La Plainte.

Alors voilà ma patiente ne pleure pas, mais elle gémit. Et le gémissement sans les larmes je crois que c’est pire. Elle a 39 ans. Cancer ovarien. « Taches hépatiques suspectes ». En cours d’exploration. Elle sait que je sais qu’elle sait. Que ça va pas aller, que ça va pas le faire.Elle a deux enfants 4 et 6 ans.

J’écoute ce truc ignoble coincé dans sa gorge : La Plainte. 

La Plainte… Ce truc a toujours été dans la bouche, dans le ventre, dans les poignets tordus, dans les poings serrés de tous les hommes et de toutes les femmes. Depuis la nuit des temps. Depuis que la première femme a perdu le premier enfant. Que le premier homme a perdu la première femme. Depuis que le premier enfant a perdu les premiers parents. On se la passe de génération en génération. Comme une putain de malédiction. ELLE nous relie. ELLE nous rappelle combien nous sommes tous pareils, combien nous avons tous peur, combien nous voulons tous être aimés, et oh combien nous voudrions extensible le temps passé près de ceux qu’on aime.

Combien nous voudrions savoir où vont ceux qui s’en vont. 

La Plainte vient de là : nous ne savons rien.

Comment font les autres pour supporter le visage de l’autre qui souffre ? Comment font-ils, hein ?

Paraît qu’y en a qui bouffent pour compenser, qui se rongent les ongles, qui tapent dans des sacs. Qui tapent dans des voitures mal garées.

Paraît qu’y en a qui croient. Qu’y en a qui prient. 

C’est facile de croire. C’est facile la foi. Suffit d’ouvrir les yeux. De sonder le ciel étoilé. De frotter contre ses oreilles un épi de blé. De s’émerveiller. Ce qui serait difficile, c’est de ne pas croire !

Oui, le plus dur n’est pas de croire, le plus dur c’est d’espérer. D’espérer malgré La Plainte.


Je crois que c’est pour ça que je vous prends dans les bras lors de mes dédicaces. Parce que je ne peux pas le faire au cabinet médical. Et parce qu’au moment où on se serre, je me dis à chaque fois la même chose :

<<Il y a quelque chose de profondément incroyable dans ce monde mais je ne sais pas quoi. Tout, peut-être. >>

71 réflexions au sujet de « La Plainte. »

  1. ACT

    Ceux qui partent restent dans le cœur de ceux qui restent, c’est pour cela qu’il est bon d’arriver de parler de tous les bons moments passés ensembles !
    Bravo docteur nounours.

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  2. hardouin

    Mon Dieu, vous êtes tellement jeune et vous avez déjà tout compris, grâce à votre métier.
    Je suis la mère qui a perdu un enfant, je ne suis pas la première. J’ai compris, il y a seulement 14 mois ce que vous dites si clairement. Depuis, je pleure, j’ai peur, j’espère.

    Je vous embrasse.

    Sonia.

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    1. betty 67140

      Moi aussi j’ai perdu un enfant… depuis l’espoir a frappé à ma porte… deux fois en plus!!!

      La peur on la garde au creux du ventre, même quand l’espoir s’est installé, on a envie d’avoir confiance…

      L’amour nous lie, même à ce petit bébé qu’on a perdu, on continue à l’aimer de toutes nos tripes… et on l’aimera toujours… d’abord dans la douleur, les pleurs, la peur, puis on trouvera une tendresse toute particulière au souvenir des moments qu’on aura partagé avec bébé (même in utéro on partage tant de choses indescriptibles)…

      Laissez s’installer la douceur, balayez la peur… aimez sans mesure! Tendre câlin à vous

      Répondre
        1. Grand33

          Bonjour Dadbibi,
          la mienne est là pour le weekend, ça n’a pas de prix.
          J’embrasserai ma maman aujourd’hui pour toutes les mères du monde, et en pensant particulièrement à la tienne.
          la bise aussi à mambibi

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  3. Pilou

    Comment se réconforter lorsque l’on ne peut sortir ses émotions enfouies au fond de soi. Il ne nous vient pas de larmes, ni de plaintes, tout reste à l’intérieur et nous détruit. Pas de bras pour nous entourer, pas d’épaule pour s’épancher, on est dévasté sans que cela se voit car il faut continuer à faire bonne figure et donner le change, mais à l’intérieur on n’est plus que ruine. Les plaintes sont silencieuses et ce sont celles qui font le plus mal. Heureux ceux et celles que vous étreignez, vous leur communiquez force et tendresse. Continuez.

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    1. Milie

      Quel beau commentaire…
      Après le décès de mon fils de 25 ans il a 10 ans cette année, mes plaintes sont toujours enfouies au fond e moi et comme vous l’écrivez si bien, il faut faire bonne figure…

      Mais cette année j’ai décidé te serrer fort tous ceux que j’aime beaucoup ou pas… ceux qui m’aiment comprendront mon geste d’amour.

      Répondre
  4. Mellamore

    Encore une fois.
    Encore une fois, tu m’as fait pleurer.
    Et encore une fois, mais c’est la première fois que j’ose te l’écrire, je t’en suis très reconnaissante.
    Merci Baptiste !

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  5. Marion

    En te lisant, j’ai pensé à mon oncle, il avait 52 ans… des maux de tête… son médecin généraliste ne l’a pas écouté prétextant qu’il s’écoutait trop (mon oncle qui parlait peu et ne se plaignait jamais…)… il ne se plaignit donc plus… les maux de tête devenant intolérables, il a consulté un neurologue, 2 mois après… il avait 52 ans… le diagnostic est tombé, en décembre, avant Noël : carcinome pulmonaire avec métastase cérébrale… il est décédé le 11 septembre 2000… après 8 mois de souffrance, de déchéance, d’oubli… j’ai été hantée longtemps par ce corps décharné dans un lit… je ne croyais déjà plus trop en Dieu (quel qu’il soit, ou qu’il soit…)… à la mort de mon oncle, je lui ai fermé la porte, définitivement peut être… merci à toi de me redonner au moins foi en l’Humain…

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  6. Ann

    C’est précieux de savoir offrir cet instant de partage, d’accueil, d’offrir à l’autre la certitude d’être aimé, inconditionnellement. C’est une force qu’il gardera toujours en lui et qu’il partagera à son tour, inconditionnellement.

    Répondre
  7. Fred

    Ne rien faire et ne pouvoir faire que ce rien…disait un de mes maitres,mais être là.J’ai des amis africains qui sont confrontés au coût des soins,et quand ils demandent à certains s’ils peuvent payer des soins onéreux,s’ils ne peuvent pas,il reste à dire : »voulez vous que l’on prie un peu ensemble,tous les deux? »ce n’est pas pour la foi,pour le miracle,c’est pour être ensemble ,pour dire …

    Répondre
  8. Fanche

    J’ai moi aussi regardé mon fils mourir et vu durant 1 an et demi le cholagiocarcinome grignoter le corps de ce trentenaire, ancien gymnaste. Je l’ai accompagné jusqu’à son dernier souffle, alors que je ne le voulais pas, je suis restée près de son lit à lui tenir la main parce que je l’aimais et qu’il voulait s’éteindre chez lui.
    J’ai voulu hurler quand ils ont cessé les traitements, mais rien n’est sorti. J’ai envie de hurler quand son fils de 4 ans me dit qu’il a peur d’oublier son « papa qui est mort » et qu’il veut regarder des photos. Mais rien ne sort.
    C’est la plainte intérieure, celle qu’on n’entend jamais et c’est celle qui grignote l’envie de vivre. Difficile de croire, difficile d’espérer, mais tant d’amour dans ce petit garçon sans père, que l’on avance tout de même… pour et grâce à lui.

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  9. Jacky Martino

    Chaque mère qui perd un enfant est la première ! J’ai une amie qui a perdu son gamin de cinq ans d’un cancer ! Cinq ans ! Mais comment croire ? À qui ? En qui ?
    Je pense à cette patiente et à ses deux enfants si petits. Je suis sûre que son angoisse n’est pas pour elle mais pour ses gosses. « Ils vont rester, ils auront besoin de moi et je ne pourrai plus venir les aider, les consoler, les embrasser ».
    C’est terrible.
    Merci de ce beau message Baptiste.

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  10. Namaste

    J ai une boule au ventre de vous lire, je ne sais pas étreindre les gens qui m entourent, j ai honte, je me suis fabriquee une carapace au fil des annnees Mon Dieu ! Cette maman , ses petits… C est terrible , elle si jeune qui a encore tant à faire….. Je pense bien fort à elle.

