Mamie.

Alors voila, je suis allé voir ma grand mère ce week-end… J’avais des souvenirs dans la tête : des Noëls, des odeurs de cheminée, des parfums de caramel et des éblouissements enfantins devant ces papiers cadeaux qui se dépliaient entre mes mains comme des tentes immenses faites en mille et une couleurs. Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère m’avait offert une montre Swatch où se lisait sur le cadran “La terre n’est pas une vallée de larmes ” et c’était comme une promesse qu’elle me faisait. Mais ma grand-mère est en institution, maintenant. Elle me dit bonjour, parle de tout et de rien… Innocemment, elle omet d’évoquer nos prénoms ou nos activités. Je crois qu’elle ne sait plus vraiment ni qui je suis ni ce que je fais. Quelqu’un a eu la gentillesse de déposer sur sa table de nuit un de mes romans, mais elle ne l’a pas ouvert. Je regarde le livre et je me rends compte qu’ouvrir un livre c’est lui donner la forme d’une proue de navire, tel un vaisseau qui va où les mots nous emmènent. C’est bizarre de penser cela, non ? Mamie ne sait plus transformer un livre en proue de navire. Elle ne sait plus, tout simplement, ouvrir un livre. Pourtant, l’été, quand elle nous gardait, elle nous faisait faire nos dictées, veillait à ce qu’on remplisse correctement nos cahiers de vacances…

Maintenant, des “voyous” viennent dans sa chambre dormir sur son lit; “ils m’écrasent” dit-elle. C’est pourquoi elle a prévenu les infirmières : elle restera dans son fauteuil. Le jour, la nuit. Ça fait deux ans qu’elle dort dans son fauteuil, guettant ces voyous qui surgissent dans sa tête. Elle a les fesses rouges. Elle enlève les pansements, les roule et les jette dans la cuvette des toilettes. Bientôt ce seront les escarres, la souffrance, puis la mort. 

Une de mes grandes sœurs lui donne des photos de mes neveux et nièces, mais ma grand-mère n’en veut pas, “les voyous les voleront. L’argent, ils n’en veulent pas, mais les photos des petits, ils les prennent…”

Je suis dans sa chambre, je regarde son vieux visage, ses vieilles mains qui tremblent. C’est TELLEMENT plus facile quand c’est la mamie des autres, quand c’est quelqu’un qu’on ne connait pas…

Enfant, la mienne nous préparait des gâteaux pour “le goûter de 4 h”.

C’est loin.

J’ai longtemps cru que c’était ça, l’amour. Des gâteaux pour “le goûter à 4 h.”

Dans la voiture qui me ramène, je regarde ma montre. Mamie a pleuré quand nous l’avons quittée. 

71 réflexions sur « Mamie. »

  1. valentinou

    Ton texte est très touchant … Je me reconnais dans tes mots. Ma mamie aussi s’en va, doucement, mais sûrement. C’est dur de la voir partir, de se sentir impuissant, de se dire, à chaque fois que le téléphone sonne tôt le matin ou tard le soir “ça y est, c’est fini”
    Mais tous ces souvenirs nous permettent de garder une belle image de la personne qu’on a connue, ces odeurs, des bruits de notre enfance sont une vraie richesse.
    Et les mots sur ta montre sont magnifiques.

  2. martine

    Moi c’est ma maman, elle a 88 ans et elle a tout oublié, ses enfants ,son Georges qu’elle adorait, ses petits enfants et sa vie d’avant . Elle ne parle plus, ne se lève plus et grimace quand on le touche….. Et moi je parle pour deux ,j attends qu’elle ouvre les yeux ce qui est de plus en plus rare et je souris et je l’embrasse……Et une fois dans la voiture je pleure comme la toute petite fille que j’étais ……A 60 ans, je veux ma maman!
    Je vous embrasse, nos souvenirs rendent éternels ceux que l’on a aimés……………

  3. lectrice boulimique

    La personne qu’est encore ta Mamie, ton écriture la garde vivante, et la gardera pour longtemps. Je t’envoie, faute de mieux mais c’est déjà ça, un sourire d’entre nos lignes 😉

  4. Firewitch

    L’amour, c’est aussi d’aller voir sa mamie, alors qu’elle ne sait plus qui on est… Sa tête ne sait peut-être plus, mais son coeur n’a pas oublié, puisqu’elle pleure lorsque vous partez…

  5. Niphargus

    Travaillant en institution pour personnes âgées (on ne dit plus maison de retraite, on a maintenant un acronyme encore plus moche), je reconnais tellement de mes patients dans tes mots… C’est pour ça que j’aime tant ce travail, nous sommes les derniers récipiendaires de leurs mots et de leurs pensées, et on aide au quotidien les familles en partageant avec eux ce trésor, tout en gérant le reste…
    Un immense virtual hug à ceux qui traversent ces moments difficiles!

    1. Lisette

      un grand merci pour votre travail !
      ma mamie était en institution, et je sais qu’elle a été très bien entourée jusqu’à la fin grâce à des gens comme vous !
      free hugs !

