Sourions-nous.

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Alors voilà, 

Je suis dévasté. Toutes ces vies… Tous ces visages qui défilent, ces jeunes gens qui auraient probablement changé le monde, chacun à leurs manières. Je déteste ce sentiment qui me pousse dans le ventre, cette haine.

Quel sens donner à l’existence?

Quelle consolation apporter à la terrible condition humaine?

Nous sommes tous là ! Ensemble ! 7 milliards de petits squelettes condamnés à nous rencontrer sur cette petite boule de boue qui voyage à travers l’espace, dans le silence infini d’une infinie solitude !

Aimons-nous, soutenons-nous, épaulons-nous, prenons-nous dans les bras, dans le métro, dans la rue, dans tous ces petits chemins de nos vies qui nous amènent à côtoyer l’autre.

Oui, sourions-nous, même (et surtout ?) si nous sommes différents.

Sourions-nous.

Prenez soin de vous,
PS : ce soir, je crois que je peux dire que je vous aime, même si je ne vous connais pas. Parce que vous êtes moi, et parce que je suis vous.
Baptiste.

« Tant que nous sommes des Hommes, pratiquons l’humanité »

Sénèque

99 réflexions au sujet de « Sourions-nous. »

    1. lectrice boulimique

      La poésie pleure aussi. Heureusement. C’est quand on n’a même plus de larmes à pleurer, c’est quand on s’efforce à ne (plus) jamais pleurer, c’est quand on est dressé à préférer tuer celui qui pleure, celui qui préfère croire en la poésie plutôt qu’à ce qu’on commet au nom de Dieu… c’est alors qu’on devient inhumain.

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    2. Lalyre

      Sourions ensemble notre tristesse. Je suis sûre que la poésie, dans un moment comme celui-là, peut exprimer l’indicible et nous consoler.

      Qu’allons-nous faire ensemble de ces événements ?

      Vous êtes moi et je suis vous, comme tu le dis si bien, Baptiste.

      PLUS LE CENTRE EST PERDU,
      PLUS HAUT,
      LE BARRISSEMENT DES MONSTRES.
      Patrick Guyon, « Le livre de la sortie du Jour ».

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    3. marie

      L’arme d’un sourire, sourire en larmes
      Ne pas fuir, rester debout
      Tous ses gens fauchez insouciants dans la Lumière
      déjà leurs sourires nous crient d’être libre
      Les ombres reviennent hanter nos rues
      Ils veulent un royaume mortifère, un joug d’amnésie
      Ils nous veulent à terre, atterrés, serviles.
      Des visages d’anges incrédules nous disent « soyez heureux profitez »
      Des corps disloqués par des âmes pétries de haine
      Nous leur opposons notre insoutenable légèreté d’Etre
      Leur monde est un désert de ruines et de cendres
      Le notre, un arc en ciel de paix et d’amour
      Nous sommes debout

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    4. doume

      La poésie, et aussi les chansons.

      « Abderhamane, Martin, David
      Et si le ciel était vide
      Si toutes les balles traçantes
      Toutes les armes de poing
      Toutes les femmes ignorantes
      Ces enfants orphelins
      Si ces vies qui chavirent
      Ces yeux mouillés
      Ce n’était que le vieux plaisir
      De zigouiller »

      Toute une salle debout hier soir. 🙁
      https://youtu.be/JvkMnHXtHzc

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  1. Nathalie

    Face à cette horreur, il ne reste que notre humanité et notre capacité d’aimer, de se réconforter.
    Je pense aux victimes, à leurs familles, leurs amis, leurs collègues d’études ou de travail.
    J’ai pensé à toi Baptiste, à ton post du 7 janvier. J’ai pensé à cette histoire qui bégaie.
    J’ai pensé à mes filles, à tous les enfants que je connais et que je voudrais protéger de cette connaissance du mal absolu, de cette barbarie.
    J’ai pensé à ces assassins, à ces boureaux, à leur mère.
    J’ai pensé à tous ces soignants qui se sont démenés depuis hier soir.
    Et j’ai allumé une bougie sur ma fenêtre… avec tout mon amour.

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  2. DOMINIQUE

    Savoir que des monuments sont aux couleurs de la France dans le monde entier,
    Savoir qu’un extrait de « Casablanca » où des gens chantent la Marseillaise devant les occupants tourne sur Internet,
    Savoir que les dons de sang affluent,
    Savoir que les portes ont été ouvertes cette nuit-là dans Paris,
    Savoir que des taxis étaient gratuits pour ramener les gens bloqués,
    Savoir que 60 équipes du Samu ont fait un merveilleux boulot,
    Savoir que le personnel des hôpitaux en congés est venu aider leurs collègues,
    Savoir que les gens qui ont quitté le Stade de France chantaient la Marseillaise,
    Savoir que les dirigeants du Stade ont géré impeccablement la situation,
    Savoir que des gens se sont rassemblés dans toutes les villes de France, juste pour être ensemble,

    Savoir tout cela aide. Un sourire à travers les larmes.

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  3. AnneLEGRAND

    Je vous aime, je veux vous prendre dans mes bras pour que vous sentiez aimé parce que je vous aime de tout mon ♥ car je vous connais depuis qq temps.
    Suite à un 3éme arrêt de travail pour burnout ( gériatre depuis 1988) en milieu (non) hospitalier, je sais enfin l’importance de la vie, de l’amour, de la nature, de la bienveillance, du lâcher-prise pour prendre soin de mon prochain, y compris moi-même. Mes chats, poules et coqs anglais et mon jardin m’accompagnent au jour le jour pour me fa ire apprécier la vie simplement.
    Hic et nunc.
    Carpe Diem.

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  4. Merlette45

    Comme Baptiste je suis dévastée. Quoi faire, sinon tenter d’imaginer un monde meilleur malgré tout.
    Je ne veux pas, comme en janvier, faire l’honneur aux terroristes de me laisser submerger par l’horreur des images télé, la vacuité et l’indécence des commentateurs qui ne laissent aucune place au silence nécessaire à la réflexion.
    Je me tiens à distance et je vais de temps sur des fils info où l’écrit remplace les images choc.
    Le poids des mots. Le poids des mots.
    Baptiste a raison il faut nous aimer. Inconditionnellement.
    Sauf que ce soir j’ai un peu de mal. J’ai envie de conjuguer le verbe aimer au conditionnel.
    Voilà.

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  5. Marine

    C’est dur de sourire aujourd’hui.
    Aujourd’hui je pleure. Je pleure avec ma ville, avec mon pays, avec ma grande famille qu’est l’humanité. Je pleure pour ces gens qui comme moi, allaient à des concerts, voyaient leurs amis autour d’un verre le vendredi soir, vivaient, tout simplement. Ce soir je ne suis qu’une petite parisienne traumatisée qui se met à sangloter dès qu’un de ses amis ne répond pas au téléphone. Ce soir je n’arrive pas à comprendre cette violence, cette haine. Et je sais que je n’y arriverai sans doute jamais.
    Alors je sourirai demain.
    Allez dire à vos proches que vous les aimez, c’est important. C’est vraiment très important

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  6. genevieva

    quel jolie chose que vous écrivez et suis de tout cœur avec tous ceux qui sont atteints dans leur chair, mais je suis touchée par la solidarité qui s’est faite , alors on peut espérer de l’être humain malgré tout, il faut garder l’ESOPOIR

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  7. lectrice boulimique

    Je n’ai pas beaucoup dormi hier soir, mais pour une fois je ne dois pas être la seule, et je ne pense pas qu’un somnifère y aurait changé grand-chose.

