La femme qui soignait.

Pour C. et V., bien sûr !

Alors voilà B.
Elle est belle, bulgare et blonde.
On aime bien parler yaourts, tous les deux. Yaourts et pro-biotiques, vous savez, ces petites bactéries, celles qui font “du bien à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur”.
B. est Docteur en radiologie.
Parfois, je passe la saluer.
Elle me montre les examens intéressants, ceux qui pourront me servir :
– Là, on voit bien le frrracture tibiale. Là, aussi, juste sous la radius. Là, fais attention, c’est piégeur, on crroit que c’est cassé, mais c’est l’os derrière qui donne ce illusion.
[…]
– C’est nous, les Bulgarrrres, qui avons inventé le bonnes bactérrries ! Regarrrde : je mange une yogourt naturrre toutes les matins et j’ai le teint Célestin.
[…]
Hier, justement, je lui trouve le teint un peu triste. Elle tend son doigt vers l’écran :
– Ce patiente consulte aux Urgences pour maux de tête. Là, tu vois, c’est la crabe. Et là on aperrçoit les petits que la crabe a fait dans les poumons et le cerveau.
Elle indique la date de naissance en haut à droite de l’écran :
– Le patient a 31 ans.
Je lui demande si elle va bien. Elle hausse les épaules, répète :
– Le patient a 31 ans.
Elle se tait un instant, puis ajoute :
– Tu sais, après l’interrnat, je voulais être pédiatre. J’aurrais fait un sacrément bon pédiatre, oui… Sûr de sûr… J’avais obtenu un prix de pédiatrie… Puis mon fille est tombée malade. Je me suis réorientée en imagerie médicale. Je vois moins de patients, je suis moins trroublée.
J’hésite : et si je lui disais que je me tâte de plus en plus à faire de la recherche médicale. Parce que, comme elle, je n’en peux plus d’être troublé. J’aimerais lui demander si, a posteriori, elle pense que son choix était le bon.
Mais elle dit :
– Tu sais, Baptiste, on s’en fout de porrter un blouse blanche où il y a marqué “Docteur”. L’important, comme vous dites ici en France, c’est “Mettre un cœur à l’ouvrage.”
Voilà, voilà… J’ai ma (très jolie) réponse sans même avoir posé ma question !
Elle, c’est B. : blonde, belle et bulgare.
On aime bien parler yaourt, petites bêtes et fractures.
Elle est Docteur en radiologie.
Elle ne traite pas que des images.
Vraiment.

«Une image vaut mille mots.»
Confucius

“Surtout si on photographie la page d’un livre où c’est écrit tout petit et très serré.”
B.B.

84 réflexions sur « La femme qui soignait. »

  1. Shakti

    Et voilà, je passe encore pour une dingue aux yeux de mes enfants qui me regardent lire d’un air concentré et soudain,… éclater de rire !
    Le complément à la citation de Confucius va me faire un moment, je crois.

    Belle journée à tous

  2. Cilou

    Wé… Elle a bien raison. Mettre du coeur.
    La recherche médicale, oui c’est une excellente idée, ça permet peut être d’être davantage acteur de la guérison ? (même si vous êtes déjà pas mal acteurs vous les docs… Surtout Clooney…)

    31 ans et des crabes partout, y’a de quoi flipper. La marraine de mon fils est puéricultrice en réa néonat. Elle me raconte des trucs, je ne connais ni les gosses ni les parents, je pleure quand même toutes les larmes de mon corps. C’est vrai qu’il faut être blindé des fois. Au moins en gériatrie, je peux me consoler avec une certaine “normalité” des décès. Les familles sont tristes mais pas détruites. Quand c’est un jeune, un enfant, c’est une toute autre tragédie…

    1. Grand33

      Cilou : la recherche est actrice intégrante de la guérison, je suis d’accord. Mais un type qui relève : ça ! ça le fait VRAIMENT pour moi.

        1. Herve CRUCHANT

          L’homme n’est pas fait pour vivre autrement que debout. Sinon, ce ne serait pas un homme. Et tout est focalisé sur cette posture. Jusqu’aux sentiments les plus fondamentaux comme l’amour et la certitude de l’appartenance.

          Tout découle de là. L’adaptation raisonnée à l’environnement -la culture. Les rapports interactifs aux autres -construction biologique permanente des individus. La force vitale qui vous tiens droit -la vie sans cesse recommencée. L’aspiration au mieux être -la pensée du regard au-dessus des épaule, prolongement du cerveau.

          Sapiens sapiens. Humain, fier, lucide de ses leurres, des certitudes transitoires nécessaires au rebond vers d’autres certitudes; probablement apaisantes, mais qui peut en être sur?

          Savoir distinguer déisme et spiritualité, matérialisme et matérialité. Et puis, de temps en temps, mais pas trop, être fier de soi. Fier et heureux de ses propres doutes. Pour mieux les donner.

          Patient. Médecin. Des fonctions institutionnelles et industrieuses. Des actions besogneuses techniques au bord d’une logique démente en marge de la mort. Clinique. Propre. Paillasse et boîtes de Pétri.
          Certes. Mais, sans l’humain, que seraient le patient? le médecin? on ne peut vraiment distinguer, du patient et du médecin, celui qui a peur. L’angoissé. Le solitaire. Celui qui va trop souvent pisser parce que, là, il pleure. Ce regard qui dit: on arrête cette merde; on va jouer juste entre nous deux; on va penser ensemble que demain on sort ensemble d’ici debout. Tous les deux.

          Cherche, petit docteur. Cherche. Derrière un tablier de plomb ou derrière un stétoscope, il y a plus d’humanité que dans un résultat statistique.

  3. Isabelle

    La proportion de connards/indifférents/délicats est la même chez les médecins que dans la population générale. Mais qd on tombe sur un médecin délicat ça change tout!
    Bonne journée.

  4. c'line

    et en même temps, les patients ont tellement besoin de soignants humains et sensibles comme vous, Bibi…
    être debout, c’est ça, aussi.
    quoi qu’il en soit de votre choix, restez comme vous êtes, s’il vous plait!