  6. Alexa

    Ca fait 18 ans (déjà) que ma grand mère nous a quitté. Elle ne nous a jamais oublié, nous a toujours parlé mais elle aussi nous servait le gouter de 4 heures. Pour moi, c’est elle qui a inventé les petits écoliers. Elle nous faisait des petits beurres avec des carreaux de chocolat dessus. Pour les faire tenir, elle beurrait les petits beurres :))))

  7. Pat

    Mon vieux Tonton qui est parti l’an dernier et qui a eu la chance de pouvoir rester chez lui jusqu’à la fin, bichonné par sa femme un peu plus jeune, ne savait pas toujours qui lui parlait au téléphone . Je déclinais à chaque fois mon CV … Il s’excusait de ne plus se souvenir et peu à peu au fil de la conversation les souvenirs revenaient ….

  8. Myriam FdF

    “J’ai longtemps cru que c’était ça, l’amour. Des gâteaux pour le goûter à 4 h. ” Mais oui, Baptiste, c’est ça l’amour. Les petits riens du quotidien, les petites attentions. Tout ce qui fait qu’on aimera à jamais les personnes qui nous les ont prodigué. A notre tour de faire des gâteaux de 4 heures, pour eux, pour d’autres…
    Bises

  9. saur

    Moi j’ai toujours penser que les livres ouverts c’étaient des oiseaux qui nous emmenaient sur leur dos pour nous faire voir le monde.Ma grand-mère est morte il y a 6 ans maintenant,contente qu’elle est vécue assez longtemps pour que j’ai appris à ne plus la détester,à la connaitre.

  10. Cath

    Lorsque j’étais petite, j’écrivais à mes grand- parents qui habitaient sur un autre continent. Les lettres commeneçaient ainsi :” Chers Pépé et Mamy, “, et mon grand-père qui tenait la plume pour deux me répondait par de longues lettres qui se terminaient ainsi ” ta Mamie et moi t’embrassons tendrement”.
    Cela m’a pris un moment, et des lectures de chevaliers servants, pour comprendre toute la différence entre la sécheresse du Y final, et la douceur du E muet, qui transforme la grand-mère en Mamie, Ma Mie, Ma Tendresse.
    Je ne suis pas la seule, à ce que je lis.

        1. marie

          hé game over! je suis chamboullée de voir que des grand-mères vraiment sweet ça existe en vrai celle que j’ai eu le temps de connaitre n’était plus en capacité d’aimer la nième petite fille donc non elle ne m’a jamais fait de tartine, c’est comme ça , , sur la fin de sa vie à la maison c’est moi qui lui les faisait , après elle a passer les dernières années de sa vie “en long séjour” encore une drôle d’expression “long séjour ” long séjour de vol au dessus d’un nid d’anciens radotants, séniles ou donnant le change…je n’aimais pas cet endroit , ma mére sa fille allait la voir tout les jours …elle ne devait pas aimer cet endroit non plus mais quand ça a été son tour et qu’elle a vu poindre le fameux ” long séjour” j’ai compris qui lui été tout a fait insupportable de s’y voir une petite décennie, elle a fait rideau en quatre mois par anorexie. Un truc de fou mais pour les deux j’ai eu le temps de leur dire tout ce que nous avions à nous dire et ça c’est inestimable. pourquoi je te dis game over Cath, parce que les grands-mères de coeur remplacent avec bonheur les grands -mères de sang ce sont des âmamies du tonnerre.

          1. Cath

            Marie ma Bleue, j’ai de la chance : j’ai une mère de coeur – que je vouvoie depuis mes 14 ans et que j’appelle Madame (c’est pour Hervé), mais je suis la seule à pouvoir lui faire sa toilette s’il le faut en pleine nuit- et j’ai eu une Mamie qui nous faisiait des cakes aux fruits et des tartes aux abricots à déclarer la guerre aux voisins s’ils osaient s’aventurer à rendre visite quand on en mangeait parce que Mamie partageait toujours… Une Mamie pour qui le monde pouvait bien s’écrouler si nous restions debout, une Mamie qui emmené son petit-fils à l’autel le jour de son mariage comme elle l’emmenait à l’école en lui tenant la main bien calée et en riant…
            Mais j’ai aussi eu une autre grand-mère qui a clamé que le plus beau jour de sa vie serait celui où elle apprendrait que ma mère et ses enfants seraient noyés dans le port de xxx. Il en est des mères comme des grand-mères.

  11. adèle

    1 La complicité, la tendresse qu’autrefois tu partageais avec ta grand-mère, tu la garderas toujours en toi.
    Maintenant, c’est à toi de veiller sur elle.
    Un jour on n’est plus le petit enfant de personne, parfois on devient le père ou le grand-père d’un petit qu’on aide à son tour à devenir quelqu’un.
    Mais jamais on ne revient en arrière.
    Raison de plus pour “bien faire et se tenir en joie” ! 🙂

    2 “Bientôt ce seront les escarres, la souffrance, puis la mort” : ça fait mal à mon cœur de soignante en EHPAD.
    Seul la mort est inéluctable.
    Attention à l’automorphisme (thèse de C. Conversat-Nigay)

  12. Isabelle

    Ma chère Grand-mère s’en est allée depuis bien longtemps, mon Papi adoré aussi.
    Dans chacune des personnes âgées dont je prends soin au quotidien, je retrouve des souvenirs d’enfance, de la tendresse, de la reconnaissance aussi. C’est à coup sûr l’amour que j’ai reçu qui me permet à mon tour de tenir dans cet exigeant et passionnant métier de soignante. Puissions-nous, lorsque nous serons vieux à notre tour, être en confiance dans les mains attentionnées et délicates de ceux qui voudront bien encore nous considérer comme (presque) aussi importants que leurs propres grands-parents…

  13. Biquette

    Je suis la Yaya de 4 lutins, demain mon
    Cheri et moi nous nous envolons pour
    le Québec pour les retrouver en famille!
    Ça va être super génial!
    Je ne sais pas si je serai un jour une
    vieille grand- mère . Je sais juste que
    demain je vais les voir, que je suis en
    rémission d’une leucémie aiguë ,
    que j’ai gagné 2 ans de vie, que nous
    allons vivre des moments inoubliables.
    Je vais faire des gâteaux au chocolat,
    des crêpes, des tours de magie et sauter
    avec eux dans les flaques d’eau!
    Et fuck la maladie.