    Répondre
    1. sarah

      Complètement d’accord avec toi Namaste, une étreinte, ce n’est pas du tout une évidence, ce n’est pas si simple à donner. Et souvent, on aime en donner quand on aime en recevoir ;-).
      Alors j’ai pris le temps d’aimer à en recevoir : quand ça n’allait pas, plutôt que de discuter des heures, j’ai commencé à demander à mes proches « Tu veux bien me prendre dans tes bras ? »
      Les amis, la famille, ils craquent d’amour quand tu leur demandes ça, y’a pas plus belle déclaration de confiance, et là tu peux y aller les yeux fermés, l’étreinte qu’ils te donnent dans cet instant, c’est plein d’amour tout chaud. Ta carapace, elle va fondre comme de la guimauve dans les bras des gens que tu aimes. Et puis si elle ne fond pas, est-ce que c’est si gênant ? Tu aimes les gens à ta façon, et tes proches t’aiment comme tu es.

      Répondre
  11. Irène

    La plainte, le gémissement qui sort des tripes, les boyaux tordus de douleur, et l’horrible sensation de vide infini, la certitude que rien ne pourra atténuer cette peine, que rien ne pourra combler cette absence de tous les instants …

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  12. Martine

    Une fois de plus, Baptiste, une fois de plus,… tu laisses suinter ton extraordinaire sensibilité. Merci. Encore.
    Prends soin de toi AUSSI… Aimes-toi comme tu aimes les gens, sans compter… Ne t’oublies pas. Tu ne « crois » peut-être pas, -ou si ???- mais en tout cas, à chaque fois, tu y crois ! C’est ce qui m’importe. Je te serre fort.

    Répondre
  13. Sarah

    Je ne vous connais pas, mais je suis vos billets depuis quelques mois déjà, toujours admirative de voir quelqu’un sachant concilier l’humour, l’empathie, l’humilité, la bonté, le partage, et tant d’autres choses encore. C’est ma fille, étudiante en médecine qui m’a fait lire « Alors voilà, les 1001 vies des urgences » parce que je voulais découvrir l’envers du décor. Je suis très fière d’elle et de son parcours. Et à chaque fois que je vous lis, je n’espère qu’une chose : qu’elle puisse être aussi bon médecin que vous. Ne jamais désespérer malgré les galères, toujours croire en l’humain envers et contre tout, et surtout, surtout, garder son âme d’enfant et s’émerveiller chaque jour des petits bonheurs quotidiens. Merci d’être qui vous êtes, ne changez rien, et si parfois vous avez besoin d’une épaule pour vous poser quelques instants, venez là, il y aura toujours du monde pour vous rendre un peu de ce que vous nous apportez à tous. La souffrance fait partie du chemin de vie de tout un chacun, personne ne peut y échapper. Je ne peux pas croire qu’il n’y ait pas un sens à tout ça, même si cela nous échappe. On ne peut pas tout guérir, on ne peut qu’être présent et partager la peine pour se donner mutuellement un peu de courage….

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  14. sarah

    Parce qu’on a besoin de beaucoup d’amour quand on lit la plainte d’une mère, j’ai envie de partager un autre endroit qui fait du bien, un endroit où j’aime aller depuis peu quand j’ai besoin de me rassurer sur l’humanité. C’est le blog d’Emma qui dessine pour parler, comme elle le dit elle-même, de politique, de trucs pour réfléchir et d’intermèdes ludiques : https://emmaclit.com/.
    Je vous embrasse.

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  15. Le chêne vert

    Merci d’exprimer avec vos mots pleins d’émotions ce que nous ressentons tous à un moment ou à un autre de notre vie. C’est comme un pansement sur les plaies déchirantes de savoir que des gens comprennent et sont pleins d’humanité..

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  16. mimi

    Et oui, n’est ce pas tout simplement de « l’Amour » ??
    Dans ces moments de douleur, le plus difficile est d’entourer la personne qui vit un drame.
    Je pense, pour l’avoir vécu, qu’il faut avoir souffert pour comprendre la souffrance…

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  17. Cricri

    Ca s’appelle la compassion, l’amour ! Merci si tout le monde pouvait ressentir la compassion c’est vrai nous sommes tous pareils, c’est beau comme vous l’avez écrit !

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  18. Sophie Rht

    J’ai reçu un double hug lorsque je vous ai rencontré ce jour-là à Paris, vous avez soulagé ma peine et je ne l’oublierai jamais. Merci Baptiste, pour votre humanité, et votre gentillesse.

