Deux vies.

Texte envoyé par D., une lectrice… C’est très beau… Je n’ai touché pas grand-chose… Si vous voulez raconter, c’est ICI.

Alors voilà. C’est l’histoire de deux êtres et du temps qui passe.
Lui est né pendant la Première Guerre mondiale, entre deux permissions de son père. Elle est née plus tard, la même année qu’Edmonde Charles-Roux. Ils se rencontrent à l’adolescence, se marient parce qu’à l’époque, quand tu veux t’aimer tu te maries et à l’âge où l’on n’est pas sérieux elle est déjà maman.
Ils auront trois fils, l’un avant la Seconde Guerre, l’un pendant, le dernier après.
C’est l’époque où il y a du travail et des Italiens qui viennent en France. Lui est riche : il a un vélo. Pour son travail, il va chercher des blocs de glace qu’il rapporte sur le porte-bagage. C’est l’époque où il n’y a pas de frigo et où on peut laisser les vélos à la gare sans antivol et sans crainte. Pour différencier les gens c’est facile : « les Italiens, ils étaient comme nous, sauf qu’ils n’avaient pas de vélo ».
Ils prennent leur retraite. Elle lit des histoires à ses petits-enfants. Il bricole pour ses belles-filles, elle tricote et cuisine. Le soir, ils lisent ou regardent la télévision l’un à côté de l’autre. Les petits-enfants grandissent et elle leur raconte encore des histoires : « J’étais au fond du bus avec ton grand-père, il ne voulait pas aller au STO et il n’avait pas ses papiers ; les Allemands ont commencé à contrôler le devant du bus puis quelqu’un les a appelés et ils ont arrêté, mais sans ça… »

Ils vont fêter leurs soixante-dix ans de mariage.
Cette année-là, un poney multicolore est venu chercher un de leur fils et annuler la fête. Il a fallu les conduire à l’enterrement car ils ne voyaient plus bien, à cause des larmes ou de leur âge. Ils marchent plus doucement. Lui trébuche souvent. Il fait de fréquents séjours à l’hôpital d’A., et toujours les médecins le guérissent.

Ils vont fêter leurs soixante-quinze ans de mariage.
Ou plutôt, ils ne les fêteront pas parce qu’ils ne sont toujours pas remis de l’absence de leur fils, ni de celle de son frère qui l’a rejoint entre-temps.
Ils deviennent arrière-grands-parents. Il devient sourd. Elle devient aveugle. Ils deviennent dépendants des autres, eux qui étaient là pour les autres toute leur vie. Il fait une mauvaise chute, puis une autre. Il retourne à l’hôpital d’A. (très beau), puis à la clinique de B. (très moche), puis on l’envoie à C. pour une convalescence d’un mois. Elle passe ses journées auprès de lui dans une chambre de quelques mètres carrés. Et les médecins le guérissent, toujours.
Ils vont fêter leurs quatre-vingts ans de mariage…mais dans quel état ?
J’espère que d’ici là, il n’arrivera rien à leur dernier fils. Leur dernier fils, c’est mon père.

78 réflexions sur « Deux vies. »

  1. Nane

    Magnifique, et plein de questions, ce texte. Jusqu’où aider la vie? Pourquoi cette génération décrite est elle si résistante, plus que celle de ses enfants? Le très grand âge est-il un cadeau ou un poids? Des questions que je me pose quotidiennement en allant voir ma Belle-Mère, 97 ans, qui ne porte plus aucun intérêt à la vie et demande régulièrement qu’on “éteigne la lumière”…

  2. Nostradamiss

    Tellement vrai, tellement triste… je m’étais également interrogé sur la question de “jusqu’où la médecin doit-elle aider?”, en voyant mon grand père vieillir terriblement (http://patatipatatra.canalblog.com/archives/2013/11/07/28382930.html). Aujourd’hui, papi&mamie sont en maison de retraite tous les deux. Ils ont perdus un fils il y a quelques années déjà. ils leur restent maman. Leur maison est en vente, ils ne la reverront pas… est-ce qu’ils sont heureux ? est-ce c’est ceux qu’ils souhaitent ? de quoi ont-il envie ? Est-ce que ce n’est pas plutôt NOUS qui voulons les garder que EUX rester et continuer ? On ne saura jamais…

    1. Cath

      Moi j’ai de la chance car je sais ce que ma mère de coeur veut.
      A l’hôpital pour quelques jours, puis rééducation pour un mois.
      Sa maison n’est pas en vente, on peut se le permettre, et on s’arrangera pour qu’elle reste dans son cadre, comme elle aime. Mais je sais aussi que tout le monde ne peut pas le faire, et j’en suis désolée.

