Bibi journaliste.

Alors voilà… Lunettes rondes, casquette en cuir vissée sur le crâne et barbe blanche en dessous, Christian est bénévole au Secours Populaire, vieille asso de 70 ans.

Il coordonne l’équipe « Petit déjeuner ».

« Tous les dimanches matins, la caravane s’installe là-bas, à la rencontre des sans logis, des précaires, des réfugiés, tous ceux qui dorment dehors. Crois-moi, Baptiste, ça ne faiblit pas, bien au contraire… On a de plus en plus de travail…

— Pourquoi le dimanche ?

Sourire en coin.

— Le dimanche, jour du seigneur, les services sociaux de la ville de Toulouse sont fermés. La Place du Salin, c’est le seul endroit où on peut fournir un peu de nourriture chaude ».

Un peu plus loin stationne une deuxième caravane.

« Des amis, m’explique Christian ».

Le « Camion-Douche » propose aux plus pauvres de se laver et leur offre quelques produits d’hygiène…

« Une boulangerie industrielle nous donne ses invendus du samedi, l’hôpital Joseph Ducuing nous prépare de l’eau chaude pour le café. On part avec 22 litres d’eau bouillante… ».

Il faut imaginer la scène : la cathédrale en briques roses derrière, les boutiques cossues fermées tout autour. Des petites tables sont dressées, des hommes et des femmes en situation de grande précarité viennent prendre un petit déjeuner, mais c’est la matinée qu’ils agrippent et ne lâchent plus.

« Ils restent là jusqu’à midi. Ce sont des personnes assez isolées, alors une fois par semaine, c’est important d’être debout autour d’une table, et de ne pas y être tout seul »

Selon les intervenants, ont lieu sensibilisation à l’hygiène bucco-dentaire, cours de prévention sexuelle, dessin, lecture…

« … une fois on les a emmenés à Gruissan. C’était fou, un jeune venu de l’autre côté de la Méditerranée retrouvait la mer après plusieurs années… La dernière fois, il était un gamin terrifié, sur une barque minuscule, alors autant dire qu’il n’en n’avait pas gardé un très bon souvenir… Un de nos vieux habitués, Raymond, qui est sans domicile fixe, l’a pris par la main et, tout doucement, en le guidant, il lui a fait redécouvrir la mer… Ils ont mis un pied, puis deux, fallait pas brusquer les choses… fallait… fallait lui faire redécouvrir autrement… J’ai pris une photo de ce moment…».

Long silence. Je sens que Christian veut essayer de me dire quelque chose, alors je me tais.

« On en est déjà à six. Six habitués. Morts. Chez eux. Seuls. C’est ÇA, la vie de la rue. Comment on le sait ? Ils viennent tous les dimanches, puis un jour ils ne viennent plus, puis on les cherche, puis on les trouve. Ils ne meurent pas d’être pauvres, ça non. Personne ne meurt de la pauvreté, tu sais ? On meurt d’être seul, ça oui, et c’est tout, et c’est trop. »

Christian se tait, balaie l’espace devant lui d’un revers de main :

« Ça me révolte. Moi je les vois ces gens, je les vois vraiment ! Je ne me résignerai jamais. Parce que la solidarité n’est pas qu’un mot. Le partage doit être inévitable : on n’a pas le droit de se dérober au rendez-vous de l’Histoire. Tu sais, Baptiste, l’autre homme, mon autre à moi, il n’est pas étranger. Ça n’existe pas, d’ailleurs, l’étranger. Y a des solitudes et des détresses, ça oui, et on passe notre chemin, on devrait pas, mais on le fait. Alors qu’on est tellement proches les uns des autres. Il faut donner aux gens le goût des autres, il faut… banaliser la rencontre. »

Il enlève son béret, le tourne entre ses mains. Il donne l’impression de se mettre tout nu en se confiant. Chaque mot est comme un vêtement qu’il enlève.

« J’ai 65 ans. J’ai 65 ans, j’aime ma famille, mes enfants, mes petits-enfants, et si je pouvais leur laisser un conseil ce serait : aime tout le monde quitte à te tromper, mais essaye l’amour en premier plutôt que la méfiance. Un homme, ça se considère. »

Je n’interromps pas Christian. Il me parle de ces quelques habitants, parmi l’association de quartier. Deux trois grincheux qui se sont plaints. Précisons : ce n’est pas n’importe quel quartier, ici, mais l’un des plus huppés de Toulouse. Est-ce que les SDF dérangent ? Est-ce qu’ils sont insupportables ? Est-ce que une fois par semaine était déjà une fois de trop ? La vie doit vivre, pourtant.

— La mairie nous avait donné un double de la clé du cadenas qui condamne l’accès à la place. Ça fait 34 ans qu’on est là. Ça n’a jamais gêné personne. Et tout à coup, voilà que la police arrive hier, et nous dit « c’est fini, maintenant. Il faut partir, il faut s’en aller ».

Le fonctionnaire de police, la mairie, la préfecture, bref que sais-je, une personne dans la chaine de décision, n’a pourtant pas manqué de courage : le procès verbal pour occupation illégale de l’espace aura été adressé au Secours Populaire.

