UN JOUR = UN PATIENT QUI SE BAIGNE DANS TES LARMES

Alors voilà, cette année, il y a aussi eu cette patiente.

5 fois, elle se mouche.

5 fois, elle sort un mouchoir.

Dans chacun, elle dépose une belle huître fine de claire, puis… HOP! sur le bureau ! Pépouze. Exactement là où l’autre Mimi-Cracra avait posé son chewing-gum (#cecoindubureauestmaudit).

J’ai regardé faire, un peu ahuri.

Finalement, étant plus gêné qu’elle par son sans-gêne, j’ai adopté la réponse la moins appropriée du monde : le cynisme.

« Ah oui, ils sont quand même mieux là que dans la poubelle. Au moins, là, on dirait des jolies poupées Russes bien alignées !»

(Parce que OUI, elle les avait posés par ordre de taille croissante…).

Et la patiente, en riant, d’ajouter :

« Ou les Jackson Five ! »

Cynisme : 0

Patiente : 1

Enfant qui tombera malade en touchant le coin maudit du bureau après elle : -1

58 réflexions au sujet de « UN JOUR = UN PATIENT QUI SE BAIGNE DANS TES LARMES »

  1. Lilas

    Mes collègues de bureaux.
    Doctorants au passage, qui n’ont aucune obligation d’être présents au bureau puisque la thèse peut très bien se rédiger toute seule à la maison (j’exagère un peu quand je dis qu’une thèse se rédige seule).

    Au moins un par jour me dit “je ne te fais pas la bise je suis malade”, aucun souci, mais tu peux rester chez toi quand même parce que j’ai une purée de maladie qui fait que mes défenses immunitaires sont au plus bas et que je me bats quotidiennement pour ne pas tomber malade.
    Et qui se mouchent, et posent leurs mouchoirs sur les bureaux. Ou sur la table du restaurant universitaire.

    Je les aime beaucoup.

  2. Bénédicte

    T’as quand même des patients spéciaux… Ou bien est-ce dû aux ondes que tu dégages? En tous cas, excellent… Bénédicte , généraliste en Belgique.

  3. Chris

    Parfois il faut aussi se faire confiance, se sentir à l’aise avec ses connaissances et ses principes et dire aux patients que les progrès de l’hygiène ont sauvés des milliers de vies, que ces microbes peuvent tuer une personne en manque de défenses immunitaires et qu il est essentiel de jeter ses mouchoirs, chewing-gums … Dans la poubelle et de se laver les mains.
    Il y a la méthode aussi qui consiste à tendre la poubelle ou à installer une poubelle côté patients et leur dire (avant qu’ils n aient eu le temps de poser) qu ils l utilisent !
    Ma fille est très suivie médicalement je lui demande depuis qu elle est toute petite de ne pas toucher les bureaux des spécialistes parceque c’est leur espace et qu il faut le respecter même si le médecin est très gentil …. Maintenant je vais rajouter que c’est comme dans les hôpitaux il peut y avoir des milliers de microbes dessus
    Bonne continuation !

  4. Garreau

    Je vous conseille la méthode d’un médecin chez qui j’allais autrefois à Antony (92). La chaise du patient était posée à 1,5 m de son bureau et si vous faisiez mine de vous rapprocher, il se levait, passait derrière votre chaise et vous remettait lui-même en place !!!

    1. Adrien

      Pourquoi pas un hyngiaphone aussi !
      Ou alors un 2 ordinateurs :l’un avec un médecin derrière et l’autre pour le patient, loin, très loin…
      Mais ça, c’est prévu pour bientôt!
      J’aimerais bien entendre un dentiste sur ce genre d’expérience inoubliable et inexcusable

  5. Celine

    Je suis enseignante… J’aime mon métier, les gosses, tout. Mais je n’aime pas l’incorrection et les microbes. Aussi même pas besoin de demander pour mettre un truc à la poubelle, obligation d’y déposer ses mouchoirs usagers sinon condamnation à laver la table avec le chiffon et le détergent. Et on éternue dans son coude, on baille derrière sa main… C’est comme bonjour et au revoir tout cela… Les règles fondamentales de la politesse, du savoir vivre. Sinon, la remarque fuse, un rappel à la loi…sur le ton de l’humour, mais le coupable rougit. Et le pire, c’est que mes élèves, ils m’aiment bien.

