Ma trouille dans mes tripes.

Alors voilà, je dois vous avouer un truc : j’ai voulu faire médecine pour devenir psychiatre… 

Je vous vois bien, derrière votre écran, habillé en tyrolien, mains sur les hanches, tresses autrichiennes au vent, moustaches flamandes sous le nez : 

“M’a dit kaske ki sé pazé pour qu’il finize médezin chénéralizte?”

J’ai fait un stage en psychiatrie, tout simplement, et j’ai su que c’était pas pour moi : j’ai trop d’imagination (notez la digression tyrolienne sus-citée qui en est l’un des symptômes caractéristiques). Un jour, c’est sûr, j’aurais fini par croire un de mes patients.
Bref, ne tournons pas autour du pot, j’ai peur de la “maladie mentale”. La merde, le vomi, les crachats, je m’en fous, c’est humain, c’est organique, c’est… nous !?!?! Je crois même que j’aime bien ça, le vomi et la merde, ça rend humble et ça oblige à redéfinir le concept très sémantiquement limité de “beauté intérieure”. Mais la maladie mentale… J’ai une trouille : finir un jour dans une chambre capitonnée à retapisser les murs avec mon caca. Cette peur-là, je l’ai dans les tripes. Je sais, ça se dit pas, en tant que médecin je devrais aimer tous les patients,  peut-être même aimer les maladies aussi, ou pour le moins ne pas en avoir peur, bla-bla-bla… mais moi c’est cette image-là qui m’a fait arrêter la psychiatrie, celle d’un type aux cheveux longs, nez busqué, d’environ 45 ans, et qui se prend pour Herbert Von Karajan avec sa merde. Il est là, dans sa chambre, il pleure, il rit, il chantonne, il n’étale pas ses étrons, non, il peint, et dans sa tête c’est tout un paysage, c’est peut-être même très beau, c’est peut-être même l’œuvre la plus belle qu’il ait jamais faite de sa vie, il est ailleurs, de l’autre côté, avec les animaux de la forêt, les chamans et les esprits. Il raconte la plus vieille histoire du monde, celle des hommes qui pensent trop, qui pensent mal, qui pensent autrement, qui s’embrouillent l’esprit, qui n’ont plus d’esprit, qui n’ont rien, que des pilules, des “entretiens”, des piqûres, et des lits à sangles. Je sais bien que c’est faux, que ce n’est ni plus ni moins qu’une construction de l’esprit, que les hôpitaux psychiatriques sont humanisés, et qu’ils sont pleins comme un œuf de soignants formidables et courageux, mais moi c’est cette image que j’ai dans la tête, et j’arrive pas à me l’enlever… Herbert… Herbert qui peint avec sa merde.
Je crois qu’il y est toujours. Il finira peut-être sa vie là-bas, mais moi, quand je veux arranger les choses, quand je veux lui rendre justice -c’est à dire ajouter de la beauté en ce monde-, je l’imagine au Métropolitan Muséum de New-York, en plein vernissage, avec une coupe de Moët & Chandon à la main. Il est devenu célèbre et reconnu. Il est propre, il n’a plus le regard fixe, mais doux, et il le pose sur les hommes avec indulgence.
Je crois qu’il est heureux.
Parce que c’est ça, finalement, le plus important. Être heureux. Moi, par exemple, j’ai envie d’une vie calme, “pacifique” et “pacifiée”. De la tranquillité, je voudrais de la tranquillité. J’ai envie d’être heureux. Quand on voit le monde actuel, je crois qu’il faut être un peu fou pour ça. 

Nota : vous pouvez vous inscrire en bas de page ou sur la colonne de droite. Vous rentrez votre mail et vous recevez l’anecdote du jour chaque fois qu’elle est publiée. Je crois qu’on appelle ça une “newsletter”. C’était ça ou acheter une volière et des pigeons, mais j’ai trop peur de la grippe aviaire. 

Nota 2 : je serai Mercredi 6 mai à 18h à la Librairie Contact à Angers et demain soir à l’hôtel Massena à Paris, en prestigieuse compagnie :

   

 

95 réflexions au sujet de « Ma trouille dans mes tripes. »

  1. Cath

    Une volière et des pigeons ? Pourquoi pas ?
    Je me baladais tranquille comme Baptiste, comme ça, et vlan, les enquiquinements qui me dégringolent dessus sans crier gare. Et pourtant, je ne peignais rien, moi. Tranquille, je vaquais, sans equiquinner qui que ce soit. Faut croire que ce n’est pas suffisant pour vivre tranquille.
    Un monde pacifié, oui-da.
    Dans un autre monde peut-être. Mais pour le nôtre, cela me paraît bien mal barré. Le fou dans son monde a peut-être la bonne réponse, allez savoir.

      1. Cath

        Il y a un pigeon qui vient narguer mes matous au bord du balcon, à l’abri derrière le grillage. Maintenant je sais qui se déguise en pigeon… 😉

  2. Mamzelle B.

    Bonsoir, Dr B. !
    Je crois que votre trouille n’a rien d’étonnant, même si je me serais plutôt attendu à ce qu’elle concerne le cancer ou autre cochonnerie du genre. J’aurais cru que cette peur était davantage celle des psy, justement. Après tout, chacun redoute sans doute ce qu’il connaît le mieux car il a conscience, plus que d’autres peut-être, de ce qu’en impliquerait la perte… Perso, je redoute la méningite, ou une blessure grave à la tête, qui me priverait de mon excellente mémoire, effacerait mes connaissances (ô combien laborieusement et patiemment acquises !) et me ravalerait à l’état d’analphabète inculte. Voilà la définition de mon enfer personnel, encore que j’aurais peut-être alors la chance de ne pas mesurer ce que j’ai perdu…
    Tâchons de ne pas trop flipper à imaginer le pire. 🙂 Après tout, Epicure conseillait de ne pas avoir de la mort car on gâchait alors sa vie à redouter l’inévitable et l’imprévisible quoiqe ‘inéluctable. Je trouve que ça s’applique aussi bien à ce genre de crainte, non ?
    Bise, Dr B.
    PS : Une petite coquille “j’aurais fini”.

  3. Guillaume

    Je crois que vous avez fait preuve d’une grande sagesse.

    Ma sœur voulait aussi faire carrière dans la psychiatrie et elle aussi a été terrifiée par son stage et l’impossibilité d’aider un certain nombre de patients. Malheureusement, elle n’a pas su se détacher et changer d’orientation à temps et au final elle a fuit de la manière la plus définitive qui soit.

  4. Solène

    Et… où vont ces personne si surprenante une fois l’âge adulte fini, et bien ils viennent chez moi, enfin chez nous, dans notre unité pleine de vie.
    Et oui, on sort toujours en premier les mauvaises choses qu’on vie en psychiatrie, mais le fait de s’arrêter un instant, dans notre matinée de soin et de regarder, entrevoir un sourire qui se cache derrière un couloir et qui nous regarde d’un bon œil. Est-ce que c’est pas ça aussi, ce mettre dans leur monde, et savoir ce qu’il voient eux! Sans une parole mais un sourire qui en définie long. Je veux dire, Est-ce pas plus simple d’oublier le médical, et regarder comme eux regarde, avec leur yeux de petit garçon de 4 ans. J’aime ce métier car je prend le temps, le temps de vivre pour eux et pour moi. Pour que chaque jour compte…

  5. saur

    comme souvent j’aime beaucoup la photo!
    je partage cette trouille avec toi et pourtant j’ai beaucoup moins d’imagination!j’ai l’impression que la folie est juste là derrière une gaze et qu’il suffit d’un rien,d’un souffle pour se retrouver de l’autre côté.

