Les champs de Novembre, la nuit.

L’histoire c’est J. L’écriture c’est moi. Merci…
Pour raconter, écrivez
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Alors voilà, elle est arrivée aux Urgences pour « une crise de nerfs et crises de larmes », emmitouflée sous plusieurs couches de vêtements. Elle a enlevé manteau, veste et pull. Elle a dit qu’elle n’allait pas bien, que c’était son fils, et ce foutu mois de novembre qui approchait.
« On fait des enfants, mais on ne peut pas les protéger de tout, tout le temps. »
Elle a dit qu’elle n’y était pour rien, qu’elle n’avait pas voulu être une prison pour son propre fils.
Elle a parlé, parlé et parlé encore.
Il y a 13 ans, il avait 19 ans.
C’était le mois de novembre et c’était la campagne. Il est allé en boîte de nuit avec ses amis. Ensuite, il a voulu rentrer.
Il a pris la voiture et a conduit à peine 1 km.
Peut-être qu’il a regardé les étoiles et qu’il s’est dit que tout ça est immense, elle ne sait pas. Il a garé la voiture sur le bas-côté, près d’un champ.
Il avait bu, il avait dansé, il était fatigué, c’était plus raisonnable.
« Je ne sais pas ce qu’il a pensé. Elle était froide cette nuit de novembre, et même dans les voitures, les petits cristaux ont poussé sur les fenêtres. À quoi il a pensé, hein ? »
C’était très beau. C’était novembre, la campagne, le silence, et la nuit.
Le dossier du siège, il l’a reculé en arrière. Il avait un pull, il aurait pu le mettre, il faisait froid, sans doute, il ne savait pas, il ne sentait rien, il avait dansé et il avait bu. Il a roulé le pull en boule, a posé sa tête dessus. Il s’est endormi comme un enfant de 19 ans, la nuit autour, les étoiles au-dessus.
Et au matin quand que les pompiers l’ont trouvé, il n’avait pas bougé. Il était comme ça : les bras sur le torse, les poings serrés, les jambes un peu pliées.
– C’était mon fils, mon enfant, il était mort de froid.
C’était novembre, la campagne, le silence, et la nuit.

Que voulez-vous la nuit était tombée Que voulez-vous nous nous sommes aimés.
P. ELUARD

85 réflexions au sujet de « Les champs de Novembre, la nuit. »

  1. saur

    et la photo c’est qui?c’est où?c’était bien Rivesaltes?
    Merci mais il m’aurait fallu un truc plus drole aujourd’hui!
    c’est dur d’avoir chaud quand on a froid au fond de son coeur…
    Big hug

  2. biquette

    Ici il pleut, il fait gris, il ne fait pas trop froid, mais rien de follichon… J’entame une nouvelle cure de chimio, pas trop marrant non plus… Alors j’aurais envie de lumière, de projets, d’espoir… DE VIE!

    1. Cath

      Je me faisais justement la réflexion que les pub importunes sont apparues à partir du moment où j’ai voté… M’en vais étudier la question de plus près.

      1. Rofine

        @ Cath : depuis que je participe au vote, des pub intempestives pour tous genres de produits apparaissent sur le blogàbibi quand je le lis.
        C’est très bizarroïde….Sommes-nous victimes d’un site qui nous prend pour des c- – s d’après @ Lachésis ?

        Merci de diligenter une enquête afin d’informer les lecteurs du blog.
        Je compte sur votre perspicacité infaillible !

        1. Cath

          Je m’y emploie, mais je crois bien que la sociéré organisatrice, un truc de comm qui sponsorise et qui se fait sponsoriser par des institutions profite de l’occasion pour pirater les données des lecteus du blog. La lecture du règlement de ce  » concours » m’a laissée songeuse, et je ne cause même pas du décompte des voix, de la composition du jury ( transparence ne semble pas faire partie du vocabulaire en usage). Quant au 1er prix, si effectivement cela peut lancer le blogueur et lui ouvrir des portes, je pense que Baptiste est déjà bien au delà.
          Nous verrons. Mais j’ai la pénible impression que ce qui intéresse les organisateurs, c’est de harponner les internautes qui lisent les blogs. Je verrai si demain ces publicités débiles perdurent.

          1. Firewitch

            Sont toujours là, ces saletés de pubs! D’après se que j’ai lu sur le site d’Odieux Connard et en farfouillant un peu sur celui des GBA, doc Bibi ferait bien de se désengager et vite!

        2. Mésange

          Hum… j’ai voté et je n’ai plus de pub (sauf celle pour le vote des Golden Blog Award juste au-dessus de la photo du livreàBibi)… depuis que j’ai suivi l’un des conseils d’Ahava : demander à CCleaner de me faire un peu de ménage dans l’ordi.

  3. Firewitch

    Oh mon dieu, doc Bibi, je ne peux pas me permettre d’éclater en sanglots avec ma Minette qui me regarde! Mais je ne peux pas m’empêcher de penser à cette pauvre mère, et d’imaginer ma Minette grandie à la place de ce garçon, et mon coeur a froid, froid, froid… jusqu’à l’âme.

