Ce qui est humain.

« Eric est un ami d’enfance.

Mon ami.

Depuis, la maternelle nous sommes ensemble en classe…

Il est brillant brillant brillant…

Tellement qu’il en est presque agaçant !Naturellement, il a choisi médecine.

« Je l’ai promis à papa »

Son père était décédé pendant le concours de sa première année…

Il était brillant brillant brillant… alors ça a marché les doigts dans le nez !

Il a choisi anesthésiste et alors que je peinais à boucler mon dernier cycle de pharmacie, lui était chef de clinique waw… brillant brillant brillant….

Un jour… du stress, sans doute… oui… de l’urgence… une dose mal calculée… un bébé paralysé 6 mois, un dépôt de plainte, une mise à pied du CHU… honte, carrière brisée… descente aux enfers… il était brillant brillant brillant… il brille parmi les étoiles… on m’a dit « il a manqué de soutien », je pense qu’il a aussi manqué de gens pour lui dire : « sois indulgent avec toi-même, mon pote, les erreurs ça arrive, tu es humain, tu fais ce que tu peux, tu entends ? CE.QUE.TU.PEUX. »

Belle journée à toi qui me lis, et n’oublie pas : se tromper, c’est humain !

On le dit tant de fois sans s’en approprier le sens finalement !

J’aurais voulu qu’on le dise à mon Éric. Non ? »

X., pharmacienne.

51 réflexions au sujet de « Ce qui est humain. »

  1. Biquette

    On ne peut pas être parfait tout le temps, on est des êtres humains avec des faiblesses, des doutes… Eric aurait mérité qu’on lui dise en effet…Il faut s’aimer un peu pour pouvoir aimer les autres, non?

  2. SANNIER Françoise

    Pauvre Bébé, pauvres paarents ; c’est horrible affreux
    Mais il ne peut pas réparer, même si c’est ce qu’il désirerait le plus au monde
    et donc la vie d’Eric est un peu foutue, pauvre de lui
    Comment reculer dans le temps ? réparer l’irréparable ?
    Pauvres gens

    1. Aude

      L’enfant s’en est remis. Et c’est heureux.
      Mais la famille de Éric a perdu un homme attachant sympathique et humain, victime d’un système inhumain. Quiconque a fait des gardes comme on les connait aurait pu faire la même erreur.

  3. Rainette

    On est humains et donc faillibles. Nous devons le
    Savoir, le comprendre , l’accepter et se le répéter.
    Mais dans ce monde où ni la faiblesse ni l’age,
    ni l’echec ne sont admis comment faire ? La
    pression broie le plus brillant sans scrupule.
    Nous risquons un jour d’etrre comme Eric.
    Serez-vous là ? A l’ecoute ?

  4. Sylve

    Parce que c’est un peu mon boulot, je me permets ce petit post à l’attention d’Éric et de tous les “Eric” de nos services de soins, médicaux, paramédicaux etc… : il y a ce que l’on appelle maintenant couramment des fiches d’événements indésirables vouées à déclarer ce type d’erreur et à en faire l’analyse des causes afin de supprimer les risques ou du moins de les réduire… Si cette analyse avait été faite à bon escient une prise en charge de la famille de ce bébé aurait été mise en place, une prise en charge de ce médecin également ainsi que des actions correctives et préventives le cas échéant… Lorsque nos structures de soins quelles qu’elles soient auront intégré cette culture positive de l’erreur, cela permettra de redonner confiance aux usagers et à tous nos oignants à rester brillants, brillants, brillants…

    1. Jenny Ann Rydberg

      Merci de ce commentaire Sylvie qui tient compte du vécu des uns et des autres, des soignants mais aussi des familles. Car quand on a un enfant handicapé à vie à cause de l’erreur d’un soignant, juste entendre qu’on a tous droit à l’erreur, c’est insuffisant, c’est irrespectueux. Mais si l’erreur est prise en compte avec une réelle volonté de compréhension pour éviter que cela ne se reproduise, ça introduit tout de suite du sens et une prise en compte de la souffrance. J’aurais tant aimé pouvoir vivre cela…

