Les pudeurs impudiques.

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(photo : Kumi Yamashita)

(Pour le texte d’aujourd’hui, tout commentaire déplacé finira immanquablement dans ma poubelle, avec mon smoothie fraise-banane périmé et la boîte de thon de midi. Bisous.)

Alors voilà, elles sont arrivées, elles étaient trois, elle portaient de longues robes, et un voile qui faisait ressortir l’ovale de leurs visages très pâles.

J’ai tendu la main, pour les saluer, mais je n’ai rencontré que le vide et leurs sourires, gênés. J’ai eu cette réflexion idiote : << Pourtant, elles portent des gants ! >>

Les deux plus âgées avaient 40 ans, la plus jeune 16. C’était elle qui avait mal au ventre. Je l’ai installée sur la table d’examen, dans la salle d’à côté, j’ai commencé à lui poser des questions. Puis j’ai écouté son cœur, puis son thorax.

Poumon droit.     Poumon gauche.

J’écoutais les gargouillis de son estomac, quand j’ai senti une présence derrière moi : les deux tantes, penchées au-dessus de mon épaule, scrutant chacun de mes gestes. Une gêne s’est installée, un silence assourdissant plein de sous-entendus.

Palpation : épigastre, loges rénales, hypogastre. Flanc droit. Flanc gauche. Zone péri-ombilicale. 

Et les regards des deux tantes, réprobateurs, suivant le trajet de mes mains comme on surveillerait un présumé voleur à l’étalage devant une pyramide de pommes. 

Je sais que cela peut paraître étrange, ou prétentieux, mais en 10 ans, j’ai toujours réussi à cloisonner. Les patients qui passent sous mes mains ont des sexes, bien sûr, mais un sexe « médical » (là, il faut visualiser un tiroir en bois de cerisier ouvrant sur des diagrammes, des examens, des pathologies, et des questions clés à poser absolument.)

Jamais je n’avais pensé que j’étais un homme et que mes patientes étaient… autre chose que des patientes. PAS UNE FOIS. Je ne sais pas pourquoi elles ont fait ça. Je ne sais pas. Toute la journée, j’avais le coeur au bord des lèvres. J’arrêtais pas de penser et repenser à ce qui s’était passé : est-ce que j’avais fait une erreur ? Est-ce que j’avais eu un comportement équivoque ?

Je me sentais sale, et j’en ai voulu à ces tantes d’avoir mis de l’impudeur dans la pudeur, de la sexualité dans << l’examen sémiologique d’une algie en fosse iliaque droite. >>

Qu’est-ce que j’aurais dû dire ou faire ?

Je ne sais pas. Ne pas me taire, peut-être. Je n’ai pas osé parler : d’habitude, je suis plutôt quelqu’un de pudique.

121 réflexions au sujet de « Les pudeurs impudiques. »

  1. c'line

    c’est tellement compliqué, tout ça…
    je pense qu’il n’y avait rien à dire, et rien à faire d’autre que ce que vous avez fait: votre travail, consciencieusement, avec bienveillance, comme d’habitude.
    vous le disiez vous-même après le 13 novembre: il faut leur sourire et il faut les aimer. Il n’y a que ça.
    je me permets de vous embrasser, avec pudeur…

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  2. Ahava

    Je hais le voile et tout ce qu’il re représente. Pas celle qui le porte, attention, ne pas voir de malveillance.
    J’ai travaillé en université dans une zone sensible. Je pensais naïvement qu’on n’avait pas le droit d’y porter le voile. Non seulement c’était le voile, mais le jilbab, cette espère de robe ou de tunique informe qui recouvre le corps et les cheveux, ne laissant voir que les yeux, le nez et la bouche.
    Elles ont 19 ou 20 ans. L’âge où on court après le bus, où on devrait rire, beaucoup, où on veut savoir ce qui est interdit, où on veut TOUT savoir. Elles sont étudiantes en philosophie. Je passe dans les couloirs et j’entends des discussions très sérieuses à propos de superstitions à base de djinn et de mauvais esprits.
    Je voudrais savoir pourquoi. POURQUOI. Pourquoi, avec ce qui est sensé être enseigné en philosophie, aucune ne se révolte et suit tranquillement le chemin qu’on lui a tracé. Pourquoi, parfois elles conspuent celles qui s’écartent du « droit chemin ». Certaines doivent venir accompagnées de leur grand frère pour pouvoir s’inscrire. Ils parlent à leur place. Je veux qu’on les laisse parler. Je veux que le mari arrête de venir au bureau pour contester les notes de sa femme, parfois en hurlant et en menaçant. Je voudrais qu’elles se débarrassent de ces infâmes boulets. Le pire? Il y a des femmes athées qui se battent pour qu’elles puissent continuer à rester cachées derrière ces hardes. Le droit de rester enfermées.
    Comment, lorsqu’elles deviendront enseignantes, accepteront-elles d’enlever leur voile devant les élèves?
    Comme toi, je n’ai jamais fait la moindre remarque ni laissé voir ce que je pensais. J’étais là pour les aider, et c’était tout. Mais ça démange de hurler. Et je n’ai aucun conseil à te donner : nous sommes impuissants. La seule chose que je peux te dire et que tu sais beaucoup mieux que moi, c’est d’être vigilant si tu soupçonnes une maltraitance, un mariage forcé, ou une saloperie du style.

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    1. Suze Araignée

      On est bien prompts à dénoncer et pointer du doigt les oppressions des autres, sans accepter de voir que notre culture est tout aussi oppressive à l’égard des femmes. 200 femmes sont violées chaque jour en France, et leur violeur ne sera, dans 98% des cas, jamais condamné, ni pénalement, ni socialement (à moins qu’elles aient été violées par ces barbares d’émigrés musulmans, où comment le féminisme est parfois instrumentalisé par des racistes qui au fond, se fichent bien de sort des femmes voilées).

      Dans notre culture, il n’est pas rare qu’une femme qui refuse de s’épiler les jambes reçoive des menaces de mort. Ce n’est ni plus ni moins oppressif que le voile.

      D’autre part cette concentration des esprits et des lois sur le voile musulman s’appuie en grande partie sur un esprit néocolonialiste et raciste. Nous, Européens, avons la bonne culture, la bonne pudeur, et vous, pauvres hères, avez votre culture inférieure et barbare…

      Alors qu’il y a en réalité autant de façons et de raisons de porter le voile que de gens qui le portent… des raisons culturelles (les femmes Roms portent aussi le voile, ce dikhlo magnifiquement coloré, et qui n’a pour elle rien de religieux), des raisons de pudeur, des raisons religieuses… Il existe un féminisme musulman aussi mais on n’en parle presque pas ; les musulmans et musulmanes sont autant capables que nous d’interroger le voile, son sens, et les oppressions qui existent dans nos cultures – z’ont un cerveau aussi, et tout aussi développé que le notre, si si !

      Au lieu de se laisser porter par le courant empreint de « racisme acceptable » de plus en plus en vogue en ce moment, peut-être ferait-on mieux par balayer devant nos portes, qui ne sont pas franchement les plus propres.

      https://www.youtube.com/watch?v=05OaQNkZ_9E

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      1. Myriam FdF

        Je vous trouve bien prompte à prendre la mouche, Suze Araignée… 😉
        En général, je m’épile les jambes quand j’y pense, ce qui veut dire pas souvent… je vous jure bien n’avoir jamais reçu la plus petite menace durant ces périodes d’amnésie… Pas même la proposition de m’offrir un rasoir 😉
        Renseignez vous plus avant : des amies musulmanes pratiquantes m’ont affirmé que ni le voile ni le niqab sont mentionnés dans le coran. Imposés par les hommes, pour les hommes, au détriment des femmes. Que certaines femmes acceptent ce dictat, voire même le revendiquent, libre à elles. Je n’ai pas à les juger. Mais je ne les comprends pas, de même que je ne comprends pas qu’elles puissent s’immiscer dans une salle d’auscultation et mettre mal à l’aise par leur comportement un médecin qui ne fait que son job. Je ne sens pas raciste pour autant, je n’ai pas le plus petit sentiment de supériorité vis à vis d’elles, je ne les comprends pas. C’est tout.

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        1. Rodjeur

          Je me permets de livrer mon témoignage non médical sur le sujet du voile.
          Je bosse à l’Inspection du travail où je reçois des gens dans la galère et d’autres qui ne veulent pas y entrer.
          On a un service Main d’Oeuvre Étrangère qui permet notamment aux étudiants étrangers qui trouvent du taf en France de passer du statut d’étudiant à celui de salarié, en toute légalité.
          Un jour, deux jeunes femmes, dont une portant le hidjab, viennent me voir. La non voilée m’explique que sa cousine, là, veut s’inscrire dans une agence d’intérim mais que l’agence lui demande une autorisation de travail. Après avoir été baladées d’une institution à l’autre par des ignorants, elles tombent enfin dans le bon endroit.
          Je leur donne un ticket et les deux cousines vont rencontrer une de mes collègues. Elles ressortent un peu énervées et, comme je les écoute, elles m’expliquent qu’on leur a dit que pour avoir une autorisation de travail, il fallait d’abord avoir un contrat ou une promesse d’embauche… C’est très con, je trouve, mais c’est comme ça !
          La cousine sans voile me dit que, à cause du hidjab, elle ne trouve pas de boulot.
          Là, je m’adresse à la porteuse de hidjab et lui dis :
          _ Ecoute, ma sœur, le bon Dieu, il voit dans ton cœur. Si tu dois enlever ton hidjab pour trouver du travail, il ne t’en voudra pas, si tu continues à l’aimer.
          Il préfère te voir tête nue mais vivante plutôt que couverte et crevant de faim. Il a besoin de fidèles vivants !
          Un large sourire se peignait sur le visage de la cousine à tête nue.
          J’ai continué sur ma lancée :
          _ Tu as es sortie dans la rue avec ta cousine ; est-ce que tu as remarqué des regards concupiscents des hommes sur elle ? Est-ce que tu l’as entendue se faire insulter par des hommes ? Ici, c’est la norme.
          Tu penses vraiment que les hommes vont avoir envie de toi s’ils voient tes cheveux ? Est-ce que tu nous prends pour des bêtes, nous les hommes, incapables de maîtriser nos pulsions ? Le bon Dieu, il voit dans nos cœurs, à nous aussi !
          Elle m’écoutait sans sourire et je me suis surpris à l’imaginer sans son hidjab. Elle était vraiment jolie, en plus.
          Un mois plus tard, j’ai vu arriver une jeune femme en jean et chemisier. De longs cheveux noirs flottant sur ses épaules.
          Elle venait prendre rendez-vous pour une autorisation de travail.
          Elle m’a donné son nom, que je savais avoir déjà vu.
          Je l’ai regardée d’un air étonné.
          _ Ça change, le hidjab en mois, pas vrai mon frère ?
          Là, j’ai percuté.
          _ Tu l’as enlevé, j’ai dit. Alors ?
          _ Alors j’ai trouvé du boulot et je ne suis pas devenue une dépravée. Mes parents sont heureux pour moi.
          Lorsqu’elle est repartie avec son autorisation de travail, elle s’est arrêtée à ma banque d’accueil et m’a tendu la main pour me la serrer avec un sourire magnifique.
          _ Merci, elle m’a dit. Le bon Dieu te protège !
          _ Inch’Allah, ai-je répondu. Qu’il te garde aussi !
          Et elle est partie sans savoir que je suis agnostique; limite athée…

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          1. griffu

            trop fort ! bravo ! comme quoi, le contact humain, individuel, entre gens de bonne foi (c’est le cas de le dire !) ! re-bravo !