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  19. gigi

    merci pour tout ,je vous lis assidument depuis un certain temps ,et c’est la première fois que j’écris ,j’écris pour vous remercier de votre humanité ,elle est si belle !Je fréquente hélas beaucoup le milieu médical (mon époux est très fatigué,son coeur ,ses reins )bref j’en vois beaucoup et souvent j’ai l’impression ,d’être prise pour une enfant de maternelle ,jugé,grondé ,zut alors nous avons 75 ans et sommes usés par 46 ans de labeur ,nous avons vecu notre enfance après guerre ,avons connu les privations ,la faim ,et maintenant on nous rends responsables de notre mauvais état ,je déteste les médecins sauf vous !!!!!!Vous ,vous me réconcilié avec le corps médical ,je me dis si il est comme çà ,il doit bien en avoir d’autres qui ne nous juge pas sans nous connaitre ,qui pose les bonnes questions ,oui ,mon mari à le coeur usé oui il est en attente de greffe de reins ,mais pas par les abus ,par 46 ans de vie sur les chantiers ,sous les atteintes du climat ,dur labeur ,aléas des accidents du travail etc etc ,comme beaucoup de travailleurs .
    Merci ,merci à vous

    Répondre
  20. Muriel-annick

    Pourquoi ce trop plein d’amour nous fait verser des larmes ,
    Parce que en vous nous avons retrouvé l’humanité si absente de nos vies

    Répondre
  21. Pat

    Pouvoir dire aux gens qu’on les aime , se prendre dans les bras pour un gros câlin d’ours c’est une tradition familiale chez nous . Je pense que c’est ça, la vraie richesse . Merci à mes grands-parents et à mes parents qui nous l’ont transmise et que j’embrasse à travers les nuages . Gros câlins d’ours à toi docteur Bibi et à tous ceux qui passeront par ici .

    Répondre
  22. Samisa

    Et un jour croiser ta route …même si ici les bras de mes fils s’ouvrent souvent pour consoler leur maman qui souffre et cours dans une impossible recherche du traitement qui la soulagera enfin …
    Merci d’exister
    Big Hugs

    Répondre
  23. dan

    qu’écrire après ces commentaires?… accepter de se manifester de la tendresse, mais que se passe-t-il quand l’autre ne veut/peut pas? je me souviens d’un concours de poésie sur « la main »; je me souviens de la main posée sur moi qui m’a plus réconfortée que tous les mots du monde quand je pleurais mes parents… la Plainte, j’ai relu l’article, j’avais l’impression de ne pas comprendre… pour moi, la plainte était quelque chose d’exprimé, je comprends maintenant qu’elle est aussi(?) la boule d’angoisse dans la gorge.

    Répondre
  24. c. liver

    si Bibi ! tu peux te permettre un hug au cours d’une consultation !
    je me souviendrai toujours de celui de mon médecin, alors que je perdais mon enfant à naitre ( bon ok ! au 3ème mois de grossesse ! mais une grossesse quand même ! avec les battements du cœur entendus lors de la 1ère échographie !!!)
    son geste a été très furtif, après son
    « tu sais ! il n’y a pas beaucoup d’espoirs »
    il a entendu mes gémissements étouffés, il a tendu ses 2 bras vers moi, et pour légère que fut sa caresse sur mes épaules, elle n’en fut pas moins intense, suffisamment pour que je ne m’effondre pas …
    – bon OK ! alors que dois-je faire maintenant ?

    toute ma compassion et mon soutien à ta patiente

    énorme et tendre hug à toi

    Répondre
  25. josecile

    Parce que l’histoire de cette femme me touche et qu’elle me rappelle le livre de Mylène Moisan « Maman est une étoile » qui raconte l’histoire de Jolyane, jeune maman amoureuse que le cancer a expédié bien trop tôt chevaucher de fabuleux poneys.
    Merci Baptiste

    Répondre
  26. Cath

    « Comment font-ils ?Il y en a qui mangent… »
    il y en a qui prennent les rênes sans rien dire dans la tempête, qui gardent le cap et ferment le couvercle sur leur douleur, pour continuer à avancer en soutenant les autres. Et la plainte jamais ne monte, toujours maîtrisée. Jusqu’au jour où ils s’écroulent.
    Qui les aide alors ? Qui les aime ?

    Répondre
    1. marie

      Le vaste pays des grandes solitudes apparait alors, nous sommes seuls aux mondes cest sec ou froid ou aride peuplé de rien ou tout a la fois … et alors va savoir pourquoi, comme si un petit poucet était déjà passé par là, tu trouves un peu d’eau, un bivouac, des baies, des bras accueillants , des hommes des femmes la menotte d’un enfant branchés sur la bonne onde et bim ça repart comme en 14….et tu reprends ton chemin de vie en sachant ,quoiqu’il arrive , qu’il existe un beau lieu ou tu peux te ressourcer si tu le veux bien , et seulement si tu le veux bien. nous sommes les freins premiers à nos bonnes humeurs. Cest du vécu brut de décoffrage, avec piqûre de rappel plus d’une fois, c’est sport quoi! La bise

      Répondre
      1. Marie-Kikou

        Un beau lieu… comme par exemple le blog de Baptiste Beaulieu ? La coïncidence, si elle en est une, me plaît beaucoup. Car pour moi Bibi ton blog est un beau lieu, virtuel certes mis où j’aime retrouver tes textes magnifiques qui m’aident à croire en l’Homme.

        Répondre
    2. Grand33

      Bonjour Cath,
      Je vois ce que tu veux dire, Vraiment.
      Qui peux aider ? une petite fille, une belle femme à épouser très très bientôt, des amis qui te lisent, qui t’écoutes et qui te réconfortent…. en fait de l’amour à prendre autant qu’à en donner !!!
      Je t’embrasse

      Répondre
  27. Thomas PAMBET

    Une nuit, j’ai eu un songe.
    J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
    Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.

    J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque période de ma vie,
    il y avait deux paires de traces sur le sable:
    L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.

    Ainsi nous continuions à marcher,
    jusqu’à ce que tous les jours de ma vie aient défilé devant moi.
    Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
    J’ai remarqué qu’en certains endroits,
    il n’y avait qu’une seule paire d’empreintes,
    et cela correspondait exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
    les jours de plus grande angoisse,
    de plus grande peur et aussi de plus grande douleur.

    Je l’ai donc interrogé :
     » Seigneur… tu m’as dit que tu étais avec moi tous les jours de ma vie
    et j’ai accepté de vivre avec Toi.
    Mais j’ai remarqué que dans les pires moments de ma vie,
    il n’y avait qu’une seule trace de pas.
    Je ne peux pas comprendre
    que tu m’aies laissé seul aux moments où j’avais le plus besoin de Toi.  »

    Et le Seigneur répondit :
     » Mon fils, tu m’es tellement précieux ! Je t’aime !
    Je ne t’aurais jamais abandonné, pas même une seule minute !
    Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le sable,
    ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien: c’était moi qui te portais.  »

    Ademar De Barros

    Répondre
  28. Milie

    Merci Baptiste pour tout le réconfort que vous apportez aux êtres humains.
    Cette année cela fait 10 ans que mon fils de 25 ans est décédé, et cette année je voudrais transmettre ma force de vivre envers et contre tout même si cela fait mal. Pour ce faite j’embrasse mes amis, mes copains voire mes connaissances plus fort et les serre dans mes bras s’ils me le permettent.

    Merci pour vos gestes chaleureux
    Merci pour vos textes qui aident à vivre car nous autres endeuillés faisons trop souvent bonne figure….

    MERCI

    Répondre
  29. Christine

    Moi aussi je veux un câlin! Je n’ai pas osé la première fois que je t’ai vu, je t’ai juste remercié d’exister….
    La prochaine fois!!!!! Bisous sur tes joues super humain!!!!!!!

    Répondre
  30. mmongued

    Le plus dur c’est de pas croire ….surtout en là réincarnation.le plus dur c’est de croire que c’est fini …
    Mais cela n’existe pas c’est jamais fini tant qu’il est resté Dans ton cœur même si tu crois pas en la réincarnation un moment un instant et surtout pour toute ca Je parceque c’est ton frère ton enfant où tu te trouve la…. Qu’il’ est la avec toi que tu le sent et que me si la réincarnation n’existe pas toi tu le sent.
    Alors voilà ……….du vrac.
    Salut la fine je sais sui Barjot.

    Répondre
  31. Poulette Dodue

    Que j’aimerais te serrer dans mes bras là maintenant . Sur la première photo tu serres Virginie que j’apprécie tant (pour tout, son humanité, son talent, sa drôlerie…)
    J’essaie au max d’insuffler de l’énergie positive dans mon quotidien et celui des autres. Je n’ose pas forcément le câlin hors de mes proches…mais je vais m’y mettre !
    Merci baptiste pour ce partage.