    Je ne remplacerai pas ma photo de profil facebook ou ma caricature google par un drapeau français ou d’une quelconque nation même la mienne, un ruban noir, un « je suis Paris » ou quoi que ce soit d’autre: je ne donnerai pas aux fanatiques la joie de constater qu’ils ont réussi à déjà effacer mon visage (fût-il marqué de cernes) ou mon dessin.

    Je n’ai pas fait brûler de bougie à ma fenêtre quand je suis rentrée de Bruxelles où j’ai passé mon samedi, j’étais crevée et j’ai oublié.
    Je repensais trop, peut-être, à cet homme et son fils adolescent croisés près du Botanique où je voulais aller voir une exposition de photo (NDLR pour les non-Bruxellois: cet ancien institut botanique est devenu un musée).
    Ils m’abordent : « please, do you speak english? » Leur type : un peu plus « bronzé » que le mien, trop? Pourtant, la crainte, c’est dans leurs regards que je la lis; le frisson, c’est sur leurs épaules que je le vois courir. L’homme s’explique dans un anglais haché. Ils sont Moldaves. Ils sont réfugiés. L’office des étrangers est fermé. Ils ne connaissent pas Bruxelles. Ils cherchent de l’aide.
    Je ne connais de la Moldavie que le titre d’une mélodie de Dvorak, je la confonds un peu avec la Syldavie d’Hergé, sur une carte muette je la situerais quelque part entre Roumanie, Hongrie, Ukraine. (Vérification faite ce soir j’ai du pot, c’est à peu près ça)
    Je viens de ma campagne wallonne, je ne connais pas assez Bruxelles pour y guider quelqu’un, je n’ai sur moi que mon ticket de train, et un peu d’argent dont je vais avoir besoin illico pour manger quelque chose à la cafétaria du Bota parce que après avoir toute la matinée révisé un gros manuscrit avec 3 amies je crève la dalle à tomber, là. Alors quand on me dit en tremblant « nous avons faim », à midi 45 à jeun sous une « drache » (NDLR: averse belge) glaciale, j’y crois sur parole quelle que soit la langue.
    Avant d’ouvrir mon porte-monnaie, je ne vérifie pas si sous leur mince veste en jean il y a une ceinture d’explosifs, est-ce mon boulot? mon devoir? une imprudence? une naïveté? Je ne sais pas. Je ne sais même pas si je fais bien, je fais confiance à mon instinct, et à leur peur. Il me restera assez pour une lasagne, j’espère qu’ils auront assez pour quelque chose de chaud. « Oh, you believe me, thank you, thank you…  » Trempé comme une soupe, le jeune homme tire déjà son père par le bras vers un café proche. Avant de le suivre, le monsieur joint les mains, me dit « God bless you ».

    Je n’ai pas pu déterminer si mon présumé Moldave parlait de Dieu, d’Allah, de Vishnou. Mais là, franchement, je m’en fous.

    P.S.: free hugs à tous

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      1. Mésange

        à Lectrice boulimique
        Juste pour changer la donne, que ce 13 ème com vous porte bonheur à vous aussi,vendredi 13 fut si horrible en soirée…
        Et comme il y a vraiment besoin de douceur aujourd’hui, des tas de caresses de plumettes à tous

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        1. lectrice boulimique

          rrrôntidju tu m’fais tchoûler, là…

          NDLR 1: « rrrôntidju »: mon blasphème préféré, tiré des bulles de Franquin
          NDLR2: « tchoûler » = chialer en wallon

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          1. Cath

            Ah mais je n’ai pas besoin de traduction.
            J’ai été élevée en Wallonie, et si on m’a empêchée de parler en wallon, on n’a pas pu m’empêcher de comprendre et d’assimiler ( surtout quand les grandes personnes parlent en wallon pour empêcher les mouflets de comprendre ce dont il est question 😉 ).
            Ensuite, j’ai quasiment appris à lire dans Spirou… Et le monde de Franquin m’est très cher (Prunelle et Lebrac, victimes favorites de Gaston, de son cahtdingue, de la mouette…). Je cherche quelqu’un qui peut m’imiter la mouette rieuse, j’en ai besoin ces jours derniers.

  8. Mamzelle B.

    Lectrice boulimique a magnifiquement résumé la situation. J’allais écrire « Ne laissons pas la peur diriger notre vie et la haine l’envahir » et puis je me suis vue, assise peinarde dans mon salon, dans une petite ville de province a priori à l’abri, avec la certitude qu’aucun de mes proches ou amis ne se trouvait même à proximité des lieux attaqués et je me suis demandé : »Honnêtement, tu habiterais le 10e, tu dirais ça ? » Eh bien je l’ignore… je l’espère mais je ne sais pas… J’ai pleuré en apprenant, hier vers minuit, ce qui se passait. J’ai passé la journée à zapper sur les différentes chaînes pour avoir un max d’infos. Et là, je me demande si j’oserais prendre le métro, aller au ciné ou dîner au resto si j’habitais une grande ville. Je me demande quoi dire à mes élèves lundi. Je me demande dans quel monde grandiront mes neveux et nièces. Alors je me tais. J’ai mis une bougie à ma fenêtre, c’est plus pour moi que pour les victimes : j’ai toujours trouvé qu’une flamme avait quelque chose de chaleureux, de tendre. J’espère quand même qu’un peu de cette tendre chaleur touchera magiquement le coeur de ceux qui souffrent.
    Je ne suis pas une adepte des câlins aux inconnus mais là, free hug à tous.
    Bise à vous, DR B., gardez la foi en l’Humain.

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  9. Rofine

    Merci Baptiste pour ton billet du jour d’après cette horreur.
    Je perçois toute ta sensibilité et humanité.
    Tu nous ramène à l’essentiel : la Vie !
    Préservons cet élan de solidarité national et international pour créer les conditions d’un monde meilleur pour nos enfants et petits-enfants.

    Prends bien soin de toi aussi.
    Je t’embrasse

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  10. Nelly Labouré

    sobres et dignes, de beaux mots pour exprimer le sentiment de désarroi qui nous habite depuis vendredi ….comme à votre habitude, vous nous touchez Batiste ! merci !

    Répondre
  11. Jmi

    Merci Baptiste pour ces mots, pour tes mots…
    c’est bon de se savoir aimé en tant qu’humain. Si on change juste quelques lettres à « terroristes » on peut lire « vousnegagnerezjamaistantquejeseraideboutjevousferaisfacelebraslevéetlepoingtendu »
    alors, hier, même de Marseille qui finalement n’est vraiment pas loin de Paris, on a continué la vie de tous les jours, mais plus surement hébétés..
    alors, ce matin à 10 h, j’irais faire du foot avec mes garçons, comme avant…
    alors, ce midi, dans quelques heures, on ira ensemble au resto italien à ce gros repas entre amis (18 à table quand même !!)…
    alors, vu d’ici qui n’est pas loin du tout, on continuera à vivre comme avant, à leur dire merde comme avant, et on sera là, comme avant à faire face, ensemble.