      2. Ahava

        Et vous croyez que je ferme les yeux sur le reste? Que je suis sé-lec-tive sur mon féminisme?
        Je n’aime pas le voile, ni la perruque ET je ne suis pas raciste ET je suis pratiquante ET militante.
        Alors je répète: je n’aime pas le voile, je n’aime pas qu’on planque les femmes car c’est partir du principe que les hommes sont des bêtes sauvages incapables de contrôler leurs pulsions et qu’il ne faut surtout pas les éduquer dans ce sens car on admet depuis le début que ce sont forcément des animaux(pas sympa pour eux), je n’aime pas qu’on gâche ce qui est beau sous prétexte qu’on en a peur.
        Ma mère est tunisienne. Elle a vécu en Tunisie jusqu’en 1967. On n’emmerdait pas autant les femmes là-bas à l’époque que maintenant en France. Ça fait mal au coeur.
        Et je crois au féminisme musulman, puisque Wafa Sultan existe.

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        1. Suze Araignée

          Malheureusement je crois que nous sommes tou-te-s racistes (et sexistes, etc). On n’efface pas des siècles de culture oppressive en un claquement de doigts. Nous avons tou-te-s des préjugés plein la tête, seulement certaines personnes prennent la peine de travailler sur ces préjugés pour les déconstruire tandis que d’autres les prennent au pied de la lettre sans les analyser. Mais même lorsque nous déconstruisons, nous avons malheureusement une part qui reste… Il ne faut pas confondre « traiter autrui de raciste » avec « souligner une pensée raciste ». Aujourd’hui, dans notre pays, il y a une forte crispation sur l’islam et ses pratiquants. Il faut donc faire attention lorsque l’on parle de ce sujet, attention à ne pas entrer dans la danse de l’islamophobie.

          Non, le voile n’est pas dans le Coran, il n’empêche que des musulmanes le portent, certaines parce qu’on les y oblige, certaines parce que leur conception de leur religion les y pousse, certaines parce que c’est culturel, et certaines… parce que c’est une façon de résister à l’islamophobie en refusant de s’y soumettre (ce n’est pas pour rien que plus on parle du voile et cherche à l’interdire, plus il y a de femmes voilées !).

          Que des femmes musulmanes s’insurgent contre le voile, c’est une chose. Que des non-musulman-e-s, blanc-he-s, et des politiciens le fasse, c’en est une autre. L’endroit d’où on parle, c’est très important. Il ne faut pas oublier que lorsque l’Algérie était sous domination française, les Français arrachaient le voile de force aux femmes. Il ne faut pas oublier que plus l’État légifère sur le voile au nom d’une laïcité qui n’a en France jamais été menacée, plus les agressions de femmes voilées sont légion.

          Il existe des pays où des femmes se baladent seins visibles. Lorsque des Européennes se pointent là-bas, personne ne leur dit que leur corps est trop couvert, que c’est une oppression honteuse et qu’elles ne devraient surtout pas couvrir ainsi leur corps, et que de toute façon on va faire des lois pour leur l’interdire dans les lieux publics !

          En tant que féministe, je suis pour la « liberté » (je mets entre guillemets parce que je ne crois pas beaucoup au libre-arbitre, je crois que nous sommes tous et toutes fruits de déterminismes et animé-e-s par des aliénations) des femmes à s’habiller comme elles le veulent. Il n’est pas anodin que personne ne fasse tout un pataquès sur les vêtements des hommes, même lorsqu’ils sont des signes religieux (comme les longues djellabas portées par certains, en même temps que la barbe et certains couvre-chefs), alors que les femmes se sont vues critiquer le port du pantalon, puis celui de la mini-jupe, et maintenant celui du voile (musulman, pour l’instant on fout la paix aux femmes Roms par rapport à ça, on ne les emmerde que sur tout le reste !). Qu’un père, un mari, une tante, un pays (comme l’Iran) force une femme à porter le voile, c’est ignoble et je me battrais pour qu’elle puisse s’en libérer. Mais si elle le porte d’elle-même, elle n’est ni plus ni moins aliénée que celle qui porte des strings ou des soutiens-gorges (ces corsets du 21ème siècle !).

          Sinon, rassurez-vous : je ne prends pas la mouche (c’est vrai qu’à l’écrit on ne sait jamais vraiment quel est le ton des gens). J’exprime mon point de vue avec passion, mais avec calme et sans colère pour vous (je suis en colère contre l’islamophobie d’État, contre ceux qui agressent des femmes voilées – ou des femmes tout court d’ailleurs, mais pas contre des gens qui expriment un point de vue sur internet).

          Des bisous.

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          1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

            Je comprends Suze, juste je préfère parler de racisme anti-musulman que d’Islamophobie qui est un terme fourre-tout interdisant toute critique idéologique.
            < >
            Mais sinon ton commentaire est passionnant.
            Bisous !!!

          2. gangamanikoye

            J’ai lu tous les commentaires (en date du 24/03) et comme personne n’a réagi, je réagis : non je ne suis pas d’accord avec l’analogie une femme qui porte le voile n’est « ni plus ni moins aliénée que celle qui porte des strings ou des soutiens-gorges ». C’est à mon sens totalement, totalement différent : le voile a ceci de particulier qu’il est -soi-disant- lié à une injonction divine, (on est bien au dessus des diktats de la mode) et qu’il a pour but -toujours soi-disant- de « protéger » les femmes contre les désirs des hommes. Les protéger parce que -soi-disant- le corps de la femme est *impur*, *source de désordres ». Le corps de la femme est considéré comme néfaste, mauvais, il faut donc le cacher, l’opprimer. Et cela, toutes les religions monothéistes l’ont imposé, à une époque ou une autre. De mon point de vue, et bien que je n’en mette pas, les strings et les soutien-gorges voyants sont au contraire là pour valoriser, exalter le corps des femmes.
            On ne peut absolument pas assimiler les deux attitudes, les deux démarches.
            L’une enferme, l’autre … se proposer de mettre en valeur.

  3. Coyote

    Dans ces cas là Bibi, je pense qu’il aurait juste fallu leur expliquer ce que tu faisais, quel organe tu tâtais, pour les emmener sur ton terrain d’interprétation médicale plutôt que de laisser le silence donner libre sens à tes gestes.
    C’est aussi rassurer la patiente, qui subit la gêne d’être auscultée sous le nez de ses tantes.

    Par ta voix, tu les ramènes sur une voie médicale, asexuée, professionnelle : tu les rassures, et tu instruis autant qu’un néophyte puisse l’être avec un jargon médicale abscons !
    Tu les responsabilises en les prenant pour interlocutrices, en les intégrant dans cette consultation, et tu les empêches de te réduire à leur vision -pour elles condamnable- d’un homme touchant une femme.

    Merci pour ces petits papiers, bon courage pour la suite, et à bientôt sur ce blog!

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      1. Cécile

        Parfois ça marche et d’autres non… Je suis ostéopathe, j’ai bossé dans des vestiaires de rugby, au milieu de dizaines de mecs pour qui j’étais « l’ostéo », pas « une fille ». Et au cabinet, sans ambiguïté, j’ai vu des hommes, jeunes et moins jeunes, toutes confessions confondues, être extrêmement gênés…
        Parfois expliquer décomplexe, parfois ça empire les choses… et pas moyen de prévoir…
        Alors je ne peux que compatir Baptiste, et te dire ce que je me répète à moi: c’est un cas sur des milliers, personne n’a eu de problème avant, c’est que tu fais bien ton boulot un point c’est tout 😉

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    1. Louise

      Attention, il est fort possible que la jeune fille de 16 ans auscultée préfère que ses tantes soient là. Il est possible que partageant la même conception de la pudeur, et des relations entre hommes et femmes, se retrouver seule avec un médecin homme l’aurait réellement mise en panique.
      Je ne sais pas ici, mais je sais dans d’autres cas que la gêne d’être auscultée par un homme est pour la patiente bien plus grande que celle d’être vue par des femmes de sa famille, avec qui l’intimité féminine de type « hammam » traditionnel n’a rien de gênant.

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  4. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Personnellement j’ai toujours préféré la vapeur à la voile.
    En ce qui concerne cette expérience je crois que ce qui est déplacé c’est qu’un examen médical trés personnel se pratique en présence de deux témoins.
    Pas facile le métier de toubib……. mais beau métier
    Je t’embrasse mon bibi et complètement dévoilé
    la bise

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  5. heliotrope

    c’est étrange, ce sont elles qui déclenchent ce qu’elles craignent
    la paix ou la guerre, qui doit commencer pour déclencher la paix ?
    « le bouclier appelle l’épée »
    un gouffre de complexité
    désolée j’ai le cerveau qui bloque et le coeur en colère contre les femmes qui font du mal aux femmes

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  6. Cath

    Tout d’abord, en tant que médecin, tu as respecté la patiente et même les deux femmes qui l’accompagnaient. Je n’en dirais pas autant de leur attitude.
    Je comprends parfaitement ton sentiment et le coeur au bord des lèvres. Là où tu n’as fait que pratiquer la médecine en essayant d’identifier l’origine des maux, tout en respectant la jeune femme, comment ne pas se sentir sali par les soupçons des deux  » vieilles » qui te prêtaient leurs propres sentiments et leurs interprétations unilatérales du comportement masculin ?
    Cette perception soupçonneuse n’est pas propre aux femmes voilées de noir de la tête aux pieds. Non, on retrouve la même chez les grenouilles de bénitier qui épient pour mieux censurer, les belles âmes que voilà.
    Je me rapproche de la perception d’Ahava, en y rajoutant mes propres observations hors milieu médical, chez les religieux de tout poil qui érigent leurs croyances en oukazes et fustigent ceux qui pensent à vivre et à partager.
    Le voile ne me gêne pas. Mais la bêtise crasse qu’il peut recouvrir me fait vomir. J’ai encore en mémoire l’intervention d’une femme musulmane vivant au Canada et se battant pour que les pouvoirs publics n’acceptent pas l’application de la charia au sein de petites communautés. Pour protéger les femmes, en soulignant que pour certaines d’entre elles, l’application de la législation laïque était la seule chance de s’en sortir et d’être protégées des abus.
    Car tout bien considéré ici, quel était l’intérêt des deux  » vieilles » à te surveiller de la sorte ? S’assurer que tu n’endommageais pas leut trésor ou devrais-je écrire leur placement ? C’est horrible, je sais, mais quand on entend les interprétations, élucubrations de certains, on se dit que la vie d’une petite fille, d’une jeune femme ne vaut pas grand chose, et qu’il y a des baffes qui se perdent. Sincèrement.

