« Une personne pour moi »

Parce que j’avais envie de rendre hommage aux soignant.e.s, et parce que parfois, je l’ai déjà dit, j’aime bien mettre une photo de la personne qui m’écrit (quand elle accepte) pour qu’on se souvienne que derrière la forêt de mots qui pousse ici, il y a des gens comme vous, en chair et en os.

Ici, M. ⬆️



« Bonsoir Baptiste. Je lis assidûment tous les soirs vos posts et messages positifs de soignés sur Twitter. 

Je suis infirmière depuis 10 ans cette année, et je suis partie de l’hôpital car je ne supportais plus de voir mes patients mourir…

Je suis infirmière à l’éducation nationale maintenant, et accompagner les jeunes dans leur quotidien, du mieux que je le peux, m’apporte beaucoup de satisfaction.

Mon premier souvenir en tant que soignante date de l’époque où j’étais élève infirmière dans une unité gériatrique.

J’avais « pris en charge » (cette expression est atroce et révèle, en soi, le peu de cas qu’on fait de nos anciens) une dame souffrant d’alzheimer, prostrée dans un mutisme quotidien.

Je me suis occupée d’elle pendant un mois, lui donnant à manger, pansant ses escarres tous les jours – pansements évidemment connus pour être extrêmement douloureux, malgré des antalgiques que je lui donnais 1h avant.

Pourtant, je ne lisais aucune émotion sur son visage, aucune douleur, jamais. Je lui parlais quand même, parce que je voulais vraiment qu’elle reste une personne pour moi. Je lui racontais le temps qu’il faisait dehors, ce que je faisais l’après midi, les films au cinéma, etc, mais rien : sa figure restait imperturbable (même lors des visites familiales, elle était… ailleurs ?). 

Un mois s’écoule et arrive ma dernière matinée avec elle, le dernier soin et le moment des adieux. Je lui explique que c’est la fin de mon stage et que je ne la reverrai plus. Je lui dis donc au revoir et l’embrasse sur la joue. Et là, son expression restera à jamais gravée dans ma mémoire : un sourire.

Un énorme, un immense, un sensationnel sourire de plaisir, avec des yeux pétillants de bonheur et tout et tout !

Je n’ai pas oublié car, à ce moment-là, j’ai su que je serai infirmière toute ma vie. »

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Aucun rapport, mais j’ai répondu à une longue interview dans l’Obs, ICI.

De plus, je serai le 16 septembre à 17h30 à la nouvelle (et excellente, allez-y, il faut les encourager) Librairie La Nuit des Temps, à Rennes, pour dédicacer l’excellente BD ,à paraître le 13 septembre aux très prestigieuses éditions Rue De Sevres. Les premiers retours des lecteurs sont dithyrambiques, le dessinateur a fait des miracles.

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82 réflexions au sujet de « « Une personne pour moi » »

  1. Lajugie Brigitte

    Chouette ! du concret à garder sur ma table de nuit…A bientôt, je croyais que vous fermiez votre blog, j’ai dû mal comprendre, tant mieux, car vous alliez me manquer ! Une fidèle lectrice. Brigitte

  2. Adrien

    Bonsoir.
    Je vais être TRÈS MÉCHANT mais parfois les beaux instantsites de vie gagnent à ne fleurir que son jardin secret. Passe encore sur le couplet « je ne supportais plus… »Mais l’anecdote est un peu bof bof..La vielle dame sénile ne sourit que pour saluer le départ de la sainte laïque:visiblement elle était super contente qu’elle abandonne sa charge, non?
    Ou alors il s’agissait d’un ultime sursaut de conscience arraché à la pauvre femme par l’abnégation inouï de la narratrice.
    C’est Montypytonesque!
    Alors voilà :mon karma va en prendre un bon coup, mais il y en a un peu raz le bol des bons sentiments et du politiquement correct du pays des bisounours!

    1. Caroline

      Mais… Mais enfin… ? Mais comment vous êtes-vous perdu sur CE blog, avec une mentalité pareille ?! Vous trouvez que la vie n’est pas encore assez dure et assez méchante comme ça, il fallait que vous en rajoutiez ? Que nous puissions trouver un peu de douceur et de réconfort sur un blog qui nous rappelle que nous sommes tous des êtres humains avec des points communs, que nous portions ou non une blouse blanche, quitte parfois à être un peu nunuches, ça vous défrise ? Comme le disent certains, « Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres »…

      1. Guy ADAM

        Sur les forum on appelle ça un « troll ». Facile derrière un écran de déverser sa haine anonymement. Quel courage ! Et ça juge de quel droit ? c’est écoeurant. moi je mets mon vrai nom

    2. Marie la Mère

      Bonjour Adrien, oui c’est vrai la vie n’est pas au pays des Bisounours, mais il faut savoir prendre ce que l’on nous donne à l’instant présent, et l’apprécier. Pour vous cela ne semble rien un sourire d’une personne ayant Alzheimer et pourtant c’est énorme. Cette maladie amène les personnes dans un vide absolu, alors quand on a un sourire on a vraiment l’impression qu’il y a eu un petit quelque chose, et ça réchauffe le coeur ! Je comprends tout à fait « M » pour avoir travailler dans un centre spécialisé pour personnes atteintes de cette maladie. Oui un sourire, un bout de chanson repris avec vous, un repas pris une fois sans trop de difficulté, un puzzle pour premier âge réussi ensemble, tout ça ce sont des victoires qui font chaud au coeur. Ca s’appelle de l’accompagnement, des soins ou encore de l’empathie. Si un jour vous êtes confronté à cette maladie vous comprendrez mieux. Bonne journée

    3. Herve CRUCHANT

      Il n’y a ni bon ni mauvais sentiment. Il y a les sentiments épicétou.

      Du troll, que j’ai bien connu mais c’est une autre histoire, on sait les choses suivantes : le troll se présente à nous sous forme de gros rocher marron-noir vaguement bombe minérale de destruction massive en équilibre sur les pentes des montagnes-volcans; ils sont généralement endormis comme peuvent l’être les hérissons, la Lune ou tout autre objet roulé en boule et qui attend son heure (la Lune n’est-elle pas un anneau de la Terre qui ne s’est pas réveillé à temps?).
      Pour réveiller le troll, il suffit de lui caresser doucement le pelage si on aime les chats ou la surface glacée de cet objet minéral sans âme et sans parti commun si on est matérialiste pratiquant.
      Alors, l’animal s’éveille et se détend, se déplie, s’Hulk et se dés-Hulk. Constatant votre si petite taille et votre visage effrayé par tant de naturel, il va bientôt s’asseoir à côté de votre trouille à géométrie variable et sourire, délaissant sa gangue rôtie.
      C’est le plus charmant des génies, je vous l’assure. Pour peu qu’on parvienne à surmonter la peur qui nous saisit lorsqu’on l’approche dans l’espoir de le réveiller.
      J’avoue qu’en ce qui me concerne, je n’y suis jamais arrivé. Ai-je crains la magie? Pour conjurer le sort, auquel je ne crois pas, j’ai toujours pris soin de m’arrêter avec courage à son pied. Et pour toute prière au dieu viking, de lui pisser dessus. Adrien, n’ayez crainte, ceci n’est pas la pluie…

  3. Adrien

    Pardon pour les fautes de frappe :petit smart phone et gros doigts…
    Les véritables Héros sont ceux qui, modestement, font sans rien dire et sans déserter ou disent pour faire avancer les choses et pas pour se faire mousser.
    Bon là c’est sûr, pour un bon karma c’est foutu!