    Nous aussi on t’aime.
    Merci d’exister, comme tu es. Humain !
    Des bises ensoleillées qui éloignent la nuit et le froid. A toi, à tous. Humain.
    Jmi

    Répondre
  12. Sylve

    « La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance »… Maître Yoda in Star Wars… Nous devrions toutes et tous devenir des Maître Yoda et éliminer de nos vies ce côté obscur de la force…
    Moi aussi je t’aime…

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  13. heliotrope

    bon sang ! si seulement ça pouvait nous sortir moi, vous, nous tous, la France, d’une dépression latente, mortifère, de la plainte, de la peur de soi, de la peur de l’autre, d’oublier de s’aimer soi même et d’aimer les autres, de râler, de critiquer, d’ironiser, la peur de manquer
    QUAND TU AS LA VIE TU AS TOUT ! à toi de la rendre belle ! mais il faut chercher, se faire aider, se donner du mal, co-créer
    bon sang ! ça devrait nous appuyer sur le bon bouton et donner envie d’honorer et de célébrer la vie, la mienne, la tienne, les nôtres, le soleil, le chant des oiseaux, se prendre dans les bras, seulement ça est important, non ?
    c’est le minimum, pour qu’ils ne soient pas morts pour rien
    paix, amour et liberté

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  14. dubos nicole

    prends soin de toi baptiste et vous tous
    aimons nous tout simplement et gardons au fond de nos cœurs encore un peu de confiance a l etre humain

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  15. Thomas Stéphan

    Il va falloir être soudés encore plus que jamais à partir d’aujourd’hui. Ces quelques lignes que tu as écrites avec ta plume si caractéristique aident à cela et je t’en remercie. Vraiment, Benjamin, merci.

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  16. Biquette

    Depuis vendredi soir j’ai l’impression d’avoir été battue, j’ai mal partout, je me traîne, mes épaules sont lourdes, je dors peu et mal, je mange sans faim, tout me ramène à cette sauvagerie, je ressens une immense tristesse et une colère sourde.
    Cela fait plus de deux ans et demi que je me bats contre une leucémie, je sais ce que veut dire la peur, la souffrance. Mais se battre contre l’obscurantisme me semble encore plus difficile.
    Tu as raison Baptiste: il faut aimer, juste aimer, au-delà de nos différences nous sommes tous des humains, nous avons la chance de vivre, mesurons cette chance, la vie est si fragile…

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  17. Souslalune

    Comme Biquette, j’ai mal partout .. des courbatures … je réponds aux questions de ma fille de 8 ans, j’essaie d’être claire et objective … et quand , dans mes tentatives d’explications, les larmes me viennent, je plonge la tête dans un placard, à la recherche du carré de chocolat opportun qui me permettra tout à la fois de me cacher et de m’apaiser …
    Je ne veux pas lui montrer ma peur, ma tristesse, mon impuissance, j’essaie au contraire de la rassurer mais j’ai des envies de repli, de fuite et de mise en sécurité dans un trou perdu … et pas du tout envie de sourire 🙁
    Je t’aime aussi Baptiste , et tous les lecteurs /contributeurs d’Alors Voilà, et quasi toute l’Humanité, mais certainement pas les grands malades qui assassinent au nom de leur Dieu ..

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    1. Linou

      Pourquoi en sont-ils arrivés là ? Comment en sont-ils arrivés à commettre ces actes ? A mon avis, la question mérite d’être posée… Je ne pense pas que le fanatisme explique tout…

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    2. Rofine

      Pour les lectrices et les lecteurs ayant de jeunes enfants, je vous recommande le site https://www.facebook.com/Linstithumeurs-134876533249117/?fref=nf
      Ce blog de Lucien Marbeuf, professeur des écoles, vous apportera une aide utile pour expliquer à vos petits écoliers les terribles événements de vendredi.
      Il est très important pour vos petits d’entendre VOTRE version des faits avant d’arriver à l’école demain matin…
      Bon courage à vous !
      Prenez bien soin de vous, comme nous le dit Baptiste.

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  18. Nadezda

    Beaucoup de morts, des jeunes, des encore gosses tués par des pas plus vieux qu’eux.
    Il faut faire quelque chose, trouver une solution, parce que ça ne va pas s’arrêter , tout le monde en est conscient.

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  19. Libellule

    Bonjour à tous, auteur et commentateurs de ce blog,
    aujourd’hui comme hier et demain, je ne peux pas sortir pour sourire et me rassembler avec d’autres humains… alors c’est à vous tous que je dis merci pour votre sensibilité et votre humanité.
    Je voudrais vous dire bien plus encore mais je ne trouve pas les mots.
    Sourires, hugs, prenez soin de vous

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  20. Mag

    Aujourd’hui j’ai souri aux gens. Encore plus fort que d’habitude. Je me suis promenée sur le marché avec mon gros panneau « FREE HUGS » au-dessus de ma tête pour couronner mon sourire, je les ai serré dans mes bras. Ceux là n’en n’ont pas forcément besoin, ceux-là sont prêts à recevoir, et à donner.
    Les gens qui me font peur sont ceux qui me regardent de travers, me renvoient des regards froids et me disent qu’on ne vit pas dans le monde des bisounours. Ceux là n’ont plus d’espoir. Ceux là ont peur de faire leur part car ils se disent que c’est perdu d’avance. C’est ceux là que j’aimerai serrer dans mes bras, à qui j’aimerai donner de l’amour et de la solidarité et de l’espoir et de la joie.
    Alors continuons à sourire et à aimer, peut-être que l’espoir, la solidarité et la tolérance pourra refaire surface dans le cœur de ces hommes aigris par la vie 🙂

    Prenez tous soins de vous, des gens que vous aimez, et des autres 🙂

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  21. Marilyne

    Merci Baptiste et tous les autres pour ces si beaux textes et ces si belles pensées.
    C’est la première fois que je laisse un commentaire mais c’est parce que là c’est trop difficile.
    Prenez tous soin de vous

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  22. ACT

    Je pense à toutes ses familles sans nouvelles des leurs.
    Samedi matin, un camarade de classe de ma fille ne savait pas si sa sœur était encore en vie.
    J’espère que demain les nouvelles seront bonnes.
    Une amie de mon fils, elle a perdu un de ses amis, et un autre a pris une balle dans le ventre.

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  23. Jen

    je n’ai que des larmes dans mon coeur mais ton message me touche. J’aurais pu l’écrire si je savais écrire… Merci de mettre en mots mes maux
    Bises
    Jen

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  24. Charles

    Et vous n’étiez pas dévasté pour les 44 tués et les 239 blessés jeudi dernier à Beyrouth (Liban), pour les 224 Russes de l’Airbus tombé au-dessus de l’Égypte il y a deux semaines ? (Aucun article dans le blog)

    Quand un humain vaut tout autre être humain, c’est tous les jours que l’on a des occasions d’être dévasté et de le dire.

    Et on se devrait aussi d’être malade d’avoir contribué à détruire la Libye, un pays qui ne nous avait absolument rien fait, et expier toute notre vie ce crime que nous avons payé avec nos impôts (que nous avons donc cautionné).

    Si l’on est sincère – et qu’on s’intéresse aussi à autre chose que notre nombril, si l’on se rend compte que nous ne sommes pas seuls au monde.

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    1. isabelle

      Merci de partager ce qui vous dévaste, ce qui vous rend malade ; cela n’enlève rien à ce que partage Baptiste mais peut le compléter si l’on reste dans le respect de la parole de chacun.

