La fille qui avait le nombre d’or sur son visage.

Alors voilà, c’est l’été. J’ai chaud…
Je marche vers l’hôpital, j’ai des papiers à faire signer pour ma thèse.
Minute Kéké-boy : sur le chemin, je bombe le torse, belle chemise, beau pantalon, petite poussée de confiance en moi qui fait du bien. Barry White résonne dans ma tête, je ne marche pas, je vole, j’ai envie d’emballer le monde entier.
On ne peut pas prétendre aimer l’être humain sans, aussi, l’aimer tout nu et dans son lit. Je suis une machine à Bounga-Bounga en train de faire chauffer la mécanique.

[

Minute Haïku japonais :

Barry White chante,
Tout est bien,
Claquettes sur le trottoir.

]

Mona-Lisa passe sur son vélo.
Je vois ses yeux.
La symétrie de son visage : là est la vraie beauté, la capacité d’un visage à être parfaitement symétrique. Tout y est harmonieux. Elle est sublime. Il y a quelque chose d’indéfinissable, une alchimie calculée et délicate.
On croit un peu en Dieu quand on la regarde.
C’est ELLE ! La belle patiente rencontrée durant un de mes stages, il y a longtemps.
Elle aussi grimpe vers l’hôpital. Mais en pédalant comme une forcenée.
Elle n’a pas changé…
Le nombre d’or tire tous les traits et tous les angles de son visage, du coin des yeux au creux… des reins.
Ses reins…
Son corps est d’une maigreur effroyable, les os tirent sous la peau comme des aiguilles à tricoter.
Elle n’a pas changé, hélas…
Elle est toujours aussi belle, toujours aussi maigre, toujours aussi anorexique.
Elle tricote sur son vélo de toutes ses forces.
Elle s’use. Elle ne m’a pas reconnu. Elle s’use. Elle a dû en voir, des externes, des internes et des médecins.
Elle s’use.
Moi, je la regarde et j’aimerais lui dire :
– Ce n’est pas à ton corps que je t’ai reconnu. C’est à ton visage. Il y avait le nombre d’or posé dessus. Tu le sais ?
Il y a des filles, on pourra leur dire qu’elles sont belles des milliers de fois, l’écrire, le crier, le poster sur un blog à succès, en faire des poésies et des chansons, elles ne vous croiront pas.
Alors voilà, je te le dis, si tu me lis : tu es belle, tu es vraiment très belle.
Toutes les parties de toi sont belles.
TOUTES

http://votre-anorexie.e-monsite.com/pages/aide-en-ligne-pour-anorexiques-et-boulimiques-telephones-et-adresses.html

5 réflexions au sujet de « La fille qui avait le nombre d’or sur son visage. »

  1. marie

    tu vas sur l’ancien site alors voilà, là en bas à droite dans ” et sinon” ; tu vas à la page 4 et bingo! 40 commentaires , SAV BLOGABIBI …. personnellement le plus beau des plus beau c’est “sous sol” avec la musique du Grand Doc ,

  2. Cam'

    J’tiens juste à dire que ce texte est magnifique, et qu’il a fait pleurer ma meilleure amie, une chic fille, une anorexique et pourtant il en faut pour la faire pleurer ! Ce site est super franchement, continue comme ça !

  3. Marion

    Je l’avais lu sur l’ancien site, je pourrai le relire, le relire et le relire encore, des centaines de fois, et chaque fois je pleurerai. Non pas parce que c’est triste, mais parce que c’est beau tout simplement. Parce que l’amour frappe n’importe où, parce que l’on peut s’attacher n’importe quand. Les sentiments surgissent quand on s’y attend le moins, l’attachement nous lie à l’autre sans prévenir. C’est tellement beau d’avoir sur lui dire, à travers ce texte, combien elle est belle, combien elle peut faire naître, chez l’autre, chez vous, ce sentiment positif et cette admiration peut être. J’espère qu’aujourd’hui elle va mieux, qu’elle s’en ai sortie et qu’enfin cette jolie Mona Lisa sourit à la vie…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *