10/1000

J’ai reçu beaucoup de témoignages. Je ne savais pas quoi en faire. On m’a dit « Publie-les comme ça ! Celles qui voudront ajouter leur témoignage pour parler commenteront, celles qui veulent juste lire pour ne plus se sentir seules liront. Et celles qui veulent t’écrire en message privé pour ajouter un témoignage anonymement t’écriront. »

Alors voilà.

Parce que cela touche 10,1 grossesses pour 1 000, et qu’on devrait le dire plus souvent. Savoir que c’est une possibilité, intégrer cela, penser que c’est loin d’être rare et qu’il n’y a pas à se sentir coupable de quoique ce soit.

Ensemble on est plus forte.

Il n’y a aucune raison de souffrir seule.

Donc voilà, j’ouvre cet espace sorore sur Facebook ICI (pas besoin d’avoir Facebook pour voir l’album photo, il faut juste cliquer sur le lien, lui dire qu’on se connectera plus tard et on peut voir l’album photo qui est public) ou vous pouvez au choix commenter ou envoyer vos témoignages (à moi ou à Marion G. ++++ si vous préférez une interlocutrice ce qui me paraît plus légitime).

Et merci à Magali B. sans qui rien n’aurait été possible.

20 réflexions au sujet de « 10/1000 »

  1. Kikok

    Mais Baptiste, sais tu qu il y a des gens qui ne sont PAS sur Face de Bouc ? (Et qui ne sont pas près d y aller…) Dommage de ne pas pouvoir te lire ici 🙁

      1. Aurore

        Il n’y a pas besoin d’avoir face de bouc pour voir l’album photo, il faut juste cliquer sur le lien et ensuite lui dire qu’on se connectera plus tard et on peut voir l’album photo qui est public.

  2. Chris, La Muse

    Je vois un témoignage de Sage-femme : sachez que celle qui a été là pour moi et pour mon bébé, mon petit Richard, a été extraordinaire.
    Elle s’appelait Éva.
    Elle m’a simplement (simplement ?) aidée, dit lorsque je lui ai demandé et pas avant que oui, mon bébé était beau, rassurée en me disant que j’etai Courageuse, moi qui me sentais une grosse m…., bref, je pense qu’elle a dû pleurer le soir chez elle, mais si elle savait à quel point elle a été indispensable pour moi lors de cette épreuve.
    Merci aux soignants qui sont empathiques. C’est tout bête, mais qu’est-ce qu’on en a besoin.
    Je vous aime.
    Christine, Muse,
    Maman de Richard
    Né et mort un 31 janvier.

  3. Rodjeur69

    Je suis étonné de voi que tu ne t’adresses quaux femmes. Certes, ce sont elles qui levivent dans leur chair, mais les papas des bébés non nés sont aussi susceptibles de souffrir de la perte de l’enfant à venir.
    Lorsque ma femme a perdu bébé a 3 moi de grossesse, le monde s’est effondré pour moi aussi. La gynéco de l’hôpital où je l’ai emmenée pour une IVG thérapeutique m’a scié lorsque je lui ai confié mon désarroi.
    Depuis 3 mois, j’avais l7u tout ce que je touvais sur la grossesse et comment l’accompagner. Mais aucun bouquin ne parlait de la fausse couche.
    Elle m’a répondu que, déjà, être là, c’était énorme. Ensuite, elle m’a bien calmé en me disant que, depuis qu’elle exerçait, elle avait constaté qu’une première grossesse qui arrive à terme, c’est un petit miracle…
    On a mis du temps à s’en remettre et l’arrivée d’un beau bébé en pleine forme, deux ans plus tard, nous a guéris.

    1. Chris, La Muse

      Les hommes qui accompagnent leur femme dans ses moments si douloureux sont aussi extraordinaires. Ils souffrent, mais n’ont pas le droit de souffrir, ils doivent être forts.
      Vous avez toute ma compassion, monsieur. Et oui, nous (les femmes) mettons au monde, mais nous sommes deux à perdre un enfant. Ou plus, lorsqu’ Y a déjà une famille.
      C’est si dur pour tous.

      1. Chris, La Muse

        Enfin, la société, de son regard, les empêchent de souffrir. Vous avez raison, ce n’est pas juste.
        Je le sais pour l’avoir vécu. On croit les hommes invincibles, mais non, ils ont aussi besoin de soutien. Pour soutenir. Pour tenir ensemble dans cette terrible épreuve. Si douloureuse.
        Courage à vous et à votre épouse / compagne.

    2. mimi

      Bonsoir,
      Une question SVP : Comment une gynéco a pu vous dire qu’une 1ère grossesse arrivant à terme « était un petit miracle » ?
      Je ne vois pas la différence entre une 1ère, une 2ème, une 3ème…
      Nous avons eu 3 enfants en 26 mois,. Cette 3ème grossesse était en effet « à risques » car très rapprochée.
      Je pèse mes mots, car seul le fait d’être très proche de notre second enfant était « le risque ».
      Tt juste 12 mois.
      Le seul « souci » a été un tt petit poids pour ce 3ème…

  4. Rosi

    Il y a celles à qui le medecin dit qu’elles sont jeunes et qu’elles en auront d’autres et il y a celles comme moi à qui le medecin dit qu’elle est trop vieille et qu’elle a la chance d’en avoir déjà 3 et qui donne une ordonnance de contraception … (mais pas d’arrêt de travail …). Ma petite Eloïse née 1 an 1/2 après ce drame lui passe le bonjour …

  5. Cricri

    J’ai perdu un enfant en 1986, je ne l’ai vu qu’une fois, lui à Paris, moi dans les Yvelines ! A entendre les autres bébés et ne pas pouvoir toucher le mien ! Ce fut très dur. Voici ce que j’ai écrit plus tard en 2003 après avoir eu un autre enfant en 1989 :
    Le 21 mai 2003
    HOMMAGE A UN ANGE

    C’est ton histoire que j’ose à peine écrire, car elle m’inspire encore trop de larmes. Toi, dont la venue était tant souhaitée, tant d’espoirs si vite déçus. J’avais imaginé comme tant d’autres, autre chose que cela… J’étais jeune, je me suis vite sentie coupable…mais coupable de quoi, en fait. Même si la vie n’est pas toujours belle, je croyais qu’elle méritait d’être vécue et là, ce jour-là, tout s’est écroulé.

    Comment survivre avec un tel fardeau à supporter ?…Plus rien ne m’intéressait alors, ni les livres, ni le sport, ni mon corps…Je n’avais plus de but, plus rien. Mes poèmes n’étaient plus que désespoir, je ne croyais plus en rien…

    Un chagrin inconsolable. Les racines du mal incrustées dans mon ventre que je détestais alors.

    Et pendant ce temps d’autres abandonnaient ce trésor inestimable, des vies si fragiles, si confiantes, dans de vulgaires sacs plastiques, dans une décharge…Comment comprendre de tels gestes…

    Moi qui n’avait pas eu le temps de te voir grandir, durant quinze jours, un calvaire…quinze jours à espérer et désespérer. Je n’ai pu te voir, si petit, si fragile, qu’une seule fois dans cette petite « cage de verre » d’hôpital, pauvre moineau malade, entouré des infirmières pourtant dévouées. Blessée dans mon corps et dans mon cœur, je voulais que tu vives, croire au miracle…Puis un matin, on nous avertit que tout était fini…Le trou noir, je ne voulais pas de ce cauchemar, de cette vérité…Tu n’as pas pu ou pas voulu vivre, comment le savoir ? Pourquoi ? Pourquoi tout ce malheur tombait sur moi ? Je n’ai pas voulu, ni pu te regarder alors…Une religieuse s’est occupée de toi, mon petit ange et je m’en veux encore…

    Après les obsèques, où le temps même me narguait, un ciel bleu magnifique et un soleil radieux, en ce mois de septembre, la nature n’était même pas triste, les questions n’en finirent pas ! Qu’avais-je fait, de quoi étais-je coupable ? Même les musiques aux notes les plus tristes n’étaient pas aussi tristes que moi. C’est encore difficile d’exprimer ce que j’ai pu ressentir durant cette période. Tout me dégoûtait, m’indifférait…Je ne voulais que toi dans mes bras et tu n’y étais pas, tu n’y serais jamais. Pourquoi ?

    Vînt Noël, et les peluches douces et gracieuses me narguaient aussi dans les vitrines des magasins. Toutes ces magnifiques choses pour enfant que je ne pourrais jamais t’offrir, tout se liguait contre moi, tout ne m’inspirait que du remord, du désarroi, du dégoût. Ton père ne me consolait pas, ce n’était pas sa faute, il était sans doute aussi triste que moi et ne savait quoi faire devant tant de peine…

    Un an à peine s’écoula et c’est un neveu qui arriva. Je ne voulais pas être une marraine, en avais-je le droit ? J’étais coupable, je devais porter malheur. Puis au baptême, je pensais surtout à toi, mon ange et tu n’aurais pas droit aux dragées non plus. C’est fou comme tous ces détails indisposent alors. Comme tout cela fait mal.

    Ni maman, ni marraine, j’étais inutile. C’est la déprime qui me guettait. Je me débattais seule avec mon chagrin. Le travail repris trop tôt, pour éviter de penser, de m’apitoyer sur moi, ne suffisait pas à enrayer ce trop-plein de larmes…ce trop-plein de cette absence, trop présente, trop pesante. Et les collègues revenant de congé maternité, fières de leur bébé, je ne leur en voulais pas, mais dans mon coin, je pleurais le mien…Je pensais même que la maison était trop petite, qu’elle n’était pas conçue pour un enfant.

    Les larmes me viennent encore en pensant à tout çà, c’est mon histoire et je n’y peux rien.

    C’est une triste histoire, une histoire vraie, mais je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières. Si cette histoire peut servir à quelqu’un, à quelqu’une surtout, rendre espoir, je vais poursuivre et raconter comment j’ai évité le pire…

    Au fil du temps, malgré le dégoût que j’avais de moi-même, petit à petit, je ne sais pas par quel miracle, je me suis mise à penser autrement. Qui était cette petite voix au fond de moi, qui me poussait à espérer à nouveau, était-ce toi mon ange ? J’ai beaucoup de mal à t’appeler par ton prénom, car pour moi, tu es un ange trop vite passé, un ange que je ne peux pas oublier, un ange qui peut-être m’a aidée…que j’ai aimé et qui m’aime sans doute là où il est.

    Puis, il y avait eu cette année-là, Tchernobyl et après tout, n’était-ce pas la raison de tout ce gâchis ? Je ne le saurais peut-être jamais et ce n’est peut-être pas le plus important. Le plus important c’est cette force intérieure qui m’a poussée, qui m’a convaincue qu’il fallait tout recommencer, tout tenter malgré la peur. L’enfer comme le bonheur n’est pas toujours où l’on croit.

    Oui, le temps passa, je repris espoir, il fallait essayer à nouveau, ne pas rester sur un tel échec. Sinon que faisais-je là, sur cette terre ? Malgré tout , malgré les guerres, les catastrophes, pourquoi insister et vouloir à tout prix donner la vie ? Ce fût plus fort que tout le reste. Après des examens complémentaires destinés à soi-disant éliminer certains risques et après avoir retrouvé une certaine forme et une certaine joie, trois ans après, parmi l’espoir et aux milieux des nombreux doutes, arriva ton petit frère…

    Oubliée alors toute cette peine, mais pas toi Cher Ange…

    Et vinrent ensuite d’autres questions au milieu du bonheur. Serais-je à la hauteur de la tâche ? Comment m’occuper de ce petit corps, si petit, si fragile, si précieux à mes yeux. Ce merveilleux trésor était-il pour moi ? J’étais radieuse. Mes poèmes à nouveau se firent plus gais. Mais j’étais trop occupée à suivre l’évolution de ce merveilleux cadeau.

  6. Kahina

    Je n’ai pas fb mais je trouve l’idée formidable, à l’image du Dr B. Merci d’avoir une pensée pour ces femmes, ces couples qui sont passés par ces drames.

  7. Lise

    On ne dira jamais assez la meurtrissure que représente le fait de perdre l’un de ses enfants …
    Jamais.

    Et oui Baptiste, tu as raison, ce chiffre de 10/1000 en dit long ….
    Pourquoi en parle-t-on si peu alors ? Est-ce si indicible ?
    Une chose est certaine, pour l’avoir vécu : les gens n’apprécient guère que l’on évoque ce sujet avec eux !
    Pas étonnant, dans ses conditions, qu’il soit si difficile de faire son deuil …

  8. Jac

    J’ai fait deux fausses couches spontanées à peu de mois de grossesses même pas fortement désirées.
    Mais que sait-on parfois de ses désirs ?
    J’ai pensé à elles/eux tout le temps.
    Leur nom que je n’ai pas pu déclarer.
    C’est la rentrée en CP, en 6e, l’âge du bac , de rentrer dans la vie active, …
    C’est bizarre la Vie.

    Mais je suis absolument favorable au choix et à la possibilité d’avorter.

  9. Lise

    Je repassais, j’en profite pour corriger la faute d’orthographe dans mon message du 8 décembre …
    Il fallait lire « dans Ces conditions » bien entendu …

    Je suis allée lire les témoignages sur FB.
    Tous l’expriment très bien : quand on perd un enfant, quelque soient les circonstances, que ce soit in-utéro, peu après la naissance ou bien plus tard encore, c’est comme si un morceau de soi nous était arraché … C’est assez difficile, en fait, à exprimer à ceux qui ne l’ont pas vécu …
    Dans le cadre du deuil périnatal, cette douleur est amplifiée car elle se heurte aux « il faut passer à autre chose », aux « c’est mieux comme ça », aux « vous en referez un autre » … Ce n’est pas un autre, c’est cet enfant-là que nous aurions aimé voir vivre et grandir … Est-ce que l’on dit à une personne qui vient de perdre son conjoint ou sa conjointe : « tu en trouveras un(e) autre » ? D’où peut venir cette curieuse idée que les enfants sont interchangeables ?!?

    Courage à tous les parents endeuillés, et merci à tous ceux qui les soutiennent et les accompagnent sur le long chemin vers un peu de paix ….

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