Une histoire d’amour (partie 2).

Donc résumons : bizutage + verre cul-sec + moules + rognons + ketchup + Vodka/whysky/vin rouge… Ah oui, et la mayo (parce que sinon…)
Je pense que Socrate avalant sa ciguë aura eu moins de tremblements et d’hésitations que nous, pauvres bizuth défroqués… (remarque, Socrate avait une consolation : il allait mourrir, nous, nous vivrions AVEC ÇA jusqu’à la fin de nos jours…)
J’attrape la mixture tout en me bouchant le nez, je fais une grimace (genre Hulk à qui on ferait une épilation du maillot avec de la cire au piment d’espelette…)

Premier haut le coeur. Je survivrai (“I will survive”, comme chantait Gloria Gaynor avant de traverser la voie ferrée le jour de sa mort). 

– Maintenant les bizuths, c’est l’heure de la chorégraphie.

Nous voilà obligés de danser sur “Reape me” de Nirvana…

Un, deux, Nirvana !

Un, deux, Nirvana !

(Mais pourquoi j’ai pas mis un boxer moulant au lieu de ce caleçon qui laisse joyeusement gambader Zemmour et Naulleau aux vues et aux sus de tous !

Un, deux, Nirvana !

(Oui, petite précisions : j’appelle mes testicules Zemmour et Naulleau… Quand je les vois à la TV, j’ai une furieuse envie de m’assoir sur eux)

Donc, je danse… Avec trois grammes d’alcool dans chaque orteil…

Un, deux, Nirvana !

Un, deux, Nirvana !

Ça tourne un peu et si je continue à ne pas faire gaffe, je vais embrasser affectueusement le carrelage avec le front ou faire copain-copain avec le mur et sa belle bâche en sac poubelle vert.

– Ok, Bizuth, maintenant plus vite et sur une seule jambe ! 

Oh ? Il m’a pris pour Jean-Marie Bigard dans “Danse avec les Stars” ou quoi ?

Oh ! Le mur ! COPAIN ! Blâm ! Mur + bâche en sac poubelle vert !

Bravo le veau !

Ensuite on doit se passer une confiserie de bouche en bouche. Nous sommes dix. Je suis le troisième. Mon sort n’est pas le moins enviable… Je prends délicatement la confiserie des lèvres de M. (qui deviendra une très bonne amie à moi) et je la relâche entre les lèvres de B. (qui deviendra aussi un très bon ami…). Finalement, la confiserie fait un tour complet puis revient entre mes lèvres et rebelote.

La vérité ? Elle fit trois fois le tour complet… Aussi, je n’aurais pas dû être étonné le lendemain matin, lorsque je me réveillais avec, pour la première fois de ma vie, une “magnifique éruption vésiculeuse sur le coin gauche de la lèvre inférieure”. À vrai dire, nous étions sept. Sept à arborer une magnifique et cuisante “éruption vésiculeuse sur le coin gauche de la lèvre inférieure. ”

Ce fut notre première histoire d’amour… avec l’herpès. 

Ne me jugez pas : je ne savais pas trop ce qu’était l’amour à l’époque !

47 réflexions sur « Une histoire d’amour (partie 2). »

  1. Mamzelle B.

    Bonjour Dr B. !
    J’avais hâte de connaître la fin de cette aventure bizuthesque ! Je m’attendais à pire, je l’avoue, ayant entendu pis que pendre des initiations dans les corpo’ de médecine. J’ai adoré l’image de Hulk se faisant épiler le maillot et j’ai eu une pensée émue pour le personnage de Gibson dans “Ce que veulent les femmes”, quand il teste la cire chaude. Naaannn, je mens : en fait cette scène me fait pleurer de rire chaque fois que je me la remémore. Au passage, je vous la conseille vivement si vous ne connaissez pas, c’est un moment d’anthologie, comme la poursuite d’Edgar par Napoléon et Lafayette ou celle de Sally et Harry dans le restaurant. Merci pour vos chroniques, parfois douces-amères, parfois hilarantes mais toujours si humaines. Une question me taraude cependant : QUAND venez-vous à Montauban ?!
    Bise.

