Le gamin qui avait eu peur du gros chat.

Pour Arun, souvenir de l’Inde

Alors voilà, sur la route de Nagore, quelque part en Inde Orientale à deux pas de la baie du Bengale. Un village, jour de marché : houle dense, myriade d’échoppes, brouhaha sans fin. Comme une fièvre qui s’appellerait la vie. Je suis en plein dedans, avec des fleurs, aussi. C’est important, les fleurs. Les fleurs et les femmes.
Sans leur exubérance, sans l’infinie diversité des saris lumineux, sans la richesse des décors théâtralisés par le soleil des Indes Mystérieuses, on ne verrait que la décrépitude des maisons rongées par la mousson, les tas d’immondices, la précarité des routes défoncées, l’âcreté d’une poussière souveraine.

Soudain, entre deux tubéreuses, un homme engendré par le flot de la foule s’avance. Mieux, il se poétise : son corps et son visage informes deviennent autres. Ce n’est pas qu’il est torturé d’énormes protubérances violacées, non, ce n’est pas qu’il souffre de neurofibromatose ou d’une autre maladie étrange et rare, non, non et non. On ne me fera pas croire cela.
C’est qu’il est fils du Pin et du Frêne, Homme-Chêne échappé des forêts où rode la mort tigrée. Il a, au bout des bras, deux souches d’arbre très rondes, l’écorce y est noueuse et millénaire, ponctuée de mousses et de girolles.
Notre guide lève un sourcil et, très docte, il confesse :
– Quand il était gamin, cet homme s’est perdu dans les bois. Effrayé par les bruits, il a souhaité se changer en arbre pour échapper au gros chat mangeur d’hommes.
Il secoue la tête, montre le ciel du doigt :
– Méfions-nous de nos souhaits, ils pourraient être entendus… Et exaucés !
L’homme-Chêne passe lentement, le pas de ses racines est lourd, il fait un bruit de vieille charpente quand il marche.
Une enfant, à la longue crinière d’ébène, chante à son bras.
C’est un son clair, vraiment très aigu.
Cette enfant près de cet homme, c’est un pinson à tête noire sur un rameau très sec.
Et l’oiseau se tient au plus près de sa branche.

– Tu le sais ? N’est-ce pas ? Tu le sais ? La pierre. L’air. La peau.
– Quoi ?
– Tu le sais.
– Le secret ?
– Voilà. Tu vois bien que tu le savais.

B. Scott

Nota : pour la photo, on m’a dit qu’elle était “dégoûtante”. Je l’ai changée. Je ne voulais pas choquer. Puis je l’ai remise. D’abord parce qu’on me l’a demandé et parce que c’est mon site : je fais ce que je veux. Ensuite, parce que je suis un enfant de notre société moderne, je porte le poids de l’importance du regard de l’autre. Mais cet homme est beau. Il y a quelque chose du domaine de la grâce chez lui. Cela dérange ? Je m’en excuse. Mais, si je me censurais, ce ne serait plus moi. Cette photo, éminemment mythologique au sens ovidien du terme, est pleine de tendresse. Si je la supprimais parce que certains la trouvent “dégoûtante”, ce serait comme insulter cet homme. Il n’y a rien à cacher, rien à cracher et rien à craindre. Par contre, on peut écrire un poème.
Voilà.

A propos du livre : bel article ICI
Et merci à Joséphine Bataille du Magazine La Vie pour son très bel article sur le roman.
Et merci au magazine ELLE de ce mois-ci pour la même chose !

187 réflexions sur « Le gamin qui avait eu peur du gros chat. »

  1. Claudia

    ” Il se poétise… ” Je te l’ai déjà dit je crois mais régulièrement je tombe amoureuse de tes mots. J’aime l’humain en toi, le soignant corpus et anima, l’auteur bien sûr puisqu’il est le fruit aux saveurs éclatées de ce tout, mais lorsque le poète fait une percée plus marquée… et bien j’aime sans parvenir à oraliser ^^ Qui l’eut cru n’est-ce pas ? ^^

  2. marie

    bon je pense que là tu as passer haut la main le module “alchimie” changer le dégout qui plombe en légende de lumiére t’es balèze Doc ba-lèze.

  3. Cmoi

    “Il est malheureux que les gens ne voient que les différences qui les séparent, s’ils regardaient avec plus d’amour, ils discerneraient surtout ce qu’il y a de commun entre eux, et la moitié des problèmes du monde seraient résolus” Paulo Coelho
    Et franchement je crois que si cet Homme arbre et si respecté c’est que ces compatriotes voient en lui non pas une maladie mais un “enchantement” et que cette différence de culture fait de lui un Homme exceptionnel et non pas une curiosité.
    Encore merci Baptiste pour ce merveilleux texte poétique emplit de douceur et de compassion et surtout qui nous montre que suivant l’éducation que l’on reçoit et le pays, la région ou l’on grandi, la vie prend une autre dimension.
    Bon voyage Bibi, et bises a tous

  4. Grand33

    Bonjour Bibi,
    encore une belle fable que tu nous raconte là. Un homme chêne où sur ses branches de jolis pinsons à têtes noir viennent se poser. Plus de chance qu’un homme-tronc finalement.
    la bise

  5. C.d'Argentine

    ”MEFIONS-NOUS DE NOS SOUHAITS(….),ILS POURRAIENT ETRE EXAUCES:…Bibi,as-tu demande aux forces de l’Univers,dans tes reves les plus fous de te transformer en POETE-ECRIVAIN,charmeur d’humanoides… DE TA FLUTE EN FORME DE PLUME,S’ELEVENT DES SONS SI MAGIQUES…que j’en viens a rever de m’envoler,pour surprendre le froissement des rires colores de ces femmes,a qui tu rends hommage…et je remonte fascinee vers la PHOTO de cette jeune fille a la PEAU-CAMOUFLAGE DE CAMELEON…les mots de B.SCOTT,enveloppant le tout de mystere…Merci,de revenir si exotiquement inspire.

  6. E.

    “L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur”, belle leçon de vie pour notre société qui voue un culte à l’image que ton post de ce matin, Bibi. Merci, tu as illuminé ma journée par la grâce de tes mots.

  7. Cilou

    J’aime ta poésie. Cet homme-chêne l’aimerait certainement aussi.

    Méfions-nous de nos souhaits, ils pourraient bien se réaliser…
    Mais je vous souhaite quand même à tous une belle journée et une bonne semaine !

    Cilou.

  8. Herve CRUCHANT

    Le secret. Le secret est partout. Il faut très peu de choses pour qu’on puisse le voir encore; toujours. Changer un soir d’automne sur la rive du Gers ou de Garonne pour un reflet inouï sur la Mer de Paille.

    Le secret est partout. On le rencontre aussi dans la forêt primaire amazone. Quand le bruit du jour bascule lentement dans le bruit de la nuit et disparaît. Les couleurs de la lumière comme les visages peints des gens de l’oubli; agate. Le geste se fait rare et précieux de remettre un tison près de la flamme pour la nuit.

    Le secret et partout. Tu vois, c’est le même rituel. La même musique de l’âme. Une foule de choses, de couleurs, qui glissent sur le sol avec des parfums, des pensées à devoir accomplir. Toujours des femmes. Toujours. Couleurs de la vie qui passe. Un regard couleur châtaigne croisé par hasard. Peut-être aussi un chant, c’est vrai. Une jeune fille un guide un oiseau. Il fera nuit tout à l’heure.

    Le secret est partout. Il revit, voilà. Il faut des passeurs de messages, des passeurs d’amour. On aurait peur que quoi? Il faut qu’on se voit. J’ai un secret à te dire. Je reviens de la Mer de Paille…j’ai vu des yeux châtaigne sur des sourires de miel…

    On se rencontre quand ?

  9. Mésange

    Simplement MERCI DocEcrivainPoète pour la poésie et la beauté de ce texte qui me transportent dans un ailleurs peut-être pas si lointain.
    MERCI aussi à Hervé qui écrit si bien et si joliment les choses.
    Que le souhait de Cilou se réalise!
    Cilous, abrazos et poutous à tous.

  10. Drey

    Bonjour Baptiste,

    Je te lis depuis le premier jour. J’ai beau aimer le concept, sur cette photo là, je ne t’approuve pas. C’est à gerber. Et la jolie histoire ne suffit pas à aider à supporter cette image. Dans ce cas précis, pourquoi ne pas mettre un lien en précisant “estomacs fragiles, s’abstenir”? Ca me dégoûte. Déjà l’histoire de la dame qui léchait les lépreux, c’était limite, mais là…

    Je ne te félicite pas.

    Amicalement,

    Une lectrice de la première heure, mais dégoûtée.

    1. E.

      C’est triste d’être dégouté par un homme. Il fait partie de l’humanité, de qui nous sommes… Je comprends qu’on puisse être dégoûté par les actions des gens… mais par leur essence? Quel dommage…. nous sommes tous différents, et c’est ce qui fait la beauté du monde…

    2. Fleur

      c’est ironique ? à prendre au second degré ? La vie n’est pas faite de jolies choses agréables à l’oeil. la vie est faite aussi de tout un tas d’horreurs et ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas supporter leur vue que ceux qui vivent avec doivent se cacher. Apprenez à regarder avec amour. Entraînez-vous avec cette photo.

      1. Sylvain DIDIER

        En tant que soignant, peu de choses me rebutent. Mais cette photo est pour moi cauchemardesque. J’en avais déjà vu une similaire avant et je m’étais dit que là était ma limite de soignant. Evidemment si je devais me retrouver à prendre en charge un tel patient, je ferais mon métier comme il se doit, mais dur dur de ne pas se projeter. Telle est ma faiblesse d’être humain…

    3. Albigène

      @Drey

      Même si la vision de cet homme que l’on devine ou que l’on sait en souffrance m’a ému, je crois que le mot de dégout n’est pas adapté. On l’emploie habituellement lorsqu’on évoque l’alimentation. (Dégout – bouche ) ? Quant à “gerber”…
      Il est bon de savoir, dans nos sociétés occidentales, qu’il existe de par le monde des êtres humains qui sont bien différents, simplement. Et nul besoin d’aller bien loin d’ailleurs. Il n’y a qu’à voir le regard que certains portent sur les handicapés. Et pour peu que l’on fasse preuve d’empathie envers ce jeune homme indonésien on peut laisser le mot dégout disproportionné de côté. Cette photo m’a simplement bouleversé.

    4. Estelle

      Madame Drey, vous avez bien de la chance de n’avoir aucune malformation, ni aucun handicap, votre miroir vous aurait sûrement fait gerber.
      Tout être humain a droit à l’amour, au respect et à la tolérance, et d’autant plus s’il est en souffrance.
      J’espère pour vous que jamais quelqu’un de votre famille ou de votre entourage n’ait de souci de santé, ça vous dégoûterai…

    5. ANNE

      z’avez même pas vu la douceur de son regard, de son visage ? Et vous êtes dégoutée ? Ma foi c’est votre droit mais c’est bien dommage … pour vous. Ouvrez les yeux grand, le cœur va suivre, et le partage en humanité aussi ! Nous sommes tous différents, chacun d’entre nous est unique, quant aux critères “esthétiques”, ils sont extrêmement variables. Et les difformités possibles font partie de notre humanité. Avez vous pensé à lui, l’homme arbre ? Arriveriez vous à vivre avec cette maladie aussi sereinement que son visage l’exprime ? Regardez son regard. Paix

    6. Cilou

      Oh, le salaud de malade ! Il a eu l’outrecuidance de choquer votre bonne conscience et votre précieuse vision aseptisée du monde avec sa vilaine-pas belle maladie. Quel culot, quel outrage !

      Ce pauvre homme doit donc se cacher. Cacher sa maladie, sa misère, sa douleur. Pour ne pas choquer les honnêtes gens de leur apparence affreuse. Imaginez vous à sa place avant de dire qu’il est “à gerber” ! Puisse la Vie vous épargner, toujours, car dans le cas contraire, vous vous dégoûteriez vous-même… Quelle tristesse, votre commentaire…

    7. pantherspirit

      @ Drey,
      En lisant votre commentaire j’ai envie de reprendre cette phrase de Montherlant « Ce qui me dégoûte dans la haine, c’est sa grossièreté: elle accueille n’importe quel bruit, se nourrit de tout, sans examen, sans discernement. Comme elle est bête et rend bête! Un grand esprit qui hait devient aussi stupide qu’un bouvier. »

      Car ce dégout qui vous fait ainsi gerber, est identique à mon sens à une forme de haine que vous crachez (entre la gerbe et le crachat…il y a une grande similitude) rejetant la différence de l’autre et, ici, en l’occurrence celle qu’a engendré une maladie. Oh c’est vrai, pour certains « la maladie, c’est beurk-dégoutant », surtout si elle se voit ! Cachée, à la limite, on s’en fout royalement, on ne la voit pas, et de plus ainsi, on n’a pas besoin de blinder son petit estomac fragile avec des tonnes d’antiacides. Tiens idée, je vais inventer le maalox neuronal pour les cerveaux de bouviers !

