L’horizon indépassable.

Photo : F. Kapkov



AVERTISSEMENT : on parle IVG.
 

Alors voilà : une consœur du syndicat des gynécologues de France propose aux femmes ayant recours à la pilule abortive de le faire durant un jour férié ou (attention, cela devient cocasse) de prendre un jour de congé (notamment au prétexte de l’égalité homme-femme).

Par confraternité, je ne dirais pas ce que je pense de toute cette polémique (même si, d’un point de vue physiopathologique, l’égalité homme-femme me parait un horizon indépassable tant que ces fichues gonzesses refuseront d’avoir des cancers de la prostate et ces fichus mecs de saigner une fois par mois).
Pas de commentaire, donc.
Mais un témoignage, à partager pour qu’on sache, humainement et dans la vraie vie, de quoi on parle :

Alors voilà S.
Lorsque S. essayait d’avoir un enfant, elle a eu un oeuf clair. 
“Non madame, vous n’êtes pas enceinte. Oui madame, il n’y a personne dans cet œuf. Oui, madame il faut quand même l’expulser.”

S. rentre chez elle.

<< Suite à la mauvaise nouvelle je ne me serais pas sentie de retourner au travail.
D’ailleurs tu rentres chez toi, avec tes cachets à prendre, tu te retrouves toute seule face à toi-même, et c’est dur d’avaler même une petite pilule. 
Pour mon cas c’était un oeuf clair, et c’était déjà très difficile d’y arriver. Alors pour les autres femmes… >>

S. sera arrêtée 10 jours.
Parce qu’après avoir saigné, S. a pleuré.
À vrai dire, S. a pleuré autant qu’elle a saigné.
S. a eu mal.
Dans la tête, le coeur et le corps.
S. a passé des nuits blanches.

Et elle a repris le travail. 

<< Je n’aurais pas pu me vider de mon sang assise à mon bureau en souriant à mes collègues, mes patrons et les divers interlocuteurs. Les premiers jours, je changeais de serviette hygiénique toutes les heures… >>

C’est une histoire parmi tant d’autres (et un caillou dans la chaussure de S., dans son parcours pour atteindre la maternité).

 << J’ai été choquée et meurtrie car le syndicat dit que ce n’était pas nécessaire que je sois arrêtée 10 jours, sous-entendant que j’ai abusé du système et qu’en plus mon comportement nuirait à mes concitoyennes, eu égard à l’égalité des sexes revendiquée.
En conclusion, j’ai chipoté quoi…
Moi je ne trouve pas. J’ai l’impression qu’en refusant ces arrêts de travail on cherche à “punir” les femmes. 
Personne ne devrait être punie pour cela.
Vous savez, moi, je n’oublierai jamais. >>

92 réflexions sur « L’horizon indépassable. »

  1. Rosi

    Comme je comprends ! J’ai fait 2 œufs clairs et une fausse couche à 12SA … Hémorragie en pleine nuit, pompiers puis SAMU pour finir à 6 heures du matin à l’hôpital pour un curetage … (Nuit de samedi à dimanche, j’avais bien fait les choses …)
    En plus de l’humiliation d’avoir dû répondre 2 fois à la question “c’était une grossesse désirée ?” J’ai eu droit au gynécologue qui ne voulait pas me donner un seul jour d’arrêt et qui m’a presque insulté çar j’ai eu l’outrecuidance de refuser son ordonnance de pilule contraceptive (à votre aaaaaageeeeee ! Vous en avez déjà troiiiiis etc). Il a fini par me lâcher 3 jours …”qui ne sont pas nécessaires” (sic)
    2 ans après une petite fille est venue agrandir notre famille mais malgré cela je n’oublierai jamais

  2. Marie R.

    J’envoie un gros câlin à S. …
    Quand je me suis retrouvée moi aussi à devoir faire une IVG (parce que la mort brutale et inattendue de mon père avait fait dire à mon corps “Hé attends pars pas! T’as pas vu tes p’tits-enfants! Attends je te le ponds de suite!”, mais voilà c’était pas prévu, monsieur était sensé être stérile, moi j’avais 10 jours d’avance avec mon ovulation, et puis j’étais bouleversée, et puis c’était pas le bon monsieur, et puis c’était pas le moment, et puis parce que voilà, c’est mon corps et j’ai le droit), ma gynéco m’a dit comme une bonne nouvelle qu’on était encore dans les délais pour le faire par pilule, et que c’était mieux pour mon corps car l’aspiration pouvait abîmer l’utérus pour les futures grossesses. J’ai dit ok, j’ai pris RDV, et chez moi j’ai eu l’idée (généralement stupide) d’aller voir les témoignages sur internet (mais là pour le coup c’était pas stupide). Quand j’ai lu ce que j’ai lu, j’ai appelé ma copine infirmière. “L’IVG médicamenteuse? Non non, c’est pas une blague. Non non, les témoignages sont tout à fait réels. On te donne une première pilule qui arrête le coeur du bébé. Pendant 48h t’as un oeuf mort dans le bide. Puis on t’en donne une deuxième qui provoque la fausse couche : tu saignes seule comme un goret chez toi, t’as mal, et t’as tout le temps de réfléchir que faire l’amour sans pilule ni capote, c’est mal, très très mal, que tu es une sale putain impure et que tu dois être punie pour ça. L’IVG médicamenteuse a clairement été inventée par des connards de moralistes catho sans coeur.” (j’adore ma copine infirmière, elle a toujours les mots qu’il faut pour te remonter le moral ^^)
    J’ai réfléchi à savoir si je voulais abîmer mon utérus pour mes prochaines grossesses (celles que j’aurai choisies). J’ai rappelé ma gynéco, j’ai annulé et demandé une IVG par aspiration : je ne voulais pas abîmer mon utérus mais je voulais aussi prendre soin de tout le reste… J”avais déjà perdu mon père, assez de douleurs, merci beaucoup. Donc on m’a endormie (avec une adorable infirmière qui, si elle passe par là, a toute ma gratitude : celle qui m’a dit “il fait froid dans ce bloc op’! Attendez voir, j’ai un truc super”, et qui avec un grand sourire complice m’a glissé le tuyau de chauffage près des pieds sous la couverture : kiff absolu!), bref j’ai fait un gros dodo, j’ai rien vu rien entendu rien senti, et j’ai presque pas eu mal au réveil. Je ne me sens pas coupable. Je ne regrette pas. Et j’ai eu droit à un certificat médical d’arrêt de travail d’une journée, parce que non, avorter c’est pas comme aller au ciné ou faire un tennis…
    Moi je ne suis pas médecin, j’ai le droit de le dire : cette consoeur du syndicat des gynéco est une plaie. Et que ce soit une femme m’attriste d’autant plus…

  3. Math'

    Merci ! D’expliquer, de démontrer, d’argumenter, encore et encore. De démonter les préjugés avec des faits indiscutables. Merci de continuer à tebattre, quand, parfois, je n’en ai plus la force. Ca fait chaud au coeur de se sentir moins seule.

    Je lis ce blog depuis quelques temps maintenant et (honte sur moi), je n’avais jamais commenter. Alors maintenant que j’y suis : Merci aussi pour tous ces récits, ces témoignages, sur tous ces sujets. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pleuré face à la bêtise humaine mais dans ce paysage noir, il reste toujours des notes d’humanité que tu distilles à la perfection.

    Alors, merci !

  4. val

    Je n’en reviens pas, je suis littéralement sur le cul !!! une fois de plus on mélange tout, l’égalité des sexes n’a rien a faire là,
    on ne choisi pas d’être une femme,
    j’ai subit une aspiration ( oeuf vide) et j’ai été en arrêt de travail 2 semaines, les 2 seules de ma carrière, je ne pense pas avoir mis en péril la ss !
    qu’une femme ” soit disant gynéco” en arrive à un tel degré de bassesse, je suis révoltée,

  5. Cia

    A toutes les femmes qui ont avorté, celles qui avorteront demain à mes amies qui sont passées par là, à toutes celles, dans mon entourage, qui ont vécu un IVG dont je ne suis pas au courant…
    A celles qui l’ont bien vécu et à celles qui en sont sorties meurtries,
    à moi qui ferait peut être ce choix un jour…
    l’IVG est un droit, c’est le notre. Sans ce droit, pas de liberté pour nous en tant que femmes. Ce droit n’est pas négociable et aucun médecin n’a le droit de nous le faire payer, de nous punir ou de nous faire la moral. Ce choix nous appartient, et nous n’avons de compte à rendre qu’à nous-mêmes. Parce que l’IVG, c’est quelque chose de bien plus complexe que ce que voudrez faire croire les anti-avortements : une femme fertile de 13 à 45 ans connaitra environ 360 ovulations. Alors croyez moi un accident est très vite arrivé, parce qu’aucun moyen de contraception n’est fiable à 100 %, parce que chaque mode de contraception à ses contre indications, parce qu’un simple vomissement peut annuler l’effet d’une pilule, parce que notre corps veut parfois ce que notre esprit ne veut pas, parce que…

    Qu’un gynécologue puisse se comporter ainsi, femme ou homme, c’est lamentable. Hélas, ce n’est pas une exception. Si l’on suivait son raisonnement, on devrait bannir tout arrêt maladie pour un cancer du sein ou de la prostate, (à moins que le fait qu’il existe des cancers masculins et d’autres féminins soient considérés comme équivalents et donc conforme à l’égalité homme-femme ?) on devrait supprimer le congé maternité et prendre sur nos congés pour accoucher alors ! Quelle crasse bêtise. Combien d’années d’étude pour se laisser aveugler par son affect ?