— Le camion ne viendra plus ?

— Si, même s’il doit changer de rue, il sera toujours là, tous les dimanches de l’année, nous ne lâcherons jamais nos amis !

Baptiste Beaulieu, Toulouse, le 27/11/17

(Faudrait que la mairie de Toulouse fasse quelque chose… Faudrait que les gens lui écrivent… faudrait… arghhh… si seulement les gens avaient le mail de la mairie… s’il seulement il suffisait de cliquer sur le mot MAIRIE pour y accéder… )

69 réflexions au sujet de « Bibi journaliste. »

  1. Philippe B

    Que vos mots sur ces maux sont beaux… Et pourtant que cette façon de faire est petite et mesquine de la part de la mairie d’une grande ville comme Toulouse.
    C’est vrai, s’il suffisait de cliquer sur le mot MAIRIE pour n’avoir plus que des Christian et des Baptiste…
    Courage Christian…
    Merci Baptiste de nous relayer ces injustices

  2. Chris, La Muse

    Oh Baptiste, j’ai connu en maraudant la police municipale (adressée par ses supérieurs, on est bien d’accord) venir à six (six !!!) dans le gymnase exceptionnellement prêté pour accueillir des gens sans abri. A 10 h du matin. Ils sont rentrés, à SIX, alors que nous étions là, en tenue, que tout s’était bien passé, ils sont rentrés à SIX pour être certains que ces pauvres gens (qui avaient connu les horreurs de la guerre, donc je ne te parle pas de l’effet visuel d’un uniforme), que ces pauvres gens, dont des mineurs, partent bien à l’heure, à pied, dans la neige et le froid. Nous les avions déjà fait partir, une intuition, les bras chargés de nourriture. Quand j’ai signalé qu’une seule personne aurait pu venir nous voir pour éviter de rentrer à SIX dans un gymnase et créer un choc psychologique à ces personnes déjà rudement touchées, on m’a précisé que oui, mais ils obéissaient à des ordres.
    J’ai partagé sur mes pages FB, si dans mes amis il y a des habitants de Toulouse. Merci à eux.
    Merci à toi, Baptiste. ❤️

    1. Cath

      Quitte à obéir aux ordres, ils auraient pu venir avec des croissants, des petits pains et des douceurs dans les mains. Ce serait mieux passé et le sentiment du devoir accompli n’aurait pas été usurpé.
      Mais je rêve encore, n’est-ce pas ?

    2. Herve CRUCHANT

      Guignol. Ils étaient six aux ordres. Il était un seul à les donner. L’autre qui avait écouté les grincements des bourgeois pensait à sa promo-peut-être. Une suite de relais comme les anneaux d’un ténia. Tu nous manques Jacques. Jacques Prévert. Quand viendra le temps de leur messe de noël, l’esprit engourdi par le froid de la cathédrale et les verres qu’ils auront déjà bu, ils ne penseront plus à ces types qui fermaient les yeux en prenant une douche dans le camion du dimanche. Demandant à l’eau de les laver de toute s les misère que leur vie dépose sur leur être comme une crasse grise. Comme le chancre de la solitude. Ils aimaient tenir un café chaud dans leurs mains. Ils aimaient la vapeur qui semblait venir de leurs mains, comme le prestidigitateur sort un foulard du chapeau. Celui-ci souriait à cet autre du bout des yeux aux mille rides. L’autre regardait le moineau perché sur un bloc au garde à vous devant la Préfecture. Deux êtres semblables se réchauffant à la lumière d’un rayon de soleil hivernal. La vie se faufile et vient participer à la fugace fraternité suspendue à l’horloge du fronton rouge.

      Dans La République, cet endroit où se rencontrent les bonnes volontés des citoyens et les hyènes qui ont volé leur vie aux autres, chacun possède un nom, même quand il n’a plus rien. Et chacun répond à la loi quand la loi l’interpelle par ce nom. Chacun, autour d’une table de pique-nique saura le faire au besoin. Aux vus et sus de tous. Mais quel ordure bourgeoise, incommodée par le bruit et l’odeur de la pauvreté quelques heures par semaine, à l’heure de la messe, verra son nom déclaré au peuple? Celui qui préfère se plaindre comme on va à confesse aux oreilles du maire, du préfet, du commissaire, ventre rond et conscience en conformité avec le bon droit qu’il a lui-même écrit, peaufiné, imposé dans une salle des Illustres peut-être, celui là ou l’un de ses semblables, aura-t-il un jour son nom écrit sur une affiche légale collée sur un mur, près de chez lui, en belles lettres noires, grasses et dociles ? Juste pour que tout un chacun puisse reconnaitre valeur à ses plaintes contre des pauvres incapables assistés, trop présents, encouragés dans leur fainéantise par des complices bolchevicks aux mœurs improbables? Celui là sussure au prélat, au nonce du fric, au nécessaire banquier, et s’indigne. Ces pauvres là sont suspects et n’ont pas besoin qu’on lui montre sous ses fenêtres. Lui, il n’en veut pas. Personne n’en veut dans ce quartier de noblesse là. Ici, on a ses pauvres à soi.