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    2. marie

      vrai on n’est pas seul au monde, faux je ne cautionne rien en payant mes impôts , je paye mes impôts point.faux je ne me rends pas malade parce que des monstres veulent anéantir la joie, la paix, l’amour.
      Chaque jour je résiste et je suis debout chaque jour j’œuvre pour la paix et si parfois je l’oublie, si je relâche la garde, je me prends le râteau dans la tronche. Nicolas Henin ancien otage parlait comme vous il disait qu’au moyen orient en Afrique c’est leur quotidien mais il a rajouté qu’un événement pareil ici c’est choquant comme état de choc respiration coupée, neurones grillées.

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    3. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      Non Charles, vous avez raison. Je ne pleure que pour les blonds/blondes aux yeux bleus faisant partis du haut du panier de l’échelle sociale. C’est ça, hein, que vous voulez entendre ?
      Non, parce que sinon je ne vois vraiment pas l’intérêt de votre commentaire.
      Bonne journée.

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    4. Julie

      Charles, bien sûr que nous pensons aussi aux autres qui souffrent. A ces enfants qui crèvent de faim, aux femmes violées, aux camps de torture, aux exterminations de masse, aux personnes qui dorment dans la rue, à ceux qui meurent de froid, à ceux qui se font pendre car ils sont homosexuels, aux peuples qui voient leur territoire détruits par les industriels, et même aux animaux qui se font massacrer. Et j’en passe.
      Nous sommes très sensibles à ce qui se passe près de chez nous, pourquoi ? Peut-être parce que les images renvoient davantage à ce que l’on connaît ? Peut-être parce que nous connaissons ces rues, peut-être parce que nous nous identifions davantage aux personnes tuées, car c’est arrivé dans notre pays, où l’on croyait être en sécurité. Peut-être parce que nous avons peur. Ma sœur vis à Paris, hier soir elle était à une station de métro de la République lors du mouvement de panique; elle a croisé des gens terrifiés.
      Peut-être aussi que tout cela nous rappelle que ce ne sont pas que des images à la télé, ça nous renvoie à quelque chose de bien réel. Peut-être avons nous besoin de nous rassembler dans cette peine immense ? Je n’ai pas la réponse.
      Charles, nous avons bien conscience de toutes les horreurs qui se passent dans notre monde. Mais il se trouve, (que de manière tout à fait incontrôlée ?), nous sommes très touchés parce qu’il se produit ici. Cela fait-il de nous des personnes égoïstes pour autant ?
      Heureusement que nous ne sommes pas effondrés à chaque atrocité commise sur notre terre, nous en crèverions de peur. Nous en crèverions de tristesse. Nous en crèverions de honte.
      Peut-être nous protégeons nous inconsciemment de cette souffrance en ne nous effondrant pas systématiquement. Nous le savons, et certains de nous se battent contre cela. Car des monstruosités il en arrive chaque seconde sur cette planète. Etre dévasté pour chacune d’elle, tous les jours: vraiment, nous en crèverions.

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      1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

        < < C'est à chaque fois la même chose. Des innocents meurent quelque part sous les balles ou les bombes de fanatiques décérébrés. Des gens commémorent, rendent hommage, chacun à leur façon. Et il y a toujours des donneurs de leçon condescendants qui sortent du bois pour les traiter de moutons, leur rappeler que des gens meurent chaque jour dans le monde (ah bon ?), les critiquer et les juger dans leur façon d'exprimer leur peine, leur deuil, à coups de phrases toutes faites et de comparaisons fallacieuses. Au lieu d'essayer d'exister et de sortir de la masse en attaquant ceux qui pleurent, pleurez avec eux, ou réagissez positivement et avec décence. Respectez les sensibilités differentes des vôtres. Respectez les morts, qui ne sont pas classés par ordre d'importance. Lancez-vous dans l'humanitaire. Ou taisez-vous, simplement.>>
        Julien Cassarino

        Répondre
        1. Julie

          C’est tellement vrai, on ne devrait jamais juger la douleur de l’autre ni sa façon de l’exprimer. J’aurais aimé écrire ce texte mais aujourd’hui ce ne sont pas ces mots qui me sont venus. Je vais essayer d’écouter Sylve et maitre Yoda et faire en sorte que la colère ne mène pas à la souffrance. Allez, pas de haine, je vais faire ce que tu as dit Baptiste et je vais sourire.
          Pour toi, pour les lecteurs du blog et pour tous les autres. Là: 🙂 🙂 🙂
          Bises

          Répondre
  25. josecile

    Pratiquer l’humanité n’est pas à la portée de chacun. Malheureusement.
    Plus de toi sur ce morceau de cailloux serait un bien, mais les free hugs, les sourires, les mots d’excuse quand on se bouscule sans intention ou quand on veut juste se frayer un passage, la tolérance, le respect, l’écoute etc… ça sonne comme des notions vagues et surtout de plus en plus ignorée.
    Qu’allons-nous laisser à nos enfants ???

    Répondre
  26. Grand33

    Bonjour Bibi,

    Voilà je vais détoner par rapport à l’ensemble des commentaires et de ton billet humaniste et plein d’amour, comme toujours, et je m’en excuse déjà.
    NON je n’aime pas tous les humains. Je suis en colère ! Je n’aime pas les barbares et il ne me font pas peur.
    On se doit de résister, je ne veux pas que demain mes petits-enfants voient ça.

    Je t’embrasse, je vous embrasse tous. Prenez bien soin de vous, encore plus aujourd’hui qu’hier !!!!

    La bise

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    1. Libellule

      Merci Grand !
      Moi non plus je n’aime pas tout le monde, ni les fanatiques qui tuent, ni les xénophobes bien de chez nous qui profitent de la situation pour faire valoir qu’1 des terroristes étant passé parmi les réfugiés (pour combien de « made in France » ?), il faut avoir peur des réfugiés et ne pas les accueillir.
      Etre bienveillant avec les gens en général, oui (soit parce qu’on sait qu’ils sont bons, soit au bénéfice du doute), mais sûrement pas avec tous… mais je pense que le texte et les commentaires positifs sont utiles, un peu de lumière dans ce monde souvent brutal.
      La bise

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        1. Libellule

          1) moi aussi je t’/vous embrasse
          2) en voyant le post suivant (Histoire d’amour), je me refais la même réflexion qu’il y a quelques temps : décidément, je n’ai pas encore le niveau d’empathie et d’amour requis pour la réconciliation complète… j’admire… et en même temps, j’assume complètement de ne pas aimer les gens qui n’aiment pas les gens !
          3) Hervé n’a pas réagi à ce post ni au suivant, je suis inquiète 🙁

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  27. Lise

    De retour sur le net, après 2 jours loin des médias de tout poil, par choix, par respect surtout : je ne supporte plus les vautours qui planent, et qui se repaissent de l’horreur en faisant semblant de vouloir informer ….
    Et j’ai eu envie de passer ici, où je savais trouver un message d’amour …

    Mon week-end, je l’ai consacré à AIMER ceux qui m’entourent. Rien d’autre.
    Bien peu, mais beaucoup finalement.
    Comme une réponse à la barbarie et à la haine, qu’elle soit d’ici, ou d’ailleurs ….