    1. marie

      Adrien, ah Adrien mais je vous z’aiiiiiiiiiiiiime je suis la grande reine de la Bisounourserie, Principauté de PArlabas ou tous les maudits Karmas s’allègent, les toctocqueries sont legions et les medailles en chocolat aux zoubliettes Adrien …respires et relis ce que la petite dame a écrit, je cherche la mousse et ne vois que l’espièglerie d’une old lady….
      Bon cest pastouça le chat a fait vomito sur le canapé dam!

    2. Cath

      Je serais tentée de dire « gros doigts, gros … », mais ce serait accorder de l’importance à ce qui n’en mérite guère.
      Et je suis assez d’accord avec P. Renève : il eut été opportun de se tourner les pouces et de laisser croire qu’on en était un, plutôt que d’écrire et de prouver qu’on en est un.
      Enfin, karma fichu opportunité ratée : c’est pas votre jour.

    3. Herve CRUCHANT

      Le héros et sa statue sont des constructions mentales des qui ont besoin de se dire « tu vois, petit, on peut y arriver si on macrone bien ». Des foutaises, en somme.
      S’il devait absolument y avoir des héros, des vrais, des c’est-peut-être-vous mais vous le savez pas encore, des genre actuels: commun des mortels qu’on vient emmerder quand il va griller une clope dehors ou promener l’ennui de son biquet à poil dégoulinant, l’emmerder avec des sauvés ex-noyables ou logiquement grillés à l’incendie spontané de poubelles sous l’escalier; t’as tout compris: ce seraient des gens désignés par le sort (?) dont l’exemple moral est inatteignable au plus grand nombre et le justifie. Indexé sur le chiffre d’affaire des gazettes, consommable comme un pain dans la tronche un soir de fin de nouba; ou une recette de cuisine revisitée par le mitron couillon, si tu vois ce que je veux dire !

  4. Philippe Renève

    Merci à M pour cet émouvant témoignage.

    Mais pas merci à Adrien dont la réaction est tout à fait déplacée. Il y a des moments dans la vie où, quand on a un peu de respect et d’élégance, on s’abstient de lancer des commentaires désagréables à des gens bien.

  5. bluetit

    y as un jaloux, dommage
    et merci pour ce témoignage
    c est bon de reconnaitre l humain derrière un patient
    parfois on as l impression de n être qu un n°..
    c est fou ce qu un sourire peut changer
    chouette couverture pour ces urgences!

  6. ROUSSEY Annick

    Bonsoir Baptiste ..et continuez votre blog. SVP…pourquoi vous n’habitez pas ma ville ? je suis allée voir ma mère à l’hôpital cet AM ….Alzaheimer,….peut être la maladie de Von Willebrand, un prolapsus (là, prélèvement fait et on attend les résultats),expertise neurologique en vue ..me voilà en urgence absolue, tout en gérant ses affaires, et sa maison …(j’ai 2 filles handi et 2 beaux parents handi) …je patauge sérieux là car au plus vite , il faut que je voie une assistante sociale , fasse dossier maisons retraite en ratissant large et protection juridique …eh bien, moi la ..plus besoin de mélatonine pour dormir !! je pose tout sur un cahier ,je réfléchis et j’agis …un conseil jeune docteur..mettez de l’argent de côté pour votre retraite ..je sais de quoi je parle …Bon courage et merci de partager vos sentiments comme vous le faites …moi je l’ai eu in vivo via la profession de mon mari (dans le médical) …perso, moi je dis que se lancer en tant que docteur, recherche, infirmière, ambulancier, association..il faut la vocation et un grand coeur ..C’est tout ….je me permets de vous faire une bise …

  7. Vizzarri

    J’Aime plus qu’à la folie les personnes comme M. car cette Dame n’a pas reçu que des soins mais également du respect, de l’attention, des sourires et peut-être l’une des rares visites de son quotidien : des p’tites choses peut-être insignifiantes pour certains mais qui veulent dire tellement pour d’autres…
    Chapeau bas à tous ces Soignants qui ont choisi de soigner les maux mais pas que… Qui prennent le temps d’écouter les petits et grands mots, les silences aussi.

    YES pour la BD! Hâte de la découvrir!:)

    Marielle.

  8. Desse catherine

    …… diplômée en septembre 1972 ….. Je suis et resterai infirmière toute ma vie …Je viens tout juste de raccrocher ma blouse ( tunique ? ) obligée par une rhizarthrose  » subite  » ….
    J’aime ce que vous écrivez et semble parfois l’avoir vécu ….
    J’aime que le médecin soit humain et accessible.
    Merci pour votre humour respectueux
    Catherine

  9. Annick

    J’aime ce témoignage car perso je déteste les étiquettes : je suis persuadée que comme l’a fait et vécu M., avec une énergie positive qui va au-delà de l’étiquette et de la maladie, on peut aller réveiller l’étincelle d’un sourire, d’un regard, d’une parole, et ça c’est énorme.
    Avec Adrien, on y arriverait peut-être pas mais il a exprimé son avis et nous fait réagir et ça aussi c’est énorme et c’est vivre ensemble
    Merci Baptiste, il ne faut surtout pas arrêter ce blog !!

  10. Marie Noelle

    Honnetement je ne comprends pas…
    Quelle est l interpretation que M. (et les autres) prete a ce sourire de la vieille dame ?
    Je suis un peu comme Adrien… Moi je n y vois rien de positif et je pense qu on peut l interpreter de differentes manieres..
    Personnellement en lisant le temoignage j ai cru que j allais lire : et la son expression restera gravee a jamais : une larme
    Oui j attendais une larme montrant l emotion la tristesse de cette dame au depart de l infirmiere.. le sourire je ne me l explique pas ou peut etre de la senilite..

    1. Laurence

      Cette femme a simplement été embrassée… peut-être ne lui était-ce plus arrivé depuis très longtemps… par une personne qui lui témoignait déjà du soin, de la considération, du respect, de l’attention, et créait un dialogue avec elle… je crois qu’il n’en faut pas plus pour expliquer l’irruption de ce beau sourire!