    Répondre
  32. Petit Bourgeon

    Faire un câlin est une manière d’être contenant,enveloppant, chaleureux, accueillant, d’incarner un lien, une intention, rendre corps à l’autre en menace de s’effondrer, d’exploser… parfois, avec mes patients extrêmement désorganisés par leurs angoisses, leurs troubles cognitifs, leurs souffrances, il m’arrive de les prendre dans mes bras. C’est rare, et ça me questionne à chaque fois sur la distance thérapeutique. Il y a bien d’autres manières de contenir, d’envelopper et d’accueillir quelqu’un. J’imagine que vous les pratiquez bien. Mais parfois seule celle-ci semble avoir du sens, et il est frustrant de devoir en faire l’économie…

    Répondre
  33. danielle

    Baptiste, ce n’est pas l’envie de « faire une belle carrière » qui vous a motivé, vous avez envie de redonner ce que vous avez reçu…
    Vous êtes une belle personne, bienveillante, en empathie avec vos patients, quelle chance ils ont, d’être reçus par vous.
    Puissiez vous faire école.
    danielle

    Répondre
  34. faribole

    De passage aux urgences pour une bricole (suspicion d’appendicite sur enfant, donc urgence, mais pas grave), je m’assieds sur un banc près d’une dame. Elle se met à pleurer, à sangloter. Puis elle me dit, comme pour s’expliquer : « c’est ma maman qui s’en va ». Je lui ai fait un câlin. Que faire d’autre !?! parce que j’avais lu qq part qu’on pouvait oser faire ça. Je crois qu’elle a apprécié ce geste. Et c’était le minimum qu’on puisse faire. Je n’allais pas dire « bon courage », quand même, ou bien « olala la vie c’est dur » ! ça nous a réchauffées un tout petit peu. Toujours ça de pris.

    Répondre
  35. Véro Bisontine

    J’ai perdu ma maman il y a 6 mois et depuis c’est une plainte continuelle en moi avec de légères pauses quand je dors; son départ me semble irréel (décès subit); nous étions tellement proches.
    Quand je suis allée voir mon médecin 3 semaines après son départ pour des soucis de sommeil (je n’arrive pas à dire le mot mort), il est venue me chercher à la salle d’attente et m’a embrassé…il était au courant et m’a manifesté un geste d’affection, inattendu mais que j’ai apprécié, il savait le force des liens que je partageais avec ma maman.
    De l’humanité bienfaisante.

    Répondre
  36. Nadezda

    Quand elle a appris que c’était fini, que plus aucune chimio ne pouvait la sauver, qu’elle ne recevrait que des médicaments pour contrer la douleur, elle s’est mise dans la position du fœtus a poussé des gémissements et des petits cris de désespoir qui brisaient mon coeur. C’et Lui qui m’a tél. » viens elle a besoin de toi  » Comment lui faire comprendre que c’est de Lui qu’elle a besoin, il a fui pour faire des courses totalement inutiles, comme il fuit depuis le jour où le sale petit crabe l’a mordue .
    Je l’ai prise dans mes bras, nous sommes restées un long moment, silencieuses, ensuite je l’ai lavée,coiffée, enveloppée dans un peignoir chaud mais beaucoup trop grand, je l’ai parfumée puis je lui ai dit : viens on va mettre de l’ordre, écrire des lettres et préparer tes bagages. Elle est morte trois mois après, elle avait 41 ans et laissait trois jeunes enfants. C’était mon amie et j’ai toujours du chagrin quand je pense à elle. Merci Baptiste pour l’Amour qui est en vous, nous en avons tellement besoin.

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  37. SEVERINE LABORDE

    Je vous ai lu récemment en version qui rentre dans ma poche ;-), plus pratique pour vous avoir partout avec moi et puis relire ces mots qui font du bien. Vous n’aurez pas besoin de mes encouragements pour continuer, mais faites-le quand même, si vous voulez bien. Merci d’être celui que vous êtes, on ne se connaît pas, mais vous êtes de ces êtres humains qui bouleversent et qui comptent. Je vous souhaite longue vie, battez-vous encore pour tous ceux d’entre nous qui le voudraient mais qui ne peuvent plus.
    Pour elle. Pour eux. Pour nous. Pour moi.
    Je vous serre contre mon coeur.

    Répondre
  38. Pauline

    Merci Baptiste
    Avec vous le genre humain est plus beau.
    J’ai une amie très malade (saloperie de sarcome utérin) elle est tellement schlass et flinguée par la chimio qu’elle ne supporte plus les visites et qu’on ne peut plus lui faire de câlin.
    Je vous fais un gros câlin à distance.
    Câlinez autant que vous pouvez !!

    Répondre

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