  3. madeleine

    le film “nos souvenirs” vu la semaine derniere au cinema fait echo a ce beau post…
    une fin de vie qui s eternise, où on part poussiere par poussiere et non pas d un seul bloc, où ce qu on avait n est plus…
    no comment… emue, je repars peuler des ognons…

  4. Firewitch

    Vous avez bien fait de ne pas y toucher, à ce texte, Doc Bibi… Les larmes aux yeux, là! Et la photo est magnifique aussi. Bises à tous.

        1. Firewitch

          Désolée, doc Bibi, je ne trouve pas ça drôle… C’est curieux, pourtant j’adore aller faire un tour sur damnyouautocorrect.com quand j’ai un coup de blues! Mais pour ce qui est des pets de petites filles qui chantent, je ne trouve ça drôle que quand ça arrive à ma fille! Peut-être parce que ça la fait rire comme une folle… 🙂

  5. CELLE QUI N'EXISTE PAS

    Bonjour,

    Cette histoire est presque la mienne. Mais nous n’avons qu’une fille encore célibataire et mon mari va mourir du crabe alors que nous avons fêté nos trente ans de mariage.
    Il ne connaîtra jamais ses petits-enfants, ni même son gendre. Mais je le jure devant qui vous voulez, quand il aura décidé de ne plus souffrir, il ne souffrira plus même si je dois aller en prison.
    Les médecins font vivre mais ne réfléchissent pas à quelle vie ils font vivre.

    Bibi, essaye de penser à cela. Oui mon mari vit mais une vie dans un lit même médicalisé et sous des doses de morphine qui le font dormir 16h sur 24, est-ce une vie ? Est-ce la vie qu’il a rêvé pour sa retraite ?
    Voir son père souffrir et pleurer de douleur, est-ce la vie que nous avons souhaité pour notre fille ?

    Les médecins soignent et renvoient à la maison. Mais ne pensent pas à l’après. Il a fallu que nous nous battions pour avoir une auxiliaire de vie, une infirmière qui passent le voir. Il a fallu que nous nous battions pour avoir un fauteuil roulant électrique. Est-ce une vie ? Est-ce la vie ?

    Je ne vois presque plus mais personne (oncologue, centre de la douleur, médecin) ne s’est inquiété de la charge de travail que cela m’occasionne. Je suis là donc tout va bien.

    Bon ne pleurons pas. Nous fêterons, l’année prochaine les trente ans de notre fille. Toutes les deux ou avec lui et cela s’est merveilleux car je n’aurai jamais imaginé être mariée, être mère. Oui là c’est une vie de la donner mais malheureusement (ou heureusement) la vie est une maladie sexuellement transmissible mais toujours mortelle.

    Je t’aime BIBI même si tu nous donne un texte qui me remue.

    Affectionnement d’une vieille dame qui aime lire tes histoires et tes livres

  6. Fmior03

    Mon grand-père vient de fêter ses 91 ans, ma grand-mère va sur ses 90, ils approchent doucement des 75 ans de mariage… bien sûr, la vie va plus doucement à cet âge là mais ils viennent de se racheter un ordinateur, l’autre ne leur convenait plus et mon grand-père en a besoin pour envoyer tous les mois ses relevés ornithologiques au Museum d’Histoire Naturelle de Paris. Cela fait plus de 70 ans qu’il fait ces relevés, ça n’était pas un Excel et un ordinateur plus assez performants qui allaient l’en empêcher…!
    Notre tête nous dit qu’évidemment, ils ne seront pas là éternellement; mais franchement, je ne parviens tout simplement pas à l’imaginer. On se sent indestructible quand de telles personnes sont là…

  7. Valérie

    C’est très beau et c’est très triste … En ce moment je me pose la même question pour mes grands-parents (eux ont déjà perdu un fils mais gagné 7 arrières-petits-enfants). Ils sont encore chez eux, nous pouvons le leur permettre mais la tête de ma mamie s’en va tout doucement et le cœur de mon papi se fatigue un peu trop vite …
    Alors ce matin, j’ai les larmes aux yeux …