      Moi, je trouve cette photo bouleversante, magnifiquement humaine, et peut-être paradoxalement pour vous, vraiment très belle, mais votre regard ne doit être touché que par un monde totalement aseptisé.
      Etrange, (pour vous) mais j’ai envie de me propulser au travers de mon écran afin de venir délicatement poser ma main sur le visage de l’Homme-Chêne, pour l’étreindre ensuite entre mes bras…
      Cette photo est d’autant plus grandiose qu’elle est enveloppée par la poésie magnifique de Baptiste qui a eu raison de la maintenir en accord avec son texte, en accord avec son âme, en accord avec ses idéaux, et en accord avec ceux qui lui écrivent avec le cœur …
      Bibi, Tu es noble dans tous les sens du terme !
      Bises X….

      1. Drey

        Face à tant de bien-pensance, je ne peux que faire amende honorable et me flageller. Votre démonstration m’a convaincue qu’effectivement, je suis le Mal.

        Non contente d’être quelqu’un de beurk-beurk-caca-prout, je suis aussi bien trop inculte pour réussir à placer une citation, ce qui confirme mon cerveau de bouvier (euh… bouvier le chien ? ou bouvier le monsieur qui promène son troupeau? Sans doute le monsieur, car je suis sure qu’un homme tout juste bon à promener un troupeau de vaches n’est pas plus apte que moi à voir le Beau dans la putréfaction et les croûtes).

        Par chance pour l’Humanité, mon dégoût de l’Humain et de l’Autre m’ont fait faire le choix délibéré de ne pas procréer : je préfère consacrer tout mon temps libre à mes petits loisirs auto-centrés. La transmission du mal ne passera donc pas par moi.

        Ni par vous, qui en êtes manifestement dénuée. En témoigne votre prose qui décrit si chaleureusement votre amour inconditionnel pour l’espèce humaine. A moins qu’il ne soit pas si inconditionnel que ça ? « Tu penses différemment de moi, tu as donc un cerveau de personne-de-la-France-d’en-bas-n’ayant-pas-eu-le-luxe-de-pouvoir-se-payer-des-études »*. Pardon, de bouvier.

        Pardonnez-moi, cela n’a rien de personnel. J’ai choisi de me blinder contre la bien-pensance. Mme B., mon ancienne voisine qui m’a enseigné le catéchisme au primaire, m’avait pourtant bien dit qu’il fallait aimer mon prochain et que Dieu était amour. Pourtant, presque 30 ans plus tard, je l’ai vue manifester contre l’homosexualité, pardon contre le mariage pour tous, enfin, contre « l’amour sale », quoi. Il faut croire qu’il y a plusieurs échelons dans l’amour, même quand on est bien-pensant.

        Mon premier commentaire a été le déclencheur d’une explosion du nombre de réactions sur la photo, tant sur le site que sur Facebook. Malheureusement, je ne suis pas parvenue à réitérer ce flatteur petit exploit avec mon commentaire du 5 décembre à 23h02. Dommage, car je m’étais donnée du mal pour dénoncer le discours moralisateur de ceux jugent à l’emporte-pièce une personne sur sa capacité à regarder des plaies purulentes.

        Pantherspirit, je n’ai rien contre vous. J’espère que, malgré mon style ampoulé, vous entendrez mon message.

        Miséricordieusement,
        Drey.

        * ça marche aussi avec « Tu écrits différemment de moi, tu as donc un cerveau de personne-de-la-France-d’en-bas-n’ayant-pas-eu-le-luxe-de-pouvoir-se-payer-des-études ».

    1. marie

      c’est certain qu’elle était plus parlante mais extrêmement choquante pour des personnes qui n’ont jamais même pu imaginer que de tel maux puissent exister, relies le texte en essayant d’oublier la photo, pas facile quand on la vu, mais imagines, ça peut le faire.
      par contre, par contre Baptiste dessine très , très bien il aurait pu faire une jolie esquisse de l’homme chêne et là normalement le Doc il doit se dire “jamais contentes!” meuheu non t’inquiètes on t’m

      1. Claudia

        Et pourquoi faudrait-il se contenter d’une esquisse lorsque l’on a une image, belle et forte. Il n’y avait rien de voyeur, rien d’indécent, je l’ai trouvé beau cet homme chêne, pour la sérénité et la clarté qu’il dégageait. Je fais de la correspondance de presse et je fais régulièrement des papiers sur une Maison d’Accueil spécialisée. Le puclic de cette maison est très fortement handicapé, à la fois physiquement et mentalement, les photos passent mal, c’est pas vendeur paraît-il. Les gens n’ont pas envie de voir ce qui pourrait leur arriver à eux ou à l’un de leurs proches. Alors quoi, on laisse ces autres dans de jolis endroits super médicalisés et super aséptisés ? On continue de les laisser vivre en marge sans jamais les montrer pour que le confort de chacun soit conservé ? On m’a refusée une fois la parution d’une photo à coup de problème de champ de profondeur, assorti d’une petite blague nauséabonde sur “la gueule de travers qu’ils ont quand même”, j’ai pas trouvé ça drôle, j’ai eu droit au fameux “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde”, je suis bien contente de pas faire partie dui pas tout le monde parfois. La fois d’après ils ont ue droit à une forêt d’handicapés avec un beau champ de profondeur. Bozarrement depuis tous les articles sont parus avec photos. Moi je crois que c’est en éduquant les gens à la différence, qu’elle n’en devient plus une justement. Et il est temps. Vraiment.

        1. marie

          quand j’étais toute petite fille ,ma maman m’a demandé si je voulais faire du manège,
          j’ai dit deux fois oui, je ne comprenais pas trop pourquoi nous n’étions que deux sur ce manège moi et un petit garçon avec une casquette. à force de tourner je me suis aperçue qu’il avait la peau grise, les yeux cerclés de rouge et pas de cheveux . J’ai été classe aucune remarque du genre “il est tout gris”, ce que craignait fortement ma mère. Il avait une peau sur laquelle poussait des écailles et les mères des autres enfants n’ont pas eu la présence d’esprit ( ou peur comme vous dites d’une contagion intempestive) d”encourager leur rejetons à partager un tour de manège avec ce petit gars dérangeant.
          Des années plus tard on est devenu potes, tous les mois il allait se faire enlever ces écailles et plus d’une fois je l’ai aidé à remettre sa perruque que des crétins lui arrachaient …par jeu! il est devenu un homme serpent…père de deux princesses à la peau de lait.
          Cette histoire , pour vous dire que ce matin ma première réaction lorsque j’ai vu l’homme chêne, en tant que public “averti”, a été du dégout, après j’ai lu le texte et après j’ai vu son regard et je comprend que pour certains ce regard soit insoutenable. Je suis fan d’Alexandre Jollien et de son éloge de la faiblesse, il parle rudement bien de tout ça.

          1. Claudia

            J’entends, pour autant vos 5 premières secondes de dégoût sont passées non, vous avez pu détourner le regard, non ? On en revient à une histoire de confort, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’exister aux yeux du monde sous prétexte de protéger la sensibilité des certains qui n’apprécient pas l’inconfort ressenti à sa vue ? (Inconfort qui, vous en conviendrez, doit tout de même être fichtrement moindre que le sien, mais ceci est hors sujet et vaguement mesquin de ma part, à mon tour d’en convenir)… Je n’ai pas lu l’éloge de la faiblesse et je ne peux qu’imaginer quelle en est la substance et il s’y trouve certainement de bonnes pistes de réflexion. Si l’idée générale consiste en celle que nous ne sommes que des hommes fournis avec qualités et défauts, dont il faut essayer de faire le meilleur usage en gardant assez d’aménité pour soi-même, super, j’adhère. Le chemin est long et je crois en la résilience. Pour autant il y’a choses choquantes et choses choquantes. Moi c’est la pornographie ambiante qui me blase, qui me blesse qui me beuuuuh. Pornographie des gamines qui insultent une personne pour sa couleur, pornographie des adultes qui en sont encore à mettre homosexualité et pédophilie sur le même pied, pornographie des centaines de milliers de personnes capables d’aller dans la rue manifester pour priver d’autres gens, dans le pays des droits de l’homme, du droit d’officialiser leur amour mais qui restent le cul vissé à leur chaise lorsqu’il s’agit d’aller dans la rue défendre leurs droits élémentaires, ou mettre le haro aux lois liberticides votées à presque huis-clos tandis que l’on s’amuse à diviser pour mieux régner à coup de manipulations crasses. Ce que je dis c’est que si dès votre plus jeune âge on vous a enseigné que chaise est une table et inversement, vous imaginerez que le monde est fou lorsque vous y serez confrontée, de la même façon si les enfants étaient éduqués dès leur plus jeune âge au fait qu’il existe des différences, toujours, de tailles, de goûts, de couleurs ou que sais-je encore, alors pour le plus grand nombre l’œil sera habitué, et il pourra passer outre pour aller voir plus loin, cela s’inscrira dans sa démarche pour devenir mécanisme. Je saisis bien que vous ne vous accorderez pas avec moi puisque vous citez l’expérience vécue avec votre ami qui ne vous empêche pourtant pas de porter ce fameux regard de dégoût. Vous serez donc mon contre-exemple, car j’y crois fort à ma théorie. Et puis si en laissant cette photo B prend le risque que certains soient choqués (alors qu’à mon humble avis il y’a des histoires dans ce blog qui sont 1000 fois plus choquantes) je suis sûre que la majorité saura s’asseoir sur ce petit inconfort et reconnaître cette photo pour ce qu’elle est, un témoignage dans la droite lignée des mots laissés ici, une image pudique et respectueuse, et BELLE !

          1. Claudia

            Oh, toute à mon coup de sang j’ai failli passer à côté de tes gentils mots (d’aucuns diront que le colère est mauvaise conseillère… ils n’auraient pas tort 😐 ) Alors des bisous plein à toi aussi Cilou, et à tous ceux qui en voudront 🙂

  11. E.

    Pourquoi l’homme arbre a-t-il disparu au profit des hommes pierres? loi de l’évolution, transformation géologique ou plus simplement soucis de droits d’auteur ?

  12. Grand33

    Je crois que c’est ma faute, j’ai fait le souhait que l’homme chêne s’appelle Pierre, je reviens sur le blog et hop là l’image a changé. Bibi a raison !!!!!

  13. mmongued@free.fr

    Il n y a pas que le docteur qui est magnifique je viens de lire les commentaires vous êtes tous des poètes vous êtes tous impressionnant avant moi aussi j écrivais des commentaires mais avant c était avant et maintenant je n ose plus mais je vous lis et quel plaisir merci à vous tous

    1. Mésange

      @mmongued
      La magie de ce site c’est qu’il est possible d’oser même si on ne se sent pas à la hauteur des Hervé, Grand, Albi, Cd’A, Cilou… et j’en passe bien d’autres. Ecrire ce que l’on ressent juste avec ses mots à soi. Cd’A a raison, MM, il faut oser, il vous faut continuer comme avant… partage et échanges suivront, simplement, tranquillement.
      Au plaisir de vous lire souvent.

    2. Grand33

      Bonjour mmongued,
      Ce blog n’appartient à personne, ou plutôt, il appartient à tout le monde. Tous ceux qui s’y expriment sont bienvenu, alors nous attendons avec plaisir de te lire toi aussi. Et c’est cela la magie du docteur comme tu dis.
      A trés bientôt sur le blogabibi
      la bise

    3. Cilou

      Si ce blog devient la prérogative de quelques commentateurs habitués… Ce serait trop triste. Commente, mmongued, commente, toutes les voix sont bienvenues !

      (((sauf les trolls.)))

      1. Drey

        Toutes les voix sont les bienvenues, à condition de ne pas dire quoi que ce soit de négatif sur Bibi ou ses photos, sinon gare à l’opprobre! L’armée des Bibifans veille!! Un commentaire qui dérange et me voilà abaissée au rang de troll. Je suis une incomprise…

        1. Claudia

          (… Ne pas répondre, ça lui fera trop plaisir, elle attend que ça, ne pas répondre ça lui fera trop plaisir, elle n’attend que ça…) Raaah ! j’y arrive pas ! Tant pis ! Je ne veux vraiment pas alimenter un débat qui de toute évidence serait stérile mais là… Waouh, je ne sais pas…. ça doit être les hormones mais cette semaine la connerie ambiante me galvanise. TU es une incomprise Drey ??? TOI ??? Sérieusement ??? Mais tu t’écoutes/lis ??? C’est d’une indécence et d’une outrecuidance qui me laissent sans voix. Sans voix mais ça tombe bien il me reste mes doigts pour malmener mon clavier ! Tu viens sur le site de quelqu’un qui a entamé un travail de longue haleine à des fins humanistes, et tu oses cracher ta superficialité sans même rougir à coup de “je ne te félicite pas” ? Impressionnante… Et pour couronner le tout tu parles comme si être une lectrice de la première heure te conférait le droit de tenir des propos outrageants à l’égard d’un homme qui a pour seul tort de heurter ton âme d’esthète à la sensibilité exacerbée (et à l’estomac fragile, j’oubliais, prends des Domperidone ça soulage). Mais as-tu seulement conscience que cet être que tu trouves à gerber/dégoutant révèle en un seul regard une lumineuse beauté d’âme qui fait qu’il ne pourra jamais être aussi dégoutant que toi, ta méchanceté suffisante et ton égotisme qui confine à la pathologie ? Chapeau, nous voilà sur un pied d’égalité, toi c’est son image qui te dégoûte, moi c’est ton inhumanité et ta mauvaise foi qui m’écœurent, et j’en deviens presque aussi vilaine que toi. Tant pis, karma attaqué pour karma attaqué, j’assume. Ce n’est ni Baptiste ni la photo que nous défendons ici, mais bien le droit de l’homme qui en est le sujet, Dede Kowara, à exister dans les yeux des autres sans être insulté par… par une personne comme toi. Et tu le sais pertinemment. Tu aimes le concept du site dis-tu ? C’est bien, le mettre en pratique c’est mieux !