    1. pascale

      Merci Baptiste pour cet article. Psychiatre je prescris et prescrirai encore des arrêts de travail aux femmes qui prennent le RU seules (merci d’écrire enfin là dessus, sur cette solitude), qui font des fausses couches, qui ont mal pendant les règles, qui ne supportent pas de laisser leur bébé à 2,5 mois pour reprendre le travail… je risque moins que les généralistes, dans le collimateur des caisses, et ai des arguments en matière de prévention.
      L’argument de l’égalité devient insupportable : il a été utilisé lors de la réforme des retraites pour supprimer l’avantage accordé aux mères (quelques trimestres en plus qui permettaient de partir en retraite plus tôt). Personne n’a évoqué alors l’écart de salaires, la pauvreté des femmes.
      Nous vivons un terrible processus d’asservissement.

  6. grand33

    Bonjour Bibi,
    Encore un post ou je ne pourrai pas apporter de témoignage personnel, vu que je ne suis pas du bon côté physiopathologique. Par contre mon actualité récente (lundi soir) me permet de parler de grossesse, elle, menée à son terme puisque ma belle fille et mon fils viennent de me donner ma première petite fille.
    Ce bonheur est tellement grand que je veux bien le partager avec toutes celles qui ont souffert dans leur corps et/ou leur esprit.
    La bise

    1. Cath

      Petite-fille ?
      Félicitations aux heureux parents et grand-parents.
      Maintenant, la barbe qui picpic sur la joue satinée de la petite Louloute ? 😉 va falloir être créatif là, lalaisser pousser pour qu’elle soit tout doudouce;) 😉
      Et un Grand complètement fondu de tendresse, un !

    2. Myriam FdF

      Le plus beau hors-sujet qu’il m’ait été donné de lire. 🙂
      Bienvenue à cette toute petite fille, que la vie soit belle et douce à son égard.
      Félicitations aux parents et grand parents, merci d’avoir partagé ce moment de pur bonheur,
      bises

    3. josecile

      Heureusement qu’il y a plein de grossesses qui vont au bout !
      Félicitations à tes enfants, et à toi aussi, après tout grand-père c’est la plus jolie des promotions §

    4. Biquette

      Bienvenue à cette petite fille Grand33 ! Tu vas voir, c’est génial d’être grand-parent, vraiment… Bon je te bats haut la main: j’ai deux petites-filles et deux petits-fils, et dans quelques jours nous serons réunis et ce sera la FETE à Toulouse!

  7. MarionLR

    Nous ne sommes pas égales face à la douleur ou aux effets secondaires dans ces cas là…
    Nous ne sommes pas égales non plus en ce qui concerne nos réactions psychologiques dans ces cas là ( fin d’une grossesse désirée, fin d’une grossesse non désirée)
    Alors il faut pouvoir adapter les arrêts pour chaque cas…
    La femme qui se vide de son sang pendant plusieurs jours et qui a besoin d’être arrêtée ne profite pas du système, de même que celle qui prend la pilule abortive le soir, qui expulse à 6 heures du mat et qui part dans la foulée travailler parce qu’elle se sent bien n’est pas une anti féministe non plus …
    J’ai vécu deux fausses couches, une à 3 mois et demi de grossesse avec aspiration suivie d’une hospitalisation de 6 jours pour hémorragie, et une à 8 semaines avec prise de pillule pour évacuer l’embryon mort toute seule comme une grande à la maison. Autour de moi, plein de copines qui ont vécu des choses similaires. Nos réactions physiques et psychologiques ont été extrêmement différentes face à tout ça…
    Égalité ne signifie pas égalitarisme… Pour moi égalité sonne comme “avoir la même chance d’atteindre un but” et égalitarisme plutôt ” donner les même moyens à tout le monde”. Or, pour atteindre un même but, tout le monde n’a pas besoin des mêmes moyens …. Si S. a besoin de 10 jours pour se remettre de cette fausse couche, donnons lui… Je l’embrasse au passage…
    Quant à la pseudo égalité homme/femme dont cette gynécologue parle… Foutaises!
    Je refuse en effet de me chopper un cancer de la prostate, mais je pense avoir suffisamment payé entre les années pillules, sur laquelle on commence juste à avoir un peu de recul, les années stérilet cuivre avec hémorragies, et les années sterilet aux hormones avec 10 kg en plus…
    On fera un grand pas vers l’égalité quand les hommes pourront supporter la contraception pour le couple…
    Mais pour aller sur un sujet bien plus léger , je pense que quelqu’un va devoir changer son pseudo en @Grand(père)33 rapidement!!! Attention @Grand33, ne deviens pas gâteux! 😉 bises

    1. Herve CRUCHANT

      çà va être dur, pour le pseudo de G33 gâteux avant l’heure ! on pourrait dire “Gros Baloo” parce qu’il est gentil comme tout, ou “Papy G” parce qu’il était déjà naze une demi-heure après la conception (les ondes…), “The BigOne” parce qu’irremplaçable, “Yellow Stone”, pour des raisons historiques… enfin, nous on l’aime tel qu’il dérive dans sa, nos vies… change rien, 33… bisous-duvets à tous et toute

  8. Cath

    Je dois être à la ramasse parce que je n’ai pas compris la proposition de la gynéco ( 1 jour, c’est suffisant ?), et que vient faire ici la notion d’égalité H/F ? D’expérience, la protection de la vie privée ou des données personnelles est souvent une excuse fumeuse pour couvrir un comportement pas clair. Comportement ou idée d’ailleurs.
    Quand au syndicat qui balance un avis sur un arrêt maladie sans avoir ni compétence ni vocation à le faire, je m’interroge encore sur la valeur de ces représentants syndicaux. Et comme c’est mon jour de bonté, je ne questionne pas leur intelligence ou leur c…. Pas encore, mais ne vous inquiétez pas, ça va viendre …

  9. Jeanne

    Je ne comprends pas comment on peut parler d’égalité homme-femme sur un phénomène (avoir des enfants / avorter) qui ne touche que les femmes. Le jour où les hommes enfanteront, promis, ils auront des jours d’arrêts! 🙂
    Plus sérieusement, les remarques de la gynéco dans le témoignage sont révoltantes.

  10. crédule

    J’ai 2 oeufs clairs et une FC à mon actif (et 2 magnifiques bonhommes) et dans aucun des cas on ne m’a proposé d’arrêt de travail. Je ne savais même pas que j’y avais droit.
    Ça donne à réfléchir…

  11. kahina

    On trouve heureusement des médecins compatissants. J’ai fait 2 fc par oeuf clair. Pour la 2e, j’étais en activité et un médecin généraliste m’a arrêté quelques jours, histoire que j’expulse tranquillement à la maison et non au travail. Quand je vois mon mari “mourant” à cause d’un rhume…

  12. Alexa

    Ca revient à l’article que j’ai lu ce matin sur 20minutes.fr Il est question des femmes qui préfèrent les sages femmes aux gynécos parce que les gynécos sont débordés, pas à l’écoute, pas rassurant. Au contraire des sages femmes qui prennent le temps d’écouter, d’orienter, de rassurer.
    Perso, j’ai toujours préféré les gynécos hommes aux gynécos femmes. Ils sont plus doux, l’auscultation n’était pas douloureuse. Aujourd’hui, je me demande si je ne vais pas consulter une sage femme qui outre le suivi de grossesses, elle a le droit de prescrire une contraception, de réaliser un frottis, …

    1. wain"

      j’ai découvert grâce à 10Lunes ce qu’était le métier de SF, et ce que pouvaient faire les SF pr accompagner les femmes. C’était après la naissance de mon 2ème. Depuis je ne suis pas retournée chez un gynéco, et selon les besoins et les domaines, ce sont une SF et mon médecin généraliste qui assurent. Et je les en remercie 🙂

  13. Fabymary POPPINS

    Une IVG est toujours traumatisante et jamais on ne s’en remet, personne n’avorte comme ça en y pensant plus ensuite. Derrière chaque IVG énormément de souffrance et qu’on traine toute notre vie.Merci pour ce témoignage édifiant et tes mots Baptiste

    1. M

      Pardon ???? Vous devez être inspiré par je ne sais quelle source divine pour ainsi assurer SAVOIR ce que TOUTES les femmes ressentent 😀 .

