Archives mensuelles : février 2013

Les noms de ceux qui attendent.

Le secret de pourquoi les médecins feront tout pour vous culpabiliser.

Pour Baptiste, jeune donneur de 12 ans qui, en plus d’avoir le plus beau prénom du monde (si, si !) a fait au monde le plus beau cadeau qui soit.

Je vous présente A., dite Pimprenelle, interne en anesthésie-réanimation. Elle n’a rien de commun avec le personnage de « Bonne nuit les petits » (ça c’est drôle pour une anesth-réa) et tiendrait plutôt de la fille cachée de Chef Viking et Druth la Walkyrie (dont vous ferez bientôt la connaissance). Elle m’a dit : « tu n’auras mon anecdote qu’à la condition que tu m’appelles Pimprenelle dans ton blog, c’est non négociable ».
(Les gens ont des fantasmes bizarres vous ne trouvez pas ?)

Vous avez peur de la Mort ? Donnez vos organes. C’est, peut-être, le meilleur moyen de Lui dire d’aller se faire voir et de partir en beauté.

Alors voilà l’état de Mme H. qui se dégrade jusqu’au point de non-retour que nous nommons « mort cérébrale ». Pimprenelle lance LA procédure : bilan biologique, scanner, sérologies virales et SURTOUT Dobutamine à fond les manettes. La Dobutamine maintient en vie « artificiellement » Mme H. le temps que la famille accepte l’irrémédiable, que soit abordée la question épineuse du don d’organe.
Trois jours durant, Pimprenelle se bat, préservant Mme H. du lent ouvrage de la mort en marche.
D’un coté la Dobutamine, de l’autre lutte avec la famille :
– N’aurait-elle pas voulu faire profiter un être humain malade ? N’était-elle pas généreuse de son vivant ? Etc…
Vous trouvez cela malsain de culpabiliser ainsi les familles en deuil ?
Pimprenelle réfléchit, sur son bureau, aux noms des malades compatibles avec Mme H. Elle les imagine, elle pense à leurs pathologies, leurs calvaires quotidiens, leurs espoirs d’être un jour sauvés.
Pimprenelle voit les noms dans sa tête.
Il y a Mme Y. pour le rein, M. J. pour le cœur, le jeune L. et sa mucoviscidose.
3 noms.
3 vies.
3 familles.
Pimprenelle est médecin.
La famille de Mme H. refuse. Les trois patients resteront malades (dans le meilleur des cas) parce que « vous comprenez, on ne veut pas charcuter Mamie ».
Bien sûr que nous comprenons. Mais vous, comprenez bien une chose : nous pensons aux noms de ceux qui attendent.
Mme Y. pour le rein, M. J. pour le cœur, le jeune L. et sa mucoviscidose.
3 familles.
3 vies.
3 noms.
Et ces noms pourraient être VRAIMENT les vôtres.

Donnez ou ne donnez pas, mais faites-le savoir autour de vous (et donnez quand même vos organes, même les troués et les vintages, on vous les rendra !)

Lien pour faire sa demande de carte : http://www.france-adot.org/demande-carte-donneur.html

(Les illustrations sont trouvées sur les réseaux sociaux où elles sont libres de droit ce qui n’est pas le cas sur CenterBlog. Si vous connaissez les artistes, on veut bien connaître leurs noms et l’afficher ! Redde Caesari quae sunt Caesaris)

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Le Nostromo, la reine des Xénomorphes, Newt et Brigitte.

Si Rambo a un bandeau c’est parce que c’est une femme et qu’il s’appelle Brigitte. 

