TÉMOIGNAGES POSITIFS, UNE (petite, toute petite) ANTHOLOGIE.

(Photo : Dan Cretu)

Alors voilà, j’ai demandé via Facebook à des lectrices et lecteurs de m’envoyer en messages privés des témoignages montrant comment des soignant.e.s (au sens le plus large du terme) avaient agi positivement sur leurs vies.

Pourquoi ?

Parce que tous les soignant.e.s savent combien ces métiers sont difficiles. 

On a les mains dans la merde. Merde littérale, merde morale. On console, on annonce des pronostics impossibles, on a mal, parfois. On écoute, on informe.

L’autre soir, à 18h, j’écrivais :

« J’ai vu 42 patient.e.s et la salle d’attente est encore, toujours, désespérément pleine.

Laissez-moi. Allez. Rentrez chez vous, les gens, laissez-moi et cherchez le Bonheur. »

On est, à tort, assimilé.e.s à des sortes de Saint.es Laïques. Comme si on n’avait jamais envie de lâcher ! Mais non, on tient. Alors parfois on rentre chez soi, on n’a pas envie de parler, ou on engueule la personne avec laquelle on vit parce que l’existence est injuste et qu’on ne comprend pas pourquoi les autres ne peuvent le voir aussi clairement que nous.

Aussi : OUI, la maltraitance médicale/para-médicale existe. 

Et OUI, je crois beaucoup aux cercles vertueux. Quand je lis tous ces témoignages, je me dis : « VOILÀ ! C’est ÇA que je veux être pour mes patients ! C’est CELA que je veux représenter dans leur vie au moment où cet événement difficile les frappe.  »

Et je devine en moi le désir d’être un meilleur soignant, et un meilleur être humain.
Je complèterai cet album au fur et à mesure, avec vos témoignages. Il est public, anonyme, et vous pouvez bien évidemment le partager. 

Il est disponible ICI

Exemple ⬇️

Autre exemple ⬇️ :

30 réflexions au sujet de « TÉMOIGNAGES POSITIFS, UNE (petite, toute petite) ANTHOLOGIE. »

  1. Kaylee

    Merci Baptiste d’avoir mis ces émouvants témoignages ici – je les ai lus au fur et à mesure sur Twitter et je vais pouvoir en relire certains avec émotion.

  2. Lys18

    C’est particulièrement émouvant.Et humain,au delà de tout.Et MALGRÉ TOUT.
    Merci pour ces témoignages,que je continuerai à lire sur Twitter.

  3. Marie Helene

    Une fois de plus en te lisant, les larmes me montent aux yeux… Merci pour ces témoignages parce qu’on ne le sait pas toujours mais il doit arriver que nos comportements aident nos patients bien plus que nous le pensons! vos témoignages ne sont la preuve!! Merci, merci et encore merci!!

  4. Isabelle vandenbussche

    C’est beau ces témoignages
    Oui il y a de belles personnes chez les soignant e s
    Je suis infirmière coordinatrice dans un service de soins à domicile et j’accompagne soignants qui font des soins aux personnes âgées à domicile: j’admire leur humanité, les liens qu’elles créent et tous les petits riens qu’elles déploient pour adoucir les misères de chacun!
    Il faut le dire haut et fort!
    Merci pour votre blog
    Voili voilà isabelle

  5. ROUSSEY Annick

    Bonsoir Baptiste…
    Ma mère est hospitalisée actuellement pour Alza …heureusement que je l’ai trouvée à temps dans un état comateux…..Alors oui, VOILA…je rencontre les équipes médicales …tous aussi agréables les uns que les autres, un sourire, un bonjour, un bon courage, un merci …de part et d’autre..mon mari était dentiste alors oui, quand on rentre, qu’on « travaille  » sur des personnes ..qu’on reçoit les confidences, qu’on met en confiance…qu’on soigne..oui quand on rentre chez soi,on se tait, on accumule, on se questionne sur tel ou tel cas..Savoir si on n’a pas fait une connerie ou savoir comment faire au mieux..et quand la femme demande comment çà va? ben oui, on se fait léger rembarrés car ils veulent décompresser..laisser les pbs sur le paillasson, ne pas regarder le carnet de RV pour le lendemain …taper des courriers à des spécialistes à point d’heure…(c’était moi ) et assurer les gardes les WE …alors oui, le paillasson a servi un peu avec les pbs…pas longtemps, ils sont vite revenus à la maison sous les semelles …et il y a le secret médical que l’épouse connaît et qui y est tenue aussi quand elle croise le voisin (on sait que mais on se tait) .Je fais partie depuis 20 ans d’un association de malades …j’ai toutes les coordonnées, on connaît l’histoire de chacun et on se tait aussi …secret professionnel ..bon courage Baptiste ..Vous êtes déjà un hyper super médecin mais surtout un homme au grand coeur …

  6. Souslalune

    De très émouvants témoignages , merci … et oui, les soignants ont besoin de retours … positifs pour se sentir reconnus et encouragés … et négatifs quand ils sont justifiés .. pour progresser .