  4. Léa

    Alors ça peut arriver comme ça….
    J’ai connu les rencontres fatales entre une voiture et un platane.
    J’ai connu le gamin qui ne se réveille pas parce qu’il a bu, qu’il fait très chaud dans la voiture (et dehors), en été. Déshydratation.
    Mais le froid….
    P… d’alcool.
    P… de routes de campagnes.
    Parfois j’imagine que j’ai des enfants, ou alors je pense à mes enfants les plus proches, je me dis que sais que ça pourrait arriver, et je crois que si je n’en ai pas, c’est un peu aussi pour ça. Cette trouille incontrôlable qui vous prend quand vous imaginez que ce que la vie a de pire, ça tombe sur eux, …

  5. Olivier

    Qu’elle était drôle cette soirée déguisée en plein mois de février… Quand, jeunes adultes, nous n’avions pas peur de montrer notre côté enfantin et faisions des efforts pour que le déguisement soit remarquable… Mais un déguisement s’accorde mal avec un veste… Qu’importe… on courrira…

    Qu’elle était drôle cette fin de soirée, où, après avoir bien ri, bien bu, et surtout bien dansé, elle me demande si je peux la raccompagner, à l’autre bout de la ville…

    Qu’elle était belle cette magnifique neige tombée pendant la journée, qui créait une ambiance sourde, silencieuse et cette magnifique voûte étoilée. Elle frissonnait. En vaillant chevalier, c’est naturellement que je lui confiait mon pull… De toutes façons, ce soir là, j’étais invincible…

    Qu’elle était drôle cette scène, où, jouant les acteurs, nous marchions et re-jouons la scène du Titanic sur un étang gelé… Je n’étais pas Di Caprio, mais la fis rire lorsque l’annonçais qu’il n’y aurait pas de vitre pour garder la buée. C’est curieux… Cette phrase à rompu la glace… Pas celle entre nous deux, mais plutôt sous nos pieds… Ça rafraîchit les idées… et le corps aussi…

    Dommage, je n’ai pas pu me faire inviter à rentrer chez elle pour me changer et me secher… La coloc’ dormait soit disant… je retraverse la ville en ronchonnant, encore trempé, pour aller chez moi…

    Le lendemain j’ai dû partager la journée avec deux bonne nouvelles : bronchite carabinée, et un ami qui se marre en m’expliquant que si je m’étais fait laisser dehors, ce n’est pas à cause de la coloc mais que je n’étais pas assez féminin pour avoir le droit de rester chez elle… Très drôle… Il m’a laissé faire toute la soirée en connaissant par avance la fin de l’histoire…

    J’ai toujours considéré cette bronchite comme la plus stupide de mes actions de jeunesse… En lisant l’histoire d’aujourd’hui, je me dis que c’était une peine légère, et que c’était plutôt une leçon de vie…

    Des fois, en allant voir les enfants qui dorment, je me dis que finalement le travail de père n’est pas si facile, et que toutes les bêtises que nous imposons à nos parents, tôt ou tard nous angoisseront à notre tour… et si grandir, c’était cela, accepter que nos oisillons sautent du nid sans construire des grillages…?

    1. Rofine

      @ Olivier : Je suis bien d’accord avec vous sur la fin de votre post.
      C’est en devenant parents que l’angoisse nous serre le cœur.
      Notre vécu, nos conseils de prudence volent en éclat.
      Alors pour avoir un peu de tranquillité, nous disons à nos enfants :
       » s’il te plaît, soit raisonnable et envoie nous un message, nous irons te chercher ».

    2. Elle

      Beau témoignage de l’enfant devenu parent !
       » et si grandir, c’était cela, accepter que nos oisillons sautent du nid sans construire des grillages…? »

      Oui Olivier pour moi c’est tout à fait ça, accepter de leur laisser la liberté tout en sachant que celle-ci peut aussi leur brûler les ailes; cependant ne jamais trop s’éloigner de leur sphère pour pouvoir éteindre le feu si les ailes commencent à brûler.
      Pas de grillage certes mais toujours un filet de protection invisible à leurs yeux !
      PS: Je jouais aussi sur la glace d’un étang gelé avec mes frères lorsque nous étions enfants alors que, bien sûr, nos parents nous l’interdisaient… Rien que pour ce plaisir « glissant » nous aimions l’hiver !

  6. Herve CRUCHANT

    Je reviens pas sur une phrase que j’avais écrite ici, il y a quelque temps; que la souffrance est belle. Pour me faire comprendre -puisque je n’avais eu aucun écho à cette époque-, ne fustige-t-on pas l’absence de réaction, le cynisme ou l’insensibilité comme des maniestations bestiales ? Je ne reviendrai pas sur cette idée. Juste pour dire qu’une info parue récemment, très émouvante, montre qu’un chimpanzé a partagé et manifesté de la souffrance et de la compation avec sa « guide » humaine en partageant leurs expériences de la perte d’un enfant. Relisez bien ceci. Et trouvez le lien… une nouvelle bonne occasion de nous remettre en humanité.

    Cet enfant qui meurt dans une auto. De froid…. De lui-même. Juste une remarque : si sa maman est venue aux urgences dans la détresse, où était donc son père ?… Bon.

    Nous avons fait des enfants avec amour. Amour l’un pour l’autre. Amour pour lui. Et çà va durer durer. Au-delà du vraisemblable et de la réalité.
    Des le moment de la conception, presqu’avant même que les sexes se séparent, les amants passent du couple à parents. Déjà séparés. Inutile de revenir ici à la dualité qui s’installe chez la femme qui devient duale : femme et mère. Femme pour l’homme et mère pour le père; qui n’est pas construit pour çà. Il doit tout construire lui-même et ce n’est jamais évident. Je suppose que nombre de foyers initiaux ont disparus à cause de la non connaissance et la mauvaise appréciation de ce cataclysme anthropologique.
    Il est à la fois merveilleux et terrible de constater que cette faille entre le géniteurs s’accompagne d’une autre, moins supportable encore : celle de la séparation entre parents et enfants. Dès sa naissance -peut-être avant?- le bébé manifeste son droit logique -logique- à l’individualité. Nous lui promettons l’indépendance comme un orgueil partagé à trois, lui, veut être un individu distinct. Car il le vaut bien.
    Notre amour partagé a engendré ce que nous souhaitons être une synthèse de nos qualités et qui est, en vérité, un être différent. Aux références étranges. Un ‘étranger’. Indépendant, certes, ne le voulions-nous pas, ‘au début’ ?
    Mais qui ne nous reconnait presque plus. Qui pense à l’inverse de nous. Qui a créé sa propre sensibilité, différente de la nôtre, après nous avoir sucé la vie. Avec notre accord, nos encouragements….
    Mais où est passée cette tendresse à le construire ? Mais où est donc passé cet élan à la faire ?