    2. Christel

      Oui, cela existe mais encore faut-il que les directions prennent cela en charge véritablement! Nous sommes tous Éric, moi dans un Ehpad, vous, eux, le bébé, notre cher Baptiste, tous les actifs…parce qu’on nous broie dès que nous ne sommes pas des machines…l’erreur: plus le droit, besoin de lever le pied pour ne pas sombrer: plus le droit, faire la fiche d’évènements indésirable: vaut mieux pas…convocations, explications, humiliations, descente aux enfers sans possibilité d’être réintégré, pas de cellule psychologique face à un drame, pas de soutien au sein même de l’entreprise…on en parle !? Éric est mort, il s’est suicidé de ce que je comprends…parce qu’on ne lui a pas dit, parce qu’il voulait sûrement que tout ce cauchemar cesse et que c’est la seule solution qui a dû lui paraître sûre et définitive…oui il méritait qu’on lui dise comme tous les autres Éric, ça me fait mal ce monde de brutes, ce monde du travail qui n’est plus que violence et traumatismes…je dois quitter mon emploi, j’ai la chance qu’on me l’ait dit…mais j’aimais ce que je faisais, j’aimais faire du bien à mes collègues aux familles aux résidents mais ce monde m’a hachée menu…alors demain je ne sais pas ce que je vais devenir…sans travail, demandeur d’emploi…mais je sais que je vais vivre, et peut être que j’élèverais des poules, ou que je peindrais, ou que j’écrirais…j’ai peur mais j’ai pris mes miches à deux mains (bon elles n’y rentrent pas mais c’est comme les c….), j’ai écouté mon moi profond, j’ai lu, j’ai écouté le soutien et j’ai osé dire stop…parce que Je vais retravailler à vivre ! Et tous ceux qui m’ont envoyé en enfer je vais les laisser s’y complaire, gémir et continuer à ramper avec leur peur…j’ai essayé de leur dire, ils n’ont pas voulu écouter, que faire de plus ? Une sur 70 ? Leur choix ne m’appartient pas…je n’ai aucun droit de les obliger à entendre le signal d’alarme que j’ai tiré, j’ai voulu les soutenir, j’y ai laissé mes propres forces et face à si peu d’humanité je me suis dit que je devais au moins me sauver moi …et les miens…je suis peut être lache ? Mais Éric vit en moi ainsi…je veux vivre, vivre, vivre et un jour je mourrais, j’espère dans les bras de mon amour de mari et pas dans ceux du système.

  5. Lili du 16

    Quelle est triste cette histoire ! J’ai regardé “Envoyé Spécial” hier et j’ai vu le malaise des personnes qui travaillent dans le médical. Il faut avoir une sacrée dose de force et d’équilibre pour tenir le coup.

    1. VICTIME

      Ou beaucoup de cynisme ! Au centre hospitalier de Chartres (Eure & Loir), le chef du service de pneumologie a tué mon époux, victime d’une ultime séance de chimiothérapie alors qu’il était en état de surinfection majeure non détectée ! La faute caractérisée est établie, elle est en lien direct avec le décès du patient privé de toute chance de survie ! Il y a de cela 7 ans, ce praticien est toujours en poste et poursuit son petit business, sans aucun état d’âme, l’établissement non plus, T2A oblige !!!

      1. Chuck Norris

        Ce praticien que vous jugez et dont vous voulez la tête … combien de vie a t-il sauvé et combien en sauvera t-il encore ?

        1. VICTIME

          Ce n’est pas moi qui ai “jugé”, ce dont les experts judiciaires médecins qui ont conclu ! Et pour l’heure, j’attends que la Justice, elle, en tire des conclusions qui, elles, se font beaucoup attendre ! S’agissant du médecin en cause, je doute qu’il ait sauvé des vies et qu’il puisse le faire ! Son incompétence est notoire mais il serait très protégé …

      2. Augustin PERRUCHON

        il conviendrait de connaitre le dossier de ce patient complètement! combien de familles se défaussent sur les médecins en cas d’accidents, de décès ou d’incidents, pour occulter la part de responsabilité du patient. Une chimiothérapie pour cancer pulmonaire, c’est du lourd, aussi lour que la maladie qui est une horreur elle même. On en a vu des dizaines de patients, fumeur invétéré qui niait toute responsabilité personnelle et qui eux même ou leur famille faisait porter sur l’institution et/ou les médecins l’échec ou l’issue fatale. Mais bon…
        De plus, vous citez l’établissement et le poste du médecin, ce qui ne me parait pas être très “éthique”

        1. VICTIME

          Effectivement, la connaissance du dossier est importante. Rassurez-vous, je le connais parfaitement. Un cancer du poumon c’est grave, très grave, c’est pourquoi sa prise en charge doit être médicalement sérieuse et assurée par des médecins compétents en cancérologie, ce n’est pas le cas de l’hôpital de Chartres, en particulier pour la prise en charge du cancer du poumon qui aura relevé pour mon époux, non du plan personnalisé de soins obligatoire pour tout patient, mais du “business plan” (T2A oblige) concocté entre médecins sans scrupules agissant hors la loi et sans contrôle, avec naturellement la complicité de l’ARS !
          Certes mon époux, avait été fumeur, mais il avait arrêté depuis plus de 12 ans lorsque le diagnostic du cancer du poumon a été posé, un cancer opérable et opéré, non métastatique. Le cancer n’a pas tué mon époux, ce sont les médecins qui s’en sont chargés ! Quant à “l’éthique”, c’est à ne pas confondre avec l’hypocrisie !

  6. Lys18

    Éric n’a pas supporté la pression,l’opprobre.
    Brillantissime,il a craqué,fait une erreur et n’a pas supporté le jugement,la vie mise à nue.
    Je suis sûre qu’il continue de briller,pour aider les autres.Avec amour et bienveillance.

  7. Souslalune

    Je crois qu’on serait tous tellement plus indulgents avec les autres plutôt qu’avec nous même … Parfois, quand je fais une boulette, je me dis “et si c’était Mimi (ma meilleure amie depuis … ben je sais même plus quand, c’est pour dire !) qui avait fait ça, que lui dirais-tu ?” … et c’est fou comme je lui dirais, comme à Eric, que l’erreur est HUMAINE, et c’est encore plus fou comme je me dis “mais que tu es nulle ma pauvre” … Pourquoi sommes-nous notre pire juge, je me le demande souvent !

    Encore un grand MERCI pour ta prestation d’hier soir Baptiste, ta gentillesse, ton intelligence, ton humanité (cela doit te barber de lire toujours les mêmes compliments, mais ils sont tellement vrais), et MERCI aussi pour le free hugg que j’ai quand même eu le courage de te demander en partant !!!! Ma puce , qui assistait à sa “première rencontre littéraire” m’a dit “il est vraiment super ce Monsieur, et il est drôle” !!! MERCI !!!!

  8. Oona

    à force de faire croire aux/à certains docteurs qu’ils étaient quasiment des dieux, certains finissent par le croire … Ils peuvent devenir des humains odieux, ou pas, mais des médecins réputés, ils ne se remettent jamais en question, ou rarement, et peu osent le faire pour eux … et puis il y a l’erreur, humaine, forcement humaine … et la chute du piédestal, terrible …
    Mais ça ne vaut pas la peine de mourir … aucun travail ne vaut la peine de mourir pour une erreur …

    Un peu hors-sujet, mais dans le médico-social, on a des séances de supervision, d’analyse des pratiques avec un psy, en équipe ou en individuel … cela n’existe pas dans le milieu médical ?

  9. Anne

    Entendu sur France Inter il y a 3 jours: ” le burn out est une maladie de l’âme en deuil de son idéal “.
    Je suis infirmière ça m’a touché profondément et C’est la première image qui m’est venue en lisant le post.

  10. mimi

    “le burn out est aussi une maladie du corps, de l’organisme…”
    Il y a 15 jours, ma fille, suite aux conseils de son généraliste, est partie aux urgences de Pellegrin à Bx avec son petit de 15 mois. Arrivés à 15h30.
    Un samedi, les urgences pleines à craquer. 1er examen du petit, dans la salle d’attente… Les gens toussaient, certains enfants couverts de bouton de varicelle, des rougeoles… Ma fille attend son 2ème enfant…
    Les patients : des roms, bcp de roms qui hurlent parce qu’ils attendent. Une infirmière se fait agresser…
    Ma fille “sera libérée” à 21h30 !!! Avec un bébé de 15 mois…
    Le pédiatre qui a enfin vu le petit s’est excusé de cette attente, s’est excusé de cette ambiance… Sans insisté.
    Pauvre médecin qui n’en peut plus !
    Il serait temps de faire le ménage dans ce service qui s’appelle “URGENCES” et non “soins pour petits bobos” car je ne veux pas payer un médecin de nuit ou de fin de semaine.
    Alors, le burn out qui ronge le corps, l’esprit et l’âme, je le comprends.

    1. Emmanuelle

      Mimi, j’ai du mal avec ce jugement catégorique…
      Dans ma ville (aisée et pas isolée), 8 médecins ont arrêté… retraite pour les uns, autres cieux pour les autres…
      un vendredi matin, j’appelle mon médecin traitant pour une “urgence” : une otite du petit dernier… c’est un bobo, un petit enfant… ce qu’il faut, c’est un otoscope, un médecin au bout, qui décidera si “ça passera d’ici demain” ou si “c’est antibios c’est pas beau au fond”.
      Hélas, point de médecin, il est en vacances… ce que je ne peux qu’approuver, étant données ses conditions de travail actuelles.
      Me voilà enjointe d’emmener mon gamin aux urgences par sa consoeur qui refuse de voir mon nain.