          B, je n’ai ni ton élégance, ni ta patience, ni ta bienveillance (j’essaye je te jure, mais dans certains cas, je peux juste pas, ça me bouffe) et j’ai bien conscience de lui rentrer dedans là, alors si tu crains que je mette le feu aux poudres sur ton site dont la vocation en est si loin, ne fais pas paraître le commentaire mais si tu veux/peux transmet le lui pour moi en off. La bise.

        2. Cilou

          @ Drey
          je veux bien entendre que vos propos relèvent davantage de la maladresse que de la méchanceté,
          je veux bien entendre que vous estimiez que votre valeur personnelle soit supérieure à celle qu’on vous prêterait de prime abord suite à votre premier com (après tout vous vous connaissez mieux qu’on vous connait),
          je veux bien entendre que vous vous sentiez agressée par la levée de bouclier qui s’est ensuivi.
          Mais comprenez que vous êtes comprise sur ce que vous exprimez. Vous avez eu des mots violents et durs, pour ne pas dire déplacés, dans votre premier post.
          L’image que nous avons de vous n’est que le reflet ce que ce vous montrez. Ce n’est pas nous qui vous comprenons mal, c’est vous qui vous exprimez mal.

          Maintenant, ma réaction à moi ne consistait pas à défendre Baptiste, qui à mon sens doit commencer maintenant à savoir prendre du recul par rapport aux différents coms. Honnêtement, j’ai eu mal pour cet homme, qui est déjà un paria auprès de ses pairs, que sa femme a quitté, qui ne peut pas prendre soin de ses gosses ni même manger seul, sans s’attirer peur et rejet par son entourage. Alors dire aussi crûment “il est à gerber”, ça me fait tellement de peine pour lui. Mettez vous 10 secondes à sa place, vous comprendrez ce que j’essaie de te dire. Surtout vous qui vous dites tellement empathique, si vous faites effectivement tout ce que vous dites faire, vous devez en être capable. Imaginez 10 secondes ce qu’il doit vivre. Et maintenant imaginez qqn en face qui le regarde avec dégoût et lui dit qu’il est à gerber…

          1. Martine

            Tu est vraiment une gentille et je pense que drey l est aussi mais elle se laisse emporter par ses premières émotions je réagis car elle a rebondit sur ton gentil post à mon égard

            Alors voilà (et ça je m étais promis de ne jamais m en servir )
            Alors voilà ce blog est trop plein d émotions de sensibilités et c est normal qu il arrive que les mots dérapent et des fois il ne faut pas en tenir rigueur d ailleurs tu l as compris en répondant à drey bisous à vous deux

  14. C.d'Argentine

    @mmongued:…Imagine un endroit ou Cilou N’OSERAIT PAS NOUS FAIRE DES CILOUX,ou Bibi N’OSERAI PAS ECRIRE CE QU’IL SENT,ou Herve N’OSERAIT PAS NOUS PARTAGER SES COMMENTAIRES,ou GRAND33,N’INVENTERAIT PAS DES MOTS COMME CILOU POUR REMPLACER BISOU…ou ALBI NE SERAIT PAS EN JOIE AVEC SA SENSIBILITE,ou CLAUDIE NE CHANTERAI PAS AVEC LES MESANGES ET OU,NOUS TOUS ON SERAIT SILENCIEUX,DE PEUR DE PAS ETRE A LA HAUTEUR…ET IMAGINE QUE JE TE DIRAI QUE J’ AIME LIRE TES MOTS DOUX ET QU’ON AIMERAIT LES LIRE SOUVENT…IL PARAIT QU’IL SUFFIT D’EN FAIRE LE VOEU EN PENSEE…ALORS J’ESSAYE…DES FOIS QUE MON SOUHAIT SE REALISE…@BIBI….Le pourquoi de la nouvelle photo,c’est ton SECRET???

  15. Garance

    quelques images pour coller au texte et voilà une belle histoire pour la collection “Ecole des Loisirs”. Avec ces mots là, la différence est une histoire pour les enfants.

  16. C.d'Argentine

    @Baptiste:…Je viens de lire l’histoire de cet homme Dede Kowara,et je crois que ce qui a pu choquer certains,c’est le fait qu’il ait du pour survivre etre l’attraction principale lors de”foire aux monstres”itinerantes…son histoire est derangeante,parce que surement remplie d’humiliations et de hontes ravalees,mais je n’ai pas regardee sa photo comme derangeante…parce que je n’ai pas resenti que tu le montrais ,pour exposer cet homme a des regards moqueurs…au contraire,c’est plutot pour nous faire reflechir:nous montrer un homme a l’aspect different de ce qu’on a l’habitude de croiser,qui a une maladie QUI SE VOIT…mais sous cette enveloppe,il y a avant tout une personne…qui peut etre aussi une BELLE PERSONNE(la beaute du coeur ou de l’ame,ne se mesurant jamais en centimetres,,,)…c’est le regard qu’on a sur ce qui est different qu’il faut qu’on apprenne a changer…je me rappellerai toujours de cet homme-tronc(celui qui m’a dit avoir des ailes dans sa tete,et donc n’avoir besoin ni de jambes,ni de bras…),ou cet autre que le Pape a chaleureusement embrasse,et qui avait savoure cet”abrazo”,parce que surement rare a son encontre(cet homme que certains surnommaient Elephant Man,pour les excroissances de chairs qui recouvraient tout son corps et qui vivait cache chez lui)…ma premiere reaction face a la difference,n’est pas toujours des plus belles et c’est cela je crois qu’il faut que je modifie,si je pretend participer a la construction d’un monde meilleur… La honte et l’humiliation sont elles ressenties differemment selon que le calvaire se voit ou ne se voit pas?Et moi,est-ce que je regarde un adulte,qui ne sait ni lire ni ecrire avec un regard similaire a celui de la photo de l’homme tronc?…J’ai la sensation que te lire,Baptiste,me permet de modifier mon regard sur la vie et sur les gens,que je croise a travers toi.et je TE REMERCIE aussi pour cela.

    1. marie

      @Claudia vous prêchez à une convaincue, c’est à nous parents d’éduquer nos enfants ce que je fais chaque jour; j’ai été a bonne école, mon père était “une gueule de travers” rupture d’anévrisme, je l’ai toujours connu hémiplégique, pour moi c’était la normalité, donc je prêche pour cette normalité chaque jour pas plus tard qu’hier ou un monsieur en fauteuil venait faire un test d’accessibilité handi ou quelqu’un lui a parler de son chariot “euh non fauteuil!!” .la bonne journée à vous .

    2. Isabelle

      Merci Catherine d”avoir mis le nom de Dede Kowara, ça m’a permis d’aller lire son histoire et c’est impressionnant. Merci aussi pour ce que tu en dis. Cette photo choisie par “notre Bibi” est très belle car je trouve qu’on voit l’homme avant de voir la maladie.

  17. Mésange

    Ne connaissant pas cette maladie, j’ai vu dans la photo l’expression d’un artiste et je l’ai trouvée belle. Mon regard n’a pas changé : je sais juste maintenant que cette photo est le reflet d’une réalité autre, une réalité que je ne connaissais pas mais qui hélas pour ceux qui la subissent est bel et bien… réelle. Avec tout ce que cela peut impliquer et au niveau de la santé et au niveau du regard des autres.
    Par contre, j’ignore vraiment quelle serait ma première réaction si je croisais dans la rue une personne atteinte de cette maladie : l’inattendu produit souvent des réactions inappropriées, alors… mystère. (ben oui! suis pas un ange, juste mésange!)
    Merci Baptiste d’avoir ajouté à la poésie et la beauté de ton texte cette connaissance-là.

  18. martine

    la photo est tres belle et il est surtout tres beau merci de l avoir remise ( j ai été d ailleurs tres surprise de vous l avoir vu enleve) et la je vous retrouve merci

  19. Aline

    Ne change rien. Sauf la justification à la fin du texte! L’art, le beau, la vérité ne se justifient pas. Ils existent c’est tout.
    Ah oui au fait, je te suis depuis un moment déjà et je trouve que ton écriture change ces derniers temps. Comme si l’appétit venait en mangeant…

      1. Grand33

        Bonjour @Aline
        Je ne ressens pas “à la fin du texte” comme une justification, mais plutôt comme une explication vis à vis des lecteurs que nous sommes et qui on vu cette photo remplacée par une autre, et un retour de celle-ci.
        C’est vrai l’appétit vient en mangeant, mais l’important c’est de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre !!! et je suis certain que c’est le cas.

      2. Agathe

        Je ne trouve pas de changement dans l’écriture, sauf selon le sujet … là, cela méritait peut-être un peu de retenue, pour magnifier la poésie du moment.

        Concernant la photo, elle est effectivement très belle. J’ai été “dérangée” en la voyant ; pas dégoûtée mais dérangée ; plein de questions bien terre-à-terre surviennent : que ressent-il ? comment attrape t-il des objets ? Sans m’attarder la première fois, j’ai fait glisser le texte vers le haut pour le lire, et surtout masquer la photo 🙂 ; à la fin de ma lecture, j’ai fermé la fenêtre … et puis j’ai rouvert la page et j’ai regardé encore cette photo …
        Le regard de cet homme et ce demi-sourire inspirent une sérénité qui me fait souvent défaut …
        Belle leçon.
        J’espère que cette sérénité accompagne cet homme au-delà du moment de la prise de vue.
        Je lui souhaite.

        Cher B.,
        Merci de ce moment qui m’a fait réagir pour écrire ici, et en profiter pour vous dire que la réconciliation soignants/soignés, vous y arrivez fort bien !

      3. Cilou

        Moi aussi je trouve que ton écriture change. Ni en bien ni en mal, juste différente. Plus sage, plus poétique. Plus triste aussi…
        Ce qui reste constant, c’est l’émotion que tu soulèves. Les débats, aussi. C’est bien les débats.
        Surtout continue ton blog, sinon les addicts dont je fais partie font envahir les centres de désintox.
        Et j’ai relu ton livre hier. J’étais sereine, je l’avais déjà lu, j’étais blindée, tranquille.
        Le premier hoquet d’émotion m’a prise par surprise. Tu es vraiment bon…

  20. martine

    merci a mesange grand 33 et a c d argentine pour leur gentillesse je ne m attendais pas du tout a recevoir des messages via le blog vous etes magiques je me suis lance ce matin je vais essayer d’affiner ma plume afin de continuer

        1. C.d'Argentine

          @Martine…ben,en voila une nouvelle qu’elle est bonne,Martine”affine sa plume”,ce qui a mon sens est deja un debut tres prometeur pour ecrire des com.multicolores…pour la bienvenue,on t’envoie des ciloux,ca porte bonheur,ca gueritout,et ca”espante”la honte…(je paraphrase les inventeurs de ces mots Grand33 et Herve…pour le concept de douceur,c’est la fee Cilou,notre infirmiere du coeur,qu’on adore…)et moi,j’te glisse un abrazo de joie…quand y a du bonheur,nous on fete…

  21. Marina

    La photo est belle, il est vrai. Mais l’homme, surtout, est beau…car il est homme. Notre semblable avec nos différences. Il est vraiment Homme…et qui sommes nous ?

  22. Gallou

    bonjour
    encore un très beau texte. merci.
    quant à cette photo, il faut la laisser !”picétou”. Il est beau ce monsieur, même avec ses souches d’arbres au bout des bras.
    bizh

  23. P.

    Pour une fois je ne sais pas trop quoi dire, mais est-ce qu’il y a toujours des choses à dire ?

    Bon, pour ma part la réponse est “oui”, un jour je fermerais ma gueule, mais pas aujourd’hui, aujourd’hui j’ai poney volant !

    “Il y a toujours bien plus d’une façon de voir, d’exister
    Il y a autant d’Hommes sur la Terre que de façon d’aimer”

  24. sarah R.

    je ne trouve pas que cet homme soit dégoûtant… c’est la vie qui est ce qu’elle est.
    si tu devais censurer cette photo, alors chaque journal de 20h devrait censurer ses images qui parle du monde dans lequel on vit.

    effectivement, cet homme a quelque chose de poétique en lui, et il fait passer quelque chose dans son être.

    moi je vote pour que tu la laisses, et que tu laisses aussi ton post.

    continues à nous faire rêver avec tes histoires….

  25. Ines

    Juste une question toute bête à laquelle vous semblez avoir la réponse évidente : cette photo n’est pas truquée ? C’est une vraie pathologie ? C’est tellement inimaginable !
    Si c’est vrai, si c’est une maladie qui existe vraiment, alors il faut la laisser. Cet homme fait partie de notre vie à tous. Quelqu’un peut-il m’expliquer ? Merciiii !

  26. Carole

    Je pense que tu as bien fait de laisser cette photo, c’est la vie il y a des personnes différentes et on ne doit pas les oublier ni les censurer.