    Qu’elle est belle, cette maman qui vient aux urgences déposer sa détresse. Mater dolorosa. Que son amour-souffrance est magnifique, celle qui voulait que sa chair, son âme, sa générosité, son amour lui survive. Devienne pérenne. Augmente la richesse du monde. Elle ‘ne voulait’ qu’un enfant. La voilà mère de dieu !

    Qu’elle est belle, cette maman qui vient aux urgences déposer sa détresse. Mater dolorosa. Que son amour-souffrance est magnifique. Peut-être parce qu’elle n’appartient plus qu’à elle, devenue, en étant mère, partie du monde.

    1. Crevette

      et que votre(parce-que-je-vous-estime-beaucoup)/ton (parce-qu’on-est-sur-ce-blog…) texte est beau ! 🙂
      (par ailleurs la photo qui accompagne le texte est aussi très belle !)

    2. Julie

      J’ai vu un reportage qui raconte la vie de deux gorilles s’exprimant grâce à la langue des signes. Le moment où l’un d’entre eux évoque le massacre de sa mère par des gestes qui traduisent la mort, la souffrance, le sang et le bruit est tout simplement…édifiant. Autre évocation d’une perte, celle d’une mère cette fois. A voir absolument (sur YouTube, taper Koko le gorille, le reportage est en 4 parties). Oui, certains grands singes savent se montrer plus « humains » que certains hommes.

      Toujours aussi poète Monsieur Cruchant. Vous me faites réfléchir: que la souffrance est belle… Est-ce que c’est parce qu’elle traduit le manque, la perte de l’être/l’objet aimé, et par conséquent démontre que l’on a pu aimer ? Ou bien je fais fausse route. Mais peut-être que l’on peut donner plusieurs sens à cette phrase ?

    3. Claudia

      Hervé, Hervé, Hervé… (là les petits points sont la transcription de ce petit soupir de… de quoi d’ailleurs ? Reconnaissance peut-être, dans tous ses sens…)
      Alors Merci Baptiste pour ces mots si justes qui racontent la vie dans toute sa palette de couleurs et puis Merci Hervé, qui « augmente la richesse du monde », assurément.

  7. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Journée un peu compliquée, un commissaire aux comptes qui me fait bien ch… dans mon inventaire, envie de le boxer, bref ; pause dèj. j’ouvre mon ordi et lis le post du jour et là ?
    là, ça me calme, là, je pense à mes enfants qui sont en bonne santé et là, je n’est plus envie de boxer personne.
    Merci Bibi de m’avoir rappelé que j’étais chanceux ….
    La bise

  8. Marine hocéros

    Terrible. Encore une histoire qui fait mal.

    Je me souviens, à 16 ans, j’avais très envie d’aller à un concert. Alors, j’ai menti à ma mère, et j’y suis allée avec mon frère. On ne savait pas où dormir, alors, on a dormi dehors. C’était en janvier. On avait beau avoir un pull et un manteau, on a eu beau se serrer très fort l’un contre l’autre pour garder un peu de chaleur…jamais je n’aurai pensé qu’on pouvait avoir aussi froid. Le froid qui perce la peau, qui rentre dans les os, qui rend hermétique à toute sensation, qui endort. Et j’ai passé cette (courte nuit) dans une demi-conscience brumeuse, à me dire : « il faut que je reste consciente, il faut pas que je m’assoupisse, on pourrait mourir de froid, on pourrait geler sur place ».
    Quand on s’est levé, quelques heures plus tard, il y avait du givre sur les voitures. Il a gelé cette nuit là. Et, je me suis dit, sans vraiment y penser, qu’on s’était mis en danger.

    Mais je me suis le dis, sans vraiment y croire. Je pense sincèrement que quand on est jeune, on se croit immortel. Parce qu’à 16 ou 19 ans, les balles passent forcément à coté. Mais cette histoire me rappelle que non. Et que ce jour là, pas que ce jour là d’ailleurs, on a pris des risques, pour rien, pour un concert dans une salle des fêtes à la campagne. Il y a quelque chose de profondément stupide la dedans, insensé, ingrat même (je ne peux imaginer la souffrance de ma mère si deux de ses enfants étaient morts ainsi). Mais il y avait aussi une forme de beauté à croire qu’on peut tout faire, tout tenter, sans jamais être en danger. Dans notre naïveté, on a voulu transcender nos conditions d’êtres humains, d’êtres périssables, cette nuit là. On a juste eu de la chance de ne pas avoir à en payer le prix.

    1. Mirabelle

      bonjour Marine
      il est beau votre texte…
      elle est horrible cette histoire
      peut-on comme ça
      chez nous
      mourir de froid dans une voiture
      je me dis que j’ai de la chance
      qu’il ne faut pas cracher là dessus…
      Merci Marine
      et merci Baptiste

  9. mimi

    Mr le docteur : depuis le tps que je te lis sur ton blog et 2 livres (on en a oublié 1 sur une plage de Marie-Galante -pas mal!!! ),tu m’as fait sortir qqs larmes… J’ai visualisé cette « pauvre » maman et ayant moi-même trois enfants,j’ai tt de suite pensé à cet enft ds la voiture!!!S.t.p. trouve ns qq chose de plus gai la prochaine fois ou bien JE VOTE POUR N’IMPORTE QUEL SITE (si si)