  7. Laurie

    Ayant passé pas mal de temps dans les hôpitaux j’ai malheureusement croisé pas mal de « problèmes » avec le personnel soignant et c’est pour ça que je lis votre blog, cela me permet de dédramatiser et de voir qu’il y a aussi des gens formidables qui prennent qui prennent soin de nous et de notre santé. Je garderai une de ces personnes en mémoire : une infirmière appelée Céline que j’ai croisé quand j’avais 17 ans. Hospitalisée pendant l’été au CHU, j’étais la seule « jeune » du service (pas difficile quand les autres patients ont tous plus de 60 ans : urologie bonjour!) et j’étais dans la chambre tout au fond du couloir près de la sortie de service. Elle savait que je trouvais le temps long et que mon début d’hospitalisation avait été chaotique et aussi que les infirmières de la nuit n’étaient pas des plus délicates (j’en avais des bleus sur les jambes). Elle n’était pas obligée mais tous les soirs, après la fin de son service, elle repassait dans ma chambre, prête à rentrer chez elle, pour me faire ma petite piqûre d’héparine et discuter 5 minutes avec moi. Ce n’est rien 5 minutes dans une journée mais ces 5 petites minutes me permettaient de supporter les 1430 suivantes. Elle n’était pas obligée, elle était sûrement fatiguée de sa longue journée, son mari l’attendait pour manger mais elle n’a pas manqué un seul soir. Je ne l’ai jamais revue mais je ne l’ai jamais oubliée.
    Quelques temps plus tard, retour en hospitalisation dans un hôpital privé cette fois plus près de chez moi. J’ai vu le chirurgien qui me suivait depuis quelques mois passer dans ma chambre un dimanche matin alors qu’il ne travaillait pas. Il est arrivé avec un jean, un blouson en cuir et son casque de moto dans les mains. Les infirmières lui avaient laissé un message samedi soir pour lui que mon état ne s’arrangeait pas et il voulait voir par lui-même comment j’allais. Il a décalé son agenda pour m’opérer à la première heure le lendemain alors qu’il avait des consultations. Alors oui peut-être que c’est un hôpital privé, oui peut-être il s’est fait payer son déplacement, mais n’empêche qu’il a aussi une vie privée et une famille et qu’il n’était pas obligé de venir exprès ni de sauter sa pause dejeuner ce lundi là pour avoir le temps de voir tous ses patients.
    Il y a sûrement des tas de gens biens dans le corps médical mais on les croise généralement quand on va mal et dans ces cas-là on retient peut-être plus facilement les mauvaises choses que les bonnes!

  8. Laurence

    Merci à tous, soignnts et témoins de beaux soins, qui réparent mieux que le corps seulement, qui cicatrisent la personne tout entière… <3

  9. Poulette Dodue

    Je vais m’empresser d’aller lire ces doux témoignages qui rendent aux soignants les mots qu’ils méritent pour nous sauver/écouter/ soigner/ aider/ soutenir…

  10. Oona

    Depuis 7 ans (après de multiples vies) que je travaille dans le para-médico-social j’ai perdu un maximum d’illusions sur ce milieu, et OUI, je l’avoue depuis l’enfance je prenais les soignants pour des dieux …

    … cela s’appelle l’envers du décor … la réalité … la vraie vie … ou ce que vous voudrez 🙂

    Mais du coup, même si cela a été quelques fois violent, j’aime ce que je fais parce que je travaille aux côtés de gens biens, des humains avec leurs faiblesses, leurs défauts (et oui, il y aussi des pervers narcissiques manipulateurs, même chez les psy !!!) mais aussi incroyables, débordés et pourtant dévoués, bafoués et pourtant bienveillants, épuisés et toujours à l’écoute … bref je suis régulièrement bluffée, et c’est bien la raison malgré mon salaire riquiqui, qui me pousse à rester, moi la chargée d’accueil/standardiste/coffee maker, car en tant que modeste rouage de cette équipe, je me sens fière !

