Ôde au pus.


Alors voilà, ami lecteur, je dois t’avouer un truc : j’adore sortir des trucs du corps humain. Sortir une écharde, vider un furoncle, évacuer un bouchon du conduit auditif constituent même LA RAISON pour laquelle je continue à soigner tous les jours ! Rien que ça !Évacuer.

Déloger.

Nettoyer.

Sortir.

Désobstruer. 

Et pour quoi ?

Pour regarder le corps revenir à la normale.

Pour le sentir sous mes mains retrouver son intégrité initiale.

Pour entendre : « Docteur ! C’est fantastique ! Je réentends ! »  

C’est très exactement ce que nous sommes incapables de faire le reste du temps, nous, les soignants. Une dépression, ça ne se videra jamais comme un abcès. J’aimerais prononcer les mots suivants : « je vais appuyer très fort ici, Madame, le pus va sortir, puis il emportera avec lui votre tristesse, votre désespoir, et votre envie d’en finir ». 

Une polyarthrite, une fibromyalgie, un viol, même, ça ne se vidange pas, ça ne se pousse pas hors d’un conduit quelconque du corps, afin de pouvoir le montrer au patient, « Regardez, madame ! On l’a eue, votre boulimie ! » Et, sous le regard dégoûté mais soulagé du patient, flanquer tout ça à la poubelle, enfermé dans un mouchoir, enfermé pour toujours. 

Mais on ne peut pas mettre la schizophrènie à la poubelle. On ne peut pas rabattre le couvercle sur les troubles du comportement alimentaire. 

Non, on ne peut pas.

Oh, comme j’aime les furoncles ! Et comme j’aime le bouchon de cérumen ! Et les échardes ! Et la constipation ! Et tous les corps étrangers ! Oh, comme je les aime ! Je les aime parce qu’ils procurent chez le patient une satisfaction immédiate, visible, palpable. Matérielle.

Je me sens soignant (et non plus un vil imposteur) quand je vide du pus, et quand j’évacue un bouchon de selles, ou vide un globe vésical. Ce dont je vous parle, c’est de cet instant précis, là, oui, quand la personne soupire de soulagement.
Alors, à cet instant précis, il m’est enfin permis d’espérer. 

————–

Dates de signatures (MISES À JOUR !) + une bonne nouvelle !

Vendredi 17 : 

Le 24 mars à Elancourt, à 17h Co-dédicace avec la génialissime Valérie Tuong Cong à la Librairie Le Pavé dans la mare.

Dimanche 26 : Salon du Livre de Paris à 11 heures 30 jusqu’à 13 heures. 

Lundi 27 : je serai ravi, dans le cadre de la super association « Lire pour en sortir », de rencontrer des détenu.e.s au centre pénitentiaire de Châlons. J’écris donc ça là, mais je ne suis pas sûr de vous y voir, sauf si vous êtes incarcéré.e.s d’ici là (François Fillon si tu me lis !).

ÉDIT : signature à la librairie du Mau, à Châlons, à 17h !!!!

Avril.

Samedi 8 et dimanche 9 : Printemps du livre de Montaigu.

D’autres dates arrivent, je vous tiendrai au courant !

PS : c’est une blague pour Fillon, hein. Parce que tout le monde sait qu’il n’ira jamais en prison (ne venez pas m’insulter en commentaires, messages privés ou par mails, s’il-vous-plaît…) Mais je serai vraiment au centre pénitenciaire de Chalons pour soutenir le projet de cette super association.

Enfin, je suis très honoré d’être président du Jury du concours littéraire organisé par le prestigieux mensuel « Psychologies ». Voilà. Je voulais vous le dire parce que tout ce qui arrive d’un peu fou dans ma vie depuis quatre ans c’est un peu grâce à vous, et que c’est parfois difficile d’expliquer (même après trois romans, et trois prix littéraires) qu’on peut être blogueur ET romancier, et qu’on a quelque chose à dire de different dans le costume de l’un COMME dans le costume de l’autre.

(((( je vous aime )))). 

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56 réflexions au sujet de « Ôde au pus. »

  1. Micky M-Christine

    Trop top Baptiste ! Comme j’aurais aimé être l’une de vos patientes comme des milliers d’autres. Votre humanité et vos colères m’enchantent et m’incitent à devenir meilleure, plus altruiste. Longue vie à vous, ami.

  2. Christine

    Le pus c’est la vie !!!
    (Non j’déconne, en vrai c’est dégueu).
    Ma prof de psycho clinique parlait du mal-être à évacuer comme une éponge que l’on presse, qu’on expurge. Sans offense, n’y voyez rien de personnel hein, mais je crois que je préfère quand même cette image (même si l’éponge a servi pour la vaisselle bien cracra de la veille)…
    Mais effectivement, si tout pouvait être aussi simple dans la vie que de pchiter un gros furoncle dégoulinant pour que tout aille mieux…

  3. MURIEL MITTEAU

    Je lis ce blog savoureux toujours avec le même plaisir !!! J’apprécie ce rendez-vous sur ma boite mail !!
    Comme les patients de Baptiste ont de la chance ! et pour Fillon c’est sûr il n’a rien à craindre ! « Chez nous » si tu es nanti toujours tu passeras entre les gouttes !!! bonne fin de semaine à tous !!!!!

  4. Ann

    Une infirmière m’expliquait un jour à quel point elle adorait soigner les plaies infectées et archi-purulentes. Plus il y avait de pus, et plus elle était ravie. Curieusement, c’était aussi une inconditionnelle des croûtes de fromage, de préférence abondamment colonisées et puantes à souhait. Elle les croquait avec délice.

  5. Annick

    Ah oui vraiment génial, moi qui ai toujours des bouchons de cérumen dans les oreilles. Mon médecin m’a dit que j’étais productrice…

    J’ai vu le film « Chacun sa vie » et j’ai pensé à toi Baptiste dans le style voir la vie et la médecine avec humour, je te le conseille et j’aimerais bien savoir si le film t’a plu.

    Merci pour tes articles que j’attends toujours impatiemment !

  6. 40

    J’aimerais bien que demain mon docteur arrive à vider la boule de je ne sais quoi qui me fait si mal quand je prends appui sur mon coude, le plaisir serait partagé comme ici!

  7. Damemoi

    Ah ! Moi aussi j’ai ressenti cela à mon premier stage d’externat : le Soignant Power !!
    En Chirurgie orthopédique
    j’adorais cela : c’est cassé et hop, c’est réparé mon bon monsieur, circulez, au suivant !!
    J’étais puissante ! Efficace ! Aucune place au doute, zéro risque d’échec
    Sauf que par chance j’ai fait d’autres stages, en chirurgie viscérale puis en médecine,
    En pédiatrie, en psychiatrie
    Et je réalise que si la médecine est un art c’est parce qu’elle nous demande d’aller plus loin pour chercher au fond de nous l’empathie, l’écoute, l’humilité et la persévérance
    La vie c’est souvent plus compliqué qu’un furoncle ou une thrombose hémorroïdaire
    Il est bon ce moment où la joie et le soulagement inonde la personne
    Mais il est bon aussi lorsqu’on ouvre une lettre qui nous annonce le décès mais qu’on y lit « merci de ce que vous avez fait »
    Des bises

  8. dubois martine

    Je n’appartiens pas au corps médical et pourtant je prenais un plaisir certain à percer des énormes boutons noirs. Cela m’a passé n’ayant plus de dos amical à triturer.
    Maintenant j’ai souvent un mal être que j’aimerais bien expulser aussi facilement.
    Merci pour votre bonne humeur et votre belle écriture.

  9. Emma

    Bravo pour le pus et beurk pour les prix !!
    … a moins que ce ne soit l’inverse … ou bravo pour les deux (chacun ses goûts mais je comprends …)

  10. Emmanuelle

    Bonsoir Baptiste,
    notre ostéopathe a une expression que je peine à retrouver, là, tout de suite, mais en gros, lorsqu’elle aide un de mes enfants à se décoincer, elle lui dit « souffle là (geste) pour te débarrasser de toutes ces angoisses qui sont coincées là (autre geste), mes mains vont juste montrer à ton corps ce qu’il doit faire et tu vas le faire tout(e) seul(e) ». Et cela marche (avec moi aussi, sans les mots, mais ça chasses les maux).
    Vider le corps des idées noires, c’est possible aussi… et mon ostéo déteste que je dise qu’elle a des mains magiques qui soignent, elle aime qu’on dise que le corps se soigne tout seul…
    Merci pour ce moment pouëtique, quoi qu’il en soit 😉

  11. Christine

    Moi j’adore les points noirs!!!!!!!! Mais j’en ai plus……
    J’ai les doigts qui s’agitent quand j’en vois dans la nuque de gens dans les files d’attente aux caisses!!!!!
    Hmmmm!!!!!!! Et ceux derrière leurs oreilles!!!!!!!!

  12. Marc Blériot

    Bonsoir, je suis atteint (entre autre) de maniaco-dépression depuis plusieurs années en étant suivit très tôt après une défenestration. Je ne vais pas plus loin mais je voulais qu’appuyer votre désespoir face aux maux que je qualifierais d’invisible car le sentiment est tout aussi « palpable » chez nous, les patients/malades.
    Je me souviens même d’une réaction sur le visage de l’un de vos confrère. Je venais d’être hospitalisé après une TS et le chef de service, après quelques questions, avait affiché un sourire de victoire et ma première réaction fut de vouloir une nouvelle TS rien que pour lui ravaler son sourire narquois. Je ne l’ai pas fait, car en fait il a juste souris en comprenant que je souffrais de maniaco-dépression et, à présent, je le remercie car ma vie est nettement plus agréable, mais j’aimerais peut-être le revoir pour le remercier… Même si son petit sourire de victoire est toujours encré plutôt négativement dans ma mémoire.