      1. Biquette

        Ma fille er sa petite famille ont émigré au QC depuis 7 ans.
        Alors je suis une Mamie en pointillé
        mais à 100% pour donner et recevoir
        de l’amour!

    1. Cath

      Et ne pas oublier le sirop d’érable pour les pancakes, Biquette, c’est très important parce ce que c’est très bon. 😉
      Beau et bon voyage 🙂

  14. Soulalune

    Ma mamie faisait griller les cacahuètes au four … elle s’épilait chaque matin le menton pour ne pas piquer ses très nombreux petits enfants, et ne quittait sa blouse que pour sortir.
    Elle a vecu l’emigration, en a tellement souffert qu’elle n’a jamais pu apprendre ma langue maternelle, et nous n’avons donc pas pu nous parler hormis les banals “ça va ?” “ça va oui Mamie” … car elle disait Mamie en parlant d’elle 😉

    Elle est morte en 2000 et elle me manque toujours …. Je profite de ton post pour lui dire que je l’aime, je ne lui ai pas dit quand je le pouvais.

  15. Claire

    Et voilà que je pleure…
    Je pleure ma mamie adorée, partie le 9 décembre…
    Je pleure son absence, la chaleur de sa main dans la mienne que je ressens souvent (“Boudi ! u as les mains froides !”)
    Je pleure les tartines de chocolat râpé qu’elle nous faisait à 4:00, les plats de cannellonis et les aubergines grillées…
    Je pleure les parties de scrabble où l’on se faisait plumer lamentablement, et la dernière fois, inconsciente que j’étais, où j’ ai sorti le jeu de Scrabble dans la maison de retraite où elle a fini sa vie, et les lettres en vrac, posées à l’envers…
    Elle me manque, tous les jours…
    Je lui parle, tous les jours, je crois qu’elle m’accompagne…
    Elle ne reconnaissait plus tout le monde, mais elle m’a toujours reconnu “Oh ! Toi ! Si je sais qui tu es ? Bien sûr, que je le sais !…” Sa première petite fille, elle m’idolâtrait, et je le lui rendais bien !
    J’ai perdu mon soutien infaillible, mon alliée, ma joyeuse !
    Serre-là contre ton coeur, Baptiste , tant que tu le peux encore…
    Je crois qu’en partant ainsi, à petits feux, nos mamies nous aident aussi à nous détacher d’elles…

  16. Eulalie

    Je suis encore dans le mythe des grands-parents immortels.. Trop tôt pour laisser partir ceux qu’on aime, toujours trop tôt, ça ne peut pas, pas encore…
    D’ailleurs à mes grands-mères so connected, je leur avais envoyé le lien vers ton blog, certains articles peuvent être drôle à aborder ensemble, d’autres plus intimes. Communication intergénérationnelle.
    Hommage à la vieillesse et aux anciens, de ceux qui ont les années derrière eux pour nous prendre la main.

  17. Lisa

    Mon grand-père était en EHPAD ses dernière années. Il n’y avait pas de voyous dans sa chambre, juste au début une sorcière qui jetait les photos que ma mère lui envoyait, “de toutes façons si elle t’aimait elle serait rentrée en France”, avant de décider qu’elle voulait pas s’encombrer d’un vieux.
    Mon papou toujours là pour les autres, ne supportait pas que les autres soient là pour lui. Il s’est laissé partir, la veille de l’anniversaire de sa rencontre avec ma grand-mère en 1946.

    Ma yaya est partie hier matin. Elle n’était pas en institution, une femme adorable vivait avec elle et s’en occupait comme de son bébé de 90 ans passés. Elle qui avait toujours été là pour ses petites soeurs, son mari et ses enfants, quand sa soeur est partie un mois après son mari il y a 10 ans, il n’y a plus eu d’énergie pour elle. Les voyous ont été là 1 ans, puis elle a oublié qu’elle était chez elle et a arrêté de chasser ses soignantes à coup de balai. Benjamin Button c’est elle, nourrie à la seringue, le regard perdu d’incompréhension qui s’allume quand on joue à se cacher derrière nos mains en disant bouh.
    Je n’arrive pas à parler d’elle au passé, je ne l’ai pas encore intégré.

    Désolée du racontage de vie un peu glauque, mais ton texte me touche énormément Baptiste. Courage, et si tu hésites à aller la voir, vas-y. Peut-être qu’elle verra ta montre et te dira qu’elle est très jolie.