  10. Agnès

    Quelle est belle ta photo et quelle est triste ton histoire. Je suis d’accord avec les commentaires précédents sur le fait que c’est en devenant parents qu’on voit le danger partout… Jeune, j’ai mis ma vie en danger des dizaines de fois, sans m’en soucier vraiment. Je me souviens d’une nuit en forêt. Avec des amis nous avions pas mal bu et nous avons commencé une course-poursuite. Nuit noire d’hiver, sans étoiles, sans lumières, nous avons visité une maison en ruine, monté à l’étage à tâtons, puis couru comme des dératés dans la nuit. Et plouf ! Trois jeunes (dont moi) directement à la baille : une mare (très profonde) se trouvait sur notre chemin et je ne sais pas comment j’en suis sortie (je me souviens juste avoir planté mes doigts dans les rives boueuses). J’aurais pu mourir noyée à 20 ans.
    Mon petit frère connaissait un gars qui comme ça est mort de froid dans une haie, une soir de fête. Trop fatigué pour rentrer à pied il est parti se coucher dans un jardin dans une haie. C’était une résidence secondaire. Son corps a été retrouvé plusieurs semaines plus tard au retour des propriétaires, alors que les avis de disparition couvraient les murs de la région… Depuis ce jour-là, il se soucie beaucoup de ses copains qui ont un peu trop bu…

  11. Isabelle

    Toujours, toujours embrasser ses enfants le matin et le soir en leur disant qu’on les aime fort. Pareil pour son amoureux, sa maman, etc. Ne jamais se fâcher sans se réconcilier. On ne sait jamais. Quoi qu »il arrive dans la vie, que le dernier contact ait été un baisse tendre et un je t’aime. Toujours. En vrai, au téléphone, par Skype…. Toujours .
    Bises BiBi

    1. Julie

      Ah…les fautes. Non, une fois écrites, on ne peut plus les corriger ! Mon cristallin s’est fissuré en relisant mon dernier commentaire. Quelle jolie faute ! Il y a une conjugaison qui s’est perdue en chemin.
      Pas graaaave, on en fera d’autres. c pa kom si on écrivé en sms

  12. annaick

    Magnifique et terrible histoire. J’ai élevé trois enfants, adultes maintenant, et la peur n’est jamais loin !
    Même si on ne la montre pas pour ne pas les enfermer, qu’on les laisse libres de leurs choix, la peur est présente, tout le temps ! Et je ne connais pas pire souffrance que de perdre un enfant, la douleur se calme parfois un peu avec le temps mais elle ne s’efface jamais ! La photo choisie est très belle aussi !

  13. Julie

    Que de tristesse et d’angoisses dans ces commentaires. Nous aimerions que les histoires postées ici accompagnent nos humeurs (plus de joie, plus de rire, de la poésie aujourd’hui, une histoire émouvante demain…) Ah… si on pouvait choisir quel sentiment accompagne notre lecture du jeudi. Mais a t’on vraiment envie de choisir ? Et si finalement ces histoires reflétaient les humeurs et émotions de notre auteur ? Alors, souhaitons que les prochaines nous fasse merveilleusement rire.
    Mourir à la belle étoile, au cœur de la nature, dans le silence abyssale d’une nuit calme et l’univers pour seul témoin.
    Quand on a eu une vie bien remplie et que notre corps ridé et fatigué souhaite partir… c’est très poétique.
    Quand on est jeune et que l’on aime danser, s’amuser, vivre et aimer… c’est simplement tragique.
    Tout à l’heure j’ai vu un rayon de soleil percer les nuages. Le ciel se découvre. ce soir nous allons pouvoir admirer les étoiles. Couvrez-vous.

    1. Herve CRUCHANT

      @Julie .
      La souffrance est belle parce qu’elle est une marque de vie. De sensibilité (ce mot m’évoque un très ancien article de ce blog). L’indifférence est mortifère. On peut creuser un peu et trouver Eros et Thanatos. Peut-être. Ou en rester là; ce qui serait peut-être bien plus sage …
      Souffrir d’amour c’est encore aimer. Et pas besoin d’être maso….

      1. Cath

        Oui mais parfois on voudrait s’endormir comme on s’éteint, se fondre dans le néant et oublier.
        La vie fait quelquefois tellement mal qu’on crie « merci ». Mais rien ne vient que le silence.

        Et on tait la douleur pour ceux qui restent ou qui viendront.

        1. Herve CRUCHANT

          Etendre le silence, c’est aussi écouter… Essaie de trouver sur le net ce truc énorme : le son émis par les planètes, dont la Terre ! après le chant des baleines, c’est le plus dingue … on sait qu’on fait partie de tout çà, en vrac ou entier, en raisonnance ou en résonnance, en amour ou en douleur … C’est pas anodin de savoir qu’on est un petit peu de çà …

          1. Cath

            Merci Hervé et Julie.
            J’écouterai ce soir, avec mes matous. Le chant des étoiles.
            C’est curieux, je n’arrive pas à lire H. Reeves. Je réessaierai aussi.

  14. Cécile

    C’est insupportable. Pour cette maman, imaginer son fils qui est mort seul, si seul… Quoi de plus terrible pour une mère?
    Je lutte à peu près chaque jour contre l’angoisse qu’il leur arrive… quelque chose, comme bien des mères, bien des pères, alors la détresse de cette maman…
    Mon Dieu, c’est insupportable…

    (comme Grand33, merci malgré tout, de nous permettre de nous rappeler que, oui, nous avons de la chance, de la avoir près de nous en bonne santé)
    La bise

  15. Lise

    Gorge nouée, comme souvent, à la lecture de cette histoire ….

    Survivre à son enfant, c’est juste « pas possible » pour une maman …
    Ouvrir les yeux chaque matin, et prendre brusquement conscience de l’absence de ce « morceau de soi » manquant ….
    Se demander, encore et encore, ce qu’ont bien pu être ses dernières pensées ….
    Vouloir, inlassablement, revenir en arrière et empêcher l’irréparable : et si … et si … et si …
    S’en vouloir, encore et encore, de n’avoir pas été là, de n’avoir pas su, pas pu le protéger, des autres, de lui-même, du destin …..
    Finalement, se résigner, et espérer qu’au bout du chemin, nous puissions à nouveau ne faire qu’ un, pour l’éternité ….