    Prenez soin de vous …

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  28. Nathalie

    Merci Baptiste pour votre blog et tout ce que vous publier, merci d’exister .
    Je suis mille milliards de fois d’accord avec ce que vous dites : sourions-nous , aimons-nous, tout SIMPLEMENT ; je veux un monde de bisounours , des êtres humains qui ont juste envie de respirer , de se promener , de s’aimer, faire qq tâches pour se rendre utile , juste ce qu’il faut pour que ça tourne … bien !

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  29. Myriam FdF

    « ….je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns contre les autres, je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde…  » -La ligne verte-
    Prenez tous bien soin de vous et de ceux que vous aimez.

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  30. Souki

    Ma mère et ma sœur habitent toutes les deux dans le 11ème. Ce soir là, le mari de ma sœur avait emmené leurs 3 gosses au Stade, le petit dernier pour la première fois. Ils vont tous bien, c’est le principal, mais je pense que c’est un match dont ils se souviendront toute leur vie 😉
    Du coup, ma sœur restée seule chez elle après avoir appris la nouvelle a eu besoin d’aller chez une amie pour ne pas rester seule avec la peur. Avant de sortir, avant même de savoir si son mari et ses gosses étaient vivants, elle a eu le réflexe de se changer parce qu’elle portait une djellaba (elle a une gueule d’arabe ma sœur)…Et ça me rassure qu’elle ait ce genre de réflexe (il lui arrivera rien) Et ça me fait mal au bide que ça me rassure.
    Comme dit Didier Perron dans Libé, « Il va nous coûter moins de courage pour demeurer de bons névrosés trop bavards, un peu alcooliques, obsédés sexuels et vaguement cultivés que de mener la tâche qui nous attend encore, plus que jamais, de faire entendre avec force une voix humaniste sous le bruit des balles. »
    Alors Merci Baptiste, Lectrice boulimique, Linou, Charles et tous les autres. Juste merci.

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  31. Myriam FdF

    Je copie-colle ici le statut que j’ai écrit sur fb… parce qu’après avoir vu les infos régionales ce soir…
    « Ici, en martinique, nous sommes loin de Paris, loin des attentats… mais quelle famille martiniquaise n’a pas un proche, un ami expatrié en métropole ? Les évènements de ce début d’année m’ont confortée dans l’idée d’un département solidaire… mais ce soir, je viens de comprendre : solidaires parce qu’une martiniquaise faisait partie des victimes de janvier. Cette fois, pas de victime antillaise, et le reportage fait sur le campus ne laisse aucun doute : indifférence générale des étudiants… pauvre de nous, la nouvelle génération n’a aucun sens de la compassion. Quel avenir nous attend ? »
    Solidaires uniquement par la couleur de peau ou l’origine d’une des victimes ??? Après les larmes de vendredi soir, la colère sourde de ce lundi…. le monde est pourri, les gens ne voient l’info qu’en fonction de leur nombril et ça, ça me désespère plus encore que ces vies arrachées au hasard d’une folie meurtrière.
    Je vous aime, vous tous, ici, sur ce blog, qui êtes capable de compassion sans pour autant être concernés. Je vous aime pour votre tendresse, votre tolérance et cet amour de la vie qui vous anime. Merci d’être là.

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  32. Mary

    Merci à vous… vous lire est toujours un plaisir.
    Merci à vous et à tout vos confrères qui sauvent des vies, encore davantage ces derniers jours, bon courage…
    Et continuons à vivre, coûte que coûte !

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  33. Valou

    une bise du onzième, où hier soir, on a trinqué, chanté, déclamé des poèmes, où on a ri, où on a pleuré, où on s’est dit que l’on s’aimait 🙂

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  34. Godinot

    Passons le chagrin, les larmes, transformons la colère et regardons les raisons d’espérer comme ce documentaire de ces Deux jeunes : « en quête de sens ».
    Damien Godinot, descendant de Jean, fils de Chantal.

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  35. Jo

    La colère engendre la colère, la haine engendre la haine.
    Samedi matin, nous sommes sortis (dans Paris, ouioui!) en famille, faire un tour et déjeuner ensuite au resto. On n’était pas nombreux et on n’était pas à proximité immédiate des attentats, mais entre inconnus croisés au hasard on s’est souri.
    Lundi je suis rentrée du boulot en bus, on a commencé à dire des conneries avec mon voisin du banc d’à coté, et même à en rire. Ça nous a attiré des regards choqués de certains voyageurs mais qu’importe!
    Hier, une de mes collègues de travail disait « maintenant, quand je monte dans le RER, je regarde les gens qui sont autour de moi, et je leur souris. Parce que je me dis peut être je vais mourir à coté de ces gens, alors c’est important que je me souvienne de leur visage, et qu’on se quitte sur un sourire ».
    Puissent les gens continuer de se regarder et se sourire, et sortir, et rire, et vivre. Parce qu’en se terrant dans la peur on laisse ces connards gagner.
    Paix et amour sur vos têtes

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  36. Raphy

    Aller, je vais encore faire mon rabat-joie.
    En parlant d’humanité, ces actes terroristes sont bel et bien humains.
    Fermer les yeux sur cette réalité est extrêmement dangereux. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui les gens sont de plus en plus d’accord pour grignoter petits bouts par petits bouts ce qui constitue notre démocratie (entre autre).
    Dans le même principe, cela fait des décennies que l’on cherche à faire passer Hitler pour un monstre, un être hors humanité. C’est tellement facile de détourner ainsi le regard de la vérité et ne pas trop s’appesantir sur notre propre part d’ombre. Hitler était pourtant un homme aussi, tout ce qu’il y a de plus humain en fait.
    Résultat ? 70 ans plus tard (seulement !), les populations d’Europe repartent dans leurs travers. On a oublié. C’est tellement facile d’oublier ce genre de chose.
    Sourire à son prochain est un bon début. Mais désolé, ça n’est pas, et ça ne saura pas, suffisant.

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    1. lectrice boulimique

      Raphy, on n’a jamais dit que sourire à son prochain était suffisant, loin de là. Mais que c’est le tout premier pas d’un (parfois très long) voyage vers lui ou elle.

      Oui, Hitler était un être humain, artiste raté, recalé deux fois au concours d’entrée des Beaux-Arts de Vienne puis déboussolé par la guerre 14-18. Si les êtres humains composant le jury des Beaux-Arts lui avaient fait réussir son examen de dessin…. si les êtres humains composant le comité de réforme de l’armée l’avaient recalé – et si ceux qui par leurs petits et/ou hauts faits ont précipité l’Europe dans la « première mondiale », avaient occupé leurs journées autrement, à chérir leurs proches par exemple…. que serait devenu le monde? une uchronie à écrire….

      Oui Hitler était un être humain, et Marc Dutroux l’est aussi. Et quand en aout 1996 j’ai appris les horreurs qu’il avait faites aux gamines séquestrées, violées, tuées, moi la pacifiste intello de gauche et tout et tout, si j’avais eu un bouton relié à une chaise électrique sur lequel Dutroux était ficelé, j’aurais appuyé. Dans l’instant suivant j’ai réalisé, « grâce à  » mon impulsive réaction de dégoût, que la frontière entre barbarie et humanité passe au milieu de chacun d’entre nous. Que c’est aussi cette humanité-là qui nous différencie du bonobo.