    2. Emma

      Et pourquoi essayer d’interpréter plus que la personne qui témoigne et qui l’a vécu. C’est son ressenti point. Vous voulez lui enlever . Pourquoi ? Parce que ce n’est pas votre réalité .
      Faut-il être à ce point malheureux que vouloir que les autres le soient ? Moi c’est ça que je ne comprends pas. Peut-être pensez-vous être réaliste ? Mais saviez-vous que la réalité a mille facettes, à commencer par le verre à moitié vide et le verre à moitié plein.
      J’ai adoré ce témoignage et cette photo car soigné soignant, il y a des cœurs qui battent, des émotions qui traversent, avec ou sans mot, avec Alzheimer ou sans, personne n’est à l’abri de la douleur et tout le monde éprouve des sentiments, les faits ne sont jamais simplement des faits, nous sommes faits d’émotions, se le cacher ne sert à rien.

    3. Marie Noelle

      Je reviens sur ce que j ai ecrit hier soir car en allant me coucher je crois avoir compris ce qu a voulu dire M.
      La vieille dame a peut etre souri parce que M. lui a fait un bisou et que ce bisou a rappele de jolies sensations/souvenirs pour elle. J ai lu effectivement que les 5 sens sont tres importants dans le cas d Alzheimer pour reactiver des souvenirs et communiquer.
      J aime bien comprendre les choses que je lis..et qd je ne comprends pas je le dis quitte a passer pour une imbecile

  11. Katalin Vital

    Cette vieille dame souriait simplement parce que le contact physique,
    le toucher intime du baiser par le langage du corps, sont les seules sensations
    qu’elle reconnaisse et comprenne encore.

  12. Katalin

    Cette vieille dame souriait simplement parce que le contact physique,
    le toucher intime du baiser par le langage du corps, sont les seules sensations
    qu’elle reconnaisse et comprenne encore.

  13. Souki Belghiti

    Comment dire ?
    Si tu fais un gâteau, il y aura toujours des gens qui le trouveront trop sucré et d’autres pas assez et pourquoi t’as pas mis un peu plus ou moins de gingembre, etc…
    Ça ne change rien, je crois, au plaisir/besoin de le faire et de le partager?
    Je comprends que tu travailles comme un fou, que tu es certainement épuisé, que tu écris sur des choses qui te tiennent profondément à cœur et les publies très (trop?) vite, que comme tout artiste, ta vulnérabilité est ton premier instrument, que tu es parfois en butte à une agressivité insensée, et que dans le même temps, tes productions ont rencontré jusque là beaucoup de bienveillance et de succès public et critique.
    Bon.
    En caricaturant.
    Tu fais un gâteau. Adrien goûte et s’écrie « Pouah! C’est dégueulasse, c’est beaucoup trop sucré! »
    Les autres convives « Quoi?! Mais tu sais pas c’quest bon, handicapé du goût, nous on aime le sucré et on adore Baptiste et ses gâteaux! »
    Et toi : « C’est pas du sucre, c’est du sirop d’agave, renseignez vous un peu! »

    Je trouve ça dommage. (Peut-être qu’Adrien ne l’exprime pas de la meilleure des façons, mais il a le droit de ne pas aimer ce texte et devrait pouvoir (te) le dire. C’est sain, en fait. Sinon, tu vas te retrouver dans un milieu stérile, quoi…)
    (Il arrive qu’il y ait des choses qui me chiffonnent dans certains de tes textes soit que mon point de vue soit aux antipodes, soit d’un point de vue littéraire, et je ne prends pas la peine de l’écrire-parce que je me dis que c’est inutile, que je n’ai pas le temps, pas la légitimité, pas envie de te faire de la peine, ni le courage d’affronter l’ire de tes fans…Adrien, lui, prend ce temps, ce risque, fait cet effort…)

    « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », on ne peut pas plaire à tout le monde (et c’est tant mieux) et toussa toussa

    Bises, prenez soin de vous, toujours.

    1. marie

      Perceval mon grantAmi aurait dit  » c’est pas faux! » En même temps et a la relecture du temoignage et du commentaire dAdrien autant M me semble en accord avec son choix de vie autant Adrien énonce un lieu commun, perso je n’aime pas les jérémiades « apres tous ce que j’ai fait pour vous » …et il a le droit … mais dans la vrai life l’important c’est l’accord corps « âme » esprit …et A drien a encore du chemin d’accordhédoniste . Des bises a la terre entière…..wesh ya du boulot!

    2. Anne Marie Gerárd

      super commentaire.AnneM infirmière retraitée depuis 2o05……Passée des 2 côtés. …depuis2003…..Courage.L’essentiel est de pouvoir exprimer notre pensée.
      Vive la Liberté d’expression.!!!

    3. Emma

      Je suis désolée mais pour moi ce n’est pas le lieu pour le « Pouah! C’est dégueulasse, c’est beaucoup trop sucré! ». Je ne pense pas qu’il ait un mauvais palet ou autre, …. mais le jugement est-ce vraiment utile ici ?
      Et ce que je ne comprend pas c’est qu’il n’y était pas, on a tous la vision du témoignage d’après la personne qui témoigne rien d’autre, remettre en question les faits (ici) ce n’est que remettre en question son témoignage parce qu’on n’y était pas … quel intérêt ?
      Cette personne a eu un ressenti qu’elle partage, c’est cela que vous jugez rien d’autre.
      Ce n’est pas un gâteau qu’on peut goûter, c’est un gâteau dont on vous explique le goût, les histoires, on accroche ou on accroche pas, mais il ne faut pas mélanger tout et dire « non ça ne c’est pas passé comme ça », et c’est un peu le ressenti que j’ai du commentaire d’Adrien.
      Ca n’a rien à voir avec le fait de pouvoir dire les choses ou non.

        1. Emma

          Fan club du sourire malgré tout le reste, oui, du reste je ne sais pas …

          Un fan club c’est plutôt défendre bec et ongles. J’essayai juste d’expliquer pourquoi le commentaire d’Adrien paraît « pas à sa place » pour moi mais peut-être que c’était mal exprimé ?

        2. La Baronne

          Fan club ou pas, il me semble que les bonnes manières permettent de donner son avis et son ressenti sans asséner « il y’en a un peu raz (sic) le bol des bons sentiments et du politiquement correct du pays des bisounours! ».

          De la même façon, en dégustant un plat, on peut indiquer « Je n’aime pas, je trouve ça trop salé » plutôt que « c’est trop salé, c’est dégueulasse ». A la réflexion, il ne s’agit pas de bonnes manières, mais plutôt de respect.

          Pour ma part, j’ai été émue par ce témoignage et je trouve très beau qu’en plus de confirmé une vocation professionnelle, cette patiente qui a tout oublié soit restée gravée dans la mémoire de M.

    4. Cath

      Moi, quelqu’un qui trouve le gâteau trop sucré, il a le droit de le dire. Mais de là à dire que c’est dégueulasse, non : il se le bouffe par les trous de nez. Question d’éducation. Après tout, la vie est courte et on fait comme lui : on ne s’embarrasse pas de délicatesse avec les malotrus.
      Le témoignage exprimait un ressenti et un bonheur de soignant. C’est assez rare dans ces conditions pour être respecté. Que la vieille dame se soit rappelé autre chose, peut être, mais qu’importe : elle aussi a exprimé un sentiment de bonheur.
      Alors, on respecte ces moments de douceur. Et on arrête de faire les procès d’intention pour le seul plaisir de gâcher la vie des gens.
      Marre à la fin !