    1. Cath

      Mais non, ce n’est pas pire. Je dirais que vos élèves apprécient le fait qu’on fait attention à eux, qu’on ne les ignore pas. Et les remarques faites avec humour sans intention de se moquer ou de rabaisser passent toujours mieux. Je parie qu’ils savent pouvoir vous demander des explications ou vous parler, tout simplement.

  6. la schtroumpfette hygiéniste

    oui, un jour, représentnte d’une association de aprents dans une école, j’ai demandé à ce que les enfants puissent se laver les mains, une fois dans la ,journée. Avant de manger, par exemple… et aussi après, tant qu’à faire, parce que les taches de gras sur les cahiers…

    – Ah non, vous n’y pensez pas, m’a-t-on répondu. Ils vont se battre avec l’eau, toussa toussa… et puis, avec quel savon ?

    Du temps de ma lointaine enfance, il y avait, dans les écoles, des rangées d’éviers avec des gros savons jaunes accrochés au mur car transpercés par une sorte de groose vis. J’ai rappelé ce détail à la Doisneau…

    – Mais Madame, vous n’y pensez pas, c’est sale, ce genre de savon !

    (à la même époque, dans les wagons du métro, il était écrit : interdiction de fumer et de cracher. heureuse époque !)

    Ne vous étonnez donc pas si, après avoir vécu leurs premières années avec des toilettes répugnantes sans PQ ni savon, les gens qui n’ont pas eu la chance d’avoir une maison hygiénique sont sales. Car il leur a bien fallu s’adapter…

    En conclusion : oui, l’éducation à l’hygiène, ça paraît ringard, mais qu’est ce que ça serait utile !

    1. Oona

      Ah mais oui c’est vrai … je ne suis pas cacochyme … j’ai quitté le système scolaire il y a 30 ans et je n’ai pas le souvenir d’avoir ni utilisé les toilettes ou des lavabos au collège ou au lycée ! Après un essai pour constater qu’il n’y avait ni papier, ni savon, j’ai arrêté de boire afin d’éviter d’avoir envie de faire pipi, quant à la propreté des mains … Après, on pouvait aller à l’infirmerie pour les urgences … mais il fallait assumer ! Sachant qu’il n’y pratiquement plus d’infirmière dans ces établissements maintenant (ou plutôt 1 pour 4 établissements)
      Bref, notre système scolaire est formidable !

      1. Lilou

        Sans remettre en cause votre vécu mais juste pour éviter les généralisations : dans l’école de mon fils, c’est passage obligatoire aux lavabos après chaque récréation, avant le repas, et après… et ce de la petite section au CAP (je ne sais pas après, je vous dirai l’année prochaine !) Même si les stocks de savons se vident plus vite que ne le voudrait la mairie 🙂 Il existe encore des instits & atsem responsables, et heureusement !

    2. Stellaire

      Il y a 15 ans lors d’une réunion d’après rentrée, j’avais fait la réflexion au principal du collège de St Germain du Puy où mon fils venait d’entrer, sur l’absence de savon pour se laver les mains alors qu’il nous parlait d’hygiène.
      Gêné, il nous a répondu que les élèves masculins dégradaient les installations et que se laver les mains à l’eau était suffisant.
      Je lui ai alors répondu qu’il ne fallait pas alors qu’il nous parle d’hygiène.
      Toute l’équipe enseignante m’en a tenu rigueur et mon fils en a fait les frais.
      Visiblement, rien n’a changé.

  7. dubois martine

    Baptiste je ne sais pas où vous exercez mais franchement vous avez des patients sans-gêne. Vous avez deux solutions : exercer dans un autre quartier en espérant qu’il y aura moins de mal élevés ou faire une leçon de morale à chaque incorrection. Pour une gestion du temps plus judicieuse faire une belle affiche pour spécifier que le bureau n’est pas une poubelle. Avec votre humour vous trouverez la phrase choc et amusante.

