T’es belle, t’es beau.

Toujours dans l’optique de mettre un visage sur nos histoires, comme je l’ai fait ICI et ICI, je publie l’excellent texte d’un formidable jeune confrère, Simon Jaupart, (photo⬆️) qui résume à la perfection mes constatations de chaque jour.
 

« Un élément que j’aimerais soulever par rapport à mon stage en médecine générale : le(s) corps.

Le principe de la médecine générale, c’est que tu vois de tout. Et de tou.te.s. Avec une moyenne de trois consultations requérant un examen «entier» du corps par jour, on a le temps de voir passer beaucoup de personnes. Des personnes avec leurs âges, leurs histoires, leurs traits, leur morphologie, leurs marques… Des gens concrets. Je sais que ça ne va pas servir à grand chose de le répéter, mais : LE CORPS HUMAIN N’A PAS DE STANDARD. Personne n’est taillé dans le marbre, personne n’a une peau photoshoppée, personne n’a des proportions Instagram… Les tétons sont tous différents, les vergetures sont normales, les poils sont naturels, les pores sont juste votre peau qui fait son job. Ne serait-ce que la cellulite, c’est un truc qui est tellement commun…

Tous les corps ont des taches, tous les corps ont des reliefs. 

Même un coach sportif, reçu pour tendinite, avec un corps très musclé : il avait les orteils complètement tordus. Même des gens sportifs ont du gras, des gens très bien maquillé.es ont des articulations tordues qui dépassent, des gens très jeunes ont des varices…

L’anatomie n’a pas vocation à être moulée par la société. Votre anatomie, elle est DÉJÀ belle.

Le nombre de gens avec des yeux, des seins, des testicules, un dos… asymétriques !

Toutes ces personnes sont belles, je vous jure.

La perfection, c’est vous.

C’est votre vie, c’est votre corps que vous incarnez du mieux possible.

Un corps, vous, est beau.

Les boutons, les plaques, les stries, les cicatrices… C’est tellement NORMAL, c’est tellement inhérent à ce qu’on est. N’ayez pas honte.

Je sais. C’est con et niais et ça ne sert à rien quand on est mal, quand on complexe… C’est pas facile, c’est pas dix phrases qui vont tout changer. 

Mais juste.

Si deux secondes on peut se poser.

De façon objective :
Votre corps il est là.

Il est ce qu’il est.

Il est ce qu’il peut.

Vous en faîtes ce que vous voulez.

Mais essayez de l’aimer un petit peu plus. 

Parce que je peux vous jurer qu’il n’a absolument rien de laid.

Les «imperfections», c’est ce qui est la norme.

Vraiment.

Littéralement.

C’est normal.

T’es belle. T’es beau.

Si. »

87 réflexions au sujet de « T’es belle, t’es beau. »

  1. Emmanuelle

    Quel joli témoignage !
    C’est tellement dur de se mettre à nu (au propre) devant nos soignants…

    Je me souviens de la mine éberluée de la sage-femme qui m’a aidée à préparer la naissance de mon 3° enfant quand je lui ai dit :
    1- « la blouse cul-nu, c’est affreux, on est dos à la porte, tout le monde entre et sort tout le temps, pour ma première, on m’a obligée à la mettre très vite, et je n’ai plus osé bouger… et au moment d’allaiter pour la toute première fois, impossible, le trou n’était pas du bon côté et le col me montait au ras du cou »… pour le 3°, j’ai demandé à la mettre devant-derrière, puisque la sage-femme refusait de faire l’impasse (des fois que je passe au bloc)
    2- « Pour ma césarienne, le pire, ça a été d’être entièrement nue devant toute l’équipe du bloc, consciente, et que l’infirmier doive me prendre dans ses bras pour me mettre sur la table, j’ai tellement eu l’impression que mon corps n’était plus à moi et on parlait de moi comme si je n’y étais pas ! »

    Elle n’avait jamais pensé à ça… jamais, jamais, elle n’avait vu autre chose qu’une personne, jamais elle n’avait pensé à ce corps nu et à l’humiliation/la honte/le malaise qu’on pouvait ressentir…

    Oui, nous nous sentons mal, mis à nu devant vous (et devant d’autres, souvent)… honte de ne pas avoir pu prendre une douche avant le rendez-vous, en sortant du bureau, honte des cicatrices, des bleus, des boutons, des poils, des odeurs inévitables… tout ce qui relève de l’intime est dur à accepter devant un soignant qu’on connait si peu (ça l’est déjà tellement devant l’Aimé)