  18. Zéphine

    J’ai un papie et une mamie de respectivement 93 et 86 ans, qui sont selon eux encore bien trop jeune pour mourrir… Je SAIS qu’ils sont vieux. Je SAIS que l’innluctable arrivera un jour ou l’autre, c’est statistique: 100% des vivants meurent! Mais eux ne semblent pas s’en rendre compte, et continuent leur petite vie bien active (une maison en Belgique, une autre en Provence, un mois ici deux mois là-bas: en avion c’est facile de se déplacer, mais il a fallut attendre que Papie ai 90 ans pour qu’il se décide à ne plus faire les 1200km en voiture d’une traite). Bref, je VEUX être comme eux quand je serai vieille!

    J’avais aussi un Bon-Papa et une Bonne-Maman. Bon-Papa était en institution depuis des années, dans son monde où les voleurs de photos de petits-enfants n’avaient même plus accès. J’étais à l’opposé du globe à son décès, et lorsque j’ai appellée Bonne-Maman pour voir comment elle tenait le choc, elle m’a dit “Je suis contente. Je suis contente que ce soit fini pour lui, qu’il soit parti calmement dans son sommeil”.
    Seulement, elle ne voulait qu’une chose, c’était de le rejoindre. Mais elle était encore en bien trop bonne santé pour que le simple fait de se laisser aller et d’attendre suffise. Alors Bonne-Maman a eu la force (parce que oui, il faut être foutrement fort pour prendre cette décision) de faire la nique à la vie, et de rejoindre d’elle-même Bon-Papa.

    Papie et Mamie font la nique à la mort avec leur éternelle jeunesse, Bonne-Maman a fait la nique à la vie en se suicidant… Mes grands parents sont des anarchistes qui ne respectent pas les rêgles du Grand Cycle de la Vie! Pour ça, et pour bien d’autres raisons, je les aimes…

  19. Manette (@ManetteDuc)

    Alors voila que je pleure, vous savez les petits, nous les grands mères vous aimons tellement !
    Profitez de votre grand-mère, gardez un peu de temps pour nous, si vous pouvez…
    Monsieur le médecin -écrivain, je vous apprécie de plus en plus.
    Bernadette la Mamy de Nice.

  20. Lisette

    Salut Bibi
    ton article m’a fait pleurer
    ma Mamie était en institution et j’allais souvent la voir… elle était toujours contente d’avoir de la visite, mais elle ne nous reconnaissais pas non plus… je me rappelle encore aussi de toutes les fois où elle m’a gardée petite, de sa maison dans le Jura, des goûters au fromage local, de sa douceur et des grande promenades…
    elle ne voulait ni s’asseoir ni se coucher, elle marchait en faisant des allers retours dans le couloir, impossible de la faire s’arrêter, il fallait attendre qu’elle tombe d’épuisement pour la coucher….
    elle est partie une nuit au pays des poneys multicolores, sereine, après une belle vie bien remplie, et je suis sûre que là haut elle s’éclate, qu’elle a retrouvé mon grand père et qu’elle veille sur moi
    je crois qu’on a tous dans un coin de sa tête le souvenir du sourire de sa mamie, de la douceur de sa peau fine et parcheminée et de la certitude qu’elle sera toujours là
    merci pour elles !

  21. Christelle

    Cher Baptiste, merci de partager vos souvenirs… moi aussi je suis nostalgique des gâteaux de mamie. Je crois que ma grand-mère participait tout les étés au challenge “Je fais prendre 3 kilos à chacun de mes petits enfants pendant les vacances d’été”! Mes grands-parents sont partis il y a longtemps maintenant, ils me manquent tant… Peut-être Est-ce pour cela que j’ai choisi d’être infirmière en maison de retraite, pour continuer à prendre soin de tous les papis et mamies qui nous sont confiés…

  22. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Ce matin tu me ramènes plus de vingt ans en arrière, avec ma mémé (Oui nous on disait pépé mémé).
    Cette mémé qui nous donnait toujours de la tarte, du feuilleté, des confitures. Et si rien n’était prêt il y avait de toute façon : bisous, câlins et gentillesse à gogo …
    En lisant cette histoire et certains commentaires je m’aperçois que je ne lui ai jamais dit : je t’aime !!!
    C’est vrai que les grands ça pleurent pas et ça dit pas je t’aime ….
    C’est con les grands !!!
    La bise

    1. marie

      et bien il n’est pas trop tard Grand pour le lui dire, les lutins te diraient qu’on s’absente on ne disparait pas , la preuve on est là a en discuter gros kiss

      1. Grand33

        Elle aimait bbeaucoup les roses. Maintenant, moi, j’aime les offrir, et chaque rose offerte c’est un “je t’aime ! Mémé”

    2. Julie

      Non, ce n’est pas si cons les grands. Ou alors, les plus petits le sont aussi… C’est tellement difficile pour certains de dire “Je t’aime” ! Je ne crois pas l’avoir dit aux membres de mon entourage. Je ne sais pas trop comment faire, eux non plus n’ont pas l’habitude de le dire, et de l’entendre sans doute. Education familiale ? Je l’ai dit il y a quelques mois à ma mère, ça l’a surprise et touchée. Allez, essayons de le dire à ceux qui restent, le temps passe trop vite. C’est pas facile hein ?

  23. aurélie

    Cela fait un moment que je pense à aller voir ma grand mère (qui va bien, mais c’est une personne âgée, plus de 80 ans, il peut arriver n’importe quoi) j’y pense, mais trop loin, trop cher, trop tout… j’y pense et puis j’oublie, j’y repense depuis 2 jours, j’ai même regardé les billets de trains hier… mais je n’ai pas réservé….

    Aujourd’hui, je vais prendre des billets de train pour aller voir mamie et qu’elle me fasse des brioches au petit déjeuné… merci Doc !

  24. Herve CRUCHANT

    Le rêve d’une Famille… Ma maman a été élevée par sa grand’mère et avait le culte tartine-confiture de mon quatre-heures. Droit d’aînesse. Depuis le temps du ticket de rationnement pour aller chercher le morceau de pain ou, plus tard, le kilo de bon pain pesé que la boulangère ajustait avec une tartine découpée au massicot, je n’ai plus eu de grand-parents à ma portée.
    En fait, j’aurais aimé un grand-père qui m’apprenne des tas de choses. Artisan la journée, philosophe et récitant le soir au bord du feu. Un qui aurait eu la vocation jouissive de la transmission, un passeur…. Que dalle. Je suis devenu grand-père par l’opération du Docteur Ogino et d’autres spécialistes de la galipette universelle mais je ne vois pas mes petits enfants. Ni leurs parents. Faute à quoi ? plutôt que faute à qui -on trouvera toujours une raison comportementale à çà. A la génération de mon propre père, probablement. Une qui avait fait la dernière guerre (1939-1945; faut préciser, sinon, “la dernière” n’est pas terminée) et qui croyait aux héros, sauveurs de la patrie en danger, aux GI qui nous ont apporté le chewing gum, le chocolat, le whisky et la vérole résistante aux sulfamides. Aventure -un oncle au tapis ! cigarette à la Boggey -un père mort du cancer du poumon à soixante ans. Autant en emporte le vent -six+deux+deux enfants -quatre disparus, six barges dont deux décédés. Famille, je vous haïrais bien mais j’en ai pas trop. Une maison de famille ? c’est où çà, puisque pour être un vrai de vrai (quoi?) fallait voyager, courir le monde, venir se calmer dans un repère…enfin, des mœurs dix-neuvième siècle, début des suivants.
    Le grand-père que je suis aime et fait les quatre cent coups et aimerait y faire participer sa descendance. Lui trop jeune dedans, eux trop vieux dans la société. Les petits enfants préfèrent jouer à un jeu sur ordi plutôt que d’aller camper n’importe où dans la nature….
    Voilà. Désolé. Mon témoignage à moi, çà va encore en biais par rapport aux vôtres. Je n’ai pas de remords, d’envies et tout çà. C’est ainsi, sévèrement bémolé à la clé, même.
    Bibi nous a donné là un texte rare. Ecrit comme un petit médaillon qu’on aurait à se pendre au cou pour pas se perdre dans le vaste monde de connerie dans lequel on baigne, patauge et mijote. Et, pour ceux qui suivent les aventures aventureuses du jeune interne devenu ce que l’on ne saura jamais, un rare morceau de véritable intimité. C’est çà qui m’a touché le myocarde.
    Vous voyez, un gars qui fait çà, c’est un trésor, c’est sur. Une chance à rencontrer, un loukoum géant pour diabétique en phase sens unique. Mais aussi, je le sens bien, un qui a besoin de nous. Un help-save-me si tu m’ attrapes… Et que même qu’un remède morrito serait un peu léger dans son cas présentement… Peut-être qu’il vieillit, le bougre. Et que çà lui plaît pas de savoir qu’une Mamie ne pleure qu’un temps. Juste un moment et on la remplace. Alors, il n’est même pas sur que les voyous viennent nous voir.
    Brel chantait “quand je s’rais vieux, je s’rais insup-portâââbl'”…. moi, je voudrais une Shéhérazade qui me raconte des parfums, des miels et des sucreries. Et qui me toucherait les joues, me caresserait le front. Après la sieste, ou juste avant, pour pas prendre d’habitudes, me laisserait caresser ses seins. Parce que j’aime bien caresser les seins et que tout le monde en a toujours eu l’air satisfait depuis toujours.
    Et enfin je penserai peut-être sans le dire à personne à toutes celles que j’ai aimées d’un regard ou de vingt ans, celles qui sont encore là et qui, peut-être, pleurent, assises sur un fauteuil dans une institution, quand s’en vont au loin leurs petits enfants qui les aime.

    1. marie

      un coeur de Cruchant c’est ENORME, pour les Shéhérazade sors dont le Latécoère et à chaque étape tu en auras une sur le tarmac même outre altlantique (smiley clin d’oeil) gros kisssssssssssss

    2. lectrice boulimique

      Hervé, continue d’écrire en biais s’il te plait, tes beaumols sont trop beaux. Merci à toi aussi, et merci à BiBi qui avec ses textes crée une merveilleuse réaction en chaîne.