Alors voilà Brigitte.
Frisée, un bandeau, brune. Sous les cheveux un sourire pudique. Toute douce la Brigitte.
Qualité rare : elle apaise : elle sait dire/faire/poser les mots/les gestes/les ambiances qui vous rassurent. Comment ? Je ne sais pas, mais, petit garçon, je veux y voir un soupçon de magie.
Qualité puissante : elle efface ce qu’il y a de mauvais. Qu’est-ce que je veux dire ? J’ai cherché comment l’exprimer mieux mais je n’ai rien trouvé d’autre que cela : avec elle dans la vie on se sent moins méchant.
L’autre jour, intervention très difficile.
Trois hommes : l’ambulancier, le médecin et BiBi.
Une infirmière : Brigitte.
Une patiente de 4 ans.
Les trois hommes, tétanisés : mauvais timing, mauvais jour, mauvais karma. Les hommes sont comme des enfants effrayés par quelque chose qui s’appellerait la Mort et ressemblerait à une petite fille de 4 ans.
Brigitte resserre son bandeau, regarde la Faucheuse droit dans les yeux avec ce même coup de mâchoire volontaire que Sigourney Weaver dans Aliens 2 quand Ellen Ripley lance à la reine des Aliens cette phrase devenue culte « Ne la touche pas, sale Pute ! »
Elle prend les choses en main. Dicte ses ordres, prépare ses mélanges dans ses seringues, enfile ses perfs, tapote la veine et l’attrape du premier coup comme un coup de fusil en pleine poire.
Headshot.
Elle est le lieutenant triomphant d’une bataille qui s’engageait mal.
Brigitte.
Infirmière.
Frisée, un bandeau, brune. Sous les cheveux une vraie machine de guerre, je veux dire : cette femme est VRAIMENT une machine de guerre contre la Mort.

« Get away from here, you bitch !
Ellen Ripley, en VO

« Ne la touche pas, sale pute ! »
Ellen Ripley, en VF

« Pas aujourd’hui ! »
Brigitte

La Reine qui commande aux nuées.

A lundi, ou mardi… Mais c’est certain pas moins de 2 à 3 récits par semaine…((((parenthèses entre parenthèses (je vous remercie infiniment pour hier, prenez soin de vous aussi…))))

Alors voilà le hall des urgences plein à craquer. Les brancards se la jouent file indienne : succession d’âges, de sexes, de bobos différents plus ou moins graves…
Au milieu, passant inaperçue, la « Dame ». Je dis la « Dame » parce que j’ai décidé de voir une Reine Mère là où ne repose qu’une vieille femme démente nue sous une chemise blanche d’hôpital. Plus commode.
Elle dessine, du bout des doigts, de drôles d’arabesques dans le vide. Sa main droite va et vient, elle semble vouloir agripper quelque chose que je ne peux pas voir.
On dirait qu’elle coiffe le vide.

C’est cela : le vide serait une sorte d’immense chevelure invisible au commun des mortels et la Dame aurait entrepris d’en peigner chaque mèche.

Un geste plus brutal et la chemise tombe, dénudant un sein.

Je m’approche pour la recouvrir, guette son regard, pour y chercher des réponses : comme si je pouvais recueillir l’image de sa rétine et comprendre pourquoi elle caresse le vide et le questionne avec ses mains.
Échec, je ne trouve rien dans ses yeux. Mais son visage… Ses rides…. De près, je le sais, mon idée n’était pas une fantasmagorie : la patiente n’a rien d’une vieille démente sur son brancard d’hôpital.

On se trompe : Alzheimer n’existe pas. Cette maladie horrible n’existe vraiment pas et ma patiente est bien une Dame. Une Reine Mère.

Sur le brancard où elle trône perdue au milieu des Urgences elle ne peigne pas les cheveux du vide : elle préside à des armées silencieuses, elle est une Reine qui commande aux nuées.

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S’attacher et se détacher.

Photo superbe de M. Sanchez.

Amis lecteurs, pour hier, je n’ai pas noté « schizophréne » ou « schizophrènique » j’ai marqué « émotionnellement schizophrénique » avec le sens étymologique du mot « schizophrénique » « esprit fendu en deux »… À l’image de l’anecdote d’hier…
Je sais ce qu’est un schizophrène (B. a fait des études médicales !) et je sais ce qu’endurent leurs familles…
À bon entendeur…
Sur ce, je vais prendre un peu de recul (une réconciliation ne se fait pas sans heurts à priori, mais je suis jeune et j’apprends…), donc à la fin de la semaine, si vous le voulez bien, je ne posterai plus tous les jours mais certains jours seulement. Et pour garder une certaine qualité dans les textes que j’écris et pour prendre de la distance vis-à-vis de certaines critiques (ben oui, je suis humain et parfois ça me touche, je me suis attaché, je dois me détacher un peu).
Bien à vous (tous)

Vraiment…

B.

(L’histoire c’est C., l’écriture c’est moi, Merci !)