    2. Caroline

      Euh… Je me permets de disconvenir respectueusement. On ne le fait pas le coeur léger ni pour le plaisir, mais il faut parfois résoudre un problème avec une solution pas marrante ni agréable. Le problème, ce n’est pas l’IVG, le problème c’est la grossesse qu’on n’a pas choisie. D’ailleurs, une proportion écrasante des femmes ayant recours à une IVG EST SOUS CONTRACEPTIF !!! C’est dire si on a pris ses responsabilités et qu’on a tout fait pour ne pas avoir à en passer par là ! Eh pis en fait si. S’ajoute donc un sentiment de trahison face au “destin”, et de rancoeur face à tous ceux qui vous jugent comme si vous étiez irresponsable, sans compter tous ceux qui ne sont tout simplement pas d’accord avec ce que vous faites, surtout quand il n’ont rien à dire, mais ne se privent pas de le dire quand-même.
      Alors on fait ce qu’il faut. Et on s’en remet. Quand on a de la chance, ce n’est que partie remise.

  14. Lys

    Je voulais écrire des choses , je voulais vraiment écrire ce que c’est de perdre du sang comme S. par ivg ou par fausse couche , mais je n ‘arrive pas . D’être seule incomprise dans la salle d’attente à voir toutes ces femmes aux ventres rebondies , joyeuses et sages , et de se sentir seule au monde de souffrir autant.
    Quand on vous dit ” vous avez du sang , c’est pas bon signe ” et qu’on vous renvoie chez vous , l’air de rien sans rien vous expliquer en disant simplement ” Non. Votre grossesse est finie ” , sans rien vous donner contre la douleur dans votre ventre , la douleur dans votre coeur , la douleur qui hurle dans votre tête .
    Je devais faire quoi ? je devais prendre quoi ? j’ai rien pris , j’ai attendu sur les wc .
    Seule , des jours sans bosser . Faute lourde pour absence voilà ce que j’ai eu en récompense .
    je voulais vraiment vous l’expliquer , après 20 ans passés, on devrait pouvoir . Moi je n’y arrive pas .

    Merci d’être vous . (tous) Merci d’être humains (tous) .

    Lys.

  15. Muriel

    j’ai fait deux IVG. La première à l’hôpital sous anesthésie générale. On m’avait placée dans la même chambre qu’une gamine de 19 ans, qui pleurait sans arrêt parce qu’elle faisait une fausse couche. Elle me regardait de travers parce que, moi, l’enfant, je n’en voulais pas. La psychologue de l’hôpital m’avait fait les gros yeux pour vérifier que j’étais vraiment décidée à avorter. La deuxième IVG, je l’ai faite en ambulatoire, par aspiration sans anesthésie, chez une gynécologue qui ne m’a même pas fait enlever ma jupe pour grimper sur sa table d’examen. J’ai craqué le bouton… Mon nouveau copain m’avait accompagnée et me tenait la main. J’ai préféré la deuxième fois, sans mise en scène.

    Je me suis sentie un peu coupable de refuser de donner la vie dans ces conditions, mais j’aurais détesté subir la présence d’un enfant non désiré.

  16. Bulledesavon

    Moi aussi , IMG par aspiration, avec hemorragie en prime, et deux jours d’hosto … foetus atteint de trisomie 21 … pas un jour depuis sans penser à mon petit garçon, tellement désiré , qui aurait eu 8 ans dans quelques jours. Je me sens toujours coupable s’avoir fait ce choix tragique, j’ai pleuré des jours et des jours avant, j’ai pleuré quans l’anesthésiste m’a assuré que le coeur de mon bébé ne battait plus, j’ai pleuré au réveil … et je pleure encore son absence.
    Reprendre le travail au bout de 2 jours aurait juste été impossible …

    1. Philippe Renève

      Cette déclaration de la présidente du syndicat des gynécologues de France montre qu’il semble possible d’être médecin en se passant de toute empathie pour ses patients et en ayant un esprit prodigieusement technocratique qui amène à s’occuper plutôt de coûts que de malades, pour faire plaisir à d’autres technocrates des ministères. C’est du moins le cas de cette dame.

  17. Le hibou.

    (Ca ressemble de très près à une expérience traumatisante quoiqu’il en soit. Un vécu. Un truc perso que j’avais besoin d’exprimer mais qui peut heurter.)
    Bonsoir.
    Bonsoir Baptiste et les autres… ceux qui lisent, ceux qui vivent, ceux qui ressentent…
    J’ai d’abord lu l’article sur le réseau social, parce que je suis l’actualité de BB. C’est la mienne , j’aime sa manière d’écrire (comme bcp d’autres ici) , il met des mots sur mes pensées. et il dit ça tellement bien…
    Bref, Mais en général je me contente de lire.
    En général, je ne vais pas chercher à faire une réponse (on ne sait jamais, mais sur le net je préfère rester discrete, encore plus sur FB). Je me contente d’aimer, voire de partager.
    Bref, (là encore) . Ce soir; les mots de Baptiste m’ont touchée, heurtée, émue, bouleversée… et j’ai dans le ventre cette boule qui s’est formée, cette bile qui ne demande qu’à sortir, ce goût aigre qui reflue dans ma gorge.
    Moi c’était il y a 3 ans. Presque 3 ans. le 15 Aout. C’est ferié. Et si mes souvenirs sont bons un Jeudi.
    Le bout du tunnel… le jour de la seconde prise médicamenteuse, le jour de l’hospitalisation en ambulatoire dans un service dont je ne connaissais même pas le nom avant cette fameuse “aventure”… Orthogénie.
    Avant ça, avant ce jour; le protocole, la démarche. On m’explique ça par téléphone. Le jour où je découvre que je suis enceinte, que ce n’est pas le bon moment, que ce n’est pas voulu, que la situation ne le permet pas.. Le coup de fil, la culpabilité au ventre. Personne pour me demander pourquoi (j’avais pourtant préparé mon argumentaire). Il faut aller voir un médecin. Puis un echographe. Puis prendre un rdv avec cette infirmière un peu psychologue pour la première prise médicamenteuse si les dates le permettent. Puis revenir 1 semaine après en ambulatoire, à l’hôpital pour la seconde prise et l’expulsion.
    Bon. Ca tombe bien je suis instit, je suis en vacances, j’ai le temps.
    Je suis aussi maman d’un petit garçon d’ 1 an et demi, je suis en couple( même si ça bat de l’aile,) j’ai une maison, un revenu, je ne prends pas de contraception , je connais le papa, je vis avec lui, on avait parlé d’avoir plusieurs enfants.. Mais non! C’est impensable. Je ne peux pas avoir un autre enfant maintenant. NON. J’en pleure rien qu”à l’idée. Je lui en parle, (au papa), je lui explique. Je ne peux pas. Je ne peux pas. je ne peux pas. Je pleure, je crie, je me justifie… La veille nous envisagions de nous séparer.
    Il n’accepte pas.
    “Tu vas tuer la fille qu’on voulait avoir”
    Alors. me voilà. Avec cette conviction qu’il faut en finir. Cette insupportable situation, cette honte, cette culpabilité, ce sentiment de solitude et d’abandon. Cette décision.
    Ce secret.
    Pas question d’en parler, pas question d’avoir à me justifier quand même lui ne me comprend pas.
    Un rdv chez un médecin que je ne connais pas. Pas celui de famille qui connaît mes parents, un vieil ami. Aucune question. Une autorisation. Est ce une approbation? Comment m’a t-il jugée? Que pense t-il de tout cela? Je ne sais pas.
    Une échographie. Dans un département limitrophe. parce que je suis pressée par le temps, parce que c’était le labo le plus rapide. Un pro. Aucun commentaire. pas de son, pas de coeur battant… Juste un mot (mais je ne sais plus lequel) qui bizarrement me laisse tjs la même impression; il y a 2 foetus. Pourquoi? je ne sais pas.
    L’hôpital, l’infirmière. on bavarde… J’expose mon argumentaire, ma situation. je pleure. je pleure… Si seulement j’étais moins seule… Elle comprend, elle parle, elle m’explique et finalement elle me laisse le choix.
    Je prends le cachet.
    Je reviendrai qques jours après. le 15 août.
    Je fais garder mon fils prétextant je ne sais quoi à la journée… par ses grands parents.
    J’y vais. Prend le cachet. Monte en chambre. expulse l’oeuf et les muqueuses. Non je n’ai pas mal. Je ne sens plus rien. je suis comme sous anesthésie. Mon cerveau est embrumé. fatigué et soulagé à la fois. Mes larmes ne coulent plus, j’essaie même de faire des mots fléchés…
    “Oui je suis forte, grande, indépendante, c’est une décision réfléchie, une décision de femme, de mère. C’est la bonne. ” Voilà mon refrain.
    Je sors. Vais chercher mon fils. Rentre à la maison. Fais à manger. Comme si de rien n’était. C’est du passé. C’est derrière moi. On n’en parle pas. A personne. Même pas il me questionne. C’est pas son problème. C’est plus le mien.
    La vie continue.
    Demain c’est la rentrée. la fin de l”été.
    On boit un apéro avec un ami… Bébé dort. Il commence à se faire tard…. Quand tout à coup, c’est l’hémorragie. la vraie. Celle qui fait peur. Qu’on attend pas.
    Juste le temps de se lever de table. Quelque chose vient de se décrocher dans mon ventre! Y’en a partout dans les escaliers, partout dans ma culotte, dans mon jean, dans la salle de bains. Ca ne s’arrête pas. C’est atroce. J’essaie de nettoyer. les protections ne tiennent pas 1/4 d’heure. Ca fait déjà une heure que je me débats. J’ai peur. Je ne fais pas de bruit. Bébé dort. Papa est en bas qui boit.
    J’ai peur, je pleure en silence et je finis par faire le 15.
    En chuchotant.
    J’explique au médecin. l’IVG, les dates… Et l’hemorragie.
    Je dois retourner à l’hôpital.
    J’appelle le Papa. je lui demande de venir, de monter. L’ami s’en va et je lui explique.
    Je pars à l’hôpital. Seule. La veille de la rentrée. Avec des caillots gros comme le poing. J’ai peur. Peur de ce qui m’arrive.. peur d’y rester, de ne plus voir mon fils. Je me déchire de l’intérieur, on voulait me faire patienter en salle d’attente mais j’ai inondé mon pantalon. Je pleure à la vitre que je veux aller aux toilettes. Que je ne veux pas rester en salle d’attente. On me fait rentrer. Je suis morte de honte . J’essaie tant bien que mal de nettoyer derrière moi. On me donne une chemise et une culotte en filet, comme après mon accouchement. Des protections énormes. On double la serviette au cas où. On me met dans un box et j’attends. le médecin vient. Je lui dis que j’ai un caillot qui me gêne. Il est gros. Il me fait mal. Il ne veut pas l’enlever, il appelle la gynéco de garde pour qu’elle voit. Elle ne se déplace pas, j’ai mal, je me tortille pour enlever cette masse. et elle lui dit que ce sont les suites normales d’une IVG. Qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
    Le truc était gros comme un ballon de hand. Après ça tout est allé mieux et on m’a laissé rentrer chez moi au milieu de la nuit. Tout le monde dormait.
    Le lendemain j’étais à l’école. C’était terminé. On n’en a jamais reparlé. Jamais.
    Juste aujourd’hui… Parce que l’article m’a bouleversée.
    Merci d’avoir lu, merci au site d’exister, merci de m’avoir laissée mettre des mots là dessus. Même si ce ne sont que les miens.
    Je ne savais pas en commençant où ce mail me mènerait. Je vais juste mettre un avertissement au début. Je comprends que ça puisse choquer. désolée.

