Une (banale) histoire de maltraitance(S).

Texte envoyé par une patiente (j’ai laissé tel quel). Je relaie ce texte de femme, car nous sommes tous concernés. Tous. La maltraitance médicale, c’est ça. Il faudrait que TOUS les étudiants dans les métiers du soin lisent ça. À partager. Nous traitons avec des âmes qui ont un corps, pas avec des corps sans âmes. 
Merci à C. (je n’ai pas mis de photos, parce que j’ai pas de mots devant ce qu’elle raconte…)

Alors voilà, c’est l’histoire d’une naissance et d’une séquelle, c’est l’histoire d’un corps, et des regards que l’on porte dessus, c’est l’histoire de mots que l’on entend pas, c’est l’histoire d’un homme et de femmes…

Ce 24 Mars 20xx, j’ai accouché d’un beau petit gars, 3,980 kgs…. Primipare, désir d’accouchement naturel, l’emmerdeuse au projet de naissance, pas vraiment soutenue, qui, après s’être rendue à la maternité a 1h du matin et errée dans les couloirs de la maternité pendant plusieurs heures sous les regards « rigolards » du personnel qui me disait, « alors, toujours pas de péri ?» , ben si… Une naissance belle, simple par rapport à tant d’autres (même si baisse de tension et hémorragie), mais un sentiment amer d’une dépossession de soi, de ce moment.. Je ne voulais pas d’épisio, je sais, c’est con, ça pourrait se déchirer, jusqu’à l’anus, jusqu’au périné…. Mais j’en voulais pas… on m’ a pourtant coupée, sans m’avertir, sans me demander, sans m’en parler… il m’a coupée comme un découpe un bout de steack à l’heure du déjeuner…. Cette épisio a eu du mal à cicatriser, des douleurs, des oedèmes, lorsque je m’en plaignais pendant les soins à la maternité, les aides soignantes me disait de ne pas faire ma « chochotte »…. Souffre, mais fais-le en silence s’il te plait… déni de mon corps, déni de ma douleur… douleur pour uriner, l’horreur d’imaginer aller à la selle pour la première fois depuis ce changement de corps..un interne a cependant compris, m’a donné une poche de glace à appliquer, pour le diminuer, ce satané oedème… j’avais une trompe d’éléphant gelée entre les cuisses, mais j’avais un beau bébé en bonne santé contre mon sein…

Une sortie de mater, s’asseoir à la maison sur une bouée, c’est marrant la bouée quand on a 26 ans et qu’on sait nager… ça tire pourtant, ça brule, ça gène… Mais bon, il paraît que c’est normal, et puis j’ai pas de quoi me plaindre, j’ai un enfant en bonne santé !

Rendez-vous quelques semaines plus tard avec le gynéco. Contrôle de l’épisiotimie :

<< – Douleur ?

– Oui.

– Ça va passer ! L’oedeme s’est bien resorbé, La cicatrice est belle, peut etre un peu serrée, mais ca va aller. >>

Première étreinte, parce que, même si on est devenu papa et maman, une fois que tout redevient un peu normal, on a envie de se retrouver, et puis, malgrè tout, on reste humain… La pénétration est douloureuse, dès les premiers mouvements, elle s’emplifie, terrible, inonde mon corps entier d’une douleur indescriptible… Culpabilité, serrer les dents, ne pas crier… faire un effort, il paraît que c’est normal la première fois après une épisio, un peu comme un nouveau dépucelage ? Mais mon mari, c’est pas un rapide, il veut faire les choses bien, lentement, il prend son temps, moi, je rêve que ça s’arrête, m’agrippe aux oreillers… il prend ça pour du plaisir, mon mâle. Et soudain, les larmes coulent, je ne peux pas, je m’écarte, lui demande pardon, pardon de ne plus être celle qu’il aimait, pardon de ne plus pouvoir partager ce plaisir…

Nous retenterons à plusieurs reprises, mais la douleur est toujours aussi intense, aussi envahissante, aussi déchirante… Quelques semaines plus tard, je revois l’obstétrictien qui m’a recousue, je lui fais part de mon malaise, de ma douleur… il dédramatise, et me dit, « Vous inquiétez pas, on reprendra cette épisio a votre prochain accouchement ! » Mais mon grand , tu n’as pas compris ! Je ne m’appelle pas Marie, et pour accoucher, ben faut faire un bébé et ça ne se fait pas par le nombril !

À plusieurs reprises dans les mois qui suivent, je reviens dans ce petit hopital où je ne suis pas écoutée… jusqu’au jour ou, par un beau mois de mai, une interne m’examine, et lorque je lui parle de mes douleurs, de mon absence forcée de vie sexuelle, de ce sentiment de honte… se met à regarder d’un peu plus près… et appelle ce fameux obstétricien, mon grand boucher…. Après une discussion -à laquelle je ne suis pas conviée- il m’indique qu’il va m’opérer, “reprendre l’épisio”, qu’il me dit…

Ce matin-là, en juin, soit un an et 3 mois après la naissance de mon fils, je rentre à l’hopital en gynécologie… douche de bétadine, charlotte sur la tête, brancard, nue sous ma blouse…. Salle d’opération… Ça doit se dérouler sous anesthésie locale… L’équipe se prépare, je suis là, installée, pattes écartées, les gens s’affairent autour de moi, ça papote, ça rigole aussi…Moi je suis terrifiée… Il entre ,mon boucher, il entre, et sort sûrement d’une opération, enfin, je le suppose, et peut-être au fond de moi, l’espère, car il est là, à tourner dans cette salle, torse nu, torse poilu, et moi pattes écartées, avec mon sexe exposé…. Il est là et je ne peux plus l’écouter, je me renferme dans ma bulle, je vois ses poils et je voudrai juste m’enfuir.. il met une blouse et s’installe….. entre mes cuisses…. Une femme s’approche de moi, me parle. A-t-elle compris mon angoisse ?…. Elle s’asseoit à mes cotés, me prend la main, je m’excuse doucement…. Je demande à l’homme au ciseau ce qu’il fait… Besoin de me rassurer, de savoir, de comprendre, « va t’il recouper au même endroit ? Comment cela se passe ? Est-ce qu’il comprend pourquoi j’avais mal ?» il me demande de me taire, de le laisser travailler, que je l’embête avec mes questions sans arrêt… je serre un peu plus fort la main qui me tient, la serre à la broyer, et pleure, doucement, tout en m’excusant, doucement… à cette femme qui est à mes cotés.. elle me sourit, essuie les larmes qui ruissellent… Condamnée au silence, je ne peux que pleurer…. Je ne mesure pas le temps, juste ce sentiment de dépossession, encore…. Ce sentiment d’un corps objet, ce sentiment du regard d’homme sur mon corps meutri… Il a fini, il semble fier de lui… et s’en va… je suis rentrée, ai retrouvée ma copine la bouée… Mais une épisio, sans nouveau-né, ça fait pas trop dans les clichés…. Les gens ne comprennent pas forcément, et on a pas non plus envie d’en parler, hein…

Je n’ai jamais pu savoir pourquoi cette épisiotomie avait dû être reprise… je n’ai jamais compris les mots qu’avaient utilisés cette jeune interne pour faire comprendre mon mal, pourquoi….

Depuis, j’ai eu un autre enfant, une poupette, née en 2009…dans un autre hopital…. Toujours l’emmerdeuse au projet de naissance…. Aux premières contractions, un souhait de ne pas me presser, d’attendre le dernier moment, de profiter du calme de ma maison, de me respecter… un bain, un bon livre, mon ballon d’accouchement, des chansons, de la musique, le calme d’une nuit de novembre au coin du feu…Une arrivée tardive à la mater, à 7 doigts ! Une sage femme à l’écoute, encourageante, et respectueuse…. Une poupette arrivée 1h après avoir passée la porte de la maternité, sans péri, mais… coupée…..

Alors voilà, 3 épisiotomies et deux enfants… une douleur dans les chairs que je porterai toute ma vie… Des séances d’osthéopathie ont un peu amélioré, mais la zone reste très sensible… Mais je n’en parlerai plus…. Car la douleur est à présent intériorisée… on sert toujours un peu les dents au moment des rapports… l’alcool aide aussi, permet de s’évader et de mieux se détendre… ben oui, une épisio peut nous mener la… C’est con, je trouve, mais voila….

192 réflexions sur « Une (banale) histoire de maltraitance(S). »

  1. Act

    Merci de ce texte si vrai. Expérience un peu similaire, mais heureusement moins douloureuse mais toujours beaucoup de gêne. Les fibres musculaires ont été recousues sans être alignées et donc nouvelle épisiotomie lors de la 2° naissance pour tout remettre d’aplomb alors qu’il n’aurait pas était nécessaire d’en faire.
    Par contre, même incompréhension pour la gêne dûe à la 1° .
    En espérant que les futures mamans connaîtront autre chose.

  2. mimi

    Comme je compatis, ayant vécu des épisios, mais des épisios “bien exécutées”. Mais je comprends, surtout quand la vie de couple reprend ses “droits”.
    Mais, prudence concernant l’alcool, même si de temps en temps en effet “cela fait du bien”.
    Attention, c’est traitre, cela fait” de plus en plus de bien”… Jusqu’au jour où…
    Pensez juste à vos petits.
    Courage et maudissez ce boucher de gynéco.

  3. leslie

    🙁
    Juste envie de crier de rage en lisant ça… Révoltée devant tant de désinvolture et de mépris pour la personne prise en charge.
    C. vous avez été très courageuse, merci de dénoncer ces pratiques maltraitantes. Un gros hug.

  4. HAULTECOEUR

    Merci Baptiste, d’écouter les femmes et de comprendre ce qu’elles vous disent. Des histoires d’épisiotomie, il en existe des quantités impressionnantes. Je vais vous parler de la mienne qui n’a pas bien cicatrisé et qui est restée douloureuse pendant des années ce qui ne favorise pas vraiment une bonne entente sexuelle dans le couple. C’était il y a 40 ans et on avait beaucoup de mal à parler de ces choses mais je l’ai tout de même dit à la gynécologue qui m’avait accouchée. Elle a vérifié, vite fait, bien fait, et a été très satisfaite de sa couture trop serrée, elle m’a assuré que je la remercierai plus tard de ne pas avoir de fuites urinaires… Ma fille a maintenant 40 ans, ma toubib n’a pas tenu ses promesses, non seulement j’ai souffert pendant des années et je me demande si je ne lui dois pas mon divorce mais, en plus, j’ai des fuites comme la plupart des femmes de mon âge.

    1. Blandine Marie

      quelle incompétente … resserrer trop une suture du périnée n’a qu’un seul effet : transformer la vie de la femme en enfer. Rien à voir avec les fuites urinaires … comment peut on être toubib et s’y connaitre aussi mal en la matière ?

  5. Ôde

    Mon dieu… Mais quel courage ce témoignage !!! Je vous souhaite de retrouver une vie… Une vraie… De maman mais aussi de femme !! Mais dites les choses, par pitié ! Rien n’est plus terrible que de garder pour soi !! Mon obstétricien entrait dans la salle d’examen et écrasait sa cigarette juste avant de m’examiner et ça me choquait… Mais pour vous, ça dépasse l’entendement !!! Comment peut-on à ce point faire fi de telles souffrances exprimées ? Au point que le soigné se taise… Je suis scandalisée et j’ai tellement honte parfois de mes collègues soignants… Je vois souhaite le meilleur possible… Et encore une fois, merci Baptiste d’être ce relai qui fait prendre conscience, qui refuse ce silence oppressant !!!

  6. Daisy

    L’épisiotomie quelle expérience douloureuse aussi bien pour inciser que pour la suture mais il y a bien pire que ça l’endométriose et l’adénomyose, peut-être que cette femme l’a très mal vécu une personne n’étant pas l’autre,merci pour cette note !

    1. Blandine Marie

      on s’en fout qu’il y aie pire, c’est pas la question ici ! il y a TJRS pire et alors ?
      c’est une façon de minimiser le ressenti de l’autre insupportable, ce “il y a pire” !
      ce qui compte ICI ET MAINTENANT c’est ce que cette femme vit et souffre …

    2. Diane C.

      Je ne vois pas le rapport. C’est comme si je vous disais “c’est pas grave si je vous donne un coup de poing dans la mâchoire, il y a des gens qui ont le cancer vous savez”.

      D’une part bien sûr qu’on peut toujours trouver pire, tout le monde peut jouer à ça : “l’endométriose, c’est pas fun mais de quoi vous vous plaignez, c’est moins grave que de se faire arracher la tête…”

      D’autre part, la différence fondamentale est qu’une épisiotomie est un acte médical pratiqué volontairement (et même parfois, comme ici, sans le consentement de la personne impliquée). Il s’agit ici d’une mutilation infligée à une femme et de la négation de sa souffrance par le corps médical (oui, dans le cas de l’épisiotomie mal faite telle que l’a malheureusement vécue l’auteure, le terme de mutilation me semble adéquat).

      Le problème ici est le non-respect du patient et surtout de la patiente. Rien à voir donc avec l’endométriose qui, aussi douloureuse soit-elle, est une maladie qui apparaît d’elle-même et n’est “la faute à personne”.

      1. Libellule

        Comme d’autres, je pense que toute souffrance mérite d’être entendue, et que celle de C. n’est pas moins importante que celle de Daisy.
        Néanmoins, je suppose que Daisy fait ici allusion au discours de nombreux gynéco sur l’endométriose qui est du même type “prenez sur vous”, “arrêtez d’être douillette” etc.

  7. DOMINIQUE

    Récit effrayant et si touchant. Mais pourquoi la seconde fois le chirurgien n’a-t-il pas expliqué ce qu’il (re)faisait ? Ce n’est pas une honte de rater une épisio, le tout c’est de réparer correctement. Là, le moins qu’on puisse dire, c’est que le chirurgien a une drôle de conception de son métier.
    Autre chose : j’ai entendu parler, enfin je me demande même si ce n’est pas ici, du “point du mari” après une épisio. C’est-à-dire recoudre un peu plus pour que le passage soit plus étroit…

    1. Blandine Marie

      ce n’est pas une épisio ratée qu’elle raconte – d’ailleurs comment pourrait on “rater” une épisio – à moins d’avoir pire que deux mains gauches …
      ça a tout du point du mari … et ça le toubib va pas s’en vanter et inventer n’importe quoi pour expliquer la douleur – ou se taire, ce qu’il a fait …

      1. Gisèle

        Si, ” on” peut rater une épisio: un novice m’ a déchiré jusqu’à l’anus, je ne vous raconterai pas les séances de kiné pour rien, les examens douloureux, l’opération subie un an après la naissance de mon fils, et encore aujourd’hui ( 28 ans après) pas intéret à avoir la diarrhée…
        réflexion entendue de mon gynéco: il faut bien apprendre.

        1. rous

          oui, je confirme. J’ai vécu la même mauvaise expérience d’une épisiotomie (sans qh’on me pose la question) et mal recousue et points trop serrés. Un enfer à vivre au quotidien… Pendant 4 ans, j’ai essayé de me faire entendre mais on les gynécos me disaient que c’était dans ma tête, que c’était psychologique,… Et puis je suis tombée sur une gynéco femme qui m’a prise au sérieux. Résultat des courses : tissu nécrosé et chirurgie réparatrice.
          Aujourd’hui, 22 ans après, j’ai toujours des problèmes, l’endroit de la cicatrice est toujours très sensible avec quelquefois des picotements, des contractions, … La question que je me pose c’est : était-il indispensable de faire une épisiotomie? Je n’en suis pas sûre…

    2. Libellule

      oui, c’était bien sur ce blog qu’il était question du Point du Mari, avec un lien vers ce texte :
      http://www.isabelle-alonso.com/le-point-du-mari/

      il y a eu par la suite un conflit entre l’ordre des sages-femmes (contre) et le syndicat des gynéco-obstétriciens (pour), et normalement maintenant la pratique est totalement bannie. Mais je suppose que les vieilles habitudes ont la vie dure, surtout chez les grands pontes qui ont du mal à se remettre en question. Bravo à l’interne, j’espère qu’elle n’a pas payé durement la défense de cette patiente.

  8. Myriam FdF

    En lisant ce texte, les larmes sont montées, m’ont empêché de continuer ma lecture. J’ai eu des épisiotomies, mais lire ce parcours… quelle horreur…
    Merci pour ce partage, merci à cette jeune femme qui décrit si bien son vécu et merci à toi, Baptiste, pour l’avoir publié.
    Une question aux professionnels qui lisent ce blog : il n’existe pas de chirurgie réparatrice pour supprimer la douleur ? J’aimerais tellement qu’il y ait une véritable solution pour cette maman…

    1. Libellule

      Myriam, désolée pour l’apparté médical qui n’est pas l’objectif du blog… D’habitude j’évite, mais la question de la douleur et de la souffrance est si importante quand on est à l’écoute des patients !

      C’est difficile de traiter la douleur chronique par une opération :
      parfois un nerf sectionné “repousse mal”, créant une sensibilité douloureuse, si on coupe cette mauvaise repousse on n’a pas moyen d’orienter la future repousse pour s’assurer qu’elle se fera mieux.
      parfois c’est le cerveau qui a intégré la douleur (vous avez peut être entendu parler des douleurs de membre fantôme chez des amputés).

      Par contre, il est possible dans de nombreuses situations de désensibiliser progressivement une zone douloureuse, ou d’apprendre à gérer différemment la douleur pour que ce soit plus supportable . C’est le travail des centres anti-douleur (pas de méthode universelle miracle mais des essais personnalisés avec chaque patient : sophrologie, hypnose, méthodes paramédicales, médecines douces, le tout sous contrôle médical, pas de charlatanisme). J’espère que cette femme pourra y avoir accès, ainsi que tous ceux et celles qui ont très mal depuis trop longtemps.

        1. Libellule

          De rien Myriam… Je lis aussi dans les commentaires que plusieurs femmes ont trouvé du soutien auprès d’ostéopathes ou de sages-femmes. Je ne connais pas les techniques de massage dont elles parlent (c’est peut-être de la désensibilisation) mais je pense que c’est aussi une piste à explorer.

          1. CK

            J’ai eu une patiente qui ne savait même pas s’asseoir sans éprouver un choc électrique et, ce, six mois après son accouchement. Les rapports, n’en parlons pas, il n’y en avait plus.
            Je lui ai prescrit un massage doux du périnée, avec une crème rehaussée de quelques gouttes de diverses huiles essentielles (sur base d’une prescription par une sage-femme herboriste). Je lui ai dit d’oser se réapproprier son corps, d’éventuellement de prendre ces massages comme moments d’intimité à deux. Mais de masser cette zone douloureuse tous les jours.
            Résultat: au bout d’un mois, plus aucune douleur. “Je revis”: ces paroles-là ont, pour moi, pas de prix.

  9. OLAF

    Eh oui, en faisant une épisio on ne voit pas la femme mais seulement le geste qui évitera (peut-être) des complications l’age venant. Mais peu de femmes se sont livrées sur cet acte devenu banal maintenant. Bravo pour votre témoignage, Madame !

    1. Charlotte

      Merci pour votre témoignage. J’ai moi même souffert de ma première épisio, eu du mal à reprendre une vie sexuelle épanouie, j’ai très certainement eu honte d’en parler ouvertement à l’époque, y compris à mon homme. Plus tard, quand les choses ont repris de l’ordre, j’ai su dire. Certainement parce que je n’avais plus cette honte. Parce que j’ai pu mettre un peu de sens sur tout cela. Vous me permettez d’en mettre un peu plus par l’expression authentique de vos sentiments. Le fonctionnement de notre société est si souvent pervers. Cette interdiction latente de dire. Le toujours pire que toi. Le tais toi. Et le nombre d’années nécessaires pour se remettre de nos traumatismes, dans le silence s’il vous plait. Faudrait pas déranger.
      Donc merci pour tout ce bruit, ce bruit de vie. Je vous envoie mes meilleures vibrations positives et vous souhaite de panser vos blessures avec tout le soin qu’elles méritent.

  10. Corinne

    Dans la plupart des textes de Baptiste, on finit par comprendre que lorsqu’un soignant semble peu humain, c’est qu’il enfile son armure pour gagner en efficacité (voir le parachutiste dans 1001 vies). Là, c’est juste de la maltraitance. Pas d’explication, rien. Ni du gynéco, ni de l’interne qui le protège par solidarité (?). Des excuses? Oui, mais de la part de C. qui ne comprend pas ce qui se passe et qui s’excuse de pleurer!!!
    Des histoires d’épisio qui tournent mal, c’est la quatrième que j’entends (et je ne suis pas soignante). Ce témoignage m’évoque ce qu’on appelle “le point du mari”, qui correspond au point supplémentaire destiné à Monsieur, pour qu’il se sente plus à l’étroit…
    Comment faire pour que les soignants rendent des comptes quand c’est nécessaire? Je parle d’explications, voire d’excuses, surtout pas de vengeance. Je ne connais pas beaucoup de boulots où quand on foire, on n’a pas de comptes à rendre…

  11. Nicole

    Comme il est désagréable de porter le poids de cette honte lorsque l’on est médecin soi-même….. L’histoire de C. est poignante, impossible d’y être indifférente. J’espère de tout cœur, C., que vous croiserez le professionnel de santé qui saura vous apporter de l’apaisement et je vous le souhaite, une disparition de ces douleurs.
    Vous avez croisé la route d’un fat, imbu de lui même et probablement doué d’une incapacité à “entendre”.
    Pourtant rassurons les futures accouchées, les épisiotomies ont été “inventées” pour de bonnes raisons… Ensuite elles peuvent être pratiquées pour de mauvaises raisons !! De même pour les césariennes … bonnes raisons si cela sauve la mère et l’enfant…. mauvaise raison si cela “arrange” l’obstétricien ou fait du “chiffre”.
    Ce qui est à condamner ce n’est pas l’acte médical s’il est pratiqué avec discernement, c’est l’écoute minable, le manque de réponse adaptée, le refus de valider la plainte et d’y apporter une solution efficace.
    Réussir à avoir un accouchement serein dans nos maternités est une vieille guerre commencée avec la préparation à l’accouchement dans les années 55/60, puis avec Michel Odent et la notion d’accouchement accompagné pour la mère ET le bébé….pourtant encore aujourd’hui pour avoir 10 au score d’Apgar le bébé doit crier !! Et oui en 2016 !! C’est encore comme cela ! Lisez Michel Odent c’est un régal.
    C. vous avez traversé le pire alors le meilleur est à rechercher sans baisser les bras… cherchez !! L’alcool, bannissez le comme antalgique ! Faites la fête à l’occasion, la vie de doit d’être vécue pleinement.

      1. Nicole

        J’ai la chance d’avoir aidé à plein de beaux accompagnements d’accouchées et d’avoir eu envie de me pencher sur la question … j’en avais raz le bol d’entendre les femmes autour de moi raconter des horreurs… Pourtant ce n’est jamais gagné à 100% !
        Merci d’avoir “relancé” mon regard sur le blog, aujourd’hui …

    1. Loupiotte

      née par Michel Odent (eh oui j’ai eu cette chance !), pour ma première je suis retournée accoucher dans “sa” maternité (1h45 de route), celle où j’avais vu le jour car je savais qu’on y respectait la femme, la naissance… une sage-femme de rêve (merci Sophie !), c’était il y a 9 ans, mais je n’oublie pas… merci à ces soignants qui m’ont entendue, écoutée, et à cette micro-déchirure si vite cicatrisée.
      Dire que pour des questions de rentabilité, ils veulent encore la fermer …..

  12. 40

    L’ alccol pour oublier un peu sa douleur dans les rapports sexuels avec quelqu’un qu’on aime, c’est absolument terrible. Exactement ce que font les prostituées, boire avant mais elles pour tenir face à la contrainte, au désespoir, au dégoût, à la douleur.
    Quel témoignage! Comme il rend triste, puisse t’il faire avancer les choses.

  13. Philippe Renève

    Dans toutes les professions il y a des gens qui méprisent les autres. Car il s’agit bien de ça : traiter une personne comme si elle était un objet, un objet de travail, même si le travail physique est bien fait.
    Si ça n’est pas très important pour un chauffeur de taxi ou un banquier, pour un médecin c’est anormal, honteux, révoltant parfois.

    En 2010, à la suite d’une forte hausse de mon taux de PSA j’ai subi une biopsie de la prostate. Après dix jours j’ai reçu une lettre-type de l’urologue m’informant d’« anomalies nécessitant un bilan complémentaire » et me fixant deux rendez-vous pour… un scanner pelvien et une scintigraphie osseuse. C’était sa façon de m’annoncer que j’avais un cancer de la prostate. Au téléphone il a été très surpris que je m’étonne, disant avoir parfaitement fait son travail.
    J’ai couru voir un autre urologue qui m’a parlé, écouté, opéré et je vais bien. Mais on n’oublie pas ce genre de chose.

  14. Vanessa

    Mon dieu mais ces témoignages sont vraiment troublants! Comment peut on faire subir cela a des patientes. Je mesure après cela, la chance que j ai avec mon gynécologue extrêmement humain qui après mon accouchement et une déchirure avec suture me demande cmt cela se passe au niveau de ma vie intime avec mon homme… Apparemment, j avais tort d imaginer que c était la moindre des choses… Courage à toutes ses femmes…

  15. Mésange

    Etre si heureuse de donner la vie et en souffrir pendant des années parce que l’obstétricien était bien trop imbu de son pouvoir pour savoir écouter et assumer ses actes… Mais pas que. Manifestement, le non-respect de la future maman s’étendait aussi à la majorité du personnel de cette 1 ère maternité et ceux qui n’étaient pas d’accord se taisaient. Jusqu’à quel moment peuvent se taire les soignants face à une maltraitance évidente quand il s’agit d’un autre soignant et qui plus est d’un médecin ? Comment être soignant et accepter comme normes la douleur et la dépossession du corps pour le patient, l’abus de pouvoir et le fait de non assumer ses actes et ses erreurs ?

    Je suis désormais trop âgée pour repasser par la case maternité mais Baptiste, parce que ton blog existe, je me suis promise que plus jamais je ne garderai mes questions pour moi quelle que soit l’attitude du soignant en face de moi, que plus jamais je ne m’excuserai de les poser et de vouloir savoir ce qu’on va faire à mon corps. Je ne m’excuserai pas non plus d’avoir cherché à m’informer sur le net : les soignants doivent faire avec ces sources d’information désormais ; si mes infos sont fausses et bien ils doivent être là pour éclairer ma lanterne et non pour me mépriser/m’envoyer paître.
    Quant à ce sentiment de pouvoir que certains soignants ont si peur de perdre, c’est dans l’humanité de leurs relations avec les patients qu’à mon avis ils trouveront de quoi bien largement le compenser.
    C., je vous assure qu’il y a d’autres moyens que l’alcool pour “s’évader et se détendre”… Plein de caresses de plumettes et de douceur.

  16. Khadija

    Très touchée par votre histoire, C.
    Merci d’avoir partagé avec nous.
    Et merci à Baptiste de permettre ce partage.
    Longue et belle vie à tous les deux, et à ton blog, B.

  17. K-ro

    Quel récit bouleversant… Et qui ne me laisse pas indifférente. J’ai accouché il y a 4 ans de ma 1ère fille. Accouchement compliqué, bébé en souffrance, obligation d’instrumentaliser. Résultat: importante déchirure “d’un bout à l’autre “, plus d’une trentaine de points au final. Le médecin s’applique à me recoudre sans me dire le nombre de points, pour ne pas m’effrayer je présume. Les jours suivants sont compliqués quand il faut aller faire ses besoins, malgré un régime sans résidus. Le temps passe et bien sûr avec mon mari on essaye de reprendre nos activités de couple. 1er essai: impossible, ça ne rentr pas. J’achète du lubrifiant, on retente plusieurs fois mais rien à faire, ça ne rentre pas du tout! Et quand je me touche, je me rend compte qu’il y a un bout de peau en trop, trop recousu. J’en parle à ma sage femme quand je la vois pour la rééducation du périnée. Elle est d’accord avec moi, c’est trop recousu, il y a au moins 2 points de trop. Le reste de la cicatrice est “joli” mais vu la taille de la déchirure, ça a dû être difficile à recoudre. Il me faut y repasser. Je prends rendez-vous avec ce médecin qui m’a accouché. Il m’ausculte, compatis et s’excuse. Il m’opère dans son cabinet et me propose de toucher pour voir si ça me semble bien. 3 semaines après nous arrivons enfin à reprendre notre vie de couple. Presque 5 mois après la naissance de ma fille. Mais cette zone est restée sensible, il m’a fallu du lubrifiant pendant longtemps et même dernièrement la 1ère penetration est toujours sensible. Heureusement j’ai un mari très compréhensif qui ne m’a jamais forcé et a toujours compris.
    Je viens d’accoucher il y a 10 jours de ma 2eme fille. Accouchement merveilleux, bébé en bonne santé. J’ai raconté mon histoire à la sage femme qui m’a accouché. Malgré nos précautions, j’ai déchiré. Juste en surface, pas aussi profond que précédemment mais la cicatrice s’est ré ouverte. La sage femme s’est vraiment appliqué pour recoudre le mieux possible. Elle m’a expliqué et montré le résultat dans un miroir. Je suis rassurée mais je sais que j’aurai une appréhension pour reprendre une activité sexuelle. On verra dans quelques temps, ce n’est pas encore le moment.
    J’ai la chance d’être tombée sur des gens compétents et compréhensifs et je sais à quel point c’est important. Et j’en ai parlé autour de moi, à mes proches qui ont compatis. Ça fait du bien de se savoir soutune.
    Je plains beaucoup cette femme qui a subi un tel traumatisme et j’espère que de raconter son histoire ici lui permettra de se reconstruire. Je lui envoi tout mon soutien, bon courage.

  18. Fabymary POPPINS

    Oh là là quelle souffrance, pour cette femme et maman. Comment peut on encore en arriver là, il y a pourtant des chartes des patients et de la douleur dans les hôpitaux, seul message que j’adresse à cette femme c’est d’en parler à des personnes compétentes pour l’aider dans cette souffrance car l’alcool règlera pas le problème et un jour ce sera peut être la dépendance et toujours la douleur aussi. Courage Madame, de douces pensées pour vous et que vous alliez enfin mieux

  19. aurélie

    Ce n’est pas la première fois que je lis ce genre de récits… et j’en tremble à chaque fois !

    J’ai eu la chance d’ailleurs d’être au courant de ces pratiques avant d’accoucher, résultat, quand la sage femme a voulu me recoudre, (déchirure naturelle) je lui ai demandé de bien regarder si c’était nécessaire car je ne souhaitais pas de points !
    Elle m’a dit (du haut de ses 22 ans !) en y regardant à deux fois : vous avez raison madame, ce n’est pas une obligation, ça cicatrisera mieux sans points !!

    Voilà, merci à cette jeune femme d’avoir écouté ! Et courage à toutes celles qui n’ont pas eu ma chance !

  20. ric du sud

    Merci à C., merci à Baptiste Beaulieu.
    Malheureusement cela existe … Pas d’autre commentaire d’un mari et médecin.
    Smiley triste

  21. kichante

    Touchée aussi…
    Au coeur et au corps…
    Je veux dire ici que pour moi l’ostéopathie a été libératrice. La soignante m’a fait comprendre que, bien que formée et convaincue, elle n’était rigoureusement pas (plus ?) autorisée à travailler en toucher vaginal…pourtant elle a soulagé en 2 séances 9 mois de calvaire… Donc trouver un ou une ostéopathe qui le fait et libérer la parole pour dire que c’est utile.

  22. Julie

    Expérience un peu similaire à la tienne.. petite fille née il y a 2 ans et demi… interne qui était la depuis 1 semaine et qui faisait sa 1ère episio…
    J’ai eu une deuxième poupée.. je pleurais toute les larmes de mon corps quand on essayaient de l’avoir et ca a duré 8 mois..
    Petite episio mais ça n’a rien changer à la douleur..
    J’avais 20 ans lors de mon premier accouchement et je suis condamné à avoir mal à en pleurer à chaque rapport à cause d’un interne incompétent…

  23. Jo'

    Enfin !…et malheureusement, encore… une naissance qui ne pourra pas être un souvenir parfait.
    Merci pour ce témoignage C., et merci Baptiste de nous en permettre la lecture.
    Ce soir je me sens moins seule, moins bête, alors merci.
    Mai 2013, 1er “vrai” accouchement après une IMG extrêmement longue et douloureuse.
    Pour autant, pas plus de compassion ni d’accompagnement. Inondée de synto dès mon arrivée et branchée à une péridurale totalement inefficace, on m’a gentiment tapoté la main quand je suffoquais sous l’assaut des contractions (merci le synto!). On m’a regardé avec de gros yeux quand je me suis dressée sur mes jambes à l’approche des spatules et que j’ai hurlé quand l’obstétricienne les a posées “Je ne peux rien faire là,, il faut me laisser travailler Madame !”.
    C’est ensuite tout naturellement qu’elle m’a dit “J’ai coupé hein, je voulais être sûre que les spatules passeraient.”, et ensuite d’un air blasé devant moi qui tremblait comme une feuille, de fatigue, de douleur, “bon, ben on va vous endormir parce que je ne peux pas vous recoudre, vous bougez trop”.
    Bref, j’ai raté les 1eres heurs de ma fille (sous AG), galéré pour m’asseoir pendant presque 1 mois, angoissé à l’idée d’aller aux toilettes, marché comme un cow boy pendant bien 15 jours, et le reste… Les rapports ont été très difficiles à reprendre, tellement difficiles qu’ils sont devenus inexistants, et que presque 3 ans après je travaille avec une thérapeute pour arriver à parler de tout ça.
    J’ai le sentiment d’avoir été meurtrie, abîmée, bafouée. J’ai été traitée comme un cas quelconque, déshumanisée le jour où je suis devenue maman. Ca laisse des traces…
    Alors désolée pour le commentaire “fleuve”, mais je peux m”exprimer, et ça fait du bien.
    Il y a en ligne un questionnaire de l’Observatoire des Violences Obstétricales, anonyme, qui permettra, peut-être d’avoir des données réelles sur ce que peuvent subir les femmes dans ce merveilleux moment.
    Merci, bon courage à vous C., et merci Baptiste pour les récits et l’humanité de votre démarche.

  24. Jessica MOTZ

    je n’ai pas eu une épisio, mais une déchirure mal recousue, les fameux points du mari… Il y a un an maintenant.
    Rapport impossible, même un doigts c’etait un enfer.

    Ma merveilleuse sage femme m’a fait une dizaine de séance de massage spécial de la cicatrice et depuis c’est beaucoup mieux.
    Les séances n’étaient pas une partie de plaisir, mais je peux envisager de faire un autre bébé maintenant.

  25. Cécile

    Tristement banale…

    Mon premier enfant à 13 ans , j’ai encore mal dans la fesse … L’épisiotomie .
    Cicatrice très longue, épaisse. Plaie recousue en 10 mn par une bouchère. Préparée comme une paupiette.
    Le personnels de la maternité défilait dans ma chambre, et commentait :
    – “Viens voir quand même “.
    – ” 20 ans que je suis sage-femme, j’en ai jamais vu une si grande, bravo !”
    Je dansais de douleur. J’ai attendu des mois avant de supporter, même une caresse, sur mon sexe.
    La bouée, la glace, la honte.
    Réflexion de mon généraliste “Quand je pense que c’est une femme qui vous a infligé ça !”

    Mon deuxième enfant a 11 ans.
    La sage femme m’a fait une toute petite découpe, en m’expliquant tout… en attendant mon accord.
    J’avais peur mais je lui ai fait confiance, elle a pris soin de moi. Elle a mis plus d’heure à me recoudre. Délicatement, comme une dentellière.
    Je n’ai jamais jamais souffert à cet endroit. Jamais. Pas un glaçon, pas un doliprane. Juste Merci.

  26. Élise

    Je te promets d’être à l’écoute profonde et empatique des femmes qui passent au travers une épisiotomie, deux ou trois. Sache que ton témoignage ma ouvert les yeux et le coeur sur cette situation intense. Je vais aussi en parler autours de moi pour que les gens sachent comment cela peu être vécu brutalement. Je vais sensibiliser.
    Amitié entre femmes qui a accouché…. Même de l’autre côté de l’atlantique.

  27. Beety boop

    Ce vécu interpelle en tant que professionnelle
    Ça démontre toujours les origines francaises et catholiques ou la douleur est normale
    Combien de fois les sage femmes les infirmières les auxiliaires de puériculture doivent se battre avec ces “bouchers” qui ont le pouvoir et se prennent pour Dieu
    Il faudrait leur infliger la même chose je crois
    Beau témoignage contre lequel les sages-femmes luttent
    Merci du courage de l’avoir écrit
    Il existe des sites web sur l’épisotomie et ses aléas

  28. GARREAU

    J’ai accouché la première fois en 1972. J’ai eu une épisiotomie comme les trois autres accouchées dans ma chambre, ce devait être la mode (La Providence à Antony – 92). Un coup de pot, apparemment les accoucheurs étaient adroits … Je ne me souviens pas avoir souffert particulièrement.

  29. grand33

    Bonjour Bibi,
    Evidemment en tant que mec je ne peux pas témoigner, mais commenter sûrement. Quelle souffrance dans le récit de C., quelle souffrance dans beaucoup de commentaires, je suis sur le cul de lire ça. Comment en 2016 peut-on encore voir cela.
    Je l’avais déjà écrit dans un post de Bibi, mais je le confirme trés égoïstement : je suis bien content d’être un gars, pour ne pas avoir à subir tous ce que vous subissez Mesdames. Et puis c’est mieux pour certains toubib/boucher qui auraient aussi besoin de se faire recoudre …….
    Plein de courage à vous !!!
    La bise

  30. Magaz

    Je n’ai pas pu finir de lire le texte pourtant très intéressant…
    La faute aux trois petits points… Sérieusement il faut arrêter d’en mettre à chaque fin de phrase… On ne paraît pas plus intelligent… C’est juste insupportable…
    Cordialement…

    1. Dragonfly

      … ça me dépasse… Elle n’est pas écrivaine, elle témoigne de l’indicible, et vous êtes choquée des points de suspension ? Même si c’est votre mécanisme de défense contre l’horreur qu’à vécue cette dame, vous devez quand même comprendre que votre commentaire choque un peu, non ??? (et le triple point d’interrogation, il vous énerve, ou pas ?)

    2. ImmaterialGirl

      Cela faisait longtemps qu’un texte ne m’avait pas paru aussi saisissant sur le blog.

      La situation évoquée par cette femme est le drame d’une perte de la possession de son corps. C’est tragique, c’est une souffrance comme elles existent rarement, un viol psychique. Alors oui, C. met des “…” qui ont aussi gêné ma lecture. C’est un effet de style ô combien lourd – surtout LOURD DE SENS, pour quelqu’un qui a du mal à verbaliser. Et là, pour elle, dans le silence, … free hugs.

      En revanche, si je rejoins les commentaires de mes camarades sur le fond, je trouve que, pour le coup, il faut aussi comprendre cette lectrice avant de lui tomber dessus à bras raccourcis : est-on toujours de se prendre pareille souffrance en pleine gueule sans essayer de verbaliser une gêne diffuse, dont on n’identifie pas l’origine ? Ici, les fameux points de suspension ne sont (peut-être) qu’un catalyseur pour dire : “‘tain, ce texte est insupportable”. Elle ne sait pas pourquoi, “blame it on the dots” alors, pour ne pas voir l’immense peine derrière. Ce qui est un com’ pas bien empathique peut être aussi la marque d’une blessure que l’on n’ose pas s’avouer, ou un germe de réaction de révolte, je sais pas. N’était-ce pas la but recherché ?

      Désolée, je veux pas troller ou jouer à l’avocat du diable, ou trop intellectualiser, hein.
      Mais chacun ses fuites devant les souffrances, y compris fuites stylistiques.

    3. mimi

      Magaz sachez que ces 3 petits points comme vous dites sont là afin que vous compreniez que tout ne peut sans doute se raconter. C’est là que vous pouvez imaginer, si cela vous est possible, la souffrance de cette jeune femme.
      Cette ponctuation est bien au contraire “très parlante”, il faut juste la comprendre.
      Sans doute n’avez vous pas l’habitude de lire…

      Bonne soirée.

  31. bolard

    juste vous dire madame “désolé”. désolé pour votre souffrance,désolé parce que la venue d’un enfant est ce qui est de plus beau dans une vie et que cela a été sali. désolé pour toute ces personnes occupées à faire et et qui ont oublié votre ÊTRE. je vous souhaite de trouver une autre solution que l’alcool;car sous son aspect de détente c’est la porte à l’enfer qu’on ouvre(j’ai connu et en est sortie)je vous souhaite le pardon dans votre être et cœur là se trouve la vrai liberté.

  32. Cia

    2009, enceinte, c’est mon premier enfant, je visite la maternité. Je sais déjà toute les drame qui peuvent se cacher derrière une “hépiso” car je me suis renseignée. Je demande faussement naïvement à la sage-femme si on est prévenu avant “l’hépisio”. Elle me regarde interdite, pourtant elle a de nombreuses années d’expérience. “Non, vous êtes sous anesthésie. C’est inutile !” Gentiment, je lui fait comprendre que certaines femmes ont envie de savoir (et je n’évoque même pas le fait, qu’elles peuvent avoir envie de refuser… le consentement du patient, cela n’existe pas durant un accouchement ?). Toutes les futures mamans et les futurs papas semblent aussi étonnés de ma réaction. Je suis désolée, tellement désolée pour eux.
    Le jour J. Quand j’arrive dans la salle de naissance, je regarde la sage femme et je lui dit d’une façon neutre que si hépiso il doit y avoir, je lui demande de me prévenir avant (je ne lui dit pas non plus que dans ce cas, je dirai surement non). Il n’y a pas eu d’hépiso. Je suis une chanceuse au vu de statistiques nationales et de celle de la maternité où je suis. De projet de naissance il n’y en a pas eu non plus, le médecin qui me suivait à la maternité, lors du premier rdv m’a bien fait comprendre que c’était un gros mot à ne jamais prononcer devant lui. Il m’a vu arriver et m’a fait la leçon. Et de fait, je n’ai JAMAIS prononcé ce mot. Tout comme les médecins et les sage-femmes arriveront à me suivre pour une cholestase gravidique sans prononcer le mot ni m’informer sur cette pathologie. Cela durera 15 jours. Moi, je me suis informée auprès de la sage-femme libérale qui me suivait après avoir lu “cholestase gravidique” sur une ordonnance.
    Et quand j’ai voulu faire le point, le matin où j’étais convoqué en urgence pour une naissance déclenchée, le médecin m’a pris de haut, moi qui lui montrais que j’avais quelques connaissances sur mon cas, en me disant qu'”il ne fallait pas croire tout ce qu’on lisait sur internet”.Et pourtant, ce déclenchement n’aurait du se faire qu’après notre accord et donc après avoir été informés pour être en mesure de faire un choix éclairé. Il était question de mon corps, de ma santé et surtout de celle de mon enfant.
    Plus tard, j’ai rencontré un couple détruit par une hépisio également imposée et une médecin incapable de comprendre leur souffrance.

  33. Cath

    Il y a une chose que je ne comprends pas chez les gynéco et obstétriciens français en général, hommes et femmes confondus : leur incapacité à écouter ce que dit la patiente, et surtout, leur manque d’empathie et de reconnaissance de la douleur qui pourrait mettre en doute leurs compétences professionnelles , si, si. Dans un autre pays dont je critiquais alertement la médecine générale, curieusement, là, j’ai rencontré des hommes et femmes de la spécialité à l’écoute et ” délicats “. J’y fus soignée. Bien.
    De retour en France, je ne suis toujours pas retournée chez un de ces ” spécialistes”. Le dernier qui m’a vue -avant que je ne consulte à l’étranger- s’est vu retourner son ordonnance d’abruti en papillottes avec mes compliments.
    Je sais, ce n’est pas bien. Mais je constate que cette spécialité n’a pas fait de progrès.
    Je suis effarée d’avoir lu ces témoignages, cette douleur et ce déni de la souffrance endurée. Que dit l’ordre des médecins de tout cela, de ces pratiques, de ce manque d’information et de respect du ou de la patiente ? Faudra-t-il que les femmes accouchent en présence d’un huissier ou d’un avocat pour que certains prennent enfin la mesure de leur comprtement imbécile ?
    Merci Baptiste pour cette publication et ton honnêteté. Jene peux qu’espérer que la femme qui a témoigné trouve un soignant compétent pour l’aider à surmonter cette douleur et à se reconstruire comme femme. L’alcool n’est pas une solution.
    Courage à elle.

    1. Libellule

      Il y en a quand même des doués et humains, comme dans les autres spécialités. Je ne minimise pas la difficulté de les trouver, mais quand même ça vaut le coup de chercher. Prends soin de toi, Cath 🙂

  34. Sophie

    Episio versus dechirure… pour avoir connu les 2 je prefere l episio… mais j ai aussi teste l episio “trop serree”, a etre cataloguee “chochotte” et demander une bouee en cadeau de naissance!!! Grrrr…
    Sincerement je compatis!
    Et j ai decouvert plus tard comme pro une horreur : le fameux “point du mari”!!! Pour que monsieur se sente plus serre apres… bande de gougeats!!!! En esperant que celui ci disparaisse des pratiques!

  35. Pat

    J’ai tout lu et je suis consternée par tant de souffrances . Merci de ces témoignages qui j’espère, aideront à faire avancer les choses. Je ne suis pas dans le milieu médical , plutôt adepte des “médecines douces” quand cela est possible : ma préférence serait pour des Séances d’ Ostéopathie et de Sophrologie. On sait tous que l’alcool n’est pas une bonne solution , les états secondaires sont néfastes à la santé et à la vie elle-même. Bises avec toutes mes meilleures pensées.

    1. Baptiste Beaulieu

      C. a lu vos commentaires, nombreux, ici et sur le blog.
      Elle m’écrit cela :

      < < contente que ca permet a des femmes de parler de cela... dommage, encore peu d'hommes ne prennent la parole la dessus, parce que eux aussi sont touchés.... concernant le point du mari, je ne pense pas que ce soit cela, ce serait plus, il semblerait d'un problemet de cicatrisation, une cicatrice très dure, je ferai du "lychen?" (version d'un medecin au regard de la cicatrice actuelle) aujourd'hui toujours des douleurs alors que pas du tout de point du mari.... donc on ne sait pas trop, on se questionne, mais je pense qu'on aura jamais la reponse.... bon et sinon, certains commentaires m'ont fait sourire, "non non, y a rien d'autre la dessous!" (je ne suis pas bipolaire, ni depressive, ni autre chose!) je pense que certain ne prennent toujours pas conscience de l'impact que cela peut avoir dans une vie de femme... d'une part, l'épisio en elle meme, mais aussi et surtout, le rapport qu'a entretenu mon boucher avec moi.;;; car je me suis plus sentie violée par mon boucher torse nu qui me disait de me taire au moment de la reprise , que par la coupure de m'épisio.... en tout cas, merci a vous, ca fait discuter! [...] juste sensibiliser les soignants, qu'ils comprennent que cet acte n'est pas anodin, qu'on en souffre, que notre corps change, mais que notre "sexe" ne sera plus jamais comme aant, une marque indelebile.... si on peut eviter la souffrance, ce serait mieux... >>

      Merci pour elle et pour toutes les autres.

  36. saur

    Où trouve-t-on un martin winckler,ce graal?Perso 46 ans,2 enfants et toujours pas rencontré!Peut-être que je n’ai pas assez cherché….

  37. Eva

    Quel témoignage! qui me rappelle un peu mon expérience, même si je n’ai pas eu d’épisio mon expérience à la maternité a été difficile, j’en garde une énorme cicatrice qui est encore douloureuse 4 ans et demi après… je ne parle même pas des commentaires laissés par les soignants dans le dossier médical lorsque, à ma demande, j’en ai pris connaissance… quel mépris, j’étais abasourdie. Je suis de tout coeur avec cette maman que j’ai envie de réconforter par un méga calin!

  38. Widget

    En lisant ce récit je ne peux qu’avoir les larmes aux yeux ! Je compatis à cette douleur même si je ne sais pas et ne saurai jamais ce qu’est la douleur d’une épisiotomie…
    Pr ma part G “accouché” ya 10 jrs d’une magnifique petite fille par cesarienne pour la 2 e fois.
    Même si le personnel médicale était tres à l’écoute, la banalité de l’acte tel que la cesarienne m’attriste a un point ! Même si Pr la plupart c une autre façon d’accoucher personnellement g vraiment l’impression qu’on m’a privé de qqch.
    enfin bref… Un récit av bcp d’émotions merci Pr le partage.

  39. anne

    Merci, merci de parler de “ça”.
    Aussi victime de boucherie, viol, dépossession de mon corps, de mes sentiments. Douleurs encore 12 ans plus tard sans raison disent-ils…
    Larmes et angoisse en lisant ce témoignage, non, la naissance de notre enfant ne fut décidément pas le plus beau de notre vie, arrêtons là les images bucoliques, non on ne va pas tout oublier en voyant notre enfant, ça reste là, enfoui quelque part.
    Un autre enfant? Pas dans cette vie merci.
    Merci, Courage et tendresse à toi C.
    Merci Baptiste.

  40. AnneBZH29

    Lire ce texte m’a fait revenir presque 30 ans en arrière… 2 enfants, 2 accouchements différents mais à chaque fois cette constatation : on n’est rien entre les mains des médecins !
    Pour ma première, je voulais que tout soit parfait : l’accouchement dans l’eau n’était même pas envisageable, mais j’ai trouvé une préparation en piscine, et des sages femmes à l’écoute des futures mamans. Mais si elles sont présentes lors de l’accouchement, seul le médecin a le droit de prendre des décisions. Il ne comprenait pas que je refuse la péridurale (si vous voulez souffrir pour le plaisir !), épisio mal faite, on ne m’avait pas expliqué que le sèche cheveux qu’on m’avait demandé d’emmener était pour faire sécher la cicatrice. Rentrée chez moi avec 2 staphylocoques dorés (un sur l’épisio, l’autre au sein). J’ai du arrêté d’allaiter, mettre des gants et un masque pour manipuler mon bébé…. Frustration complète ! Quand à la cicatrice… jamais vraiment refermée !
    Quand mon second est né 4 ans après, j’ai insisté pour que l’épisio se fasse au même endroit que la première pour ENFIN arrêter de souffrir ! Mais tout s’est mal passé : ils ont voulu accéléré le travail avec un médoc qui a arrêté le cœur du bébé : il a fallu le sortir en urgence, et pendant qu’on s’occupait de lui, on m’a “oubliée”… le placenta s’est recollé, et il a fallu l’arracher : une sage femme assise sur mon ventre pour que je sente moins la douleur, une autre qui tirait sur cette masse visqueuse en prenant appui sur la table avec son pied… Il me manque plus des 2/3 de mes abdos, déchirés. Quand je me suis renseignée pour essayé d’y remédier, c’est de la chirurgie esthétique…. pas dans mes moyens.
    Aucun médecin n’a jugé utile de me conseiller que ce soit pour les abdos ou pour mon épisio…
    J’ai toujours ce ventre qui pendouille et cette cicatrice qui me gêne 24/24, 7/7, avec un pue plus de douleur quand il fait chaud et que je transpire, ou lorsque j’ai mes règles…
    Pourtant jamais je n’ai regretté la naissance de mes enfants : J’essaie de ne penser qu’au meilleur.
    Si je ne me suis pas tournée vers l’alcool, je pense que ce vague à l’âme et ce mal être quasi permanent vient de cette souffrance intérieure… Mais qui s’en souci ?
    Ecrire ce texte n’apportera surement aucun plus au premier (ben plus poignant).
    Mais il m’a fait un bien fou : on ne parle pas de “ces choses là”… Pourquoi faire, puisqu’on ne peut rien faire ????
    Merci pour tous ces témoignages : on se sent moins seule !

    1. Libellule

      Anne-la-bretonne,
      cela apporte un plus que vous témoigniez, n’en doutez pas.
      Je vous en prie, continuez à chercher à diminuer vos douleurs. Votre pseudo me laisse supposer que vous êtes dans le Finistère, n’hésitez pas à vous adresser au centre anti-douleur du CHU de Brest https://www.chu-brest.fr/unite-de-lutte-contre-la-douleur (mais si vous êtes ailleurs il y en a sûrement un autre dans votre département).
      Quant à la chirurgie plastique, je me demande si dans votre cas elle ne serait pas prise en charge au titre de la chirurgie “réparatrice” (et pas au titre de “l’esthétique”). Cela semble jouer sur les mots, mais si cela permet d’atteindre votre objectif… courage !

  41. Eloy

    Quel témoignage poignant, merci de l’avoir partagé !
    Et dire que certains médecins s’étonnent ensuite de ce que l’institution judiciaire s’intéresse à leur cas… Le “boucher” de cette affaire a de la chance que Mme C. n’ait pas porté plainte et que le délai de prescription soit passé.
    Par ailleurs, au-delà des fautes professionnelles avérées et de la maltraitance, combien de patients souffrent simplement du manque d’information ? Combien de médecins compétents, consciencieux et compatissants s’épargneraient des enquêtes judiciaires en prenant le temps d’expliquer au patient sa situation ? Lui expliquer ce qui s’est passé, quelles ont été les complications et pourquoi il a mal. Pas seulement pour combien de temps il aura mal, mais pourquoi il a mal.
    Lorsque la justice constitue le seul moyen de comprendre ce qu’il s’est passé, rien d’étonnant à ce que les patients y recourent.

  42. Lyly

    Comme c’est triste et revolant.
    Le point du mari je l’ai connu mais ” c’est ça d’ouvrir les cuisses a 20 ans mademoiselle”…
    J’ai pleurer, cet acte et cette douleur me rappeler trop ces années ou mon innocence avait déjà été voler par un homme. Et maintenant qu’on m’avait voler mon enfance on me voler même ma féminité alors que cette fois la j’avais crier non !
    C’est une sage femme qui ma expliqué et qui qui ma montrer comment masser cette zone. Pendant 6 mois avec pour mot d’ordre de continuer les rapport et de masser pour élargir.
    Ça a fonctionner, je crois.
    Pour ma deuxième, pas d’episio juste quelques déchirures.
    Mais la peur restera présente pour toujours.

  43. Maï

    Bonjour,

    Votre témoignage est terrible et la souffrance qu’il laisse apparaître l’est aussi.
    J’ai moi aussi eu un accouchement difficile et je mesure à quel point les suites ont été simples en lisant votre témoignage. Je fais parti d’une association engagée pour la parentalité positive, le droit des femmes… et j’ai eu la chance de participer à une conférence sur les violences obstétricales, la chance de pouvoir parler. Je vous invite moi aussi à aller sur le site de l’observatoire national des violences obstétricales ou à visiter ces pages FB : “La Révolution des Roses – France” et #StopObstetricViolence. Parler fait du bien et peut faire avancer les choses pour que ce que nous vivons ne reste pas “une histoire de bonne femme qui fait chier et qui a un bébé alors elle devrait être contente et la fermer”.
    Je vous souhaite beaucoup de courage, d’amour et de paix pour avancer dans votre vie.
    Enfin, je vous conseillerai plutôt, lorsque vous serez prête, de vous tourner vers la sophrologie (contre la douleur) ou l’hypnose pour travailler sur ce traumatisme. L’alcool peut devenir une addiction et avoir des conséquences vraiment terribles pour votre santé, votre famille et votre vie de couple. Vraiment. Et est ce que ce con mérite d’avoir encore ce pouvoir sur votre vie, votre futur ? Plus facile à dire qu’à vivre on est d’accord.
    Amitiés sincères

  44. Claire

    Une histoire beaucoup trop courante et toujours aussi bouleversante.
    Est-ce possible d’écrire en MP à cette personne, je suis ostéopathe et souhaiterais échanger avec elle ?

  45. Annelise

    🙁
    Et si c’était le “fameux/foutu” point de complaisance ?
    Mal nommé parce que faire mal à sa femme, je ne vois pas en quoi cela peut être complaisant…

  46. Nicole

    Toutes ces d’histoires de vie sont poignantes et tous ces messages témoignent de cicatrices toujours à vif, non refermées. En lisant et relisant ces écrits postés pour “se dire” enfin aux autres, au monde, pourraient signifier que le manque d’écoute, voir le rejet de l’écoute, a été pire que la blessure physique elle même. Les remarques de C. sur les commentaires du blog, confirmeraient cette hypothèse. Elle accepterait, (me semble-t-il, elle confirmera ou pas), avoir un lichen ou plus probablement une cicatrice chéloïde ( terme barbare qui veut dire que lors de la cicatrisation elle fabrique un tissu dur, épais, comme une sorte d’écorce qui vient se mettre là où chez d’autres il n’y aura qu’un petit trait superficiel et souple, sans adhérence avec le tissu sous cutané. Ce phénomène dépend seulement du terrain de la personne, pas de ce qui crée la blessure, le lichen aussi n’a rien à voir avec l’intervention d’un bistouri), donc C. a bien entendu cela, ce qui reste le plus terrible serait l’attitude du médecin (et de l’équipe …. silencieuse autour de lui), attitude irrespectueuse, refus d’expliquer, refus de respecter la personne en nécessité de soin, paroles désagréables et rabaissantes, humiliantes !
    Conduite non recevable venant d’un médecin ! Il peut avoir des difficultés à être en “empathie” avec ses patients, acceptable, mais il y a un devoir d’informations à donner et une reformulation à rechercher pour vérifier la bonne compréhension des informations.
    Là où il a encore plus “tout faux”, c’est qu’en établissant une relation de confiance, en répondant aux questions, en demandant ce qui n’est pas clair pour la patiente etc…. il gagnerait du temps, aurait les bonnes infos au bon moment, parlerait le même langage que la patiente parce qu’ils l’auraient établit peu à peu ensemble. Un peu de temps “perdu” au début, apporte beaucoup de temps gagné un fine !! de bonnes infos venant de la patiente donc des soins mieux adaptés.
    Ce qu’il ne saura jamais, c’est le retour chaleureux que cela lui aurait apporté, la valorisation incontestable de sa pratique en vivant l’échange créé ainsi. Même les moments les plus difficiles pour les familles, lorsqu’ils sont vécus dans cette relation de confiance avec le médecin, sont positifs pour celles-ci et gratifiantes pour le médecin.
    Il ne le saura jamais.

    Libellule a donné plein de renseignements pour aller frapper aux bonnes portes. Rien n’est gagné à 100%, mais essayer c’est indispensable !

    1. Libellule

      Je rosis de ce compliment chère Nicole !
      J’en profite pour replacer une adresse qui avait été donnée par une autre commentatrice du blog. https://gynandco.wordpress.com/ C’est un site qui recense les soignant(e)s en gynéco et sage-femmes empathiques et accessibles par toutes les humaines (à pied ou à roulettes) quel que soit leur vécu, leur demande même “hors norme…”
      2 utilisations possibles :
      – y chercher un renseignement dans une liste par lieux et par critères : https://gynandco.wordpress.com/trouver-une-soignante-2/liste-des-soignantes/
      – indiquer les coordonnées des perles rares que vous auriez rencontrées pour que d’autres en bénéficient grâce à un questionnaire : https://gynandco.wordpress.com/questionnaire/

      1. Libellule

        D’ailleurs le site recense aussi les généralistes qui pratiquent des consultations gynécologiques (y compris écoute/conseil par rapport à l’IVG déjà abordé sur ce blog, je dis ça je dis rien). Je suis étonnée de ne pas y trouver le Dr Baptiste Beaulieu. Si quelqu’un connait ses coordonnées professionnelles et veut l’inscrire dans toutes les rubriques “friendly”… 😉

  47. wain"

    Dur et triste témoignage.
    Qui fait apprécier encore plus d’avoir eu la chance, le privilège , de donner 3 fois la vie dans d’excellentes conditions d’écoute et d’accompagnement. Avec à tous les instants, des sages-femmes professionnelles et humaines.
    Quant aux ‘obstétriciens, à part pour les échos pré-natales, et pour un coup d’oeil rapide pendant le travail et après la naissance, j’ai apprécié également leur professionnalisme et leur humanité, et leur capacité à travailler en équipe avec les sages-femmes, n’étant présents “qu’au cas où”, et pour se réjouir simplement ensuite de l’arrivée de ces nouveaux-nés.
    J’espère que c’est cela qui deviendra la norme et l’usage, et que des comportements pareils seront suffisamment montrés du doigt pour qu’ils disparaissent.

  48. Thomas S

    Après voir lu ce texte, je ne souhaite que deux choses :
    – que les souffrances physiques et psychologiques que vous avez endurées puissent vous faire souffrir le moins possible pour le reste de votre vie,
    – que ce bourreau qui ose écrire “Dr” (ou “Pr.”) sur sa blouse soit sanctionné par l’Ordre des Médecins voire puni par la Justice.
    Je suis un homme et, comme l’a bien expliqué Baptiste dans une précédente publication sur ce blog, il y a “les choses que je sais et celles que je ne saurai jamais”, comme par exemple le fait de subir une épisiotomie. Je ne peux donc qu’utiliser mon empathie pour tenter de comprendre ce qu’il vous est arrivé et de dire à quel point je suis choqué d’entendre un tel témoignage.
    Par ailleurs, je suis étudiant en PACES (Première Année Commune aux Études de Santé, nouveau nom de la première année de Médecine) et j’espère que je pourrais un jour devenir médecin. Mais une chose est sûre, c’est que ce témoignage va rester dans ma mémoire encore longtemps, pour être sûr que jamais, jamais, je n’oublie que les personnes que j’espère pouvoir un jour être en capacité de soigner, sont avant tout des êtres humains.
    Mais je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur les raisons qui font que cet homme au scalpel – je refuse de l’appeler par son titre de médecin – en vienne à considérer ses patients comme de la viande. Ces raisons sont sûrement nombreuses, mais je crois que la principale est très simple : cet homme ne s’est jamais mis à la place de ses patients. Il n’a jamais fait preuve d’empathie.
    Sa vision paternaliste et omnipotente du fait d’être médecin ne requiert à aucun moment le besoin de se mettre à la place de celui qui souffre, de celui qui est malade. Elle demande juste de connaître l’anatomie, la physiologie et la biologie cellulaire du corps humain. Basta.
    Du coup, quelque chose m’interpelle. Pour réussir le concours de PACES qui aura lieu fin mai, je dois être capable de répondre aux exigences de cette vision traditionaliste de la médecine mais jamais on ne me demande de faire preuve d’empathie. Je connais des personnes dans l’amphi qui s’apprêtent vraisemblablement à devenir médecin et qui sont capables de tenir des propos démontrant chez eux une absence totale d’empathie (rire d’une femme violée, se moquer des handicapés, etc.). Et quand je les imagine en blouse blanche devant un patient, je ne peux pas m’empêcher de penser ces trop nombreuses histoires de maltraitance médicale.
    Comment déceler chez quelqu’un cette absence d’empathie ? Je n’en sais rien. Mais ce que je sais c’est qu’aujourd’hui, la sélection des futurs médecins ne se soucie guère de connaître la personnalité des candidats. Elle favorise celui ou celle qui a réussi a noircir les bonnes cases.
    Attention, je ne suis pas en train de rejeter la faute commise par cet homme au scalpel sur une sélection imparfaite des futurs professionnels de santé. Je m’interroge juste sur deux faits : d’un côté des témoignages de maltraitance médicale comme celui qu’a subi cette patient et de l’autre une sélection basée uniquement sur la capacité à apprendre par coeur l’anatomie, la physiologie etc. (qui sont, par ailleurs, essentielles à la pratique médicale).
    Bref, je vais devoir achever mon commentaire pour pouvoir aller travailler, mais je souhaitais juste réagir en tant qu’homme (parce qu’en effet, peu d’hommes réagissent) et tant qu’étudiant en médecine (parce tout les étudiants en santé devraient réagir sur ces questions là).
    J’espère ne pas avoir commis de maladresse sur un sujet aussi épineux et vous souhaite à tous une bonne journée.
    Thomas

      1. Thomas S

        Merci Baptiste !!! C’est très bon de te lire. Chaque jeudi, pause déj, je te lis avant de travailler l’anat. Ça motive.
        Keep up !

