La honte.

(petit coup de gueule, pardon. Je précise que tous les établissements psychiatriques ne sont pas comme celui-ci, mais que certains le sont. Et c’est intolérable.)




Alors voilà, cela faisait cinq ou six ans que je n’étais pas entré dans un hôpital psychiatrique.Je gare ma voiture. Les nuages sont bas, lourds. J’entre. Murs écaillés, lépreux. Plusieurs portes, sales, couvertes de brûlures de cigarette et de tags obscènes.

De longs couloirs blancs, presque déserts. Une femme erre, par petits pas saccadés, dans une robe de chambre maculée de vomis. Crâne rasé, regard fixe, elle tient dans ses bras une poupée aux cheveux cramés.

L’ami que je viens visiter dort dans une chambre grise, sur un lit métallique gris, dans des draps gris. Il cache son téléphone et son portefeuille dans son slip, sur chaque fesse. Il y a des vols, et les poches des jeans, on te les fait en deux jours, me dit-il.

On sort fumer une clope dans un jardin minuscule, envahi par les ronces et les mégots.

J’ai envie de dire MERDE (pardon). Comment va-t-il aller mieux, mon pote ? Comment chacun des patients ici peut-il aller mieux ? Comment un infirmier ou un aide-soignant arrive-t-il à ne pas se décourager chaque matin, en travaillant dans des conditions pareilles ? Partout où mon regard se pose, c’est sale, triste, suranné. C’est ça, la France ? Si la République a les moyens d’offrir des matchs de foot à 30 000 euros au premier ministre, on devrait trouver des crédits pour nos frères et soeurs souffrant de maladies psychiatriques, non ? Ce sont des êtres humains, avec une dignité, une histoire, une espérance. Ce sont des vies qui comptent…

– À ta première permission je t’emmène à la mer. Ou à la montagne, je lui dis. 

Il faudrait qu’on leur donne de quoi peindre, de quoi faire du sport, et de grandes fenêtres ouvertes sur la nature. Ici, tout est moche, petit, gris, sale, tout crie misère. Il faudrait qu’on leur donne un horizon.

J’ai soigné en Inde, au Vietnam, dans des bidonvilles, des orphelinats et dans des dispensaires du bout du si mal nommé tiers-monde. Je n’ai jamais vu un tel délabrement, un tel abandon physique des consciences. Je suis sûr que si des soignants ou des familles de soignés me lisent, ils comprendront ma froide colère.

– Tu sais, dit mon ami, je suis quand même heureux : il y a un chat de gouttière, il se promène dans le jardin. Je me lève le matin et je le câline pendant des heures.

Silence. Un chat, c’est le seul truc doux, ici.

– Ça m’apaise, ajoute-t-il.

– Je comprends.

C’est faux, je comprends pas. Ou alors si, je comprends trop bien : un matou, ça coute pas cher à la sécurité sociale.

97 réflexions sur « La honte. »

  1. Caroline b.

    Et encore. .. Dans la plupart de ces endroits comme dans les glorieusement nommés “longs séjours “, les matous et chiens sont interdits.
    Trop de vie, ça dérange le fonctionnement.
    Moi j’arrive plus à aller dans ces endroits. Je sais, ça aussi c’est la honte. Trop dur.

  2. OLAF

    Là, tu décris l’asile du XIX ème siècle. Je sais que l’HP c’est pas le pérou, mais j’en ai fait des HP (je suis psychiatre), et un seul, dans le var ressemble à ce que tu viens de décrire. Mais tu as raison dans l’ensemble, nos fous sont très maltraités en France.

      1. Fasila

        Alors moi je vous dis: presque tous les établissements psychiatriques sont comme celui là et parfois pires… y a pas de chat.. en tout cas en Suisse…Petite anecdote vécue il y a 20. Hôpital psy en Suisse après une casse monumentale suite à une séparation rock’n roll.
        Une nuit de folle angoisse, j’essaie de contacter le veilleur… impression d’imploser d’angoisse, de me liquéfier … le bon veilleur n’est pas dans les parages mais il a charitablement laissé un no de téléphone.J’appelle en tremblant et il me répond que je le dérange car il mange son sandwich avec son collègue à un autre étage. Je n’ai qu’à retourner au lit et lire et surtout… le laisser faire sa pause syndicale.
        Depuis je suis devenue psy à la police et lorsqu’on me réveille au milieu de la nuit je fonce à l’encontre de qui a besoin d’aide. Merci M. le Veilleur indélicat.

    1. Cath

      Faites donc un tour dans le 78… Il y a peut-être des espaces verts, mais personne pour accompagner les personnes. Alors on garde ces pauvres gens enfermés dans les corridors ! Et on ne les écoute pas, on ne les invite pas à faire des activités … Je ne suis pas psychiatre, mais je ne la ramènerais pas !
      Baptiste a raison : c’est insupportable !

    2. MANDINE

      Dans le Var, j’ai vu le misérable HP de Pierrefeu… Un membre de ma famille y a été hospitalisé beaucoup trop longtemps….. Je ne sais pas s’il existe encore, mais impossible de guérir , ou même de retrouver un minimum de sérénité dans cet HP SORDIDE.

      1. Suze Araignée

        Et quand bien même ces établissements n’accueilleraient que des “fous” (des psychotiques quoi), ce n’est en aucun cas une raison pour les maltraiter. Ce sont des humain-e-s comme les autres (souvent bien plus sensibles, intelligent-e-s et humain-e-s que la moyenne même).

        Votre message me fait penser à ces gens qui se plaignent du fait qu’on “ose” mettre ensemble les “simples” dépressifs avec les “vrais fous”. Parce que les “fous”, même en HP, il faudrait les cacher, les enterrer loin, là où personne ne les voit. Ça me choque profondément (et pourtant, je ne suis pas concernée, enfin pas tout à fait, je fais la funambule sur un mince fil tendu entre la névrose et la psychose…).

        1. Ex

          Ils accueillent aussi beaucoup d’adultes autistes et aussi des toxicomanes qui essaient de se sevrer.

          Les hurlements, les crises de violence de certains patients, les prises en charge violente physiquement ou moralement par les équipes soignantes sur les autres (“ne vous mêlez pas de ça”) c’est très impressionnant quand on est interné à l’hôpital public en restant conscient de ce qui se passe et c’est horrible de voir le regard des proches qui viennent en visite dans ces moments là parce qu’on a encore plus honte d’être là.

  3. Philippe Renève

    La politique consiste à faire des choix. Depuis des années, les gouvernements préfèrent donner sans conditions des dizaines de milliards d’euros aux entreprises et parallèlement réduire les déficits publics en taillant dans les budgets des hôpitaux publics, des collectivités locales et des transferts sociaux. C’est un choix.

  4. Isa

    hélàs, on peut aussi transposer ceci à quelques maisons de retraite …. La gériatrie est la 5ième roue du carrosse…. à moins que ça soit la 6ième….

    1. maryline

      J’ai du y mettre mon fiston de 13 ans, et c’était dans cet état… exactement… et dans un grand hôpital Parisien en 2014…

    2. véronique

      Je suis aide soignante en psychiatrie chez les personnes âgées, notre service n’est pas du tout comme ça, il est même accueillant en dehors de la porte verrouillée pour ne pas que les patients sortent et se perdent dans le parc. Mais ces beaux locaux ne veulent rien dire le manque de personnel fait que les patients sont un peu livrés à eux mêmes du fait de la dépendance extrême de certains (les soignants des services de soins généraux gériatriques de notre hôpital n’en peuvent plus alors dès qu’il y a un léger trouble du comportement(‘ou pas) on nous envoie ces patients pour qui nous ne pouvons pas grand chose. Nous ne passons pas notre temps dans le bureau et ne récupérons pas toutes les heures sup que nous faisons mais une chose est sûre nous nous épuisons. Sachez que toute la psychiatrie est malade : les patients et les soignants, tout ça dû à des bureaucrates qui ne sont que dans une logique financière et pas humaine!