  2. Le Norcy

    Pour info bibi , c’est Rape me (viole moi …) tout dans le contexte… J’ai heureusement éviter l’époque du bizutage ^^
    Bisous sans herpès.

    1. Cath

      La confiserie , c’était quoi ? Une cerise ?
      Question existentielle , parce que pour savoir qui a fait le cake…
      Ok, je sors, suis fatiguée moi.

  3. La bestiole

    Merci merci ! Tous vos messages c’est un peu de la vie de chacun qui passe par la toile.
    Et dans le Limousin, vous venez quand ?
    Je vous serre fort dans mes petits bras musclés ;o)

  4. Lisette

    hihi finalement c’est moins “hirk” que ce que j’imaginai !!
    la bise !
    ps: j’ai pas fait médecine, mais moi aussi j’ai déjà fait bonjour au mur avec 3g d’alcool par orteil 🙂

  5. lucbo

    AH? J’aime bien les histoires du Bibisexuel!!! J’aurais voulu voir ça 😉 Ceci dit l’herpès est une belle s…perie qui peut être fort douloureuse autrement placée!!!

  6. Maëlle

    Je pense que je n’ai pas eu de chance : malgré mes nombreuses embrassades enivrées lors de mes soirées carabines et bizutages, j’ai fini par attraper la primo infection herpétique buccale (conseil : ne cherchez pas “stomatite herpétique” sur google image) un an après avoir rencontré mon compagnon actuel ! Et promis il était le seul à qui je partageais ma bouche ^^

    Comme quoi, peut être que les soirées préservent, parfois 😀

    Plus sérieusement, merci à toi pour toutes ces histoires, elles m’aident à me rappeler pourquoi je fais médecine quand les temps sont durs 🙂

  7. Ahava

    AAAAAAH mais c’est HORRIBLE.
    Je sais que ça aurait pu être pire, mais niveau peur des microbes, je suis Sheldon Cooper dans The big bang theory.

    1. Libellule

      Oui, moi non plus, le délire masochiste sur fond de chanson “viole moi” avec maladie contagieuse qui ressortira épisodiquement toute la vie, ça m’inspire pas…
      Et encore, ils ont eu de la chance, maintenant certains bizuteurs diffusent photos et/ou vidéo des bizutés (évidemment pas à leur avantage) sur les réseaux sociaux. Certains les identifient même. Une jeune collègue s’est ainsi retrouvée face à des photos d’elle topless et vomissante lors d’un entretien d’embauche, pour lui expliquer qu’on ne recrutait pas des gens qui “s’affichaient comme cela sur internet où les patients pourraient la voir”. Elle n’avait aucun souvenir de la soirée, l’alcool aidant.

  8. marie

    l’air pèse …devant ces orteils embouteillés…. l’autre tantôt j’entendais dire que mam de Sévigné appellait ses pieds les souffrants , je suis moi même en délicatesse avec mon petit orteil gauche depuis une félure de déménagement , ne jamais déménager avec des boots à talons BREF cette photo d’orteil me lance des signes de violence suraiguës à chaque fois que je la regarde.
    en fait , je crois que ce soir j’écrirai à peu près n’importe quoi pour conjurer une autre image, l’image de ce camion en bordure d’autoroute remplis des corps de ceux qui croyaient fuir l’horreur . L’air pèse …vraiment

    1. Libellule

      Ô Marie, je suis d’accord. Ce n’est pas de l’indifférence, ça me touche, mais que faire, moi qui parviens à peine à soulager quelques personnes (les bons jours), face à ces milliers de gens désespérés 🙁

  9. Soulalune

    De tout coeur avec toi Marie … mon coeur se serre à la pensée de leur fin épouvantable … tout ça pour une vie meilleure et dans l’indifférence quasi-générale 🙁
    Mais quand et comment cela va-t-il s’arrêter ?

  10. Cath

    Moi qui n’ai jamais écouté Nirvana, le ” reape me” ne me choquait pas outre mesure pcq je pensais que c’était une référence à Jacquot l’étripailleur. Tout faux, comme d’hab… Bah, j’ai quand même pas envie d’écouter un groupe de zozos qui brament ” rape me”. Même pas en rêve !
    Ah mais !

  11. Eumenide

    nourrir prend 2 R car on mange beaucoup, et mourir ne prend qu’un seul R car on ne meurt qu’une fois…
    j’adore ce truc mnémotechnique , pour une fois que je peux le resortir.
    Désolée de t’avoir loupé au domaine de Rombeau il y a quelques mois déjà.
    Et sinon l’anecdote légère sur les carabins me rappellent ma jeunesse falucharde il y a longtemps, au milieu d’histoires qui nous apprennent à tenir notre role de malade, à la fois en terme de respect du soignant et de soi même.

    Bonne nuit

    1. marie

      un monde inconnu vient de se révéler à mes quinquets ensommeillés je viens de lire “introduction à la faluche” jamais entendu ou vu d’étudiant arborer la faluche… t’en dis quoi Grand!
      je kiffe la mnémotechnie des “r” à trop se nouRRir on finira de toute façon pas mouRir… guéRir c’est une gueRRe qui t’agueRRis …qui t’as guéRie. (frappage de front!yo!)

      1. adèle

        Pendant mes études, ça n’existait plus, c’était considéré comme réac et machiste.
        La faluche et ses rites a fait un retour en force depuis quelques années.

        J’ai suivi un peu par fils n°2, grand chambellan, grand maitre et … grand fêtard.
        Il a fait le tour de France de fêtes en fêtes, a redoublé une année de fac, mais a … appris à coudre ! (les faluchards doivent coudre eux-mêmes leur béret couvert d’insignes)
        Il n’est plus étudiant, mais a du mal à quitter cet univers, où il trouve, je pense, une certaine fraternité.

        1. marie

          rhâââââ folle jeunesse ….une sorte de compagnonnage de la bouteille en somme j’ai un petit cousin qui a du faire ça mais en prépa ingé , ça pardonne pas !!!

      2. Grand33

        J’en dis que n’ayant pas été étudiant je n’ai pas connu la faluche et encore moins le bizutage. Mais étant du sud-ouest et fréquantant les établissements à licence IV, en lieu et place de la fac, j’ai bien pratiqué Dax Bayonne San Sebastian voire Pampelune et je crois que ce n’est pas mieux qu’un bizutage faluchard géant …….
        Ha ! Jeunesse quand tu nous tient .
        Gros kiss la bleue

  12. heliotrope

    et-ce qu’on a le droit d’écrire qu’on trouve ça dégoûtant ?
    beurk !
    l’humoristique sensible du blog me manque
    et le sensible drôlatique encore plus !
    please …

  13. Cilou

    Purée… quand je pense au nombre considérable de mecs (et nanas) que j’ai galochés, je n’ai JAMAIS chopé d’herpès. Toi tu partages un bonbeck avec 9 personnes, et tu le chopes. Pas d’bol quand même.
    (((C’est con je pensais te galocher le 12, du coup je laisse tomber 😛 )))

    Allez kiss <3

    1. Libellule

      Oui, c’est vrai ça 🙂 peut-être que quand le/la partenaire est choisi(e) et non imposé(e), d’instinct on écarte les herpétiques 😉 ?
      Bises sans herpès, Cilou !

  14. titou59

    J’ai une question qui me tarabuste … Est ce que M.(qui deviendra une très bonne amie) et B. (qui deviendra aussi un très bon ami) font parti des 7 chanceux à la loterie de l’herpès ???
    Non, mais parce que c’est une question essentielle non ?

      1. lectrice boulimique

        pour créer des liens je préfère, au bonbec parfumé à la vérole buccale, la (re)lecture de st-exupéry:

        “Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
        – C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “créer des liens…”
        – Créer des liens ?
        – Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
        (…) Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé (… ) S’il te plaît… apprivoise-moi !
        – Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
        – On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
        – Que faut-il faire? dit le petit prince.
        – Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…
        Le lendemain revint le petit prince.
        – Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites.
        – Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
        – C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.
        Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:
        – Ah! dit le renard… Je pleurerai.
        – C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
        – Bien sûr, dit le renard.
        – Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
        – Bien sûr, dit le renard.
        – Alors tu n’y gagnes rien !
        – J’y gagne, à cause de la couleur du blé. (…) Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
        – L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
        – C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
        – C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
        – Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
        – Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

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