Les risques du métier.

Chères toutes et chers tous,
C’est arrivé en visitant un.e patient.e à l’hôpital.

Je ne sais pas quand exactement, et je ne le saurai sans doute jamais. Toujours est-il qu’après plusieurs mois de souffrance silencieuse, de kystes à répétition, d’hospitalisations, d’opérations, de méchages, d’examens désagréables, le verdict est tombé : j’ai donc attrapé un germe multirésistant (un peu comme les Américains l’année dernière, mais j’en ai pour moins longtemps qu’eux à me le farcir).

Une souche très méchante.
[Ici, insérer un smiley joyeux, ou une photo de Donald Trump, #lerireestlapolitessedudesespoir]
Ce sera donc six mois de traitement, de douches, de suivis rapprochés et d’examens divers et variés.
[Là, remettre le smiley joyeux, pour pas laisser penser aux gens qu’on est triste]
On n’en parle pas assez, mais c’est un fait : les médecins sont exposés.

D’ailleurs, je voulais écrire un article de prévention, en mettant des photos de mes bubons, pustules, fluxions, scrofules et autres phlegmons pour marquer profondément les esprits, mais comme c’est VRAIMENT moche et que je suis devenu -vous l’avez constaté- un sacré crack en Photoshop, j’ai collé mes écrouelles sur la tronche d’un producteur américain, Abcés Weinstein.

Bref.

Les risques du métier.

Bisous.

Et pensez bien à vous laver les mains 😊
PS : ceux qui prient, je prends vos prières. Ceux qui ne prient pas, je me contenterais de toutes les bonnes ondes que vous pouvez m’envoyer. 
PS 2 : je suis donc obligé d’arrêter de fumer. Si quelqu’un détient un secret…
PS 3 : n’étant pas contagieux (je le précise parce que comme si ce n’était pas assez dur comme ça, voir des ami.e.s qui t’évitent et ne te font plus la bise, ça s’appelle une double peine), je n’annule donc pas les rencontres prévues à Brive et aux UTOPIALES de Nantes, mais je n’en n’accepte plus d’autres pour le moment.
😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊😊

#roidephotoshop

#doigtsdefée

Le festival de la couille.

(Photo : Johannes Goldbach) 





Alors Voila, je reçois au cabinet médical Monsieur G., 67 ans.Il téléphone à sa femme : « CHÉRIE !!! c’est quoi, déjà, le nom du médicament pour ma tension ? »

(Mec, tu prends ce traitement DEPUIS 17 ANS !!! Et t’es pas capable de t’en souvenir ?!?!)

Madame sait le nom du médicament, évidemment.

Et quand Monsieur H. m’explique que c’est Madame H. qui remplit son p***** de pilulier TOUS LES LUNDIS DEPUIS 11 ANS, moi, eh bien, après avoir lu tous ces articles sur la charge mentale qui pèse sur les épaules des femmes, je pense : « Qu’est-ce qu’ils sont assistés, ces bonhommes ! ». 

[…]

Puis vient ce jour où tu te prescrits une prise de sang de routine. La laborantine te demande au moment du règlement :

– Vous avez une mutuelle ?

Étant mon propre médecin traitant, et étant plutôt perché de nature, et très négligent avec ma santé, je n’en ai aucune idée. Que faire ?
[ J’anticipe sur les commentaires : 

« T’as 31 ans, et tu n’as aucune idée de ta couverture médicale ? »

RÉPONSE : OUI. Mais je nomme ce que je mets dans mon réservoir de voiture le « truc jaune » parce que je n’ai aucune idée de si c’est du Gazole, du Sans Plomb ou de l’huile de Quinoa. Soyez indulgent.e.s. ]
Et donc, je sors mon téléphone :

– Papa, c’est moi. Je suis au labo, on me demande si j’ai une mutuelle et comment elle s’appelle…

Mon père :

– Attends…

Puis je l’entends crier :

– CHÉRIE !!!! Ton fils veut savoir s’il a une mutuelle et comment elle s’appelle !?!?

Ma mère savait, évidemment.

Moralité : « un léopard, ça ne voit jamais ses propres taches » comme disait Tarzan. 
——
Habitants de Poitiers et des environs, je viendrai à votre rencontre* ce mercredi 18 à la médiathèque de Montamisé à 20h30 (13, place de la Mairie) pour une soirée autour des romans et du soin… 
*Free hug dans la limite des stocks disponibles.

8 milliards d’êtres humains sur Terre, ce sont 8 milliards de planètes différentes.