    1. crevette

      je sais que ça ne simplifie pas votre question mais… faites le choix qui fera que vous resterez comme vous êtes, avec votre très très belle humanité de docteur. Votre très très grand souci pour l’Humanité en tout cas vous pourrez le combler dans les 2 voies.
      nb : J’ai vu des personnes qui vous tutoie dans leur commentaires et ça me semblait logique ça ne m’a pas du tout choquée, mais là le vouvoiement est venu tout seul, j’ai un énorme respect pour vous !
      Bonne continuation !
      re NB j’ai bientot fini de parcourir tonblog mais là il faut que j’étudie (je ne voudrait quand même pas t’accuser d’avoir raté ma dissert’ ! donc je garde la fin pour demain … je fais durer le plaisir !

  5. Grand33

    Bonjour Bibi,
    C’est vrai que ce sont souvent les radiologues qui découvrent à travers l’image la saloperie qui se trouvent
    dans nos corps malades. Ils ne voient pas que les images il y a le patient au final à qui il faut “commenter les images “, pas simple non plus !!!!
    la bise

    1. Herve CRUCHANT

      C’est curieux tout de même ! On sait; je veux dire et répéter: on est sûrs de mourir un jour. Et personne ne saurait dire, dans la vie courante, quand. Dans cinq secondes, cinq minutes, cinq années, cinq siècles… Bon, là je déconne. Pas siècles. Mais on s’en fout complètement. Ou alors on est “un peu dépressif” comme je suis parce que je trouve que c’est toujours pour dans bien trop tôt.

      Au lieu de se dire que tout ce temps là on pourrait très bien l’utiliser à faire avancer le bonheur. Le sien, celui des autres. Tous les bonheurs du monde. Mais on a le temps… on a le temps…

      Jusqu’au moment où quelqu’un vous dit: j’ai un truc à vous montrer… enfin, à sa manière, vous montre l’outil assassin qui sera utilisé pour vous tuer. Logiquement, çà devrait pas déplaire, puisqu’on est averti, on le sait, on fait les quatre cent coups “avant d’aller chevaucher les poneys multicolores”.
      Ben non. Au contraire. “J’en ai pour combien, docteur?” “Je dois le dire à qui?” “J’ai envie de la dire à personne” “Çà fait mal?”… surement plein d’autres trucs du genre je suis largué et j’ai une pétoche d’enfer.

      Devant, il y a une radiologue de moins de quarante ans. Faite d’un corps et d’un esprit qui fonctionnent normalement. C’est-à-dire qui lui donnent soucis et satisfactions normales, sans vrais problèmes. Des projets. des souvenirs. Une vie. Un métier qui a été construit pas à pas et qui se stratifiera encore jusqu’à l’arrêt de l’arbitre. Voilà que cette radiologue a les larmes aux yeux de vraie peine, de véritable chagrin. Parce qu’elle doit dire à quelqu’un qu’il est normal de mourir quand on a ce qui occupe son corps de trente et un ans. Elle pourrait dire à son collègue toubib: “tiens, là, j’ai un truc pas propre. tu veux voir? … on fait ceci et celà, si tu veux.” Basta. Non. Ils pleurent.
      Et çà risque d’en dur à vivre dans les prochains jours. Et çà risque de se reproduire encore et encore.

      Pourquoi laisse-t-on ce pouvoir de nous surprendre à la mort ? C’est décidément bien trop lui accorder.

      1. Cilou

        Wé… un psy disait, le conscient sait qu’il va mourir, l’inconscient l’ignore.
        Ce serait ce schisme qui met la pagaille à l’annonce fatale.
        Surtout à 31 ans.

      2. Cmoi

        Vous avez tout a fait raison Hervé on ne ne prends pas assez le temps de s’arrêter et se poser les bonnes questions, et lorsque le diagnostique tombe… c’est un tsunami en pleine poire. Mais une chose est sûr lorsque l’on est en sursis les gens et les choses reprennent leur vrai place, il y a un avant et un après, moi je ne veux pas faire ce que j’aurais eue envie de faire avant……………. mais je tente de profiter de la vie autrement, et si grâce a la greffe je peux avoir quelques années supplémentaires alors tant mieux et j’en remercie mon frère et les médecins et ma famille, si le chemin qui me reste est plus court que prévue je veux en savourer tous les instants.
        Cilou je crois tout simplement que c’est le fait de s’apercevoir que cela n’arrive pas qu’aux autres, on veut bien nourrir ((( car le but ultime de la vie c’est la mort ))) mais quand on sera vieux.
        La maladie frappe tous les individus sans notion d’âge, de personnes, et de fonctions en cela elle impartiale, ce qui fait qu’elle est souvent injuste.

        1. Cilou

          C’est vrai qu’elle frappe à tout âge ; sans que ce soit une généralité, c’est quand même souvent plus serein quand la personne est très âgée et a fait sa vie. ça ne lui rend pas les choses agréables (quoique, cf la dissection romantique, il y en a même qui ne crachent pas dans la soupe quand on leur parle de mort proche…), mais bon, j’en entends parfois qui me disent “j’ai l’âge de faire une morte, et ce ne serait pas dramatique”. Et d’autres, qui hurlent qu’ils ne veulent pas mourir…

          Quoiqu’il en soit, j’espère que tout se passe au mieux pour toi, que toutes les années supplémentaires qui te sont données (mais ne sommes nous pas tous, peu ou prou, en sursis ?) seront belles et emplies d’amour.
          Je t’embrasse, et suis ravie d’apprendre que tu as été greffée et que ça s’est bien passé. ça parait con, mais je suis même soulagée de l’apprendre…
          Je t’embrasse. Vraiment.

    2. Albigène

      @Grand33

      Ami, tu fais bien de souligner le rôle de l’information pour les soignants et ces derniers sont parfois les radiologues qui sont au front. Si le mot tumeur est prononcé, le patient lui, il entend tu meurs…..et un pan de sa vie s’écroule. Quel travail délicat que celui là !!!

  6. Corbin Dreuc

    Bonjour Baptiste.

    Quand j’arrive le matin au boulot et que je vois un article sur ton blog, je sais que la journée va être bonne !