Alors voilà C.
Externe en psychiatrie. Parmi ses patients, Mr V., délires à tendances paranoïaques.
On a tous des coups de cœur.
Pour C., il s’agit de Mr V.
Elle s’attache à Mr V et suit ses progrès. De jour en jour, elle y croit, elle en est sûre : Mr V. est guéri, Mr V. va mieux, Mr V. a le droit de reprendre le cours de sa vie d’avant.
– Qu’en penses-tu ? lui demande le Chef avant de se décider.
C. argumente la guérison de Mr V. : il ne parle plus de meurtre, ne voit plus de complots partout, est d’une douceur et d’une sympathie exemplaires.

C. est humaine. Elle s’est attachée.

À l’entretien final, Mr V. :
– Je suis content de partir.
– Qu’est-ce que vous allez faire en rentrant ? demande-t-elle.
Mr V. avec naturel :
– Régler son compte à ma femme. Elle me trompe. Elle téléphone à son amant dans le garage, en cachette. Je le sais. Elle pense que je l’ignore, mais moi je le sais.

Alors C. se lève, se dit que le cerveau est quand même parfois une sacrée merde, que c’est bien fait pour elle, que la prochaine fois elle s’attachera moins, qu’il ne faut pas s’attacher trop.

Elle va voir le grand chef et lui dit la vérité :
Non, Mr V. n’est pas guéri.

Elle le voulait pourtant.
VRAIMENT très fort.

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Comment virer émotionnellement schizophrénique en 2 étapes.

Alors voilà une bonne recette pour faire virer émotionnellement schizophrène un interne en deux étapes :

Étape 1 :
Se débrouiller pour que l’interne qui finit sa garde à 22h vous déteste :

En se pointant aux urgences à 21h30, un dimanche soir, avec une fillette de 3 ans et lancer à l’interne avec hargne :
– J’en ai marre ! Je suis venue jeudi soir, on m’a dit « gastro-entérite ». Elle vomissait encore, alors vendredi on fait une échographie qui montre ce truc au nom barbare. Je m’inquiète. Qu’est-ce qu’elle a ma fille ? J’en ai marre !
Je suis un peu old-school : je tiens à ce qu’on me dise « Bonjour » avant de me chier dans les bottes.
J’examine la petite, fais une moue, balance à la mère :
– Vous êtes inquiète ? Vous pouviez venir vendredi après midi, samedi matin, samedi après midi, dimanche matin et dimanche après midi. Vous aviez sans doute une bonne raison pour ne pas le faire, en revanche je n’en vois aucune pour nous témoigner autant d’agressivité.

Prends ça dans les dents, Gaétan ! Faut pas chier dans les bottes à Bi-Bi !

Étape 2 :
Ensuite, quand l’interne est bien chaud, le retourner comme une crêpe avec une phrase…

La mère s’excuse, a les yeux qui s’embrument, dit avec une retenue formidable :
– J’avais peur de venir. Il y a deux ans, j’ai perdu mon fils ici. Cet endroit…

Je déteste comment notre métier nous rend émotionnellement schizophrénique, je veux dire : je déteste VRAIMENT comment notre métier nous rend émotionnellement schizophrénique.

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Un grand moment de solitude…

I. est déjà passée là : Plutôt Charlotte aux fraises que madeleine ? et là : « Et demain, je dors. »

Le retour de I. !

Alors voilà les crématoriums (quelle entrée en matière !).

Les fours incinérateurs des crématoriums n’aiment pas les Pace-makers : ça les fait exploser. Quand un patient meurt et veut se faire incinérer, il faut toujours retirer le pace-maker. Dura lex, sed Lex !
Et revoilà… I. ! Notre interne gaffeuse bien aimée !
Elle est appelée dans les services pour constater un décès.
Le service est plein : un patient a déjà remplacé la patiente décédée. Le corps repose dans le couloir, sur un brancard.
– Elle a un Pace-Maker et elle a réclamé une crémation.
– Il faut lui retirer avant que la famille n’arrive. Tu l’as prévenue ?
L’infirmière :
– Dans 20 minutes.
La nuit, on est amené à mal entendre ou mal expliquer : I. pense avoir entendu que la famille serait prévenue dans 20 minutes. L’infirmière pense avoir expliqué tout autre chose…
Sachez qu’un Pace-Maker, c’est très difficile à retirer. I. essaye, elle tire, elle force, elle bande tous ses muscles.

Vous sentez venir le truc là ?