  6. Isabelle

    C’Est marrant la vie… Moi j’ai passé l’internat exclusivement pour devenir psychiatre et pas un jour je ne regrette (même si j’ai déjà flippé).
    Les malades psy sont les plus humains et reconnaissants que je connaisse des soins prodigués. Même les grands psychotiques.
    Bon colloque, M’sieur BB!

  7. Soulalune

    J’ai cliqué pour être “notifiée”, je jette “un oeil tous les jours quand même, car aussi lire les commentaires 🙂
    Ma psy m’a sauvé du naufrage … bon, j’ai jamais tenté de peindre avec du caca non plus … mais j’étais étouffée de culpabilité et je ne respirais quasi plus … merci à elle, et merci à toi aussi car renoncer à ce l’on ne se sent pas capable de faire, c’est se donner l’espoir d’une vie (plus) tranquille (à laquelle tu aspires ♡) !

  8. Agnès

    Oh Baptiste, ça ne se fait pas, de prévenir juste la veille pour le lendemain…comment veux tu que je vienne te voir , moi demain à 19h30?

  9. aurélie

    Bonsoir,

    Mon stage en psy ne m’a pas découragé complétement, malgré cela, j’ai et aurais toujours l’image d’un patient… forte dose de médicaments, il bave, titube, il faut le doucher, l’habiller, il est ailleurs, toujours sonné par les médicaments, ceux du matin et ceux du soir, qu’il vient chercher d’un pas lourd et mal assuré… pour retourner ensuite baver derrière une fenêtre !
    Avec ma collègue de stage, on le prends en charge, toilette (seule avec lui) sortie extérieure (seule avec lui), il parait tellement inoffensif, on lit le dossier, il n’y a pas grand chose dedans, sauf que ce patient avait un métier et une vie… on se rebiffe alors un peu, on demande pourquoi l’assommer autant, pourquoi le rendre si dépendant de nous, de cette structure, pourquoi ne pas “l’alléger” ?
    Relâcher un peu ses chaines médicamenteuses…?

    Réponse du médecin, qui m’a donné et me donnera toujours ce frisson glacial dans le dos… : Crise psychotique, il a tué sa femme à coup de couteau et l’a découpé en morceau… il est psychotique, sa prison à lui c’est les médicaments !

    Alors voilà, je suis pas totalement effrayé… mais quand même !

  10. Libellule

    Baptiste,
    C’est la bonne décision d’avoir choisi ta place (choisir, c’est renoncer), là où tu te sens bien.
    Il faut de tout pour faire un monde, il y a aussi des gens qui se sentent bien en psy, voire qui ne se sentent bien qu’en psy.
    Et dans ce monde imparfait, il y a de toute façon du travail pour tous ceux qui souhaitent aider / accompagner / prendre soin des autres, qu’on soit généraliste, psy, soignant, gardien de la paix, pompier, assistante sociale, enseignant, poète, comédien, artiste et bien d’autres métiers encore… sans parler de ceux qui n’ont pas de métier, mais qui vont donner un coup de main, un sourire, leur sang ou un peu de leur temps…
    bises

  11. Calim

    Quand mon fils de 5 ans me dit que plus tard il veut être remplaceur de médecin (oui oui, ça ne s’invente pas), je pense à vous.

  12. Darlinguette

    Folie et génie ….
    Dans le microcosme des artistes, la chose la mieux partagée n’est pas la raison, mais la folie. De talentueux peintres, d’immenses écrivains et de grands philosophes ont été des fous furieux. A telle enseigne que l’on se demande si ce n’est pas la folie qui rend l’œuvre possible. Ou si le travail de la pensée ne génère pas la démence
    Nietzsche, Maupassant, Nerval, Lautréamont, Desnos, Van Gogh, Artaud, Hölderlin, Breughel, Bosch, Dürer, Rousseau, Sade, Goya, Gogol, Poe, Kafka, Strindberg,…On pourrait continuer l’énumération jusqu’à concurrencer l’annuaire téléphonique, tellement ils sont nombreux, ces artistes de génie …
    Mais il y a aussi tous les autres, les fous sans génie reconnu ; le problème c’est leur degré de
    dangerosité pour eux et pour les autres …J’avoue ressentir une immense admiration pour tout ceux qui travaillent dans les établissements psychiatriques car se trouver tous les jours confrontés aux manifestations de la folie humaine nous renvoie forcément à notre propre équilibre mental …

    flirté avec la folie ou qui ont succombé, vaincus par la démence. Pourquoi toutes ces intelligences supérieures ont-elles perdu la raison ? La folie serait-elle consubstantielle au génie ?

    1. Grand33

      “il y a peu de fous qui sont devenus des génies, mais il y a beaucoup de génies qui sont devenus fous”
      Bazin. (je crois)

  13. monkaleidoscope

    bon, ben beaucoup a été dit et justement souligné :

    si la folie est la non conformité, alors beaucoup d’artistes, une partie d’entre nous, toi, nous sommes déjà fous …

    si la folie est une non conformité telle qu’elle empêche d’être présent au monde et d’échanger avec d’autres, ou bien telle qu’elle empêche de prendre soin de soi, alors, en effet, ne le souhaitons à personne

    par contre, vouloir, intensément, profondément, atteindre la paix, la paix intérieure et la paix dans sa vie, … je ne sais pas si ça relève de la folie ou non … mais ça me paraît être une dynamique nécessaire et, à terme, fertile …. même si je lis bien ta tristesse de ne pas encore avoir atteint ton but (mais, au fond, qui, parmi nous, si il est sincère a déjà eu, à ce moment, cette chance ?)

  14. Evelyne BROGER

    J’aime beaucoup vos billets. Merci de nous en faire profiter et de continuer malgré votre nouveau statut d’ecrivain que vous meritez bien !

  15. CAT

    Je n’ai encore jamais pris le temps de commenter, bien que je suive vos histoires depuis le tout début. Je ne vais pas être originale en vous disant simplement MERCI !