    Merci pour tout. Ça fait chaud au cœur en cette saison de froid 😉

    1. C.d'A.

      La ou j’habite y fait meme pas froid,c’est l’printemps…et bien je peux t’assurer que DU CHAUD AU COEUR,MEME S’IL FAIT CHAUD,C’EST TOUJOURS BON A PRENDRE…(SURTOUT SI C’EST,grace a Doc BIBI et a Doc la ”BULGAR-RIE”,aux phrases si savantes de sagesse,que Confucius,lui meme,il aurait ete en admiration…).

  7. schinooka

    Alors voilà Mme B.
    Mme B. est blonde, discrète, et elle n’aime pas les médecins. Elle ne les déteste pas, non. Mais elle ne les aime pas non plus. Elle n’aime pas dans les 8 minutes 30 secondes de consultation du spécialiste, les dernières 30 secondes qui servent à vérifier minutieusement la somme du petit papier qu’elle tend.
    Elle n’aime pas cette sensation d’avoir un temps imparti, comme un grand chrono qui compte à rebours dès l’instant où elle entre dans le cabinet. Elle n’aime pas le coup d’oeil pas si discret à la pendule. Elle n’aime surtout pas cette sensation diffuse de payer ses vacances aux Bahamas à son ophtalmo. Ou au pédiatre.
    Elle se dit qu’il doit y avoir du monde, là bas aux Bahamas. Entre son endocrino, l’ophtalmo, l’opticienne, le généraliste et le pédiatre…. Sans compter le propriétaire de son petit 40 mètres carrés, et les fabricants de chaussures pour enfants, il doit y avoir foule sur les plages.
    (Si, sérieux… vous avez vu le prix des chaussures pour enfants ? Et la vitesse à laquelle ça s’use ? A l’heure des matériaux de la Nasa, en titane ou en nanotubes de carbone ? On ne me fera pas croire que ce n’est pas volontaire )

    Mais aujourd’hui 12 octobre, c’est son anniversaire, et Mme B. a envie de se faire un petit cadeau. Alors contrairement aux autres jours, Mme B. est heureuse pour une fois de donner un peu d’argent à un médecin. Si, si.
    ça la fait même drôlement sourire, quand elle tend le billet au libraire.

    1. Herve CRUCHANT

      Il y a certainement des diplômés de médecine dans les clubs caraïbes. Qui côtoient d’autres diplômés d’autres disciplines. Des marchands de godasses trop chères et des hauts fonctionnaires qui ont fait l’ENA ou une autre école de commerce d’esclaves contribuables. Des qui n’ont fait aucune étude mais ont commencé leur vie d’adulte en vendant des télés sur le trottoir et se voient attribuer des centaines de millions d’euros par l’état à la cinquantaine.

      il y a eux et vous. Eux et nous.
      Avec nous, il y a certainement des diplômés de médecine. Qui côtoient d’autres diplômés d’autres disciplines. Des marchands de godasses trop chères et des hauts fonctionnaires qui ont fait l’ENA ou une autre école de commerce. Des qui n’ont fait aucune étude mais ont commencé leur vie d’adulte en vendant des télés sur le trottoir et se voient attribuer une prime de salissure ou une reconduction de leur CDD pour trois mois pour la soixante et une ième fois.

      S’il y avait un diplôme de salopard, je crois bien que çà se saurait. Y a-t-il un diplôme de pauvre qui nous oblige à vivre comme nous vivons?
      A moins que ce soit là une preuve de l’exigence divine?

      Merci pour NOUS de suivre ce blog et de lire les textes de Baptiste. Echanger ce que nous sommes ne coûte pas beaucoup ni en temps ni en âme. Mais nous enrichit plus que les cocktails des clubs nantis caraïbes.

      Que la vie vous soit douce.

  8. Maria

    Je crois, qu’on va bientôt commencer a “entendre” les petites pilules d’humanité que le Dr. BB nous administre a travers ce blog. J’entends comme un R très roule de la Radiologue par exemple. Très marrant – entendre par les yeux!

    P.S. Un peu embarrassée quand même par la dis-concordance des genres en français par ma compatriote. Mais très fière par contre de sa traduction d’Hippocrate.

    1. Maria

      P.P.S. Nous (les Bulgares) n’avons pas invente les bonnes bactéries du yaourt – c’est le bon Dieu qui a décide qu’elles pousseront mieux sur nos terres qu’ailleurs. Nous avons juste fait les recherches, isole et nomme le cocktail des deux particulièrement bénéfiques. Qui sont différentes de celle qui est la plus utilise par les Français. La totalité de mes amis français n’aiment pas le yaourt nature bulgare car “trop aigre”.

  9. Marie

    Vous êtes trop sensible pour faire un bon médecin. Il faut vous endurcir. Toute votre vie vous verrez des malades mourir et vous ne pourrez rien faire. Il faudra consoler la famille. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être bouleversé à chaque mort que vous croisez. Vous pouvez pour l’instant parce que vous venez de commencer votre carrière mais sur le long terme, ce n’est pas tenable.

    1. Baptiste

      Chère Marie,
      ce n’est pas parce que vous me lisez que vous pouvez prétendre me connaître. Vous ne savez pas qui je suis. Vous ne savez pas comment je gère mon rapport aux patients, à la maladie et au reste.
      Ravalez vos certitudes et allez les déverser sur quelqu’un que vous connaissez. Moi, non, vraiment, vous ne me connaissez pas.
      À bon entendeur…
      Prenez soin de vous,
      B.

    2. C.d'A.

      @Marie…y a une phrase sur le blog de ADIEU ET A DEMAIN,les potes a Doc BIBI,qui t’irai comme UN GANT…”SI VOUS TOMBEZ SUR UN COEUR DE PIERRE,SOYEZ GENTIL DE LE LUI RAMENER”…J’espere que les auteurs ne m’en voudront pas de les citer sans permission…mais la vraiment tu l’as cherche….Insensible,j’essaye de le devenir en lisant des gens comme toi…mais comme dit le Doc…”prends bien soin de toi”…faudrait pas que tu tombe malade…des fois qu’t’aurais un jour besoin,d’un regard et d’une main SENSIBLEs poses sur toi…

    3. Albigène

      @Marie,

      Bonjour,
      Je pense qu’il peut y avoir confusion dans la définition du mot sensibilité. Une des filles de ma compagne est infirmière et travaille en hématologie. Elle voit beaucoup de gens, parfois très jeunes partir, partir faire du poney multicolore si vous lisez Baptiste. Elle pleure parfois parce qu’elle en a besoin. Cela ne l’empêche pas d’être maitre de ses gestes et reconnue dans son service comme très efficace.
      Je crois que les soignants ont le droit ou le devoir d’être sensibles.
      Nous sommes et ils sont des êtres humains avec des émotions, pas des machines à faire des piqures ou des points de suture ; certains arrivent à bien les contrôler, d’autres les manifestent plus ou moins amplement
      Les soignants doivent souvent ressentir un malaise car parfois il voudraient pouvoir en faire plus mais ils ne le peuvent pas.
      Tant que les émotions ne débordent pas, ils ont le droit, de ressentir de la peine, de la douleur, de l’incompréhension face à une maladie, la mort, tel ou tel malade…
      Ils se doivent d’éviter les grandes démonstrations d’émotions. Ils s’écartent pour aller essuyer une larme, en parler à quelqu’un et puis ça repart. Je crois que vous faites une confusion entre empathie et sensibilité.
      Je vais vous citer un exemple : tout frais… j’ai été admis aux urgences hier à 18h 40. J’en suis sorti ce matin à 0h10. Lorsque j’attendais d’être placé dans un “box” je suis resté une vingtaine de minutes sur un chariot mais un peu trop baissé. j’ai croisé le regard d’un soignant qui passait dans le couloir. Il m’a dit on va vous prendre tout de suite. j’ai osé lui demander s’il voulait bien me surélever le buste. Le chariot était vétuste et bloqué. il est allé chercher un oreiller. Ce jeune homme, c’était un interne, pressé, je l’ai su après ; il pouvait très bien déléguer ou me dire “mais on va vous prendre très vite..” De quoi pensez vous qu’à fait preuve ce médecin ? D’empathie, de sensibilité ? Mois je m’en fous. Il a soulagé mes vieilles cervicales l’espace de 5 minutes.
      Je n’ai pas été le patient de Baptiste Beaulieu, j’aurais aimé certainement !!! Vous non plus je suppose.
      Pour terminer : Les hommes qui passent pour durs sont certainement plus sensibles que ceux dont on vante la sensibilité très lisible. Ils se font durs parce que leur réelle sensibilité les tourmente. Vous ne croyez pas ?

      1. Cilou

        Ah mon Albigène préféré 🙂
        Heureuse de te savoir retapé 🙂 Ne nous fais plus peur comme ça, hein ! C’est bon, tu le sais qu’on t’aime, tu n’as pas besoin de recommencer ! 😉
        Empathie, sensibilité, compassion, délicatesse, humanité… Autant de mots, si tu changes qq lettres, ça donne “ne sois pas un connard”. L’interne qui a soulagé tes (pas si) vieilles cervicales par exemple, faisait partie des partisans de cet adage, même s’il ne connait pas Bibi.
        C’est vrai que ça use, l’humain. Mais je compte sur Bibi et sa capacité à s’émerveiller, à voir toujours le beau, pour en faire une force et non une faiblesse. C’est notre challenge à nous, les soignants, et aussi celui des enseignants, des travailleurs sociaux, des humanitaires, de tous ceux qui côtoient chaque jour ce qui fait la richesse de notre condition humaine.

    4. Grand33

      @ Marie : Et pourquoi on ne peut pas “être bouleversé à chaque mort croisée” ? et d’après vous on doit être sensible quand on est jeune médecin et insensible quand on est un vieux médecin ? Pour vous un médecin sensible et bouleversé ne peut pas faire un bon médecin ? On a VRAIMENT pas la même vision des soignants.
      Je vous salue Marie…..

    5. Cath

      Mais en quoi le fait d être sensible empêcherait-il Baptiste d être un bon médecin ?
      Qu il lui soit nécessaire de s aguerrir tous les jours devant la douleur d autrui pour lui permettre de l endurer, de l encaisser et ainsi continuer à soigner, c est le lot de tous ceux qui se lancent dans la profession de soigner, non ? Mais s aguerrir ne veut pas dire s endurcir. Faudrait voir à ne pas confondre. Et franchement, les médecins ont déjà fort à faire sans avoir en plus à supporter ce genre de remarque aussi déplacée que malvenue.

      @Maria
      Pour ce qui est du yaourt bulgare et des Français qui n aimeraient pas, je proteste. Quand j étais en Bulgarie, chez des amis médecins (maintenant que j y pense), mais avant la chute du mur de Berlin, comme on ne mangeait pas trop de viande (et moi pas trop de pain) et qu il n’y avait pas de vrai café (je laissais celui que j avais acheté dans les magasins d état pour mes hôtes ), la famille veillait à ce que je termine ma platée de yaourt bulgare de brebis pour le petit déj. Et ça faisait bien dans les 500 gr. Pas question de quitter la table sans avoir raclé mon bol… Non seulement c était bon à se rouler par terre, mais je ne vous décrirai pas le teint de pêche et de rose que j avais à mon retour en France, même que des mamies m arrêtaient dans la rue pour me demander la marque de mon fond de teint (je n en avais pas) ou la marque de mes bas (j étais jambes nues). D ailleurs, dans la contrée ou j habite encore pour quelques mois, il y a des magasins de spécialités bulgares et je me fais plaisir en y achetant du yaourt bulgare, mais du vrai, pas l ertzaz vendu en France . Voilà, voilà…

    6. Herve CRUCHANT

      @Marie du 5 novembre 2013 à 12 h 59 min. Autrement dit : Le 15 Brumaire, An 222 de la République sociale, universelle et indivisible à 8 h 31 mn 75 centièmes.