  27. Grand33

    Au delà de la photo, je pense beaucoup à ce Dede et les souffrances qui doivent être les siennes au quotidien.
    On savait les hommes capables de générer eux-mêmes les pires malheurs sur cette terre, mais là, que ce soit la nature qui punisse ce pauvres garçon c’est complètement OUF !!!
    belle journée

  28. camy

    Encore un texte magnifique!
    J ai trouvé la photo très belle. Est-ce parce que j ai été avertie par le message facebook, ou parce que je connaissais déjà la photo (ou du moins une photos de ce monsieur et de sa maladie), mais cet homme semble respirer la sérénité comme un arbre qui pousse fièrement..
    A moi ce sont les mots qui choquent plus que les photos, j ai du du mal à lire l article sur la dame qui léchait les lépreux mais pour rien au monde je voudrais que l article soit enlevé.. c est en se confrontant aux choses qui nous dérangent qu’on apprends à les surmonter!
    On veut d autres histoires comme ça!

    Et sinon, j attends des nouvelles de la traduction du livre en italien pour l offrir à tous mes amis ne parlant pas notre belle langue… on aura droit à un petit message en fin de post quand le livre sera disponible? Merci!

  29. fournier

    bonjour et merci pour ces belles lignes, je suis d’avis de garder cette photo car tu fais ce que tu veux mais comme tu demandes… de plus, il y a des physiques bien plus désagréables à regarder je pense à certaines personnes liftées de partout, repulpées et qui ne ressemblent plus à des gens de la vraie vie; ensuite il est vrai qu’il est incroyablement beau

  30. fanny

    bonjour, je suis une nouvelle lectrice de ton site…mais j’ai tout lu, j’ai aimé tes histoires, la tendresse de ton humour, l’humaine sincérité avec laquelle tu traduis l’horreur des maux qui nous forgent et nous lient…la douleur fait partie de nos vies à tous et j’aime que les mots parviennent à la démystifier, ça aide à la dépasser, à vivre avec, à se battre pour le meilleur…et plein d’autres choses encore…et puis c’est chouette quand un médecin utilise des mots qui ne font pas peur et qui pourront aider à soigner…c’est pour moi le respect de la vie, de l’individu face au coté impersonnel des protocoles, l’idée que le soin n’est pas que physique…pour ça merci!
    j’ai aimé aussi les illustrations qui les accompagnent, si elles n’étaient pas là tes textes ne perdraient rien de leur qualité, pourtant je les reçois comme une touche supplémentaire, un gage de la qualité de ton travail, une marque de son aboutissement…bref tout ça pour dire que ce que tu nous offres ici c’est un peu comme ce que j’aime dans la vie: c’est quand même bien fait, et ça donne envie de faire confiance!
    concernant cette dernière illustration, plein de choses ont déjà été dites, alors je dirais juste qu’au delà des symboles c’est l’image de quelqu’un…un vrai quelqu’un.

  31. Krystyna

    Mais… j’espère bien que tu ne vas pas céder aux mécontents, quels qu’ils soient !!! Et pour la photo, j’ai cru au début que c’était une femme, tellement il est beau et original, cet homme… même si pour lui ça ne doit pas toujours être facile ! Est-ce qu’il en souffre? (physiquement, je veux dire : est-ce qu’il a mal?…)
    Je ne comprends pas comment on peut trouver dégoûtante une histoire si humaine, si poignante… Mais il y a des “invalides du coeur” partout…
    La bizzz !

  32. Schmidt

    Non non il faut laisser la photo ! Ceux que ça dérange n’ont qu’à détourner la tête. J’avais vu un reportage sur un jeune homme (le même ?) qui avait cette maladie. Quelle maladie d’ailleurs ? La bise !

  33. Guillaume

    A l’aube de la réconciliation soit gnangnan soit gnégné que tu prends en toile de fond de ton blog, que dis je., de ton recueil de comptes et comptines de la vie ordinaire d’êtres humains pour le moins extraordinaires, j’y vois bien plus une ode à l’ouverture de tout un chacun, l’ouverture sur un monde qu’on ne voudrait pas être notre. On n’est souvent touché par la douleur que survole, touche, sub(v)it un proche. L’attirance se transforme trop souvent en répulsion compulsive de cet autre changé, d’incompréhension systémiques et de maladresses innées. Il reste bien sûr ceux qui arrivent à garder les yeux ouvert petit à petit et qui partagent un peu de douceur puis la chaleur intégrale de leur coeur, l’ouverture de leur âme mise à mal par cette soudaine différence qui en devient une souffrance partagée. “Tous pour un et un pour tous” devrait devenir notre hymne mondial pour effacer peu à peu ces nuances de gris qui ravagent les âmes perdues qui n’acceptent pas les différences, ceux qui critiquent sans comprendre sans vouloir voire. Pour reprendre ton propos d’un autre post ceux qui sont debout sont là pour aider ceux qui sont couché à se relever.. mettons les bouchées doubles pour devenir nous même ambassadeur des “gens debout” et partageons notre savoir, notre amour(ton blog et ton livre bien sûr!)à tous ceux qui sont couchés par la maladie, couché par l’ignorance d’acceptation…
    Je voudrais donc te remercier de me (re)lancer dans cette voie au travers de mes proches et moins proche et de m’aider à devenir meilleur, à moins me perdre dans le quotidien si rassurant.. j’ai découvert par tes textes beaucoup d’humilité de tendresse d’amour de partage qui me touche au plus profond. Juste MILLES MERCIS
    Merci également aux contributeurs de ce blog qui apportent leur pierre à l’édifice et me font vivre les mêmes sensations en y ajoutant de nombreuses cernes sous mes petits yeux marrons..

    1. Albigène

      @Guillaume

      Merci Guillaume pour ce texte si bien ciselé et l’évocation tellement juste de ce qu’à fait naître Baptiste au fond de nous. Des émotions, toujours…. mais aussi des prises de conscience et un regard différent sur ceux qui sont couchés. A la chambre numéro 7 ou quelque part sous un pont, un hall d’immeuble ou couvert de mouches dans le quart monde.

  34. JEAN-ZEPHIRIN A-Shirley

    Baptiste, non, cette photo n’est pas la crème de la poésie mais il s’agit d’un homme. Serait-il dépourvu de sentiments, d’émotions, oui, serait-il sans âme ? On publie bien la photo des assassins et tout autre espèces d’êtres inhumains. à l’âme putride et pourtant ça ne choque plus grand monde, n’est-ce pas ? Merci de permettre à cet homme d’exister au travers de ce texte, de lui donner vie … Pour ceux qui trouverait ce cliché écoeurant, qu’ils regardent ce qui se trouve au fond de leur cuvette des toilettes, ça c’est écoeurant et ça pue et pourtant ça sort de leur corps !
    (Désolée, les mots sont sortis de mon clavier à l’insu des mes deux mains habitées, quelle chance ! de cinq doigts chacune, cinq vrais doigts – et ma colère avec !) Merci Baptiste ! 😉

  35. AnaïsL

    Je trouve la photo magnifique et cet homme a autant le droit que n’importe quel autre de figurer sur ce blog ! Je vous en prie ne la retirer plus, la beauté est partout quand on sait où regarder.
    PS : j’ai dévoré votre livre en une journée !

  36. Charlotte

    J’ai toujours eu du mal avec les mots . Mais les tiens font du bien alors ne change rien. Reste toi longtemps longtemps et ad vitam aeternam. Cette photo n’est pas dégoutante… c’est un homme comme il y en a des milliers sur cette terre, unique. Mais loin d’être dégoutante. Ce n’est pas le physique qui me dégoute chez les gens. C’est leur choix, leur façon d’être, cet façon qu’on certaine personne de dire “on vous écrasera quoi qu’il en coûte”….
    J’aimerais habité Toulouse pour un free hug mais : On attrape plus de monde en faisant des poissons d’avril au mois d’août; et free hug de loin parce que si tu savais a quel point tes mots sont beaux et qu’ils m’ont fait un bien fou ces derniers temps. Merci.

  37. Julie

    Baptiste, cette photo est belle.
    Le regard de cet homme est tel que l’on en oublierait les protubérances de son visage et de son corps. Et quand bien même on ne les oublierait pas, pourquoi les cacher ? On ne vit pas dans un monde aseptisé à ce point, si ?
    Alors quoi, on devrait ne garder que le “beau”, que le “parfait”, que le “normal” ?
    Il me semble que justement, une des parties de la réconciliation est la compréhension. La compréhension des soignants envers les soignés, certes. Mais pourquoi n’aller que dans un sens ?
    Alors par ton texte et ta photo, tu nous fais comprendre aussi qu’être malade, être différent, ce n’en est pas moins être humain. Garde la photo, garde tes convictions. Elles sont belles autant l’une que les autres.

  38. ticha

    Si la question est: Faut-il laisser la photo?
    La réponse est oui, tout simplement.
    De toute façon, si j’ai bien tout compris à ce qui se passe autour de nous, faudrait qu’on se ressemble tous, que l’on soit lisses et tous pareils?
    Et bien, je n’ai pas l’impression que ce soit le cas…C’est la beauté du monde, ça, la différence. Ce qui fait mal aussi, mais ce qui nous porte tous, vers le haut.

    Alors, continuez à réconcilier (vous avez du travail, même si, il faut le dire, les choses changent, enfin!) les soignants les soignés, les êtres humains avec leurs voisins imparfaits, perturbants.
    Montrez ce que les êtres humains peuvent faire pour leurs semblables. Continuez à faire ce que vous savez faire, et j’espère (ohh oui, j’espère, mais ça n’est pas seulement utopique, je sais que ça va changer..), que vous ferez des petits…

  39. Philomène

    J’adore ce texte et cette photo! Elle illustre bien la description du personnage, sans quoi, je crains que mon imagination ne serait pas suffisante pour allier aussi harmonieusement l’humain et la nature. Avec la satisfaction et la conscience de ce sourire qui l’illumine. Bravo!

  40. clotilde

    Bonjour Baptiste,

    n’enlève pas la photo quoi qu’on en dise… j’ai vu le regard et le sourire de cet homme !
    c’est beau non ? dis le à ceux qui ne veulent pas voir, ce qu’il y a de beau chez l’Autre.

    bises

    ps: Papa Noël à décidé d’être original et de surprendre 3 grands cette année, Alors Voilà sera au pied du sapin ! Je veux bien les récupérer pour les faire dédicacer ainsi que le mien 😉

  41. Asteria

    Je trouve cette photo extraordinairement belle et le regard de cet homme ( femme ) poignant
    Je ne connaissais ( je ne suis pas médecin ni dans le médical ) cette pathologie
    mais que cet homme est beau son regard … D’une infinie sagesse
    qui sommes nous pour juger ?
    Que nous réserve la vie ? Quel sort nous attend ?
    Gardez votre illustration elle est tellement parlante et elle nous confronte a des réalités qui ne si elle ne sont pas les nôtres peuvent nous obliger a nous regarder d’un autre œil qui suis je ,moi a ses yeux a lui ? Ou est la normalité ? Y a t il une normalité ? N’est t on nous pas tous des ” mal foutus” nous aussi même si ça ne se voit pas ? Moi elle me parle cette photo et me revoie a l’humain dans toute sa diversité … Et ça me fait chaud au cœur son regard

    Merci
    J’ai lu tout ce que j’ai trouve sur le blog et les commentaires
    je me permets d’y ajouter mon ressenti
    Et la la photo est les interrogations qu elle siccité m’ont donne envie de me joindre a votre discutions ..

  42. Asteria

    Ah oui je suis un peu vieille pour savoir je viens de regarder sur le net donc : on attrape plus de gens en faisant un poison d’avril au mois d’août.( Pour le coup je dirais même en décembre ..) merci j’ai fait connaître le blog a mes amis et je vous a trouve grâce a Rue 89 merci et j’ai passe la commande au père Noël ..pour le livre .. Et excuses j’ai vu que j’avais fait plein de fautes d’orthographe
    ah ces claviers tactiles et leurs propositions anachroniques … Me relire il faudrait …

  43. patiente

    Bonjour à tous … je fais une courte apparition … Je n’avais pas tilté … j’ai vu la photo et en fait, je n’ai vu que l’expression si douce du regard de ce garçon. Le “reste” je suis passée outre, pensant qu’il s’agissait d’une manip Photoshop … Et pourtant, j’ai lu l’histoire que tu nous as racontée … Mais non … j’ai fait une fixation sur le regard … A aucun moment je n’ai imaginé que cette photo était VRAIE !!! C’est vrai que cette maladie est monstrueuse, mais voilà, ce garçon semble si beau … Mon ressenti est un peu confus, je vous l’accorde, comme quoi l’enveloppe de l’être humain n’est pas la priorité. Ce qui se cache à l’intérieur est pour moi le plus important. Bibi, nous sommes chez toi, sur ton blog, et tu y fais ce que tu veux. De toute façon tu nous apporte toujours bonheur et réconfort. C’est juste ce dont j’ai besoin et que j’ai trouvé en venant ici, une nouvelle fois ! Abrazos

    1. P.

      Moi aussi j’ai mis du temps à comprendre… Je me sentais un peu blonde sur les bords ! Je suis heureuse de ne pas être la seule dans ce cas 🙂

      Je n’irais pas jusqu’à dire que l’homme sur cette photo est beau… Par contre, je pense que si j’avais rencontré cette personne en vrai, et si on avait pu discuter (qui a dit la barrière de la langue ?! Nous sommes au pays des “si”, je fais ce que je veux), bin j’aurais bien voulu pouvoir le toucher, pour voir, comprendre… toussa toussa. Comme quand je vois une cicatrice et que je finis toujours par demander ce qui est arriver à la personne…

  44. myriam

    Je découvre à l’instant ce post. Tu as bien fait de remettre cette photo. En dehors de la maladie, visible, évidemment, c’est le léger sourire de cet homme qui est, pour moi, le plus “accrocheur”. Très belle photo et très beau texte, merci pour les deux.
    Merci aussi pour le soutien (involontaire, j’en suis bien consciente) que tu m’apportes : mon père est actuellement en soins intensifs et j’espère que ce sont des soignants à ton image qui s’occupent de lui… je veux croire que ce sont des soignants à ton image qui s’occupent de lui.
    A très vite de te lire

  45. Alexandra

    Et bien moi je le trouve très beau cet homme, la grâce est sur son visage.
    Cette photo est très bien où elle est; ne touche à rien.