  16. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Je ne sais plus qui, disait : “heureux les simples d’esprits” et puis un peu fêlé, c’est bien, cela permet de laisser passer la lumière …….
    Je trouve que tu as bien fait de ne pas faire psychiatrie, tu n’aurais peut-être pas créé ce blog et tu n’écrirais peut-être pas aussi bien, alors merci pour ce choix.
    Voilà j’essaierai de n’être plus jamais triste ,-) ,-) ,-)
    la bise

  17. Hervé CRUCHANT

    Même pas peur ! En tous cas pas de devenir fou; je le suis ! Attention, là, les Gens ! On n’appelle pas le SAMUR CHMIC ou FLUP, hein ?
    Juste que, pour pouvoir vivre avec ma désespérance totale -j’ai des alibi en mâsse-, je suis fou. Voilà. Et le secret pour vivre avec, c’est de rester du côté de l’admis par les Raisonnables. Je fais partie d’une sorte de Golem qui voudrait bien un “précieux”. Ou un mec du rang de derrière, dans les assemblées où les places de devant sont tenues par les GdcM (Grands de ce Monde -je me marre !). Je porte sa valise, sors le papelard dont il parle à tous les autres en spécialiste pour faire le malin mais n’en connait rien puisque c’est pas lui qui l’a écrit ou trouvé dans les archives. Croyez pas : tout le monde est au courant de ce jeu de dupes. Çà s’appelle la vie.
    Et pour pas être dingue, avoir une terreur totale et absolue, tu picoles ou te shoote à un truc. J’ai fait. C’est palliatif. Et puis tu loupes un tas de trucs marrants. Tu deviens spécialiste d’une chose que personne ne connait. Mais çà, faut être assidu, donner des cours, des conférences, croire en toi comme croit en lui un trapéziste sinon… Alors quoi ? Laisser aller le bateau ivre et toujours rester border line. Çà revient à faire le clown, à amuser la galerie, à entretenir une bipolarité en regonflant à l’hélium le côté maniaco et en essayant de mépriser comme il convient la face dépressive. C’est un boulot qui occupe; qui peut te prendre une vie, quoi. Mais j’aimerais pas être de l’autre côté de l’admis. Enfermé pour pas qu’on me voit. Etre obligé de me couper une couille -l’oreille, ya un mec qui l’a déjà fait- et peindre. Ou chanter à tue tête quand j’en ai envie. Çà, ouais. Mais enfermé, non. En fait, j’aimerais pas faire de la peine aux autres par une décrépitude programmée. Voilà. Un jour, je vous raconterai des trucs que j’aime, qui sont surement des divagations, des délires, des dingueries pour autrui; je m’en fous. Çà peut me faire rire. En fait, Çà doit me faire rire pour que çà marche.
    Ne vous moquez pas des fous que vous rencontrez dans votre vie. Ceux que la société déclare “il est un peu original mais il n’est pas dangereux”. Ou alors, moquez vous de vous avec lui. C’est fantastique. Et partez alors en voyage…. Vous avez remarqué que ceux qui vous embrouillent la vie, vous empèchent d’accéder à la tranquilité, au calme, à la douceur et à la tendresse (lc’est ma contribution au package de Bibi)

  18. Hervé CRUCHANT

    bon. comme j’ai appuyé sur la mauvaise touche et que mon message est parti comme quand on a seize ans, je vous laisse ici. Bonne journée. Se tromper de touche… c’est fou, non ?

  19. Blutch

    Ah les stages, ça passe ou ça casse. Moi, c’est si on m’avait envoyé en cancéro que j’aurais fuis en courant. En psy, il y avait une maxime affichée dans notre vestiaire “Il n’est pas nécessaire d’être fou pour travailler ici mais ça aide”. Ça m’a aidé…

  20. nevousinquiétezpas

    C’est à New York, non pas au Met mais au Gugenheim (le musée en spirale) que j’ai précisément vu une petite boîte de conserve ; et sur celle-ci, la mention “merde d’artiste”, par Piero Mansoni.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Merde_d%27Artiste
    Un clin d’oeil intéressant, Bibi… pourquoi celui-ci a fini au musée et l’autre dans une cellule capitonnée ?

          1. Cath

            Je viens de percuter sur le caporal… 🙂 Le wk a été dur. Mais si je me réveille maintenant, on peut espérer pour la semaine qui va suivre.

  21. Laurence

    Moi, je suis prof de langue et j’ai peur de l’autisme.
    Un medecin qui aimerait les maladies, je m’en mefierais ! Quand je suis malade, je n’aime pas ma maladie et j’attends de mon medecin une aide pour la faire disparaitre.
    Je vous imagine en pyjama a rayures en train de lire nos commentaires…

  22. Dreamlie

    Je vais choisir la newsletter, je ne voudrai pas que le pigeon se fatigue a passer la grande flaque et venir dans une petite ville au Québec ! 😉

    1. Mésange

      Dreamlie
      Moi j’veux bien… j’veux bien venir à tire d’aile porter les nouveaux articles de Bibi dans votre petite ville de labalaba par-delà la grande flaque: j’ai une grosse faim du Québec, un manque énorme d’un petit coin d’Estrie… J’hésite entre mésange supersonique ou transportation par cheminée (euh… y’en a encore chez vous au moins ? Je me méfie depuis qu’on veut nous interdire les bonnes flambées en foyers ouverts ; coincée dans un tuyau de poêle, je deviendrais claustrophobe… et foldingue !)
      Caresses de plumettes

      1. untel

        Mésange, “dépunaise tes ailes et emmène-moi là-bas”. 😉
        Moi c’est le fleuve qui me manque, la terrasse Dufferrin d’où la vue est si belle, la douceur de l’île d’Orléans et les maisons en bois du Charlevoix, et puis les escaliers extérieurs des triplex montréalais, avec David et Maria à l’intérieur, si accueillants, et peut-être aussi mes vingt ans et mon sac à dos.
        Et en moi toujours, bien au chaud, le rêve de l’Abitibi et de la baie d’Hudson …
        Dis, Mésange, on part quand ? 🙂

      2. Dreamlie

        Hola, je ne fais que découvrir le Quebec ça fait seulement 9 mois que j’y suis, petite infirmière ayant du apprendre bien des choses pour s’adapter a leur méthodes de travail mais je vous rassure les patients sont les mêmes qu’en France…. bien impatients 😉

  23. phaly

    Lors d’un atelier d’éducation thérapeutique que j’ai mené conjointement avec une de mes psychiatres (et oui je suis pharmacienne dans un hôpital psy…), l’une des patientes nous a raconté son parcours dans la maladie psy en résumant pas “de toute façon vous savez rien, un jour je suis diagnostiquée dépressive, 6 mois après schizo et maintenant bipolaire, c’est la maladie à la mode hein docteur !?!”. Et là, la psychiatre a répondu, “effectivement il n’est pas évident de poser des diagnostiques, mais moi je ne soigne pas un diagnostique mais la souffrance des patients…”.
    N’est ce pas ce que font tous les médecins, qu’ils soient psychiatres, chirurgiens… ou généralistes…
    PS : un énorme merci à tous les AS, ASH et infirmiers qui retapissent en blanc les murs peints par tous les peintres en herbe de nos hôpitaux…

  24. philo loup

    Ha, j’ai lu un article hier sur le développement artistique et la désinhibition… http://lavventura.blog.lemonde.fr/2015/05/04/devenir-artiste-a-83-ans/
    mais bon, c’est intéressant, hum, hum, vous devriez vous allonger pour analyser cette peur qui vous envahit…
    peur de comprendre la folie? (est ce possible?) peur de ne pas pouvoir aider l’autre? peur de devenir soi même fou?… d’où la question : y-a-t’il plus de fous chez les psy que dans la population moyenne?
    allez soyons fous! 😉