    1. Cath

      La notion de quartier ne changerait pas grand chose.
      Personnellement, les gens les plus crades que j’ai eu l’occasion de fréquenter vivaient dans les “beaux ” quartiers (hôtels particuliers aux abords de châteaux royaux célèbres), mais ne voyaient pas la nécessité de dépenser quelques centimes pour du savon, du déodorant (ou du talc), ou de prendre une douche quotidienne. Et ces gens sont plus nombreux qu’on ne pense, qui mettent en œuvre le vieux dicton de la marine selon lequel ” peinture sur merde égale propreté “.
      Et j’en ai connu d’autres qui n’avaient pas l’eau courante à la maison (on traversait la rue pour aller chercher l’eau à la pompe), mais qui se récuraient les mains et les piedds, à la brosse en chiendent et au savon dans le ruisseau qui serpentait dans les terrains maraîchers où ils travaillaient, été comme hiver, faut-il le préciser ? Et ces derniers ne se seraient jamais avisés de cracher dans la rue ou de vous éternuer à la figure.
      Alors, ce n’est pas une question de quartier mais bien d’éducation. Pour vivre en société, on cOmmence par apprendre à respecter les gens qui nous entourent. Enfin, je crois ?

  8. 40

    J’y crois pas, les gens sont vraiment comme cela ? On vit dans un monde de porcs à tous niveaux ? Alors je comprends mieux les espaces de confidentialité des pharmacies, les vitres entre secrétariat et patient ou client… Les médecins aussi vont devoir trouver leur parade: chaises vissées au sol loin du bureau? Petite table- patient à côté du fauteuil- patient comme si c’était le guéridon perso pour le thé? Chaise tablette pour le patient ? Bureau- médecin avec un petit rebord surélevé côté patient pour s’en protéger? A faire étudier par un bureau d’architectes d’intérieur. Sinon, chapeau Baptiste, faut avoir les idées larges dans ton coin.

  9. Rozana

    Les patients n’ont rien à envier au corps médical ! Petite histoire de bloc ce matin même sur la table d’opération : ma collègue m’interpelle « tu as vu la dame saigne? » . Je prends le temps d’analyser finement la situation : « ah, non, c’est le médecin anesthésiste qui s’est essuyé les doigts sur le drap… » cqfd☹️

  10. fripouille

    La chaise éloignée c’est une bonne idée, je l’ai vue et c’est immédiatement compréhensible ! Ma morale : ne pas aller chez le médecin, juste pour l’incontournable. J’ai dit au mien que je ne lui serrerai pas la main pour ne pas attraper de microbes, et je lui ai demandé comment il fait pour ne pas en attraper, il a hoché mollement les épaules de l’air de dire : je subis mais c’est la vie. (Je le connais depuis 30 ans et il sait que je vais lui sortir une ânerie, en précisant que c’est pour lui redonner le moral, lui qui passe ses journées avec des gens pleunichards)

  11. Nicole

    Dans ce cas, quelque chose me chiffonne. Cette patiente avec ses mouchoirs a eu droit au cynisme, tandis que le patient au chewing-gum, non. Avant aujourd’hui, je ne connaissais que celui au chewing-gum et comme vous n’aviez rien dit, j’ai pensé que c’était par rapport à l’agression que vous aviez eue, mais maintenant, je lis l’histoire de cette autre patiente et j’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi il y a deux comportements différents. Peut-être que cela vient de moi, mais ça me gêne. Suis-je la seule dans ce cas ?

    1. Cath

      Le temps de se ressaisir face au comportement du mâcheur de chewing gum, de surmonter l’ahurissement qui vous paralyse (“j’y crois pas”) et de tenter de mettre en œuvre une nouvelle réponse. Vous noterez que Baptiste en usant de cynisme a voulu reconnaître un modicum d’intelligence à l’artiste qui étalait son œuvre sous ses yeux. Son espoir a visiblement été déçu, car notre docteur préféré est malheureusement d’un incurable optimisme pour tout ce qui touche à l’humain. Il ne peut même pas les traiter de mal élevés, et cherche encore à comprendre.
      Alors, au lieu de lui faire un procès d’intention, pourquoi ne pas penser à vos propres réactions dans pareille situation ? Auriez-vous seulement le courage de ne pas flanquer ces gens à la porte ?
      Je dois dire qu’en pensant à l’auteur du blog, je n’ai pas écrit les premiers mots qui me venaient à l’esprit en lisant ce commentaire. Ce qui n’est pas plus mal.

      1. Nicole

        Vous êtes gentille, mais je ne fais pas un procès d’intention, je veux comprendre pourquoi du cynisme pour l’un et pas pour l’autre. C’est interdit ? Est-ce que ma demande est compliquée à comprendre ? Pensez-vous que mes propres réactions dans une situation identique vont changer quelque chose franchement, parce que ce dont je parle n’est pas le comportement de ces deux patients mais les deux réactions différentes de Baptiste, vous saisissez la nuance ? Est-ce parce que c’est lui, il faut aller dans le même sens et ne pas avoir d’avis qui vous met mal à l’aise et ne pas l’exprimer ? Cela dit, ne vous gênez surtout pas pour écrire les premiers mots qui vous venaient à l’esprit, parce que vous en avez trop dit ou pas assez.

  12. Namasté

    Ce petit calendrier de l’Avent des patients sans-gêne va atteindre des sommets, je sens: chaque jour une case s’ouvre sur un comportement qui en dit long sur le manque réflexion et de projection sur les conséquences de leurs actes! Je plussoie pour la solution de la poubelle de table et pour le stock de lingettes désinfectantes.
    Par contre, je ne pense pas que ce soit le fait d’un quartier: malheureusement dans ma pratique professionnelle, j’ai constaté des comportements équivalents quel que soit le degré d’éducation ou la situation sociale. C’est plus une question de bon sens ( ne disait-on pas il fut un temps, que c’était la chose la mieux partagée du monde ? cela doit se perdre…)
    Bon courage !

  13. Emmanuelle

    Roh celle là, elle est vraiment dégueu… pire que le chewing-gum, je crois… on pourrait pas avoir un joli truc, une fois, posé sur votre bureau ?
    La prochaine fois que je vais chez mon médecin, je fais le chèque en m’appuyant sur mes genoux.

  14. korinn

    à cet endroit précis du bureau … il conviendrait de poser une boite communément appelée “poubelle de table ” ( oui je sais… ça fait cracra !) sur laquelle il serait indiqué :
    recueil des mouchoirs et chewing-gum usagés
    à utiliser sans modération ni restriction
    GRATUIT et VALORISANT

    j’ai fait ça pour la brosse WC à la maison 🙂

    je me souviens m’être faite enguirlander (c’est Nowel, je reste polie ) par une patiente car j’avais “crié” sur sa gamine qui m’avait embarqué mes tubes de prise de sang que je destinais à sa sœur (aiguille dans le bras… plus possible de bouger !!)
    j’avais juste dit (un peu fort… mais plus de surprise plus que de colère !!) “eh !! je touche pas tes jouets, tu prends pas les miens”, l’humour n’a pas pris là non plus !!!

    biz de nowel
    co

  15. Adrien

    Bonsoir Baptiste,
    Je ne vais pas m’exprimer sur le fond (et pourtant, il y aurait bien d’autres choses à en dire que des exclamations horrifiées de connivence ) mais sur la forme, au risque de passer pour un réac louchant du côté de Marine.
    Pour un catho élevé dans cette religion, l’avent a une signification et une seule.
    Et le calendrier de l’avent permet de préparer la naissance du Christ ( et pas le passage du papa Noël ).
    C’est plutôt une belle période pour les Chrétiens qui s’efforcent de la vivre de manière apaisée, positive. C’est un moment unique dans l’année.
    Alors, je suis plutôt attristé de lire votre “calendrier de l’avent”. Mais après tout, les voies du Seigneur sont impénétrables…

    1. korinn

      j’ai loupé un épisode ?
      nulle part j’ai lu qu’il s’agissait d’un “calendrier de l’avent” d’anecdotes ?!?!
      peut-être un commentaire l’a évoqué… mais alors il ne s’agit alors nullement d’une intention de l’auteur.
      et mon pauvre Adrien, profitez de ce temps de l’avent -justement- pour ouvrir vos chakras et apprécier le goût des autres
      bizouilles les fripouilles
      co

  16. Marie-Eve

    Une jolie plante à fleur sur le “coin maudit” du bureau, ce sera plus agréable pour les yeux et il ne pourra plus accueillir les diverses excentricités de certains de tes patients!!