    Merci encore pour tes écrits, ils réconcilient, VRAIMENT.

  46. muscadinepistou

    Homme Arbre, Elephant Man …. Même le Père de Siddharta avait essayé d’éviter à son fils la dure réalité de la souffrance humaine ! Merci Doc Bibi de nous faire les piqûres de rappel, n’en déplaise aux fragiles de l’estomac ! Et le corps est humain mais l’être humain n’est pas le corps ; ce qui est beau à l’intérieur ne se voit pas tout le temps et le jeu consiste justement à voir au-delà des apparences, avec amour et compassion. Merci Doc. Continue d’écrire en faisant de la médecine, et d’être médecin en écrivant.

  47. Laure

    Du vent les relous qui trouvent ça dégoûtant. Oui dans la vie il y a aussi des horribles maladies dégueu moches à voir. C’est ton blog et ceux a qui ça ne plait pas s’en vont c’est aussi facile que ça. On est pas à dysneyland. Nan mais.

  48. Lucille

    Ce n’est pas du dégout je crois, mais de la peur.
    Et ce qui fait peur, ce n’est pas la différence c’est “ce qui est identique”, c’est ce regard plein d’humanité, ces lèvres bien dessinées…
    C’est l’idée que chacun d’entre nous aurais pu se trouver à sa place, tirer ce billet la, à la grande loterie de la vie…
    Et puis, avec cette pensée, même inconsciente, se retrouver face au vide, celui qui naît des apparences, de cette société où l’image prend plus de place que le Verbe…
    Où l’individu se voit réduit à l’image qu’il donne, ou qu’on lui prête parfois bien malgré lui.
    Voilà pourquoi aussi, d’Autres ne sont pas effrayés et sont capable de voir au delà…
    Ah la France !!!
    Patrie de St Saint-Exupéry et du Petit Prince, du loft et de secret story, du front national , de Touche pas à mon Pote et des Restos du cœur, du pire et du meilleur, comme en chacun d’entre nous…
    Merci Baptiste, de nous rappeler tout cela, et de faire travailler nos yeux, nos neurones et nos cœur dans le même mouvement…

  49. Océ

    Pas besoin de changer la photo, personnellement, ça ne me dégoute pas … En même temps, il n’y a plus grand chose qui me dégoute après avoir vu des nécroses, des amputations, des plaies bien sales … Ah si, quelqu’un qui vomit … (allez savoir pourquoi)

    Bref, cette photo illustre parfaitement ce superbe texte que tu partages avec nous. Continues d’écrire, parce qu’à moi ça me plait, et à beaucoup d’autre aussi. Et puis parce que grâce à toi, à ce que tu fais, je me rappelle qu’en face de moi, il y a des hommes et des femmes, avec leur apparence physique, leurs fêlures et leurs cassures qui ne demandent qu’à s’en sortir.

    Pour les plus sensibles d’entre-nous, un petit antiémétique (((ou truc pour pas vomir))) ?

    1. Cilou

      @ Océ : je suis comme toi ! le cancer putréfié qui ronge et décompose les chairs, ou l’escarre qui laisse les os à nu, tant que la douleur est maitrisée, me laissent de marbre.
      Crache un glaire et je rends mon petit dej.
      J’te raconte pas quand les petits ont une gastro…

  50. kortomaltese

    Par le précieux tout-puissant!!!! Un descendant de Treebeard! Un des gardiens de Fangorn à la frontière du Rohan. Méfiez vous des Ents:
    Avant que le fer ne fût trouvé et l’arbre abattu,
    Quand la montagne était jeune sous la lune,
    Avant que l’Anneau ne fût forgé, ou le malheur ourdi
    Il parcourait les forêts au temps jadis.
    Ps: Son sourire est très beau…
    Sur ce je vous jette plein de crème fouettée sous les bras et vais ourdir un complot pour éliminer définitivement tous les okapis et le ornithologues de la planète.
    Psx: saviez vous que nous possédons, ici, à Marseille quelques librairies?! Si, si, je vous assure…

  51. fayrouz

    bonsoir
    …je connaissais l’histoire de cet homme…la photo illustre effectivement…à quoi bon ne pas la mettre ?…tu aurais pu le décrire sur 100 pages…on ne peut pas imaginer qu’il puisse exister…alors je suis pour…
    bises

  52. Estelle

    Ne change rien. J’avais déjà été fasciné par cette créature dans un reportage et je suis d’autant plus surprise que tu l’ai vu en chair et en bois. Même si je suis tiraillée entre l’indéniable souffrance de ce pauvre homme et l’extraordinaire oeuvre d’art qu’il incarne.

  53. Melody Dou

    J’ai regardé cette photo quelques instants avant de lire le texte. Mes yeux se sont posés sur son visage, sa chevelure, son regard, son léger sourire, et je me suis “Cet homme est beau”.
    Vous faites bien de lui rendre hommage, et de lui donner une place sur votre site.
    Merci pour vos belles paroles, aussi.

  54. Marine raconte

    Une jolie image, une jolie histoire.
    Tu as l’art et la manière de “transformer” les choses tout en les gardant vraies et sincères.
    Félicitations. J’aurai peut être la chance d’être à OB le 14 décembre.

  55. Mariepa

    Cette photo est impressionnante mais n’a rien d’indécent. Il ne faut pas cacher les différences simplement parce qu’elles bousculent notre confort, alors oui vous avez raison de la laisser ! L’histoire est belle, et beaucoup de commentaires le sont aussi, merci de mettre de la poésie dans ma journée 😉

  56. Mathea

    Chers Bibi et lecteurs et lectrices,

    J’avais déjà vu cette photo et je l’ai revue avec plaisir. Elle est poétique.
    En revoyant cette photo, la première question qui m’est venue à l’esprit est : “comment gère-t-il sa vie au quotidien? Comment fait-il pour manger, se déplacer, prendre des objets…”
    Je ne me suis pas posée en premier lieu la question d’une éventuelle souffrance, je me suis juste demandée comment il vit, quel est son “autrement”.

    Les commentaires inspirés des émotions nées de la photo (ou non) me poussent à réfléchir et à m’interroger sur la part de curiosité-vers-de-l’ouverture-d’esprit vs voyeurisme-de-foire.

    Quand j’étais petite, j’attendais avec impatience la sortie annuelle du Guinness des Records. Vous savez pourquoi ? Parce que je pouvais voir dans ce livre des photos des êtres humains les plus étranges, bizarres, extraordinaires. J’étais curieuse. “Ah bon il y a des êtres humains qui peuvent avoir deux têtes ? C’est fou ça.” Une fois passée la première surprise de la découverte, l’information était intégrée et normalisée. C’est comme ça que je fonctionne: apprendre c’est accepter, accepter c’est intégrer, intégrer c’est normaliser.
    Je ne me suis pas posée d’autres questions. J’ai appris que les êtres humains étaient différents mais qu’ils étaient tous normaux, c’est-à-dire pour moi humains.

    Malgré tout, en grandissant, c’est devenu difficile de m’empêcher de regarder cette différence. J’aime regarder les gens dans la rue, dans le métro, dans les aéroports, partout. Surtout celles qui sont VRAIMENT différentes de moi (d’une autre couleur de peau, avec un handicap visible, avec de tatouages et piercing partout, avec un trait physique particulier… – sans jugement aucun).
    J’essaie d’être attentive à ce que mon regard ne soit pas insistant ni envahissant ni blessant. Mais je me pose la question: vouloir connaître l’histoire de ces personnes-là, apprendre ce qui est, comment ils vivent, est-ce du voyeurisme ?
    Comment intégrer des différences et les normaliser sans tomber dans de la curiosité de monstres de foire?
    Comment faire comprendre que la différence, ce n’est pas exclure mais bien au contraire inclure?

    Je vous souhaite un excellent après-midi / une bonne soirée / une bonne nuit / une bonne matinée !

  57. Chloé

    Je n’ai pas l’habitude de laisser de commentaire, mais là Bibi, puisque c’est toi qui le demandes… Tu m’as apporté tellement d’émotions en tous genres depuis quelques mois, que je ne pouvais te le refuser !
    Alors d’un point de vue esthétique, la beauté de cet homme saute aux yeux autant que sa difformité !! La poésie à l’état pur sur son visage, son sourire, son regard… Aucune autre photo n’aurait pu illustrer l’histoire du jour, à mon sens.
    Tu as le droit de choquer quelques uns, et pourquoi pas tout le monde ! Finalement ce qui compte c’est que cette illustration te plaise et ait du sens pour TOI.
    Continue stp, je suis addict 🙂

  58. Muriel

    “- Méfions-nous de nos souhaits, ils pourraient être entendus… Et exaucés !”
    Alors de tout mon coeur, je souhaite que cet homme et ceux qui se sentent proches de lui, lisent ton histoire Bibi et vos commentaires et qu’ils se rendent compte que dans nos coeurs, ils sont avant tout, des hommes ; pas seulement une image, une apparence. Cet homme pourrait être mon frère, mon ami, moi….

  59. Céline

    Tu as eu raison de la remettre, je ne la trouve pas degoutante c’est lui et sa maladie fait partie de lui, il est trop facile de censurer ce qui gêne .On vit trop dans un monde ou la perfection est reine mais scoop personne n’est parfait, certaines maladies déforment les corps, les visages, cela fait partie de l’humanité , il faut arrêter de cacher .La maladie est moche mais lui est beau. J’ai déjà vu un reportage sur cette maladie rare mais l’homme était roumain.C’est vrai c’est ton blog tu en fait ce que tu as envie, tu nous montre une autre facette du mot soigner que beaucoup ne connaisse pas et ceux qui n’aiment pas et bien regarde ailleurs.Bonne soirée Bibi

  60. lectrice boulimique

    Le sourire paisible de cet homme suffit à le transfigurer. Et il nous invite à un échange de regards respectueux.
    Mon premier coup d’oeil – révélateur, cet emploi du mot “coup” ! oui, certains regards peuvent blesser… – a été marqué par la surprise et la compassion devant ce visage, mais pas par le dégoût. Mais je précise avoir cru que BiBi, qui nous a déjà montré des montages photo, avait, pour accompagner sa métaphore de l’homme-arbre, inventé/modifié/exagéré la déformation des mains en collant une souche d’arbre dessus avec un logiciel de type photoshop…
    Si les mains de cet homme sont vraiment telles que sur la photo, j’ai du mal à en croire mes yeux !!! Même alertée par l’avertissement sur fb, qui ne laisse rien soupçonner d’autre que ce que pas mal de journaux télévisés nous servent à heure de grande écoute avec, au mieux, un “âmes sensibles et petits enfants s’abstenir”.
    Puisque Bi-Bi nous fait la courtoisie de solliciter des avis sur sa publication, voici le mien.
    Cette photo me semble absolument nécessaire au texte publié; c’est plutôt sa légende, minimaliste, qui me laisse perplexe.
    Pour que le respect perdure dans l’échange de regards et d’avis, et par respect pour chacun:
    – l’homme photographié,
    – BiBi auteur-éditeur responsable de ce blog,
    – les lecteurs de tout âge, formation, complexion, confession…
    je maintiendrais la photo ET je rédigerais (plus) clairement la légende OU j’ y ajouterais les précisions suivantes (juste après ou par un renvoi au bas de page – ce qui dans un premier temps laisse entrer dans l’univers étrange(r) qu’ouvre l’image et où le texte sera le guide)
    a) que la photo a été prise (par qui, au fait ? Bi-Bi?) avec le consentement de la personne photographiée
    b) que la photo n’a fait l’objet d’aucun trucage, montage et autre bidouillage photoshop
    c) que la maladie dont est affecté cet homme existe bel et bien
    d) un lien vers une information “tout public” sur la neurofibromatose; le lien actuel mène certes à une fiche technique mais elle me semble difficile à comprendre pour un(e) profane n’ayant pas fait 12 ans d’études médicales.
    Alors voilà… et merci Bi-Bi de ce partage.

  61. lectrice boulimique

    Pour alimenter le débat, et vos lectures, autour de la différence et des personnes différentes, je suggère vivement le roman suivant:

    SEGALEN, Dominique (Mme),
    “Albus”,
    éditions Luce Wilquin, Avin (Belgique, mais distribué en France par tout bon libraire),
    je ne suis pas sûre de l’année mais c’est autour de 2005

    Ce roman magnifiquement écrit évoque par le biais de deux personnages de fiction la vie des “albinos”, c’est-à-dire de gens atteints d’un grave déficit en pigmentation de la peau, des cheveux, des yeux.
    Cette maladie génétique entraîne une hypersensibilité à la lumière du soleil (le moindre coup de soleil est grave) et souvent un handicap visuel.
    Sur le plan social, naître albinos risque encore aujourdhui de vous ranger dans la catégorie “bêtes curieuses”. Le roman aborde avec tact mais sans dérobade le problème du regard posé sur la personne née albinos; les références d’associations sont données en fin de volume (je me souviens du nom de l’une d’entre elles “GENESPOIR” )

    En Afrique, les problèmes des albinos s’aggravent: le soleil brûlant, le manque de moyens pour se soigner (crème écran total indispensable, lunettes…) et le rejet social car l’albinos, “plus blanc que blanc” parmi son peuple à peau noire, y est tabou, assimilé au fantôme, à l’esprit maléfique !
    Le roman Albus aborde aussi cet aspect en faisant voyager son héros, un jeune Français né albinos, au Mali où il est confronté de façon émouvante à quelques-uns de ses “frères de couleur”.

    Bonne lecture !

  62. Choupine

    Pourquoi changer cette photo? Cacherait-on celle d’une sirène ? Tu as le don, Baptiste, de rendre beau tout ce que tu touches par tes mots. J’ai découvert ton site depuis peu et j’attends chaque jour ton nouveau conte. Tu ne m’as pas réconciliée avec les soignants mais avec la vie et surtout la mort. Parce que maintenant, je crois aux poneys multicolores. Alors merci

  63. Cécilia

    C’est la première fois que je poste un commentaire sur un site mais là je craque! Je te suis depuis très longtemps, et j’adore tes textes. Je ne peux pas faire autrement que d’en parler autour de moi, j’ai envie que tout le monde en profite!
    Si je souhaite réagir à cette article pour une fois c’est que je suis choquée et peinée des commentaires (même très minoritaires) qui parlent de photos dégoûtante ou même à gerber! Comme la photo en elle même n’a rien de particulier, il faut comprendre que c’est l’homme sur la photo qui est qualifié ainsi! Comment ose-t-on? C’est un être humain, quelqu’un comme vous et moi mais qui a la malchance d’avoir une maladie rare! Il a le droit de se montrer! Et ceux qui ni peuvent pas supporter c’est leur problème qu’il faut qu’ils règlent avec eux même, ils ne peuvent pas réclamer une censure, c’est indécent!
    Ma première réaction à été, comme pour d’autres, de me demander comment il pouvait vivre comme ça, s’il souffrait physiquement en plus de sa souffrance psychologique qui ne fait aucun doute. Ma seconde réaction a été de réaction a été de me demander: “msis n’y a-t-il aucun médecin sur cette Terre capable de l’aider et de le soigner?!” Alors j’ai fait une recherche sur le net et ouf! Oui, il y a un docteur aux USA qui a fait des analyses et qui a trouvé l’explication et le remède. Cette homme n’aura pas de guérison complète mais il n’a plus toutes ces racines qui lui faisait effectivement souffrir et qui l’empêchaient de se servir de ses mains. Alors, je suis très heureuse que cet homme ait pu se montrer et que son image ait été relayée par des gens comme toi bibi (c’est à dire des gens bienveillants). Grâce à cela il a pu se faire connaître et trouver de l’aide. Merci!

    Et je voudrais ajouter: tu es visiblement un homme bien alors aies confiance en ton jugement et ne te laisse pas perturber et ne te censure pas! Merci beaucoup pour ton blog! (J’espère tellement que le père Noël m’a entendu et qu’il m’apportera ton livre! )

  64. Marie

    Rien d’inédit dans cette histoire. Cet homme a fait la Une du quotidien du médecin il y a au moins 5 ans, a fait l’objet d’un documentaire et a été pris en charge par des équipes US. Il serait intéressant de savoir ce qu’il devient.

  65. Myriam

    Merci Bibi pour le lien vers Orphanet !
    Personnellement, je trouve la photo très belle.
    A mes yeux, elle oeuvre pour la réconciliation soignés-soignés et l’acceptation de la différence de l’autre.
    Myriam (chef de projet à Orphanet)

  66. Anne Renaud

    La photo doit rester, témoignage de la différence, du handicap.. Cette personne est simplement magnifique et semble dans l’acceptation alors que sa vie n’est sûrement pas simple

  67. Lise

    tu vois baptiste, c’est précisément pour cela que j’admire tant celles et ceux qui sont capables de …
    comment dire ? j’ai du mal à trouver le terme …
    capables de ne pas s’effrayer devant un corps humain torturé, cabossé, sanglant, devant les manifestations physiologiques des plus terribles maladies …
    moi, je ne peux que l’avouer, cela me fait peur
    sans doute parce que cela me renvoie trop fort à notre condition de mortel …
    je tourne de l’oeil quand ceux que j’aime se blessent, je cauchemarde des nuits durant après avoir vu une image difficile (et je pense que cette nuit ne va pas être de tout repos avec cette image que tu as choisi, et à raison, de laisser en ligne)
    une fois, enfant, j’ai même rêvé que toute ma peau était transformée en gratin de pâtes, et j’y pense encore aujourd’hui !!!!
    non non, ne ris pas, en gratin de pâtes !!!
    un gratin de cannelonnis pour être exacte, avec une croûte de fromage grillé dessus, c’était absolument abominable !!!!!
    bref, tu vois, je ne serais pas un bon toubib, c’est certain …
    trop sensible sans doute, ou pas assez aguerrie …
    et j’ai encore un long chemin à parcourir pour accepter l’autre dans sa plus complète différence, y compris lorsqu’elle prend de telles proportions ….
    merci à toi de nous aider à parcourir cette longue route par tes histoires poignantes et ton expérience quotidienne des maux humains …

  68. Herve CRUCHANT

    Depuis ma tanière, je lis les commentaires que vous écrivez, les filles, en attendant le facteur qui doit me livrer cet oreiller-autruche absolument indispensable désormais à ma vie future. Je languis.

    Et alors?
    Et alors, pas un commentaire sur Bibi, sauf peut-être son moral qui penserait en fado. Trop vite précipitées sur les touches de l’ordi, Mesdames ! Personne n’a vu que notre Bibi montreur d’images pieuses est un grand sensible question souffrance des autres; et singulièrement quand cette souffrance se glisse dans son propre blog. Quoi quoi quoi ?! je me lance dans le projet fou de reconciliation et tchack! une glütte viendrait brouiller le regard de mes lectrices ?
    Taureauparlécorne il prit, l’ex-carabin ! On coupe pas le son mais on change l’image. Teufel ! il s’était déjà formé deux opinions, sournoises et vitement faites, l’une pour l’image-végétale l’autre pour l’image-pierre. Des neurones affolés envoyaient des signaux de détresse entre l’avant et l’arrière du cerveau; on a vu faire appel à Broca dans sa tombe, Ramon y Cajal a bout de nerf (optique) parlait en catalan ! Alfama malfamée un lendemain de fête ! la zone, quoi !! Vite! vite !… Ambiance.

    Surgit alors, tel le phénix déboulant de l’est andalou sur le Tage aux abords de Lisbonne, impérial et lumineux, porté par les voix célestes du chœur des anges de l’AVA, le fameux SLD (Syndrome Lituanien Différé). Pour calmer les écœurements matinaux en début d’allégresse, redonner du sens à ces “blog…blog…” intempestifs, malheureux et redoutés, créés de toutes pièces par la vue d’une icône asiatique; sous-continentale, en plus.
    Au fond du fado, entre Belem et le monument des Conquistadors, se trouve la chaleur et l’humanité des âmes marins revenus d’Argentine. La douceur d’un vin cuit qui coule le long des berges de nos canaux intérieurs… Une fois que sa tristesse a été emportée par les touristes venus du septentrion glacé, il reste du fado les accords des guitares, les traits rudes des ruelles, les rires qui viennent nous caresser, venus de nulle part….

    Et l’homme chêne revint. L’image disparue de l’homme laissait enfin place à l’être humain. Deuxième regard sur elle, premier regard sur lui. Le voila enfin de nouveau vivant tel qu’il doit être. Le secret encore; le secret toujours.

    Les récriminations s’éloignent devant la vie. On recommence à pépier sur le blog. Tout est bien… VRAIMENT.

    Et si Bibi vous paraît un peu moins plus qu’hier, c’est qu’il est plus toubib et moins carabin. Çà va pas déplaire à certaines, j’en suis sur. Vous voyez, les gars, à la fin, c’est toujours une affaire de filles avec les toubibs….

  69. Drey

    Je ne pensais pas être à ce point choquante en utilisant les mots « à gerber » et « dégoûtée ». Mais c’est un fait, que ça vous plaise ou non, cette maladie, je la trouve gerbante.

    Il ne faut pas croire que je vaille moins bien que vous. Moi aussi je suis une fille bien tournée vers son prochain. Sans doute davantage que la majorité d’entre vous d’ailleurs. Je suis équipier secouriste à la Protection Civile, j’ai été visiteuse de prison lorsque j’étais étudiante, et bénévole dans une association d’aides aux victimes. J’ai distribué des repas pour les Restaus du Cœur, et je donne 75€ par mois toutes associations confondues. Lorsque je vois une personne en galère avec toutes ses courses, je l’aide. Lorsque je vois quelqu’un qui pleure, je l’épaule. J’en passe et des meilleures. Alors oui, je pense être quelqu’un de bien, qui déborde d’empathie.

    Pour autant, dans le privé, quand je pense que quelqu’un est con, je dis « je pense qu’il est con ». Quand je pense qu’un truc est gerbant, je dis « je trouve ce truc gerbant ». Et cette maladie, elle est dégueu. Et la photo de la maladie, elle est dégueu aussi. Et j’ai beau penser que je suis la plus gentille de la terre, je ne voudrais pas que ce jeune homme me touche. C’est comme ça. (et puis ça se trouve, en fait, je le toucherais quand même).

    L’autre jour, mon collègue avait un panaris. Il est allé voir un médecin. Et bien le médecin, il ne lui a pas dit « oh le joli panaris ! J’ai bien envie de lécher votre pus ». Non. Il ne lui a pas dit ça. Il a juste tourné de l’œil, et mon collègue a dû appeler le SAMU depuis le téléphone du médecin ! Alors voilà. On a beau être quelqu’un de bien et parfois même bosser dans le milieu médical, on a tous nos limites. Je paris que plein de médecins ne voudraient pas toucher ce jeune homme et le laisseraient toucher par des aides-soignantes, pas vrai Baptiste ?

    Comme vous toutes (car bizarrement ce sont toujours les dames qui viennent donner des leçons), je suis une fidèle lectrice de Baptiste, et ce depuis le premier jour. Tous les matins pendant le petit déjeuner, tous les midis pendant le déjeuner, et tous les soirs pendant le diner, je vais sur mon navigateur internet et je fais « rafraîchir » en espérant que Baptiste ait rédigé un nouveau billet. Et l’autre jour, je suis tombée sur cette photo alors que je mangeais. Ca m’a donné la gerbe.

    Si j’ai envie de voir des images de cul, je vais sur Youporn. Si j’ai envie de voir des images gores, je vais sur rotten.com (bon, ce site n’existe plus depuis des années, preuve que les images gores me rebutent et que je ne cours pas après). Si je veux vois des jolies photos de paysages, je vais sur geo.fr etc… En tout cas, je ne viens pas sur le site de alorsvoila.com pour tomber sur des images comme ça, donc voilà, j’ai été choquée, c’est comme ça. Pour autant, je ne demande pas à l’auteur de se censurer. Je lui dis ce que j’en pense, car, à ma connaissance, les commentaires, ça sert à ça. De plus, je ne pense pas avoir été le moins du monde insultante à son égard. Je n’ai même pas annulé ma lettre au père Noël dans laquelle je demande son livre !

    Alors quand je lis « J’espère pour vous que jamais quelqu’un de votre famille ou de votre entourage n’ait de souci de santé, ça vous dégoûterait… », ben il manquerait plus que ça !! qu’on me souhaite du malheur pour moi et ma descendance jusqu’à la fin du monde parce que j’ai osé dire ce que je pensais de cette image ! Alors quoi ? il ne faut plus penser ? Désolée, votre hypocrisie mielleuse à tout bout de champ dans les commentaires, ça fait saigner les yeux. C’est pas parce que c’est Baptiste-votre-idole qui écrit qu’il faut penser que tout ce qu’il écrit est toujours parfaitement réussi. Parfois c’est très bon, parfois c’est moins bon (mais dans l’ensemble, c’est génial !). Parfois les photos sont belles, parfois elles peuvent choquer. C’est d’ailleurs ce qu’il voulait peut-être, non ? J’imagine qu’en mettant cette photo, il s’attendait à choquer quelques personnes, non ? Je pense qu’il connait suffisamment l’humanité pour savoir qu’on trouve toutes les sensibilités en chacun.