      1. Le hibou.

        Merci. Et 1000 fois Merci!!
        J’ai pris un peu de temps pour répondre, mais m’être racontée ici… C’était un pas à sauter. Et les réactions de soutien sont tout autant de force, de courage et d’humanisme nécessaires pour continuer d’avancer.
        1000 merci !!!
        ********* et paillettes!

    1. Cath

      Ce qui choque, ce ne sont pas les mots, c’est la solitude et l’indifférence auxquelles vous avez été confrontée. Cela n’aurait pas dû être, ne devrait pas être.
      Vous avez bien fait de l’écrire. Nous sommes anonymes, mais nous sommes aussi là pour vous épauler et vous entendre en vous lisant.

      1. Le hibou.

        Oui en effet, aujourd’hui je sais. Je sais ce que c’est que d’avoir été seule. Ecrire ces lignes m’a bien aidé aussi à m’en rendre compte, à m’en assurer…
        Ce n’est plus le cas, bien heureusement et je suis ravie de trouver une écoute et une épaule ici…
        Merci et belle journée!!!

    2. josecile

      Elle fait mal votre histoire. Mais je pense effectivement que la raconter pouvait vous faire du bien . En espérant que votre vie a depuis repris un cours plus paisible et serein.

      1. Le hibou.

        J’ai du la relire à plusieurs reprises ces jours ci, la mettre en mots m’a surtout permis de m’assurer que j’avais fait les bons choix depuis pour ma vie et celle de mon enfant… Oui, Merci Josecile, je vis aujourd’hui plus sereinement qu’il y a 3 ans…
        Bonne journée!!

    3. Mésange

      Mettre des mots pour apaiser ne serait-ce qu’un peu, cher Hibou ; j’espère qu’avoir pu enfin en parler vous a fait du bien.
      Une IVG n’est pas une intervention banale quoi qu’on en dise : en dehors de tout ce qui est subi physiquement, elle laisse des traces psychologiques chez la femme qui la subit (même chez celles qui disent ne pas avoir eu de problèmes avant, pendant, après…) et elle a aussi des répercussions pas toujours bien (re)connues sur l’entourage et notamment dans la vie des enfants. Même si elle est tue, surtout si elle est tue.
      Madame la consoeur de Baptiste, vous ne voudriez pas apprendre à développer votre empathie ?
      Père-Grand, pourquoi ai-je l’impression que ton coeur déjà si grand a encore pris du volume ? Et, Cath, je t’assure que sa barbe est vraiment toute douce et que sa petite-fille va adorer !
      Caresses de plumettes Le Hibou, S. et toutes les autres

      1. Le hibou.

        Dire, écrire, et lire, rerelire ces lignes comme si elles n’étaient plus de moi. Ressentir à nouveau. Et se sentir apaisée, rassurée dans ce choix (parce que je connais la suite de l’histoire), Ce site, et les gens qui le font est une vraie thérapie.. Alors je m’excuse de l’avoir pris comme tel, quitte à avoir fait un hors sujet, mais MERCI!
        Caresses de plumettes aussi…:-)

    4. Myriam FdF

      Je suis atterrée : faire une hémorragie et partir seule à l’hôpital ? C’est ça qui m’a choquée. Tout le reste est bouleversant. 3 ans de silence…
      Vous avez eu raison de vous livrer ici, car même si elle n’est que virtuelle, ma compassion est sincère.
      Prenez soin de vous.

      1. Le hibou.

        Merci pour tout!
        Oui partir seule à l’hôpital… en pleine nuit. C’est ça la solitude… Celle que je vivais à cette époque là, celle que j’acceptais aussi…
        Parce qu’il n’y avait aucune autre solution, parce que dans ces moments là, on n’en voit pas d’autres….
        Soit.
        Bonne journée.

  18. sarah

    Il y a ce dessin qui représente 3 enfants en train de regarder un match de foot derrière une barrière, le plus petit ne peut pas regarder le match, on lui donne une caisse pour qu’il dépasse la barrière et puisse regarder le match comme ses deux copains :
    http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2015/05/en-finir-avec-lopposition-egaliteequite.html
    Ou l’égalité avec un grand E : donner aux femmes la même chance que les hommes d’être bien dans leur vie. Les hommes n’ont pas à porter les épreuves liées au potentiel de la maternité, qu’on donne aux femmes le temps et les moyens de les traverser en toute dignité.
    Quant à la consoeur plus con que soeur, j’en profite pour rendre hommage à Benoite Groult, féministe, décédée hier, qui disait :
    « Rien ne changera profondément aussi longtemps que ce sont les femmes elles-mêmes qui fourniront aux hommes leurs troupes d’appoint, aussi longtemps qu’elles seront leurs propres ennemies. »
    Si, nous femmes, nous banalisons nos épreuves, comment demander aux hommes autre chose que de confirmer nos dires ?

    1. Herve CRUCHANT

      @Sarah. J’ai pris ton post en pleine tronche ! il est terrible. Je n’aime pas les citations, parce qu’elles sont des hors-contexte, des paravents, des cache-misères. Mais je voulais dire une ligne de Benoite Groult avant de ‘faire autre chose’ de ma journée. Tu l’as fait à propos; merci. Je suis plus radical qu’elle au sujet des attitudes à avoir. Je dis seulement que l’idée d’égalité homme-femme est une idée masculine. Un bis repetita de l’image d’Epinal du coit : celui qui a le membre et le sperme serait -serait!- le plus fort, malin, ….
      Comme je suis un homme et que j’ai donc droit au dernier mot (c’est par dérision, hein, les femmes! c’est par dérision) je citerait cette banderole qui ne fanera jamais : “Ne me libère pas ! Je m’en charge!”
      Belle journée à toi, Sarah. Et que Mieux te garde en belle forme. Longtemps.

  19. josecile

    novembre 2001, je suis enceinte de presque 3 mois de mon deuxième enfant. Rendez-vous chez la gynéco pour remplir les papiers de déclaration de grossesse et écouter pour la première fois son coeur qui bat. Et là, non en fait. La seule chose que je vais entendre, c’est ma gynéco m’annoncer que oui, il y a bien un oeuf, que non il n’est pas clair, mais que par contre, la vie dedans, ben y’en a plus. Et qu’il va falloir enlever tout ça et faire tout propre pour peut-être plus tard refabriquer une mini-vie.
    Alors ce sera le lendemain. Je vous arrête, me dit-elle. Voyons voir. Je vous opère un mercredi, donc on dit que jeudi et vendredi c’est repos, après c’est le week-end. Alors vous reprendrez lundi sauf si vous avez des complications.
    Ouf, je n’en ai pas eu. Des larmes oui, des contractions oui, du vague à l’âme aussi, mais pas de complications.
    Mais j’ai eu mes 5 jours pour me remettre un peu de tout ça, et je n’ai pas l’impression de les avoir volés.
    Et en 2004, j’ai mené ma seconde grossesse à bien, même si la demoiselle était pressée et qu’elle a estimé que 8 mois au chaud, c’était bien suffisant.
    Quant à cette charmante gynéco, non seulement elle mélange tout mais elle est en dessous de tout ce qu’une femme en souffrance est en droit d’attendre d’elle.
    Alors oui, comme déjà dit, dans consoeur il y a soeur. Mais que veux-tu Baptiste, dans la vie on choisit ses copains mais pas ses confrères.

  20. Caroline

    L’égalité hommes-femmes passe par la reconnaissance et l’intégration des différences physiques/physiologiques/biologiques (choisissez le terme qui vous semble le plus adéquat) entre les sexes, sans discrimination et/ou jugement de valeur.
    Un avortement ou un cancer de la prostate appellent – dans des mesures différentes, certes – un temps de soins et de repos qu’il faut prendre en compte sans dévalorisation. Il me paraîtrait normal qu’un collègue soit arrêté quelques jours pour une opération des dents de sagesse par exemple, alors pourquoi pas la même chose pour un avortement?
    Autre chose: j’ai lu hier le témoignage d’une femme qui racontait qu’un recruteur lui avait demandé l’engagement moral de ne pas tomber enceinte pendant 18 mois (ici: http://www.madmoizelle.com/entretien-embauche-sexisme-201977). Est-ce qu’on demande à un homme quelles sont ses prédispositions à un cancer de la prostate ou des testicules? est-ce qu’on lui demande l’engagement moral de ne pas faire de crise cardiaque, de ne pas avoir d’accident de voiture, de manger-bouger-pour votre santé éviter de grignoter? De tous les évènements de la vie, la grossesse est à mon sens l’un des plus gérables et finalement des plus banals. Alors pourquoi en a-t-on si peur? les RH seraient-ils si incompétents? Toute femme avec un minimum de conscience professionnelle saura concilier grossesse/maternité et travail – à condition qu’on lui en donne les moyens. Et c’est la même chose pour toutes les autres conséquences inévitables des différences physiques/physiologiques/biologiques entre les sexes.

    (Pour finir: Merci Baptiste de partager tes réflexions, tes histoires, tes états d’âme et tes coups de gueule de médecin/homme/humain/citoyen… avec nous. Je te lis depuis un bout de temps, c’est à chaque fois une bouffée d’humanité, de sensibilité et de respect).

    1. Lili

      Vous posez de bonnes questions, mais en oubliez une : est-ce qu’on demande à un homme de passer l’engagement moral de ne pas devenir père dans les 18 mois? Non. Même vous, vous n’y avez pas pensé. Parce qu’on ne parvient pas à sortir de ce truc : les enfants c’est le truc des femmes. Et donc on planque le congé de paternité en août, on ne prend pas de congé parental paternel, on n’avouera pas qu’on n’a pas dormi de la nuit parce que le petit ou la petite n’est pas en forme. Aucun manager bienveillant, du genre qui fait un vrai entretien pré-congé mat, ne va jusqu’à faire l’équivalent pour les pères. Et après il faudrait se planquer pour avorter (ou faire une FC, je suppose, dans l’esprit de la dame. A c’est vrai la FC on la choisit pas, l’IVG il paraît que oui et donc on devrait la boucler…)
      La grossesse fait partie de la vie et dans la plupart des cas elle se passe bien. Etre parent c’est une affaire d’hommes aussi, il y a aussi des hommes qui pleurent et qui dépriment après la FC ou l’IVG de leur compagne, qui ne dorment pas pendant des semaines parce qu’ils font leur part auprès du nourrisson. Mais tout ça on le cache, en tout cas dans le monde du travail, parce que le nier chez les hommes justifie de culpabiliser les femmes qui elles, ne le nient pas, et elles ont bien raison. Et au final, c’est marche ou crève pour tout le monde, et une gynéco vient parler d’égalité hommes-femmes pour faire des reproches aux femmes qui n’avortent pas entre leur RDV de travail et le diner à préparer… Triste monde.

  21. Vizzarri

    Le hibou… Votre témoignage est bouleversant…
    Jesecile, Lys, Bulledesavon, Muriel…
    Ne serait-ce qu’un sourire, un geste ou une parole de réconfort de la part d’un soignant est tellement important. Même si ce n’est peut-être pas tous les jours faciles, essayer de se mettre à la place de ces femmes, de les comprendre, comprendre leurs douleurs, leurs peurs…:)
    Je me souviens…
    Je me souviens très bien de ce visage, de ce sourire discret, de ses mots réconfortants.
    Une jeune sage femme : Caroline.
    Plus de 15 heures de travail et nos cœurs qui s’affaiblissent.
    Une collègue arrive afin de prendre le relai. Refus de Caroline. Elle souhaite restée jusqu’au bout alors que son bébé l’attend à la maison…
    Mon p’tit garçon n’a pas crié en naissant… Vite! Ils me l’emmènent… A peine le temps de l’apercevoir… Inquiétude, peur m’envahissent et quelques minutes ( qui furent interminables ) plus tard, Caroline ouvre la porte de la salle d’accouchement afin que j’entende ses pleurs… Elle me l’apporte et me le présente… Le soulagement et le bonheur prennent la place de l’inquiétude et de la peur:)
    D’un regard, d’un sourire, je l’ai remercié:)
    Plus de 9 ans sont passés, “mon p’tit garçon” est en pleine forme et…
    Un visage, un sourire discret que je n’oublierai jamais…

    Marielle.

  22. saylormoon

    A toutes celles qui ont du vivre ça (et tous ceux qui ont accompagné )
    Je ne veux minimiser la douleur de qui que ce soit, et chaque expérience est unique selon le contexte et l’état d’esprit.
    Mais je ne suis pas d’accord quand je lis, qu'”un avortement est toujours traumatisant et qu’on ne s’en remet jamais” (lu plus haut dans les commentaires)
    Je l’ai vécu et j’ai presque culpabilisé de ne pas avoir culpabilisé! le comble! Je m’en remets très bien (d’ailleurs le site “ivg : je vais bien merci” est très bien pour ça).
    Alors c’est bien d’avoir le choix, de dire aux femmes qu’elles font ce qu’elles veulent de leur corps…mais aussi de leur esprit…Car dire aux femmes “tu peux avorter mais tu es obligé de culpabiliser”…ce n’est pas sain non plus comme attitude.
    Mais comme je l’ai dit plus haut, je respecte toutes les réactions, je peux les comprendre aussi, et j’adresse tout mon amour à toutes celles pour qui ça a été dure..(et ceux qui accompagnent), pensez juste à celles qui aimeraient le vivre bien et qui n’ont pas le droit car c’est mal vu.