  17. Desse catherine

    Ouiiiiiiiii ……. Je reste TOUJOURS étonnée de la saleté des gens …

    L ‘ hygiène, le bon goût, le bon sens …. A chacun sa dose ou son sens …
    Alors … où situer le mouchoir sale … ” hé , doc’ nous sommes entre nous !!!! ”

  18. Anthony B

    Devant ce qui ressemble à du foutage de figure de la part de cette patiente je me dis que ce n’est pas possible qu’elle soit tant sans gène et que:
    – Soit elle veut être agréable et contribuer à l’augmentation de ta patientelle
    -Soit c’est une artiste qui souhaitait t’offri Une création unique de Dalton façon poupées russes
    – Soit… soit… oui bon ça ressemble à un énorme « je m’en foutisme » pour son prochain…
    belle journée

  19. 40

    Oui, il faut recadrer ces gens qui calculent leurs méfaits et se disent: jusqu’où va t’il se laisser faire, suis-je assez malin(e) pour lui imposer cette petite (grande) humiliation, je vais lui montrer moi ce qu’il vaut pour moi avec tous ses diplômes ce moins que rien qui se la pète, je vais me venger de la situation sociale pourrie que je me suis faite en grande partie avec mes mauvaises manières, je vais faire mon dégueu, seul domaine où j’excelle, etc…
    Mais enfin, c’est le b a ba de l’élève perturbateur, tout le monde sait cela à l’école! Et on continue dès qu’on le peut dans la vie, sauf peut-être à la Gendarmerie. Inimaginable le sketch des morves alignées sur le bureau du gendarme, et devinez pourquoi?
    Baptiste, ne sois pas dupe! Tu as les moyens de ne pas te faire chahuter comme cela, montre au moins que tu vois le jeu!
    Dis simplement tout étonné et calme:
    -Et vous faites quoi au juste là Madame? Expliquez moi, je ne vois pas. Ah vous ramassez tout bien prestement? Tenez, voilà du désinfectant, vous serez bien aimable de nettoyer.

  20. Fred

    Te laisses pas faire,te laisses pas faire…et pourquoi?
    Il appartient au Lion ( cherchez l’allusion)de combattre le buffle et l’éléphant,pas de chasser la vermine.
    Déjà,quand même notre premier souci c’est de trouver comment soigner.Si en plus il faut éduquer…

    1. 40

      Le lion avec ses papattes, il se gratouille les puces et les tiques et s’il a des vers, comme les chiens, il fait le traîneau avec son arrière train, parce que tout cela, ces pouilleries, cela le gêne beaucoup et le met de fort méchante humeur!

  21. Tony

    C’est la vida comme on dit. C’est toujours l’autre qui est bizarre. J’ai remarque que certains medecins partent dans une derive moralisatrice: vous arrivez dans le cabinet et vous devez lire une grande pancarte. Y en a qui kiffe le doc d’autre ca les stresse. Ca implique des comportements qui ne sont peut etre pas naturels.

  22. Fasila

    Hello Tout le monde,
    Moi je ne pourrais pas ne pas réagir à des patients comme cela. Leur attitude est quasi maltraitante. Pourquoi accepter cela? Je lui aurais dit : Madame, Monsieur, merci de mettre vos déchets dans la poubelle…et continué la consult comme si de rien était….
    A part cela quand tu racontes, c’est tellement drôle qu’on passe un bon moment.
    Merci Baptiste
    Fasila

  23. Herve CRUCHANT

    Décidément, ces sujets me provoquent de vagues malaises, glauques et récurrents, dans le cortex frontal… J’explique.
    Bibi, notre toubib magicien malin, poste le récit factuel d’une consultation particulière pour illustrer par l’exemple les risques de transmissions de germes pathogènes provoqués par des attitudes inappropriées des patients. “et c’est bien écrit”.
    Commentaires premier étage :
    Wooouuaaaah! les dégueulasses !
    Commentaires deuxième fournée :
    Quelle honte, quel sans-gène… au piquet !
    Commentaire troisième rang :on devrait. Il faudrait.
    Que fait le gouvernement? que fait la police?
    Le fond de caisse, dirigiste sinon dictatorial :
    “c’est avec des gens comme çà”, “il n’est pas permis”, “on devrait”, “moi je”, “dans ma classe”.
    Il doit bien y avoir un Deleuze moderne pour expliquer cette courbe des réactions qui va du constat photographique à l’émission d’un code social.