  8. Mamina

    Nous sommes nombreux à avoir pu écrire ce texte (peut-être pas si joliment…)
    Si c’est ça l’allongement de l’espérance de vie… est-ce-que ça en vaut la peine ?
    Et pourtant… ma maman de 92 ans, amputée d’une jambe depuis 2010, est appareillée, marche avec un déambulateur, se pomponne tous les matins pour aller à la salle à manger de sa résidence, lit son journal tous les jours et débat de l’actualité, achète des petits gâteaux pour recevoir famille et amis pour le thé….
    Quand la croire ? que penser ? quand elle dit qu’elle en a assez ou quand elle nous sourit d’un air de jeune fille ? pour nous un courage exemplaire !
    Merci Baptiste pour ce blog que je lis depuis longtemps en cachette…

  9. Sitelle

    Témoignage très émouvant. La vie est tellement inattendue, elle donne, elle prend…Mais elle sait que même si le poney passe, il reste les souvenirs, surtout quand ils sont aussi pleins d’amour.

  10. Temoin silencieux

    Quasiment la même histoire. Après 69 (sic) ans de mariage, lorsqu’il est parti, on la sentie filer et se laisser partir. Elle l’a rejoint moins de 4 mois plus tard.

    Ce qui me surprit en revanche (et cela répond au texte/commentaires), c’est de voir que son frère, qui se bat jusque dans les tribunaux pour le maintient en vie de son fils (contre son gré), ne prenne pas le temps de venir se recueillir auprès de lui, son quasi jumeau… A moins que cet acharnement ne soit une lutte contre l’idée de sa propre mort, et qu’il ait donc justement refusé de la voir de près…

    Comme quoi, nous n’avons ni les clefs ni l’autorité pour juger… Accompagner sans préjuger/penser à la place de/supposer, c’est bien le plus dur dans les métiers des soins/éducation.

  11. monkaleidoscope

    j’en reste sans voix …. et sans les mots

    va comprendre ce que la vie prend, ce qu’elle donne … et pourquoi ou quand elle le fait ou ne le fait pas ??

    et puis, ma mamie chérie nous a quitté le 31/12, à l’âge de 100 ans … et ma mamie à moi, elle était pour nous cette paix, ces souvenirs, cette force passée et présente … bref, cet asile … que semblent être ces deux petits monsieur / dame, eux aussi, pour les leurs
    et je ne connais pas bien ce monde sans mon asile ni ma boussole …

    alors, gloups

  12. Claire

    Texte merveilleux…
    J’ai senti couler les larmes, tant il a remué de souvenirs en moi…
    Ils sont ensemble, et ça, c’est beau. Profitez d’eux, très fort…
    Ma petite Mamie adorée nous a quittés le 9 décembre, et malgré ses 90 ans et son Alzheimer, j’ai du mal à apprivoiser son absence…
    Le dernier mois, après son AVC, elle était à moitié paralysée et ne pouvait plus parler.
    Nous espérions pour elle que “cela” ne durerait pas trop longtemps. Nous pensions être “prêts”…
    Et puis quand “c’est” arrivé, et qu’il a fallu la laisser partir, cela a été dur, tellement dur…
    Je crois qu’elle me manquera à jamais…

  13. Michèle

    C’était en 1999 … ma grand-mère était en clinique à Marseille, se dégradant de jour en jour après une mauvaise chute.
    A la fin, elle en avait plus qu’assez, et le disait.

    Son état s’aggravant, mon père et mon oncle ont du quasiment se battre avec les médecins qui voulaient lui faire une trachéotomie, afin qu’elle survive. Mais dans quel état !
    Grâce à leur insistance, elle n’a pas eu la trachéotomie. Elle est allée rejoindre les siens.

  14. Cécile

    Punaise! Ça m’a émue.
    Lui il a été arrêté et envoyé au STO et il a vécu aussi la grande évasion qui en a fait un de mes héros. Puis il l’a rencontrée elle. Et ils ont été heureux. Depuis 70 ans. Et en forme. Et ils ont fait le tour de l’Europe avec leur caravane. Du camping jusqu’à 80 berges. Et la forme toujours. Indépendants. Surfant sur le net a 90 ans. Au passage deux filles, 4 petits enfants et 8 arrières. Et puis c’est arrivé. Un AVC de trop, lui qui a un cœur d’enfer, et la fatigue et la tête qui fait des siennes pour elle. Et ton texte m’a émue car cela parle de mes grands parents devenus dépendants à 90 berges! Plus en forme du tout, mais bien vivants. Et ne voulant plus se battre mais bien vivants. Et ça me fait mal au bide….

  15. marie

    Ce matin tu m’as dit que tu m’espérais
    A midi tu m’as accueillie
    A l’heure du thé tu es parti
    Et ce soir, ce soir, je te cherche
    Et demain ou un autre jour, tu m’espèreras,
    Sous un autre ciel, tu me cueilleras
    Et je m’envolerai
    Longtemps, longtemps, toi aussi, tu me chercheras
    Tout à une fin mais tout n’est que recommencement
    Il faudrait que l’on apprenne à se quitter
    Pas hostile, pas inquiet, pas perdu,
    Pas éperdu de chagrin.
    Etre accueillant au bébé qui vient au monde
    Etre aimant de soi pour mieux aimer l’autre
    Etre respectueux du souhait d’arrêter son temps
    Laisser partir en paix ceux qui nous ont façonné
    vivre n’est pas souffrir
    juste la liberté de choisir on ou off

    ps: je kiffe à mort la photo des amoureux

  16. Martineduouiabe

    J aî demande a ma mère
    Ma mère avait 3 fils il ne,lui en reste qu un.
    Voila sa réponse
    Je n aî pas mis au monde des enfants pour les voir mourir .
    Alors elles sont bien jolie vos histoires(je lui ai fait lire le blog pour la 1 ère fois)
    Vos histoires de grand mère De grand pere mais quand on a perdu des enfants on ne vit plus .
    Moî j aurai préféré mourir avant eux er respecter la chronologie
    Chaque jour est une souffrance.

    1. Cath

      Oui.
      Mais il lui reste un fils et une fille et peut-être des petits-enfants. Alors pour ceux qui restent, même si chaque jour est une souffrance, même si à chaque réveil elle les perd de nouveau, il ya aussi le bonheur -je l’espère- d’avoir son autre fils et sa fille, et ses petits- enfants. C’est ce que m’a dit ma grand-mère :
      ” j’ai refait des gâteaux en pleurant, mais je les ai refaits”.

      1. Rofine

        @ Martine souvent les petits-enfants “soignent” les blessures de la vie à leur manière. Ils sont des rayons de soleil et d’énergie pour nous.
        Mamie d’un petit garçon vif et curieux, il a été mon meilleur “médicament” lors d’une période très difficile pour moi.
        Je t’encourage à profiter des petits bonheurs avec ta jolie princesse. En lui faisant plaisir tu mettras du baume à ton cœur.
        Bisous tendresse

  17. shakti

    Moi qui n’ai plus que mon père depuis près de 30 ans, la dernière phrase m’a cueillie !
    Heureusement que je suis seule dans mon bureau (d’habitude, je lis le soir, chez moi, c’est mieux…)

  18. Lise

    Deux vies, tant d’amour et tant de drames, tant de beauté aussi, dans la joie et dans la souffrance …..

    Oui Hervé, tu as raison, la vie est belle …..
    Même si y avancer avec le poids de l’absence lui donne parfois un goût amer, surtout lorsqu’il s’agit de son enfant …. Oui, belle et douloureuse …

  19. Grand33

    Bonjour Bibi
    Trés trés belle histoire, et merveilleusement bien écrite comme d’habitude, elle est juste un peu triste à mon goût. C’est abominable de perdre son enfant et en plus de “mal vieillir” avec.

    Alors pour être beaucoup plus léger et essayer de faire sourire je vous raconte la mienne, histoire : Lui, 102 ans, Elle, 100 ans, arrivent chez leur avocat et lui disent : “voilà Maître, on vient pour le divorce !” Mais… enfin vous avez fêté vos 80 ans de mariage l’année dernière, vous n’allez pas divorcer maintenant. Pourquoi avoir attendu tout ce temps ?
    ” C’est à cause des enfants, on a attendu qu’ils soient tous morts ……”
    la bise

  20. Julie

    Qu’il est dur de survivre à ses enfants. Survivre et pas vivre.
    Mes grands-parents ne savent pas qu’un de leur enfant est malade. Très malade. L’entourage craint que le grand-père, inquiet, somatise davantage et que le cœur de la grand-mère ne tienne pas le coup.
    Le non-dit, c’est le choix de leur enfant.
    Mais si le pire arrive ? Le choc n’en sera t’il pas plus brutal ?

    L’histoire est très belle. Et tellement triste. Essayer de profiter de son entourage malgré l’absence de ceux qu’on aime. Dur… mais important pour ceux qui restent.

  21. Nours

    Mon oncle a précédé mon grand père de un an pour leur dernier voyage. Pendant la dernière année qui lui restait à vivre, mon grand père n’a quasiment plus parlé sauf une seule phrase qu’il répétait sans cesse… “c’est pas logique”. Difficile de répondre quoi que ce soit.
    La loterie de la vie n’a que faire de la logique humaine. Ca c’est la part déiste qui est en moi qui parle… mais bordel, c’est vrai que c’était pas logique. Dixit l’autre part.

  22. Rofine

    Ce texte à la fois beau et triste me rappelle les paroles d’une chanson de
    Georges Moustaki :

    LA VIEILLESSE

    Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
    En robe de velours ou vêtue de dentelle
    Chargée de nostalgie ou porteuse d’ivresse
    La vieillesse

    Deviendrai-je un vieux singe un vieux fou un vieux con
    Mandarin sclérosé radoteur ou bougon
    Ou m’accordera-t-elle un peu de sa sagesse
    La vieillesse

    Viendra-t-elle comme une amie
    Comme une dame aux cheveux blancs
    À l’air paisible et souriant
    Qui viendrait partager mes nuits
    Ou comme l’ultime adversaire
    Celle qui reste à vaincre encore
    Avant de rencontrer la mort
    Et de s’endormir sous la terre

    Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
    En robe de velours ou vêtue de dentelle
    Chargée de nostalgie ou porteuse d’ivresse
    La vieillesse

    Fera-t-elle de moi un sinistre dévot
    Préoccupé de Dieu beaucoup plus qu’il ne faut
    Ou me donnera-t-elle droit à la paresse
    La vieillesse
    Serai-je comme un arbre sec
    Qui semble défier le temps
    Et qui supporte bravement
    Des coups de hache des coups de bec
    Ou le vieux beau qui vieillit mal
    Et regarde avec inquiétude
    Son beau crâne qui se dénude
    Et ses dents qui se font la mâle

    Où et quand viendra-t-elle et comment sera-t-elle
    En robe de velours ou vêtue de dentelle
    Chargée de nostalgie ou porteuse d’ivresse
    La vieillesse

    Je dis qu’il est trop tôt mais je sais qu’il est tard
    Je veux être un vieil homme sans être un vieillard
    Et vivre chaque instant tout le temps que me laisse

    La jeunesse

  23. Lize

    Merci pour se blog que je boulotte tel une madeleine… difficile de retenir une larme…
    @Julie :
    Pour te repondre dans ma tribu il a ete omis de dire a ma grand mère que le crabe était de retour chez un de ses enfants… lors du passage du poney elle a été bouleversée et elle semblait survivre a se déchirement. Elle a attendu la naisance de son premier arrière petit enfant pour partir quelque temps après.
    le choix était pour allégé sa peine avant et celle de son enfant. Bonne ou mauvaise chose je ne saurais le dire… au moins ma grand mère ne c est pas lamenter durant toute la période du mensonge…
    bon courage a tous
    et longue vie au blog.
    Ps: si les gens pouvait arrêter de dire (en parlant du défunt)ça aurait été mieux qu il/elle parte plus tard. Car plus tard en mauvaise santé c’est pas ce qu’il y a de mieux.

  24. Bob

    Tellement contre nature cette survie au départ de ses enfants …
    Tellement dure du coup …
    Tellement anesthésiante sur tout ce qui peut ensuite survenir …
    Une belle histoire, triste mais belle, c’est ce que j’aime quand je viens chez toi Baptiste.
    Etre émue.
    Tout simplement.

  25. Cachouchou

    Oui c’est une belle et triste histoire… J’ai entendu une femme dire une fois :” Quand on perd un parent on est orphelin, quand on perd un(e) mari(femme) on est veuve(f) mais quand on perd un enfant on est plus rien..” En tant que maman j’ai aussi cette peur qu’on tous les parents : de partir avant ses enfants. Quoi qu’on fasse la douleur reste là on apprend à vivre avec en se rappelant des bons souvenirs.. J’envoie plein de courage à ceux et celles qui on perdu un être cher et qui on parfois du mal à se relever, j’en fais parti et certains jours sont difficiles alors je puise au fond de moi le courage que ces personnes m’ont transmis pour continuer à avancer et faire en sorte d’avoir un vie heureuse malgré la tristesse..
    Bises à tous!