Texte reçu d’une jeune femme, C.





Alors voilà,


Je suis autiste, Baptiste.

C’est rigolo parce qu’elle rime, ma blague à deux balles. Sauf que ce n’est pas une blague et que ce n’est pas rigolo du tout. Surtout quand on doit affronter ta profession. 

Oui, j’ai dit affronter. Parce que pour l’autiste que je suis (je parle donc pour moi, pour le couple que je forme avec un autre autiste mais pas pour TOUS les autistes, entendons-nous bien), avoir besoin du monde médical, c’est à chaque fois un combat, une bataille qui épuise, où il ne faut pas perdre, puisqu’on ne peut pas gagner (non, contre l’autisme, on ne gagne jamais) .


Mon problème majeur c’est que ton monde à toi, Baptiste, celui qui a t’a vu naître en tant que médecin, l’hôpital, est rempli d’à peu près toutes les choses qui agitent cette différence neurologique façon canette de soda. Un best of, quoi. Mais un best of dangereux, potentiellement létal (non je n’exagère pas). Bruits forts, portes qui claquent, lumière intense, interlocuteurs différents plus ou moins intéressés à écouter, plus ou moins disponibles pour écouter, contacts physiques plus ou moins pénibles (les plus pénibles n’étant pas forcément ceux redoutés par les non-autistes, les Neurotypiques), odeurs… 


Pour quelqu’un comme moi, la submersion est rapide et juste après, la saturation d’informations peut littéralement m’empêcher d’avoir une conduite cohérente ou des interactions normales. Je ne te parle pas non plus de la terreur qui accompagne tout ça, elle est bien au delà du rationnel. Et surtout, elle ne se voit pas. 


Mais tu sais, le pire, ce n’est pas ça. Non. Le pire, c’est ce mépris condescendant, hérité des bonnes vieilles théories puantes de moisi de Freud et consorts, qui laissent entendre que c’est au fond une seule question de volonté, un « choix » de notre part, directement hérité des comportements pervers d’une mère crocodile. Parfois aussi, nous n’existons pas, nous les autistes de haut niveau ou Asperger. Ce n’est pas possible, en effet, ce langage impeccable, ce regard normalement posé sur l’autre. Ce n’est pas ça, un autiste. C’est un enfant qui crie en guise de communication, qui se tartine de caca, se déshabille même en plein hiver, se tape la tête contre les murs, mais pas une adulte de 40 ans, diplômée universitaire, qui se dit noyée par les informations mais répond calmement aux questions qu’on lui pose. 


Et voila que j’en arrive à la question du danger. 


Le danger, c’est d’arriver au point de non retour, celui où je n’ai qu’une envie, c’est fuir. Fuir le bruit, le contact qui fait mal, la lumière qui me brûle le cerveau, les questions dans lesquelles je finis par me perdre et dire tout et son contraire, passant au mieux pour une gentille hypocondriaque, au pire pour une hystérique (ce qui, le sachant, me force à déployer une énergie folle pour être dans une vérité absolue st objective continuellement ). Retrouver mon compagnon, au delà des portes qu’il n’a pas le droit de franchir dans ces circonstances, alors que c’est justement d’un appui solide et connu dont j’ai besoin pour gérer le flot d’informations que représente un passage dans un service d’urgence. 


Alors la dernière fois, effrayée et épuisée, j’ai minimisé. Les symptômes, leur expression. Je me suis réfugiée dans ma bulle. J’ai encaissé le manque d’air (je venais pour une crise d’asthme qui ne se calmait pas malgré le traitement ) au maximum du maximum de ce que je pouvais. Parce que j’étais terrifiée d’être séparée de mon compagnon, mon seul ancrage dans ces moments là pour comprendre qui je suis, où je suis et quand, sans décrocher totalement. J’ai refusé les urgences de l’hôpital, on a donc échoué aux « petites urgences » de la clinique. Ils étaient débordés. J’ai dû attendre. Je me suis sentie en danger, à cause de ce choix de sauvegarder mon intégrité mentale d’abord. 


Alors voila, je me dis : comment est-ce possible de devoir choisir ? 


Merci de m’avoir entendue par ta simple lecture,


C.

(Petite) Anthologie, suite.

Bonsoir à toutes et tous,

Je continue le recueil de témoignages de patient.e sur facebook et Twitter. 

C’est à lire ICI

(Désolé, je n’arrive plus du tout à répondre à vos mails/messages etc. Ce n’est pas du désintérêt, je vous le promets. Simplement, humainement parlant, je n’ai plus le temps… surtout, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur… Chacun de vos mails me touche… Mais je n’y arrive plus…)

Nous approchons de la centaine de témoignages. 

Merci à celles et ceux qui participent à ces échanges humains. C’est important. Ça compte. Et je crois vraiment aux cercles vertueux. Quand je lis comment une simple main posée sur une épaule peut changer la perception d’un.e patient.e de son séjour à l’hosto, je veux être cette main-là, tous les jours, pour mes patient.e.s. 

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Ici, un exemple de témoignage qu’on peut trouver dans l’album disponible sur Facebook (AVERTISSEMENT : il aborde le sujet de la mort in utero et il peut être douloureux à lire pour des parents ayant connu un deuil infantile)

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Ici, un autre exemple… (AVERTISSEMENT : on y parle soins palliatifs, ce qui peut être pénible à lire pour des personnes concernées par le sujet)
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Et là, un dernier exemple (AVERTISSEMENT : il aborde l’Interruption Médicale de Grossesse et il peut être, là aussi, douloureux à lire pour des parents ayant connu un deuil infantile) 

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T’es belle, t’es beau.

Toujours dans l’optique de mettre un visage sur nos histoires, comme je l’ai fait ICI et ICI, je publie l’excellent texte d’un formidable jeune confrère, Simon Jaupart, (photo⬆️) qui résume à la perfection mes constatations de chaque jour.
 

« Un élément que j’aimerais soulever par rapport à mon stage en médecine générale : le(s) corps.

Le principe de la médecine générale, c’est que tu vois de tout. Et de tou.te.s. Avec une moyenne de trois consultations requérant un examen «entier» du corps par jour, on a le temps de voir passer beaucoup de personnes. Des personnes avec leurs âges, leurs histoires, leurs traits, leur morphologie, leurs marques… Des gens concrets. Je sais que ça ne va pas servir à grand chose de le répéter, mais : LE CORPS HUMAIN N’A PAS DE STANDARD. Personne n’est taillé dans le marbre, personne n’a une peau photoshoppée, personne n’a des proportions Instagram… Les tétons sont tous différents, les vergetures sont normales, les poils sont naturels, les pores sont juste votre peau qui fait son job. Ne serait-ce que la cellulite, c’est un truc qui est tellement commun…

Tous les corps ont des taches, tous les corps ont des reliefs. 

Même un coach sportif, reçu pour tendinite, avec un corps très musclé : il avait les orteils complètement tordus. Même des gens sportifs ont du gras, des gens très bien maquillé.es ont des articulations tordues qui dépassent, des gens très jeunes ont des varices…

L’anatomie n’a pas vocation à être moulée par la société. Votre anatomie, elle est DÉJÀ belle.

Le nombre de gens avec des yeux, des seins, des testicules, un dos… asymétriques !

Toutes ces personnes sont belles, je vous jure.

La perfection, c’est vous.

C’est votre vie, c’est votre corps que vous incarnez du mieux possible.

Un corps, vous, est beau.

Les boutons, les plaques, les stries, les cicatrices… C’est tellement NORMAL, c’est tellement inhérent à ce qu’on est. N’ayez pas honte.

Je sais. C’est con et niais et ça ne sert à rien quand on est mal, quand on complexe… C’est pas facile, c’est pas dix phrases qui vont tout changer. 

Mais juste.

Si deux secondes on peut se poser.

De façon objective :
Votre corps il est là.

Il est ce qu’il est.

Il est ce qu’il peut.

Vous en faîtes ce que vous voulez.

Mais essayez de l’aimer un petit peu plus. 

Parce que je peux vous jurer qu’il n’a absolument rien de laid.

Les «imperfections», c’est ce qui est la norme.

Vraiment.

Littéralement.

C’est normal.

T’es belle. T’es beau.

Si. »

TÉMOIGNAGES POSITIFS, UNE (petite, toute petite) ANTHOLOGIE.

(Photo : Dan Cretu)

Alors voilà, j’ai demandé via Facebook à des lectrices et lecteurs de m’envoyer en messages privés des témoignages montrant comment des soignant.e.s (au sens le plus large du terme) avaient agi positivement sur leurs vies.

Pourquoi ?

Parce que tous les soignant.e.s savent combien ces métiers sont difficiles. 

On a les mains dans la merde. Merde littérale, merde morale. On console, on annonce des pronostics impossibles, on a mal, parfois. On écoute, on informe.

