L’homme qui connaissait bien sa femme.

(L’anecdote c’est B., l’écriture c’est moi. Merci ! Nota pour les internes/externes/soignants qui m’envoient leurs anecdotes :merci de participer à cette oeuvre collective de réconciliation… J’écris beaucoup et j’ai beaucoup d’anecdotes en réserve : ne vous étonnez pas si votre histoire n’est pas encore sortie, elle est dans les tuyaux !)
Pour participer, que vous soyez soignants ou soignés :
https://www.alorsvoila.com/contact

Alors voilà le patient “poly-pourri”. Aucun jugement de valeur. Juste un terme entre nous pour désigner une situation qui peut faire “BOUM”. Il cumule : hypertension, insuffisance cardiaque et respiratoire, diabète, insuffisance rénale, polynévrite etc…
Ce patient, c’est un champ de mine. On le touche du doigt, tout pète !
Le souci principal ? Son incurie. Il vit dans un état d’hygiène déplorable.
– La douche ? Une fois par mois ça suffit.
– Vous avez quand même une incontinence urinaire… Comment faites-vous quand vous vous souillez ?
Haussement d’épaules.
– Le pipi, c’est que de l’eau jaune.
Il a de grosses plaques rouges sur tout le corps. Sur ses deux jambes, des ulcères gros comme le poing. Quand il fait dépasser ses pieds du brancard, une petite flaque se forme sur le carrelage blanc des urgences.
Le patient suinte. Des sérosités limpides. B. a de la chance, ça aurait pu être du pus. Le patient est une fontaine Wallace avec des pansements.
B., petit garçon, qui ne veut pas le laisser rentrer seul à la maison :
– Avez-vous quelqu’un dans votre vie ?
– Oui, mon épouse. Mais elle n’est pas comme moi.
– C’est à dire ?
Réponse authentique du patient :
– Elle ? Elle est propre.

J’aime la lucidité de certains patients, je veux dire : j’aime vraiment la lucidité de certains patients.

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