      1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

        Je suis tellement fatigué des gens.
        Impression de vivre au milieu d’une forêt de neuneus égoïstes qui se croient drôles de venir répandre ici une pointe de fiel en arguant ensuite : « Non mais c’est juste une taquinerie ».
        Tellement envie de leur dire
        « On se connaît ? Non.
        Alors allez taquiner un ami. »
        Et la phrase : « Quand on écrit il faut s’attendre aux critiques ».
        Mais j’ai pas demandé de compliments ou de critiques. J’écris. Point à la ligne.
        On dirait ces gens qui disent aux nanas qui se font harceler : « Tu étais habillée comment pour sortir dans la rue ? »
        Je dois gérer une communauté d’environ 200 000 personnes. Des inconnus. Tous et toutes.
        Je ne suis pas là POUR ÇA. Je suis seul à gérer TOUT.
        Internet, c’est le royaume des rapports sociaux non consentis.
        Cette Infirmiere me faisait confiance en me donnant son texte et sa photo.
        Et voilà que des gens qu’elle ne connaît ni d’Eve ni d’Adam dissertent sur elle.
        Tellement envie d’arrêter. Mon métier de médecin est déjà suffisamment dur comme ça.

        1. Cath

          Cette infirmière a eu raison de te faire confiance Baptiste, et elle nous a fait la grâce de partager ce moment intime qui n’appartenait qu’à elle par ton intermédiaire. Qu’elle en soit remerciée pour et par tous ceux qui sont confrontés à cette absence qui rongent les proches et qui rend impuissant.
          Une petite lumière dans cette nuit immense est toujours réconfortante.
          Alors continue ce que tu fais et laisse pisser les mérinos et autre pittbulls : ça leur passera avant que ça nous reprenne 😉 .

        2. Emma

          J’ai envie de dire continue ça nous fait vraiment du bien. Et je suis inquiète pour vous, est-ce vraiment à vous seul de gérer les « pas content », « pas d’accord » qui sont dans le négatif (c’est pour être polie mais en gros ceux qui ne le sont pas forcément).
          Pourquoi ne pas créer une charte, dans ce genre : http://lioneldavoust.com/comment-commenter-sur-le-blog/ (je suis tombée dessus par hasard), pour le blog et Facebook ?
          Et pourquoi pas trouver un modérateur. Parce que d’1 ce blog est plutôt un bon coin et de 2 il faut en préserver l’auteur.

          1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

            Super texte. Les gens se rendent pas compte que je suis seul à tout gérer. Et que s’ils ont l’impression de me connaitre, pour moi ils et elles ne sont que des inconnu.e.s.

          2. Marie Noelle

            Je voudrais alors poser la question au tenancier du bar est ce que ce blog est le blog d un ecrivain ou celui d un soignant qui veut reconcilier les soignants et les soignes ? Ou encore autre chose
            Ca eclaircirait pour moi ma facon de commenter, ou pas les articles. .et d aborder ou pas certains sujets.
            J avoue que c est un peu confus pour moi et que les reactions parfois me deroutent

          3. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

            Les trois (médecin, écrivain et personne réelle) Mais c’est celui d’un humain. Et très honnêtement, vous n’êtes pas OBLIGÉE de commenter ici si les choses sont confuses pour vous. J’ai appris récemment que oui, mon avis n’était ni le bienvenu partout ni légitime partout. Ça a été une grande claque mais cela m’a grandi.
            Commenter ?
            Personne ne vous le demande. Et si vous le faites, dites-vous que j’existe vraiment et que je ne suis pas un paillasson sur lequel on essuie son mal-être.
            (Oui, j’ai pas aimé le coup du « fan-club » qui fait passer toute personne essayant de défendre le tenancier contre les critiques d’inconnu.e.s non sollicitées et non consenties pour une groupie hystérique)
            Voilà.
            Bonne et douce journée.

        3. Mario

          Baptiste,
          Premier commentaire sur ton blog que je lis depuis bien longtemps. Je suis infirmière et j’ai fait tant de « métiers dans mon métier » toutes ces années. Je t’ai dédié un texte sur mon blog à moi, *
          http://blogdemarieo.blogspot.com.mt/2017/07/alors-voila.html
          parce que simplement tu me fais du bien. Tu es honnête c’est une qualité rare.
          Ne lâche rien, continue à écrire et à donner la parole à celles et ceux qui ont tellement à émouvoir.
          Et puis bloque les commentaires, ceux qui t’aiment ne t’en voudront pas, les autres n’auront qu’à voir ailleurs…

  14. Marie la Mère

    Bien, Adrien nous a tous fait réagir, mais je suis d’accord avec Emma ! On pense tous ce que l’on veut, mais il ne faut pas tout mélanger.
    Merci Baptiste pour TOUT tu es l’un de mes rayons de soleil (mon mari et mes filles d’abord n’est ce pas ! 🙂 )
    J’ai hâte de te voir et de lire la BD, j’ai tellement adoré le livre « alors voilà » .
    Bonne journée et bises à tous !

  15. Hervé CRUCHANT

    Effets secondaires.

    « Un énorme, un immense, un sensationnel sourire de plaisir, avec des yeux pétillants de bonheur et tout et tout !
    Je n’ai pas oublié car, à ce moment-là, j’ai su que je serai infirmière toute ma vie. » » (sic)

    Puis une larme a roulé sur ma joue. Une larme de bonheur, de chaleur, d’humanité. De connivence, presque. Et s’est arrêtée sur le pavillon de ma narine. Comme un diamant éternel et discret.
    Quand je suis trop fatiguée ou trop lasse ou que je me sens trop seule, je vais la voir dans mon miroir.
    Alors ses éclats sont comme un sourire. Un sourire de vieille dame tapie au fond d’un d’Alzheimer… un jour… il y a longtemps, peut-être.

    (merci M pour cette petite annexe volée imposée émue…)

  16. Turlin

    Bonjour
    Ce blog m’a réconcilié avec les réseaux sociaux. Merci.
    Je suis cadre de santé et il y a longtemps que je pense que nous avons des choses à dire sur nos lieus de travail. Des choses drôles, tragiques, émouvantes, comme la vie quoi !!
    Alors merci encore d’avoir fait un premier pas
    Portez vous le mieux possible.

  17. Merci

    Dans la douce et profonde nuit,
    je veillerai sur toi sans un bruit.

    ​Les océans peuvent rugir et grossir,
    ​les nuages noirs assombrir tes yeux,
    ​Je te serrerai si fort, si chaud, si doux,
    que la tempête glissera sur nous.

    Si le tonnerre déchire ta vie,
    que les éclairs se jouent de nous,
    nous regarderons passer l’orage,
    ​bien à l’abri, dans notre nid.

    ​Et si ce souffle devient tornade,
    ​fouette les feuilles,
    brise les rameaux,
    ​je te protègerai de mes ailes,
    et te raconterai à nouveau…

    …que s’il tombe dix mille averses,
    et que les torrents nous inondent,
    ​nous construirons un bateau,
    et vogueront au loin vers des iles,
    ​ou le soleil brille tout le jour.

    ​Si la neige s’étend,
    flocon après flocon,
    ​et se fait épaisse banquise,
    nous sculpterons un lit de glace,
    pour nous coucher à notre guise.

    De doux rêves apparaissent,
    ​marées et vents nous bercent,
    les étoiles étincellent.
    Oh, comme la nuit est belle.‌

  18. Pilou

    Je suis atterrée cher Baptiste de tout ce qu’a entrainé ce joli moment que vous nous avez conté, vous nous avez fait connaître une belle personne qui a agi avec son cœur. Ce baiser, ce sourire étaient ce qu’ils étaient : un baiser et un sourire point barre. Nous ne sommes pas ici sur le divan d’un psychanalyste à décortiquer les actions qui viennent du cœur et à accabler celui qui nous les relate en lui cherchant des poux dans la tête.

    Je comprends tout à fait votre découragement, vous voulez simplement nous raconter de jolies histoires, et cela déchaine des tempêtes qui vous secouent. Que vous dire ? Je vous aime avec mon cœur de Mamie.

  19. Emmanuelle

    Mon arrière grand-mère était atteinte d’une forme de démence sénile… la seule chose qui ramenait un sourire sur son visage, à la fin, c’était le contact physique : l’embrasser, la prendre dans ses bras pour un câlin… je n’étais pas encore au collège, mais je m’en souviens : son sourire était alors celui d’un tout petit enfant…
    J’ai retrouvé ça beaucoup plus tard chez les personnes âgées hospitalisées avec la grand-mère de mon mari… leurs yeux et leurs sourires quand elles arrivaient à toucher mon ventre de femme enceinte. C’est à la fois triste et réjouissant de voir comme il est simple de susciter un sourire.
    Merci pour la madeleine un peu nostalgique.

  20. isabelle

    Quand je lis un texte ou vois quelque chose qui me touche m’emeut je peux être amenée à faire un commentaire mais si je lis quelque chose auquel je ne trouve aucun intérêt je suspends ma lecture ou bien je passe à autre chose et je ne perds pas mon temps à faire des commentaires .
    Monsieur Adrien , rien que par sa remarque et malgré qu’il s’en défende , a montré qu’il portait un intérêt à ce texte ma foi fort respectable car reflétant la vie le quotidien des soignants.
    Merci monsieur Adrien d’être touché par ce témoignage bien que vous n’en soyez pas conscient!!!
    merci à Baptiste de partager l’humanité de notre métier.
    Merci à Madame ….aujourd’hui de m’avoir sérrée dans ses bras pour me remercier d’avoir été présente auprès de son pèere décédé ce matin et de l avoir accompagnée dans ces moments difficiles alors que je n’avais l’impression que d’avoir fait mon travail quotidien en me disant « je ne pensais pas qu’on pouvait être aussi formidable dans ces moments douloureux ». merci de pouvoir encore au bout de 22 ans de métier être encore touchée, sensible, humaine et empathique.

  21. En panne d'idée de pseudo

    C ‘est terrorisant de faire confiance à un soignant. Parce que la relation est trop asymétrique, parce que on a eu trop mal en situation de dépendance.
    Ce n’est pas contre le tenancier, mais quand on entre dans un bar on ressent la soif et certains ont eu trop peur de mourir de soif pour apprécier ceux qui servent à boire.

  22. En panne d'idée de pseudo

    J’étais comme A. quand j’ai commencé à lire l’ancien blog.
    Et puis j’ai changé.
    Ce blog est un formidable outil de réconciliation.

  23. Herve CRUCHANT

    Ton post me colle au raisonnement comme un sparadrap du Capitaine Haddock.

    La relation aux autres est vraiment une chose qui me poursuit de ses aciduités (!). Toubib c’est déjà choisir de se faire ruiner le mental par des patients, toute la journée, toute la vie. Mais imagine si tu étais écrivain à succès, décliné multimédias, ayant des idées hyper-sociales et humanistes-on-se-demande-bien. Et pourvu d’une volonté d’acier bleuté dans une tête plus dure qu’une noix de coco dans laquelle rode un redoutable troll généreux appelé liberté. Il va y voir un jour, forcément, où l’égo va se révolter sous la pression et les frimas de la vie des Autres. Ben tiens. Mets-toi à sa place.

    Les Autres. Ceux là dont tu parles. Tu en parles avec une considération discrète. Décrivant leurs manifestations sans jamais les attaquer eux-mêmes. Quelle belle chose que voilà. A l’endroit où le réflexe commun serait de jeter tout ensemble l’individu et ses émanations, tu distingues sans le dire vraiment les mauvaises manières qui te sont destinées de la personne qui ne t’appartient pas. Fais attention à toi, Sorte de Frère, tu vas devenir de Gauche.

    Chacun d’entre nous ne pouvant vivre que dans le flux des contacts avec autrui, l’image que l’on renvoie lors d’un échange contient un message complexe où se trouve un petit segment d’information destiné à faire connaître notre taux d’admissibilité à l’agression éventuelle. Le style, le récit et divers petits logiciels de ce type, comme la posture et le faciès, renseignent l’interlocuteur et orientent le courant du dialogue. Ceci pour le signal. La structure psy de l’émetteur-récepteur est naturellement prédisposée aux échanges puisque c’est l’une de ses facultés. Sauf traumatismes ou défauts de construction. Les traumas ne sont pas toujours physiques et accidentels mais bien plus subtils. Ton bouquin « L’enfant gris » est lu comme çà. La cire qui nous sert d’emballage n’a pas toujours la même souplesse chez les uns et les autres.

    Fondamentalement, je pense que la société humaine est dans une phase impérialiste, agressive à dérive dominante prédatrice. On sait des groupes ethniques ayant vécus sans l’élan machiste primaire que l’on constate jusque dans la maison de l’empereur du monde. C’est ainsi. Malheureusement, cette manière a laissé son empreinte sur tous les sociétaires. Mettant en avant la foi obligatoire dans des schémas intellectuels qui auraient paru démentiels vus d’une autre époque de l’Histoire humaine, l’usage d’incontournables rites, us et coutumes fondamentalement barbares ou simplement creux. Morin appelle cet être « homo sapiens demens ». La civilisation moderne justifie sa prégnance sur un préjugé de droit à vivre fondé sur la fatalité. Et non sur un paradigme heureux. Le mal heur au lieu du bon heur.