  5. Calypso

    Je ne sais pas si c’est souvent comme ça, la psychiatrie, ou pas…Ma seule référence, c’est l’hôpital dans lequel je travaille, et c’est comme ça. Exactement. J’ai cru le voir en te lisant. Et encore, tu ne dis pas l’état des sanitaires, des fauteuils éventrés, le froid qu’il y fait en hiver, et tu ne dis pas les visages qui te regardent suppliant à travers la vitre quand toi tu sors (parce que toi tu peux, tu connais le code de la porte. Tu en as de la chance, et tu la réalises en cet instant). Et tu ne dis pas l’odeur de mort. Et la peur, et la solitude, et les soignants que tu cherches partout dans les couloirs déserts mais qui sont enfermés dans le bureau (ça s’appelle la salle de soins il parait). J’y travaille, rarement, le moins possible, et non, on ne s’habitue pas. Merci pour ce coup de gueule Baptiste. (et sinon, il y a le collectif des 39)

  6. Fabymary POPPINS

    Oh là!!! des endroit encore comme ça existent, c’est une honte, en te lisant là j’ai repensé à CAMILLE CLAUDEL qui a terminé sa vie ainsi, dans ce genre d’endroit sordide, et même si ça n’excuse en rien ce qu’elle a vécu à son époque on ne comprenait, ni ne tenait compte vraiment des souffrances de l’esprit.

    C’est inadmissible, comme tu dis, l’argent est bien mal utilisé, j’espère que ton ami va retrouver le chemin de la vie joyeuse et la lumière, le pauvre n’est pas dans un environnement propice à la guérison heureusement qu’il a trouvé un ami CHAT.

    Mon fils qui a travaillé en psychiatrie à AMIENS, hopital Philippe Pinel, établissement à des années lumière de celui ou tu t’es rendu, quand il avait des patients admis avec un profil semblable , du moins ça me semble que ton ami, disait que on les entouraient beaucoup pour que vite ils aillent mieux et qu’ils ne soient plus en contact avec d’autres patients qui eux avaient perdu contact avec la réalité, car on est hospitalisé dans ces services là, certes quand on est pas capable de s’en sortir seul, mais pour autant ces patients là qui à un moment de leur vie ne vont pas bien, ne vont pas rester là bas et il est important que le séjour soit le plus court possible car hélas cotoyer des patients qui eux ne sortiront plus car plus capables de vivre en dehors de l’hopital psy est dur pour des patients pour ton ami et je sais pas si je suis claire dans ce que je dis, embrasse le pour moi ton ami, on se connait pas mais suis touchée par ce qu’il lui arrive, que mes pensées positives l’aident.

    1. Herve CRUCHANT

      le hasard m’a personnellement attaché à Camille Claudel : je suis né exactement le même jour à la même heure dans la même ville qu’elle; nous nous sommes croisés; je naissais et elle mourrait. forcément, çà crée des liens discrets.

      1. Fabymary POPPINS

        Je comprends Hervé et figure toi que moi et ça n’a rien à voir je suis née le même jour et mois que MARIE ANTOINETTE, ce qui fait dire à ma famille que là est l’explication du fait que je n’ai pas la tête sur les épaules.

        Sérieusement, Camille Claudel, son histoire m’a toujours touchée.

        1. Kacy

          good job on the closet stuff. I have to laugh there’s a window in your closet and not your bathroom?? LOL!!! crrSa!zoryy I’ve been MIA, for what, weeks now? (seems like anyway). I can’t seem to learn to say NO and my time is never own anymore…

        2. http://www./

          Tkt, à 13 h 46,  » Je déteste les cheveux mal soignés et les chaussures mal cirées  »On a compris en cette fin d’ année avancée qu’ il brille et brillera par ses souliers d’ une pensée gominée !

  7. sterenn

    j’ai fait un stage en HP (élève aide-soignante),ça fait pas mal de temps maintenant mais c’était comme ça :délabré,triste,moche,une salle tv,pas d’activités (sport,”arts”),les douches,pas tous les jours ………mon pire stage ……

  8. Myriam FdF

    Deux heures de palabre avec un psychiatre qui n’acceptait pas mon refus de faire interner ma fille suite à un pétage de plomb au boulot… Je suis extrêmement têtue : ma fille est repartie avec moi.
    Mais j’ai encore des frissons à la simple évocation de cet épisode. Dès mon arrivée, j’ai eu le sentiment d’être téléportée dans le film “vol au-dessus d’un nid de coucou”, et j’avoue avoir été terrorisée par cet endroit. Ce n’était pas sale, juste vétuste, mais la vie semblait avoir quitté ces lieux. Tout était triste, les murs, le mobilier, les soignants, les patients…
    Baptiste, tu dis qu’il pourrait y avoir une salle de sport, ou de quoi peindre… ce qui m’interpelle, c’est qu’en prison, tout cela est possible. Ce qui revient à dire que les patients psychiatriques sont moins bien lotis, dans notre société, que les repris de justice….
    J’ai un gros coup d’incompréhension et de tristesse, là…
    J’espère que ton ami ira très vite mieux. Bises à vous deux.

    1. Isabulle

      Je suis tellement d’accord ! Quand on agit follement de manière consciente on finit en prison où les droits de l’homme font que les détenus malgré la privation de liberté ont des droits et ont droit à un minimum de respect et de dignité. Et juste à côté de ça, des malades parfois irresponsables sont eux aussi internés mais sans aucun respect, sans aucun droit sous prétexte qu’ils n’ont pas “conscience” sauf qu’ils ont une conscience et que ce sont des personnes, des êtres humains qui ont droit au respect de leur dignité même si eux-mêmes n’en n’ont pas forcément conscience. Monde bien paradoxal dans lequel nous vivons…

  9. GUILBAUD

    c’est tellement vrai… Plusieurs passages en hôpital psychiatrique en tant que patientes…. Et pareil, les murs blancs, gris, écaillés, les chambres laides, tristes, sans télé, à pleurer, les salles télé sans fenêtre, d’une tristesse…
    Mais oui, mais comment aller mieux ? Alors on y va car on n’est très mal, au bord du gouffre mais cet environnement ne nous aide pas du tout, au contraire….
    Et dans je ne voyais même pas de psychologues et très peu de psychiatre, mais ils étaient forts sur les médicaments et maintenant dur dur de s’en débarrasser…..
    Et nous on avait juste un carrée de verdure ( genre une petite chambre) toute grillagée.
    Je partage votre COLÈRE, c’est honteux.
    Mais c’est vrai que votre ami a raison la médiation animale est très positive sur les gens qui vont mal.

  10. Gaelle

    Quand j’ai vu le coup de gueule ça m’a fait un peu peur, j’aime tes articles mais par dessus tout j’aime la psy et mon boulot . J’apprécie le fond de l’article qui dénonce le manque de moyens, car oui c’est la réalité de la psy, c’est pas pour nos services que les sous vont. Il faut faire avec les moyens du bord, être créatif, on n’ est pas épargné et j’ai pas envie de créer un débat car il y aura toujours des antipsy dans les commentaires. Mais il y a aussi des soignants supers, cette infirmière à domicile qui a laissé un jour de l’argent a une maman pour qu’elle achète de quoi faire manger sa fille, cet infirmier qui accompagne cette ado au collège car elle arrive plus à y aller et qui après plusieurs mois de prise en charge retourne en cours… j’ai peut-être de la chance là où je travaille mais il y a aussi plein de belles histoires en psychiatrie.
    Merci pour tes articles et toute cette humanité que tu transmets.