    1. rastakouere

      et “ceux qui accompagnent”, oui, parce que quand ils accompagnent, soutiennent et prennent leur part, c’est une autre histoire que celle de cette immense solitude croisée dans les yeux de ces filles/femmes seules dans la salle d’attente du planning familial.

      quand je suis(nous sommes?) tombé-e/s enceint-e/s, pas au bon moment, et que mon amoureux et moi sommes allés ensemble chez mon médecin, après avoir décidé ensemble que ce n’était pas le moment, mon médecin l’a félicité d’être là, et dit que c’était très rare. Ça nous semblait pourtant si naturel… dans le même bateau quoi ! on a pleuré, tous les deux, on a rit en se projetant en famille, plus tard, quand nous nous connaîtrions mieux, que nous habiterions ensemble, on a douté, un peu, très peu…
      une épreuve qui nous a rapproché, nous a donné confiance l’un en l’autre. Et un soutient tellement fort que j’ai pu en parler plutôt facilement autour de moi… Ce qui j’en suis sûre m’a permis de ne pas le vivre comme un traumatisme. Même si les 2 jours d’arrêt de travail n’ont pas été de trop pour digérer. n’en déplaise à la soeur-con…

      Mais sans cet accompagnement, sans le soutient de l’entourage, sans une tête ancrée sur les épaules, comment ne pas être traumatisé par les sites poisons qui instillent le doute sur internet ? et par l’indélicatesse de certains membres du corps médical, comme cette infirmière au laboratoire d’analyses qui, quand je lui ai expliqué que j’étais là pour confirmer une grossesse sous stérilet n’a rien trouvé de mieux que de répondre ” c’est pas merveilleux la force de la vie ? “.

      Un énorme merci aux médecins, infirmières,psychologues du planning familial, du moins ceux que nous avons rencontrés, qui sont de moins en moins nombreux, qui font un travail souvent ingrat et mal reconnu dans la profession mais qui savent recevoir, écouter, accompagner, sans juger… En espérant que ces centre ne ferment pas les uns après les autres, faute d’effectif et de budget…

      et merci Bibi d’amener tous ces sujets sur le tapis, sans jugement, et merci a tous ceux qui témoignent…
      ça fait longtemps que je te lis, que je vous lis tous ici, et ça fait longtemps que je voulais laisser un commentaire. Parce qu’il règne ici un climat de paix, d’amour et de câlin, et de liberté, pour laquelle on s’engage. Sans armes, sans pavés, sans cri, sans haine. juste avec une désarmante sincérité. et ça fait du bien par les temps qui courent.

  23. Lise

    @ Grand
    Au milieu des larmes provoquées par la lecture des ces témoignages, et rattrapée malgré moi par le chagrin, toujours là après toutes ces années, je veux juste te dire mon émotion de te savoir grand-père …

    @ toutes celles qui ont connu le vide immense d’une absence au creux de soi …
    Je pense à vous ….

  24. la tulipe

    Je voudrais partager ce texte écrit il y a une dizaine d’années, pas pour parler de la douleur physique mais d’une autre douleur aussi importante :
    “J’ai écrit cette lettre à une amie de mon fils M. Elle est maintenant pour toute femme, jeune ou moins jeune qui a un jour fait une IVG. Et je la soutiens de tout mon cœur. Chacune fait son choix de le dire ou de ne pas le dire. J’ai choisi de le dire, de ne jamais m’en cacher, quitte à heurter des femmes et des hommes. J’ai l’espoir d’aider des femmes et des hommes, car ils sont concernés eux aussi, certes d’une manière différente, à moins mal vivre cet épisode de leur vie.

    M m’a dit ton sentiment d’avoir tué ton enfant. J’avais discuté quelques jours avant avec une amie qui a fait deux IVG et me disait être une criminelle. Comme tu le sais, j’ai moi aussi fait une IVG il y a 18 ans ce mois-ci. J’ai envie de hurler ma colère quand j’entends des femmes se sentir aussi coupables. Oui, j’ai, tu as et plusieurs de mes amies ont interrompu un début de vie. Cet embryon n’était pas encore un enfant, mais il sera toujours l’enfant que nous aurions pu avoir. Je ne l’oublierai jamais. J’ai un neveu qui a l’âge qu’aurait cet enfant et presque chaque fois que je le vois, j’y pense. Mais je ne me sens absolument pas une criminelle. Je me sentais incapable d’assumer quatre enfants et j’avais conscience que si je le gardais, je mettais ma santé physique et mentale en danger et ma famille en danger. Quand une femme décide d’avorter, c’est toujours parce que c’est la moins mauvaise solution et pas la meilleure solution. C’est toi aussi ce que tu as fait et je sais combien c’est douloureux. Mais je te parle comme une femme parle à une autre femme, s’il te plait, garde dans l’idée que, oui, tu as interrompu un début de vie mais que tu n’as pas tué ton enfant. Tu n’oublieras jamais ton IVG, tu y penseras régulièrement, tu imagineras cet enfant et je pense que c’est important de laisser faire cette imagination. Mais il était un début de vie, un embryon et pas un enfant.

    je t’embrasse très fort, petite femme!
    Annie”

    J’ai eu la chance d’avoir un gynéco humain et du personnel humain à part une vielle infirmière revêche à qui j’ai vite cloué le bec. Après une citation de Benoite Groult, n’oublions pas Simone Veil sans qui ce serait encore pire. Je lui suis éternellement reconnaissante d’avoir pu faire mon IVG à l’hôpital.
    Merci Baptiste de ce blog si humain. Merci de tous ces partages de femmes et d’hommes. Bienvenue à cette petite-fille de Grand33 🙂

  25. Julie

    Je crains que la consœur ne se mélange les idées et nous sorte une grosse connerie en parlant d’égalité homme femme dans ce contexte. Triste. A tout confondre, ça ne va pas faire avancer les choses, ni aider les droits des femmes… :-s
    Nous ne sommes pas égaux dans notre chagrin ni dans notre douleur. Certains ont besoin de temps, d’autres non; il n’y a pas à juger, et encore moins à culpabiliser.
    Bises à S

  26. cel

    merci pour ce témoignage. Je n’aurai qu’une question, comment peut on élire une personne comme ça à la tête d’un syndicat? ou même la laisser parler pour le syndicat? Ca laisse malheureusement penser qu’elle n’est pas, et de loin, la seule à penser ça. Et c’est ce que je trouve le plus triste. Ça ne va pas me réconcilier avec les gynécos.

