Protéger la vie. 

Bonjour à tous,Tout d’abord merci à tous ceux qui sont venus ce week-end à Nancy, pour votre gentillesse et votre bienveillance, cela m’a mis du soleil dans le cœur pour au moins 1000 ans. De quoi réattaquer la semaine à 200 %.

Je remercie les lecteurs et lectrices qui m’ont offert des bonbons, des confitures, des chocolats (hélas, si une de mes soeurs est dentiste, aucune n’est diabétologue !). Je remercie (même) celles qui m’ont offert du Munster, mon stand a senti le fromage tout le week-end (« C’est moi où ça sent bizarre ? » dixit mon éditrice de passage sur le salon). 

Ci-joint, vous trouverez un article écrit ce week-end pour le Huffington-Post (je ne sais pas quand j’ai eu le temps) :

Protéger la vie.
C’est un article que j’ai écrit dans le cadre d’un projet de psychologie que j’ai sur « Les réseaux sociaux et les commentaires comme révélation ou falsification du réel » (Oui je sais, entre la médecine, les projets, les livres, le blog médical, le blog de poésie, la famille, et… bref, d’autres choses, je dors peu la nuit !)

Je vous embrasse et j’en profite pour dire que c’est toujours un plaisir de vous lire,

Baptiste Beaulieu
PS : je compte sur vous pour rester courtois en commentant cet article. Pas de violence, c’est les vacances.

49 réflexions au sujet de « Protéger la vie.  »

  1. ACT

    Très beau texte qui rappelle, car nous l’oublions tous, que la vie est belle et qu’il faut la protéger.
    Mais, que c’est difficile face aux haines qui fleurissent si vite et dont il faut se prémunir.

  2. Libellule

    Je crains fort que tu n’aies parfaitement raison sur l’époque : au moment où j’ai cliqué sur le lien, le bandeau au-dessus de ton article (qui doit changer selon l’actualité) était « Salon musulman du Val d’Oise: racisme et misogynie à l’honneur »… je n’ai pas été lire les commentaires sur le salon, qui devaient être du même style que ceux sur l’accident à La Mecque.

    J’espère que les gens de bonne volonté -il y en a heureusement beaucoup- continueront à cultiver des petites graines d’humanité pour les vivants.

    Et au moment même où j’écris cette phrase, je me rends compte de mes propres limites : je n’ai aucune empathie pour un certain nombre de dictateurs, de djihadistes, de xénophobes, de gens qui pourrissent la vie à tous ceux qui leur paraissent trop différents, qu’ils soient de chez nous ou à l’autre bout de la planète. Jusqu’à maintenant, je soigne tout le monde de la même façon, mais si je tombais sur quelqu’un qui représente pour moi la lie de l’humanité, en serais-je capable ???

    Alors voilà, j’espère atteindre ton niveau de sagesse et de bonté avant de me retrouver dans une telle situation…

    Free Hugs virtuels (ni la dentiste ni le diabétologue ne devraient s’y opposer 😉 )

    1. Cath

      Libellule, le fait même de se poser la question de savoir si  » on est capable » de soigner la  » lie » de l’humanité est la marque de celui ou celle qui questionne ses limites, s’interroge et se met en question. Je ne me fais aucun souci quant à tes capacités de soignante.
      Celui ou celle qui n’a que des certitudes me fait bien plus peur.

    2. Mésange

      Alors là, Libellule, je suis certaine que tu soignerais, en serrant les dents certainement, en étant un peu moins délicate dans tes gestes peut-être (comme Bibi quand il a dû soigné un mec qui lui avait fait du mal enfant), tu serais certainement un poil Dragonfly, mais tu soignerais.
      Je pense aussi que le fait de se poser ce type de question contient bien souvent une grande partie de la réponse.
      Caresse de plumettes

      1. Linou

        Je comprends tout à fait ce que tu veux dire Libellule. Moi ce qui m’aide de plus en plus depuis que je l’ai découverte, c’est la phrase de Lise Bourbeau qui dit « Il n’y a pas de méchants dans ce monde, il n’y a que des souffrants. »
        Je viens de trouver une variante par Catherine Ikalayos qui résume bien ce que je pense de plus en plus : « Il n’y a pas de personnes méchantes. Il y a seulement des personnes souffrantes qui n’ont pas trouvé d’autres moyens que de blesser les autres pour gérer leur propre souffrance. Quand nous sommes épanouis et heureux, avons-nous envie de chercher des histoires aux autres ? »

        1. Libellule

          Merci Linou !
          Je parviens tout à fait à intégrer cette idée sur le plan théorique… mais en pratique, c’est autre chose…

          J’ai beau savoir qu’Adolf Hitler a eu une enfance pourrie par sa grand-mère, que tel ou tel prédateur sadique a grandi dans un environnement immonde, que des gens (xénophobes, djihadistes, homophobes) passent à l’acte parce qu’ils sont malades, le déséquilibre me paraît trop fort. Je ne peux m’empêcher de penser au nombre de vies brisées par 1 personne – qui mettra parfois très cyniquement son enfance douloureuse en avant lors d’un éventuel procès. De très nombreuses personnes ayant eu le même contexte au départ et n’ont jamais fait de mal à personne, ne reçoivent pas la médaille qu’ils mériteraient pour avoir surmonté cela du mieux qu’ils peuvent (on peut parler de résilience, mais il y a toujours des séquelles). Parfois je croise un patient qui a fait du mal à d’autres, qui en a des remords, qui voudrait changer, alors c’est possible pour moi de m’accrocher à cette part d’humanité. Mais quand je ne perçois pas l’humain derrière l’horreur c’est autre chose.

