La médecin qui était aussi une humaine.

Photo du designer/plasticien et poète Benjamin Isidore Juveneton (dont je vous recommande chaudement le Dictionnaire Optimiste). 

Témoignage de V. 

(V. n’est pas qu’une initiale, c’est un être humain qui lira probablement les commentaires, donc soyons humains et respectueux avec elle, SVP) :

J’ai 34 ans, je suis mère de famille et médecin généraliste. 

Et j’ai fait une erreur. 

Je l’ai appris lundi matin.

Et tout s’est écroulé.

Je n’ai pas mangé pendant 36 heures. J’ai dormi 3 heures la nuit dernière. J’ai pleuré. 

J’ai fait une erreur, bordel ! Une erreur de jugement qui a eu des conséquences dramatiques pour ma patiente !

J’ai pensé à ces longues années d’études, à ce sentiment d’échec qui me collerait à la peau toute ma vie si je fermais la page de la médecine générale à cause de ça.

Alors j’ai pris mon téléphone pour chercher du réconfort auprès des confrères. Je cherchais honteusement celui qui avait vécu « pire que moi ». Je l’ai trouvé. Et il travaillait encore ! Je cherchais à entendre « J’aurais fait pareil que toi », et je l’ai entendu — mais du bout des lèvres et avec d’autres mots. Alors je n’y ai pas vraiment cru. 

J’ai entendu que c’était normal de faire des erreurs, que ce n’en était même pas vraiment une, que je devais penser aux patients que j’avais bien soignés.

Mais je n’y ai pas cru non plus.

Alors j’ai bêtement tapé sur google : « Je suis responsable d’une erreur médicale ». Et je suis tombée sur des sites reprenant les termes « Je suis victime d’une erreur médicale », mais rien sur le vécu du soignant. Rien. Un tabou. 

Alors j’ai été fâchée. Fâchée contre ce monde qui n’imagine pas une seule seconde la souffrance qu’on ressent quand on a commis une telle erreur ! Fâchée contre ceux qui sont les premiers à cracher sur les médecins en commentant les articles qui relatent ces erreurs, cachés derrière de faux profils Facebook. Fâchée contre cette société qui fait taire les soignants ayant à porter ce fardeau sur les épaules toute leur vie.

[…]

J’ai appelé le mari de ma patiente. Je lui ai dit. Tout. Que je regrettais de ne pas avoir vu, que je regrettais de ne pas avoir fait. 

« Ne vous en voulez pas trop, hein ? », m’a-t-il répondu gentiment. Mes épaules ont tout à coup été un tout petit peu moins lourdes.  

Il n’imaginera jamais le bien qu’il m’a fait. Pas plus qu’il n’imaginera les seaux de larmes que j’ai versés et que je verse encore. Parce que la bienveillance de ce patient ne suffira pas. Il va me falloir un long travail pour parvenir à surpasser mon sentiment de culpabilité.

Mais il faudra bien y arriver. Pour moi, pour mon entourage, pour mes futurs patients. 

Et pour mes enfants : ça fait une semaine que mon époux leur dit que je suis malade et qu’ils pensent que j’ai un gros rhume.

Et le pire dans tout ça… Le pire… c’est que ce n’est certainement pas la dernière fois que cela m’arrive. Parce que l’erreur est humaine, parce que les soignants ne sont pas des machines.

Et parce que moi aussi, je suis humaine.

———— 

((((((( PS : je n’ai pas pu modérer les commentaires ces derniers temps sur Facebook car ils étaient trop nombreux. Je suis désolé pour ceux qui ont pu être offensés par certains propos blessants, racistes, etc. Ils ne reflètent en rien ce que je pense (je sais « je n’ai pas à me justifier », mais c’est pour répondre aux messages « comment peux-tu laisser les gens écrire ça ? » Sous-entendu « tu cautionnes ». Il y avait 6000 commentaires ( 6000 !), et j’ai un vrai travail dans la vie (et accessoirement, j’ai une vie tout court). Bisous à toutes et tous.)))))))))

Photo ci-dessous : Benjamin Isidore Juveneton 

135 réflexions au sujet de « La médecin qui était aussi une humaine. »

  1. Anne

    Bonjour v.
    Je suis médecin aussi. J’ai fait des erreurs aussi, pour l’instant (10 ans de pratique) je l’espère rien de grave, mais je comprends votre douleur. Je comprends ce que c’est quand la vie nous rappelle brutalement les responsabilités qui sont les nôtres, qu’on occulte un peu quand tout se passe bien. Je comprends aussi ce que c’est que de se dire qu’on a bien travaillé pendant des années, puis un jour on se trompe. Et les gens et aussi nous même on ne retient que cette fois là!
    Je voulais donc vous dire tout mon soutien. N’hésitez pas à en demander…
    Amicalement
    Anne

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    1. mimi

      « rien de grave » dites vous ! Et là est la différence.
      Dans ma petite ville de province, un radiologue n’a pas vu une tumeur sur une jeune maman pharmacien de 4 enfants.
      La jeune maman est décédée…
      Là, je pense que l’on peut être révolté. Le conjoint, les petits peuvent en vouloir à vie à ce médecin « qui n’a pas vu ».
      Personnellement, mère de 5 enfants, j’ai toujours souhaité avoir 2 avis plutôt qu’un.
      Entre un enfant de 3 ans qui avait 1 à un oeil et un ophtalmo de ma petite ville de province qui m’a dit à l’époque « il n’y a rien à faire », je suis allée voir ailleurs, et les soins et opération ont été un soulagement.
      Un bébé de 9 qui avait avalé quelque chose, je l’avais vu, et un ORL qui vous répond qu’il n’y a rien, que je couve trop mes enfants…
      Second avis : mon bébé avait ce quelques chose de coincé dans la gorge. Ce second ORL m’a d’ailleurs fortement conseillée de contacter son confrère, le premier. Jamais je n’avais rencontré un médecin critiquant un autre médecin. Je l’ai contacté et je vous assure que plus de 30 ans plus tard, il change de trottoir quand je le croise…
      Bonne soirée à vous.

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      1. Marye

        Bravo. vous reflétez tout le propos…. Les médecins ne sont pas infaillibles et sont des êtres humains. Mais sans doute êtes vous parfaitement parfaite….

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        1. mimi

          Non pas parfaite, juste méfiante. Il se trouve que j ai eu raison de prendre des avis différents. Quand la santé de vos enfant est en jeu, vous ne pouvez, aujourd hui vous contenter d un avis.
          Je precise bien « aujourd hui »…
          La medecine n a plus rien à voir avec ce qu elle etait.
          J ai quelques années de recul et surtout quelques médecins ds ma famille et belle famille.

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          1. Leelo

            La médecin n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était…effectivement jamais la médecin n’a été aussi scientifique, jamais les médecins n’ont eu autant de connaissances et de compétences, et jamais les erreurs ont été si rares. Seulement leurs paroles n’étaient jamais remises en cause.
            Il y a 60 ans avec votre enfant vous seriez allés voir le médecin du village, qui vous aurait dit « tout va bien » (de toute façon il n’allait pas vous sortir un fibroscope hein….), et vous ne seriez pas aller demander un autre avis.
            Et au fait vous ne nous avez pas raconté toutes les autres consultations, les dizaines voire les centaines de consultations où les médecins vous ont bien soignés vous et votre famille?

      2. Nicole

        Mimi, vous sortez un propos hors de son contexte et de ce fait, vous le déformez. En effet, Anne ne dit pas juste « Rien de grave » mais qu’étant elle-même médecin, elle ESPERE que les erreurs qu’elle a faites, ne sont pas lourdes de graves conséquences. Vous voyez, le résultat n’est pas le même. Quand on vous lit, c’est comme si Anne disait qu’effectivement, faire une erreur, aussi dramatique qu’elle soit, ça n’a rien de grave. NON, ce n’est pas du tout ce qu’elle dit !!! Mettez-vous une seconde dans la peau de V., juste une seconde…

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          1. mimi

            Leelo, pourquoi tant d agressivité dans vos propos ? Nous pouvons discuter, chacune et chacun avec ses expériences sans agresser…
            Je ne pense pas avoir critiqué. J explque par mes temoignages que l erreur est humaine, rien de plus.

  2. Elise

    Merci pour ce « tous imparfaits » parce qu’humains.
    C’est un rappel pour nous entr’aimer tels que nous sommes ❤️
    Bonne continuation dans la vulnérabilité et la gentillesse (c’est le jour de la noblesse du comportement humain).

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  3. Fénice

    Moi qui suis une patiente et qui trouve souvent que les médecins se cachent derrière une façade de « je-sais-je-ne-me-trompe-pas »… je suis touchée que vous souleviez le problème et aussi que vous ayez eu le courage d’en parler avec la famille de la patiente (c’est un peu mystérieux, pourquoi son mari et pas elle ?) En fait, je trouve que vous avez eu beaucoup beaucoup de courage de partager, de vous remettre comme cela en cause. J’espère qu’en effet ça vous aidera à continuer ce métier assez bizarre puisque on voudrait tant que vous ne vous trompiez pas alors qu’on sait bien que vous êtes comme nous…

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    1. Nicole

      Peut-être qu’il ne reste plus que le mari et les enfants de la patiente… C’est ce que je ressens quand V. raconte que son erreur de jugement a eu des conséquences dramatiques pour sa patiente.

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  4. cia

    Merci d’avoir eu ce courage immense de reconnaître votre erreur et d’en demander pardon au mari de votre patiente. Merci de témoigner de votre douleur.

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  5. Adrien H.

    Comme je comprends ce sentiment…
    Le drame de nos métiers, nous qui travaillons avec des humains, qui sommes humains nous-mêmes et qui avons un impact sur ces vies humaines, est d’être faillibles.
    Je sais bien qu’il n’y aura pas de mots pour apaiser ces pleurs ni baume pour guérir ce sentiment de culpabilité.
    Je sais bien que je ne peux pas faire ce chemin à votre place, très chère V., si humaine, si bienV.eillante et si V.ulnérable ; croyez-bien que si je le pouvais je le ferai.

    N’oubliez pas : tout ceci, les erreurs, les « je-n’ai-pas-vu-ou-pas-su-ou-pas-pensé », les pleurs, les regrets et le sentiment de culpabilité, tout ceci est le signe de V.otre profonde humanité.
    C’est aussi cela que viennent chercher vos patients.
    Et c’est exactement cela qui fait de V.ous une bonne médecin, V.
    Et même une excellente, à mon humble avis.

    Venez donc, prenez un peu de mon épaule pour déposer vos larmes et les laisser là…

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  6. Virginie CATALAN

    Chère V,
    Tu as fait une erreur. Soit. Tu es humaine, et un être humain n’est pas infaillible, or on n’a pas encore trouvé mieux pour soigner ! Mais les études de médecine ne préparent pas vraiment à l’erreur, à l’échec, à la mort, échec thérapeutique suprême ! Tu es jeune, or c’est la vie qui nous apprend à être humble, à accepter les erreurs, les nôtres, et celles des autres. Tu feras d’autres erreurs, et tu apprendras encore, et tu te pardonne ras. Je suis l’épouse d’un médecin, la maman d’une infirmière, et j’ai (eu ?) un cancer. C’est la vie. Continue à soigner, c’est une belle manière de vivre. Et n’aie pas peur des erreurs.
    V. (Moi aussi !)

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  7. Grâce M.

    Je vous souhaite tout le courage possible pour surmonter cette terrible épreuve de la culpabilité. Je suis sûre qu’avec l’amour de vos enfants et de votre mari vous y parviendrez, avec le temps aussi (qui est dans ces cas là notre seul véritable ami, à mon humble avis ).

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  8. Marion

    Plein de courage à vous… Vous faites un métier où il faut (plus encore que dans d’autres) être humain… et pourtant cela implique d’être imparfait, de ne pas toujours voir et faire ce qu’il faut, et d’en souffrir… et quoiqu’on se dise… la douleur et la culpabilité sont là… prenez soin de vous…

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  9. Nadine

    Pour vous V, tellement humaine…. Je suis sidérée par votre témoignage, pas parce que je ne pensais pas qu’un médecin pouvait faire une erreur, mais parce que je crois que j’aurais été une des premières à réagir violemment. Alors merci. Merci de m’avoir rendu un peu d’humanité, de m’avoir rendu un peu d’empathie, cette faculté qui se perd, de m’avoir permis, en vous lisant, de me mettre à votre place quelques minutes, à la place du médecin, qui n’est qu’un être humain, qui est surtout un être humain. On vous reproche parfois de vous conduire comme des machines, alors réjouissons nous lorsque vous n’en êtes pas. Je suis attristée par votre expérience, pour votre patiente, sa famille, et aussi pour vous et la vôtre, qui êtes certainement touchée de manière différente, mais touchée certainement.
    Bon courage pour les durs moments qui vous attendent. Et vous avez raison, parlez-en, entourez-vous!
    Heureusement le temps fera s’estomper cette culpabilité qui vous envahit aujourd’hui.
    Respectueusement.

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  10. Pambet

    Bonsoir V. D’abord, je vous envoie un « hug », un vrai, un chaud, un confraternel, un ému, un compassionnel et un « énergifuge », pour que mon énergie et la joie de mon métier passe par mes bras vers vous dans ces jours de tempête.
    On fait un sacré job, terriblement difficile, mais à nul autre pareil. On y laisse chaque jour un peu de soi, mais on reçoit tellement que ce n’est pas un escalier qu’on descend, mais des marches qu’on monte. A la lecture de votre émotion, je me dis que vos patients ont sacrément de la chance d’avoir « une bonne femme » comme vous pour les écouter, les soigner, panser le corps et l’âme. Et ça, n’en doutez pas. Il est important de pleurer ou de verbaliser, souvent eux, nos patients et leurs familles, et parfois c’est nous, c’est nécessaire…
    Chaque médecin a fait une erreur dans sa vie, c’est comme ça, malheureusement. malheureusement pour celui qui en a fait les frais. Fardeau lourd, mais s’il est si lourd, c’est que vous avez tout compris dans l’art de soigner. Je le dis souvent à mes patients: soigner, ça veut dire prendre soin.
    Et dans les jours sombres, parfois j’ouvre le dossier où je conserve les lettres, les témoignages, les faire-part, et j’en lis quelques uns. Ce n’est pas pour regonfler mon jabot, c’est pour me nourrir de ces rencontres, pour entretenir une flamme, parce qu’on fait un métier de roi, on reçoit tellement de nourriture spirituelle.
    S’il vous plait, craquez un bon coup. C’est génial de pleurer et de vous remettre en question, c’est génial de chercher une canne quand on boite. Vous la prendrez quelques temps pour continuer, puis la laisserez dans un placard, sûr qu’elle resservira un jour, c’est comme çà. et puis si elle ne ressert pas, vous la regarderez de temps en temps et vous la prêterez à un autre de ces toubibs que nous sommes.
    J’ai lu un jour une phrase qui disait en substance: « La seule fois où on a le droit de regarder quelqu’un de haut, c’est quand on lui tend la main pour l’aider à se relever »
    Et je finis par encore un hug, d’espoir…

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  11. Marie Helene

    Bonjour V.
    Je suis puéricultrice depuis 34 ans dans le même service de pédiatrie générale! J’ai fait aussi quelques erreurs. J’ai aussi beaucoup pleuré, j’ai aussi très mal dormi suite à celles ci… Mais j’en suis sortie grandi et vous en sortirez grandi car vous avez un coeur gros comme ça! Ca se sent dans votre récit. Personne n’est infaillible, vous êtes humaine tout simplement! Et heureusement car vous ne pourriez pas exercer votre beau métier!! Continuez à soigner avec amour et bienveillance, vous n’oublierez jamais mais le temps estompera votre culpabilité!
    Je vous embrasse!

