La délicatesse.

L’histoire c’est Petit Bleu, si vous voulez raconter, c’est ICI

Alors voilà, je suis flic et je n’ai même pas 2 ans de maison ce soir de novembre-là… La soirée a été calme et on en a profité pour manger un morceau au central lorsque la radio nous appelle. « C’est pour un Delta-Charlie-Delta ». Une personne décédée à domicile. 

On repose les gamelles, puis on se rend sur les lieux.

On arrive devant l’appartement, la porte est entrouverte. Ouf, de la famille sur place ! Ça nous retire un poids…

Un couple nous accueille. Je me souviens de l’homme, la quarantaine, taillé comme un rugbyman, les yeux rouges. C’est le fils.

On demande si on peut rentrer. On s’essuie les pieds sur la paillasson. On serre la main. On dit bonsoir et on se sent immédiatement très con de l’avoir dit.
Il a la gorge nouée, le fils… Il a du mal à nous parler et nous désigne la chambre. Je le remercie et lui dis qu’il peut m’attendre dans le salon pendant que mon collègue relève son identité. Il a l’air soulagé. Personne n’aime voir le cadavre d’un proche…
J’entre dans la chambre, où je trouve une mamie comme toute les mamies : petite, très maigre, les cheveux blancs et la chemise de nuit. Elle est tombée de son lit et gît face contre le sol. A côté d’elle, une bouteille de gin bon marché et assez de médicaments pour ouvrir une pharmacie.

Constatation sans appel : mamie a décidé que 82 ans était un âge respectable pour mourir… Allez hop ! Alcool, drugs et rock’n’roll ! En route pour les nuages roses et les licornes arc-en-ciel…
Je vais parler au fils avec douceur. Il propose un café. Lui tourne à l’alcool et allume sa cigarette avec le mégot de la précédente. J’accepte le café, je devine qu’il a besoin de penser à autre chose, de retrouver des automatismes, de reprendre le contrôle sur la situation même si ça se limite à la préparation d’un Nespresso. 
En attendant, je réclame un médecin sur notre radio. Étrangement, vous pouvez être tout ce qu’y a de plus mort, tant qu’un médecin ne l’a pas déclaré, vous êtes officiellement toujours en vie. 

Après 3 heures d’attente et une dizaine de coups de téléphone à différents organismes, un médecin arrive. Je passerai les détails sur son besoin pathologique de jouer dans un épisode des experts à Miami et de mener l’enquête à notre place, toujours est-il qu’il constate le décès de mamie. 
L’histoire aurait pu/dû s’arrêter là. Merci docteur. Au revoir docteur.

Mais non. C’est à peu près à ce moment-là qu’il est venu parler avec le fils.

– Vous avez la carte vitale de votre maman ?

Surprise. Je ne suis pas médecin, alors je me dis que, peut-être, il doit bloquer sa carte pour éviter des fraudes ? J’en sais rien, moi.

– Non. Vous ne l’avez pas ? Ah mince. Vous avez la vôtre ?

Le fils :

– Euh… Oui…

(Dans ma tête, c’est « mais qu’est-ce qui se passe ? »)

– Vous pouvez me la passer, s’il vous plaît, je mettrai la consultation à votre nom.

(PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ?!?!? J’ai dû mal entendre. J’interviens.)

– Excusez-moi docteur, mais l’officier de police judiciaire vous a fait une réquisition. 

(En clair ça veut dire qu’on l’oblige à venir et que c’est l’état qui paye.)

– Oh oui mais ça prend trop de temps. Alors que si monsieur me fait un chèque, je serais payé de suite, et de toute façon il sera remboursé par la sécu…
Je l’avoue là, à ce moment précis, j’ai eu envie de lui casser la gueule. Hélas, je suis quelqu’un de civilisé, alors je me suis retenu et on est reparti en pensant que les médecins étaient tous des bâtards qui te laisseraient crever sur le carreau si t’avais pas une carte vitale et un chéquier… 
…puis je suis sorti dans la rue et de l’autre côté j’ai vu le cabinet de LA Vétérinaire. Je me suis souvenu que ça faisait déjà 3 fois que je lui amenais des chiens errants. Pas de réquisition. Pas d’argent pour la consultation. A chaque fois elle les a auscultés pro bono, sans rien d’autre que le sens du devoir et peut-être aussi l’amour de ses « patients ». 

Alors je me suis dit que comme dans tous les métiers, il suffisait d’un seul médecin mal luné, désabusé ou souffrant d’un cruel manque d’empathie pour mettre à mal la réputation de toute une profession. 
Je suis rentré au commissariat en me rassurant que tout les médecins n’étaient pas comme lui. J’ai eu une petite pensée pour tous les urgentistes et leur travail ô combien difficile. J’ai eu une pensée pour ce fils de quarante ans qui pleurait sa mère et qui avait dû payer 70 euros pour qu’on lui certifie qu’elle était morte.

Alors au petit matin, sans échanger un mot, nous sommes rentrés dans nos maisons. 

Et on a tous appelé nos mamans.

120 réflexions au sujet de « La délicatesse. »

  1. Marie-Line

    Merci pour ce témoignage. Hélas il y a des personnes qui n’ont aucun sens moral, aucune empathie et vous êtes tombé sur l’une d’elles. Mais vous êtes intelligent et savait faire la part des choses et vous rappeler que tout le monde n’est pas comme cela. Une pensée à ce fils qui a perdu sa maman…. Encore merci pour votre récit. Bonne journée à tous.

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  2. c'line

    et dans la police, c’est pareil: même genre de « sale réputation »…
    tout ça pour quelques sombres idiots.
    « il y en a partout », comme dit toujours notre cher Bibi!
    merci pour votre témoignage et votre sensibilité, et une pensée pour toutes les mamans…

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    1. Steribox

      « quelques sombres idiots » dans la la police dites vous , oh oh là vous êtes très optimiste car c’est plutot l’inverse qui est vrai , une minorité de « bon » flics pour tout les reste de pourri voir pire .

      Répondre
        1. Steribox

          Mais je ne suis on ne peut plus sérieux et je ne me base pas sur des « on dis que » passez de personnes en personnes , non non je pourrais en raconter un tas d’histoires toutes aussi dérangeantes les unes que les autres mais provenant toute d’un policier qui fait partie de « ma famille » , la réalité dépasse la fiction et de loin , d’ailleurs certains ne nous protègent pas mais en plus ils sont dangereux (pas dans le sens voyous ).

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  3. Rodjeur69

    Je ne vais peut-être pas me faire des copains, ni des copines, mais c’est bon de lire le témoignage d’un non-médecin sur ce site. Un mec normal, quoi !
    Merci, donc, pour ce signe d’humanité. 😉

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  4. Gracia Monique

    Bien entendu il y a des médecins super ! Mon papa est décédé à 95 ans après un an de soins médicaux à la maison ( fracture col du fémur etc etc … ) J’ai pu l’entourer grâce à une équipe médicale d’infirmières et daides soignantes formidables. Mais surtout le médecin qui l’a suivi et qui est venu constater le décès au petit matin ma dit : « mais non Madame, vous ne me payez pas ! Je ne fais jamais payer pour un acte de décès. C’est suffisamment difficile comme cela. Le médecin est là pour guérir. Aujourd’hui je ne guéris pas, je tâche juste de vous accompagner.  » Du baume au coeur…

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    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Je mets souvent en avant les personnels soignants. Hélas, j’ai aussi des étudiants en médecine qui me suivent et j’espère qu’en transmettant des témoignages négatifs de ce genre je permets à certains des soignants de demain de faire preuve de plus de délicatesse…
      tout n’est pas blanc dans le milieu médical…
      Alors sur Facebook on me reproche de casser l’image médicale (comme si elle avait besoin de moi pour cela…)
      C’est étrange cela. 90% de mon travail d’écriture consiste en un éloge du personnel soignant et quand je relate les 10% qui coince… voilà que je « jette en pâture »… cela m’interroge sur l’objectivité de mes contradicteurs…
      la maltraitance médicale n’existe pas, c’est un mythe…
      (C’est étrange car je croule sous les mails de patientes et patients qui disent le contraire… mais bon…)
      Bises à qui lira cela

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      1. Valily

        Peut-être parce que l’être humain a tendance à ne retenir que le négatif !
        Quand je bossais en réa, on avait plutôt tendance à nous souvenir du nombre de décès que du nombre de gamins qu’on avait sauvé et qui allaient bien ! Je m’étais dit que c’était parce que notre but était de sauver … mais finalement, je crois que c’est plus universel que cela. Je ne sais pas pourquoi les gens en général s’accroche plus au négatif ??? Peut être aussi parce que nous vivons dans une société qui ne dit que trop peu quand les choses vont bien et sont positives, on fait toujours des reproches et des critiques, mais on va rarement dire à quelqu’un qu’il a fait du bon boulot. C’est dommage

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      2. Fouzia

        Continues ce que tu fais Baptiste ! C est fantastique . Je suis sûre que cela peut,en effet, aider les plus jeunes en formation , à devenir de bons soignants ( efficace professionnellement ET humainement ). You rock .
        Plein de bisous.
        Dis, c est près d aire sur Adour lamensac??je ne trouve pas …snifff…

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      3. Lysa

        Parallèlement, j’entends très souvent que je fais le plus beau métier du monde mais lorsque nous facturons nos honoraires ou, pire, que nous parvenons à rire de CERTAINS cas, nous devenons des « commerçants » avides qui jouent avec la santé de leurs patients…
        Pourtant, oui nous ressentons des émotions, et oui il nous faut parfois rire pour oublier un peu la tristesse de certaines situations… Et non, ce n’est pas « le plus beau métier du monde », c’est un métier comme tant d’autres, où on fait tout ce qu’on peut pour les autres.