    1. Maddine

      Entièrement d’accord également ! On peut s’accepter, vergetures, varices, boutons et tout le tremblement et pourtant… une fois les pattes en l’air sur une table d’examen (maman et future maman power) ne pas s’empêcher de se dire « ohlala avec mon épilation façon yéti, je vais passer pour quoi ? » , « meeeerde ça fait déjà deux heures que j’ai pris ma douche j’espère que ça ne craint pas trop là en-bas » , « oh purée j’ai les pieds sales j’espère qu’on ne va pas penser que je me néglige »… etc, etc. Accepter son corps est une chose, le présenter plus ou moins « brut de décoffrage » à un(e) inconnu(e) c’est autre chose. Et ce même si on sait que vous en avez vu d’autres, que notre poil aux pattes vous vous en tamponnez le coquillard avec une babouche et qu’examiner des gens imparfaits, c’est votre métier 🙂

      D’ailleurs, je dénonce : dans les reportages sur les accouchements elles ont toutes les ongles des pieds impeccables : c’est pas possible, la prod’ a forcément un budget pédicure !! Retenez-vous encore 5 minutes madame, le vernis est pas sec….

  2. Le chêne vert

    En effet, être nu c’est se dépouiller de tout, au propre comme au figuré. Nos vêtements sont comme nos lunettes, ils masquent le regard. Il nous abritent de pensées obscures.
    Je n’aime pas avoir à me déshabiller, j’ai l’impression de perdre mon naturel alors qu’au contraire je suis naturelle. Je vais avoir 68 ans alors évidemment le corps il faut l’accepter vieillissant. On a déjà un peu de mal à se regarder dans la glace, alors…
    Que regardez-vous, vous les docteurs quand vous voyez une beauté ou un bel homme débarquer et se mettre nu?

  3. Lys18

    Merci pour cet article,qui n’est pas niais du tout.C’est important de se rappeler que nous sommes des humains,à la fois parfaits et imparfaits.C’est bon de se dire que notre corps est beau,même,et surtout,si on ne le voit pas comme tel…

  4. Sylve

    … Et moi donc ! Les Alpes ça ne vous tente pas ? Il fait toujours beau (disons très très souvent ), les paysages sont magnifiques, très bon air, gens sympas etc… etc… très sérieusement si vous souhaitez changer d’air n’hésitez plus !
    En tout cas j’ai fait suivre à mon ado qui complexe trop merci vraiment!!!

    1. Véro

      Moi aussi, j’ai fait suivre à mon Ado fille qui pour l’instant n’est pas complexée par son importante scoliose mais entre autres, par une supposée dissymétrie de ses yeux

  5. Isabelle

    Merci pour ce très joli texte, jeune padawan
    Effectivement la vie est beauté, nous sommes nus à la naissance et au trépas, entre les deux on peut faire de son mieux, respecter et si possible aimer ce corps qui nous est donné et qui permet de faire tant de choses !!!
    Le reste n’est qu’artifice, même si la coquetterie n’est pas un vice. La tyrannie de l’image cessera un jour. Relisez la mythologie, ouvrez les encyclopédies d’Umberto Eco sur le beau et le laid, une merveille d’humilité et de culture.
    Belle rentrée et que le plus possible soit cultivée la bienveillance et le respect.
    Je vous embrasse
    Une presque vieille Consœur

  6. Cris

    Voilà vraiment un beau texte, qui retranscrit un humour certain de l’humanité et, accessoirement, de ses patients.
    Toutefois, malgré l’immense bonté qui irradie son visage, je me demande si les patientes qui portent les stigmates de l’âge, de grossesses, d’accidents et autres malchances se mettent à nu facilement devant une telle gueule d’amour.

  7. Laffont marie claude

    Si seulement ma mère me l’avait dit!
    On ne dit jamais assez à ses enfants qu’ils sont beaux; ça ne les rendra pas orgueilleux, seulement un peu moins complexés.
    J’ai 75 ans et je ne leur ai pas assez dit.

  8. Caroline

    « Les « imperfections », c’est ce qui est la norme »
    Ouah, le bien que ça fait ! Ô__Ô ! Merci beaucoup, c’est un très beau texte très bienfaisant (Je ne sais pas si ça existe, mais à partir de maintenant, ça existe, là !)

  9. christophe84

    Et bien, moi, depuis décembre 2011, je n’aime plus montrer mon corps. 2 infarctus en 1 nuit, 15 jours en soins intensifs, de nombreux stents (7), un petit cancer au poumon, la pose d’un DAI (x2 pour le réimplanter), une bonne dépression, des cachets quotidiens trop nombreux, une maladie auto-immune, …
    Bref, je ne me plains pas mais je n’aime plus mon corps (je pratiquais le naturisme), il est tout ce que je détestais, je suis devenu gros, transpirant, je ne reconnais plus mon métabolisme à bien des égards

    1. Eulalie

      Je suis touchée par votre texte, décembre.. j’allais écrire que j’avais vu quelque part que les naturistes se trouvaient les moins complexés parce que justement ils voyaient bien que la population n’est pas photoshopée normée et qu’en réalité on est vraiment de tout sous nos vêtements,…
      Retrouver la liberté du corps.. laisser votre peau sentir à nouveau le soleil et le vent, est-ce que ce ne serait pas lui offrir une renaissance ?…
      La nature a besoin de temps, elle nous enseigne les cycles, peut-être sera-t-elle une réponse ?
      Doux chemin à vous

    2. claude

      Christophe84
      Vous avez eu le bonheur d’apprécier votre enveloppe corporelle pendant de nombreuses années.
      Mais à l’intérieur, il y a une âme qui doit être belle, elle aussi. Ce n’est pas parce que vous êtes « gros et transpirant », comme vous dites, que vous êtes moins aimable. Prenez bien soin de vous.

  10. 40

    Ce n’est pas d’être nu qui est gênant mais c’est d’être nu alors que les autres, ou plutôt l’autre est habillé, la dissymétrie fait l’inégalité, l’infériorité et le mal- être.
    Très gênant aussi le cabinet une pièce où on doit se déshabiller devant le soignant. Bouh!
    Ou la file d’attente de gens nus dans laquelle on est un corps de la série, j’ai connu cela, enfant, aux visites médicales scolaires, l’horreur, avec l’instituteur ou les pions dans la salle.
    A l’internat, on se déshabillait le soir sans que personne ne puisse jamais vous voir nu, très naturellement, sans même y penser, la vraie pudeur.

  11. Pilou

    Non, je sais que mon vieux corps n’est pas beau, flétri, raviné, couturé, amputé, avachi, les yeux des soignants sont plutôt emplis de compassion, de curiosité, que d’admiration, et derrière ces regards, que pensent-ils en réalité ? et quels commentaires derrière la porte ? Une fois la porte fermée, je laisse couler mes larmes de honte d’avoir montré ce déchet, et de n’avoir plus aucune fierté et je cache mes vieux restes en ayant conscience que je ne suis plus qu’un sujet d’étude pour les jeunes soignants mais plus une personne à l’intérieur de ce corps.
    Pardonnez cette amertume mais malgré les ans, je suis restée lucide.

    1. Chris

      On peut aussi penser en étant lucides que certains regardent les corps avec la curiosité quelques peu malveillante que vous décrivez mais que d autres n y voient qu une enveloppe à ausculter avec bienveillance mais sans jugement tenant la personne, l Humain dans ce corps bien plus important que ces rondeurs, vergetures ou autre …
      Je pense qu’il s’agit là de vraies personnes faisant preuve d une vraie humanité.
      Merci à eux d exister !

    2. Mimie

      Que savez vous des commentaires derriere la porte pilou? C’est l’idee que vous vous en faites qui vous fait souffrir! Bien sur que les soignants voient la personne que vous etes, sinon plus personne ne voudrait faire ce metier! Et bien sur, comme partout, il y a des gens insensibles ou cruels, mais ne laissez pas leur bave vous atteindre: toute humanite est respectable, n’ayez jamais honte de vous meme! Mimie qui vous embrasse

      1. Micha

        oh, que si, malheureusement, les commentaires derrière la porte existent !… Les cons sont partout, apprécions l’humanité des autres. Amitiés.