    1. Libellule

      Merci Thomas et bon courage !
      (je plussoie le commentaire selon lequel l’empathie devrait être testée dans les concours médicaux/paramédicaux)
      Je croise les doigts pour que tu réussisses tes études et pouvoir travailler un jour à tes côtés ou auprès de gens qui partagent ton avis 🙂

    2. mimi

      Merci Thomas et bonne route, il en faut des médecins comme vous, comme Bibi !
      En lisant ce témoignage, des flots de larmes et presque un évanouissement. Je l’ai lu ce matin, et je sais qu’il faut que j’y revienne.
      Lorsqu’on a vécu ces maltraitances, on fait comme on peut pour s’en remettre, et la vie finit par reprendre le dessus. Heureusement. Mais ayant cotoyé assidument les blouses blanches pendant quelques années pour soigner en parallèle l’IMC de mon aîné, le cancer de ma maman et puis mon embolie, (ben quoi? je ne fais pas les choses à moitié !) je pourrais écrire un livre sur la chance que nous avons encore ici d’un système de santé qui fonctionne (dans ma région en tout cas)… et sur l’absence totale d’empathie, et la brutalité de certains soignants, surtout médecins. Ah oui, j’oubliais le staphylocoque doré qui m’a cloué un mois sur un lit d’hôpital avec ma première césarienne. Je ne souhaite cela à personne. POINTS DE SUSPENSION…
      C’est une douleur encaissée, inscrite, dont je ne peux pas parler : elle est faite de souffrances, physiques, psychiques, d’humiliations, de colère. La seule chose positive que j’en tire, après dix ans, c’est que dorénavant, je choisis le médecin qui doit me toucher, qu’il soit gynéco, dentiste, généraliste… Si je ne le sens pas (apprenons à nous écouter !) et bien, ciao, je change. Je l’ai fait récemment, lorsque l’implantologue chez qui mon dentiste m’a envoyée m’a à peine adressé la parole. Je lui ai simplement dit que mon parcours de santé fait que je ne peux plus envisager ma relation à un soignant de cette façon, froide et déshumanisée, JE NE VEUX PLUS DE CELA. J’apprécie d’autant plus les soignants qui font bien leur travail (heureusement qu’il y en a), je ne me gêne pas pour le leur dire, les en remercier, mais je ne veux plus perdre de temps et d’énergie avec des c—–ds. La deuxième leçon que j’en ai tirée, c’est que ma fin m’appartiendra (directives anticipées à l’ADMD)
      Merci à vous, C, de parler de votre parcours, puissiez vous trouver des aides efficaces pour atténuer votre souffrance, sincèrement.
      Je suis la seule qui a un rictus lorsque j’entends l’expression “sexe faible” ? (mes copines souffrant d’endométriose en savent aussi quelque chose : là aussi, il y aurait beaucoup à dire !)

    3. Marie

      Bonjour Thomas,
      Mon idée sur l’empathie est qu’elle se travaille, tout comme les autres qualités ou compétences que tu peux avoir en commençant ces études. Ceux qui font des blagues de mauvais goût ne seront pas forcément les moins sensibles à l’humanité de leur patient. Tout dépend de beaucoup d’autres paramètres, parmi lesquels nos stages d’externes puis d’internes et les praticiens que l’on croise comptent énormément.
      Le positif, c’est que de parler de ces situations et sensibiliser les jeunes médecins va peut-être faire boule de neige et s’étendre aux jeunes et futures jeunes générations de docteurs.
      Bon courage pour le travail en tout cas.
      Et des bises à C. et merci pour son témoignage.

      Marie

  49. JH39

    Bonjour Baptiste, Bonjour C.

    Alors voila, je viens de lire ce magnifique témoignage, les larmes aux yeux, le cœur serré au surtout la peur au ventre. Je suis enceinte de mon premier enfant et j’appréhende énormément mon accouchement. J’ai peur de me retrouver dans le même cas que C., peur d’une épisio bâclée, peur de perdre ce corps que je commence doucement à accepter, peur de me retrouver face à une équipe médicale pour la première fois et surtout peur qu’on me refuse le droit de savoir ce qui m’arrive et de faire mes choix.
    Il y a une chose de sûre c’est que grâce à ton histoire C., je n’aurai pas peur d’aborder le sujet lors de ma prochaine consultation avec la sage-femme.

    Force et courage à toutes!

    1. Marie

      Bonjour JH39,
      Parler, parler, parler (et trouver des professionnels avec lesquels on est à l’aise pour parler et poser toutes ses questions sans se sentir jugé), c’est à mon avis la clé du succès 🙂
      Il n’y a pas de question bête, et les médecins / autres professionnels n’ont pas forcément la possibilité d’anticiper toutes les craintes pour y répondre avant que la question ne soit posée.
      Bonne journée 🙂

      1. jo

        Heureusement il y a aussi des maternites a l’ecoute… des sage femmes qui rassurent les futures mamans sur leurs capacites a accoucher plutot qu’etre accouchees, a faire plutot qu’a laisser faire. Je me permets de vous conseiller le livre “message d’une sage femme pour une naissance libre” d’ariane secchia, qui a ete une reelle revelation durant ma grossesse, et qui a continue de change bien des choses sur ma facon de voir la vie… meme apres! 🙂

  50. Helene

    Jai donne naissance a ma fille ainee il y a trois ans et demi a tel aviv en israel,je ne voulais pas de peri, et pour cela je nai aps eu droit a une chambre, jai travaille dans le hall avec les images des bombardements en boucle a la tele… Quand jai enfin pu faire une douche jai garde mes chaussettes tellement cetait sale par terre. Lorsque jai enfin demande la peri, on a cesse de me traduire en amglais ce quil se passait ce quil marrivait, on ma menti pour percer la poche des eaux et coupe alors que je criais Non, tirer sur le cordon pour sortir le placenta alors que je criais Non, emmene ma fille en parfaite sante loin de moi pendant 5 longues heures dont je ne sais rien, alors que je criais Non….
    Jai eu mal , tres mal, je ne pouvais pas massoir, pendant 15 mois et ensuite jai vu une reflexologue car je nai plus revu un gynecologue depuis. Elle ma conseille des massages avec de lhuile chaude, jen vomissais au debut, puis ca ma aide. Jai donne naissance a ma deuxieme fille, chez moi, dans mon salon, avec deux sage femme qui ne mont jamais touche car elles ont comprit. Jai eu une dechirure, qui na pas ete recousue et cest seulement ca qui ma enfin guerit des douleurs de lepisiotomie de mon premier accouchement. Je nai pas vu de gynecologue depuis 3 ans et demi malgre un papillomavirus que je ne suis plus donc , par choix, parce que ma sante mentale est plus importante mais je souffre encore de stress post traumatique.. Notament le bruit de lepisiotomie me hante… Depuis je suis rentree en france mais je me rends compte quici aussi la situation est dramatique. Jai rendez vous lundi pour creer mon association pour ecouter, soutenir, informer les femmes et lutter contre les violences obstetricales. Au plaisir de vous lire. A bientot. Helene

  51. Muck

    Je suis de cette génération de sage-femmes à qui on a appris qu’une épisio ne se fait que sur “indication”, qui se pose la question 10 000 fois avant de faire le geste, qui a quelques fois culpabilisé de ne pas l’avoir fait quand la déchirure naturelle a filé bien trop loin…Je me suis parfois pris quelques suées à suturer des tissus friables, sachant que la cicatrisation serait probablement laborieuse. Durant nos études, on avait plusieurs “suivis de suture” à remplir : une fiche concernant une suture que nous avions réalisée, et nous demandant de retourner voir la patiente à qques j de son accouchement pour apprécier la qualité de la cicatrice et le ressenti de la femme. Par contre je ne me vois pas dire à une patiente en plein efforts expulsifs “il faudrait que je coupe pour telle ou telle raison, etes vous d’accord?”. Qui se voit répondre “allez-y, coupez mon périnée avec des ciseaux”?? Cela fait partie du contrat entre le professionnel et le patient. J’ai encore du mal à croire que certains professionnels de santé puisent dire à des patientes qu’elles sont “chochotes”. La glace, les antalgiques, en service de suites de couches, c’est un ballet incessant. Dire les choses aussi, c’est important. Parler toujours au moment de la sortie de la reprise des rapports, de l’utilisation de lubrifiants, du massage de la cicatrice pour éviter la fibrose… Même si je sais qu’à 3j de leur accouchement, elles auront plutôt retenu quand aller chez le pediatre ou combien mettre d’eau dans le biberon. De plus, tout cela fait partie des non dits de notre société… On va serrer les dents sur sa douleur quand les grand parents vont débarquer en disant “oui oui tout va bien”, on ne va pas parler de cet état dépressif qui s’installe depuis des mois depuis la naissance du bébé parce que “ce n’est pas normal”…Bref…quand quelqu’un lance ce genre de récit, tant de personnes reconnaissent là leur quotidien…c’est bien dommage. Allez, il fait beau, je vais aller prendre ma garde et distribuer quelques poches de glace… 😉

  52. CécileD

    Bonjour à toutes et à tous,
    Très touchée comme beaucoup de femmes qui ont connu la maternité…
    Mon sentiment après 2 accouchements au sein de maternités “normales” publiques est qu’il y a une MALTRAITANCE ORDINAIRE et ETABLIE.
    Souvent moins grave que celle qu’a subi C. mais franchement, il y a peu d’écoute (en 15 minutes de rendez-vous avec 2 heures de retard…), les cours de préparation à l’hôpital sont souvent faits en groupe de 15 (allez poser des questions intimes ou étaler vos angoisses devant autant de monde), les accouchements sont hypermédicalisés (ocytocine à chaque fois pour accélérer l’accouchement et donc libérer la chambre plus vite ; péridurale proposée aussi systématiquement et mal vu si on refuse car on prend le risque de passer l’heure limite et le personnel soignant préfère avoir une maman calme qui ne manifeste pas sa douleur, ça fait désordre… ; monitoring en permanence donc difficile de bouger, marcher, changer de position , on se fait même engueuler ; épisio sans consentement et parfois sans nécessité, si on pouvait se masser le périnée pendant le travail pour le détendre, est-ce qu’on ne diminuerai pas le nb d’épisio ?), le toucher vaginal est systématique à toutes les visites de contrôle (est-ce vraiment nécessaire ??? Par exemple lors de ma 2 ème grossesse : diabète gestationnel alors visite toutes les semaines et TOUTES les semaines un toucher vaginal… pourtant je ne suis ni pudique ni chochotte mais quand même il y a des limites… Bref, pour se voir respectée et écoutée il faut aller dans des structures “spéciales”, privées… ça devrait pourtant être la norme… Alors oui les maternités sont surchargées, le personnel soignant débordé mais est-ce que ceci peut “excuser” cela ?

    1. CécileD

      1er accouchement par césarienne à 21h30, en salle de réveil l’infirmier m’a dit que l’infirmière de nuit me ferai une piqûre de morphine à mon arrivée en chambre. J’ai pleuré juqu’à 5h du matin avant qu’elle n’accepte de me la faire. Incompréhension totale… Pourquoi me laisser souffrir alors que j’aurai pu essayer de dormir et de récupérer un peu… Si c’est pas du sadisme ou de la connerie humaine…

  53. celine-du-1-3e

    Je pourrais ajouter mon témoignage d’accouchements, de geste et des sermonts reçus à l’époque (2010 donc plutot récent). Mais je refuse de regarder en arrière. Et en lisant en temps que patiente et interessée par la médecine et la recherche, votre blog et celui de certains de vos confrères, je suis heureuse de voir jaillir une génération de soignants qui malgré l’enseignement encore très (trop) formaté par les écoles de médecine, ont une vision du patient autre qu’un objet à réparer. On peut se dire qu’il y a de l’espoir et être fier de ce que vous êtes et devenez non (passez ce message à votre Môman, elle sera contente).
    En toute sincerité. Celine

  54. Gi-ron-dine

    Comment dire, le début de ton récit…j’aurais pu écrire le même ! la différence c’est que je n’ai pas eu besoin d’opération pour “reprendre ” l’épisio. Une sage femme expérimentée et d’innombrables séances pour d’abord enlever le sac de noeuds de fils de suture puis ensuite masser la cicatrice énorme douloureuse et handicapante ont “suffi” avant une looongue rééducation … et grâce à elle pouvoir me reapproprier mon corps. Mais si elle n’avait pas été là… ma 2 ème fille ne serait pas la non plus. J’aurais pas pu. Physiquement et psychologiquement. Elle qui est née si vite et si naturellement et qui m’a fait découvrir qu’accouchement ne rimait pas obligatoirement avec cauchemar… Certains obstétriciens ont raté leur vocation. Ou alors la filière boucherie c’était la porte à côté ils se sont trompés en entrant … j’en ris maintnéant, parce que de toute manière il vaut mieux…si on y arrive.

  55. Cath

    je réagis aux remarques désobligeantes du corps médical dans les dossiers. Du temps où j’étais jeune, j’avais fait un bilan de santé, et le crétin de service s’était autorisé à écrire que je “m’écoutais trop”. L’avait jamais dû voir des oedèmes de Quincke à plein régime cet ahuri… ( z’avez noté l’effet de style ponctué ?). Résultat, je refuse tius les bilans qu’on me propose et lorsque j’ai une visite obligatoire, c’est “circulez, rien à voir”. Avec “non” ou ” je ne sais pas” comme réponses uniques.
    Et si il y en avait un qui oserait se permettre de me traiter de chochotte, je m’empresserais de le raccompagner aux bornes de la décense – je vous laisse imaginer comment !
    J’ai le plus grand respect pour les médecins dignes de ce nom, ceux qui respectent leurs patients. Je me défie des autres et ne leur permets pas de familiarités. De toutes les façons, je ne les fréquente pas.
    Je suis outrée dees traitements subis par ceux et celles qui témoignent. Il leur faut bien du courage. Suis remontée comme un coucou suisse. Pardon

  56. Camille

    J’ai eu la chance d’avoir un accouchement heureux bien que compliqué, un gynécologue en or qui a “sauvé la voie basse”, alors que vu le contexte beaucoup auraient fait une césarienne pour en finir et retourner de coucher digit ma sage-femme. Je mesure ma chance.
    J’avais eu un déclic il y a quelques années qui m’a incité à chercher le “bon”, celui avec qui je me sentirais en phase, suite à un incident presque anecdotique mais qui démontre un cruel manque d’empathie, encore pire quand la gynécologue est une femme :
    22 ans, pas d’enfants, je débarque dans une ville que je connais pas, pour un boulot mal payé, j’y rencontre mon futur mari et quand ça devient “sérieux” je commence à me dire qu’oublier sa pilule tous les mois n’est pas une solution. Naïvement j’appelle la seule gynécologue secteur 1 du coin, pas de gros moyens donc je peux me permettre de claquer 50€ pour une simple consultation. J’arrive au rendez-vous, 45 minutes de retard, bonjour je ne veux plus de la pilule, je veux autre chose. Dans ma tête je pense ” un stérilet hormonal ça serait top, je l’oublierais pas et avec un peu de chance plus de ces fichues règles hémorragiques qui me gâchent la vie depuis des années “, sauf que en face de moi j’ai une espèce de sorcière qui me fait ressentir que c’est pas à moi de savoir ! Donc elle énumères toutes les contraceptions possibles, même les plus farfelues, toutes sauf le DIU ! Quand je dis elle énumère: juste des noms sans autres informations. Bon vous voulez laquelle ? MOI: Euh… Elle: bon ben je vous met des patchs, c’est pas remboursé mais faut savoir ce qu’on veut! Et le pire: elle me dit de régler sa secrétaire et me mets dehors encore en soutien-gorge ! Avec un long soupir qui disait: Ben oui je vais pas perdre de temps pendant que vous vous rhabillez !
    À la suite de ça, j’ai jamais été acheter les fameux patchs, j’ai demandé aux collègues, à la belle famille, à ma généraliste, l’adresse d’un “bon gynécologue”, j’ai prévu un budget pour les fais non remboursés mais j’ai fini par trouver mon super gygy !

  57. Emmanuelle

    Et quand est-ce qu’on arrêtera tout simplement de faire des épisiotomies ? Je suis d’accord avec @Nicole sauf sur un point : l’épisiotomie n’a pas été inventée “pour des bonnes raisons” mais parce qu’on oblige la plupart du temps les femmes à accoucher sur le dos les pieds en l’air. Et pas pour leur confort ni pour le bon déroulement de la naissance mais pour le confort du corps médical.

    Foutez la paix aux parturientes ! Laissez-les expulser leur bébé dans la position qui leur convient et vous verrez qu’elles choisiront rarement de se mettre sur le dos. Et qu’il n’y aura plus besoin d’épisio, sauf dans de très rares cas. (Pratiquement plus besoin d’extraction instrumentale non plus, d’ailleurs).
    Il a depuis longtemps été démontré que cette opération n’était ni nécessaire ni bénéfique, même pour le futur de la femme. Et quand elle a les conséquences racontées par C. ou les commentatrices, elle s’apparente à une mutilation, d’autant plus révoltante qu’elle est inutile. C’est juste une prise de pouvoir sur le corps de la femme et sur sa sexualité.

    Pour ma part, deux accouchements à la maison, accroupie, beaux bébés… mais naissances faciles et pas une égratignure sur mon périnée, même la première fois. J’ai eu de la chance, celle de pouvoir accoucher comme je le sentais.

    @C. Je vous souhaite que cela s’arrange. De tout cœur.

    1. Anne

      oui ! les soignants de tous ordres sont là pour ACCOMPAGNER la femme et l’AIDER à accoucher, à accueillir une nouvelle personne ici-bas, pas pour lui imposer leurs desiderata égocentriques. Pour ce moment unique dans la vie, recherchons les personnes en qui nous pouvons avoir vraiment confiance, qui veulent nous aider, et préparons nous physiquement (conscience du corps et du travail, des muscles à mettre en oeuvre, à contracter, à relâcher, des positions pour favoriser ce travail, spécifiques à chaque personne) et moralement (c’est moi qui accouche, qui met au monde, et les professionnels présents mettent leur savoir et leurs expérience à mon service pour accueillir pleinement et bonnement une nouvelle personne, c’est mon désir et il a toute valeur face aux diverses pressions).
      Quand un soignant agit comme dans le témoignage de C., il est soit lourdement & gravement incompétent soit sadique -règlement de compte avec les femmes- soit les 2 à la fois. A fuir en lui claquant la porte au nez.

    2. Nicole

      Tout à fait d’accord concernant l’accouchement sur le dos ! Comment faire pour que nos maternités l’adoptent ou au moins le proposent, plus compliqué ! Pour l’examen gynécologique en dehors de l’accouchement, la table, avec la patiente sur le dos, c’est une bonne solution.
      Il faudrait “se servir”, dans les habitudes ancestrales et de ce qui se fait dans d’autres contrées encore aujourd’hui, des pratiques facilitantes pour l’accouchée, tout en se rappelant des pourcentages de mortalité infantile et maternelle de ces pays. Ne pas surmédicaliser un accouchement “normal”, il faudrait s’y attacher. Être prêt d’une structure qui répondra aux complications imprévisibles semble sage. Se refuser cette opportunité ou y encourager une future maman, est un conseil difficile à proposer.
      J’ai dû pratiquer plusieurs accouchements à domicile ou dans une ambulance des Sapeurs-pompiers, accouchements non prévus que ce soit un déni de grossesse, une grossesse cachée ou méconnue, une multipare surprise par la rapidité du travail, aucune complication. Pourtant je me garderai bien, sur un “échantillon” de patientes aussi petit, de tirer des conclusions hâtives.
      Quoi qu’il en soit, une prise en charge efficace implique une bonne écoute, une bonne information et le respect de la personne soignée, ça, c’est une évidence.
      Pour la petite histoire, puisque ce blog permet aussi de se “raconter”, bien que cela remonte aux années 1975, 1976 et …1990 ( Le cadeau de la 40aine), j’ai vécu 3 accouchements merveilleux ! En 5ème et 6ème année de médecine avec des élèves sage-femmes, formation de CHU oblige, j’ai imposé (étant difficile à manager par qui que ce soit) que l’on me laisse marcher jusqu’à ce que la dilatation soit complète ( avec arrêt sur images pendant les contractions) et pour la petite dernière dans la clinique proche du village où j’étais médecin de campagne, j’ai refusé la péridurale….. mais ai demandé à mon confrère et ami qui est arrivé pour l’expulsion, de ne pas hésiter à me faire bénéficier d’une troisième épisiotomie si cela était nécessaire. Pour la troisième fois, j’ai bénéficié d’une épisiotomie bien faite, sans complication.
      Malheureusement vos témoignages et certains récits de mes patientes témoignent qu’il n’en est pas toujours ainsi. Ce que je déplore et qui doit être amélioré.

      1. Emmanuelle

        @Nicole : Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’aller chercher des habitudes ancestrales ou dans d’autres pays (et au passage, leurs taux de mortalité sont dûs au manque d’hygiène et de structure médicale, pas à la position de la parturiente). Il suffit de ne pas intervenir, de ne rien imposer. De ne PAS faire, justement. Ou alors juste en l’invitant à prendre la position dans laquelle elle se sent bien et c’est tout. Le corps des femme sait accoucher. Et elles sauront faire pour peu qu’on leur en laisse le loisir et qu’on ne leur bourre pas le crâne en leur faisant croire qu’elles ne peuvent pas.
        Pour moi, imposer une position dans un moment si intense (y compris physiquement), c’est là que commence la maltraitance. Même si c’est fait avec gentillesse.
        Quant au comment faire… C’est tellement une évidence physiologique qu’il faut qu’il y ait autre chose que l’intérêt médical de la mère et de l’enfant dans les motivations qui poussent les “soignants” à s’accrocher à ces vieilles pratiques passéistes. Prise de pouvoir, infantilisation, etc.

        1. Nicole

          Merci Emmanuelle pour votre confiance dans la capacité de l’Être à sentir seul, sans suggestion, ce qui est bien pour lui. Comme j’aimerais qu’il nous reste assez d'”animalité” pour avoir gardé cette capacité dans notre inné !
          Mon expérience de vieille dame et de médecin qui a eu une longue carrière avec des horizons différents, m’a démontré et je le déplore que nous étions loin d’avoir conservé ces aptitudes. Pourtant être à l’écoute et permettre autant que faire se peut, d’accéder aux demandes de la mère, comme vous l’évoquer, j’y adhère.
          Je suis d’accord également avec le fait que la mortalité infantile et maternelle là où elle reste élevée est pour la majeure partie due à l’absence d’hygiène. Je voulais simplement suggerer que nous ne connaissions pas les suites éventuellement lourdes des déchirures, à ne pas confondre avec des éraillures qui sont banales et heureusement, elles, sans suites.
          Ce débat sur l'”homme bon” plein de mansuétude pour l’autre, m’évoque les Écrits ( oh combien passionnants, emplis d’idéalisme, de conseils avisés autant politiques qu’éducatifs !!!) de notre grand Rousseau. La vie qu’il a mené, par contre, quelle horrible exemple !! Donc il y a dire et faire. D’où ma prudence dans le “ce qu’il faudrait faire” qui passe par le “COMMENT y parvenir “.
          Mon souhait serait de toujours chercher à faire suivre des où mes écrits, de : voilà des moyens pour y parvenir. Sinon, nous en resterions aux belles phrases de Rousseau… les vœux pieux et les belles phrases……
          Alors je redis, vous, futures accouchées et vous mes jeunes ou moins jeunes confrères en activité, comment pourrions-nous interagir pour modifier et améliorer ces situations déplorables !
          Je suis certaine qu’il y a des portes à pousser et des solutions qui vont voir le jour….
          Espoir en demain qui pense (et panse, lol), trouve et fait !

