Un gars dur.

L’histoire c’est J., infirmier, l’écriture c’est moi. Juste merci !
Pour raconter, c’est ICI

Alors voilà il arrive grand, cassé en deux tellement il est grand, gras aussi, un peu rouge, la voix éraillée mais douce, la peau pelée et sèche.
C’est le Père GéantVert
Un gendarme dirait “tiens, voilà un client pour nous…”
Un boucher dirait “tiens v’la l’équarrisseur !”
J. est infirmier, il dit donc “tiens, v’la un patient.”
– Qu’est-ce qui vous amène ?
Réponse laconique :
– Mal à la main.
L’infirmier commence à dérouler le bandage de fortune que s’est confectionné Père GéantVert.
– Racontez-moi, demande J.
Nouvelle réponse toute aussi lapidaire :
– J’ai mis la main où je devais pas.
– C’est à dire ?
((((( Oui, les soignants sont chiants, ils aiment bien savoir le pourquoi du comment, ça permet de savoir quel traitement donner, pour quoi et comment…))))
– J’étais aux champs, je poussais la machine pour sillonner la terre… (Haussement d’épaules.) …et j’ai mis la main où je devais pas !
Lampion clignotant dans la tête de l’infirmier : TÉTANOS FIESTA ! TÉTANOS FIESTA ! TÉTANOS FIESTA !
– La machine était propre ?
Magnifique réponse du Père GéantVert :
– Ben oui, c’est ma terre qu’elle sillonnait !…
(Évidemment.)
– J’avais pas le temps de rentrer, je me suis occupé de la plaie en enveloppant le tout avec ma chaussette.
– Votre chaussette ?
– Ben oui, j’avais rien d’autre ! Pas de bandage, rien…
– Elle était propre, cette chaussette ?
Magnifique réponse :
– Ben non, c’était une chaussette !
(Évidemment.)
– Vous avez désinfecté, au moins ?
– Non, non, j’ai pas eu le temps de refaire le bandage…
– C’était quand ?
-Trois jours.
J. ouvre le pansement et là, savez-vous ce qu’il trouve ?
LA chaussette, celle qui est sale (parce que sinon c’est pas rigolo…)
Depuis trois jours.

Il y a des gars durs, je veux dire : il y a VRAIMENT des gars durs.

56 réflexions au sujet de « Un gars dur. »

  1. Anne

    eh oui, y’en a des comme ça, qui prennent pas le temps de s’occuper d’eux, y’a toujours des choses plus importantes à faire, surtout en agricole, puis on n’est pas des mauviettes, vu ? Bon ça me rappelle celui qui est arrivé aux urgences avec un trou comme une balle de golf sur l’arrière du cou, il s’était juste pris un “éclat” de bois en le refendant pour sa cuisinière. Mais le matin l’oreiller était sale, alors il fallait s’en occuper, mais seulement après la journée de travail … Solitude, isolement.
    Merci Bibi pour toutes tes histoires, c’est sympa que tu prennes le temps de t’arrêter pour nous en faire profiter, tu dois bien courir au quotidien dans le travail. Bon vent, yala !

  2. Claudia

    Je me rends compte que tes histoires je les ” écoute ” souvent bouche entrouverte… Et parfois je m’étonne des mots qui me viennent à l’esprit, quelqu’un de mon entourage se prendrait la main dans une machine pleine de terre et se ferait un bandage avec une vieille chaussette, je lui demanderai un truc du genre ” T’es con ou t’es con ???!!!”.
    Puis toi tu racontes ” – La machine était propre ? Magnifique réponse du Père GéantVert :
    – Ben oui, c’est ma terre qu’elle sillonnait !… ” Et je ne vois plus la ” bêtise ” du geste, je vois la poésie innocente de la réponse, l’amour et le respect de sa terre et me dis ” Ouais, sa réponse est magnifique “…
    Tu vois c’est ça que j’aime lorsque je te lis, tu es de ceux qui me rappellent que la poésie on peut la trouver partout, pour peu que l’on laisse à nos regards au moins un peu de la nécessaire aménité.