L’autre soir, à 18h, j’écrivais :

« J’ai vu 42 patient.e.s et la salle d’attente est encore, toujours, désespérément pleine.

Laissez-moi. Allez. Rentrez chez vous, les gens, laissez-moi et cherchez le Bonheur. »

On est, à tort, assimilé.e.s à des sortes de Saint.es Laïques. Comme si on n’avait jamais envie de lâcher ! Mais non, on tient. Alors parfois on rentre chez soi, on n’a pas envie de parler, ou on engueule la personne avec laquelle on vit parce que l’existence est injuste et qu’on ne comprend pas pourquoi les autres ne peuvent le voir aussi clairement que nous.

Aussi : OUI, la maltraitance médicale/para-médicale existe. 

Et OUI, je crois beaucoup aux cercles vertueux. Quand je lis tous ces témoignages, je me dis : « VOILÀ ! C’est ÇA que je veux être pour mes patients ! C’est CELA que je veux représenter dans leur vie au moment où cet événement difficile les frappe.  »

Et je devine en moi le désir d’être un meilleur soignant, et un meilleur être humain.
Je complèterai cet album au fur et à mesure, avec vos témoignages. Il est public, anonyme, et vous pouvez bien évidemment le partager. 

Il est disponible ICI

Exemple ⬇️

Autre exemple ⬇️ :

« Une personne pour moi »

Parce que j’avais envie de rendre hommage aux soignant.e.s, et parce que parfois, je l’ai déjà dit, j’aime bien mettre une photo de la personne qui m’écrit (quand elle accepte) pour qu’on se souvienne que derrière la forêt de mots qui pousse ici, il y a des gens comme vous, en chair et en os.

Ici, M. ⬆️



« Bonsoir Baptiste. Je lis assidûment tous les soirs vos posts et messages positifs de soignés sur Twitter. 

Je suis infirmière depuis 10 ans cette année, et je suis partie de l’hôpital car je ne supportais plus de voir mes patients mourir…

Je suis infirmière à l’éducation nationale maintenant, et accompagner les jeunes dans leur quotidien, du mieux que je le peux, m’apporte beaucoup de satisfaction.

Mon premier souvenir en tant que soignante date de l’époque où j’étais élève infirmière dans une unité gériatrique.

J’avais « pris en charge » (cette expression est atroce et révèle, en soi, le peu de cas qu’on fait de nos anciens) une dame souffrant d’alzheimer, prostrée dans un mutisme quotidien.

Je me suis occupée d’elle pendant un mois, lui donnant à manger, pansant ses escarres tous les jours – pansements évidemment connus pour être extrêmement douloureux, malgré des antalgiques que je lui donnais 1h avant.

Pourtant, je ne lisais aucune émotion sur son visage, aucune douleur, jamais. Je lui parlais quand même, parce que je voulais vraiment qu’elle reste une personne pour moi. Je lui racontais le temps qu’il faisait dehors, ce que je faisais l’après midi, les films au cinéma, etc, mais rien : sa figure restait imperturbable (même lors des visites familiales, elle était… ailleurs ?). 

Un mois s’écoule et arrive ma dernière matinée avec elle, le dernier soin et le moment des adieux. Je lui explique que c’est la fin de mon stage et que je ne la reverrai plus. Je lui dis donc au revoir et l’embrasse sur la joue. Et là, son expression restera à jamais gravée dans ma mémoire : un sourire.

Un énorme, un immense, un sensationnel sourire de plaisir, avec des yeux pétillants de bonheur et tout et tout !

Je n’ai pas oublié car, à ce moment-là, j’ai su que je serai infirmière toute ma vie. »

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Aucun rapport, mais j’ai répondu à une longue interview dans l’Obs, ICI.

De plus, je serai le 16 septembre à 17h30 à la nouvelle (et excellente, allez-y, il faut les encourager) Librairie La Nuit des Temps, à Rennes, pour dédicacer l’excellente BD ,à paraître le 13 septembre aux très prestigieuses éditions Rue De Sevres. Les premiers retours des lecteurs sont dithyrambiques, le dessinateur a fait des miracles.

Madeleine !

Photo ⬆️ : MOI, APRÈS ÊTRE ALLÉ CHERCHER MON CHÈQUE (et les clefs de mon nouveau manoir) AUPRÈS DES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES EN REMERCIEMENT DE MA VIDEO SUR LES VACCINS…

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Merci pour vos adorables messages d’anniversaire. Je ne sais plus où donner de la tête, donc ne m’en voulez pas si je ne réponds pas (le travail au cabinet me bouffe beaucoup de temps). Pour me faire pardonner, je vous ai écrit une nouvelle (oui, comme l’année dernière. Ça va devenir une tradition !). 