  3. Raymonde

    merci Christian
    merci Baptiste de relayer ce témoignage
    merci pour cette photo pleine d’humanité
    Ces derniers temps la Méditerrannée c’est plutôt la mort…
    cette photo symbolise la VIE

    Je vous embrasse
    Raymonde

  4. Maritxu IBARBURU

    Bonsoir Baptiste, pour ma part j’ai envoyé un mail à la mairie de Toulouse. C’est le moins que l’on puisse faire ! Ce témoignage est tellement touchant !
    Un peu d’humanité….

  5. Lys18

    J’en ai les larmes aux yeux.
    Vous êtes exceptionnels tous les deux.
    Combien de Baptiste,de Christian, contre l’ injustice,les mairies etc…
    Ne jamais baisser les bras.Il en va de la dignité humaine.
    Merci Baptiste d’être le « passeur » de cette formidable leçon de vie et d’Amour.

  6. Vizzarri

    Cette image de ces 2 hommes… Le sourire de ce jeune homme… Le visage bienveillant de cet homme : l’Humain prend tout son sens et elle est là la beauté capturée par une p’tite boîte comme le faisait si bien Doisneau… Un geste simple et gratuit qui veut dire beaucoup : un sourire:)

    Jolie soirée:)

    Marielle.

  7. Marie Noelle

    Malheureusement tout cela ne concerne pas que Toulouse.
    Ce soir passe sur Planete+ un film documentaire/temoignage de Michel Pouzol, ex-depute qui a connu la precarite avec sa famille.
    Le titre de ce film resume tout « Pourquoi nous detestent ils, nous les pauvres ? »

  8. Laurence

    Moi aussi je viens d’écrire…
    J’espère que ce sera utile : la mairie prétend qu’il y a un imbroglio administratif, d’aucuns démentent…
    Affaire à suivre, donc …

    Laurence

  9. aude

    pareil que tout le monde. J’ai cliqué et relayé l’appel..Merci à votre blog d’exister, et de montrer que bah oui l’être humain est beau, et qu’il faut le laisser faire des belles choses.

  10. Aue Mercier

    Message envoyé… Va falloir embaucher un (e) intérim pour aider à traiter les mails ? Ce serait chouette, ça créerait en plus un emploi !!! On se sent tout petit face à des Christian, même si comme le colibri on essaie de faire sa part… Et toi Baptiste, je pense qu’à toi seul tu es une tribu entière de colibris !!! (« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?» «Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part».
    La légende raconte que chaque animal se sentit concerné, que chacun à sa manière fit sa part, et que la forêt fut sauvée.)

  11. Clémence

    Fait!

    Merci Baptiste de nous partager ces histoires.
    Tu réveilles nos qualités humaines: l’émerveillement, l’attendrissement, la compassion mais aussi l’indignation et la révolte.
    Ce sont ces deux dernières qui sont venue frapper à ma porte à la lecture de ce texte.
    La force du message de Christian, retransmis par ta plume (ton clavier) toujours si juste, m’ont convaincue d’agir à ma petite mesure.
    Surtout Baptiste, continue à faire remonter ces sentiments en nous s’il-te-plaît. Continue à nous rappeler d’être humains.
    Et, au milieu de la folie du monde, prends soin de toi; prenez tous soin de vous.

  12. Lilas

    Mon message à la mairie de Toulouse, parce que c’est important:

    M. Le Maire,

    j’ai eu de la chance dans ma vie. J’ai eu beaucoup de chance, je suis née dans le confort d’un foyer aimable et aimant, deux parents qui m’ont toujours porté plus haut et m’ont toujours donné ce dont j’avais besoin. J’ai eu en main, toute ma vie, les cartes pour avancer, pour réussir, pour manger à ma faim, j’ai eu un toit pour le protéger du froid et des bras pour me consoler quand la vie me jouait des tours.

    Tout le monde ne peut malheureusement pas en dire autant, Certains sont nés au mauvais endroit au mauvais moment. Certains n’ont pas eu le choix, et beaucoup en souffrent.

    En 2014 il y avait 8688 personnes à Toulouse. 8688 personnes, des vraies personnes, de vrais êtres humains, qui existent, qui sont la, en chaire mais surtout en os. 8688 personnes n’ayant aucun endroit pour dormir le soir, aucun bras pour les consoler, aucune bouche pour les embrasser. Les premières gelées du matin apparaissent, le froid se fait ressentir et la solitude également. Les temps sont durs pour tout le monde, et ils sont durs également pour les rêveurs, ceux qui pensent que l’on peut faire de ce monde, un monde meilleur, rempli d’amour, de solidarité et de petits gestes qui auront sans doute le pouvoir de changer le destin d’une personne.

    Des bénévoles du bonheur, des bénévoles de la vie se battent chaque jour dans le but de promouvoir à ces sans domicile fixe le minimum vital. Un café, une soupe … quelque chose de chaud pour tenter de survivre à la nuit.