        1. Florian

          Claudia, vous m’ôtez les mots de la bouche! Je crois que notre doc de service aurait pu pratiquer n’importe quel métier, il nous en aurait rapporté des histoires magnifiques et magnifiquement écrites.

        2. Claudia

          Ben c’est pour ça que je dis “tu es de ceux qui me rappellent que la poésie on peut la trouver partout” et pas “ce monsieur me rappelle (à tarte) que la poésie etc…”
          Que l’auteur se fait passeur/conteur, c’est un fait… Et c’est bien fait justement ^^
          Parce que la poésie il sait la chercher, la trouver et la retransmettre… Peut-être pas à chaque fois mais souvent ^^

        1. Claudia

          Les slips sont des êtres humains ??? Je veux bien porter le charmant barbu que j’ai rencontré samedi soir alors ^^ (C’est bon —–> [LOIN])

  3. Zéphine

    Des Pères Géantvert, j’en ai côtoyé plus d’un. Feu mon grand père était des leurs… Plusieurs fois, il s’est pris de vertes engueulades par Mère Géantvert (aka ma grand-mère), parce qu’il revenait tard le soir avec des blessures qui aurait nécessité des soins (trois doigts cassés, un pied broyé par le sabot d’un taureau, etc). Mais à chaque fois, Père Géantvert à rigolé, disant qu’il fallait bien que quelqu’un s’occupe de la traite / mener les bête au champ / endenner le foin / ramasser les betteraves…
    Mon grand père Géantvert n’était pas si géant que ça, plutôt le genre petit et maigre, limite chétif. Mais l’amour qu’il avait pour ses terres et ses bêtes faisait de lui un surhomme peu sensible à la douleur (ou complètement stupide, c’est possible aussi…). Parfois, lorsque je chouine à cause d’une coupure de feuille de papier, je me dis que je suis indigne d’être sa petit-fille.

  4. Miss Niet

    Mes soignants doivent se souvenir de mon passage aux urgences aussi… J’avais le doigt cassé depuis 2 jours et je suis arrivée en disant que quand même ça faisait un peu mal et que je craignais que ça soit plus que foulé.
    Ou un trauma crânien ouvert parce que quand même, les coups à la tête vaut mieux montrer.
    Et à ma seconde fracture du doigt avec le sourire: bonjour, c’est pour une fracture !
    Mon mg s’y est fait… “je crois que j’ai une infection urinaire” “euh… Et l’oeil au beurre noir ?” “oh c’est juste un pogo !”

    On prend pas tous les choses pareilles quoi 😉

    1. claireo

      Pareil. Je suis restée une semaine avec une fracture de la cheville, pensant que c’était une bête entorse. Ca faisait un peu mal mais pas tant que ça. J’avais des béquilles à la maison… Je n’ai fait la radio prescrite que 8 jours plus tard, quand j’ai eu 5 minutes.

  5. elwynn

    j’espère pour lui que la TÉTANOS FIESTA! a pas été trop grave.
    Merci doc Bibi pour toutes ces histoires et aussi pour avoir pris le temps, malgré un emploi du temps surement charge, de répondre personnellement a mon email.
    bises américaines

    ps: j’attends la version anglaise de ton livre, que je puisse le faire découvrir a mes amis ici.

  6. Sofie

    Histoire déroutante de naiveté et de poésie certes, mais néanmoins difficile à percevoir tôt le matin, à jeun, au sortir du lit…
    merci Baptiste

  7. titou59

    arff ça me rappelle la fois où j’ai bêtement glissé, les pieds pris dans le tapis, et où je me suis explosé les 2 poignets contre le mur (j’ai voulu protéger ma tête qui sinon se serait cogné contre le dit mur, donc, mains en avant, bras relevés … et pif le mur !).
    Comme j’avais un peu mal, surtout au poignet droit, je suis allé faire des radios … sauf que j’étais en vacances du lendemain et j’ai oublié d’aller chercher mes radios et le contre rendu le soir …
    J’y ai repensé après 3 semaines ! (2 semaines de vacances) et 1 semaine de reprise de taf.
    Me suis fait vertement enguirlander par la secrétaire du radiologue… fracture du scaphoïde !!! LOL
    Bon, pendant mes vacances, j’avais bandé mon poigné tous les jours … bref, même si ça tire encore un peu, ça va quand même 😉 Je l’entends encore me dire “mais enfin, que voulez vous que l’on fasse pour votre fracture au bout de 3 semaines ????” J’avoue que c’était pas cool pour une geek comme moi d’avoir une fracture du scaphoïde du poignet droit (ben vi, la souris c’est pas top , j’avais du mettre un petit coussin sous le poignet pendant mes 15 jours de repos pour pouvoir surfer sur le net). Mais à ma décharge, je pensais que c’était une petite entorse … Moralité, si vous allez faire des radios, pensez à aller chercher les résultats ! lol