  26. Firewitch

    Alors voilà, mon Papi à moi m’avait dit, alors qu’il était très âgé et souffrant, peut-être prescient de sa mort, «La vie est pour les vivants». J’ai compris qu’il me disait de ne pas trop le pleurer, et de soutenir de toutes mes forces notre famille, quand le temps viendrait de son départ pour le pays du poney multicolore. Mon réflexe de soutien? Quand il est mort, j’ai fait à manger pour toute la famille, assez pour trois jours. Je me suis reproché longtemps de n’avoir pas su que faire d’autre, que faire de plus…. Et un jour, j’ai compris que, grâce à ses paroles, j’avais eu un réflexe, non pas matérialiste et terre-à-terre comme je le croyais au début, mais de vie. C’est toujours pareil dans notre famille, maintenant: en cas de coup dur, les autres se chargent de tout sans économiser leurs forces, et moi, je fais à manger, pour eux qui savent faire ce que je ne sais pas, mais qui n’ont pas non plus entendu les paroles de mon Papi, «La vie est pour les vivants».
    Quel est le rapport avec l’histoire si dessus? Il me semble que ce couple de l’histoire possède la même sagesse que mon Papi chéri.

  27. Brune

    Je travaille au quotidien sur l’évaluation de la dépendance…N’oublions jamais que nous ne sommes que de passage, tous, sans exception…Il faut l’envisager , l’anticiper et le retirer des sujets tabous !
    Lors de la perte d’êtres chers, j’ai lu plusieurs fois ce texte de Paulo Coelho, issu de son livre ” Maktub ” . Je vous l’offre à la méditation. Et vive la vie!

    LE MAÎTRE DIT:
    « Mon cher, je dois vous annoncer une nouvelle que vous ignorez peut-être encore. J’ai pensé à l’adoucir pour la rendre moins pénible – la peindre de couleurs éclatantes, l’enjoliver de promesses de Paradis, de visions de l’Absolu, d’explications ésotériques – mais, à supposer que tout cela existe, cela ne résoudrait rien.
    « Respirez profondément et préparez-vous. Je suis obligé d’être franc et direct et, je puis vous l’assurer, j’ai l’absolue certitude de ce que je vais dire. C’est une prévision infaillible, qui ne laisse aucune place au doute.
    « Voici donc la nouvelle: vous allez mourir.
    « Peut-être demain, peut-être dans cinquante ans, mais, tôt ou tard, vous mourrez. Même si vous avez d’autres projets.
    « Alors réfléchissez bien à ce que vous allez faire aujourd’hui. Et demain. Et le restant de vos jours. »

  28. Hervé CRUCHANT

    Ouais… Ce que je considèrerais pour une sacrée hypocrisie.

    « Peut-être demain, peut-être dans cinquante ans, mais, tôt ou tard, vous mourrez. Même si vous avez d’autres projets.
    « Alors réfléchissez bien à ce que vous allez faire aujourd’hui. Et demain. Et le restant de vos jours. »(sic)

    De quoi se pourrir (((VRAIMENT))) la vie, non ?
    Mais si.
    Ne réfléchissez plus. Rangez vos armes et vos certitudes, les Gens. Aimez.
    Le reste, on s’en fout. Aimez. C’est tout.

    Et ma va vie, alors ? Mektoub.

  29. Katia

    Quelle belle histoire !!!! Quel amour dans cette histoire !!!! Ils se sont aimés, s’aiment, et s’aimeront toute leur vie !!!!
    Veille sur eux, et sur ton papa !!!

  30. Arnal

    Comme c’est beau..j’en ai les larmes..j’ai 40 ans de mariage..et des petits enfants…j’aimerai connaître le même amour tout le long…longue vie à votre père…

  31. stef

    Merci. Vraiment. ça me touche car je pense très fort à mes grands parents, 90 ans eux aussi en début de ce mois, et malheureusement eux aussi un poney multicolore, chevauché par ce satané crabe, leur a emporté un fils en début d’année, leur fils unique, mon père.
    Alors voilà, dans un mois encore on va fêter leurs 70 ans de mariage, avec certes un grand absent, mais nous serons auprès d’eux, dans les rires et les larmes pour célébrer leur Amour, car la vie continue pour nous, et il faut kiffer chaque instant qui passe, vraiment !
    Alors voilà : “Always look on the bright side of life” .Monthy Python.

  32. Kevin

    Ca y est, ça devait arriver depuis le temps que je lis ce blog et c’est arrivé aujourd’hui : j’ai pleuré…
    Ce que je vais maintenant dire n’est tellement pas original mais il n’y a que ça à dire : Merci!

  33. bernard

    tres beau texte qui repose la question jusqu’ou peut on doit on prolonger la vie. un membre de ma famille 83 ans sauvé d’un AVC, énorme poche de sang près du cerveau. aujourd’hui en chariot, le moral dans les chaussettes!!!!

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