  25. Elemm

    Moi je n’ai pas peur des fous. J’ai peur du monde qui peut nous faire péter les plombs, j’ai peur de ces contextes qui font grandir des individus à côté de leurs pompes, à côté de leurs esprits, parce que quand la réalité est trop éclatée, il vaut mieux cheminer ailleurs. La folie est un apprentissage. J’ai pas peur des apprentissages.
    Ah, et puis j’ai peur des psys, aussi (je suis psychologue, je précise). Pas de tous les psys : j’ai peur des psys qui 100 ans après Freud, croient encore dans les pseudo-sciences montées de toute pièce par cet orateur égocentrique, qui ne voulait que devenir célèbre et qui n’a jamais ruiné autant de vies de son vivant que depuis qu’il est mort et suivi par des milliers d’aveugles.
    Je ne comprends toujours pas pourquoi et comment la France et l’Argentine, seules, continuent à se noyer dans ce qui a été mille fois démontré comme totalement erroné. Ceci me révolte et m’effraie au plus haut point. Rappelons-le, la psychanalyse dans sa totalité est une fumisterie qui n’a jamais guéri personne; si elle aide, ce n’est que parce qu’un thérapeute semble écouter : la théorie, elle, n’a jamais guéri qui que ce soit (références : rapport de l’INSERM 2004, “Livre noir de la psychanalyse” – je sais, le titre est racoleur mais le contenu, vraiment sidérant, argumenté et référencé – et j’en passe, pour ne citer que de l’accessible facile).
    Alors, tant que l’on apprendra aux étudiants en psychologie et en psychiatrie à croire en ce dogme religieux, au point qu’ils n’aient pas de regard critique sur l’ampleur de leur irritation quand on bouscule leurs acquis,
    j’aurai peur des psys, et de tout le bien qu’ils ne font pas à ces “fous”.

    Il fallait que ce soit dit.

    Merci Bibi pour la libre parole, même si je sais, je ne manquerai pas de me faire cogner par des convaincus. Mais si les esprits pouvaient s’ouvrir comme des livres, les deux cités ci-dessus seraient peut-être mieux lus. Et les fous, mieux accompagnés…..

    1. Blutch

      La psychanalyse, pour moi sur le terrain, ne m’a jamais été d’une grande utilité. Ne serait-ce que parce qu’elle s’adresse aux névroses et pas aux psychoses. Après, quelque soit l’école dont on se réclame, comment on fonctionne ? En “croyant” qui s’accroche au dogme pour ne pas couler et qui, donc, ne peut pas le remettre en cause ou en professionnel soucieux d’y arriver en se servant de tout ce qui pourrait être efficace, sans adhérer aveuglément ?

      En France, l’hégémonie de la psychanalyse a longtemps freiné la diffusion d’autres thérapies (école de Palo Alto et dérivés). Ça commence à changer et ce n’est pas trop tôt.

      1. Elemm

        Je te rassure Butch, elle ne marche pas non plus pour les “névroses”. Qu’elle ne t’ait pas été d’une grande utilité est presque une chance , c’aurait pu être pire. J’ai connu un schizophrène qui a coupé le lien avec le seul individu qu’il connaissait, sa mère, parce que le psychanalyste lui avait dit qu’elle était responsable de sa maladie, dans sa genèse et son maintien. Il ne l’a plus laissée entrer chez lui, et il est mort. De faim. D’une certaine façon, c’est vrai, il n’est plus schizophrène depuis.
        J’ai connu aussi des dizaines de ” névrosés “, phobiques, angoissés, déprimés, qui ont perdu des années et des années sur un divan. Et beaucoup d’argent, cela va sans dire. Pour aucun résultat.
        J’ai connu un psychanalyste qui ne mettait pas de WC à disposition de ses patients dans son cabinet, alors qu’il les faisait attendre des heures. Motif? ” Je traite les esprits, laissez vos corps à l’entrée “.
        Tu as raison, ça change. Doucement. Mais la fac continue en grande majorité à l’enseigner comme un savoir scientifique. Hâte que ça finisse…..

        1. Elemm

          Génial ce blog, merci! J’ai donc dû rencontrer cet analyste là, en conférence, à moins qu’ils ne soient plusieurs – ce serait terrible!
          Pour ma part, une patiente est venue un jour, premier rdv, je lui explique ma façon de fonctionner, elle s’étonne que les séances soient fixées par elle et le suivi toujours proposé mais pas imposé. Sa précédente thérapeute lui avait dit, quand elle a dit qu’elle voulait arrêter la thérapie après deux ans toutes les semaines pour pas d’effet : “Non mais pour qui vous vous prenez? On n’arrête pas comme ça une analyse! C’est moi la professionnelle, je sais ce qui est bon pour vous.”
          Quand j’ai eu l’air effarée et que je lui ai expliqué qu’elle ne m’appartenait pas, ça semble l’avoir surprise…

  26. Krakoucass

    Aie Bibi, je ne savais pas que tu pouvais m’espionner via ma Webcam? Bon ben je vais couper mes tresses et raser ma moustache.

      1. Hervé CRUCHANT

        Elemm avait un truc à dire et elle l’a bien dit. Ouais. “Sauf que”. Sauf que certain qui est allé une tapée de fois voir un psy l’a fait à mauvais escient. Quoi donc? Me voilà balancé dans une boîte de Pétri géante où un tas de gens me disent “t’as qu’à faire comme ci, t’as qu’à faire comme çà, là, tu fais pas…et si tu as des difficultés, tu viens me voir”. Banco que je fais. Et, évidemment, c’est la merde. Parce que, comme pratiquement tout un chacun, quand il arrive au monde, la seule chose qu’il veut ou qui serait raisonnable de faire, c’est de développer ses capacités pour son propre bien et celui de tous. (il y en a qui rigolent ? tant mieux). Plus je vieilli et plus je m’aperçois qu’il y a de tout dans ce putain de monde et que tout le monde est complètement perdu. Mais, le croirais-tu, lecteur tectrice, je bougre se rebelle. Voilà les coups de triques qui pleuvent et aussi des petits bonheurs. Ben ouais, mais clandestins, en loucedé, derrière l’église, tu vois. Qu’arrive-t-il alors ? ET bien, une stratégie de protection. Le Professeur Elemm te dira comment çà s’appelle; une dinguerie, quoi, pour être conscient de soi. Mais c’est pas terrible terrible. Tu te dis que merde, t’es le vilain petit connard de la farce. Déprime, emmerdes, surcharge de diatribes. T’as pas un airbus sous la main mais tu peux très bien avoir envie de te planter et de ne plus jamais jamais revenir. Alors ? Alors tu vas voir un psy. Au début, pour qu’il te donne une clé, la clé de dix et demie qui te manque pour finir ta construction foireuse. Tiens, ce bon Charb…Charb écrit : “Le problème, ce n’est ni le Coran, ni la Bible, romans soporifiques incohérents et mal écrits, mais le fidèle qui lit le Coran ou la Bible comme la notice de montage d’une étagère Ikea.”. Tu vois ce que je veux dire ? Sauf que (bis) comme le dit le Président Elemm, çà guérit pas. Quand t’a bien pigé tout çà, t’es déjà vraiment vieux. T’as niqué ton temps de vacation vie, déjà improbable au départ, et t’as des rides sur et dans la tête, un diabète par coquetterie, un chouia de LDL,HDL,BHL,etc… qui te minent. Je passe, c’est du connu. Tu vas donc voir le psy pour qu’il te dise comment faire pour vivre au milieu d’une bande de cons (d’après toi et ton expérience) qui t’a abusé si longtemps avec une si grande facilité. Et alors ? Et bien non, la psy ne guérit pas. Et bien non, la psy ne soigne pas. Et bien, oui, les psys sans titre s’appellent des copains, amis, rencontres, amours…mais sont éphémères et passagers. Si t’en croise, fais gaffe à la collision frontale. Sinon, une main qui prend une autre, un regard qui sourit, un sourire… yôh, man, tu vois ce que je veux dire. Au bout du conte -le vrai compte de ta vie- tu te dis que c’était vraiment débile de tomber là-dedans. Dans une autre vie peut-être ? Çà va pas, non ? Salut l’Artiste, Mademoiselle Elemm….