  8. titou59

    *compte-rendu
    désolée pour les fautes, j’ai une angine carabinée et la fièvre empêche mon cerveau de réfléchir correctement 😉

  9. Raphy

    C’est vrai que la sortie poétique est surprenante dans le contexte.
    C’est du Pagnol en fait ! Le Château de ma Mère… de mémoire, une sorte de princesse en jolie robe blanche aborde le petit Marcel, lui attrape la main et lui jette un truc du genre “Bah ! C’est dégouttant ! T’as les mains toutes sales”. Et le petit Marcel lui retourne le fameux “C’est pas sale : c’est de la terre”.
    C’est juste beau. Et ça exprime tellement de choses que les gens de la ville sont incapables de comprendre…
    Sinon, le Tétanos, c’est pas drôle. Un proche pourtant habitué aux travaux “des champs”, pompier bénévole et croc-mort à ses heures perdues (toujours près à rendre service, même les plus repoussant – donc) est mort d’un Tétanos foudroyant en 3 jours.
    Il vaudrait donc mieux éviter de jouer au plus malin, même avec des égratignures qui semblent bénignes !

  10. Gabrielle

    titou, ton histoire me rappelle un peu la mienne. Je me levais du lit et mon chausson est resté collé au sol à cause d’un peu d’eau. Mon pied ne s’en est pas aperçu, et il a continué son mouvement rotatif. Je suis tombée de tout mon long, j’ai réussi à éviter la porte sinon elle me refaisait le portrait. A ce moment là j’avais si mal que je me suis mise à pleurer dans les bras attentif de mon mari. J’avais beau lui dire que ce n’était rien que la douleur s’était atténuée après la surprise de la chute, il a couru à la pharmacie pour me chercher des béquilles.
    Quelques jours après, j’avais rendez-vous à la médecine du travail car j’étais en arrêt depuis déjà plusieurs semaines, et le médecin m’a vertement engueulée en m’obligeant à passer une radio.
    Verdict : double arrachement osseux et incapacité de travail prolongée ; port d’une attelle doublée d’une chevillère pour maintenir le tout.
    Après la douleur des premières minutes, celle-ci s’était tant atténuée que je ne pensais pas que c’était si grave…

  11. Herve CRUCHANT

    On n’oublie rien. On s’habitue, c’est tout. (J.B)

    J’ai vécu longtemps avec une fracture douloureuse qui ne pouvait réduire. Certains d’entre vous -et même certaines- ont eu cette expérience, comme je le lis dans vos commentaires. Mais chacun garde de ses maux une sorte de relation particulière. Presque affective, si je puis me permettre. Jusqu’à ce que la vie vous apporte l’apaisement. Mais on n’oublie rien, on s’habitue, c’est tout.

    Ainsi, j’avais eu trop jeune le cœur brisé par une que j’aimais et qui ne m’aimais plus. Et cette fatale fracture me faisait un mal … Jusqu’à ce jour où une douce et nouvelle amie m’offre son affection. Je me rappellerai toujours du ciel clair et lumineux comme on n’en trouve qu’à la campagne, à noël.
    Elle avait bien fait les choses. Elle avait mis son cœur et le mien sur la poutre de l’âtre. Bien au chaud.
    Dans une chaussette.