    M.Le Maire, le secours populaire de la ville de Toulouse ne fait que son devoir de citoyen et de solidarité en aidant ces hommes et ces femmes dans le besoin.
    Ainsi, je vous demande aujourd’hui de les aider à accomplir la tache qu’ils se sont si louablement attribuée.
    Laissez ces bénévoles aider les personnes dans le besoin et ne bafouez pas le droit à chacun de vivre. Laissez à ces bénévoles le droit d’occuper la place de Toulouse les dimanches matins pour servir un peu de bonheur à ceux qui n’en ont que très peu.

    « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », Gandhi

    Je vous prie Monsieur le Maire, de bien vouloir agréer mes salutations les plus distinguées

  13. Florimelle

    Coucou Bibi, salut à tous,

    J’ai envoyé un petit message à la mairie de Toulouse. Poli mais pas aussi bien tourné que celui de Lilas malheureusement. Les mots ne venaient pas.
    J’ai aussi fait un don au Secours Populaire. C’est pas grand chose mais si ça peut permettre d’apporter de la chaleur à un peu plus de personnes sur Toulouse… https://don.secourspopulaire.fr/b/mon-don

    La bise

  14. Florence

    Bonjour Baptiste et merci pour ce beau partage et témoignage.
    Je fais des maraudes le soir avec les restaurants du Coeur sur Hyères-Toulon-La Seyne et alentours depuis 5 ans. Le lien humain et le regard sont les plus beaux cadeaux que nous pouvons faire aux sans-abris. Personne n’a envie de dormir dans la rue, le froid, subir le regard des autres. Chacun a son parcours de vie. Apprenons à aider les autres sans les juger, apprenons à demander et à recevoir de l’aide sans faire de manière tout simplement, apprenons à ne pas laisser les peurs nous dominer.
    Je souhaite partager et en profiter pour remercier la police municipale de Toulon qui nous laisse rentrer avec notre camion des restos du coeurs dans leur cour, franchir leurs barrières pour aller voir les sans-abris. Nous nous disons simplement bonjour. Ils font leur part d’humanité comme la nôtre. Chacun fait le pas qu’il veut. Ne généralisons pas les comportements de chacun car nous avons tous bons coeurs au fond de nous.
    Merci pour parler des sans-abris car cela permet tout simplement à d’autres personnes d’avoir un regard différent et peut-être d’envisager de faire un premier pas.
    Pour ma part, c’est un échange entre eux et moi. Je leur apporte écoute/lien/partage/sourire et humour. Ils me partagent leurs silences/confidences/vie/peurs/humour. Tout un échange humain.
    Merci à toi Baptiste qui diffuse les histoires et nous permet de les commenter.
    Bien à vous tous.
    Florence

  15. Sophie Reichhardt

    Bonjour monsieur le maire,

    Je réside à Paris et, comme vous le savez, la pauvreté y est bien plus visible que nulle part ailleurs en France. Même et surtout devant Notre-Dame. Dans le métro. Les abris-bus. Tout ce qui peut représenter un abris. Il y a même des gens qui vivent dans des tentes ou cabanes précaires au bord du périphérique. Tout ce que je ressens, c’est de la peine pour ces pauvres gens. Alors je me dis, en lisant l’article de Baptiste Beaulieu sur son blog alorsvoila.com, que si la charité se faisait bien avant nous, elle se fera encore après. Et je me dis que, si les gens vont à la messe, c’est peut-être aussi pour la charité non ? Alors pourquoi avoir fermé cette place qui accueille les sans-abris tous les dimanches ? Pour des gens qui vont à la messe le dimanche ? Comme c’est regrettable d’être devenu si égocentrique pour ces gens huppés que la misère ne les touche plus.
    Mais vous, monsieur le maire, vous pouvez intervenir et faire changer les choses. Réouvrir le seul repère de ces pauvres gens le dimanche…
    Merci pour votre lecture attentive monsieur le maire. En espérant que cela aura un impact positif…
    Très respectueusement,
    Mme Sophie REICHHARDT.

  16. La République ou son fantôme

    Citoyen Moudenc,

    Je vous appelles à éradiquer l’extrême pauvreté de votre territoire.

    Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, citoyen, mes salutations distinguées,
    La République.

    P.-S. : Si vous pensez cette « chose (d’utilité) publique » inconciliable avec votre intérêt privé alors je vous propose de laisser les citoyennes et citoyens du Secours Populaire faire preuve de l’humanité dont vous manquez et ceux de la manière dont elles et ils le font depuis déjà trop longtemps.

  17. Bénédicte

    Merci à Christian d’exister et de redonner foi en l’humanité.
    Merci à toi Baptiste de te faire porte-parole de ces gens si précieux.
    Message à la Mairie de Toulouse envoyé…

  18. Ping : Pérégrinations G33k / 2017 11 28 | Le blog de TousPourUn

  19. silvia

    Merci pour ce magnifique témoignage….
    Toulouse jolie ville que j’ai visitée l’an passé……
    J’ai aussi cliqué et envoyé un petit mail… en espérant que cela puisse changer quelque chose.