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  12. Grand33

    Bonjour Bibi
    et bonjour V. merci pour ton témoignage (je me
    permet de te tutoyer tu as l’âge d’être ma fille)
    Des erreurs, tout le monde en fait, quelque soit
    son métier. Alors oui même un médecin a le
    droit de se tromper, faille humaine !!!
    Les conséquences peuvent être plus ou moins
    grave. Ce qui est sûr c’est que tous les médecins
    se sont trompés ou se tromperont un jour.
    Alors mon côté pragmatique me fait accepter
    cette sorte de fatalité.
    Je comprends ton mal être mais continue d’être un
    un bon médecin et continue de relever tous les autres.
    la bise

    Répondre
  13. Laetitia

    Oh mon dieu, Baptiste, bien sûr que V. mérite du respect.
    Quel médecin n’a jamais fait d’erreur? Certains arrivent à vivre avec, et à continuer le soin, je les trouve bien courageux. D’autres ( comme moi), choisissent finalement des postes moins exposés.
    Mais c’est une telle souffrance à chaque fois…
    Alors il faut dire à V. qu’elle n’a pas démérité. Qu’elle a été courageuse d’appeler le conjoint de sa patiente pour lui dire la vérité et reconnaître l’erreur. Qu’elle est courageuse de reprendre son activité et de continuer à soigner malgré sa peur d’une autre erreur. Que personne ne peut nier son implication et sa volonté de faire de son mieux.
    Et qu’elle n’est pas la seule à qui cela arrive.
    Bises à tous les deux
    Merci à toi de permettre ce témoignage.

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  14. fouzia

    Chère V.,
    Les erreurs aident à grandir, à apprendre, à être meilleur…Alors, V. , grandissez, apprenez et soyez meilleure encore pour vos prochains patients….J’ai fait partie des patients longtemps en errance diagnostique pour certaines pathologies pas vraiment fréquentes et j’ai passé des mois « subir » des médecins pas très gentils qui me donnaient de faux diagnostiques (bah madame, vous avez un soucis psy) ou, mieux, pas de diagnostique ( revenez dans 3 mois, on verra l’évolution)….Bref, des erreurs, beaucoup d’erreurs… et pour moi, de la douleur, de la souffrance….Heureusement que mon psy était là pour m’écouter lâcher mon fiel concernant ces vilains….Malgré tout, je persistais à penser que l’erreur est humaine et savais que le prochain patient ayant les même symptômes que moi serait mieux pris en charge que je ne l’avais été…..
    Il est sain de souffrir d’avoir commis des erreurs car la douleur ne s’oublie jamais vraiment et permet de rester vigilant.
    Je vous envoie une tonne de bises et de réconfort <3

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  15. brigetoun

    je suis malade, patiente, bien soignée
    j’ai connu pour une proche une erreur grave, mais ma colère (restée intérieure) n’était que dans le manque de regret de celle qui en était responsable
    et bien entendu, je suis certaine que j’aurais eu envie de vous tranquilliser (la vous ici évoquée)

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  16. FP

    Bonjour V,
    Je suis une patiente et un jour mon médecin (celui dont je fus toute jeune fille et lui tout jeune médecin, la 11ème patiente il y a 30 ans) a fait une erreur avec une de mes filles. Les conséquences auraient pû être graves. Il est toujours mon médecin. Je ne l’ai jamais regretté. Donc l’erreur peut arriver. J’espère que vous saurez construire avec vos patients de belles relations et continuerez de faire ce si beau métier.
    Ne pleurez plus… Séchez vos larmes et surtout: CONTINUEZ!!!!

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  17. Petit Bleu

    Personne n’est à l’abri d’une erreur.
    Ce qui différencie finalement le bon médecin du mauvais médecin ce n’est pas qu’il commette cette erreur ou pas mais qu’il la reconnaisse.
    L’erreur médicale insupportable, c’est celle qu’on nie, celle qu’on dissimule.

    Je suis heureux de savoir que V. ne dort plus, qu’elle ne mange plus. Non pas que je me réjouisse de sa souffrance mais parce que cela prouve qu’elle a une conscience et que contrairement à ce que certaines mauvaises langues diront sûrement, elle ne fait pas partie de ces médecins arrogants se pensant au-dessus de tout.

    Cela prouve qu’elle a une conscience et qu’elle est un être humain. Un être humain qui commet des erreurs comme tout les autres êtres humains.

    Je lui souhaite néanmoins d’arriver à surmonter cette épreuve pour être demain un meilleur médecin encore.

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    1. CécileD

      Merci petit Bleu, c’est exactement ce que j’avais envie d’exprimer. L’erreur la plus grave est soit celle qui n’est pas reconnue, et/ou celle qui est commise au su et au vu de tous mais pour laquelle personne ne réagit (par peur/remise en cause de l’autorité/habitude…).
      En effet, l’erreur est humaine et nous en faisons TOUS ; Il est bon de voir des médecins faire un « mea culpa » et reconnaître qu’ils n’ont pas la science infuse parce que franchement, les 3/4 sont insupportables et traitent les patients comme des imbéciles profonds qui ne comprendront jamais rien à rien.
      Il faut digérer, avancer et faire profiter vos autres patients de ce que vous avez appris de cette malheureuse expérience… Courage !

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    2. Astharette

      J’aime bien cette différence entre le « bon » et le « mauvais » médecin.
      Mon fils a subi une erreur médicale (sans conséquence grave) : un dentiste lui a arraché la mauvaise dent. (heureusement c’était une dent de lait). Il n’a jamais voulu le reconnaître et a même refusé de me parler ! J’ai dû prendre un rdv chez un autre dentiste pour arracher celle qui était infectée. J’étais très en colère, non qu’il se soit trompé, mais qu’il refuse de le reconnaître. J’aurais souhaité qu’il me dise « je me suis trompé, amenez votre fils pour que je fasse ce qu’il faut ».
      Je trouve vraiment courageux et responsable d’avoir appelé le mari. C’est exactement la manière d’agir d’un « bon » médecin…
      L’erreur est humaine, mais je préfère me faire soigner par des humains que par des robots…

      Répondre
  18. Vizzarri

    Cette femme fait ce noble métier pour de belles raisons je pense…:)
    Elle est juste un peu, beaucoup, profondément humaine et il le faut très certainement pour pratiquer ce métier. Et puis… Il paraît que l’on apprend toujours de ses erreurs alors je lui souhaite de tout cœur:)

    … En décembre…Le mercredi 14 à Strasbourg donc voilà…Objectif du début de ma semaine prochaine? En quête de votre p’tit dernier après 2 échecs positifs ( la curiosité des 2 libraires ont été titillé… J’ai eu l’impression et l’espère…:)) et certainement le savourer un peu, beaucoup…:)

    Jolie soirée à vous:)

    Marielle.

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  19. Gaëlle

    Oui, V : l’erreur est humaine. Sûrement, elle n’est pas réparable et c’est ce qui en fait une erreur aussi pesante. Ce n’est pas une négligence, non. Ca arrive, malheureusement. On apprend tous les jours, et c’est vrai pour les médecins aussi. Bien sûr les conséquences peuvent être graves, parce que le médecin travaille avec des HUMAINS, pas des objets. Mais reconnaître son erreur, chercher ce qu’on n’a pas vu, s’interroger, c’est la meilleure façon de s’améliorer. Et pour le patient, pour sa famille c’est aussi pouvoir continuer à avancer, savoir pourquoi, comprendre. Et c’est le plus important : reconnaître qu’on s’est trompé.

    Alors, oui : ne vous en voulez pas trop. Faites de cette erreur une chose constructive, pour vous, pour vos patients à venir, pour d’autres médecins même peut-être. Et puis surtout, prenez le temps de la « digérer », d’en parler. Parce que vous êtes un humain !

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  20. Myriam

    Nul humain n’est infaillible et les médecins ne font pas exception à la règle. Je ne suis pas médecin ni même un soignant quelconque mais tout simplement comme tout un chacun une soignée de temps à autre et j’imagine combien il doivent être parfois pesantes les maladies des uns et des autres, celles qui n’ont pas d’issue positive, celles qui interrogent… et pourtant les médecins ne sont que des êtres humains qui, à longueur de journée, s’habillent des maladies des uns et des autres et doivent s’adapter et trouver les mots pour chaque patient.
    Alors, comment être toujours parfait(e), comment tout voir, tout prévoir ??? certes les conséquences pour un patient peuvent être dramatiques mais comment reprocher quoique ce soit lorsque l’on sait ce qui repose sur les épaules des médecins. Le mari de cette patiente a eu les seuls mots justes et c’est ce qui importe. V. soyez fière de ce que vous faites, songez à toutes ces personnes que vous rassurez et que vous soignez, et qui, pour certaines, ne seraient peut-être plus là sans votre diagnostic.
    Les soignés vous sont reconnaissants de ce que vous véhiculez en tant que soignante mais également de votre courage à dire. Merci à vous !

    Répondre
  21. Virginie

    Chère V,
    Je n’ai aucune idée du courage qu’il faut pour être soignant. Et prendre, chaque jour, le risque d’être faillible. J’ai par contre une idée de celui qu’il faut pour vivre, pour être présent et honnête envers soi-même, et relever au quotidien le défi de la Vie.
    Rien de ce qui nous arrive n’est le fruit d’un mauvais sort, ou du hasard. Nous avons des choses à comprendre, y compris et surtout, de nos erreurs. Ces catastrophes dont nous pensons ne jamais pouvoir nous relever, ces chutes dramatiques dont nous sommes convaincus que jamais nous ne pourrons nous en remettre, sont souvent ces déclics qui font bifurquer nos chemins vers l’essentiel. Être.
    La vie n’est pas fait pour les tièdes … Vous avez un courage que peu d’entre nous possédons. Il faudra du temps. Mais de cet instant que vous passez en boucle dans votre tête, rejouant la scène de ce que vous auriez dû dire ou faire, vous allez faire quelque chose de neuf, de vivant et et de salvateur : pour vous et pour ceux que vous accompagnez chaque jour. N’en doutez pas. Là, en cet instant, vous pensez que rien de bon et de beau ne pourra plus jamais advenir. Mais la vie saura retrouver son chemin en vous … D’ici-là, vous avez de nombreuses épaules sur lesquelles poser votre tête et laisser couler vos larmes.
    Amicalement,

    Répondre
  22. mimi

    V, Vous avez fait une erreur, MAIS, vous le reconnaissez et c’est énorme !
    C’est assez récent dans le milieu médical de reconnaître que l’on peut se tromper. Les patients de sont pas des objets mais des être humains et je comprends les familles qui subissent ce terrible mot ‘erreur ».
    Comme vous le dites l’erreur est humaine. Je me permets de rajouter, et les termes ne sont pas très beaux mais « beaux » mais, vous n’avez pas « obligation de résultat »… Vous n’êtes pas plombier ou charpentier…
    Je sais, je ne suis pas touchée par cette erreur et j’ignore comment je réagirai. Par contre, l’important pour moi est de le reconnaître, l’expliquer si possible et, la vie continue….
    Courage et poursuivez ce métier que vous aimez.

    Répondre
  23. Adeubé

    Patiente, j’admire tous les professionnels de santé. Nous avons tous, à un moment ou à un autre de notre vie affaire à eux. J’admire leur dévouement, leur patience. Et l’erreur est humaine, bien sûr. Cela fait partie de notre nature. Gros bisous et bon courage à V. et à tous les « V. » qui ont fait ou feront une erreur.

    Répondre
  24. Coralie

    Bonsoir V,
    Je suis une patiente et mon médecin traitant a fait une erreur de diagnostic, il n’a pas vu, il est passé à côté. Cela aurait pu avoir des conséquences graves. Je suis allée consulter quelqu’un d’autre qui a « vu ».
    Je suis retournée voir mon MT, je lui ai doucement dit que j’avais vu un autre médecin. Il m’a dit « merde, je suis désolé, comment ai-je pu passer à côté? »
    Peu importe pourquoi, cela fait 5 ans et il est toujours mon MT.
    Parce qu’au delà de cette erreur, il m’a soignée, écoutée, épaulée de nombreuses fois auparavant…
    Parce qu’avant d’être un médecin, c’est un humain…
    Je vous souhaite plein de courage V et je vous embrasse très fort…

    Répondre
  25. Kahte

    C’est quoi ce monde où l’on doit être infaillible ? Je ne savais pas qu’on était des superhéros ? J’ai plus l’impression qu’on est des Clarck Kent, celui qui fait tout tomber tout le temps, et redresse ses lunettes parce qu’il a encore fait une bêtise.
    Zut on est juste des humains, donc on fait des erreurs, sinon on m’aurait menti, et je serais la seule à me planter tout le temps ?

    Gros bisous à la verseuse de larmes, pleins de mouchoirs en bisous pour les faire passer.
    Et sus aux crétins qui pensent qu’on est capable de gérer 6000 commentaires comme si c’était magique…

    Bisous Bibi.

    Bisous les humains.

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  26. Aude A

    Un gros, gros câlin pour V. Mais vraiment. Un très gros. Je compatis totalement. Il faut beaucoup d’intelligence et d’humanité pour reconnaître ses erreurs et en souffrir. Et appeler le mari de sa patiente. Longue, belle vie de médecin à elle et à toi pour ce si beau blog.

    Répondre
  27. Dodo

    Bonjour
    Je ne suis pas médecin, ni faisant partie du personnel soignant…Je ne suis qu’une patiente, une patiente parfois impatiente…Impatiente que l’on pose un diagnostic, impatiente que mon médecin, dieu tout puissant à mes yeux de profane, soulage mes douleurs, mon mal-être…

    Votre témoignage si bouleversant, me rappelle que vous n’êtes que des êtres humains. Je suis soulagée de constater qu’il reste encore des médecins pour lequel un patient n’est pas qu’un « suivant » dans une salle d’attente. Vous faites partie de ces rares médecins à qui il reste un sentiment d’humanité, d’humilité…

    Oui l’erreur est humaine, il est même possible (même si je ne vous le souhaite pas) que vous fassiez une autre erreur dans votre carrière de médecin, mais cette erreur aura aussi le « mérite » de vous rendre de nouveau plus vigilante, plus attentive. La flagellation ne ramènera pas votre patiente, mais vous ne l’oublierez surement pas et vous sortirez grandie de cette épreuve.

    Bon courage à vous, le temps des pleurs est passé. Relevez la tête Docteur, relevez les épaules, et retournez au combat, vos patients ont besoin de vous.

    Bien amicalement.

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  28. Aude.

    Bonjour,
    Je suis étudiante en médecine à Paris 7 et j’ai la chance de bénéficier de l’enseignement du Pr Galam, spécialiste de l’erreur médicale. Je conseille très fortement à V. de lire ce qu’il écrit sur le sujet (et notamment son livre « L’erreur médicale, le burnout et le soignant : De la seconde victime au premier acteur »). En fait, je le conseille à tous mes confrères, car nous ferons tous un jour une erreur et il est important d’y réfléchir. Comme le dit le Pr Galam, elles sont un « gisement de qualité » pour nous tous et il y a toujours un enseignement à en tirer.
    Bon courage à V.

    Répondre
    1. mimi

      « Elles sont un gisement de qualités » écrivez vous. Tres certainement pour vous future médecin et médecin. Mais, si cela doit arriver à quelqu un que vous aimez, essayez de vous mettre à sa place…
      Si l erreur médicale est « bénéfique » au praticien elle est souffrance et douleur pour le patient et ceux qui l entourent.
      Mais, je sais que l erreur est humaine.
      Il faut juste la reconnaitre ce qui peut être source d apaisement.
      Bon courage et bonne soirée.

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      1. Aude.

        L’expression n’est pas de moi… je vous propose donc de lire l’ouvrage que je recommande ci-dessus. Elle sera sans doute mieux perçue, replacée dans son contexte initial.

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  29. Ptite bibi

    Je lis ce blog depuis sa « naissance », c’est mon premier commentaire bien que ce ne soit pas le premier post qui me touche au point de vouloir réagir… mais là, déformation professionnelle obligé, je me dois de « répondre ».
    Je suis Responsable Qualité et Gestionnaire de Risques, une barbare administrative qui ne touche pas aux patients, mais qui a une vrai vocation à aider l’Humain, patient ou personnel soignant. Je me bat tout les jours contre les personnes qui disent « c’est la faute de machin, il a fait n’importe quoi « , une ERREUR n’est jamais la faute d’une personne, c’est toujours le résultat d’un concours de circonstances. Et ce qu’il y a de « bien » avec les erreurs (malgré leurs conséquences douloureuses), c’est que quand on se penche un peu dessus pour les analyser, on peut les comprendre et faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas, pour les autres. Les autres patients, mais aussi les autres soignants.
    Apprenez de vos erreurs, qu’elles ne soient pas inutiles.
    Bon courage à vous pour la suite.

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    1. schtroumpfette

      j’ajoute que, désireuse de ne pas reproduire cette expérience désastreuse, vous continuerez d »‘apprendre et de vous perfectionner, et qu’à la fin de votre carrière, vous aurez sans doute commis moins d’erreurs qu’un confrère qui traverserait sa carrière sans remettre en questions ses certitudes, au cri de « ya parfois de la casse » (entendu en obtétrique).

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  30. bluetit

    chapeau
    vous avez du cœur et du courage ,
    appeler le mari de cette femme
    sincèrement , je vous dis bravo
    continuez c est si bon un médecin humain
    merci pour ce témoignage

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  31. Myriam FdF

    Votre réaction prouve bien à quel point vous faites de votre mieux pour soigner vos patients. Alors, ne laissez pas cette culpabilité vous ronger trop longtemps. L’erreur est humaine, même si les conséquences sont nettement plus graves pour un médecin que pour un coiffeur (quoique 😉 ) et vous êtes, avant tout, humaine. Je vous souhaite beaucoup de courage et envoie une pensée à votre patiente.

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  32. margot

    On prend bien soin de reprocher leurs erreurs aux médecins qui ont le malheur d’être imparfaits, on devrait plutôt remercier tout ceux qui ont eu une idée de génie, perçu un détail qui les a fait réagir, eu l’intuition qu’il fallait creuser une piste, effectué les gestes qui sauvent avec sang froid, pris le temps nécessaire en dépit du reste, su trouver la solution à un problème complexe,… nous soigner avec humanité parce que l’Homme est une machine terriblement complexe, pas toujours facile à comprendre.
    Peut être que vous (les médecins) auriez pu en sauver plus, mieux en soigner certains. Soyons tristes pour ceux qui n’ont pas eu cette chance, qui sont tombés du mauvais côté des statistiques. Réjouissons nous pour tous ceux qui, grâce à vous, vont bien, vont mieux.
    Le médecin porte la culpabilité de ne pas avoir vu, de ne pas avoir su, de ne pas s’être souvenu, parce qu’il a appris tellement de choses qu’il sait qu’il devrait savoir. Admettre l’erreur c’est rester vigilant, ne pas oublie qu’elle arrive parfois, ce n’est pas accepter d’être mauvais.
    Nos chers médecins, nous avons bien besoin de vous, prenez soin de vous (aussi)

    Répondre
  33. Emmanuelle

    Tout le monde peut faire une erreur, aussi dramatique soit-elle, malheureusement.
    L’inhumain serait de ne pas voir son erreur, de ne pas la reconnaître, de ne pas en parler ou de la trouver anodine.
    L’insupportable pour l’autre serait qu’elle soit niée ou minimisée.
    Travailler avec des êtres vivants est la meilleure façon de générer des erreurs humaines.
    L’important est d’être épaulé lorsque cela se produit… et les proches de la « victime » sont probablement vos meilleurs alliés.
    Courage…

    Répondre
  34. Tsuvane

    À V ;

    Je ne peux pas imaginer ce que vous êtes en train de vivre. Mais bon sang vous n’êtes pas Dieu, et que vous soyez à ce point touchée par votre erreur qui découle de votre simple humanité fait de vous une personne de qualité ; la douleur, c’est le prix à payer quand on a une conscience. Votre peine est un deuil. De tout coeur avec vous.

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  35. Veronique

    Ma maman est décédée d’un cancer du poumon en 1987. Après son départ, en triant tous les documents médicaux, nous avons vu une tache sur la radio. Alors avec Papa, nous sommes allés voir le médecin pour comprendre a quoi correspondait cette tâche. Il ne l’avait pas vu et bien que maître de lui dans l’échange, il avait l’air tellement triste et gêné. Nous l’avkns remercier pour l’explication et son honnêté; nous l’avions remercier surtout pour tous les soins prodigués. Nous sommes rentrés a la maison tristes mais soulagés : nous aussi avions notre part de culpabilité , de n’avoir pas su empêcher Maman de fumer . Les médecins ont une obligation de soin, pas de résultat. Ma fille est en cinquième année de médecine, je suis fière du métier qu’elle a choisi car il y a beaucoup d’altruisme dans cette profession. Je lui dis comme à vous V, pleurez un peu mais souriez beaucoup pour tout le bien que vous faites. La vie est une maladie mortelle, quoiqu’il en soit.

    Répondre
  36. lectrice boulimique

    « Craignez de vous tromper, mais ne craignez jamais de laisser apercevoir aux autres que vous vous êtes trompé. »
    Citation de Fénelon ; Pensées recueillies (1720)
    Facile à écrire, beaucoup moins facile à faire. Grrrand coup de chapeau à V. qui a assumé son erreur face au patient et face à elle-même. Courage pour continuer, au besoin en se faisant aider psychologiquement pour passer le cap? Et pour aider notre soignant à tenir le coup, pensons à dire merci pour tout ce qu’il détecte, diagnostique, soigne et guérit… ne fut-ce qu’avec une petite carte de voeux fin d’année par exemple. Un merci booste le moral et réconforte dans les moments difficiles.

    V. je me permets aussi de mettre en parallèle votre métier et un autre qui fut le mien: Correctrice professionnelle en presse. Des dizaines de coquilles, doublons, non-sens, erreurs de forme et parfois de fond) à intercepter avant publication, chaque soir, au finish avant heure de bouclage… par contre si une seule faute passe à travers les mailles de mon filet, le lendemain haro sur moi-baudet!!! J’avais au moins la consolation de pouvoir me dire que personne n’en mourrait même moi malgré la honte. Mais c’est bien plus difficile de relativiser quand on travaille non pas avec des mots mais avec des patients.

    Cela me fait aussi réfléchir sur la place qu’accorde la société à l’apprentissage. Ou plutôt qu’elle n’accorde pas ! dès l’enfance il n’est question que de « bonne réponse », et « d’école de la réussite » (sic, d’une ministre belge de l’Education). Les écoliers mis en échec apprécient moyennement, car la focale n’est pas mise sur les choses que peu à peu ils arrivent à maîtriser mais sur la faute qu’ils commettent encore. Je rêve d’une dictée où au lieu de souligner les erreurs en rouge le prof soulignerait les mots bien écrits en vert…

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  37. Mésange

    D’accord V, vous avez fait une erreur et ses conséquences sont graves. Mais à la suite de cette erreur, vous avez fait quelque chose d’infiniment important et d’infiniment humain et très courageux – sinon pour votre patiente du moins pour sa famille : reconnaitre et assumer votre erreur. Je vous assure que c’est inestimable.
    Parce que des personnes qui ont dû vivre ou parfois mourir à cause d’une erreur médicale, j’en connais autour de moi et bien peu ont eu la chance que leur praticien ait votre courage et votre humanité. Ils ont plutôt eu affaire à des médecins arrogants se cachant derrière « l’erreur est humaine » voire « non j’ai bien respecté le protocole » alors que tout montrait le contraire. Bien sûr que oui que l’erreur est humaine mais c’est bien souvent cette attitude glaçante, hautaine qui fait plus de mal psychologiquement que l’erreur elle-même. Elle laisse en plus un énorme sentiment de colère et d’incompréhension dans les familles et chez les patients qui, eux, doivent l’assumer cette erreur qui n’est pas la leur… mais que parfois on essaie aussi de leur mettre sur le dos… juste par manque de courage et/ou d’humanité. C’est ce genre de praticien qui fait que Baptiste a encore bien du travail pour réconcilier soignés et soignants !

    Votre attitude à vous, V, est sincère, pleine de compassion et de responsabilité à l’égard de votre patiente et de sa famille. N’oubliez jamais : la perfection n’est pas de ce monde, peut-être juste pour nous faire grandir, mais on grandit encore plus en assumant ses responsabilités et en se montrant humain.
    Caresses de plumettes V, vos patients ont bien de la chance de vous avoir comme médecin.

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  38. Martine Rouch

    Vous êtes très courageuse, V, de vous remettre ainsi en question et de faire « amende honorable ». Je vous souhaite de rebondir ! Merci de votre sincérité. Une patiente.

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  39. amelie melo

    Chère V
    au delà de tous les commentaires chaleureux auxquels j adhère bien évidemment , je voulais juste vous dire que vous avez , à mon humble avis , le droit aussi d en parler avec vos enfants. Selon leurs âges bien sûr., et avc les mots justes. Mais je crois que les enfants sont bien plus futés et intelligents qu on ne peut le penser, et que s ils ont la chance d avoir une maman tellement impliquée dans son rôle et sa profession, ile ont bien du sentir qu il y avait plus qu un rhume qui embêtant leur maman ces derniers jours…. on a le droit aussi de se montrer humain et de dire à ses cheris qu on a eu des difficultés au travail , que c est un si beau métier qu on fait mais parfois pas simple etc…. avec les mots adaptés et comme on le sent bien sûr. …. C est juste une suggestion. ….
    Bien affectueusement, A.

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    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Je remets un commentaire d’une lectrice qui s’est perdu dans les limbes du net :

      Premier commentaire, ici et même ailleurs… J’ose un parallèle.
      Vous tapez: »Je suis responsable d’une erreur médicale » et google ne dit rien de rien.
      Vous tapez : « Je suis victime d’une erreur médicale » et google affiche pléthore de sites.
      Tabou tenace.
      Je tape: »Prélèvements d’organes et effets sur la famille du donneur » et google n’en dit rien de rien.
      Je tape: »Don d’organes » et google affiche une foultitude de sites optimistes et prosélytes.
      Tabou tenace.
      Il vaut toujours mieux être du bon coté des questions…
      Sinon….le docteur qui a confondu hernie hiatale et cancer de la gorge… s’est « excusé » du bout des lèvres mais a reconnu l’erreur…
      Mon père est mort.
      Celui qui a forcé le fibroscope en le réprimandant des on peu de coopération… n’a rien dit…lui.
      Des excuses sincères auraient adouci le deuil?L’auraient accompagné, sûrement…

      Anne

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  40. Kaylee

    Moi aussi, V, je vous envoie un gros Hug – je ne suis pas médecin, je suis patiente mais en ce moment tout va bien, je pourrais être votre mère vu mon âge, alors un gros Hug bien sincère, bien chaleureux et bieb réconfortant – pensez à tous vos patients que vous avez aidés, sauvés. Je pense aussi qu’il n’y a que les personnes qui ne font rien qui ne font pas d’erreur.

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  41. CourbesGenereuses

    Souvent, je me dis que j’ai de la chance, dans mon métier je peux dire « bah, ce ne sont que des octets, ya pas de vies en jeu » … et j’en suis totalement consciente !
    L’erreur est humaine, et reconnaître lorsqu’on en fait une est une belle qualité, même si c’est douloureux. Car elle va vous rendre plus vigilante, plus attentive, et cette erreur-là, vous ne la referez plus.
    Et si je peux me permettre : quel courage il vous a fallu pour prendre votre téléphone et en parler à la famille !! Certains diront que c’est « normal », mais on touche à l’humain, et à l’égo aussi, ce n’est déjà pas facile de reconnaître que l’on a fait une erreur, ça l’est encore moins de le DIRE …
    Mais ces mots qui ont été difficiles pour vous ont du mettre du baume sur le coeur de la famille, car, OUI, « l’erreur est humaine », et le restera …
    Courage, reprenez le dessus, et mettez en place des nouveaux process éventuellement qui aideront à ce que cette erreur ne se reproduise pas, vous ne pouvez pas vraiment faire « plus », je le crains.

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  42. DameMoi

    Cher Baptiste
    Je me réjouis de vous relire et poum, le coup de poing dans le ventre avec cet article qui me touche en plein coeur, me fait pleurer de concert avec V.
    Car sa détresse est perceptible et fait écho à des sentiments ressentis il y a des années et qu’il a fallu affronter aussi et dépasser pour continuer à avancer et à apporter
    Car oui, moi aussi je n’ai pas vu.
    Combien de fois, toute jeune interne, je me suis sentie démunie et ignorante face à une urgence vitale, avec ces regards si pleins de confiance des proches. Je traine encore des regrets aujourd’hui sans savoir si j’ai pu tuer ou pas et mes excuses qui ne savent où aller parfois se transforment en remords.
    C’était il y a 17 ans mais j’ai encore le souvenir cuisant d’un patient revenu m’annoncer son cancer du pancréas. Les symptômes étaient frustres mais j’avais demandé une échographie qui n’avait pas montré le pancréas. Les symptômes étaient frustres, le bilan sanguin était normal alors j’ai juste dit qu’il faudra faire un scanner. Et je n’ai pas fait l’ordonnance. Parce que je ne voyais pas.
    Ses douleurs ont persisté, son généraliste a prescrit le scanner et il est venu me voir avec le résultat en annonçant que son médecin avait déjà pris rdv avec un oncologue.
    J’ai été mal à l’aise de n’avoir pas vu, mal à l’aise devant la dureté du diagnostic et de son pronostic.
    Et aujourd’hui avec le recul, je réalise que j’ai pensé à moi, à l’erreur que j’avais faite, j’ai vu sa présence comme une accusation muette, son attitude réservée comme un jugement, la prise de rdv par le médecin comme un un retrait de sa confiance
    J’ai balbutié des excuses et me suis retranchée derrière la froideur clinique. La froideur ce n’est pas forcément un manque de coeur, c’est parfois aussi un coeur qui ne sait pas comment s’exprimer.
    J’ai aussi mal dormi et mal mangé tout en me raisonnant, me disant que cela n’aurait rien changé au pronostic, mais j’ai continué à mal dormir en me disant que les quelques semaines gagnées lui auraient peut être fait gagner de la survie, j’ai tenté de dormir en me disant que ces quelques semaines d’ignorance valaient peut être mieux que quelques semaines de chimio inefficace, j’ai re mal dormi en culpabilisant sur sa perte de chance.
    Aujourd’hui, je réalise que j’aurais du penser à lui et non à moi, que si je ne pouvais changé le passé, je pouvais influencer son présent et peut être son futur. J’aurais du lui donner de l’empathie, de la compassion, des explications, car sa présence c’était de la confiance, sa raideur peut être une forme de peur.
    Je n’avais pas vu mais il me tendait la main
    Je n’avais pas vu mais il voulait que je lui tienne la main
    Je ne l’ai pas fait et je le regrette encore aujourd’hui
    Ce sont les autres patients qui m’ont permis de réaliser que je devait continuer pour eux, en étant encore plus vigilante, plus humaine, plus à l’écoute.
    Notre métier c’est la rencontre d’une conscience et d’une confiance. Légalement, nous avons une obligation de moyens. Nous avons le droit à l’erreur mais pas à la négligence. Et notre responsabilité est grande car si nous faisons une erreur, c’est l’autre qui la paye.
    Mais on ne traite pas un patient sur la base de la peur de mal faire mais sur l’envie de bien faire.
    Il faut apprendre à dépasser cet orgueil qui tantôt fait de nous des surhommes, dépositaires de vies et tantôt fait de nous des moins que rien qui avons failli à notre tache. Ce que nous sommes ne dépend pas uniquement de ce que nous faisons.
    il faut savoir rester vigilant face à la parole du patient et faire le tri entre la souffrance organique et psychologique sans oublier qu’elles peuvent mêlées. Il faut savoir faire le grand écart entre la santé qui n’a pas de prix mais qui parfois a un coût
    Il faut aussi savoir pondérer les attentes car la médecine peut beaucoup mais elle ne peut que retarder l’inéluctable.
    « La chute n’est pas l’échec, l’échec est de rester là où on est tombé» (Socrate)

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  43. Banane

    J’ai été surprise du préambule demandant de respecter V, mais finalement à la lecture des commentaires (contenus) on comprend que le sujet déchire des coeurs.
    Je trouve que c’était une belle réaction d’appeler le mari de la patiente, sa réponse vous a fait du bien mais votre appel sûrement aussi.
    C’est difficile de pardonner l’erreur, même si on sait tous qu’elle est humaine, et l’admettre est certainement la première étape pour avancer ensemble sur ce chemin là. Quand vous faites part de votre peine, même si elle vous paraît déplacée, etc… vous vous positionnez en humain face à un autre humain et ça change tout. Et même si les personnes impactées ont besoin de vous haïr dans un premier temps, il n’y a pas de regret à avoir d’exprimer ce qu’on ressent.
    Bon courage pour la suite!

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  44. laure

    Comme je vous comprends…
    Moi aussi j’ai fait une erreur un jour, et sans l’aide de l’équipe de réanimation une petite fille de 6 ans en parfaite santé aurait pu y laisser la vie. La vie bascule en un instant, la sienne, la vôtre. À ce moment-là j’étais enceinte et bêtement je me disais que j’étais même prête à donner la vie de cet enfant que je portais juste pour réparer mon erreur, juste pour quitter ce fardeau de culpabilité. J’ai pleuré des litres, passé des nuits blanches…. J’ai failli tuer quelqu’un, moi qui ne ferais pas de mal à une mouche. Et pourtant, on est humain, et l’erreur est possible.

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  45. Philippe Renève

    V.,
    Ce serait mentir que dire qu’on partage votre souffrance ; on sait si peu de vous, de ce qui est arrivé. Mais on imagine un peu, on essaie de se mettre un peu à votre place. Et là, on est glacé d’horreur et on comprend, au sens de prendre avec, votre détresse. Normale ? Oui, si on la voit de loin et avec logique. Mais terrible et presque insupportable, on le sent facilement si on a une once d’empathie.
    Que dire, sinon vous souhaiter de surmonter rapidement cette horreur ; on ressent beaucoup de chaleur pour vous et j’espère que vous en serez aidée.
    Je vous embrasse très fort.

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  46. jean michel benattar

    Bonjour,
    Nous pratiquons un métier impossible. Nous devons dans une alchimie impossible nous adresser à l’autre en tant qu’objet (maladie, organe..) et à la fois en tant que sujet (être humain singulier qui souffre et qui a peur), autre que quelques minutes auparavant nous n’avions parfois jamais vu, autre que nous pouvons tuer d’un seul mot…tout ceci dans un environement très contraint (temps, economie, ebm, norme, loi, nouvelles connaissances…).
    Il existe un manque criant de l’enseignement des médecins pour préparer à la complexité de la tâche ainsi que de groupe Balint (qui peut être pour vous d’un grand secours). Je crois qu’éric Galam qui anime un DU « soigner les soignants » a écrit un livre sur « l’erreur médicale et le burn out ». Peut-être sommes-nous tous responsables de ne pas faire la revolution pour que l’apprentissage ne soit plus seulement basé sur les ECN mais comprennent aussi les humanités médicales et la sensibilisation aux groupes balint et aux médecines non conventionnelles ( prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres en toute humanité)

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  47. MSr60

    Bonjour V.
    Et ce n’est pas qu’une formule de politesse, ça veut aussi dire bienvenue dans le premier jour du reste de votre carrière, celui qui fait de vous une analogue du Dr G., mon héros !
    J’ai rencontré le Dr G. un matin à 3 heures dans le service d’urgences d’une clinique, où j’avais échoué après 3 jours d’errance avec ma fille presque majeure et totalement tordue de douleurs abdominales. 3 jours au cours desquels mon MT, puis la maison médicale d’urgences de nuit, puis un premier service d »urgences hospitalier l’avaient renvoyée sans diagnostic ferme (peut-être constipation, ou MST, ou infection urinaire, et ordonnances pour les médications en rapport) mais après s’être longuement interrogés sur l’orientation en pédiatrie en raison des 3 mois manquant à la majorité administrative. Le Dr G., lui, m’a dit « je ne sais pas, mais en tant que père, je ne vous renvoie pas sans solution. » 18 heures après il décodait le tableau masqué d’un appendicite suintante, la péritonite était déjà là, sans fièvre, sans défense. La suite est classique. 5 ans après, cet épisode est devenue pour ma fille l’écume des jours.
    Il ne le sera jamais pour moi, et je me demande très souvent quel est l’évènement fondateur qui avait fait du Dr. G ce praticien qui a su dire « je ne sais pas, mais il est de mon devoir de chercher jusqu’à ce que j’ai épuisé tous les recours ». Même si j’en avais l’occasion, je ne lui demanderais jamais, car c’est un élément de la construction intime de sa conscience professionnelle.
    Et je n’en veux à aucun des autres de n’avoir pas su immédiatement, je remercie la providence d’avoir mis le Dr G. sur mon chemin, et avant cela son « erreur » sur le sien. Pour lui rappeler que l’obligation de moyens, et faire de lui ce héros.
    Votre gros rhume va guérir, en 3 semaines ou 21 jours, c’est selon, et demain vous remettrez la blouse et deviendrez l’héroïne de vos futurs patients. Moins confiante et plus vigilante.

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  48. Nicole Fragante

    Bonjour Docteur,
    J’ai connu l’époque des médecins omniscients, le patient (un cas , une maladie). De nos jours heureusement la médecine c’est humanisée, certainement grâce a des médecins comme vous , qui savent reconnaitre leurs erreurs, c’est difficile d’accepter les échecs, mais cela c’est la vie. Reconnaitre que l’on ne sache pas ce qu’il se passe, demander l’aide d’autre confrère. Il y a pas si longtemps, c’était une chose qui n’était même pas envisagée.

    Répondre
  49. JAC

    Je ne suis que patiente … et le moins souvent possible.

    Pas de site « j’ai fait une erreur » ? Normal, les médecins ne reconnaissent pas leurs erreurs et n’ont eux-mêmes aucune compassion envers leur confrère ou consœur qui en a fait une. Par contre, ils laissent faire ceux qui en font souvent.

    On rencontre trop souvent des médecins qui savent tout, assènent leur vérité et n’écoutent pas ou seulement avec un filtre ce que leur patient a à leur dire ou demander.
    Et quelqu’un qui sait tout mieux que personne ne peut pas se tromper …

    Répondre
    1. Nat

      JAC je ne suis absolument pas d’accord avec vous !
      Oui certains médecins ont cet air suffisant qui peut vous sembler froid et distant, ce n’est souvent qu’une façade pour ceux là, et la majeure partie des médecins sont tous sauf ça !!! Ils cherchent, doutent, explorent, discutent ; par contre certains patients parce qu’ils ont consulté des forums « médicaux » (lol) imaginent mieux savoir que leur médecin : alors oui peut être bien que pour ce genre de patients, le médecin n’a plus de patience 😉 !!!
      Des erreurs médicales ou paramédicales, oui il y en a de temps en temps, mais franchement très très peu au regard du nombre de patients diagnostiqués/traités !!!
      Nous ne sommes pas infaillibles ! Vous l’êtes vous ???

      Répondre
    2. mimi

      Non, les carabins, ce n est plus d actualité.
      L Ordre lui même est bcp plus objectif et c est heureux.
      Par contre, il existe des patients qui font eux mêmes leur diagnostic, tt juste s ils n arrivent pas en salle d attente avec le Vidal !!!!!

      Répondre
  50. La Baladine

    On oublie vite que l’autre est un humain comme les autres… Le médecin, le banquier, mais aussi le vendeur qui aujourd’hui a du mal à sourire et on ne pense pas (ou parfois on n’ose pas) lui demander pourquoi, l’actrice qu’on descend en flammes dans des commentaires courageusement anonymes sur le net, le Sdf qu’on fait semblant de ne pas voir dans la rue, le migrant dont on avait moins peur quand il était dans la boue calaisienne… Et si on prenait le risque de regarder vraiment l’autre, pas en marmonnant un vague bonjour distrait, mais en le regardant au fond des yeux, en toute conscience? Quand on regarde vraiment l’autre, au point de lire son propre reflet dans son regard, impossible d’oublier que cet être, là, en face de soi, c’est un homme, ou une femme, avec des forces, des savoirs, des certitudes, certes, mais aussi des failles, des larmes, des doutes, des peurs, celle entre autres de se tromper, et pourtant, on se trompe toutes, tous, un jour ou l’autre, et quelquefois on se trompe et on se trompe encore, et si ça n’a pas de conséquence dramatique on peut s’estimer chanceux…

    Répondre
  51. Linou

    Je préfère 1000 fois une personne (et c’est encore plus sensible dans le domaine médical) qui reconnaît son erreur et s’en excuse à une autre qui reste froide. Même si l’erreur peut être grave, je me sens au moins reconnue en temps qu’être humain et ça me rassure aussi sur la sensibilité de la personne !
    Savoir que malgré l’erreur commise, la personne est bienveillante et la regrette autant que moi me fait énormément de bien et m’aide à avancer malgré la douleur.
    Bravo pour votre geste auprès du mari de votre patiente.

    Répondre
  52. Nat

    Dans nos métiers de santé, il peut y avoir des erreurs de jugement, des erreurs de prescriptions et des erreurs d’exécution…. Cela arrive peu mais oui cela arrive… En 30 ans de carrière infirmière hospitalière, j’en ai constaté et j’en ai fait aussi …
    Jeune DE, je me suis trompée dans l’application d’un traitement d’héparine d’un petit garçon de 9 ans, qui avait subi une brûlure électrique, cela aurait pu avoir des conséquences très graves ! Heureusement que dès que j’ai signalé ma « bourde », tout a été fait pour que les conséquences possibles soient contrées ! J’étais complètement paniquée, je n’en ai pas dormi pendant plusieurs jours, et j’avais affreusement peur de refaire une erreur !
    Mais heureusement aussi qu’à l’hôpital nous ne sommes pas seul(e)s, que nous pouvons réagir vite…
    V nous apprenons de nos erreurs : courage !!! Tu es un bon médecin, tu as agi en assumant et non pas en fuyant ou niant, tu n’es pas infaillible mais dorénavant tu le seras bien plus !
    Tu passeras ce cap, et tu n’en seras que meilleur médecin !

    Répondre
  53. Renée

    Lorsque une erreur médical est commise, nous quidam que nous sommes, ne pensons qu’à nous aux répercussions sur, notre vie celle du patient qui est souvent de la famille ou du moins très proche. Nous ne pensons jamais au médecins c’est vrai et, à quelque part injuste.
    Injuste parce si notre vie et modifiée celle du médecin aussi. Ce doit être douloureux de constaté une erreur de ce type, lourd a porter.
    Mais justement, nous sommes tous des humains (du moins faut-il l’espérer) et l’humain doit admettre et pardonné, surtout.
    Ce n’est pas facile mais impératif. Personne n’est infaillible que celui qui n’as jamais fait d’erreur (impossible dans une vie) se souvienne des siennes, avant de jeter la pierre.
    Il va Madame vous falloir du courage pour continuer cette route mais vous l’avez aucun doute, quand on sait demandé pardon, on est courageux.
    Vous n’oublierez jamais, et c’est cela qui vous permettras de rester attentive encore plus. Je vous souhaite une bonne continuation dans votre carrière, donnez vous le temps, si vous pouvez de reprendre confiance afin d’être cette femme Médecin que vous vous êtes destiné à être. Amicalement

    Répondre
  54. Lucie

    Bonjour V, bonjour Baptiste, bonjour à tous les soignants

    Tout d’abord, je voudrai profiter de ce message pour témoigner de mon respect, de mon estime, et de ma gratitude à la communauté des soignants.

    Cher V, Google est peut-être resté cruellement silencieux face à votre requête, mais ma mémoire m’a permis de re dénicher cette vidéo que j’ai vu il y a quelques années déjà, et qui m’avait beaucoup touchée.

    « Brian Goldman : les médecins font des erreurs. Peut on en parler ? »

    https://www.ted.com/talks/brian_goldman_doctors_make_mistakes_can_we_talk_about_that?language=fr

    Je vous encourage chaleureusement à visionner cette vidéo du TED talk de ce médecin, qui parle très justement de cette question de l’erreur médicale sous l’angle qui vous intéresse. Il aborde notamment le problème qu’est le tabou, qui renforce la souffrance du soignant, l’enfermant dans la solitude et la culpabilité, et ne permet pas une amélioration par la mutualisation des pratiques.

    Je vous souhaite un bon visionnage. Puisse cette allocution vous aider à cultiver la bienveillance pour vous même.

    Belle journée

    Répondre
  55. Futur-ex-urgentiste

    Bonjour à vous.
    Merci pour ce témoignage. Mais je sais d’expérience que nous n’avons pas le droit que nous plaindre.

    Personne ne remettra jamais en cause la souffrance de la famille. Mais la souffrance des soignants est véritablement tabou.
    Imaginez un monde où vous êtes présumé coupable. Où même si vous êtes si vous arrivez à prouver que vous êtes innocent, vous serez le plus souvent condamné.
    Le fameux responsable pas coupable. Parfait pour la personne/la famille qui pourra être indemnisé. Oui mais au milieu on oublie le soignant qui -pardonnez l’expression- s’en prend plein la gueule. Mais ce n’est pas grave, lui, il n’a qu’à assumer (même si au final il n’a rien fait).

    Je connais d’autant plus ce sentiment que je le vis également en ce moment.
    J’ai 38 ans, 10 ans d’urgences, une « affaire » en cours, où honnêtement je n’ai pas grand chose à me reprocher – voir rien du tout- mais entre un « con-frère » qui vous descend pour se couvrir et la famille qui brandit le fameux « on va porter plainte » sans même chercher à comprendre ou à venir simplement discuter avec vous,

    Alors qu’au quotidien vous essayez de faire de votre mieux, y compris à 3h du matin avec le bourré qui a pourtant tenté de vous frapper 5 minutes auparavant, y compris avec l’énervé qui menace de vous retrouver dans l’annuaire pour régler votre compte parce qu’il a trop attendu à son goût. Et tout cela alors que 30 minutes auparavant vous tentiez de réanimer une petite fille de 10 ans fauché par une voiture pour finalement vous apercevoir que son cerveau sortait par son oreille.

    J’ai 38 ans et je découvre ce qui généralement appelé le « burn-out ».

    J’ai 38 ans et je suis en train de de chercher à me reconvertir dans de l’administratif.

    Bien à vous et à tous les médecins qui peuvent lire ce billet : préservez vous.

    Répondre
    1. mimi

      Monsieur, je lis votre commentaire et je comprends votre mal être. En fin de compte vous allez « abandonner » le métier que vous aimez, que vous avez choisi parce que vous n en pouvez plus!
      Mais que faire, quelle solution pour que les urgences soient « des urgences » et non des consultations de tous les maux de notre société ?
      Courage Monsieur, vous etes inispensable, irremplaçable.

      Répondre
  56. Christelle

    J’aii tendance à avoir des yeux de petite fille pour les soignants qui ont tout mon respect et toute mon admiration. Je ne saurais vous dire les mots qui pourraient vous « consoler », si tant est qu’ils existent.

    Juste, au nom de tous les patients que vous soignez chaque jour, au nom de tous ceux que vous sauvez aussi, merci.

    Répondre
  57. la luciole

    J’admire les médecins et les responsabilités qu’ils acceptent de porter. J’en serais bien incapable.
    Comment ne pas comprendre qu’ils ne sont pas des robots? EVIDEMMENT, l’erreur est humaine!!!

    Répondre
  58. Adeline

    Il y a quinze ans, une consœur pneumologue a fait une erreur qui a coûté la vie à son patient.

    Elle ne se l’est jamais pardonné.

    Elle a décidé de changer de voie, quinze ans après, elle ne se trouve toujours pas, elle n’est pas heureuse.

    Pire, le monde a perdu un très bon médecin.
    Qui avait décelé une maladie de Charcot pendant ses études la ou personne ne trouvait, qui était brillante.