      Evidemment, un autre médecin j’appelle, expliquant mon cas… “Mon médecin, c’est Machin, il est en vacances, sa consoeur n’a plus de place, mon petit a mal à l’oreille et 38 de fièvre, avez-vous un moment pour le diagnostiquer dans la journée ?”.
      Partout on me répond que non, que je n’ai qu’à l’emmener aux urgences.

      Au bout d’une heure de tentatives (renvoyée vers les urgences par 8 cabinets), j’ai obtenu un rendez-vous avec un médecin compatissant (qui tient lui-même son standard), qui a ouvert son cabinet 30 minutes plus tôt l’après-midi, pour voir le petit et confirmer ce que nous avions identifié.

      L’année d’avant, même topo pour une varicelle… j’avais carrément eu le dispatcheur du SAMU au téléphone (en faisant le numéro de SOS médecins), qui me parlait lui aussi d’aller aux urgences si aucun cabinet ne répondait…

      Je ne suis pas au fin fond de la cambrousse, j’ai les moyens de payer un médecin de nuit s’il le faut ou SOS médecins et les moyens intellectuels de différentier une urgence d’un “truc casse-pied qui ne nécessite pas un urgentiste”… mais si je suivais les conseils que l’on me donne au téléphone quand j’appelle les médecins de ville, j’irais gentiment engorger les urgences plusieurs fois par an avec l’un de mes trois enfants… et pas par abus du système…

      1. estamine

        Je vis exactement les mêmes histoires qu’Emmanuelle…Le désert médical est partout, on fait tout ce qu’on peut pour ne pas engorger les urgences, mais même avec la meilleure volonté du monde, il y a des moments où on n’a plus de choix autre que les urgences. A chaque fois je demande au médecin si j’ai bien fait de venir, il me répond “oui, vous avez bien fait, on ne peut pas différencier ça (peut attendre un peu) de ça (plutôt grave) juste au téléphone”.

        8 pédiatres pour 200000 habitants ici…

  11. Isabelle

    Amis lecteurs, je vous invite à parcourir le rapport Couty sur le CHU de Grenoble= Audit après le suicide d’un neurochirurgien
    L’hôpital est parfois un lieu de douleurs pour les soignants et il nous faut aussi lutter contre cela car ce sont les malades qui en bénéficieront.
    Merci Bibi pour ce témoignage
    Un médecin

  12. Fred.

    Personne ne sait ce qu’il vaut tant qu’il n’a pas échoué,surtout dans ce métier.
    Mon premier maître de stage nous avait dit «  être médecin,c’est accepter d’etre responsable de la mort de certaines personnes qui nous ont confié leur vie » et il avait ajouté :on a tous des cadavres dans nos placards,êtes vous prêts à vivre avec ça ?

  13. Giroflée

    Oui on est souvent le pire juge pour nous-même Oui on est tous faillible et Oui beaucoup de nos soignants sont au bout du rouleau. Quelle tristesse cette histoire !

  14. François

    Certes l’erreur est humaine mais cet argument semble simpliste. Tchernobyl est une erreur humaine. Établir des protocoles, des points de contrôle… puis les appliquer serait préférable . Un medecin demeure un être humain et non pas un dieu alors il peut se tromper. Donc accepter la mise en place de parades a d”eventuels risques d’erreurs.

  15. Pascale

    C’est dramatique! Et de telles histoires il y en a tant malheureusement!et le soutien aux familles et soignants inexistant! Ou si peu!! En tout cas en médecine générale…

  16. Emmanuelle

    Je suis touchée par l’histoire d’Eric…
    Je me dis qu’en tant que parent, je pourrais provoquer ça. Cette pression de la perfection, ce manque d’indulgence envers soi… que faut-il faire pour que nos enfants ne se sentent pas obligés d’être surhumains ?