Se mettre à califourchon sur le corps de la patiente, c’est difficile à oublier.
Se faire surprendre dans le couloir à califourchon sur la patiente par sa famille… VRAIMENT impossible à expliquer.

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Les deux lois universelles qui gouvernent le monde.

(Anecdote de M., l’écriture c’est moi, Merci !)

Alors voilà l’anecdote qui devait fatalement arriver un jour ou l’autre…

Mme F., 42 ans, aux Urgences. Avec son mari, ils ont joué à des jeux d’adultes et leur jouet de 24 cm s’est retrouvé coincé puis emporté dans le sigmoïde et le côlon de madame.

Sachez-le, deux lois universelles gouvernent le monde : celle de la Gravité et celle du Péristaltisme Intestinal.
La première dit que si vous jetez une pomme en l’air, elle vous retombe sur la gueule.
La deuxième dit que si vous vous enfoncez trop profondément un objet oblong dans l’anus le mouvement de votre côlon le fera remonter mais jamais ressortir (à bon entendeur…).
On opère madame. L’interne au chirurgien :
– On fait quoi du Sex-Toy ?
– Tu leur rends ! Il est à eux…

Une semaine après :
Mr F., époux joueur de Mme F., consulte aux urgences. Cette fois-ci, c’est lui. Dura lex, sed lex : même motif, même punition.
On opère monsieur. L’interne au chirurgien :
– On fait quoi du Sex-Toy ?
– Dis-leur qu’il a été perdu. J’en ai marre de voir leurs gueules.

Personne n’échappe aux deux lois universelles, je veux dire : VRAIMENT personne n’échappe aux deux lois universelles qui gouvernent le monde.

A lundi !

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À propos de la communication entre les Hommes.

Petit souvenir de l’externat.

Alors voilà le détenu numéro 213 amené par la police. Agressé dans sa cellule. Bien amoché, le pauvre type. La médecin chef veut l’examiner, mais seule : hors de question qu’un policier assiste à l’examen et de toute manière le détenu est menotté au lit : « je ne risque rien » dit la Chef. Le gardien refuse net : il restera dans la chambre pendant l’examen. Non négociable. Le ton monte, personne ne veut lâcher l’affaire. On parle d’appeler l’administrateur de l’hôpital. Je me demande qui est le plus con de nous quatre : le détenu qui s’est mis dans une sale affaire, les deux autres concourant pour savoir qui a la plus grosse, ou moi, au milieu, totalement impuissant.
Je fais un pas vers le patient. La chef, le doigt levé, l’air sévère et catégorique :
– Tu attends B. !
Je regarde le patient en train de pisser le sang. Question : que se passe-t-il quand une force irrésistible rencontre une masse inamovible ?
Si vous aussi vous vous posiez la question, sachez-le la réponse est : « Tu attends B. ! » (À dire d’un ton sévère et catégorique avec le doigt levé).
Finalement, le gardien mettra un pied dans la chambre, l’autre dans le couloir et la tête hors du box, faisant semblant de regarder ailleurs.
Sur l’instant, je trouve cela stupide et puis… le patient, dans un murmure à peine audible, nous dit qu’il saigne aussi « derrière ».
La chef a eu raison : il faut connaître son patient pour pouvoir bien le soigner. Le détenu n’aurait jamais parlé en présence du gardien.

Mais ça a mis du temps.

Le monde des Hommes gagnerait, entre autres bienfaits, à un peu plus de communication, je veux dire : il gagnerait VRAIMENT à un peu plus de communication.

« À notre époque où on parle tant de communication, la vraie communication est poétique. »
Robert Sabatier. 

« C’est ben vrrrai ça, Bob, c’est ben vrrrrai… »
La mère Denis.

A demain ! P.S., petit concours, selon vous : que se passe-t-il quand une force irrésistible rencontre une masse inamovible ?

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Kaboom !

Mon sujet de thèse : « modification des bébêtes dans le tu-tube digestif par d’autres bébêtes achetées en pharmacie : quel intérêt dans le traitement des maladies pas cools qui vous donnent mal au ventre et vous donnent l’impression de faire des lames de rasoir… »
À ce propos, vous êtes de plus en plus nombreux à m’écrire, à venir sur le site (déjà 340 000 visiteurs…) et cela signifie que vous êtes de plus en plus nombreux à me faire confiance pour notre réconciliation… Cela me touche et, comme je ne peux répondre à tout le monde, je vais écrire les choses avec pudeur et entre parenthèses (vous connaissez maintenant mon goût pour les parenthèses entre parenthèses…) ainsi que dans une police plus petite car il n’y a pas mieux qu’un petit voile de pudeur posé sur l’objet du désir pour mettre en relief le fameux objet, donc voilà : ((je vous aime aussi !))