    1. marie

      le grand avantage de l’âge c’est que les fractures du myocarde d’antan se ressoudent inexorablement, jour après jour, indolentes… elle veillent et repointent leur nez à la faveur d’un poème, d’un parfum… d’un rien alors? alors… “on chante, on chante, on chante ” à la Stromae.
      “Sois sage ô ma douleur et tiens toi plus tranquille” (C.B)
      Rafales de cilous……. tiens en parlant de Cilou, non mais allo quoi! ta boîte est pleine fais quekchose’

        1. marie

          désolée… autre approche “la douleur d’hier est la force d’aujourd’hui” Paolo Coelho ne lire que son livre “l’alchimiste” trop de la balle et écoutes la musique , t’as un lien plus bas et puis les chausettes au placard puisqu’il y a du soleil aujourd’hui

          1. Cath

            Je m’étais réveillée au son du concerto pour piano de Chopin, moi. Même si ce n’était pas Rubinstein au piano, j’étais bien. Et vous débarquez avec vos chaussettes noires (pas facile à placer celle-la) et vos fractures.
            Miles Davis me flanque un peu le bourdon, même si j’adore ” squetches of Spain”. J’ai lu l’alchimiste, il y a longtemps. Et maintenant, je lis Juan Rulfo : je ne devrais pas. Il me flanque le moral en berne. Encore heureux que j’aie planqué la divine comédie, je ne m’en remettrais pas … Vais laver mes chaussettes, ça me changera les idées tiens.

    2. LydieCor

      Oh non Mr Cruchant, je ne pense pas que l’on s’habitue … Le Dr est poétique… Les odeurs, l’aspect des plaies et de ses habitants quand la nature est généreuse… Je vous assure, rien n’est plus surprenant que de mettre une plaie au grand jour. À chaque fois, on pense avoir vu le pire, mais le soignant est naïf et plein d’optimisme… Amitiés

  12. atanase

    J’ai un grand oncle (schizophrène et alcoolique) un peu comme ça.
    Un jour autour de l’hiver 2005, à force de conduire complètement bourré, accident en voulant éviter un éléphant rose sur un petit chemin de campagne. Il s’est retrouvé littéralement scalpé, plus de cuir chevelu sur le haut du crane.
    Un jour ou deux après, quand les gendarmes sont venus dans sa ferme (immense demeure qu’il s’applique à remplir consciencieusement du sol au plafond d’ordure diverse et d’objet volés un peu partout), il a dû aller à l’hôpital.
    Une fois sorti, il n’a jamais refait ses pansements.

  13. monkaleidoscope

    euuuuh, l’a lair drôlement occupé, quand même, ce gars dur ! (puisque pas eu le temps en 3 jours de changer un pansement ou de se soigner …)

    d’après celui qui tua le shériff (mais pas son adjoint) :
    « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort est la seule option »

    je dis ça, je dis rien …

  14. Bewe

    Alors euh
    1- bon appétit
    2- bonne nouvelle : une société vient de sortir des slips parfumés.
    Bon ben après ces bonnes nouvelles, je vais de ce pas préparer le gloubiboulga du soir.

  15. Ahava

    J’ai pensé au début: Oh-my-God. Et au fur et à mesure du texte, j’avais les yeux qui sortaient de la tête, de plus en plus.

    Et je me suis souvenue.

    Etudiante an art graphique, je devais terminer une sculpture en fil de fer.
    C’est très très pointu, l’extrémité d’un fil de fer, c’est pourquoi il faut toujours le recourber avec une pince: ça s’appelle mettre une sécurité. Et donc, je me suis transpercé le doigt en recourbant le fil. Ouille. Ça gicle. Petit tour à la pharmacie, on désinfecte, on met un petit bandage.
    Quinze jours plus tard. Je cherche quelques pièces de monnaie dans mon sac à dos pour acheter un fer à souder afin de terminer la sculpture en fil de fer quand SOUDAIN c’est le drame: mon doigt est tombé sur le scalpel qui s’était débouché dans le bordel de mon sac.
    Ça pisse le sang, j’en fous partout sur moi, je suis dans la rue et je fais peur aux gens.
    Deux heures plus tard, après le trajet en métro jusqu’au cabinet du médecin de famille. Je lui raconte ma petite histoire puis je lui explique que je n’ai pas fait le rappel du tétanos. Achat du vaccin chez le pharmacien en catastrophe, appel à ma mère.
    – je rentre un peu tard, je me suis un peu coupé le doigt, je vais faire le rappel du tétanos chez Mister Docteur.
    -Hein??? JE T’ ACCOMPAGNE TOUT DE SUITE!! LES VACCINS ÇA DONNE DE LA FIEVRE!!!
    – Non mais c’est bon, je maîtrise la situation, tout va bien, je vais juste chez le docteur.
    -…..
    J’arrive chez gentil docteur qui fait les vaccins du tétanos, lui montre le massacre, on fait la piqûre, et là il remarque l’état de mes pieds pleins d’ampoules.
    – Vous avez des chaussures neuves?
    – Oui, j’ai besoin de les faire un peu.
    – Vous avez cent fois plus de chance de choper le tétanos par les pieds juste en marchant que par votre coupure.
    – Ah bon?
    – Ecoutez, sachez une chose: entre la chaussure et le pieds, c’est toujours la chaussure qui gagne.
    Puis faudrait songer à travailler avec des gants en cotte de maille.