        Une vétérinaire…

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      4. HENRIOT Brigitte

        Comme je suis d’accord avec vous car ces 10% fo t le malheur de certai s patient sdo t mon mari helas fait partie parce que pas un seul géneraliste capable sur le peu qu’il y a chez nous en rase campagne de de soucier de son cas pour chercher vraiment ce qui ne va pas. Alors merci de par votre co,patio. Ou empathie de participer par votre plume à notre détresse…

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      5. Marie-Noelle

        Ce qui dérange beaucoup Baptiste, c’est que les dysfonctionnements, les incompétences, la cupidité de certains médecins (et il y en a pas mal foi de mal-soignée !) tout cela soit mis sur la place publique. J’ai toujours été contre les clans et les institutions telles que l’Ordre des Médecins, l’Ordre des Notaires, etc… qui permette d’absoudre pas mal d’incompétents, malhonnêtes etc… ou a minima de nettoyer son linge sale en famille.. Je n’ai jamais eu accès à l’Ordre des Secrétaires (je suis une ex-secrétaire)
        Donc oui il y a des médecins violents, incompétents, cupides, malhonnêtes et même des malades pervers… Il faut le savoir pour bien choisir celui qui vous soignera et saura vous écouter et ne pas faire une confiance aveugle aux pseudo-sachants..

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  5. Rosi

    Il y a aussi le médecin qui vient renouveler les ordonnances en maison de retraite … Sans voir les patients mais en facturant un déplacement pour chaque …

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    1. schinooka

      oui aussi.
      et il y a aussi le médecin traitant de la petite ville de campagne, qui vient à domicile à l’improviste voir si mamie va bien (et elle allait bien, elle n’avait rien demandé à personne), sort le chéquier du sac à main, se remplit le coût d’une consultation, et lui tend le stylo pour signer…..
      (à la suite de quoi, on a mis les chéquier sous clé)

      l’argent est parfois plus fort que tout le reste…

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      1. Bertrouf

        et le médecin de campagne qui passe à l’improviste, vérifie que mamie va bien, lui claque la bise et bien le bonjour aux enfants surtout, je repasserai le mois prochain pour une visite amicale, c’est sur ma route de toute façon.

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  6. Thomas PAMBET

    Au petit « flic »:
    Non, les médecins ne sont pas tous des « bâtards »! celui-là, il est juste très con. On pourrait disserter à l’infini sur la connerie; Einstein a dit je crois quelque chose comme: « Il y a deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine pour la seconde, je n’ai aucun doute »
    Il y a des policiers et des boulangers pareils, et il y a des gens formidables Ce soir là, le type formidable, c’était vous. Bonne route.

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  7. josecile

    Comme quoi on peut n’avoir que 2 ans de maison et être un petit flic débutant, et pour autant avoir beaucoup plus d’empathie et d’intelligence de vie qu’un vieux (je ne sais pas pourquoi, je l’imagine vieux) médecin plutôt crétin.
    Courage à vous, votre métier n’est pas facile, celui de médecin non plus. Dans les deux cas il faut de la résistance, de l’empathie et de l’intelligence. Vous êtes flic, mais ce soir là vous auriez pu être médecin.

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  8. Requejo Daniel

    Jeune, je livrais des fleurs.
    Donc des gerbes mortuaires.
    Pris dans ma journée, je monte avec une gerbe
    dans une tour de la banlieue aixoise.

    Je sonne.

    Une dame entre deux ages m’ouvre,
    deux gamins sur ces talons.
    – « Pour Me XXXX. »
    –  » C’est moi. »

    Et de m’expliquer que la nouvelle compagne
    de son ex,. lui fait des blagues macabres…

    Je suis reparti avec la gerbe, me disant que l’on
    pouvait blesser méchamment avec des fleurs…

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  9. Caro

    Merci pour ce témoignage bouleversant.
    Euh il me semblait que le constat de décès était un acte médical gratuit…En tout cas, je ne fais jamais payé même si ce n’est pas des patients que je suis; que ce soit à 3h du mat ou à 14h.

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    1. F.Pons

      En l’absence de prise en charge de l’acte par l’assurance maladie, il existe un vide administratif. Cet acte ne fait l’objet d’aucune rémunération sauf à considérer que la personne est assurée sociale tant que l’acte n’a pas été rédigé au terme du processus décrit ci-dessus, position défendue par le Conseil national de l’Ordre des médecins. Si la gratuité est la règle lorsque c’est le médecin traitant qui intervient, l’indemnisation de l’acte doit, dans le cas contraire, relever du seul jugement du professionnel intervenant, dans le cadre de son appréciation éthique et du respect de la notion déontologique de « tact et mesure ». La suppression des médecins d’état civil n’implique pas que cette mission doive, depuis, être assurée de façon gratuite par les effecteurs.

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      1. Cath

        Mais dans ce qui est relaté, si je ne m’abuse, le type sera payé par le fils ( et sa carte vitale), et encaissera même avec retard, les honoraires que lui versera l’état suite à réquisition, non ? Je ne suis pas certaine qu’il y ait recoupement ou que le docteur se souvienne que la prestation à déjà été réglée lorsqu’il recevra ses émoluments. Enfin, j’ignore comment cela se passe…

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        1. Marc

          OUi, si j’ai bien compris il y a réquisition, et donc rémunération par l’état dans le cas présent. Mais quand on est médecin, se lever la nuit pour faire un certificat de décès n’est pas un acte « conventionné », c’est à dire qui peut faire l’objet d’une feuille de sécu. Il y a donc ici double facturation (le fils et l’état), et double fraude (l’acte n’est pas remboursable et n’est pas facturé au patient…. ) par contre, si la personne décédée avait une assurance décès, la facture du médecin peut être pris een charge par l’assurance. le « tact et mesure », c’est de ne rien demander à des pauvres gens, et de demander une valise de billet à Mme Bethancourt, et se disant que çà égalise les choses. Le problème, c’est que c’es toujours les même qui vont chez Béthancourt ramasser les valises de billets….

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  10. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Comme quoi on peut faire 10 ans d’études et se comporter comme cela. Qu’importe la tenue, (blouse blanche, uniformes…….) la couleur de peau, la religion, UN con reste UN con !!!
    la bise

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    1. Bulledesavon

      Ne réponds pas aux cons Baptiste, c’est perdu d’avance !

      Bravo pour ce témoignage, et oui, à force de cotoyer la mort on peut devenir insensible ou bien l’être depuis le départ … ce qu’a fait ce médecin est honteux et tu as 100000000 fois raison de laisser témoigner ce pompier, qui lui, contrairement à l’autre, n’a pas perdu son humanité en chemin !

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    2. Biquette

      Tout à fait d’accord Grand: la connerie se rencontre, hélas , dans tous les milieux.
      Cette indélicatesse nauséabonde pollue bien des relations humaines. Cela me laisse sans voix, je sens une sourde colère monter en moi en lisant de tels témoignages;
      Merci Baptiste de donner la paroles aux malades, aux soignants, à tous ceux dont le chemin croise la souffrance et la mort, c’est à dire à nous tous finalement!
      J’essayerai d’être au hall du livre à Nancy (quelle heure?). Pour une fois que je suis en Lorraine quand tu y passes, je ne vais pas rater ça!

      Je vous envoie à tous un petit bol d’air ensoleillé et serein de Méditerranée, avc plein de bises réconfortantes…

      Répondre
  11. Bree

    Peut être ce médecin finissait une garde difficile… fatigué, pas sur d’être payé de ses visites ( Amo , amc ,etc je n’y comprend rien…)
    Quand on connaît le patient on ne demande jamais rien, c’est notre dernier boulot….. et on est triste aussi …
    Quand on le connaît pas, on est en garde, il est possible que on pense à la rémunération…. oui , dsl ….
    on rentre toujours très mal en tous cas… payé ou pas….. et on pense …. mais ca Tout le monde s’en fout …..

    Répondre
  12. mimi

    Juste un manque d humanité, un manque de compassion… « un » parmi tant d autres qui n a plus ou n a jamais eu la vocation.
    On retrouve ce genre de « goujats » dans nombre de professions. C est vrai que c est plus choquant de la part d un médecin.
    Bonne soirée.

    Répondre
  13. Martine Rouch

    Ce flic a un réel talent de conteur ! J’ai bcp aimé la chute, pleine d’humour. Allo Maman bobo ! Qd à ce médecin, il fait honte à sa corporation. Heureusement qu’il y a aussi « des » Baptiste pour relever le niveau…

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  14. Cath

    Voilà une triste nuit qui finit tristement, avec cependant une petite lueur que vous faites partager : il y a des imbéciles partout, dans toutes les professions, et cependant, vous gardez le cap sans généraliser. Et c’est difficile. Alors merci.