    1. Caroline

      J’ai parcouru un peu “les lois naturelles de l’enfant” par Céline Alvarez, et ce qui m’a frappée, c’est que curieusement, dire à son enfant “C’est bien !” quand il a fait par exemple un beau dessin ou bien exécuté les consignes, induit chez lui une recherche d’approbation de l’adulte, il cherche à vous plaire et devient dépendant de votre approbation. Il ne sait plus très bien ce qui est bien ou pas bien si ce n’est pas quelqu’un d’autre qui le lui dit. Ce que l’auteur recommande, c’est de lui dire “je vois que tu as fait ceci-cela, qu’est-ce que tu en penses, est-ce que tu es content ?” (et vous associer à sa satisfaction s’il en a, sur le mode “je suis content que tu sois content”), sans jugement de valeur de VOTRE part, pour lui apprendre à se situer par rapport à lui-même, et non par rapport à vous. Il deviendra ainsi son propre référent et ne cherchera plus tellement à satisfaire des critères plus exigeants que les siens propres, et sera plus enclin à être content d’avoir atteint l’objectif que LUI s’était fixé. Lui dire “C’est bien !” veut dire pour lui “Si tu ne fais pas toujours comme ça, alors je t’aimerai moins, reste à la hauteur !”, apparemment. Alors que “Je suis content pour toi” lui dit que vous l’aimerez quoi qu’il fasse, ce qui est finalement le but ultime de la vie, non ? 🙂

  17. Herve CRUCHZANT

    Serein, je rentre dans mon lieu à vivre rassurant. Je reviens de moi-même avec une hypothèse délirante comme viatique et pose les clés de mes solutions jubilatoires dans la sébile astreinte à cette tâche entre une édition d”Alice au Pays des Merveilles et une étude sur la magnéto hydro dynamique. Sur l’écran de l’ordinateur, ce post de Bibi. Avec un ourson blanc. Avec des morceaux dedans. L’histoire à la mode d’un homme doué, brillant trois fois plus que les Autres, qui brille partout, éclaire même son entourage et sauve des vies menacées. Trop de tension ? L’homme trébuche, glisse et manque un repère. Fond les fusibles et se tue.
    Ce serait le symptôme d’Icare, cet espèce de farfelu imbu de lui-même, emplumé jusqu’à l’os, marouflé çà et là de cérumen, yes Sir, pour fixer à sa folie des rémiges chapardées à quelque volatile méditerranéen. Chacun sait la suite : se prenant pour un aigle, le sus nommé veut voir de près Soleil, Zeus le brillant brillant brillant, pour échanger quelques galéjades, quelques menus propos entre superbes. Mais fi de plumes d’aigle à la graisse d’eider! le nanti scintillant qui se prend pour Jupiter alors qu’il n’est qu’une oie nicodème se brûle aux feux de l”astre, la cire fond, les plumes usurpées se taillent et vont écrire l’Histoire. Ceci n’a pas tellement d’intérêt dans l’état. Même pour un trait mythologique clamé en toge. Or, voilà que ce mauvais planeur devint vite un repère, un héros, une référence, pour ceux là même qui font vœux de voler, se déplacer en solo ou à plusieurs d”ici à peut-être dans l’atmosphère terrestre et jusque dans l’espace ! Ne riez pas, j’en suis ! Mais ne tentez pas de demander à l’un d’entre nous la raison de croire en ce sage en papier; tous vous diront que chacun l’admire pour son courage . Dixit. Comprenne qui veut.

    Le rapport avec la nouvelle de la disparition navrante et détestable qui fait l’objet de ce post se révèle dans les commentaires, comme bien souvent. Au milieu de la compassion, le lecteur attentif trouve un zeste d’envie, un parfum d’yavaika et même des faukons.
    S”il n’est pas question d’exécuter une fois encore la personne, il faut absolument comprendre que mes propos ne sont pas les mêmes que ceux que je viens de lire et qui provoquent ma rage.

    je lis: “Rainette
    On est humains et donc faillibles. Nous devons le Savoir, le comprendre , l’accepter et se le répéter.
    Mais dans ce monde où ni la faiblesse ni l’age,ni l’echec ne sont admis comment faire ? La pression broie le plus brillant sans scrupule. Nous risquons un jour d’etrre comme Eric.
    Serez-vous là ? A l’ecoute ?