          C’est pour ça que je me sens très loin du niveau d’empathie requis pour un soignant. J’espère que Cath et Mésange ont raison et que mise devant la situation, je saurai serrer les dents et « faire » les soins requis (habituellement je m’attache à « prendre soin » des gens plutôt qu’à « faire du soin technique », mais là…)

          1. Linou

            Oui, c’est vrai que c’est plus facile quand on perçoit une petite part d’humanité… C’est vrai aussi que je ne suis pas confrontée directement comme toi à ce dilemne, et je ne sais pas non plus si j’arriverais à le mettre en pratique !!
            Ce que tu dis me fait penser à une citation de Nelson Mandela : « Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer. » (oui j’aime bien les citations, elles me font du bien 😛 )
            Ca me fait penser aussi aux organisations qui s’occupent des auteurs de violence (surtout conjugales). Je me suis rendu compte en lisant certains articles qu’il y en avait plusieurs qui ne se rendaient pas compte du mal qu’ils font. Et qu’au moment où on leur en fait prendre conscience, ils espèrent vraiment réussir à changer.
            Je ne sais pas s’il existe quelqu’un sur Terre qui arriverait à soigner un criminel sans penser à tout le mal qu’il a fait. Mais je suis entièrement d’accord avec Cath et Mésange 🙂 En tant que soignants, vous restez quand même des humains, avec vos forces et vos faiblesses, et vu les questions que tu te poses, je suis certaine aussi que tu fais partie des plus humains !
            Courage à toi et à tous les soignants, et ne doute pas de ton niveau d’empathie ! 🙂

          2. Libellule

            J’admire le personnel de ses associations (ceux qui se chargent de la violence conjugale ou de la prévention de la pédophilie, comme L’ange Bleu : http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-pedophilie-prevenir-le-passage-a-l-acte_7215.html ). Cela paraît tellement utile ! Et pourtant, quelle force de caractère il faut avoir pour aller tous les jours aider ces gens, sachant qu’il y aura des réussites mais aussi beaucoup d’échecs, et garder l’espoir…

          3. Linou

            Merci beaucoup Libellule pour cette vidéo, très intéressant !
            Dans l’un des articles que j’avais lus (http://rue89.nouvelobs.com/2014/04/15/violences-conjugales-a-rennes-soccupe-aussi-coupables-251403), ils avaient l’air très confiants sur le taux de réussite : « A ce jour, nous avons reçu environ 90 hommes (et une femme, reçue en individuel). Aucun de ces hommes n’est aujourd’hui en situation de récidive au regard de la loi (ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas récidivé, mais qu’aucune plainte n’a été recueillie contre eux). »
            Je trouve comme toi ce type d’initiatives très utiles et ça me donne beaucoup d’espoir pour l’évolution de l’espèce humaine !

  3. Souki

    Oh, Baptiste.
    Souvent tes textes me bouleversent, surtout quand tu racontes des histoires d’hôpitaux si merveilleusement complexes et donc humaines. Souvent quand tu parles de (géo)politique, je suis beaucoup moins réceptive parce que tu es tout d’un bloc (c’est la marque de quelqu’un d’entier et en plus tu es chez toi, donc tu écris évidemment absolument ce que tu veux, mais les textes y perdent de leurs « cinquante nuances de gris » 😉 et « fonctionnent » moins, pour moi, du moins…)
    A mon sens la croyance selon laquelle les pèlerins morts à la Mecque vont directement au Paradis, pour autant qu’elle puisse prêter à sourire pour certains, est avant tout une réelle consolation pour ceux qui restent. (C’était probablement aussi un argument motivant dans les siècles passés pour que les musulmans entreprennent ce long et périlleux voyage d’où ils risquaient de ne pas revenir)
    Je repense au texte que tu as publié pour la mort de ta petite cousine Rebecca, paix à son âme, qui avait réussi à aller en Espagne, à embrasser un garçon et à sauver une vie. Et ce texte était au fond joyeux. Une célébration de la vie de cette jeune femme qui a réussi à faire ce qu’elle voulait, espérait, croyait (même si elle en est morte)…
    Je crois que c’est fondamentalement (et même si elle est infiniment moins bien formulée) la même démarche qu’ont les commentateurs musulmans par rapport aux morts à la Mecque (« Au moins ils ont pu accomplir ce voyage si important et sont morts en faisant ce qui avait sens pour eux, ce qu’ils désiraient de toute leur âme. J’espère aussi avoir cette chance » Quelque chose de cet ordre).
    Je pense à Dalida et son « moi, je veux mourir sur scène, c’est lààà que je suis née ».
    Bon. Certains musulmans espèrent mourir à la Mecque, soit. Je comprends que ce désir te soit opaque ou étranger (au moins, ils ne hantent pas ton cabinet pour te montrer leur langue 😉
    Je veux dire qu’à mon sens « bien fait pour ces connards de musulmans/terroristes, haha le 11 Septembre en plus », avec « Grâce à Dieu/Quelle chance, ils sont morts en pèlerinage » ne sont pas équivalents.
    L’acceptation de la mort (avec sérénité, voire gratitude) n’est pas le mépris de la vie….
    Voilà voilà, je vous embrasse….

      1. C'line

        Personnellement, ce n’est pas la « rationalité » que je viens chercher chez vous, plutôt l’humanité, et à ce point de vue là, vos tripes sont championnes du monde!
        Je vous embrasse,
        paix, gratitude et amour…

      2. martingoule

        Les tripes c’est pas rationnel .
        Quand on perd un enfant,un frere,un amour.les tripes c’est pas rationnel.
        Souki wouah vous m’impressionnez
        Pour en revenir à Dalida c’était juste une chanson ,pensez vous qu’elle le désirait vraiment?
        Et au moment de mourir s’ils l’ont senti venir a la Mecque pensez vous qu’ils se sont dit oh chouette un vendredi en plus a la Mecque?
        Et la petite cousine de Baptiste croyez vous vraiment ?
        J’ai essayé d’être aussî sage que vous a des moments de ma vie pour soulager mon chagrin me dire il avait dit il aurait aimé….

    1. Emmanuelle

      Pour ma part je pense que le mot pour Rebecca était une complète ode à la vie, parce que sans la connaitre à travers Baptiste on a pu s’imaginer la belle vie qu’elle a eu et qu’elle aurait pu continuer à avoir. Et ce même dans la mort elle a été belle puisqu’elle a réussi à sauver une vie. Mais je doute que se réjouir d’une mort à la Mecque soit une façon de dire que la vie est belle. Une façon de dire que cette mort est moins pire que d’autres oui, pourquoi pas, ils iront au paradis, soit (en fait je ne vois pas pourquoi ils seraient allés en enfer autrement mais bon).
      Moi j’aime bien les tripes aussi et surtout be yourself Baptiste, let love rule!

    2. Cath

      C’est effectivement bien exprimé Souli, et cela se rapproche de certains réflexions que j’ai entendues de la part de catholiques – je fais référence aux commentaires des commentateurs musulmans selon lesquels mourir à La Mecque en pélerinage peut être une considéré comme une consolation pour ceux qui demeurent et ont perdu un être cher.
      Mais c’est précisément à cause de ce genre de remarques que, personnellement, je m’éloigne des religions et de leurs chantres. Je préfère ceux qui relèvent la tête et se collètent avec la réalité pour tenter d’améliorer le sort de ceux qui vivent et nous entourent.
      Les paroles lénifiantes me semblent chercher à convaincre et à persuader qu’on ne peut rien changer. Je n’y trouve rien d’apaisant, et elles me choquent.
      Tout comme les propos innomables des bas du front qui se réjouissent de la mort de ces pauvres gens.
      C’est pourquoi je « comprends » la réaction de Baptiste, et que je la suis. Mais ceci n’engage que moi, et je peux aussi comprendre ou essayer de comprendre un besoin de consolation qui n’est pas le mien.

  4. Cel

    Nouvelle lectrice (le bouche à oreille fonctionne).
    Je pioche à droite et à gauche des bouts de vie sur ce blog et je me dis enfin les doc parlent !!!
    Une psy rassurée.

    Bonne continuation pour ce nouveau projet.

  5. Herve CRUCHANT

    Misère de misère, que cette humanité a peur !

    Si un jour nous arrivons à comprendre que la vie n’est pas l’éternité, nous aurons droit de nous faire plaisir avec d’autres terreurs.
    Moi-même, ‘bulle de savons’, je ne suis pas éternel car je suis mortel. Je suis simplement éternel. Comme vous tous. De ma naissance à ma mort. Autrement dit, je serai éternel tant que je serais vivant. C’est d’ailleurs le sens, l’essence même des philosophies et métaphysiques qui ont servi de base au monothéisme. Et c’est ainsi que la spiritualité m’apparaît comme indispensable; d’autant plus que la religion me semble culpabilisante. Mais, sur ce point, que chacun croie ce qu’il lui paraît juste et véritable, du moment qu’il se respecte lui-même. C’est-à-dire qu’il ne prenne pas sur son voisin. Alors, il devient « frère humain ». Ce n’est pas un rêve du tout. Relisez Souki, ici présent. Voilà quelqu’un qui dit son désaccord et, à travers lui, sa foi, avec sérénité et calme. Un « frère humain ». Que peut-on faire d’autre que de regarder avec empathie au fond des yeux, un frère humain?
    Comme chacun finit par s ‘en lasser de la savoir, je suis athée. Humaniste, républicain et athée. Si quelque croyant voulait bien faire, une fois (!) sans tricher, c’est-à-dire à fond, l’effort de se dire : « et si tout ce que je crois est un leurre? et si tout était faux? dieu, le diable, la prière, la culpabilité, les rites…tout? ». Il faudrait alors que la résistance à la terreur du néant (je ne dis pas ‘mort’) soit formidable. Pas pour des causes que ceci que celà. Simplement parce que nous n’avons pas appris assez de nous pour faire avec…la vie ! Nous avons délégué nos souffrances et nos peurs à des dieux faits exprès. ‘On’ dit que dieu aurait fait l’homme à son image. C’est le pire blasphème que j’ai jamais entendu prononcer! c’est l’homme qui a fait et continue de faire en l’adaptant, dieu à son image, ses besoins. Et puis, épargnez moi les recours aux échelles d’espace et de temps ! l’infiniment grand, l’infiniment petit, face à l’infinie fragilité de l’être humain. Alors, si nous sommes capables de nous affronter, nous mériterons d’être autorisés à jouir de fois exotiques.

    Cette grue tombe à pic. Elle me permet de dire que la conscience de l’être, chez l’homme, est bien succincte. Lorsque l’individu aura compris que chaque homme est unique et ne ressemblera à aucun autre du début à la fin de l’espèce, que ce processus darwinien est destiné à tester la validité de la proposition « homo erectus » varians, personne n’aura plus l’idée de rigoler quand un outil de travail fait une centaine de morts sur des lieux de receuillement. Ou de dénigrer la foi de ces croyants. Ni de vouloir réduire à poudre les abrutis fascistes et négationnistes de tout. Là, je dois moi-même prendre sur moi; les « frères humains » ont parfois les mœurs et croyances de barbares dégénérés.