    Silvia

  20. light dys

    Fait !

    Merci à toi, Baptiste ! Merci au Secours Populaire et à tous ceux qui y travaillent.

    Cette photo est tellement belle. Je vais la garder longtemps en mémoire, je pense ! 🙂

  21. Maïté LG

    Un courrier de plus 🙂 Pourvu que nous puissions changer la donne au moins pour ce cas là parmi tant d’autres…

    « Bonjour,
    Comme plusieurs autres personnes je m’adresse à vous aujourd’hui suite au relais de l’histoire des petits déjeuners du secours populaire le dimanche matin qui risquent de « tomber à l’eau » faute d’avoir accès à une place pour accueillir tout le monde…
    Alors oui c’est peut être injuste que tout cela tombe sur votre mairie alors que des cas similaires ont lieu partout et certainement bien plus prêt de chez moi (région parisienne) mais je pense que la situation de ses personnes et bien plus injuste encore et je souhaite faire ma part au moins de cette façon…
    Pourquoi rompre cet « accord » que vous aviez et qui de plus, à moins que nous n’ayons pas toutes les informations, ne vous coûte rien, ne vous demande rien?
    Merci de penser à eux…
    Je veux croire que dans le monde d’aujourd’hui où l’on ne nous parle que conflit, argent, frontières, on peut tout de même encore avoir de l’humain…
    Merci d’avoir pris le temps de lire ce courrier… »

  22. chicca

    Les enfants sans abris dorment dans le gymnase de l’école depuis quelques jours, car des parents d’élèves et des citoyennes et citoyens ont ouvert les portes. Nous en avons marre de les voir arriver à l’école depuis le parc, mouillés, fatigués, et de retourner dans la rue quand l’école se ferme.
    La police a empêché les entrées et obligé à changer de lieu plusieurs fois. Et déjà deux fois un policier est entré le matin avec des commentaires désagréables alors que les enfants se réveillaient.
    Cela ce passe à Lyon, en plein centre ville.
    Je ne sais pas si on peut mettre des liens ici, mais pour avoir plus d’information, cherchez « jamais sans toit ».
    Merci Baptiste

  23. Nolwenn ENHART

    « aime tout le monde quitte à te tromper,… »
    ce conseil me rappelle une phrase que j’aime beaucoup:  » Je préfère vivre en optimiste et me tromper que vivre en pessimiste et avoir toujours raison. »….et je n’ai pas tort puisqu’il y a des gens comme Christian!
    merci

  24. nana63

    Merci d’être là Baptiste , toujours et partout ..Merci de nous réveiller .
    Merci de nous présenter des belles personnes comme Christian et tous ces bénévoles qui oeuvrent en silence. J’ai écris au maire de Toulouse moi aussi , un courrier de plus ….peut être que cette avalanche de mails convaincra Mr Moudenc de la légitimité de notre demande commune .

  25. Julinne

    Je ne commente jamais, c’est une première: juste pour dire que j’ai envoyé un mail…
    J’espère que nous serons nombreux ! Merci pour tout

  26. Chloé

    Merci de relayer aussi ce genre de message.
    J’ai été bénévole pour une association qui distribue des repas chauds et des livres dans la rue, pas très longtemps mais un peu quand même. J’avais 21 ans et pour mon premier soir de bénévolat j’ai pris une claque, il y avait un garçon, à peu près mon âge, trop perdu pour demander à manger. Ici aussi on a fermé un site, pas top pour les riverains il parait … le nouveau site, pas top pour ceux qui prennent le métro, pas top pour les bénéficiaires mais c’est pas si grave apparement …
    En fermant un site on perd une occasion de prendre une claque et d’avoir envie de voir tout ça changer, alors merci.
    (Merci aussi pour tous ces textes qui ont montré à la PACES que j’étais que la médecine ce n’est pas que ces fichus QCM)

  27. Lise

    L’article de la depêche dit que « Ce mardi, Daniel Rougé, adjoint au maire de Toulouse en charge de la solidarité, a rencontré les responsables de l’association du Secours Populaire. Dans un communiqué, publié en fin de journée, la mairie indique qu’elle leur a confirmé qu’ils pouvaient continuer la distribution de petits déjeuners le dimanche matin, Place du Salin, durant la période hivernale. La municipalité a assuré l’association qu’elle ne donnerait pas suite à la verbalisation de dimanche dernier. »

    Il semble donc que vos messages aient porté leur fruit …. 😉
    Tant mieux !