  27. Nana

    Je lis depuis un moment ce blog mais je n’ai jamais commenté. Plusieurs fois j’y ai pensé mais une pudeur m’a retenue. J’ai rencontré ce blog un jour que je cherchais à comprendre pourquoi j’avais le sentiment de me faire maltraiter par certains médecins. En lisant certains témoignages, je me rends compte que je ne suis pas seule et j’espère qu’en parler améliorera les choses.
    Je peux maintenant témoigner car j’ai trouvé un médecin (deux médecins) avec qui le dialogue est ouvert et qui m’aident à aller mieux. Je souffre d’un trouble d’anxiété généralisée avec des phases de dépression et pendant 2 ans j’ai cherché un médecin qui me comprenne et qui m’aide à comprendre et à accepter mon problème et à aller mieux. J’ai rencontré des médecins qui donnaient un arrêt de travail sans conviction, qui vous disaient de retourner au travail alors que j’y étais mal, et même une qui m’a dit qu’il fallait que je quitte cet emploi car sinon je finirais pas faire une tentative de suicide si je restais. Elle me connaissait depuis 1/4 d’heure…. j’étais encore assez lucide pour trouver ces propos déplacés!
    Je venais de déménager et je n’avais pas de médecin attitré alors j’ai continué de chercher en essayant de faire avec mais en m’enfonçant de plus en plus quelque part.
    Parallèlement, je voulais faire un deuxième enfant. Je n’étais pas sûre d’être prête mais l’horloge biologique tournait et puis je me disais que ça me permettrait de me recentrer et d’arrêter de penser au travail au moins un temps car je comptais prendre 6 mois de congé parental. J’étais mal, j’étais fatiguée, j’avais des doutes sur tout : le boulot, mon couple, ma rôle de mère. Mais une partie de moi se battait avec les forces qu’il me restait.
    A l’arrêt de la contraception, mon cycle était anarchique. A la fin du mois d’avril j’ai fini par faire un test de grossesse : j’étais enceinte! et bizarrement je n’ai pas ressenti de bonheur comme pour ma première grossesse. Confirmation par prise de sang puis prise de rendez vous pour une échographie de datation. Et là : il y a deux fœtus / vous êtes enceinte de 5 semaines. Je n’ai pas pu assumer. Je ne me voyais pas avec 3 enfants, avec 2 bébés en même temps. J’avais l’impression que ma fille perdrait sa place, que je ne pourrais pas assumer le quotidien. Si j’avais été en meilleure forme psychologique les choses auraient sans doute été différentes, si j’avais eu un médecin à qui parler peut être également. Là encore, j’ai cherché de l’aide, un médecin remplaçant m’a dit mais vous savez c’est une grande aventure mais il faudra prendre soin de vous…. sans doute ….. mais je n’y arrivais pas déjà avec une seule enfant!
    J’ai décidé d’avorter… mon compagnon a compris et m’a soutenue. Nos familles ont compris (même le couple qui était en pleine PMA). c’était notre histoire pas la leur. Cela ne s’est pas fait sans larmes, ni doute, ni questionnement. C’était la meilleure décision à prendre, c’était il y a deux ans et je ne regrette pas mon choix. Mais il faut vivre avec et trouver une réponse à la question : est ce que je retente de faire un enfant ? et si ils étaient à nouveau deux ? qu’est ce que je ferais ? est ce que j’ai vraiment envie de faire un deuxième enfant? est ce que je me suis assez interrogé sur mon désir d’enfant avant cette grossesse. Parfois je me dis que mon corps m’a envoyé un message à sa manière et m’a “forcé” à faire ce choix car je n’étais pas capable d’accueillir ne serait-ce qu’un seul bébé alors deux.
    Depuis, après encore quelques dialogues de sourds avec des médecins, j’ai fini par en trouver un qui me convienne, qui m’a envoyé chez un psychiatre et je suis maintenant en traitement. Le chemin est long mais c’est comme ça. dans ce parcours, j’ai eu de bonnes et de mauvaises rencontres médicales. quand je lis ce genre de remarque de la part d’un médecin, cela me renvoit aux mauvaises rencontres. Je crois qu’il faudrait augmenter les cours de psychologie dans le parcours des médecins (certains en tout cas) nous irions mieux.
    L’égalité homme / femme est un bien grand concept. Dans mon parcours, je vois l’empreinte du féminin : la coordination de la vie de femme, de mère et de salarié n’est pas si facile. L’empreinte de la contraception aussi : mon mal être pourrait aussi venir de mon stérilet hormonal au moins en partie. Je remercie les femmes d’avoir lutter pour le droit à l’avortement. Je m’inquiète quand j’entends parler de freins à ce droit ou de régressions dans certains pays. Je n’aime pas non plus les remarques sur les enfants uniques, le fait qu’il “faut” faire un deuxième enfant. Il faut laisser le libre arbitre aux gens, femmes comme hommes, de décider de leur vie et en tant que médecins encore plus. Chacun a son histoire et dans la vie, il y a toujours des moments difficiles à passer et là l’empathie est une qualité précieuse! Si quelqu’un a besoin de faire une pause de quelques jours, laissons lui cette possibilité… car cela peut arriver très vite chez celui qui a jugé cette personne.
    Voila ça fait un moment que j’avais envie d’apporter ce témoignage. Ce billet et un certain contexte psychologique personnel m’ont permis de passer le cap. Merci à tous ceux qui liront et qui comprendront… et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas.
    Merci à toi Baptiste!

  28. Marie

    J’ai subi une IMG à 7 mois. Dans l’océan incommensurable de souffrance que cela représente, je me suis sentie soutenue par les médecins et les infirmières que j’ai pu rencontrer. On m’a donné le congé de “maternité”, histoire de me laisser le temps de lécher mes plaies. Nous sommes peu de choses, ballottées par des vents contraires, et ce qui compte, et qui change tout, ce sont les bonnes ou les mauvaises rencontres.

  29. marie

    Quand se pose la question de vie ou de mort, je fais un saut dans le temps , du temps ou les humains vivaient dans des grottes à flanc de falaise. Le fleuve coulait dans la vallée, les mammouths ruminaient dans la plaine, les hommes prédataient et déjà les femmes saignaient.
    La nature faisait tout le reste.
    Puisque nous sommes là aujourd’hui, reconnaissons qu’elle est têtue dans sa sélection, la nature. Les humains sont devenus superprédateurs. Ah oui , tu crois ? Tss, tss, tss, virus et bactérie eux, être super costaud de la prédation…pas nous.
    Alors avoir ou ne pas avoir de bébé ? Je pense à ma mémé des grottes qui ne devait même pas se poser la question, genre un mammouth à dépecer, un petit à allaiter trois colocataires à dépouiller, trois ou quatre chasseurs à calmer et toujours pas de tannage facile.com en vue. A ma mémé dans sa hutte de torchis qui en faisait une floppée de petits, en garder deux ou trois de vivants pour assurer la descendance ? Même pas ! Pour assurer des bras aux travaux des champs, nourrir et servir ceux qui devaient assurer la leur de descendance puisque Dieu les avaient élus ah bein oui ! déjà élus …élites…et toujours pas de famillenombreuse.com…
    Well le fait d’avoir des enfants aujourd’hui c’est une bénédiction, une grande joie, des méga soucis, une reconnaissance sociale, au choix.
    On entre dans un autre monde quand on pousse une chariotte et pour le coup on est envahi par tous les .com du cyberespace.
    Et pourtant, pourtant enfanter devrait être comme les antibiotique : pas systématique au vu du monde tout cru que l’on nous sert à longueur de JT…A quelque part on est complètement irresponsable ou super optimiste, j’ai réécouter le déserteur de Boris Vian. https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-vincent-dedienne/le-billet-de-vincent-dedienne-23-juin-2016.
    Trop trop d’actualité.
    Alors ceux et celle qui jugent celle qui ne veut pas d’enfant, sont encore empêtrés dans des terreurs ecclésiastes d’un autre temps. Sauver d’abord les femmes et les enfants pas par galanterie non, non, non, pour la survie de l’espèce. Sans l’avoir jamais lu je crois que le deuxième sexe de Simone de Beauvoir cause de ça. Mes avis Bridget, juste pour tout ça, avorter c’est avant tout être lucide.

    1. Cath

      Vas-y ma Bleue.
      Je dis “ma” et je n’en suis pas peu fière 😉 Petit message en aparte, je suis en retard sur tout, mais je n’oublie pas. Ne crains rien.

      1. marie

        Hé ma Kathocha tu fais partie de ma tribu de philanthropes échevelés, un brin fantasques, un zeste foldingues créatifs à souhait qui n’ont qu’une lubie véritable faire croitre le véritable amour…. voilà voilà. Que tous sur cette terre respirent à son rythme dans la joie dans la paix et en harmonie avec ses contemporains. Dompter ce dragon d’égo, point de salut (ça va?, ) avec un égo qui n’en fait qu’à sa tête, moi moi moi moi moi, tais toi égo je te cause ….après il faut ouvrir grands ses quinquets zé ses ouïes…ça monte au cerveau …. ne garder que ce qui apporte du bon à l’esprit et au cœur et jeter les scories prémâchées qu’on nous sert comme idéal “démocratique” disent les goinfrés surdimentionnés du moi moi moi alors que ce ne sont que pilules soporifiques , débilitantes et baillonnantes.
        rhooo calmes toi la bleue tu vas faire rougir le tensiomètre.
        tu sais quoi Bridget je vais finir anachorète sur une ile grecque avec toute ma tribu et on incantera les soirs de pleine lune pour la paix des âmes et des ânes si tu veux .

  30. Chloé

    Non mais zut… On ne peut pas tout mettre sur la même echelle. Autant apres un curetage, je comprends. Mais une ivg médicamenteuse, franchement? La dernière fois j’ai peis mon cytotec avant de partir boire une verre avec des amis pour me changer les idées (bon ça ne m’a pas aidée), je suis parti parceque mal et hémorragie cataclysmique, repos le weekend et boulot lundi
    Oui c’est dur, oui on a les signes sympathiques et on se projette et c’est vraiment pas facile surtout quand ce n’est malheureuselent pas la première.
    Mais il faut se responsabiliser un peu. D’un coté on a des libéraux qyi vont bosser avec un plâtre parceque 90j de carence et prévoyance de merde, et de l’autre on prend 10j pour du cytotec? Au final, le système finira par se casser la gueule et on ira bosser entre deux cures de chimio (comme l’a fait un autre pote liveral, RIP)

    1. Baptiste Beaulieu

      Je pense que chaque femme réagit selon des motifs qui lui sont propres.
      Je ne veux pas dire autre chose.
      Si une femme n’a pas besoin d’AT aucun soucis.
      Si une femme nécessite 10 j, donnons lui sans jugement.
      Chacun porte son bagage comme il peut. Il est lourd pour chacun.
      Bisous !