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  7. josecile

    Pas simple en effet de faire un examen médical dans ces conditions.
    L’impudeur je suis d’accord avec toi, c’est la présence de ces deux femmes qui assistent à cet examen.
    Je ne sais pas si je vais finir à la poubelle pour la fin de mon message, mais tant pis.
    Je pars du principe que soit tu as confiance en le médecin auquel tu confies ton enfant (ou ta nièce ou qui que ce soit à qui tu tiens) et tu le laisses mener son examen comme il le doit, soit tu as un doute et dans ce cas là, tu t’en vas et tu en choisis un autre. J’assiste encore aux rendez-vous médicaux de ma cadette qui n’a que 11 ans et ne sait pas toujours répondre aux questions des soignants, mais pour mon ainée de 17 ans, elle gère. Je suis dans la salle d’attente si besoin de renseignements qu’elle ne saurait pas donner, mais pour le reste je m’en remets à celui qui l’examine. Et je pense que c’est valable pour tous, voile ou pas voile. Un ou une ado à ses « pudeurs », son corps n’est pas un objet et il ou elle a le droit de ne pas avoir envie de l’exposer aux autres, même à ses proches.
    Voila pour mon avis. Et si je finis à la poubelle, tant pis, j’aime bien le thon et un smoothie en dessert, ça ira bien aussi.
    Courage Baptiste.

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  8. adèle

    1 . Demander à la jeune fille si elle accepte le présence de ses tantes serait un premier pas.
    2 . Mais la gêne du médecin aurait-elle été la même si ces femmes n’avaient pas été voilées ?
    Parce que ça n’est quand même pas exceptionnel d’être accompagnée d’un parent à 16 ans.

    NB En tant que femme, le voile m’insupporte.
    En tant que médecin, il m’est arrivé d’examiner des femmes sans les déshabiller, parce que c’était leur souhait.

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  9. qq

    Je n’ai évidemment pas de solution à la situation contée (de toutes façons, après coup, c’est trop tard pour avoir des idées). En revanche, je tiens à exprimer tout le bien que je pense de la photo d’illustration : superbe idée !!

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  10. Biscotte

    Comment être certain d’avoir deviné ce que pensaient les deux tantes ??

    N’est-on pas un peu dans les clichés : les tantes voilées qui redoutent la sexualité de l’homme ?

    Et si on était seulement dans l’histoire de deux tantes qui veillent (mais est ce leur rôle ?) sur cette jeune face à un médecin qu’elles ignorent délicat et professionnel ?

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    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Parfois, dans ce métier, on a des « ressentis ». Je ne dis pas qu’ils sont justes, injustes, ni dénués de stéréotypes, je dis juste qu’ils sont là, ces ressentis, et qu’ils sont inhérents au petit théâtre d’humanité qui se joue derrière nos portes.

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      1. Libellule

        Bonjour,
        Je pense qu’avec tes ressentis tu as fait au mieux… Car oui la situation était plus qu’inconfortable pour toi et le secret médical loin d’être respecté. Mais cette jeune fille avait besoin d’un médecin. Peut-être que les tantes (ou les oncles qui avaient peut-être diligenté les tantes, ne pouvant pas eux-mêmes assister à l’examen d’une fille) pourront renouveler les consultations au besoin, alors que si tu avais directement refusé leur présence la première fois, elles auraient interdit l’accès à ton cabinet ?
        Situation très complexe en tout cas, puisque tous les acteurs de la santé sont empêchés de faire correctement leur métier quand une femme voilée ou son mari refuse un soin fait par un homme… Jusqu’où accepter sans cautionner ? Je n’ai pas non plus la réponse (mais j’ai l’avantage d’être UNE libellule, donc je le vis moins directement que toi)
        Bise, puisque mon absence de religion me permet de bizouiller qui je veux 🙂

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  11. Souki

    Merci Baptiste et merci à tous les commentateurs en particulier Coyote et Suze l’Araignée.
    Quand à ce que tu aurais pu dire ou faire, putain mais parle Baptiste! Parle!
    Comme avec la dépressive de l’âge de ta mère dire ce que TOI tu ressens : « je suis gêné car j’ai l’impression que vous jouez la séduction, hors dans ce contexte ça me met mal à l’aise » (quelqu’un te l’avait dit dans les commentaires, ça m’avait frappée)
    Là pareil : ça te met mal à l’aise qu’elles e regardent de la sorte? Hé ben tu le dis, voire tu demandes aux 2 vieilles harpies obsessionnelles et frustrées (oui, ceci est un jugement. C’est le mien. Je suis officiellement une mauvaise personne 😉 de SORTIR parce que tu as besoin de travailler tranquillement.
    Comment tu voudrais qu’elle puisse te répondre si tu avais des questions touchant au sexe devant ses tantes?
    Mais arrête de te torturer sur l’image que les gens ont de toi. Elles pensent que tu es comme tous les hommes un putain de pervers? C’est leur problème. Pas le tien.
    Gros bisous

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  12. M.

    Très beau texte, comme souvent, pourtant même si cela peut et doit être gênant, est ce que votre réaction aurait été la même s’il s’agissait d’une mère non voilée ? Peut être, qu’il n’y avait aucune arrière pensée chez les deux tantes, peut être que leur présence rassurait la jeune fille, peut être que vous auriez pu demander l’avis de cette dernière, peut être qu’il fallait mieux ne rien dire comme vous l’avez fait… Selon moi il y a nécessairement de nombreuses incertitudes dans ce genre de consultation et votre rôle est de mener la consultation du mieux possible selon ce que vous pensez être bon.
    Bonne soirée,

    Répondre
    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Parfois, dans ce métier, on a des « ressentis ». Je ne dis pas qu’ils sont justes, injustes, ni dénués de stéréotypes, je dis juste qu’ils sont là, ces ressentis, et qu’ils sont inhérents au petit théâtre d’humanité qui se joue derrière nos portes.

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  13. GIRAUDON Aude

    merci pour ce que vous écrivez, pour ces mots qui traduisent avec beaucoup de poésie et de pudeur vos sentiments.
    j’ai découvert votre blog il y a peu de temps, grâce à vos parents que j’ai rencontrés en Birmanie il y a qqs mois….
    au plaisir de vous lire,

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  14. Zab

    Pour être franche, j’aurais aimé avoir quelqu’un avec moi quand, jeune fille, j’ai été chez un toubib que je ne connaissais pas pour une angine.
    Ça m’aurait probablement évité une longue palpation des seins qui n’avait rien de médical (j’étais jeune et j’avais 40°C de fièvre, je n’ai pas réussi à me défendre.)
    Toi, Baptiste, tu ne vois dans tes patientes que leur « sexe médical », c’est très bien. Tout le monde n’a pas ton professionnalisme.

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  15. montuori

    problème qui se pose chaque fois que je prends un transport en commun. ma première réaction est de me lever et d’arracher tout ce qui me renvoie une image dégradée de la femme; et, puis, je me calme. Ais-je tort ou raison. Je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. je voudrais trouver un moyen d’entrer en contact avec ces jeunes femmes, non pas prendre le contre-pied de leur religion, mais pour bien marquer que la religion n’y est pour rien et que c’est une image dégradée des femmes que renvoient ces comportements. Je suis tout autant scandalisée de savoir que des gendarmes, parce qu’il avait à faire à une collègue femme, se sont permis des atteintes graves à son statut.
    Nous ne devrions pas céder. Bon courage!!!!!

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  16. mimi

    Le voile, la kippa, les nones en 4L ou en diane, ça n’a jamais été un problème. Le temps passant, on s’attendait à en voir de moins en moins, grâce au féminisme/à l’éducation/à « toute pas à mon pote »/etc etc…
    Pour se rappeler ces temps insouciants, (et remplis d’espoir pour un monde meilleur) prenez 2 mn pour écouter Nasser, président égyptien, en 1953 https://www.youtube.com/watch?v=D-DZUnh8-Ro&feature=player_embedded.
    Que s’est il passé ? qu’avons nous mal fait ? que pouvons nous faire pour que notre jeunesse s’en fiche des croyances des uns et des autres PARCE QU’ELLES SONT DU RESSORT DE LA SPHERE PRIVEE, et qu’elle pense plutôt à s’amuser, faire des études, mettre des mini jupes si ça leur chante (garçon ou fille, who cares) ?
    C’est angoissant de voir la régression des idées, de voir que les jeunes votent FN ( même l’idée du « vieux facho » part en cacahuete !) que la haine réponde à la haine. Donnons l’exemple, tout le temps, partout, et battons nous bec et ongle pour défendre nos acquis et nos valeurs (liberté, égalité, fraternité, laïcité : oui, je sais, il reste tant à faire…), ils sont précieux !
    à qd un grand parti de bénévoles, tiens, d’ingénieurs, d’artistes, de philosophes, de médecins humanistes avec des idées modernes, concrètes, simples, rassembleuses et non puantes, pensez à la gueule que ça aurait face à ces partis de consanguins planqués en suisse !!
    bon, je m’emporte, mais bon, Baptiste, z’êtes sûr de pas vouloir participer d’un grand mouvement de gens « bien », chui sûre que vous en connaissez pleins !
    Baptiste président !

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    1. Cath

      Merci Mimi. Je voulais absolument retrouver cette intervention de Nasser pour la partager hier, et suite à fausse manip, j’avais perdu le lien.
      Cela dit tout.

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      1. mimi

        oui, c’est proprement hallucinant, ce retour en arrière, non ?
        j’en profite pour excuser mon lapsus nonnes/nones, s’expliquant sans doute par mon athéisme d’angliciste (comprenne qui voudra !)

        Répondre
        1. Cath

          Bah, les nonnes, ça se rapprocherait pas des nonnettes ? Cette petite pâtisserie (z’avez vu l’accent circonflexe au passage, mon préféré 😉 ) délicieuse au miel ?
          Bien sûr ( et zou, encore un pour la route),  » go to a nunnery » disait Hamlet à Ophélie…
          Ok, je sors 🙂

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  17. CL

    J ai maintenant en tant que femme medecin ou medecin femme (?) des hommes qui refusent de me serrer la main. Si il n’y a pas urgence , je refuse de les soigner … je peux palper leurs gonades et pas leur serrer la main ? Sérieusement ? Si quelqu’un refuse de serrer la main pour des raisons racistes , il risque la prison , mais si c’est une femme c’est  » cuturel  » « religieux  » « pas grave  » ? En France ? En 2016 ? WHAAAATTT ?

