Mes erreurs médicales.

Ça faisait un moment que je voulais la voir écrire sur Alors Voilà, parce que c’est une nana géniale, que j’aime et qui me fait rire, j’ai profité de la sortie de son nouveau roman pour lui demander d’écrire sur un sujet qui me tient à cœur. Si vous ne connaissez pas Virginie Grimaldi c’est le moment d’aller la lire ICI. Merci copine !

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Alors voilà, je suis malade. Durant l’année qui vient de s’écouler, j’ai eu trente-six cancers, vingt AVC, une bonne centaine d’infarctus et une poignée de maladies orphelines. La plupart du temps, la guérison est spontanée et rapide, mais, parfois, une visite chez le médecin s’impose. Comme la semaine dernière, où mon rythme cardiaque se croyait sur des montagnes russes.

– Bonjour Docteur, je crois que je suis en train de mourir.

– Encore ?

– Oui, encore. Ça va finir par coûter cher en obsèques, cette histoire…

Il m’a dit de me déshabiller, j’ai enlevé le haut, il m’a dit d’enlever le bas aussi, j’ai demandé pourquoi, pas besoin d’enlever le bas pour écouter le cœur, il a dit si si, enlevez le bas aussi. J’ai obéi en espérant qu’il n’avait rien contre la fourrure.

Il m’a examinée. Quand il a posé le stéthoscope sur ma poitrine, j’ai mentalement prié mon cœur de ne pas faire le fayot. Quand il a froncé les sourcils, j’ai mentalement prié mon cœur de ne pas s’arrêter.

– Vous allez aller voir un cardiologue, il a conclu en retournant vers son bureau.

– Ah ? j’ai croassé.

– Ce n’est sans doute rien de grave, une tachycardie sinusale, mais il faut vérifier.

Je me suis rhabillée sans un mot, j’ai passé mes jambes dans les manches de mon pull et mes bras dans les jambes de mon pantalon et je l’ai rejoint. Il écrivait sur son bloc.

– Vous faites du sport ? il m’a demandé.

– Un peu.

– C’est une bonne chose. Vous devriez maigrir un peu aussi.

– Ah ? Vous pensez que c’est dû à ça ?

– Non, aucun rapport, mais ça ne vous fera pas de mal. Vous êtes en surpoids.

– Ah d’accord. Et vous, vous devriez parler plus doucement.

– Pourquoi, vous ne comprenez pas ?

– Non, aucun rapport, mais vous puez de la gueule.

Je n’ai pas vraiment dit ça (j’aurais dû, il y en a marre des injonctions à perdre du poids quand il n’y a pas de nécessité médicale) (un jour, je vous parlerai de la radiologue qui, pendant une échographie, a soufflé fort et m’a sorti : « pas facile d’y voir quelque chose, chez vous, il y a beaucoup de graisse ! ») (ma langue a fourché, j’ai répondu « désolée » au lieu de « connasse »).

À la place, j’ai hoché la tête et écouté ses recommandations. Légumes, fruits, repas à heures régulières, sport, que des choses que je savais déjà. Moi aussi, je lis Femme Actuelle.

– Carte Vitale, s’il vous plaît.

– Tenez. Vous êtes sûr que c’est une tachycardie sinusale ? Ça ne peut pas être un infarctus imminent ? Ou une malformation cardiaque ?

– Vous, vous êtes encore allée sur Doctissimo.

– Pas du tout. Je ne vois pas pourquoi vous dites ça.

– La seule maladie que vous avez, c’est l’hypocondrie.

Il m’a raccompagnée jusqu’à la porte, m’a souhaité une bonne journée, je me suis installée dans ma voiture et j’ai téléphoné au cardiologue dont il m’avait donné le nom. Puis, j’ai vérifié que personne ne m’observait, ouvert mes favoris Internet, lancé Doctissimo et tapé « Symptômes hypocondrie ». Peut-être que, pour une fois, mon docteur a fait un meilleur diagnostic que moi.  