Chaque année, le journal Femme actuelle demande à des auteurs d’écrire un court récit estival. 

J’arrive après Philippe Delerm, Grégoire Delacourt, David Foenkinos, Nathalie Rheims, Eric-Emmanuel Schmitt, Didier Van Cauwelaert, Catherine Cusset, Marie Darrieussecq, Emilie Frèche, Camille Laurens, Carole Martinez, Véronique Olmi. 

Oui, je sais.

Comme disait mon grand-père « Tu tenais un loup entre les oreilles ». 

MAIS.

Je l’ai écrite et je suis plutôt content de ma petite « Madeleine« . 
(PS : essayons dans les commentaires de ne pas divulgacher l’historiette à ceux qui ne l’auront pas lue !)
Bises (et encore merci pour avoir supporté la mer parfois houleuse qu’était devenue ma page suite à ma vidéo sur les vaccins… Les anti-vax respectueux sont les bienvenus ici, et je n’ai pas plus aimé qu’on leur réponde mal ou qu’on tourne en dérision leurs questions (légitimes) que je n’ai aimé qu’on m’accuse d’être vendu au lobby pharmaceutique… je vous embrasse toutes et tous). 
👇🏼
LA NOUVELLE

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Photo ⬇️ :

#posay

#faisonslamourbaybay 

#medecinsripoux

Journal de soigné

Jour 5
« Si tu prends une photo de moi tous les jours tu vas m’obliger à aller chez le coiffeur, dit Corinne Humanité coquettement.

— Je vais arrêter le journal, Corinne. Ça va devenir saoulant pour les gens, mon histoire de cul. »

Oui, je vais arrêter le journal mais Corinne va continuer à venir chez moi, TOUS les jours, samedi et dimanche compris, avec sa petite voiture.

Parce que Corinne Humanité est infirmière. Les piluliers, les insulines, les pansements, les glycémies, discuter avec les personnes âgées isolées qui souffrent de la solitude… Créer du lien social chez les malades. Les remettre debout. « Dis, Corinne, entre nous : tu gagnes combien pour un pansement comme le mien ?

— Oh, mais pourquoi tu me demandes ça ? Je suis sûre que tu vas en parler sur internet ?

— Nope ! Je te le promets !!!! Alors… combien ? »

Corinne Humanité est gênée.

« C’est 6,30 € le pansement simple. Et 12,60€ le pansement compliqué comme le tien. »
              

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        Fin du journal (parce que sinon je vais m’énerver sur le salaire des infirmières, je vais finir par parler de celui de Fillon et j’évoquerai deux trois trucs qui feront pas du bien à la seule fesse en bon état qui me reste…).

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Merci à toutes et tous pour vos mots qui consolent.

(Je serai mardi prochain à Arcachon Place Thiers, à partir de 14 heures, avec Virginie Grimaldi au Camion Qui Livre, pour animer dans l’après midi un atelier d’écriture et parler bouquin avec vous…)

Journal de soigné

Jour 4
J’ai testé pour vous « Les effets indésirables » !
Tramadol ? Du soulagement en barre – mais souvent payé au prix d’une queuleuleu de nausées, et de longs jours sans caguer, hein Corinne !

Penchée sur mon derrière, Corinne Humanité s’affaire.

« D’ailleurs, Corinne, demain, si rien n’est décoincé, j’écrirai un sonnet. »

Corinne Humanité écoute.

« Le sonnet du constipé sous Tramadol LP ! ».

Corinne Humanité sourit.

« Ça racontera le dur, très dur combat d’un homme, un pauvre homme dans la peine, qui se bat à fond, tu vois, il met trois jours durant, sur une cuvette en faïence (signée « Jacob Delafon »), son articulation sacro-coccygienne, avant d’arriver – à coups de Oh ! de Ah ! et de Eh ! – à libérer le Kraken ».

Corinne Humanité sourit. Corinne Humanité écoute.

« Et je parle même pas du pipi. Me lève trois fois par nuit, de l’eau plein la vessie. Je suis là, à serrer la main du père de mes enfants. Rien ne vient, j’attends, je m’ennuie.»

Corinne lève les ses mains de magicienne. Elle dit :

« Abracadabra, c’est fini ! »