    Il s’en suit des évidences de comportements intellectuels comme la tendance à faire des choix binaires. Bien ou Mal. Oui ou Non. A moi ou pas à moi… etc. Tout ce galimatias dicte à l’individu des comportements relationnels basés sur la méfiance. Non pas de l’autre, à l’animal, mais de soi. Si tu veux rester toi-même et continuer à être admis dans la société qui va bien, alors, respecte les règles de la doxa. Tout écart est sanctionné. La société humaine, notre société actuelle, les Gens, est bien plus totalitaire qu’on le croit. On a vu prendre des cartes de partis en échange d’avantages -où conviction politique devient égal à corruption quand les concepts contenus dans les mots ont été changés par des individus véreux- aujourd’hui, sans faire aucune distingo, nous obéissons à la logique du circuit imprimé : IF-THEN-ELSE. Si tu es toi-même et que ta créativité fait pétiller les yeux des filles (mais pas que) alors ton égo sera condamné à la vindicte populaire, à l’opprobre, à la honte, au crachat. Par ceux qui craignent de décevoir le monstre en étant hors de la ligne. Parce qu’ils ont peur d’eux-mêmes. C’est que leurs doutes, leurs amours et leurs incertitudes ont été vidés de leur substance. Remplacés par des diktats, des prières, des péchés, de la propagande, de la guerre, du malheur, de la cupidité, de l’avidité.

    Alors te voilà, trentenaire magnifique, arrivant sur la terre ferme de la vie adulte après moult navigations, voulant raconter comme le soleil est clair le matin quand il se lève sur l’Himalaya. Quand la mousson ruisselle sur les têtes des enfants jusque dans leurs yeux et noie un peu leur grand sourire aux dents à bouffer la vie pastèque. Tu tutoies le monde. Tu guettes des éclats de lumière dans des coins de la Terre où tu traînes tes curiosités inassouvies. Dans des coins de l’être humain où d’autres considèrent depuis trop longtemps que ces endroits n’ont plus d’intérêt. Des vieilles godasses. Tu sais bien que cette génération de rapaces va disparaître en implosant sous son propre poids de vilénies. Tu t’es peut-être surpris, comme je me suis surpris, à regretter que tant de richesse humaine ne se traduise en définitive que par de la ruine dorée. Quelque part, un immense ennui. Un abime de désespoir. Alors tu t’es trouvé colibri. Ton naturel les complexe sourdement; ils ont fabriqué des frondes pour t’abattre. Ta vision du monde et de l’humain les a révoltés; ils ont miné la route. Ta réussite et ton talent les rendent jaloux; ils ont fourbi leurs fusils. Te voilà aujourd’hui las et désarçonné; ils espèrent que tu resteras gisant assez longtemps pour pouvoir assouvir leur haine toute une vie de lucide nullité. Ils ont toutes les peurs de devenir ce qu’ils auraient pu être, derrière le loup de leur pseudo pour rézo-socio. Ils ont peur que tu les incites à se transformer en bonne volonté, en rires, en attention pour les enfants, en partages… que tu te prennes pour l’Enchanteur…

    Déconnes pas, hein…

    1. Cath

      Oserais-je ajouter que l’enfant solaire qui apparaît sur les photos la frimousse sourisnte et qui se transforme en colibri par la grâce d’Hervé est une image qui me ravit ?
      J’en ai besoin, là, maintenant.
      Alors voilà, qu’on lui fiche la paix au colibri

  24. virginie

    On ne pourra pas te rendre ce que ces gens t’ont pris. On n’a pas compris la gravité de ce qui était en train de se passer.
    Ce qui est certain, c’est que tu ne peux pas nous sauver tou.te.s. Tu as déjà fait énormément. A nous de jouer maintenant. On peut s’entraider.
    Ecris des livres pour « tes » enfants du bout du monde, fais les illustrations toi-même (je suis sûre que tu en es capable). On les lira aux nôtres et ils rêveront tous ensemble !

  25. Krakoucass

    J’aime ton blog Baptiste et j’aime les histoires que tu y deposes, les tiennes et celles des autres.
    Une petite bouffe de detente de reflexion, durant une journee de travail.

  26. Souki Belghiti

    Cher Baptiste,
    Apparemment j’ai dépassé les limites de ce qui est acceptable ici, et je semble également vous avoir profondément blessé- j’en suis très sincèrement désolée, ce n’était pas mon but, et je m’abstiendrai de commenter à l’avenir. Un dernier, pour la route…

    Le processus créatif en lui-même, comme vous l’expliquez si justement, est merveilleusement « gratuit », libre, libérateur (« j’écris pour écrire, pas pour qu’on me dise que c’est bien ou mal »).
    Mais lorsqu’un artiste fait le choix de se confronter au public, de fait, il va se trouver aussi confronté à sa violence-symbolique ou réelle- rejet, incompréhension, indifférence… Commentaires blessants d’anonymes, de critiques reconnus- jusqu’au jet de tomates ou à l’embastillement- De nombreux artistes du spectacle vivant (artistes de rue, comiques de stand-up etc.) comparent d’ailleurs leur travail à un sport de combat-
    Ce rapport au public est compliqué à gérer pour tous les artistes, et l’irruption de la violence jamais « consentie ».

    Il y a des artistes que ça détruit, et d’autres que ça fortifie… Ça ne veut pas dire que les uns soient meilleurs que les autres ou l’inverse, et ce n’est « bien fait » pour personne !

    Sur ce rapport délicat de l’artiste et son public Joyce Carol Oates a écrit une nouvelle- intitulée The Rooster (« le Coq »). Il s’agit d’une petite fille à la campagne chargée de nourrir les poules, qui subit les attaques du coq …

    « Il n’y a pas d’activité telle que de celle de nourrir les poules pour qu’un enfant se sente important, puissant, « populaire »- mais même une très jeune enfant comprend vite que les poulets frénétiques n’ont pas le moindre intérêt pour elle mais seulement pour le grain qu’elle leur jette. »
    {…}
    « Pendant longtemps j’ai espéré que M le Coq m’aimerait, et ne se précipiterait pas pour me pincer dès qu’il me voyait. Était-ce un souhait si enfantin et farfelu ? Ne pas être pincée, sans provocation de ma part ?
    {…}
    Si comique qu’elle paraisse, l’attaque revenait fréquemment. Pourtant c’était toujours une surprise pour moi, stupéfiante.
    Pourquoi Mr Le Coq était-il si plein de haine envers moi ?
    Pourquoi son bec était-il si rapide, si tranchant, et si méchant ?
    {…}
    Petite fille, je courais en pleurant vers ma grand-mère pour lui demander : pourquoi M le Coq me déteste ? – et ma grand-mère me répondait avec son fort accent, Ne sois pas bête. Le coq ne te déteste pas, c’est juste un coq. Souviens toi toujours, c’est ce que font les coqs. Ma grand-mère n’était pas assez savante pour pouvoir m’expliquer que le coq est programmé pour attaquer aveuglément, c’est son instinct. {…} »

    La nouvelle complète est là, pour ceux que ça intéresse (c’est en anglais)
    http://repository.usfca.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1026&context=jcostudies

    Il y aura d’autres épreuves, d’autres « attaques du coq »…Je vous souhaite de les vivre le plus sereinement possible, de la façon la plus nourrissante possible, humainement et artistiquement….