  28. titou59

    Bravo Bibi pour ton engagement. Je ne connais pas la région toulousaine, mais très bien l’administration et ses rouages. Vous voulez tous faire changer les choses, et bien je vous conseille en premier lieu de rédiger une lettre de protestation sur ce que vous estimez « injuste », « anormal » etc, puis avec ce beau courrier bien rédigé, avec tous les détails possible, et argumenté comme il se doit (histoire de bien les enquiquiner) d’aller sur le site de la mairie, puis de sélectionner tous les élu(e)s qui pourraient être en charge de cela (celui du quartier, des affaires sociales etc etc etc), et de lui envoyer via le petit lien qui permet d’échanger avec lui(elle). Pour info, il y a par exemple celui-là http://www.toulouse.fr/web/la-mairie/conseil-municipal/elus/-/representative/2747950-rouge-daniel
    (qui a dû bouger vu le commentaire d’aujourd’hui vers 12h58)
    Ensuite, attention à ceci : si depuis 34 ans ce petit déjeuner se déroule là tous les dimanche, on pourrait invoquer l’établissement d’une coutume. Si, depuis 34 ans, tous les dimanche, sans discontinuer (il ne faut pas qu’il manque 1 seul dimanche, auquel cas il y a rupture de cette « coutume »), un petit déjeuner est servi, je pense qu’on peut s’en servir pour empêcher de faire cesser cette pratique. On parle ici d’une pratique qui existe depuis très longtemps, sans discontinuité …. Il faut donc persévérer et continuer à venir, tous les dimanche afin qu’aucune municipalité puisse trouver un motif pour que cela s’arrête. Les gens du Sud dans certaines villes invoquent bien la coutume pour faire perpétuer les corrida …. alors pour une fois, utilisons ce motif juridique pour aider et sauver !

  29. Odile

    Mille merci pour vos si belles actions. Je vous y ai vu plus d’une fois à l’oeuvre.
    Merci pour le lien vers le contact Mairie, j’y ai laissé une demande d’abri en dur .. 😉
    Bon courage pour continuer.

  30. SEVERINE LABORDE

    Encore une fois, mais je ne m’en lasserai jamais, simplement : Respect Messieurs (Doc’ et Christian, tous les docs comme Baptiste et tous les Christian), et merci. D’être. D’être vous. Merci, pour eux d’abord, bien sûr, mais aussi pour nous. Pour moi.
    M E R C I. Et c’est tout.

    1. Baptiste Beaulieu Auteur de l’article

      MAJ :

      -le Secours Populaire était là depuis 34 ans le dimanche matin;
      -une asso de riverains se serait plainte auprès de la Mairie et aurait exigé son expulsion/invisibilisation/déplacement;
      -la Mairie plaide le « quiproquo administratif » et le « malentendu » (Tout va bien durant des années et voilà qu’un matin des gardiens de la Paix décideraient tout à coup, de leurs propres chefs, d’expulser une association qu’ils côtoient pourtant depuis… 34 ans !!!! Ah-la-la… Y a de ces malentendus, quand même ! ‍♀️)
      -la mobilisation de toutes et tous (dont la votre) a permis que le Secours Populaire reste « pendant la période hivernale »;
      -le Maire de Toulouse (renommé ici le Maire d’Huile pour sa détestation de tout ce qui ressemble de près ou de loin à des vagues) proposera au Secours Populaire un autre endroit au Printemps, loin des quartiers cossus (étrange quiproquo qui aboutit, in fine, à un éloignement effectif de cette association des beaux quartiers où elle demeurait depuis si longtemps… Cette administration française alors, quel bordel, mais quel bordel !)
      – cet éloignement, le Secours Populaire en aurait été informé de vive voix. Malheureusement, il n’en n’aura pas été fait mention dans le communiqué du Maire diffusé sur les réseaux… à croire que… enfin… je ne sais pas… vous croyez que… enfin… non… est-ce que ça ferait mauvais genre de vouloir gentrifier le centre-ville en y chassant les personnes précaires ?

      Voilà. En gros. Merci à toutes et tous.
      (vous leur avez bien fouetté l’écume, avec vos mails…)

      1. .

        Christian Saingrain

        Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse…

        Merci au Secours Populaire, à Christian
        Merci à toi, Baptiste, pour ta haute vigilance auprès de l’Humain.

        Il est certain que la mairie attend le bon moment ou la vigilance citoyenne ne sera pas en veille pour agir…
        Dans un échange par tél, avec Houria, juste avant la rencontre avec la mairie, nous avons évoqué le danger, d’un déplacement de l’action du secours populaire.
        Je n’ai pas écrit directement au maire de Toulouse, mais j’ai énoncé ce scandale lors d’un débat à Rouen, le 28 novembre avec la présence de 80 personnes en responsabilité d’associations catholique et laïque, dont le secours populaire. J’ai adressé le message de Baptiste, accompagné d’un préambule à 4 élus députés et sénateur communistes de mon département, leur adresse e post étant communiqué lors de la fête de l’huma de Rouen.
        Grâce à ton blog, Baptiste, je rejoins les multiples apports afin que le plus grand nombre puisse s’en saisir. Un élément d’actualité édifiant . La mairie de Toulouse a enclenché son opération d’éradiquer du centre de la cité, la présence du Secours Populaire avec une action à vocation humanitaire durant La 20ème édition, de la Semaine de la solidarité internationale, qui devient d’ailleurs, cette année, le Festival des Solidarités !
        A l’initiative du CRID : http://www.crid.asso.fr/
        Collectif d’associations françaises de solidarité internationale, dont le la Ligue des Droits de l’Homme, le Secours Populaire, et beaucoup d’autres…
        Extrait : « Du 17 novembre au 3 décembre, partout en France, faites le plein de solidarités et découvrez à quel point le monde bouge ! Pour trouver les événements Festisol organisés près de chez vous, rendez-vous sur : http://www.festivaldessolidarites.org »
        Alors, Monsieur Jean Luc Doumenc, et surtout le maire adjoint aux solidarités, Mr Daniel Rougé, vous ne pouviez ignorer cette actualité, et cela rend votre action d’autant plus vile.
        Se trouver en responsabilité d’une cité, c’est être responsable de la vie des Humains qui la font vibrer, c’est être en responsabilité de son patrimoine, c’est aussi être en responsabilité de son âme.
        Car Toulouse, a cette chance d’avoir une âme, grâce au poète, Claude Nougaro, épris de la cité rose, il lui a déposé deux chansons, « Toulouse » « Toulouse to win », cette âme, ce chant parcourent le monde pour des siècles.
        Vos basses manœuvres à l’encontre des personnes sans domicile fixe, parjurent le chant du poète pour la ville rose et envers l’Humanité.

        Voici un extrait des Paroles de la chanson « Bidonville » de Claude Nougaro
        Donne-moi ta main, camarade,
        Toi qui viens d’un pays
        Où les hommes sont beaux.
        Donne-moi ta main, camarade.
        J’ai cinq doigts, moi aussi.
        On peut se croire égaux.

        Serre-moi la main, camarade.
        Je te dis : « Au revoir ».
        Je te dis : « A bientôt ».
        Bientôt, bientôt,
        On pourra se parler, camarade.
        Bientôt, bientôt,
        On pourra s’embrasser, camarade.
        Bientôt, bientôt,
        Les oiseaux, les jardins, les cascades.
        Bientôt, bientôt,
        Le soleil dansera, camarade.
        Bientôt, bientôt,
        Je t’attends, je t’attends, camarade.

  31. titou59

    A mon sens il ne faut pas lâcher la mobilisation sur cette affaire. En effet, l’association œuvre depuis 34 ans tous les dimanche matin…. Pourquoi devrait-il ne pouvoir venir que 3 mois /an dorénavant ? Au printemps, en été et en automne, la précarité n’existe pas ? les SDF ont un logement qui ne disparait qu’en hiver ??? Sérieusement …..( on nous prend vraiment pour des buses à mon avis) Comme je l’ai dit, on parle ici d’une habitude de plus de 30 ans, et pas d’une action sporadique du secours populaire !
    Ensuite, il y a une association de riverains qui souhaite  » ne plus voir la misère et le honteux afin de dormir tranquille sur leurs deux oreilles en pensant vivre dans le meilleur des mondes » ? La politique de l’autruche n’éradiquera pas les problèmes, déplacer le secours populaire, c’est juste donner à ces riverains bonne conscience pour ne plus voir le malheur sous leurs fenêtres ! Je serais personnellement d’avis, vu que les statuts d’une association sont publics, de faire diffuser dans le journal une lettre ouverte à l’association, avec mention des noms de tous leurs membres, leur demandant pourquoi ils ont exigés de la mairie d’envoyer la police pour faire évacuer le secours populaire qui vient sur place depuis 34 ans tous les dimanche matin …. (et si possible faire diffuser cette lettre ouverte par le biais de tracts dans les boîtes aux lettres des membres de cette association) Après tout, ils ont montés une association pour avoir plus de poids pour « exiger » de la municipalité qu’elle fasse dégager les pauvres et indigents de la rue, qu’ils aient le courage de leurs opinions et qu’ils expliquent en quoi « voir une personne qui a besoin d’aide et assistance soit aussi préjudiciable »… Sont-ils fatigués de détourner le regard ???
    Depuis 34 ans, une habitude, une coutume s’est dégagé et les sdf viennent à cet endroit, déplacer « le problème » va juste entraîner l’arrêt de ce petit-déjeuner dominical car les sdf ne viendront pas (car pas l’habitude)

  32. Nadezda

    « Personne ne meurt de la pauvreté, tu sais ? On meurt d’être seul, ça oui, et c’est tout, et c’est trop. » Il a raison Christian. Je trouve qu’en Belgique, il y a un énorme effort pour aider les SDF, les personnes/familles dans la précarité. les sans-famille, ceux qui souffrent de solitude. Quand j’étais au social, j’ai remarqué que les SDF et les vieilles personnes qu’on plaçaient dans les homes avaient une espérance de vie très courte, Effrayant .

  33. Claude S

    Merci pour tous les mots d’espoir de colère de solidarité.
    Merci aux bénévoles qui donnent de leurs temps, merci à Christian et son lumineux regard sur l’humanité.
    La place du Salin est au cœur de Toulouse mais ou aider les personnes dans le besoin??? loin loin en périphérie les rendre invisibles.
    Toulouse se désengage aussi sur la gratuité des transports des personnes précaires, des seniors…
    Tout ça participe à une drôle de société.
    Vite, je vais moi aussi comme Odile demander un abri en dur à la mairie.