      Vous avez parfaitement raison, Madame. Le bon médecin doit être dur et insensible devant la maladie et la mort. Devant la peine de ses concitoyens. On ne peut se laisser aller à quelque bouleversement, fut-il passager, à chaque mort que l’on rencontre. Ce laxisme, que l’on constate parfois chez les jeunes docteurs et que vous avez si bien stigmatisé, doit disparaître.

      Moi-même très soucieux de parfaire l’art médical, je suis partie prenante, au premier chef, de notre médecine moderne. En effet, je suis ancien patient, futur malade, probablement destiné à mourir un jour, entouré de mes proches éplorés et attentifs à mon dernier regard, sinon de leur affection simulée. La médecine n’appartient pas aux médecins. Elle appartient aux malades. il faudrait que les docteurs -notamment les jeunes docteurs- le sachent une bonne fois pour toutes. Ceci éviterait bien des écarts, bien des jérémiades et autres passe droits abusifs.

      Je propose, et je suis convaincu de trouver dans cette proposition votre accord plein entier et sans réserve, je propose donc la mise en œuvre d’un programme de soins minimum standards préprogrammés pour tous les hospitalisés quelle que puisse être leur motivation première à l’entrée des établissements. Bien entendu, ceux qui le voudraient et le pourraient financièrement auraient accès à des compléments payants, entourés de soins ad hoc. Ce, après justificatifs et accord de leur fondé de pouvoir. Les mourants, demi-morts ou désirant le devenir pourront signer une décharge à l’entrée des locaux, préciser leurs volontés et souscrire éventuellement à une assurance vie. Un service d’assistance dans cet esprit sera tenu par des aides -uniquement féminines- de toutes les religions et obédiences qui n’ont pas l’habitude indécente de nos jeunes diplômés à s’apitoyer devant la volonté naturelle à passer l’arme à droite.
      A l’évidence, vous pouvez constater que cette nouvelle gestion des ressources médicales, appuyée sur l’expérience et les conclusions d’études entreprises par les meilleurs cabinets-conseils en RH, règle les problèmes de déficit du service national de santé. En le transférant pour la plus grande part à des entreprises de gestions privées exemptes de tout sentimentalisme ou de laxisme envers des communautés indiscernables.

      Je vous suggère, chère amie, de prendre langue avec quelque médecin chenu, mandarin de la première heure, usager des équipements publics pour prodiguer sa présence bénie et privée, que vous pourrez aisément trouver dans votre entourage, afin qu’il puisse organiser une rencontre à laquelle je me rendrai volontiers dans un lieu à votre convenance. Convenons que ces sensibleries, si je dois reprendre le
      vocable d’un ancien bloggeur, ne sont pas de nos traditions occidentales. Bien à vous.

    7. E.

      @Marie: Jeune médecin sensible qui s’endurcit risque de finir en vieux con… moi je préfère un médecin qui donne une valeur à la vie et qui pleure celle qui vient de s’éteindre que celui qui fait défiler les patients comme une caissière les codes barres devant le lecteur optique. Quand mon grand père est décédé, les infirmières, les aides soignantes, et les internes pleuraient… pourtant ce n’était qu’un vieux qui venait de passer l’arme à gauche, me diras-tu…. eh bien non, ce vieux c’était mon vieux, mon papi, j’avais 18 ans, et leurs larmes sont restées gravées dans mon coeur, car j’ai eu l’impression que pour un instant au moins il avait été important pour eux aussi…. et je me suis sentie moins seule, et j’ai su qu’il était parti entouré d’amour. Je leur dit merci, à tout ses soignants qui avaient tout fait pour le soigner.
      Peut-être fais-tu partie de ceux qui préfèrent le médecin froid, méthodique et appliqué… beaucoup d’entre nous préfèrent le médecin humain, celui qui rit et pleure, qui nous rappelle qu’il est avant tout un homme… celui avec qui on a envie d’échanger, de communiquer, de faire un gros “hug” le jour où il vous annonce une bonne nouvelle, ou une mauvaise d’ailleurs. Celui de la réconciliation…

  10. révoltée

    Marie

    Mon père était médecin, il avait aussi fait la guerre d’Algérie ou il a vu éventrer des femmes des enfants, des femmes enceintes par les soldats français sans pouvoir rien faire.
    Il a vu des copains partir en appelant leur mère.

    Malgré tout ça il lui arrivait de pleurer en prenant connaissance des résultats d’examens ou d’analyses de ses patients.

    Malgré sa sensibilité il était considéré par ses pairs comme un très bon médecin.

  11. Jos

    Oh Marie si tu savais !!!! Moi aussi j’ai eu la chance de croiser un médecin sensible, chef de service gériatrie d’une clinique, il a été d’une gentillesse exquise avec ma maman qui venait de faire un AVC, prenant le temps d’expliquer avec des mots simples à ma mère et à nous ses enfants, symptômes, traitement, etc… et allant jusqu’à s’excuser de devoir mettre un bracelet en plastique aux poignets de ses patients (il trouvait que c’était une injure faite aux malades !!). J’ai failli lui faire un free hug tellement il m’a fait penser à toi Baptiste. Tout son service : médecins, infirmières, aides-soignantes mettaient un point d’honneur à se présenter en rentrant dans la chambre et expliquant pourquoi ils étaient là et quels soins ils allaient pratiquer. Lorsque ma maman est ressortie, elle avait tellement été bien soignée et entourée qu’elle a fait la tournée du personnel en leur faisant une bise à chacun !!!
    Un médecin comme on aimerait en voir tout le temps. Heureusement qu’ils ne deviennent pas des robots et qu’ils gardent, pour la grande majorité, leur cœur, leur empathie, leur sensibilité. Merci à vous de nous relever. Comment penser qu’ils pourraient faire ce métier comme des robots sans sentiments, c’est incompatible.
    @Marie : je ne te souhaite certes pas de tomber malade, mais si cela arrive, j’espère que tu tomberas sur un clone de Baptise !!
    Prends soin de toi.

  12. marie

    @ marie
    en tant que patiente ça fait 20 ans que je tiens à distance le mal parce que j’ai la chance d’être toujours tombée sur des soignants avec des cœurs battants à l’ouverture d’esprit comac., il m’est arrivé deux fois de leur remonter le moral, y compris tendre un mouchoir à ma généraliste parce qu’elle venait d’apprendre le décès d’un jeune patient , je ne vois pas en quoi, je n’imagine même pas en quoi sa peine remettrait en cause ses capacités, bien au contraire.