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  15. Cath

    Dites, en dehors de l’histoire, personne ne relève ce qu’il y a derrière le rideau de douche sur la photo… Psychose, psychose, d’accord, mais là, c’est une réussite 😉

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  16. Mésange

    Je pense à ce médecin qui n’a pas daigné se déplacer quand son patient est décédé, alors que toute la famille fait aussi partie de sa clientèle. Non seulement le décès (aussi évident que pour la petite mamie ci-dessus sauf que là c’était la maladie qui avait gagné) n’a été constaté que par un infirmier du service d’hospitalisation à domicile mais en plus il a fallu aller chercher le permis d’inhumer au cabinet et le récupérer auprès de la secrétaire…. sans jamais voir le doc.
    Légalité et empathie étaient vraiment aux abonnés absents ce jour-là.
    Alors, jeune flic, s’il vous plaît, votre gentillesse et votre empathie, continuez à les cultiver. Merci à vous.

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  17. Aurélie v

    C’est tellement vrai… il ne faut pas faire d’amalgame il y a des mauvais, voire de TRES mauvais soignants partout. Comme de TRÈS bons …. mais on en parle moins. C’est pour cela qu’on aime autant ta réconciliation soignants/soignés. Tu mets en lumière souvent le meilleur des gens, quelque soit leur profession.

    J’ai essayé de démarcher des libraires sur Pau pour te faire venir j espère qu’il y aura des retours !!!

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  18. hexdoc

    BB bibi baptiste enfin l’auteur, rédige l’histoire d’un tiers. Il la rédige du point de vue du tiers, avec sa sensibilité et probablement le ressentit du tiers. L’histoire qui nous est comptée est franchement désolante, ce médecin est un con (dixit bubulle de savon) et un salaud, ça ne se fait pas d’essayer de gagner sa croute dans un moment de malheur. C’est la nuit, on ne sait pas dans quel cadre il intervient vraiment ce médecin (réquisition ? je ne l’ai jamais vu pour un constat de décès, médecin de garde peut être ?). Et puis le véto au grand coeur et la pensée pour les urgentistes …

    Je suis médecin avec une trentaine d’année de garde dans le cornet (nuit et week-end cumulés on arrive quasiment à 3 années pleines de travail de garde). Des certificats de décès j’en ai rédigé dans beaucoup de circonstances; à toute heure du jour et de la nuit. J’ai très rarement été rémunéré pour ce travail ( et cette responsabilité … il est mort apparemment, mais de maladie ? d’une mauvaise chute ? d’une action violente ? le médecin doit signer ou pas un certificat aux conséquences médicolégales, et quand il ne connait pas le contexte du décès, il doit enquêter sur les causes de la mort).

    Il n’est jamais facile dans ces circonstances de demander une rémunération, d’autant plus que le médecin qui intervient n’est pas le médecin traitant (quand c’est le cas, bien souvent la famille pense à la rémunération, et bien souvent pour ma part je l’ai refusé). Mais il faut savoir qu’en garde (d’après mon expérience en tous cas) un quart voire un tiers des actes ne sont pas payés en raison des circonstances de l’intervention (patients non solvables, alcool, urgences psy , paiement remis à plus tard …). Quand un médecin appelé par un tiers intervient pour un certificat de décès la famille a bien souvent l’impression que le médecin intervient au même titre que les pompiers ou les policiers (service public).

    Le policier qui relate cette histoire (et il se trouve que j’ai aussi un fils qui vient de débuter une carrière de policier) est atterré de la réaction de ce médecin, d’autant plus qu’il a été long et difficile d’en faire venir un. Il ( ou bibi ?) a une pensée pour ces dévoués urgentistes qui ne s’occupent que des vivants , dans le fond, un mort ce n’est pas une urgence, on ne vas donc pas déranger un urgentiste (saint Pelloux priez pour nous); on ne vas pas non plus déranger un médecin de l’administration (ARS, sécu) ils ne sont pas payés pour ça et il faudrait au moins réveiller le préfet pour les déranger. Mais qu’est ce que foutent ces foutus médecins généralistes de garde ??

    Mr Beaulieu, en tant que rédacteur vous avez une responsabilité dans la façon de présenter les récits; le titre d’abord émet un jugement sans appel pour la suite du récit; enfin vous ne pondérez absolument pas la situation avec un commentaire qui aurait pu expliquer que cela arrive; car vous n’êtes pas sans savoir qu’il est discuté au niveau des instances administratives et politiques la rémunération de ces certificats de décès devant la constatation de l’extrême difficulté à trouver des intervenants. Tant que vous ne prendrez pas en compte cette responsabilité je n’accorderais pas de crédit au sous titre de votre blog « Journal de soignés/soignants réconciliés ».

    Répondre
    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Je mets souvent en avant les personnels soignants. Hélas, j’ai aussi des étudiants en médecine qui me suivent et j’espère qu’en transmettant des témoignages négatifs de ce genre je permets à certains des soignants de demain de faire preuve de plus de délicatesse…
      tout n’est pas blanc dans le milieu médical…
      Alors sur Facebook on me reproche de casser l’image médicale (comme si elle avait besoin de moi pour cela…)
      C’est étrange cela. 90% de mon travail d’écriture consiste en un éloge du personnel soignant et quand je relate les 10% qui coince… voilà que je « jette en pâture »… cela m’interroge sur l’objectivité de mes contradicteurs…
      la maltraitance médicale n’existe pas, c’est un mythe…
      (C’est étrange car je croule sous les mails de patientes et patients qui disent le contraire… mais bon…)
      Bises à qui lira cela

      Répondre
      1. POPÉE Fabienne

        Pour Hexdoc:
        J’ai trouvé le réci plutôt mesuré . Le narrateur se contente d’énumérer les faits sans accabler définitivement lees médecins dans leur ensemble. La fin du texte est là pour rétablir la réalité: dans chaque corporation il y a des gens biens et des gens terribles. Je suis d’accord avec Baptiste, raconter des histoires sur l’univers médical c’est parler de tout ce qui s’y passe, les moments de délicatesse et les autres qui en sont dépourvu. Merci BB

        Répondre
        1. Cath

          Ben si.
          La réponse de Baptiste a à voir avec votre « critique ».

          Vous voulez qu’il indique  » des pistes » de réflexion sur le plan législatif, administratif – vous avez fait les recherches et vous nous en faites partager le fruit. Il vous a donc obligé à réagir, à apporter un éclairage particulier sur le sujet, celui d’un lecteur de la profession qui n’est pas particulièrement d’accord avec le point de vue exprimé par le narrateur à qui Baptiste à donné la plume, faut-il le rappeler ?
          Et voyez-vous, vous avez pu vous exprimer, ce qui n’est déjà pas si mal. Parce que, honnêtement, il ne me serait pas venu à l’idée d’aller chercher sur le site du sénat – que je fréquente à l’occasion pour rechercher des rapports qui traitent d’autres questions- comment le point était abordé sous l’angle législatif. Je suis d’un naturel curieux, mais j’ai quelques limites, je l’avoue.
          C’est donc tout bon pour vous. Et pour nous qui profitons de vos recherches googlesques.
          Cela dit, le blog est aussi à l’écoute des autres -que les professionnels -, qui ont eux aussi le droit de réfléchir à une question posée en y apportant d’autres éclairages, d’autres pistes de réflexion, y compris celles qui ont le caractère non professionnel ou qui laissent s’exprimer l’empathie.
          Donc Baptiste poursuit son œuvre de réconciliation soignant-soigné en permettant aux uns et aux autres d’écrire et de décrire. Il modère le débat en ce sens -et en ne permettant pas aux trolls de pourrir le débat. Mais il ne censure pas.
          Et c’est là une de ses grandes qualités.

          Accessoirement, je me permets : « vous auriez dû », avec l’accent circonflexe pour le participe, s’il vous plaît. Je ne suis pas grammairienne, mais cette faute m’est pénible à lire dans un texte autrement bien écrit.

          Répondre
          1. Cath

             » vous auriez dû commenteR », tant qu’à faire.
            Je suis mesquine, cela fait partie de mon charme, d’aucuns vous le confirmeront.

          2. mimi

            Cath, votre remarque sur une petite faute prouve plutôt que vous refusez tte contestation tte critique.
            C est bien dommage car c est avec des avis differents que l on avance.
            Mais, comme je le constate vous êtes très nombeux à mettre mr Beaulieu sur un piédestal. Jamais de contradiction.
            Un de ses derniers articles prouvait pourtant que l erreur et les discussions contradictoires qui en decoulent peuvent être très constructives…
            C est juste mon avis et j espère qu il ne vexera personne.
            Mais, j ai pour habitude de dire ce que je pense sans agressivité ou animosité, je l espère. C est une des belles liberté qui nous reste.
            Bonne soirée.

          3. Cath

            Les fautes d’orthographe me sont très pénibles à lire.
            Il se trouve que le sens d’un mot ou d’une phrase peut se trouver complètement modifié selon un accord de verbe, de nom, ou n’avoir absolument aucun sens. C’est une des beautés du français, une de ses richesses que de pouvoir jouer sur ces nuances. Encore faut-il ne pas les ignorer.

            Malheureusement, je suis de ceux et celles qui pensent, peut-être à tort, qu’il est nécessaire de se relire et de faire attention, ne serait-ce que par égard pour la personne qui va lire ce qu’on écrit. C’est ce que m’enseignait mon institutrice à la communale ( l’institutrice qui enseignait à six classes dans une grande salle unique au village). C’est aussi ce que pensait ma famillle à qui je devais écrire enfant – pas de téléphone, pas d’Internet, rien que la poste pour correspondre entre pays et continents. Je relis encore les lettres que mon grand-père m’écrivait à plus de 80 ans : il n’y a pas une faute d’orthographe ou de concordance de temps -et il n’était pas un ingénieur ou un professeur.

            Et lorsque je dis que les fautes me sont pénibles à lire, vous pourrez imaginer mon désarroi lorsque je relis une missive, un mail ou un rapport déjà expédiés et que je relève mes propres fautes.
            Parce que je considère qu’on peut toujours améliorer un texte et qu’il n’est jamais mauvais de penser à l’autre, à celui qui se donnera la peine de lire ce que j’écris.

            Quant à mettre M. Beaulieu sur un piédestal, je me permets de douter. La contradiction a cours, largement, mais dans la bonne humeur principalement. Et si nous partageons son point de vue et non le vôtre, que voulez-vous, il faudra vous y faire.

        2. Michèle

          « Il arrive que les familles confrontées à un décès se heurtent à de réelles difficultés pour l’établissement du certificat de décès, notamment lorsque l’unique médecin de garde présent dans le secteur géographique concerné ne prend sa garde qu’à 8 heures alors que le décès a eu lieu le 1er janvier à minuit 45 »

          Veuillez excuser ma question, mais : que le certificat soit signé à minuit 45 au lieu de 8 heures du mat, quelle importance ? Puisque la personne est décédée de toute façon ?

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          1. Zija

            Bonjour
            Je ne suis pas du tout connaisseuse de ces choses-là, mais je vois deux possibilités: la difficulté émotionnelle (cohabiter avec le proche décédé pendant de nombreuses heures au milieu de la nuit ne doit pas être des plus agréables, encore que de nombreuses familles appliquent encore la tradition de veiller le corps…) et les raisons sanitaires (mais là encore, je ne suis pas sûre que ce soit la raison de cette phrase, car je ne sais pas si le corps s’abime beaucoup en huit heures de temps).

    2. Grand33

      Bonjour Docteur,
      « je n’accorderais pas de crédit au sous titre de votre blog « Journal de soignés/soignants réconciliés ». »
      En l’occurrence la mamie dans cette histoire, elle, est réconciliée, malheureusement. La prétention de Bibi dans ce blog et la reconciliation des soignés avec les soignants, pas celle des décédés avec leur certificateur.
      Enfin c’est mon avis……

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    3. Cath

      Personne, ni le narrateur, ni Baptiste, ni les commentateurs n’ont sous-entendu que le médecin intervenant « était un salaud ».
      Pour le reste, le blog est un lieu où on relate, on témoigne – soignant ou soigné. Comme disait ma Mamie, il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
      Dommage pour vous, et pour nous aussi.

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    4. Julie

      Pour ma part, moi qui ne suis pas du milieu médical, je trouve au contraire que les textes de Baptiste et de ceux qui témoignent ne cherchent pas à ‘influencer. Ils relatent des faits, nous font partager leur émotion et leur histoire. A nous ensuite de nous faire notre propre opinion. C’est d’ailleurs au travers de ces textes que j’ai pu découvrir de nouveaux points de vues. Grâce à ces textes et aux commentaires, je trouve que ça m’ouvre plutôt l’esprit.

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  19. Herve CRUCHANT

    D’ici, de mon point de vue de visiteur extra-terrestre, le sketch est exemplaire de la duplicité de l’âme humaine. Cet individu a besoin de se distinguer des autres. Pour cela, de revêtir un uniforme, un objet symbolique, un titre savant; reconnus par la société officielle et la doxa. Honneur à nos élites ! Gloire à nos héros ! Et voilà que cette société s’auto satisfait, s’auto discipline, se congratule entre soi …

    Médecin d’Hippocrate, au profil professionnel idéalisé, respectueux de l’Ordre, soucieux de son paraître, voici une fierté de la société des sachant-vivre comme il faut, fruit d’une société imbu d’elle-même. Fier de lui et dominateur.
    Sauf que, sous l’armure dorée, on ne trouve pas souvent le gendre idéal, mais un être qui aimerait bien se mettre au niveau de l’idéal qui lui est confié. Ou un escroc pédant. Ou un dingue. Ou un humaniste caché là pour boucher les trous dans un zodiac d’exilés troué aux plombs de chasse et qui coule lentement au large du casino de Monte-Carlo.
    Outrecuidance de la nature humaine qui se grime d’uniformes, d’insignes et de médailles. S’évalue et se vend. Se vend. Et non pas est normalement rétribué pour son excellent travail. Tous les métiers en sont là, certes, car il est rare de trouver une adéquation presque parfaite entre la définition du métier et le professionnel qui le pratique. Or, les métiers sociaux -en particulier celui de Médecin Généraliste ou celui de Policier ‘généraliste’- sont les plus concernés.
    Tous les Médecins et les Policiers généralistes doivent être capables d’exercer leur métier au plus près des principes de leur discipline. Ceci pour la technique, si tant est qu’elle soit convenablement enseignée. Vient alors l’apport humain, personnel, qui déborde et magnifie ces actions sociales : depuis la fonction, savoir sortir du rôle institutionnel pour n’être plus qu’humain. C’est le cas de ce toubib qui dit « je ne fais jamais payer mes actes de décès », etc.
    Les Médecins et Policiers généralistes sont souvent des hommes humanistes et dévoués. Leur éducation, les conditions de la pratique de leur art (car il s’agit aussi d’un art en plus de la technique) sont parfois volontairement rendues pénibles par la société même qui les a engendré. Il est une constante des gens de pouvoir: celle de se protéger des savants, des contrôleurs de l’ordre public, des chamanes et des médecins dans une crainte paranoïaque de se voir déposséder. (Louis XIV et l’ordre donné d’abandonner la saignée; non par soucis thérapeutique, mais dans une volonté politique de faire exploser la communauté des médecins qui, à ses yeux, devenait de plus en plus incontrôlable -donc dangereuse)

    Dans ce blog, on ne voit si « bon » policier ni « mauvais » médecin. Le titre nous oriente pourtant avec finesse vers une absence de délicatesse humaine. Pas vers une série de fautes ou d’erreurs professionnelles: l’intervention policière est nominale, comme est nominale la délivrance du certificat de décès. Le temps mis à intervenir ? Le cas n’est pas tendu par le temps; ni pour la défunte, ni pour le fils la véritable victime, ni pour la police et pas plus pour le toubib rectiligne. Donc, pas de gaucherie professionnelle. Juste des comportements humains border line. « On ne meurt pas comme çà. Çà ne se fait pas » dira la société des gens de bien. « On n’entretient pas le silence d’un fils détruit par la mort de sa mère. On le réconforte. »… « On ne parle pas d’argent dans la maison d’un mort. Il est de mauvais ton, voire très vilain, de faire payer une facture pour une telle intervention dans un moment pareil », etc… Ce sont donc des hommes qui sont mis en examen.
    Mais l’Ordre des Médecins -si tant est que celui ci puisse être intéressé- a-t-il son mot à dire ? Le Préfet de police remarque t-il un hiatus dans l’attitude des représentants de l’ordre ? Non.
    Juste des comportements humains discutables, qui auraient pu être différents s’ils avaient été enseignés. La société nous demande parfois des capacités limites que nous nous empressons d’accepter, flattés d’avoir été distingués.

    Mais, sur Terre, qui enseigne l’humanité ?

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  20. PASQUIE

    Ce que je trouve triste ,c’est que cette Mamie a été obligée de mettre fin à ses jours seile ,tant qu’elle avait toute sa tête et qu’elle pouvait le faire à 82ans.Si elle su qu’on peut « mourir dans la dignité »,assisté de façon humaine et pleine d’amour, en préparant ses proches(car il faut apprendre à laisser partir ceux qu’on aime) …elle aurait peut-être tenter quelques années de plus!
    Ce n’est pas le tout d’avoir une médecine à la pointe du progrès: des médecins compétents , des chirurgiens au top et des scientifiques géniaux si on ne développe plus le coté psychologique, l’empathie, l’amour qui vainc à 60% la maladie, le désespoir et la souffrance!

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  21. Martineduouaibe

    C’est compliqué cette histoire qui juge .
    Nous n’avons pas les tenants et les aboutissants …peut être que ce médecin peut être débutant …n’avait pas beaucoup de trésorerie …ne le jugeons pas …d’ailleurs qui sommes nous pour juger.

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  22. Petit Bleu

    Je me permets de répondre à certains commentaires, non pas pour envenimer le débat mais apporter certains éclaircissements.

    Cette histoire n’est pas la mienne.
    C’est l’histoire de Mamie. Mamie qui était dépressive depuis la mort de son mari. Ici ce n’est pas l’histoire sur la fin de vie. Pas de maladie incurable et douloureuse si ce n’est celle d’avoir perdu le goût de la vie. Simplement Mamie qui un soir de novembre a décidé de mettre fin à ses jours.

    C’est l’histoire de son fils. Un fils aimant qui passait la voir régulièrement. Il l’avait vu le vendredi avant de partir en week-end et ils avaient prévu de se voir ce dimanche là lorsqu’il rentrerait. De ce fils qui pleurait toute les larmes de son corps. Il n’était pas vraiment surpris m’a-t-il dit, cela faisait des années qu’elle en parlait.
    C’est l’histoire de son deuil à lui.

    C’est aussi un peu mon histoire. Parce que cette intervention est toujours gravée dans ma mémoire jusque dans les moindres détails. Je me souviens de la couleur des murs, de la chemise de nuit de Mamie, du costume gris du fils. Le temps a passé mais chaque mois de novembre, lorsque la nuit tombe vite et qu’il fait froid, je repense à Mamie et à son fils.

    Et je repense à ce médecin. Je me moque de savoir s’il avait passé une mauvaise journée, s’il sortait tout juste d’une opération à coeur ouvert à sauver la vie d’une petite fille, s’il était de garde et si l’état mettrait des mois à le payer. Ce soir là il y avait un homme qui pleurait sa mère.
    L’empathie. La capacité de chaque être humain à ressentir la douleur d’un autre être humain. Lorsque qu’il a annoncé le montant de ses honoraires, je ne pense pas qu’il ait ressenti ce qu’il avait provoqué chez le fils. Moi je le revois encore se crisper, serrer le poing sur le dossier de la chaise, les muscles de son cou qui se contractent.

    Avec un peu de temps, j’ai réussi à prendre du recul, parce que j’ai aussi vu des médecins pratiquer des massages cardiaques pendant près d’une heure, jusqu’à être en sueur, jusqu’à en avoir mal aux bras, jusqu’au delà de tout espoir parce que la famille était là. Ils ne le faisaient pas dans l’espoir de sauver une vie mais simplement pour la famille. Pour qu’elle sache qu’on avait tout tenté. Par empathie. J’ai vu ces médecins être des petits héros du quotidien plus que je ne l’ai jamais été moi-même.

    Mais ce fils lui, quelle expérience des médecins aura-t-il eu ? Si je n’ai jamais oublié ce soir de novembre, je ne doute pas que lui non plus. Quels souvenirs en gardera-t-il ? Quel jugement portera-t-il sur les médecins dans leur ensemble ?

    Enfin, un médecin doit-il être payé lorsqu’il se déplace pour constater le décès de quelqu’un ? Ce médecin était-il un bon ou un mauvais médecin ?
    Je m’en fout. Vraiment. Complètement. D’une puissance incommensurable.
    Mamie était déjà partie faire du poney multicolores au milieu des arc-en-ciel. Le seul qui souffrait à ce moment là c’était son fils entrain de pleurer dans la cuisine.
    Or n’est-ce pas là le sens même de la médecine ? Soigner ceux qui souffrent.

    Et puis merde, qu’est ce que j’en sais moi ? Je ne suis pas médecin. Je ne suis qu’un homme en uniforme bleu caché derrière son arme et son gilet pare-balles. Cette histoire n’est pas la mienne mais elle m’est arrivée. Elle porte mon regard et mon jugement sur ce qui s’est passé ce soir de novembre et je l’assume totalement.
    A chacun de la prendre comme elle est arrivée et de la voir avec son propre regard. A chaque médecin d’y porter son propre jugement…

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    1. Cath

      Petit Bleu a un bleu au cœur, de ceux qui jamais ne s’effacent quand reviennent les tristes mois de novembre.
      Merci d’avoir écrit ce témoignage.
      Et de nous avoir rappelé que sous l’uniforme, il y a un homme. C’est beaucoup en soi.

      Répondre
    2. Herve CRUCHANT

      La société déverse sur nous le poids de ses incompétences, de ses exigences sous la menace de son glaive. On peut, on doit en discuter parce que nous sommes solidaires et partie prenante de cette société là.
      Elle désigne, selon ses propres principes, des titres et des compétences qui ne correspondent pas souvent à la vraie vie mais à l’idée bureaucratique démembrée, presque naïve à force d’être auto-protectrice, du déroulement d’une existence idéalisée. L’habit ne fait pas le moine. Une mention très bien ne signifie « que » l’excellence à un cursus, en dehors de toute compétence à vivre en société.
      Petit Bleu, ton analyse est juste, posée avec discernement. Le rapport de la médecine légale de base avec l’Etat est un vrai problème. Qui rejoint les autres, petits et mesquins d’apparence mais qui finissent, tous ensemble, par brouiller la vue. Horaires, statuts, rémunération à l’acte, hiérarchisation des actes, les gardes, la gestion des retours d’expériences, etc. etc….
      Il est vrai que le vrai problème est la mort d’une vieille maman décidée à partir de sa propre volonté et provoque ce drame qui assomme un fils attentif et aimant. Voila. C’est tout.
      En marge, on pourrait discuter de la réforme de la police, simplement à ce niveau; proposer, par exemple, d’adjoindre des médecins à temps plein aux brigades. Pourquoi pas ? il existe bien des médecins militaires qui ont signé un deal avec l’Etat : études payées en échange d’un engagement en unité… Ceci est un autre débat.
      A poursuivre sur le zinc, peut-être. Devant un café. Ou un petit bleu qui tache.

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    3. Darlinguette

      Merci Petit Bleu pour votre empathie, votre sensibilité à la douleur de l’être humain, votre révolte devant l’attitude du médecin, vous êtes une belle personne et de plus, vous écrivez très bien ! Merci d’exister .

      Répondre
  23. Banane

    Merci pour ce témoignage, il est poignant. Et pour les détails en commentaire en plus, Petit Bleu. C’est très bien écrit, sans agressivité inutile, il me semble.
    En tout cas, ça coupe un peu les jambes et je ne trouve pas beaucoup d’excuse au manque d’empathie du médecin qui avait le droit d’être maladroit mais avoir pu réaliser son erreur en voyant le choc produit sur 2 personnes au moins (puisque Petit Bleu réagit lui aussi à sa demande aberrante)
    Bref, merci pour ce genre de texte aussi, Baptiste, parce qu’avant de se réconcilier il faut un peu se connaître et ça peut effectivement être formateur pour les jeunes médecins et les autres aussi, à qui ça peut arriver demain.

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  24. lili

    Réunion d’HAD chez une jeune femme pour prise en charge palliative suite à un mélanome malin . Il y a donc l’infirmière de L’had , le médecin traitant et moi même. Et tout ce beau monde est là pour discuter avec ce charmant petit couple de la façon dont nous allons prendre en charge la fin de vie de Mademoiselle. Ils nous ont même fait la café…
    Inutile de dire que c’est très très lourd émotionnellement. On parle matelas anti escarre, classeur de transmission, siège pour la douche. Le médecin lui a vraiment l’air de se faire ch.er .
    Fin de réunion , quelqu’un a t’il une dernière question?
    Mr le médecin: « et qui va me régler cette consultation? » j’ai trouvé ça d’une violence extrême .Des années après j’y pense encore avec effroi
    En partant j’ai vomi derrière ma voiture.

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  25. genevieva

    mon papa dans le jardin repiquait des salades, c’était vendredi 1er Juin, nous allons le voir on rentrait du travail et on le trouve étendu au milieu du jardin, il avait fait une crise cardiaque, on téléphone au médecin pas loin de notre domicile (on habite la campagne) et il arrive presque tout de suite et il constate le décès tout en nous demandant si l’on veut le réanimer. Mon père voulait partir comme cela, il avait eu 5 enfants et trois étaient décédés (26 mois, 26 ans 28 ans) il avait assez souffert et nous l’avons laissé s’endormir pour les rejoindre. Le médecin ne nous a rien demandé et même nous a recommandé de le ramener chez lui pour ne pas avoir trop de problèmes (nous étions dans un département et lui dans un autre département) cela était compliqué, c’est ce que nous avons fait.
    ce que Baptiste nous fait part c’est toujours humain, il n’y a pas de critiques à avoir, ce n’est qu’un blog plein d’amour, pourquoi certains se montrent désagréables alors qu’ils ne lisent pas

    Répondre
  26. Zadorée

    Je viens de lire tous les commentaires et je m’étonne…

    Ca n’a évidemment pas de lien avec le fait en lui-même. Ce médecin de toute évidence, n’aurait pas dû demandé à être payé immédiatement puisqu’il le serait plus tard, par l’état. Et il a clairement manqué de tact. Mais est-il pour autant toujours comme cela?

    Je m’étonne quand même de la vitesse à laquelle nous jugeons les autres d’une chose qu’on n’applique pas nous même. Ce médecin est un « con », un « gougeat », un « méchant », un médecin « déshumanisé ». On n’accorde jamais aux médecins et plus largement aux soignants le droit d’être mal luné, agacé de ne pas être payé ni même fatigué.

    C’est peut-être parce que je suis infirmière et que j’en ai un peu assez qu’on ne m’accorde jamais le droit d’être moi. Mais, j’ai l’impression qu’un médecin, un soignant doit être un saint en puissance et en permanence. Pas le droit à l’erreur, à une petite saute d’humeur, pas le droit d’être dans un mauvais jour ou à demander une rémunération ou de la considération sinon vous êtes un mauvais soignant, déshumanisant.

    Non, on n’est pas parfait. Parfois on est un peu con et parfois on n’est pas assez bien dans ses baskets pour bien soigner. Pour bien soigner, pour bien prendre soin, il faut être bien soi-même dans son corps et dans sa tête (avoir le temps de boire un verre d’eau et d’aller aux toilettes par exemple fait parti de choses que je ne peux que rarement m’accorder quand je suis au travail. Forcément on est un peu moins bien en fin de journée….). Mais on a aussi nos vies et elles ne sont pas toujours rose alors parfois, on est un peu moins dans l’humanité que ce qu’on voudrait. Et ça, c’est tabou, ou quoi ?

    Ok, ce médecin n’a pas été parfait sur ce coup-là. Et je comprends que ce policier est été choqué. Ca ne veut pas dire que c’est un mauvais médecin ni même un « gros con ». Peut-être que si mais pas forcément. Peut-être est il un très bon médecin pour ses patients, peut-être pas. Je ne nie pas la maltraitance soignante. Elle existe et il faut en parler mais bon, on va vite pour juger quelqu’un sur un instant.

    En lisant certains commentaires, j’ai eu aussi l’impression que le fait que cette personne souffre rendait le geste du médecin plus cruel. Est-ce que ça veut dire qu’on ne doit pas faire payer quand on annonce un cancer, une maladie rare, un diabète? Je m’imagine à la place du médecin qui demande 30 euros devant un patient en pleurs de savoir qu’il a une maladie grave… je me sentirais dans mes petits souliers ! Certes mais c’est pas pour autant qu’il faut bosser gratuitement…

    Je n’accuse personne mais vraiment je m’interroge…

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    1. Caroline

      Le problème, c’est que les soignants ont affaire à des gens vulnérables au mieux, très blessés et souffrants au pire, avant même que vous n’entriez en jeu. Votre « matière première », c’est de l’humain, ça tout le monde se tue à le dire, certes, mais pas l’humain lambda, bien portant : les humains que vous avez sous la main, c’est de l’humain affaibli, pas dans son état normal, pas en état de supporter ce que supporterait un humain bien portant. Ce qui, pour vous, est une simple fatigue, une simple faiblesse, une simple mauvaise humeur, une simple baisse de performance, a pour eux des conséquences bien plus profondes, graves, blessantes, que pour des gens bien portants. D’où la nécessité de la délicatesse, titre bien trouvé pour ce post en particulier, je trouve : vous qui êtes infirmière, vous devez être bien placée pour comprendre et savoir que si vous touchez vos patients sans délicatesse, vous risquez de leur faire mal. Il vous faut y aller doucement pour toucher quelqu’un qui vient de subir un traumatisme. Il ne supporte pas ce que supporterait quelqu’un de pas blessé ou fraîchement opéré.
      J’entends bien, et je suis d’accord avec vous, que pour bien soigner il faut que vous soyez vous aussi dans de bonnes conditions. Seulement, les patients n’y sont pour rien et ils n’ont pas à en payer les conséquences. Si vous leur expliquez, il vous pardonneront peut-être, sûrement, mais ils s’en souviendront, il restera une cicatrice dans leur mémoire. Vous leur aurez fait mal, sans le vouloir, mais la douleur est la même, voulue ou pas voulue.
      Voyez, je suis relieur. Je répare de vieux livres, fragiles, abîmés, maltraités. Bien sûr, il m’arrive d’avoir affaire à des livres bien portants, mais c’est très rare. Et je vois bien que les livres neufs supportent très bien des traitements que les vieux ne pourraient pas. Quand j’ai affaire à un papier friable, déchiré, que je dois réparer avec un papier Japon, « pansement » qui pèse 18 g au mètre carré, tout mouillé de colle, eh bien il faut que j’y aille doucement, ou je passe à travers et c’est foutu. J’ai le droit d’être fatiguée, j’ai le droit d’être de mauvaise humeur, j’ai le droit d’avoir envie de pisser, mais le livre, lui, c’est tout simple, il s’en fout. C’est son état qui décide, pas le mien.
      Je vous souhaite une bonne journée.

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      1. Caroline

        J’oubliais : bien évidemment, on ne vous demande pas de travailler gratuitement. Je me demande cependant s’il ne serait pas envisageable, au lieu de se faire payer sur place, à chaud, d’envoyer le facture le lendemain, quand la douleur a eu un peu le temps de pénétrer. Vous seriez payés pareils, avec juste 24 h de délai. On n’est pas choqués de payer un médecin. On est choqués de mêler argent et douleur humaine. Autant séparer les deux, bien nettement, en temps et en géographie. Possible ?

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      2. Herve CRUCHANT

        Je suis un vieil ouvrage à la reliure improbablement cuir, de plus en plus fatiguée. Marginal par sagesse après être passé par bien des yeux, bien des idées , je me réjouis de savoir qu’il existe des mains prévenantes qui pourraient prendre soin de ma reliure pleine d’arthrose, à coup de papier japon saoulé à la gomme arabique et de gestes attentifs qui frisent la tendresse. Marginal, râleur et humaniste de Gauche, encore lisible pour peu qu’on lui permette de l’ouvrir. Merci, Caroline Relieur….

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        1. Caroline

          Pas de quoi, Hervé 🙂 C’est vrai que j’aime bien expliquer à mes clients que je suis généraliste pour livres : je réduis des fractures, je soigne les blessures, mais pour la restauration, il faut un neurochirurgien, et ça je ne suis pas formée pour 🙂 C’est une image qui passe bien, les gens comprennent que je sais faire beaucoup de choses, mais pas tout, et que parfois je dois passer la main, sans que cela fasse passer l’idée que je ne suis « QUE » relieur…

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          1. Cath

            Un beau métier décrit avec délicatesse. Quel plaisir de vous lire.
            Hervé, « vieux » charmeur (mon oeil 😉 )

  27. DESSAINT Jean-Pierre

    Il y a quelques années, mon frère, 37 ans, a eu, seul, un accident de la circulation qui lui a été fatal.
    Il laissait alors son épouse avec ses cinq très jeunes enfants (le dernier avait 1 an).
    Il était seul à travailler pour nourrir sa petite famille.
    Le lendemain de l’accident, je me suis rendu chez le médecin libéral habilité à constater le décès, en vue d’obtenir le certificat.
    Il m’a alors demandé le montant d’une consultation ce, sans aucun état d’ âme !

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  28. virginie

    La police et la justice = avant tout des personnes qui choisissent des métiers en lien avec des valeurs. Ce n’est pas honteux de refuser la loi des plus forts et protéger les faibles.
    Les suicides de greffières, de gardiens de la paix…n’intéressent pas. Pourtant c’est la même souffrance que les infirmières.
    La souffrance des professionnels en contact avec les personnes victimes d’elles mêmes et/ou des autres ne se limite pas au médico-social.

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  29. Lise

    @Baptiste

    Je comprends VRAIMENT (j’aimais bien quand tu utilisais ce mot souvent, à tes débuts … 😉 ) que parfois, tu aies besoin de t’éloigner du net …
    Moi-même, parfois, je n’ai plus envie de venir sur « alors voilà » car les réactions parfois trop vives, ou en tout cas insuffisamment mesurées, me minent et m’épuisent ….
    Ceci-dit, ça me fait ça aussi dans la vraie vie parfois 😉

    @Petit bleu

    Merci pour ce magnifique récit. On y perçoit bien combien cette situation dramatique vous a touchée, et c’est bon de se dire que parmi les hommes qui en accompagnent d’autres dans les moments difficiles de la vie (services d’urgence, pompiers, médecins, policiers …) se trouvent de belles « âmes » qui n’oublieront jamais de mettre l’Humain au centre de leurs préoccupations … Bravo à vous, et merci.

    Lise.

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  30. Sahawca

    Oh la la, quelle histoire cruelle qui fait écho en moi…
    20ans, étudiante…je vais déjeuner chez mon père, comme tous les samedis…mais il n’ouvre pas. Pas cette fois. Il n’ouvrira plus jamais d’ailleurs…
    Il s’était endormi pour toujours, à 54ans.
    J’ai appelé les pompiers (je savais bien pourtant qu’il ne dormait pas)…qui ont fait venir un médecin…qui m’a tendu sa note d’honoraires… Etudiante, je n’avais pas cet argent sur moi… »ce n’est pas grave, vous faites un chèque avec son chéquier et vous signez, ça passera »…. Froid. Distant. Humiliant. Inhumain.
    C’était il y a 20ans. C’était hier.

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  31. Haut-tiste

    Oui, bon, faudrait pas oublier que le certificat de décès est un acte qui en théorie ne donne pas droit à remboursement par l’assurance maladie.
    Je ne vois donc pas l’utilité de la carte vitale en la circonstance…

    Répondre
    1. hexdoc

      C’est vrai, et c’est la qu’intervient une difficulté qui peut engendrer le comportement qui est décrit ici. Le seul cas ou l’assurance maladie peut financer cet acte, c’est quand le patient lui même a appelé le médecin, donc le cas le moins fréquent ou le patient meurt en présence de celui-ci.
      La plupart du temps c’est sur appel d’un tiers que le médecin intervient, et les frais incombent alors en fait à la succession. Le problème par rapport aux autres frais liés au décès (pompe funèbre, fleurs, journal …) se situe dans l’intervention « à chaud » du médecin; l’entourage est alors dans l’émotion, et il est très difficile et délicat effectivement d’évoquer un paiement et de laisser une note d’honoraire. Encore plus quand ce n’est pas le médecin traitant, car il est alors appelé par les services publics (pompiers, gendarmes, centre 15), et alors la famille à l’impression qu’il s’agit d’une continuité de ce service public.
      Il faut savoir par ailleurs que bien souvent notre travail ne s’arrête pas à l’établissement du certificat de décès, car on est sollicité à distance par la famille pour des attestations pour les assurances (décès naturel ou accidentel ? voire questionnaire avec dates et certification que la maladie ne faisait pas partie des conditions d’exclusion du contrat ) qui ont des implications légales et financières importantes.

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      1. Elle

        Merci Haut-Tiste pour cette précision.
        OK hexdoc, mais ICI le Policier dit :
         » Excusez-moi docteur, mais l’officier de police judiciaire vous a fait une réquisition.  »
        (En clair ça veut dire qu’on l’oblige à venir et que c’est l’état qui paye.)
        – Oh oui mais ça prend trop de temps. Alors que si monsieur me fait un chèque, je serais payé de suite, et de toute façon il sera remboursé par la sécu…

        Qui nous dit que ce Toubib délicat ne s’est pas fait payé 2 fois ?
        – 1) Par la Sécu avec la carte vitale… du fils ! « de toute façon il sera remboursé  » dit-il devant ce fils qui vient de trouver sa mère décédée…
        -2)Par l’Etat, comme nous l’explique le policier avec cette démarche de réquisition et même si ça tarde à venir ce sera toujours bon à prendre!…

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      2. Cath

        Merci pour la clarification, c’ est toujours utile.

        Effectivement, les frais sont normalement remboursés par la succession. Les frais à l’hôpital – je ne me souviens plus ce qui m’avait été réclamé de payer avant qu’on me restitue les effets personnels de mon père. J’ai signé et payé un peu en somnambule, mais le comptable avait la grâce de paraître gêné alors qu’il ne faisait que son travail.
        Par contre, je me souviens aussi de l’infirmière à qui j’ai demandé où se trouvait le service de réanimation dans un pavillon d’un grand hôpital, où j’ai atterri complètement perdue après avoir quitté le boulot en courant comme une dératée pour attraper un train et en me répétant comme un mantra que papa va aller bien, que c’est sérieux d’accord, mais que ça va aller et que je ne dois pas pleurer.
        « Il faut d’abord vous rendre au service d’accueil parce qu’on n’a pas trouvé ses papiers de sécurité sociale et qu’il faut faire les formalités avant toute chose »…
        Une garce ? Une imbécile ?
        Et je suis allée au service administratif demander où était mon père. Je n’ai pas osé demander ce qu’il avait. Et ce sont les administratifs qui m’ont dirigée en m’expliquant que la paperasse se règlerait plus tard.

        Aujourd’hui, je prendrais le nom de l’autre, et je ferais en sorte que sa bêtise lui retombe dessus.

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  32. C.Liver

    anecdote de boulot :
    constat de décès d’un médecin, qui s’inquiète si nous (l’aux. de vie et moi – (IDEL, (ndlr)))* avons un accès à un moyen de paiement (mamie dernière survivante de la maison)
    l’ Aux de vie et moi nous nous regardons, incrédules
    – Ben oui ; l’autre mufle de rétorquer, c’est une visite comme une autre !!
    – Ah ! NON !!! pas vraiment !!! (il n’a plus droit à son titre !! )

    je crois que je ne me suis pas faite un ami … mais je m’en fiche
    Biz Bibi
    co
    * parenthèse dans la parenthèse, dans la parenthèse … j’ai fait fort !!

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  33. josecile

    Petit bleu est devenu grand. Et j’ai juste envie de te dire que je t’aime. Pour ton histoire d’abord, pour ta réaction ensuite. Parce que oui, sous un uniforme quel qu’il soit, il y a d’abord et avant tout un homme. Femme de surveillant pénitentiaire, je suis bien placée pour le savoir.
    Et Mamie était morte, c’est vrai, alors que l’empathie qui n’a jamais tué personne n’aurai pas fait du médecin sa première victime.

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  34. Caroline

    Sérieusement, je ne comprends pas pourquoi il faut payer le médecin immédiatement, que ce soit dans son cabinet ou à domicile, à fortiori quand le patient est décédé ! En 20 ans de résidence en Suisse, je n’ai JA-MAIS payé mon médecin sur place : j’ai toujours reçu une facture à la maison, comme n’importe quel fournisseur ou artisan, que j’ai payée comme n’importe quelle autre facture ! Séparer les questions d’argent des questions de souffrance humain me semble nécessaire pour pouvoir se consacrer entièrement à cette souffrance, sans en ajouter par-dessus ! Evidemment, comme je n’appartiens pas au milieu médical, il doit y avoir une bonne raison que je ne connais pas. Un représentant du milieu peut-il m’éclairer, s’il vous plaît ? Parce que j’ai l’impression que cela engendre beaucoup de mauvais souvenirs…

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  35. Johnson

    J’ai jamais demandé de paiement pour les constats de décès, et refusé qd on me le proposait. Outre que je considère que ça fait partie du job même si c’est pas payé (comme rappeler un patient avec un INR dans les nuages), avec mon coté catho je pense que c’est LE moment où l’argent n’a aucune place.
    Et de maniere irrationelle, j’ai l’impression que je chopperais un malédiction sur 5 generations si j’acceptais « l’argent du mort »

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      1. hexdoc

        Mais enfin Mr Beaulieu, c’est quoi ce merci sans réflexion?
        merci pour votre côté catho, merci pour votre grand cœur, merci pour votre côté ‘service après vente’ ? (là j’y vais un peu fort, mais il faut parfois secouer les bonnes consciences et voir la réalité des choses).
        J’ai expliqué et mit des liens pour montrer qu’il existe VRAIMENT un problème en relation avec l’établissement de ces certificats de décès. Le récit de petit bleu est émouvant (même si on y sent la patte rédactionnelle de Beaulieu ), et le comportement du médecin tel qu’il est raconté est navrant (voire flirte l’escroquerie si il y a double paiement).
        Dans l’intimité d’une famille, le suivi d’une agonie, ou la douleur d’une mort brutale, il est vrai qu’il est indécent de demander des honoraires; mais comme le disait le titre d’un film : « les codes ont changés ». On gère de plus en plus la désertification médicale libérale. Quand Johnson dort la nuit, et qu’il est en week-end, c’est un médecin de garde (ou SOS dans les villes) qui sera appelé, couvrant parfois de larges territoires, et finalement peu d’urgences véritables celles-ci étant prises en charge par le Samu. Et c’est un travail, difficile par surcroît, intervenant dans un contexte inconnu, ayant parfois nécessité un long déplacement.
        Le contexte est donc tout autre que celui du médecin de famille qui gère le décès d’un de ses patients. Il s’agit comme je l’ai dit dans un autre commentaire d’un travail et d’une responsabilité, et quand je lis Johnson parler de malédictions avec « l’argent du mort » , je me demande combien de générations d’employés des pompes funèbres, de notaires et d’employés du fisc ont été maudits ….
        Un autre lien
        http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/12706-Constat-de-deces-pourquoi-les-medecins-ne-veulent-plus-en-faire

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        1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

          Ah parce que maintenant vous allez me dire aussi à qui et comment je dois m’exprimer dans les commentaires ? C’est une blague ? Et en parlant de « patte » la votre me rappelle étrangement celle d’un médecin sur twitter. Un type terrifiant qui humilie les gens et les sadise parce qu’il a raté sa vie en ne devenant pas l’écrivain qu’il espérait. Ce qui est cocasse puisqu’il a fini par ressembler point par point aux méchants issus de l’imagination des écrivains qu’il admirait. Un type petit et aigris.
          Je ne sais pas si c’est vous, mais son nom est étrangement similaire au votre.
          Si je me trompe, acceptez mes excuses (et profitez donc de cet élan pour vous diriger vers la sortie).

          Répondre
          1. hexdoc

            désolé de vous décevoir: je ne twittérise pas . Je vous prend au mot et ne reviendrais donc pas vous importuner sur votre site en constatant que la critique y est si vite honnie.