  58. lectrice boulimique

    Quel(s) témoignage(s) poignants… et que de travail de réconciliation encore à faire… surtout en gynécologique on dirait. Mais bon sang les docteurs ils ont bien des mères ??? (merci à celle de Bi-Bi, elle semble lui avoir transmis l’essentiel : le B.A.-BA de la compassion!)
    Il y a aussi bcp de travail pour les (bons) psy…

    Mon témoignage ne sera pas “à la hauteur” mais s’il peut servir à qqun le voilà.

    Je n’ai pas fait d’enfant, je n’ai fait que des règles hémorragiques avec kystes et ça m’a suffi.
    Travail de bureau, position assise mais grosses douleurs dorsales et épuisement. J’en parle à la médecine du travail, réponse: circulez y a rien à voir ! tout au plus me conseillait-on de changer de lunettes pour m’accommoder à l’ordinateur. Le mot “chochotte” n’a pas été prononcé mais pensé assez fort pour que je l’entende.
    Je change de siège de bureau et j’amène un des miens, où on se place en position à genoux et sans dossier. (au diable le soi disant siège ergo, je ne tenais pas + de 2h dessus). Au bureau tout le monde se marre mais diminution de la douleur dorsale! Pour les règles passage à la maison médicale. Echographie mais qui rate un kyste visible comme le nez au milieu de la figure donc bilan: R.A.S.. Rien A Signaler. Je sors de là en me disant R.A.S., Résous-toi A Souffrir !

    Deux ans et demi de perdus plus tard, après prise de sang catastrophique: d’abord 6 tentatives d’obtenir rendez-vous chez des gynécos “trop occupé(e)s, on ne prend plus d’autre patiente”, ensuite passage ds un hôpital réputé pour son secteur gynéco-obstétrico.
    En position foufoune à l’air, j’attends…longtemps… et entends le gynéco et son assistant s’engu… (ça ira comme ça les points de suspension?) comme du poisson pourri parce que l’imprimante ne marche pas, donc pas d’écho, madame vous allez direct prendre rv pour les rayons x ! Aucune explication officielle autre que les eng… captées par dessus le (mini)paravent. A ma question sur en quoi consiste l’examen qu’on veut m’imposer, c’est la secrétaire qui répond: “euh c’est pas très agréable comme examen madame”. Je tourne les talons quitte l’hopital et cherche un autre gynéco! (pour rappel: urgence, anémie galopante nécessitant transfusion, plus d’un mois perdu en téléphonades et cette visite!)

    Enfin , à deux heures de route de chez moi je trouve la perle rare. Perle masculine (le sexe et l’empathie ne sont pas interdépendants), répond à TOUTES les questions sans rire de moi, fait même un dessin pour que je comprenne mieux… examine avec échog + caméra optique et trouve 2 kystes ! Opération 1 + régime alimentaire…. 2 rechutes anémiques, chaque fois DocGynéco suit, encourage… puis à la 3e rechute on se résout à “la totale” mais au moins c’est après avoir tout essayé, et Opération 2 bien expliquée, négociée (touche pas à mes ovaires), faite et suivie proprement.

    Je retiens de tout ça que la première chose à enseigner à un jeune médecin c’est que soigner veut dire aussi et surtout expliquer, informer et qu’aucun(e) patient(e) ne pose de question idiote: la question idiote est celle qu’on n’ose pas poser par peur des réactions du médecin. MAIS CA DANS QUEL COURS EN PARLE-T-ON???

    1. ImmaterialGirl

      En fac, enfin, je suppose que ça dépend encore de la fac, il y a en première année (sssssélection !) des cours de Santé, Société, Humanités.
      Des cours – parfois – à recracher au mot près, où on peut avoir comme mot clé “éducation thérapeutique”, “expliquer”, “humilité”, “relation partenariale”. Voire, si on épluche les cours sur la relation médecin-soignant : “relation de confiance”, “respect du contrat moral”.

      On nous apprends des mots clés. On apprend des mots sans en appendre le fond ; l’humanité s’arrête à l’aune de quelques livres ou pages blanches. Il y a des connards qui retiennent des mots-clés mieux que des êtres avec du coeur, stupidité du cursus ; mais les carabins qui passent le filtre ne sont pas tous des sans-coeurs.

      J’ai vu une chirurgienne-prof s’énerver en cours, une fois, après avoir entendu des ricanements intempestifs au sujet des souffrances des patients. Elle avait vraiment l’air outré :
      “Vous êtes là pour soigner les gens. SOIGNER. Les gens, c’est le coeur de votre métier ; sinon, c’est que vous n’êtes pas à votre place”. Elle brûlait du feu sacré, c’était terrifiant et beau à voir. Elle le pensait vraiment.

      Pourtant, il semble que certaines choses soient, malheureusement, faciles à oublier.

  59. Nukewoman

    Un peu beaucoup d’émotion en lisant ce billet… Moins pour l’épisiotomie en soi (subie pour 4 de mes 5 naissances) mais – surtout de nos jours – pour le manque de respect minimum de l’obstétricien envers la jeune maman, un mépris intrinsèque évident pour La Femme, son fond de commerce quand même ! Cela a fait remonter un horrible souvenir, 1er bébé moi aussi, mais “fille-mère” comme on disait fin des années 60, et où l’accoucheur (autre terme de l’époque) a refusé (après 20 h de travail) que l’on calme un peu la douleur en disant bien fort au personnel “cela lui apprendra à aller courir les garçons “… J’avais 22 ans! Lui, un grand nom à Marseille, ami de mes parents et patron d’une clinique renommée. Deuxième naissance (mariée entre temps), fin du 8ème mois, rentrée du Cameroun où nous étions en poste, j’arrive dans son cabinet avec le dossier médical de suivi de ma grossesse qui avait été difficile. Je le lui donne et il le balance littéralement sur un meuble plus loin et nous annonce que de toutes les façons les médecins militaires n’y connaissent rien ! Nous sommes sortis totalement choqués. J’ai finalement accouché 4 jours plus tard près de Lyon, accueillie en toute gentillesse et sérénité malgré une arrivée inopinée et tardive à l’hôpital local le samedi soir (et sans dossier médical). De même pour les 3 naissances suivantes, y compris une compliquée, toujours à l’étranger, je n’ai eu affaire qu’à des médecins attentifs, respectueux et prêts à partager l’information pour limiter nos inquiétudes.

    1. Cathh

      Le grand nom avait la grosse tête et ça lui est retombé en oedème sur les chevilles quoi !
      Il y a eu des “grands noms ” de la médecine, des gynécologues, qui ne se sont pas couverts de gloire, et dont on a retenu les noms précisément pour les combats qu’ils ont mené contre la liberté des femmes à disposer d’elles-même ! Quand on regarde les images d’archives de l’époque, ils sont à vomir de suffisance et de médiocrité morale. Il est vrai qu’on ne place pas tous notre morale là où on s’assied. Voilà pour ces “grands hommes”, hommes avec une minuscule…

  60. schinooka

    Il n’y a malheureusement pas besoin d’aller bien loin pour trouver nombre d’histoires similaires. C’est sur les forums auféminin, forums des mamans enceintes que j’ai découvert tout cela lorsque j’étais enceinte de mon premier. Le nombre de femmes ayant subi ce genre de boucherie est effarant.
    Encore plus effarant, certaines mamans pensent très sincèrement que c’est normal, et que tout le monde ou presque doit y passer.
    Il faudrait conseiller à tous les futurs médecins la lecture des forums, ils y découvriraient l’autre côté du miroir…
    (Moi, du coup, je me suis précipitée chez une sage femme libérale !)
    Toutes mes pensées à celles qui ont subi cela.

  61. Karine

    Bonsoir
    Comme beaucoup je lis ce blog régulièrement, généralement sans commenter. Mais ce texte est si terrible.Alors oui: bon courage à C.et non non désespérez pas. Et je mesure la chance que j’ai eu, sages femmes super, gyneco humain (qui laisse gérer les sages femmes et fait son job proprement), suivi efficace par ma gyneco qui a su entendre la douleur, reperer la cicatrisation qui foire, et donner les bons conseils et medic. Donc oui jeunes femmes qui n’avaient pas encore accouchées, tout ne se passe pas toujours mal. J’ai été déclenchée la première fois, on m’a expliqué, j’ai pu marché,faire du ballon ….et tout s’est bien passé;
    Pourtant …..pourtant on ne m’a pas dit non plus qu’on allait ‘couper’ (pour aucun des 2 accouchements), on a pincé mes seins pour voir si le lait montait (sans demander la permission ni même prévenir), on n’a pas vraiment compris mon inquiétude à aller à la selle (pourquoi ?la cicatrice est vraiment loin vous savez? ah bon cj’ai pas l’impression moi …), j’en oublie bien sur
    et puis vers qui se tourner pour dire la douleur supportable mais chronique pendant plus d’un mois (accouchement, cicatrisation, hemorroides, montée de lait, cicatrisation encore et toujours, uterus (ben pourquoi ca fait mal), les premiers rapports et puis les suivants, …..)
    et la sensation d’etre prise pour un morceau de viande avec un trou par les radiologues/echographes qui semble t’il trouve absolument nécessaire d’utiliser une sonde interne sans délicatesse aucune bien sur
    Dernier point, qui peut sembler bien faible par rapprot au reste et surtout au témoignage initial, je me suis mise plus de 20 fois nue en 14mois devant des medecins/sage femme, je ne suis pas pudique mais à la fin ca devient insupportable.
    De manière objective mes grossesses se sont bien passées, mes accouchements se sont bien passés, mon mari a été un soutien continu, compréhensif et patient et pourtant l’idée de recommencer m’est insupportable (un an après), l’avenir dira si je retente l’aventure.
    Désolé pour ce long message, toute ma sympathie à C.et autres femmes qui ont vécues de tels calvaires.

  62. Daix

    Ne pourrait-on pas mettre en place l’obligation pour le/la gynéco de recueillir par écrit le consentement de la patiente à une éventuelle épisiotomie ? Est-ce si difficile à mettre en place ?
    Car, ce qui est déconcertant, c’est que cela fait plusieurs fois que je lis que des patientes sont opposées à l’épisio mais que le toubib accoucheur n’en tient absolument pas compte.
    Puis ajouter un petit paragraphe sur ce document écrit “s’il y a lieu à épisiotomie, celle-ci ne sera recousue qu’avec le nombre minimal de points”.
    Et même de préciser : “La césarienne ne sera pratiquée qu’en cas d’urgence médicale dûment justifiée”.
    Ce qui me terrasse et me révolte, c’est de voir combien certains “bouchers” massacrent la vie de ces femmes, et cela continue alors que le combat a commencé depuis au moins 30 ans, parce que les “mauvais” se servent du silence des femmes -c’est si difficile d’en parler- du fait que lorsqu’elles en parlent ils peuvent continuer à s’en foutre car leur anonymat est conservé, donc ils/elles continuent à sévir en toute impunité.
    Un document écrit et signé par la patiente ne dérangera pas les bons soignants, humains et respectueux, mais fera, je crois, réfléchir et changer (oui, de force) les “bouchers”.

    J’envoie plein de douceur et d’affection à l’auteure de ce texte et toutes celles qui ont eu à subir cette douleur.
    Merci vraiment à toi Baptiste d’avoir publié ce texte, de faire savoir, de faire comprendre. De libérer la parole.

  63. Marie

    Je suis en école d’infirmière, j’ai passé cinq semaines en stage en salle de naissance au début d’année, et toutes mes images de l’infirmière compatissante, respectueuse de la douleur et de l’anxiété de la maman en ont pris un coup. J’ai entendu des moqueries sur la non-épilation intime d’une femme “sous pretexte qu’elle est enceinte, elle se laisse vraiment aller, il doit être ravi le papa !”, j’ai vu une infirmière envoyer littéralement chier une patiente un peu agressive parce qu’à bout de force à cause des contractions, j’ai vu des sage-femmes et des infirmières juger et critiquer des femmes “chochottes”, j’ai vu des moqueries face à un papa musulman qui a commencé à prier une fois le bébé né, des moqueries sur celles qui ont l’audace de vouloir accoucher sans péridurale… et tout ça en cinq semaines. Dans un service de maternité de niveau 3 d’un grand CHU parisien, là où on va en toute confiance.
    Je pensais enfin pouvoir voir de la joie et de la gaité à l’hôpital, j’ai pas été déçue…

  64. Anne

    Pour C. : lâchez la bouteille, y’a un/des con(s) qui vous ont assez fait souffrir, ne les laissez pas vous empoisonner de plus, plongez votre regard dans les yeux de vos enfants-merveilles, c’est pour eux que ça vaut le coup d’avancer, et c’est pour vous que ça vaut le coup de trouver d’autres sources possibles de soulagement (yoga ? chindaï ? qi gong ? sophrologie ? massages ? quelque chose de doux svp !) pour que la douceur infuse votre vie. Je vous souhaite le meilleur. X X X

  65. Laitue Sévère

    Non, mais t’es une femme, t’es là pour en chier, et ton corps n’est qu’un objet dont ils se foutent bien du moment qu’ils peuvent y jouir, s’en servir pour pondre des mouflets ou encore, si tu es fraiche et jeune, bonne à tripoter dans le métro quand ils se font chier en allant au boulot…

    Les obstétriciens sont des bouchers qui ne respectent pas le corps des femmes, l’obstétrique est à revoir de A à Z, ce métier devrait être interdit aux hommes cisgenres, rien que la position d’accouchement dans les étriers est un non sens physiologique fait uniquement pour le confort des soignants, l’accouchement sur rendez-vous & provoqué est un scandale sanitaire par rapport au nombre de fois où ça se termine en césarienne, tous les obstétriciens qui se sont permis de recoudre “un peu serré” aka le “point du papa” devrait être devant des tribunaux pour acte médical à l’encontre de l’intérêt des patientes, et sache le, femme, dès que tu rentres dans une maternité, on va juste être très pressé de sortir par n’importe quel moyen le futur de l’humanité de ton ventre quitte à te défoncer le sexe et ta future vie sexuelle… et ta chatte est là devenue une gare de triage où n’importe qui va mettre la main, sans forcément te demander ton avis… les pudiques, bon courage!

    Donc, voilà, non, le corps des femmes n’est pas plus respecté dans la médecine qu’ailleurs…

    Allons dans le sens de la nature au lieu de se comporter comme des bourrins, par exemple, pourquoi ne pas conseiller aux femmes qui approchent du terme d’utiliser des godes de plus en plus gros pour assouplir le passage ??? A 10cm de dilatation, c’est bon, plus besoin d’épisio !!!
    Sachant qu’en fin de grossesse, après 9 mois d’infusion hormonale, le vagin est semblable à de la pâte à modeler très très malléable !!!
    Ah ben oui… non, c’est cracra de proposer à des femmes enceintes de se branler avec de gros godes bien larges, c’est plus marrant d’y aller aux ciseaux le jour de l’accouchement …
    C’est con parce que la méthode gode marche et une semaine après l’ accouchement, reprendre le vélo…

    Gardez le pouvoir, les filles, retrouvons un accouchement de mammifère, bordel!
    Ils nous emmerdent ces mecs à perpétuellement prétendre qu’on a besoin d’eux, pour tout, FUCK !
    Donner la vie, c’est une affaire de Sorcières.

    Là, des femmes qui disent pareil plus poliment, plus clairement et documenté…
    http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2014/01/10/episiotomie-excision-ce-sexe-feminin-qui-effraye/#comment-466
    http://sorcieredulogis.blogspot.fr/2013/04/lepisiotomie-pour-ceux-qui-veulent.html

    Reprendre le pouvoir sur nos corps … Tu as déjà vu ton col de l’utérus, toi ?
    http://docteureduchesne.tumblr.com/
    ET
    Apprenez que votre clitoris n’est pas ce petit truc ridicule qui dépasse mais un vrai organe qui prépare le vagin à la pénétration…
    http://www.the-clitoris.com/3d_animations_of_the_anatomy_of_the_clitoris_and_vulva

    Chaton, t’as bien fait de ne pas mettre d’image.
    Chère Madame, auteur de ce texte, pour la douleur au moment des rapports, vous avez essayé l’herbe au lieu de l’alcool ? Mais franchement, c’est dégueulasse ce qu’on vous a fait!!!

    1. Baptiste Beaulieu

      Bonjour Laitue
      Je vous rejoins sur bcp de points… Mais ! Ce serait super de ne pas essentialiser la profession médicale. Tous les obstétriciens sont etc… c’est faux. Il y a des idiots partout. Et des gens biens partout.
      Quand à interdire la profession aux mâles cis-genre, je reste perplexe. C’est une mesure que ne renieraient pas les fondamentalistes de tous bords.
      Après, j’entends votre douleur (même si, en tant qu’homme je ne la connais pas). Mais je compatis.
      Prenez soin de vous !
      (Paillettes et licornes)
      B.

      1. Nicole

        Quel puissant outil que ce blog ! La libération de la parole, l’expression accordée pour dire toutes ces souffrances, est puissante, j’en suis certaine, pour toutes ces femmes qui ont pu témoigner.
        Généraliser le fait que l’obstétricien est synonyme de boucher, serait aberrant et faux. Mais comme pour tout autre vécu, le “tout va bien” n’est pas dit….. parce qu’inutile ! Raison pour laquelle ce blog est si utile.
        Néanmoins gardons en conscience que beaucoup de sage-femmes et d’accoucheurs travaillent avec compétence ET compassion.
        Pour les futures mamans angoissées après avoir lu ces témoignages, oser verbaliser vos doutes, vos craintes, dire vos questionnements au professionnel de santé qui va vous accoucher et…. si … son attitude, ses réponses ne sont pas à la hauteur de vos attentes… changez de partenaire médical ET dites lui quelle en est la raison…
        Cela pourrait être un premier pas vers un mieux… peut-être…

        1. Libellule

          Mais on ne peut pas savoir qui va nous faire accoucher (sauf si accouchement programmé). Heureusement pour elles/eux, les sages-femmes et obstétriciens qui nous suivent pendant la grossesse, à dates et heures fixées par RDV, ne sont pas de garde 24h sur 24 à l’hôpital/la clinique !
          Cela dit, parfois on a la possibilité de choisir une structure réputée pour sa bonne prise en charge, qui limite les risques de tomber sur un(e) naze.

          1. Nicole

            Un peu vrai !! Les temps ont changé et l’on n’est plus disponible à H 24 maintenant ! C’est bien pour les médecins…. moins rassurant pour les malades…. C’est la modernité ou l’évolution incontournable de la profession….

  66. Agnès

    Votre texte m’a fait penser à mon accouchement n01, pourtant dans une maternité parisienne réputée pour sa douceur et sa vision naturelle de l’accouchement. Ce jour là, obstétricienne de garde. Je pousse 40 min comme une dingue, mais mon fils fait du toboggan, il monte, monte, et redescend. L’obstétricienne est appelée. Elle s’installe, la tension monte, les SF sont au garde à vous instantanément. Elle me coupe, je n’ai pas d’anesthésie. Je ne sens rien tellement j’ai mal par ailleurs. Passons sur la naissance en tant quel tel, bien qu’elle m’ait littéralement engueullée, parce que je ne poussais plus quand elle a utilisé la ventouse. Sauf qu’elle ne m’a jamais prévenue qu’elle utilisait une ventouse, NI qui fallait que je continue de pousser pendant qu’elle ce toisait mon bébé. Moi, j’avais imaginé que la ventouse ferait tout le travail… On ne peut pas deviner, quand on ne sait pas!!! Mon fils nait, et pendant premier notre gros câlin, elle me recoud. C’est là que je comprends qu’elle m’a fait une EPISIO A VIF!!! Et qu’elle me RECOUD A VIF! Je gigote, j’ai mal, et elle m’engueulle. Encore. Parce que je bouge. Et là, je lui dis timidement “oui mais j’ai mal…” La 1ère fois que j’ose dire ça, alors que ça fait plus de 12h que je souffre et que je n’ai aucun anesthésiant. Et sa reponse, formidable: “comment voulez vous que je sache que vous n’avez pas de peri si vous ne me le dites pas????” Eh bien madame, parlez à vos collègues, renseignez vous, je ne sais pas moi!
    Et elle m’a serré ma couture, œdème énorme dû aux ventouses, j’ai tellement souffert par la suite, et pendant au moins 1 an. Je me suis endormie tous les soirs en pensant à mon accouchement, jusqu’à la naissance de ma fille. Et là, la SF a été formidable et m’a massé le périnée pendant la naissance pour éviter un déchirement, qui n’a pas été evité, mais qui m’a fait souffrir 3/4 jours…
    J’appelle la 1ère obstétricienne “la bouchère”. Mon mari A été autant choqué que moi. Et je suis encore sidérée de constater que nous n’avons rien osé dire, alors que ce n’est pas dans mes habitudes. Mais là, nous étions muselés, et visiblement elle faisait cet effet là aussi aux SF…
    Alors bon courage à toutes qui ont vécu des accouchements traumatisants, et merci aux soignants qui peuvent recevoir la douleur, à qui ça ne fait pas peur…

  67. Julie

    Je lis ce texte, et je pleure…je pleure l’absence d’humanité dans un lieu qui accueille pourtant la vie…, je pleure pour C. qui, en quelques mots, raconte comment le manque d’empathie est venu gâcher un moment de vie qui aurait dû “être le plus beau” d’après le discours général imposé…, je pleure aussi parce que je ne me sens plus isolée dans mon histoire (un an sans pouvoir ne serait-ce qu’effleurer cette fichue boursouflure si douloureuse…). MERCI d’évoquer ces choses non dites mais pourtant si réelles, MERCI de bousculer ce qui doit l’être quand personne n’ose plus le faire ou ne fait tout simplement pas l’effort de se battre pour des valeurs pourtant fondamentales. Vous m’avez abreuvé l’âme et le coeur, MERCI.