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38 réflexions au sujet de « Mes erreurs médicales. »

  1. Valérie

    Rrhho mais comme je l’aime moi aussi Ginie!! Merci beaucoup à elle, à toi, pour ces sourires, vous nous faites tellement de bien!!!!

  2. Cui Cui

    Merci Virginie Grimaldi. Pourquoi est-ce que, moi aussi, « je dis merci, pardonnez-moi » alors je devrais parfois hurler « connard » ? Serions-nous sœur sans le savoir ?
    Qu’est ce qui fait que des gens intelligents se laissent ainsi gravement malmener ? Que se passe-t-il quand nous entrons dans le cabinet d’un médecin ? En quoi nous métamorphosons-nous et pourquoi ? Je suis tellement perplexe.
    Qu’est-ce qui est en jeu et fait, parfois , du patient un mouton docile ? Comment expliquer que, quelquefois, l’on prenne RV avec le bon Dr Jeckyl pour finalement rencontrer Mr Hyde ?
    J’en profite pour remercier chaleureusement les nombreux médecins et soignants bienveillants et respectueux que j’ai rencontré : ce n’est pas leur traitement qui m’a fait du bien, c’est eux.

    1. Marie-Noelle

      c’est juste notre éducation… L’Autorité !! tout ce qui représente l’Autorité avec un grand A ne souffre pas d’être contestée.. J’obéis assez facilement moi aussi, mais si il y a injustice ou si on me répond d’une façon qui laisse à entendre que je suis c… là je peux me rebeller, et je le paye, je l’ai payé parfois très cher car l’Autorité ne supporte pas l’insubordination…
      Je suis allée voir un médecin et ami pour lui faire part de mes soupcons de diagnostique pour moi. M’a renvoyée dans les cordes en me disant pour conclure « c’est moi le médecin ».. Quelques mois plus tard j’ai eu confirmation de mon diagnostic et ce médecin et ami ne sera plus mon médecin ni ami.. Oui, je sais, je suis radicale

  3. Marie-Noelle

    J’adooore ! cet humour un peu loufoque, un personnage de « distrait », benêt mais pas con, comme Bourvil savait les jouer, Pierre Richard, …
    En fait elle voudrait ressembler à Josiane Balasco et faire du rentre dedans..

  4. big girl du 74

    Hé oui, la grossophobie dans la société et dans le milieu médical n’est pas une légende urbaine, elle existe bel et bien. « Excusez moi pour mon poids », et pourquoi pas « excusez moi d’exister » ?
    Là ou ça devient grave c’est que pour ne plus entendre de réflexions hors contexte, vexantes et humiliantes sur leur poids et ne pas avoir à subir cette honte d’être sans arrêt jugés, certains patients ne consultent plus et développent des pathologies qui les mettent en danger. J’en connais autour de moi. Je ne mets pas dans le lot, parce que je n’ai pas ma langue dans ma poche et que j’estime que mon surpoids ne fait pas de moi un sous-humain. Alors, face à un professionnel de la santé qui dépasse les bornes, je montre les dents. Mais a contrario, j’ai développé un autre comportement, c’est que je remercie le praticien qui prend soin de moi sans faire allusion à mon surpoids, c’est tellement rare que celui-là /celle-là, j’ai envie de lui sauter au cou. C’est normal docteur ?

