Ce qui ne se fait pas. 

(Témoignage de S., si vous voulez témoigner, c’est ICI). 


Alors voilà, m’écrit-il, Maman avait un cancer, mais pas le même qui avait emporté papa 2 ans plus tôt. Un de ceux qui font baisser la voix, comme lorsqu’on dit « Cancer du rectum ». Un cancer « avilissant ».2 ans de maladie, 6 mois d’hôpital, Maman est alitée, perfusée et monitorée. Ses forces s’épuisent mais elle est encore avec nous.

Vient son anniversaire et j’ai dans l’idée de lui faire plaisir : je vais acheter ses plats préférés et aller les manger avec elle, dans sa chambre.

Evidemment, j’en informe l’infirmière en chef et elle me donne l’autorisation.

Arrive le jour dit, je traverse les couloirs du service avec mes paniers pleins de petits plats.

Sur mon chemin, je croise des aides-soignantes et des infirmières que je connais et qui me saluent, comme tous les jours, mais avec un drole de sourire, un je-ne-sais-quoi mystérieux.

J’arrive dans la chambre de maman, et là :

Maman est habillée, assise dans son fauteuil, dé-perfusée, devant une table de fête bricolée avec deux tables de patients côte à côte, surmontée d’un drap en guise de nappe, et d’un bouquet de fleurs en plastique dans un vase duralex.

Et maman est hilare.

J’ai pas pu dire merci, j’aurais crié trop fort.

On ne fait pas ce genre de choses dans un hôpital.

61 réflexions au sujet de « Ce qui ne se fait pas.  »

    1. Axel Eloy

      C’est une question complexe mais j’ai quelques éléments de réponses.
      La tension est très forte dans notre profession.
      On nous demande de faire de plus en plus d’actes techniques (les trucs qui se chiffrent et qui se fracturent), ce qui fait qu’on passe moins de temps auprès du malade à s’occuper de son état psychologique; ce n’est pas ce qu’on nous apprend à l’institut (c’est tout l’inverse en fait).
      La population est vieillissante et de plus en plus sujette à des pathologies « lourdes » qui demandent du temps et de l’énergie physique et mentale, ce qui ne serait pas un problème si les équipes étaient assez conséquentes pour faire tourner et nous reposer. Mais on remplace moins, les jeunes sont engagés sur des temps partiels pour coûter moins chers etc…
      Ensuite la politique, Marisol Touraine (notre chère MST nationale) a communiqué beaucoup ces derniers temps, notamment lors des attentats de Nice, de Paris etc. en remerciant tout le personnel y compris les infirmières. Ça nous fait une belle jambe quand en parallèle ses équipes sont en souffrance et subissent un plan Hirsch qui ne convainc pas et qui épuise encore plus les personnels.
      Donc elle communique nous félicite mais nos demandes ne sont jamais entendues, pourquoi? C’est simple, quand on fait grève on bosse et la plupart d’entre nous avons une conscience professionnelle, on ne va pas laisser les patients, les familles et les collègues sans soutien et sans nous.
      Et je ne reviens pas sur le silence radio observé après les 5 suicides presque successifs qui est un signal d’alarme plus que clair.
      Ah, et saviez vous que le burn out a été retiré de la liste des maladies professionnelles par le sénat il y a de cela quelques mois? Ça revient à dire à l’ensemble des travailleurs de fermer sa gueule et d’aller bosser. T’inquiète pépère t’as juste un petit coup de mou, ça va repartir, arrête de tirer au flanc un peu.

      Voilà quelques éléments de réponse, il y a bien sûr tout un contexte et d’autres points mais ça répond en partie déjà 🙂

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      1. Elle

        … »Ah, et saviez vous que le burn out a été retiré de la liste des maladies professionnelles par le sénat il y a de cela quelques mois? « ….

        Etes-vous sûr de ça ?

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          1. lectrice boulimique

            hélas oui c’est vrai et ça date d’il y a un an!
            http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/06/25/le-senat-estime-que-le-burn-out-n-est-pas-une-maladie-professionnelle_4661134_3224.html

            Je ne sais pas si depuis une autre proposition de loi est rentrée au sénat français pour obtenir la reconnaissance du burn-out.
            En belgique on fait ce qu’on peut, depuis les années 2000 il y a sensibilisation et début de reconnaissance au niveau professionnel mais sur le burn-out du chômeur « activé » ou du parent dépassé, les politiques et le bon peuple ricanent…

            En attendant, cet avis récent (juillet 2016) d’une psy belge, édifiant: http://m.lalibre.be/debats/opinions/le-burn-out-signe-de-bonne-sante-mentale-5783b52035705dcbd6fcf004
            Sa conclusion:
            « Avoir reconnu le burn-out comme une souffrance professionnelle est une bonne chose. Mais non suffisante et sans visée thérapeutique profonde si son traitement se limite à une « prescription » individuelle. C’est comme aider quelqu’un à mieux respirer dans un milieu asphyxiant. Tant que cela sera ainsi, le monde du travail souffrira de ses « malades ». En d’autres termes, une prévention et un traitement des souffrances psychiques professionnelles devraient également s’intégrer dans un questionnement et une réflexion autour de l’éthique, du champ philosophique et de l’évolution sociale et économique de notre société. Vaste et laborieux programme à l’heure de la recherche de l’effet immédiat, peu importe qu’il soit superficiel et éphémère, tant qu’il est visible… Or, la santé mentale ne peut se traiter comme un état grippal. Un bon système d’alarme avertit du danger. Le burn-out signe peut-être plus notre désir et notre besoin de changement vers un mode de vie respectueux de notre humanité qu’une faiblesse ou une incapacité momentanée et individuelle.

  1. Isa34

    Heureuse de constater qu’il y a encore des services hospitaliers avec un peu d’humanisme, ma petite maman est partie à 65 ans, du crabe mais la dernière semaine en soins palliatifs ( donc spécialisés en fin de vie) ont été un calvaire pour elle……..et nous aussi.

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  2. bluetit

    vous auriez du crier, juste de joie mettre un peu de vie en plus
    dire merci version xxl
    c est si bon
    surtout dans ces services
    et cela apporte de la gaité
    merci pour ce témoignage
    bisous bonne soirée à tous

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  3. 40

    Moi j’en aurais pleuré de joie.
    Aujourd’hui en soutien au personnel en grève à l’hôpital, j’ai porté aux infirmières plein de carambars, Mars et autres barres chocolatées.

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  4. Isabelle

    Cool
    Les soignants sont en général très touchés par les famille dignes qui conservent la force de faire plaisir et d’inventer des moments tant que la vie est là.
    Après tout dépend de la « santé » et de la cohésion des équipes paramédicales et médicales…
    Et Oui pafois les professionnels des services palliatifs sont au bout du rouleau alors qu’ils ont été formés spécifiquement.
    Mais allez demander des sous pour une supervision ou un groupe Balint vous verrez la réponse de l’administration….

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    1. württembergische versicherung kfz faxnummer

      Det er helt sant Anne Hilde. Jeg jobber sammen med 4 vernepleiere i undervisningsstillinger som gjør en fantastisk jobb for elever med psykiskutviklingshemming. Elevene får en mulighet til å utvikle gode alternative kommunikasjonssystemer og selvhjelpsferdigheter som gjør at de får større inflytelse på egen hverdag nå og senere i livet. Vi får håpe på en lovendring for disse elevenes skyld. De fortjener det.

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  5. Hécate Lomëwen

    En tant qu’infirmière et en tant que fille ayant perdu sa maman de 58 ans du crabe l’an dernier, il est bon de voir ce type de témoignage.
    Si seulement on nous donnait les moyens humains pour continuer à faire notre travail avec humanité tout le temps…

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  6. Ôde

    MERCI !!! Mon papa est décédé cet été d’epuisement suite à un énième AVC… Il nous a un peu pris par surprise, il a baissé les bras… Trop fatigué de lutter depuis 24 ans… Il a été extrêmement bien soigné et entouré à l’hôpital les dernière semaines… Je suis soignante moi-même et admirative du travail réalisé par les personnels hospitaliers !!!

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  7. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Voilà comment devraient fonctionner tous les hôpitaux. Hélas, l’actualité nous montre que les soignants n’ont plus les moyens ……
    La bise

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  8. Cath

    Voilà un témoignage qui fait énormément de bien à lire. Merci d’avoir partagé ce moment avec nous tous.
    Et pour les soignants, courage et un soutien inconditionnel pour votre action.

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  9. Cath

    « Un de ceux qui font baisser la voix, comme lorsqu’on dit « Cancer du rectum ». »

    Ce cancer… Que je vous raconte l’anecdote suivante, authentique, bien sûr.
    Je travaillais à l’étranger, dans une organisation où diverses nationalités se côtoyaient, la langue de travail étant l’anglais. Très amie avec une collègue anglaise, nous avions toutes deux à cœur de traiter la situation d’une troisième, victime d’un AVC avec complications etc.

    Nous avons mené campagne au pas de charge auprès du service RH qui n’avait pas fait son boulot au motif qu’en période de vacances, sous-effectif etc…les plumes ont volé et quelques croupions s’en sont trouvés fort dégarnis. Nous avons vérifié la situation sécurité sociale et mutuelle pour nous assurer que les frais d’hospitalisation et autres seraient correctement pris en charge. Le délégué en charge des relations mutuelle se voit donc contraint de nous rencontrer toutes les deux et arrive avec un gros classeur sous le bras pour nous affronter -il faut dire que côté taille, qu’il nous arrivait à l’épaule et que nous n’étions pas d’humeur particulièrement aimable et conciliante – considérant la situation dans laquelle s’était retrouvée la collègue.
    Bref, le voilà qui se lance dans des explications détaillées sur les modalités de prise en charge, et que pour éclairer son propos, il souhaite prendre à titre d’exemple une maladie répertoriée dans son classeur qu’il ouvre au hasard, et tombe sur « cancer du rectum »… Je n’avais jamais vu un type piquer un fard, mais là, il aurait pu éclairer la mer du Nord. Pour ajouter à son inconfort, nous n’avons pas pipé mot et par notre air d’attention concentrée, nous l’avons contraint à continuer sa démonstration sans changer d’exemple.

    S’est-il jamais douté que la concentration manifestée consistait surtout à se mordre les joues pour ne pas éclater de rire ?
    Comment avons-nous pu conserver notre sérieux toutes les deux ? Là, c’est simple, on ne s’est pas regardées, surtout pas… En tous les cas, il a été professionnel jusqu’au bout, a continué son laïus en virant rouge tomate. Cela dit, il nous a évitées comme la peste par la suite, rasant les murs quand il nous apercevait de loin.
    Depuis, quand quelqu’un parle de cancer du rectum devant nous, cela provoque une hilarité quasi inextinguible. Mais il est vrai que nous n’avons personne de notre entourage qui en souffre.
    J’espère que ceci vous aura fait sourire.

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    1. marie

      « Rouge a en eclairer la mer du nord  » ça cest une performance et jimagine fort bien ta tete de femme d’affaire au bord de la poufferie alors …bein je pouffe vé tè pardi

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      1. Cath

        Dis donc, tu as vu que tu avais viré au jaune ? Je vais continuer à t’appeler Marie la Bleue, parce que le bleuet est quand même plus délicat que le bouton d’or ou « la jaune ».
        Cela dit, quand on se rappelle la scène, on en chiale toujours de rire 😉

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  10. Gaëlle

    Bah.. ça donne des frissons d’émotions quoi !
    C’est juste une attention, une toute petite attention mais pour un grand moment de bonheur. Merci à elles !

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  11. Maritxu IBARBURU

    Un jour,Fabienne, ma collègue infirmière, a fait passer du champagne par la sonde de gastrostomie d’une patiente, qui ne pouvait plus ni manger , ni boire. Je vous laisse imaginer le sourire de béatitude qui a illuminé son visage……

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  12. Hélène

    Tellement beau ! et humain, et bienveillant, et attentionné, à l’écoute….
    Merci ++++ Baptiste de partager cela avec nous tous.
    Cela fait tant de bien !

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  13. Agnès

    Merci, merci pour cette belle histoire!! Elles sont formidables, nos infirmières, leur admirable travail et tous leurs efforts ne sont pas assez reconnus!

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  14. laetitia renaud

    J’ai vécu un peu le meme genre de mise a disposition avec un personnel soignant aux petit soins. C’était il y un peu plus de 4 ans maintenant, mon meilleur ami, venait de fêter ses 25 ans et souffrait d’un cancer généralisé vraiment fulgurant ne lui laissant aucune chance de dire oui a sa dulcinée comme il avait prévu de le faire un mois plus tard. On a célébré leur mariage sur si lit de malade, les infirmières avaient mis a disposition de la marie le bureau de la cadre pour la mise en robe. Ce fut très émouvant meme si cela était très triste. Mon pote nous a abandonné deux semaines plus tard mais je n:oublierais jamais ce fameux jour

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  15. isabelle

    quelles joies à partager avec des collègues chaleureusement complices : créer des petits bonheurs à saisir par nos patients : mettre les deux lits l’un contre l’autre quand un couple est hospitalisé simultanément, glisser un peu de jus de grenade entre les lèvres d’un charmant monsieur chilien muni d’une sonde naso-gastrique quelques temps avant qu’il ne s’éteigne, faire tard le soir une course de fauteuil roulant avec un enfant (valide) qui ne trouve pas le sommeil, fermer les yeux sur le sac de sport qui bouge parce qu’il contient le chat qui vient apaiser sa maîtresse pendant quelques minutes, jouer à « petit Pierre a mal au doigt » (connaissez-vous ?) avec une princesse de 6 ans qui doit rester immobile pendant un soin, piocher discrètement une fleur dans un énoooooooorme bouquet de la maternité pour aller la poser sur le corps de cette dame qui est partie dans la plus grande des solitudes…
    Tous les jours, toutes les nuits, des soignants trouvent ces gestes d’humanité qui font tant de bien

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  16. Julie

    Quelle belle histoire ! Voilà je suis émue. Et c’est une émotion qui fait du bien.
    On voudrait tellement plus d’histoire comme celle là, pas seulement dans les hôpitaux (en ont-ils seulement les moyens ?) mais dans la vie de tous les jours.
    Cath tu as raison, ces petits gestes changent la face du monde ! Et bravo à tous ceux qui créent ces précieuses attentions.

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  17. Herve CRUCHANT

    Lui, il s’appelait Lucien. Adjudant chef Armée de l’Air à la retraite. L’autre, Frédéric. A deux semaines de la retraite de comptable. Le premier avait apporté une bouteille de rouge bien en chair et bien en robe. L’autre était maigre comme un clou et mangeait doucement les rondelles de mortadelle dont il ne sentait même plus le goût. Le premier c’était mon oncle. Le second était mon père. Et ils se sont racontés des histoires tendres de bar de l’escadrille.

    Quand le toubib est venu, quelques heures plus tard, pour faire semblant de regarder la feuille de suivi de soins qui faisait de la barre fixe au pied du lit , comme si les températures inscrites avaient un sens quelconque, il s’est arrêté un moment en sentant l’odeur de ripailles, a regardé l’infirmière qui ne pipait mot avec une lueur de douceur de feu de bois dans la prunelle. On était déjà le 17 septembre dans les Hautes Alpes et le climat était au gris. Puis chacun a repris sa visite du temps qui reste.

    Le feu s’est éteint le 24 à l’aube. Après que mon père eut prolongé un peu son souffle, pour profiter d’une petite douzaine de jours de retraite puisqu’il était né le 12. Histoire de laisser en cadeau à Maman une pension de reversion complète et de quoi vivre décemment, arraché avec peine au banquier rapace.
    Durant son vivant, il aimait faire rire et faire le malin. Le jours de l’enterrement, comme la porte n’était pas tout à fait dans l’axe du ciel, les croque morts ont fait sortir le cercueil debout.

    Au « bar de l’escadrille », en fait la cuisine du logis familial, mon Oncle a sorti un jambon et une autre bouteille de vin. Et on a ri ensemble de la sortie du Père debout entre ses quatre planches. La famille a bu, pleuré, mangé, s’est mouchée et puis est repartie vers ses propres angoisses.

    Je me rappelle avoir donné ma part de gâteau au chien, couché dans son coin et n’y comprenant rien. Et puis je suis allé me coucher.
    Je ne tenais plus debout.

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    1. marie

      Le rire spécial d’après les funérailles comme un anesthésiant qui soudent les chagrins pour maman on a tous recherché les expressions les plus fleuries qui ponctuaient ses phrases de son vivant, les echos de nos fou rire ont du la ravir

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  18. genevieva

    quand je lis tous les témoignages, je vois que tout le monde a besoin d’amour, et le personnel soignant est formidable, comme l’ont été ceux qui ont été présents en soins palliatifs pour mon mari et cela a duré trois semaines, je les remercie pour leur gentillesse

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  19. Martingoule

    Dans un hôpital ya là meilleur et le pire cela dépend des personnes que l’on rencontre.
    Dans un hôpital j’ai vécu le meilleur et le pire.
    J’ai horreur de généraliser ya des bons et des mauvais partout à l’hôpital comme ailleurs….d’ailleurs.

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  20. Delismah

    On a aussi pu faire ça pour Maman (57ans), dès qu’ils nous ont annoncé que c’était fini sans pouvoir se prononcer sur un délai, on n’a pu apporter à l’hôpital des huitres, de moules, et autres fast food, tout ce qui lui fait plaisir nous ont-ils dit, ils nous laissaient lui emmener ses petits-enfants, les heures de visites ne nous étaient pas appliquées… Une chouette équipe bien intentionnée et attentionnée… pas comme en soins palliatifs…

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  21. Chris Le

    Comme quoi, ce sont parfois de « petites attentions » qui ne coûtent pas bien cher, mais qui sont tellement immenses ! Bravo à cette équipe de soin !

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  22. Marie

    J’ai éclaté en sanglots en lisant ces lignes… C’est tellement beau ! ça manque, un peu d’humanité parfois. Merci aux infirmières et à vous de relayer cette histoire.

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  23. Giroflée

    Avec pas de moyens le personnel hospitalier réussit à faire des miracles…Merci à tous nos anges gardiens du quotidien (personnel soignant et pompiers) ils sont juste…fabuleux ! Merci à eux tous ; )

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