  11. carolaluciole

    Alors voila …. en 96 j’ai 28 ans … Un super gynéco ( oui je n’ai pas de gynéco a 28 ans .. phobie toussa toussa ) me  » détecte  » à l oeil nu , une tumeur de 2 cms sur le col de l ‘utérus.. Il sait déja mais me fait une biopsie . Le verdict « tombe » vite : c’est un cancer très avancé ; on doit ôter le col … Conisation .. ( mais je pourrais avoir des enfants )….. Ce Gynéco à même accepter de m opérer lui même ( malgré le fait qu’il était en vacance ce jour la). Voila…. il m’a aussi annoncé 3 semaine après que malgré la conisation ; le même type de cellules était en « anneau » autour de mon Utérus …. il était si mal , bien plus que moi qui ne réagissait pas encore …. il m’a dit  » Tu dois le faire  » le TU est tombé naturellement ; avec une bienveillance et une douceur infime … mon Oui est arrivé aussi …. il m’a dirigé vers Curie . Alors Merci 1000 fois au Dr Philippe Faucher de Paris …. il m’a sauvé la vie … Merci à des Doc comme toi Bibi … aujourd’hui j’ai 50 ans … pas d’enfants , mais je suis vivante .. et c’est à mon tour de m’occuper des autres …des Bisous . Carolaluciole

  12. Julie

    Belle idée que de laisser la place aux soignés dans un album. jusqu’à présent on pouvait lire certains témoignages mais ils étaient un peu noyés dans le flots de nos commentaires !
    Ils vont être un peu mieux mis en lumière 😉

  13. Hervé CRUCHANT

    Voilà un bel exemple d’auto défense de la part de notre Bibi, tourmenté par les critiques adverses des homophobes, des vaccinophobes, des toubibophobes aussi. Plus généralement des Bibiphobes. Comment mieux démontrer l’erreur systémique de ces gens autrement qu’en donnant des exemples contraires, des réussites là où ces brises burnes gonfleurs d’ovaires cassent la baraque, qui dénigrent et qui insultent ?
    C’est que le don de soi -expression cosmétique vraiment stupide- ne peut fonctionner qu’en échange; il existe une économie du soulagement de la peine, de la douleur, de la désespérance. Un troc de l’humain.

    Qu’en est-il ici ?
    Bibi a une haute idée de ce qu’il est, peut-être et serait (faites gaffe quand même, hein!) si l’existence était conforme à ses idées. Il donnerait et on lui rendrait. Cercle vertueux magique, sublime, transcendantal. Une catharsis.
    Père Jean-Baptiste, comme jadis Mère Térésa, ne prétendent pas que l’exercice soit sans douleur. La sainte femme priait pour penser ses mots. Sans omettre de dire à ses proches que tout cela était bien difficile et fatigant. Elle était engraissée par la foi et le sourire d’un enfant, intouchables l’une et l’autre.

    A la mode de l’Inde modeste, parfois résignée à son sort, Bibi amalgame la déroute rhétorique de ses fantômes en montant une annexe à la foire d’empoigne internet, douce et riante, heureuse d’avoir pu échapper aux tracas et aux soucis de la vie. Un ‘vous voyez bien que çà marche’ tranquille et déterminé. De cette douceur forte comme un bonbon à la menthe qu’on laisse disparaître lentement sous la langue durant l’hiver, qui vous réconcilie un peu avec la montagne enneigée de plus en plus pentue vue de votre âge. Peut-être est-ce un effet voulu, ou simplement une étonnante surprise, un effet secondaire, mais il semblerait que ce nouvel affluent au mainstream d' »Alors, Voilà » n’apporte en définitive que des propos feutrés de salon de « tes ». Compare les rémissions et les résiliences de chacun comme on estimait jadis la qualité des voilettes et des bibis inclinés sur les mises en plis. Si tel était le cas, le Docteur B. regagnerait ses états de grâces, pontifierait derrière un sourire bon enfant, se laisserait pousser les bacchantes et ferait broder un stéthoscope en fourrure de zébu sur sa blouse blanche. Je ne sait pas grand chose de mon frère de sens, sauf qu’il est tout autre.