  34. Herve CRUCHANT

    Si vous aimez « cette ville » comme l’appelle Nougaro, si, un dimanche clair, froid plein de soleil, de cette lumière qui fait rire la brique, que vous descendez sur les pavés pour retrouver encore une fois la douceur d’un cache-nez d’enfant sur vos joues, si vous voulez vraiment être heureux quelques vrais instants, alors, descendez voir Christian et ses pouilleux de pauvres. Vous allez les aimer. Et puis demandez donc à ce Christian en question quand et comment on peut donner une vieille couette, une ancienne couverture, un vieux pull qui ne va plus. Il fait froid, les Gens. Tiens, un détail : demandez si vous pouvez prendre un selfie avec votre iPhone qui coûte un smic. Vous verrez, ceux qui s’y prêtent riront bientôt avec vous des tronches des copains. Je parie qu’il y aura plein d’amateurs. Et puis, après tout çà, dans la semaine, allez au Secours Populaire. C’est pas loin. Quand vous serez là-bas, aidez à bouger quelques cartons, à trier des livres, à épousseter des objets de rien qui feront que noël sera moins rude pour certains. Et puis, de vous à moi, ces petits bonheurs que l’on donne, çà entre pas dans l’économie ni « la loi du marché » du Beau Jupy, monarque. Lui qui a été bon élève et diplômé de l’enseignement officiel. Bravo le clown. Il lui manque peut-être un peu de l’enseignement de la vie. Alors, e voilà votre sourire à vous. Pas président, certes, mais humain parmi les humains. Cinq, dix minutes ou plus, avant de reprendre le fil du courant habituel.
    Au fait, on ne m’a jamais dit quel était le travail d’un président de la république élu? Représenter le peuple ? Ah… Alors, pourquoi il fait tout le contraire ? Pourquoi il n’en fait qu’à sa tête ? Même que des maires -« élus », tiens tiens- font comme lui : invoquent une « loi du marché » qui ne figure nulle part dans les bons textes alors que la constitution du peuple stipule que les citoyens sont égaux et que la république leur doit assistance ?
    Je ne comprends pas tout, c’est évident.
    A moins que nous soyons sous un régime hypo-impérial grimé.
    C’est possible que çà arrive, cette vérole qui faisande nos dignités de vivre proprement ?
    Et même à l’insu de notre plein gré ?

    Probablement que le maire -élu- sait tout çà,lui. Ce Notable.

  35. Oona

    Les SDF sont discriminés, les toxicomanes sont discriminés, les malades psychiatriques sont discriminés, les réfugiés sont discriminés (et si par hasard ils sont les 4 en même temps …) ils ne représentent aucune valeur sociale (en tous cas RIEN de positif) … sauf qu’ils (nous) donnent du travail aux associations caritatives, humanitaires, aux centres médico sociaux, aux CAARUD, aux CSAPA, aux CHRS, aux CMP, aux accueils de jour, aux accueils de nuit, aux CCAS, aux CADA …
    Et finalement ces bénévoles, ces employés finissent aussi par être mal considérés par la police (ou les pompiers, les notables, une certaine administration, cochez la case).
    Un soir, un jour, on voit débarquer les forces de l’ordre sans qu’on les ai appelées (alors que lorsqu’on les appelle, comme dire … ?) interpeler un de nos usagers, avec une agressivité disproportionnée, et lorsqu’on essaie d’intervenir pour calmer le jeu, on se reçoit un regard … !!!
    CE regard qui est justement réservé à ces indésirables, ces nuisibles, ces parasites … et là, ça fait bizarre, on a juste soudain l’impression d’être une sous-merde, tout ce travail qu’on fait, cette empathie qu’on partage, ces liens qu’on crée, cette bonne énergie qu’on transmet, cette oreille et cette épaule qu’on prête en offrant et partageant une boisson chaude (ou des préservatifs, un kit seringues ou d’hygiène) tout est soudain balayé.
    Par ce qu’on a lu dans ces yeux, une espèce de mépris, d’agacement froid et impatient (et je ne parle même pas du regard carnassier des vrais méchants) … désarçonné on a un peu la nausée, un peu (beaucoup ?) envie de baisser les bras … tout ça parce que pendant une seconde c’est comme si on avait été l’un de ces réprouvés, et c’est violent, vraiment !
    Du coup, on perd un peu confiance dans cette police, ces pompiers (« p….. encore un alcoolo ! »), ces élus (« plus de maraudes près du kiosque à musique, les nuisances sonores dérangent l’hôtel (de luxe) d’à côté ! »)
    Bref … et pourtant ce regard n’a duré qu’une seconde …

  36. Agnès

    Et oui, le maire s’offusque des « noires intentions que nous lui prêtons » et tient à clarifier les choses : « il s’agit d’un quiproquo administratif malvenu et contraire à la volonté de la Municipalité »…
    Continuons à agiter nos mails dès qu’il y a quiproquo

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