    Savoir se pardonner, c’est faire taire l’égo de notre invincibilité, celle dont nous affublent les patients quand ils le souhaitent.
    Les meme patients qui nous crachent dessus quand on se trompe.

    Réfléchis-bien.
    Sois heureuse.
    Ta famille et tes patients t’attendent.
    Encore et toujours.
    Il y en aura d’autres des erreurs, des dures, graves, difficiles…comme pour beaucoup d’entre nous (enfin ceux qui veulent bien les voir).

    Haut les cœurs,
    La vie t’attends,
    Ne fuis pas dans l’auto-flagellation.
    Par cette erreur, tu aura appris beaucoup.
    Tu ne la commettras plus et sauvera la vie d’un autre, plus tard.

    A bientôt@

    Répondre
  59. Chantal

    Bonjour,
    Seuls les gens consciencieux, impliqués, humains et compétents vivent mal leurs erreurs.
    … Les mauvais ils s’en foutent, voire pire, ils ne les voient même pas. Et surtout ils sont habitués à en faire.
    Vous semblez être de la première catégorie et si c’est ça vous ne supporterez jamais vos erreurs. Le seul moyen c’est de continuer pour que vous constatiez que vous faites, finalement, peu d’erreurs dans la masse de votre travail. A titre personnel j’apprécierais vraiment que vous soyez mon médecin. Courage pour la cicatrisation.

    Répondre
  60. Pambet

    Lettre à V
    Mauvais souvenirs
    Il m’est arrivé quelquefois d’endormir un patient, je parle de chirurgie réglée, pas en urgence, ça veut dire qu’en prinicipe tout doit bien se passer, et pour une raison chirurgicale ou autre, une complication majeure est apparue, et nous avons « perdu » le patient. Il est mort sur table comme on dit froidement! et c’est atroce! J’ai encore le regard de ces patients, que j’ai endormi, qui sont partis en confiance dans le sommeil que je leur injectai. Je suis à leur tête, avec le masque à oxygène, je leur parle doucement, ils partent dans le calme et en toute confiance, et je les vois quand mon narcotique arrive fermer les yeux, doucement, paisiblement, parce qu’ils s’abandonnent à ma « science », mon « savoir faire », et ils ne savent pas, moi non plus à ce moment qu’ils ferment leurs yeux pour la dernière fois. hère V, j’ai le souvenir de ces regards, de ces paupières qui se ferment et qui ne se sont plus jamais rouverts alors qu’ils nous confiaient leur corps, leur santé, leur vie. Et de temps à autre, ça me hante. Quand j’endors un patient, je suis souvent dans l’émotion de ce moment où il s’abandonne en nous, et je suis toujours impressionné quand leurs yeux se ferment…
    Un jour quelqu’un m’a dit à propos de mon métier, « L’anesthésie, c’est le transfert d’une conscience dans une confiance ». Oui, chère V, nous portons des fardeaux bien lourds, nos patients sont sacrément beaux et précieux. Et ce poids on le porte, je le porte comme vous, et le partager je l’espère vous a fait du bien.
    Je vous renvoie un hug, comme dans mon commentaire précédent, et reste persuadé que nous faisons un métier de Roi.
    Très confraternellement

    Répondre
    1. mimi

      Pambet, je comprends votre énorme responsabilité. Votre patient que vs avez endormi va t il se réveiller ? Ce réveil ne dépend pas que e votre seul acte bien endu…
      Permettez moi de vous raconter ce qui est arrivé à un de nos enfants il y a à peine 15 jours : notre fille est enceinte de 6 mois. Une bartholynite (ortho pas sûre) s est déclarée. Il a fallu opérer. Impossible pour elle d etre en position assise pour la peridurale. Elle s est faite en position allongée.
      Panique de notre fille aux réflexions de l anesthésiste : « putain, j y arrive pas. Putain, c est impossible, putain qu est ce que j ai fait… »
      Imaginez l état d angoisse de la jeune future maman !
      Je pense que lors de vos études vous manquent quelques cours de psychologie pour ceux qui en seraient dénués. ?.
      Vous faites un beau métier permettant aux patients de ne pas souffrir et aux chirurgien de travailler dans les meilleures conditions, mais il faudrait juste que certains comprennent qu une peridurale n est pas une anesthésie générale : le patient entend tt ce qui e dit !!!
      Bon courage Dr et belle vie à vous.

      Répondre
      1. Pambet

        Merci « Mimi » de votre mot. Vous savez, il y a des choses tellement évidentes à mes yeux dans la prise en charge des patients, et ça ne commence pas forcément à la faculté de médecine; je ne remercierai jamais assez l’éducation que j’ai reçue, à commencé par celle de mes parents, des enseignants et responsables croisés, de l’enseignement de valeurs qui me semblent ont perdu de leur sens, comme le goût et le respect de l’effort et de l’autorité, de l’écoute et de la tolérance. Les médecins malheureusement n’ont peut être effectivement pas au cours de leurs études des rencontres où leurs ainés leur parlent d’autre chose que de « science ». Après 32 ans d’exercice de ce métier passionnant qu’est l’anesthésie-réanimation, les choses commencent dès la consultation, et on arrive à des entretiens absolument incroyables. Et de se rappeler en permanence que le patient qui est au bout de mon aiguille, ou bout de mon stylo, au bout de mon sourire et de mes mains, c’est mon frère; et que le regard et le sourire que je lui apporte sont déjà des « armes thérapeutiques à bénéfices massifs » sans effets secondaires, sans over dose.
        Bonne soirée

        Répondre
        1. mimi

          Pambet, c’est moi qui vous remercie de votre gentille réponse. Certaines des réponses à mes observations vécues le sont moins…
          Je ne veux polémiquer en aucune façon. Je parle juste de mes expériences. Avec 5 enfants, j’ai vu pas mal de médecins.
          Une maman ne DOIT pas se contenter d’un avis. Je n’ai pas compris et ne comprend toujours pas comment un médecin d’une petite ville de province puisse dire « il n’y a rien à faire » ! Une maman ne peut entendre cela.. Je l’ai vécu. J’ai dû aller jusqu’à Necker pour une scoliose fulgurante. J’ai dû aller à Bordeaux pour une enfant de 3 ans qui avait 1 à un oeil…
          Quant à vos réflexions (j’ai quelques années je pense de plus que vous) sur l’éducation, le respect, je vous rejoins sans limite. Comme vous l’écrivez TOUT commence à la maison, dès le plus jeune âge. Mais, les parents n’ont sans doute plus le temps et comptent un peu trop sur l’école qui ne devrait être que le complément de ce qui se fait à la maison.
          Bravo pour vos sentiments dans votre exercice au bout de 32 ans ! Je sais que nombre de médecins sont dans ce cas, mais pourquoi ne pas parler de ceux qui tout simplement n’ont pas la vocation ?
          Vous êtes un passionné. Vos écrits le prouvent. Alors encore quelques années et vous pourrez enfin bénéficier « du repos du guerrier ».
          Très belle fin de semaine à vous si vous n’êtes pas de garde !!!!!!

          Répondre
  61. F.

    Bonjour V. (et Baptiste),

    Je suis habituellement une lectrice silencieuse mais je serais bientôt avocate en droit de la responsabilité médicale et je tiens à vous dire que de ce côté ci de la barrière on voit souvent des erreurs médicales et beaucoup de médecins qui refusent de les reconnaître. Je n’écris pas ça pour les blâmer; ils sont humains et reconnaître son erreur face à la famille, au confrère, à l’avocat, c’est compliqué et ça peut faire l’objet d’un long cheminement. Votre remise en question rapide n’en est que plus remarquable.

    Je vous souhaite de retrouver la confiance nécessaire pour continuer à soigner vos patients,

    F.

    Répondre
    1. mimi

      Merci F. C est ce que je tente d expliquer à certains ou certaines par des expériences vécues. Et, une fois de plus, si votre profession existe c et bien que les erreurs existent.
      Le plus important est que le médecin reconnaisse !!
      Le cas contraire doit être très complique pour l exercice de votre profession, sans parler du drame que vit le patient ou sa famille.
      Bon courage.

      Répondre
      1. F.

        Bonjour Mimi,

        d’après mon expérience, la reconnaissance de son erreur par le médecin joue effectivement un rôle fondamental dans l’apaisement du patient.

        Je tiens néanmoins à rappeler que si j’ai vu beaucoup d’erreurs médicales, j’ai aussi vu de très nombreux dommages médicaux dits « non fautifs ». Ils sont liés aux antécédents du patient ou à un risque inhérent à l’acte qui se réalise, alors même que le médecin n’a commis aucune faute et que le patient n’était pas à risque. Je crois d’ailleurs qu’il s’agit de l’hypothèse la plus compliquée à gérer pour les patients. Il est toujours difficile de ne pas avoir de responsable à blâmer…

        Répondre
        1. mimi

          Bonjour F
          Juste une question : vous écrivez « antécédents » mais je suppose que le médecin connait ses antécédents si le patient lui transmet bien entendu… Mais je comprends !
          Par conte, tt à fait d’accord en ce qui concerne le besoin de savoir du patient. Et comme vous le dites, et je serai la première à le faire : « il nous faut un responsable ».
          Sans doute cela apaise t-il la douleur…
          Bonne soirée à vous.

          Répondre
          1. F.

            Oui, il y a d’une part la problématique de la communication des antécédents puisqu’un patient a aujourd’hui le droit d’effacer un élément de son dossier médical.
            D’autre part, un acte de soins peut être utile, voire nécessaire, même si les antécédents du patient n’y sont pas très favorables.
            Exemple (purement théorique puisque je n’ai aucune connaissance médicale et un peu simplifié) : un patient obèse fait un infarctus, il est nécessaire de l’opérer pour éviter son décès. Même si on sait que l’obésité est un des facteurs de risque à l’opération, la balance bénéfice/risque de l’intervention reste favorable.
            Le patient décède sur la table d’opération non pas des suites de son infarctus mais à cause de l’intervention.
            Il n’existe dans ce cas pas de faute du médecin. On considère que c’est l’obésité du patient qui a causé son décès parce qu’elle a considérablement réduit les chances de succès de l’opération.

  62. Fabymary POPPINS

    Chère Docteur V,

    Pour une fois je ne réponds pas à Baptiste directement. Vous avez fait une erreur et, évidemment on le vit d’autant plus mal que ça n’est pas une machine qui en a subi les conséquences mais un humain. Un médecin ne soigne pas les machines, mais les humains et bine que ce soit dur à digérer pour les patients, un médecin, lui aussi est humain et peut comme tout humain se tromper, et on ne peut le blâmer à cause de ça, car l’erreur est humaine, vous soignez, aidez et soutenez…. mais parfois une erreur arrive, comme à tout humain qui lui travaille au contact de machines ou ordi, voilà, j’espère que vous allez aller mieux, car vous êtes un bon médecin n’en doutez jamais

    Répondre
  63. V.

    Merci à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces « patients » d’être passés par ici et de m’avoir laissé un message réconfortant… La chaleur de vos mots a traversé nos ordinateurs pour m’entourer et m’aider à me relever.
    Adrien, Virginie, Marion, Elise, Myriam, Mésange, Fouzia, Gaëlle, Philippe, Christelle et tous les autres… Vous m’avez aidée.
    Merci Nadine de mieux percevoir notre ressenti de médecin. Votre prise de conscience à elle seule donne du sens à la publication de mon message de détresse.
    Merci Pambet, Damemoi, Jean-Michel, Adeline, c’est si bon de se sentir entouré par des confrères.
    Adeline, j’ai une pensée émue pour votre collègue pneumologue. Quel gâchis… Je lui aurais souhaité d’être mieux entourée à l’époque où c’est arrivé.
    Merci à Lucie et Romain pour la vidéo, elle m’a un petit peu apaisée.
    Courage à Futur-ex-urgentiste, je vous souhaite de trouver de l’aide autour de vous pour passer ce cap, ou bien de de pouvoir vous ré-orienter dans une branche qui vous plaise et qui reste source d’épanouissement.
    Quant à moi j’ai repris le chemin du travail. La tête ni trop haute ni trop basse, et pleine de bonnes résolutions pour devenir meilleure. Malheureusement tellement difficilement applicables en ce mois de novembre avec une salle d’attente pleine à craquer…
    Malgré tout je fais secrètement la promesse à ma patiente d’apprendre de mes erreurs et de faire, encore plus qu’avant, tout mon possible pour voir ce qu’il y a à voir, et faire ce qu’il y a à faire…

    Répondre
  64. Emma

    Bonjour,

    Vraiment ravie que tu ais une vie Baptiste !! (vraiment :))

    Et très contente que « V. » reprenne le boulot !! On a besoin de médecins humains, merci, merci !!

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  65. Biquette

    Reconnaître ses erreurs c’est le plus important. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Quelle que soit la profession. Avoir un peu d’humilité, s’arrêter et dire qu’on s’est trompé, c’est peu mais c’est énorme. C’est être responsable, c’est une question de respect aussi.
    Ma gynéco m’avait dit que je mourais d’anxiété avant d’avoir un cancer alors que je venais la voir, inquiète de voir une grosseur sur un sein. Elle se trompait: un cancer agressif menaçait ma vie. C’est mon médecin traitant qui m’ a écoutée et prescrit les examens qui allaient débusquer une tumeur. La spécialiste n’a pas voulu reconnaître son erreur, ne s’est pas excusé. Je lui en veux toujours. Je me sens flouée,déçue, encore, des années plus tard.

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  66. Léa MOGADE

    Bonjour,
    tout a toujours une raison d’être, nous sommes créateurs de nos vies, et rien n’arrive par hasard, nous sommes tous des « survivants » de nos erreurs, qui nous ont permises de grandir d’une façon ou d’une autre, de devenir plus sage, plus patient, plus calme, plus tolérant, plus aimant, plus humain et que sais-je encore

    Les erreurs sont des occasions, des bénédictions !

    « Lorsque vous avez décidé qui vous êtes et ce que vous êtes, tout ce qui s’en écarte viendra occuper l’espace » OBSERVEZ L’OPPOSITION ET APPELEZ-LA OCCASION – « Messagers de Lumière », Neale Donald Walsch

    Remettez-vous ! Vous avez des centaines de vies à sauver, à guérir, à améliorer, à conseiller ! Nous avons besoin de vous, confiante, mais l’esprit ouvert, Car avancer dans la peur ne vaut pas mieux que d’avancer dans le noir !

    Si tu tombes, recommences !
    Et si tu tombes encore, recommence encore !
    Et encore, et encore !

    Que vos lumières brillent !

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  67. Disciple d'Ariely

    Bonjour,
    Mon travail consiste à conseiller une grande entreprise dans ses décisions pour ses projets informatiques. En matière de décision, l’humain est irrémédiablement faillible. On peut améliorer son process de décision, mais jamais être parfait. Il faut que soignants et soignés acceptent ce risque. Que les premiers aient la conscience de leurs responsabilités, l’humilité de toujours chercher à progresser, et cultivent le doute plutôt que la certitude et que les seconds soient transparents et sincères dans l’information qu’ils transmettent dont les premiers ont besoin sans chercher à orienter leur décision.

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  68. Marie la mère

    Vous êtes HUMAINE et non pas Machine, donc vous n’êtes pas infaillible, nous ne sommes pas infaillibles… Les erreurs font parties de la vie, et dès l’instant où l’on reconnait s’être trompé, elles nous aident à avancer, progresser.
    Courage à vous, à tous ceux qui ont été, ou sont dans cette situation.
    Il ne faut pas rester sur cela, il faut continuer et se battre pour s’améliorer encore et encore, car la vie est faîte pour apprendre jusqu’à la fin et en tirer le meilleur.
    Reconnaître ses erreurs c’est être meilleur qu’hier.