  12. Fred

    Je me sens nue quand j’enlève ma perruque. Quelques fois j’ose l’enlever à la plage car une tête chauve au milieu de corps pas beaucoup couverts ça se remarque moins, mais uniquement quand je ne connais personne ! Mais cet été, j’ai fait plusieurs randonnées à l’étranger le crâne à l’air ! Je ne supporte plus la chaleur sous le filet synthétique de la perruque. Du coup, sans vêtements mais avec  » mes cheveux » je ne suis pas nue ! J’ai perdu mes cheveux à l’âge de 19 ans, j’en ai 56 . J’en ai vécu des humiliations, souvent ! Mes enfants ont pris l’habitude de sonner quand ils viennent à la maison avec des amis et c’est le branle bas de combat pour que vite je remette la perruque. En été, je n’invite plus personne car j’ai de plus en plus chaud , à la limite de l’insolation sous la perruque. Et me montrer la tête nue devant des amis je n’y arrive pas encore ! Mais je me soigne car comme le dit ma cousine qui n’a plus qu’un sein, pourquoi se cacher, nous n’avons rien fait de mal !

      1. Fred

        Parce qu’en été tout ce qui couvre la tête donne encore plus chaud car l’air n’y circule pas . Les cheveux sont censés empêcher la transpiration de s’évaporer trop vite et ainsi abaisser la température du crâne. Sous la perruque, un chapeau ou un foulard, la température de ma tête monte très vite. J’en arrive à avoir la nausée et être très désagréable. Mais à la maison j’ai toute une jolie collection de bonnets pour l’hiver car le froid vient aussi par là ! Quelques fois j’envisage de me faire un tatouage de phénix sur le crâne. Comme cela les gens verront quelque chose de joli en voyant mon crâne nu ! Mais hélas, il paraît que c’est extrêmement douloureux sur le crâne.

        1. Eulalie

          Bonjour Fred,
          Ce qui est magnifique sinon c’est le henné sur le crâne l’été, pas de douleurs mais une très belle parure. Je ne sais pas si vous aimerez, mais un projet avait été proposé à des femmes ayant perdu leurs cheveux (maladie du cancer) et les photos sont superbes :
          http://www.huffpostmaghreb.com/2014/05/12/henne-cancer_n_5309632.html
          Si vous avez déjà repéré un tatoueur vous pouvez lui parler du projet, au henné (éphémère pour l’été, quitte à aller vers le tatouage plus tard), ils pourront sûrement vous renseigner ! C’est un beau projet !

    1. Steph35

      L’association « les chapeaux de Martine » oeuvrent pour que les personnes se trouvant « sans cheveux » se réapproprient leur corps avec tout une gamme de chapeaux/foulards/turban… Vous les trouverez dans quelques hopitaux (et peut-être sur facebook ou sur internet).

      1. Fred

        Merci pour cette idée. Une amie m’en a offert 3 faits avec des t-shirts mais quand je les ai essayé devant elle, elle s’est rendue compte que le rendu n’était pas terrible sans les cheveux pour les remplir. Donc quand il fait plus froid je mets des foulards ou des bonnets en laine. Mais toujours à la maison.

    2. Marie Noelle

      Je n ai jamais eu de probleme reel au fait de ne plus avoir mes cheveux meme si parfois je portais foulard oy chapeau. En fait c etait plus pour proteger les autres que moi. Un conseil faites vous les yeux en dessinant les sourcils les contours des yeux
      Une anecdote pour vous faire sourire. Un jour d ete ou je me promenais en ville avec ma mere, j avais mis une jolie capeline pour proteger mon crane nu du soleil. Un coup de vent et me voila decouverte , au propre comme au figure ! Et me voila a courir apres le chapeau en riant a pleine gorge du sort que m avait reservee Eole. Ma mere et moi sommes rentrees a la maison tout heureuses de ce moment de legerete et de verite..

      1. Fred

        Ça m’est arrivé en traversant un grand carrefour, mais c’est la perruque qui s’est envolée. Ça ne m’a pas du tout fait rire et j’ai eu la honte de ma vie. Merci pour le conseil de maquillage. Je remplis toujours mes sourcils déplumés avant de sortir et me maquille toujours les yeux.
        Mais vous voyez, je pense que ce qui m’est arrivé m’a changée profondément. Je respecte les differences et je vois toujours le verre à moitié plein. J’ai vécu une belle vie malgré tout. J’ai un mari que j’adore ( le premier et finalement le seul à qui j’ai montré mon crâne d’oeuf !) Et mes enfants ont de magnifiques cheveux !

    3. Micha

      Bonjour, je comprends et partage ce que vous vivez. Un complément capillaire, pour l’instant, me suffit. Attention aux « clips », les miens, peut-etre pas de bonnes qualités, m’ont fait perdre les cheveux, à ces endroits-là. Bon courage. Bisous.

  13. Charlotte

    hum, je sais pas si c’est l’adjectif beau ou belle qui convient ici, à vous lire
    En fait, simplement, nu en soins, on est vrais, on est soi…
    et peut être étant soi, on en devient beau pour vous, parce que sincère

    mais franchement beau ? hum.. nan j’ai des doutes 🙂

  14. Liliane

    C’est rafraichissant de vous lire… Merci ! On respire ! Personne n’est parfait alors supportons nous tels que nous sommes ! Sous  » l’enveloppe » il y a des trésors… Pilou a bien du courage de se décrire de cette façon mais son intérieur doit être unique… Alors quelle importance d’être vieux ! La vieillesse n’est pas une déchéance, c’est beau des rides, ce sont vos empreintes !

  15. Myriam FdF

    Mon médecin m’avait dit que lors d’une consultation, il ne voyait ni homme, ni femme, ni beauté, ni laideur, juste un corps à ausculter en étant à 200% de ses connaissances pour le soigner au mieux.
    J’ai donc décidé que tous les soignants étaient comme lui, pour ne plus jamais souffrir d’être ainsi exposée aux regards. Bon, c’est vrai que ce jour-là, il devait absolument m’ausculter et je refusais absolument de me déshabiller… 😉
    Merci, Simon, pour cette piqure de rappel bien plus poétique que l’injection initiale. Oui, Merci.

  16. Adrien

    Ce texte est superbe car il est ciselé avec tendresse, humilité, sincérité.
    Il mériterait d’être un élément fondateur de l’art médical comme préambule au serment d’Hypocrate.
    Merci.
    Et n’en déplaise à ceux qui m’ont vivement critiqué lorsque j’ai donné mon opinion sur un texte précédent, lorsque le conteur s’efface avec un telle force derrière son sujet je ne peux qu’être TRES profondément touché .
    Encore merci à vous .

  17. Arlette Bonnet

    Merci pour ce texte tellement rassurant pour ceux qui ne sont pas « des patients » mais bien souvent « des souffrants ». Oui souffrants, car c’est une vraie souffrance de ne pas arriver à aimer son corps, tel qu’il est. Je sais de quoi je parle, il m’a fallu quasiment 50 ans pour y arriver. Alors merci et merci à tous ces médecins, qui savent nous regarder avec bienveillance et nous apaiser.

  18. Meng

    Très beau texte, évident, essentiel
    Mais quand c’est le médecin qui harcèle une patiente de 74 ans, qui n’a rien demandé, parce qu’elle est en surcharge pondérale….grotesque….. grossophobie ….même chez le médecin anorexique !!!

  19. Bellissima Francia

    Oh lala ce message tombe à pic – j’ai eu un coup à l’égo ce matin en réalisant qu’il fallait que j’achète taille 44 maintenant!
    Taille 44! je me suis longuement regardé dans le miroir… et je me vois moi! juste moi! je ne me sens pas monstre, ni anormale… je me sens bien, en bonne santé! Et pourtant je pèse 70 kg et je dois porter des tailles 44 ! La société me dit que c’est être ronde et hors norme. Est-ce que c’est vrai?! est-ce que je suis en déni?
    Bah merci pour ce post – je suis belle – on s’en fou
    <3 <3 <3

  20. Blonde paresseuse

    Merci, merci beaucoup… J’essaie chaque jour de ne pas trop détester mon corps, parfois, j’arrive même à en trouver des morceaux chouettes. J’aime la texture douce de ma peau et mes épaules dodues.
    Pour plein d’autres parties, c’est plus compliqué… mais je vais repenser à vos lignes à chaque fois que j’aurais envie de rouspéter contre mon trop gros ventre ou mes petites veines bleues sur les cuisses…

  21. CAZEILS Francis

    Ce thème du corps est traité dans le roman de Fabienne Jacob : « Corps » (Gallimard, coll. Folio, 2010).
    C’est le regard d’une esthéticienne travaillant dans un institut de beauté (question : les esthéticiennes sont-elles des soignantes ? à lire ce roman, on pourrait répondre oui !
    Attention, cela ne veut pas dire que les soins esthétiques soient tous remboursés par la Sécu …)

