Un peu de tragédie, de latin et de toucher vaginal.

Ambiance : trois coups du théâtre : Toc toc toc toc toc toc… Toc…Toc…Toc !

Alors voilà B. interne aux urgences gynécologiques. Il reçoit Mme H. 27 ans, qui vient pour des douleurs vaginales avec pertes malodorantes (cf le post : “Charlie et la chocolaterie” où tout est très bien expliqué de façon exhaustive : parce que c’est important les fluides, très important).

Donc les acteurs en présence : B., interne, et Mme H., patiente.

Ils ne le savent pas encore mais la tragédie est déjà en marche (fatum est accidenda accidunt).

Fin de garde, B. est fatigué, la patiente désagréable (“je n’aime pas les médecins, l’hôpital et vous vous êtes un peu jeune pour jouer au docteur”).
Arrive le moment fatidique : B. enfile le doigtier, il se souvient de la leçon du Professeur : “le secret d’un toucher vaginal TRÈS BIEN VÉCU par la patiente c’est de ne pas la quitter du regard”.

Bon élève, B. fait tout comme il faut : il tend son bras en arrière, attrape le pousse-pousse de lubrifiant, pousse en regardant la patiente. La patiente, aussi, le regarde. Ils pourraient presque jouer à une partie de “Tu me tiens-Je te tiens-Par le barbichette-Le premier qui rira aura une tapette”. Mais ça serait une situation bizarre alors ils n’y jouent pas.

En vérité, personne ne va rire car, là, acta fabula est, la messe est dite.

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ce qui suit est trop douloureux pour être écrit, nous laissons donc un espace que le lecteur remplira avec son imagination quand il aura compris le drame qui vient de se nouer sous ses yeux.

]

Quod erat demonstrandum ?
La leçon que retiendra l’interne de cette consultation ?

– Écouter le professeur c’est BIEN, et même si on a fait comme Prof a dit et “qu’on n’a pas quitté la patiente des yeux” le fait de confondre le lubrifiant et le pousse-pousse de gel hydro-alcoolique, ça, par contre, c’est MAL.

La leçon que retiendra Mme H de cette consultation ?

– “Définitivement, je n’aime pas les médecins, l’hôpital, les gels hydro-alcooliques et je n’aime VRAIMENT pas les internes”.

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3 réflexions au sujet de « Un peu de tragédie, de latin et de toucher vaginal. »

  1. anne

    Merci au site atoute.org pour m’avoir permis de découvrir ton blog. Je me marre, je suis émue et en tant que jeune médecin généraliste je n’ai aucun mal à me mettre à ta place.
    Juste une petite anecdote survenue à une amie gynécologue qui au cours de son internat a vécu une situation un peu similaire ou en tout cas tout aussi gênante: en fin de garde, fatiguée, elle doit examiner une patiente. Lors du toucher vaginal celle ci se crispe et mon amie lui demande plusieurs fois de se détendre sans grand résultat jusqu’à ce que la patiente lui dise d’une petite voix “mais d’habitude le docteur met le doigt dans l’autre trou….” Solitude quand tu nous tiens…..

  2. Marion

    J’aime ta manière de raconter.. va falloir que je lise les livres maintenant..
    Par contre, pas sûr que je valide le professeur… ne pas quitter du regard ? Ça me gênerait.. fortement. A mon avis, pour bien le vivre, il faut d’abord demander si la donzelle est prête.. c’est bête mais ça change tout. Respect et reconnaissance

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