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  69. Miss M

    Nous sommes tous humains! Les médecins et les patients.
    Si l’erreur du medecin est humaine, la colère du patient mal soignée est aussi humaine.
    D’après tous les commentaires on voit bien que le vrai probleme n’est pas une prétendue recherche de perfection pour nos soignants… tout le monde est capable de compassion aussi envers le médecin qui fait l’erreur. Le problème c’est ce qui vient après l’erreur, ce qu’on en fait: un méa culpa? un déni? communique t-on humainement à la personne qui souffre de l’erreur? respect ou orgeuil?
    Et puis il y a des médecins qui accumulent les erreurs (graves!) et qu’on laisse faire… ça se sait dans le milieu medical et on laisse malgré tout des patients non-averti en faire les frais. La aussi le systeme est mal fait… (je parle d’expérience: une gynéco aux prescriptions et actes farfelues et la secrétaire du gynéco d’en face qui me dit « oui oui on est habitué à recevoir ses patients mécontents, ça fait des années que ça dure! »)

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  70. Adikia

    Bonjour,
    Il y a maintenant plus de 10 ans, ma grand-mère est décédée d’un cancer. Elle qui était une dure à cuir a commencé à se plaindre de douleurs. Son médecin généraliste, presque aussi vieux qu’elle, a minimisé son état et prétendu que ce n’était rien. Elle est morte très rapidement.
    J’en ai toujours voulu à ce  » vieux schnocke » devenu trop vieux pour exercer, pressé de prendre sa retraite…
    Jamais, au grand jamais je m’étais fait la réflexion que, peut-être, il regrettait…
    Mais maintenant oui et j’ai l’impression d’avoir le coeur un peu moins lourd.

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  71. Maia

    Je comprends très bien ce que vous pouvez ressentir. Dans mon travail, si on fait une erreur, on peut abîmer un livre. Dans le votre, hélas, les erreurs sont plus graves. Je ne sais pas si vous lirez ce message, ni s’il vous réconfortera, mais sachez que votre réaction prouve que vous êtes un vrai bon médecin. Un médecin qui se soucie sincèrement de ses patients, et qui fait de son mieux. N’abandonnez pas, vous devez avoir d’autres patients à qui vous sauverez sans doute la vie.

    Dans un registre moins grave, ma mère, il y a quelques mois, a eu une opération pour enlever une minuscule tumeur. On soupçonnait un sarcome. Le chirurgien lui a dit : « si je ne vous appelle pas d’ici dix jours, c’est que vous n’avez rien de grave ». Une semaine plus tard, le numéro du médecin s’affiche, ma mère s’effondre, décroche. Ma pauvre Maman pensait qu’elle avait un cancer, et elle n’a pas été rassurée en entendant la voix du médecin qui était presque en larmes. Pour la première fois de sa carrière, il s’était trompé de sein et n’avait pas enlevé le bon truc. L’erreur n’était pas « grave », mais il s’en voulait quand même beaucoup. Les meilleurs médecins sont également ceux qui ont le plus de mal à se pardonner leurs erreurs.

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  72. Kayla

    Texte trés touchant… Cela démontre bien le paradoxe dans lequel nous nous situons nous en tant que soignant. Soigner agir dans l’intérêt du patient sans faire d’erreur. Mais nous sommes des être humain et nous pouvons nous tromper mais ce qui est différent dans notre profession c’est que nos erreur peuvent être fatale. Je comprend tout a fait l’auteur de ce texte. Courage a vous.

    Répondre
  73. Hervé CRUCHANT

    Bonsoir, V. Je tiens absolument à vous écrire; mais c’est un peu compliqué parce que votre détresse me raidit un peu les doigts. La distance me rend gauche. Je refuse l’intermédiaire de l’écriture tant je ressens votre peine. Si j’avais été moi, j’aurais préféré vous voir, vous reconnaître sur un trottoir, je suis persuadé de ne pas pouvoir me tromper. Et je me serais préparé à porter un peu de cette charge un moment avec vous. Ce poids qui vous déforme sous le masque affreux d’une culpabilité improbable.

    Je t’aurais reconnu comme je reconnais une de mes filles, comme je sais une sœur que la vie humaine a défaite, déboussolée, en plein désarroi. Je te tutoie, n’aies pas peur, c’est une rencontre de vie. Et j’aurais tendu les bras et tu aurais tendu les bras, pour que nous reposions sur une accolade un peu de la fraternité des hommes. Toute chose qui entre en contact avec une autre échange obligatoirement des atomes, brasse un peu de vie terrestre. Les sentiments reprennent leur place, le discernement se reconstruit dans la connivence fugace de deux vivants de la même espèce. Les ressentis s’apaisent dans la disparition de la solitude. Et ce serait tout.

    Je crois que l’homme n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Fondamentalement présomptueux, basalement terrifié d’être ce qu’il est. Alors on s’invente des Lune et des Mars, l’absolue outrecuidance de vouloir sauver les autres, de les soigner, de prolonger leur vie dans un mieux être. Çà marche, bon an mal an. En passant au travers des horaires et des cadences infernales, au détriment de la vraie vie d’amour pour sa famille, pressé par les comptables Yakha qui se construisent leurs petites utopies égoïstes sans tenir compte des autres. Oui, tout cela peut être surmonté, géré, au prix d’une usure anormalement consentie. Mais cette ambition là, aussi utile te belle qu’elle soit n’a pas le droit de construire de la solitude. Tu es toubib, femme parmi une équipe de milliers de soignants; comment pourrait-il en être différemment? Personne n’a le droit de te laisser seule en proie à une souffrance pareille. Des copains, des camarades, des collègues membres d’un même équipage sont là pour t’aider. Te parler, te passer un bras autour des épaules et te dire quelques mots, comme un cache-nez qu’on replace sur le cou d’un enfant. Tu as fait une erreur, dis tu. Ce n’est donc pas une faute. Tu as erré parce que tu n’as pas vu ce qui était caché à tes yeux. Quelque soit la conséquence, ta responsabilité n’inclut pas la flagellation. Et terrifiée. De cette terreur que tu combats tous les jours en nous prenant en charge.

    Voilà ce que je ne t’aurais pas dit. Et puis, après çà, nous serions allé boire un café ou un chocolat ou un truc défendu -il y en a tant. Je t’aurais demandé comment s’appellent ton mari et tes enfants. Les nommer dans ton post me rassure quant à la douceur de votre nid.
    Voilà. Je t’aurais demandé aussi comment faire pour que les patients soient plus naturels et patients avec vous, les soignants. Comment leur montrer que les lieux de soins ne sont pas des lieux de miracles. Que si un soignant leur impose les mains, c’est uniquement pour savoir où ils ont rangé leurs organes de tous les jours dans le flux de leurs vies d’errances. Que la maladie -même et surtout si elle est mentale- se combat en équipe ; toubib et patient unis. Que, parfois, le patient ne dit pas tout pour des tas de raisons légitimes et que le toubib ne voit pas tout, ne devine pas tout. Parce que soigner ne sera jamais machinal. Un toubib n’est pas un dieu, ni un chaman; ne pratique pas la prostitution non plus; il serait alors bien mal rémunéré. Et les produits se paient avant.

    Il se fait tard, V. J’espère bien que tu as retrouvé un chouia de sommeil, une bonne rasade de sérénité et une écharpe cache-nez pour aller bosser : commence à faire frisquet par chez nous. Merci pour ton job. Je reprends mon ”tu” s’il te gène. J’ai été heureux de te rencontrer un peu…

    Que Mieux te garde et t’enivre de bonheur.

    Répondre
  74. chester denis

    V., vous avez eu raison de prendre la parole et je vous en remercie. Vous faites bien de rappeler l’immense responsabilité des médecins. Nul n’est parfait, et les techniques rendent les métiers plus inhumains. Maintenant, d’autres métiers ont des responsabilités qui peuvent être dramatiques et qui doivent vivre avec. Et les personnes très dominées peuvent être culpabilisées très fortement pour des vétilles aussi. Une caissière chez Auchan récemment… Outre la responsabilité professionnelle, toute vie privée est aussi traversée de responsabilités intimes qui peuvent être dramatiques.
    Oui c’est très courageux de votre part d’avoir téléphoné à la famille de votre patiente. Mais vous attendiez en retour une compréhension de cette culpabilité excessive.
    Et pourtant, il y a quelque chose de « pourri » au royaume de la médecine. On déclare au patient tous les risques mêmes improbables avant une opération, comme s’il y consentait en tant que personne éclairée. Et pourtant les médecins s’impatientent des patients qui posent des questions, qui mettent en doute. Ils sont encore de la vieille école ! Et ces médecins qui sont pleins de mépris pour tout autre savoir ou toute médecine alternative. Tour d’ivoire ! Un urologue qui ignore tout des recherches sur bacillus casei et des enquêtes partielles publiées et validées sur son usage, toutes positives envers ce produit, cela étonne. Et pourtant je respecte ce médecin, je lui fais confiance, je connais ses qualités, ses études faites, le poids de ses responsabilités. Mais ses bornes m’étonnent. Et je lui dis mais c’est aussi difficile de dire les limites à son médecin !
    LA plupart des métiers n’en font pas assez pour se contrôler entre eux et progresser par cette surveillance/entraide. Un mauvais médecin ou autre mauvais pro peut faire du dégât trop longtemps. La réponse évasive que vous avez reçue d’une collègue tient peut-être à cela : c’est un « débrouille-toi toute seule comme tout le monde » qui est choquant mais qui s’explique peut être.
    En pensant bien à vous.

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  75. J

    En ce moment sur Youtube un débat entre youtubeurs fait rage.

    Encrons-nous dans le crane, qu’une personnalité internet (blogueur, youtubeur etc…) c’est en rien responsable de la connerie de ses abonnés, de ses lecteurs ….

    Et il y’a quand même des gens qui vont penser que tu es d’accord avec 6000 commentaires ? XD
    Personnellement je ne lis jamais les commentaires, ça m’exaspère.
    Bon courage pour tes futurs modérations !

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  76. Hervé CRUCHANT

    @J. Je ne suis pas assez fin pour comprendre ce post. Je remarque cependant d’énormes contradictions dans ces six lignes. Le fait déclaré que « je ne lis jamais les commentaires » (sic) et le fait d’en écrire un. Détour intéressant.
    Et cette mention d’un « un débat entre youtubeurs fait rage »(sic). Mais lequel, pourquoi, comment?
    Dans l’état, ce post exhale un air de misanthropie bizarroïde.

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  77. Martingoule

    Quand j’ai lu ce post je me suis dis mais qu’est-ce que tu va pouvoir dire .
    En plus suis dans une période un peu compliquée Avec le corps médical.
    J’avais juste envie de te prendre dans mes bras de te dire que personne n’est infaillible mais tu sais j’ai pas les mots je sais juste faire du vrac.
    Puis je me suis dis peut être et meme sûrement que H a eu les mots qu’il faut alors suis allé directement voir commentaire .
    j’espere que tu l’a lu.
    Je te serre fort dans mes bras.

    Répondre
  78. Enya

    Bonsoir,

    Il y a deux choses différentes, il y a l’erreur et la négligence. L’erreur faite de bonne foi par un médecin qui est « passé à côté », parce qu’il est humain, parce que ça arrive dans toutes les professions du monde. L’erreur de jugement, le « pas vu », ce qui arrive parfois, et qui me semble inévitable dans tous les jobs, avec des conséquences plus ou moins dramatiques selon les professions et selon les erreurs. Ces erreurs-là, je les pardonne volontiers, et j’espère Madame que vous vous pardonnerez. Vous n’êtes pas Dieu, vous n’êtes pas infaillible (cela dit, je doute également que « Dieu » soit infaillible mais c’est une autre histoire).

    Et puis il y a la négligence. Celle d’un médecin inintéressé ou trop vaniteux, celle d’un praticien qui n’a pas écouté son patient ou qui n’a pas lu le protocole du scan qu’il avait lui-même demandé et donc pas vu « la tâche » aux poumons qui s’est transformée en cancer quelques mois plus tard. Le patient était mon grand-père, il n’a plus qu’un poumon. S’il avait vu la tâche et n’avait pas compris, mal interprété, j’aurais pardonné. Mais que quatre (4!) praticiens, du médecin généraliste au chirurgien, aient simplement classé les résultats de l’examen sans le lire, ça j’ai quand même du mal à pardonner.

    Après, il reste la société, l’organisation du travail, le poids des longues heures de pratique, parfois trop longues. Peut-être, simplement, qu’aucun d’eux n’a eu le temps de lire le protocole. Mais alors moi, famille d’un patient qui n’a plus qu’un poumon, est-ce que je suis obligée de pardonner les errances du système?

    Mmm, finalement ce n’est ni noir ni blanc…

    Répondre
  79. Statgirl

    Bonjour

    Je pense que ce post ne reflète qu’une infime partie de la réalité et est particulièrement biaisé.
    Le patient et la famille du patient qui a subi une erreur médicale savent pertinemment que l’erreur est possible. Lorsqu’ils vont jusqu’au Conseil de l’Ordre et jusqu’au procès, c’est pour dénoncer la nonchalence, la non reconnaissance du médecin incriminé de ses erreurs.
    Les médecins et autres soignants rappellent bien volontiers qu’ils sont humains lorsqu’on toque à leur porte pour les mettre devant les conséquences de leurs erreurs et négligences. En revanche, lorsqu’ils sont consultés en temps ‘normal’, certains se prennent volontiers pour Dieu.

    D’ailleurs lors d’erreur médicale, il n’y a qu’à regarder le parcours du combattant des victimes et familles de victimes pour comprendre que c’est davantage lié à l’attitude du médecin qu’à autre chose.

    Je reste ravie de voir que certains médecins ont conservé leur humanité.

    Répondre
  80. Hervé Cruchant

    @Statgirl. En lisant votre post péremptoire, je me dis que le droit de parole est une belle chose. Le contenant est magnifique. Où chacun met ce qu’il veut. Vive la République.

    Répondre
  81. HENRY Colette

    pour vous Madame, qui n’avez pas vu, pas su faire en sorte que l’irréparable ne se produise pas :

    Je me sens si proche de vous,
    de votre humanité humaine
    de vos limites qui sont aussi les nôtres

    Accueillant votre détresse je voudrais vous offrir l’espace de respect que mérite votre désespoir, pour vous permettre d’accepter que jamais aucun médecin n’a été le maître de la vie et de la mort.