  11. GUILBAUD

    Et les soignants qui s’enferment dans leurs et passent la plupart du temps sur leur portable en pause café. Et oui souvent je me suis dit que la prison ne serait pas pire, pas de téléphone, pas de chargeur bien sûr…..il faut se battre pour pouvoir appeler ses proches.
    Courage à votre ami et merci pour ce que vous faites.

  12. Souslalune

    Je vois très bien de quoi tu parles et je confirme, moi aussi. Cela m’a fait vraiment peur la première fois alors que j’étais en “simple visite” … j’ai pensé que j’avais de chance d’avoir ma voiture garée sur le parking et de pouvoir partir librement de cet endroit sinistre, contrairement aux malades hospitalisés que j’y ai croisés 🙁
    J’ai également pensé que tous avaient l’air bien “sonnés”, et que les médicaments devaient être ce qui manquait le moins …
    Leurs regards hébétes me hantent encore.
    Il vaut mieux avoir un cancer qu’une dépression !

    1. Grand33

      “Il vaut mieux avoir un cancer qu’une dépression !” ouais, la peste ou le choléra quoi ?
      Non je crois qu’il vaux mieux avoir …………………………… une bise du grand !!!
      😉

      1. Biquette

        Euh désolée de te contre(dire)…mais je veux bien une petite bise Grand33!
        Car le 7ème étage du CHU, hématologie, où j’ai quand même passé 6 semaines en isolement protecteur, puis deux fois 4 semaines en secteur protégé n’avait rien à envier à ce que décrit Bibi! Rien que le filet noir, sale, tendu devant la fenêtre, pour éviter que des pigeons ne souillent le “balcon” soit-disant, suffisait à me donner envie de pleurer, occultant le peu de vie que je pouvais entrevoir…De toutes façons j’étais prisonnière de ces qq m2…
        On parle depuis des années de rénover ce grand hôpital de l’Est de la France, le temps passe et rien ne se fait.

        Il y a heureusement des hôpitaux publics rénovés, accueillants, mais certaines régions sont sous-équipées, c’est le cas par ici…

        Portez vous bien: ni cancer, ni dépression, ni diabète, ni pb cardiaque, ni accidents…il va s’ennuyer notre Bibi!

        1. Lyl'

          Souslalune, je sais que vous ne le pensez pas et que la situation décrite dans ce post concernant les hôpitaux psys est horrible. Néanmoins, je peux vous dire que l’inhumanité est aussi bien présente dans les grands cancéropôles, les très neufs et très beaux étant peut être les pires… j’y ai perdu une personne qui m’était extrêmement proche dans des conditions de mépris de la souffrance morale et physique terrifiantes. Alors je rejoins Biquette : ni cancer, ni dépression, ni diabète, ni problème cardiaque, ni accidents… mais des bébés tiens! C’est bien les bébés, et ça donnera tout de même du travail aux docs!!! 🙂

  13. Libellule

    Ca existe (même si comme tu le dis il n’y a pas que ça)
    c’est vrai et c’est horrible
    dans les 70’s on pensait que les gens n’iraient pas mieux si on les enfermait entre gens qui vont mal, et dans des endroits moches. Il y a encore quelques endroits qui fonctionnent sur ce modèle. Il y a aussi de belles innovations pour que les gens vivent le + possible hors de l’hôpital.

    1. Grand33

      Grâce à ma moitié ( je dis moitié mais là c’est en Kilo, pas devant la loi) qui faisait ses stages pour son diplôme d’AMP, j’ai connu un établissement un peu comme décrit par Bibi. Mais qui était emmené à disparaitre au profit d’une unité toute neuve que j’ai eu la chance de visiter. Baptisée “Le Village” et construit en forme de pétales, avec un espace central “la place du village” et des “quartiers” (chambres, sanitaires, réfectoire etc…..).
      Autant j’avais été très choqué lors de la découverte de l’ancienne structure, autant j’ai apprécié toute l’humanité que dégageait ce nouvel espace.
      Malgré mon coup de gueule plus bas peut-être que tout n’est pas encore pourri !!!

  14. Martineduouaibe

    j’ai les larmes qui coulent toutes seules en te lisant ,ouî c’est cela c’est vraiment cela.
    et sî par malheur ils n’ont personne et bien ils ne s’en sortent jamais .

  15. liana

    Je suis étudiante en médecine et j ai hospitalisé 2 fois en secteur ouvert, du moins jusqu’à la cafet de l hôpital. Étrangement le meilleur moment pour trouver un interlocuteur c était la nuit. L impression que m ont donné ces hospi. C était une impression d attente, attendre que les médocs fassent effer

    1. liana

      Attendre que l humeur s améliore pour alléger les benzo. L ennuie est omniprésente malgré une bonne équipe. Aujourd’hui c’est mon chien et mon chat qui m aident à pas y retourner à m ancrer au quotidien.

  16. Claire

    Gastro-entérologie pédiatrique d’un “grand” hôpital parisien, idem. Sanitaires cassés, sales, prises arrachées des murs… Petits “emprisonnés” dans leurs à barreaux avec la TV à fond pour ne pas qu’ils pleurent… Nous avons pu comparé avec un hôpital de l’autre côté de l’Atlantique, d’un côté on est juste au-dessus de la prison, de l’autre on est juste au-dessous de Disney. D’un côté, on laisse les enfants souffrir, de l’autre on prend en charge toute la famille. J’ai honte pour la France et je plains les patients. Malheureusement même le personnel ne s’en rend pas forcément compte.

  17. Grand33

    Bonjour Bibi :
    Coup de gueule itou :
    Beaucoup d’hôpitaux Psy ou généralistes sont pourris, beaucoup de nos “maisons de retraites”, EHPAD sont pourris, beaucoup de prisons sont pourries, beaucoup de ……., beaucoup de ………., sont pourris.
    TOUS les hôtels de région, de département, les mairies des grandes villes, les bâtiments, les façades de nos institutions, de nos grandes sociétés CACarisées40 sont, TOUS, somptueux voire pharaoniques !!!!
    CHERCHEZ L’ERREUR !!!
    La bise

  18. Toto

    Bonjour,
    J’ai aussi visite quelques hopitaux psychatriques. il doit y en avoir des delabres. Mais c’est pas la le plus gros probleme. A part les cas lourds je pense qu’un tour a la mer guerirait la plus part. Beaucoup serait moin malade s’il avait un support social. Je vais passer les histoires d’isolement injustifie et de trop longue periode ainsi que les retraits de telephones portables. Vous avez 100% raison: c’est simplement honteux.

  19. Au petit bonheur

    Même constat que toi avec chéri chéri qui vient de faire un burn out et d’être hospitalisé . Il n’avait pas dormi depuis 2 mois. Et ben il n’a pas plus dormi (or c’était le but) : peur des vols (réels), agressions des autres patients (et je ne suis pas certaine qu’il m’ait tout raconté…), hôpital aussi chaleureux et propre qu’une prison. Interactions inexistantes. Le ciel gris, bas et lourd. Je l’ai récupéré dans un état encore pire qu’en le déposant. Le concept d’aller mieux en étant cloitré avec des gens qui vont mal, très mal, dans un lieu moche et sale, sans aucune perspective de douceur et de beauté, avec la crainte d’agressions et de vols, ça me dépasse totalement !
    J’ignore comment les psychiatres font pour accepter de bosser comme ça.

  20. Rofine

    Je voudrais préciser que les patients en hôpital psychiatrique ne sont pas tous “fous”. Certains peuvent avoir un souci de santé mentale occasionnel comme une dépression plus ou moins profonde, des troubles bipolaires.
    Il est temps d’améliorer l’image péjorative du psychiatre, de son patient et d’informer davantage le public sur les maladies mentales.

    Comme toi Baptiste, je trouve intolérable, au XXIè siècle, d’accueillir des patients dans des lieux indignes et de les traiter sans un minimum de respect et de dignité.

    Je t’embrasse.

    1. Suze Araignée

      J’aurais plutôt envie de dire que même les “fous” sont des humain-e-s comme les autres, en fait. J’ai par exemple beaucoup de mal avec un discours couramment répandu (pas plus loin qu’une vingtaine de commentaires plus haut entre autres…) qui consiste à dire qu’il faudrait séparer, en psychiatrie, les “simples dépressifs”, d’avec les “vrais fous” (d’aucune m’a dit “les gens à qui il manque une case”, comme s’il existait des gens à qui il manquerait une cas…). Parce que les “vrais fous” (et d’ailleurs, qui sont-ils, ces “vrais fous” ? Les schizophrènes ?), il faudrait les cacher, sans doute, aux yeux de celles et ceux qui ne sont que “dans une mauvaise passe”, qui sont encore, quelque part, des humain-e-s…

      Personnellement, je goûte chaque jour l’humanité de mes amis schizophrènes (y compris ceux qui ne prennent aucun traitement), et je n’ose pas imaginer un service où ne serait mis ensemble que des patients dépressifs. Quelle tristesse ! Des patients partageant leurs idées noires, sans avoir, au moins, la poésie et l’énergie des psychotiques pour ne pas trop flancher… sans moi, merci.

  21. Herve CRUCHANT

    Moi, le “vieux fou” (dixit ma propre Mère quand elle me disait un mot d’amour), j’aime beaucoup beaucoup les coups de gueules de mes amis. Rien à dire sur celui de Bibi, tout plein de tout; j’apprécie très finement celui de Grand33 qui a plutôt tendance à galéjer que de se déboutonner. Ce blog n’aura pas été 20 pour Grand33. (jeu de chiffres et de lettres à deux balles!).

    Tous les témoignages et tous les avis seront vrais ici. Tous les sentiments à l’égard de ces manques de peinture, de moyens, de personnels…aussi. La raison de l’abandon de ce secteur social est culturelle et civilisationnelle, à mon avis. Le paradigme qui est base de notre culture -les choses qui nous correspondent le mieux et qui doivent être respectées pour que nous ayons une personnalité particulière de nation particulière parmi les autres nation- est basé sur une Histoire de droit divin (disons “ancien régime”) et une république dont le fondement est cet ensemble extrêmement riche et progressiste contenu dans les mots réunis “liberté-égalité-fraternité”. La culture de l’ancien régime plus la république font la France d’aujourd’hui. Mais l’amalgame, nécessaire et irréversible, obligatoire même, n’est pas encore réalisé. Par exemple, la république admet, encourage la présence de l’esprit comme la pratique religieuse (acquis de l’ancien régime) mais ne tolère pas que cette religiosité soit prégnante alors même qu’elle est protégée par l’état républicain (la fameuse ‘laïcité’, volontairement négligée par la doxa moderne).
    On peut imaginer l’accomplissement de cet amalgame, un nouveau paradigme culturel ‘ancien régime plus république moderne’. La civilisation qui en découlerait -c’est à dire les modus vivendi citoyens issus de ce programme- serait toutefois bien bancale. En effet, l’esprit social humain, lorsqu’il se donne des règles de vie, ne sait entreprendre autrement que d’utiliser ce qu’il sait le mieux faire : géométriser. La logique est maîtresse du droit social. Même si elle vient d’un principe des plus flous qui soient : celui de l’existence d’un dieu créateur, apparemment ouvert et généreux. Ce sont les insupportables limites et frontières qualifiantes. Dedans ou dehors. Ouvert ou fermé. Hors la loi ou dans la loi. Le “choix” qu’évoquait justement Philippe Renève, lu plus haut.
    Le constat sera le suivant : dans ce profil nouveau, l’homme en tant qu’Etre, n’est pas considéré à sa juste place. Voir mal considéré ou même pas considéré du tout. Si les bases d’une société plus équilibrée, ‘plus juste’ dit la majorité des citoyens, peut être réalisée par les principes atteints, l’équilibre du citoyen n’est possible qu’après avoir mis un accent très fort sur la valeur humaine de ce citoyen au titre de sa singularité et au droit qu’il a de préserver cette singularité, au besoin légitime de demander de l’aide à l’Etat qui lui est redevable sous la forme qui sera la plus efficace et non destructive. Comprenons bien qu’il s’agit plus d’un principe spirituel qu’une décision politique (“spirituel” à ne pas confondre avec “religieux” et “politique” au sens vrai de “gestion de la cité”). Hiérarchiser à l’intérieur de ce nouveau paradigme. En lui adjoignant le premier article des droits de l’Homme et du Citoyen non comme un article moral mais comme un article organique aussi. L’Humain d’abord.

    Des questions qui nous embarrassent parce que nous ne savons y répondre que par des arguments tordus, pervers et mensonger. Des recours à des lois inventées au fil des discutions de salons. Des pantalonnades et des attitudes indignes. Comme quoi ? Et bien, restant dans le cartésianisme, cette question “mais… à quel moment déclarez vous qu’un individu est fou?” qui pose la notion de frontière. Personne ne peut donner une réponse valable en général. On définit la folie “par rapport à ” la société en général ou la structure opératoire de l’une de ses déclinaison: l’armée, l’école, le commerce, etc… On est toujours le fou de quelqu’un quelque part. Alors, les réponses-sanctions sont évidentes. Exit la métrique dogmatique. Alors, considérons maintenant l’individu tel qu’en lui-même; je devrais dire considérons l’ensemble des individus composant notre nation et voyons comment (et non pas “si”, nous y reviendrons) les faire cohabiter avec le progrès du nouveau paradigme. D’abord, on considère ici le temps long car tout ceci ne se fait pas en trois jours ou même trois ans. D’autre part, il nous faut mieux connaître les citoyens en ce qui concerne leur rôle dans leur vie, non seulement rôle social mais aussi rôle humain. (je reviens sur la “si” : à ce moment d’un choix de “tout le monde”, on se gardera de dire “on ne prendra que l’homme nouveau, représentatif et pur” -revoir l’histoire du nazisme en Europe et ailleurs). Prendre tous les citoyens dans leur entièreté revient à prendre tous ceux qui auront la facilité de se mouvoir dans la société nouvelle et en faire une civilisation mais aussi ceux qui n’auraient pu s’y installer considérant les critères anciens; ceux qu’on disait “fous”, “précoces”, “mongoliens”, “a-sociaux”, etc… Madame Térésa ne serait plus considérée comme marginale (ses adeptes pourront la béatifier ou pire, cela n’a pas de rapport), de même que ‘Bafana’ Mandela ou Gandhi ou Che Guevara, etc… Vues de l’esprit ? pas du tout! Stephen Bico serait encore en vie, Gandhi aussi, etc… Les Droits de l’Homme seraient respectés et appliqués a priori à l’ONU. Les us et coutumes commerciales seraient ré équilibrés, la spéculation financière et les sectes maffieuses hors la loi. Tout n’est donc pas à bruler ou bouleverser car beaucoup est en place. Sauf la chose la plus facile à faire : décréter que les règles vont changer. “Maintenant”. Les déments, malades dangereux pour eux-mêmes, pourront être soignés en toute considération de leur personne altérée. (je pense aux déments natifs mais aussi aux suites de traumatismes de guerres, catastrophes, basculements de l’équilibre mental du à un évènement proche…).

    On traite les citoyens comme on les considère. Et comme les fous font peur…. Plus la destination est mal connue ou douteuse, moins le voyage est attrayant, plus le cap est approximatif et l’équipage, sans horizon, est un ensemble de faix sans amarres. Et on a tendance à qualifier ceux qui ont une sensibilité particulière et qui l’expriment d’une manière ou d’une autre comme des fous. Et comme les fous font peur…. L’Homme est un être social. Sans ce sens et la conscience de ce fait, du fait que l’individu ne peut être social que d’un seul bloc, que chaque individu EST la société à raison d’une image différente de celle des autres, alors l’humanité ne pourra progresser. Les marginaux artistes, hors normes, médecins humanistes, pauvres, nécessiteux, désireux de vivre, etc…seront considérés comme des fous. Et comme les fous font peur…. Une culture à l’arrêt (qui ne produit plus de moyens vivants de s’intégrer au milieu vivant dans laquelle elle existe), c’est une civilisation affaiblie qui tend vers la maladie. C’est une société blême, inconsistante, insipide, molle, prête à moisir à brève échéance…à portée de main des prédateurs. Le sachant, les gouvernants, lestés à mort d’un dressage élitiste dont la substance est la logique du faire et de la norme, élargissent la notion de marginalité. Et mettent en place des moyens de surveillance, de contrôle, de rétorsion à la mesure de leur emploi de mots factices comme “terroristes.mes” ou déviants. S’appuyant sur des faits incontestables (parfois boomerangs; ceci est un autre débat) pour jeter hors de leurs frontières indistinctes des gens devenus suspects, donc socialement “fous”. Et comme les fous font peur…. L’apogée de ce type de gouvernance est incontestablement la dictature d’un noyau dictatorial et répressif sur l’ensemble de la population. On a su les hôpitaux psychiatriques de Staline et Béria, successeurs des oubliettes de l’ancien régime, les meurtres de la dictature argentine, chilienne, nord américaine -à Guantanamo, il y a encore des prisonniers torturés non jugés, probablement innocents-, et autres lieux innombrables au monde. On ne qualifie même plus les gens de fous, ils sont enfermés et torturés, se dissolvent dans l’espace-temps. S’ils étaient officiellement “fous”, ce serait déja une marque d’existence.

    Détruire ? Reconstruire ? Faire des tris ? Rien de toute cette logique cartésienne ne suffit à faire progresser la société. Il manque la reconnaissance de la totalité de l’être. La prise en compte de tous les caractères humains. Même ceux que l’on considère aujourd’hui comme marginaux. Nous allons traiter les causes sociales des dérives mentales en amont pour éviter d’avoir à trop traiter de cas d’a-sociaux à côté d’êtres incapables de vivre seuls leur état. Comme d’autres caractéristiques humaines, admettre la folie ordinaire comme constituante de l’être humain en général. Et comme les fous font peur….admettre nos peurs, nos terreurs. Etre solidaires. Humain d’abord.

    Ma Maman avait raison : je suis un vieux fou !

  22. griffu

    “Comment chacun des patients ici peut-il aller mieux ? Comment un infirmier ou un aide-soignant arrive-t-il à ne pas se décourager chaque matin, en travaillant dans des conditions pareilles ?” ce sont de bonnes questions. Et ce n’est peut-être pas qu’une question d’argent. Dans ma grande naïveté, j’imagine que certains patients et soignants, dans les bons moments, pourraient eux-mêmes contribuer à améliorer les choses. Et que partager des projets contribuerait à les faire aller mieux ? d’accord, c’est naïf ?

    1. Mésange

      Pour moi, c’est naïf…
      Hospitalisation post burn out à ma demande il y a une dizaine d’années pendant un mois et demi, en milieu ouvert. J’avais demandé à mon psychiatre que l’on ne m’abrutisse pas avec les médocs : sur place, j’ai eu droit à toute une panoplie de benzo, muchtruc machin chose qui a fait frémir mon psy à mon retour.
      Les lieux ne ressemblaient en rien à d’autres horribles descriptions lues ici : hôpital certes, mais agréable avec un beau grand parc et un personnel sympathique et attentif. J’ai transformé ma chambre, car j’avais le bonheur d’une chambre individuelle, en lieu-à-moi et en espace de création : jamais je n’ai eu la moindre remarque de qui que ce soit, jamais on ne m’a demandé de tout bazarder. Par contre, comme j’aime la compagnie, j’avais mis un petit mot d’invitation sur ma porte à l’usage d’autres patients : là ce fut mal vu ! L’entre-patients n’était pas apprécié.
      J’ai pu faire un peu de sport malgré le peu de matériel disponible ce qui m’avait donné envie de continuer à mon retour. Il y avait aussi d’autres ateliers. Mais c’était peu d’à côtés à l’hospitalisation proprement dite, et si je n’avais pas arpenté le parc et créé mes bouquets de tout et n’importe quoi (si si !), je me serai mortellement ennuyée.
      Ah oui… est-ce que ça m’a aidé à aller mieux ? Pas du tout !!! Bien au contraire, le sevrage de toute cette médication qui m’abrutissait a pris de longs mois et reprendre pied dans la vie quotidienne a été très difficile. Et aucun outil à ma disposition pour essayer d’avancer.
      Ce qui m’a aidé à sortir de ma dépression post burn out, c’est le yoga, découvert quelques semaines plus tard, ainsi que toute l’énergie émanant de cette salle et ‘un prof de yoga-psychothérapeute peu ordinaire… Et la force que ces 3 éléments-là m’ont offert m’a servi ensuite bien plus tard pour surmonter d’autres moments difficiles.
      Pour moi, la psychiatrie n’a été que blabla inutile et, en hôpital psychiatrique, médication disproportionnée. Parler de soi et réfléchir sur soi oui bien sûr mais pas que ; avoir des outils de développement personnel à disposition pour mieux se connaître, prendre de la distance, se protéger, communiquer a été pour moi bien plus efficace. Et ça, je crains fort que dans nos hôpitaux psychiatriques, ce ne soit que très secondaire voire inexistant… et ce n’est pas le manque de personnel qui va en plus arranger les choses.
      Alors des projets patients-personnel soignant, je reste dubitative sur leur mise en action !

  23. Claude PAPILLAULT

    Baptiste, bonjour et merci pour cet article.
    ça fait du bien de se replonger dans cet univers, même tous les cinq ou six ans !….je plaisante, tu l’auras compris.
    Je ne vais pas reprendre tout ce qui a déjà été dit mais je fais les mêmes constats et j’approuve. Ce qui me révolte surtout; c’est que rien ne changera tant que notre gouvernance n’aura pas décidé intellectuellement de changer et d’inverser la situation. C’est uniquement une question de volonté. La volonté n’existe qu’auprès des chefs d’établissements et de leur personnel soignant. Elles ou ils font tous un travail remarquable avec les moyens dont ils peuvent disposer. Bravo à toutes et à tous.
    Mes propos de maintenant vont choquer, j’en suis conscient mais:
    Depuis la nuit des temps, il est considéré et établi par l’establishment que tous les individus victimes de ces pathologies étaient une lourdeur non rentable pour la société (à part quelques exceptions) et d’autre part quasi nuisibles au bon fonctionnement du système. Par voie de conséquence, quel intérêt d’y consacrer outre mesure de l’argent.
    Cette politique m’anéantit et m’indigne.
    Je ne voudrai point trop noircir la situation mais actuellement nous vivons des heures très difficiles qui pourraient nous replonger dans des cauchemars que nous voulons ignorer. Pourtant, il faut être lucide. Nous les occidentaux, repus de bien être, ne devons pas être amnésiques d’exactions révoltantes du passé vis à vis de ces populations invariablement stigmatisées.
    Je ne vais pas terminer en disant : “désolé ! mais quoi faire ?”
    “Non” je vais terminer en disant: “Si nous voulons que cela change, agissons. Agissons comme visiteur, comme toi tu le fais et comme je le fais aussi. Peu importe notre façon d’agir; c’est le ressenti du visité qui compte. Agissons bénévolement pour le rafraîchissement physique des lieux et des jardins; c’est encore le ressenti qui compte.”
    Et puis comme l’affaire est politique, s’il y en a un qui traîne ses yeux de ce côté et qui a les ‘couilles’ d’affronter le problème, qu’il le fasse savoir, il ne sera pas seul à défendre ces délaissés. Nous agirons avec lui pour inverser la situation.

    1. Cath

      Ces propos ne choquent pas : ne décrivent-ils pas la réalité et l’histoire ? Ne pas oublier les bateaux sur lesquels on entassait les malheureux avant de les couler ou les camps d’extermination où ils furent les premiers sur qui des montres ” expérimentèrent”. Ce n’est pas si loin.

  24. blutch

    Baptiste, tu me fais faire un bond de 40 ans en arrière ! Et encore, à l’époque ce genre de service était déjà pointé du doigt chez nous. Je ne pensais pas qu’il en existait encore.

    « Personne pour accompagner » dit un commentaire. Et pour cause. La formation spécialisée d’infirmiers (ères) psy sur 3 ans a cessé vers 1992, remplacée par un diplôme unique polyvalent (D.U.P.E = dupe ?) avec quelques modules psy, sans plus. Résultat ? Des personnels pas forcément désireux de se retrouver en psy et peu formés, et qui ont donc PEUR des patients. J’ai eu à encadrer des stagiaires de 1ère année qui ne connaissaient même pas la différence entre psychose et névrose… Maintenant qu’ils sont diplômés, ça finit par faire resurgir des pratiques qui étaient devenues exceptionnelles pour moi (contention physique, chambre d’isolement, etc). Ajoutez à ça la politique du tout-médicament (la relation humaine ça coûte cher en personnel) et c’est une GROSSE RÉGRESSION dans les services.

    On entend vaguement parler de réinstaller une filière spécialisée, mais comment, avec quels moyens et surtout quand, compte tenu de la lourdeur d’un tel processus, la fermeture ayant été programmée 20 ans avant 1992 ? En attendant, c’est le patient qui trinque…

    1. Cath

      Maintenant je comprends mieux ce que j’ai vu dans des centres soi-disant adaptés ou dans un CHU parisien. Je serais bien curieuse de savoir qui a suggéré cette idée brillantissime de supprimer cette formation spécialisée, vers les années 1972, si j’ai bien compris ? Qui est ou sont les crétins criminels qui ont eu ces idées et qui sont ceux qui les ont soutenus dans leurs entreprises de démolition des soins ?
      Et pourquoi ne pas lancer une étude d’impact sur la société, sur les coûts induits de ces politiques désastreuses ? Il me semble qu’il y a de la matière à exploiter et suffisamment d’années passées et de données à collecter pour évaluer les résultats. Bien évidemment, il faudrait une impulsion forte pour faire sauter les barrages qui ne manqueront pas de s’élever ( qui voudrait reconnaître ces erreurs et les mauvaises conditions de soins qui en ont découlé, quand le budget veut primer à toute force dans des lieux où il ne devrait que soutenir ?).

  25. Fred

    Ça va pas s’arranger tout seul…il y a déjà les cruqpc:comités de relation avec les usagers et la qualité de prise en charge ou les associations de patients ont droit à la parole,il y a aussi les cdsp:commission départementale des soins psychiatriques qui réunit associations de patients,juge,médecins et qui doit visités les lieus de détention psychiatrique tous les trimestres.Ces structures existent,il faut les faire fonctionner,interroger les has régionales pour en faire partie,demander l’état de leurs travaux,interroger députés et sénateurs sur l’état des hôpitaux de leurs circonscriptions.En effet c’est politique et si les élus se rendent compte que cela intéresse leurs électeurs ,ça peut porter des fruits.
    Bien sûr ça n’empêche pas le bénévolat,ni la participation aux associations de patients qui sont sous représentées en France me semble t’il.

  26. Manon

    Pour ma part, je trouve particulièrement frustrant, au delà des problèmes d’argent, que les conditions de travail dans le domaine médical ou socio-médical soient aussi aseptisées. On étouffe l’Homme à coup de protocoles, d’administratif, de hiérarchisation , de normes sanitaires et d’une quête complètement névrotique d’un risque 0. Qu’on ne s’étonne pas de trouver des équipes à bout de souffle, des médecins surbookés, des locaux inadaptés et des patients plus malades au départ qu’à l’arrivée.
    Quel dommage et quelle perte de temps !

  27. blutch

    @ Cath

    La suppression prévue dès 1972 et actée en 1992 était, nous avait-on dit, pour s’aligner sur le reste de l’Europe en vue d’un futur diplôme européen. Puis on avait parlé d’un tronc commun de tous les paramédicaux suivi de bifurcations vers les spécialités. Rien de tout cela ne s’est fait. A la place, le D.U.P.E avec toutes ses insuffisances.

    1. Cath

      Réponse et justification classiques… Alors, il faudrait saisir la Commission européenne et voir ce qui a été annoncé et fait dans cette partie ? Et relancer éventuellement. Bien sûr, seuls les spécialistes sont à même d’évaluer les réponses susceptibles d’être apportées. Ne nous trompons pas : la Commission a de réels pouvoirs pour faire avancer les choses, encore faut-il pouvoir identifier les personnes à même d’aider et de travailler la question, en tenant compte des blocages nationaux : eh oui, beaucoup d’initiatives européennes sont bloquées par des intérêts purement nationaux pour ne pas dire personnels. Il faut avoir vu à l’oeuvre pour s’en convaincre et ne pas hésiter à visiter les sites de la Commission, du Parlement EU, du Comité économique et social EU. Il y a une mine d’informations à glaner si on se décide de ne pas se contenter des discours simplistes de ceux qui veulent se faire élire sans vision et sans projet ( autres que ceux de tirer des bénéfices financiers) !

  28. Payet

    Dans les structures psy les individus sont mélangés. Du fou dangeureux au migraineux chronique. C’est la loi de la jungle. Cela ressemble à une prison avec des détenus sous camisole chimique, emprisonnés pour une durée limitée . On impose des règles strictes d’un protocole. Peu de soignants sont “humains”, ils sont blasés, sans moyens, fatigués, parfois ils ont peur de certains individus incontrôlables.
    Les conditions d’hygiène, l’état des locaux… Le psy a toujours été le parent pauvre de la médecine.
    Il y a des vols, des menaces, de la violence.
    Parfois quelques ateliers ou lieux de rencontre mais au nombre de places ou avec accès restreint.
    Il ne reste que le chat ou des pigeons ou un bout de ciel à regarder ou la télé collective ou 1 livre raccorni auquel il manque des pages…

  29. Julie

    La ronronthérapie… Je n’ai jamais douté de son efficacité pour apaiser.
    Mince, ce chat fera t’il mieux que nos institutions ?
    Je suis contente que ton ami ai trouvé ce matou pour lui faire du bien. Et je suis horrifiée de découvrir de telles conditions d’hospitalisations… en 2016.
    Big Hug à toi et à ton ami.

  30. lectrice boulimique

    Je suis peut-être folle mais alors on est nombreux dans le cas. tout simplement parce que ce qui m’évite de plonger c’est d’écrire, de dessiner, de danser…. et de caresser des chats…. (2 psy personnels rien qu’à mon domicile. leur seul défaut est que une fois consacrés “guérisseurs” ils ne chassent plus guère les souris)
    D’accord j’imagine que pour certains les médicaments sont indispensables à ne pas péter complètement un câble. Mais et la beauté bordel???? Art-thérapie (à commencer par peindre sur les murs lépreux, ça sera tjrs moins moche!). Sauf que pour se former à ça , cela coûte la peau des fesses ; pour se soigner avec ça, c’est pas remboursé même partiellement par la sécu – qui par contre rembourse un tas de médocs pondus par les grosses boîtes pharmaceutiques, je me suis même laissé dire qu’elle remboursait partiellement certaine pilule bleue à vertu érective???
    Pourtant le rapport qualité-prix penche selon moi en faveur de l’art-thérapeute…. sans parler du chat (imbattable le matou, même si le wiskas n’est pas remboursé!)
    Donc avis aux “gestionnaires des soins de santé”: même en ne raisonnant qu’en termes d’argent, offrir dès l’école la pratique des arts, et inciter à la poursuivre tout au long de la vie, c’est “rentable” à long terme. Comme sont “rentables” ces artistes-thérapeutes que souvent vous suspectez d’être des charlatans (et mettre hors de prix les certifications n’éliminera pas les charlatans, il écartera seulement les apprenants à revenus modestes)
    Excuse-moi Bibi pour ce coup de pinceau gueulard et peut-être un peu décalé mais pas tant que ça je crois……

  31. tournesol

    Il a eu de la chance, ton ami, de pouvoir accéder au jardin . Quand j’ai été hospitalisée, l’accès au “jardin” ( une cour betonnée de 4 m par 10, grillage de 2m de haut ) était souvent interdit faute de personnel pour nous surveiller dehors …

  32. Winnie the Pooh

    Hello,
    grand33, c’est toi qui distribues des bises ? Tu partages ?

    C’est marrant, enfin, faussement marrant. Je vous écris en direct live de l’HP, enfin, d’une “clinique médicale”. Ouais, malheureusement, je suis passée dans le privé. Malheureusement pour mon portefeuille, en fait. Mais j’en pouvais plus, moi non plus, des agressions, de la peur, de la crasse, et du mépris. Certains soignants sont très bien. D’autres moins. J’en pouvais plus de sonner (vous savez, la cloche “d’urgence”), d’attendre, puis de ramper par terre jusqu’au bureau des infirmiers parce que si je sonnais, ben, c’était parce que j’arrivais pas à marcher.
    Quand ils me voyaient arriver en rampant par terre (en y repensant, je devrais avoir l’air franchement ridicule d’ailleurs – mais bon, pas le choix), ils me disaient de retourner me coucher, qu’ils arrivaient. Mais, mince, combien de fois ne sont-ils pas venus, jamais venus. Et ce dans l’un des plus grands hôpitaux publics parisiens… La honte, comme tu dis.
    Attention ! je sais très bien que les soignants, vous n’êtes pas tous comme cela.

    Dans un centre d’urgence, on arrive en vrac, en urgence. Il y avait une cour, pour fumer. Mais une fois qu’on était dans la cour, on était enfermés dehors. Avec les personnes de tous les étages. Plus on monte, plus les pathologies sont sévères. Je suis restée coincée dehors, le soir, dans cette petite cour, pendant plus de 2h. L’infirmier en avait marre d’ouvrir et de fermer la porte, alors il ne le faisait plus. J’avais 18 ans, et j’ai eu peur. Tous ces hommes ayant des bouffées délirantes, des comportements obscènes, qui par “miracle” avaient des cutters sur eux. Franchement, moyen pour se remettre d’une TS.

    Après 10 hospitalisations dans le public, j’ai tenté le privé, cela ne m’enchantait pas (je crois au service public!), mais je suis bien ici. Les infirmiers ne m’appellent pas par mon numéro de chambre, et il y a un carré d’herbe, avec des fleurs. On entend les oiseaux. Il n’y a pas de grille en fer, et je peux avoir mon ordinateur avec son chargeur, parce qu’au lieu d’interdire automatiquement tout objet potentiellement dangereux, les soignants passent très régulièrement voir, voir si ça va, si on a besoin de discuter. Et avant de nous donner le “si besoin” qu’on réclame, ils nous questionnent, parlent avec nous, pour voir s’il n’est pas possible de faire passer le moment difficile autrement qu’en prenant un comprimé…

    Pfiou, ça fait du bien, en fait, d’écrire tout ça.

    Si parmi vous certains ont le pouvoir de faire quelque chose, permettre aux patient-e-s de se sentir en sécurité, et par cela leur permettre de se concentrer sur leurs soins et non sur la panique générée par un lieu de vie pareil…!

    Bonne soirée, tout le monde, et, Baptiste, lire ton blog me fait beaucoup de bien, depuis longtemps.
    Alors merci.

    C

    1. Herve CRUCHANT

      Yoh ! Winnie… J’ai pas grand chose à offrir dans la vie d’ici que des câlins et des bisous virtuels. Je suis là tout le temps. T’as pas besoin de sonner ou de toquer à la porte. Tu me reconnaîtras : entre nous il y a bien plus qu’on imagine. Du feeling. Tu viens, tu entres, tu viens te servir et tu restes là tant que tu veux. Et puis, secret entre nous : tu me racontes tout ce que tu as envie. Mais ce que j’aime bien, c’est les histoires inventées, vivantes, qui passent comme des papillons. Voila. A plus, Gros Nez d’Ourson.

      1. Winnie the Pooh

        Merci Hervé. C’est chouette, tous ces messages gentils de gens qui ne me connaissent pas.
        C’est la première fois de ma vie que j’écris qqch de cette manière sur internet, avec un pseudo, tout ça. J’y avais pensé quelques fois, en lisant certains articles de Baptiste. ça m’a fait du bien d’avoir écrit ces qq lignes. Je ne pensais pas recevoir de si gentilles pensées qui font chaud au coeur dans un moment pas trop facile 🙂
        bonne soirée
        Winnie

  33. Grand33

    Hello @Winnie l’ourson,
    et comment je distribue des bises des bises et encore des bises !!! En plus pour toi je rajoutes un gros pot de miel (vu ton pseudo).
    Puisses-tu aller mieux, vite ……..
    😉

      1. Cath

        Et j’y ajoute la câlin du matou en chef sur qui j’appuie la tablette pour écrire. Ça sert aussi à ça un chat ( phrase à répéter rapidement une dizaine de fois sans zézayer, histoire de rire un coup).
        Bonne journée Winnie 😉

  34. L.

    Praticienne de santé depuis peu, patiente d’HP il y a deux ans, je ne peux malheureusement que confirmer la situation catastrophique de ces établissements (sans faire de généralité).