    3. Julie

      Hervé, il ne faut pas vous excuser d’avoir un témoignage “en biais” par rapport aux autres. Je ne crois pas qu’il y ait de témoignage en biais d’ailleurs, juste des histoires uniques, personnelles et intimes. Et puis d’autres se reconnaitront peut-être dans vos lignes ? Ce que retiens c’est que n’avez pas de remords. il est touchant votre texte.
      Et merci pour la magnifique description de Baptiste. Celle ci que voilà: “un loukoum géant pour diabétique en phase sens unique”. Je ne connais pas notre docteur-conteur mais cette description… je la sens bien ! Je crois qu’elle va me rester en mémoire.
      Bise m’sieur Hervé ! 🙂

  25. Agnès

    Bibi,

    Moi c’est ma maman que je vais voir en institution, elle y est depuis 2 ans elle a 80 ans…
    Elle reconnaît ses filles mais plus trop le reste de la famille. Il n’est pas facile de voir la dégradation de sa mémoire, il ne lui reste plus grand-chose de sa vie “d’avant”….
    Je t’embrasse ainsi que tous ceux qui vivent cette situation.

  26. Isabelle

    J’étais petite, 11 ans, en colo. Je reçois une lettre de ma mamie, dans laquelle elle me demande d’excuser son écriture tremblotante parce qu’elle vieillit. Je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer.
    Elle est décédée 9 ans plus tard, 6 mois plus tard, c’était son plus jeune fils, mon père.
    Tous les moments me manquent.

  27. Julie

    C’est toujours très touchant de lire un texte dans lequel l’auteur se livre un peu. Merci Baptiste, je te souhaite de vivre encore de beaux moments auprès de ta grand-mère et de garder en mémoire de beaux souvenirs.
    Ma grand-mère doit m’envoyer 17 pages de son histoire. Beau patrimoine immatériel qu’elle me livre, à ma fratrie également. Je suis impatiente, je l’encourage à continuer d’écrire, je veux connaître mon héritage, mes ascendants. J’ai peur qu’elle ne puisse pas tout me raconter avant qu’elle nous quitte. C’est long toute une vie à écrire. J’ai missionné ma mère pour écrire l’histoire de mes autres grands-parents.
    Baptiste, les souvenirs que l’ont a avec nos grands-parents (les odeurs de gâteaux, les histoires qu’ils nous ont raconté, le froissement d’un papier cadeau…), ils ont quelque chose de précieux, quelque chose de plus que nos autres souvenirs: un pincement au cœur, un sourire aux lèvres lorsqu’on y pense. Si ça ce n’est pas de l’amour, alors je ne sais pas ce que c’est.

  28. Christelle

    Vos mots résonnent en moi comme un écho. Ma grand-mère maternelle a aussi Alzheimer. Comme la votre, elle nous faisait faire des dictées l’été (à ma sœur et moi), veillait à ce qu’on fasse nos devoirs les soirs d’école, nous préparait notre repas du soir car c’était l’heure de travail de mes parents. Et depuis noël, elle ne nous reconnait plus, elle croit quotidiennement qu’il faut qu’elle “rentre chez elle” (dans sa maison natale), est perdue quand ma mère (sa fille unique) n’est pas dans la même pièce qu’elle. Elle ne sait plus où sont les toilettes et la salle de bains. Alors mes parents pensent à la mettre en institution car ils ne savent plus comment gérer le quotidien, car la dépression commence à s’insinuer en eux, car ils se sentent désemparés face à une maladie qu’ils ne connaissent qu’à peine. Merci pour votre témoignage, ils aident les familles de malades à se sentir compris.

  29. samydij

    Parole d’enfant de 5 ans, le mien, mon fils, qui a eu la bonne idée de naître le même jour que l’été, il y a tout juste 5 ans :
    – papa, est-que toi aussi tu grandis ?
    Moi : -maintenant, je vieillis plutôt !
    Lui : – alors tu vas bientôt mourir ?
    Moi, un peu décontenancé : – mais je vais pas mourir tout de suite, ce sera très très tard, quand tu seras toit aussi papa, et peut-être même papy !
    Lui : – mais quand tu seras vieux, tu iras dans la même maison que la maman de mamie (NDR : un EHPAD, grand-mamie a 86-ans-mais-ça-va !) ?
    Moi : – ben je sais pas mon chéri, on verra comment je suis en forme ou non !
    Lui : – mais c’est pas grave papa, quand tu seras là-bas, et que j’irai voir mamie pour les vacances, si je reste deux ou trois jours, si j’ai le temps, je passerai te voir quand même !


    Les enfants et leur logique toute personnelle… Pour lui, mamie est éternelle, et je vais aller en Ehpad bien avant elle… Que répondre à ça ?

  30. josecile

    J’ai connu ça avec mon grand-père il y a bientôt 25 ans. Première petite fille qu’il voyait grandir (il s’est fait prendre en 1940 quand il est sorti de son maquis pour voir sa fille tout juste née, et n’est revenu de camp qu’en 1945), il y avait entre lui et moi des liens presqu’invisibles mais pourtant si palpables. Vers la fin, quand même le visage de ma grand-mère avait parfois pour lui des contours un peu flous, il y a eu un éclair entre lui et moi, très bref, trop même, mais que j’ai gardé au fond de moi comme un trésor. Et tu sais ce qui l’a provoqué cet éclair ? La gourmandise !!! Eh oui. Chaque année à Noël, j’étais préposée au truffes en chocolat, et mon pépé adorait ça. Alors pour son dernier Noël, je lui en ai apporté 5, et au milieu de toute la brume qui entourait nos visages, il y a eu une déchirure, les truffes l’ont ramené à moi, et il a dit mon prénom en me souriant. Quelques secondes plus tard, c’était déjà fini, les chocolats disparaissaient sous son palais, et mon image s’effaçait de sa mémoire, mais moi j’étais la plus heureuse. Et aujourd’hui il me reste ça en plus de tous mes autres souvenirs.

  31. Ludo

    Je suis allé voir ma grand mère, dernièrement. Pour me donner bonne conscience, par ce que “je devais le faire” ? Ca a déjà été le cas, malheureusement :
    “On va chez Mamie.”
    “Oh non, j’aurais préféré faire un foot avec mes potes”.
    Pov type.
    Non, là c’était parce que je le voulais, sincèrement.
    je t’aime mamie.
    Elle est nature, ma grand mère, elle est franche, brute, c’est un concentré d’authenticité. Les apparences, les politesses, ca n’a jamais été pour elle, alors à 88 ans, pensez bien qu’elle s’en moque éperdument…
    Je t’aime mamie.
    J’arrive chez elle pour lui faire une bise franche du collier, remplie de semaines sans la voir pour lui dire en un échange “je suis content d’être là et tu m’as manqué”.
    Sa réponse ne s’est pas faite attendre : “Tiens, en voilà un qui n’a pas l’habitude de m’user mon carrelage”.
    Je t’aime, mamie.
    je lui donne une photo de mon fils, 11 mois, et je la vois fondre devant son 19ème arrière petit enfant comme un morceau de beurre demi sel sur le radiateur de l’amour maternel.
    Je t’aime, mamie.
    Après quelques heures à parler de la pluie, du beau temps, de tout de rien, et surtout de rien, car l’important reste avant tout d’être avec elle, de partager un moment simple, sans fioriture, authentique, comme elle; car qui sait, la prochaine fois…
    Tu me manques, mamie.

  32. Raphy

    Bonjour,

    Comme souvent, le cerveau humain fonctionne de manière étrange…
    Il ne me reste personnellement qu’une grand-mère, qui va bien. Pas la meilleure. Cela étant, j’ai pas eu beaucoup de chance de ce côté là.
    La mère de mon père n’était pas vraiment maternelle. Il a principalement été élevé par sa grand-mère. Malgré cela, il a toujours été aux petits soins pour elle, toujours présent. Ma grand-mère à quand même trouvé le moyen de l’emmerder, lui et ma mère, jusqu’au bout. J’ai pas compris. Mémé a toujours préférée sa fille acariâtre qui ne s’est jamais beaucoup occupé d’elle.
    La mère de ma mère est imbuvable : elle a toujours besoin de tout contrôler. Elle tiens absolument à concilier tout le monde. Y compris l’inconciliable, quitte à faire des compromis lamentables et insupportables. Aucune intégrité. Mémé a toujours préféré son fils qui a toujours fuit toute responsabilité et est notoirement raciste et homophobe. Globalement un bon-à-pas-grand-chose.
    Pourtant, je garde des tas de bons souvenirs. Presque que des bons souvenirs d’ailleurs. Et surtout, j’ai pris le temps de discuter avec eux de leur vie. Cela constitue un trésor inestimable aujourd’hui. Je ne saurais l’expliqué, mais d’avoir recueilli toutes ces informations sur mes racines constitue je crois une vraie force pour moi.
    Quels que soient leurs travers, je les aiment et j’ai un profond respect pour eux, ne serait-ce que parce qu’ils ont su mener leur barque jusqu’au bout. Et pour moi, ça reste un exploit.
    Et c’est vrai que la mémoire les rend très vivants. La preuve : à plus de 30 ans et plusieurs années après leurs décès il m’est arrivé de vouloir les appeler pour leur faire part d’une nouvelles importantes…
    Ce n’est pourtant pas mon truc, mais je me surprends à me rendre régulièrement sur leur tombe. Pas pour parler à des fantômes. Juste pour me rapprocher d’eux. J’éprouve alors juste une énorme reconnaissance. Pour tout.

  33. hello

    ma mamie à moi, elle est partie il y a un an…
    et jusqu’à la fin, alors qu’elle ne se rappelait plus de nos noms ni de nos vies, voir même de comment parler dans les derniers mois, elle avait quand même ce sourire lumineux quand on rentrait dans sa chambre. Le même qu’ il y a 20 ans, pour les tartines le mercredi aprem.
    alors aujourd’hui forcément, je pleure un peu.
    Merci pour ce beau texte

  34. Lise.

    Un jour, quand je serai vieille, et grand-mère, je l’espère, je ferai des gâteaux “pour le goûter à 4h” à mes petits-enfants. Parce que oui, VRAIMENT, j’en suis persuadée, l’amour se tient là, dans ses toutes petites choses du quotidien, et nul par ailleurs …
    La terre n’est pas une vallée de larmes, c’est vrai, mais on y pleure quand même un peu quand ceux qu’on aime s’en vont …

  35. Laetitia

    merci pour ce joli texte. On dirait bien que nous sommes cousins. Nous avons la même mamie, celle qui fait faire des dictées, fait des gâteaux (des crèmes pour la mienne, celle qui apprend tellement plus de choses utiles à l’âge adulte que n’importe qui d’autre… Cette mamie qui perd la tête et pas son coeur. Cette mamie qui n’est plus capable de dire le nom de ses proches, qui ne sait même plus a priori faire la différence entre un fils et un médecin mais une mamie qui pourtant, même dans ses ultimes instants vous regarde avec ce regard qui vous raconte tout, comme si son coeur, lui, se souvenait de tout et de combien elle vous a aimé. Merci pour ce joli hommage à votre mamie (je ne veux pas écrire grand-mère). Dommage que je le lise en attendant ma voiture au garage Fiat et en tentant maladroitement de retenir mes larmes ! L’air d’un con Jean-Pierre !!!!

  36. adèle

    Je vous souhaite une très bonne fête, docteur Bibi. 🙂

    NB Bonne fête aussi aux québécois.
    Pensée à Biquette qui est là-bas, j’espère que pour elle “c’est bin bin l’fun !” 🙂

  37. Marine

    Tu as raison, Baptiste: c’est tellement plus facile quand c’est la Mamie des autres. Et pourtant, ton texte m’a énormément touchée. Peut-être parce qu’il m’a rappelée ma propre Mamie (toujours avec une majuscule), celle que j’appelais “Grand-Ma” (ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien moi-même). Son gâteau pour le 4h que je fais encore de temps en temps (souvent, plutôt…). Le premier repas qu’elle nous faisait quand on allait la voir en vacances, toujours le même, mon repas préféré de petite fille, avec une tarte aux pommes maison en dessert. Son écriture si touchante (c’est d’elle que je tiens ma manière d’écrire la première lettre de mon prénom…), la joie de recevoir ses lettres quand j’étais petite-fille, et il y en avait plusieurs par semaine. Les coups de fil du Mercredi soir à 20h00, qui avaient commencé avec un numéro de téléphone à 8 chiffres, puis qui est passé à 10 chiffres avec le préfixe devant. Les galettes du Vendredi soir (et on ne dérogeait jamais à la règle!), le poisson deux fois par semaine, le marché du Mercredi matin, les promenades, monter au grenier étendre le linge et le redescendre propre, sec et avec une odeur que je n’ai jamais retrouvée nulle part. Et tant d’autres souvenirs en fait, que je devrais peut-être penser à en faire un roman.

    Excusez-moi, je crois que je me suis laissée aller, mais ça fait du bien parfois de parler d’elle. Le 11 Juillet, cela fera 8 ans qu’elle nous a quittés, et elle me manque toujours autant. Profite de la tienne tant que tu l’as près de toi, va la voir souvent, elle confond les noms et lutte contre les voyous dans sa chambre, mais si elle pleure quand tu t’en vas, c’est que son coeur n’a pas oublié. Et essaye de ne pas être triste, c’est la vie, les grands-parents partent avant leurs petits-enfants, mais les souvenirs restent.

    Je t’aime Baptiste, pour toutes les émotions que m’apportent tes textes: il ne se passe pas un texte sans que je ris ou pleure, tu es vraiment un magicien des mots, Doc.

  38. Pauline

    J’ai eu la même merveilleuse mamie.
    Elle nous a quitté, tout doucement. Les dernières années de sa vie ont été émaillés de petits “retours” vers nous, que l’on vivait comme des magnifiques parenthèses enchantées, comme si la personne lumineuse que nous avions connu revenait, sans prévenir, nous rendre visite, avant de repartir tout aussi vite.
    Elle nous a quitté définitivement fin octobre 2014.
    Aujourd’hui, je peux le dire. La personne dont je me souviens, celle qui reste pour tous ceux qui l’ont aimé, ce n’est pas le fantôme des dernières semaines, des derniers mois. La part d’elle que nous gardons tous au fond de nous, c’est celle que j’ai connu durant les 28 premières années de ma vie et qui a illuminé de sa présence l’existence de tous ses proches.

    Merci pour ce beau texte qui, a, l’espace d’un instant, ramené ma mamie tout près de moi.
    Merci pour tout. Et beaucoup de courage à toi…

  39. Liloo

    Vous m’avez faite pleurer en 1 phrase… oui, pour un enfant, l’amour c’est le goûter de 4h00 et la veste sur les épaules quand il fait froid.
    Merci

  40. Eva

    j’ai l’impression de revoir ma grand mère il y a longtemps maintenant. Alzheimer y était pour quelque chose. Elle ne vivait plus parmi nous mais pendant la guerre qu’elle a connu de près. Elle appelait son fils monsieur et moi madame….J’ai peur parce que un jour j’en serai peut être là aussi…

  41. Grandvuillemin

    Bon courage Monsieur Baptiste.

    Nous sommes nombreux dans votre cas.

    Alors malgré nos propres difficultés (je vais mourir avant elle, il ne s’en rendra pas compte. Une bonne chose finalement.) Mais j’emporte ma peur pour son devenir quelqu’il soit, ainsi que mon amour et mon chagrin.

    Alors courage à tous et sachez aussi bien profiter des papys, mamys, papas, Mamans etc….

    Si il y a un au delà je veillerai sur tous….

    Seule la mort est grave.

  42. http://www./

    Kalau DAP saman utusan, dan kes dibawa ke mahkamah, jangan risau, kita akan tau cerita sebenarnya melalui perbicaraan tersebut di mahkamah. Macam kes2 sebelum ni, walaupun dikatakan konspirasi ke apa, kita boleh baca dan gunakan otak kita untuk berfikir mana yang konspirasi atau yang tidak masa perbicaraan tu nanti. Banyak bukti2 sahih akan dikemukakan oleh kedua2 belah pihak peguam nanti, kita tunggu je samada ianya fitnah atau kenyataan.

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