    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Je ne parlais pas de votre commentaire. Ni de celui d’Adrien. C’est… général (ici et sur Facebook)
      Le fait est que des inconnus me pompent l’air. Et quand ils le font sur mes textes, je m’y fais.
      Mais ici, une jeune infirmiere bienveillante m’a fait confiance pour publier son texte.
      Je me sens comme un type qui, ayant invité un ami à un dîner, et obligé de s’excuser des remarques idiotes gratuites subies par cet ami de la part des autres invités.
      Nous vivons une époque de désœuvrement spirituel. Le matérialisme triomphe et avec lui les gens ont trouvé dans un internet un moyen de se vider la Poche à venin à moindre frais.
      Que faisaient ces gens avant l’invention d’Internet ? Se mettaient-ils aux fenêtres pour agonir les passants d’insultes ? Écrivaient-ils des lettres anonymes ?
      Je ne veux pas de ce monde-là ici, chez moi.
      Je me fiche qu’on soit pas d’accord avec moi. Mais pour cela, j’ai déjà ma famille et mes amis (comme tout le monde). Et je sais me remettre en question (cf mes textes « féministes »)
      Les inconnues d’Internet qui m’attaquent « parce qu’ils me lisent depuis longtemps et on un petit peu l’impression de me connaitre » : à quel moment je leur ai demandé leur avis ?
      Ils n’aiment pas un texte ? Qu’ils aillent s’en plaindre chez eux, sur leur blog ou sur leur internet.
      Moi je vais pas dîner gratis chez les gens pour ensuite chier sur la table si le repas me convient pas.
      J’encaisse à chaque publication environ 1500 commentaires.
      Multipliez par le nombre de publications.
      Vous aurez une idée de la raison pour laquelle au bout d’un moment la moindre critique de personne n’ayant pas lu le texte VÉRITABLEMENT ou ayant juste besoin de se vider la Poche à venin devient intolérable.
      Je me suis souvent remis en question.
      Ici, le texte n’était pas de moi et j’espère vraiment que l’infirmière qui me l’a confié n’a pas lu certains commentaires. Elle a, elle aussi, son lot de critiques IRL à supporter.
      Des bises quand même ++++

    2. Cath

      Le processus créatif est une chose, soumis à critiques, constructives ou destructrices. Et souvent, les critiques varient avec le temps et les mentalités, qu’il s’agisse de livres, sculptures ou peintures.
      En général, l’artiste, peintre, écrivain poursuit sa route selon son ressenti (je ne sais plus si c’était Praxitèle qui avait fait une statue en suivant non pas son inspiration mais les avis des critiques de l’époque, et qui s’amusait du rejet suscitéar cet objet).
      Soit.
      Le blog et les témoignages qui y sont publiés sont complètement différents de la création artistique en tant que telle. On peut réfléchir aux questions posées, on peut commenter et échanger, c’est même le but pour enrichir un débat.
      Mais pourquoi faut-il absolument dénigrer au nom de « la critique, du droit à la liberté d’expression », tout cela sans se donner la peine de réfléchir vraiment au texte proposé et à son sens ? Je crois qu’on détourne le grand principe de la liberté d’expression pour s’autoriser à détruire, à tout simplement faire mal pour prouver qu’on vaut mieux que l’autre, et ce gratuitement, derrière l’anonymat présumé d’Internet.
      Baptiste se demande comment on faisait avant internet pour déverser sa bile ? Tout simplement en se répandant en ragots plus ou moins immondes, en se planquant derrière ses fenêtres pour épier et pouvoir commenter d’importance. La place et le vecteur à ragots ont changé maintenant. On se targue de critiquer, d’émettre un avis pour mieux flinguer, sans aucun scrupule -et sans réelle intelligence me permettrais-je d’ajouter.
      Je vous signale que les mêmes procédés sont à l’œuvre pour détruire la démocratie, la même peste, la même ignorance crasse, la même absence de considération.
      Souffrez qu’on ne laisse pas faire, qu’on retourne à l’envoyeur et qu’on fasse goûter son ragoût à l’expéditeur, aussi anonyme soit-il. Personnellement, à la lecture de certains commentaires, je me suis obligée à relire le texte, à m’assurer de sons sens pour voir si j’avais manqué une subtilité ( la bonne vieille explication de texte, le commentaire de texte de base du cours de français, ça dit quelque chose aux critiqueurs de tout poil qui jouaient au morpion au lieu d’écouter leur prof de français ?) . Force est de constater que bien souvent, on a fait l’impasse sur une lecture méditée et bien comprise, et qu’on saisit l’occasion pour  » la ramener » et tenter de rabaisser l’auteur et ses invités.
      Alors, oui, j’en ai marre de lire des inepties, j’en ai marre de voir des pisse-vinaigre dénigrer les efforts faits pour instaurer un lieu respectueux de véritables échanges et de témoignages, j’en ai marre de voir les envieux essayer de casser en se délectant de l’audience publique ce qu’ils ne sont pas capables de produire. Se donneraient-ils la peine de tenter de construire au lieu de détruire, ça changerait la perspective.
      J’ajouterai un dernier point : j’aime la langue française et sa richesse, j’aime l’expression écrite et orale. Mais je ne suis pas dupe des grands discours, et encore moins de « la persuasion » à mettre en œuvre pour amener l’autre à changer, comme l’a annoncé un dirigeant d’un état ces dernières années ( et qui, lui, m’a fait vomir).
      Alors, que cela plaise ou non, je pousse mon coup de gueule et je défends Baptiste et son blog, et si je dois appeler un chat un chat et un c… un c…, soyez assurés que je le ferai.

      1. Herve CRUCHANT

        « Le processus créatif est une chose, soumis à critiques, constructives ou destructrices. Et souvent, les critiques varient avec le temps et les mentalités, qu’il s’agisse de livres, sculptures ou peintures.
        (…)
        Soit. » (sic)

        Et bien non, pas « Soit ». Pas « Soit » du tout. L’artiste crée. personne n’a le droit de porter un avis moral (c’est bien, c’est mal, c’est bon, c’est mauvais) ou artistique ou technique sur son produit d’imagination. Personne. A moins d’accepter le principe du délit de faciès, justifier les arts nazis, staliniens, maoistes, dictatoriaux. Et même les déviances bourgeoises : l’anniversaire du bi-centenaire de la République était bien un scandale de déviance de l’esprit républicain, mais artistiquement digne d’intérêt. Etc… Epicétou. Et puis, pour ceux qui font mine d’ignorer, la production artistique (je préfère ce terme à « œuvre », allez savoir pourquoi…) n’appartient plus à l’artiste dès qu’elle a été accouchée. Alors, critiquer quoi ? Les Cahiers du Cinéma sont bien amusants à lire -ou étaient, s’ils ont disparu- car on y trouvait tout ce que l’œil en 24×36 24i/s ekta 28mm wratten2A compensation de filé pouvait éprouver quand Mademoiselle répondait en suivant le scénario génial « Ah mais non général ! pas sous mon jupon ! ». J’ai pouffé. Non que le jupon ou la dextre soldatesque m’inspira une quelconque demi érection clandestine en imaginant la scène sous d’autres angles, mais en me disant que le scripteur de ces lignes était un sacré con.
        « Soit. »

  27. Eulalie

    Salut les Humain.e.s !
    A propos d’IRL, super contente pour cette nouvelle librairie, La nuit des Temps, leur vision et leurs propositions sont top et c’est dans mon coin ça ! J’espère au 16 Baptiste, à bientôt !