      Entre chimpanzé et homo sapiens, différence de 2% des patrimoines génétiques respectifs… 2% seulement…. erreur d’aiguillage ou transformation divine? les deux mon capitaine.

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    2. Grand33

      Raphy,
      Pour moi, ce qui fait la différence entre l’humain et l’animal c’est la conscience. Or, perpétrer des atrocités sur des humains innocents, sans provoquer de cas de conscience, est du niveau de l’animal.
      Cela ne répond pas à la vraie question qui est de savoir pourquoi ces humains deviennent des animaux. On pourrait en débattre, mais je crois que nous ne serions à nouveau pas d’accord.
      Je te fais un sourire, ce n’est pas suffisant, certes, mais c’est un bon début.

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      1. Cath

        Il me semble que losque certains prédateurs – je parle des animaux- commettent des carnages, c’est aussi une marque de dérèglement chez l’animal. Si on se réfère aux études sérieuses de zoologistes qui ont observé ces choses dans la nature ( par exemple le comportement de meutes de loups), c’est ce qui ressort des témoignages.
        Ce que je veux dire, c’est que même un animal ne commettra pas ces horreurs gratuites et indignes du genre humain. Il tuera pour subvenir à ses besoins, mais hormis la maladie et autres dérèglements, en se conduisant comme un animal, il se comportera « dignement » – je sais, c’est un terme qu’on applique d’ordinaire au genre humain, mais là où on en est, je me demande….

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  37. Fabymary POPPINS

    Affreux tout ça, j’ai appris les événements que le lendemain matin. Car j’étais plongée dans une bulle de bonheur, bien loin de cette folie meurtrière à m’occuper de ma petite fille LOLA.

    Cette enfant, j’espère qu’elle pourra vivre dans in monde de tolérance, et ne jamais connaitre tout ça, mais faut pas rêver.

    Malgré tout, la vie est belle et oui il faut aimer les autres, être solidaires et pas que quelque temps car on a cotoyé l’horreur. C’est au quotidien et à chaque instant qu’on doit faire attention à l’autre. Certes ça empêchera pas ces fous de nuire, mais au moins on retrouvera des valeurs parfois très loin, bises

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  38. titou59

    j’ai vécu ces attentats quasi en direct, car en ligne avec des amis internautes de toute la france, et les parisiens du groupe (qui était très proches des attentats, quasi sous leurs fenêtres) nous ont interpellé à ce sujet. C’était étrange de « vivre » virtuellement cela …
    Nous avons eu peur ensemble, bien que séparés de plusieurs milliers de km (le plus au nord étant à Bergues et les plus au sud entre aix en provence et nice).
    Nous avons été choqués ensemble … de la barbarie, des cris, des pleurs entendus via le net …
    Nous avons, à notre niveau, essayé de soutenir nos amis parisiens, malgré le sentiment d’incompréhension …
    Nous nous sommes soutenus …
    Et nous sommes tristes ce jour … triste de savoir que cela ne finira pas d’un coup de baguette magique, triste de voir comment se délite le monde dans lequel nous vivons …
    J’essaie … je veux me persuader que les gens capables d’humanité sauront contrebalancer les horreurs perpétrées par les gens incapable d’humanité, d’empathie, de compassion … et qu’ensemble nous pourrons inverser la vapeur …
    Je veux y croire … encore …

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  39. Julie

    Les jours passent et je découvre tous ces témoignages à la télé, sur le net, dans les journaux. Les jours passent et je découvre tous ces beaux partages d’amour et de solidarité. Pourquoi faut-il tant d’horreur pour découvrir tout cela ? Les jours passent et je ressent moins de colère (d’ailleurs je relis mon premier commentaire et je le trouve plein de colère. J’en ai un peu honte, pardon pour ceux que ça a choqué). Les jours passent et j’espère continuer à voir ces élans de solidarité et d’unité. Et à en faire partie.
    Free hugs à tous.

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  40. KatiaD

    Parmi les victimes, il y avait une jeune médecin urgentiste – assassinée près de l’hôpital Bichat.
    Moi, depuis des semaines je vois les noms et les visages de jeunes parents, étudiants … de moins jeunes aussi. Visages frères et sœurs des victimes de Paris … visages des victimes israéliennes poignardées, abattues, écrasées à la voiture tueuse jour après jour, par les mêmes islamistes que ceux qui ont frappé à Paris. Assassinées devant leurs enfants, non pas au hasard mais délibérément, parce que juives. Attaquées en Israël mais aussi à Milan, à Marseille, en région parisienne.
    Dans vos partages d’amour et de solidarité, n’oubliez pas les réprouvés, la cible numéro 1 de la haine islamiste, ceux dont le Français moyen pense au fond qu’ils l’ont cherché (un peu comme pour les femmes violées) …

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    1. Cath

      Je ne m’estime pas au-dessus de la moyenne, j’ai de la chance que mes grand- parents aient pu échapper à la misère et nous aient poussés à gagner notre autonomie et notre indépendance, nous en donnant les moyens. Je ne fais pas partie de l’élite intellectuelle, et je dois bien faire partie de la classe du  » Français mouen ».
      Mais jamais, au grand jamais, je n’ai pensé qu’une personne avait « mérité » son malheur, et jamais je n’ai compris ce qu’on reprochait aux Juifs, à des hommes, des femmes et des enfants, au point de leur jeter des pierres et de leure faire subir bien pire. Et je n’ai pas davantage compris qu’on pouvait traiter de cette manière des noirs, des arabes, des gens différents dans leur manière de vivre ou de prier.
      Jamais.
      Et si enfant, on m’a toujours appris à partager mon goûter ou mes sucreries avec ceux qui m’entouraient – et si je ne pouvais pas partager, je devais m’en passer- je n’ai pas davantage demandé quelle était la religion de celle ou de celui avec qui je partageais ou à qui je donnais.
      L a Française moyenne que je suis ne se reconnait pas dans votre description qui me choque profondément. Je ne suis pas et ne serai jamais du parti des extrémistes et des violents, d’où qu’ils viennent, où qu’ils aillent.

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  41. Charlotte

    Que dire devant tout cela, que dire devant ce massacre à part : pourquoi ? Vraiment, pourquoi ? Je ne crois pas pouvoir comprendre pourquoi quelqu’un se livrerait à un tel acte. Peut-être suis-je trop naïve pour comprendre vraiment la haine de l’autre.
    Ce matin, la lumière est belle quand je regarde par la fenêtre, je pourrais asticoter mon frère quand il rentrera de l’internat et ma mère sentait la vanille quand je l’ai embrassée. Voilà contre les larmes. Voilà mon bouclier contre le désespoir. Dérisoire et fragile, et j’espère qu’il tiendra.

    Un grand câlin à tous ces êtres humains unis face à l’événement.