    1. Mésange

      Mais si Lise, survivre à son enfant, quel que soit son âge, quels que soient les souvenirs de lui, c’est extrêmement douloureux et difficile… mais c’est possible. Toutes celles et tous ceux à qui cette tragédie arrive doivent le savoir absolument pour ne pas sombrer… même s’ils n’y croient pas, même si c’est long, très long, si long…
      Mais un jour, on s’aperçoit que, si le vide est toujours là, la douleur est un brin moins vive, que l’on est capable de rire et de penser à autre chose qu’à cet être qui manque tant, d’abord par petites touches, puis de plus en plus longuement. La plupart du temps, bien trop longtemps après c’est vrai, on peut finir par ne plus avoir qu’un voile qui passe sur le visage quand on y pense… parce qu’on y pense, on n’oublie jamais. Et d’ailleurs pourquoi l’oublierait-on? Qu’il ait juste vécu à l’intérieur de nous ou qu’on l’ait vu grandir, il a existé. Juste… comment arriver à penser à et parler de cet être absent sans perdre la raison? En étant un peu apaisé-e.
      Et puis parfois, il y a autour de vous quelque chose (une lecture, des échanges, une perte similaire chez une connaissance ou un-e inconnu-e dans un blog, une odeur, une musique…) qui vous ramène brutalement des années en arrière… et tout revient : la douleur, les larmes, la culpabilité, les questions… et si? Ah cet « et si? »! Et la vague s’estompe à nouveau, toujours prête à revenir.
      Je crois que c’est tout cela survivre à son enfant : apprendre à vivre avec un vide d’amour… et ne pas faire porter ce vide aux autres enfants s’il y en a, en construisant des barrières d’angoisse autour d’eux.
      Très compliqué, très douloureux, très long… mais possible.
      Caresses de plumettes à tous ceux qui survivent puis vivent ainsi.

      1. marie

        Mésange tu peux me taxer de plagiat là mais … « je crois que c’est tout cela survivre à son papa ou a sa maman quand on est enfant : apprendre à vivre avec un vide d’amour… et ne pas faire porter ce vide à la terre entière en construisant des barrières d’angoisse autour de soi.
        Très compliqué, très douloureux, très long… mais possible. »

      2. Albigène

        @Mésange
        Belle dame de plume, tu dis l’essentiel…
        Comment continuer à s’accepter en tant que parent alors que son enfant est mort…
        Mais on n’oublie pas en effet parce que quelque chose à un moment va réveiller le souvenir et les émotions. On n’oublie jamais, certainement…. On compose avec. Cela crée une immense faiblesse, mais aussi une grande force, qu’on porte toute sa vie.
        Oui tu dis l’essentiel mais on ne parle pas assez des ravages de l’alcool. En France, une certaine « culture » veut que l’on emploie le terme « faire la fête » plutôt que « se bourrer la gueule ». pardon pour la vulgarité. Ma fille quand elle portait l’uniforme à ses débuts…me disait son désarroi et son chagrin à ramasser des jeunes sortant de discothèque et dont la vie s’est arrêtée pour trop d’alcool sur un platane. et

        1. Albigène

          @Mésange
          Pardon, fausse manipulation et mon message est parti inachevé..
          J’écrivais :
          « ramasser des jeunes sortant de discothèque et dont la vie s’est arrêtée pour trop d’alcool sur un platane. et quelques heures après , au petit matin aller annoncer avec le maire du village, la sinistre nouvelle aux parents. »
          Les contrôles d’alcoolémie : la haine ou la peur du gendarme…. c’est un dur métier de vouloir le bonheur des autres contre leur volonté…

  16. Libellule

    C’est bien écrit. C’est horriblement triste. Cela fait un terrible écho en moi. Je ne m’attendais pas à cela en consultant le blog dans l’espoir de me changer les idées, mais en même temps ce n’est pas un jour où j’aurais pu rire en lisant une histoire comique, alors voilà.
    Hervé, je ne sais pas si la souffrance est belle vue de l’extérieur. Pour ce que j’en sais elle fait juste mal à s’arracher l’âme. Peut-être y a-t-il une typologie de la souffrance, une différence entre souffrir d’avoir perdu ce que l’on a eu et souffrir du manque de ce qu’on aura jamais, ou autres catégories ? Je suis sûre que vous avez un avis de sage sur le sujet…

  17. marie

    Dans une chapelle oubliée, une Mater Dolorosa
    Trône depuis deux mille ans, drapée de souffrance
    Fille tu nais, mère tu seras…
    De tes amants restera la poudre de leurs baisers dans tes cheveux
    Beauté sylphide de ta grotte nacrée, un cri naitra
    Mère rayonnante, tu seras toute puissance
    Puis dans ton regard embué, un voile d’ange
    une main tremblante, un pâle sourire, un corps meurtri
    ils te l’ont pris…il s’est tu
    les légions de bienveillance t’asphyxie
    pas vous … merci, merci, mais lui…pouvoir encore le bercer.
    Elle sait la lumière des étoiles,
    son prénom doux brille dans les nuées,
    Dans une chapelle oubliée, une mère conjure la folie

  18. Herve CRUCHANT

    « Dans une chapelle oubliée, une mère conjure la folie »… (sic).

    Une mère conjure la folie… Voilà. C’es là la clé, le secret, l’humain. Tout bien cerné, compris, admis, une fois qu’on s’est attribué cette essentiel humain, alors, oui, peut-être peut-on parler de chapelle. Lever les yeux de sa douleur et regarder le ciel d’une nuit étoilée.

    On ne peut regarder les étoiles dans les yeux que les pieds solidement plantés en Terre. Avec une conscience d’humain. Et se sentir partie prenante. L’humain n’est pas fait pour vivre autrement que debout.

  19. LaJoub

    Cher Bibi et chers lecteurs,
    Lors d’une signature du livre à Toulouse, j’avais dit à Dr Bibi qu’il respirait l’Humanité, lui donnait un second souffle… Je constate que je retrouve cette Humanité en chaque commentaire, dans chaque étreine virtuelle entre lecteurs…Mésange, Mr Cruchant, Claudie et vous tous…
    Rien qu’en lisant les commentaires, tu peux te féliciter Bibi d’avoir atteint ton objectif de réconciliation…
    Amitié à tous…

    1. Julie

      C’est vrai qu’il ne s’agit pas (plus ?) seulement d’une réconciliation entre soignants et soignés mais aussi entre êtres humains. Et je me découvre plus sensible que je ne le croyais…
      Merci LaJoub. Enorme bisous réconfort à tous ceux qui ont traversé des moments douloureux, et à ceux qui en traversent en ce moment.

  20. Lise

    Ma douce mésange ….
    Bien sûr que le chagrin s’apaise, bien sûr que les souvenirs douloureux deviennent peu à peu douce mélancolie ….
    Mais comment réussir à réguler ces instants d’angoisse qui nous assaillent, parfois, du simple fait que nos petits ne soient plus là sous nos yeux, l’espace de quelques instants ….
    Qu’il est difficile, parfois, de se raisonner (mais oui, le car scolaire arrivera à bon port, mais oui, ils sont prudents lorsqu’ils traversent, mais non (vois où le vice va se cacher !) il n’y a pas de risque qu’ils se fassent charger par un sanglier lors d’une ballade en forêt ! (je te jure que j’y ai pensé !))
    C’est le lot de tous les parents, je le sais, mais je sais aussi que ces craintes peuvent prendre beaucoup de place chez les parents endeuillés …
    Comme tu le dis souvent, il faut se faire confiance et se dire qu’on arrivera bien, le moment venu, à laisser nos oiseaux s’envoler du nid ….
    Mais bon sang, que ce sera dur !

    Ciloux à tous ….

    1. Mésange

      Bien sûr qu’il y a tous ces moments d’inquiétudes difficiles à gérer, parfois, tu as raison Lise, des peurs irraisonnées (c’est souvent là aussi que les papas sont d’un grand secours pour nous faire prendre conscience que notre peur est irrationnelle). Mais ce sont nos peurs et quelles qu’en soient leurs origines, rappelons-nous que nous sommes là non seulement pour donner de l’amour à nos enfants aussi aussi pour les outiller afin qu’ils puissent vivre sans nous… et non pour les maintenir dans nos girons.
      En tant qu’instit de maternelle, je taquinais les mamans les jours de rentrée (gentiment évidemment pour leur montrer que je comprenais leur inquiétude) en leur disant que j’avais installé… un grand drap-mouchoir près du portail mais côté rue pour que leurs larmes ne perturbent pas leur enfant! Je n’ai jamais oublié le jour où j’ai réalisé que mon gamin était à l’école maternelle… la maîtresse avait juste demandé une boîte de stylos feutre qui devaient rester dans la classe! Ouille!
      Et, Lise, pour faire écho à tes phrases sur « l’envol du nid » quand ils sont grands…
      Lorsque mon aîné est parti faire ses études à la capitale régionale, je vais te dire ce que j’ai ressenti : le « mal du cordon »… penser cordon ombilical! Si Si! C’est le nom donné par ma môman quand nous avons parlé de ce blues qui me hantait parce que je n’avais plus mon grand à la maison chaque soir. En fait, ça ressemble fort au… baby-blues de la naissance mais pour les 18 ans du « Petit »!!! 😀 Et, sais-tu? Je faisais partie d’une asso de parents d’élèves au lycée ; quand je parlais avec les autres mamans, rien que ce mot « mal du cordon » rendait soudain les choses plus faciles : comme moi, chacune se sentait comprise et acceptait mieux la séparation et l’envol du « Petit » vers sa vie d’adulte.
      Alors, les mamans qui venaient de vivre ce type de séparation avec votre enfant, sachez que le « mal du cordon » n’est pas si rare… et absolument pas honteux! Vous l’avez? Nommez-le, parlez-en avec un petit sourire d’auto-dérision, rajoutez « mais je me soigne! » et vous verrez, non seulement vous vous sentirez déjà bien mieux (et vous épaterez aussi votre conjoint!) mais vous apprendrez alors que la copine à qui vous venez d’en parler ressent quelque chose de similaire et que vous venez de lui faire le plus grand bien!
      Quant à s’inquiéter pour nos enfants… ça n’est jamais, jamais fini! (je suis sûre que MumBibi ne me contredira pas… ;-))
      Caresses de plumettes à vous toutes

        1. Pater Doloroso

          Et pour les non-parents, c’est le mal de quoi ?

          Quand on souffre physiquement et moralement littéralement de ces enfants que nous voulons plus que tout et que nous n’aurons jamais. Devoir alterner entre :

          – ne pas dire :
          tous les midis et au café n’entendre les collègues parler que de leurs enfants et leurs dramatiques problèmes « il ne range pas sa chambre »,
          s’exposer à des réflexions incessantes sur nos « choix » anormaux, le bonheur d’être parent, la « normalité » de tout faire pour les familles et donc rien pour ceux qui n’ont pas d’enfant, sortent du modèle sociétal et sont supposés égoïstes.
          Voir dans les fêtes de famille cette grand-tante un peu chiante donc de plus en plus délaissée : elle se met à pleurer quand les « gens normaux » lui parlent de leurs merveilleux enfants, elle est devenue monomaniaque d’un thème qui n’intéresse personne, mais c’était la seule façon de remplir sa vie… et nous nous disons que nous allons finir comme elle, fatalement.

          – dire :
          regards compatissants
          messages d’espoirs totalement inadaptés à la situation de parents heureux (« je connais pleins de gens qui ont eu un enfant quand ils ont arrêté d’y penser »… comment arrêter d’y penser ??? comment supprimer des obstacles biologiques irréparables ? ; « moi aussi j’ai cru que j’arriverai jamais à en avoir un 4ème »… oui mais nous rêvons du 1er et il n’arrivera pas ! ) devoir encaisser que cela ne nous arrivera jamais et dire merci,
          ceux qui ont toujours en 10 secondes la solution miracle à laquelle nous n’aurions pas pensé malgré les années à vivre le problème au quotidien et à chercher des réponses (« et l’adoption, vous y avez pensé ? »),
          ceux qui essaient de vous convaincre que l’on peut être heureux sans enfant (90% en ont et 10% n’en ont jamais voulu)
          les groupes de parole (retour aux messages d’espoir inadaptés, psy qui doit avoir des actions dans une entreprise de suicide assisté : « il faut apprendre à vivre avec cette souffrance qui ne vous quittera jamais », ou discours culpabilisant de Bimbo Magasine sur la psychologie positive « si vous y croyez vraiment, si vous êtes assez positifs, vous serez heureux »… qui dérape rapidement en « si vous n’êtes pas heureux c’est que vous ne faites pas ce qu’il faut »).

          – et voir l’amour de ma vie si triste et ne pouvoir rien changer

          1. Cath

            Le mal de tout, le mal de rien…
            Je ne suis pas mère, et je ne suis ni dans les 90% ni les 10% que vous citez.
            J’y pense. Je sais que cela ne sera jamais.
            Me restent les enfants qui m’entourent, pour qui je suis « tantine », pas gâteau, non. Tantine qui est là quand on veut jouer, parler ou râler, faire tourner en bourrique ou découvrir le monde, ou qui vous sert d’oreiller quand on s’endort en regardant un film… Je n’ai pas l’intention de finir monomaniaque, mais je veux croire que les gamins que je vois grandir garderont le souvenir et quelque tendresse. Je ne peux demander plus. Mais au moins, je peux essayer de donner.
            Ce n’est pas une consolation, c’est un chemin comme un autre. Si je n’y puis rien changer, je continue d’avancer.

          2. Mésange

            @Pater Doloroso
            C’est effectivement une situation particulièrement douloureuse à laquelle je pense trop peu ; je fais partie de ces gens qui vous bassinent à longueur de journée avec leurs enfants, et désormais leurs petits-enfants, et je crains fort de lâcher aussi plein d’âneries en votre présence sans imaginer la douleur que cela vous cause.

            Je vais quand même vous rassurer sur un point : vous pouvez ne pas devenir comme cette grand-tante un peu chiante! (Evidemment, si votre conjointe et vous êtes enfants uniques, mon message d’espoir va tomber à l’eau!!!)
            Mon frère aîné et sa conjointe ont vécu une situation semblable à la vôtre (et, sans le savoir, je leur ai certainement fait subir ce que vous subissez… 🙁 ). Ils ont été de merveilleux oncles/tantes, adorés par leurs nièces et neveux qui leur rendaient visite très souvent même une fois adultes. Tout ça est hélas passé puisqu’ils sont partis tous les 2 faire du poney multicolore : le jour de leurs funérailles, tous leurs neveux et nièces, y compris celui qui a émigré bien loin d’ici, ont été là pour leur dire tout leur amour.
            Cela ne console évidemment pas de ne pas avoir d’enfants alors qu’on en désire tant, mais la fatalité de l’oncle/la tante chiant-e n’est pas une fatalité du tout!
            Et si vous acceptiez une caresse de plumettes pour chacun de vous deux, je me sentirais un peu pardonnée de ne pas avoir été assez attentive avec ceux qui ne peuvent avoir d’enfants.

          3. marie

            ne pas transmettre cette moitié de nous , ne pas pouvoir donner d’Amour
            se sentir fin de lignée, ne pas être reconnu faisant partie intégrante de la société, c’est un peu de ça que de ne pas pouvoir donner la vie mais la vie est là malgré tout et tout cet Amour qui ne sera pas donner à sa descendance, il peut être partager avec tant d’autres enfants, tant d’autres personnes. Nos existences sont ponctués de deuils, ne pas pouvoir être père en ai un, comme de l’avoir été et de ne plus l’être …il est essentiel de faire ce travail pour être détaché des « affronts de la norme » et retrouver une vie respirante pleine d’envies . pensées +++

          4. Grand33

            Bonjour @Pater Doloroso
            Merci d’attirer l’attention sur ce sujet qui est aussi sensible pour les personnes qui y sont confrontées. Je ne ferai pas Bimbo magasine, et ne préconiserai aucune solution pour mieux vivre avec ce « manque ». J’ai vu dans mon entourage proche plusieurs cas et aucun des couples ne l’a vécu et le vit encore aujourd’hui de la même manière. Ce sont des sentiments tellement forts et intimes que chaque personne et chaque couple se construit à sa manière avec plus ou moins de bonheur.
            Aimez vous encore plus fort, longtemps…… et qui sait ? parfois l’amour et le temps, ça aide.

        2. Mésange

          Désolée Grand… je suis une maman, pas un papa! Je ne connais pas leur ressenti mais si un papa veut bien en parler…
          En écrivant mon com hier, je pensais aussi que je me plaçais dans le cadre d’un famille dite classique et que je pourrais recevoir un pan sur le bec à ce sujet-là. Attention! Ne pas me faire dire que les ressentis ne peuvent être similaires! Juste je ne sais pas ce que peuvent ressentir 2 papas (parce que je ne suis pas papa) ou 2 mamans (parce que je sais le recul et la dédramatisation de mes inquiétudes qu’a pu m’apporter le papa de mes enfants et que je ne suis pas sûre qu’en tant que maman j’aurais pu apporter cette aide-là à ma conjointe) et que je suis admirative devant un parent qui élève seul-e son enfant et fait donc face seul-e au « lâcher du poussin » 🙂

          Muriel, j’avais pris la précaution d’écrire « sachez que le « mal du cordon » n’est pas si rare » histoire de laisser leur place à toutes celles qui prennent l’envol de leur enfant avec sagesse et relative tranquillité d’esprit… je vous envie!
          Disons que, comme le souligne Lise, le fait d’avoir perdu un enfant, même longtemps avant, est toujours là en filigrane.