    Que chacun croie ou non, ce n’est pas une affaire. Ce qui est progressiste, c’est d’échanger ces pensées avec considération pour l’autre. En évitant de résoudre toutes les question gênantes qu’il nous pose à coup de kalach’. La haine, c’est-à-dire la certitude en forme de blockhaus, de donjon, n’est que l’expression de la peur. Alors, Eros ou thanatos?

  6. Raphy

    Bonjour Baptiste,

    C’est triste de voir qu’il faut toujours, toujours, rappeler les bases…
    Cela dit, ton article a selon moi un gros défaut. Il pose in fine une grave question existentielle/philosophique à laquelle tu ne réponds pas : protéger la Vie est-ce protéger la vie humaine ?
    Le travail d’un médecin est – par exemple complètement pris au hasard – de soigner les gens du cancer… soit. Mais le cancer est aussi un être vivant. Donc les médecins portent parfois volontairement atteinte à la Vie.
    D’une certaine manière, ne pourrait-on pas dire qu’avaler un antibiotique ou détruire deux tours de bureaux amènent des résultats comparables ?

    1. Herve CRUCHANT

      Tu chipotes, ami Raphy. Pourquoi ? Parce que la question n’est pas de choisir ce que l’on tue. Mais de ne pas tuer. Un état d’esprit, en somme. Si je suis ton raisonnement jusqu’au bout, qui veut une réponse et qui amalgame tout, imagines s’il fallait : tuer ce qui ne convient pas. Bon, çà on sait faire. On a un mot pour çà : « génocide ». Et tu es surement d’accord avec moi pour penser que c’est une aberration. Ou, au contraire, s’il fallait garder toute toutes les vies. T’imagines pas, c’est sur. Moi non plus… L’homme doit être et rester une intelligence. C’est quoi ? Vivre avec discernement. Alors, vivement le jour où le cancer sera un mauvais passage à traiter sereinement. Eradiquons le cancer. Epicétou. Tiens, j’ai entendu une émission à la radio qui parlait des bactéries qui peuplent notre tube digestif. « Etalées les unes à côté des autres, une seule collection de bactéries d’un seul homme couvrirait un terrain de football ». Çà renforce mon idée qu’il faut absolument arrêter de nous faire chier avec le foot. Ah, j’avais oublié ce matin, dans mon post, de citer l’indispensable discernement. C’est à dire de proscrire toute dichotomie. Et puis, si on a le temps, arrêter de croire, une fois qu’on a pensé et que çà nous a fait mal (aussi mon post de ce matin) que « euréka ! j’ai vu dieu! » ou, pire : « dieu s’est révélé à moi! il m’a parlé! ». Bon on sait que Jésus (Himself) avait parlé à G.W.Bush (c’est lui, G.W., pas l’auréolé!) qui l’a dit. Tu vois la crédibilité du divin speaker! Je prends un temps de plaisir immense en recevant les Témoins de Jéovah. Généralement, ils me quittent en me vouant à l’enfer. Super ! au moins, moi, je leur révèle que ce sont de vraies mules. Pour l’éternité de la vie éternelle.

      1. Libellule

        Ah Hervé,
        comme toujours j’aime lire tes envolées lyriques,
        et j’avoue qu’en ces temps d’actualité triste à pleurer, ta vision du foot et des bactéries intestinales m’a fait pleurer de rire… ça ne change pas la face du monde, mais ces quelques secondes de légèreté m’ont fait beaucoup de bien, merci 🙂

  7. Cath

    Je ne sais pas pourquoi, mais le choix des exemples me chiffonne. Comparaison n’est pas raison, comme disait l’autre.
    La nature du cancer est une chose, tout comme celle des bactéries. L’intention de tuer pour détruire, brutaliser et faire souffrir en vue d’imposer ses vues aux autres n’est en rien comparable à l’action et à l’esprit qui habite le soignant. Celui qui aide et protège comme il le peut, avec son coeur et ses tripes n’a rien à voir avec un assassin, un handicapé des ou du sentiment, une coquille vide de prédateur.
    Je simplifie sans aucun doute, mais jamais je ne mettrai ces personnes si différentes sur le même plan, même pour tenter une comparaison, tant l’exercice me semblerait inutile.

  8. lectrice boulimique

    merci à Bi-Bi, à Souki et à tous les intervenant(e)s de ce débat « vital », qui se tient dans le respect et sans langue de bois.
    voici ma modeste contribution: respecter la vie, OK, si c’est pour ajouter de la vie aux années plutôt que des années à la vie.