  13. Marie (mais pas la même! ;) )

    C’est toujours un plaisir de vous lire B.B. ! Y compris la petite citation de la fin, qui fait passer d’une émotion à une autre en un rien de temps !

  14. P.

    Bonjour, je viens ramener ma science \o/
    J’irais plus loin que la plupart des autres internautes (en restant polie et agréable, effort notable pour ma part.( Bon j’admet aussi qu’il n’y a pas de raison de s’énerver non plus)), en tant que futur psychologue j’ajoute que pleurer est ce qu’il y a de plus sain, ça permet de lâcher prise durant un temps et de reprendre les choses sur de meilleures bases. Cela permet aussi de connaître nos limites et de savoir où se situe notre point de rupture et de s’armer face à lui (le point de rupture).
    Après il est vrai que si l’on ne sait pas faire la part des choses et si l’on passe sa vie à repenser, souffrir, rabâcher nos erreurs et nos souffrances, on se fait bouffer. Mais c’est le cas pour tout le monde pas que pour les soignants :). A chacun de trouver la stratégie adaptée et qui nous convient, perso je suis une amatrice de la partition (chaque lieu à sa petite boite personnelle, on sort du lieu on ferme la boite et les problèmes).
    Bref pleurez mais pas trop, ne mélangez pas tout, vive les sentiments, à mort la froideur, vive les gens (enfin presque tous, je viens de voir l’info sur les prédateurs sexuels et la petite fille virtuelle, je ne peux pas aimer tout le monde ce soir).
    Zoubi !

    PS: vive les parenthèses aussi !

  15. Maya

    J’aimerais bien que tous les médecins te ressemblent, non que je veuille critiquer personne, ils sont tous bons dans leurs genres… Je n’ai jamais eu à me plaindre de qui que ce soit, mais toi tu es différent, tu as quelque chose d’autre, c’est comme ça… J’ai beaucoup aimé ton livre! je ne l’ai pas lu, je l’ai englouti! Il est très beau comme tout le reste, peut être un peu triste sur la fin, bien sûr, j’en ai pleuré… qu’importe, je vais manger un yaourt”perle de lait” à la framboise et ça ira mieux après… Si tu les aimes, je t’invite aussi… Bisous.

  16. Patiente

    @MArie
    Eh ben voilà !!!! Vous connaissez maintenant la tendance lourde de l’état d’esprit de ce blog.
    Vous avez pris le risque de “tirer” sur Bibi et vous avez pris une rafale ! Ben dites donc, ils ne vous ont pas ratée. ça va ? Vous tenez le coup bien sûr car vous êtes forte et vous n’avez pas besoin de soutien, ni de compassion !
    Vous avez de la chance. Moi, je suis une sensible. Pffffff ! Ridicule à vos yeux !!! Et quand je suis hospitalisée je préfère avoir un toubib sympa au pied de mon.lit. Les chefs Gueulard et Connard m’insupportent et je sais le leur dire. Alors j’espère ne jamais vous rencontrer car je sais que je vous reconnaîtrai. le regard doit vous trahir. Moi, je préfère celui de Docbib prompt à s’embuer ou à rire. NON Marie. VOUS NE CONNAISSEZ PAS BIBI !
    Et nous, nous ne souhaitons pas vous connaître. Donc tout est bien ! Et comme ce fut dit précédemment, je vous salue Marie.
    Et prenez soin de vous car nous, bof…

    1. Herve CRUCHANT

      @Patiente. Je ne suis pas tout à fait pour qu’on ignore ces personnages. Après tout, on passe devant des statues de bourriques dont on ne sait pas forcément que c’étaient des assassins et des abrutis. De génie, peut-être, mais de quel génie? Ainsi, l’Empereur. NB. “Le Petit”, comme disait Victor Hugo. Héros national dit-on. A tué -enfin, fait tuer- environ cinq millions d’européens de l’Atlantique à l’Oural. “On ne compte plus” les viols, incendies, mises à sacs, vols et rapines perpétrés par la Grande Armée. Des boulevards et avenues dédiés à des jeunes gens emplumés empoilés qui menaient des troupes de miséreux grognards à la boucherie. Tu vois ce que je veux dire, aimable Patiente. Et les exemples ne manquent pas qui font notre histoire officielle et glorieuse de nos bourgeois nantis. Celle qu’on apprenait à nos enfants avant qu’on la supprime et la remplace par le JT de vingt heures.
      Dame Marie mérite qu’on la voit; qu’on la montre. Elle est de chez nous, comme l’Empereur était de Sainte-Hélène. Comme sa statue domine la place, ici ou là. Marie mérite bien; peut-être une messe, je ne pouvais manquer ce jeu de mots là; d’être considérée. Sainte femme, sainte flamme, qui ne veut que l’efficacité et répugne à tout gâchis. J’ai déjà rencontré des personnes qui se sont fait ou qu’on a du amputer de ceci ou celà. Rarement des glandes-lacrimales-sectomies (les puristes apprécieront l’approximation du patient déjanté !) par soucis d’esthétisme de la pratique médicale.
      Alors, Patiente? On la montre? on la coule dans le bronze et on la fait visiter aux enfants des écoles? Chiche !

      1. Cath

        Cher Hervé
        C est toujours un plaisir que de vous lire. Petite question à 100 sous… Avez vous lu la poésie d Isidore Ducasse, plus connu et édité sous le nom de Villiers de l Isle Adam ? C est je crois dans “les chants de Maldoror”, un simple poème ou un mendiant psalmodie “ayez pitié” lors des défilés militaires. Précision, cela date du 19ème siècle, et devinez qui est le mendiant. C est un des poèmes les plus tristes qu il m ait été donné de lire.

          1. Cath

            Oui !
            Je me suis rendu compte de mon erreur quand le message est parti, je suis confuse. Mais c est parce que je préférais Villiers et son Ève future. Mais pourquoi ne suis je pas surprise que tu identifies cette erreur de suite ? J en suis bien contente.