    1. gigi

      bravo !!! Certains médecins ,nous infantilisent ,nous jugent,mon mari cardiaque et diabétique ,traine des pieds pour aller faire ses contrôles chez son cardio ,il me dit : il va encore me gronder ;je n’ai pas perdu de poids .Alors qu’il mange très peu ,parfois je suis obligé de le secouer pour qu’il avale quelque chose et son poids reste stable ,que faire ,surtout lorsque ce cardiologue ,nous regarde comme si on disaient de gros mensonges ,bien sur mon époux ne bouge pas il est essoufflé et n’a plus d’équilibre depuis son opération à coeur ouvert (greffe de valve tri machin chose ) et changement d’aorte ,il a aussi un pace maker pour réguler son rythme et a subit aussi des chocs électrique directement dans le coeur récemment ,100 mètres ,c’est le bout du monde ,comment voulez vous qu’il fasse du sport pour perdre du poids ,il a 75 ans et à passé plus de 40 ans sur les chantiers il était maçon ,il n’a jamais fait d’abus ni de bouffe ni d’alcool ,mais son métier et l’hérédité familiale fait que son coeur est HS ,Je me demande à quoi sers de l’embêter avec des problèmes de poids il est fort ,mais pas obèse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je pense que certains médecins devraient un peu se calmer sur se sujet !!!

  5. Edith Peille

    Ah ma p’tite Ginie, que tu m’as fait rire ! Ton texte est une véritable bouffée d’oxygène ! J’aodooooore ton humour et tu décris si bien la situation que je me voyais à tes côtés dans le cabinet médical ! Si je t’avais vu, de mes yeux vu, passer tes jambes dans les manches de ton pull et tes bras dans les jambes de ton pantalon, je me serais mise à faire de sacrées belles rondades, tu peux me croire ! Et avec le fauteuil, of course ! Oh oui, comme le dit Jeannine plus haut, c’est THE big kif de te lire ; et j’en redemande ! Bravo et merci pour ce (trop) court) moment de lecture ; merci à ton copain Baptiste Beaulieu de t’avoir laissé carte blanche ; cela en valait la peine ! Je connais bien (trop bien même) le monde médical, mais faire rire sur un sujet « sérieux », chapeau bas de pouvoir le faire. Remarque, je suis la première à me moquer et à rire de mon handicap, alors… Pour une fois, les cordonniers ne sont pas les plus ma chaussés (m’en fiche moi, je vais jamais chez le cordonnier ; normal puisque je marche pas, j’use pas mes semelles !) Et pis c’est tout ! Bizoo, bizoo !

    1. Chris

      Euh j y ai jamais mis les pieds, j’ai l option rendez-vous chez le médecin quand vraiment ça va pas et le reste du temps je me dis que ça va passer et … Ça passe

    2. Muriel

      J’adore ce genre de littérature (pas littéraire) façon pièce de théâtre, on y est, on y croit, on est en plein dedans, et puis, tout est dit comme on aurait voulu le faire, mais que l’on a jamais osez. Moi aussi une fois, j’ai eu envie de traiter mon médecin de connard lorsqu’il m’a dit :
       » Bon ben je vais pas y aller par quatre chemins, vous avez un cancer, voilà ce que vous allez faire bla bla bla…….. »
      Merci de m’avoir fait découvrir une nouvelle auteure.

  6. Kirhane

    Ça fait vraiment du bien de lire ce genre de texte! Merci!
    Moi je ne vais plus chez le médecin, à cause de cette grossophobie. J’ai entendu toute mon adolescence mon médecin me répondre « t’as qu’à faire du sport » et jamais rien d’autre à chaque fois que je parlais de mes migraines qui me pourrissaient des journées entières. Il ne m’a jamais demandé si j’en faisais du sport, mais comme j’étais grosse, pour lui, je n’en faisais forcément pas. À force de grossophobie, je suis devenue boulimique vomitive, alors c’est vrai j’ai perdu du poids et on m’a dit que c’était vraiment bien pour ma santé, sans savoir comment je maigrissais… Jusqu’à ce que j’arrête parce que j’ai fini par avoir mal en avalant. Je suis toujours en surpoids, même si je mange équilibré et fais du sport. J’ai accepté l’idée que j’étais grosse, que j’étais comme ça et que ce n’était pas de ma faute, que l’important était que je sois vraiment en bonne santé et pas simplement correspondre à un standard.

    1. POPÉE Fabienne

      Bravo Kirhane, n’écoutez pas ceux qui ne parlent que de surpoids sans jamais faire attention à la vraie personne qui est en face et sans jamais s’intéresser à ce qu’elle vit et ressent. Prenez grand soin de vous.

    2. POPÉE Fabienne

      J’ai été grosse quand j’étais jeune, gamine et adolescents, puis jeune adulte. C’est devenu une souffrance quotidienne. Et puis j’ai vieilli et j’ai maigri. Je ne sais pas pourquoi. Je fais l’admiration de bien des femmes de mon entourage et des jeunes ! Pourtant au fond de moi même je suis restée « une grosse »….ce que nous entendons très jeune nous marque pour la vie. C’est important de ne pas accepter les étiquettes et les rebufades , important et parfois vital mais si difficile. Alors moi qui suis grosse dans l’âme j’ai envie de dire à mes soeurs « courage mes doudous, soyez heureuses et ne vous laissez pas trop faire…. »

  7. Pilou

    D’accord avec Marie-Noelle,
    personnellement j’ai vu un chirurgien qui a refusé de me réparer l’os du bras cassé, trop compliqué parait-il, quelque temps après je l’ai revu tellement je souffrais, même réponse, et il a voulu m’apitoyer en faisant le parallèle avec lui-même qui ne pouvait plus jouer au tennis aussi longtemps qu’avant à cause de courbatures à l’épaule ! Le pôvre, je compatissais tellement que j’ai hésité à le payer de peur qu’il ne se fasse une tendinite au poignet en endossant mon chèque !!! Mais j’ai baissé la tête devant l’autorité et suis partie accompagnée d’une petite tape dans le dos de consolation. Pourquoi n’ai-je pas osé me rebeller ? Question de conditionnement sans doute, et d’éducation.

  8. Laure de Montalembert

    Moi aussi, je suis pétrifiée devant ma MG. Je ne sais pas pourquoi. Pourtant, j’ai interviewé des ministres et des tas de gens importants qui n’ont jamais réussi à m’impressionner. Mais là, devant elle, dès qu’il s’agit de parler de choses intimes, je perds mes mots.

  9. 40

    Ma soeur ne va plus chez le gynéco parce qu’il la pèse « comme une vache » dit-elle à chaque fois, et moi je n’y vais plus non plus pour à peu près la même raison, on fait du 48, on n’a plus 20 ans et on n’est pas petites.
    Sinon, j’ai eu la surprise d’entendre une gynéco pourtant voisine et amie me dire alors que j’étais sur la table d’examen:  » – Il faut faire attention là, il faut arrêter de grossir! » . je faisais un 44 à l’époque et elle, elle était bien plus grosse,plus négligée et plus moche que moi avec des fesses et un ventre de vénus Hottentote! J’ en suis restée coite.
    Mon docteur actuel me dit qu’à mon âge il vaut mieux avoir quelques kilos de trop.
    Mon kiné s’ occupe de moi sans se mêler de poids, je l’aime.

  10. Marc

    Alors on est d’accord que la mise en forme est importante, mais quand on dit a un fumeur qu’il faut arrêter de fumer parce que c’est dangereux pour sa santé, on prend heureusement pas un taquet systématique.
    L’obésité, et à moindre mal le surpoids, est un fléau au niveau de la santé avec une espérance de vie bien diminuée sans parler de toutes les complications qui sont liées.
    Si vous fumez, buvez ou mangez trop, ne vous attendez pas à de l’acceptation du coté du corps médical. Par contre de la compréhension et de l’aide c’est le minimum syndical. Je trouve finalement plus grave quant on ne dit rien sur ces sujets tabous (en particulier les problèmes de poids) en consultation. Il faudrait juste apprendre aux jeunes (et moins jeunes, mais ne rêvons pas) médecins le principe de tact 😉 et ce que semble très bien dire Virginie dans son texte finalement.

  11. veronique

    suis d’accord avec Marc, le problème de poids est devenu TABOU dans la communication alors qu’il s’agit d’un vrai problème de santé donc on ne peut reprocher à un médecin d’informer son patient des problèmes de santé qu’il a …mais les gens ont décidé eux qu’ils ne voulaient pas en entendre parler ……à réfléchir …nous avons de plus en plus de TABOU de communication entre nous que ce soit dans les familles, entre amis , ou évidemment donc dans un cabinet médical;

  12. Marie-Noelle

    il faut surtout laisser le choix au patient. S’il est gros et ne veut pas changer, c’est son problème. S’il est gros et veut bien changer il faut chercher d’ABORD, pourquoi il est gros : alimentation, hormones, manque d’activité physique, métabolisme ?? Dire de moins manger est totalement irresponsable. J’ai une amie à qui on a dit de maigrir (elle a, c’est vrai de gros problèmes de santé) et du coup, elle s’est quasiment arrêtée de manger pendant plusieurs jours, quitte à avoir des malaises, pour perdre 2 kilos et me dire : « je suis contente, j’ai enfin maigri ! »
    Tout cela doit être accompagné et suivi (médecin, nutritioniste, psy..) mais SURTOUT si le patient est d’accord.. et le peut. Tout cela n’est pas gratuit. Le contexte est aussi (voire plus) important que les symptômes…
    Pour finir sur une note humoristique (humour noir je vous préviens) : un jour je vais voir une avocate, un peu enrobée qui me dit : »qu’est-ce que vous faites pour être si mince ? ».. et de lui répondre « J’ai un cancer.. » …Je crois que ce jour là elle était heureuse d’être un peu forte.

  13. big girl du 74

    Je voudrais réagir aux commentaires de Marc et Véronique. Je ne sais si vous êtes en surpoids, vos commentaires ne laissent rien supposer dans un sens ou dans l’autre. Pour ma part, je suis maintenant en surpoids après avoir été en obésité morbide. Je connais donc la problématique bien plus que je ne le voudrais.
    Ce qui est fatiguant pour ne pas dire soûlant, quand vous êtes gros c’est que certains professionnels de la santé ne vous voient qu’à travers ce prisme. Un nez qui coule, une entorse, une angine, même une infection gynéco, chaque consultation devient prétexte à vous renvoyer à votre surpoids. Après on est bien d’accord, quand vous consultez et que votre pathologie est directement liée à votre poids, ou qu’elle pourrait être soulagée par une perte de poids, bien sûr que votre médecin doit vous en parler et vous mettre face à la réalité. Je pense pouvoir dire que les gros ne se voilent pas la face et ne refusent pas que l’on évoque leurs poids, ils veulent simplement que ce soit fait à bon escient pas systématiquement, et avec un minimum de tact et d’empathie. Parce que on n’est pas gros par choix, il faut bien se le mettre en tête. Soit on souffre d’un problème de santé qui génère une prise de poids, soit, on est mal dans sa peau au point d’atteindre un poids dont on a honte. On veut se cacher, on veut s’effacer et disparaître derrière cette montagne de gras que l’on se trimballe, (oui, je sais l’idée de se sentir invisible quand on pèse 140 kgs peut paraître bizarre).
    On peut sembler heureux en apparence, mais le gros jovial qui n’a jamais souffert de son poids je n’y crois pas. Il a pu faire un travail sur lui pour apprendre à vivre avec son poids et apprendre à s’aimer, mais si sa prise de poids n’est pas liée à un souci de santé, il y a toujours une souffrance morale qui l’a amené à ce poids. Donc, pour me résumer, pas de tabou à parler du poids, mais une demande pour que l’on en parle au juste moment et pas tout le temps.

  14. Hervé Cruchant

    Société de convenances. Où « Autorité » = « Compétence »… même quand il s’agit de consulter n’importe qui. En le payant parfois dessus / dessous le bureau. Souvenir : je consulte parfois, quand la vie pèse tellement sur le plancher de ma boîte crânienne que j’en ai les yeux qui se ferment et l’arc en ciel qui passe en noir et blanc 625 lignes. C’était le cas, ce jour là. L’homme en blanc ouvert par devant sort les mains de ses poches, m’écoute le cœur en relevant un peu mon pull, déboutonnant un cran de ma chemise, juste de quoi glisser en biais la rondelle de son stéthoscope, me pose la membrane froide sur une côte, écoute sans rien dire. Dix secondes après, tout en rédigeant une ordonnance sans me regarder, il me récite sur un ton d’exorciste les dix commandements destinés au faiblard indécrottable en train de mourir d’une vie de débauche et de luxure. Me tend le papelard en échange d’un chèque. Silence.
    Bien remonté, je lui dit : « Et vous, docteur, çà va ? »…
    C’était il y a longtemps. Je me demande ce qu’il est devenu…
    Que Mieux vous conserve, les Gens.

  15. CHAPUIS Annick

    C’est extraordinaire, j’adore !!! un humour comme cela j’aimerais l’avoir. Mais je suis indécrottable du fait de l’éducation que j’ai reçue. A 76 ans, je suis tjrs vaincue par l’autoritarisme, la hiérarchie, enfin bref je manque de confiance en moi depuis toujours. 10 ans en orphelinat, obéir, obéir, obéir ….. Mais j’ai encore la force de poser des question au toubib qui me reçoit, même si les talons tournés je n’en fait qu’à ma tête !!!
    Je suis parait-il « obèse » !! 1.60 m. 85 kg et 105 cm de tour de ventre. l’imc doit frôler 34 ou même plus. Il y a une chose qui ne me convient pas dans cette soi-disant obésité. C’est mon ossature de normande, qui doit compter double dans mon poids réel. Le calcul de l’Imc ne tient pas compte de cet élément et une femme de la même taille que moi, avec une ossature mini (je fais le tour de ses poignets avec mon pouce et mon index) ne pèse que 48 kg et elle est très mince et se porte comme un charme !! C’est pô just..

  16. MAG

    Je connais le blog de Ginie, souvent plein d’humour, mais qui sait être grave lorsqu’il le faut. J’y suis abonnée. Ses livres ne sont pas des œuvres intemporelles, ils sont sans prétention mais vous assurent de passer de bons moments.
    Je ne suis pas une patiente facile. A dire vrai, je ne suis pas une patiente ordinaire. Erreurs de tubes au labo, erreurs importantes de diagnostic, je connais suffisamment pour ne croire qu’en les hôpitaux (CHU). Je pars du principe que tout peut être psy (horreur de l’hypocondrie) et traité par le mépris.
    Je connais ma tension avant qu’on me la prenne. 13,5/7 en temps normal et 18/10 en cas de stress trop intense ? Quand j’ai dit au médecin de prévention que je préférais soigner la cause que l’effet…lettre au MG…qu’il n’a jamais lue. « Bien vous alors, vous soignez la tête et pas le corps, quand tous ceux qui devraient soigner la tête ne s’intéressent qu’au corps en bonne santé ». Quand je vois mon MG, une fois tous les quatre ans, il pense que vais le voir pour ses beaux yeux.
    Peut-être que Ginie a raison. Pour être pris au sérieux, il faut se rendre très très souvent chez son MG, même et surtout pour rien.

  17. Manga

    Plein de. Vérités dans les écrits, il est certain que chaque être, trébuchera sur une racine qui n »était pas visible et prévisible, on se relève et l »on continue de marcher, même si l »on « boîte » un peu..!! Esprit ZEN attitude.!! Merci pour ce moment de lecture. Bien à vous.!!

    1. Hervé Cruchant

      @Manga. oui oui… « une racine qui n’était pas visible » (sic), n’est-ce pas. ce recours périodique aux racines. les yeux que l’on nous dit devoir baisser. la capuche sur la tête n’est permise que dans les monastères. zen attitude pour supporter ce qui n’est qu’un signe de la fatalité…
      Etre nu sur la grève, les pieds enfoncés dans la Terre mère. non par défi, orgueil, ostentation ou je ne sais quelle fanfaronnade. Juste sentir le vent, l’humidité qui vient de l’eau et pulse la mer jusque dans les pensées les plus profondes. Regarder l’horizon qui pétille de ses houles. Et le ciel. Ses nuages qui apparaissent puis se diluent; et vont ailleurs, là-bas, dans l’invisible. Savoir que l’on est de là. Sans tabous, directives et autres règlements intérieurs du club des je-sais, des çà-ne-se-fait-pas.
      Zen attitude ? Ce n’est pas vivre mais admette et s’adapter. Ne pas confondre entre compromis avec l’environnement qui est culture, et compromission qui est du socialement correct sous menaces et répressions.
      L’humour, la pétillance de l’esprit, cette gerbe de bulles que nous donne Virginie comme une parade à toute la grisaille; parure vivante, caresse de bien être. Du miel. Salut et merci.

  18. Poulette Dodue

    MOUHAHA ! Le style Ginie est tellement reconnaissable et toujours savoureux.
    je surkiffe cette meuf et ces romans (les 3) m’ont tous transportés.
    Merci Baptiste de lui avoir permis ce passage ici.

  19. nath

    Je suis partagée … bien sûr s’entendre dire régulièrement qu’il « faut » maigrir … c’est juste nul (un chirurgien esthétique m’a dit récemment qu’il fallait que je perde les 6 kilos qui me séparent du poids de mes 20 ans, j’en ai 40 et j’ai eu trois enfants, je pense honnêtement que ces 6 kilos sont là parce qu’ils doivent y être, point).
    Mais un dimanche après-midi, mon mari s’est senti mal, très soif, et dès qu’il buvait il vomissait … on a pensé gastro, il m’a dit « appelle SOS médecin », j’ai pensé « pff pour une gastro » … j’ai appelé, il est venu, il a regardé mon mari, lui a demandé son doigt, a fait un test sanguin et l’a envoyé aux urgences … il a été hospitalité en diabéto le lendemain, après que le personnel des urgences ait réussi à lui faire redescendre sa glycémis qui était montée à 6gr … il a failli mourir ce soir-là … et notre médecin traitant nous a calmement dit ensuite que c’était « logique » vu son poids, son hygiène de vie etc… mais elle n’avait rien dit, jamais … depuis on a changé de médecin. Car ça fait mal à entendre, oui, mais parfois les médecins ne sont pas là que pour être gentils avec nous. Parfois il faut nous secouer pour nous sauver la vie. C’est le principe du médecin de famille, il doit pouvoir nous dire stop quand c’est nécessaire et pouvoir nous dire que 6 kilos en 20 ans et trois grossesses c’est pas grand chose puisque vous courrez et que votre cholestérol est stable…
    voilà, c’est mon point de vue, il ne sera pas partagé par tous, je le sais.

    1. Baptiste Beaulieu

      (Je remets ici un texte écrit en décembre 2016… http://www.alorsvoila.com/3076-2

      pour répondre à certains commentaires, pas spécialement à celui de Nath… je n’ai pas le temps de reprendre mon texte donc il sera peut-être trop agressif mais il répondait à certains messages désobligeants postés à l’époque… il n’est pas une réponse faite à Nath+++)

      Alors voilà, il ne s’agit pas de cacher à un(e) patient(e) son état.

      Il s’agit de ne pas l’humilier.

      Or, ne pas acabler un autre être humain au seul motif que ce n’est pas compassionnel parait insuffisant à certains… Soit, je l’entends. Après tout, un esprit froid, logique, implacable, pour qui la vérité prévaut sur tout, un esprit… comment dire… scientifique (?) adhérerait à cette idée.

      Il convient donc, ce n’est pas sorcier, de nous pencher sur… les données scientifiques !
      (Fred et Jamy, à l’aide !)