    … Et pour fêter ça, j’offre ma tournée (virtuelle… je crois qu’on est vraiment très nombreux =D ) !
    Et merci aux graines semées.

  28. Kahina

    Moi, je suis primaire et le texte de cette infirmière m’a touché. Merci Baptiste de partager.
    Je commente rarement même si j’aime beaucoup ton blog. Et il ne me viendrait pas à l’idée d’écrire ce genre de commentaire (j’ai déjà dit que j’étais primaire ?).
    Sinon, rien à voir, la BD fait envie. J’espère qu’elle sera en librairie dans mon DOM un peu perdu.
    Encore merci pour tout ce que tu fais et écris (dire merci c’est trop primaire ou pas ? On ne sait plus dans ce monde de fous).

  29. TOUNSI Rose-Marie

    Bonjour,
    Ça n’a rien à voir avec vos écrits, mais comme je ne sais pas comment faire pour m’adresser directement à Baptiste, je le fais là.
    Il y a quelques minutes, j’ai vu le commentaire, sur une vidéo visionnée sur Yahoo, d’un individu qui avaient pris l’image de BB. Le nom : OFFICIEL SRPSKO.

  30. Julie

    Bravo à M d’avoir accepté de publier sa photo et son texte. Voir un visage nous rappelle un peu mieux qu’il y a des êtres humains derrière ces histoires.
    Je comprends la difficulté pour dire « pris en charge ». Je trouve ça froid, distant, ça réduit presque les personnes à des objets. Tout comme « placer » en maison de retraite. Parfois ma langue dérape et je le dis également (on l’entend tellement souvent, c’est rentré dans le langage courant de ce milieu) mais je pense souvent à réajuster ma façon de dire les choses.
    Cette dame âgée me fait penser à la vieille dame aux yeux bleus glacier que j’avais eu la chance de rencontrer. Mutique mais pas absente ! L’importance de continuer à leur parler, à les toucher… Trop de gens pensent qu’il ne sert plus à rien de prendre le temps d’entrer en relation avec eux car « ils ne comprennent plus rien ». Arg ! Mais ils sont pourtant bien là ! La moindre réaction est précieuse. Que se passe t’il dans leur tête ? On ne le saura pas mais ils sont bien là. Cette dame a forcément entendu ce que M lui racontait. Si elle n’en a pas compris le sens, elle a entendu sa voix. Si elle ne comprend pas l’utilité d’un geste, elle peut sentir la douceur d’un contact avec la peau.
    Quant au sourire, peu importe pourquoi il a éclairé son visage. Si elle a sourit, c’était parce qu’elle était bien. Un sourire c’est l’expression d’un bien être, d’un bonheur. Et c’est précieux, M l’a bien compris puisque ça l’a touchée.
    Merci à elle pour son texte, je m’y retrouve un peu, même si je ne suis pas soignante. J’ai la chance de rencontrer régulièrement des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs et j’essais de saisir l’importance de ces petits moments là.

    Petit PS (je ne peux pas m’empêcher de donner mon avis sur ce point là). Je suis le blog depuis presque son début , je commente parfois et si je suis très souvent d’accord avec ce qu’écrit Baptiste. Je ne me considère pas pour autant comme faisant partie d’un « fan club ». Je n’en supporte même pas le concept . Pour moi, faire partie d’un fan club, c’est me réduire à l’image d’une fanatique groupie, c’est donc nier la possibilité même que je puisse penser par moi même. Si j’écris que je suis d’accord, c’est avant tout car je suis d’accord avec une idée. Si je défends parfois ses propos, c’est parce que je trouve cela juste et qu’au travers de ses écrits je défends également Mon idée. Le jour où je ne serais pas d’accord, je l’écrirais. Avec respect. Cela ne m’empêche pas de beaucoup aimer la personne, ou du moins le peu de chose que je connais d’elle. Si je suis ce blog c’est aussi parce qu’il me fait du bien. J’aime lire de belles choses et me rappeler que la beauté et la bienveillance entre les personnes existent encore. Et pour cela je l’en remercie à chaque fois que j’ouvre ce blog. Je ne crois pas que cela fasse de nous des Bisounours. (Mais il m’arrive parfois de regretter qu’on ne vivent pas dans leur monde finalement !)
    Allez, la bise à tous !

    1. Julie

      Fatigue, je me suis trompée d’adresse de messagerie, ça a fait disparaître mon avatar ! Mais me revoilà.
      J’en profite pour ajouter que si ce sourire a permis à M de trouver sa voie en tant qu’infirmière, c’est d’autant plus important (et beau, oui oui).

      1. marie

        yo Julie, je crois que l’on devient « mutique » quand on en a tellement entendu, dit, vu, lu et écrit on se réfugie dans le silence.
        Une dame qui avait 8 enfants (par choix) a perdu son mari quand ils étaient entre pré ado et jeunes adultes, leur maison ressemblait à une maison de géants, mazette la taille des casseroles les megas machines à laver etc etc . Cette femme avait des journées de chef d’entreprise en gâteau bobos rendez-vous divers et variès. je l’ai connu quand elle s’est retrouvée seule dans sa grande maison « et vous ne vous ennuyez pas après toutes ces années a fond les manettes? »
        « non, pas un jour qui ne passe sans que l’un ou l’autre ne m’appelle pour me raconter ses petits chagrins et grande joie , heureusement chaque année depuis très longtemps, même quand j’avais les enfants, je fais silence pendant une semaine dans un monastère, sans communication aucune avec l’extérieur même pas avec mes petits…le grand silence! »
        la paix dans son regard quand elle disait ça !
        un break yogi
        et quand tu as empilée les années les expériences que ton physique te lâche tu as envie de mutiquer mais grave!!!! parfois tu vois une jeunesse plein d’entrain se fourvoyer dans les mêmes méandres où tu t’es fourvoyée 30 ans plus tôt, avec la même énergie, la même désinvolture , tu vas pour le lui dire « attention pépette  » mais la pépette tu vas pas lui casser ses rêves ou alors tu lui dis , une fois….elle a pas entendu…elle se fourvoie et te dis « de toute façon tu n’y comprends rien! »
        Alors la tentation du silence…..
        Bon week

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