  9. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Aujourd’hui deux de mes amis ont perdu un être cher. Pour le premier, sa maman est partie faire du poney multicolore, à 96 ans. Les enfants sont tristes, les petits enfants sont tristes mais tout le monde se dit c’est normal après une si longue route.
    Et puis le second, lui, a perdu sa femme, 37 ans. Il n’est pas triste, sa famille n’est pas triste. Ils sont abattus !
    Allez expliquer à ses trois enfants que leur maman est au paradis, épanouie, à côté de je ne sais quel dieu.
    Le petit dernier, tout jeune, ne se rappellera peut-être plus de la saveur des baisers sucrés de sa maman ni de la douceur de sa peau voire même de son visage.
    Alors oui ! la vie vaut d’être vécu parcequ’ après ? après ……. 3 gamins pleurent.
    La vie est belle …….. comme tu l’étais Drissia !!!
    Fuck the crab

    1. marie

      Ces petits se rappelleront parce que les adultes montreront les photos, diront les mots, raconteront la vie de leur maman par contre et même avec tout l’amour que leur apportera leur entourage il y aura un manque , un abysse qu’ils rempliront inlassablement de découvertes, d’expériences, de mise en danger aussi…et qu’importe puisqu’ils la retrouveront un jour dans un ailleurs où on leur a dit quand ils étaient petits qu’elle était en paix et qu’elles veillait sur eux …croire ça aide a vivre …c’est quand on ne croit plus qu’on commence à quitter le monde…et je ne parle pas là des dieux, je parle de ce moteur vital un peu border line, que le meilleur est à venir. gros kisss Grand vas pleurer tout ton chagrin au bord du lac et revient vers eux fort comme un roc, ils ont besoin de ça en ce moment .

  10. Thomas

    Je suis devenu un adepte de votre blog. C’est pourquoi, je viens de me commander votre livre ! Merci de partager votre quotidien et votre vie, cette initiative nous ouvre les yeux sur un univers que l’on ne connait pas mais que nous critiquons trop souvent…

  11. Bounty

    Lov it ! La vie est un cadeau. Si précieux… La vie de tout un chacun est à protéger… et d’autant plus quand le mode survie est activé… Tout humain, tout être a le droit de vivre. Ca parait évident, mais nos temps actuels sont flippants… Merci !

  12. Fabymary POPPINS

    CC Baptiste, chouette alors , de retour et avec un nouveau parfum!!! munster et tu as échappé au pire , le VIEUX LILLE, tu es prévenu, garde aux dédicaces ch’tis, terrible pour retour en voiture ou en train, avantage en train, le wagon pour vous deux, le from et toi.

    Bien cette suite de squelettes, j’aime le message qui s’en dégage et j’ai lu les comms et je pense aussi que c’est dur de trouver une once d’humanité et éprouver de la compassion… pour une personne qui n’a pas de remords suite à ses actes…. se réfugier derrière une enfance difficile qu’il a vécu…. pas une excuse ça , et heureusement que tous ceux qui ont eu une enfance pas cool deviennent pas des « monstres », mais ensuite je nuancerai en disant qu’ils sont MALADES et ça ils y peuvent rien je pense, bises

  13. Souki

    En général quand les débats s’échauffent, et que je ne suis pas d’accord, j’ai plutôt tendance à quitter la pièce, ou à changer de conversation. « Qui re-veut du café? ». C’est le moins dangereux, le plus reposant.
    Mais là, parce que vous le valez bien, et parce que c’est des questions qui me tiennent à cœur (et sur lesquelles j’ai pas mal lu et réfléchi) je vais faire l’effort (et c’en est un !) quitte à me transformer en Victor Hugo du commentaire en 3 tomes. Pardon d’avance, et s’il vous plaît ne me jetez pas trop de cailloux 😉

    Dans mon commentaire précédent je ne parle pas de moi du tout, et je dis « certains musulmans pensent que… » Et tout de suite je lis « Souki exprime sa foi ». Hein ?
    Donc non je n’exprime pas ma foi (c’est un truc bien trop intime et personnellement fluctuant pour que je m’y risque ici) ni ne me veux le chantre d’aucune religion.

    J’ai grandi au Maroc (pays musulman), avec un papa médecin et musulman (tendance agnostique) et une maman française et farouchement athée mais assez ouverte pour nous emmener à l’église et lire un peu la Bible, à titre pédagogique, parce que la pensée chrétienne a quand même longtemps été prégnante dans la culture européenne.
    J’ai habité (longtemps) dans les 2 pays, et donc je peux comprendre les 2 « référentiels » et comprendre les différents points de vue qui s’expriment ici (et là).
    Comme un passe-muraille. Et elles ne cessent de monter les murailles, de s’épaissir, des 2 côtés, c’est terrifiant. Et c’est pas très compliqué de les faire monter ces murailles. Simplifier la pensée à l’extrême. Oublier l’Histoire. Tout ramener à l’émotion. Brutale et immédiate. Au viscéral. Et très vite on y arrive. Y a « EUX ». Et puis y a « NOUS ». Et les méchants (les barbares, les débiles), c’est jamais nous, mais ceux de l’autre côté du mur. (de quelque côté qu’on se trouve). Bien sûr.
    C’est pour ça qu’il faut se méfier du viscéral, et ce n’est pas attaquer Baptiste que de lui dire : regarde, de l’autre côté du mur, y a des gens. Ils parlent pas la même langue que toi (ils parlent pas la même langue entre eux), ils ne partagent pas tes croyances (ils ne partagent pas vraiment les mêmes croyances entre eux non plus, en fait) et ils te semblent très étrangers, mais comme toi, ils sont confrontés à la vie, à la souffrance, à la mort, et ils essaient d’y faire face avec des stratégies psychologiques pas si éloignées des tiennes, au fond.

    Je pense que c’est assez urgent d’essayer de sortir de schémas binaires et simplistes qui clivent au lieu d’unir. Fromage OU Dessert. L’Ame OU le Corps. Le symbolique OU le Concret. Pourquoi choisir ? Comme dit l’autre : « L’Homme ne vit pas seulement de pain ».
    Donc si je comprends l’exaspération de Catherine face à une religiosité frileuse et résignée, je crois qu’il faut se méfier tout autant d’un activisme forcené et stérile qui pousse à penser qu’on peut, qu’on doit tout contrôler. Cet homme ayant perdu ses proches dans un tsunami en Thaïlande qui a saisi la justice, parce qu’il y a eu moins de morts dans l’hôtel d’en face. Cette recherche frénétique de responsables, (le médecin qui n’a pas su voir, le juge qui a relâché l’assassin qui ne l’était pas encore, etc.) l’évolution de l’opinion et du droit pénal dans ce sens. Au fond une incapacité croissante à accepter la mort comme faisant partie intégrante de la vie.