  68. mimi

    Que de drames durant ces superbes moments que sont la mise au monde de nos enfants ! Je vis en province et j ai eu l immense chance d avoir un gyneco extraordinaire, je pense “comme on en fait plus”. 5 enfants, pas e peridurale, ils ont entre 25 et 38 ans. Et alors, oui j ai souffert, mais très bien accompagnée, ce qui attenue bien des souffrances. Pour notre 2eme, ce merveilleuse homme qu est ce médecin est arrivé avec son pyjama qui sortait en bas de son pantalon… pour la 4eme, en attente du médecin, une sage femme “volante” m a t elle expliqué (elle se rendait où il y avait demande), une jeune algérienne qui a dû me provoquer l accouchement, une femme merveilleuse de patience, d explications… Enfin, pour la 5e, amiosynthese (36 ans, petit frère trisomique) et cerclage.
    Accouchement compliqué et douloureux car bcpde points à l utérus suite à “petite bretelle de chair qui bloquait la tête du bébé”.
    Bref, tt cela je pense pour expliquer que ce medecin avait fait de sa profesion tte sa vie. Une vocation extraordinaire.
    Je vais être très égoïste, mais c est sans doute ce qui fait défaut à ce jour, mais je comprends que chacun a le droit d avoir une vie de famille, une vie privée tt simplement.
    Mais cet homme a été pour moi une merveilleuse rencontre, toujours reconfortant, toujours à l ecoute…
    Merci à lui pour la belle et grande famile que nous avons fondée

  69. dalla lana

    Des solutions simples et non invasives sont envisageables dans ce genre de circonstances. Cela n’effacera certes pas tous les traumatismes subis; mais dans la plupart des cas une amelioration nette voire un soulagement total de la douleur est probable avec un traitement par Indiba Activ.

  70. Anita

    Merci Baptiste d’avoir relayé ce cri du coeur de C. Et Merci à C. d’avoir ouvert un espace de discussion où, c’est évident, des torrents d’émotions ont besoin de couler.
    J’espère pour C. que d’être devenue maman, de voir grandir ses petites pousses adoucit un peu sa douleur physique. J’espère aussi qu’elle arrive à parler de ce qu’elle ressent à son homme, car il a un grand rôle à jouer dans sa rémission. Peut-être est-il d’accord d’envisager la sexualité autrement? Remplacer la pénétration, trop douloureuse et traumatisante par des caresses mutuelles en douceur par exemple! Il y a tant de choses à explorer à deux qu’il serait dommage de se limiter à ce qui fait mal. En tout cas, ça serait une meilleure alternative que l’alcool, même si un verre de vin partagé en amoureux peut aider à se mettre en conditions! Il faut remettre du romantisme dans le couple, considérer le sexe comme un bonus plutôt que comme un but ultime. Mais pour ça, il est important d’en parler ensemble!
    Des gros becs à C, et à Baptiste que je suis depuis le début (quand on voit des médecins comme lui ça donnerait presque envie d’être malade ;D )

  71. cloclo

    J’ai eu mal et de la peine en lisant ce texte. Pour ma part, si la première naissance a été douloureuse (césarienne d’urgence, convalescence très longue), j’ai eu la chance pour mon deuxième enfant d’avoir pu faire les choses comme je le voulais: pas d’épisio (alors, une grosse déchirure, oui, et mal pendant plusieurs semaines, oui, mais c’est passé!), un personnel à mon écoute, un bébé que j’ai saisi de mes propres mains et que j’ai gardé contre moi deux bonnes heures après l’accouchement… alors avoir un bébé en bonne santé, oui c’est important, c’est sûrement le plus important, mais l’avoir dans de bonnes conditions l’est aussi. Et ces conditions incluent le retour à la maison, le retour au couple aussi, car la douleur ne mène pas au bonheur sinon ça se saurait. Bon courage à C!

  72. Fabymary POPPINS

    Unz fois n’est pas coutume en lisant les comms sur ce billet si triste, ce qu’a vécu et vit encore cette patiente, je réagis en disant merci à vous Thomas et Baptiste, pour un, relayer ce récit et l’autre en tenir compte pour l’accomplissement futur de la médecine. Je bondis en lisant le texte cru de laitue sévère.

    Je suis une femme, ai eu deux enfants et je clame que on ne peut généraliser une histoire malheureuse d’accouchement et d’épisio et d’un médecin qui en a le titre mais c’est tout.

    J’ai eu des gynécos hommes pour mes deux grossesses et en plus elles ont été difficiles du au distilbène et le premier gynéco était de la génération qui a prescrit ce fichu distilbène et même si il reconnaissait pas ouvertement les causes à effet sur ma grossesse de ce médicament il a tout fait pour que ma fille naisse, sans lui et moi qui nous battions et elle, jamais je l’aurais eu.

    Le second a été très bien aussi et je retiens ces deux là et pas d’autres qui se sont conduits mal avant mon accouchement, décollant le col brutalement car jeune interne il avait peur que je n’accouche à la maison en me laissant sortir à 8 mois de grossesse, j’étais hospitalisée depuis les 3 mois de grossesse, ni celui qui a ôté pour le second enfant les fils du cerclage sans ménagement.

    En médecine comme en toute autre profession, il y a des gens humains et respectueux et d’autres pas, c’est ainsi et ça marque plus quand c’est de notre corps qu’il s’agit, pour autant ne pas tous les mettre dans le même panier et dire qu’il faut que les femmes seules aident à la naissance car elles aussi ne sont pas toutes à l’écoute et sympas, voilà ma réflexion

  73. Une maman

    Je me suis sentie mal en lisant ce témoignage. Physiquement mal. A quasi tomber dans les pommes. Je me suis éloignée de l’écran et j’ai respiré profondément.

    J’ai eu la chance, le privilège, d’accoucher en maison de naissance. Il y a plusieurs années. Pas en France donc.
    J’ai fait confiance (en la vie, aux sage-femmes), le papa aussi.

    Bon j’ai quand même changé de gynéco en cours de grossesse. J’avais bien entendu à la première visite que l’option hôpital avait sa préférence. Merci pour la possibilité d’en discuter. De là à en reparler lourdement à chaque visite. J’ai trouvé un nouveau médecin qui acceptait la demarche (et une grossesse bien avancée).

    Et c’était juste ce que nous voulions : humain. Et l’accompagnement aide à la gestion de la douleur, physiologiquement le corps répond à la douleur, si le stress n’entre pas en jeu (le nôtre, celui des personnes autour, en tous les cas j’avais lu des choses encourageantes à ce sujet, et pour nous ça a fonctionné à merveille). Déchirure et courbatures. Un beau moment de vie.
    Recousue avec très très grande application, de la dentelle m’a-t-on dit par la suite.

    Je ne me suis pas sentie en danger, je ne suis pas du genre aventurière de nature pourtant.
    C’était simplement notre choix, et ça a été possible.

    D’autres choses ont été terriblement violentes pour moi, pour l’allaitement notamment, dans la parole de sage-femmes pourtant engagées dans l’accouchement naturel. Accepter que ça ne puisse pas marcher. Peut-être ont-elles voulu m’aider à accepter. Mais elles ont nié ma demande, violemment. Et avec ce projet en tête et toutes les raisons de penser que les femmes ont ce choix et cette capacité d’allaiter (meme partiellement) si elles sont guidées, et bien on a cherché d’autres ressources. J’ai eu le bonheur de rencontrer des personnes soutenantes et accompagnantes une fois encore pour cette nouvelle étape. Nous avons allaités. Je dis nous, c’est un travail d’équipe, à trois…
    Et puis il y a les autres paroles, ces personnes qui nous trouvaient “dépassés”.
    Chamboulés et terriblement, horriblement fatigués, oui. Pourquoi ne pas simplement proposer de donner un coup de main dans la maison pour soulager ce qui peut l’être ? Certains l’ont fait… bouffées d’oxygène. Des parents un peu plus reposés ont bien plus de valeur que des doudous et autres cadeaux de naisance.
    Et bien nous avons la chance d’être une famille.
    J’ai beaucoup pleuré pendant les premières semaines et mois de ma nouvelle vie de maman.

    Alors quand je repense à la violence que j’ai ressentie, et bien je souhaite que chaque maman puisse être uniquement entourée de paroles bienveillantes et empathiques.
    Et je ne peux juste pas imaginer la violence extrême telle que décrite dans ce témoignage, ça me rend véritablement malade.

  74. genevieva

    lorsque je lis l’histoire de l’accouchement de C. je suis indignée, je n’ai pu voir la naissance de mes enfants car ayant eu la tuberculose à 17 ans et récidive à 20 ans, mon gynécologue ne voulait pas que lorsque les douleurs seraient trop importantes mon poumon soit trop sollicité. Mais pour mon fils j’ai eu une grosse déchirure et la nuit j’étais en train de me saigner. Heureusement la garde a prévenu aussitôt et l’on a fait
    le nécessaire. il y a maintenant de cela 45 ans, J’ai toujours eu des médecins pour mes poumons, pour mes suivis gynécologiques et pour mes opérations, très compétents et humains surtout, ayant accouché seule et surtout après la mort de ma sœur de 28 ans.
    Mais je m’aperçois que maintenant cherchant un endocrinologue (maladie de Hashimoto) je n’arrive plus à trouver la personne compétente, qui m’écoute, et bientôt le médecin généraliste puisque la mienne prend sa retraite.
    je ne suis pas une adepte à courir les médecins (moins je les vois mieux je me porte) mais lire tous ses
    témoignages me font bondir et Baptiste a bien fait de nous faire part de tout cela
    Je lis tout ce qu’il publie et ses bouquins, qu’il continue et vous tous continuez aussi vos coups de gueule
    je suis maintenant une vieille dame et ai beaucoup fréquenté les sanas; les hôpitaux (ma sœur de trois ans ma cadette maladie bleue,) et mon mari atteint de la maladie de Parkinson décédée après trois semaines de souffrances; parce que on l’avait réanimé

  75. Anne

    Même si, heureusement pour moi, c’est à des années-lumières du témoignage de C., moi aussi je me suis sentie trahie lors de mon premier accouchement. Grossesse sans problème, suivie à la maternité du coin par un gynéco ni empathique ni franchement désagréable. Par contre, un bon feeling avec la sage-femme qui faisait la préparation à la naissance. Travail sur les positions, respiration, ballon… Du coup, je me suis sentie en confiance, et j’ai bêtement imaginé qu’en salle de naissance, le même esprit règnerait. Pas rédigé de projet de naissance, tout ce que j’aurai pu mettre dedans, c’était, je ne sais pas comment ça se passera, ni comment je réagirai, je voudrai juste qu’on m’écoute et qu’on ne m’impose rien sans justification. Je ne l’ai pas écrit tellement ça me semblait évident, tellement je n’imaginais pas qu’il puisse en être autrement.
    Et puis arrivée à la maternité on m’a collé sur le dos sur un lit avec un monitoring, alors que j’avais expliqué que les douleurs des contractions étaient plus supportables debout en marchant. Une fois que l’enregistrement les a convaincu (moi je ne savais pas parler ?), passage en salle de naissance, cette fois immobilisée par monitoring + perf. Mon conjoint avait été envoyé faire les papiers administratifs. J’ai perdu pied. Je n’avais plus que mal. J’ai juste su dire oui à la proposition de péridurale et mon conjoint n’a pu revenir qu’une fois qu’elle a été posée.
    Pas de bol, l’expulsion est arrivée peu avant le changement d’équipe, donc épisio sans me prévenir pour accélérer le mouvement (rétrospectivement, je ne vois aucune autre raison : j’avais à peine commencé à pousser, le bébé et moi allions bien).
    Plus tard, avec la douleur de l’épisio (mais elle est très belle votre cicatrice madame…), j’ai cherché, réfléchi, je me suis rendue compte que ça aurait pu se passer autrement et j’ai eu honte de ne pas avoir su me protéger, de ne pas avoir su dire non, parce que j’étais sur une autre planète, et que je n’imaginai pas que des soignants puisse me faire subir des gestes non nécessaires à ma santé et à celle de mon bébé.
    Du coup sage-femme libérale et haptonomie pour la préparation à la naissance du deuxième, surtout pour convaincre mon homme qu’être “juste là”, c’était l’aide donc j’avais besoin, qu’il me protège des intrusions pour que je puisse rester dans ma bulle, qu’il fasse respecter le projet de naissance que j’avais écrit cette fois. Finalement, il n’a rien eu à protéger, ma puce est née à la maison, un quart d’heure après que je le réveille pour lui dire que c’était peut-être le moment d’aller à la maternité. Malgré la présentation postérieure, deux poussées accroupie, appuyée sur un placard de la cuisine ont suffi à l’expulsion.
    La petite déchirure (deux points à la maternité après expulsion du placenta) a par la suite été beaucoup moins douloureuse que l’épisio : en soit ou parce que je vivais mieux la douleur parce que ce n’était pas une blessure infligée de l’extérieur ?

  76. faribole

    J’ai été emmerdeuse avec les soignants, pour chacune de mes 3 grossesses. Polie, mais chiante. Je ne voulais pas laisser ces moments précieux entre les mains de gens insensibles. La 1ere fois, j’ai exigé une péri (jeune, mal informée 😉 ) Les 2 fois suivantes, j’ai exigé une sf et surtout pas de péri. Parfois quand j’y repense, je me dis que j’en ai trop fait, qu’un accouchement, ça ne dure pas si longtemps, qu’une césa après tout, c’est pas si terrible. Quand je lis ce genre de témoignages, je suis glacée et je me dis qu’il faut que j’affranchisse ma belle-fille, enceinte de mon 1er petit enfant… Je ne veux pas faire la belle-mère à conseils (surtout sur un sujet si intime), mais il faut informer les femmes : ne vous laissez pas faire… Un accouchement respecté (position, absence de synto sans raison, etc…) minimise grandement le risque d’épisio, et une petite déchirure cicatrise bcp mieux.

    1. mimi

      Oui Faribole mais quand on annonce à une jeune femme allongée qui souffre qu il vaut mieux une episio qu une déchirure “non maîtrisée” vous faites confiance.
      Le choix, vous ne l avez pas. Vous ne pensez qu au fait que tt se passe bien pour le bébé à venir et vous meme.
      Oui, vous faites confiance…
      Bonne soirée.

  77. Hind

    Cela fait 3 jours que j’ai lu ce temoignage et je ne cesse d’y penser, pourtant mon histoire n’a strictement rien avoir même si j’ai un passif médical lourd (meningite, ostheomyelite, guillain barré…)
    j’ai eu la chance d’avoir 3 grossesses fabuleuses et 3 accouchements de rêve. vous savez les accouchements que l’on souhaite à toutes les femmes !.
    Mes deux premiers sont nés au Maroc, pour ma première il y a 22 ans maintenant je suis arrivée à la clinique un peu en panique (elle avait 3 semaines d’avance la coquine!) et ma petite louloutte est arrivée 10 minutes plus tard une petite déchirure tout bien! les suites, 3 jours de clinique avec un personnel super gentil doux tendre maternant, c’est vrai au Maroc on ne vous explique pas comment allaiter (finalement c’est tellement naturel, primaire, instinctif…) ça a été une évidence !, on ne vous explique pas comment laver le bébé (là j’avoue que j’aurais aimé), on vous gronde parceque 6 heures aprés votre accouchement on rentre dans votre chambre et on s’apperçoit que vous avez pris une douche (et oui les croyances ont la peau dure !) mais tout cela avec tellement de coeur!
    3 ans plus tard mon second lui n’en a fait qu’à sa tête (oui déjà !) et est né dans la voiture avec une maman accroupie sur le siège passager se tenant à la poignée à chaque contraction! Cordon coupé debout dans le hall de la clinique quelques minutes plus tard et un papa prêt à tomber dans les pommes la seule phrase désobligeante que j’ai eu fût de lui d’ailleurs (m’enfin ça ne se fait pas d’accoucher comme ça sans un mot tu m’as fait peur!!!!) même équipe médicale aucun souci 6 heures aprés j’étais chez moi avec mon bébé
    Et puis quelques années aprés grossesse en Belgique…
    Enceinte de 6 semaine je me décide à appeler un cabinet gyneco premier contact avec une secretaire qui m’engueule en me disant que c’est déjà bien tard pour un premier RDV et que donc elle me donnera le premier gyné libre!! et c’est Monsieur R qui est étranger ça me pose problème? (moi pas du tout et puis ce médecin porte le nom d’une magnifique chaine de montagne de chez moi!). Médecin étranger fabuleux qui au vu de mon passif de maman ne pas pris la tete avec les vitamines, et autres dont je ne voulais pas, m’a juste prévenu que le dernier mois les monitoring sont obligatoire et que pour l’accouchement si tout se passait bien je pouvais sortir 24 heures plus tard (il était désolé de ne pouvoir faire mieux!)
    Jour J j’arrive aux urgences à 6h30 avec des contractions toutes les minutes la sage femme ne veut rien savoir et m’oblige à aller en salle de préparation évidemment à peine installée la poche des eau a literrallement explosée!! la voilà qui me crie “surtout ne poussez pas !” et me trimballe sur ce lit à roulette dans les couloirs vers la salle d’accouchement en cognant tous les murs. Arrivé en salle d’accouchement la sage femme me hurle (désolée il n’y a pas d’autre mot) de passer sur la table d’opération et moi de lui dire “je ne peux pas il est là la voilà qui de nouveau me dit mais faites ce que je vous dit!!!
    Resultat ? j’ai eu le temps de passer une jambe au dessus du lit quand l’éléve infirmière qui était là toute timide à eu le bon reflexe se glisser entre le lit et la table et d’attraper BB ( Ben oui mon petit est né entre le lit et la table!) l’heure? 6h37′ Petite déchirure quelques points tout va bien.
    Retour en chambre avec bébé allaitement tout va bien ! quelques heures plus tard retour de l’infirmière qui me demande ce que je veux boire pour le repas (je revais d’un grand verre de jus de fruit) non vous avez le choix entre eau ou bière (j’etais abasourdie de la bière?????????) et je devais choisir ce que je voulais manger le lendemain, je signale donc que j’avais un accord avec mon docteur et que si tout se passait bien je pouvais sortir 24 heures plus tard et que un accouchement en 7 minutes devait rentrer dans les criteres! là mon infirmière s’est transformée en dragon en me disant que si je partait le lendemain alors je devais leur signer une décharge et que si il arrivait quoique ce soit à mon bébé ce serait de MA faute!
    j’avoue que ça m’a mis hors de moi alors j’ai respiré un grand coup et je lui ai demandé d’aller me chercher le papier de la décharge que j’allais le signer tout de suite et rentrer chez moi dés que mon mari serait là.
    j’ai cru qu’elle allait me faire un malaise, elle est partie en claquant la porte (si si je vous jure !) et est revenue 1 heure plus tard en me disant que l’équipe médicale avait décidé de me laisser sortir comme convenu avec mon gyné (parti en vacance le vilain!) le lendemain matin.
    Vous savez quoi mon petit dernier à 11 ans, mais je me souviendrais toujours du seul commentaire que j’ai fait à mon mari en sortant de la clinique (” je te previens si on décide d’en faire un 4 ème, je vais accoucher n’importe où en afrique mais surement pas en Belgique, ils sont fous dans ton pays!)
    Alors oui j’ai eu même pour mon dernier un trés bel accouchement mais j’en garde un trés mauvais souvenir.
    Peut être que tout le personnel est trés bien formé mais où est l’humanité ?, dés que l’on sort des clous dés que tout ne peut rentrer dans le protocole alors ça les met en panique. quel dommage, quand va t on leur apprendre à écouter les patients leurs ressenti leurs émotions leurs instints? doit on toujours tout hyper médicalisé?
    A C cela fait 3 jours que je pense à vous à votre douleur physique et morale à votre ressenti à cette violence, j’ai presque envie de dire à ce viol de toubib poilu torse nu!
    je pense à vous vous envoie toute la douceur du monde et si vous le permettez vous berce tendrement

  78. Papoum

    Moi aussi, je lis cette histoire et je pleure. Enfin, enfin, je me rends compte que ce n’est pas arrivé qu’à moi. Même accouchement, même épisio, mêmes douleurs, même dépossession, même déprime, même mépris (“prenez un doliprane, ca va passer”…). Je ne vous fais pas le récit de mon accouchement et des suites, c’est le même.

    Une chose à ajouter : quand j’ai été enceinte, 3 ans plus tard, de jumeaux (donc deux BB à passer, right ? Pas besoin de vous faire un schéma) et que j’ai été hospitalisée avant l’accouchement, on m’a demandé comment je voulais accoucher. Incroyable ! J’ai tout de suite dit : une césarienne !!! S’il vous plait, je vous en supplie ! J’ai raconté, expliqué, dit la douleur, le désastre et mon appréhension avec 2 bébés devant passer par là !! Je pensais être écoutée. Et non. J’ai vu tout le service de gynécologie, tous les gynécologues, toutes les sages femmes (au moins 10 personnes)… et ils m’ont tous dit : “mais non, on va faire un accouchement naturel”. Les femmes avaient bien l’air de comprendre le problème, mais le chef de service était un homme et il avait décidé que j’accoucherai par voie naturelle. Elles se sont écrasées. Je me suis résignée, essayant de faire confiance.
    Jour de l’accouchement. On me redemande. Je redis que je veux une césarienne. On me redit non, en me faisant la morale au passage (genre, “on fait pas des césariennes de complaisance”…). Et puis, le temps qu’ils me fassent la leçon, détresse respiratoire des petits, qui étaient par ailleurs prématurés … Césarienne en urgence. Seul et unique commentaire du gynéco de tout l’accouchement : “Et ben, voilà ! Vous vouliez une césarienne, vous avez eu une césarienne !” Je l’aurais tué si je n’avais pas été allongée.