        1. Libellule

          Merci une fois de plus Hervé pour ce beau texte (et la citation de Charb comme une cerise sur le gâteau…)
          Je ne sais pas ce que “les psy” ou “la psychanalyse” peuvent soigner ou ne pas soigner… déjà je trouve les généralisations d’un cas particulier assez inquiétantes…
          En plus souvent, y compris chez les médecins, il y a une grande confusion entre “soigner” et “guérir”. Or soigner c’est prendre soin, accompagner l’autre, parfois vers la guérison, mais souvent ce n’est pas possible (y a le SIDA, les maladies chroniques comme le diabète, les amputations, les psychoses, les démences, etc… qu’on ne sait pas guérir… pour autant n’est-ce pas notre rôle de soignant et d’humain que de prendre soin des gens qui en souffrent, et de les aider à vivre le mieux possible avec ?)
          Sans vouloir me faire le chantre de la psychanalyse, que je ne maîtrise pas, il me semble que de nombreux psy de cette tendance cherchent à aider les personnes en admettant leur différence et en les aidant à améliorer leur qualité de vie. Alors que dans d’autres méthodes actuellement en vogue, certains praticiens dérivent vers le “dressage”, la “normalisation”, et la volonté que la personne ne dénote plus dans la société… Sûrement par peur de la maladie mentale, et eux n’ont pas eu la bonne idée de changer de spécialité, contrairement à Baptiste… ça soulage le praticien de montrer chiffres à l’appui qu’après telle thérapie comportementale le patient il n’a plus de trouble du comportement (voir même il donne la papatte pour avoir un susucre), mais est-ce que la souffrance de la personne est amoindrie ? Dans certains cas, oui, il semblerait que ça marche très bien pour les phobies. D’autres fois franchement j’ai des gros doutes.
          … alors voilà, je m’aperçois mon cher Hervé que tu m’as encore fait réfléchir “à l’insu de mon plein gré” : merci.
          Prends soin de toi Hervé. Je ne sais pas si tes psy ont été efficaces pour soulager ta souffrance, mais je constate combien de belles idées et de poésie tu apportes au monde (une forme de résilience, sûrement);

          1. Elemm

            Ah, Hervé et Libellule…
            J’ai failli être contente avec les mots d’Hervé, et voilà que Libellule tu me rends toute triste. Toi aussi, on t’a dit que le comportementalisme niait l’individu, normalisait, faisait rentrer les gens dans des cases dés humanisées? On t’a appris que TCC = Pavlov, = dressage, = le mal.
            Moi aussi on m’a dit ça. Pendant 4 ans, tous les jours, tout le temps. Maintenant, as tu rencontré ces psy-là?
            Je commence à en connaître quelques uns. Figure toi que c’est toujours le patient qui dit ce qu’il veut travailler et quel objectif il veut atteindre. Jamais le psy. Figure toi qu’ils ont le même code de déontologie que les autres psy! Figure toi que, si Pavlov fait partie de l’Histoire de la pratique, on en est très très loin… On écoute même les émotions. Même qu’on médite ! Même que c’est pas vrai que ça déplace le symptôme. Même que quand t’écoutes les patients, ils se connaissent mieux et ils ont acquis la compétence de se soigner eux mêmes. Même quand ils sont pas phobiques. Même les anxieux, les dépressifs, les bipolaires, les schizophrènes. Si si, j’t’assure. Ça vaut la peine de les écouter. En plus c’est facile, c’est les seuls patients qui savent à la fois comment s’appelle ce dont ils souffrent, comment ça fonctionne, et comment s’appelle la méthode de son psy.
            Je ne suis pas née militante des TCC. J’ai observé, j’ai expérimenté des deux côtés de la barrière, ça et la psychanalyse. Il y a un rapport d’égal à égal dans les TCC, d’homme à homme, que je ne perdrais plus pour rien au monde.
            Je ne prétends pas te convaincre en quelques mots : c’est ancré dans notre culture française, on a tous été éduqués populairement par la dominante psychanalytique. Pourtant, on est le dernier bastion psychanalytique, et le plus gros consommateur de psychotropes. Mais nous n’avons pas plus de malades psy qu’ailleurs. On en pense ce qu’on veut, il s’agit juste de garder ouverte la porte du “et si…”

            Je vous embrasse tous les deux !

          2. Libellule

            Bonjour Elmm,
            Oui, je t’assure, j’ai rencontré les 2 types de psy… Peut-être pas les bons, comme tu le fais remarquer dans ta réponse à Nath.
            Je pratique aussi, à ma petite échelle de paramédicale. Ce n’est pas parce “qu’on m’a dit que”… Comme je le disais, de bon résultats avec des gens ayant des phobies, oui, j’en ai constaté assez souvent pour croire dans cette méthode TCC dans ce cas. Avec des gens qui ont des psychoses ou des névroses, je ne peux pas dire l’inverse de ce que j’ai constaté : des médecins qui justement tentent un “dressage” parce que si le symptôme n’est plus visible pour eux la souffrance a disparu… et puis le patient ne pose plus problème, il n’est plus “visible”.
            Alors autant ça ne me gêne pas d’être dans l’apprentissage ou le réapprentissage de gestes quotidiens quand c’est à la demande du patient, au contraire si tu le fais c’est formidable, autant quand c’est pour le confort mental du soignant j’ai pas l’impression d’être à ma place. Sinon j’aurais choisi l’éducatif et pas le soin (un tout aussi beau secteur d’activité mais différent)

          3. Libellule

            Je risque de tomber dans le cliché mais tant pis :
            j’ai vu de bien meilleurs résultats avec en gros n’importe quelle méthode (ou presque) mais une vraie qualité de relation entre soignant et patient, qu’avec des soignants appliquant froidement un protocole. C’est sûrement pour ça que les TCC fonctionnent bien quand toi tu les appliques en étant à l’écoute du soignant, et que de mon côté j’observe des échecs à répétition avec 2 médecins qui ont surtout peur de la maladie mentale. Soit qu’ils se soient trompés de voie au début, soit qu’ils se sont totalement épuisés et n’ont pas trouvé d’autre solution de survie que ce manque d’intérêt pour leurs patients. Avec d’autres approches ils auraient sûrement autant d’échecs. Mais sûrement la TCC (ou du moins la façon dont ils l’appliquent) leur permet de garder la vie psychique des patients bien à distance.
            Et c’est sûrement pour ça aussi que le blog de Baptiste fonctionne aussi bien : l’attention à l’autre et la qualité de la relation…
            Pour être tout à fait claire il me faut explique le “ou presque”. Pas pour toi Elemm, qui semble très avancée dans ta pratique, mais plutôt pour d’autres sur le blog, qui se destinent aux métiers du soin ou qui aiment réfléchir sur le sujet. Je travaille en ce moment avec une collègue pleine de bonnes intentions mais qui croit qu’il faut “se mettre à la place du patient”, souffrir autant que lui, pleurer avec lui en le maternant, pour que ça aille mieux. Elle va de plus en plus mal et les patients ne vont pas mieux. Donc qualité de relation soignant/patient, ce n’est pas forcément de la gentillesse, c’est une bienveillance professionnelle et un peu de technique(s) quand même.

          4. Libellule

            merci Untel pour ce lien,
            je le lirai à tête reposée… Ce week-end c’est “déclaration d’impôts” (et à ce stade je vois un lien entre la complexité de la déclaration et ma santé mentale !) 🙂

          5. Elemm

            Bah je peux pas répondre encore à Libellule… Mais je voulais juste dire. que je suis 1000% d’accord avec la qualité de la relation thérapeutique, bien sûr. Et qu’effectivement il y a des cons partout, les TCC n’y échappent pas non plus ! Une bonne voiture dans les mains d’un âne, même avec ABS et tout, ça reste un danger.
            En bref, merci pour ces échanges agréables et sereins, ça fait du bien 🙂

          6. Libellule

            Elemm : tellement agréables et tellement serein que je tente une approche TCC (en tout cas du moins ce que j’ai cru comprendre des TCC !) avec un petit groupe. Vu que la relation ne change pas, on verra bien si nous progressons tous avec cette approche… Si c’est le cas, j’aurais ajouté une corde à mon arc grâce à toi 🙂

      2. lectrice boulimique

        le Kracoucass est une coquecigrue née de l’imagination d feu le dessinateur de bd belge Peyo, père des Schtroumpfs

        1. Cath

          Coquecigrue, le joli mot. J’ai quand même ouvert mon dictionnaire pour retrouver le sens. Et je vais pouvoir le réutiliser au scrable en épatant la galerie 😉
          Merci Lectrice.
          Et merci à Libellule et les complices es comm pour les informations sur la TCC (et pas TTC comme j’avais lu dans un premier temps, à mon grand désarroi). Peut-être quelque chose pour orienter des gens malades à qui je ne peux venir en aide directement ( pas de formation médicale, pas de connaissance sur le sujet, pas de patience et surtout la crainte de faire plus de mal que de bien).
          Bref, merci. Ça aide bien de vous lire tous. 😉

          1. Grand33

            Je reste sur le foot, c’est moins compliqué ……
            merci à tous d’avoir quand même essayé !!!

      1. Lisa T.

        Ouhla non ! Les résultats sont début juin…
        Je rêve de chirurgie mais le chemin est encore long, je ne sais pas ce que j’y découvrirai et où il me mènera 😉

          1. Lisa T.

            Pas si terribles que ça finalement ! Mais bon, une deuxième PACES en perspective tout de même…

  27. philo loup

    je pense que l’apport de la psychanalyse se situe davantage du côté de la libre association qui nous fait réaliser les “chemins automatiques ” que prend notre esprit et qui peuvent s’avérer complètement faux dans la vie. on grandit parfois avec des idées toutes faites qu’on nous a inculquées sans nous rendre compte que ce ne sont pas des vérités. et parfois la vie ne nous donne pas le recul et l’espace nécessaire pour prendre le temps de penser. pour moi c’est cela l’apport ainsi que la bienveillance, mais certains psy ne sont pas du tout bienveillants voire même néfastes effectivement…

  28. LN

    Merci encore pour ce témoignage!
    Je vous avoue que c’est à peu près la même chose qui m’a empêché de choisir psychiatrie à l’internat il y a quelques années… Quel ne fut pas mon sourire en lisant votre histoire!
    En tout cas merci pour vos témoignages et vos histoires qui m’aident parfois dans les jours difficiles où j’oublie parfois pourquoi je suis devenue médecin.

  29. Nat

    Je n’ai jamais laissé un seul commentaire ici. Mais là. Impossible de ne pas dire. Dans un semi anonymat. C’est ma petite soeur à moi qui se prend pour… Je ne sais trop qui. Je crois même que ça dépend des jours. En ce moment elle est le sujet préféré de chercheurs fous internationaux. Vous souriez? Ça fait 30 ans que ça ne m’amuse plus. Elle avait 15 ans. Moi 17. Ils nous reste certainement encore 30 ans à tirer. Et 30 ans c’est long. Au début j’ai eu tendance à la croire. Pourquoi mentirait-elle? La raisonner. L’entourer. “Ça va passer” et puis personne ne mettait encore de mot sur ce dont elle souffrait. Était-ce seulement une maladie? Vous parlez de soignants formidables ? A mon tour de sourire. Je n’en ai pas rencontrés souvent en 30 ans. Je me souviens d’un médecin qui m’avait engueulée un jour où elle s’est jetée à l’eau alors que j’aurais dû la surveiller. J’étais enceinte jusqu’aux yeux et ils ont justement débordé devant lui, mais il a préféré tourner les talons. Tu changes la place des lettres et ça devient “courage”? Un autre qui m’avait convoquée à une heure et demi de route de chez moi par l’intermédiaire de ma mère (le courage de m’appeler lui-même ne l’ayant pas étouffé non plus) Il devait nous parler. Arrivées là bas “il avait été retenu”. Tu changes la place des lettres et ça devient “respect” ? Je ne savais pas que les psychiatres avaient aussi des opérations en urgence. La folie douce ou furieuse fait beaucoup de dommages collatéraux. On parle de soignants et de soignés, mais si on donnait une place claire aux accompagnants peut-être ne serait-ce pas si mal ?

    1. Elemm

      Nat, d’abord un free hug.
      Voilà, un gros.
      Ensuite, il y a des cons partout mais dans ces métiers là c’est intolérable. Je comprends ta colère. L’aide aux aidants, on essaie, on commence, mais encore faut il que le médecin ait “annoncé le diagnostic”. Combien encore de médecins de la vieille école (et que ça arrange pour leur courage de rat) s’approprient la maladie de leur patient en laissant ce dernier en dehors de tout ça ? Combien de schizophrènes, mais aussi de cancéreux, de mourants, de malades d’Alzheimer qui s’ignorent ??
      Je peux t’assurer qu’on lutte pour faire bouger les lignes. Moi si j’annonce l’Alzheimer que le médecin n’ose pas dire, je risque ma place. J’en aurai annoncé un, et après ? Alors je lutte de l’intérieur. Du mieux possible. Et je t’embrasse bien fort.

    2. Libellule

      Nath, vous avez aussi tout mon soutien, ce que vous vivez est très dur et au minimum, vous devriez trouver du soutien auprès des soignants dans cette épreuve marathon.
      Malheureusement je ne peux que constater comme Elmm, qu’une bonne partie de l’équipe, sous les ordres du psychiatre, risque sa place s’il ose annoncer le diagnostic… Car certes un diagnostic sur une maladie telle que votre soeur peut être long à poser (+ d’un an), mais pas 30 ans.
      Je pense à un médecin qui nous menaçait aussi de nous faire virer pour faute grave si on parlait “trop” avec la famille, au motif du secret médical : la famille n’a pas à connaître le diagnostic… Sauf que dans ce cas comme dans le vôtre, c’est la famille qui doit vivre au quotidien avec son proche malade ! Et pouvoir exprimer leurs questions, difficultés, ras-le-bol, comprendre le problème, aborder ensemble des façons de faire pour que ça se passe (un peu) mieux au quotidien, ce serait tellement plus constructif !

    3. Milin

      Nat je te lis et je ne souris pas. Moi c’est Nath et c’est mon fils qui est autiste. Je ne sais pas comment tu tiens, les pédopsys, qui avaient tous dévorés Freud et Laçant même s’ils ne s’affichaient pas psychanalystes, nous ont balladés deux longues années sans poser de diagnostic et notre fils allait de mal en pis et nous avec. Tout ce que tu évoques, le jugement sur les proches, la froideur, m’ont lentement grignotés sur cette courte période, donc je pense que tu es une héroïne. Une vraie. Je comprends que Baptiste ait renoncé, en même temps je le déplore, il y aurait tant à dire sur ce secteur qu’on appelle “santé mentale” mais qui ressemble si peu à de la médecine. En parlant de soins, il a fallu que nous partions en Martinique pour rencontrer des soignants formés aux méthodes Canadiennes et que l’on regarde enfin notre fils, le patient. Roman a 9 ans, il a été diagnostiqué autiste a 6 ans, on me dit que les choses ont changé, je crains que ce ne soit que des mots. Je t’embrasse bien fort.

      1. untel

        Il me semble que ça a été longtemps la même galère pour les anorexiques et leur famille 🙁
        La rigidité intellectuelle de certains spécialistes est effarante …

  30. Tournesol

    Bonsoir,
    Je lis toujours le blog dès que l’article est publié, mais cette fois je pouvais pas : je sortais juste de l’hôpital psychiatrique !
    Quelques jours qui se sont révélés très enrichissants entourée par du personnel dévoué et à l’écoute .
    J’entends parler de fous dans les commentaires, mais ça me semble réducteur : comme pour toutes les maladies, il y a différents degrés 😉

  31. Ahava

    Bonjour Nat, je connais une personne qui pourra peut-être vous aider. Je ne garantis absolument rien si ce n’est sa grande capacité d’écoute. Il ne trouvera peut-être pas ce qu’a votre soeur mais pourra peut-être vous aiguiller vers des gens respecteux. Je mets beaucoup de “peut-être” pour vous éviter une déception.

    1. Nat

      Merci à tous et toutes, au bout de tout ce temps un diagnostic a été posé et même si on est passé par plusieurs noms de maladie celui qui a fini par s’installer semble être le bon.Schizophrénie. Je crois maintenant que la difficulté de la maladie psychiatrique de ma soeur tient aussi au fait qu’elle aime se sentir différente. Unique. Sans doute un rien géniale. Machiavélique. Et que si sa maladie existe c’est parce que sa vie ne suffit pas. Alors le plus souvent elle ne prend pas ses médicaments (qui la font grossir, dormir et la coupent des signes fabuleux qu’elle reçoit (humour inside) et donc dérapage garanti. Comme en ce moment…

  32. martineduouaibe

    @ Nat
    Bon
    Je sais par ou commencer je sais faire que du vrac je n ai pas le talent d écriture
    de beaucoup de vous toutes et tous .
    Je connais un medecin un professeur un magicien enfin un homme .
    Si tu ne me prends pas pour une folle demande à Baptiste mon mail
    Tu sais j ai vécu des moments pareil au tiens jusqu’à ce que je le rencontre,que nous le rencontrons
    C est comme une bouteille a la mer fais en ce que tu en veut.
    Et que mieux te garde comme dirait H

    1. Mésange

      Pfiou… ce n’est pas parce que tu écris du vrac (qu’on est plein à adorer hein !) que tu es folle pour autant, ma Calanque préférée. Nat, tu peux être certaine que martineduouaibe n’est pas folle du tout !!!!
      En attendant que toi, en tant qu’aidante, tu trouves un soutien bien mérité, je te serre fort dans mes plumettes.

  33. Suze Araignée

    Pour information (véridique), les pigeons ne transmettent pas, ne portent pas et n’attrapent pas la grippe aviaire. J’en ai deux à la maison, mais pas voyageurs pour un sou. L’un est handicapé, il lui manque une aile. Je l’ai trouvé en plein centre-ville, prostré, l’aile gangrenée, il attendait la mort, mais je suis arrivée avant elle. Maintenant il va bien, mais serait bien en peine de voler… L’autre est un pigeon d’élevage, ce qu’on appelle un pigeon de chair. Il est lourd et gros, on dirait presque une poule. Il pourrait être voyageur, bien sûr, si une femelle l’attendait à la maison. Le hic, c’est qu’il n’a pas de femelle. En fait, au départ, mon pigeon sans aile était en couple avec un autre pigeon, qui lui, a pu repartir une fois son aile soignée. Donc mon pigeon sans aile se retrouvait seul (hors les pigeons, pour être heureux, ont besoin d’être en couple) ; comme il s’était toujours comporté comme une femelle lorsqu’il était en couple avec l’autre mâle (celui qui s’est envolé, vous suivez ?), j’ai cru qu’il était femelle, et j’ai donc adopté un mâle. Sauf qu’il était bien mâle, mais gay (moi qui ne comprenais pas pourquoi ces deux-là ne faisaient pas d’œufs, malgré leurs accouplements…). Je me retrouve donc avec un pigeon gay et un pigeon hétéro… Il faudrait que je trouve une femelle pour mon pigeon hétéro, et un mâle gay pour mon pigeon gay, mais cette mission risque d’être compliquée (ceci dit, il est peut-être bi, ça faciliterait les choses, parce qu’aller passer une annonce “cherche pigeon mâle homosexuel pour vie de couple”…).