    Avec toute ma confiance dans vos capacités à comprendre avec le coeur, à soigner avec votre intelligence, à mobiliser vos compétences et connaissances , à vous remettre en,question et à vous faire aider par des confrères ouverts et éclairés,

    Colette

    Répondre
  82. Marielle

    Bonjour V.
    Bonjour à tous.
    Avant toute chose, je précise que je ne fais pas partie du corps médical… Cependant, je suis régulièrement ce site depuis quelques mois. Pourquoi ? Parce que je m’intéresse à la perception des choses par chacun, au monde, aux autres… J’ai longtemps, longtemps hésité avant d’oser écrire quelque chose (un soupçon de manque de confiance en soi sans doute, car je n’ai pas eu la chance de pouvoir faire de longues et belles études, même si je m’en sors bien in fine). Et je n’ai sans doute pas fait le tour du site, mais il m’apparait tout de même important qu’un point de vue « extérieur » soit exposé ici.
    A l’instar de nombreuses autres histoires que j’ai lues sur ce site, votre témoignage m’a beaucoup émue : je suis pleinement et entièrement consciente que sous les « blouses blanches » se cachent des êtres humains à part entière, des gens qui, en réalité, sont mes semblables… Je ne peux m’empêcher de penser à quel point beaucoup l’oublient… Je me réjouis au passage de la réaction de l’époux de votre patiente : il existe des gens biens, des gens bienveillants.
    J’aimerais aujourd’hui vous apporter mon soutien. A vous, mais aussi tous ceux et celles de votre corps de métier : il existe des gens qui, comme moi, comprennent que nous ne sommes pas à même de juger « vos erreurs » alors même que nous ne sommes pas réellement capables de faire la différence entre des pathologies que je qualifierais de simples (angine ou laryngite ? Rhume ou grippe ?). ça peut paraître incroyable, mais c’est souvent ça, la réalité ! Le pire dans tout ça ? C’est que des monsieur et madame tout-le-monde osent qualifier un médecin de mauvais !! Et le plus souvent, ceux qui osent le faire le font parce que ce dernier n’aura pas prescrit les médicament ou les examens médicaux que LUI (le patient) attendait… Quant aux « traitements qui n’ont pas marché », dans la majorité des cas voilà ce qu’il s’est passé : le traitement a été suivi plus ou moins rigoureusement pendant deux, peut-être trois jours. Le changement ne s’est pas fait sentir de suite, alors, à coup sur, ces patients oseront dire que c’est un mauvais traitement !
    Et ce sont généralement (heureusement, ce n’est pas systématique) des réactions de gens comme ça que vous tous, devez SUBIR…
    Alors voilà ce que personnellement, et en tant que patiente, je pense de votre histoire :
    1- Votre humanité fait plaisir à voir (à lire) : tous les médecins ne sont pas aussi sensibles aux autres que vous. La détresse qui est la votre ne devrait laisser personne insensible en dehors du corps médical. il me semble nécessaire que beaucoup de les personnes extérieures puisse commencer à voir au-delà de votre métier : le temps et l’énergie passés à faire les études, à se tenir informé, à continuer à se former au fil du temps, et j’imagine bien d’autres choses qui vous obligent professionnellement, en dehors du lieu où vous exercer…
    2- Je suis réellement et sincèrement ravie de la réaction de ce monsieur. Souffrir de son erreur est déjà bien suffisant. Il ne serait pas juste de devoir souffrir en plus du jugement d’un novice. Sa réaction me laisse supposer qu’il vous a vu faire au mieux. Si ça n’avait pas été le cas, il aurait sans doute réagit autrement.
    3- Quelle que soit l’erreur commise (et que de toute façon je me garderais bien de juger), vous n’avez pas tourné le dos à vos responsabilités et ça, c’est le plus beau des engagements lorsqu’on fait un métier résolument tourné vers les autres.
    Je mets actuellement en place un blog sur lequel je fais souvent part de la décadence humaine. Mon premier sujet est sur la tolérance… Votre témoignage, madame V, m’a conforté dans mon envie de parler du jugement que l’on peut porter sur un métier que l’on ne connaît pas !
    Voilà, ce ne sont que quelques mots à la volée. Je sais ne pas pouvoir vous réconforter professionnellement, mais je pense être en mesure de le faire humainement… en tout cas, en ma qualité de « NON-DOCTEUR », j’aurais essayé…

    Répondre
  83. Michèle

    Deux choses :
    – l’erreur est humaine (même pour les médecins !)
    – dans ce qui vous est arrivé – et qui peut arriver à n’importe quel soignant – vous semblez ne pas donner d’importance à la notion de ce qu’on peut appeler le destin.

    Autrement dit : ce qui est arrivé à cette patiente, c’était son chemin de vie.
    Ni plus, ni moins.

    Et si cela peut vous permettre d’évoluer, c’est tant mieux mais le reste, cela a été décidé ainsi et vous n’avez rien à y voir. Vous avez été l’instrument du destin. Et c’est tout.

    Répondre
  84. atie

    J’espère que V. va mieux et reprend son travail de médecin avec la conscience professionnelle dont elle a fait preuve jusqu’ici.

    J’espère que V. va mieux qu’un de mes amis qui lui n’a manifestement pas eu affaire à des médecins ayant une conscience professionnelle comparable à celle de V.
    Sortant d’une année très stressante émotionnellement, épuisé, amaigri, mon ami est allé faire un checkup poussé. Surprise: une cirrhose ronge son foie depuis… presque 4 ans sans qu’il le sache alors qu’il est suivi médicalement. Depuis 20 ans et une allergie hépatique à un médicament précis, il fait régulièrement des analyses via prise de sang… Mais mon ami est – était – bedonnant, souriant, son visage un peu rouge et son amabilité lui donnent l’aspect du bon vivant. Et le professeur qui préparait le rapport d’analyse partait du principe que des taux comme ça, bah c’est normal si monsieur apprécie les bonnes bouteilles épisssétou… ceci , sans avoir jamais vu le patient…. Donc il n’a jamais recommandé d’investigation plus détaillée et le généraliste rassuré prescrivait juste un petit régime pendant les fêtes. Ni généraliste ni spécialiste n’ont évalué avec précision la consommation d’alcool. Or si on l’avait fait on aurait appris que le patient, mon pote, n’a été pompette qu’une fois en 15 ans et qu’il ne dépassait pas 1 verre de vin au repas de midi – et n’en buvait pas tous les jours. Les taux « normaux chez un bon vivant » constituaient donc chez lui un signal d’alarme.
    Ici aussi les médecins peuvent dire « merde on s’est planté, on est désolé « . Mais ici ce n’est pas une erreur c’est une négligence, c’est toute la différence…

    Répondre
  85. lectrice boulimique

    J’espère que V. va mieux et reprend son travail de médecin avec la conscience professionnelle dont elle a fait preuve jusqu’ici.

    J’espère que V. va mieux qu’un de mes amis qui lui n’a manifestement pas eu affaire à des médecins ayant une conscience professionnelle comparable à celle de V.
    Sortant d’une année très stressante émotionnellement, épuisé, amaigri, mon ami est allé faire un checkup poussé. Surprise: une cirrhose ronge son foie depuis… presque 4 ans sans qu’il le sache alors qu’il est suivi médicalement. Depuis 20 ans et une allergie hépatique à un médicament précis, il fait régulièrement des analyses via prise de sang… Mais mon ami est – était – bedonnant, souriant, son visage un peu rouge et son amabilité lui donnent l’aspect du bon vivant. Et le professeur qui préparait le rapport d’analyse partait du principe que des taux comme ça, bah c’est normal si monsieur apprécie les bonnes bouteilles épisssétou… ceci , sans avoir jamais vu le patient…. Donc il n’a jamais recommandé d’investigation plus détaillée et le généraliste rassuré prescrivait juste un petit régime pendant les fêtes. Ni généraliste ni spécialiste n’ont évalué avec précision la consommation d’alcool. Or si on l’avait fait on aurait appris que le patient, mon pote, n’a été pompette qu’une fois en 15 ans et qu’il ne dépassait pas 1 verre de vin au repas de midi – et n’en buvait pas tous les jours. Les taux « normaux chez un bon vivant » constituaient donc chez lui un signal d’alarme.
    Ici aussi les médecins peuvent dire « merde on s’est planté, on est désolé « . Mais ici ce n’est pas une erreur c’est une négligence, c’est toute la différence…

    Répondre
    1. lectrice boulimique

      désolé pour le doublon du commentaire, parti deux fois. Ah si la communication avait doublonné entre généraliste et spécialiste….. mais on ne réécrit pas l’histoire.

      Répondre
  86. Bulledesavon

    La restructuration cognitive du médecin (à méditer !)
    Bruno Fortin, psychologue

    La restructuration cognitive ne vise pas à trouver la «bonne» façon de penser,
    mais plutôt de s’éloigner des modes de penser nuisibles qui constituent des culs
    de sac et qui rendent impuissants pour adopter plutôt les points de vue utiles et
    féconds.
    • Si, plutôt que de le voir comme résistant/malcommode/trouble de la
    personnalité, je voyais ce patient comme terrorisé, comment l’histoire que
    je me conte à son sujet changerait-elle?
    • Si j’assume que le patient a des capacités de faire face à la situation et
    qu’elle est responsable pour sa propre vie, qu’est-ce qu’il y aurait de
    différent dans ma façon de penser à elle? Dans la lourdeur de mon
    propre fardeau et mon rôle comme médecin?
    • Lequel de ces rôles influence le plus votre vie professionnelle
    présentement : le rôle d’héro ou le rôle de victime?
    Le médecin évitera de se torturer en transformant un événement désagréable en
    quelque chose «qui n’aurait pas du se produire», d’«inacceptable», de
    «catastrophique», d’«horrible» ou d’«affreux». C’est désagréable. Cela ne
    signifie pas qu’il faut y ajouter des éléments qui nous amèneront à nous sentir
    submergé par les émotions et déprimés en plus.
    Albert Ellis a accumulé au cours des ans cinq «Musturbation» : des croyances
    au sujet d’obligations qui rendent la vie des intervenants plus difficiles.
    Adaptons-les au travail des médecins.
    1. Je dois avoir du succès avec mes patients pratiquement tout le temps.
    Les pensées associées à cette croyance incluent : a) Je dois toujours faire des
    interventions ou des recommandations brillantes. b) Je dois aider mes patients
    encore plus et c) Je ne dois échouer avec aucun patients, et si cela m’arrive, c’est
    ma faute et je suis une minable personne.
    Les pensées plus nuancées seraient : «La médecine réussit à aider la plupart des
    patients mais pas tous. Nous sommes humains et nous ferons des erreurs. Cela
    serait très préférable de toujours faire de brillantes interventions et avoir de très bons
    jugements, mais c’est irréaliste et inatteignable. »
    2
    2. Je dois être une des médecins les plus remarquables du monde.
    Les pensées associés à cette croyance incluent : a) «Chaque rencontre avec un
    client (même les difficiles) doit être positive.» B) «Je dois être un médecin éminent.»
    Une pensée plus nuancée pourrait être : «J’aimerais être un médecin remarquable et
    avoir de bonnes sessions avec tous les clients, mais je ne le peux pas. Je peux tout
    de même être un médecin compétent et aimer faire de la médecine. «Pourquoi
    devrais-je être un médecin reconnu? Comment en suis-je venu à croire qu’être un
    bon médecin ne suffit pas? »
    3. Je dois être aimé et respecté par tous mes patients.
    Quelques idées fallacieuses s’en suivent : a) «Je dois aimer tous mes patients, mais
    si ce n’est pas le cas, je ne dois pas me permettre d’avoir des sentiments négatifs
    envers eux. »B) «Je ne dois pas insister pour que mes patients travaillent trop fort
    sur leur santé. »C) «Je dois éviter les sujets délicats qui pourraient bouleverser ou
    déranger mes patients. »
    Le désagrément fait partie des vicissitudes de la vie. Pousser un patient à s’adresser
    à des sujets difficile qu’il évitait auparavant et le pousser à travailler plus fort rendra
    parfois le chemin vers la guérison en forme de montagne russe (avec des hauts et
    des bas). Certains patients n’ont jamais aimé et respecté qui que ce soit. Les
    patients peuvent devenir fâché, annuler des sessions ou même changer de médecin.
    Être un médecin ne veut pas dire que la relation avec le patient sera toujours
    confortable.
    4. Puisque je suis un médecin qui travaille fort, mes patients aussi
    devraient travailler fort.
    Les pensées associées à cette croyance incluent : a) «Mes patients devraient être
    fiables, pas inconstants!» b) «Mes patients devraient toujours prendre leurs
    médicaments, passer leurs tests sanguins et noter leur glycémie régulièrement et à
    temps. ».
    «Cela serait l’idéal si mes patients travaillaient forts, mis ils ne le font pas. Je vais
    tout de même accepter cela et tenter de les aider malgré leurs imperfections. »
    5. Je dois être capable de demeurer confortable pendant les rencontres.
    En conséquence, a) «Je dois utiliser les techniques d’intervention où je me sens
    confortable sans égard aux conséquences pour le patient», b) «Je dois utiliser
    seulement les techniques qui ne me demanderont pas de dépenser trop d’énergie. »
    Cela serait plus nuancé de penser : «Mon travail, c’est d’aider les patients, pas d’être
    à mon propre service. Le travail de médecin n’est pas toujours confortable et
    agréable. »
    3
    Être conscient de nos croyances ne suffit pas. Il faudra pratiquer les croyances
    rationnelles, les émotions appropriées et les comportements souhaitables. C’est
    ainsi par exemple que nous en viendront à ressentir de l’agacement plutôt que
    de la grande souffrance.
    La restructuration cognitive qui aide les patients sera utile au médecin.
    • Se faire régulièrement un horaire où l’on note les activités agréables et les
    activités significatives parmi les obligations quotidiennes permet de savoir
    quand un réaménagement est nécessaire.
    • Identifier l’étendue de nos attentes envers nous-mêmes et envers les
    autres puis évaluer les avantages et les inconvénients d’avoir des
    standards aussi élevés peut amener à une réévaluation plus nuancée.
    • Identifier puis modifier la tendance à se comparer à des mentors
    expérimentés plutôt que de se comparer à ses pairs (même niveau de
    formation et d’expérience) peut augmenter la confiance en soi
    La comptabilité sélective
    C’est l’erreur de croire qu’il n’y a que les échecs qui comptent et qu’il faut évaluer
    sa valeur en fonction des erreurs que l’on fait.
    • Observer ses expériences pour déterminer ses succès et ses échecs. Accepter les
    inévitables limites de vos habiletés médicales et faire la différence entre l’échec dans le
    traitement d’un patient et la conclusion que vous êtes un échec. Réjouissez-vous de vos
    succès, acceptez vos limites d’être humain et offrez-vous à vous-mêmes une acceptation
    inconditionnelle.
    • Considérez chaque amélioration de l’état du patient comme un succès. Considérez les
    améliorations sur une longue période de temps. (Pas seulement les guérisons complètes
    instantanées).
    Les exigences irréalistes
    De la même façon que des patients peuvent devenir en détresse parce qu’ils
    prennent plus de travail ou de responsabilité que ce qu’on attend d’eux, les
    médecins peuvent succomber au complexe messianique et prendre trop de
    patients, trop de projets ou trop de patients particulièrement complexes. Lorsque
    l’univers est perçu comme nous submergeant d’exigences et de tâches au-delà
    de nos capacités, il vaut mieux l’aborder en se demandant 1) Quel sont les
    problèmes spécifiques, 2) Quelles sont les solutions spécifiques. Il vaut mieux
    définir les problèmes et les résoudre d’une façon ordonnée et rationnelle. Utiliser
    votre marge de manœuvre et votre zone de pouvoir (aussi limitée soit-elle) pour
    faire votre part, toute votre part et rien que votre part.
    4
    • En écrivant ce que vous faites, vous constaterez probablement que vous faites plus que
    ce que vous croyez. Chaque action constitue un succès partiel.
    • Plutôt que de croire que la tâche est tellement problématique que rien ne peut être fait,
    explorez votre marge de manœuvre. Les gens croient vraiment que rien ne peut être fait
    jusqu’à ce qu’ils se rendent compte de la part de leurs propres
    exigences/présuppositions/hypothèses et qu’ils constatent qu’ils peuvent s’en demander
    moins.
    • Discutez des attentes irréalistes, construisez-vous une frontière, protégez de façon
    affirmative vos limites.
    • Pendant certaines périodes de temps, il vaut mieux dire non aux formations, aux
    nouveaux patients, aux offres d’écriture, au travail additionnel. Il faudra alors assumer
    l’effet émotionnel associé, un léger sentiment de culpabilité pour avoir déçu certaines
    personnes, le regret de devoir renoncer au revenu supplémentaire, le doute irritant que
    de telles opportunités ne se présenteront peut-être plus dans le futur. En nuançant nos
    pensées et en les considérant comme des hypothèses, en différenciant nos désirs
    (illimités) de nos besoins, nous pourrons diminuer le niveau de difficulté de ces
    expériences.
    • «Je ne devrais pas avoir de problèmes émotionnels. Après tout, je suis un médecin!» Le
    perfectionnisme idéalisé et les attentes outrancières forment un cercle vicieux : le
    médecin se sent honteux de se sentir honteux, coupable de se sentir coupable. Donnezvous
    la permission d’être des êtres humains comme les autres. La pensée magique
    (mon diplôme me protège de la détresse émotionnelle) ne vous aidera pas.
    • La restructuration cognitive (nuancer ses pensées, complexifier sa perception de
    l’univers, vérifier si les attentes et les exigences sont adaptées au contexte et réalistes,
    etc.) fait partie du processus continu qui permettra au médecin de pratiquer son art et sa
    science longtemps, sans être emporté par les effets néfastes qui peuvent être associés à
    sa profession.
    L’attribution causale personnelle
    Il s’agit de s’attribuer le blâme ou la responsabilité pour des événements
    négatifs, s’attribuer la cause des événements négatifs à cause de déficience
    personnelle, tel qu’un manque d’habileté ou d’effort. Nous nous considérons à
    blâmer pour toutes les malchances. Si un patient s’améliorer, c’est sa
    responsabilité. Si un client échoue dans un changement, c’est votre faute.
    • Certains patients en phase terminale ne s’amélioreront probablement jamais, mais les
    médecins tentent de les aider tout de même.
    • Une famille s’engueule au pied du lit d’un malade mourant. L’équipe de soin s’efforce de
    gérer la situation de leur mieux, mais vous n’avez pas créé les difficultés relationnelles de
    cette famille. Les gens meurent souvent en continuité avec la vie qu’ils ont vécue.
    • Plutôt que de vous torturer avec ce que vous auriez pu faire de plus «si vous aviez su»,
    devenez conscient de ce que vous avez fait. On fait toujours de son mieux compte tenu
    des informations, de l’énergie et des connaissances que l’on a à un moment donné.
    5
    C’est facile de se faire des reproches une fois que l’on a plus d’information. Mais notre
    condition d’être humain nous condamne à faire de notre mieux malgré nos limites.
    • Faites la différence entre vos hypothèses et la réalité. Ce n’est pas parce que certaines
    choses se sont passées dans le passé qu’elles se reproduiront à l’avenir. Vous n’avez
    pas de boule de cristal.
    • En cas de doute, discutez avec un collègue. N’ayez pas peur de paraître incompétent.
    La décision de parler d’une idée pour la clarifier est en soi un signe de compétence.
    Cela vous permettra de nuancer vos pensées/hypothèses.
    • Identifiez les autres causes qui peuvent influencer une situation négative. Vous n’êtes
    pas tout puissant. D’autres variables sont en causes : l’environnement physique,
    l’environnement interpersonnel, les ressources internes et externes limitées, l’ampleur de
    la maladie, l’accumulation subite des stresseurs, une exacerbation subite de son état,
    etc.
    La pensée catastrophique
    Il s’agit d’imaginer le pire résultat possible, souvent pour éviter d’être surpris
    lorsque cela se produit. Il y a toutefois un prix à payer pour vivre constamment
    dans un film d’horreur.
    • Remarquez que le pire ne s’est pas produit
    • Déterminer quelle est la probabilité réelle que le pire se produise
    • Évaluer les conséquences si le scénario du pire se produisait tout de même. Qu’est-ce
    qui pourrait alors être fait? Quelles seraient alors les conséquences réelles?
    • Nous encourageons les patients à remplacer le film d’horreur par un documentaire :
    prendre de l’information de qualité pour planifier différents scénarios possibles,
    comprenant comment il souhaiterait que cela se passe si tout était pour le mieux à partir
    de la situation réelle actuelle.
    La pensée dichotomique
    «Je n’ai rien fait aujourd’hui!» «Tout a mal été aujourd’hui!» La pensée
    dichotomique (tout ou rien) est à la fois la cause et l’effet de la détresse
    émotionnelle. Un état d’esprit dysfonctionnel associé à cet état consiste à voir
    les conséquences négatives comme irréversible.
    • Considérer les événements sur un continuum. Remplacez «Je n’ai rien fait» par «J’ai
    accompli quelques tâches mineures et une petite partie d’un tâche importante.»
    Remplacez «Tout a mal été aujourd’hui» par « 50% de mes rencontres étaient
    éprouvantes. 50% étaient d’un niveau modéré. »
    • Apprenez quelque chose de vos difficultés. «J’ai fait de mon mieux et m’en demander
    plus serait injuste.» ou «La prochaine fois, je ferai mieux.»
    • La pensée dichotomique est un exemple de rigidité. Placer toutes vos expériences dans
    deux groupes (bon ou mauvais) est irréaliste. La réalité est plus complexe et nuancées.
    Il y a parfois des éléments positifs même dans des situations «mauvaises».
    6
    Prendre soin de vous ne vous rendra pas à l’épreuve des balles. Maintenez des
    attentes réalistes au sujet de votre programme d’entretien personnel. Nous
    serions notre pire client. Tendons à devenir un de ceux que nous aurons réussi
    à traiter avec succès.
    *****************************************************
    Des conseils complexes
    • Évaluez la nature de votre tâche.
    • Évaluez vos conditions de travail.
    • Évaluez votre style de vie.
    • Évaluez le niveau de satisfaction globale de vos besoins.
    • Évaluez l’état de votre réseau de support.
    • Identifiez et remettez en question vos
    critères d’estime de soi.
    • Identifiez et remettez en question vos
    attentes quant à votre rôle.
    • Complétez les situations inachevées avec
    votre histoire et votre famille personnelle.
    • Identifiez et remettez en question les
    règles familiales au sujet de la façon de
    régler les conflits.
    • Identifiez et remettez en question les
    règles familiales au sujet de la
    performance.
    • Identifiez et remettez en question les règles familiales au sujet du rôle de
    sauveur.
    • Évaluez votre capacité de différentiation (habileté à être en contact
    émotionnel avec les autres tout en demeurant autonome dans son
    fonctionnement émotionnel).
    • Le médecin aura également avantage à évaluer sa capacité à être nonréactif,
    c’est à dire à ne pas être poussé à réagir d’une façon prévisible, à
    sortir des triangles difficiles, et établir de vraie relations un-à-un.
    Référence:
    Fortin, B. (1996). La fatigue normale de l’intervenant en santé mentale. Psychologie Québec,
    13(5), 30-31.
    Norcross, J. C. et Guy, James D. Jr. (2007), Leaving it at the office: A guide to psychotherapist
    self-care. Guilford Press, 238 pages.

