L’homme qui voulait être aimé.

Alors voilà, y a deux ou trois semaines, juste avant Noël, j’ai vu un flic. Un vrai de vrai. Un poulet, comme on dit. Disons les choses franchement, il est venu chercher son traitement antidépresseur et sa prolongation d’arrêt de travail. Il était triste. Vraiment très triste.

« Les gens qu’on arrête ne nous aiment pas, les gens qu’on protège non plus. »

Il est là, avec sa tête toute désabusée. J’écoute. C’est le genre de consultation qui ne demande pas beaucoup d’efforts intellectuels, mais qui engage beaucoup émotionnellement. On écoute et c’est tout.

« J’ai jamais eu la prétention d’être un héros, mais je voulais aider les autres. Pas être détesté. »

Il me dit qu’il s’en tire pas trop mal. L’an dernier, un de ses collègues a sorti son arme de service pour se tuer.

« Une fois, on nous a traité d’enculés dans la rue. Avec le collègue, on a baissé la tête. On a fait semblant de ne pas entendre. On s’est senti tellement mal après, on n’osait même plus se regarder. Chaque fois que je croisais ses yeux, je savais qu’il pensait à ce moment là… Alors la fois d’après, quand on s’est à nouveau fait insulter, on a ramené nos gueules, ça a viré au lynchage et ça nous a valu un procès. Et maintenant j’ai mon poignet pété. Et j’ai mal un peu partout. Et j’arrive plus à me motiver pour me lever le matin. »

Il dit qu’il en a aussi marre de travailler la nuit.

« Je suis fatigué de dormir toute la journée, et de me lever le soir. Vous savez pourquoi la nuit c’est bleu blanc rouge ? Bleu, c’est la police. Blanc, c’est vous, les soignants. Et rouge, les pompiers. »

Ils baisse encore la tête. Il ne fait que ça. Monter et descendre la tête, en manière de commisération lasse. Je l’examine. Quand il sort sa carte, je lui dis que je ne fais jamais payer les forces de police. C’est un mensonge, mais aujourd’hui je décide de mentir à un de mes patients. Ça m’arrive souvent. Je m’en fous. Je mens.

Il me demande pourquoi. Je dis que c’est parce que j’ai eu un problème, une fois, au cabinet, et qu’ils ont été là. Soyons clairs : je ne dis pas que je suis un être profondément irrationnel, guidé par ses instincts et une trop grande sensibilité/sensiblerie ? Impressionnable ? Je suis impressionnable.

L’inspecteur Colombo me regarde, les yeux ronds comme des soucoupes. Ses prunelles disent : je suis flic et vous m’aimez bien. Vous n’allez pas me traiter d’enculé, de connard, ou de fils de pute.

Il était authentiquement heureux et surpris.

Le lendemain, il laissait une boîte de chocolats au secrétariat.

J’ai trouvé qu’on vivait quand même dans une société vraiment bizarre et je me suis souvenu que si on change quelques lettres à « poulet » ça fait « gardien de la Paix ».

 

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87 réflexions au sujet de « L’homme qui voulait être aimé. »

  1. Darlinguette

    Très beau moment de vie ! Dire qu’à une époque , bien lointaine , les gens aimaient leur police, la respectaient, reconnaissaient l’importance de son travail ! Comment en est-on arrivé à les insulter, alors qu’ils sont là pour nous protéger ? Ne pas être fier d’être policier, ou gendarme, quelle tristesse ! Et je ne parle pas des enfants qui ont honte de dire ce que fait leur papa ou leur maman …

  2. Ollia

    Je suis compagne de gendarme. Alors oui, les crétins, dans ce métier, yen a. Mais comme partout, j’ai envie de dire. Ce sont ceux que vous maudissez quand ils vous collent une prune. Que vous insultez parfois…Mais qui viennent à 4h du mat aussi vous aider parce que votre voisine a décidé de vous péter la tronche à coup de bouteilles de bière. Qui ne sont pas les plus heureux quand ils vous annoncent des terribles nouvelles au téléphone ou au seuil de votre porte. Qui ne font pas ce métier pour vous faire suer, ou alimenter les caisses de l’Etat…ils font ça parce qu’ils ont envie de se sentir utile, faire en sorte que vous dormiez le soir sur vos deux oreilles, et les pompiers, pareil. Vous verriez le parcours pour porter ces uniformes, faites le, et après on en reparle. Tenir une arme, affronter un danger, les cocktails molotof, ça n’a rien d’une partie de plaisir. Pensez y…Merci docteur, d’avoir remis un peu d’humanité dans cette profession si décriée, que je côtoie de près, de très près donc.

  3. Mamzelle B.

    Bonsoir !
    Fille de militaire, j’ai entendu toute mon enfance des réflexions à la noix (et si on change des lettres ça fait « à la c… ») du genre « Il fait ça pour tuer de gens » ou, quand il est parti au Liban ou au Kosovo à une époque où c’était plus que risqué, « De toutes façons, s’il crève et ben il est payé pour ça ». Sans compter ceux qui étaient persuadés que nous ne payions pas de loyer ou de factures d’énergie.
    Aujourd’hui, je suis prof et j’entends les mêmes abrutis cracher sur mon métier en m’accusant de ne bosser que 6 mois par an, d’avoir une paye de ministre, tout ça pour ne rien faire évidemment ! Je comprends cet homme et sa lassitude : c’est clair qu’il y a des métiers où il n’y a pas forcément de retour positif immédiat. Il y aussi les fois où on ne sait pas le bien qu’on a fait, où on n’assiste pas aux déclarations de gratitude des gens qu’on a aidés. J’espère que cet agent aura reçu depuis un peu de baume au coeur, peut-être d’ailleurs grâce à vous, Dr B. Merci pour cette tranche d’âme.

  4. Muriel G

    Mon cousin était gardien de la paix, bac de nuit comme votre gars. Aujourd’hui il est à la retraite. Il a survécu non sans mal. Il aime les gens. Profondément. Au point de savoir qu’il aurait pu y laisser la vie. Il vous aurait aussi laissé une boîte de chocolat. Et il vous aimerait beaucoup.

  5. annaick

    Les personnes qui crititquent le plus les forces de l’ordre sont ceux qui pleurent les premiers dès qu’il leur arrive quelque chose ! (Voir Gainsbourg qui n’hésitait pas à les crtitiquer mais qui a été bien content de les trouver quand sa fille a été menacée !!!) On fait des appels de phare aux voitures arrivant en face si on croise un barrage, sans penser que le barrage est peut-être là suite à un braquage, à des violences ou pire, à un enlèvement d’enfant !!! Et ce sont les premiers étonnés que les policiers n’aient pas plus de succès dans leurs recherches !!! Les gens sont cons dans l’ensemble !!!! (et dans le particuier aussi !)
    Bibi, vous avez eu une réaction magnifique, vous êtes une belle âme !

  6. Biscotte

    Très bonne tactique, les chocolats ! C’est vraiment le truc passe-partout qui marche toujours. C’est avec ça que j’ai apprivoisé les secrétaires de la fac, qui se sont mis à m’accueillir avec le sourire et pas en râlant.

    Je suis heureuse de lire cette histoire, parce que récemment je suis allée voir un médecin avec le moral dans les chaussettes (en mauvaise santé, mais c’était avant tout dû au divorce de mes parents qui me plombe). C’était une remplaçante, elle m’a dit de ne pas hésiter à revenir, même si ce n’était que pour parler. Je suis ressortie sans ordonnance mais j’allais mieux. Je ne sais pas s’ils s’en rendent tous compte, ces médecins qui prennent le temps de papoter pendant les examens, mais ces quelques minutes d’attention, ces sourires, ce contact humain tout simple peut vraiment faire des miracles. Pour moi, c’est ce qui m’a fait remonter la pente et m’a permis de reprendre les choses en main. En plus, c’est vachement moins cher que plusieurs séances chez le psy ou une ordonnance longue comme un jour sans sourire.

    Merci pour ces moments d’humanité.

  7. Soulalune

    Tu as dit ce que cet homme avait besoin d’entendre … tu as bien raison, on s’en contre fiche des mensonges quand ils font du bien … tu es sensible, c’est vrai, et c’est un signe de grande intelligence, aucunement un signe de faiblesse alors n’aies jamais honte d’être tel que tu es , car tu es quelqu’un de vraiment bien …
    Si mon fils avait vécu, j’aurais aimé qu’il te ressemble ♡

  8. dudichou

    hé bien, j’ai hâte de mentir aussi bien à mes patients, je veux dire j’ai vraiment hâte…
    signé : une interne en fin de cursus de médecine générale qui vient d’offrir ton livre à ses trois maîtres de stage généralistes !

  9. Suze Araignée

    Oui, bien sûr qu’on ne peut pas considérer qu’un type est un connard juste parce qu’il est policier. Ceci dit, qu’il y a plus de gens sympathisants du FN dans ce corps de métier, c’est un fait. Que la police est un instrument du pouvoir, c’est un fait aussi. J’ai aussi croisé des policiers qui se plaignaient de devoir faire appliquer des arrêtés municipaux tordus et dirigés contre les pauvres (comme l’interdiction de mendier en centre-ville), des policiers qui savaient bien que foutre les drogués en prison ne les a jamais aidé. N’empêche qu’il y en a aussi un paquet qui se préoccupent juste de faire du chiffre, en emmerdant les pauvres et les drogués, voire qui se persuadent que me fouiller en pleine rue et ne répondre à ma remarque qu’être fouillée par des hommes est gênant et illégal que pas un « ta gueule sale junkie », c’est bon pour la paix sociale.
    Oui, j’ai croisé des policiers utiles, réfléchis, intelligents, aidant même (comme cet officier de la Brigade des Mineurs et des Mœurs qui s’est occupé de mes plaintes). Ce n’étaient pas la majorité. La majorité ont laissé mon violeur s’approcher de moi alors que j’avais indiqué que j’en avais peur, l’ont laissé me poser des questions pour me déstabiliser, m’ont aussi posé des questions débiles qui n’avaient rien à foutre dans un tel contexte (comme pourquoi je travaillais pas, et pourquoi je marchais pieds nus. Oh les gars, vous voyez pas que je suis morte d’angoisse parce que je viens de faire arrêter mon bourreau et que c’est pas le moment ?), et cerise sur le gâteau, se sont improvisé juges et psychiatres en lui disant « vous inquiétez pas, on sait bien qu’elle est cinglée et que vous avez rien fait ». Ca aide pas à les aimer…
    Je crois qu’en fait, il y a un gros problème dans la façon dont on les recrute. Ces gens ont des armes, du pouvoir, et on laisse entrer des types comme le frère d’un ex, qui m’a sorti sans sourciller « les gens qui viennent d’Afrique, on devrait tous les envoyer à la chambre à gaz ». Comment avec ça la population peut aimer et avoir confiance en un groupe de gens dans lequel il y a de tels dangers publics, de tels fachos, de tels personnes absolument pas formées sur la réalité du viol ?

    1. Baptiste Beaulieu

      Chère Suze, votre commentaire me gène et représente, a minima, ce qui déconne dans cette société. La caricature, la généralisation d’un cas particulier à toute une population…
      Non, vraiment je n’aime pas votre commentaire…
      Mais je vous embrasse quand même. C’est bien de dire les choses…
      Prenez soin de vous,
      Baptiste Beaulieu

      1. Elemm

        Suze Araignée, je viens juste dire mes mots.
        Bibi tu sais combien je t’aime. Et je sais de quelle intelligence relationnelle et compassion humaine tu es capable.
        Suze n’est pas intolérante, Suze n’est pas anti-flics : Suze a vécu quelque chose d’abominable, et elle est pleine de trouille. Et ça se comprend.
        Suze pensait trouver une sécurité avec ces hommes en uniforme, elle a trouvé des hommes. Des inconscients, ou peut être des pervers, mais probablement juste des inconscients qui n’ont pas réalisé le mal qu’ils étaient en train de faire.
        Des inconscients qui n’ont pas vu qu’on n’était pas violée par choix, ni junkie d’ailleurs, et qu’aucun des deux n’est un tort.
        Alors Suze, je te demande pardon en tant qu’humain pour tous les inconscients. Et pour moi quand je le suis aussi. Trouve une oreille qui t’écoute, une épaule qui te soutienne, et si tu ne trouves pas, bats toi et cherche encore. Tu as droit au bonheur, qui que tu sois.
        Je t’embrasse. Et Bibi. Et même ces inconscients en leur souhaitant de devenir un peu plus conscients chaque jour.
        Et puis la vie … Voilà…

    2. Baptiste Beaulieu

      Commentaire d’un lecteur :

      Sappy BC
      Le truc qui est dommage, c’est que souvent, quand on tombe sur une ou deux personnes d’une certaine catégorie professionnelle qui jouent les cowboy/les indifférents/les clichés, dans un sens, hé bien on va catégoriser tout de suite tous leurs collègues sous cette étiquette là; c’est plus facile que d’aller creuser et voir l’individu derrière son uniforme. Attention, je ne dis pas qu’en réalité c’est un repère de bisounours non plus.
      Mais il faut de tout pour faire un monde, et de même, il y a de tout dans les différentes professions.

    3. Biscotte

      Des sympathisants FN, on en croise aussi de plus en plus chez les agriculteurs, les ouvriers, les cadres, les chômeurs, les habitants des banlieues, des centres-villes et des campagnes. On en trouve de plus en plus chez les membres de la CGT, chez les patrons et les artisans. En fait, on en trouve de plus en plus en France. Ce ne sont pas tous des gens méchants ou infréquentables, juste des gens qui se disent que de toute façon, ça ne pourra pas être pire. Un peu comme ceux qui prennent leur élan pour sauter un ravin infranchissable, en se disant « qui ne tente rien n’a rien ».

      On a tendance à faire plus confiances aux siens (famille, amis, collègues, sympathisants du même courant politique ou philosophique, coreligionnaires…) qu’au étrangers ou aux « opposants ». C’est instinctif. Un policier lambda sera plus porté à croire un de ses collègues qu’une personne qui vient d’être arrêtée ou qui est contrôlée. En lisant le même récit d’une manifestation qui a mal tourné, un tel croira plus facilement que ce sont les manifestants qui ont commencé, d’autres accuseront les policiers d’avoir déclenché la bagarre.

      Hélas, des gens formés à la réalité du viol, il y en a trop peu ( la plupart des gens ne connaissent même pas les chiffres), y compris chez les policiers et les soignants. Beaucoup de policiers sont de même mal formés à l’usage des armes (tirant moins de 50 cartouches à l’entraînement chaque année), et c’est la catastrophe quand ils doivent s’en servir, puis quand ils se retrouvent face à des gens qui leur demandent pourquoi ils n’ont pas visé le genou ou l’épaule du type qui se précipitait sur eux (à moins d’être un tireur d’élite, c’est compliqué). Combien de personnes savent comment réagir face à un viol ?

      En suite, comme partout, il y a les vrais salopards, ceux qui abusent de la moindre parcelle de pouvoir, qu’il faut combattre sans relâche. On en trouve chez les policiers, les militaires, les médecins, les vendeurs de savates, des hommes comme des femmes. La méchanceté, la bêtise et l’ignorance sont la source de la plupart des maux.

      Je vous souhaite beaucoup de courage, et je vous souhaite de bien vous remettre de vos blessures et d’être entourée de personnes aimantes.

  10. Sven

    Je suis Fonctionnaire de Police depuis 7 ans maintenant. 7 ans que je me fais insulter tous les jours, que je me fais cracher dessus, que l’on me jette cailloux, boules de pétanques, pots de confiture ou autre joyeusetés du haut des tours, et ce de manière régulière. J’ai été blessé à plusieurs reprises. J’ai plusieurs fois fini mes journées à l’hôpital, sur une civière. J’ai vu des collègues se faire fracasser la tronche simplement parce qu’ils avaient le malheur de porter un uniforme.
    J’ai aussi vu des pompiers se faire caillasser alors qu’ils intervenaient pour porter secours. J’ai vu des militaires se faire insulter et braquer par des mecs équipés d’armes à feu parce qu’ils protégeaient des sites susceptibles d’être victimes d’attentats.
    J’ai vu plus d’horreur que n’importe quel citoyen lambda ne peut imaginer. J’ai « discuté » avec plus de cadavre que n’importe qui ne peut en voir dans les films le soir à la télé.
    J’ai vu des gars mourir juste devant moi sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour les sauver.
    J’ai vu des corps sans vie de collègues qui s’étaient suicidés alors que la veille j’avais travaillé avec eux et que rien ne laissait présager d’un tel geste.
    Et pourtant j’ai la chance d’exercer dans un secteur qui n’est pas un secteur sensible.
    Mais je me reconnais dans cette nouvelle.
    Parce que cette lassitude, cette détresse, c’est exactement ce que je ressens depuis bientôt 7 ans.
    Et je n’ai pu m’empecher de verser une larme en lisant ceci car je sais que nous sommes plusieurs dizaines de milliers à être dans la même situation.
    Merci pour votre écoute (ça parait peu, mais c’est quelque chose d’énorme malgré tout).
    Quand on sait que le simple fait d’avoir fait appel au samu pour aider une personne que l’on a extirpée d’un incendie m’a couté plus de 200€ de ma poche, car c’est la personne qui appelle qui est responsable pécuniairement, ça n’incite pas à aider son prochain…
    Mais on continue à le faire, car bien plus qu’une passion, ce métier est une drogue. Et on le fait jusqu’à l’overdose…
    Merci pour tout.
    Quant à Suze Araignée, un tel commentaire empli de haine, de préjugés sans fondements et de généralités, ça me donne juste la nausée…

    1. Loulou

      Sven, le commentaire de Suze Araignée ne m’a pas semblé plein de haine et de préjugés. Elle racontait ses mauvaises expériences.
      Vous en avez, vous, des mauvaises expériences ; vous ne pouvez pas nier que d’autres gens en aient. Et vous ne pouvez pas nier, non plus, que certains de vos collègues sont des abrutis dangereux, même si l’immense majorité d’entre eux est respectable et honnête.
      Bon courage. Tenez bon la barre…

    2. Suze Araignée

      En fait, quand j’écris quelque chose, c’est pas pour faire joli. Quand j’écris « bien sûr qu’on ne peut pas considérer qu’un type est un connard juste parce qu’il est policier » ou « j’ai aussi croisé des policiers qui se plaignaient de devoir faire appliquer des arrêtés municipaux tordus et dirigés contre les pauvres » ou « j’ai croisé des policiers utiles, réfléchis, intelligents, aidant même (comme cet officier de la Brigade des Mineurs et des Mœurs qui s’est occupé de mes plaintes) », c’est parce que c’est vrai : je les ai vraiment croisés (et donc j’ai parlé avec eux, je leur ai pas balancé des cailloux). Mais les autres dont je parle, je les ai vraiment croisés aussi.
      S’il y a bien quelqu’un qui n’est pas emplie de haine, c’est bien moi. De colère, parfois, et encore (si mon psy travaille à me faire exprimer mes légitimes colères, c’est parce que généralement, je suis plutôt trop gentille – genre mon violeur, pendant des années, je lui ouvrait ma porte et lui offrait le thé).

      Ce que je voulais dire, c’est qu’un pervers facho qui vend des savons, c’est une chose, mais qu’un pervers facho qui porte une arme et détient le pouvoir qui va avec son uniforme, ben oui, c’est autre chose, et c’est plus dangereux. Il y a donc un biais dans le recrutement (pas parce que tous les flics qu’on recrute seraient des connards, mais parce qu’on laisse passer de sacrés connards, ce qui ne devrait pas avoir lieu. Pourquoi on ne leur pose pas des questions sur leurs « idées » avant de les engager ? Et pourquoi on ne les forme pas un peu mieux à l’accueil des victimes d’agressions sexuelles ?).

      1. Cath

        Lors d’un recrutement dans la fonction publique, on ne pose pas des questions sur les idées des gens, sinon on a qu’à recruter directement dans les partis politiques au pouvoir… On essaiera cependant de voir comment peut réagir une personne dans des situations déstabilisantes. Mais il faut le reconnaître : il est très difficile d’identifier les  » cas », les gens qui ne sont pas adaptés. Il faut aussi admettre qu’il y a eu une évolution des mentalités, que c’est un travail lent, là comme ailleurs, que cela nécessite une attention de tous les instants de la part de tous les acteurs. Et il faut aussi savoir qu’une fois le recrutement effectué, il y a des stagiaires qui sont  » remerciés » parce que leur comportement est incompatible avec les fonctions. Si, et c’est toujours un choc pour les co-religionnaires parce que naïfs que nous sommes, on pense toujours que les gens de nos promos ont certaines  » valeurs » à coeur. Ou alors, faut vraiment que je parte à la retraite anticipée.
        Pour être franche, y a encore du boulot, mais je peux certifier qu’il y a du progrès, même si on dégringole la pente plus rapidement qu’on ne l’escalade ( La Palice [?] pas mort).
        Sortir la colère, c’est bien. Maîtriser l’expression, c’est encore mieux, et vous ne me faites pas l’impression d’être bien armée sur ce plan, du moins à l’écrit.