    Sinon, moi, le domaine psy, ça me passionne. Encore plus depuis que je suis suivie par un excellent psychiatre-psychanalyste qui est aussi ethno-psychiatre (ce domaine passionnant au possible). A vrai dire, si je n’avais pas un peu loupé le coche et si je n’étais pas si hypersomniaque, je ferais des études de psycho.
    J’ai lu plus haut des critiques acerbes de la psychanalyse. Pas envie de rentrer une énième fois dans le débat. Personnellement, je trouve la psychanalyse comme allant bien plus au fond des choses que la plupart des autres théories psy, mais c’est un avis personnel. J’irai pas critiquer quelqu’un qui choisit de suivre une TCC, par exemple (d’ailleurs, le choix de son thérapeute et de sa thérapie, c’est un des éléments qui penchent le plus fort dans la balance de la réussite). Mais je râlerais et taperais du pied si on m’empêchait de suivre, moi aussi, le mode de thérapie qui me convient. Il en faut pour tout le monde, pour tous les goûts et tous les besoins. Pour information toutefois : la psychanalyse ne couvre pas que le domaine des névroses. Voir par exemple les travaux de Racamier sur la schizophrénie, l’existence de la psychothérapie institutionnelle (qui s’appuie sur deux jamabes : Freud et Marx), ou l’excelent film de Mariana Ottero, A Ciel ouvert, filmé au Courtil, où sont pris en charge des enfants et ado par une équipe qui prend appui sur la psychanalyse (lacanienne, pour le coup).

    Quant à la folie qui fait peur… Personnellement, j’ai “beaucoup” (je ne sais pas à partir de combien c’est, beaucoup) d’amis et de connaissances qui sont schizophrènes (ils ne sont pas que ça, évidemment, c’est seulement un pan de leur existence). Il y a la souffrance, bien sûr, mais il y a aussi un certain rapport au monde, qui s’approche de la poésie, de l’humour, de l’immensité du monde… Et puis, j’ai aussi côtoyé de près des pervers, du genre pervers narcissique (comme mon ex, celui qui m’a violée pendant trois mois, de façon de plus en plus flagrante, pour conclure par un magnifique “tu m’as forcé à te violer !” Ben oui, je l’ai forcé, c’est donc ma faute, on devrait me foutre en prison pour ce crime : je force les gens à commettre des viols !). Ben les pervers, ils n’ont pas l’air fous, bien au contraire. On leur donnerait le bon Dieu et un esprit sain sans confession. N’empêche que je préfère la compagnie d’un schizophrène un peu bizarre et mystique que celle d’un pervers bien droit dans sa tête… jusqu’à la découverte de sa face cachée.

    1. Elemm

      Ma chère Suze Araignée,
      Je n’avais pas l’intention de blesser qui que ce soit. La psychanalyse a beau être une fumisterie, vous avez trouvé quelqu’un de bienveillant, cette épaule que je vous souhaitais dans un autre commentaire, et c’est bien – et c’est juste.
      Peu importe l’outil si le mec est bon, Mac Gyver faisait des bombes avec des pinces à cheveux, l’essentiel est donc que vous vous sentiez bien. Je vous souhaite d’être heureuse, de prendre soin de vous, de garder la féérie de vivre et de dire f*** off au prochain pervers qui passe. J’en ai eu un aussi (pas aussi abominable que le votre), je sais ce qu’ils méritent… <3

  34. Julie

    Je ne suis pas du tout persuadée qu’il faille aimer tous ses patients/clients/bénéficiaires/usagers… pour bien faire son métier.
    J’ai appris pendant ma formation que reconnaître ses limites est indispensable pour rester professionnel. Mieux vaut admettre qu’on n’a pas les épaules pour prendre en charge telle ou telle situation que d’essayer et prendre le risque de se planter. Ce qui pourrait être néfaste pour le patient/client etc. (mais aussi pour le professionnel). Bé oui ! Reconnaître ce qu’on ne peut pas faire, ce qui nous fait peur ou ce qu’on ne sait pas faire, je pense que ce n’est pas faire preuve de faiblesse mais plutôt faire preuve de responsabilité.
    J’ai un souvenir incroyable d’un boulot en psychiatrie (j’étais ash pendant un mois dans un hôpital psychiatrique en service ouvert et fermé). Je faisais l’entretien dans les chambres des patients et je revois cette femme, les bras et les jambes attachés au lit, criant et m’interpellant pendant que je lavais le sol. Incohérente, elle hurle en plusieurs langues, me demande de m’approcher pour que je lui fasse boire de la javel. Quelques jours avant la fin de mon contrat je rentre à nouveau dans sa chambre et je vois une femme debout, préparant sa valise. Elle se retourne vers moi et me demande poliment quel pull elle devrait mettre. Son mari vient la chercher et elle veut être jolie. C’est la même femme et j’ai de la peine à la reconnaître.
    Moi aussi j’ai un peu peur de la psychiatrie. J’ai vu un homme errant dans les couloirs avec des envies de meurtre, un jeune faisant brûler ses cheveux dans sa chambre pour appeler je ne sais quel démon, une dame terrifiée car elle voit des morts. Toutes ces personnes que j’ai croisées et qui m’ont fait réaliser à quel point l’être humain peut être fragile.
    Et quand je repense à cette femme, je me dis que oui, c’est effrayant la psychiatrie, mais curieusement j’en garde un souvenir incroyable. Je la revois se débattre sur ce lit et plusieurs jours après, se retourner vers moi et me demander quel pull la rendra la plus jolie.

    ps: je n’ai pas compris pourquoi le mot “entretien” est entre guillemets. C’est pas des “vrais entretiens” ? 🙂

    1. Libellule

      merci Julie pour ton témoignage.
      Je trouve qu’il faut encore + de courage pour aller y travailler quand on n’a pas appris comment ces maladies pouvaient évoluer, voire même quand on n’a pas conscience qu’elles peuvent évoluer (et que oui, la dame qui était effrayante/effrayée peut en quelques jours se trouver en rémission).
      On a beau dire, c’est quand même bien plus facile quand on n’a pas peur… pas peur d’être “contaminé” par la maladie des autres (même si c’est irrationnel), pas peur de les voir “toujours comme ça”… Je mesure ma chance

  35. brulois

    bonsoir je me permets de vous contacter pour vous demander ce que signifie ce que j’ai vu cette apres midi ma fenetre ete ouverte d’un seule battant et un pigeon tres clair dans son vole et venu percuter le carreau de ma fenetre qui ete rester fermer j’ai eu tres peur et apres il est reparti aussi vite ,je veux absolument s’avoir ce que cela veut dire un grand merçi a vous .

    1. Libellule

      Rayez les mentions inutiles selon ce qui vous convient le mieux :
      1) cf explication de Baptiste ci-dessus
      2) il n’a pas vu la vitre, cas fréquent chez les oiseaux
      3) c’est un signe : dans la vie on peut se prendre en pleine poire un gros choc qu’on avait pas vu venir et être capable de reprendre son vol

  36. KatiD

    Cher Baptiste, vous n’avez pas à vous justifier de vos peurs. Vu le passé de violence psychiatrique en France, les horrible asiles d’aliénés, il n’est pas surprenant que la peur de la folie ait été transmise à nos générations modernes … la personne qui fait des réserves d’huile et de sucre dès qu’une guerre éclate n’est pas stupide, elle porte une mémoire de faim liée à la guerre. Celle qui a peur de la folie est peut-être en lien avec un ancêtre interné dans un de ces asiles …

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