Une aventure inoubliable.

L’histoire, c’est X. Sì vous voulez raconter c’est ICI

Et vous pouvez lire en écoutant cette chanson composée par une lectrice : ICI et qui aborde le thème bien connu… Du gynécologue !

Alors voilà… C’est sa toute première insémination artificielle et elle a mal au ventre. Envie de vomir. Elle se présente 30 minutes en avance. Salle d’attente, puis chambre de transfert, où elle s’installe en position gynécologique. Ses doigts de pieds s’entortillent convulsivement sur les étriers. À sa droite, une petite fenêtre s’ouvre comme par magie sur le labo et la tête du biologiste apparaît. Il annonce fièrement combien de spermatozoïdes on va inséminer.

« Faites ! Faites ! » dit-elle, mais elle pense qu’elle n’a rien demandé… Sans doute que le biologiste a besoin d’échanger avec quelqu’un…

Puis le gynéco entre. Il pourrait être son père et il a l’humour d’un médecin qui a passé les trois quarts de sa vie entre des cuisses de femmes :

 » Alors vous voyez, moi, là, je lui dis : « Votre enfant, vous l’avez allaité ? » et elle me répond : « Non. J’l’ai eu à l’hiver ! » Ah, ah, ah ! »
Voila, voila. Fin de la démonstration. 

Avant de procéder à l’insémination, il nettoie son col avec du sérum physiologique. Il en met bien partout sur la petite compresse en proclamant « Et un petit coup d’eau bénite ! ».
Très impressionnée, la patiente souligne que si ça marche, c’est promis, elle écrira au Vatican pour leur vanter le prodige, même si ce n’est pas dit qu’ils apprécient, bien que le pape -élu la veille- affiche un air plus ouvert.
Surprise du gynécologue :

– Un nouveau pape vient d’être élu ?
– Ben oui, suite à la démission de son prédécesseur…

(faut vraiment qu’il sorte un peu la tête d’entre les cuisses des femmes).

Ils discutent un bon moment de ce nouveau pape et des autres, histoire de meubler un peu les silences (puis tant qu’à faire, en position gynécologique, autant rester sur un terrain neutre…)

Puis la biologiste ouvre la petite fenêtre du paradis, dit « Voilà, voilà ! » et transmet au médecin la sainte semence. Le praticien commence à inséminer tout ça, puis lève sa tête -que la patiente voit apparaître entre ses cuisses- et prononce ces mots en toute bonne foi : « Allez, pensez à votre mari ».

Que se passe-t-il à cet instant précis ?

Je vous livre stricto sensu les mots de la patiente : « Et là… Ce fut l’horreur car je ne pus m’empêcher de penser au pape. A l’actuel, à l’ancien, aux anciens… L’horreur ! La papamobile, la colombe qui se pose sur la tête de Jean-Paul, la fumée blanche qui s’échappe de la cheminée comme une métaphore de l’insémination, le pape apparaissant au balcon, bénissant la foule, s’endormant et bavant sur son fauteuil, poignardé dans les années 80… Plus je m’efforçais d’arrêter de penser au pape, plus les images emmagasinées depuis des années ressortaient. Une horreur, un traumatisme.
Bref, cela passa, enfin. Je me rhabillai, allai passer 30 minutes allongée avant de refaire ma vie, détournant le regard alors que je passais devant une église.

14 jours plus tard, un coup de fil du service m’apprit que mon taux de bêta hcg était inférieur à 5. Ce fut curieusement la première fois que j’éprouvais un soulagement à cette annonce. Le même gynécologue procéda à mon transfert d’embryon, après ma FIV. Cette fois-là, il fit des sortes de gargarismes bouddhico-tibétains au moment fatidique « Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! « . J’ai pas compris pourquoi. Faut vraiment qu’il enlève sa tête d’entre les cuisses des femmes. »

Et elle conclut son message de la façon suivante :
« je lis ton blog depuis que je côtoie beaucoup beaucoup les médecins, c’est-à-dire depuis que je suis prise en charge en PMA. Bon, nous avons maintenant « coupé le cordon » puisque mon mari a coupé le cordon de ma fille il y a trois mois. »
Mazeltov !

PS : je signerai vos livres dans vos villes :

Samedi 6 juin & dimanche 7 juin

Salon du livre de Nice

Vendredi 5 juin à 18h

Librairie Passion Culture à Orléans 

Vendredi 12 juin à 19h30

Librairie AB à Lune

Samedi 13 juin de 10h à 13h

Librairie Sanchez à Bruguiere

Mercredi 17 juin de 19h à 21h

Librairie Cosmopolite à Angoulême 

Samedi 20 juin et dimanche 21 juin

Salon du livre de Vannes.

Prenez soin de vous !

27 réflexions au sujet de « Une aventure inoubliable. »

  1. Poppies

    Moi, mes trois premières inséminations je les ai eu avec une interne qui ne m’a quasiment pas adressé la parole, vraiment étrange comme moment.
    La quatrième avec une jeune médecin souriante qui nous a parlé comme à des êtres humains pendant le geste technique.
    Et la quatrième a fonctionné !
    Je met ça sur le compte de la qualité de la relation et suis contente de pouvoir m’en rappeler comme d’un très beau souvenir

  2. Soulalune

    Les pensées parasites … incontrôlables mais très drôles dans cette « histoire » de vie 🙂
    Bien heureuse qu’un petit soit né dans ce parcours sinueux et douloureux de la PMA .. cela ne marche pas pour tous hélas 🙁

  3. Virginie

    La photo est extra 🙂
    Pour le reste, je vous lis depuis quelques semaines grâce à Agnès L. Et je ne me lasse pas. Merci à vous pour ces écrits qui me font voir mon quotidien de soignante « de l’extérieur ».

  4. Pat

    J’espère que les enfants venus sur terre par PMA , auront la décence de ne pas dire à leurs parents, un jour de pétage de plomb, à l’adolescence : »Je n’ai pas demandé à naître « !

    1. Anael

      Et pourquoi n’auraient-ils pas le droit de le dire ?
      Vous n’avez jamais eu cette révolte en vous, ce questionnement, surtout adolescent : « pourquoi suis-je là ? »
      Quand à la décence, est-ce que tous les enfants nés de PMA (miracle médical à mes yeux) savent le parcours de leur naissance ? Je ne crois pas, et dans ce cas, il n’y a pas d’histoires d’indécence, et même s’ils le savent, ils ont quand même le droit de se révolter, surtout que ce genre de révolte est rarement éternelle.
      Juger les actes d’un enfant par la vision de sa naissance, c’est restrictif et ce n’est pas juste pour l’enfant.

      Et malgré les apparences, ma réponse n’est pas agressive du tout, elle est surtout interrogative, enfin pour moi 🙂 , et je m’excuse si elle n’est pas très claire, mes fils me grillent un peu plus de neurones chaque jour 😉

      Merci Baptiste de nous montrer encore une belle histoire.

    2. Soulalune

      D’accord avec Anaël, tout enfant, quel que soit son mode de conception, peut « reprocher » sa naissance à ses parents !!

    3. lectrice boulimique

      Aphorismes perso pour la vie (avec ou sans PMA) :

      « Lorsqu’on pète les plombs, les premiers à péter sont ceux de la décence » (variante plus trash: « les principes c’est comme les pets, on finit toujours par les lâcher »)

      « L’angoisse existentielle, ça vous tombe dessus quelle que soit la façon dont vous fûtes conçu(e) »

      En contrepoint à l’angoisse de conception, celle de contraception, plus répandue, et que cette petite prière non papale est censée conjurer : « Vierge Marie, vous qui avez conçu sans pécher, aidez-nous à pécher sans concevoir »

      Si les pensées parasites se nourrissent du néant, bon appétit les filles !

    4. Nadège

      J’espère bien que si. Ça prouverait qu’ils ne portent pas le poids d’une conception qui fut douloureuse pour les parents. On fait trop souvent porter aux enfants, le poids de décisions qu’ils n’ont pas prises. Aucun enfant n’est redevable à ses parents d’être né.

  5. Mamzelle B.

    Bonjour !
    J’ai adoré la photo. J’imagine trop le pôv poussin compter les jours avant extraction ! 🙂 Et j’ai lu l’anecdote en écoutant la chanson (parce que je fais tout comme le Dr B. y dit de faire !). Elle a une jolie plume Maela. J’aime beaucoup les métaphores et le double-sens et puis, comme on dit dans ces cas-là, « c’est tellement vrai ». J’ai toujours trouvé curieux et amusant le décalage entre la pudeur qu’une femme peut manifester au quotidien et cette séance comme hors du temps et de la normalité pendant laquelle elle est à poil dans une posture aussi peu naturelle qu’inconfortable et qu’un total inconnu se livre à une activité quasi spéléologique sur sa personne… Dans cas cas-là, pas étonnant que les pensées les plus saugrenues nous traversent l’esprit ! 🙂 … Tiens… J’y pense… A quoi songe un homme qui subit le même style de torture chez son andrologue ? Et si le médecin est une femme ? ….
    Je laisse chacun méditer sur la question. Bonne journée à tous et bise à vous, Dr B.

    1. marie

      Au tout début était Vénus dont on trouve quelques statues bien dodues au fond des grottes , à croire qu’on la gavait d’ailleurs, pas bête les ancêtres faut nourrir la mère sinon, ceinture! pas de futurs chasseurs de mamouths et si pas de chasseurs pas de mater la fin de l’humanité naissante en somme…..bon aprés ça c’est compliqué grave, les zhomes pour se venger de la matrône toute puissante qui les envoyer affronter la Bête quasi à main nue (maman j’ai peur!) ont créer une floppée de Dieu mâles…évidemment! (et les gynécologues à l’humour « re-doutable ») , Vénus pouvait aller se rhabiller, maigrir se maquiller lifter etc etc etc
      Méze si la femme se résume a une grotte, les zhomes ne se reduisent_ils pas a un trou?
      Mamzelle B vous venez d’ouvrir la boite de Pandore….

          1. lectrice boulimique

            tendre et marrante la chanson, et polyvalente en plus: elle pourrait aussi convenir pour un psy… tout dépend des lèvres… ok je sors 😉

  6. Herve CRUCHANT

    AbemusPapapam 2.mp3

    Le « Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! Rhom-Rhom-Rhom-Rhom-Rhom !!!! «(sic) c’est pour rester dans l’ambiance du male qui vient de s’endormir et ronfle dans la douceur d’un organe comblé…

    C’est quand même mieux qu’un coup de … trompe, non ?

  7. Herve CRUCHANT

    @M’zelle B. Il y a un moyen de s’en sortir, ce que l’on arrive à faire de temps en temps -même Rocco a déclaré à la prese qu’à 50 ans il allait se retirer progressivement; un artiste ! – bon, je disais : tout s’arrange toujours avec du discernement. Tiens, un parfum qui passe, un baiser (presque) chaste dans le cou… et voilà que la passion sans vol (çà, c’est pas sur) avant que ne jaillissent les désirs les plus flous (BHL ou Houellebec, je sais plus). Discernement entre une soit-disant fille magnifique qui devrait faire s’extasier les mâles et qui me donne envie de relire Nietszche, mon Frédo, dans le texte. Ben ouais. Que je la trouve belle et tout et tout et que j’ai envie de tout lui dire et lui donner… et qui n’intéresse que quelques uns (heureusement, tu me diras…). Et puis cette chose que je trouve académie de médecine façon anatomie que les films pornos. Mais il y a eu des fois, plus jeune…. Alors que des petites bites en istes voilent les femmes parce qu’il est indécent de voir leurs mèches teintées au henné (orth?). Alors que c’est la manifestation par l’exemple de leur manque de considération et de contrôle de leur éventuelle érection. (A moins qu’ils redoutent de s’apercevoir qu’ils n’en ont pas ?). Alors, ouaip, pour un homme, montrer son cul et se faire fouiller dedans pour raisons médicales, c’est pas un problème du tout. Alors qu’un baiser doux sur les lèvres…presque chaste, ex-amical, retour du front, un va-pas-trop-vite, un montre-un-peu si tu résistes, Hômmm…. Faut pas non plus trop provoquer l’ancien, hummmm…..

    1. lectrice boulimique

      va voir ma recette de muesil pauvre en gluten dans le fil de commentaires « géraniums du docteur Octopus Quichotte » – elle est postée 2 ou 2 commentaires après ton appel à l’aide 😉

      1. jeveuxdusucreetdugras

        J’ai le muesli et…et..LA CHOCOLADEEEEEEUH je l’ai trouvée !
        (je trouve qu’elle a une tête un peu strange d’ailleurs, y a des drôles de dépôts au-dessus, docteur t’es sûr que ça se mange? Ou alors je suis mal habituée à la bouffe industrielle toute propre à l’extérieure mais craspouille à l’intérieur? :D)

  8. Les yeux dans les arbres

    Je vois la photo. J’aime. Je me plais à penser que peut-être, dans quelques mois, elle pourrait illustrer le faire-part pour notre petit poussin.
    Puis je lis le texte. Et c’est mon expérience d’il y a pile un mois (le Pape en moins ! Ma vessie pleine, sur le point d’exploser, empêchait toute pensée parasite ou focalisée !) qui me saute aux yeux… et me fait sourire. J’ai eu la chance d’avoir une belle nouvelle inespérée 14 jours plus tard. Et une « Fiviste » en or, compétente, rassurante et optimiste pour trois !
    Des bises, bon Bibi.

      1. Les yeux dans les arbres

        Merci pour ces mots, douce Mésange… Et courage à toutes celles et tous ceux qui traversent ces étapes angoissantes de la PMA. Qu’il est bon (et quelle chance) de pouvoir en sourire… après.

        1. Libellule

          Le truc, c’est que seules celles pour qui ça marche communiquent dessus (et on les comprend). La preuve par l’exemple dans le post en cours et les commentaires.

          Une grande pensée pleine de tendresse pour tous ceux qui n’ont pas cette chance malgré tous les essais, et ils sont nombreux
          (j’écris « ceux » et « ils » car je pense aux couples, mais pas d’inquiétude je sais bien qu’une FIv sur un homme est vouée à l’échec…)

  9. Thomas

    C’est une magnifique nouvelle de savoir que la PMA fonctionne pour certains couples. Je viens de lire qu’un couple sur 6 était concerné par l’infertilité. C’est trop ! Ce témoignage est rassurant car il prouve que l’on peut garder espoir. En tout cas, félicitation pour le bébé miracle.

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