    Sylve. Parce (…) etc… : il y a ce que l’on appelle maintenant couramment des fiches d’événements indésirables vouées à déclarer ce type d’erreur et à en faire l’analyse des causes afin de supprimer les risques ou du moins de les réduire… Si cette analyse avait été faite à bon escient une prise en charge de la famille de ce bébé aurait été mise en place, une prise en charge de ce médecin également ainsi que des actions correctives et préventives le cas échéant… Lorsque nos structures de soins quelles qu’elles soient auront intégré cette culture positive de l’erreur, cela permettra de redonner confiance aux usagers et à tous nos oignants à rester brillants, brillants, brillants…”

    A Rainette ey Sylve cette vieille branche, je dirais à la première que c’est elle, vous, nous tous qui sommes fondateurs et usagers de la société dans laquelle nous vivons; que c’est nous tous qui nous mettons la pression et agissons comme des oies gavées et serviles. vrai ou non? j’ai la réponse, certes. mais vous aussi. nous sommes responsable de nos tortures. pour de mauvaises raisons. a Sylve, je dirais que je refuse totalement cette échappatoire des commissions, des procédures et autres process TELS qu’ils sont appliqués aujourd’hui un peu partout. Revenons à un fondamental simple : nous sommes des humains (§Rainette) et nous avons le droit de nous tromper. Perso, je dirais: nous avons le devoir de nous tromper. Et que les pisse-froid ne me poussent pas dans le jeu pourri de “alors, vous tolérez les suicides et les morts de bébés?”. Je dis que considérer l’individu comme trop brillant brillant brillant est une faute. car c’est idiot. ne repose que sur les jugements extérieurs fondas sur des considérations douteuses et pousse obligatoirement à la dévaluation des actes et des personnes.

    Voilà : plus d’humanisme et moins de brillant brillant brillant. Même et surtout si çà mène à un suicide exemplaire. nous avons tous besoin d’êtres réussis, qui fonctionnent en adéquation avec leur potentiel. le véritable but de notre communauté, le véritable sens de notre vie humaine, est de valoriser les potentiels de chacun dès sa naissance. ceux qui croient que seule la compétition est création de progrès est un escroc ou un ignorant; dommage. ceci vaut pour tous : les humbles, les modestes, les ambitieux, ceux qui décernent les médailles, ceux qui héroïsent et brillantinent, ceux qui marchent la tête dans le soleil. ceux qui n’ont pas vu le trou dans la route et vont s’y répandre; qui n’a pas été rebouché parce qu’on a appris au terrassier à respecter le passant qui passe celui qui passe et distribue la lumière convenue au lieu de croire au dialogue et à l”échange.

  18. 40

    Brillant, brillant, mais qu’est- ce que cela veut dire? Pas grand chose. J’ai dans mon entourage une grande fille à qui on a répété depuis l’enfance qu’elle était belle, grande, blonde, supérieure, brillante, donc sauter une petite classe, beaucoup travailler sur ses cahiers, être classée précoce, bac en avance, certitude de devenir pédiatre à son entrée en médecine, puis plantage assez lamentable en première année, encore plantage en deuxième, mais toujours rien compris et réorientation en droit pour être un grand avocat ce qu’elle est sûre de devenir cette fois…Brillante mais sans amis vrais, sans loisirs qui l’intéressent, sans culture, sans curiosité intellectuelle, sans aucun centre d’intérêt ni don ni empathie, et se croire encore brillante, moi je dis que c’est bête. Etre humble, c’est moins risqué.

  19. Sylve

    @ Hervé, oui nous sommes dans un système qui broie et qui détruit, oui l’humilité, la bienveillance et le prendre soin devraient être de mise… Je comprends votre refus, je le comprends d’autant qu’au cours de mes 28 ans de carrière au sein de ce système j’ai tout connu : le harcèlement moral et sexuel, l’humiliation, la mise au placard, la violence des mots, la dépression (ou plutôt les dépressions), le burn out… et je vous passe tous les détails… et le moment où le choix de la résilience m’a guidée sur le chemin qui est le mien aujourd’hui et malgré ce que j’ai subi, je ne laisserai pas le système ni les harceleurs detruirent la personne que je suis parce qu’ils s’estiment plus “brillants” que les autres alors qu’ils brillent surtout par leur violence, leur incompétence ou leur perversité (parfois les 3 à la fois) ; et parce que je reste optimiste (oui utopiste si vous voulez peu importe…) qu’un jour cela changera… parce qu’il existe des Bibi et bien d’autres qui sont aussi brillants par leur élégance du coeur… parce qu’il faut tendre à ce que cela n’arrive plus… et heureusement que les vrais “brillants” se battent pour ces valeurs là… en espérant que ces qques mots puissent apaiser vos maux… Bien à vous

  20. Danielle

    Terrible d’être la personne par qui le drame arrive. Existe-t-il une suite équitable, entendable ,à donner à cet événement tragique que personne n’a voulu, Une réponse collective est à trouver , Le suicide ne doit pas être la seule issue imposée