          2. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

            Les anglo-saxons appellent votre réaction le gaslighting, ou enfumage en Français (oui, nous sommes des brutes épaisses comparés à nos amis Anglais…).
            J’explique, en gros, le principe : aller chez quelqu’un, mettre les chaussures sur la table, et critiquer vertement le plat servi, les convives, l’hôte, la décoration, l’éclairage, un peu tout quoi, puis, quand le maître de maison vous casse plein de rage la soupière sur la tête en disant que vous avez sacrément manqué de respect à la maisonnée et au cuisinier, vous vous indignez en agitant les bras et en criant « Mais on ne tolère donc pas les critiques, ici ! »
            Hexdoc : le respect c’est échanger sans invectiver. Le respect c’est considérer la parole de l’autre sans venir jouer les pompeux en disant « vous auriez dû écrire cela ou ceci » plutôt que simplement partager vos liens en disant « VOILÀ je trouve cela intéressant pour compléter la réflexion de tous autour du témoignage de Petit Bleu ».
            Le respect c’est ne pas invectiver l’autre et l’apostropher par son nom comme vous le faites « Beaulieu par ci, Beaulieu par là ». (Hé oh, j’existe !!!!).
            Vous entendez ce que je veux dire ?
            Sinon, je vous recommande la MAGNIFIQUE nouvelle de Maupassant intitulée « L’Assassin ». Elle vous expliquera mieux que moi ce qu’est le respect et pourquoi parler avec les gens avec considération, même par écran interposé, est un Mode de vie qui vaut la peine d’être adopté.
            Voilà.
            Bisous
            Signé : Ayatollah Beaulieu.

          3. Cath

            Voilà pourquoi j’aime la patte de Baptiste.
            Envoyer paître un triste sire avec élégance et en me faisant rire. Moi, je le traiterais de « fesses de rat » le sire en question ( et non pas de face de rat, la nuance est importante), je lui botterais l’arrière-train pour l’expédier hors de la page et lui apprendre le minimum d’éducation qui lui fait défaut.
            Je reconnais que j’apprends tous les jours, et j’essaie de m’améliorer malgré des rechutes.
            Merci Baptiste, merci pour ton blog, l’écriture et tes réponses. Merci de tout cœur. 😉

        2. Mélinda

          Hexdoc, vous avez répété votre message à plusieurs reprises tout au long des commentaires : on a compris. « Beaulieu » réactionnel, acte non remboursé par la sécurité sociale et vide réglementaire, c’est aux familles de payer. Ok, ok. Mais le commun des mortels a aussi le droit de penser qu’un medecin qui fait don de sa consultation à une famille qui vient de perdre un proche, c’est simplement humain et c’est réconfortant. Sans tenir compte des dispositifs législatifs et réglementaires. Vous n’êtes pas d’accord avec Baptiste et vous le dites. Votre point de vue est documenté et intéressant. Ne niez pas celui de l’auteur, de Baptiste et de nombreux commentateurs, qui trouvent cet acte déplacé. Ouvrez votre blog si vous prétendez être un meilleur contributeur à l’apaisement des relations entre soignants et soignés. Merde.
          Ca vous semblera complètement déplacé de demander un acte gratuit, mais ca existe dans plein d’autres métiers non ? Je pense aux heures sup non payées…

          Répondre
        3. Elle

          M’enfin Mister Hexdoc !
          La patte de Johnson n’est pas mal non plus ! Relisez bien son commentaire.
          « Et de maniere IRRATIONNELLE j’ai l’ IMPRESSION que je chopperais un malédiction sur 5 generations si j’acceptais « l’argent du mort »
          Pour moi, c’est pas le Doc dans l’exercice de sa fonction qui parle là. C’est sa « petite voix » En plus elle a de l’humour ! Merci petite voix , mais 5 générations quand même ! On pratique les promos au XXI ème siècle. Allez 3 pour 5 ? C’est déjà pas mal !
          Vous parle jamais la vôtre?
          La mienne me dit « t’inquièèète paaas, comme la majorité de tes semblables, tu mourras à l’hôpital et ce problème se posera pas ! »

          PS :
          Merci Dr Beaulieu pour la notion de « gaslighting » que je ne connaissais pas.

          Répondre
  36. Lise

    @grand

    toi aussi, tu me manques, ainsi que toute la fine … mais c’est vrai que, de plus en plus souvent, cela me noue le ventre de lire les commentaires parfois acides et lourds de reproches faits à Baptiste ou entre intervenants … je préfère me mettre un peu en retrait de ces « mauvaises ondes » … je t’embrasse …

    @sahawca

    que c’est dur de lire votre histoire …. 🙁

    @cath

    j’espère que tout va pour le mieux et t’embrasse tendrement

    Lise.

    Répondre
    1. mimi

      Lise, ce ne sont pas des reproches, juste des constats.
      C’est très positif d’échanger tout en se respectant les uns et les autres.
      Tout peut se dire, AVEC RESPECT, sans animosité, sans agressivité.
      Nous sommes tous différents et fort heureusement avec des avis parfois très divergents. C »est ce qui fait que nous « grandissons », que nous nous forgeons une personnalité, que nous pouvons affronter et apprécier les évènements mauvais et bons que nous traversons.
      C’est en tout cas ce que j’ai appris à mes enfants. Et je me permets de vous dire que je suis fière de « mes adultes ».
      Finis les tabous d’un autre âge, finies les hypocrisies, finies les critiques « de peur de… »
      J’ai connu ces ambiances dans mon enfance et je peux vous garantir que l’on ne se forge le caractère à devoir ravaler ce que l’on voudrait dire ou faire.
      JUSTE DU RESPECT.
      Mais, une fois de plus, tout doit pouvoir se dire. Bonne soirée et à bientôt.

      Répondre
  37. Herve CRUCHANT

    … et pendant ce temps, la Mamie Soul est morte face contre terre et son fils pleure toute se détresse …
    … et pendant ce temps là, la marmotte emballe le chocolat avec ses petites pattes laborieuses …

    Il a gelé ce matin dans la campagne et tout est blanc brillant
    il a gelé ce matin dans la ville et les trottoirs gris constellent de petits points brillants; sous son carton à même le sol, à côté des bancs interdits réservés aux nantis, Paulo le SDF est mort. Enfin.
    Çà fait dix ans qu’il était dans la rue

    … et pendant ce temps, la Mamie Soul est morte face contre terre et son fils pleure toute se détresse …
    … et pendant ce temps là, la marmotte emballe le chocolat avec ses petites pattes laborieuses …

    Répondre
  38. Lise

    @mimi

    c’est précisément le manque de respect que l’on ressent parfois dans certains commentaires qui me chagrinent …
    mais c’est vrai, cela ne doit pas me faire oublier ceux qui fréquentent ce lieu et qui sont tout le contraire de gens irrespectueux, qui savent échanger vraiment, et deviser sur tous les sujets même si les avis divergent …

    @cath

    j’adore ton « liseron » … <3

    @hervé

    🙁

    Lise.

    Répondre
    1. mimi

      Merci Lise. Je sais que vous m avez comprise.
      Je pense que certains sont « mal » dans leur vie, peut être seuls, avec des soucis divers et variés. Ce blog tt comme certains forums sont leur seul lien avec d autres…
      Alors, parfois, ils ont un grand besoin d échanger avec des mots qui peuvent dépasser leur pensée.

      Très bonne soirée à vous.

      Répondre
  39. anonyme number six

    Que la famille n’ait pas la tête à sortir le chéquier dans un tel moment je peux le concevoir. Qu’un médecin soit payé pour le déplacement et le temps passé me semble normal aussi. Après tout il s’agit d’un médecin libéral qui paye son essence comme tout un chacun. Pourquoi devrait il faire cadeau de son temps à l’état qui a décidé que dans le cadre d’un décès un médecin devait travailler gratuitement? Je pense que la SS devrait créer une cotation spécifique pour cet acte que le médecin pourrait se faire payer directement par elle , ça éviterait ce genre de situation désagréable pour tout le monde.

    Répondre
  40. Daguerre

    Les réquisitions ne sont jamais payées, j’en sais quelque chose. J’ai vu une centaine de personnes sous réquisitions depuis trois ans en médecine libérale et jamais je n’ai perçu un sou de l’état. Pourquoi a t’on cette vision en France du médecin larbin qui doit travailler gratuitement ? Et qui doit peiner à gagner sa vie.
    Allez voir aux Etats-Unis et au Canada. 300 dollars le déplacement d’un médecin.
    Un jour cela se retournera contre tous en France quand le système aura disparu.

    Répondre
  41. elduche

    Je remarque un truc : l’excuse du medecin c’est « l’Etat va mettre trois plombes a payer donc je prefere vous facturer vous, ca sera rembourse ».
    Est-ce que le probleme ne serait pas la ? QUe, encore une fois, quand on fait un truc pour l’Etat, c’est la croix et la banniere (et 3h de paperasse incomprehensible) pour se faire payer a paques ou a la Trinite ?

    Ca n’excuse pas la goujaterie et l’insensibilite dont il fait preuve, mais ca peut l’expliquer en partie (et NON Manuel, expliquer ce n’est pas excuser).

    On a un probleme generalise de nullite de l’administration, dans le domaine medical mais pas seulement… sauf qu’en medecine ca a des consequences de ce genre.

    Bon, monsieur est personnel medical et ne fait pas la nuance entre les impots et les cotisations a la secu tant qu’il est paye, c’est un peu genant aussi.

    Répondre

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