    On m’a abrutie de médocs sans rien m’expliquer, attachée à un lit pendant 3 jours en isolement, puis on m’a reproché ma sociabilité, tout mes fais et gestes étaient épiés et décortiqués. Échanger son dessert avec le voisin, partager son gâteau, ramasser quelqu’un qui est tombé, c’était pas mon humanité, à lers yeux c’était ma maladie.

    Pour un simple burn-out, pas de sorties en 3 semaines, une dépendance totale et un nombre de soignants limités, harassés, épuisés.

    Du coloriage, encore et encore quand on avait accès aux crayons sous clés. Une sortie jardinage qui reste un de mes meilleurs souvenirs. Par contre je ne ferais plus jamais de coloriages.

    Une psy qui te voit quand elle peut. Qui te menace de te garder si tu continues “à faire ta rebelle”, c’est à dire prétendre que tu es normale, que tu es un être humain. Pour sortir, il a fallu jouer au fantôme, merci d’ailleurs au compagnon d’infortune qui posait la main sur la mienne à chaque fois que j’allais réagir à quelque chose, comme pour me dire, “bouge pas, si tu veux sortir”.

    Quand je suis sortie j’ai été menacée d’un séjour complet en isolement si je revenais.

    Une vielle dame qui se cogne violemment et répétitivement la tête contre le sas. Les infirmiers regardent. Personne ne bouge. Personne ne bougera.

    Le manque d’activité, la prise de poids le corps qui se déforme et s’atrophie.

    Éviter les regards, il y a des fous dangereux ici (mais eux ils sortent, allez savoir pourquoi).

    Des souvenirs fragmentés aux Loxapac et autre camisole chimique. Désolée pour la confusion.

    Mais personne se plaint… et qui croit les fous ?

    1. Cath

      Mais là, ça relève du mauvais traitement et du pénal, tout simplement.
      Quant à cette soi-disante psy qui menace au lieu de soigner, on se demande qui a besoin de soins dans cet établissement ?

  35. Lau

    Mon papa a été interné après un “appel au secours” sur fond d’alcoolémie… Rien de bien grave, aucune intention de passer à l’acte, il a été pris en charge 3 mois pour se remettre de sa dépression, le temps pour lui de décider de faire une cure de sevrage pour son alcoolisme. Ces trois mois ont été particulièrement difficiles pour lui car il côtoyait des patients gravement malades, très atteints, mentalement comme physiquement. Il a eu la chance d’obtenir le droit de sortir du bâtiment, pour s’occuper dans les jardins et les serres de l’HP, du fait des raisons de son internement. Il a eu beaucoup de chances d’être interné dans cet hôpital (qui n’a pas une très bonne renommée cependant) quand je vois les descriptions que vous faites, dans l’article et dans les commentaires… Il s’en est sorti, il ne boit plus, et ce grâce à lui mais aussi à vous, les médecins ! Mille mercis !

  36. didique

    oui c’est vrai, il est intolérable de laisser des établissements dépérir de la sorte alors que tant d’argent peut être brassé pour des causes bien moins “indispensables” sur la place publique !
    Tant de lieux malheureusement sont dans l’état que tu décris si bien Baptiste !
    Et j’en ai aussi fait la triste expérience avec mon père….

  37. Lise

    Mon papa, hospitalisé actuellement en service psychiatrique pour la seconde fois depuis le début de l’année, me dit qu’il a l’impression de DEVENIR fou en ces lieux ….
    Je comprends pourquoi en lisant ces différents témoignages ….. 🙁

  38. Cécile

    J’ai l’impression que l’Etat nie totalement les maladies mentales comme si celles-ci n’existaient pas. On n’aide pas assez les malades souffrant de dépressions en tout genre. Ma tante a été lâchement abandonnée par son psychiatre qui “ne pouvait plus rien faire” et c’est à la famille que revient la lourde responsabilité de prendre soin d’elle tant bien que mal. La société est aveugle aux maladies psychologiques, elle les refuse. L’humain en bonne santé ne les comprends pas, et l’Etat n’aide en rien à faire éclore une vérité pourtant si évidente : les maladies mentales SONT des maladies.

  39. Cilou

    Je n’aime pas lire sur le 2eme ou 3eme commentaire, ce psychiatre parlant de ses “fous”… Personnes atteintes de maladie, c’est ça ? Très 19eme …. -)

  40. LaetiM

    J’ai travaillé dans le milieu du poly-handicap.
    Les patients des êtres merveilleux,plus ou moins atteints physiquement,tous dans l’incapacité d’exprimer verbalement.
    Enfermés dans des ghettos, cachés au yeux de tous et les familles en souffrance.
    Dès la naissance de ces personnes, il est conseillé aux familles de les abandonner. Pas un accompagnement : un abandon,purement et simplement.Vous l’avez voulu,l’enfant est là ,oubliez le.
    Je ne comprends pas que ces personnes qui savent ce qu’est véritablement l’Amour soient traitées ainsi, oubliées de tous, que leurs parents soient abandonnés,jugés,méprisés…
    Et je ne vous raconte pas ce qu’il se passe dans les centres où j’ai exercé : on pourrait me traiter d’affabulatrice.
    Ces politiques qui ne pensent qu’à eux, qui ne parlent jamais de l’aide,de l’accompagnement pour les familles en ces cas, ces institutions qui blâment les parents, souvent leur enlève leur enfant…
    Et les gens qui vous demandent:”Alors comment vont tes fous aujourd’hui?”

    Des survivants,souvent opérés à la naissance du coeur ou autre, des enfants tombés d’une balançoire ou dans un escalier,des personnes en souffrance depuis la naissance ou suite à un accident,
    parquées ,rejetées,cachées.

    On parle des morts sur la route, mais qu’en est-il des personnes handicapées à vie, quel que soit leur âge? Ces personnes ayant été dans le coma,qui en garderont des séquelles toute leurs vies, ces personnes ayant eu des fractures qui ne guériront jamais vraiment, ces personnes en fauteuil roulant,ces para ou tétraplégiques…

    La France devrait avoir honte de traiter les personnes malades,en psychiatrie,en centres, mais la France préfère les oublier. Jusqu’à en oublier de les traiter correctement, de repeindre les murs, de mettre des toilettes dignes de ce nom, de faciliter les soins par les soignants(oui souvent le matériel adéquat manque).

    Mon avis est que les malades, en France,( ces personnes en psychiatrie, ces personnes à handicaps plus ou moins lourds) ne sont pas ceux que l’on croient. Les Malades sont hors les murs visibles, dans leurs prisons invisibles. Ceux qui se croient vivants, ceux qui ne connaissent pas le bonheur de pouvoir bouger un orteil rien qu’en y pensant, ceux qui étouffent leurs voix ou qui ne crient que pour dire “Les politiques ne nous comprennent pas, ils abusent,mon patron,les charges,les religions,l’athéisme,les homo…” De grands malades qui s’ignorent dans leurs prisons d’égoïsme.
    Je retourne à “mes fous” qui se contentent de m’aimer,même dans mes mauvais jours.

  41. BEZ

    Bonjour Monsieur

    C’est Hallucinant, j’ai l’impression de lire une Histoire d’Anne RICE Des romans
    bien construit et pourtant la Réalité précède & dépasse la Fiction.

    Cordialement. Patrice BEZ.

  42. laurence

    Bonjour,
    c’est à lire ce genre de texte que je suis fière d’être famille d’accueil thérapeutique. On n’apporte pas aux patients que les repas et un toit sur la tête mais ils font des activités : manuelles, sportives, de réflexion ….. Ce serait bien que l’accueil familial quel qu’il soit se généralise pour le bien-être des personnes

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