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  87. JANE

    Je suis médecin ,spécialiste , donc j’ai beaucoup de contacts avec les généralistes…
    Et je peux vous dire une chose, votre réflexion et votre souffrance sont tout à votre honneur!
    Parce que je vois que certains, imbus de leur personne, n’ont même pas honte et persistent dans leur bêtise…et ça , dans tous les métiers, chez tout le monde! Même les professeurs , chefs de service se trompent parfois…la Médecine, c est très difficile et on fait du mieux qu’on peut…
    Je ne sais plus qui a dit » on soigne souvent avec ce qu’on est , pas avec ce qu.’on sait… »et c est tellement vrai…
    Ce que je peux vous dire, c’est que vous êtes une belle personne.
    Continuez à soigner du mieux que vous pouvez…
    Et j’aimerais que le monde entier sache combien notre métier est difficile ! ( parce que la plupart des gens voient l’argent qu’on gagne mais pas le nombre d’heures qu’on fait et la souffrance que l’ont ressent tellement souvent…)

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  88. medicus

    Lors de la « dernière » coloscopie où j’ai « perforé » en enlevant un gros polype, lorsque j’en ai informé le patient, juste avant qu’il soit opéré, il m’a simplement demandé :
    « Docteur, est-ce que vous l’avez fait exprès ?  »
    Les suites ont été simples.
    Même en faisant très attention et en respectant bien les règles, on n’est jamais à l’abri d’un aléa grave. C’est stressant mais c’est comme çà. Et c’est pas pour çà qu’il faut changer de métier.

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  89. Brigitte

    Lorsque le médecin de mon père m’a dit, désolé, s’être trompé dans sa prescription pour mon père (ce qui avait engendré des complications), je l’ai remercié de sa franchise. J’avais déjà confiance en lui mais à partir de ce moment d’extrême honnêteté, malgré les conséquences éventuelles, je l’ai admiré.

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  90. Pascale Gheysen

    Je débarque sur ce blog que je trouve tellement en lien avec mes réflexions/questions sur médecine et humanisme. Je viens de lire le livre de Jean Pellet : médecine et humanisme,le grand écart. Sinon, autant le dire tout de suite, je suis aumônier hospitalier et visite depuis plus de 4 ans le service USP, entre autre. Je visite toujours avec une guitare dans le dos et des partoches de chansons françaises et autres. Je m’adapte à la personne quelque soit sa croyance ou sa croyance différente ou sa non croyance. J’essaye juste de me concentrer et de me connecter sur qui j’ai en face de moi et de m’intéresser vraiment à elle, à lui. Alors, oui et 500% oui à la rencontre, la démarche humaniste et la plus noble. Du coup, ma question est celle-ci : auriez-vous quelque chose contre un aumônier qui débarque sur ce blog ? sachant que je défends à fond une pratique très ouverte et dan le respect de la personne.

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  91. Pascale Gheysen

    Afin d’être + concrète qqs extraits de mon vécu : visites au CHS (Hal psy)
    Petite Maladie psychique ou personne précieuse

    Dû aux traitements, leur allure courbée, leur démarche à petits pas, leur regard parfois bizarre… Bref, tout ça, ça peut étonner, surprendre, inquiéter ou faire peur.
    Et puis une fois passée cette barrière de la différence, vous pouvez rencontrer une femme, un homme. Ne pas s’attarder sur les propos étranges ou décalés, ne pas s’en offusquer… pour pouvoir les rejoindre dans leur réalité, leur discours intérieur, leur histoire, leur vécu. C’est presque comme un jeu de piste avec des devinettes à trouver, des parcours plus ou moins fléchés, des portes d’accès interdites qui en diraient trop sur leurs secrets, leur histoire tellement blessée, sur leurs souffrances ou leurs angoisses.
    Mais si vous savez jouer le jeu, alors le trésor est à découvrir : trésor de leur personne, trésor de ce qu’ils veulent bien vous confier, trésor de vies fragiles et qui m’ont tellement appris sur mes propres limites et sur les limites humaines.

    *****************
    Ce qui est terrible en psychiatrie, c’est de croiser des personnes qui ont perdu toute dignité, toute notion de respect de leur corps et de leur apparence. Je suis touchée au plus profond de mon être quand je les rencontre, quand je partage avec elles de vrais moments où on se rejoint et on se parle. Leur souffrance m’atteint, leurs errances intérieures me questionnent. J’essaye de les rejoindre dans leur monde, dans leur bulle. Je ressens aussi tellement de solitude, d’abandon, de désarroi face à leur vie à laquelle je n’arrive pas, moi, à donner du sens. Et quand je leur dis qu’elles sont importantes à mes yeux, que j’apprécie leur compagnie et que je reconnais leur valeur, souvent, elles me regardent étonnées, surprises :
    « Ah bon, c’est vrai ça, c’est vrai que je suis importante pour toi…. On me l’avait pas dit depuis bien longtemps, ça fait plaisir. »
    Quel abîme de solitude et d’abandon. Mon Dieu que c’est dur ! J’aime ces personnes. Que je puisse être ni plus, ni moins ce que je dois être auprès d’elles.

    Pascale G.

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  92. Manayin

    J’en connais un peu sur les médecins qui se trompent… et je peux dire, personnellement, que je n’en ai encore jamais voulu à un médecin Humain, qui me regarde droit dans les yeux, qui m’écoute, qui m’entend, et qui essaye. Même s’il se trompe. Je sais que j’ai été respectée, qu’il a fait son travail honnêtement – et que ça n’exclut pas de faire des erreurs, comme pour tout le monde d’ailleurs, qui n’en a jamais fait ? Par contre, j’en ai voulu à ceux qui semblaient si imbus d’eux-même qu’ils ne m’écoutaient pas, trouvaient à redire sur ce que je ressentais, et me considéraient clairement comme faisant partie d’un autre monde que le leur. Un monde visiblement bien moins intéressant et forcément moins intelligent.
    Alors quand je lis un article comme celui-ci, je ne peux qu’être triste de la culpabilité que peut ressentir un médecin qui ne fait que démontrer des valeurs admirables pour un médecin… même si je le comprends très bien, je voudrais juste dire que de mon point de vue, une des pire erreur pour un médecin est de mettre son humanité au placard.
    Donc, j’espère sincèrement que la culpabilité sera plus légère au fil du temps, il me semble que vous méritez d’aller mieux et bien, et pas seulement pour les autres !

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  93. Théau Daniel

    Médecin retraité, je veux dire à ma consoeur que je comprends sa souffrance pour l’avoir moi-même déjà vécue, c’est très éprouvant; je lui souhaite plein de courage en attendant que le temps qui passe érode cette souffrance de la culpabilité. Surtout qu’elle continue d’être elle-même pour faire son métier, sa vie. J’avais écrit un essai sur l’erreur médicale, qui n’a pas été publié, mais que je peux transmettre par courriel à qui le souhaite

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  94. FRANCKY

    Bonjour, je ne suis pas médecin, mais j’ai vécu dans mon entourage proche des « maladresses » médicales plus ou moins grave voire dramatiques.
    Ce qui dérange le plus dans ce cas là, c’est la côté définitif des conséquences, même si elles ne sont que « psychologiques ».
    Or donc, dans mon cas précis, des excuses ne changeraint rien. Je n’ai pas besoin de cela pour savoir qu’un médecin est avant tout un être humain, donc faillible par essence, et même, elles me rendraient mal à l’aise.
    Le pardon que les excuses appellent, je le réserve à ceux que j’aime (par exemple). Non… J’attends d’un médecin qui a commis une faute qu’il reste médecin, qu’il assume en recevant ses patients et en les soignant encore mieux qu’avant, si c’est possible qu’il corrige son erreur d’une manière ou d’une autre.
    Quant à la faute et à son poids, il faut s’avoir assumer ou…devenir jardiner.
    Alors, voilà mon avis!

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  95. Anne Marie Magnier

    Pendant les études de médecine, rien n’est dit des erreurs : seulement que ça ne doit pas arriver. Il faut apprendre, apprendre , apprendre et on ne se trompera pas. La vraie vie est autre chose : tout est fait pour se tromper : trop de travail , des appels téléphoniques en cours de consultations, dix mille choses à faire en même temps.
    Pour s’en remettre : un seul remède : analyser le pourquoi ; pourquoi vous êtes vous trompée ? on peut se tromper de diagnostic, se tromper de traitement , ne pas surveiller le traitement . Et pourquoi ? poser au moins 5 fois la question du pourquoi. Puis voyez comment mettre en place une procédure, une attitude, des mesures .. pour que cela n’arrive plus.
    Faites entre collègues des RMM sur les « presque accident » formez vous à la culture de sécurite.
    Vous aurez toujours mal mais le pansement sera plus épais sur la blessure.
    Vous saurez que la meilleure qualite du médecin est l’humilité et vous serez meilleur médecin.
    Bon courage

    Répondre
  96. Tripmania

    Comme j’aimerais pouvoir vous pardonner mille fois moi-même.
    Mon père a souffert de toux pendant plusieurs mois et notre médecin de famille lui avait prescrit quelques choses pour le soulager. Mais à chaque fois rien ne le soulageait, si ce n’était l’effort. Il allait donc au travail tous les matins en courant, car ça l’aidait. Notre médecin n’a pas reconnu la toux cardiaque, signe de problèmes cardiovasculaires. Et mon père que j’aimais est décédé d’un infarctus dans les mois qui suivirent, à l’age de 54 ans, quand j’en avais 14.
    Je pense que tous les évènements de notre vie sont rattachés à des petits hasards, et la mort viendra toujours d’évènements dont l’absurdité donnera le vertige, un coup de vent qui fait tomber une tuile, un cœur qui s’arrête de battre juste comme ça, ou l’erreur d’un médecin. Notre société semble penser de plus en plus que l’on peut et devrait avoir le contrôle sur tout. A chaque drame son coupable. Mais au fond, le vrai problème qu’on refuse de voir c’est qu’on n’est tout simplement pas immortels. Et de ça il n’y a pas de coupable.
    Je n’en ai jamais voulu à notre médecin de famille, qui était tout à fait humaine, attentionnée et pleine de compassion. Jamais je n’aurais même osé lui en vouloir. Et si jamais c’est une erreur médicale qui doit m’emporter, j’espère que ce sera celle d’un bon médecin comme on en lit plein ici.
    Mais je n’ai jamais parlé de tout ça avec elle… Je ne saurais comment lui dire qu’elle n’est pas coupable sans en même temps l’accuser d’une certaine façon. C’est peut être absurde. Peut être que je devrais la contacter.

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