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    1. Cath

      Moi, je ne suis pas médecin. Et ceux qui refusent de serrer la main au prétexte  » de ne pas toucher une femme », je ne les écoute ni ne leur cause : il n’y a rien à leur dire et ils n’ont rien à dire. Que faisait dire Audiard à un de ses personnages ?  » je parle pas aux c…, ça les instruit. ».
      C… ou malade mental, où est la ligne. Mais dans la plupart des cas, de vrais s…

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    2. carl

      Bravo CL pour relever le deux poids deux mesures: appliqué à un homme c’est du racisme il est coupable, appliqué à une femme c’est du sexisme elle est victime.

      Répondre
      1. Louise

        et appliqué à une femme? Je veux dire, les femmes qui refusent de serrer la main à mes collègues hommes… parce que « c’est interdit, sauf mon mari ou mon fils ou mon frère… « . Je ne croyais pas que ça existe, mais si. Les femmes aussi sont parfois misogynes.

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  18. Hervé CRUCHANT

    @mimi. Salut. Ton post déclenche une intervention, quelques étincelles dans ma matière noire biologique (je viens de voir çà : il existerait une matière noire biologique…je vais lire pour être éclairé). Voile. LE voile. On parle bien du même tout le temps, s’pas ? Et puis l’attitude du toubib qui doit soigner… et des accompagnant(e)s quand il y en a. Waoooohh. J’ai combien de temps ?

    D’abord, à l’évidence, les religions voilent les corps et les esprits. Leur pivot étant la culpabilisation, la culpabilité étant liée au plaisir, le plaisir au corps, le corps au sexe, tout ce qui est sexuel est coupable. Et hop là. Spiritualité, réflexions philosophiques, artistiques, art de vivre, éthique (appelée par là « morale »), sont taboues. La femme te procure du plaisir ? Hop là ! taboue, cloitrée, enfermée, voilée. Ah, si une femme n’était qu’un sexe propre à n’engendrer que des mâles ! La religion est un sport d’abrutis sectaires.

    Maintenant, côté médical, je comprends bien la réaction de Bibi. Ce n’est pas tellement le soupçon pesant de sa virilité qui est en cause, d’après moi. C’est toute l’écriture de la scène qui est pornographique. Car l’attitude de ces femmes est pornographique. Rejette la pudeur -si tant est que la pudeur ait sa place dans un cabinet médical qui, si on considère la vision et l’examen tactile du corps, est à l’opposé parfait d’un lupanar- au rang de contorsion malsaine dans un clip de télé-réalité.

    Ramener les « vedettes » à une raison laïque, médicale, technique, hors de leur foi ? Ceci est illusoire ! Le biais serait peut-être, puisqu’elles sont tellement sensibles aux sanctions et à la rigueur imposées par les pseudo gardiens de l’ordre moral de leur confession, est de leur dire en préalable à tout examen : je vous explique comment la médecine joue sa spécialité, comment je dois faire, comment je vais faire. Deal. Biffez O/N. Et puis faire comme un légaliste en salle de dissection : dire tout haut ce qu’on fait et ce qu’on pense.

    Sinon, le voile ? ah, ouais. et bien, à parler franc, je m’en fous. la république et la constitution s’en foutent parce qu’elles sont laïques. (§voir ce mot).

    par contre, je suis très sensible au fait que certains humains contraignent d’autres humains sur Terre. Clairement, que des hommes contraignent des femmes sous tous les prétextes possibles. Et même dans une attitude irresponsable : eux, ils voudraient bien considérer mieux les femmes ! mais c’est dieu qui l’a voulu, c’est pas eux. Ah, les beaux complices de crimes !!! il ne faut pas libérer les femmes, elles sont assez grandes pour savoir ce que liberté veut dire ! il faut changer les hommes. balayer dans la boîte crânienne de ce genre perverti et pollué, changer le logiciel après avoir érasé mémoires et disques durs, changer la carte mère, mettre les connectiques aux normes de l’humanisme et de la convivialité symbiotique entre femmes et hommes qui sont nécessairement supplémentaires.

    Evidemment, on peut aussi ne rien faire. Et laisser sur ces questions le voile aveuglant de l’indifférence. Un voile pudique ?

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    1. Zab

      Pour « les religions » la spiritualité est taboue ?
      Il n’y a pas comme un contre-sens ?
      Sans spiritualité pas de foi, pas de religion…

      Répondre
      1. Mésange

        Pour moi, spiritualité et religion ne vont hélas pas obligatoirement de pair. A mon sens, la religion est faite pour dominer l’Humain en général (et la Femme en particulier), la spiritualité pour l’élever. Et je pense que si spiritualité et religion s’accordaient, il n’y aurait pas eu de guerres de religion, il n’y aurait pas de gens qui pensent que leur Dieu est meilleur que celui de l’autre… et il n’y aurait peut-être pas besoin de loi sur la laïcité pour tenter de maintenir la religion dans la sphère privée.
        Caresses de plumettes à tous

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      2. Hervé CRUCHANT

        @Zab. Si l’humanisme -on se réfère aux Lumières, dans nos régions- fait le distingo entre spiritualité et religion, c’est qu’il y a un gouffre entre les deux. Pour faire court, la spiritualité matérialiste (oui oui, çà existe aussi) aboutit à « la religion est l’opium du peuple » alors que la religion déiste déclare que le matérialisme athée est l’œuvre du malin. Pour les deux mouvements de pensée, on constate l’aboutissement à une sanction de l’usage de l’intelligence. C’est désastreux.

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    2. mimi

      hello Hervé
      alors ce parti, c’est qui qu’en est ? on lance une pétition suppliant tous les grands hommes (et toutes les femmes !) de bonne volonté de s’allier ?? chiche ?? allez hop, on se bouge !

      Répondre
      1. Hervé CRUCHANT

        @mimi. je ne pense pas avoir évoqué un écrémage ou un recours à l’élitisme. ni par un parti, ni par l’emploi d’une pétition, ni l’usage de ‘bonne’ volonté. quoique les symboles paraissent être plus importants que je ne le ressens (j’ai assimilé et réfléchi à un ± récent de Bibi à ce sujet). je crois plutôt au retour à l’humanisme par ré-appropriation de soi par l’éducation, la connaissance, la curiosité, l’usage immodéré du discernement, l’art comme un air qu’on respire, la transmission, le passage (transmission des savoirs pragmatiques aux plus démunis de connaissances). pas du tout l’activisme dont tu sembles me doter. bises

        Répondre
        1. mimi

          Mais je sais constate bien qu’il n’y a pas (plus?) de velleité d’activiste qui t’anime, c’est bien ce que j’essaie d’insufler, ici et là : bougeons nous, y’a le feu au lac !
          Pas d’elitisme non plus, simplement que les gens puissent se rassembler, notamment ceux de la société civile (en opposition aux énarques/normaliens coupés du monde), et porter un message d’humanisme, avec de grandes figures de proue pour donner envie, justement, aux gens de se rallier ! et si un projet POUR faire quelque chose voyait le jour, au lieu de regroupements CONTRE des iées, des gens ?
          Laisse moi donc l’espoir, je l’ai connu, je veux le connaitre encore !

          Répondre
  19. Astrée

    Je suis une femme athée. Je me sens obligée de le preciser d’emblee, c’est dire dans quel monde libre et tolerant nous vivons.

    Ou est le mal a accompagner son enfant, son neveu, sa petite-fille dans une salle de consultation ? PEut-etre que celui-ci a d’ailleurs, formulé lui-meme, son désir d’etre accompagné.
    Ces femmes, voilées ou non, ont-elles tort de ne pas faire confiance, d’emblée, a un inconnu ? Un enfant, un jeune adulte, quel que soit son sexe, est vulnerable face a une grande personne, encore plus lorsque celle-ci peut etre amenée a toucher son corps par sa profession. L’auteur se croit peut-etre au dessus de tout soupcon, mais pour ces femmes accompagnant une jeune fille, le doute est permis et comprehensible. En tous les cas, moi, je le comprends. Au dela de toute question religieuse, voilée ou non, croyante ou pas, je comprends tout a fait qu’on ne veuille pas laisser un mineur seul en presence d’un adulte. Ca ne me semble pas etre de la paranoia mais du bon sens. Alors bien sur, l’auteur peut nous rappeler, ligne apres ligne, combien il est au dessus de tout soupcon mais il n’empeche que l’accompagnateur/rice d’un/e jeune patient/e est en droit de prendre toutes les precautions qu’il juge necessaires. Ca n’a rien d’offensant envers le medecin et si jamais ce dernier est outré de n’avoir pas toute la confiance de son patient, il a encore la possibilité de ne pas l’ausculter et de le diriger vers un collegue plus large d’esprit. Car aujourd’hui, pour le coup, celui qui fait preuve d’intolerance est bien l’auteur de ce billet.

    Mais dites-moi, votre reaction aurait elle ete differente si ces femmes n’avaient pas ete voilees ? Auriez-vous pu exploiter un tel non-evenement dans le but d’en faire un billet denoncant la pretendue fermeture d’esprit des croyants musulmans ?

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    1. mimi

      Astrée, vous n’avez peut être pas compris qu’elles ont, d’entrée, refusé de serrer la main de Baptiste.
      En tant qu’athée, désolée, là je ne peux pas. Vraiment pas.

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      1. Hervé CRUCHANT

        @Mimi Main Serrée. Quand je consulte, je ne serre pas la main du médecin; je lui fais la bise. et quand la bise est venue, il n’est pas rare que je me désape à demi pour faire écouter mon cœur… c’est grave, docteur ?

        Répondre
    2. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Salut Astrée !
      Je vais vous le dire officiellement : JE SUIS UNE MAUVAISE PERSONNE RACISTE MISOGYNE SUPREMACISTE ET FACISTE QUI CONSIDÈRE SES PATIENTS COMME DU BÉTAIL ET QUI MANGE DES PETITS BÉBÉS MUSULMANS AU PETIT DÉJEUNER.
      (C’est ça que vous vouliez entendre ? Non ? Si c’est non, votre commentaire n’a vraiment aucun intérêt.)
      Je vous laisse j’ai des patients à tondre.
      *je disparais dans un bruit de tonnerre et un nuage de soufre*
      Bisous !

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    3. Cath

      On peut accompagner un enfant ou un adulte en tout lieu. Il y a simplement la maniëre de faire.
      Et là, franchement, il semble que vous n’ayiez rien compris à la lecture du post et au ressenti de celui qui l’écrivait, ou alors, votre objectif était-il de lui faire un procès d’intention en jouant de laïcité vertueuse ?
      Curieux, je me sens athée, pire même, épicurienne. Et pourtant, il me semble avoir bien compris le malaise instillé par les deux vieilles – désolée, mais je ne parviens pas à les qualifier autrement. Je n’ai pas l’âme charitable et l’ouvertiure d’esprit dont font preuve nombre de soignants – voir le commentaire de Libellule.
      Il en est des trolls comme du reste, il y a la manière de faire. Et la pire est sans doute l’insidieuse. Celle pronée par les barbus en robes noires qui prêchent la douceur de la persuasion.

