Archives mensuelles : mai 2017

Je t’aime.

(ce texte, témoignage de patiente extrait des commentaires du blog, je le mets pour rendre hommage aux personnes brillantes, touchantes, fragiles, rigolotes, tristes, en un mot humaines qui commentent depuis cinq ans sur cette plateforme. Toi, là, oui, toi, merci d’être là ! 😘♥️)

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<< Alors voilà, oui, je suis obèse, oui je ne marche pas assez, oui je mange entre les repas, oui, oui, oui. Mais venez vous occuper de mon mari qui est en train de mourir à la maison ! Restez près de lui pour lui permettre d’aller pisser ou lui tenir la main pendant qu’il souffre ! Ne sortez pas 5 minutes car c’est toujours à ce moment-là qu’il aura besoin de vomir sa chimio ! Remplacez l’infirmière, l’aide-soignante, le médecin, la secrétaire, l’ambulancier, l’auxiliaire de vie, la femme, la maîtresse… Levez-vous à 2 heures du matin avec le sourire pour changer son lit et faire la lessive ! Souriez et ne ne vous éloignez pas de lui car il a besoin de vous bien plus que j’ai besoin qu’on me rappelle que je ne marche pas assez ! Que je mange trop pour compenser, que je n’ai pas de vie pour qu’il puisse finir la sienne dans de bonnes conditions !! >>Oui je suis obèse et je vous EMMERDE messieurs les médecins, ceux qui se débarrassent du problème sur les aidants et qui après les culpabilisent, ceux qui refusent de comprendre que je choisirai toujours d’abord celui qui endure car je m’en fous de moi, si mon mari souffre et part loin de moi vers les poneys arc-enc-ciel. Je m’en fous de moi, car je serais seule loin de lui et ce n’est pas aux médecins que je veux plaire ! >>

Voilà, Baptiste, ce que j’ai répondu à un cardiologue, à un néphrologue et ils n’ont pas compris.

Il y a un an, mon mari est parti et moi, oui moi, je viens de perdre 10 kilos et mon amour. C’est lourd l’amour. 

Oh, Patrice, rappelle-toi, il y a 33 ans demain que je t’ai dit : « je t’aime ». Il y a 32 ans hier que je t’ai dit « je veux bien être ta femme' ». Il y a 30 ans et 6 mois que tu m’as dit « C’est une fille ». Il y a 15 mois après-demain que je t’ai dit « Au revoir et à bientôt ». Patrice je t’aime et je les emmerde ces médecins qui ont essayé de te soigner et de me culpabiliser, sans réussir ni l’un ni l’autre.

Je t’aime. 

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(((( Avant qu’on vienne hurler le sempiternel « oui mais il faut bien dire aux patient.e.s en surpoids qu’elles/ils sont en surpoids » RE-lisons CELA ensemble, main dans la main 😉 ! ))))

Mes erreurs médicales.

Ça faisait un moment que je voulais la voir écrire sur Alors Voilà, parce que c’est une nana géniale, que j’aime et qui me fait rire, j’ai profité de la sortie de son nouveau roman pour lui demander d’écrire sur un sujet qui me tient à cœur. Si vous ne connaissez pas Virginie Grimaldi c’est le moment d’aller la lire ICI. Merci copine !

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Alors voilà, je suis malade. Durant l’année qui vient de s’écouler, j’ai eu trente-six cancers, vingt AVC, une bonne centaine d’infarctus et une poignée de maladies orphelines. La plupart du temps, la guérison est spontanée et rapide, mais, parfois, une visite chez le médecin s’impose. Comme la semaine dernière, où mon rythme cardiaque se croyait sur des montagnes russes.

– Bonjour Docteur, je crois que je suis en train de mourir.

– Encore ?

– Oui, encore. Ça va finir par coûter cher en obsèques, cette histoire…

Il m’a dit de me déshabiller, j’ai enlevé le haut, il m’a dit d’enlever le bas aussi, j’ai demandé pourquoi, pas besoin d’enlever le bas pour écouter le cœur, il a dit si si, enlevez le bas aussi. J’ai obéi en espérant qu’il n’avait rien contre la fourrure.