  22. Véro Bisontine

    Il est vrai que moi aussi, j’ai du mal à me mettre à nu pour un examen médical.
    Ne parlons pas de l’examen gynécologique…

    L’année dernière, j’ai du faire une coloscopie, et quand j’ai dit au médecin, que l’imagination de l’examen en question ne me faisait pas rêver, il m’a juste répondu que je serai la 5 ou 6000ième à être examinée par ses soins.
    Mais quand même, un examen au plus profond de mon fondement, c’est quand même pas très drôle!
    Et nous avons ri tous les deux.
    Pas sûre pour autant que je sois plus à l’aise lors de la prochaine coloscopie (dans 5 ans) (j’ai le temps pour m’y faire) (mais non).

  23. Valérie

    Merci à vous pour ce très beau texte. En tant que coach, je ne peux que vous rejoindre!!!
    Tant de temps passé sur la confiance en soi…l’amour de soi avant l’amour de l’autre…
    Merci à vous, vraiment

  24. Hervé CRUCHANT

    Parler enfin de l’essentiel sans jugement. De nos corps sans interdits. Il ne s’agit pas d’exhibition ou d’utilisation de nos abattis, de préjugés salaces, démoniaques, mais juste de nos théorèmes sans fois ni lois.

    Dans l’intimité de nos alcôves ou de nos pensées, nous agirons par plaisir ou par nécessité, peut-être. Mais pour l’heure, laissons nos corps jouir de leur propre nudité. L’imparfait est sur les unes des magazines, dans les travées aux mater dolorosa ou la représentation exacte d’un torturé juif, démembré sur un madrier palestinien.

    L’être nu est d’un autre monde. Le nôtre. Celui-ci. La vue du corps naturel, bio, nous éloigne des images trafiquées fabriquées par des reproducteurs d’icônes codées malsaines farcies d’adjuvants. La véritable pornographie c’est de cacher la peau. Les burqas et autres voiles n’ont-elles pas pour origine la perversité des préjugés religieux masculins?

    il faudra bien du temps pour que l’on vive dans les têtes de manière assez simple et propre pour ne plus charger la vision de nos corps nus des tares us et coutumes de Sodome et Gomorrhe. Que le missionnaire prenne position si l’heure est propice.

    Sur un mur de Santiago, une mère amérindienne indigène et magnifique, nue, tient sur ses cuisses un enfant tout brun doré. Derrière elle, les Andes éternelles. A côté d’elle mais ne la regardant pas, deux ou trois autres petits, nus également, sont tournés vers un prètre endrapé d’une traîne de tissus comme une princesse aux marches de ses noces londoniennes. Autour du prélat des trompettes aux louanges gelés des anges diabétiques et des croix empruntées aux anciens morts d’un cimetière fasciste. Les visages pâles comme de vieux lichees amers portés par les masochistes agonisant sous l’improbables pêchers mortels . De faux chapeaux de fausse paille tentent d’améliorer la vue de leur misérable circonstance.

    Pendant ce temps, près des ombrages voisins, la Vérité sort de son puits pour sa balade du soir. Toute nue. Et tout est bien ainsi.