    Les croyants, si on additionne les Chrétiens, les Musulmans, et les Hindous (les 3 religions majoritaires aujourd’hui) représentent 2/3 de l’Humanité. Sont-ils tous passifs et résignés ? Et le Réel, qu’on le veuille ou non, on est tous englués dedans comme des goélands dans une flaque de mazout. Aux prises avec. Bon gré, mal gré, on se le collète. Quelques soient nos croyances. Et on a tous besoin de pouvoir parfois s’en abstraire. D’échappatoires, d’échappées belles, en particulier face à un choc. C’est humain. Ça peut être la religion. L’alcool. Le travail. Les jeux-vidéos. Ou la grande littérature. Et oui, les refuges on peut s’y attarder. Ou même complètement s’y perdre. Mais ils peuvent aussi être cette halte, cette respiration qui va nous donner la force de repartir avec plus d’entrain et de confiance.

    Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour l’Arabie Saoudite en tant qu’Etat. Je n’en ai franchement aucune pour la doctrine wahhabite qui se diffuse comme un cancer dans le monde musulman, dans le même mouvement que les idées d’extrême droite en Europe. (Et oui, c’est lié)
    Mais pour ce qui est de la grue, (et l’organisation du pèlerinage en général) force est de reconnaître qu’ils nous prouvent que le religieux n’oblitère pas nécessairement l’efficacité.
    Chercher ce qui a pu provoquer ce drame (les responsables éventuels) pour éviter que ça se reproduise, enterrer les morts, tout en priant pour eux, et en offrant aux vivants cette consolation (immense ou dérisoire, c’est selon) que leurs morts sont morts en accomplissant une chose sainte et sacrée, essentielle à leurs yeux.

    1. Baptiste Beaulieu

      Salut Souki,
      Je suis entièrement d’accord avec toi. Je pense qu’il y a eu une erreur de ma part dans mon écriture. Je parle des commentaires de musulmans ou de racistes sur les réseaux sociaux, pas des musulmans ! Je parle des commentaires et de leurs appropriation psychologique d’un événement dramatique. Il y a un gouffre entre être musulman, ET ecommenter en tant que musulman…. Je ne sais pas si c’est très clair. Je faisais une analyse des commentaires racistes d’un côté et croyant de l’autre…
      Bises bises
      PS : J’espère ne pas t’avoir heurtée avec ce texte, je parlais vraiment des commentateurs, qui sont parfois… Bref, tu vois ce que je veux dire !

    2. Cath

      Il me fallait lire les 3 tomes façon Victor Hugo avant d’aligner un début de réponse – et je précise que j’ai bien aimé la lecture.
      Je voudrais simplement préciser que si je suis exaspérée par certaines remarques de gens « religieux » qui se satisfont de commentaires lénifiants, et qui évitent de la sorte de se pencher sur des problèmes de toute nature, je ne généralise pas cet état d’esprit à l’ensemble des croyants, toutes religions confondues. Je faisais état de ce qui m’avait choquée lorsque j’étais enfant – et qui continue de me choquer. Inutile de dire que ces braves gens m’ont jeté la pierre, c’était d’autant plus facile que j’étais enfant, étrangère, séparée de sa famille, bref, une bête noire idéale. Rassurez-vous, j’avais aussi du répondant et j’ai su renvoyer la balle assez tôt.
      Pour ce qui est du glissement qui décrit la « disparition de dieu », là encore, je n’assénerai jamais cette notion aux gens qui y croient. C’est tout simplement que mon absence ou ma perte de croyance me vient d’une expérience intime. Ainsi, comme d’autres ont rencontré dieu, moi, je l’ai perdu corps et âme, tout simplement. Et comme je l’ai écrit, c’est intime et ne concerne que moi. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de nier que les religions et leurs rites peuvent apporter réconfort à d’autres. Seulement pas à moi. Et si d’aventure un énergumène voulait ignorer ceci et passer outre en m’infligeant son prosélytisme, ou sa bigoterie, soyons francs, le cuistre n’en sortirait pas indemne. Certains m’évitent comme la peste, soyez-en assurée.
      Pour tout dire, quand un enfant me pose des questions, j’essaie d’y répondre en fonction de ce qu’il apprend, de ce qu’il sait et de ce que je sais de la religion en question. Je ne tranche pas et j’évite de jeter le trouble. J’encourage seulement à utiliser le bon sens et la raison, en gardant les portes ouvertes qu’il ne m’appartient pas de fermer ou de choisir.
      Voila, juste une petite clarification. Et j’espère bien que nous aurons le plaisir de lire les autres tomes de la collection 😉

  14. Souki

    Et pour ce qui est des religions (et des hommes)
    Oui, les humains tuent et ont tué au nom de TOUTES les religions (Toutes, toutes, si, si, même les Boudhistes) Alors, il suffirait d’extirper la religion sclérosante pour la remplacer par une spiritualité allégée, façonnable au gré de chacun pour qu’on arrête de s’entretuer, que cesse l’exploitation de l’homme par l’homme, qu’on soit tous libres-et-donc-heureux ?
    C’est se méprendre profondément, je crois, sur la nature des hommes (et des religions).

    Parce que les humains tuent et ont tué, exploitent et ont exploité, torturent et ont torturé au nom de toutes les religions, de toutes les idéologies, ou pour 3 poulets frits.
    C’est dans notre nature. A tous. Le bois dont nous sommes faits.
    AU MÊME TITRE que la capacité d’écrire une sonate, de bander la patte d’un chaton, d’aimer, de prendre soin. C’est inextricablement lié. Eros ou Thanatos ? Non. Eros ET Thanatos. Le Jour ET la Nuit. Le Bien ET le Mal. Inextricablement imbriqués, toujours, au cœur de chacun de nous. Et oui, c’est proprement vertigineux.
    Je comprends que Libellule se pose la question de savoir si elle serait capable de soigner quelqu’un qu’elle considèrerait comme « la lie de l’humanité ». Tous, quelle que soit notre profession, on se retrouve un jour au l’autre confronté à la question, lancinante, de nos limites. Mais c’est important de se rappeler que la lie de l’humanité, ce n’est jamais vraiment quelque chose de si confortablement extérieur. Que le mal, au moins en puissance, il est toujours déjà là, aussi en moi. Important de se rappeler qu’il n’y a pas « des » racistes. Mais que le racisme est un mécanisme. Activable en chacun de nous comme un tranquillisant face à l’effroi de l’altérité, face à la culpabilité d’une situation de domination qui nous profite, face au vertige de l’injustice.

    Oui, la religion peut servir d’opium du peuple, et oui, elle est utilisée par les riches et les puissants pour garder leur pouvoir ou simplement s’acheter une bonne conscience à peu de frais.
    Mais c’est aussi un formidable vecteur de compassion et de solidarité, un chemin (et ce n’est évidemment pas le seul) pour embrasser les grandes questions existentielles, avancer dans la vie avec gratitude, garder l’espoir et la tête haute, et continuer à faire ce qu’on a à faire chaque jour, avec confiance et humilité, parce que même si rien ne garantit rien, les miracles sont toujours possibles…
    Je côtoie des bigots lugubres, et des croyants lumineux. Comme mon marchand de fruit ambulant, animé d’une foi incandescente. Il se lève à 4 heures du matin deux fois par semaine pour aller au marché de gros, et pousse des kilos de fruits sur une charrette à bras en déambulant dans le quartier. Il a au moins 50 ans, pas de Rolex, une force herculéenne, et s’émerveille : « Regarde moi ces fruits magnifiques ! C’est un don de Dieu » Avec ses revenus dérisoires, il a élevé une famille. Il est heureux. Et il faudrait lui enlever ça ?

    Toutes les religions enjoignent de protéger la vie humaine, si fragile et miraculeuse.
    Toutes ont été, à l’origine, révolutionnaires, visant à rétablir plus de justice contre un ordre social inique.
    Est-ce qu’internet est un merveilleux moyen de communication, de culture et de partage de débats avec le monde entier ? Est-ce que c’est un terrifiant moyen de contrôle, d’embrigadement, qui nous transforme tous en produits à valeur indexée sur le nombre de like?
    La religion, c’est comme tout le reste. Très exactement ce qu’on en fait.
    Hervé Cruchant aimerait que les croyants fassent l’effort de remettre en question leurs certitudes pour faire avec lui l’expérience de l’insoutenable légèreté de l’être. Mais la majorité des croyants que je connais ont été traversés par le doute.
    Et, vous, faites vous parfois cet effort de questionner vos propres certitudes? Comme une gymnastique mentale, un exercice d’assouplissement ?

    Le glissement de « Je ne crois pas en Dieu » à « Comme chacun sait, Dieu n’existe pas », puis à « Comme c’est désormais démontré, Dieu n’existe pas et tous ceux qui refusent encore de l’admettre sont décérébrés. » ne fait que rendre plus durs à réfuter les arguments d’en face sur « l’arrogance de l’Occident qui hait l’Islam et les musulmans »
    (ce qui permet d’homogénéiser un groupe qui ne l’est pas tant que ça et de faire primer l’appartenance religieuse sur toutes les autres)

    Prenez soin de vous. Ne vous laissez pas enfermer dans la prison mobile de la pensée unique. Ne dansez pas sur tout ce qu’on vous chante. Y a pas « EUX » et « NOUS ». Car «Je est un autre ». « I am you, and you are me and we are all together ». Dans ce qu’on a de pire, et ce qu’on a de meilleur.