          2. Cath

            Finalement, oui et non.
            Le poème auquel je pensais est bien de Villers de l Isle Adam et s intitule Vox populi. Pourquoi ai-je ramene l Isisdore dans la nasse ? La réponse est simple : je suis Corse, je suis actuellement à Londres, logée derrière Waterloo (station), et si ce n est pas un coup a vous faire ratiociner ça… Et c est parti pour la semaine, c est dire les séquelles a prévoir, snif !

  17. Fol2

    Bonjour!
    j’adore tout autant lire les histoires de notre cher Docteur Bibi que les posts qui les accompagnent…… voilà, ça, c’est dit 🙂

    1. C.d'A.

      @Fol2:…un salut a toi,JEUNE amiE(sourires…)et t’as vu,on en viendrait presque a remercier les trolls et autres betes a…Bon DIEU(avec tout le respect qu’il merite ce dernier)..car,grace a tous ces gens remplis de rancoeurs,qui viennent se perdre ici…on a le plaisir de lire pour accompagner fidelement le Doc,les com.incroyablement subtiles de notre cher HERVE…bien sur,je n’oublie pas tous les autres(en particulier,les Grands du sud-ouest et ceux qui sont en Joie,meme quand ils se retrouvent aux urgences a Albi,ou la douce infirmiere,qui sait mettre du baume au coeur et son amie Patiente,qui sait rester si sereine(sauf si on touche au Doc…)…et j’en passe…mais ceux-la ils me sont particulierement chers)…Cet Herve-la,qui brille,tant par son humour,que par son style…il jongle les mots dans tous les sens,de telle sorte qu’apres lecture,on recommence la lecture pour redecouvrir d’autres PERLES…qu’on avait laisse passer….comme pour les textes de Bibidoc…qu’on aime RELIRE inlassablement.

  18. Lise

    bon ben moi, je ne peux pas le cacher, je suis définitivement du côté des (trop) sensibles …
    de ceux que l’on qualifiera de “mièvre” ou d”humain”, c’est selon …
    vous voulez une preuve ?
    rien qu’en lisant ce nouveau récit de Baptiste, j’ai eu les larmes aux yeux …
    emportée par l’émotion qui se dégage de ces mots …
    et je ne cesse de me dire que c’est VRAIMENT bon qu’un médecin, enfin, nous offre cette chance unique de parcourir à ses côtés l’envers du décor
    car l’envers du décor, présenté ainsi, nous apparaît comme peuplé de médecins fa-bu-leux qui savent trouver le juste équilibre entre force et tendresse, entre technicité et humanité ….
    bref moi, j’en veux encore encore encore !!!!!
    ne change rien bibi, jamais

    1. Albigène

      @Bertrand

      Ce n’est pas bien de comparer Bibi à Ponce Pilate ! On ne va quand même pas dire qu’il s’en lave les mains des microbes, tout de même, non ? Et il dit tout de même “And this is crazy”. Il va falloir analyser….. (Ponce Pilate, Pierre Ponce…??)
      On continue le jeu ? Quelle est la marque du stéthoscope de Bibi ? Attention c’est une question à choix multiples :
      1 – Aubade Bahia 90 C
      2 – Powerheart AED
      3 – LITTMANN Black Edition
      Un tirage au sort départagera les ex aequo

        1. Albigène

          @C.d’A. Catherine d’Argentine Abrazos bras d’amour….

          Comme lot, au choix :
          – une boite entamée de Prednisolone 20 mg effervescents ; effets semblables au Champagne avec la notice d’origine, excitation garantie avec 80 mg / jour.
          – Un voyage de 5000 kms en Argentine dans un bus multicolore délabré pour un voyage humanitaire avec Cilou, Hervé, Patiente, Grand33, Panther, myself et le Doc Bibi “the Best” s’il est à jour de ses vaccinations et si son emploi du temps le lui permet.
          – Le stéthoscope dédicacé de Baptiste, haut de gamme , une référence en matière d’auscultation. Très sensible, comme son utilisateur qui sait très bien écouter les cœurs de ses patients….

          Mais ce n’est que je début du jeu Madame ; il y a une série de 10 questions… Répondez d’abord à la première.

          Permettez moi de vous embrasser.

          1. C.d'A.d'Abrazos bras d'amour

            @ALBI(en)JOIE…T’as p’t’etre la liste des 10 questions…mais moi,j’ai les clefs du VW pour l’Amazone…et aussi,j’ai l’echelle pour Herve,rapport a la tente sur le toit du bus…et HERVE,il m’a dit :pas d’echelle,pas d’voyage sur la RN40(genre:pas d’bras,pas d’chocolats…ref.film memorable)…donc faudrait p’t’etre voir a voir a negocier avec moi TRES GENTIMENT,au lieu de me mettre la pression comme ca…et me souffler quelques reponses…qu’est-ce que tu dis,Albigene???Articule(ou t’as encore trop mal aux dents??),c’est quoi la dedicace sur le truc pour ecouter les coeurs,du DOC??et le lot 4 c’est un free hug(en passant j’tiens a dire que j’sais toujours pas c’que ca veut dire…j’espere que c’est pas un coup de pieds dans les fondements…nooon,j’rigole,c’est pas le genre a Bibi…quoique si j’continue a delirer comme ca…hummm),donc un free hug pour moi aussi,quand le Doc ira dedicacer a Toulouse(¿¿pourquoi tu l’as pas ecrit ce lot la??)…et essaye pas de m’amadouer avec un abrazo,je reste ferme…si tu veux monter dans le bus…faudra me donner des indices efficaces pour que je puisse repondre a ta loooongue liste de questions…A BON ENTENDEUR…blablabla Ahhh,et j’ai pas choisit la boite du lot 1…des fois qu’je s’rai allergique…non j’t’assure…y en a qui s’retrouve aux Urgences pour moins que ca…

    2. C.d'A.

      @Bertrand:MERCI POUR CE LIEN…TROP GENIAL…Si la Marie,qu’aime pas les sensibles,elle voit ca…elle fait un INFARCTUS…MAIS MOI,QUI SUIS SENSIBLE(ET J’ME SOIGNE MEME PAS POUR CA…),J’AI BIEN RIGOLE…ET TOI…BERTRAND,T’ES LEQUEL dans ce festival de la bonne humeur???..JE PENCHE POUR CELUI QUE LES GENTILLES INFIRMIERES BOMBARDENT D’UN GENRE CREME CHANTILLY???

    3. doume

      mdr, comme je suis une geek, j’avais vu cette vidéo, y a déjà pas mal de temps, j’avais adoré, mais dans le contexte de ce blog, c’est totale éclate ! (pensée pour A.)

  19. Fol2

    Ce n’est pas gentil, c’est sincère..Merci pour ce cadeau (un cadeau fait toujours plaisir, d’autant quand il est empli de bons sentiments) 🙂 bises ((chez moi, nous bisoutons beaucoup 😉 ))

  20. Fol2

    Coucou ma enamorada préférée 😉 ((merci pour “jeune” 🙂 )) les visiteurs habituels de “chez Doc Bibi” sont à l’image de ses récits: sensibles, un coeur “gros comme ça”, ayant de l’humour (avec l’humour, “ça” passe mieux 😉 ), bref tout ce qui peut nous différencier des animaux…quoique (comme disait Raymond Devos), face à certaines situations on peut être tentés de s’interroger… Entièrement d’accord avec toi sur la prose d’Hervé (Thierry…ce prénom m’obsède, sans raison apparente) Cruchant, de Grand, les posts malicieux de Cilou, et tous les autres…(Bibi band’s and Co 😉 )
    merci à vous tous qui apportez tellement d’Amour….et qu’est ce que ça fait du bien! Douce journée à toi (et à Bibi band’s and Co) Abrazzzzzos a todos

      1. Jos

        @ Fol2 : eh bien le Bibi’s band and Co : entre hier et aujourd’hui c’était “Ne touche pas à mon Bibi !!!”.
        J’adore, et je vous embrasse tous les “sensibles” !!!

        1. C.d'A.

          @JOS:…infime correction du slogan:SI TU DEFENDS BIBI,TU RECEVRAS PLEIN DE BISOUS…ET SI TU L’EMBETES AUSSI,D’AILLEURS”…PARCE QE LE DOC…IL EST MEME PAS RANCUNIER…IL CONNAIT SES CLASSIQUES EN POESIE ET IL DIT AVEC SON PLUS BEAU SOURIRE DE TROUBADOUR,QUAND ON L’ATTAQUE:”…PRENEZ SOIN DE VOUS…”SI C’EST PAS DU GRAND ART DE L’EMBRASSADE,CA…

      2. Cilou

        Hihi, la Bibi’s band s’élargit de jour en jour !
        Quand je suis au taff et qu’une collègue m’appelle sur le tel (hé oui les couloirs sont tellement longs on se parle par téléphone… le monde est fou), souvent je réponds “fan club de Cécile, bonjour”, ça fait toujours rire… Mais justement ça fait rire, personne ne prend ça au sérieux ! Alors que “fan club de Bibi”, ça ne choquerait personne …

  21. Faucher Monique

    quand venez vous à Toulouse? Je souhaiterais tellement vous interviewer!
    Parmi les milliers de livres que j’ai lu , c’est le premier qui me fait saisir aussi fortement l’humanité qui est en nous et qui se cache trop souvent derrière des faux -semblants.
    M.F journaliste

    1. C.d'A.

      @journaliste FAUCHER Monique:…et avant de l’interwiever,regardez le lien de BERTRAND(voir plus haut le 06/11,la femme qui soignait)…ca vous donnera une idee de la panoplie du Doc,car a AUCH,ils savent vraiment rigoler aussi…CRAZY…et meme qu’ils chantent en anglais…Chere,Monique,je vous lirais avec plaisir,si vous faites le portrait du beau Doc,plein d’humanite…

  22. Pantherspirit

    « Tu sais, Baptiste, on s’en fout de porrter un blouse blanche où il y a marqué « Docteur ». L’important, comme vous dites ici en France, c’est « Mettre un cœur à l’ouvrage. » :
    Cette jolie réponse de B. qui est aussi la jolie réponse de Bibi possède une indiscutable adepte de nature panthérine, qui déteste se taguer la pelisse de quelque manière que ce soit ….
    D’ailleurs si on recompose le mot DOCTEUR, on arrive à Cœur plus les deux consonnes D et T qui pourrait être le début de Donne Ton, ou Transmets Du
    Donc Docteur, veut bien dire, «, donne ton cœur » ou transmets du cœur (au service de ceux que tu soignes )….C’est limpide …

    Sans vouloir plus enfoncer une certaine Marie qui s’en est déjà un peur pris dans la binette, je pense qu’effectivement Baptiste sait exactement qui il est et comment il gère ses rapports à la maladie, la mort la détresse, la souffrance. La sensibilité n’est pas un « handicap », qu’il faut à tout prix surmonter afin d’être un bon médecin Et j’accorde totalement mes pensées et mes dires avec Albigène, Cilou, grand 33, Hérvé Cruchant, Catherine d’Argentine et cette phrase de Cath « aguerrir ne veut pas dire endurcir »

    Je crois pouvoir dire qu’en tant que fille de Morphée ma sensibilité antérieure de graine de panther est identique à celle d’aujourd’hui … Et si lors de ce long parcours j’ai du affronter, surmonter certaines de mes failles— nobodys’ perfect : les aiguilles de la montres ayant une certaine tendance à échapper à mon entendement— elles n’ont jamais, au grand jamais touché cette part là ….Bien au contraire …Et tout compte fait être bouleversée par la maladie, la mort de certains , n’a engendré que la force supplémentaire de continuer à vouloir me battre tout en offrant mon cœur et ma sensibilité.

    Alors, je ne souhaite qu’une chose, c’est que Bibi connaisse le bonheur d’être encore et toujours celui qu’il est aujourd’hui…mais de cela en fait, j’en suis certaine ! VRAIMENT certaine !
    Bises The Bibi magique

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