  25. Petit passereau

    C’est beau. C’est VRAIMENT très beau.
    J’ai longtemps été complexée, trop maigre à en subir les moqueries, trop petite, trop moche… L’enfant plus faible dont on se moque, l’ado tourmentée que personne ne regarde, l’adulte qui ne peut plus se voir en peinture, celle à qui son père a trop dit « rentre ton ventre » sans penser à mal mais c’est dit quand même, et puis parce qu’avoir du bide en étant si maigre, y’a de quoi être écœurée n’est-ce pas?
    Et puis les années passant, la sagesse venant peut-être, mon corps et moi avons appris à cohabiter.
    Certes, je ne suis pas un canon, mais j’ai abrité un bébé dans mon ventre et ça c’est chouette. Même que mon généraliste m’a dit que ça ne se voyait presque pas. Enfin si, un peu, mais quand je regarde les petites veines explosés sur mes jambes, vestiges d’une grossesse qui n’en a pas moins été magnifique et radieuse je repense à ses paroles « ça ne s’en ira pas, mais au troisième enfant tu n’y penseras même plus » et ça me fait sourire, parfois un peu jaune certes, mais finalement c’est tellement peu comparé aux yeux rieurs de ma fille. Il n’y aura pas d’autre enfant doc, mais vous aviez raison, j’y pense si peu…
    Et puis parlons sport, parce ça a totalement changé ma vision de mon corps. D’ennemis on est devenus des partenaires. Je l’entretient et en échange il se fait beau quand pointe le muscle après l’entraînement, quand l’œil brillant et la joue rougie, à la limite des larmes ,l’émotion en bandoulière, je franchis la ligne d’arrivée au seuil d’un semi- marathon finger in the nose, fruit de mois d’entrainement et de persévérance, peut-être pas première mais non moins vainqueur. J’adore ce petit moteur qui tambourine dans la poitrine quand je cours. Bande cardio à la poitrine je guette les pulses, toute émerveillée par cette horloge si parfaite, par ces articulations qui répondent au quart de tour, par tout ce processus mécanique et chimique mis en branle à chaque foulée. J’adore mon corps parce qu’il est évolution et progression, parce qu’il sais me dire vas-y ou stoppe un peu, parce qu’il est perfection sous les imperfections. Ça pète la santé et ça aussi c’est chouette.
    Mon corps, j’ai appris à y voir un concentré de technologie, fascinant et pourtant tellement ancien, ça tiendrait presque du miracle, la création.
    J’ai appris à l’aimer, à le respecter et depuis on me trouve souvent un joli sourire, parce que le bonheur c’est contagieux, et une jolie démarche parce que je m’assume la tête haute. Et J’ai découvert que quand tu t’aimes, on t’aime. Va comprendre…
    Je suis toujours un peu trop maigre, un peu trop ceci, pas assez cela. Je ne suis pas un canon, je suis belle.
    Merci pour ce très, très beau témoignage. Merci de votre bienveillance.
    La bise.

    1. marie

      oh merci, ça va être une belle journée,
      ça me rappelle un mantra thérapeutique  » je m’aime , je m’accepte et je me respecte » qui m’a sauvé des eaux il y a fort fort longtemps et donc merci de me le rapeller
      belle et bonne journée à tous

    2. Cath

      Je m’interroge sur la signature : Petit Passereau ou Oiseau du paradis ? 😉
      À mon avis, il n’y a pas de place pour le doute 🙂 Merci pour cette lecture encourageante.

  26. Petit Bourgeon

    C’est un très beau message. Notre image du corps (et par extension, de soi) est soumise à rude épreuve par les temps qui courent, et il est parfois bon de s’entendre dire qu’un corps qui vit et a vécu est un corps marqué, qui a poussé et pousse comme il a pu, comme il a su, avec des données de départ et ce qui a jalonné et jalonne encore son histoire. Et qu’il peut être beau, et qu’il est digne d’amour et d’intérêt ainsi.

    Le corps n’est d’ailleurs pas qu’image, il est mouvement, tension, forme, texture, odeur, poids, possibilité… autant de choses sujettes à jugement, souvent durs.
    Mes patients en gériatrie évoquent peu le regard qu’ils portent sur l’apparence de leur corps, et déplorent plutôt la perte des capacités de ce corps. Ils se sentent inutiles, caduques. Mais je vois bien comme il peut être important (chez les dames surtout) de les aider et les encourager à se mettre en valeur (celle-là même qu’ils ont perdu à leur propre yeux) en portant leurs vêtements plutôt que la chemise d’hôpital, en prenant soin d’eux. J’ai été marquée par une séance en particulier avec une dame, extrêmement anxieuse et perdue. Je lui proposé de l’aider à démêler ses cheveux et à se faire un chignon. Elle était tellement belle… et tellement apaisée ensuite ! Je suis sûre qu’une séance de relaxation ou de toute autre méthode d’apaisement n’aurait pas mieux fonctionné.

    J’aime beaucoup regarder les mains de mes patients. Ils râlent souvent : ils trouvent que leur peau est trop fine, trop tachées, les veines sont trop visibles, les doigts trop tordus, les traits trop durs ou trop grossiers. Elles n’en font qu’à leur tête quand elles ne veulent pas obéir, lâchent des objets ou ne peuvent les saisir. « Elles sont vilaines ». Et moi j’essaie d’imaginer avec eux ce qu’elles ont fait, touché, manipulé au cours de leur vie, tout ce qui fait qu’elles ressemblent à ça aujourd’hui, et ce qu’elles peuvent encore découvrir. Parfois, ça a le pouvoir de les rendre moins vilaines.

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