  21. Martine

    Vivre pour soulager et un jour se rendre compte qu’on a fait souffrir…c’est tellement difficile à porter pour un soignant …
    Respect pour tous ceux qui prennent le risque parfois de ne pas être tout à fait parfait

  22. Herve CRUCHZANT

    @Sylvie @Danielle. Oui, nous sommes du même avis causé par les mêmes tortures du système en place. Ce n’est pas la systémique qui me révulse,c’est le système en place aujourd’hui, certes, mais bien plus ce que nous faisons de nous. Nietszche le Moustachu disait “devenez ce que vous êtes”. Je pense que la majorité des Gens n’est pas ce que nous devenons, tordus et gauchis . Est-ce ainsi que les Hommes vivent ?. Alors ? Et bien, après avoir analysé convenablement et tiré les conclusions que nos pensées attisent quant à nos existences dirigées par d’autres, nous laissons nos bras tomber. A qui s’adresse notre système de société; et qui sont ces êtres qui la composent et lui obéissent ? Nous tous, bien sur. Ce façonnage pervers serait-il si abouti qu’il aurait réussi à anihiler toute résistance sous les plus abominables contraintes ? Comment aurait-il pu faire, cet amalgame de salopards profiteurs des Autres ? Par l’invention de religions qui apportent des réponses biaisées à nos angoisses, certes. Mais aussi par la création de concepts comme les héros, les élites, les brillants brillants brillants, les notables, les génies. Oui oui. Et d’autres. Mais, si ces sociétés ont besoin d’exemples (on pourrait discuter du concept d’exemple) elles ne disent pas comment être de cette catégorie -plus généralement elles choisissent a posteriori un cas qui les sert- et n’exposent aucun statut à atteindre, sinon la mort. J’exagère ? Voyez : la religion salvatrice impose d’être fautif, culpabilisé et vil geignard pour être sociétaire et nominé pour la vie éternelle. Le meilleur héros est un humain mort, si possible par contrainte et de manière injustement atroce; celui-là aura son nom gravé dans le marbre. Les élites seront statufiées sans qu’on leur dise ce qu’elles doivent donner à la communauté des produits de leur intelligence ou de leur art. On donnera leur nom à un établissement public. L’élitisme a un devoir d’échange social. Les notables doivent à leur nation. Les brillants brillants brillants à la mauvaise météorologie sociale de leurs entourage savant. Les génies se doivent de guider, de conseiller, d’orienter leur contribution au groupe vers moins de peine et plus d’humanité.
    Qu’il soit employé aux télécoms, à la sncf, à l’entretien, aux soins des autres comme le faisait cet anesthésiste, aujourd’hui, un homme de valeur se suicide par désespérance.
    Notre nation a perdu le sens de l’évidence d’elle-même au profit d’histoires saintes et de baratins de camelots, de fausses promesses, de mirages de réussites à un dollar l’heure. Aux jouissances de virus des idées de bonheur absolu. Les amalgames fleurissent en tordant la langue, en mariant les concepts comme dans une maison close: une alliance pour un coup d’une passade, vendue à vil prix au peuple soumis, caresse au chat en sortant et à la statue de Rockefeller ou d’Aristote dans l’entée. Tout çà, c’est nous, pour nous, par nous. Nous tous. Responsables ET coupables. Nous ne saurions que faire devant tout çà? Parlez autour de vous. Et si tout seul vous vous sentez abattu en rentrant at home, demandez-vous pour finir si, à plusieurs, on ne parviendrait pas à aider le suicidaire à renoncer à ses projets morbides.
    Tout brillant brillant brillant qu’il soit, une fois disparu, il nous manque. Et,quelque part, a manqué à lui-même en se tuant. Il avait été dressé pour faire carrière comme on le lui disait à chaque réussite. Il était destiné à aider ses contemporains. C’était le sens de la vie. De sa vie.

    Dans ce cas, il est socialement correct de dire: “paix à son âme”, je crois.
    C”est un peu court.

