La bulle de Monsieur Positron.

Alors voilà, à 8 heures, j’étais en visite hebdomadaire chez M. Positron, un chic type qu’un ivrogne en voiture a percuté il y a six mois. Trois mois de coma, un mois d’hospitalisation, le retour à domicile, la kiné, les fixateurs externes, le lit médicalisé, la psy, les infirmièr-e-s…Néanmoins, il garde le moral, monsieur Positron. Il ne se plaint pas. Il ne se plaint jamais.

(…)

À 9 heures, au cabinet, j’ai reçu une patiente, madame Normale, qui malgré un régime pauvre en sel avait encore une tension artérielle trop haute. Pour la troisième fois ! Moi, peut-être parce que j’étais encore tout habité par le drame de monsieur Positron, j’ai dit un truc du genre :« Bon, vous avez de l’hypertension, on va commencer un traitement, car c’est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur…etc. ».
Et là… madame Normale a pleuré. Paf ! D’un seul coup ! Sur le moment, je n’ai pas compris pourquoi : ce n’était qu’une hypertension, allons ! Pas de handicap, pas de kiné, de fixateurs externes, ou d’immobilisation au lit ! Puis… Puis j’ai pris conscience que madame Normale n’était pas avec moi, ce matin, devant monsieur Positron et ses malheurs longs comme le bras. ELLE N’ÉTAIT PAS AVEC MOI.

Je crois que madame Normal pleurait et que c’était… plutôt normal (?) quand on vous annonce que vous prendrez un médicament, tous les jours, jusqu’à la fin de votre vie, pour diminuer le risque d’AVC ou d’infarctus. 
Je crois que j’ai merdé, ce matin-là. J’étais dans ma bulle « Monsieur Positron » . Faut que je crée une bulle pour chaque patient. Puis faut que je sorte de cette bulle, ENTRE CHAQUE PATIENT.

70 réflexions au sujet de « La bulle de Monsieur Positron. »

  1. MSr60

    Meu non t’as pas merdé. Mme Normale est juste un peu fatiguée par son hypertension.
    Prendre un pilule tous les jours jusqu’à la fin de sa vie vaut mieux que d’être hémiplégique ou de se baver sur les genoux dans sa Cadillac remboursée par la sécurité sociale.
    Si tu lui avais dit : « vous avez de l’hypertension, mais je n’ai pas de traitement à vous proposer (alternative : il y a un traitement trop cher pour que je le prescrive), faites votre choix entre l’AVC non létal et l’infarctus », là il y aurait eu de quoi pleurer.
    Elle s’en remettra. C’est pas tout ça, faut que j’aille prendre mon bêtabloc’, moi 😉

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  2. Marion

    Etre dans une bulle parfois ca protège aussi… et il y a des patients qu’on a plus de mal « à oublier » que d’autres… l’équilibre est difficile à trouver… on est en équilibre sur un fil à chaque moment : entre empathie pour le patient précédent et concentration sur le patient suivant… je suis désolée de t’annoncer que non tu n’as pas « grave merde »… tu es juste HUMAIN… ne sois pas aussi dur avec toi même et prends soin de toi…

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  3. La Baladine

    D’accord avec MSr60… (je prends aussi un bêtabloc, vu que je fais de l’hypertension essentielle depuis 15 ans) … Mais je sais qu’il y a des gens qui pleurent à l’idée de prendre un médoc à vie, même s’il va la sauver pour un long moment, cette vie… Non, je n’ai pas écrit pleurnichent, j’ai écrit pleurent! Des gens qui n’ont sûrement pas beaucoup de problèmes dans leur vie… Et en disant ça je sais que je ne suis pas juste, parce que Mme Normale, elle a peut-être des tonnes et des tonnes de soucis, de problèmes, de difficultés de tous ordres, et là, c’est la goutte superfétatoire…. Bref, non, tu n’as pas merdé.Tu es un être humain.

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  4. Ôde

    Là où certains voient un p’tit t’as de cailloux à passer, d’autres voient une montagne à escalader… nous n’avons pas tous la même façon d’aborder les problèmes… Mais comment peux-tu le savoir ?… Ce sont eux qui doivent te le montrer… Ce que Mme Normal a fait en pleurant… Et je suis sûre qu’à partir de là, tu as assuré !!! Ne te reproche rien, tu ne peux pas tout deviner…

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  5. Christine

    Une mauvaise nouvelle est une mauvaise nouvelle. Quand c’est la première, elle est aussi grosse que les futures autres. Une douleur est une douleur quoi.
    (Sinon, trop trop bien « alors vous ne serez plus jamais triste »!!!!!!) 🙂

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  6. Rosi

    Quand le médecin m’a dit que ma fille (6 ans à la époque) devrait porter un corset de ses 10 ans jusqu’à ses 16 ans environ j’ai pleuré. Elle n’allait pas mourrir, elle allait éviter l’opération, elle avait la chance d’être née dans un pays où elle pouvait être soignée et tout ça sans que ça nous coûte un centime et pourtant j’ai pleuré. Juste parce que c’est dur de sortir de la normalité, de notre petit confort de vie, de l’idée qu’on s’en faisait !
    Elle a 16 ans maintenant, plus de corset, elle a été plus forte que sa maman et à enduré ça sans broncher …
    M. Beaulieu, vous êtes un être exceptionnel. Ne changez rien !

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  7. Nad G

    c’est ça, on est sans arrêt en décalage car on ne peut pas faire abstraction, en tout cas pas totalement, de ce que l’on vient de vivre, l’autre n’a pas vécu la (les même (s) choses(s), d’où quiproquos, malentendus et blessures, bien involontaires… be quite, life goes on !