Il m’a examinée. Quand il a posé le stéthoscope sur ma poitrine, j’ai mentalement prié mon cœur de ne pas faire le fayot. Quand il a froncé les sourcils, j’ai mentalement prié mon cœur de ne pas s’arrêter.

– Vous allez aller voir un cardiologue, il a conclu en retournant vers son bureau.

– Ah ? j’ai croassé.

– Ce n’est sans doute rien de grave, une tachycardie sinusale, mais il faut vérifier.

Je me suis rhabillée sans un mot, j’ai passé mes jambes dans les manches de mon pull et mes bras dans les jambes de mon pantalon et je l’ai rejoint. Il écrivait sur son bloc.

– Vous faites du sport ? il m’a demandé.

– Un peu.

– C’est une bonne chose. Vous devriez maigrir un peu aussi.

– Ah ? Vous pensez que c’est dû à ça ?

– Non, aucun rapport, mais ça ne vous fera pas de mal. Vous êtes en surpoids.

– Ah d’accord. Et vous, vous devriez parler plus doucement.

– Pourquoi, vous ne comprenez pas ?

– Non, aucun rapport, mais vous puez de la gueule.

Je n’ai pas vraiment dit ça (j’aurais dû, il y en a marre des injonctions à perdre du poids quand il n’y a pas de nécessité médicale) (un jour, je vous parlerai de la radiologue qui, pendant une échographie, a soufflé fort et m’a sorti : « pas facile d’y voir quelque chose, chez vous, il y a beaucoup de graisse ! ») (ma langue a fourché, j’ai répondu « désolée » au lieu de « connasse »).

À la place, j’ai hoché la tête et écouté ses recommandations. Légumes, fruits, repas à heures régulières, sport, que des choses que je savais déjà. Moi aussi, je lis Femme Actuelle.

– Carte Vitale, s’il vous plaît.

– Tenez. Vous êtes sûr que c’est une tachycardie sinusale ? Ça ne peut pas être un infarctus imminent ? Ou une malformation cardiaque ?

– Vous, vous êtes encore allée sur Doctissimo.

– Pas du tout. Je ne vois pas pourquoi vous dites ça.

– La seule maladie que vous avez, c’est l’hypocondrie.

Il m’a raccompagnée jusqu’à la porte, m’a souhaité une bonne journée, je me suis installée dans ma voiture et j’ai téléphoné au cardiologue dont il m’avait donné le nom. Puis, j’ai vérifié que personne ne m’observait, ouvert mes favoris Internet, lancé Doctissimo et tapé « Symptômes hypocondrie ». Peut-être que, pour une fois, mon docteur a fait un meilleur diagnostic que moi.  

Dans la forêt. 

Coucou 

(J’aime bien ce mot, « coucou« ) 

J’avais prévu un post pour vous rappeler que j’étais demain en dédicace à 17 heures (c’est un bel horaire 17 heures, y a l’Après-midi qui tend la main au Soir…), à la médiathèque Jean Lévy (c’est un joli nom ça, Jean Lévy, impression de légèreté en le disant, Jean Lévy, J’enlève, Je lève, Je m’enlève…) dans la jolie ville de Lille, et j’avais prévu de donner d’autres dates en vue d’autres rencontres, parce que les livres c’est ma vie, que la littérature je ne peux pas vivre sans, que les mots, la poésie, Pessoa, Prevert, « et l’adieu c’est la nuit« , comme disait Emily, bla-bla-bla, « vanitas vanitatum », mais finalement je préfère utiliser mon Blog, ce soir, cette semaine, pour relayer cette phrase.


« Réglez cela vous même ou on s’en occupe« 




(C’est pas vraiment médical, vous me direz, mais c’est humain. Et ici on cause de ça, l’humain. )

Est-elle jolie, cette phrase ? Non ? Enfin, je ne sais pas…. D’où vient-elle ? C’est celle de la police tchétchène, qui force les parents à tuer leurs enfants gays. 

Je la note ici, parce que je me dégoûte : dans deux heures, j’aurai probablement oublié, comme la plupart des dirigeants sur la scène internationale.

Et puis y a débat ce soir, Macron-Le Pen, je dois mettre mes chaussons et m’installer devant la télé. Ce soir c’est plateau repas. 

De quoi parlait-on, déjà ?