    Un mois plus tard, visite de contrôle. Je prends mon courage à deux mains. Je me dis que ca pourra peut-être servir aux suivantes. Je lui dis que je suis très contente d’avoir eu une césarienne et que je m’en suis très bien remise (en 8 jours !), ce qui était crucial pour s’occuper de deux bébés. Je lui réexplique l’histoire et mon incompréhension devant leur position. Et là, la réponse qui tue : “notre position était parfaitement justifiée. Le ressenti de la patiente n’est pas une indication thérapeutique …” LE RESSENTI DE LA PATIENTE N’EST PAS UNE INDICATION THERAPEUTIQUE !!!

    Cela fait 4 ans que je veux lui écrire pour lui dire combien il déshonore sa profession. Je trouve enfin le courage et je sais ce que je vais faire : si vous me le permettez, je vais imprimer ce post et tous les commentaires, et lui envoyer, à ce connard, pour qu’il comprenne que si, le ressenti de la patiente fait partie des indications therapeutiques.

    Merci encore pour ce témoignage et ce blog. MERCI !!!!!!!

  79. Caro

    Solidaire à tout point de vue des femmes qui témoignent ici.
    Une piste, peut être, pour la prise en charge de la douleur.
    J’ai fait une cicatrice hypertrophique après une opération de la thyroïde : cicatrice rouge et indurée, mais surtout douloureuse et inconfortable, douleur au moindre effleurement, picotements en permanence.
    Je suis allée voir une dermatologue spécialisée qui m’a fait une injection de corticoïdes (kenacort) tout le long de la cicatrice avec une toute petite aiguille
    En 24h, disparition complète de la douleur, de l’inconfort, et de l’induration. Ça fait 5 ans maintenant, et cette zone est vraiment redevenue comme le reste de ma peau en terme de sensation.
    C’est peut être à creuser pour les cicatrices d’episio.
    Bisous à toutes.

  80. emma

    Moi ce qui me choque le plus c’est:
    _ qu’elle s’excuse auprès de son mec de ne pas être en état de se laisser baiser °-°
    _ que personne dans les vingts premiers commentaires (j’ai pas lu plus bas) n’en parle
    _ que d’après un commentaire, ne pas être en état de se laisser baiser peut conduire au divorce

    En outre de tout de qu’elle a subit dans le corps médical, étant donné que cette situation a durée plus d’un an avant la prochaine opération, il est clair qu’elle a un plus état violée plusieurs fois. C’est peut être pas “pire” d’être violée que de subir un acte médical non voulu et abusif mais ça me semble plus choquant dans le sens où elle le raconte clairement mais personne ne le remarque, personne ne met le mot “viol” dessus.

    1. Myriam FdF

      Il faut peut-être relativiser et ne pas mettre “viol” à toutes les sauces. En aucun cas C. ne parle de viol. Elle parle seulement (si on peut dire) de rapports extrêmement douloureux. Rien de plus. Pourquoi vouloir ajouter du tragique à ce qui l’est déjà ?
      Vous devez être très jeune (enfin, à vous lire, c’est mon ressenti), mais croyez-moi, lorsque l’on aime vraiment, on ne se fait pas “baiser”, on fait l’amour.
      Et oui, une femme peut s’excuser auprès de son compagnon de ne pas être en état de faire l’amour. Pour qu’il comprenne, pour qu’il ne se sente pas frustré, tout simplement pour lui dire qu’il est aimé, mais que lorsque ce n’est pas possible ou pas le moment, il faut qu’il soit patient. C’est ça aussi une relation de couple.

      1. mimi

        Tout à fait d accord avec vous Myriam. Les termes de cette personne sont excessifs et surtout très “arrangés” à sa sauce.
        Mariée depuis des années, 5 enfants dont 4 très rapprochés, un cerclage, une bartolinite suite à un accouchement compliqué, je n ai jamais été “violée” par mon conjoint et encore moins “baisée”.
        Tout est question de sentiments d où le mauvais choix des mots.

        Pour Emma : en effet personne n a releve le mot “viol” car personne ne l a ressenti ou supposé.
        Personnellement, le récit de cette jeunne femme ne permet à aucun moment de l imaginer.

    2. Hind

      Emma, je ne crois pas que C dise que son mari l’ai violé
      Le seul violeur et voleur de ce texte est le medecin. l’époux est lui aussi une victime du boucher.
      Come le dit C son mari veut faire les choses bien, il prend son temps pour elle, pour lui, pour eux. L’amour physique dans un couple fait partie du ciment du couple, comment se sent cet homme qui ne peut plus toucher la femme qu’il aime, car il sait qu’il lui fait mal? Il n’a pas de douleur physique mais sa douleur psychique doit être ennorme. De la compassion pour ce couple, pour ma part je ne peut ressentir autre chose et surement pas de la haine pour cette homme tout aussi victime que son épouse

  81. Ollia

    Beaucoup de témoignages négatifs et je veux redonner espoir avec celui ci parce que des gynécos à l’écoute, oui oui, ça existe aussi.
    Toute jeunette et un petit ami merveilleux depuis plusieurs années. Une ombre au tableau cependant : Pourquoi les rapports, ça me fait mal ? Alors que ça devrait être agréable ? Qu’on a notre chez nous, donc plus de retenue pour emmieller les voisins avec nos cris alors que la retenue s’imposait avec les parents à côté auparavant ?
    Stressée de nature, je me disais au départ que ça venait de moi, que c’était psychologique, et puis le temps passe, et on se dit que non…ya un truc qui cloche.
    Alors je pousse la porte de ma gynécologue (de ville, denrée rare), et je lui avoue : les brulures, la douleur ignoble pendant et après les rapports pendant plusieurs jours, le fait de ne pas comprendre pourquoi alors que toutes les conditions étaient réunies pour passer de supers moments agréables. Que j’avais honte de lui en parler parce qu’elle allait sans doute me prendre pour une tarée.
    Ma gynéco à l’époque ? Un genre de tatie bonbon qui te parle avec un douceur à en faire pâlir un chamallow. Qui s’est transformée en furie en deux secondes en m’engueulant parce que je me devais de lui parler de ce genre de choses et que jamais, oh jamais, je ne devais avoir honte d’évoquer ces soucis là.
    Un examen plus tard, elle me trouve un ptit bout de peau de trop qui m’empoisonnait la vie durant toutes ces années.
    Un coup de fil à un collègue à elle tout aussi chouette, et une opération plus tard, je revis, et je lui offre des crêpes en remerciement de son écoute et de son aide. Malgré l’intimité de l’opération, j’ai trouvé en ces deux praticiens beaucoup de professionnalisme et de compréhension.
    J’ai toujours depuis mis un point d’orgue à choisir avec soin mes praticiens, je pose les questions même les plus idiotes, et si le feeling passe pas, je n’insiste même plus et vais voir ailleurs. Parce qu’un médecin, ça fait caca comme tout le monde.

  82. Loupiotte

    3 enfants, pas de péri, accouchement dans l’eau ou sur le côté, 3 déchirures totalement naturelles (“des griffures de chat”), mais j’ai dû me “battre” pour y avoir droit ….

    la patiente chiante, mais “chanceuse” c’est moi, même si pour le 3ème j’ai eu droit à une déchirure recousue à vif (et quand on n’a pas de péri on sent bien l’aiguille dans le sexe, un petit aperçu des tortures modernes …), je revois l’aide-soignante demander à la sage-femme si elle ne voulait pas qu’on me mette un spray anesthésiant avant de recoudre “oh non, c’est bon, elle va pas faire sa chochotte”, j’ai juste pleuré en silence…

    J’ai aussi pleuré en lisant ce témoignage, c’est révoltant cette négation de la douleur, de la souffrance des femmes, que veulent-ils nous faire payer ? C’est incompréhensible à notre époque…

    Plein de pensées pour cette maman, et pour toutes les autres !

  83. marie

    Un médecin torse-nu.. Baptiste, tu as un devoir de témoignage énorme dans cette histoire. Ce n’est pas aux internautes qu’il faut faire lire ce témoignage mais à l’ordre. Il y a des têtes à faire tomber!

  84. Magicmanue

    Le titre résume très bien cette banale maltraitance ! J’ai moi aussi pas mal déchiré lors de mon premier accouchement. Mais on refuse de vous dire combien il y a de points (si je demande c’est que j’en ai besoin, je ne sais pas pq il y a tant de mystère). Recousue à vif car la péri n’a pas marché. Et le rdv de contrôle chez LA gynéco (comme quoi être une femme n’est pas un signe de compassion) avec un examen très douloureux : je pleure sur la table, elle me répond “faut pas se crisper”. Problèmes de couple pour retrouver une vie normale. Heureusement je suis tombée sur une super sage-femme qui met les mots sur ma douleur : ça fait comme des coups d’aiguille? Oui, c’est ça !! Un traitement à base d’électrode pour insensibiliser les nerfs coincés dans la cicatrice et c’est la délivrance. Quel dommage que certains personnels soignants considèrent que la douleur est normale et qu’il faut vivre avec. NON !!!!!
    Courage C. !!

  85. Chateigne

    Je suis une étudiante en première année de médecine et oui, la sélection des futurs médecins n’est pas des plus délicates. La premiere année est effectivement entièrement basée sur la capacité à colorier les bonnes cases en noire mais elle n’est pas si stupide qu’on le dit, du moins à Bordeaux. Un grande partie des questions reposent plus sur de la compréhension ou sur un exercice que sur des données à mémoriser bêtement. Et malheureusement il me semble que cette première année s’ancre de manière assez naturelle dans notre système scolaire.
    Je serai intéressée d’entendre vos propositions d’une sélection moins aveugle. J’avoue que pour ma part je n’ai rien trouvé de convainquant. Comment choisir parmi 1800 personnes celles qui feront de bons soignants capables également de suivre 10 ans d’etudes ? Par entretien ça parait compliqué et je vous dis même pas l’injustice que ça serait entre les jury, les gens qui ont une belle gueule et qui savent charmer et ceux qui sont moins à l’aise… Et je ne peux pas imaginer des QCM de sélection de l’empathie.
    Désolée pour ce post qui dérive un peu du sujet mais je voulais réagir face aux nombreuses attaques de la première année. ça me fait toujours un peu tiquer d’entendre que la sélection est basée uniquement sur la capacité à ingurgiter des données bêtement. Je vous l’accorde la PACES est très loin d’être idéale mais elle n’est peut-être pas tant à l’origine de tous les maux.
    Je ne vise absolument aucun commentaire mais plutôt l’ensemble global de l’avis des gens (de ma famille y compris) sur cette première année.
    Je remercie de tout coeur tous ceux qui viennent apporter ici leur histoire, leur humanité et je vous assure que tout cela ne tombe pas dans le vide de la toile.
    “Parler, parler, parler encore pour affronter la nuit”

  86. Herve CRUCHANT

    Une salle carrée peinte en jaune. Jaune d’œuf. Rien de pire que le jaune d’œuf qui vieillit mal sur un mur d’une clinique privée. Groupés comme un conciliabule de rugbymen lors d’un temps mort, trois ou quatre blouses blanches courbées vers le centre du cercle. Au milieu, au point focal, ma femme en train d’accoucher de mon enfant.

    Ni soigné ni soignant.
    Certes, futur père, mais un père à venir. Hors du cercle, hors du temps. Déjà pas bien à l’aise naturellement face à la certitude des autres, je suis perdu dans le vide qui me regarde. J’avais vu dans les salles d’attentes des images de magasines qui montraient des pères participatifs, hilares ou anxieux, des larmiches humides, des praticiens comblés lors des accouchements de leur femme. Rien de tout çà ici. Du plat; pas de son, pas d’images, pas de compréhension de la situation. Une sorte de suspension du temps.

    Un médecin accoucheur se tourne vers moi et qui me demande, façon inspecteur de police : “– on va devoir couper. vous êtes d’accord ? vous donnez votre autorisation ?” et qui s’étonne de mon incompréhension passagère, d’une réponse qui ne vient pas en réflexe. Il se contentera de mon “–faites ce que vous devez faire” et qui se retourne vers le point focal de cette matinée.

    Quelqu’un peu m’expliquer pourquoi on me demande çà à moi ? Moi qui ne suis possesseur que de mes virtualités et de mon désarroi, et encore.

    J’ai eu un beau beau bébé de 3,8kg en parfaite santé. J’en ai été profondément heureux et le suis toujours.
    Mais je m’en serais voulu, longtemps longtemps, de montrer un quelconque sentiment personnel à ces travailleurs techniciens. Qui savaient certainement très bien exercer leur métier, je suppose, mais paraissaient ne rien savoir de la convivialité, de la tendresse et de l’extraordinaire de l’éclosion d’une vie nouvelle dans une salle d’accouchement d’une clinique privée, peinte en jaune d’œuf qui a mal vieilli.

    1. lectrice boulimique

      je ne comprends pas non plus pourquoi on t’a posé la question

      et surtout je ne comprends pas qu’on n’ait pas d’abord posé la question à l’intéressée ? !

      c’est quoi “faire ce qu’on doit faire”? Faire ses heures et basta? et l’éthique, et l’humanité dans tout ça?

      Bibi y a encore du boulot de réconciliation …

      Merci Hervé de témoigner, y compris de ton désarroi de mari et de père – il fait partie du dégât commis par ces boucheries maquillées en soins…

      (désolée pour les mots et les fautes de frappe, il est trèstrès tard … voilà ce que c’est que “de faire plus que ses heures”…!)

  87. Joséphine

    Merci Baptise pour ces histoires, toujours plus humaines les unes que les autres..
    Je te suis depuis quelques années déjà, bien avant ce site tout beau tout neuf, il me permet d’ailleurs, quelque fois dans le mois, de comprendre pourquoi je fais ces études, de comprendre les gens et surtout, qui me donne la motivation pour rouvrir mes bouquins dans les jours de doutes. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir en médecine, les gens ont tous leur couleur et tous leurs histoires, et ce sont tes histoires, tes livres qui me l’ont fait comprendre… Alors, ça doit être mon deuxième commentaire, mais un énorme MERCI , ton site à vraiment impacter ma vie, et si un jour on m’appelle Docteur, ça sera grâce à toi !
    Cette histoire est particulièrement touchante, et je remercie C. d’avoir trouvé le courage de l’écrire, de partager cette expérience. C. , je te souhaite tout le meilleur du monde pour la suite, cette histoire commence à dater pour toi, mais sache que tu n’es pas toute seule, toutes femmes (et Baptiste) ne peut que comprendre et partager cette lourde peine ! Des câlins.

    PS qui n’a rien à voir: Chateigne, je ne sais pas si tu es au courant (ni si tu liras ce commentaire) mais la faculté de Médecine d’Angers à mis au point un nouveau mode de sélection pour la première année, je ne saurais te l’expliquer car je ne l’ai pas vécu, mais c’est complètement différents , avec des entretiens d’ailleurs (pour les personnes qui sont entre tel et tel rang) . Je ne sais pas trop quoi en penser, si c’est mieux ou pire, il est encore trop tôt, mais peut-être que cela va ouvrir la voie à une nouvelle sélection ?

  88. Elodie

    horrible. Heureusement que je ne veux pas d’enfants!!
    Voilà à quoi en sont encore réduites les femmes aujourd’hui: obligation du “devoir conjugal” et de la procréation, quelle qu’en soit la douleur, et sans se plaindre SVP!
    Madame, sachez que vous n’avez pas à accepter des rapports qui vous font souffrir. Votre compagnon a lui le devoir de prendre en compte votre douleur.
    Pour le reste, vous pouvez faire une réclamation auprès de l’hôpital. On n’a pas le droit de vous couper sans votre consentement.

    1. Myriam FdF

      Pfff… mais pourquoi vouloir jeter la pierre à ce compagnon qui est une victime collatérale du manque de professionnalisme de ce médecin ? Vous imaginez réellement que cet homme aime faire souffrir sa femme ?
      Relisez le texte de C. : ” Mais mon mari, c’est pas un rapide, il veut faire les choses bien, lentement, il prend son temps..” vous y voyez la moindre exigence, vous ? Dans ce cas précis, il y a deux victimes qui avaient sans doute une sexualité épanouie avant l’épisiotomie et qui se retrouvent l’un et l’autre en souffrance depuis.
      Et que l’on arrête avec le devoir conjugal : si, en droit, le terme de “viol conjugal” existe, c’est bien que les moeurs ont évolué.
      Le féminisme à outrance m’insupporte tout autant que le machisme admis.

  89. nats

    Un sagouin pur sucre, apparemment imbu de lui-même, sans le moindre respect de son patient et qui, malgré toute sa prétendue connaissance/compétence, fait des erreurs, par négligence. J’en ai déjà croisé 2 sur ma route.

    Heureusement, il y a ce blog pour tenter de rafistoler les dégâts qu’ils causent. Merci encore Dr. Beaulieu. Et merci à tous tes collègues qui te ressemblent, et qui arrivent à rester humains et humbles dans leur pratique… Dieu merci j’en ai croisé bien plus de 2, la majorité des soignants que j’ai vus étaient extra.

  90. lectrice boulimique

    Allez, un peu d’humour (si si c’est possible) Histoire de tester la capacité d’empathie masculine…
    et si c’était vous messieurs qu’on allongeait sur la table d’examen à étriers ??? et si vos orifices les plus intimes étaient examinés, tripotés, jaugés par unE andrologue-urologue? …
    Quant à vous mesdames apprêtez vos zygomatiques, ils vont être sollicités !

    https://www.youtube.com/watch?list=PLzh7Xt_6O1l5JGpqYyfdZ6peFO873hc1p&v=Gw2V7IcCOSE

    1. Grand33

      Heureusement pour nous ce n’est que de la fiction, excellente au demeurant.
      Quand on lit tous les commentaires comment ne pas avoir d’empathie pour tout ce que vous devez subir.
      Pourtant je me pose une question sur tous les intervenants dans cette spécialité et qui restent sourds devant leur patientes. Ils devraient pourtant savoir lire sur les lèvres ? ou Est-ce que je me trompes ?
      😉

      1. Cath

        Incorrigible ou indécrottable ? Telle est la question…
        D’un autre côté, essayer de faire naître un peu de sourire au milieu de tant de douloueuses expériences, c’est faire preuve d’une belle humanité. Alors, oui, j’aime bien le kipikpakidi, une espèce rare 😉

        1. Grand33

          Merci Cath,
          Je veux juste essayer de faire sourire là où certain(e)s souffrent. Et ceux qui vous font du mal mesdames me dégoûtes vraiment, soyez en convaincues.
          bises Kipic aujourd’hui.

  91. Helene

    Moi qui vais être sage-femme dans quelques mois, plusieurs gynecos m’ont déjà râlé dessus parce que je prenais mon temps pour suturer une patiente. Lire ce genre de choses, ça me rappelle chaque fois que c’est pas le plus diplômé qui a le plus raison. Alors je continue de prendre mon temps pour suturer mes patientes, et tant pis pour les remarques.

  92. Nono

    J’apporte ma pierre à ce long fil de commentaire. Merci pour ce témoignage.

    Nous aussi nous étions les pénibles avec notre projet de naissance. J’avais aussi envie d’une naissance si possible sans péri. Je suis arrivée la bouche en coeur, du haut de mes 19 ans, à la consultation avec l’anesthésiste. “pas de péri ? c’est le meilleur moyen de finir au bloc avec une césarienne d’urgence” Mais j’ai eu de la chance, on a eu de la chance. On a été accompagné par des amis, qui venaient de vivre une naissance difficile. On voyait aussi une sage-femme pour l’haptonomie. J’ai finalement accouché “comme une fleur”, petite réparation des accouchements de ma mère, dans le même hôpital, elle avait été maltraitée verbalement. Elle aussi avait tout juste 20 ans… Nous sommes tombée sur la bonne personne au bon moment, je peux encore sentir sa main sur mon épaule.

    Et notre deuxième fille, nous avons choisi de l’accueillir chez nous, accompagnés par une sage femme. Quel beau moment ! Je mesure la chance qu’on a eu.

    Je suis convaincue qu’il en faut peu pour changer les choses…. un geste, une parole. J’ai eu la chance de croiser Martin winckler il y a peu, il me fait espérer pour l’avenir.

  93. Anne

    Quelle tristesse! J’espère que C trouvera sur sa route quelqu’une ou quelqu’un qui l’aidera à réparer son corps et son cœur meurtris.
    Et puis, pour les nullipares et toutes celles qui ne veulent pas d’episio, il est possible de préparer son corps et d’assouplir son périnée. Je l’ai fait pour lors de mes deux grossesses avec l’aide d’un “épino” petit appareil d’origine allemande conseillé par une amie danseuse. Il peut être prescrit par votre gynécologue et est partiellement remboursé par la sécu (utile aussi après l’accouchement pour re muscler son périnée) Résultat : une micro déchirure la 1ère fois, rien du tout la deuxième malgré un accouchement assez long et la trouille d’être déchirée (ben oui, sans péri on sent vraiment tout 😉
    Je t’embrasse C, merci de ton témoignage, puisse t il faire changer les choses.

  94. M.

    Bonjour, je suis bouleversée par votre témoignage. Je ne sais pas dans quelle région vous habitez, mais je vous invite à entrer en contact avec l’équipe de sages-femmes de la maternité des Lilas, en particulier l’équipe de Chantal BIRMAN, femme splendide (lisez son livre! Il s’appelle Ô monde), qui a changé ma vie en quelques entretiens avant mon accouchement, m’a permis d’accoucher de mon 2ème enfant sans péridurale dans une joie immense (si si, je jure que c’est vrai), essayez aussi de parler à l’équipe qui travaille avec elle au cabinet “les lucioles”. Même si vos accouchements remontent à un certain temps, je suis sûre que cela vous ferait du bien d’être entendue et accueillie par elles. J’ai pu pleurer dans leur cabinet en racontant des choses très intimes après mon accouchement, et j’ai été formidablement écoutée. Elles sont vraiment incroyables… Ce serait chouette que vous ne serriez plus les dents en faisant l’amour, je crois..
    Bonne chance pour tout!
    M.
    Ps: et merci Baptiste pour votre blog ❤️

  95. @ual

    Je prend connaissance de ce billet tardivement, mais il m’a tellement pris aux tripes et ramenée en 2002, que je ne pouvais pas ne pas laisser un petit mot. Juste pour apporter une pierre à l’édifice et aussi pour que cette maman ne se sente pas seule, ce qui ne lui enlèvera pas sa douleur, car cela n’en reste pas pour le moins révoltant au vu du témoignage.