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      1. Hervé CRUCHANT

        « votre objectif était-il de lui faire un procès d’intention en jouant de laïcité vertueuse ? »(sic) c’est quoi, cette arrivée -désolante à mes yeux- de la laïcité, forcément à contre-courant?
        doit-on une fois de plus, rappeler que la laïcité est un des principes républicains les plus vertueux et les plus fondamentaux ? il s’agit de poser la responsabilité de la république quant à la sécurité des opinions et des croyances. autrement dit, tout citoyen(e) peut penser ce qui lui convient en public et en privé, montrer ces croyances en public et en privé à condition que cela ne trouble pas l’ordre public et la vie des autres… que la république s’engage à protéger ces croyances afin qu’elles puissent s’exercer librement et sans contrainte dans le cadre de la loi sans toutefois les encourager (§ Concordat). bémols : le droit public considère, en retour, que tout citoyen(e) doit avoir la figure libre en public à fin de reconnaissance * et qu’une des limites de l’exposition des idées en public est l’ostentation** et l’apologie de la violence en général (droit pénal, racisme***(?), viols, discriminations, etc…).
        *mais les voilettes de deuil? **mais les manifs non politiques genre Armée du Salut? ***qu’est-ce donc que le ‘racisme’?
        en vérité, la Convention a posé un principe contre la censure et la pensée unique (de l’Ancien Régime et du christianisme romain) tout en donnant de nouvelles règles de vie révolutionnaire garanties par la Constitution elle-même. la laïcité est donc tout le contraire d’une religion athée comme on veut nous la faire lire !!!

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        1. Cath

          Je suis d’accord Hervé, laïcité principe républicain etc…
          C’est juste qu’en lisant le commentaire qui a provoqué mon ire, la fable du choucas paré des plumes du paon m’est revenue en mémoire, d’où la description de déguisement. Voili voilà

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      2. Eva

        @Cath, je me rapproche de votre commentaire car moi même j’ai été accompagnée par ma mère jusqu’à mes 16 ans environ, sa présence me rassurait (car je n’étais pas toujours sûre de bien m’exprimer, mais c’est aussi elle qui payait donc matériellement c’était une question pratique… Elle se mettait de côté et n’intervenait pas dans la consultation. Un jour et ca s’est fait naturellement, elle m’a donné un chèque et j’ai commencé à y aller seule.

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    4. Namasté

      Il me semble qu’un médecin a l’habitude des adultes tutélaires qui accompagnent les mineurs, c’est quand même monnaie courante !
      Donc si il est question de malaise c’est que dans ce cas le positionnement des adultes est différent et embarrasse un professionnel pourtant aguerri… enfin c’est ma lecture !

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    5. Hervé CRUCHANT

      @Astrée. Il est question, ici, de l’envahissement d’une idéologie déiste dans l’espace relationnel banal. (si on peut dire quand il s’agit de rapport de dépendance relative médecine-trauma). autrement dit, la généralisation de principes moraux déclarés dans l’ensemble de la vie « normale »; normalisée par d’autres disciplines. ainsi, on voit des baigneuses totalement habillées. si la morale religieuse impose les voiles. dans d’autres idéologies, naturistes, on voit des personnes à poil dans les super-marchés. le discernement est complètement tenu à l’écart de la raison. on pourrait discuter du fait que ces postures dégradent l’esprit même de l’idéologie considérée car il n’est pas plus facile de vivre sa religion en généralisant, ici le voile, là, l’absence d’habillement. dans les deux cas, la non-considération du corps est anti-religieuse, il me semble. on peut alors parler d’extrémisme, au sens des idées, sans avoir à faire allusion à des déviances meurtrières. dans le cadre de notre post d’aujourd’hui, on voit que la disponibilité de la patiente aux soins du médecins n’est pas totale, puisqu’il est mis entre eux l’écran d’une suspicion a priori. la patiente (tout au moins ses accompagnatrices) a une idée de son corps et de son examen extrèmement figée par des croyances a priori… qui sont en parfaite contradiction avec l’approche médicale du corps telle qu’elle doit être pour satisfaire aux exigences médicales qui sont de considérer et d’apporter les meilleurs soins.
      Il n’est pas vraiment besoin de supposer l’islam de barbarisme, ce qui serait par ailleurs d’une imbécilité crasse car l’islam est une civilisation raffinée pour ceux qui la savent, mais de remonter un peu le temps et de constater le sort des patientes dans un milieu bourgeois et chrétien -peut être protestant, même- il y a un siècle. voiles il y avait. fausses (?) pudeurs aussi, a priori en veux-tu en voilà… le bon Sigmund et l’hystérie… enfin, nul besoin de dire, en contre point de ton papier, Astrée, pour te mimer : »Mais dites-moi, votre reaction aurait elle ete differente si ces femmes n’avaient pas ete voilees ? Auriez-vous pu exploiter un tel non-evenement dans le but d’en faire un billet denoncant la pretendue fermeture d’esprit des croyants (musulmans) ? »(sic) à Sigmund Freud et à ses fans.
      ce post est une dénonciation de bien des amalgames, justement. les croyants et les êtres de foi n’ont jamais été un handicap mental pour notre Bibi, il me semble. ici, il note que l’hégémonie impérialiste d’une idéologie à la mode contemporaine (!) l’empèche de faire un métier pour lequel on vient le consulter! et c’est tout. je crois qu’il aurait écrit la même chose si des sœurs de l’enfant Jésus étaient venues lorgner par dessus son épaule les palpations d’une de leurs consœurs en souffrance.
      me vient une idée -peut-être écrite à l’encre sympathique entre les lignes? : et si ces tantes fantômes n’étaient là que pour vérifier que la petite nièce était encore vierge; je veux dire, n’était pas enceinte ? un gros ventre sous la toile, de bure ou non, quel scandale, non? de quoi devenir hystérique….

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      1. Agathe

        oui, c’est tout de suite que j’ai pensé aussi à ce fameux certificat de virginité réclamé pour un mariage, aux demandes de reconstitutions de l’hymen pratiquées par des chirurgiens, aux suicides de jeune filles qui ne peuvent se résoudre à avorter.
        Merci pour ce blog

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        1. Laluciole

          ?
          hervé et agathe, je pense que vous vous égarez dans des scenarios fantasmatiques ( et ce genre d’extrapolation ne fait pas avancer les choses, loin de là ).

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  20. mj

    alors je ne commenterais pas l’article en soit, mais le blog!
    et je suis scotchée……dans le bon sens,
    j’ai envie d’hurler MERCI …peut etre qu’il va m’aider a me reconcilier interieurement avec certain soignants……..
    MERCIIIIIIIIIIIII

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  21. soiz

    J’ai regardé mercredi soir un téléfilm sur France2 qui apporte qq pistes de réflexions intéressantes sur la radicalisation, même s’il ne répond pas directement à la solitude éprouvée lors de cette consultation
    « Ne m’abandonne pas » de Xavier Durringer
    Disponible en replay
    Au plaisir de vous lire

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  22. ANNE

    C’est la 1ère fois que cela t’arrive, alors ça peut clouer au sol, là ça met le coeur au bord des lèvres, cette ambiance de soupçon, parce que tu te positionnes à 100 lieues de ce soupçon. La 2e fois, tu auras en mémoire que tu peux être soupçonné, en dehors de ce que tu es en réalité, et là c’est une injustice prise en pleine face, mais tu ne connais pas leurs préjugés : quelle(s) expérience(s) d’abus subie(s) par l’une, l’autre, les 3, les font réagir ainsi ? Ou quelles pressions sociales ? Ou quel vécu, pour réagir ainsi ? Comme tu ne les connais pas, que tu ne connais pas leur(s) histoire(s), alors tu mettras des mots pour dire la réalité si c’est comme cela que tu le sens à ce moment là, tu pourras aussi rester silencieux, tu feras ton choix face à cette situation de soupçon qui plombe; ce peut être aussi de l’incompréhension, de l’ignorance : tu ne sais pas ce qu’il y a dans la tête de l’autre , mais tu peux chercher des pistes de communication. Bises

    Répondre
    1. Hervé CRUCHANT

      @Anne… « …tu feras ton choix face à cette situation de soupçon qui plombe… ». bon, ouais, la méconnaissance… mais alors, avant de venir consulter, se renseigner. demander qu’est-ce que la médecine et comment elle se pratique… ou interroger le toubib in vivo (quoique les extrémistes religieux -pas que les musulmans, nom de nom, pas que les musulmans; voyez sectes !!!) refusent le contact verbal femme-homme… toujours pareil… vas soigner la jeune fille d’un intégriste orthodoxe juif, toi !… Anne, si on tient compte des on dits, des ragots, des historiques et du cours de l’action du brent à Frankfort, il n’est pas étonnant que, croyant aller chez son garagiste pour se faire règler le carbu on en ressorte avec un plombage et deux dents en moins! pour un soupçon de plombage, c’est raté !!!

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  23. adèle

    Le pas en avant, celui qui va vers les autres, c’est le jour où on admet qu’on a des préjugés, en positif ou en négatif, même (surtout ?) quand on est bienveillant.

    Répondre
    1. mimi

      on a été très bienveillants quand la radicalisation des islamistes a démarré dans les années 90 en Algérie, tuant tous les jours intellectuels, journalistes dans d’horribles bains de sang…à moins qu’on en avait juste rien à foutre, c’était pas chez nous, tant qu’ils se tuent entre eux, hein…
      on a été très bienveillants quand la charia a été remise au goût du jour ici et là…
      Maintenant que la radicalisation a lieu dans nos propres villes, je ne crois pas que c’est souffrir de préjugés que de s’insurger quand une femme voilée refuse de serrer la main à un homme, ce n’est pas souffrir de préjugés de s’horrifier du discours de beaucoup de jeunes de banlieue qui refusent la minute de silence et soutiennent les actions des terroristes, non. C’est juste qu’on constate, impuissant, et oui, le cœur au bord des lèvres, que l’obscurantisme gagne du terrain. Qu’on comprenne pourquoi, comment, ok, bien sûr, le cheminement est complexe. Il n’empêche, c’est vraiment flippant, et honnêtement, la bienveillance n’est plus de mise quand les idées ET LES ACTES se radicalisent.

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      1. Hervé CRUCHANT

        @Mimi… heureusement que c’est une opinion, Mimi… et que çà. sinon, il faut consulter rapidos !… je te propose un deal (je suis l’homme des vœux qui réconcilie les soignés entre eux à l’insu du plein gré des soignants; soignants, rendez-vous dans u quart d’heure à la cafèt’). on vient consulter Bibi ensemble…tu tu tut, escucha me, Lazare !… et on apporte chacun une armée de petits soldats de plomb…on se fait une bataille genre jeu de rôles sur la table d’examen… on se refait l’Histoire… sympa, non? et Bibi, pendant ce temps ? ordi et bouquin, tête bien pleine et bien peignée front dégagé et idées claires, il fait l’arbitre…l’Aladin Decaux du cabinet médical… on se refait la conquète de l’AFN, Bey d’Alger et tout le chizbir…. Çà te dit ? pas le droit de louper un massacre, un attentat, une bavure, une torture… même les roches sur la route de Meknès, Maroc, le jour de la toussaint 54… ou la répression de Sétif…de Paris… Ok? à moins que l’on considère que tout çà n’est que saloperie fanée; que nos merdes actuelles sont bien plus odorantes et fumantes. ce serait mon avis. mais je ne suis pas objectif : j’ai été à deux jours de partir tuer des gens -ou pire sans affinités- en 1962, dans les Aurès ou en Kabylie (salut, douce muette Tahina…)…

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      2. adèle

        Le port du voile est pour moi une horreur, mais peut-être pas la personne qui le porte, c’est ce que je voulais dire.
        Ici, rien n’a été dit, beaucoup de choses ont été supposées.
        Le voile a été comme une chape de plomb.
        C’est pour ça qu’un jour, on a envie de s’installer, pour mieux connaitre les gens, pour aller plus loin. 🙂
        Lutter contre le voile, oui pour sur, mais pas contre les femmes qui le portent.

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  24. Madame Pivoine - Natacha

    Tu sais Baptiste, ton récit a fait remonter à ma mémoire un très très vieille histoire à ma mémoire que j’avais pourtant très très bien enfoui dans ses méandres.
    Il s’agit du jour où un gynéco, la tête entre mes genoux, m’a déclaré « vous avez une très jolie vulve » et m’a demandé si mon mari était rondouillard comme moi ou pas. Ce jour là je n’ai rien dit. J’était très jeune, je n’étais pas dans mon pays, je ne parlais pas bien la langue et j’était tellement atone que je me suis demandé si j’avais bien compris (l’ingénue totale) et surtout j’avais tellement honte.
    Des années plus tard, en plein accouchement, les pieds dans les étriers et entre deux poussées, je menaçais mon obstétricien (un autre) de lui couper les co.illes s’il me faisait une épisio (texto!!!). Finalement j’ai eu 2 points. Quand il m’a dit « allez, je t’en fais un 3ème. C’est ton mari qui va être content, ahahha! » je lui ai répété textuellement « C’est ça Pablo, et la semaine prochaine je reviens et je te coupe la biiiip, pour ce que tu t’en sert à ton âge… ». Il a fait une drôle de tête.
    Bref, je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça. Enfin si. C’est pour te dire que malheureusement dans tout ce merdel humain, il faut faire avec. Avec les gens qui vois le sexe partout. Surtout là où ils n’y a pas lieu. Il faut lutter contre mais tu vois, toi, tu fais parti des innocents. De ceux qui avancent avec leur âme pure et s’en prennent plein la figure s’en rien pouvoir dire tellement c’est incongru, tellement c’est loin de leur réalité, tellement c’est à coté de la plaque.
    Ouais, je sais, je fais des phrases sans verbe et mon orthographe est défaillante. Toutes mes confuses.
    Des paillettes et des coeurs sur toi, Baptiste.

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  25. Souki

    Désolée, me revoilà.
    « Peut-être que les tante pourront renouveler les consultations au besoin, alors que si tu avais directement refusé leur présence la première fois, elles auraient interdit l’accès à ton cabinet ? » suggère Libellule.
    Personnellement, je dis : tant pis! Je n’ai pas l’impression que Baptiste courre le cachet et la base d’une relation soignant-soigné, c’est la confiance.
    Donc si elles ne se sentent pas en confiance avec ce médecin, qu’elles aillent consulter un autre médecin, ou une femme médecin, si ça les rassure plus.
    Là-dessus, je ne pourrais pas leur jeter la pierre, moi-même (et ça n’a rien de religieux) je me sens beaucoup plus à l’aise face à UNE gynéco, donc tant que c’est possible je vais voir une gynéco.

    Je pense qu’à 16 ans cette jeune femme n’est plus une enfant; et que les accompagnateurs (d’adultes ou de jeunes adultes) ont plutôt leur place dans une salle d’attente (J’ai bien lu les messages témoignant d’abus de la part de médecins, et je trouve ça vraiment triste et ignoble, mais je reste convaincue qu’on a tous nos pudeurs et qu’on ne peut pas se confier de la même façon à un médecin en présence de tiers. )

    Ça n’empêche pas de pouvoir faire preuve d’empathie face aux tantes (« Vous êtes inquiètes pour votre nièce? Mmmm, je comprends… Maintenant, je vais vous demander d’aller patienter dans la salle d’attente le temps de l’examen, s’il vous plaît? Ne vous inquiétez pas, je vous ferai un compte-rendu, blablabla. » Comme ça la minoune a au moins la possibilité de parler si elle a des questionnements ou des inquiétudes quelconques. Parce qu’un foulard ne protège malheureusement ni des grossesses ni des mycoses ni des MST. Peut-être qu’il vaut mieux lui poser la question à elle d’abord comme le suggère un commentateur de si elle préfère que ses tantes restent ou sortent. Mais pas rester dans le non-dit et le malaise.

    Moi ce qui me chiffonne vraiment, c’est la JOURNÉE passée le cœur au bord des lèvres.
    C’est long une journée.
    Pourquoi t’infliger ça?
    Et il y a d’autres patients derrière.
    Ils méritent un médecin en pleine possession de son cœur et de ses lèvres, non ? 😉
    Tu n’es pas responsable de ce que les gens pensent.
    Tu n’es pas responsable de ce qu’ils font.
    (Si le mec avec sa cirrhose qui devient cancer décide de continuer à picoler, ce n’est pas non plus ta faute. Tu dois l’écouter , le soigner, l’informer, lui donner des médocs, mais ça s’arrête là. Tu peux en tirer des textes beaux et poétiques plein de questionnements sur la nature humaine, mais ne perds pas ton temps et ton énergie à te demander ce que tu aurais pu ou dû lui dire de plus pour le convaincre de se soigner.)

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    1. Zab

      « On ne peut pas se confier de la même façon en présence d’un tiers ».
      Je suis bien d’accord, mais une solution serait alors d’avoir un tiers pour l’examen et de le faire sortir quand le patient est rhabillé, non ?

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  26. Souki

    Et puis,
    sur la radicalisation en France, et l’abandon des pouvoirs publics, le décryptage de Céline Pina, que vous connaissez peut-être déjà.
    Il fait froid dans le dos mais me semble très pertinent :
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/14/31003-20150914ARTFIG00156-salon-de-la-femme-musulmane-a-pontoise-le-temoignage-choc-d-une-elue-ps.php
    En conséquence elle a été menacée d’être exclue du PS (tuez le messager) :
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/18/31003-20150918ARTFIG00294-salon-de-la-femme-musulmane-celine-pina-menacee-d-exclusion-du-ps.php

    Ce qui n’empêche que la question du foulard, instrumentalisée de toutes parts reste très compliquée.

    Parce que des femmes qui choisissent librement de le mettre pour des raisons religieuses, ça existe aussi et comment leur interdire d’être libres, au nom de la liberté?

    Sur « les religions qui oppriment des femmes »,
    Concrètement, oui, les religions ont été très efficacement utilisées pour l’oppression (des pauvres, des femmes, etc.) Mais cette lecture la plus répandue des textes sacrés n’est pas la seule possible. Je vous recommande très chaudement le sublime « Les saintes du scandale » du merveilleux Erri de Luca, si vous ne vous l’avez pas déjà lu (c’est court, ça se lit vite, en plus)

    Et pour ce qui est de l’islam, au risque d’enfoncer des portes ouvertes, à l’époque de son apparition cette religion a constitué plutôt une avancée pour les femmes (reconnues comme les égales des hommes devant Dieu) Même les versets aujourd’hui controversés sur l’héritage, ont constitué, dans le contexte de l’époque une amélioration… (avant les veuves se faisaient totalement spolier par les frères du défunt, devenant quasi leur possession et devant racheter leur liberté, après, une partie de l’héritage leur est allouée, certes seulement la moitié de celle qui revient aux hommes, mais c’est leur argent à elles, et personne n’a de droit dessus- et puis comme c’est aux hommes qu’il revient de nourrir la famille, ça se comprend aussi)

    Comment on en est arrivé où en est aujourd’hui, vaste débat.

    Mais je pense qu’il faut instruire les cons, quitte à devoir leur parler 😉
    (Parce qu’on va devoir vivre avec eux, en fait 😉
    (Quoi, faites ce que je dis, pas ce que je fais? Ouais mais moi, c’est pas pareil 😉
    Bisous, prenez soin de vous

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  27. heliotrope

    apparemment le premier niveau de responsabilité d’un toubib, enseigné dans les études médicales : c’est un « sexe médical », création totalement artificielle – coupée des émotions – et qui est une façon de mettre un hidjab à la femme : « je ne vois pas ta personne, je ne vois que ce morceau de toi que je dois traiter » ! passer à la maturité se serait de se laisser troubler (ou pas, mais en avoir conscience) par le corps d’une patiente vue comme une Femme avec tous ses attributs, ce qui entraîne de faire un choix dans son propre comportement et devenir un Homme-toubib qui sait se maîtriser et n’est pas dans le camp de ceux qui sautent sur tout ce qui bouge, évoqués ci-dessus ! et ça demande un travail sur soi permanent et ça donne la liberté … bonne route !

    je trouve que vous vous exposez beaucoup !
    ceci un message vraiment perso. pas forcément à publier, cela m’est venu ce matin !
    cordialement

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  28. Hervé CRUCHANT

    Problème(s) du temps.

    Une bonne émission (en général, à podcaster?) dédiée à la fameuse laïcité : France Inter – Bruno Duvic « http://www.franceinter.fr/emission-un-jour-en-france » ou « un jour en France » réécoutez « la laïcité ». Il y a un bouquin aussi co-écrit avec Régis Debray. A peu près tous les sujets sont évoqués, notamment le rapport médecine-religion.

    Soyez curieu(ses)x, critiques, parlez, échangez ….

    Que Mieux vous garde, les Gens.

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  29. griffu

    Et leur expliquer l’histoire du jour pair/jour impair ? (il y en a qui suivent, sur ce blog !). Et que donc, pour ce jour là, « Mesdames, désolé, repassez demain » ? Il y a une question qui n’est pas claire : la présence des deux tantes se justifiait-elle pour des besoins de traduction, éventuellement ? Sinon, la proposition de Souki « pouvez vous attendre dans la salle d’attente ? » me paraît intéressante : elles auraient sans doute refusé… ce que vous auriez pu refuser à votre tour : « colloque singulier, 1+1 n’est pas égal à 1+1+2, Levinas, etc…) Cela risque de se reproduire, il n’est sans doute pas mauvais que, sur ce sujet, vous vous fassiez… une religion ! Une solution si les lieux s’y prêtent : un bureau et une salle d’examen séparés, pour laisser les tantes dans l’un pendant que vous procédez à l’examen clinique dans l’autre.