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  8. larue

    je trouve intéressant que tu te pose la question sur Mme Normale ,pour toi et pour elle ;mais tu n’a pas grave merder; au contraire tu t’es remis en question enfin c’st ce que j’ai cru comprendre
    amicalement

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  9. Cath

    Tu as eu un moment de flottement entre deux bulles (si, j’ose l’écrire), mais le plus important vois-tu, c’est que tu n’as pas fait de comparaison moralisatrice. Et c’est une grande qualité pour un soignant.
    Alors, non, tu n’as pas m… grave.

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  10. Edith

    Un petit bonheur de vous lire, pleurer est humain et vous n’y pouvez rien, je dirais même bravo à ceux qui y arrivent ils se soulagent. Votre sensibilité vous prouve que vous êtes humain ne vous en voulez pas votre travail est si important pour Me Normale ou Mr Positron qu’importe le nom, vous êtes là c’est le principal non ?

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  11. Rainette

    Elle a pleuré mais lui as tu dit que soignée elle pouvait vivre plus longtemps que d’autres « normaux »‘en bonne santé ?
    Un petit comprimé par jour… ce n’est pas une tri-thérapie ou une chimio aléatoire, c’est une chance et pas une malediction! Dis lui doucement, tu sais le faire et elle comprendra…. prends soin de toi aussi ! Sinon on va te ramasser en petites miettes et ce ne sera bien pour personne …

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  12. dany

    Pour que cette patiente s’écroule en pleurs à l’annonce de son hypertension c’est qu’elle a sûrement d’autres soucis auxquels ni toi ni personne ne peuvent rien. Tu as mis ses pleurs sur l’annonce que tu lui as fait. C’est simplement un fait qui s’ajoute aux autres pour elle. Elle était en confiance dans ton cabinet et elle a pu se laisser aller. Ce n’est pas ce que tu lui as dit qui a déclenché ses pleurs c’est un tout. Ne te remet surtout pas en cause et reste toi même tu as fait ce qu’il fallait .à bientôt. Marianne

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  13. saur

    J’adore le tableau!c’est à peu près la tête que j’avais ce matin!je sais j’aurais pas dû m’endormir avec les cheveux mouillés!j’ai mis une jupe,comme je n’en mets pas souvent ça détourne l’attention! 🙂
    Merci pour la ballade de l’enfant gris!

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  14. virginie

    Bonjour
    vous avez merdé. On ne sait jamais ce qu’on touche chez l’autre : son père mort d’un infarctus ? Sa soeur handicapée mentale ? Son combat pour vivre normalement après avoir été accro à un produit toute sa vie ? La conscience du temps qui passe et de tout ce qu’elle n’a pas fait ? Etc etc.

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    1. Martine Rouch

      Je vous trouve bien dure, Virginie. Impitoyable, même. Vs croyez que Baptiste ne sait pas tout cela ?… Il fait « amende honorable » en se confiant à nous avec honnêteté et vous, vous l’enfoncez… Si vous êtes soignante, je ne voudrais pas être hospitalisée quand vous êtes de garde car l’empathie semble vous faire cruellement défaut…

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      1. virginie

        Je réponds à sa question parce que je sais avoir mal mais pas soulager la douleur, lui si. Alors je lui confirme qu’il y a une douleur. Il n’a en effet pas besoin de moi pour le savoir mais pour créer une alliance thérapeutique il faudra être 2.

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  15. maillard

    magnifique votre remise en cause, j’adore, d’autant qu’elle n’est pas juste, un temps de retard, normal vous êtes un affectif, donc vous en êtes toujours à monsieur Positron, c’est cela qui fait la différence, gardez votre temps de retard s’il vous plait, merci

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  16. Annie

    Surtout change rien !!!! Reste celui que tu es avec ta force et tes faiblesses…..humain tout simplement.
    Hâte de te rencontrer à Borderes dans le 40.

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  17. elnats

    Recevoir plusieurs humains, chacun avec son histoire, sa sensibilité, son passé, et réussir à y être réceptif sans être influencé par le précédent (ni par ses propres sensibilités et sa propre histoire)… je crois que c’est pour ça que j’aurais jamais pu être toubib, et que j’ai un immense respect pour ceux qui le font.

    Vous voyez une trentaine de personnes par jour, rarement en forme (sinon elles viendraient pas). C’est simplement humain de ne pas y arriver parfois.

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  18. Agnès

    C’est ce qu’il y a de formidable avec toi, Baptiste, c’est que tu te rends compte de certaines situations, que tu en parles, que tu doutes.., tu es un être humain magnifique, un humaniste, et c’est pour cela que l’on t’aime autant!!!
    Ne change rien, et je t’en prie reviens dans la région parisienne, j’aurais bien besoin d’un petit hug, moi, ou d’un gros, plutôt!!
    En attendant, prends bien soin de toi.

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  19. gigi

    mais non ,pas merdé ,juste un peu de fatigue ,pour elle et pour vous .*Une hypertendue depuis 31 ans ,je sais de quoi ,je parle ;3 comprimes matin et 3 le soir juste pour l’hypertension ,l’envie parfois de tout envoyer balader !!! Puis je pense à ma fille diabétique depuis sa petite enfance désormais sous pompe à insuline car les 5 piqures jours et la piqure nuit elle ,n’en pouvait plus ,je pense à mon époux époux dialyses trois jours par semaine ,et 5 heures par jour et je me sens priviliégé et en plus je pense a tous ceux qui souffrent de par le monde et hop ,je prends mes médoc presque avec plaisir en remrciant la sécu

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  20. Marie la mère

    Hé bien, d’abord bonjour Bastien et tout le monde ! Je pense que Mme Normal était peut être dans un jour « sans », et peut être un peu effrayée par un traitement à vie, même si ce traitement lui permettra d’éviter des soucis bien plus graves… Moi qui prend un traitement à base d’opiacé, j’ai toujours aujourd’hui (et depuis 3 ans) du mal à l’accepter, mais c’est ça ou mes douleurs reviennent et je me retrouve sans vie sociale, sans vie professionnelle à pleurer chez moi sur ma douleur et mon ennui…. Bref, on ne parle pas de moi mais de Mme Normal et de toi Bastien. Non tu n’as pas merdé, il faut juste que Mme Normal accepte sa nouvelle condition de vie médicalisée… Et toi Bastien, ne change rien, tu es au top ! Bises à tous et bonne journée !

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  21. valily

    Bonjour Baptiste,

    Comment merder quand on se remet sans cesse en question comme tu le fais ??? Alors c’est vrai que parfois avec le recul, on se dit qu’on aurait pu gérer différemment telle ou telle situation, mais c’est aussi grâce à notre évolution personnelle et professionnelle que cela est possible !
    Tu n’as pas merdé, tu es peut-être juste un peu fatigué et comme tu dis, tu n’as donc pas réussi à passer d’une bulle à une autre !

    Courage et bisous

    Val

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  22. Míriam

    Savez-vous quoi? Je trouve ça une très bonne nouvelle. Les larmes n’expriment qu’un sentiment que nous avons gardé à l’intérieur, et qu’elle aie pu l’exprimer devant vous, cela veut dire que vous lui avez fait le cadeaux de pouvoir s’en libérer. Ce n’est pas facile pour tout le monde…Merci de nous faire grandir avec ces expériences…
    Bonne journée de l’Espagne!

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  23. veronique

    moi j’ai 60 ans , suis depuis 14 ans médecin du travail après avoir été médecin de soins; tous les jours il y a au moins une personne qui pleure devant moi ……alors si je raisonne comme toi et pratique « l’autoflagellation » je dois être un monstre ….. les gens pleurent de plus en plus , surtout les femmes ( et oui je ne fais pas de « sexisme  » à l’envers , je suis une femme) et « l’hypersensibilité » actuelle s’aggrave avec le temps ; quand j’étais jeune médecin remplaçante en campagne , les gens ne pleuraient pas ; on pourrait écrire un livre et même un gros livre sur le « mais pourquoi les gens pleurent aujourd’hui ? » bon courage;
    je te suis depuis des années maintenant , c’est la 1° fois que je t’écris;

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    1. Herve CRUCHANT

      @Véronique. « je te suis depuis des années maintenant , c’est la 1° fois que je t’écris; »(sic). C’est un peu comme si tu pleurais pour la première fois.

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  24. LaetiM

    Quand on a cette sensation d’avoir merdé, le mieux est de s’excuser. Oui chacun(e) a une sensibilité,aucun souci n’est plus grave qu’un autre.
    Dire : »Je suis désolé, je ne voulais pas vous blesser » change beaucoup de choses.
    C’est avant tout reconnaître que l’on est humain et donc sujet à « l’erreur ».

    Pas de bulleS, UNE bulle : la bulle de l’Amour que Vous êtes, la bulle de Votre Présence et de bonnes respirations entre chaque patient(e).

    Se tromper est un défaut courant, demander pardon est une qualité rare

    Se tromper est humain, et c’est une opportunité exceptionnelle pour grandir en toute humilité et se rendre compte que la vie est presque toujours un essai continu, duquel on apprend.

    C’est aussi une affaire de sage que d’accompagner chaque erreur, chaque négligence et chaque offense d’un «pardonne-moi». Une qualité que peu de gens ont, et que beaucoup devraient mettre en pratique.

    Je Vous invite à lire ce texte :(extrait)
    Derrière le diagnostic, il y a une personne à part entière

    Les personnes qui reçoivent un diagnostic ont instantanément l’impression que tout change, que rien ne sera jamais plus pareil, et que le passé n’a plus rien à voir avec le présent.

    Il n’aura suffi que d’un mot pour faire basculer leur vie. A partir de ce moment-là, et ce pour un certain temps, elles seront associées à un mot, ce qui générera en elles de la souffrance.

    «Chez les animaux, c’est manger ou être mangé. Chez les êtres humains, c’est définir ou être défini.»

    -Thomas Szasz-
    http://nospensees.fr/derriere-diagnostic-y-a-personne-a-part-entiere/

    MERCI d’être Celui que Vous êtes.
    MERCI aux soignants d’être là.

    LaetiM

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    1. Herve CRUCHANT

      @LaetiM. (je suppose Laetitia M. je ne me ferai jamais à ces pseudo pseudos!). Dans tous les posts, je trouve des conseils judicieux voire malins pour faire cohabiter un soigné et un soignant pendant vingt minutes face à face comme si le sort de la planète était en jeu. On peut le prendre comme çà, pourquoi pas. Mais, en ce qui me concerne, chaque fois que j’ai eu affaire de ce genre devant moi (des cas complètement en dehors de la médecine mais qui concernaient l’être humain), j’ai tenté de mettre en place une stratégie différente: se reconnaître, égaliser les apports de chacun, analyser et traiter au mieux le problème par une décision commune consensuelle, faire une évocation des suites éventuelles. Je crois qu’on peut faire celà en médecine de ville (de soins). Si le patient est considéré un moment comme l’égal humain du toubib, l’avantage est qu’il dépersonnalise son problème pour le considérer d’un peu plus loin, plus objectivement; et que d’être en duo avec l’homme de l’art est réconfortant. Pour l’un comme pour l’autre. On peut parler de stratégie face au rhume des foins comme face à une présomption de cancer. Je suis persuadé que la cohésion momentanée malade-médecin est un excellent prémisse à toute thérapie. Çà marche pour les conflits personnels dans une équipe technique, dans un conflit social dans une entreprise…. Et comme de ce côté là, on devine bien que le futur va nous gâter la vie, autant rester zen en parlant tactique et stratégie. Çà peut éviter de trop lorgner vers le slogan, le calliquot et la batte de baseball en bois dur des Appalaches made in USA.

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  25. Banane

    Ca ne me paraît pas super normal de pleurer parce qu’on va devoir prendre un médicament, même « toute sa vie ». J’aurais tendance à penser qu’il y a quelque chose de plus, comme une histoire familiale liée à la maladie, une grosse fatigue/déprime de la dame ou autre.
    Mais bon, sur le principe, je te trouve bien doué de réussir à prendre le recul nécessaire pour te remettre en question et faire un plan d’amélioration continue. 🙂

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    1. Herve CRUCHANT

      @Banane. Je n’ai pas pleuré parce que je suis un homme adulte et dur et fort (! tu penses !) quand mon toubib m’a dit un jour : tiens, prends donc çà, c’est trois fois rien (une cuillère de verveine ou une pincée de Levothyrox, je ne sais plus bien parce qu’il y a fort longtemps). Quand il m’a dit que c’était pour la vie, j’ai cru glisser sur une peau de banane (çà, c’est pas malin, l’ami; mais tellement tentant!). Comme un qui vient de perdre un boulon dont personne ne soupçonnera l’absence sauf lui. Et ce sera alors le signe du début du déclin. Ouais. Rigole, ami Courbé soit sous le rire soit sous la peur d’être mordu, rigole. A même pas cinquante ans, on n’est pas vieux ! Non, bien entendu. Seulement, quand on vous donne un ch’ti remède à vie, çà vous interpelle…. Et si tu traînes un sac à dos plus une besace d’emmerdements divers et multiformes durant toute la journée, tu peux avoir droit à une petite larmichette, non?

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  26. DameMoi

    Cher Baptiste

    Merci pour cette note d’humour en début de votre post
    J’ai l’impression de me voir dans la glace le matin ou lorsque j’ai merdé

    Mme Normale a pleuré mais pour moi, vous n’avez pas merdé, pas plus que VOUS ne l’avez fait pleurer
    Ce n’est pas vous, Baptiste, qui la faites pleurer
    C’est sans doute plutôt le diagnostic, la plongée dans l’univers de la maladie ou de ce que Mme Normale imagine être l’univers de la maladie, un trop plein de quelque chose, une manière de dire son désarroi ou sa peur
    vous, vous n’êtes que le porteur de la nouvelle, le messager
    tout autant que vous serez celui qui lui apportera de quoi revenir à la normalité-sous-traitement

    Ne vous flagellez donc pas si on regarde le doigt au lieu de le lune que vous montrez
    peut être peut on qualifier cela au pire de maladresse ou de franchise un peu directe mais pas de Merderie ( ça se dit ?)
    Soyez aussi indulgent avec vous que vous pouvez l’être avec ceux que vous soignez

    Je vous embrasse tout en étant sure que vous serez vigilant par la suite pour toutes les autres Mme Normale

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    1. Herve CRUCHANT

      @DameMoi. Souvent, on va voir le généraliste pour s’entendre dire : « ouais, je vois ce que c’est. rien de grave. on va s’occuper de tout çà et dans une semaine ce sera oublié. »
      enjoy !
      sauf que la dame elle s’entend dire que si c’était plus grave çà serait franchement moins bien et que son hyper tens commence à nous les briser, que si au moins elle avait attrapé çà avec un chauffard ivre en délit de fuite, on comprendrait mais, là, le Renversé s’en sort pas mal.. »lui » ! arg ! son sang n’a fait qu’un tour (et pour l’hypertension çà n’est pas bon du tout comme chacun le devine)…
      Toutes les hypertensions ne sont pas synonymes de catastrophes…. On me dit même que, dans les milieux bourgeois de Toulouse, les amants se disent avec un air convenu « tiens, ma chère, et si nous allions nous faire une petite hypertension de 5 à 7 ? »
      misère ! ainsi va le monde.
      ainsi va le monde

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      1. violette

        J’ai connu les milieux bourgeois toulousains et les 5 à 7 mais pas cette expression, on apprends à tout age !!! Moi j’allais preparer l’AG de l’association……

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    2. marie

      Ya merdance qui mene la danse ou merdation plus directive la merdouette bretonante la merdication aussi , hypocratique à souhait , merderie c’est joliment pastoral

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  27. Anne COURBIERE

    Ben, en fait, j’aimerais proposer ma vision des choses, qui remet un peu en question le « médicament à vie »…
    Même si ce n’est pas pour l’hypertension, mais pour l’hyperthyroïdie 😉
    Rien à voir, me direz-vous peut-être?
    Sauf que, si on envisage la santé d’une autre manière, qui est que la maladie est un symptôme d’un déséquilibre des énergies, on peut rééquilibrer ces énergies autrement que par un médicament…
    Je vais vous parler de ce qui m’est arrivé, donc: un an après le décès de mon mari, j’ai consulté pour une sensation de gêne à la gorge. Thyroïde gonflée et hyperthyroïdie détectée. On m’a annoncé un médicament à vie.
    Je n’ai pas voulu.
    J’ai décidé de ralentir, de prendre soin de moi, j’ai vu un magnétiseur, pris un traitement homéopathique, mis des cataplasmes d’argile sur mon cou pendant 15 jours…
    Un mois plus tard, ma thyroïde et mes analyses étaient redevenues normales.
    C’est juste pour dire qu’il n’y a peut-être pas de fatalité.

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    1. hexdoc

      le cas que vous décrivez ressemble à une thyroïdite subaigue de De Quervain, et n’allez pas cherché une effet quelconque du magnétiseur ou de l’homéopathe, ça guérit spontanément.

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    2. Herve CRUCHANT

      « C’est juste pour dire qu’il n’y a peut-être pas de fatalité. » certes. ce n’est pas une fatalité. C’est de la real politic…

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  28. Martingoule

    C’est très compliqué de passer d’une histoire à une autte,d’un problème à un autre .

    Et ca s’appelle PAS
    Ca s’appelle être grand très grand ,sage très sage.de ce dire j’ai merdé .
    Je vais essayer de venir à Toulon .
    Bisouxxxx Baptiste

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  29. DocMinus

    Bonjour Baptiste,

    C’est vrai, il arrive qu’on ne comprenne pas tout. Mais comme beaucoup d’autres, je ne pense pas que tu aies « merdé », parce que tu en as pris conscience. Quoiqu’il en soit, merci de le partager avec nous. Pour qu’on en prenne conscience aussi.

    Bisous, papillons, paillettes, licornes & gommettes <3

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  30. Atinault

    Bien enfin de l’humanité reconnue dans ce siècle de médecine stéréotypée. Pensez à votre promo via babelio site génial de lecteurs.

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  31. BARBé

    ENFIN !un médecin dans la peau du patient, ça fait du bien d’etre compris Mais!!! surtout de comprendre aussi les médecins car bientot ils seront rare ,eux aussi souffre du mal de la compréhension humaine.Je suis une patiente dans une maladie a vie , je travaille ,je profite de tout ce que je peux et que je veux ,comme l’on dit je me prends pas la tete.

    MIMA

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  32. dijoux

    Bonjour Baptiste !

    J’habite la Réunion et je vous ai vu par hasard ce matin dans Thé ou Café. Vous êtes un médecin que chacun recherche pour en faire SON médecin traitant. J’envie votre patientèle, elle est chanceuse.

    Vos témoignages me redonnent foi dans le corps médical et m’aident à comprendre les difficultés que vous éprouvez de l’autre côté du bureau lors de la consultation.

    J’ai hâte de lire vos 3 livres.

    Merci d’exister et de partager.

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  33. russier marie

    Bonjour
    Soignante depuis plus de trente ans ( infirmière puis cadre de santé) ma « carrière » tire à sa fin d’ici 2 ans. Et une envie me taroude, celle de PRENDRE SOINS DES SOIGNANTS. Car comment peut on être bienveillant, comment peut on prendre soin de l’Autre si soi même on est mal ?! Plein de congrès existent sur l’humanitude, la bientraitance, la méthode machin …pour prendre soin de l’Autre…..mais les conditions de travail des soignants se dégradent tous les jours !! il y a un « bog » dans ce raisonnement !
    Alors vous découvrir ce matin est pour moi un cadeau. Je vais lire vos livres et vous suivre. Pensez vous venir un jour dans la Drôme ?
    Merci pour votre action
    Très cordialement

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  34. heliotrope

    j’adore votre idée de faire attention à entrer et sortir de la bulle du premier patient, pour entrer dans une autre bulle avec un autre patient et sortir de cette deuxième bulle … et ainsi de suite,
    ça me paraît énergétiquement tellement juste !
    ça m’évoque un exercice dans le travail du comédien : il enjambe un muret imaginaire pour prendre le rôle et il enjambe à nouveau le muret pour en sortir, afin de ne pas mélanger toutes les vies
    ah oui, j’adore votre idée !

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  35. Louvari elisabeth

    Je suis medecin generaliste et je travaille aussi au centre 15 ( il est 3 h45!)
    J’ai deux patients en fin de vie aux soins palliatifs et je décide d’aller leur dire adieu , LE 11/11 jour férié et de repos (exceptionnel ) par chance (?)ils sont encore capable de me parler ….et je décide de venir les voir ,ensuite,après chaque garde au centre 15 .
    La 2 éme fois je demande à l infirmière si elle a la carte vitale du patient ( et oui LE libéral c’est ça et LE salarié ne le comprend pas …?)
    Réponse nous n’avons pas la carte vitale ; je la demande au fils qui ne l’a pas non plus et fais une feuille de soin papier à l’ancienne ;
    LE soir même LE fils me rappelle furieux …
    Et le lendemain LE 2 éme patient me dit , alors qu’il est en fin de vie ,cancer généralisé , tout recroquevillé dans son lit :  » docteur vous allez avoir de graves ennuis  » je lui réponds mais non tout va bien et il insiste « si si des ennuis avec le service ici  »
    Et bien cette demande de carte vitale à fait le tour du service avant même de m’appeler et de me signaler que mes actes ne peuvent être pris en compte ; et les patients eux même pris à partie ;
    Une cabale une vraie .
    Actuellement j’attends une réponse qt à la cotation de mes actes mais aussi du coup qt à ma protection en cas d’accident sur la route ou dans l hôpital lui même
    Lors de la 2 éme visite je tente de parler au personnel soignant aide soignante et infirmière . Peine perdue : ce sont des visites de courtoisie et puis vous ne prescrivez rien ….
    Deux pbs : de quel droit on me parle ainsi ? Quelle est la réponse de mon assurance pro qt à mes déplacements dans ce service ?affaire à suivre …..

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  36. virginie

    Si remise de la carte vitale par le patient : abus de faiblesse.
    Par le service : escroquerie.
    Vous avez une assurance responsabilité civile personnelle pour les visites de courtoisie. Une assurance professionnelle pour les visites médicales.
    Merci aux soignants de ne pas avoir laissé faire.

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  37. Val

    Baptiste bravo pour votre apparition chez thé ou café, un petit peu de trac mais vous avez expliqué pas mal de choses en peu de temps et sur le même canap que Mlle KAAS !!!
    Je suis en pleine lecture de l’enfant gris et je me régale, merci d’apporter de la joie et de l’émotion par ces temps de grisaille ambiante, Gros bisous

    Val

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  38. Herve CRUCHANT

    J’aime manger des tartines avec de la confiture. Du pain grillé avec un peu de beurre dessus. Avec de la confiture. Et mener tranquillement la palette garnie, bien plate pour qu’elle ne me coule pas trop sur le doigts, vers ma gourmandise. Et regarder les trous dans la mie durcie brunie au feu. On dirait… On ne dirait rien parce que ces bulles coupées en deux, figées luisantes au fond comme une jatte de terre vernie, sont uniques. J’en ai déjà le goût et l’odeur au fond de ma caverne, du côté de l’aire visuelle. Et je saute d’une tartine à l’autre. Parfois plus pour voir le miel du jour s’écouler vers le bord de son monde en espérant voir une étoile, un soleil, une fleur. Une dernière fois une abeille. Dans ce miel ci, je vois des petites bulles discrètes, comme de très anciens insectes pris dans de l’ambre. Et sur le bord, une marge blanche de sucre. On en trouve de semblables sur les lèvres des enfants gourmands. Et c’est attendrissant. C’est comme une journée d’il y a très pas longtemps quand moi j’étais petit. Que je faisait disparaître cette dentelle d’un coup de langue…
    Bulles. Je suis une sorte de ravi mélancolique, parfois désespéré, qui avance dans son existence de cliché en cliché, de scènes figées en instantané inoui. J’ai des millions de clichés dans mon crâne. Avec l’âge, cette photo-cinémathèque me comble. Les persistances visuelles de si petites images mémorisées en un très court instant rejoignent les capacités dégradées de ma mémoire. Je saute des gués imaginaires, imagine des suites, des liens et des ponts-levis entre les instants sculptés dans l’espace temps par les autres. Une mariée qui se penche vers son escarpin droit qui a kidnappé l’ourlet de sa traîne; deux enfants brésiliens petits crasseux discutent appuyés aux cloisons de bois entre deux cabanes de part et d’autre d’un filet d’eaux d’égôut, ils ont tous deux les mains dans le dos comme pour s’asseoir, l’eau puante et noire caresse en passant un gros rat mort de désolation; ce marchand de tout « chinois » d’outre tout inséré dans son capharnaum au point de ne le voir qu’une fois le nez face à son visage figé dans la surveillance de son échoppe…. Et des odeurs, des fumées, des ombres qui passent et s’affairent … Et que je connais pour la première fois en un éclair et puis que je ne reverrai plus jamais. Que dans les bulles de mes souvenirs… Elle est belle, cette vie en carreaux de mosaïque

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    1. marie

      Epicurien du Tout, bulliste génial merci pour ce billet il reactive la makine a bulles protectrices dans ce monde a fleur de skin que tu dirais

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    2. Cath

      Quand j’ai commencé à lire ce commentaire, j’écoutais une chanson des Frères Jacques, qui disait  » la confiture, ça dégouline, ça passe par les trous d’la tartine, pourquoi y-a-t-il des trous dans l’pain… », une chanson qui m’a toujours mise en joie. Le dernier frérot s’est éteint hier.
      https://youtu.be/g5_-zvjJtCM
      Une petite bulle de bonheur…

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  39. Fabinou

    je vous découvre et je vous admire….enfin un VRAI médecin!! ….j’en ai croisé tellement (IDE)….qui savaient tout mieux que moi, mais n’avaient rien compris …car il leur manquait le module « humanité » et parfois « humilité » dans leur cursus de formation.
    Je suis ravie que vous existiez, et je suis ravie pour tous ceux que vous croiserez sur votre route, votre lumière les éclairera quoiqu’il en soit, bulle ou pas bulle, car votre humanité vous la portez comme votre blouse de médecin!!
    votre différence est notre richesse!
    S.F

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    1. Herve CRUCHANT

      @Fabinou. J’avais métier de voler dans les airs pour vous regarder de haut et pour observer vos traces sur la Terre, en prendre des images, etc…. J’ai assouvi une passion qui me reste collée à la moindre parcelle de mon anatomie.
      Durant quelques uns de mes voyages aériens, j’aimais rencontrer des pilotes et bavarder avec eux. Les sujets étaient toujours anecdotiques, plutôt techniques. Je cherchais Saint-Ex et ne trouvais jamais que des conducteurs de machines. Intéressants, certes, mais empêtrés dans leur soit-disant pudeur à dire le vol, leur vol.
      Jusqu’au jour où j’ai rencontré JL Chrétien, après son vol orbital. Un soir après la fermeture d’un salon du Bourget, au bar. Et j’ai pu évoquer -à demi mots- la béatitude, l’accomplissement d’une exigence profondément enfouie; comme un amour qui se réalise. Là où les sentiments ne peuvent pas être factices et calculatoires sous peine d’exclusion définitive. L’alpiniste au sommet de sa montagne doit peut-être ressentir une chose approchée. Il n’est pas de question d’effort, de dépassement de soi, de science ou d’excellence. Il s’agit de satisfaire quelque chose qui vous habite, qui vous poursuit. Déplier sa mèche et allumer sa lumière.
      Ceux qui vous ont fait des leçons avec un air paternaliste et compassé sont peut-être de bons techniciens. Cependant, les meilleurs d’entre eux parlent plutôt plus avec leurs regards qu’avec la tchatche de leurs mains enfoncées dans leurs blouses blanches, stéthoscope en avant comme une légion d’honneur. Et dans leur regard, ils vous disent qu’ils aiment commencer leur journée délirante d’activité par ce petit soleil frisquet qui pointe dans les branches entre le parking et le service. Qu’il faudrait bien dire à Fabinou, l’IDE, de revoir Monsieur Dupont pour le rapprocher de la fenêtre….
      Des bulles d’humanité pour les patients. Des armes fatales contre la maladie.
      Que votre journée soit belle, « Fabinou » 🙂

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  40. Julie

    Pourquoi j’ai cru lire « M. Potiron » jusqu’à la moitié du texte ? Marrant comme le cerveau voit ce qu’il veut…

    C’est épuisant de se créer une bulle pour chaque patient, non ? La créer, en sortir, en recréer une, re-sortir, etc. Bien sûr, j’en comprend tout l’intérêt, mais quelle énergie pour le médecin ! Bravo si tu y arrives 😉 mais j’estime que tu n’as pas « merdé » à partir du moment où tu t’interroges sur la manière de faire au mieux et si tu te questionnes sur le mal être de la patiente. Certains ne se seraient même pas demandé pourquoi elle s’est mise à pleurer…
    Bises bises !

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  41. BROTELANDE

    J’ai vu (par hasard) une redif. de « Thé ou café » -j’aime cette émission ,mais elle est diffusée un peu tôt…-
    Patricia KAAS ne m’étant pas complétement indifférente : j’ai écouté et…et…et….tt à cp Mr BEAULIEU (Baptiste de son p’tit nom!) est arrivé!!!!Alors là j’ai visé le canapé …et m’y suis effondrée!!!(Non non je n’m’a pas étalée sur le carrelage.) J’ai ainsi pu visionner ta prestation à laquelle je mets 8/10 et je dis (avec l’accent canadien : ) J’ACHETE !!! _ et je vais aller prendre l’air pr me calmer_
    Salut à vous tous

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  42. Mealyr

    Un soir après deux heures d’attente chez un gynécologue, il m’examine les seins, me dit tiens vous avez des boulets dans les seins, je lui dis ah bon, il me dit ce n’est sans doute pas grave, juste des adéno machin truc mais on va quand même faire une échographie et une ponction bidule, et je lui dis mais c’est un cancer ou bien et là il me répond je ne pourrai savoir qu’après la piqûre, je sens les larmes qui me montent aux yeux j’avais même pas trente ans ma mère en était à son deuxième cancer du sein ma meilleure amie venait de mourir dans un accident, et là, le gynéco me dit : vous allez pas pleurer quand même, c’est rien ce qui vous arrive. Je n’ai rien trouvé de mieux à lui dire que « ca fait beaucoup de choses en peu de temps… ». Et je suis partie, j’ai ravalé mes larmes, j’ai repensé à ce qu’il m’a dit et il avait raison, ce n’était pas grave, ce n’était pas un cancer. Mais je ne suis plus jamais retournée le voir.
    C’est juste une histoire de plus, on ne vous en veut pas et même on vous comprend, il était vingt heures et des vrais cancers du sein il en voit tous les jours, et même on peut reconnaitre que vous avez raison, allez ce n’est pas si grave, on va attendre avant de s’inquiéter, et je suis contente de voir que parfois vous nous comprenez aussi.

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    1. Herve CRUCHANT

      Je râle de tout et sur tout. Le dire n’étonnera personne. Et le premier sujet déclenchant à cette grogne est le trop fameux « on verra… » lapidaire qui a le pouvoir terrible de pouvoir couper court à toute discussion contestataire. « On verra… ». Ces deux mots qui, à mes yeux, justifient tout abandon, toute défaite, tout renoncement a priori. Fait le lit de l’abdication consentie, glorifient en creux la main mise des prédateurs sur nos vies. « On verra » s’accommode bien du « amen » ou de l’ « ite missa est » qui donne alors au couple maudit un faux air de réfléchi, de déjà vécu, de te casse pas bonhomme, d’expérience. Pourquoi pas de sagesse populaire. J’enrage.
      Jusqu’à ce post de @Mealyr. Je trouve enfin un côté lumineux de la Force dans ses lignes qui m’incite à dire que le recours à la fatalité n’est pas si débilitant. « On verra » çà voudra dire « Cancer ? J’en sais rien. Et puis, là, présentement, je m’en fous ! « On verra » avec les résultats. Je suis prête à être prête, en cas… » et çà remplace la boule d’inquiétude, cette peur déguisée en doux agneau, de monter à la tête. « On verra » c’est une bulle de vie, de résistance, quelque part, de désobéissance, d’insoumission.
      Alors, j’aurais eu des grognes inutiles ? certainement. Je vais y réfléchir. Après…on verra.

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  43. schreck

    Je vous ai connu par mon infirmière de dialyse. J ai un long passé médical. Ma vie est une course de haie je saute, je tombe, je me relève et repars. Je ne pleure pas je reste optimiste. Enfin si je pleure mais seule en voiture la nuit dàns mon lit mais je ne me plains pas. Je suis autonome. Maladie de crohn a 12 ans que l on a découvert à 17 ans. Intervention ileostomie a 22 ans ( tiens ça fait 40 ans çette année). Je reprends mon travail secrétaire médicale à l hôpital en radiologie. Puis un laboratoire s intéresse à moi et je deviens assistante secrétaire de stomises et premier membre de l association. Je rencontre mon mari lui explique ma maladie mais j etais guérie. Malheureusement une nouvelle crise et de nouveau deux mois à l hôpital et nouvelle intervention Bon çette fois c est fini. 3 ans tranquille. On fait une demande d adoption et nous partons au Chili ou nous rencontrons notre fils. Très heureuse ce matin de voir mon petit. Je fais ma toilette et je me touche un sein comme je le fais souvent et je m’aperçois que j ai une boule. Gynécologue, radios cancer du sein. Nous rentrons en France intervention. Tout va bien. Un an après, Un matin, mon mari part au Japon, je leve mon fils pour dire au revoir a son Papa et un problème respiratoire survient. Je vais rapidement chez le médecin puis radio. Sur un profil on note une tache une pièce ee 20 cts comme si on avait déposé là bien ronde. Je pense a un artefact ayant travaillé en radio. Et non, tumeur de type 2. Je vais rencontre 3 oncologues sur qui me donnent trois traitements différents, le premier 3 mois de chimio, l autre 6 mois et le troisième 3 ans de chimio. Je choisis çe dernier traitement car c est un cancer qui est parti par le sang. Pendant un an et demi je vais Paris toutes les 3 semaines faire ma chimio puis je continue à Rangueil en service de jour de gastro-entérologie terminer mon traitement. Puis tout va bien malgré une insuffisance rénale qui me fatigue. La creatinine montait régulièrement jusqu’à au jour ou je suis rentrée en dialyse. Pendant 4 ans, 3 fois par semaine mais j apprends que j ai de nouveau un adénome sur la surrénale droite. Il avait repoussé suite à une première intervention, le chirurgien n ayant pas tout enlevé. Donc tant que je ne suis pas réopérée, les néphrologues pensant a un cancer, je suis retirée des listes de greffes. L intervention a eu lieu en septembre 2015, l adénome n est pas métastatsique donc je suis de nouveau sur la liste de greffés. Huit semaines plus tard, le vendredi soir il y a l attentat au Bataclan. Nous sommes très choqués mon mari et moi car nous sommes parisiens on connaît bien cet endroit. Le dimanche 15 novembre à 17 h le téléphone sonne. Un néphrologue de la dialyse m’informe qu il y a un greffon pour moi. Donc le lendemain a 6 heures je pars à jeun dàns le service de transplantation. Tout c est bien passé, mais le greffon ne veut pas partire, rejet. Un traitement de 60 mg de cortisone m est administré et enfin quelques jours il démarre. Et voila une nouvelle victoire. Ça marche mais les bilans montrent que le greffon ne fonctionne pas très bien. Mais j ai retrouvé la liberté. Je suis inscrite sur la liste pour une deuxième greffe puisque le greffon aura une durée limitée d après le néphrologue. Mais elle est belle la vie meme si je suis en kit, hanche ileostomie, greffon implant dàns les yeux. Je suis heureuse, je vis et je partage de bons moments avec mon mari, mon fils et ma belle fille.

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  44. Gillette Fleury

    bravo, bravo pour ce que vous avez dit dans l’émission « grand bien vous fasse  » ce matin ! Vous et les autres participants avez soulevé une chape de silences, avez allégé le sentiment de culpabilité des patients qui sortent des cabinets médicaux en se disant : mais qu’est-ce que je suis venu faire ici ? Si le médecin a été si froid, si distant, si peu réactif à ce que j’avais à dire , si rapide pour me conduire à la porte alors même que -et je l’ai manifesté-, j’avais encore une question importante pour moi ….. Cette histoire de mauvaise écoute de certains médecins est génératrice d’angoisse. Hier j’ai vu un médecin , suite aux résultats catastrophiques de 2 traitements médicaux dont un pris depuis 5 ans! J’avais aussi des vertiges dont je lui ai parlé …… Aucune réaction, aucune hypothèse émise, aucun contact oculaire, aucune question non plus sur une grande fatigue ni sur les suites difficiles d’une opération du pied.
    En revanche, une remarque ironique( et c’est tout ! ) sur le fait que mon traitement ostéoporose ne faisait pas partie des urgences médicales – alors même qu’elle avait reçu la veille les résultats et me soutenait le contraire ! Là j’ai tout compris : je n’avais pas la chance d’avoir la grippe !!! J’ avais insisté pendant 2 jours auprès des secrétaires pour avoir une consultation avec n’importe quel médecin du cabinet. Leur interrogatoire / filtrage au téléphone, mis en place depuis plusieurs années tourne carrément au flicage . Je m’y suis tout de même prêtée. Que faire d’autre? . J’ai pu finalement voir mon médecin , une femme qui s’est montrée carrément hostile comme je viens de la décrire. J’avais pourtant besoin de son avis pour la reprise ou le changement des traitements .. Et si j’étais sur une plage urgence, j’ai pu constater en ce début d’après-midi que la salle d’attente était déserte ….Je dérangeais donc ! Quelle autre raison à cette hostilité , à ce manque de questionnement et d’écoute de sa part ?
    Votre démarche, votre approche ont été pour moi ce matin un vrai baume bienfaisant …Ont été aussi la preuve que je ne suis pas seule à alerter, et qu’il y a un VRAI problème avec beaucoup de jeunes médecins
    G. 67 ans (Sarthe)

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