    La démarche un peu soul de ce pas de côté salutaire ne va pas résoudre l’affaire des pesants, des borgnes de l’esprit, des rouillés de l’armure, des lots de désolations… et j’en passe. Parce que c’est dimanche et parce qu’au bout de la liste on atteint vite l’Olympe et, qui sait, Jupiter imperator himself.

    De plus en plus, je pense que le patient et le toubib doivent se rencontrer sur le terrain neutre du cabinet médical pour tordre le coup du troisième énergumène, la maladie, en conjuguant leurs efforts. Et non pas en s’enfermant dans un lieu clos avec le spécialiste du service après ventre (de la mère) avec l’espoir de le voir se tromper, divaguer, prescrire ce qu’il croit devoir prescrire et que l’on sait être inadapté. Logique, évident, mais inadapté. Les avis contraires et les tests comparatifs, vous savez?
    Au contraire, après le passage dans le cabinet de connivence, échangez de l’empathie. Un sourire Térésa. Une carte postale quand vous êtes en vacances.

    Et publiez sa légende sur ce blog: « Merci Docteur »

  14. Maddine

    Je n’ai pas de compte Facebook, alors je me permets de publier mon petit ajout à ce « book » positif ici…

    Après la naissance de ma fille, à la maternité, il y avait une puéricultrice qui travaillait de nuit, une petite dame brune sans âge, discrète, pas vraiment souriante ni bavarde mais qui était là, sans faille. J’étais fatiguée par les suites d’une césarienne, la montée de lait tardait à venir, mon bébé qui ne tétait pas correctement perdait du poids. Lorsque je pleurais de découragement à 2h du matin dans le salon d’allaitement, elle venait me montrer autre chose, une autre position à tenter, une sonde à mettre dans un biberon pour imiter la tétée malgré mon absence de lait, le tout avec ses phrases de 5 mots maximum. Lorsque je sonnais depuis ma chambre à 4h du matin, épuisée après des heures de tétées infructueuses pour demander si mon bébé pouvait aller en pouponnière, elle ne disait rien, ne faisait pas de commentaires, elle prenait ma fille avec douceur et partait en me laissant me reposer quelques heures.
    Cela semble rien mais je me souviens de cette femme, parce qu’au milieu de la tourmente des jours suivant l’accouchement, quand la nuit tombait avec son lot d’angoisses et que je la voyais arriver pour prendre son service, je me sentais soulagée par sa présence taiseuse et bienveillante quelque part dans le couloir sans fin de la maternité.

  15. Eulalie

    … « lavé les cheveux quelques jours plus tard », « mon corps qui n’était plus qu’une immense douleur » « avec une douceur incroyable » : souvenir précieux du 1er shampoing en soins intensifs par une aide soignante d’une infinie douceur, je reçois bien plus qu’un lavement de cheveux à ce moment, je suis pleinement accompagnée dans le soin, je quitte l’odeur de la mort, retour à la vie. Elles étaient mes alliées pour commencer les journées, elle et l’infirmière rayonnante qui me retrouvait le matin avec un grand bonjour ensoleillé et me redonnait le rythme des journées avec de la joie et de l’attention. Merci infini à elles. Je n’ai pas pu retenir les prénoms, mais je me souviens de leurs visages.

  16. marina

    Infirmière nouvellement diplômée, j’ai un peu la vie dure. La réalité n’est pas comme dans mes espérances. Je veux être un genre de Jésus et je ne suis qu’un être humain, stressé et regardant ma montre car 15 patients au lits-portes, ce fourre-tout le plus souvent orienté géronto, des perf, des injections, des constantes, des examens, des imprévus, des médecins qui changent d’avis et de prescriptions comme de chemise. Et en box, des couloirs qui débordent, des gens qui râlent, 10 perf et 10 bilans à piquer dans la matinée, tic tac un patient qui vomit en même temps qu’un patient qui mal, un patient qui ne peut pas attendre 15 minutes car il a mal quand il urine depuis 2 semaines et une qui attend en silence en s’enfonçant si on n’y fait pas gaffe. Je suis une humaine qui fait de son mieux, mais parfois je m’en veux tellement en rentrant chez moi, je ressasse ce moment où j’ai perdu patience, où j’ai manqué d’empathie, où peut-être mon patient attendait autre chose et je ne lui ai pas donné, par manque de temps, de temps, de putain de temps…
    alors je vous lis et je pleure. demain, je ferais de mon mieux et le jour d’après aussi. Et vos mots me donnent envie de me battre pour devenir une soignante qui fait du bien.