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  42. titou59

    comme le disait un « grand maître » à penser :
     » La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance. »

    Big Câlinous à tous 😉

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  43. NAVARRO Corinne

    J’ai tendance à dire beaucoup de gros mots lorsque je ne suis pas bien.. ça me permet « d’évacuer », d’être dans le lâcher prise… Depuis samedi dernier je n’en n’ai pas dit un seul… Mon cerveau bug, il n’arrive pas à comprendre pourtant je vous assure que j’essaie… de comprendre… et de dire des gros mots…
    Folie… de fanatiques qui se cachent derrière une religion pour justifier leurs actes barbares…
    Ce sont certainement des êtres  » à problèmes » comme on dit… mais ça n’excuse pas tout.
    Si tous les écorchés de la vie devaient tuer il y aurait des centaines de morts tous les jours…
    Malgré tout ça je veux croire encore et encore en l’humain…
    N »oubliez pas de dire à votre entourage combien vous les aimez, encore et encore.. c’est important… surtout par ces temps troublés…
    De l’amour contre la violence,
    De la musique contre les fusils,
    Des fleurs contre les balles…

    Je termine par une petite citation qui parle d’elle même…
    Ils ont essayé de nous enterrer… ils ne savaient pas que nous étions des graines…

    Câlins serrés
    Corinne

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  44. LaCliire IntheSkywithDiamonds

    Hervé, t’es ou(avecaccentsiouplé)??? Il est ou(toujoursavecl’accentsiouplé) ton message?? Ta plume philosophicaustique qui me fait rire et pleurer autant que les messages de m’sieur Beaulieu? Elle est ou(onaurabiencomprisqu’ilfautl’accentsiouplé) ta musique qui adoucit mes moeurs depuis aussi longtemps que je lis ce blog et vos écrits ?

    Quand je vous lis tous, j’ai l’impression d’être a(ouiouil’accent) table un dimamche midi en famille, je ne savais pas encore quand et comment prendre ma place, et aujourd’hui, comme a la maison, je râle! Je râle parce qu’il manque Hervé pour me consoler, pour m’apaiser ..

    Allez, Hervé, arrête de déconner maintenant ! Raconte-moi la vie, le monde, explique-moi et dis-moi que tout va bien aller … s’te plait Hervé …

    PS1 :Désolée, je tutoie, mais c’est parce qu’on est a la maison après tout, c’est Bibi qui l’a dit (enfin, c’est une traduction libre des propos fortement interprétés).
    PS2: Bibi, ne le prend pas personnel, tu sais que je viens pour te lire, mais au fil du temps, je suis aussi venue pour vous retrouver tous dans cette communauté pleine d’espoir.
    PS3: Merci d’écouter, de ne jamais juger, d’ëtre présents, d’accueillir et de dire …

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  45. Herve CRUCHANT

    Je n’avais pas grande envie de me glisser dans vos hugs, parmi vos citations et vos je tèm… J’aime pas vraiment les anniversaires, noël ou autres pow wow de ce style. Mais j’adore être entre soi et raconter ou ne rien dire, chanter ou éponger les rires qui débordent de partout, j’aime voir voir les autres et leurs gestes, leurs manières, que tout le monde voit sauf celui qui en est fait. T’as déja pensé à çà, toi ? tout le monde te voit dans les conditions du direct mais pas toi. Comment peux-tu aimer tes portraits, ces éclairs qui te figent en instantanés cinq millions de pix ou en hd suround technicolor pixélisé au photoshop bvr ?
    et puis je n’aime pas les citations; définitivement. Un écrivain qui n’écrirait que pour être cité est une sorte de monstre, pour moi. Après chaque citation, j’ai envie de commenter « et alors? » tant et tant que le récitateur en deviendrait dingue. Tu peux parler Hugo, Platon, Sénèque (t’es vu comme çà ne veut rien dire la citation de Sénèque ? qu’est ce que tu peux foutre d’autre dans la vie humaine que de la vivre humainement? comme si c’était pas si compliqué, le gâh insulaire barbu te dit une banalité! bon, passons.)

    je suis plutôt cabane, châlet ou carbet, tous en bois parce que le bois parle en rêvant la nuit, feu de bois parce que le feu de bois joue aux dominos avec les flammes et claque les ivoires en plastique sur le silence noir plastique de la nuit en rigolant, tapis de feuilles ou tapis d’orient pur manufacture de Taïwan, et ce soir Miles Davis. en solo. Miles et moi…
    ou de ces duos-solos qui font que la vie est pleine. je sens ta présence près de moi et je t’aime. t’ajoute un chien avec le museau sur les pattes qui veille sur toi pour vérifier que tu es toujours capable de l’aimer à donf tout en dormant un peu. Là, tu gagnes le grolo.

    Pourquoi voir la moitié du verre plein ou la moitié vide quand tu es devant un post pareil? Devant une merde pareille? Verse le tout dans un plus petit récipient et regarde même si çà va déborder…si tel est le cas, aspire -en faisant un peu de bruit; si si, c’est important pour le goût de vivre. voilà.

    Tu te dis : et si ma fille…et si mon fils…et si…et si…. Alors que des gens se disent putain! pas moi! pas maintenant! c’est injuste. c’est juste injuste! Alors, tu dis Oui, c’est injuste?. Et tu sais bien que tu es qu’un fucking hypocrite. Soulagé que çà tombe sur les autres. Compassé mais soulagé ensemble. Pas joli joli tout çà… Alors, le mieux c’est de la fermer et de réfléchir à ce que tu es face à çà. Mais si, çà sert à quelque chose. Mais si! Çà te permettra d’être en prise, si çà se reproduit. Si un autre cas semblable ou proche se passe près de toi.

    Ce que je ferai ? J’en sais rien. Ce que je sais c’est que, au cours du temps, au fur et à mesure que des coups tordus de la vie pleuvent autour de moi, j’ai acquis des points d’appuis.
    Ne pas avoir peur. Ou avoir peur mais en faire quelque chose. Après tout, chacun doit passer l’arme à gauche (!) un jour.
    Garder une ligne inflexible depuis le début. En ce qui me concerne, la voici. Je n’écoute pas les faucons. Ni tout à fait les colombes. Il y a agression physique, morale, culturelle, politique de mes bases (je peux expliquer, mais çà serait « un peu » longuet.). Cette agression est intolérable. Ce n’est pas un état de guerre. C’est un état de hold up, de braquage spectaculaire. Rester debout. Calme et déterminé. Avec discernement.
    Cet esprit de discernement est obligatoire et doit être suivi rigoureusement.
    Qui. Comment. Quand. Pourquoi.
    Règler le sort des assassins. Si possible rapidement et de manière publique, exemplaire. Expliquer à la nation. Dire ce que l’on sait,ne sait pas. Ce que l’on cherche, on a des probabilité de trouver ou non. Dresser un tableau réel de la situation géopolitique. Montrer la relativité des évènements : ex: l’Etat Islamique n’existe pas -je l’ai dit ici, l’appeler ainsi le conforte dans sa folie mégalomane alors que c’est une bande de voyous (daesh) qui a volé les richesses locales et les revend pour s’acheter des armes et de la reconnaissance internationale-
    Préserver les survivants de toute manipulation, rumeur. Eviter les agressions réactionnelles. Les pogroms. Les oppositions de populations communautaires. Ne pas développer de sociologie de comptoir « c’est à cause de » qui mènent aux discriminations. Ecarter les chiens de garde de l’information concernant ces sujets.
    Etudier à fond avec les connaisseurs le monde arabe actuel (enfin?). Comprendre et expliquer l’islam en montrant qu’il n’y a pas de rapport systématique entre les Arabes entité ethnique, l’Islam religion et le grand banditisme d’état.