      1. Muriel

        ah, ben non, pas moi. Quand mes enfants sont partis de chez moi, l’un après l’autre, j’ai éprouvé à chaque fois une sorte de soulagement, genre: « mission accomplie ». J’étais contente qu’ils n’aient plus besoin de moi, et de retrouver mon indépendance. Bien sur, il m’est arrivé de me faire du souci pour eux, de loin, surtout quand mon grand me racontait qu’il sautait des falaises avec un parachute et une wingsuit qui se mettait en vrille malencontreusement. En fait, c’était surtout sa peur à lui rétrospectivement qui me touchait. Mais je me dis que si l’un de mes enfants doit mourir, cela ne changera pas grand-chose à mon quotidien. La mort est le risque de la vie.

        Cette mère dont le fils est mort de froid dans sa voiture, au moins elle peut penser qu’il ne s’est pas vu mourir, qu’il n’a pas souffert.

  21. Gomez-Périneau

    Merci pour ce livre, merci pour la musique qui dansent avec vos mots. Merci pour votre courage, pour votre savoir. Merci pour tout ce que vous m’avez appris en dehors des gestes qui sauvent ou du nom des maladies. J’ai aimé, je me suis amusée et attristée au rythme de vos mots. J’aimerais un jour croiser votre route, et comme je suis déjà une vieille dame, me faire éventuellement soigner par vous !

    Mariethé

  22. Cath

    Et si je réfléchis un peu… Le témoignage retranscrit par Baptiste a rappelé ou ravivé des chagrins immenses, des absences douloureuses.
    Mais qui parle de la solitude du médecin qui reçoit ces personnes blessées, qui écoute, qui prend cette douleur et qui fait face pour aider et pour apaiser ? Comment fait le soignant ? Qui l’aide et le console ?
    Prendre du recul, oui mais…
    Le soignant est humain lui aussi. Ne jamais l’oublier.

    1. Cath

      Je n’ai pas envie de me retaper Richard III – je n’aime pas les tragédies et celle-la est partculièrement sanglante.
      Alors, quelle citation ? A part « my kingdom for a horse », ou « où peut-on se garer ? », je ne vois guère. Par pitié, quelle citation ?

      Je préfère Le Roi Lear…

  23. AnSo Malnoë

    Je ne suis pas du genre sensible, mais ce matin j’ai envie de chialer. La mort fait partie de la vie, les mauvais choix aussi. Mais là, c’est trrop triste…

  24. Herve CRUCHANT

    évidemment, puisque c’était « Richard II »; d’aucuns verront dans ce lapsus mon gout immodéré pour la République ! bon. la citation c’est :

    « Tous les lieux que visite l’oeil du ciel sont pour le sage des ports et des asiles heureux. Instruis tes nécessités à raisonner ainsi, car il n’est point de vertu comme la nécessité. Persuade-toi non pas que c’est le roi qui t’a banni, mais que tu as banni le roi.-Le malheur s’appesantit d’autant plus qu’il s’aperçoit qu’on le porte avec faiblesse. Va, dis-toi que je t’ai envoyé acquérir de l’honneur, et non que le roi t’a exilé ; ou bien suppose encore que la peste dévorante est suspendue dans notre atmosphère, et que tu fuis vers un climat plus pur. Vois ce que ton coeur a de plus cher ; imagine qu’il est dans les lieux où tu vas, et non dans ceux d’où tu viens. Pense que les oiseaux qui chantent sont des musiciens, le gazon que foulent tes pieds un salon parsemé de joncs, les fleurs de belles femmes, et tes pas un menuet ou une danse agréable. Le chagrin grondeur a moins de prise pour mordre l’homme qui s’en rit et le tient pour léger.

    Shakespeare, in  » Richard II  »  » (sic)

    le lieu de pèche n’a pas d’importance pour ce que nous voulons faire du chalutage.

  25. Lise

    @paterdolorosa

    cette douleur que vous évoquez, je l’ai à peine effleurée lorsqu’après avoir perdu notre premier enfant, atteint d’une maladie génétique, il a été nécessaire de faire nos caryotypes respectifs pour savoir si nous pouvions envisager une autre grossesse ou pas ….
    15 jours d’attente, c’est si peu, mais 15 jours qui m’ont fait prendre conscience de ces questions qui se bousculent alors : et si nous devions dire adieu à ce désir d’enfant ? et comment continuer la route ensemble si cela vient d’un probléme porté par l’un de nous ? je ne cessais de me dire que si cela venait « de moi », je n’arriverais pas à me résigner à faire porter ce point à l’homme que j’aime ….
    nous avons eu la chance de ne pas être porteur de ce gêne « défaillant », et nous avons aujourd’hui deux petits d’homme à nos côtés …
    mais croyez moi, même si, comme tout parent, je serais intarissable lorsqu’il s’agit de parler d’eux, ces 15 jours de doute m’ont appris à toujours prendre des précautions en fonction du public … et cela s’étend également aux personnes célibataires, qui, ne trouvant pas l’âme soeur, se trouvent face à cette même douleur, complétement seules pour y faire face ….

    quant au dire/ne pas dire, perpétuel dilemne, je vous comprends également à 100% ….

    je vous envoie tout mon courage virtuellement

  26. manic

    comme on peut pas retenir nos enfants et les empêcher d’avoir froid.. un plaid et un sac de couchage dans la voiture ..mieux vaut avoir un peu froid mais pas trop , que de terminer sa vie sur une route …

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