    1. eman

      Courage à tous les soignants et autres personnes pour qui le contact avec l’autre n’est pas accessoire et que les priorités du métiers écarte souvent du chemin de l’ECHANGE, de l’ECOUTE.
      Merci à cette part en vous qui combat ces robotisation de la vie, ne la laisser jamais s’éteindre!

  17. MLine

    Mon père, hospitalisé, allait mal. Je demande un rdv au médecin qui le suit. Il vient me chercher dans la chambre de mon père, et au milieu du couloir, il m’assène: « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Son cœur fatigué, ses reins et son foie aussi; toutes les fonctions vitales sont très faibles! » et il me plante là, au milieu du couloir!
    Je fonds en larmes. Et comment je fais pour retourner dans la chambre de mon père et lui apporter un peu de réconfort?
    Heureusement, un (grand) infirmier me cueille et me conduit dans leur salle de repos. Il me prépare un grand café, rajoute quelques douceurs (chocolat et petits gâteaux) et bavarde doucement avec moi jusqu’à ce que je m’apaise et que je retrouve l’énergie indispensable pour retourner auprès de mon père!
    MERCI à lui!

  18. Micha

    MERCI , MERCI. Quel réconfort ! après avoir passé, il y a 4 jours, 15 heures, dans les couloirs d’urgences d’un hopital, sans boire, sans manger, sans voir personne ( j’accompagnais Maman 88 ans).

  19. isabelle

    césarienne en urgence, j’étais loin d’avoir envisagé mentalement que cela pouvait arriver après deux accouchements plutôt rapides et sans aucune complication…
    de retour en chambre, dépitée que la naissance m’ait échappé dans ce moment le plus intime, le plus profond, le plus intense dans la vie d’une mère, je pleure et me sens dépossédée de mon corps violenté, coupé, ensanglanté, bétadiné.
    Une infirmière me propose doucement une toilette au lit, que de prime abord je n’accepte pas, me sentant capable de m’occuper de moi toute seule, je suis soignante et… pas facilement encline à me faire soigner.
    Tout en douceur et en silence, tout en respect et en approche à petits pas, cette infirmière est revenue avec l’eau tiède en caresse, les gestes en apaisement, le sourire en compréhension, le savon en délicatesse, la serviette en protection de mon intimité.
    Sait-elle que vingt ans après, je lui suis encore reconnaissante de son humanité ?

  20. Elise

    31 décembre, mon ado est bizarre, complexé, silencieux, visiblement quelque chose ne va pas et il ne tient pas à s’exposer. L’heure tourne, il déambule, ne se prépare pas vraiment pour rejoindre ses potes de réveillon. Il finit par ne plus supporter la douleur pelvienne lancinante, et je réalise qu’il s’agit d’une torsion testiculaire et qu’il faut faire vite.
    J’appelle le Samu pour connaître le lieu vers lequel se diriger pour la meilleure prise en soin possible.
    Cette nuit-là, encore plus que les autres, je sais les urgences débordées, et le régulateur au taquet. Pourtant, ce médecin a été à mon écoute, et a accepté que mon fils, pas tout à fait majeur, soit dirigé vers un service adulte et non en pédiatrie afin de lui éviter de se retrouver, mal à l’aise qu’il était, au milieu de « petits », d’enfants, de pleurs et de parents angoissés. Ce n’était pas grand chose mais cela a fait une différence essentielle : être respecté comme un jeune (presque) adulte pour qui l’intime est fragile dans la tête et le geste confirmant le diagnostic pas évident à accepter…
    merci à ce médecin d’avoir pris en considération une demande qui pouvait paraître futile. Bravo à l’équipe d’astreinte cette nuit-là : une jour, je serai grand-mère grâce à la préservation méticuleuse des testicules de mon fiston !
    J’en profite pour dire à tous qu’il faut parler tout haut de la torsion testiculaire, bizarrerie masculine plus courante que ce que l »on croit et qui exige une intervention dans les 6h.
    ça vous fiche les boules ? Parlez-en autour de vous !

  21. 1 pom et 3 vers

    Tu es un soignant extra-ordinaire Baptiste, et ton questionnement sur la qualité des soins qui sont donnés aux patients (c’est-à-dire nous ^^) n’en est que plus précieuse <3 Ne change rien, et prends soin de toi 🙂

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