      *bruit de camion qui se gare*

      ATTENTION RÉVÉLATIONS :

      Il est documenté scientifiquement que pratiquer la culpabilisation n’est pas efficace et entretient a contrario des comportements alimentaires personnels néfastes (voir liens plus bas, sous la photo, je ne peux pas détailler, je n’ai pas le temps. Un clic, et vous avez tout !).

      (C’est bon, Fred, et Jamy, vous pouvez repartir !)

      *bruit de camion qui s’en va sur les routes de la connaissance*

      Bien entendu que « obèse » est un terme médical. Pourtant, comme je l’ai lu dans vos commentaires, une langue est vivante et « vit » aussi à travers des glissements de sens. On imagine mal, en 2016, prescrire des vitamines pour un patient « débile », ou un traitement pour un « crétin »… et pourtant…!
      Je crois, à titre personnel, que la question nous incombe, à nous soignants, de savoir si nous souhaitons être des allié(e)s de ces patient(e)s ou nous inscrire dans la longue lignée de soignant(e)s culpabilisateurs auxquels ces patient(e)s sont confronté(e)s depuis l’enfance ?
      Quand on sait que cette culpabilisation est inefficiente (et même néfaste) continuer de la pratiquer n’a aucun sens ! Certains diront (avec pertinence ?) que cela confine même à la maltraitance….

      Nos professions sont basées sur des études méthodiques visant l’amélioration de la qualité de vie et la baisse des facteurs de risques présentés par nos patient(e)s.
      Je crois, encore une fois à titre personnel, que nous ne sommes pas les papas ou les mamans de nos patients. Nous sommes des scientifiques qui, parmi tous les champs d’investigation possibles visant à connaître les modalités du Monde énigmatique dans lequel nous évoluons, avons choisi celui nous permettant de devenir soignants.

      Alors soignons « pour le plus grand bien possible » !

  20. Cath

    Je me demandais si la faucheuse qu’on voit tremper un métatarse frileux dans l’océan avant de surfer sur la vague, je me demandais, disais-je, si elle buvait la tasse à l’occasion ? Ce ne serait que justice, non ? Un bouillon de onze heures pour la dame, et un !
    Je sais, c’est laborieux, mais c’est lundi 😉

    1. Julie

      Je confirme, le lundi c’est dur (surtout au soleil) ! Mais la question est intéressante… à mon avis elle ne boit pas la tasse et ce n’est pas juste ! 😉

  21. Banane

    Pour en revenir au fond, l’hypocondrie c’est vraiment une maladie sous-évaluée dans la culture populaire.
    J’ai lu un témoignage (qui vaut ce qu’il vaut, n’est pas Doctissimo qui veut 🙂 ) récemment qui m’a impressionnée : https://www.sous-notre-toit.fr/vivre-avec-un-hypocondriaque/
    La plupart des hypocondriaques que je connais ne le sont que peu, finalement, ils restent raisonnables dans leurs « délires ». Mais ça peut être une vraie souffrance. Le traiter à la légère me paraît vraiment grave.

  22. Sylvie Lord

    Je suis libraire au Québec et on vient de me présenter le nouveau livre de Virginie Grimaldi. Et à cause de vous, j’ai bien envie d’y aller voir de plus près.

  23. Julie

    Hé ! j’aime bien l’écriture de Virginie Grimaldi ! Je découvre et franchement, je trouve ce texte très chouette 🙂
    Merci de nous faire découvrir d’autres auteurs, c’est sympa

  24. lienjam

    Ah ce fameux surpoids. Qui s’associe très bien à l’IMC…

    Je suis grand, et je fais mon poids. Je suis à 127 kilos, considéré en obésité morbide par l’IMC. Mon poids de forme est à 120 kilos, je ne peux pas descendre plus bas sans perdre un os. Si si.

    Les médecins se basent sur l’IMC, et me demandent de perdre 40 kilos. Bien sûr. Je veux faire un achat immobilier, questionnaire Assurance Décès Invalidité? Je suis considéré comme obèse, j’aurai droit à un surcoût.

    Voilà.

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