  31. isabelle

    bien sûr le vécu de l’ivg est à part, unique, chacune le vit à sa façon, à son rythme, et il est primordial d’en tenir compte. Mais il est vrai aussi que les infirmières libérales, les médecins, les artisan(e)s à leur compte n’ont pas le choix, ils et elles n’ont jamais le temps nécessaire pour panser leurs plaies, ou même tout simplement pour guérir. C’est peut-être ça qui agace, dans un monde où on parle beaucoup de justice sociale, mais où beaucoup de collègues libéraux sont obligés d’aller bosser entre leurs cures de chimio. Et je le sais d’expérience, quand on a eu plusieurs opérations en quelques mois, au lendemain desquelles on est déjà au bureau, on ressent un peu d’agacement quand un patient insiste lourdement pour obtenir dix jours d’arrêt pour une angine ou une petite plaie au bout du 5ème doigt gauche (je ne parle pas de l’ivg hein!)

    1. Cath

      ” insiste lourdement pour obtenir 10 jours d’arrêt pour une angine”…
      Ben oui. Lourdement. Tout dépend du patient qui peut connaître – lui aussi- ses antécédents et savoir ce qui va suivre. Ce ne serait pas mauvais d’écouter ce qu’il a à dire le patient !
      Pour une angine qui se déclarait, une de vos consoeurs ( en deux mots le nom) m’a ” royalement” octroyé 1 jour de congé maladie, sans écouter ce que je lui disais de mes antécédents et des complications que j’annonçais ( antibio sous dosés etc).. Résultat ? 3 rechutes catastrophiques espacées d’une à deux semaines, et quand je me suis finalement arrêtée sur mes congés perso ( vous notez bien ?) une quatrième rechute avec bronchite asthmatique en prime – moi qui n’en avais jamais eu !
      Faudra m’expliquer le bénéfice pour la société et mon entourage, parce que là, moi, je n’ai rien compris.
      Je comprends que des médecins puissent être excédés pour des demandes qui semblent disproportionnées par rapport à d’autres, mais si le médecin est à l’écoute, vraiment, il peut faire la part des choses sans necessairement porter un jugement de valeur.

      1. isabelle

        là en l’occurrence il s’agissait d’une demande d’arrêt injustifié au vu de la réelle bénignité de l’angine; je suis attentive aux ATCD de mes patients, je prescris de l’arrêt aussi souvent que nécessaire, plus que beaucoup de mes confrères, et je sais reconnaître un patient qui a vraiment besoin d’un arrêt, et ceux qui essaient de profiter de la situation; à nous de faire la différence en étant justement à l’écoute, mais c’est le genre de comportement qui finit par empêcher d’être à l’écoute du patient suivant

  32. murmure

    j’accompagne toutes les semaines des femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse. Pas seule, non. Dans notre centre. Et je leur propose à toutes une ITT. Je leur explique comment ça peut se passer et la majorité souhaite être arrêtée au moins 2jours. Certaines pas. Chacun son choix. Mais proposer de faire exprès de tomber enceinte de façon non voulue au bon moment pour avoir un jour férié au moment de l’IVG, quelle idée bizarre!
    Ceci dit, je défends très fort l’IVG en centre. On accompagne vraiment les femmes et on gère avec elle la douleur, que l’on essaie de limiter, et sans fausse humilité , on n’y arrive pas mal….

  33. Herve CRUCHANT

    Moi Hômm. Pas bien comprendre tous soucis Famm… Qui d’entre vous, Mesdames, peut m’expliquer pourquoi, d’après mes vécus près de ces questions, j’ai l’impression que les Gynécos femmes se comportent comme l’IGPN des femelles ? (IGPN = Inspection Générale des Services de la Police Nationale; invervient en général quand une question d’éthique ou de procédure a entraîné une bavure, un excès, un manquement aux règles. Ce n’est pas une police politique mais une police de la Police qui concerne les us et coutumes de la Police). Désolé mais c’est une vraie question. L’approche ‘Planning’ me paraît plus adéquate….
    Quant à celui ou celle qui a prononcé en premier(e) le terme “égalité homme/femme”, qui a cette connaissance ? Merci. @+ Hervé

  34. Gaby

    L’égalité , c’est beau , c’est grand, sauf que ce n’est pas possible dans une societé ou finalement personne ne se ressemble. Je n’ai pas connu l’IVG, j’ai connu la fausse couche , pas seule, non ,devant mon petit patient. La solitude, les larmes qui coulent autant que le reste se vide, et j’ai bossé, j’ai passé ma journée au boulot, à pleurer dans les bras de ma copine psy entre deux consult, j’ai pleuré la perte mais aussi l’impossibilité financière et morale de prendre quelques jours en profession libérale pour me remettre. Les gens ont dû me trouver bien incompétente , un peu lunaire certainement. Je n’étais pas seule, j’avais Mme Culpabilité avec moi, bien au chaud dans mon coeur tout froid ” tu vois, je t’avais dit de ralentir , c’était une mauvaise idée de toutes façons, allez c’est bon fais pas ta chochotte, ça arrive à tout le monde . Je propose que Mme Culpabilité soit déclarée ennemie publique. L’IVG est un droit, un choix, une chance de ne pas subir une vie.
    Câlins pour toutes celles qui sont seules avec leur coeur tout froid

    1. lectrice boulimique

      faut pas confondre égalité et similitude

      on est tous et toutes différent(e)s mais on a – ou on devrait avoir- les mêmes droits. Y compris celui de prendre pour se soigner le temps nécessaire (qui varie d’une personne à l’autre suivant antécédents, etc)

      tant mieux pour les costaud(e)s qui peuvent tourner la page en une journée
      les autres? ils/elles encaissent…

      l’égalité de droits plutôt que l’égalité de nature c’est aussi un accès au marché du travail dépendant du CV et pas d’un test de grossesse négatif…

  35. Lise

    grand, hervé, ma jolie mésange, bulle de savon ….
    je vous embrasse tendrement moi aussi …

    chaque histoire est unique
    chaque femme est unique
    mais surtout, par pitié, que l’on cesse de parler des “chochottes” qui s’écoutent de trop pour celles dont la douleur n’est que trop réelle
    et pour bien prendre la mesure de ce que cela peut (je dis bien “peut”, pas “doit”, je le redis, chaque femme est différente …) représenter comme poids dans la vie d’une femme, dans la vie d’une mère, écoutez ces femmes aux cheveux gris qui vous parlent de leurs histoires parfois plus de 60 ans après, soyez attentifs à l’intensité de ce chagrin dans leur voix ….
    alors vous comprendrez
    vous comprendrez que ces 10 jours ne représentent rien en regard des années de culpabilité, de regrets, de chagrin que certaines d’entre elles traverseront par la suite …

  36. Khi

    Je ne commente jamais d’habitude même si je suis ce blog depuis longtemps, mais la…. Dans un post tout récent tu as parlé de transgenre, il était beau ce post d’ailleurs et puis là tu dis “ces fichues gonzesses refuseront d’avoir des cancers de la prostate et ces fichus mecs de saigner une fois par mois”… Sauf que oui, il y a des gonzesses qui ont des cancers de la prostate et des mecs qui saignent tous les mois etc…. ce sont des trans, on les oublie trop souvent, ils meurent parfois sous les balles des terroristes, mais sont de toute façon très souvent victime de notre société d’une façon général…. Ce serait bien d’y penser de temps en temps…..

  37. Délos

    Je compatis avec S.
    Ayant moi-même dut provoquer une fausse couche car le fœtus était non viable au bout de 3 mois. La fausse couche est arrivée 10 jours après avoir pris les cachets, pendant la nuit, une nuit blanche et douloureuse et les chutes du niagara par la suite pendant plusieurs jours. Oui la douleur est là, elle nous tort les entrailles et la tristesse l’accompagne. On ne devrait pas avoir à travailler dans ces conditions là et respecter notre souffrance.
    Merci pour ton message BB.

    Mimi

  38. Mireille

    Bonsoir à tous, un petit commentaire en forme de blagounette, mais pas que :
    http://9gag.com/gag/a97grj1?ref=fb.s
    Je traduis approximativement : “Si les hommes tombaient enceints, les services d’avortement ressembleraient à des Starbucks. Il y en aurait deux dans chaque quartier et quatre dans chaque aéroport, et la pilule du lendemain serait proposée en plusieurs saveurs comme “fleur de sel” ou “ail et fines herbes”.”

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