    Donc, Quinze jours avant les examens de fin d’année, je ne pouvais plus bouger le bras gauche pour une raison que je ne m’explique pas, j’ai eu un zéro à la sculpture de l’Enfer, mais j’ai eu mon année. Faut pas déconner.

    1. marie

      excellent…sculture d’Enfer et entre la chaussure et le pied c’est toujours la chaussure qui gagne d’où ” trouver chaussure à son pied” …mais alors …abyme de réfléxion …pourquoi la chaussette?

  16. P.

    Bon sang, pouffer de rire en plein milieu d’un cours… Ca m’apprendra à être sur internet pendant un cours >_<

    Les gens ont des idées formidables des fois ! Ca me rappelle une amie qui avait fait du trampoline le soir du réveillon du nouvel an, qui était retombée sur sa main, et qui nous répétait "mais si, si ça va" (et elle n'avait même pas bu, pour les plus sceptiques)… Le lendemain elle se lève, sa main c'était celle de Mickey, mais en bleu… Elle a mis trois jours à aller aux urgences, parce qu'elle répétait "mais si, mais si, ça va"… Bilan des courses, elle s'était cassée les os dans la main, elle a eu droit à une plaque avec des vis…

  17. MarionLR

    Il existe aussi des p’tites nanas dures…
    Chute de ma filles de 4 ans, entraînée par surprise par sa grande sœur dans un saut de 1 m environ. Pleurs, bobo au bras…
    On manipule doucement elle a mal mais ne pleure plus. Hésitation pour aller aux urgences. On est dans l’île de ré un week end de 14 juillet…. Too bad. On décide d’observer un jour avant de débarquer à l’hosto. Au cas où, en attendant, on immobilise le poignet à la Mac Gyver, La louloutte repart jouer, on se dit que ça va… Le lendemain, elle attrape les cordes de la balançoire et se hisse à la force des poignets. En grimaçant un peu, certes, mais bon, nous on pense qu’on ne fait pas ça quand on a vraiment mal! Les jours se suivent avec une activité normale et peu de plaintes, on pense à une petite entorse…….. 15 jours après, je raconte l’aventure à un copain radiologue qui me dit: passe quand même me voir, je vais vérifier qu’il n’y a pas eu de fêlure. Il vient me chercher dans la salle d’attente: ouh la! C’est pire que ce que je pensais: radius cassé de part en part!!!! Déjà resoudé et bien en place!
    Moi qui suis plutôt du style à emmener mes filles aux urgences pour demander des points de sutures après une piqûre de moustique, je fais un malaise a posteriori… Je peux vous dire qu’au vu de ce que ma louloutte a fait avec son bras cassé, c’est VRAIMENT une p’tite nana dure!!!!

  18. Herve CRUCHANT

    @anatase. belle histoire d’un héros de la vie… visage pâle scalpé, indien satisfait !… c’est peut-être qu’il savait pas que les Arts Graphiques mènetatou, l’Ancien. Même en enfer !
    Comment çà, tout ceci n’a ni queue ni tête ? et alors ? même pas mal !

  19. patchina

    Bonjour,

    toujours aussi bien raconté et partagé de votre part Baptiste..
    j’aime tous ces gens là, toute cette humanité.. avec ou sans chaussettes 🙂

    Bacio a tutti*

  20. Mel

    Une fois j’étais en stage (je suis infirmière) dans les Urgences d’un hôpital de campagne. Un Monsieur, agriculteur de son état, est arrivé en tenant sur son front un pull détrempé de sang. En bricolant son tracteur, il s’était pris un retour de cardan (ou quelque chose dans le genre, je ne suis pas experte en tracteur) dans la tête, il venait de conduire environ 35 km dans sa Super5 en compressant son artériole explosée, et donc le mini geyser qui va avec, avec son pull. Tranquillou.

    1. marie

      moi aussi infirmière en chirurgie j’ai vu arriver un patient qui venait de faire 30 km en conduisant sa voiture , la main explosée.ironie de l’histoire c’était mon cousin du coup je lui ai fait la leçon et il me dit j’ai fait un malaise en roulant ..INCONSCIENCE quand tu nous tiens !!!

  21. muscadinepistou

    Merci Bibi, tu m’as ramenée à mes années d’enfance à la campagne, “à la terre”, où, effectivement, les échardes on se les enlevait au couteau. A vous lire tous, on ne peut qu’être émerveillé(e)(s) des capacités de notre corps, dit humain, à supporter la douleur et à nous faire avancer quoiqu’il arrive. Notre médecine, et notre société, n’admet plus l’éventualité “d’avoir mal”, et de ce fait, nous prive de notre capacité naturelle à outrepasser la douleur (vous avez dit endorphines ??). Au point que nos chérubins, lorsqu’ils s’esbignent le genou sur le macadam de la cour de récré, réclament un cachet ! Faut voir leur tête quand je leur réponds qu’entre le béton et eux, c’est le béton qui gagne, et qu’ils auront mal pendant 3 jours !!! et sans cachet !! Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas traiter la douleur ; au contraire. Il y en a de telles qu’il serait totalement inhumain de ne rien faire. Mais la réaction de la pitchoune de MarionLR nous montre qu’elle a intégré que la douleur faisait partie de sa vie, et qu’elle fait confiance à son corps et son cerveau pour gérer. Après elle va apprendre à repérer le seuil à partir duquel il faut courir voir Doc Bibi !! On voit bien que l’appréciation de la douleur est strictement individuelle, et sans rapport avec la gravité souvent. Bien qu’elle soit un signe d’alerte, de mise en danger du corps, certains ont plus que d’autres la capacité de ne pas la traiter comme une priorité de survie, cette survie se situant ailleurs…

  22. Titane

    Je n’ai jamais laissé de commentaires même si je suis une fidèle lectrice de ces belles histoires. Mais aujourd’hui, je me sens un peu concernée car j’ai épousé un Père Géant vert. Mon mari agriculteur a eu la bonne idée pendant la fauche des foins de se tailler un short à partir du jean qu’il portait sur lui. Et bien sûr, pas la peine de l’enlever pour découper la toile à coup de couteau (pourquoi perdre du temps ?). La lame a fini dans la cuisse avec une belle et profonde entaille. Moi, j’ai découvert le truc au moment où il partait à la douche. “Qu’est-ce que tu t’es fait ?” “Rien” “C’est quoi, rien ?” Évidemment, pas très fier de raconter sa connerie. “Je me suis trouée la cuisse” “Et pourquoi tu ne m’as pas appelée, on serait partis aux urgences” “pas le temps, je me suis soignée” “Ah oui, et comment ?” “J”ai pris un kit de suture pour les chèvres (mon mari élève des biquettes) et je me suis fait trois points !” “Sans anesthésie ?” “Ben oui, pfff” En fait, j’ai peut-être épousé Rambo….

      1. P.

        L’anesthésie c’est pour les faibles ! Pourtant d’après Cilou, les hommes sont des chochottes dès qu’ils ont un petit bobo… Serait-ce que le tien est un sur-homme ?!

  23. Elle

    Le gars un peu « rusto » du genre à garder ses chaussettes quand il fait l’amour.
    C’est mieux ou c’est moins bien quand il n’en a qu’une ? A savoir!

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