    libellule et autres impatientes boulimiques, je ne comptais pas écrire sur ce post. justement parce que j’étais en train de rigoler avec d’autres, au bout du monde. yèp ! en Nouvelle Zélande, les Gens. Où je suis parti pour affaires. j’ai comme projet d’ici monter une école de rugby. Bon. J’arrête de déconner. Non, c’était pour vacances.
    Comme la dernière fois, en Iceland. Soyez pas jaloux, c’est vraiment accessible à tout le monde à budget comparable à des vacances-soleil en France ou dans sa colonie Espagne, etc…

    J’ arrive aux sourires ! :
    en Iceland, les gens sont calmes; ils ont la joie du soleil et la chaleur de l’âtre dans les yeux mais ne rient jamais. Je parle du rire que nous pratiquons exceptionnellement chez nous : le vrai rire clair et sans ambiguité. Celui qui dit je suis bien avec toi mais si tu continues je vais pèter une durite, arrêtes, Olafdür ! arrêtes!….
    en Nouvelle Zélande, les gens rient tout le temps. Blaguent tout le temps. Sont d’une sensibilité perdue chez nous envers celui qui passe. Charge à la savoir sans entrer dans son intime. Ce sont eux qui nous ont appris la nouvelle du V13. Nous en avons parlé ensemble. Ils ne refusent jamais un dialogue, aussi difficile soit-il, devant notre parfaite maîtrise de notre franglais. Plus fran que glais, d’ailleurs. Nettement.

    Les gens ressemblent à leur paysages. Eloge de la géographie humaine et de la géomorpho. Et on rencontre de l’intelligence à gèrer sa maison. A l’aimer -entretien et propreté, MM dames ! propreté.

    Rester droit et inflexible. Ne rien céder de nos principes à ces bandits. Etre implacable et déterminés. Si nous avons un immense chagrin et une certaine peur, qu’ils renforcent notre âme et ne leur montrons jamais. Fiers et orgueilleux? et alors? Pas de colère, pas de menaces visibles. Mais en faisant ce qu’ils ont fait, veulent faire encore, qu’ils finissent pas comprendre qu’en procédant ils ont signé leur arrêt de mort.
    Pas de vengeance. Ce serait trop les considérer. Ils sortent de l’Humanité.

    Ni oubli ni pardon.

    Grande affection à tous ceux qui souffrent. Que Mieux vous garde, les Gens.

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      1. Herve CRUCHANT

        Je pense qu’ici on peut, voire on doit, être égoïste, réfléchi, spontané, tutoyant, humble et fier de l’être, enfin, authentique au moment de penser et de l’écrire. Que tout le monde tutoie oupa tout le monde. Bibi dirait l’inverse. Cochon qui s’en dédit. Bizatoutes.

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  46. Darlinguette

    Sébastien M. Headshot
    Urgentiste

    Un ange sage
    Publication: 02/12/2015 07h14

    SANTÉ – J’étais encore assez jeune en tant que médecin du SAMU. Une nuit de décembre, je pars pour un accouchement à domicile. Je n’aime pas trop ce genre de sortie, car quand ça se passe mal… Et je n’ai pas forcément le regard suffisamment extérieur pour m’émerveiller du prodige d’une nouvelle vie qui ouvre les yeux. C’était un décembre comme dans les livres: froid, même glacé, avec un ciel de nuit profonde piqueté d’étoile. En roulant à vive allure vers notre destination, la transmission radio nous informe que l’enfant est « sorti ». Au fond de moi j’en conçois un soulagement certain: ça, c’est déjà fait.

    Nous arrivons dans une petite bourgade à une trentaine de kilomètres. Un immeuble lépreux et ses habitations en forme de cubes en plastique empilés…des escaliers…un appartement pas très clean….un enfant de 3 ans dans son parc essaie de capter nos regards. De la vaisselle sale, un ameublement au raccroc. Les pompiers nous accueillent: ils sont en train de réchauffer au sèche-cheveux, selon les consignes de la régulation du SAMU, ce petit bout de vie qui a poussé ses premiers cris. Dans le lit, une jeune femme: un visage magnifique de brunette constellé de quelques rousseurs. Et son corps de femme faite par les accouchements. Elle regarde tendrement son enfant, encore relié à son cordon, posé sur le lit aux vieux draps défaits, dont le sommier a dû faire la Grande Guerre. Elle ne détache pas ses yeux de lui.

    On fait notre travail qui rassure tout le monde: sécuriser ces deux vies et les transporter dans une atmosphère « professionnalisée ». Arrive alors une femme plus âgée: elle se présente en nous expliquant qu’elle est une sorte de « famille » pour la toute jeune femme, du moins celle qui reste en contact pour cette ancienne errante des familles d’accueil. Mon infirmière, qui sert le petit emmailloté contre elle, et moi, l’écoutons nous expliquer qu’il s’agit d’un « accouchement sous X ». Pas de père pour aucun des deux enfants, pas de boulot, le dénuement social le plus complet.

    Un accouchement sous X c’est administratif. Mais c’est surtout une mère qui ne doit pas prendre son enfant dans les bras, d’après ce qu’on m’explique sur place. Elle doit laisser partir cette vie issue de ses tripes avec des étrangers sans le rassurer, sans le caresser, sans peut être lui dire qu’elle l’aime quand même et que c’est la vie qui a choisi, pas son cœur. Peut-être lui expliquer qu’il sera mieux dans une famille structurée et qui a les moyens de l’élever. Evidemment beaucoup de gens ont réfléchi à tout ça, et il y a probablement plein d’arguments avec des personnes bien pour s’occuper de ces petits qui commencent leur vie avec un « X » comme ascendant. Mais mon ressenti sur place c’était cette jeune femme aux yeux rivés sur son enfant. Des yeux secs qui se foutaient du reste.

    Laëtitia, mon infirmière, m’a regardé. Qu’est-ce qu’on fait? Moi je n’en savais rien. Moi j’intube, j’adrénalise, je gère les hémorragies. Les mamans X qui regardent leur bébé, je n’y connais rien. Alors dans l’ambulance on lui a mis son « ange sage » dans les bras. Je revois son doigt qui lui caressait la joue, bien calé, bien « serré au creux de son corps ». On a roulé en silence…Elle le regardait, le caressait, lui chuchotait des choses que nous n’entendions pas. Et ce regard, sec, mais plein de tendresse, et frissonnant d’interrogation. Je ne trouvais aucun mot à dire, les yeux rivés à cette scène de dignité humaine. Laëtitia était comme moi. Nos esprits tournaient en boucle sur « ce n’est pas juste ». L’attitude de cette jeune maman qui n’en avait jamais eue résumait tout ce qu’elle était capable de donner si les « si » n’enfermaient pas les vies dans des bouteilles: si elle avait un métier, si elle avait eu une famille, si son monde lui laissait un choix.

    On l’a déposée à la maternité, elle et ses taches de rousseur, avec l’impression que ce n’était pas le petit qui serait abandonné, mais cette jeune femme dont le regard hanterait quelques-unes de mes nuits. Les sage femmes avaient peut-être des petits bonnets rouges sur la tête… Je ne me rappelle plus… mais je crois que c’était un 24 décembre.

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  47. CRUCHANDEAU Christiane

    « Etre capable de trouver sa joie dans la joie de l’autre, voilà le secret du bonheur »
    Georges BERNANOS

    Nous souffrons tous devant tant d’horreur, retrouvons la joie en pratiquant la compassion.
    « L’inquiétude ne chasse pas le chagrin de demain, elle prive aujourd’hui de sa force »
    Corrie ten Boom

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