  15. Souki

    (désolée, désolée, j’en ai pas encore tout à fait fini)
    Cher Grand33, je suis désolée pour la mort de votre amie et ses enfants (vraiment)
    « Allez expliquer à ses trois enfants que leur maman est au paradis, épanouie, à côté de je ne sais quel dieu. » C’est sûr que dans un contexte où personne n’y croit, si c’est pour les mettre en porte à faux avec ceux qui les entourent, ça n’a aucun intérêt.
    Mais dans d’autres contextes où c’est encore permis de croire au Paradis, ce « Maman est au Paradis, elle veille sur toi, et toi aussi tu iras la rejoindre après ta mort » ou « Dieu Auquel nous retournons tous a rappelé Maman à lui », ou quoi, ça dit beaucoup de chose à un enfant petit. Qu’il n’a pas à s’inquiéter pour la défunte (= en langue athée « Elle ne souffre plus, maintenant ») Qu’il n’est pas responsable de cette mort. Que sa mère était quelqu’un de bien, et que lui aussi. Que la mort est inéluctable et qu’il n’y a pas à en avoir peur. Qu’il n’est pas seul. Qu’il est protégé. Bien sûr qu’à l’adolescence viennent les doutes, les questions, la révolte, et que chacun décide pour lui-même si ce n’était qu’un tissu de fariboles, ou pas. Mais là où je vis, autour de la mort, il y a des rites religieux qui sont très porteurs. Famille et amis doivent se réunir le 3ème jour après le décès, puis le 40ème, puis un an après (les visiteurs arrivent en continu, peuvent ne passer qu’un moment après leur travail). Les fqis viennent psalmodier certaines sourates du Coran. Ils psalmodient en canon, on dirait de la polyphonie corse, et dans cette ambiance de recueillement avec l’encens et tout, tout le monde (athées, agnostiques et croyants confondus) pleure. Ça donne un cadre pour évacuer le chagrin, à la catharsis pour s’effectuer. On partage un repas, qui est l’occasion d’évoquer le défunt. Il y a des aumônes rituelles à faire, ce qui permet d’éviter à ceux qui pleurent leur mort de s’enfermer dans un statut de victime. En France, on s’est débarrassé des rites. Même celui d’aller sur les tombes à la Toussaint. Tant mieux ? Tant pis ? Mais les besoins des gamins (de pouvoir évacuer leur chagrin dans un cadre rassurant. D’entendre du bien de la défunte. De ne pas être victimisés non plus à outrance) restent les mêmes. Je vous souhaite beaucoup de courage. Amicalement.

    1. Grand33

      Merci Souki,
      L’essentiel est de pouvoir trouver la paix …… avec ou sans.

      La bise (enfin si je peux me permettre, c’est tellemnet rare de pouvoir embrasser victor hugo) 🙂

  16. Souki

    Et pour ce qui est des bactéries et des hommes. Je crois que je comprends la question de Raphaël. Le lion mange la gazelle trop faible. La gazelle fuit devant le lion. Ce n’est pas la tâche du lion de s’inquiéter pour la pauvre gazelle qui va mourir ou celle de la gazelle de s’inquiéter pour le lion qui a faim. Tous deux courent pour leur survie. And the winner is : la Vie.
    Les virus, les bactéries, nous ont précédé sur cette planète comme forme de vie. Et ils nous survivront probablement après l’extinction de l’espèce humaine.
    En attendant, ce n’est pas le boulot des humains de s’inquiéter pour la survie des bactéries. Mais pour leur propre survie. C’est le devoir du médecin de protéger la vie humaine, modestement, une à la fois. Merci à eux. En laissant la Vie (lion contre gazelle, humain contre virus) être à elle-même sa propre antidote.
    Je vous embrasse, (et là, je me tais pour de bon)

  17. Souki

    Ne t’inquiète pas Baptiste, tu ne m’as pas heurtée avec ce texte, et quand bien même, tu as le droit d’écrire absolument ce que tu veux, et bien sûr que les commentateurs de tous bords peuvent être effroyablement débiles je suis très bien placée pour le savoir (et j’ai aussi des débats très échevelés dans l’autre sens pour enjoindre les gens à pas sacrifier tout esprit critique sur l’autel de leur foi)
    Prends bien soin de toi, et continuer à nous faire réfléchir (c’est pas tous les jours)

    1. ACT

      Merci Souki pour tous ces beaux textes ! La tolérance devrait s’apprendre tout bébé et être réapprise tout au long de la vie. il y a toujours à apprendre des autres. C’est pour cela que j’apprécie ce blog et les nombreux commentaires de chaque texte.
      Les religions sont à la fois les plus belles et les plus tristes inventions humaines, porteuses à la fois d’entraides extraordinaires et des pires folies, cruautés possibles.
      Quand un drame se produit, c’est vrai qu’il semblerait qu’un bouc émissaire devienne indispensable alors que la fatalité est largement suffisante.
      Si tous les gars du monde se tenait la main …

  18. Herve CRUCHANT

    Souki. Encore une enfant du Maroc. Je me sens un peu en communion de ce côté là. Sinon, oui, tout est intéressant, dans ce que tu dis. Mais tout çà me paraît compliqué, voir délibérément compliqué. Pas toi, l’humanité et tout ce que tu en dis et que je sais. J’ai peut-être cette folie de croire que, depuis le temps et considérant la profondeur et la subtilité des pensées humaines, l’homo sapiens pourrait vivre autrement. Ne pas se réfugier dans une égalité Eros-Thanatos mais plutôt entamer une sorte de challenge, tu vois, dans la poursuite d’un Eros infiniment prometteur et divers. Thanatos ? notre condition d’être humain vivant se suffirait bien des accidents et de la fin de vie. Je suis persuadé que, tant que l’homme n’aura pas pris conscience de son pouvoir sur sa propre survie, il va vers sa disparition. Dans cette trajectoire funeste (j’aime bien écrire comme un type du JT de 20h, des fois…), donc, dans cette trajectoire funeste, je vois des avatars et des substituts à sa responsabilité (la Terre qui se réchauffe, évidemment, mais, pour être plus sérieux, la religion qu’il confond avec le spirituel; imagines avec moi que la religion wahhabite dont nous avons la même approche, une fois décapée, il ne reste plus rien de spirituel ! et combien d’autres ainsi. Même les monothéistes traditionnelles).
    Bon. J’arrête là parce que notre cher public (décidément !) va commencer à se demander si on n’assiste pas aujourd’hui même à une évolution inéluctable de ce blog, c’est-à-dire à l’instauration d’un dialogue gigantesque entre toi et moi ! remarques, çà me botterais, moi-même personnellement.
    Allons, @+ et que Mieux te garde.

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