        1. Cath

          Oups !!! Alerte !!!!!
          Désolée Suze, je ne suis pas bien réveillée ce matin et j’ai écrit l’exact contraire de ce que je pensais : je voulais dire que  » vous me faites l’impression d’être bien armée pour l’expression écrite, même si vous étiez désarmée dans le vie « . C’est ma tablette qui biiiiip.
          Je suis navrée, et j’espère que vous lirez ceci tout de suite après le post du haut.

          1. Suze Araignée

            Oui, rassurez-vous, j’ai lu votre erratum tout de suite après l’erreur. J’avoue que sur le coup ça m’a fait un petit choc, me suis sentie atteinte dans mon âme de poète et écrivaine.

      2. aurel

        peut-etre parce qu avec les questions sur les idees, viendront celles sur leur religion, ou leur preference sexuelle…? (et ça aussi, c est la porte ouverte à encore moins de diversité donc de comprehension entre les gens)

        c est dur de vivre des situations traumatisantes, et encore plus dur dans ces cas là de ne pas tout juger ou evaluer à l aune de son vécu. prendre du recul, de quelque coté de la barriere qu on soi, c est compliqué 🙂

  11. Sofie

    On dit qu’il faut de tout pour faire un monde (qui, en fait, est l’anagramme de « Y’a des cons partout ») alors tâchons de ne pas généraliser. Et chaque corps de métier possède son lot d’abruti au même titre que dans chaque immeuble, il y a toujours le mec du 4ème-gauche qui est imbuvable…Et ça ne signifie pas que TOUS les voisins sont imbuvables! Et peut-être que le sus-dit voisin du 4ème, il est malheureux pour pleins de raisons qu’on ne connaît pas et que ceci explique cela.
    Quoi qu’il en soit, il y a malgré tout des métiers plus difficiles à gérer que d’autres et forcement victimes des à priori que nous avons sur eux. L’élève de 6ième qui doit remplir sa fiche de renseignements en début d’année scolaire et dont le papa et la maman sont respectivement équarrisseur et huissier de justice, il risque gros pendant les récrés!
    Et pourtant, on a besoin d’eux! Des flics, des caissières de supermarché, des vidangeurs de fosses septiques, des agents du trésor public, des dentistes, et derrière chaque uniforme bleu, blanc, ou orange, il y a aussi et surtout une personne en chair et en os.
    Merci Doc pour ce moment d’humanité.

  12. Michèle

    Mais si beaucoup de gens sont comme moi … on les aime les policiers ! les gendarmes ! on les aime ! Pour moi ils représentent la sécurité, ils sont là pour nous, j’ai une infinie reconnaissance pour eux.

    Bon sang comment leur faire savoir qu’on les aime ???? Va falloir que j’ouvre une page facebook pour le leur dire – si ça n’existe pas déjà ?

  13. Agnès

    Et bien sur, comme dans chaque profession, il y a les abrutis qui parlent et avancent sans trop réfléchir, et ceux comme l’un de mes amis, calme, bon et réfléchi, CRS le jour et écoutant à SOS AMITIÉ la nuit…
    Évitons les jugements trop hâtifs en tous domaines.
    Bises à tous
    PS j’ai fini ton 2me livre, Baptiste, et je n’ai pas relevé le défi. Pourtant, j’en avait fait des suppositions, mais tu penses, une telle fin, non.
    Il est beau, ton livre. Fais nous encore de beaux cadeaux comme cette lecture.
    Je ne regrette qu’une chose; ne pas t’avoir connu plus tôt.
    Grosses bises
    Agnes

  14. Cath

    Moi, ce qui me fait marrer, un peu, ce sont les truands et autres criminels en tous genres qui sont les premiers à rechercher la protection de la police ou des gendarmes.
    Eh oui.
    Et il faut aussi les écouter et leur porter assistance, parce que c’est le fondement même de notre démocratie, et le mérite de ceux qui répondent à l’appel.
    Et c’est vrai que même si il y a des crétins et des bas du front dans la profession, comme partout ailleurs, il faut reconnaître qu’on vit mieux que dans beaucoup de pays grâce à leur présence, à leur formation qui comprend aussi le respect de l’individu. J’ai eu l’occasion de comparer avec d’autres pays, j’ai eu l’occasion de parler avec les « pandores et les poulets » , de les voir à l’oeuvre, de travailler aussi avec eux et les regarder garder leur calme, alors que moi j’aurais foncé dans le tas. Alors oui, il y a des crétins, mais aussi des gens soucieux d’aider, et beaucoup plus qu’on ne le pense.

  15. Michel

    Bibi, Vous êtes gêné par ce qui caricature, généralise…
    vous disiez aussi que vous n’êtes contre rien, mais plutôt pour…
    J’avais, en effet, tant goûté votre livre et votre blog pour rapprocher à l’hopital des internes, des infirmières, des médecins, des malades et leurs proches.
    J’ai éprouvé une gêne semblable à la votre à l’occasion des lignes et commentaires :
    – sur « Charlie » en janvier,
    – sur les religions (m… dans la tête ) en février,
    – sur ceux qui devant une grossesse non-désirée éprouvent autre chose que votre sollicitude immédiate. en avril.

    Je voudrais n’avoir pas utilisé de mots blessants,
    et sinon, j’en demande pardon, d’autant que dans les 3 sujets ci dessus, j’ai été blessé et triste d’affrontements, caricatures et généralisations.
    J’envoie quand même… fragile espoir…

    1. Baptiste Beaulieu

      Michel, je dis des choses je me trompe beaucoup je souhaiterais être meilleur… On fait ce qu’on peut avec son ventre, son âme et son coeur.
      l’important c’est de parler sans se foutre sur la gueule et d’écouter l’autre. Dans le respect. Donc Sì je vous ai blessé, je vous demande de bien vouloir accepter mes excuses.
      Des bises !
      Baptiste Beaulieu

  16. Liberté

    C’est comme cela que l’on passe à coté de personnes intéressantes en oubliant qu’il y a un cœur qui bat, des sentiments, et une vie. A cause des préjugés.

    Cette histoire m’a fait pensé à une autre du même genre. Cette homme, je ne le connaissais pas. Mais pour les mêmes raisons que  » l’homme qui voulait être aimé « , elle mérite d’être racontée.

    Cette homme a 40 ans. 2 enfants. Il est policier. Le mardi, c’est son jour de repos. Sa femme travaille. C’est le jour des courses. C’est aussi le jour où les enfants ne vont pas en étude. Leur père vient les chercher dès que la classe est fini. A 16h.
    Le mardi matin, au petit déjeuné, c’est la même phrase « Papa viendra vous chercher à 16h ». Les enfants sont contents, moins de fatigue, plus de temps pour jouer. Puis sa femme part à son tour. Puis ce sont les courses.
    A 14h30, il part et rejoint la police. Plus précisément, au dépôt d’armes. Il croise quelques collègues. C’est son jour de repos, ça en étonne certains. Et ensuite, pourquoi pas ? Il peut voir ces collègues non ? Ils discutent. Du boulot. Du retour qu’ils en retirent. Pas beaucoup de remerciements. Quelques insultes. Beaucoup de préjugés. 15h. A y être, il retire son arme. ça en étonne certains. Et ensuite, pourquoi pas ? Ils le connaissent. Demain, il est de service.
    15h30, il rentre chez lui.
    16h. Il n’est jamais allé chercher ses enfants à l’école.

    ( C’est le premier commentaire que je fais et pourtant, je suis ce site depuis un moment. Merci pour ses histoires. )

  17. Poudevigne

    Dans les années 70 on parlait de Police-secours, il me semble que la sécurité c’est protéger secourir et parfois dissuader. Depuis quelques années le policier me semble brandi comme un épouvantail, son rôle deviendrait-il uniquement répressif? Comment peut-on ont organiser une profession en la présentant comme répressive? Pour moi il est inhumain d’employer quelqu’un à des tâches suscitant quasi uniquement l’antipathie. Il est normal d’être apprécié dans son travail, les tâches de secours et d’aide aux personnes me semblent pouvoir permettre aux policiers d’êtres appréciés. Mesdames et Messieurs les policiers et gendarmes, je vous prie d’agréer l’expression de mon respect.

  18. jeandem

    Bravo pour ton attitude et tes paroles vis à vis de ce patient. Cela me rappelle ce que tu as écrit que certains jours on est mauvais vils et méprisables et d’autres excellents et triomphants. Ce jour là était un bon jour. J’aimerais échanger avec toi un jour…peut être auras-tu l’occasion de venir dédicacer un livre à Quimper, à la librairie Ravy par exemple. Amitiés

  19. Now

    Je suis ce blog avec attention mais ne publie jamais… Aujourd’hui je me sens obligée de le faire, oh j’ai longtemps hésité avant…mais il faut que je le fasse.

    Ces « poulets », ces policiers, je les connais bien, pour avoir travaillé avec eux.

    Ce ne sont pas des héros, non. Ce sont juste des hommes, qui ont cru un instant qu’à leur échelle ils pourraient changer le monde. Apporter quelque chose aux gens.

    Et puis, ils se font broyer par le système, entre une justice qui frustre, une hiérarchie qui écrase et des gens qui insultent, violentent ou simplement méprisent leur travail. Bien sur il y a des gens qui les respectent, qui se rendent compte qu’ils ont vraiment quelque chose à donner, mais ceux là sont malheureusement les plus discrets…

    Ces « bons » policiers, ceux là, les vrais, les dévoués…ils se font tous broyer par la machine, tous.

    J’ai beaucoup aimé la métaphore du gardien de la paix qui a posté plus haut, « ce métier est une drogue et on le fait jusqu’à l’overdose », c’est tellement parlant, tellement réaliste…

    J’ai mal pour eux, mal de ne pouvoir rien faire, mal de voir tout ce qu’ils sacrifient pour ce boulot… Alors voilà (si tu permets, Baptiste), si vous croisez un policier n’hésitez pas à le remercier, ils en ont besoin, je veux dire….ils en ont vraiment besoin.

    1. http://www./

      , even though you know it's going to come at some point, it does not make it any easier. And two memorials in a row would be emotional overload. I'll keep you in my prayers. Best to you and your family!

  20. Isabelle C.

    je les aime bcp ces gendarmes !
    et je ne comprends pas les personnes qui ne les aiment pas … si on a une amende, c’est qu’on l’a méritée. Donc c’est à soi même qu’il faut en vouloir, s’il y a des lois, des règles, c’est pour une raison ! et il faut les respecter.

    j’ai eu affaire à la gendarmerie pour la disparition de mon fils !
    et bah, je les remercie, car ils l’ont retrouvé, lui et son copain, perdus dans la forêt ….
    et on a beau dire, quand on a besoin d’eux, ils sont là rapidement !
    tout comme les médecins aux urgences !
    ils savent les urgences vitales,et les moins … quand on nous sauve la vie, on est content qu’il l’ont fait , et on peut de nouveau vivre.

    merci à toutes ces personnes ! gendarmes, pompiers, et soignant, d’être là pour nous

  21. marie

    Deux fois il m’est arrivé de débarquer dans des gendarmeries et de demander au peintre ou au tapissier entrain de rénover les locaux, je voudrais voir le gendarme Untel , « ah bein c’est moi ! » « ah ! »; ah bein wouhai parce qu’ en plus d’être « traiter », ils travaillent dans des bureaux d’un autre âge. A vingt ans je disais « CRS SS Poulagat gaga », je fumais des pétards et je ne voulais surtout pas être fonctionnaire, surtout pas !!!!!!! et maintenant je bosse des fois avec eux et je fais respecter la loi en étant fonctionnaire ; rhôôôô !!!!! Honte à toi qui a renier tes idéaux de bergère du Larzac ! scélérate impie bouffeuse d’impôt planquée de la république !!!!! pourvoyeuse de la parole du pouvoir, et bein non parce que tout compte fait quand on est dans la machine on a plus de facilité à modifier la machine . Mon leitmotiv « faire tomber les ripoux des deux cotés !! » et y’a du taf, ok faut avoir les nerfs solides parce que la machine est sacrément bien huilée pour arrondir les angles et planquer les ripoux et que les trafiquants et autres présumés innocents ont de la suite dans les idées !!!!!
    Quand j’ai besoin des gardiens de la Paix c’est que c’est va être chaud, chaud ça veut dire qu’en face y’a un fauve, homme ou femme prêt a péter un câble …à la différence qu’on ne sait pas de quoi le câble retourne !!!! des crises d’hystérie au fusil…..avec tout le panel entre les deux. Les insultes après 30 et quelques années puisqu’elles ne m’ont pas aigrie ou tuée me laissent de marbre et pendant que la furie vocifère, dans ma tête je me dis « ah celle là on ne me l’avait pas encore dite »
    Des témoignages comme celui de Sven ou de Liberté et bien sûr l’histoire de ce policier me parlent graves, quand on voit l’envers du décors, qu’on a les mains dans le cambouis, qu’on ai confronté chaque jour à la misère psychique, économique et sociétale, qu’on traine dans les bas fonds il faut être une incorrigible optimiste, lire Pierre Rabhi , être une acharnée de « l’homme est bon » tout en sachant qu’un rien peut le corrompre. Et puis aller voir son toubib à temps pour ne pas faire la grosse bêtise ! .Il y an a encore beaucoup trop qui tirent sur la corde du « je vais y arrivé » et qui ne reviendront jamais .

  22. Julie

    Ah, c’est vraiment bien de nous montrer à quel point d’autres professions souffrent de clichés, préjugés, violences… et de nous permettre en retour de leur dire qu’il n’y a pas que des personnes agressives à leur égard. Nous permettre de leur dire qu’on ne tombe pas tous dans la généralisation. Et nous permettre de leur dire merci. Moi aussi j’ai des imbéciles dans ma profession, il y en a partout mais leur impact n’est pas le même dans chaque corps de métier (j’ai moins de risque de me faire caillasser par exemple).
    J’espère vraiment que gendarmes, policiers, militaires, etc. liront cette histoire et ces commentaires. Et que ça leur fera du bien.
    Maintenant à nous de leur montrer, dans la vie de tous les jours, qu’on est reconnaissant pour ce qu’ils font. Commencer par un sourire et un merci, c’est à la portée de tout le monde. (Apparemment les viennoiseries ça marche bien aussi 🙂 Comme les chocolats !)Je n’imaginais pas à quel point cette profession pouvait être en souffrance. Je le savais pourtant… merci de me l’avoir rappelé.
    Mesdames et Messieurs: Merci !

  23. Cath

    Tout le monde connaît la chanson du grand George  » au marché de Brive la Gaillarde… »,
    http://youtu.be/KzmnDy7zzDw
    et je ne me suis guère privée de la chanter avec délices devant quelques pandores amis ( qui la connaissaient itou).
    Mais le grand Georges a aussi chanté  » l’épave ».
    http://youtu.be/4mvNmmQuDJs

    Les 2 derniers couplets surtout…
    Le r’présentant d’la loi vint, d’un pas débonnaire
    Sitôt qu’il m’aperçut il s’écria  » tonnerre !
    On est en plein hiver et si vous vous geliez ! »
    Et, de peur aue j’n’attrape une fluxion d’poitrine
    Le bougre, il me couvrit avec sa pèlerine.
    Ça n’fait rien, il y’a des flics bien singuliers…

    Et depuis ce jour-là, moi, le fier, le bravache,
    Moi, dont le cri. De guerr’ fut toujours  » mort aux vaches »
    Plus une seule fois je n’ai pu le brailler.
    J’essaye bien encor, mais ma langue honteuse
    Retombe lourdement dans ma bouche pâteuse.
    Ça n’fait rien, nous vivons un temps bien singulier…

  24. josecile

    Ranger les gens dans des cases, c’est un peu facile, et décider que tout poulet est un connard, tout maton un salopard, etc… un raccourci dangereux mais très en vogue.
    Et j’en sais quelque chose depuis 20 ans que je travaille pour la grande dame Pénitentiaire et que je partage mon quotidien avec un de ceux qu’on appelle « maton », et qui se font cracher dessus, insulter, menacer, agresser… Et dont on dit que c’est normal, parce qu’ils font un métier de m…, et que donc faut pas se plaindre.
    Si chacun voulait bien voir l’humain derrière l’uniforme, et non le cliché, peut-être qu’on avancerait.
    En tout cas Baptiste, merci pour ce blog que je lis régulièrement sans le commenter parce que je ne sais pas vraiment si j’ai légitimité à le faire, mais aujourd’hui c’est l’intérieur de moi et de ma vie de couple qui réagit. Alors merci aussi pour ta réaction , parce que des fois il suffit d’un tout petit rien pour que les choses prennent une couleur qui plait.

  25. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Les policiers vont mal, les gendarmes vont mal, les profs vont mal, les gens vont mal …… en fait je crois que c’est notre société qui va mal. Merci de ton humanité, Baptiste qui nous fait croire que des jours meilleurs sont possibles. Une seule condition ? que nous soyons tous meilleurs !!!
    la bise

  26. pskl

    Docteur B dis à ton patient que le 11 janvier, quand on a applaudi les forces de police sur les toits du boulevard Voltaire, c’est lui aussi qu’on a applaudi. Que depuis ce jour là je porte un autre regard sur les forces de police dont le job n’est pas simplement de mettre des PV. je pense aussi à ces deux OPJ de permanence un soir à 20 h qui venait de finir leur service mais ont accepté de recevoir ma plainte pour un vol alors qu’elles bossaient depuis 6 h du matin et avec le sourire ! Je peux te dire que je les ai remerciées très longuement.

  27. Laz

    Moi j’aime les flics. Vraiment. Tellement que j’aurais voulu entrer dans la police un jour, avant que ma vie prenne un autre chemin. Je les respecte, les poulets, les barbouzes, les miloufs.

    J’ai plaisanté avec les policiers quand je suis allée faire mon passeport. Et aussi quand j’ai accompagnée ma grand-mère pour qu’elle signale un tapage nocturne récurent – et on les a même invité à prendre le café s’ils passaient à la fin de leur ronde, parce qu’ils avaient été à l’écoute. Je leur dis même « merci » quand ils se décalent pour me laisser passer en moto sur la rocade (alors que rien ne les y oblige) – ou quand je croise une paire de policiers à moto, et que je suis en moto, je les salue (ça passe plus facilement le bonjour motard…)

    Les gens oublient souvent la vocation… Et que les PV, ça ne les amuse pas plus que nous à mon humble avis… Moi aussi à votre place, j’aurais menti. Pour le remonter un peu le moral.

  28. Hervé CRUCHANT

    Le petit père faisait partie de la bande. On l’appelait tous « Momo » . C’était plus pratique, parce que son vrai nom de l’Assistance, c’était un truc comme « Maurice Bienaimé de Mauduit de la Futaye ». Du nom du cavalier qui l’avait trouvé par terre en faisant un tour à cheval dans la forêt de Maideux et qu’était descendu de la bête pour pisser un coup.
    Momo avait été abandonné par sa mère comme une vieille merde de chien sur le bord d’un fossé. Pas de père. Tu parles qu’on connaissait pas son père; en neuf mois, il avait du en tailler de la route et en boire des mousses, le fort niqueur.
    Une fois on avait décidé de faire un pow-wow avec le gang de la rue Michel, qu’est plus près de la campagne que nous, pour » harmoniser nos vocabulaires et ainsi renforcer nos échanges » avait dit l’assistant social du quartier. C’était pas con. Faut dire que certaines expressions courantes pour les uns pouvaient être prises comme des insultes par les autres. Tiens, un exempe : de notre côté, la tradition voulait qu’on dise souvent « ‘kûlé ! » en appuyant simultanément sur la première syllabe et sur nos couilles à travers le jean. Çà me semblait bien sans poser de problème. Comme signe de ralliement, le « hougue » des Sioux, pour imposer le respect, quoi. Parce que nous, on se mettaient pas des plumes dans le cul pour chasser la biche dans la supérette. Les autres de la campagne, c’était plutôt « Yôh! … fils de pute ! » qui était leur guy-mique. Çà le faisait, c’est sur, mais moins bien, je trouve.
    Momo, il avait l’air d’un élève de quatrième de rattrapage; ouais; tout ptit tout chétif; il savait pas ce que c’était qu’un peigne. Il s’intéressait à tout; Momo. Tu pouvais pas le niquer comme çà, avec une question ou une autre. Je suis sur qu’à la télé, au jeu où tu veux gagner du pognon, il aurait embarqué le jacques pote. Mais ils aiment pas inviter les pauvres qui ont l’air abruti, à la télé. Les locdus, ils préfèrent les habiller tout neuf et les foutre derrière des bureaux à nous raconter des conneries au journal télévisé.
    Momo, c’était un copain super gentil et super pour tout. Dans des cas où on arrivait à s’emmerder grave et qu’on savait pas quoi faire, on pouvait des fois l’entendre raconter une histoire qu’il iventait comme çà venait. Comme si t’avais allumé ton transistor et que t’étais tombé sur une radio bagout qu’arrête pas de dégoiser des trucs sur le monde des autres.
    Momo, il s’intéressait à tout, aussi, mais vraiment aux arbres génétiques. Peut-être que son nom d’artiste lui avait monté à la tête. Personne n’a jamais su. Je vais te dire un truc: la première fois que Momo a rencontré la bande des autres, ceux de la campagne, on a entendu un truc comme çà :
    Momo : « — salut, les gars ! kulé ! t’as vu les autres relous du quartier des Vaches ? » (allusion trop longue à expliquer; il s’agit d’affaires privées tombées du camion de La Redoute).
    L’autre, en reprenant le geste de bienvenue de Momo qui consiste à vérifier le lest entre-cuisses: « — Oh, Fils de Pute, çà va toâh ? »…
    Il y a eu un temps et puis on a entendu Momo dire, au milieu du silence, d’une voix émue pleine d’espoir : — Kulé ! alors, tu sais qui c’est ma mère ?…. »
    On a été vachement tristes, tous. On savait pas vraiment pourquoi. Mais on étaient vraiment tristes pendant un moment.

    Tout çà pour dire que la vie, c’est une confusion totale. Imagines une histoire où un flic rencontre un toubib, par exemple. Ouais, j’invente. Çà doit pas se voir souvent parce que les flics et les toubibs, c’est tous des malades. Doivent bouffer ensemble et échanger leurs meufs; pas besoin de prendre rencards ! Enfin, bon, je suppose. Me coupe pas tout le temps ! Le flic il va dire qu’il est pas bien parce que sa femme l’emmerde et que les autres comme toi et moi on le traite tout le temps d’enculé alors que c’est même pas vrai. Lui, il dit qu’il est gentil et qu’il aimerait bien qu’on lui dise comme au docteur derrière son bureau de pédé « merci docteur ! » alors qu’il vient de lui griffer vingt cinq balles ou plus et qu’on le prenne pour le père Di Falco. Ouais. Alors, le toubib il dit au flic que pour sa femme il peut rien faire; il la rencontre souvent quand l’autre este en patrouille et il sait qu’on ne peut rien faire avec elle de ce genre. Mais pour le coup du prélat, il aurait du entrer dans les ordres. Ou alors, maintenant qu’il est en bleu, expliquer au peuple que la police, c’est fait pour aider.
    Le flic, lui, il va dire : oui, çà serait bonnard mais on lui a dit, ses chefs, qu’il était gardien de la paix. Que les autres ne pensaient qu’à une chose : mentir et devenir extrèmistes de n’importe quoi au lieu de rester comme on leur dit. Que c’est des terroristes en puissance et qu’il faut faire gaffe très gaffe à eux…. Tu vois, le toubib, lui, on lui a dit qu’il fallait se faire chier dix ans à apprendre le nom de tout ce qu’il y a dans un corumin; alors, seulement, il pourra écouter les vieilles qui viennent le voir pour se faire ausculter la caisse et fantasmer sur les yeux du malin ! et refiler une ordonnance parce que çà aide à guerir de rien quand on est pas malade de tout. Je me comprends. Attends !! J’arrive à la fin. Si môssieu !… T’avoueras qu’il y a confusions. Lev flic doit faire le toubib des branques qui foutent le bordel dans la rue alors que le toubib doit foutre le flic à la rue parce que ce qu’il lui dit est un vrai bordel !!! Tu m’étonnes qu’ils se retrouvent au bistro après çà pour s’en enfiler une bien fraîche !

    Moi, j’ai lu y a pas longtemps une histoire inventée où le toubib il fait même pas payer le flic. Et où le flic il rentre chez lui après boire et prend une prune par un collègue pour état d’ivresse. Tu te dis qu’il va se la faire sauter ? Tu cois pas qu’il aurait mieux fait de venir avec nous dans la bande ? Là au moins, il aurait gardé la paix et se les aurait fait sauter -à la main- les prunes!… On nous dit rien. On nous raconte que des conneries ! Kulés !

  29. jo

    Ça peut sembler anodin, une oreille attentive et une parole de compassion sincère. Mais ce policier dans ton cabinet, peut être bien que tu lui as sauvé la peau juste en lui rappelant à quel point ceux qu’il a aidés peuvent lui être reconnaissants sans jamais le lui avoir dit. Il faut être particulièrement tendres avec ceux qui, de par leur métier, ont les moyens de donner la mort. Pour tout autre, une tentative de suicide pourrait être une simple tentative, un appel au secours, avec peut être à la clé une 2e chance et un nouveau départ. Mais pour celui qui sait tuer, pas de tentative. Et rarement d’échec aussi.

  30. Julie

    Je voulais juste rappeler la devise du métier ô combien difficile que ces hommes et ces femmes exercent jour après jour
    « ils veillent pour la patrie »
    Voilà, tout est dit.
    de la part d’une petite demoiselle qui elle aussi va bientôt veiller

      1. Julie

        Normalement oui, je devrais bientôt entrer en école
        je n’ai pas pu m’empêcher d’aller regarder les blogs que tu as recommandé… 🙂

        1. Libellule

          Bravo !
          La vieille dame aux yeux bleu glacier perdue dans son monde va te regretter, les autres aussi, mais tu rencontreras d’autres gens. 🙂
          (je n’ai pas recommandé ces blogs, j’ai juste répondu aux gens qui souhaitaient lire des blogs de policiers que ça existait…)

          1. Julie

            Ah ah ! Libellule, mais non moi je reste avec la dame aux yeux bleu glacier et les autres !
            Par contre, pleins d’encouragements à Julie, mon homonyme, qui s’apprête donc à veiller. 😉
            Bises à tous et à toutes !

          2. Libellule

            Mes yeux à facettes m’auront encore joué des tours !!!
            Mes excuses pour la confusion 🙁 , je pensais qu’il ne pouvait pas y avoir d’homonymes. Et les changements d’avatar ou de symbole ne m’ont pas perturbée, sachant que certain(e)s subissent des changement à chaque fois qu’ils passent d’une tablette à un ordinateur pour se connecter.

          3. Julie

            à Julie qui reste avec la dame aux yeux bleu glacier: un grand merci pour tes encouragements ! Ils me seront bien nécessaire à l’avenir 🙂
            à Libellule: merci pour tes félicitations, elles me font très plaisir 🙂

  31. MissNiet

    Moi je suis plus nuancée. Je crois que comme pour tous, l’habit ne fait pas le moine. J’ai choisi mes soignants avec soin (n’est ce pas ironique ?), mais les forces de l’ordre, je ne les choisis pas. Ce sont plutôt eux qui viennent à moi. Alors comme avec les autres, je suis sur la réserve.
    Je me suis jamais agacée pour un PV (le dernier en date pour un pneu dont j’avais négligé l’entretien et était en piteux état). D’ailleurs mes PV je les ai un peu méritée. Et quand on m’arrête je souris, parce que l’agent fait son travail et que je me dis que des sourires il doit pas en avoir beaucoup.
    Et une fois, on m’arrête, je souris, j’assume ma bêtise et là on me parle mal, on me lance des piques, et on se fout ouvertement de nos gueules à moi et mes passagers.
    Et des fois j’ai des copains un peu ivres qui font les idiots dans la rue. Et l’un d’eux ne fera plus de sport parce que celui qui l’a arrêté a un peu trop joué au cowboy. Mais qui va quand même essayer de les rejoindre après avoir guérit de sa mésaventure.
    Finalement, il doit y avoir un espoir de réconciliation 🙂

  32. Hervé CRUCHANT

    Alors, là, les filles, vous me faites un bien fou. Si ! Toutes celles qui sont ou vont être dans la Police par n’importe quel endroit. Et c’est -encore- MissNiet qui m’a déclenché l’azertite.
    Tout sec : je n’aime pas la Police. Je n’aime pas les Lois et la Justice. Je n’aime pas « LA ». Et vous, chlak ! vous êtes tombées dedans, les belles ! vous avez compris « il ne nous aime pas ». Gna gna gna…. Tu sais ce que je pense ? C’est que ce sont des métiers d’extrémités. Quand donc fait-on appel à la loi ? Quand il y a conflit ou questionnement sur les limites d’un cas litigieux. On regarde ce que les balèzes ont cogité, discuté, amendé et voté et hop! genaralement c’est pas çà mais çà aide bien. Le toubib, lui, il a bossé une chiée d’années et il consulte des fois son Vidal (fais gaffe, si c’est le Dalloz, t’as intérêt à te méfier grave!) et marde ! c’est pas çà. Mais çà aide à bouffer des chocolats offert le lendemain. Des fois. Les policières (et les siers aussi) gardent la paix ou l’ordre ou les deux. Et vont dans la rue pour empècher des mecs qui sont pas contents d’autres mecs qui restent chez eux mais foutent le bordel dans les ménages de troubler l’ordre; et si ceux qui défilent devant les gardiens de la paix s’adressent à eux en disant « foutez nous la paix », les gardiens sautent dessus et mènent des actions de guerre -des fois- au titre de la paix. Alors tous se retouvent chez le toubib qui consulte -des fois- son Vidal (et que si c’est le Dalloz, là, il aurait peut-être bien raison de le faire). Mais alors il bouffe rarement des chocolats à la séance suivante.
    Ce monde est confus. Les militaires, les policiers et même les toubibs (enfin, les vrais, dedans il y a de mauvais chocolats; on sait jamais sur quoi on peut tomber) bossent pro patria. J’en ai fait un peu quand j’étais petit, du pro patria. Du vrai. Du genre zizikigrat’ quand c’était l’oas qui croyait avoir la plus grosse; et que c’était pas marrant d’avoir dix neuf ans et le droit de tuer, comme disait une patiente tout au-dessus. Il y a confusion des genres. Après? ben après j’ai servi mon pays aussi, d’une certaine façon. Il y a que les spéculateurs qui se servent pour eux-mêmes. Et je crois qu’il y a de mauvais mecs aussi : dans ceux qui se sucrent sans passer par le pro patria, par exemple.
    Bon. MissNiet, elle m’a incitée parce qu’elle dit, avec ce genre de lueur espiègle dans l’œîl qu’elle a du avoir et l’écrivant et que ne perdent jamais les filles : « Finalement, il doit y avoir un espoir de réconciliation. »(sic)
    Ah, la coquine ! Je n’ose lui demander si elle a souvent des ‘espoirs’ de la sorte et vers qui s’envole le message (« « L’homme qui voulait être aimé », est-ce celui que l’on croit ? » dit Untel), mais que cette reconciliation n’a jamais -jamais- été démolie autrement que par une société (la nôtre) qui croit que le souffle vital se mesure au taux de castagne entre les Gens. Ces mecs qui vivent de la bigorne des autres, des frictions des on-dits qu’ils ont forgé et se sont efforcés de colporter. Et quoi ? Et bien, de temps en temps, voilà que, pendant qu’on se chamaille, un de ces gredins là proclame quand « moi, Président » à ceux qui veulent un peu de fromage, « moi, la plus grosse » à ceux qui aiment les parts de tarte à la fraise; et se font élire à la faim de match. Epuisés -mais ravis ! (?)- les sujets de SM l’élu, car ils se font élire ! disent que c’est maintenant les chefs et que çà va chier ! ouais. « Que çà va chier ». Les journaliste peuvent en faire quinze jours sur dix pages ou dix minutes prime-time JT d’un truc pareil ! Alors, nous, après avoir fait cinquante ans de pro patria, on aurait aimé entendre : « les flics, c’est des pro patria qui aident les gens qui en ont besoin; comme les militaires, les toubibs et les pompiers. dorénavant, il y aura plus de chichoumeilles entre les citoyens et les gens que j’ai dit. Voilà. Si on leur fit « enculé »? il faudra en apporter des preuves. ce n’est pas si simple d’être enculé. et s’il le faut le juge tranchera ou, dans le cas d’espèce, fera appel au saint siège. qui ne pourra pas venir au tribunal en robe longue, c’est exact… »
    Mais quoi, douce damoiselle Niette, sont-ce là les propos entendus par les jeunes impétrantes nouvellement arrivées dans les locaux clairs et frais de nos instances pro patria vigilantes ? Que nenni !!! On leur parle de quotas, on leur dit « primo-arrivant » « pseudo-émigré » « shit » « crystal » « blanche » « krack » « louze »… et des tas d’initiales; des rendements; des affaires résolvables ou moins mais jamais non. carte syndicale…. waaahhhh… Tu te reconcilies ou tu rentre dans « LA » ?
    J’aime pas « LA ». J’aime ceux qui sont pro patria. D’après vous, les filles, on rigole en ce moment, mais… d’après vous, hein (c’est pas un sondage avec caméra pute cachée), d’après vous… il y en a encore beaucoup des pro patria qui sont restés conciliés ? Et pourquoi, quand j’ai affaire à « LA » et que je souris et dis que je suis un « concilié », je me retrouve en garde à vue ?
    Merde. Pas de réponse, ni dans le Vidal ni dans le Dalloz. Ni dans le Règlement Général à l’Usage des Armées. Ni dans les Dix de Nantes ou le Concile de Trente. Hure bis et Torre bis. Roux et Combaluzier. Manuel à l’Usage des Jeunes Filles à Marier. La Déclaration des Droits et Devoirs de l’Epouse de Monseigneur Poilotourd (imprimatur à venir)….
    Au lieu de se reconcilier, si on restait ensemble, en concile. Pour parler de nous, de notre façon de vivre cool et sympa. On virerait les cons du dessus et du dessous…on irait chez le toubib qui nous raconterait des histoires marrantes de son internat…
    Tout çà, c’est légal, au moins, hein ?

    1. marie

      utopiste vas! il faudrait débrancher les appareils qui nous disent à longueur de temps « bien » « pas bien » « fait pas ci, fais pas pas ça,à dada prout prout Cadet » ,un dutronisme d’avant t’as vu je cause Cruchant

      jadis dans les villages Indiens ou d’Afrique y’avait le conseil des Anciens , c’est peut quand ils ont disparus que les choses ont tourné vinaigre.

      YO!

      1. Anonyme

        Yo
        La sagesse quand tout le monde aura atteind la sagesse…….
        Je connais un monde merveilleux pas celui De oui oui
        celui de la fine ou la sagesse la sagesse elle existe
        Alors voila( la je te copie Baptiste mais c etait le moment ou jamais)
        Merci.
        Yo
        Aka

    2. MissNiet

      Cher Hervé, j’adore lire vos réponses, quelle verve et quelle passion du mot !!
      Venant d’une famille comptant de nombreux serviteurs de la patrie, du dehors des forces de ordre mais médecin, pharmacien, enseignant, chercheur depuis plusieurs génération l’altruisme et l’amour de ceux qui nous servent m’a été inculqué depuis le berceau !! Alors quand je parle d’espoir de réconciliation, je pense à ceux et celles qui comme moi, ont eu des mésaventures désagréables mais qui savent passer outre. Pour que Bibi disent à ses patients fdo qu’on est plus nombreux à les penser gentils que méchants. Que dans les non fdo c’est comme dans les fdo. Y a des gentils qui vont râler un peu (parce que c’est pas une bonne journée), des gentils qui vont être gentils, et des crétins qui vont les insulter. Parce qu’il y a une minorité de gens qui quelque soit l’habit qu’on leur colle reste dedans et dehors des méchants. Et je pèse mes mots en disant méchants. Parce qu’en GAV ils ont des morts pas claires. Et dans la rue les fdo pleurent les leurs. Dans les 2 cas, ce sont les bêtises d’une minorité qui en fait baver à la majorité.

      Les fdo ne devraient pas partir du principe que 3 jeunes dans la nuit sont des délinquants qui vont les agresser (même si on est gaillards !) et les malmener. De même que les jeunes qui insultent l’uniforme refusent de comprendre que derrière il y a le gars qui est un bon gars.

      Il faut que les fdo reprenne la communication, qu’on arrête de pas leur parler. Moi je suis pas fâchée, mais mon ours, si. Parce que quand tu tombes toujours sur les méchants tu deviens méfiant. Mais il a aussi peur des toubibs alors je l’amène à chaque fois. Parce que je me rappelle que derrière l’habit il y a la personne et que je peux parler avec elle, et je suis pas timide. Mais je comprend mieux maintenant, comment on en arrive à ce genre de situation.

  33. Hervé CRUCHANT

    @MissNiet. Ben ouais, tout est là. Avant, je dois te dire, vouvoyeuse, que ma famille a baigné dans le pro patria aussi. La moitié est morte sur les champs de batailles. Vaste débat…
    Mais ton texte, là, c’est juste, tiut simplement juste. Tu montres très bien que les loubards croient représenter une entité, une masse, un courant de réaction (à défaut de courant de pensée !) et surtout quand ils sont face aux « FdO » (« Forces de l’Ordre », pour ceux qui n’ont pas de traduction à l’oreillette). Evidemment, les dites FdO croient être des gens normaux alors qu’ils représentent, ces gens, une entité froide et extraordinairement impitaoyable qui est l’Etat.
    Belle et généreuse discussion que celle de « l’Etat dans la République », tu vois.
    Arrive vite fait l’idée de mission. Et oui, les FdO ont mission de… Et bien, çà veut dire quoi ? que l’Etat prime sur le citoyen à l’intérieur d’un espace qu’il définit (l’ordre de mission circonstancié) et avec des moyens qu’il a lui-même défini (Ministère de l’Intérieur). Où se trouve le citoyen « homme comme les autres » (ou femme, hein, déconnons pas) dans cette affaire. IL NE FAUT PAS que le citoyen apparaisse sous forme d’être humain. C’est un agent de l’Etat. D’accord ? Je plante un peu plus : quand j’ai mission de mettre ma BLU dans un bâtiment situé à telles coordonnées GPS situé à 500 km de là, j’appuie sur le contacteur en tant que … agent de l’Etat. Pas un père, une mère, de famille. Voilà. C’est comme çà ou c’est rien; ou autre chose.
    Quand je suis loubard en rage, en haine, contre l’Etat qui apparaît sous la forme de FdO, je suis un bloc de problème social (au sens sérieux du mot, pas de la compassion ou de la morale). Question : est-ce un bloc déshumanisé comme doivent l’être les FdO dans la pratique de leur mission? Non, bien entendu. Question : est-ce aux FdO de règler le pb social ? Oui dans l’instant. Non dans son origine. Oui, c’est évident. Non, parce qu’un tel problème ne surgit pas comme çà, d’un coup, à l’improviste. Or, la prévision des conséquences et effets collatéraux est de la responsabilité étatique -étatique- des hauts fonctionnaires et descdécideurs politiques, si possible élus, qui savent, eux, par formation et expérience, passer de l’intransigeance de l’état à la nuance et au discernement d’un citoyen humain.
    Ce problème est donc un cas de société. Pas du tout indémerdable. D’autres pays l’ont résolu. Mais restons ici. La seule vraie solution est d’éviter que les FdO deviennent des robocops et les loubards des émeutiers. Or, leurs revendications communes -il y en a plein, et sont largement majoritaires- sont de tenir compte de leur humanité; d’un côté comme de l’autre. En langage simple : « déconnez pas, les mecs, on est obligés de faire ce qu’on fait. Çà va mal finir et on veut pas. » disent les FdO ET les loubards.
    Et si on les faisait se rapprocher ? Voilà la vraie réponse. Il convient de rétablir la notion de classe sociale. Parce qu’une classe se considère comme un ensemble reconnu, accepté, légitime avec lequel on doit composer (ex.: le mEDEF ne réclame-t-il pas d’avoir PLUS de syndicats car sans eux, ils ne peuvent plus discuter et espérer faire passer leurs exigences, livrés à un gouvernement qui, par définition, est étranger?). Donc, revenir sur l’individualisme vendu par le libéralisme économique pour mieux vendre le mensonge de l’individu libre de ses choix. Là où certains magouilleurs politiques fabriquent des antagonismes, réhabiliter le dialogue social. Ce n’est pas un mot. Les FdO viennent de familles où l’on peut trouver, à la même table un midi, des loubards. Services publics renforcés parce que le public c’est l’Etat reconcilié avec ses citoyens. Police de proximité, FdO aux missions élargies hors du volet répressif. Urgence absolue de développer les idées multiples à l’intérieur de la République; mix des citoyens.
    Je vais loin parce que tout se tient. Service civique obligatoire et mixte, militaire ou non; mission confiée aux ministères concernés. Instruction civique obligatoire pour tous, mission donnée à l’EN et à l’Enseignement supérieur. Etc. En fait, redonner au pays à ses citoyens.
    Eviter absolument les décisions nécessaire et obligatoires sans avoir étudier les conséquences à terme, sociales, colatérales…etc. Supprimer tout de suite le principe de précaution tel qu’il est.
    En fait, une républication (!?) du pays.
    Pour finir, je dois préciser que je suis plutôt républicain et humaniste. Pas communiste ou extrémiste de droite. Le dialogue et les décisions communes me sembent préférables aux dictatures. Voilà. Ah, et puis l’utopie n’est pas un rêve irréalisable et fou mais un projet en devenir, qui n’a pu encore trouver de réalisation. Tu te rappelles de ta belle phrase : « Finalement, il doit y avoir un espoir de réconciliation » ? 🙂

    1. MissNiet

      Tout est dit !!!

      Je tenais le même discours hier, par rapport au français condamné à la peine capitale. Je dissertais des méthodes éducatives et des racines du mal de la répression systématique qui remplace le dialogue et entraine un cercle vicieux.

      Je m’explique un peu. Si je reprend l’exemple de mon pneu mal entretenu, c’est bien ma faute. La cause c’est que j’avais pas les sous pour le changer. Résultat, un PV de 90€ soit le prix du changement de pneu. Bilan, je galère à payer les 2. Au lieu de faire ça, si l’État avait genre un « garage d’État » il m’enverrait là-bas faire le changement de pneu, et même rajouterai une demi-journée de secrétariat là bas. Main d’oeuvre pas chère, les sous rentrent dans la caisse quand même, et moi dans le droit chemin.
      Une amende pecuniere c’est logique quand le délit a une valeur. Tu voles une voiture, au lieu de te mettre en tôle on te fait payer le prix de la voiture, les frais de justice et éventuellement on rajoute des TIG.
      Pour tout ce qui est violences non volontaires, stages en réa, et amende d’une partie des frais d’hôpital.

      Voilà. En France on ne sait que priver les gens de liberté. Et ce qui a conduit à la situation irrégulière (pauvreté, chômage, ennui, absence de formation) est alourdi par la marque du casier judiciaire et le super trou dans le CV. Donc on remet dehors des gens dans une situation pire qu’avant. Et on se montre surpris des taux de récidives.

      Bien sur, je ne parle pas ici de délinquants en col blanc, qui sont dans des prisons de luxe et ont un réseau leur permettant de surmonter la difficulté. Non, non, je parle bien de la petite délinquance de base, de celle qui est montrée à la TV, crache sur les forces de l’ordre et le système, et ramasse les condamnations.

    2. Cath

      Ben moi, à vous lire tous, je ne peux m’empêcher de penser à la BD  » CRS Détresse », ou les aventures du CRS Eugène Lacrymo et de sa brigade, ses « bavures », les manif et les manifestants, la famille et le fiston contestataire, etc… Fou rire garanti. A en chialer.
      Faut aussi aimer l’humour noir…
      C’est un commissaire de police, un vieux de la vieille qui me l’avait conseillée. D’après lui, le scénariste avait une taupe parmi les compagnies CRS, pas possible autrement : y avait trop de vécu, ce qui m’a toujours laissée rêveuse.
      Je vous la conseille comme BD 😉

  34. Cassandre

    Cher Baptiste, merci pour ton humanité. Ta réaction était juste et magnifique, c’était ton devoir moral et professionnel et comme toujours tu as su trouver la bonne réponse. Wahou tu es mon héros *_*

    Ce qui me met mal à l’aise…ce sont ces policiers, hommes en uniforme qui s’étonnent et s’offusquent qu’on puisse leur cracher dessus. Alors NON jamais la haine contre un individu n’est justifiable et je compatis a tous ces fonctionnaires blessés, qui revaient de changer le monde, de le rendre un peu meilleur et qui ne recoivent qu’ingratitude. Mais bon c’est bien beau de pleurer sur les conséquences mais si on ne regarde pas en face quelles sont les causes alors c’est juste de l’hypocrisie…
    L’individu policier n’est pas responsable mais l’institution policiere definitivement oui ! Comment continuer à aimer la police quand des hommes innocents se font descendre aux Etats Unis juste parce qu’ils sont noirs, quand un jeune homme recoit une grenade dans le dos parce qu’il defendait notre Terre a tous, quand des étudiants au Mexique se font enlever par des cartels avec la bénédiction des forces de l’ordre et tout recemment quand des gendarmes sont envoyés pour déverser des camions de merde sur un camps de Rroms (véridique : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/a-haubourdin-le-maire-fait-deverser-de-la-boue-sur-un-camp-de-roms_1672113.html) ?? Je m’interroge…
    Alors peut etre que tous ces hommes sont partis au front la mort dans l’ame, mais ils l’ont fait, ils ont obéi aux ordres, parce qu’ils avaient signé parce que dire non à ses supérieurs ce n’est pas vraiment possible…Mais nous sommes tous responsables de nos actes, et si dans le cadre de son job on laisse son libre arbitre au vestiaire pour enfiler son uniforme et accomplir sans reflechir des actes odieux il ne faut pas s’étonner de l’inanimité que ca déclenche en face. Action répressive – réaction violente !

    L’institution policiere va mal, elle a perdu ses valeurs et son humanité. Il n’est PAS NORMAL de se pointer au commissariat pour dénoncer un viol (déja le défi…) et de se faire traiter comme une criminelle ! Il n’est PAS NORMAL qu’un jeune militant soit condamné à 6mois de prison ferme pour s’etre déguisé en clown et avoir fait SEMBLANT de tirer avec un pistolet à eau sur des policiers (eh copain quand tu seras bien au chaud en prison dis toi que le policier qui a falsifié sa déclaration pour t’envoyer la ou tu es pleure surement seul le soir dans son lit !)
    Chers messieurs les policiers j’entends votre douleur mais vous entendez vous celle que vous déclenchez ou cautionnez ?? Il n’est pas de conséquence sans cause

    Je suis navrée de vous le dire, la Police n’est plus au service du peuple mais à la solde des puissants. Eh oui m^me en France !
    Alors NON, je le repete il n’est pas acceptable de lancer un pot de fleur sur un homme mais dénoncer l’Uniforme (et non insulter l’individu qui le porte) d’une Institution à la dérive, qui tue et réprime ceux la m^me qu’elle est sensée proteger me semble le devoir moral de chacun. Vous les premiers messieurs les Gardiens de la Paix !

    Quand vous vous tenez, complaisants au coté de milices fascisantes, m^me si cela vous brise le coeur et que vous obeissez contraints et forcés vous n’en etes pas moins complices !
    Assurement vous défendez la veuve et l’orphelin 6 jours par semaine, c’est tout à votre honneur et pour cela je vous remercie mais si le 7eme jour vous tabassez le sans papier eh ben c’est quand m^me pas bien !

    Comme dirait Luciole (https://www.youtube.com/watch?v=qYY9AWW6nE0) :
    Pose ton bouclier, prouve leur que tu existes
    Viens boire un café avec les Zadistes
    Quitte donc tes oeilleres ton poste et puis tes chaines
    Cette Terre qu’on défend est aussi la tienne

    Nan mais sérieux venez discuter avec nous peut etre qu’on pourra vous redonner le sourire comme l’a si bien fait Baptiste =)
    Peace et aimons nous tous ensemble

    (encore merci Baptiste et désolée si mon commentaire parait offensant ce n’était pas mon intention mais je ne pouvais pas me taire…)

    1. Cath

      S’il vous plait, ne pas perdre de vue que le système législatif américain (et anglo-saxon) est complètement différent du droit français, du code napoléonien. Ce qui fait que les excès et les dérapages que l’on voit aux USA sont malheureusement prévisibles, et que certaines forces de l’ordre n’en ont que le nom. Leur formation est également différente, complètement. On ne les enverra jamais à l’étranger pour donner -ou tenter de donner- une formation au maintien de la paix… Pensez-y. Il y a encore du boulot, je sais, mais c’est une réalité.
      Cela dit, je ne cautionne aucune bavure, et je ne défends que ce qui est défendable. Et la violence, d’où qu’elle vienne, n’est jamais que source de malheur.

      1. Darlinguette

        Merci Cath de faire remarquer les différences entre les différents États et le mode de fonctionnement de leur police . Ne comparons que ce qui peut l’être !

  35. Darlinguette

    NON , un gendarme ou un policier n’est pas là pour obéir aux ordres du  » peuple « , mais à ceux de ses supérieurs. J’ai bien lu les terribles exactions subies par de pauvres manifestants ..mais on parle peu pour pas dire pas du tout du rapport de ces manifestant à la loi : une manifestation qui devient le prétexte à du pillage, à du cassage de vitrines, à des voitures incendiées , à empêcher des agriculteurs d’accéder à leur terrain , à créer une zone de  » non -droit « , à du lancer de cocktail molotov etc … NON . On a tout à fait le droit de manifester un désaccord et de vouloir protéger la Terre, mais pacifiquement . Je suis heureuse d’être protégée par des gens dont c’est justement le métier : PROTEGER . J’ai effectivement un curieux rapport à la loi : je la respecte !

    1. MissNiet

      Quid des lois que l’on estime mauvaises ? Encore faut-il que la législation soit adéquate. Si nos grand mères n’avaient pas marché et protesté, aujourd’hui encore nous, femmes, ne voterions pas. Nous ne pourrions pas conduire, pas porter de pantalons, pas avoir de comptes en banque. Quand la loi n’est pas juste, quand l’État prend des décisions avec lesquelles nous sommes en désaccord, comment lutter autrement que par la manifestation, l’un des moyens les plus pacifiques pour se manifester ?
      D’ailleurs ceux qui cassent et qui dégradent sont rarement les mêmes partisans que ceux qui defilent.

      On peut respecter la loi et parfois y faire une entorse. Prendre une rue réservée aux riverains au milieu de la nuit est une entorse à la loi, mais est ce que le préjudice causé à la société justifie la sanction ? Et y a t’il vraiment un préjudice ? C’est là dessus que l’on peut débattre. La loi est la pour définir le préjudice et obtenir réparation de la part de celui qui le cause. Quand le préjudice n’est pas évident la sanction semble injuste.

      Respecter et faire respecter la loi est une intention louable, encore faut-il être d’accord avec elle. Ou comprendre la motivation derrière.

  36. Darlinguette

    Je suis la première à reconnaître que j’ai fait des entorses à la loi , mais j’ai aussi la lucidité de me dire que si je suis sanctionnée , c’est que je l’ai bien cherché .
    Bien d’accord aussi avec les manifestions PACIFIQUES .
    Il faut des règles pour que la vie en société soit acceptable et que ces règles soient respectées à défaut d’être comprises sinon , c’est l’anarchie !
    Pensez-vous vraiment être sanctionnée pour avoir pris une voie réservée aux riverains , sans être riverain ??? Souvent , ces voies sont à sens unique , donc il y a un panneau  » sens interdit  » avec en- dessous » sauf aux riverains « , auquel cas si vous êtes sanctionnée c’est pour avoir pris une voie de circulation alors que vous n’êtes pas dans le sens autorisé .

  37. Hervé CRUCHANT

    @MissNiet et Toutes lesa autres…. Je me ferai un peu Saint-Juste et un peu Robespierre. Pour de rire. Je me ferai le défenseur de « oui la loi si », « oui le vote si », « oui la police si », « oui les militaires si »…. Bon vous avez compris le « je » (!) c’est pour rire ai-je dit.
    Tout se tient et tout est suberdonné. Se tient par le « si » et subordonné à une constutution de la république. Je respecterai la loi de manière inconditionnelle si. Si elle est votée dans l’esprit de la législation de la république. Si elle est votée par des élus représentatifs et révocables. Si ces élus reçoivent les doléances du peuple et décident qu’il est nécessaire de promulguer une loi car elle fera avancer l’esprit républicain et consolidera les principes de la république : liberté égalité fraternité contenus dans le texte fondamental de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (inclus : déclaration de l’abolition des privilèges, texte de 1789 et de 1848 repris par l’ONU). Voilà pour les « si ».
    L’esprit de la République, la nôtre, dont nous sommes dépositaires et fiers (ouais, çà fait ringard et désuet, mais quand on signe ou s’engage moralement ou les deux ‘pro patria’, c’est bien de çà dont il s’agit), l’esprit, donc, est une éthique. C’est quoi çà ? Pour faire compliqué, c’est un paradigme; pour faire simple, c’est un art de vivre. Restons simples puisque nous sommes entre nous. Qui n’a pas été heureux, content, satisfait, que sais-je, d’avoir accompli une action bien rondement, bien proprement, sans haine et sans crainte dit le juriste…? Comme d’avoir écrit un texte qui-va-bien, fait un dessin, conduit son enfant jusqu’au but fixé, jusqu’à la guérison d’un premier vrai chagrin d’amour, jusqu’à comprendre pourquoi on ne doit pas tuer, supprimer la vie, etc… Bon, tout le monde voit. Ce n’est pas acquérir des images ou des miles pour aller rejoindre plus tard je ne sais quel barbu stellaire inventé, mais pour gagner un ou deux centimètres en marchant redressé. Parce que depuis que nous marchons debout nous sommes redevables de cette verticalité là. Et tout en haut il y a la tête ! et la certitude du sol, pour aller à la tête, passe par le cœur. Hômmm’ qu’i’ disaient, les anciens.
    Alors je m’arrête au feu rouge la nuit quand il y a personne. Je passe pour un con pour celui qui me voit. Je passe pour rien pour moi, puisque je suis arrêté (hop là! quel saut périlleux !). D’un voyage à Stockholm en auto (long et beau) j’ai retiré un souvenir. Il pleuvait vraiment beaucoup. Il me fallait traverser une large large avenue à pattes. Des suédois étaient en attente du ‘monsieur vert pour les piétons’; mon copain et moi, avisant l’absence totale de véhicules à l’horizon, un coup à gauche, un coup à droite, nous avons traversé. Seuls. C’était en 1968, je crois. Les regards et le mutisme de ces citoyens suédois me reste encore tellement dans la tête que j’observe la consigne désormais. C’est bête, hein? Ethique.
    Voilà pour l’esprit républicain qu’on appelle aussi « citoyen » mais que j’évite d’utiliser parce que, depuis qu’on fait des « citoyens d’honneur », çà coince. Comme la’mour, mis à toutes les sauces. Moins d’amour et plus de tendresse, je vous prie. Je me suis déjà exprimé antécédemment sur ce blog. Ah, et puis je n’emploie plus « ps » pour mes notes mais « nb », depuis la dernière élection présidentielle. Je ne sais pas pourquoi (menteur!).
    Pro patria, c’est entrer dans l’armure, changer de « soi » pour devenir « nous ». Et çà ne doit pas nous défriser…si. C’est ce « si » dont nous sommes responsables. Nous faisons -ou non- partie de la république. Nous observerons -ou non- tous les devoirs qu’elle nous demande d’observer -ou non. C’est notre choix. Mais je ne peux pas être un peu ci et un peu çà: ne pas voter parce que mon vote n’est pas retenu même s’il fait partie de la majorité, ce n’est pas in, c’est off. Par contre, le lendemain lundi, si je reçois un remboursement de SS, le perçois avant d’aller manifester contre l’allongement de la durée du travail, dire bonjour au voisin militaire mais gueuler contre les radras routiers, il y a dans mon attitude pas mal de contradictions. Loin de moi l’idée de vouloir lisser les citoyens et d’instaurer des pensées uniques. Justement non ! réfléchissons : l’attitude qui consiste à faire ce que je dis plus haut (non vote, tous pourris mais je profite, constat de l’abrogation des acquis sociaux républicains et des valeurs humaines mais je ne fais rien, démerdez-vous) est, justement, un tendance à la pensée unique. A une pensée unique dictée non pas par le bon sens populaire, comme on pourrait le dire, mais par ceux auxquels cette attitude profite: les fanas du pouvoir sur nous. Pouvoir politique, décisionnel, plus largement, une orientation vers leurs profits exclusifs de notre poiuvoir d’achat. En résumé, le « vous avez peur, hein, après ce que je vous ai dit…et c’est tout bien. Mais j’ai réfléchi -c’est mon rôle- j’ai une solution pour vous. Sigbez là ». Hop ! « niqué » comme dit mon petit neveu qui est sensible à tout !
    Distinguer homme-citoyen du citoyen-au turbin. Et pas sauter du zinc parce que je vais tuer des enfants innocents. Ou dire merde, il y a des gosses dans la manif’. C’est con. C’est la dure limite d’une société -la nôtre- que nous laissons un peu trop à une délégation -des délégations diverses- avec trop d’ingénuité. Rôle de la Police (je crois pas que la maxime ait changé en un demi-siècle : « Prévention-Education-Répression ». Et dans cet ordre, je vous prie ! C’est marrant, c’est comme Liberté-Egalité-Fraternité. Salut à toutes. Dans le sud toulousain fait mi-chèvre Michou, comme disait un gâh, couvert et lourd mais lumineux à donf. Balade et jog le long de Canal du Midi, çà vous dit? Allez, banco !

  38. Eulalie

    L’échange est riche.
    Sensible à tout humain derrière sa fonction.
    Alors en effet, le problème n’est pas l’humain mais ce que représente parfois la fonction. D’accord avec Hervé (et merci à l’homme et à sa plume) lorsqu’il parle de la « républication ».
    Comment communiquer sereinement si entre nous il y a ce mur contre lequel nous sommes parfois en opposition ? Que penser lorsque la « délégation » elle-même ne respecte pas les lois établies, mais gênée par celles-ci, publie de nouveaux arrêtés permettant de les modifier (publication d’arrêtés portant dérogation sur la préservation de l’eau et de la biodiversité : http://zad.nadir.org/spip.php?article2080). Douloureuse injustice. Nous devons alors respecter des lois imposées par certains pour leur propre profit :/ ? Comment se sentir alors citoyen respecté en tant que participant à la cité ?
    Bien sûr cela semble être un autre débat, alors j’ai longtemps pensé à écrire ce commentaire mais sans le faire pour ne pas politiser le tout sur ton très beau blog. J’adore la diversité de nos profils ici, simplement rassemblés autour de l’humain, et ça fait du bien. Merci et bravo Doc Bibi d’avoir pu créer ça. Alors, avec l’exemple apporté je voulais juste chanter avec vous, tous, même si nos voix sont différentes, sans hiérarchie ni puissance. Egaux. Nous devons construire ensemble, même si ce n’est pas toujours simple, on peut se compléter tellement bien (et ça rime avec citoyens…) !

  39. sarahsparadrap

    Une petite histoire comme je les aime, touchante, et puis le retour du « changer quelques lettres » que j’aime bien aussi 😉
    Je remarque la disparition définitive (?) du « vraiment », qui a été décrié à un moment, mais que j’aimais beaucoup, malgré ou avec la répétition, justement.
    « Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi. » Jean Cocteau
    be yourself ! (c’est le titre de mon billet de demain que je te donne ici en exclusivité !)
    bises, Baptiste 🙂
    sarah

  40. martine

    depuis Saint Exupéry je n’avais plus jamais lu quelque chose d’aussi poignant …Ce regard sur le monde qui l’enchante …et nous ouvre le regard pour nous le faire aimer…un merci absolu .

  41. talet

    Moui…
    Sauf qu’avec sa mutuelle, s’il avait payé, ça ne lui aurait rien couté. Alors que ça lui a couté une boite de chocolat, aller l’acheter et l’apporter. Pffff…

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