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  30. Julie

    Bonsoir les gens ! Vaste sujet, beaucoup de choses dites dans les commentaires, je ne parlerais donc pas du voile ou de la religion, je ne sais vraiment pas quoi dire de plus. J’espère seulement, Baptiste, que parmi tous ces commentaires et ces conseils distillés par les lecteurs, tu trouveras quelques réponses et un peu d’aide pour toutes les prochaines fois où tu te sentiras un peu paumé. Demander à la jeune fille si elle accepte ou non que ses tantes restent auprès d’elle est un premier pas. Bien sûr, le risque est qu’elle réponde que ça ne la dérange pas… Mais au moins, elle aura entendu quelqu’un lui demander son choix et l’autoriser à l’exprimer. C’est pas grand chose, mais je me dit toujours qu’un petit quelque chose aura peut-être un impact pour elle plus tard. Néanmoins, j’admet que de refuser de te serrer la main ne permet pas la création d’un climat cordial où la confiance et la communication aurait pu t’aider à t’exprimer… Courage !

    Tu parles de sexe « médical ». Je ne doute pas que la plupart des médecins voient avant tout en nous des patients et non des sexes de femmes et d’hommes. Quoique… je suppose qu’on leur demande également d’être empathiques, de comprendre son patient, de le voir dans toute sa globalité, etc. Difficile d’occulter alors le corps féminin ou masculin, la sexualité faisant entièrement partie de ce que l’on est. Non ? Dur. Enfin, j’imagine.
    Ce qui me chiffonne, c’est que les médecins ont beau réussir (ou essayer) à faire cette part des choses, moi en tant que patiente, j’admet avoir beaucoup plus de mal. Pourtant j’essaie (et j’y arrive parfois) de voir la personne en face de moi comme un professionnel avant tout. Petite anecdote récente:
    Je suis allée chez mon médecin traitant pour une douleur au niveau rectale. Il m’examine rapidement (pas de TR) et j’accepte sans problème, le soin avant tout. Pas très agréable, mais ça passe. Puis il m’explique qu’il va m’orienter vers un proctologue pour un examen plus approfondi. Bon, ok. je me dis, « chouette je vais me prouver que je peux très bien supporter de tels examens, peu importe le sexe du professionnel! » Et là je pense au sourire de Mona Lisa (premier coup de cœur du blog ! love love…) « vas y Juju, tu vas être fière de pouvoir raconter ça la prochaine fois !! ». Et là, boum ! le médecin qui me dit:
    -« Il y a quatre médecins dans ce cabinet, vous préférez un homme ou une femme ?
    -(WHAT ?) Heu… je ne sais pas (je lutte contre mon irrépressible envie de me laisser aller à la facilité, il ne m’aura pas !) Quel est le meilleur selon vous ? (quoique je doute qu’il puisse évaluer d’une éventuelle incompétence des trois autres. je me demande même si c’est déontologique. Bref, ça n’a pas raté).
    -« Ils sont bien tous les quatre.
    – Ah. Alors heu… brmjenesaispas bmw (tousse tousse) brrbéalors… heu bah… une femme ? »
    Fin de l’histoire. Ma fierté retombe comme mon soufflé au fromage de la semaine dernière.
    Je n’arrive pas à occulter le sexe du médecin. J’ai été bien plus à l’aise lorsqu’elle m’a fait un toucher rectale que lorsque mon médecin traitant m’a regardé la zone anale. Pourtant, je n’hésite pas à aller voir des praticiens masculins, j’ai même un ostéopathe homme excellent. Et, fichtre, les ostéos ils touchent pratiquement PARTOUT !! Quand je vais le voir, je prend ma pudeur, je la roule en boule et je la jette au fond d’une poubelle avec ton smoothie et ta boîte de thon (salut!). Et je retournerais le voir, à l’aise ou pas à l’aise, car il me fait du bien.
    Ce qui me dérange le plus dans mon histoire ? C’est de m’être sentie coupable d’avoir fait ce choix. Aujourd’hui encore, je ne vois pas comment j’aurais pu répondre autrement. J’avoue j’ai pensé à mon confort, car oui, je suis moins à l’aise quand des mains de médecins hommes me touchent. Je ne refuse aucun examen, qu’il soit réaliser par un homme ou une femme,je suis tout à fait capable de prendre sur moi, mais incapable de maitriser mes émotions.
    Depuis, j’ai récupéré ma pudeur dans la poubelle. Elle sent un peu la fraise-banane.
    Bises à tous.

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    1. adèle

      Cette question de la pudeur, c’est tellement culturel et générationnel !

      Par exemple, j’ai été étonnée en 2015 par ce mouvement de femmes jeunes, se plaignant d’être obligées de se déshabiller entièrement chez le gynéco.
      Parce que comme beaucoup des 55/75 ans, je n’ai pas de problème avec la nudité, mai 68 étant passé par là, la libération des corps, les seins nus à la plage, le soutien-gorge jeté aux buissons … 🙂

      Médecin homme ou femme, je ne me pose pas non plus la question, la féminisation massive de la médecine est très récente, j’ai eu l’habitude de consulter des médecins hommes.

      Peut-être que c’est l’hyper-sexualisation visible de notre société qui amène le doute pour les plus jeunes sur le caractère asexué de la relation patient-médecin ?

      NB 1 Il me semble que Winckler est pour le respect du port du voile et contre la nudité totale chez le gynéco, je me trompe ?
      NB 2 Non, je ne suis pas anti-féministe, je descendrai s’il le faut dans la rue pour défendre l’IVG (et interdire le voile dans les lycées), mais l’âge me permet de relativiser la notion tellement volatile de la norme. 🙂

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      1. griffu

        J’ai longtemps partagé cette attitude : les médecins sont habitués, s’ils devaient s’émouvoir pour chaque fesse qu’ils voient, ce sont des professionnels, etc… J’y croyais d’autant plus que, de formation scientifique, j’ai habitude d’une certaine rigueur dans la séparation des faits et des interprétations. Mais ça, c’était avant… de rencontrer des gynécos douteux (« je vais vous faire un point pour que votre mari se sente mieux » à l’occasion d’une visite en urgence pour infection urinaire… NOOOON, AU SECOUOUOURS !) et surtout des « mammographes », j’ai déjà raconté mes déboires dans un autre commentaire.

        Et donc, pour paraphraser notre cher BB, « j’aime bien vos nichons » n’est pas, je répète VRAIMENT PAS, une manière d’annoncer à une femme qu’elle n’a pas de cancer – même si elle a très mal. Imaginez « j’aime bien votre bite » pour délivrer un diagnostic négatif de syphilis devant un bouton douteux…

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    2. Louise

      C »est intéressant votre témoignage. De mon côté, assez bizarrement, c’est plutôt l’inverse. Quand j’ai le choix, je choisis un homme. Il y a des médecins dans ma famille alors j’ai confiance dans leur recul par rapport à l’aspect sexuel. Mais j’ai ce truc en tête qu’une femme elle a un corps comme le mien, alors qu’un homme, non. Il sera professionnel par ce qu’il ne peut pas être autre chose. Pas de comparaison, d’empathie, de renvoi à soi-même…
      Comme quoi… chacun son sentiment. (même si le sentiment de base c’est que je m’en fiche. Disons que c’est du confort voire du luxe de pouvoir choisir).

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      1. Suze Araignée

        Ben très bizarrement, malgré ma peur des hommes, ma peur des violences sexuelles et ma peur des médecins, je préfère, moi aussi, des médecins hommes. Il me faut des années pour arriver à leur faire confiance, mais j’ai le sentiment qu’avec des femmes, me demandez pas pourquoi, ce serait encore pire. Peut-être pour la raison que vous soulevez. Par exemple, si je parle de mon vaginisme à un homme, il ne pourra pas se dire « mais n’importe quoi, mon vagin à moi, il ne souffre pas le martyr quand on introduit quelque chose dedans ! » ; j’ai peur qu’une femme, elle, fasse volontairement ou non la comparaison.

        Bon ceci dit, j’ai croisé un paquet d’hommes qui ne comprennent pas le vaginisme non plus, mais heureusement, pas chez les médecins (en même temps, avant d’aller voir un-e soignant-e, je m’assure qu’il ou elle me soit conseillé-e par quelqu’un de confiance, ça trie un peu).

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    3. Eva

      juste pour apporter ma pierre à l’édifice, je ne sais pas si la demoiselle de 16 ans aurait pu, de toute façon, signifier son choix. Parce que je pense, qu’après, si elle avait choisi de faire sortir ses tantes, elle aurait forcément dû s’expliquer … et là bonjour la cata….On l’aurait surement pointer du doigt comme une personne qui a quelque chose à cacher. C’est un peu le serpent qui se mord la queue…

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  31. Nnka

    Puisque la malaise était palpable, peut être rompre la glace comme ca, par ce que vs venez de dire : « soyez assurées mesdames qu’ a cet instant, je ne pose pas un regard d homme sur votre nièce, je n ai que mon regard de médecin, des gestes de médecin, des questions de médecin… »
    Les adultes sont comme les enfants : besoin qu on leur explique, qu on les rassure, qu on leur parle…

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  32. marie

    la première fois que j’ai vu une femme grillagée j’étais en transit à l’aéroport d’Alep , avec donc à ma droite des femmes intégralement camouflées, à ma gauche des femmes pulpeuses aux cheveux à faire pâlir une armée de chauves , des cascades de boucles voluptueuses et en face des hommes se tenant par la mains ou les épaules complètement indifférents aux femmes voilées ou pas qui passaient sous leur nez … »bigre bigre c’est vraiment pas comme chez nous » me figes comme réflexion . point !
    ton histoire me rappellent les matrones qui accompagnaient les jeunes filles au bal…des fois que …parce que leur mères les avaient accompagnées au bal …des fois que ….ça me rappelle aussi les juifs intégristes qui ne doivent pas regarder les femmes , je crois…. des fois que ….ou les carmélites cloitrées des fois que …et tous se reproduisent , c’est là le grand mystère de la vie !!!!
    La prochaine fois que tu vois débouler une femme accompagnée d’une mère d’une tante ou d’un frère tu dis ce que tu fais et pourquoi tu le fais avec un max de mots à rallonge dont vous avez le secret les docs, faire dans l’hypermédical et puis tu as écris « mais je n’ai rencontré que le vide et leurs sourires, gênés. » leurs sourires gênés ça veut dire qu’elles ne pouvaient pas mais qu’elles auraient aimés le faire. …des fois que …je ne crois pas que c’était de l’impudeur…c’était des croyances comme d’autres penses qu’il y a un paradis ou un enfer tout ça c’est une question de temps et d’espace …regardes ces fresques folles dans nos églises qu’on appelle les danses macabres.
    des bises

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  33. nathalie s

    Ca m’a surpris également quand ma fille de 10 ans a été soignée pour une blessure au genou (elle devait enlever son pantalon) par l’éducatrice à l’école plutôt que par son instituteur (détenteur d’un brevet de secouriste) parce qu’il n’a pas le droit de « déshabiller » des petites filles. Je sais que notre pays (la Belgique) a été traumatisée par l’affaire dutroux mais je reste persuadée que les actes de soins sont « asexués ».