  23. Caroll'N Rock

    il est bien difficile de se mettre dans la tête des gens.
    J’avais beau dire à mon mari que la vie était belle, qu’il fallait se contenter de ce qu’on avait sans guetter ce que les autres ont, que notre bonheur n’étais pas exclusivement financier, que la vie avec des ados est parfois grrrr agaçante!!!
    Quand un homme diminue physiquement, qu’il ne peut plus tondre, déneiger devant sa maison, marcher en forêt, aller aux champignons, qu’il a peur du moindre effort parce que son dos le lâche petit à petit (et qu’aucune médecine ne peut l’aider) c’est difficile dans une société comme la notre car personne ne va lui dire “t’es un humain mon gars, avec des imperfections physiques, mais c’est pas grave, on va avancer ensemble! Doucement! Et on va en parler, t’as le droit d’être fatigué à bientôt 50 ans, t’as le droit d’avoir peur!”
    J’avais beau lui dire “arrête de penser que parce t’es le mari, tu dois amener des sous, bcp de sous à la maison!!!” quelle connerie.
    J’avais beau lui dire “je suis là, dis moi ce qui te tourmente, parle moi avec ton cœur”
    Malheureusement ça n’a pas suffit, il n’a jamais passé le cap des 50 ans, il a craqué avant, sans crier gare, sans un mot, nous laissant seuls, dépités, hagards, en colère, tristes, perdus…
    Merci pour cette belle confidence Baptiste, c’est toujours très (trop) difficile de parler du suicide, même dans l’anonymat d’un blog…

    1. hervé cruchant

      bien sur, ce n’est pas de ta faute. bien sur, tu lui a dit et donné ton amour, l’avenir, le on est deux… et puis voilà. il était tellement persuadé que la société lui était adverse. quelle était tellement impitoyable qu’il était devenu désespéré. et qu’elle ne lui permettait même pas cette désespérance. je sais tout çà, intimement. vouloir réaliser son amour pour l’autre serait-il proscrit ? bisous Caroll’n’rock

  24. Nadezda

    Un témoignage qui me fend le coeur.
    Pendant trente ans il a mis des bébés au monde et puis le faux pas. Depuis il est dans la descente, personne ne peut l’aider parce qu’il ne veut pas être aidé et nous on est bien malheureux.

  25. Juliette

    J’ai lu une phrase qui me soutient tous les jours. Elle avait été écrite par une sage-femme qui en connu des vertes et des pas mûres, comme souvent pour les soignants. Je vous la livre pour qu’elle vous fasse du bien à vous aussi comme un mantra :
    Je fais de mon mieux, dans le respect de moi-même, avec les cartes de l’instant, le reste appartient à la vie.
    Que la Vie vous porte !

  26. Tina

    J’en ai vu et surtout écouté des gens brillants… mais ce sont ceux qui au premier faux pas (voire plus…) qui s’écroulent le plus! Parce que, bien souvent leur idéal est perché bien trop haut…et quand on tombe de si haut les dégâts ne sont pas les mêmes que quand on tombe de sa chaise…
    Ne jamais se tromper, toujours réussir, avoir promis à ses parents d’être le meilleur, d’etre THE sauveur, briller de milles étoiles…. c’est un peu se creuser sa propre tombe! Malheureusement….car c’est s’imaginer quelque part que l’on est pas humain, infaillible.
    Mais bien sûr on ne peut être au four et moulin… humains que nous sommes… et dès qu’il s’agit de nôtre être cher on a tendance à oublier que les autres le sont aussi! Alors pouvoir être équitable, éthique, objectif à l’écoute, charitable… et bah c’est plus “facile” lorsque ce n’est pas son amour, son enfant, sa mère qui a subi l’errreur… combien même fusse humaine et justifiée d’un épuisement professionnel…. Ce n’est pas “donné” à tout le monde de pouvoir juger avec toute son humanité lorsqu’on souffre de la perte de l’être cher…
    Et puis, certes, l’erreur faite à une caisse n’entraîne pas les mêmes conséquences que devant une salle d’opération ! Cependant caissière et médecin peuvent se tromper un jour! Tous 2 sont soumis à la même condition humaine … Chacun espère que cela n’arrive pas à soi de 2 côtés de la barre… sauf que quand on est concerné on ne se place pas pareil que si on n’est que simple témoin. D’où une incompréhension de taille!
    Rares sont les personnes capables d’empathie touchées par la perte suite à une erreur. Mais ce sont eux qui s’en sortent le mieux! Car pardonner… cela leur restitue leur propre humanité, les restaure, les soulage de l’insoutenable poids de la haine.
    Parfois, ces quelques mots d’humain à humain seraient capables d’éviter bien des drames de deux côtés! Le géant inhumain d’hôpital ne sait pas faire… soit il avale ses enfants soit les protège contre vents et marées avec ses mêmes dents pointues… Quel gâchis !
    C’est 1 illusion sans nom, 1 rêve pieux les protocoles existants d’événements indésirables car faits uniquement pour des histoires de frics et aucunement pour la restauration psychique des uns et des autres… Pourtour ce n’est pas un luxe !

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