    Ce n’est pas tant le geste en soi qui me bouleverse, cette épisiotomie, c’est le manque d’empathie et la violence qui découle suite à cette expérience.
    J’ai eu moi-même l’impression pour mon 1er accouchement de n’être qu’une moins que rien et que j’allais crever en donnant naissance à mon fils et que peut être même lui allait mourir et que je ne pourrais rien y faire, que personne ne m’écoutait ne comprenait ou ne voulait comprendre.

    En détresse totale à la merci d’incompétents qui se sont succédé durant 4 longs jours d’apocalypse … J’en ai les larmes qui me viennent à en reparler et je ressens cette même détresse chez cette maman qui n’a pas été entendue, et a été niée dans sa douleur, dans son corps alors que bordel qui accouche ?

    Heureusement, je n’ai pas été seule, mon mari m’a quelque part sorti de l’enfer au final, mais on en est sorti traumatisés. Je me suis quand même entendue dire dans un hôpital public de la sixième ville de France alors que j’hurlais de douleur et si c’était normal avec une péridurale : mais madame vous accouchez ! genre pauvre tâche, t’es pas au courant qu’on a mal en accouchant ou en allant au bloc pour une sortie avec les forceps sous AG anesthésie générale après 4 jours de souffrances ces mots merveilleux de l’anesthésiste : oh c’est bon arrêtez de pleurer !!!

    Je récapitule : entrée à 22 h un jeudi soir pour des pertes curieuses.
    ETAPE N° 1 : un premier interne qui examine et qui TADA perce la poche des eaux … accidentellement
    et là c’est parti kiki
    ETAPE N° 2 : Une nuit apocalyptique dans une chambre à côté d’une salle d’accouchement où j’ai tout bonnement entendu hurler toute une nuit (une maman pour un 4ème qui ne voulait pas de péri mais un accouchement naturel) elle était ravie, la primipare que j’étais TRAUMATISEE
    ETAPE N° 3 : antibiotique. Attention mademoiselle je suis allergique à la pénicilline c’est marqué dans mon dossier. Ah bon ? je reviens alors LOL ! Accoucher avec un oedeme de Quincke c’est tellement plus fun !
    ETAPE N° 4 : ça ne se déclenche pas tout seul au bout de 48h. On déclenche car poche fissurée.
    ETAPE N° 5 : Apprenti boucher pour la péridurale. essai 1 je sens à droite essai 2 je sans à gauche 3 lui tremblant passe la main à Dieu qui trouve que ça dure trop et bim comme un bulldozer enfonce le truc et là je tombe gentiment dans les pommes rattrapée moins une par la sage femme. Mon mari me retrouve sous oxygène sonnée.
    ETAPE N° 5 : Péridurale latéralisée, mais personne ne veut l’admettre. Je souffre le martyr à droite. On me fait pousser, on me fait comprendre que je pousse mal, je sors de mon corps, ils sont 15 dans cette salle à limite se battre entre les pro anesthésistes et les pro obstétriciennes.
    On sort les cuillères à salade … je pense que je perd la raison quand on les introduit , ils ne comprennent pas pourquoi je hurle. Mon mari commence à regarder une interne médusée et demande à ce que ce cinéma s’arrête sinon il va perdre ses nerfs.
    Mon mari me raconte alors que l’obstétricienne sort une pince : pince cuisse droite je hurle, pince cuisse gauche je dis rien. Elle dit qu’elle va au bloc. Ils sont pas contents autour (3h du mat le lundi … coucou c long). On m’endort au milieu de mon torrent de larmes. Mon fils sort donc sous AG avec les forceps et on lui fait des points au cou (ben oui, coupé avec les cuillères à salade) Bienvenu mon chéri !
    On me réveille, je l’entends pleurer, il est en vie. 1 ere question : il va bien ? 2eme question : Est-ce que je pouvais le sortir seule ? silence gêné dans la salle : il est coquin votre fils, il avait le nez en l’air!

    Ce n’était donc pas ma faute. Je pense que si à un moment ou à un autre j’avais eu des mots de compassion, des excuses, je n’aurais pas eu une telle rancœur, un tel sentiment de gâchis. A aucun moment on ne m’a entendu (ben oui c’est son premier enfant elle ne sait pas, nous on sait)
    Je passe sur le reste du séjour qui a été à l’avenant SAUF que l’épisiotomie (20 points) avec rejet a été très bien faite – pris de remords peut-être – et je n’ai pas souffert des suites de couches (au moins).
    J’ai écrit une lettre de 4 pages au Pr u service qui s’en ai torché les mains comme il faut. Du coup j’ai décidé de mettre ça derrière moi et de me concentrer sur l’essentiel et rattraper le démarrage qu’on m’avait volé. On a eu quelques séances avec le fiston plus grand pour passer sur tout ça, mais ce fut un peu dur …

    J’en ai refait un 5 ans plus tard pour me prouver (Pas que hein 🙂 ) que je pouvais le faire, que je pouvais accoucher sereinement sans barbares : j’ai changé de maternité et je les ai prévenu : vous lisez bien mon dossier pour le 1er, si je sens la moindre embrouille ou que vous ne m’écoutez pas, je me casse direct (avec la blouse cul nu s’il le faut !!!). Et j’ai accouché sur un nuage avec un anesthésiste à l’écoute, une seule sage femme qui m’a massé le périnée à l’huile jusqu’à la dernière minute d’un bébé de 4 KG 200 SVP BORDEL avec juste une éraflure ! Qui c’est la plus forte ? 🙂

    Cet accouchement m’a réparé de tous ces cons pour le 1er. Ce n’était pas moi la chochotte incompétente incapable de mettre un bébé au monde 😉
    Mais je leur en voudrais éternellement de m’avoir VOLE la naissance de mon fils et de ses menus difficultés de séparation par la suite (comme si il l’avait bien vécu aussi le pauvre chéri au final)
    Et que le seul soulagement c’est qu’on en soit sorti vivants tous les deux et en quasi bonne santé (enfin la mentale il a fallu des lunes quand même dans mon cas). Il a 14 ans maintenant, il va très bien et est bien chiant comme un adolescent donc tout va bien 😉

    C’est long je suis navrée mais je pense que le nombre de témoignages fera peut être évolué le smilblick
    On est des humains, on sait quand on a mal, on sait quand ça ne va pas dans notre corps, il faut savoir écouter et ne pas nous OCCULTER même si nous ne sommes pas médecins.

    Savoir qu’au final, ne plus être la même, souffrir dans sa chair des mois des années après par la faute d’un gros c** qui se prend pour dieu, ça me dévaste. J’espère que des solutions vont voir le jour pour cette maman de tout cœur
    @ual

  96. Véro

    N’y a t’il pas moyen de trouver d’autres femmes qui ont subi cette ignominie par ce même praticien? Ce serait là le meilleur moyen de lui faire cesser ces “infibulations”, c’est le terme je crois. J’avais lu un article ou un chirurgien faisait ce genre de choses volontairement, pour le plaisir de l’homme. Je n’ai pas pu le retrouver. 🙁
    Mais avant, laissez l’alcool de côté, vous risquez d’y perdre votre famille qui ne comprendra pas votre pourquoi (On voit le défaut, on ne cherche pas l’origine hélas!). Pour vos enfants mais aussi pour vous, ne vous détruisez pas à cause dune bête inhumaine.

  97. clairo

    Les épisiotomies sont inutiles dans la plupart des cas, et permettent juste au soignant d’accélérer le mouvement, et puis aussi de se sentir utile puisque les accouchements, c’est les femmes en travail qui les font.
    ça m’énerve quand j’entends une femme dire : “machin m’a accouchée”.

    L’épisiotomie aggrave les choses : au lieu de limiter les dégâts à une déchirure, on se retrouve avec un machin qui te fend en 2 jusqu’à l’anus. Et un mec traumatisé qui refuse de te toucher.
    Un an pour avoir à nouveau une vie sexuelle mais les sensations ne sont plus les mêmes.
    Et savoir qu’en vieillissant, le port des couches va devenir obligatoire.
    Désolée Baptiste, mais je me méfie maintenant comme de la peste des gynéco, femmes et hommes. Cette spécialité a été crée par des hommes dans le but de maîtriser la sexualité des femmes. C’est historiquement un fait.

  98. ornsteen

    je suis enceinte et j’ai tous les symptomes de grossesse .je suis aller aux urgences pour des contractions uterines et j’étais reçue par une interne.elle m’a fait un echographie qui a durée 1 minute.elle m’a dit je n’etais pas enceinte.apres une prise de sang beta-hcg et un test urinaire et j’ai attendue deux heures trente pou des resultats.le pris de sang negative comme par hasard était negative.test pipi positive pour une infection urinaireet ordonnance ,tres attention au prise de medicament.madame N. interne a insulté mon bébe,elle a dit heureusement tu n’est pas enceinte.j’ai dit que c’est moi qui decide de ma vie. un professeur m’a tape dans le ventre.mon bebe va naitre et j’ai des contractions uterines et topus les symptomes.je n’ai pas besoin d’eux.ils sont vraiement mechants inhumain dans le service gynecologie obstretrique.c’est un pays ndemocratique.mr.T. ne voulait pas me faire voir l’echo,j’ai insiste.j’ai vu un crane de bebe et un cordon ombical.ce n’est pas le premier fois qu’il des maltraitrance dans cette hopital envers moi.je vais plus à aucun éetablissement medical je leur accord aucun confiance

  99. ornsteen

    mr T interne et mme B interne a l hme de limoges 87000 limoges ne veut pas donner mes echographie obstreitrique meme que j insiste le prise de sang potasssium etc en deux fois meme quantite bizarre avec mr T j ai eu des contractions uterines toutes les dix minutes et apres toutes les trois min la scretaire voulait que j aille en salle de travail mais le docteur voulait pas

    1. Baptiste Beaulieu

      Bonjour Ornsteen
      Je suis peine de ce qu’il vous arrive. Sincèrement. Mais j’ai pris la liberté de ne mettre que les initiales des personnels soignants que vous dénoncez. Nous ne sommes pas un tribunal. J’espère que vous comprenez. Prenez soin de vous ++++
      Sincèrement
      B

  100. Hécate Lomëwen

    Je ne suis pas maman, je ne suis pas sage-femme, je ne suis “qu’une” infirmière.

    Mais je souffre de voir de telles pratiques, des soignants qui n’expliquent pas.

    Je m’occupe de personnes âgées en rééducation et réadaptation, et même quand ils ont des troubles cognitifs, j’explique ce que je fais quand c’est invasif (même pour une “simple” piqûre d’anticoagulants). Pourquoi, je suis une bonne “piqueuse” (pour les cathéters, avec 18 mois en néphrologie, ça aide), mais même avec de la technique, il faut toujours expliquer pourquoi on fait les gestes.
    Parce que le soin, c’est de la confiance entre deux personnes, le soigné n’est pas un morceau de viande, c’est une personne !

    Etant de la promo 2012 (réforme du programme IDE), j’en ai bavé pendant mes études, en tant que jeune professionnelle aussi. Je me suis promise de ne pas devenir cette “ronbière aigrie et mal embouchée, voire maltraitante” comme j’ai pu en croiser en stage (autant IDE que AS, etc).
    Dans ce service, où cela se passe bien, je suis désormais la tutrice des étudiants infirmiers. Mon mot d’ordre : bienveillance ! Pour les patients, pour les collègues, pour les étudiants. Car nous sommes tous des êtres humains.

    Alors quand je lis cette souffrance affligée pour “le point du mari” et autres pratiques venues d’un autre âge, j’ai envie de taper sur des médecins qui se sentent investis d’un pouvoir “divin”.
    Le pire du pire : d’autres femmes qui le font à des femmes…

    Merci d’avoir témoigner chère madame.
    Faites attention à l’alcool, vous savez c’est un faux ami…

    Signée : une soignante de 31 ans qui a perdu sa maman de 58 ans l’an dernier d’un vilain crabe en lien avec une boisson très traître.

    1. ornsteen

      je ne comprends pas pourquoi personne ne reponds a mon commentaire,surtout q’un professeur gynecologue m’a frapper dans le ventre,en pleine grossesse.une interne de l’hme a insulte le bebe que je porte dans mon ventre,c’est inhumain!il faut reagir pour ceci n’arrive plus!!merci beaucoup

  101. ornsteen

    je suis enceinte de 6 mois et j’ai toujours pas pu declarer ma grossesse.j’ai des droits commes tout le mondes.j’ai tous qui faut pour le bébé et j’assume completement.j’ai demander mes echos à plusieurs reprises,meme par recommmandé ou en payant les photocopies,mais en vain.je vais accoucher bientot.c’est pas la premier fois qu’il me donne pas les echos ni les maltraitances.il faut qu’on change les choses.il y’a mon bébé et il est aimé,desire,voulu,le fruit de de l’amour de toutes facons,je n’ai besoin de aucun gynecologues

  102. Marion

    J’ai lu tous les commentaires et j’arrive un peu tard.. je ne sais pas si mon commentaire aidera.. mais je le note.. on ne sait jamais ! Pardon il est très long.

    J’ai été triste en lisant le témoignage de C. Que de souffrances non entendues, non écoutées.. mais cela me questionne tout de même.. pourquoi retourner dans une maternité qui ne t’écoute pas ? Pourquoi accepter de revoir ton boucher, et pire de le laisser te toucher une seconde fois ??
    En tout cas j’espère que tu trouveras une solution autre que l’alcool. Il y a des pistes dans certaines commentaires.. je pense personnellement à l’acupuncture.

    J’en viens à moi, ce témoignage réveille des choses en soi. C’est qu’il est très intense et nous parle, même si on n’a pas le même vécu.
    Je suis du genre chieuse, qui raconte tous ses malheurs et veut absolument les résoudre.. la patiente stressée et relou comme dirait une de mes amies médecin.. Mais tant pis ! Et s’il vous plaît, osez parler autour de vous, partagez, osez dire quand ça ne va pas ! Osez chercher une personne ressource et écoutez votre instinct !

    Arrivant dans ma nouvelle région j’ai demandé conseil aux résidents pour trouver mon généraliste. Je l’ai donc rencontré avec bon espoir. Eh bien non, je n’ai pas accroché et me suis enfuie chez une autre en qui j’ai trouvé une écoute, une curiosité et surtout la capacité d’avouer qu’elle ne sait pas tout mais cherche ! Choisir son soignant c’est important. Malheureusement j’ai notion que ce n’est pas toujours possible en fonction des régions et c’est vraiment un souci majeur..

    A lire ce témoignage et les nombreux commentaires, évidemment ça me renvoie à mes accouchements.. je me savais chanceuse mais Après ma lecture cela ne fait que renforcer cette idée..
    J’ai accouché en hôpital labellisé amis des bébés. Quelle chance ! 30 % des mamans qui accouchent sans péridurale dans mon hôpital ! et pourtant on me félicitait d’avoir accouché sans péridurale… et on me félicitait d’avoir allaité si longtemps ma première.. c’est bête mais ça fait plaisir.. et ça montre qu’ils s’intéressent à nous.
    2 accouchements naturels à 4 pattes sans péri. Pas vu de médecin, seulement 1 sage-femme et 1 aide-soignante. Un conjoint briefé, une équipe à l’écoute, des bébés gardés en peau à peau 72h chacun sans les laver ni les habiller ! Acceptation de mon choix et prises de précaution de l’équipe en fonction de ma demande. bénédiction ! Merci à eux. Je vous souhaite la même écoute et la même bienveillance.

    1er accouchement j’ai quand même déchiré, j’ai eu droit au spray anesthésiant. Sans, j’aurais trouvé ça inhumain ! La douleur ne doit pas être subie et/ou imposée ! Sinon c’est de la maltraitance !! Limite barbarie.

    La sage-femme fait de son mieux en me recousant. Mais j’aurai un oedème et un point trop serré… à la première relation sexuelle avec mon homme (et faut dire que déjà c’était pas évident de trouver le moment avec bébé qui pleurait beaucoup et ne dormait jamais…), trop grosse douleur. Comme C. je pleure, comme C. je m’excuse auprès de mon homme. Qui comprend bien sûr ! Comme le tien C. je suis sûre.
    Au prochain rdv SF, je lui dis, et elle fait des petits massages pour délier ce point douloureux. Ça ira beaucoup mieux par la suite. Merci ma SF !

    Pour ma deuxième grossesse, je voulais éviter la déchirure, j’ai donc fait des séances de massages du périnée avec une kiné pour détendre ce muscle. Dès la 34ème semaine de grossesse 2 fois par semaine, pris en charge par la sécurité sociale !!, mais pourquoi personne n’en parle ?! J’aimerais que les gens le sachent ! Je n’ai eu ni déchirure ni épisio ! Je ne sais pas si les massages ont évité la déchirure mais j’y crois ! En tout cas j’ai été heureuse de passer à côté des douleurs de la déchirure ! alors mesdames, n’hésitez pas à tenter les massages..

    Je voulais aussi revenir sur le fait que je trouve cela illogique de poser des questions à une femmes en plein accouchement.. personnellement j’avais fait un projet de naissance, J’avais des idées bien arrêtées mais tellement prise dans mes accouchements, surtout le 1er, j’aurais accepté n’importe quoi !! Je pense qu’un questionnaire pour donner une voix à la future femme en train d’accoucher serait utile.. mais je ne sais pas si cela plairait à tous les médecins. (Pardon j’ai aussi tendance à user abondamment des points de suspension et autres ponctuations…)

    Sinon un témoignage m’a fait halluciner. Celui de la femme dont le placenta s’était récollé et qu’il a fallu lui tirer brutalement avec une SF assise sur son ventre.. est-ce vraiment possible ce genre d’ acte ?
    J’ai aussi été malheureuse de lire les réactions de certains soignants de maternité du grand hôpital parisien décrites par l’étudiante infirmière..

    Je finirai sur la réaction de mon conjoint quand je lui ai parlé du “point du mari”. Il a d’abord dit que ça ne pouvait pas exister avant de dire “en quoi ça fait plaisir à l’homme si la douleur est telle qu’elle rend l’acte sexuel impossible ?”. Ça me questionne du coup.. avant les femmes acceptaient de souffrir le martyre et ne disaient rien ou les hommes faisaient comme si de rien n’était ? Mon conjoint n’y croit pas. Ça me questionne.

    Merci pour ce blog qui nous permet de voir que l’humain existe, on le voit par l’existence même du blog, et par les nombreux commentaires qui permettent de pouvoir se soutenir mutuellement même si on ne se connaît pas.

    La bise, et l’espoir que la douleur soit prise en compte, elle est pourtant une des priorités de l’HAS…

  103. Batgirl

    Je caresse mon ventre qui s’arrondi chaque jour un peu plus et je pleure. Comment peut-on ? Comment purent-elle ? Comment pourrais-je…
    Je m’imagine sur cette table, dépossédée de mon corps du haut de mes 22 ans, et l’horreur m’envahit.
    J’imagine ces larmes d’impuissance couler, seule face au boucher, avec pour seul soutien le fantôme d’un futur papa parti faire la paix à l’autre bout du monde.
    Comment pourrais-je….
    Je sais bien que tous les accouchements ne virent pas au drame, pourtant il y a tant d’histoire de féminité ravagées, abusées, meurtries par ces praticiens peu scrupuleux…
    Mais laissons le moulin moudre son grain, il est temps pour moi de m’entourer de gens compétents et bienveillants. Merci pour cet article B., mot après mot, les gens comme toi changent le monde.

  104. Olivia Calippe

    J’ai été choqué de lire l’expérience de cette dame, c’est vraiment extrême, rien que le non respect de son désir de se passer de péridurale (et pourtant les femmes qui peuvent pas pousser correctement et où on doit utiliser forceps, ventouse sur les enfants à cause de la péridurale c’est pas si rare…). Mais alors pour l’épisiotomie c’est juste choquant. Ne pas avoir d’explication sur sa santé, c’est carrément un manque de respect.
    Cependant, malgré tout, j’ai trouvé un certain écho dans ce témoignage. J’étais dans un bon hôpital mais… On a jamais voulu me laisser essayer d’accoucher sur le coté, ni respirer sans apnée comme j’avais appris à le faire en cours de préparation à l’accouchement. J’ai eu d’horribles hémorroïdes. C’est con mais j’en ai jamais eu avant d’hémorroïdes et je savais pas se que c’était. J’ai paniqué, appeler la sage-femme, qui s’est moquée de moi… Heureusement que l’interne elle a pris ça au sérieux. Et je n’ai pas eu d’épisio mais une “petite déchirure qui vous fera pas trop mal”, ben je pouvais pas aller à la selle, j’ai eu la bouée pendant 3 semaines, à en pleurer. Des douleurs intenses qui me faisait pleurer pendant les rapports pendant plus de 6 mois après et au final qui se sont terminés que quand j’ai fait une fausse couche 1 an et demi après et qu’ils ont retouché à cette zone… Les douleurs pendant les rapports étaient, je cite: “Pas vraiment physique mais plus psychologique, on ne sent même plus la cicatrice”.
    Bref, y a encore du travail à faire en maternité sur la relation soigné/soignant et sur la prise en charge de la douleur (et parlons même pas de la prise en compte de la fatigue, quand on vous réveille à 23 h pour vérifier votre cicatrice et à 7h pour le petit déj et que bébé dort pas de la nuit).

Répondre à Charlotte Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *