratique de ce médecin, juste un besoin de déverser son “trop plein” ou “le bouillonnement qui assaille son esprit” face à son vécu. C’est écrit de manière simple, rapide, pour montrer sa difficulté à passer de cette dure vie professionnelle à celle plus légère de la vie de loisirs en dehors du travail.
      Etait-ce si difficile à comprendre ?
      Pourquoi déverser autant de critiques ?
      Bien sur qu’on peut réagir sur le “pas le choix des neuroleptiques” ou le “doivent être fait dans les 72h” etc …. mais ce blog n’est à mon sens pas fait pour ça . On n’est pas là pour polémiquer . On peut lire et avoir son propre jugement sans pour autant agresser aux travers d’écrits les auteurs des témoignages qui nous sont livrés ici.
      POur ma part je continuerai de lire les témoignages et très peu de commentaires !!
      Merci Baptiste de continuer de nous partager tout cela qui nous fait réfléchir à nos pratiques.

      1. Tijac

        Il y a plusieurs lectures possibles de ce billet, mais je fais la même que vous : certains soirs en rentrant à la maison, il m’est impossible de tout oublier et de passer joyeusement à la vie de famille. Certaines scènes vues dans la journée tournent en boucle dans la tête, ce que l’on a vu ou vécu nous a profondément et durablement touché !!

    2. mimi

      Bonsoir Lili,

      Evitez ces commentaires qui n’apportent rien de concret.
      Ce blog comme tant d’autres ne sont pour certains, qu’un réceptacle afin d’évacuer leur tristesse, leur aigreur, leur mal être…
      Alors, revenez !
      Bonne soirée

  24. Anonyme

    LILI
    Ce ne sont pas juste je pense des commentaires mechants et négatifs mais juste des avis et peut-être parfois même du vécu.
    par exemple quand je lis faire des prélèvements dans les 72 heures et insister pour les faire bein moi aussi je commente …il y a des années de cela presque 11 ans nous aurions bien aimé les faire ces prélèvements dans les 72 heures mais personne pour les faire ,

    Vous voyez LILI des fois ce sont juste des commentaires sans méchanceté .

  25. kath de Belgique

    Chère Nana, vous n’avez sans doute – jamais au grand jamais – vécu la situation qu’est la mienne, en l’occurrence mon père qui a violé ma fille – dans ma propre maison, en la présence de ses deux frères. Dans l’heure nous avons été reçus par un pédopsy dans un hôpital universitaire, nous avons tous pris des médicaments pendant 3 mois et en sommes tous sevrés, je rends ici hommage à tous les pédopsy et aux médicaments. 6 années plus tard, nous vivons heureux. Cicatrisés mais heureux. Ne jugez pas svp,

  26. Marie-Eve

    Chère Kath de Belgique,
    Votre histoire est terrifiante, mais quel bonheur de savoir qu’après ça on peut encore redevenir heureux. Merci d’avoir partagé cet espoir !

  27. genevieva

    je lis ce qui est souvent les cas douloureux d’enfants je souffre de voir cela et les médecins sont bien courageux alors ne critiquer pas ils font ce qu’ils peuvent et ce n’est déjà pas si mal, allez voir dans certains pays (je l’ai fait il y a quelques années) où les malades sont tête bèche dans un lit à deux et les soins pas faciles pour les médecins, alors ces critiques virulentes gardez les pour vous, Baptiste nous relate des faits

  28. catherine senn

    Merci J d’avoir témoigné ici, c’est la réalité et chaque jour vous devez affronter des choses qui ne devraient pas exister

    Ma fille est enseignante pour des enfants qui rencontrent ce genre de souffrance, c est un travail de précision pour leur redonner confiance car cette perte de confiance est dans tous les domaines de leur vie.
    C’est un travail de longue haleine mais un enfant aidé est une victoire face à la vie qui l’a choqué (chaos).

  29. faribole

    Bon, ben moi j’ai pas eu de réponse… à ma question pourtant franche… Un troll, peut-être…
    Bon été à tous et paix sur les gens de bonne volonté !

  30. giroflée

    Je me sens toute petite moi simple vendeuse face à ce témoignage…un parmi d’autres où vous relevez des défis de titans tous les jours souvent sans moyens mais avec toujours beaucoup d’Amour. De l’Humain De votre job Waouh…Chapeau bas et Merci à tous.

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