    Bref. Que je choque avec le mot « gerbant », je m’en fous carrément, mais qu’on puisse me souhaiter toute la misère du monde juste pour ça, ça fait pitié. (j’en vois déjà qui vont écrire « on n’a pas écrit qu’on vous souhaitait du malheur, au contraire, on a écrit qu’on ne souhaitait pas que ça vous arrive » ; je sais lire et je comprends les effets rhétoriques).

      1. Drey

        Non merci, après m’être exprimée, ça va mieux, j’ai fait retomber la pression :p

        En tout cas, tu as une sacrée armée de défenseuses!

        Continue comme ça, Baptiste. J’adore tes histoires… à deux-trois photos près 🙂

        1. P.

          @Drey,
          Je comprends ta colère, ce n’est jamais agréable de voir son opinion se faire descendre en flèche, je pense que si tout le monde a réagit c’est aussi parce que B. a changé la photo, s’est remis en question… et ça l’Armée de Bibi (ils se reconnaîtront :p) n’a pas aimé.
          Pour moi ton opinion est tout à fait entendable, c’est même toi qui m’a fait tilter que la photo était vrai et non pas retouchée comme je l’ai cru initialement.
          Je ne pense pas non plus que tu es quelqu’un d’horrible 🙂 , par contre moi je voudrais bien le toucher cet homme, pour voir, pour assimiler, chacun son mode de fonctionnement !!
          @doume
          Je ne pense pas non plus que cet article soit là pour “sublimer la souffrance des autres”, je l’ai pris comme une façon de voir différemment les choses, quelque chose d’horrible qui peut être vu comme un conte, une histoire, une autre façon de voir, c’est ça qui m’a plus… Mais ce n’est que ma vision, il y a autant de façon de voir cet article que de personnes sur le blog, il est aussi normal que cela dérange certains et certaines.

          1. Martine

            Et moi les histoires de garçons (un enfant de quel âge?) pour revenir avec plus de légèreté au blog précédent

        2. Mésange

          @Drey
          Je suis arrivée après la… bataille, un rare détour vers Facebook et la lecture de ce qu’avait écrit Baptiste m’ont amenée sur ton commentaire.
          Moi, ce qui m’a choquée, ce n’est pas que tu aies pu être dérangée, choquée ou agressée par cette photo et cet article, ça c’est parfaitement compréhensible, non, ce qui m’a choquée c’est la violence des termes employés “c’est à gerber”. Cela m’a fait penser à tous ceux qui disent “c’est moche” devant un tableau, “c’est dégoûtant” devant un plat au lieu de dire “je suis choquée” ou “je n’aime pas”. Juste employer le “je” pour parler de que “je” ressens et toute la perception des autres devient différente… et les répliques salées de la “Garde rapprochée” n’ont plus lieu d’exister ; le ressenti de chacun lui appartenant en fonction de son vécu et de tant d’autres choses, il n’y a rien à en dire.
          Et, pour ma part, je suis certaine qu’on a le droit de n’être pas d’accord avec l’hôte de ces lieux et de l’écrire sans être envoyé au pilori si on prend soi-même la précaution de ne pas agresser… que l’on soit nouveau sur ce blog ou que l’on soit ancien, qu’on se soit déjà manifesté dans les commentaires ou non, peu importe.

          Vous prendrez bien touch une de mes bouchées virtuelles au chocolat hichtoire de che réconchilier? Bonne gourmandige!!!!

    1. doume

      @ Drey
      Je pensais comme toi mais je n’avais pas osé l’écrire.
      J’ai été vraiment choquée par cet article.
      Sublimer les souffrances des autres, c’est un peu fastoche (je préfère Mr Lustiger quand il dit, après une expérience personnelle, que la souffrance écrase l’Homme).
      Je ne développe pas plus, je préfère être dans le “faire” (c’est pour cela que j’ai donné le livre à la bibliothèque de mon village ((mais j’en ai gardé un pour moi … que j’ai prêté à une collègue)) ).

      1. Albigène

        @Doume
        Doume, tu écris j’ai été choquée par l’article..?? C’est un très beau texte poétique. Ce n’est pas plutôt la photo qui t’aurait choquée ? Je ne vois pas en quoi Baptiste sublime la souffrance de l’autre dans ce post. Où est elle évoquée ? Et tu ne penses pas que Baptiste est aussi dans le “faire” à travers ce qu’il véhicule comme messages d’humanité…..et aux prises de conscience qu’il suscite ?

        1. doume

          @Albigène
          J’ai vu la photo, le beau visage et le sourire paisible de l’homme.
          J’ai vu ses mains et j’ai pensé à une photo retouchée.
          Puis il y a eu le changement de photo, les commentaires et le NOM de l’homme,
          Mon ami Google m’a livré beaucoup : la perte de son emploi, de sa femme et de ses 2 enfants, les souffrances physiques, les espoirs de traitement, puis l’impasse pour des raisons politiques et économiques.
          Et l’homme qui dit qu’il donnerait tout pour recevoir le traitement espéré.
          Alors moi, je ne vois plus la sérénité derrière le sourire, mais plutot un sourire sur commande pour la photo qui va lui permettre de subsister quelque temps.
          L’esthétisme ne justifie pas tout (cf le prix Renaudot 2013).
          D’ailleurs, Mr X. est-il d’accord pour l’exploitation gratuite et orientée de sa photo ?
          Regarder la photo ou aller le voir au cirque, n’est-ce pas un peu la même chose, même pétri de pensées compatissantes (et non empathiques) ?
          Cette photo est belle, mais l’histoire est très laide, même si ça arrange chacun d’y voir autre chose.
          “Le poids des mots, le choc des photos”, et puis regarder l’envers du décor..

    2. C.d'Argentine

      @Drey:…je ne crois pas qu”’ON SE FOUTE CARREMENT DE CE QUE PENSE LES AUTRES”…je crois qu’on a tous besoin de ressentir une forme d’ACCEPTATION,quand on s’expose…en ecrivant(le Doc et les lecteurs/trices…) ou en se montrant…aujourd’hui,je te lis et PARADOXALEMENT,ce que tu ecris me touche,ta colere,ton coup de gueule me touche…mais moi,ma reaction si tu etais pres de moi…ce serait de te dire…viens,on se serre fort dans nos bras…peut etre pourtant que ma tete te degouterais…et que trouverais que je sus une pauv’conne…mais moi c’est ca que je ressens en te lisant…parce que je suis en harmonie avec moi,meme,en paix,avec ce que je pense…et la reconciliation,j’ai envie de la partager avec toi…alors je te tend mes bras…et sache que je te serre fort virtuellement…et tu as bien le droit de me repousser violemment…je prend aussi ce risque en t’ecrivant…mais j’ai envie de le prendre…je crois que tu es aussi sensible que beaucoup d’entre nous,et que tu l’as exprime comme ca…en esperant te relire bientot,entourree de lumiere.

  70. heliotrope

    merci, j’ai cru avoir rêvé – non pas la 1ère photo – mais la 2ème …
    merci de nous avoir redonné la beauté étrange de cet homme, cette peau humaine, végétale et animale, à la fois fascinante, touchante, inquiétante,
    quel mystère se cache là …
    je me sens complètement concernée par cette personne, mystère …

  71. Cath

    Eh bien, on s’absente quelques jours et c’est l’explosion 🙂

    Quand j’ai vu la photo, j’ai su tout de suite qu’elle n’était pas retouchée parce que je savais que de telles maladies existaient, même si je ne sais pas les nommer ou ne comprends pas leur origine (génétique ou contagion). N’est pas docteur qui veut.
    J’ai été choquée, au sens de “surprise violemment”. Choquée par l’étendue du dommage et l’absence de soins au moment où la photo a été prise (je me sens mieux de savoir que des soins lui ont été prodigués depuis).
    Et en même temps, j’ai eu le coeur serré car derrière le beau visage de cet homme, on ne peut qu’imaginer ce qu’il a pu endurer au physique comme au moral, parce que je suis sans illusion sur la nature humaine. Et la crainte que cette “écorce” ne se referme sur ce visage, ce corps et ne l’efface et en l’étouffe, cela aussi m’a traversé l’esprit.

    Savoir ce que je ferais si j’étais directement en présence dune telle manifestation de la maladie ?
    L’an dernier, sur un pont de Londres au printemps, je me promenais avec un copain sous le soleil. Devant nous un groupe de personnes en train de se prendre en photo. Je ne vois pas trop de détails de loin, mais deux jeunes femmes sveltes et gracieuses prennent la pose ; elles sont alignées, et je distingue la blondeur de leurs chevelures et la finesse des jambes. Nous nous rapprochons d’un bon pas, et là, je suis heureuse d’avoir de grandes lunettes de soleil très sombres sur le nez. J’espère que ces verres presque noirs ont caché mon saisissement et m’ont évité de heurter les sentiments de ces jeunes femmes. Quand nous sommes arrivés à leur niveau, elles se sont reculées pour nous laisser passer. Seulement, un seul corps et une seule paire de jambes fuselées ont fait le mouvement de recul. Un seul corps, et deux têtes identiques et ravissantes sur un même tronc.
    Nous avons passé notre chemin en souriant pour dire merci. Plus loin, mon copain a dû s’asseoir, quasiment en état de choc, comme moi. Et lui, médecin de formation.
    J’y repense souvent.
    La photo du blog est tout aussi difficile. Je peux comprendre le rejet exprimé par @Drey ; cela ne remet nullement en cause sa personne, ni ses capacités d’empathie : ses écrits en témoignent. Disons que le choix des termes est peut-être violent, j’en aurais sans doute choisi d’autres dans son cas.

    En tous les cas, c’est bien de Baptiste de rester fidèle à lui-même, de se remettre en question et d’assumer ses choix. Voilà aussi pourquoi je suis fidèle à ce blog , et aux intervenants.
    CilouX à l’armée (pas si silencieuse que cela)

    1. lectrice boulimique

      eh oui, on cause, on poste sur l’éthique et le respect… mais quand au détour d’une rue on rencontre une (ou deux ? ici quel dilemme lignuistique et humain !!) personne(s) “vraiment” différente(s), les émotions court-circuitent souvent le cortex… et on fait ce qu’on peut pour rester “civilisé”. Merci du témoignage.

  72. wisconsin

    Bonsoir. Je lis le blog depuis de nombreux mois, j’ai commandé le livre dès que possible. Je n’ai jamais osé poster un commentaire. Pas trouvé les mots justes à mon sens. Je voulais juste te dire deux choses, la 1e : ma fille de 16 ans veut être médecin (urgentiste pour le moment) et depuis que je te lis je suis encore plus convaincue qu’elle est faite pour ça et qu’elle rencontrera de belles personnes. La 2e : ne surtout pas changer la photo. En la voyant, avant même de lire le texte j’ai pensé que cet homme était beau et qu’il dégageait quelque chose. Alors non, la photo n’est pas dégoûtante et oui en plus c’est ton blog, tu fais ce que tu veux mais surtout continue.

  73. Isa

    J’aime le sourire de cet homme.
    On a le sentiment en le regardant que ce n’est pas sa maladie (abominable) qui est dure à supporter… Non, ce qui est le plus difficile, ce doit plutôt être le regard fuyant des personnes qui le trouvent dégoûtant.
    Non?
    Bon, j’aimais beaucoup aussi les hommes de pierre… où puis-je les retrouver?
    Merci pour tout, BB.

  74. Delphine

    Baptiste, tout d’abord, je suis ton blog depuis St. Marin en Italie, en tant que bordelaise exilée… J’ai été ravie de voir la photo de Dédé. Car je le connais ce Dédé depuis quelques années maintenant grace à un documentaire sur la chaîne Discovery. Dédé, il est comme nous, c’est un être humain avant tout. Il a la malchance de vivre dans un pays où il n’a pas accès à la médecine moderne. Les opérations pour enlever ses excroissances sont coûteuses. Il n’y a pas de traitement. Ça finit par repousser. Il a été vu par tant de spécialistes. Ils ne peuvent que le soulager temporairement. La 1ère fois que je l’ai vu, il ne m’a pas dégouté, il m’a fait de la peine et m’a relativiser sur nos petits “tracas” de la vie quotidienne. Voilà. Merci d’avoir choisit cette photo et d’assumer !
    Dès que je viens faire un tour dans mon Sud-Ouest, j’achète ton livre … Et une chocolatine !

    1. P.

      Les meilleurs chocolatines ne sont PAS au 48 é_è !!!
      Par contre je vote pour l’abandon total et complet du mot “pain au chocolat”, il n’y a que les obscurantistes pour utiliser ce terme !