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  34. Lo

    Bonsoir Baptiste, il y a longtemps que je n’ai pas réagi (en mail privé forcément !!!)
    Ce post me ramène quelques années en arrière, mon papa était infirmier dans la marine nationale, il est parti pendant la guerre du golfe, soigner sur un bateau, des militaires, des civils, des hommes, des femmes … il n’a pas toujours pû faire ce pourquoi il était venu … il est décédé sans en avoir vraiment parlé mais parfois, quelques mots lancés par ci par là nous ont bien fait comprendre. Cette « mission » l’a profondément marqué, trop fragile face à tout ça … Alors Baptiste, parlez en, libérez vous et continuez d’exercer comme vous le faites. En vous remerciant pour tous vos mots … Prenez soin de vous

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  35. Samarraa

    Mon histoire à moi, c’était y a quinze ans, vingt ans que j’avais; pour la carte de séjour, on fait passer un examen médical, à l’office française pour l’immigration et l’intégration, dans le Sud Ouest de la France.
    Ma foi, rien de bien grave, sinon que, faisant grisaille ce jour – là, les lumières devaient être allumées, sauf dans la salle de consultation du médecin, un abat-jour seul était allumé, sur son bureau. Ma foi pourquoi pas, ambiance feutré et intimiste, et un peu sombre déjà. Puis à l’auscultation, l’attitude et la façon de parler, intimiste aussi. Fallait enlever le haut, normal; pas de geste déplacé mais un regard qui a quand même finit par me déranger. L’avait largement dépassé la cinquantaine. Au retour de l’Office, ma voisine de bus y était aussi; nos sonneries de portables identiques (sonneries et portables) nous avaient rapproché, d’Asie qu’elle venait pour étudier la Philosophie. Et elle aussi avait confirmé, bizarre le gars, presque monstrueux. C’est qu’il lui avait palpé les seins à elle… je venais du Maroc pour ma part, et les cheveux couverts.

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  36. Samarraa

    Elles t’ont fait confiance ces dames, à partir du moment où elles sont venues te consulter. Comme nous faisons tous confiance, par défaut, chaque fois que nous passons le seuil du cabinet d’un médecin. Mais est-ce que tous les médecins sont à la hauteur de cette confiance? Il faut visiblement en avoir fait l’expérience pour savoir que non, ils ne sont pas tous dignes de confiance. Alors on reste sur ses gardes, parce qu’on ne sait jamais, des fois que… je ne pense pas que les convictions religieuses de ses dames soient plus à l’origine de leur méfiance qu’un vécu, propre à l’une d’elles ou rapporté par une autre, qui met sur les gardes.
    M’est avis qu’il fallait parler, demander si quelque chose les gênait, expliquer, et rassurer; ch’uis sûre qu’elles auraient fini par te serrer dans leur bras… ou non, mais qu’elles auraient pris congé bien plus chaleureusement.

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  37. Herve CRUCHANT

    @Samarraa… « M’est avis qu’il fallait parler, demander si quelque chose les gênait, expliquer, et rassurer; ch’uis sûre qu’elles auraient fini par te serrer dans leur bras… ou non, mais qu’elles auraient pris congé bien plus chaleureusement. »… Ce qu’elles vont être lourdes ces heures absentes des cours à la fac… je veux dire ces heures de cours qui auraient du parler du rapport entre médecins et patients lors des visites et consultations… Rétablir un échange de paroles qui disparaît peu à peu devant des alias de dialogues; les « experts » qu’on nous impose… les « références » (autrement dit, vous qui n’êtes pas désignés par les médias, écoutez, fermez la et croyez; nous ferons le reste pour vous); et la valeur du contact. oui, du contact physique d’une main sur un bras, d’un main sur un bras, une épaule… comme le méditerranéen, comme la ponctuation par gestes -quel plaisir de voir des italiens échanger!-… tout ce que la « bienséance » extrémiste nous a fait mettre au placard. Ridicules, les attitudes pincées sous prétexte de bonne éducation… alors, parlons. réhabilitons la galéjade, le fanfaronnage, l’histoire sans queue ni tête… je reviens d’un pays du bord du monde où la moindre serveuse, le moindre passant, après avoir annoncé sa raison officielle de se rencontrer entame un dialogue par le biais d’une boutade, d’un mot, d’un sourire…jamais par des choses tristes. ce qui fait que, deux minutes plus tard, tout le monde rit, échange… aucun cas de fermeture de museau, de gueule de raie, de face de rat ! … ce pays existe, je l’ai rencontré. dans ce pays là, je n’ai pas vu de terme « défense de… sous peine de… prison… amende… » etc. tout ce qui n’est pas admis est signalé comme tel; ex. « chemin barré, impraticable. danger. ne pas emprunter ». et çà suffit. c’est exagéré? mais non. imaginez un enfant petit devant une flamme. deux possibilités de communication : « attention, çà brûle. faut pas y toucher » ou « touche pas au feu. si tu te brûles papa te donne une bonne fessée. et te montre comment çà brûle vraiment. comme çà tu recommenceras plus. ». Pas de conclusions stupides, svp : dans les deux cas, le gamin peut toucher tout de même à la flamme -ou pas ! Samarraa nous incite à parler, expliquer… pas forcément à extrapoler en disant : « je hais le voile » ou « bull shit les conneries ! »… mais peut-être étions-nous en présence d’une chose fréquente chez le toubib : une consultation peut en cacher une autre… comme le dit Samarraa : « …elles auraient pris congé bien plus chaleureusement. » si on leur avait expliqué. Bizarre, l’humain, hmmmm?
    Que Mieux te garde, Samarraa.

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  38. fouzia

    Un ami médecin militaire a bossé en Afghanistan et il a assisté à des scènes délicates et procédé à des exams ô combien compliqués…il s’est adapté à la culture et à la religion des patients…Bien que Laïque, notre France est un grand melting pot de cultures et de religions…Tu n’as rien fait de déplacé il me semble, tu es « juste » un homme, donc, un danger impur pour certain(e)s obscurantistes. Tu viens de faire une sorte d’expérience de la misogynie à l’envers 😉 . Sois heureux, tu as encore appris sur les hommes (et les femmes) petit Jedi. Toute expérience est belle, même (et surtout) la pis ; elle te marque beaucoup plus que la meilleure.

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  39. mimi75

    j’ai subi des attouchements de nature clairement sexuelle lors d’examens médicaux au fil du temps, par deux médecins et un aide-soignant en tout. j’accompagne donc systématiquement ma fille aux visites médicales pour être sûre qu’elle ne vivra pas la même chose (je ne suis pas voilée, je suis catholique). il ne s’agit pas toujours d’impudeur, de voile ou de religion, il y a parfois une mauvaise expérience des mères ou des tantes qui justifie le manque de confiance envers un médecin encore inconnu.

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  40. Gargouille

    Bonjour Baptiste,

    Musulmane et voilée, je comprends le malaise que tu as pu ressentir si l atmosphère ambiante dans ton cabinet ce jour là était réellement teintée de suspicion envers ton travail; cela n est pas super gratifiant, certainement, mais je trouve intéressant que tu te poses la question de ce qui n allait pas ce jour-là, ce qu il aurait fallu faire ou ne pas faire…

    En revanche, il aurait à mon sens fallu verbaliser, expliquer très simplement à la jeune fille et accessoirement à ses tantes (puisqu elles étaient présentes) avant même le début de l auscultation que l examen te mènerait à palper certaines parties où se situent certains organes, afin de la rassurer, et de la mettre plus à l aise… elle et ses tantes… et ainsi te permettre de faire ton travail dans de bonnes conditions…

    Assurément, il t est facile de « cloisonner » comme tu le dis toi-même, et de ne te représenter toute personne qui vient te consulter que comme un/une patient(e), mais les faits divers, et expériences vécues dont on ne parle pas et qui font souffrir celles qui sont pétries par la honte, aussi minimes soient-ils (Dieu merci) sont là et nous montrent que parfois certains/es professionnels de santé usent et abusent de ce droit pour avilir et humilier un patient jugé vulnérable ou que sais-je (attouchements sur des femmes, attouchements sur des enfants, viols parfois) tout ceci est une réalité à ne pas occulter…

    Enfin, tu sembles être quelqu’un de très humain, n’empêche que, à la première lecture de ton histoire, j ai senti une certaine froideur qui se dégageait de ces trois femmes ; était ce vraiment une image rigide et dure qu elles renvoyaient ou est-ce ta perception (négative à ce que je lis dans les coms) de ce voile et de ce qu il signifie qui t a dérangé au premier abord (elles font vraiment peur, on dirait, ces braves dames: visages pâles/ tu n as rencontré que le vide/regards réprobateurs)? Tu es d habitude si prompt à décrire, de manière si touchante qui plus est, la beauté des femmes, de leurs traits, que ce soit dans la vieillesse, la fin de vie ou la maladie, que je n ai pu m empêcher de relever ce point, ne m en veux pas… 🙂

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  41. Eva

    Il toujours plus facile d’y repenser après coup. C’est un exercice que je pratique souvent mais qui ne fait que me torturer pendant de longues heures. Car je me dis souvent que j’aurai dû faire ceci ou cela. Mais la réaction sur le moment et dans le contexte est réellement différente par rapport à la pensée ultra réfléchie qui vient par la suite. Même si une petite réflexion s’imposait, arrêtons (moi, toi, tout le monde) de nous torturer ce qui est fait est fait. Ce qui est rassurant c’est que toutes nos contributions pourront sûrement servir pour une prochaine fois. En espérant que celle ci ne te donne plus la nausée Baptiste. :/

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  42. SPG

    C’est surprenant cette sexualisation du médecin parfois!
    10 ans en MG libérale en campagne, je débarque en Médecine scolaire, visite au lycée pro pour dérogation pour travaux sur machines dangereuses. Très naturellement je demande à un gamin de seize ans de se mettre torse nu. » Torse nu? » me demande-t’il en rougissant! Je n’aurais jamais pensé qu’une « vieille » médecin de 40 ans puisse faire rougir un garçon de cet âge. La situation ne s’est pas arrangée quand je lui ai demandé comment était son moral, qu’il n’a pas compris et que j’ai reformulé en lui demandant s’il était gai! Les suivants me regardaient bizarrement!
    Merci pour ton blog Baptiste!

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