    Tout ceci dit, je vois aussi que notre bonne vieille société, empiergée dans sa doxa repeinte de frais, a toujours une allure de faux-culs et de voyez-comme-on-danse qui est d’ailleurs sa caractéristique. Si je m’appuie sur Anthony B -c’est une image, Anthony. don’t care- il dit ceci “Devant ce qui ressemble à du foutage de figure”(sic). Nous y voilà en plein ! Anthony préfère se référer ouvertement au foutre, cet élément essentiel à la vie, puisqu’il s’agit de jouir, plutôt qu’à la gueule qui ne sert qu’à se nourrir et, accessoirement, à véhiculer des sons, accueillir les sens communs (!), gare de pillage du monde ambiant. Il serait à la fois correct, intelligent, subtil et convivial de dire ” du foutage de figure ” plutôt que “Devant ce qui ressemble à du foutage de gueule”. L’allusion a plus de force et d’élégance que le propos dru et clair. C’est exact. Enfin, je veux dire : ce qui est vrai pour l’allusion est limite en ce qui concerne la transmission des pathogènes.
    ‘Anthony, vous pouvez y aller. Vous êtes libre ! ‘(entendu à la télé)

    Il s’agit ici d’une scène qui se passe dans un contexte actuel, moderne, dont le personnage relatant est moderne, instruit, diplômé, membre de gang (bande) dans la corpo des toubibs, propre sur lui, exerce son métier dans un pays moderne… de nos jours. (le gendarme retentit) Entre un ou une patiente. Salut. Bonjour, asseyez-vous, c’est quoi qui vous amène? (toux grasse) c’est ceci, docteur….. Et LA… Décalage culturel, exogène, inapproprié, aliène?, mal venu… qui ne fait pas partie de ce monde moderne actuel,
    convenu, impérieux.
    Finalement, le décalage sociétal choque plus (dixit les commentaires) que le risque réel indiscernable de la transmission des microbes.
    Vous qui êtes nombreux à suivre et à donner du pèze à MSF ou à MDM et autres associations ONG, connaissez-vous les conditions d’hygiène dans lesquelles travaillent ces organismes ? Savez-vous la richesse inouïe que représente un dispensaire dans un village ou un bourg? Non non, pas forcément en Tiers Monde, mais ici même. Près de chez nous, dans le monde bien huilé dans lequel nous baignons.

    J’ai vécu toute mon enfance dans un quartier qui était équipé d’un dispensaire. Du genre portes-ouvertes jour et nuit, dans un pays étranger. De ceux qui sont tenus par des religieuses. Plus propre que celui de “Il est Minuit” à Lambarene, un véritable foutoir sale. Celui ou celle qui aurait procédé de la manière décrite par Bibi dans ces deux derniers posts aurait écopé d’un “et puis tu reviendras demain, je t’expliquerai des choses” et de négocier le jour et l’heure. Le jour du marché c’est bon. Le moment venu, sur un grand carton genre carte de France d’école maternelle que nous avons tous connu, on aurait appris les vies et morts des microbes; leurs situations sociales, les désavantages à les côtoyer assidument, les manières simples de les éviter, de les détruire.
    La sœur-cheftaine, celle qui avait la plus grande gueule et veillait aux grains, dispensait ses ordres et ses blagues, avait une vie d’enfer. manches retroussées et toujours au travail; prodiguant ses conseils. “Tu diras à ton homme qu’il se calme un peu, hein” à une maman toute jeune qui était enceinte pour la cinquième fois; ou: “dis donc, c’est pas au chantier que tu t’es fait çà ! c’est pas plutôt en sortant saoul du bistrot que t’es tombé? tu picoles trop, mon gars; continues comme çà et tu vas en crever”, enfin : “donnes lui une seule cuillère le soir; s’il tousse encore, reviens nous voir. mais si la date est passée, c’est rien, c’est pour les marchands ces trucs là; le sirop est encore bon.” Doux Jésus ! en voilà bien de la médecine chewing gum. Chaque fois qu’il le pouvait, le médecin de la ville passait voir les sœurs pour leur parler d’elles, leur conseiller de ralentir un peu, de prendre du repos, de lire un livre, d’écrire à leur famille; il donnait des médocs récupérés, Exoseptoplix une poudre dans une sorte de boîte circulaire grosse comme un gros pouce avec un petit tube planté dedans. on appuyait sur la boîte molle et çà envoyait de la poudre de perlinpinpin sur les écorchures des genoux quand je tombais à vélo lancé à toute berzingue freins inconnus. Teinture d’iode. alcool. éther. des bandes velpo et du sparadrap. des pilules toutes même format mais de couleurs différentes dans des grands bocaux de verre aspirine, vitamine c, adoucissant pour la gorge. on puisait à la main dans le bocal (sans bouléguer) et on mettait les médocs dans un carré de papier journal… un jour, une dame est venue réclamer auprès de la mère parce que son mari ne voulait pas des sangsues ordonnées pour ses jambes. “ja’i tout essayé. au beurre, à la poele, bouillies à l’eau. il veut rien savoir”… dispensaire….

    Le savon de Marcel, bien que couvert de mousse grise cradement laissée par l’usager précédent, ne demandait qu’à resservir après rinçage qui va bien. On évitait de s’essuyer les mains avec cette chose gris souris qui pendait au clou à la place des vingt-centimètres-propres-et-secs. Voilà.
    Défenses naturelles au top du top. Moins de cancers, d’allergies, de maladies de peaux qu’aujourd’hui dans les stats… dispensaire….

    Pas de jugements, mes gens. Pas de jugements. Ceux qui savent doivent le dire. Ceux qui le disent doivent expliquer. Ceux qui expliquent doivent le faire humainement. Maîtresse Malgrétout, je n’aime pas votre méthode de garde chiourme. Moi, je garde le dispensaire dans mon cœur.

    Dispensaire. Un jour comme tous les autres, apparemment. Je suis venu en vélo jusqu’en bas de la rue Jules César pour monter jusqu’au dispensaire. J’y venais tous les jours depuis que je devais me faire piquer pour je ne sais quoi et que çà faisait un vrai mal en se diffusant sauf si je faisais le tour du quartier en pédalant vite. Virage à gauche en dérapage contrôlé. Le dispensaire était vide. Le local bleu foncé ressemblait à un garage pour auto. Il y avait un grand silence. Les sœurs et la mère grande gueule avaient disparu. “probablement parties vers un endroit où on a besoin d’elles” ai-je entendu dire quelqu’un.
    Depuis ce temps, depuis le carton qui expliquait les microbes, je sais pourquoi il faut se laver les mains et aussi derrière les oreilles. avec du savon”. Et je regrette que l’absence de crédits dans les hôpitaux affecte en premier les distributeurs de liquide pour les mains à chaque salle. Dans un coin de mon crâne, quelques groupes de neurones font parfois des réunions en rond, et regrettent la sœur grande gueule et le dispensaire du haut de la rue Jules César, à gauche en montant.

  24. Jac

    Je crois que vous avez tort de voir d’abord ça comme une incorrection vis à vis de votre personne.
    Il vaudrait mieux vous voir d’abord dans votre position de professionnel quand vous êtes en consultation.
    L’éducation à la santé fait aussi partie de vos attributions de médecin, donc aussi l’éducation à l’hygiène.
    A vous de trouver la manière de dire les choses qui sont recevable par vos patients.
    Les enseignants ont le même défi vis à vis des enfants … et de leurs parents.

    Les gros savons jaunes sont effectivement interdits par les commissions d’hygiène qui n’ont pas le pouvoir d’obliger les établissements à fournir autre chose.

  25. Jac

    Cela dit, j’aimerais bien avoir la certitude qu’avant de me tripatouiller le médecin qui m’ausculte se lave les mains entre deux patients.
    Et c’est peu probable parce que bien des cabinets ne sont visiblement pas équipés pour ça.
    Il n’y a que chez mon dentiste que je suis tranquille à ce propos.

  26. Tijac

    Bonjour,
    Il y a aussi le patient qui se fourre les doigts dans le nez …juste avant de rentrer dans votre bureau et qui bien sûr vous serre immédiatement la main….C’est du vécu, et plusieurs fois par an !

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