  75. Lise

    @drey

    je suis heureuse que tu aies laissé ce nouveau message pour détailler la manière avec laquelle tu as vécu la découverte de cette image
    c’est toute la difficulté des relations virtuelles (ou pas d’ailleurs !) que de parvenir à comprendre ce qu’exprime l’autre et ce qui le motive
    et non, VRAIMENT, je ne pense pas que celles et ceux qui sont “montés au créneau” aient souhaité à aucun moment ton malheur (d’ailleurs, comme tu le soulignes toi-même avec beaucoup de justesse, tu l’as très bien perçu)
    des réactions trop vives comme certaines de celles qui ont suivi ton message sont sans conteste à classer parmi ce que baptiste appelle ces “petites violences quotidiennes” qui peuvent nous pourrir une journée avec brio ….
    et je comprends que cela t’ait blessée et mise en colère
    en revanche, là ou je ne suis pas d’accord avec toi, c’est lorsque tu dis qu’il faut “appeler un chat un chat”
    je crois pour ma part au contraire que notre belle langue française (qu’affectionne tant notre bibi) regorge de mots qui auraient pu exprimer le même sentiment, mais avec moins de brutalité …
    ce n’est pas une question de franchise, c’est plus une question de délicatesse
    je vais te donner un petit exemple : j’ai un neveu autiste
    quand j’entends des personnes autour de moi dire de quelqu’un qu’il est un peu “gogol”, j’ai comme un coup dans le coeur à chaque fois
    je n’en montre rien, mais c’est comme ça, et crois-moi, si tu essaies d’y faire attention, c’est fréquent ce genre de remarque
    pour moi, le choix des mots EST important, en toute circonstance
    j’espère que tu comprendras ce que j’exprime là, j’ai précisément essayé de choisir les mots justes, mais j’ai conscience que ce n’est pas toujours simple !!! 😉

  76. Stéphanie la Girafe

    Merci d’avoir remis la photo…
    Non, elle n’est pas dégoutante… Malgré son abominable handicap, cet homme sourit et est beau. Se détourner sans cesse de la souffrance n’est pas une solution, vous le saviez mieux que nous tous,vous qui êtes médecin.
    Merci pour ce très beau blog.

  77. roger santos

    Dans un documentaire cet homme a été opéré et suis depuis un traitement offert par un spécialiste américain.
    C’est vrai, cela fait mal de le voir ainsi aussi je lui souhaite une complète guérison !

  78. Drey

    Tout d’abord, je ne regrette ni mon premier ni mon second commentaire. Par contre, à peine posté celui du 04/12 à 19h31, j’ai regretté de ne pas avoir tourné 7 fois mon doigt au-dessus du clavier avant d’appuyer sur Envoyer. J’avais la prétention de dénoncer le troll, mais finalement, mon commentaire avait le goût du troll, l’odeur du troll, l’aspect du troll. Bref, c’était un troll (et pourtant, je jure que je ne voulais pas troller). Pour cela, je m’excuse platement car oui, je vous donne raison, j’ai été très conne.

    Ensuite, @Claudia 5 décembre 2013 le 4 h 43 min, tout comme vous, je n’ai aucune volonté de raviver le débat, mais malgré tout, je souhaitais juste prendre le temps de faire la lumière sur mon point de vue, en espérant que, à défaut de vous convaincre, vous puissiez au moins le comprendre.

    Relisez bien : à aucun moment je n’ai porté de jugement sur l’âme de cet homme. Je jugeais la maladie et la photo. Pas lui. Je ne connais pas cet homme, comment pourrais-je le juger ?

    Pour vous en convaincre, je vous propose quelques petites expériences.

    Montrez cette photo à froid à plusieurs passants dans la rue (de préférence ceux qui, comme moi ce jour là, sont en train de manger), et je mets mes deux mains à couper qu’un certain nombre, pour ne pas dire un nombre certain, vous lâcheront un « c’est dégueu ». Je parie même sur une majorité d’entre eux. Et eux, comme moi, ne jugeront pas l’homme mais l’image et la maladie.

    Ensuite, mangez un sandwich (pour plus d’effets), allez sur l’ami Google, et tapez « KROKODIL ». Je suis sure que vous trouverez les images associées « gerbantes ». Pour autant, je n’ai aucun doute sur le fait quee, tout comme moi lorsque j’ai vu la photo de l’article, vous ne jugerez pas les personnes qui se sont retrouvées addicts à cette drogue et qui voient leurs membres se nécroser. Vous jugerez simplement la qualité des plaies (âmes sensibles, s’abstenir 😉 )

    Si vous n’êtes pas encore convaincue, tapez « nécrose », « putréfaction » ou que sais-je encore. Franchement, si vous trouvez belles ces photos, là, je m’engage à m’excuser publiquement. Mais à mon avis, vous les trouverez « dégueu ». Pour autant, là encore, je suis convaincue que vous ne porterez aucun jugement sur les personnes qui souffrent de toutes ces choses. Pareil pour moi.

    Si je rencontrais le jeune homme de la photo, je n’aurai AUCUNE envie de le toucher. C’est comme ça, je n’y peux rien. Néanmoins, si je voyais des gens l’insulter ou le lapider, croyez-moi, je ne manquerai pas de réagir pour le défendre. Et avec une véhémence qui vous étonnerait.

    Voilà, ça, c’était pour expliquer mon « c’est à gerber », maladroit, j’en conviens (mais inapproprié, là non, je ne cèderai pas).

    Je voudrais aussi vous faire comprendre que, lorsque vous déversez votre rancœur sur ma personne, vous faites exactement ce que vous me reprochez : vous me reprochez de juger l’âme d’un homme simplement sur une image (même si, une fois de plus, je ne le jugeais pas), et vous jugez mon âme simplement sur un mot (qui était sans doute un peu trop fort).

    Enfin, je crains de choquer encore quelques lecteurs sensibles avec les propos qui vont suivre, et je m’en excuse à l’avance. Comprenez que c’est simplement pour l’argumentaire. Je lis tous ces commentaires dans lesquels on trouve cet homme beau (et là, on ne parle pas du physique mais de l’âme). Mais ce jeune homme, le connaissez-vous ? Est-il vraiment si bon ? Etes-vous certains qu’il n’est pas facho, pédophile, meurtrier, ou même tout simplement con comme un manche ? La différence, le handicap ou la difformité sont-ils le gage de la bonté de l’âme ? Je suis sure qu’en cherchant bien, on trouvera tout un tas d’aveugles ou de culs-de-jattes qui sont de vrais abrutis.

    Voilà, j’en ai fini.

    Ah non, encore une petite chose. Je ne pouvais pas conclure sans vous remercier pour vos conseils sur le Domperidone, que je ne connaissais pas. Conseils médicaux pour conseils médicaux, @Claudia, pour ma part, je vous préconise le millepertuis (attention, ça inhibe les effets de la pilule contraceptive, et ça, le pharmacien oublie toujours de le dire). Vos nuits seront plus apaisées (car a priori la tension que j’ai provoquée chez vous semble avoir écourté votre nuit, vue l’heure à laquelle a été écrit votre commentaire).

    Là, c’était une petite vacherie en toute amitié (vraiment), car je ne vous cache pas qu’il me tardait de terminer mon taff pour pouvoir vous répondre 🙂

    Amicalement (sincèrement).

    Drey.

    1. marie

      Je vais jouer la Suisse entre toi Drey et toi Claudia, la première a avoir utilisé dégout (mea coulpa, shame et plus encore) c’est moi parce que comme Drey le raconte , pas réveillée, petit dej et coup d’oeil ça a exploser mes synapses . Rien de plus, ce n’est pas de l’inconfort, de la peur, ça a été un réflexe des plus primaires. Je ne suis pas une Sage, j’aurai juste du trouver le mot plus approprié pour définir cet état. Les échanges que j’ai eu après avec Claudia m’ont bien fait prendre conscience de la portée inouïe que peuvent avoir le sens des mots. Je vous lis et je vous comprends toutes les deux, j’ai juste à dire à Drey qu’elle tourne son doigt 7 fois au dessus d’entrée comme j’aurai du le faire et à Claudia pareil , plus ceci mon père ne voulait pas qu’on le prenne en photo il ne voulait pas laisser l’image de cet homme brisé par la maladie ; il n’a pas pu faire le deuil de sa vie d’avant et le peu de chemin que j’ai fait avec lui m’a appris que dans n’importe quelle enveloppe charnelle , il y a de la Lumière.

  79. Christine

    Il me semble qu’il n’y a jamais eu autant de réactions à l’un de vos billets, Baptiste. Cet homme est magnifique, on est étreint de tristesse pour ses souffrances, que l’on devine, mais il est magnifique, comme s’il sortait de légendes antiques, qu’il venait du fond des âges portant la sagesse avec lui. Et votre texte est l’un des plus beaux que vous ayez écrits ces derniers mois, un poème en prose qui éveille notre imaginaire. Merci, Baptiste, vous nous ouvrez aux autres.

  80. AMINA

    Et puis d ‘abord qui sommes nous pour juger cet Homme

    s’il vous dérange vous n’avez qu’à détourner votre regard mais vous n’avez ni à le juger ni à le critiquer

    Parce que tout simplement il reste UN HOMME et faut respecter ça.

  81. Marie-Noël

    Mince alors! C’est ahurissant…. Tu as raison, faisons attention à nos pensées, elles pourraient bien nous transformer. Et nous serions sans doute moins poétiques que ce petit garçon transformé en arbre pour échapper au chat! Merci pour ton audace de montrer les gens tels qu’ils sont: bien plus beaux qu’on ne l’imagine!

  82. Lucie

    Un modeste petit commentaire sur cette histoire de “dégoût” des images…
    Il y a de nombreuses années, j’étais terrifiée à l’idée de voir de images de blessures graves, de malformations, de brûlures. Leur vue me faisait me sentir mal pendant des jours.
    Et puis j’ai fait médecine. Depuis, j’ai vu si souvent des escarres profondes, des fasciites nécrosantes, des greffes de peau du visage qui ne prenaient pas, des ulcères de jambe laissant à nu des tendons noirs. Et pourtant, jamais je ne me suis sentie mal, tout simplement parce qu’il ne s’agissait pas d’images mais de personnes.
    Maintenant je ne vois plus que des gens sur ces photos.

    Ceci pour dire simplement que si ces images vous choquent, c’est parce qu’elles sont dissociées des personnes qui y sont représentées. Prendre conscience de leur existence et de la cause accidentelle ou médicale de leur difformité ôte tout dégoût.

    Pas d’inquiétude donc si vous croisez une de ces personnes un jour, tout se passera bien et au contraire peut-être que ce malaise sera enfin levé ! Peace !

  83. cbk

    Mais oui il est beau ce jeune homme. Quel sourire! et quel regard !
    Baptiste je lis les articles qui parlent de toi et j’ai l’impression que tu as tout compris à la vie. Je suis psychologue et la façon dont tu parles de ta pratique et de tes rencontres me parait si juste et pleine d’humanité. Bravo. Ton parcours sera formidable, quoi que tu fasses, où que tu exerces, si tu gardes ce regard sur les gens et sur ton métier. Merci de nous faire partager ce regard.

  84. Pascale

    Il est même très beau…
    Et oui tu as bien fait de la remettre cette photo…
    Pour les raisons que tu as dites.

    Pascale (la blonde très frisée de la Foire aux livres de Brive)

  85. Vero

    Peut-être que ce commentaire va être redondant: effectivement, Arun et ses confrères atteints de la même pathologie ont fait l’objet d’un reportage, de propositions de soins de la part de chercheurs américains. Cependant, le reportage montre que leurs difformités et l’absence de sensations de douleur (notamment au niveau du cuir chevelu) leur permettent de gagner leur croûte en se montrant comme des bêtes de foire ou en tirant des camions avec leurs longs cheveux…. certes, la photo est peut-être belle, mais c’est regrettable que ces êtres humains aient à choisir de rester malade pour en vivre plutôt que de se soigner pour redevenir un anonyme chômeur… La photo n’a donc plus rien d’esthétique et de poétique quand on connaît ce qu’il y a derrière….

  86. vivie29

    Dégoutante cette photo? Certainement pas, cela montre surtout que “Dieu” est injuste!!
    A tous ceux qui ont pu dénigrer cette image: je ne leur souhaite pas d’avoir un malheureux petit bouton sur le visage 😛

  87. Hermine

    Merci, merci pour ce Nota, vraiment. Cet homme est beau, comme tous les hommes le sont ; on n’y voit ici une mise en scène comme au cirque que si l’on arrive comme quelqu’un qui veut ‘voir des choses’, pour se faire peur, se rassurer, avoir pitié.
    Merci, Baptiste, de nous faire entrevoir la beauté de l’humanité.

  88. vieille bique

    j’ai vu un reportage sur cet homme. et non ce n’est pas dégoutant mais la souffrance visible à ce point est forcément gênante pour beaucoup.
    cet homme est beau c’est triste d’etre atteint d’un tel handicap mais il semble tellement en paix sur cette photo que non vraiment elle n’a rie de dégoutant.

    mais elle fait mal

  89. Lutine

    Merci pour cet article et pour tous les autres. Le choix des photos, autant que le choix des mots m’époustoufle deûis le début.
    En contemplant cet homme, je vois le regard du phtographe, plein de douceur qui a su capter cette expression superbe sur le viage de cet “homme-arbre”. cette photo est magnigique, parce qu’on y voit l’homme d’abord, sa maladie/handicap après.
    J’aimerais beaucoup savoir qui est l’auteur de ce cliché.

    Merci pour les articles.

  90. PhilG

    Je n’ai pas lu tout les commentaires, mais suis-je le seul à me demander comment il met sa chemise ? au niveau des manches surtout…

  91. STAMPF, Daniel

    il est devenu arbre de son vivant, je serai son engrais à ma mort. Ce qui est dégoûtant c’est que son horloge ne fonctionne pas comme celle des autres, peut être pour du’il acquiert la sagesse avant tous. Après tout certains on du gravier dans leur sablier, d’autres enfin ont de la poussière, ça coule vite la poussière………

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