Père castor, raconte-nous une histoire !

(Anecdote rapportée par Mahatma E., infirmier quelque part en France, conteur hors pair, qui a toujours su nous faire rire même quand on pensait ne plus y arriver. Tu es une grande âme ! PS : Mahatma a une toute petite tendance à l’exagération mais c’est aussi pour cela que nous aimons ses récits… l’écriture c’est moi. Merci !)

« Alors nous vl’à le chef, l’interne, l’ambulancier et moi appelés pour une défenestration du huitième étage. On est à fond : je ne sais pas ce qui traîne dans l’air, mais ce jour-là, bon dieu ce qu’on est à fond ! L’ambulancier ne conduit pas : il pilote, on est comme une team de super héros qui va sauver la veuve et l’orphelin. Arrivé au pied de l’immeuble j’attrape le scope (10 kg) le sac de réanimation (10 autres kg), on surgit dans le hall. Y a un ascenseur ! Pas d’ascenseur, dit le chef, s’il tombe en panne quand on est dedans le patient est cuit !
Ah oui, c’est vrai, le patient ! On va l’avoir celui-là ! Putain de bordel de Dieu, on va le récupérer ce défenestré, on va le ramener chez les vivants en le tirant par la corde du string s’il le faut !
On saute quatre à quatre les marches d’escalier, on court, on flotte, on glisse, on est des petits photons de lumière qui volent !
Enfin nous voilà, huitième étage, transpirant, suant mais enthousiastes et fiers d’avoir fait si vite, d’être là pour sauver ce pauvre type qui s’est pris pour un albatros. Une porte s’ouvre : une femme, petite, en tablier de cuisine, écarte largement ses bras et crie avec l’accent pied noir :
– EH BÉ, QU’EST-CE QUE VOUS FAITES LÀ ! Mon fils, il s’est défenestré, c’est en bas qu’il a besoin de vous !

Et E. de nous faire doctement :
– Vous voyez les enfants, il y a une morale à cette histoire…
Légère pause pour que nous, tous en cœur, fassions :
– Oh oui ! Dis-nous père Castor !
– Quatre personnes dans une même voiture peuvent cumuler plus de 25 ans d’études à elles toutes et pourtant être plus connes qu’une valise sans poignée.

J’adore les chutes qui ponctuent les anecdotes de Mahatma E., je veux dire : j’aime VRAIMENT les chutes de Mahatma E.

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Le secret de pourquoi je n’aurai plus peur des dobermanns.

(Le sujet de ma thèse ? je vous le donne demain… Parce que c’est vous !)

Petit/Grand souvenir de l’externat…

Alors voilà le SAMU appelé pour un petit gars de 3 ans. Crise d’épilepsie. Lorsque nous arrivons, cela fait déjà 21 minutes que le petit convulse. Il a inhalé dans ses poumons tout son repas.
Il est en train de mourir.
Je ne vous parlerai pas de la mère choquée, des gestes héroïques de l’infirmière, de la détresse de C., un ambulancier, solide gaillard dont je croise le regard effondré.
Je vais vous parler du chien de ce petit gars de 3 ans, cet énorme Dobermann, mélange du chien des Baskerville et de la bête du Gévaudan.
Il nous accueille sans un aboiement, la queue entre les jambes, ouvrant le chemin.
Cinq gars débarquent chez lui mais le molosse ne bronche pas.
Pire, il pleure.
Il tourne/retourne derrière la fenêtre, nous observe autour du corps de son petit maître et il geint, il gratte, il gémit à n’en plus finir.
La catatonie de la mère, le courage de l’infirmière, la détresse de l’ambulancier… ça je ne peux pas vous en parler. Mais ce Dobermann monstrueux qui sait, déjà, que tout est fini, qui le sait avant nous-même, avant le destin lui-même, cela a quelque chose de déchirant et mystérieux, je veux dire : c’est VRAIMENT déchirant et mystérieux.
Quand nous emportons le petit corps de son petit maître, l’énorme bête renifle une dernière fois les pieds menus déchaussés par la mort.