  13. Le chêne vert

    C’est pas un problème, j’ai ce qu’il vous faut!!! Un abcès froid sur le cou de ma jument suite à une piqure de Carbésia pour piroplasmose cet automne dernier. Ce qui lui a valu une hospitalisation en clinique vétérinaire équine… mais il reste les soins à faire, drainer l’abcès que les vétos ont ouvert, mettre le doigt dans les trous, injecter la Bétadine d’un côté pour que ça ressorte par l’autre, ça vous va ça ? Allez, je vous attends chez moi demain matin…

  14. Nikau

    Ô quel bonheur de lire le mot « fibromyalgie » écrit de la main d’un médecin alors que la plupart nient cette maladie ou syndrome. Ça met du baume au coeur. Ça fait plaisir. Pas la maladie bien sûr, mais de percevoir la véritable empathie de la part d’un soignant. Parce que très souvent, ce n’est que mépris dans l’ignorance. Comment soigner dans ces conditions ? Comment se raconter lorsque la confiance ne peut trouver sa place ? De plus, lorsqu’on est un homme, beaucoup de médecins ont un regard de défiance supplémentaire sur le patient parce que selon eux ce n’est qu’une maladie de femmes. Pourtant, je fais partie des hommes, certes moins nombreux, à en souffrir. Alors, demander de l’aide à qui ? Faut-il faire des kilomètres pour rencontrer ceux qui veulent bien prendre soin de vous alors que les douleurs et l’épuisement vous mettent hors d’état de sortir de chez vous la plupart du temps ? Dur dur.

    Mais bon, parlons plutôt d’expulser les cochonneries 🙂 C’est vrai que c’est jouissif de voir partir des saletés. C’est déjà une petite victoire. Pour ma part, j’ai une petite boule dans le dos que je n’arrive pas à atteindre seul. Alors, parfois, je demande à mon ami de crever ça même si c’est difficile à réaliser et ne réussis pas toujours, et tout gicle. Ca pue ! c’est dégueu. Mais quel bonheur de savoir que cette puanteur ne sera plus là pour quelques semaines ou quelques mois ! Parce qu’elle revient. Il faudrait curer sous anesthésie générale pour qu’elle parte définitivement. Un médecin m’a dit qu’avec une anesthésie locale ça diluerait le kyste et qu’on ne pourrait rien sortir. Qu’à cela ne tienne, avec les moyens du bord ça sort pour quelque temps.

    1. Eleanor

      Comme je vous comprends ! Là où j’habite, il n’y a pas grand-choix en médecins, j’habite une de ces zones rurales désertées par la médecine.
      Lorsque je suis arrivée et que je me suis présentée à mon nouveau médecin, j’ai voulu lui parler de mes années de galères avec la fibromyalgie. Je m’imaginais sans doute que ça l’aiderai à mieux me comprendre et donc à mieux me soigner.
      J’ai eu droit à : « Oui. Enfin, c’est un mot pour un truc qui n’existe pas. C’est psychosomatique. »
      Exit la fibromyalgie. Depuis, je me débrouille comme je peux.
      Comme j’aimerai un Baptiste près de chez moi !!!

      1. Nikau

        Bonjour Eleanor,

        Je suis désolé pour votre environnement « médical » défaillant. C’est difficile de soigner quelqu’un sans intégrer sa fibromyalgie. Parce que la réalité, c’est qu’elle est bien présente et se manifeste lourdement au quotidien. Je me demande comment ces soignants dits fibrosceptiques peuvent avancer des diagnostics justes et précis sans tenir compte des symptômes fibromyalgiques souvent invalidants. De la même façon, il faut bien entendu ne pas tout mettre sur le dos de la fibromyalgie au risque de passer à côté de quelque chose d’autre. Je dis simplement, qu’il me semble indispensable de tenir compte de tous les éléments, y compris de la fibromyalgie, dans toute démarche de soin concernant un patient fibromyalgique.

        Par exemple, j’ai eu besoin de voir un cardiologue. Comme tout cardiologue, il a voulu me faire passer une épreuve d’effort. Je croyais qu’il avait intégré ma fibromyalgie. Je n’ai pas pu pratiquer l’épreuve d’effort parce que je n’avais pas la force de me tenir à la barre et le tapis roulant m’a emporté dans le décors. Il m’a demandé, surpris, ce que j’avais fait. Je lui ai répondu sur un ton agacé qu’avec la fibromyalgie je n’arrivais pas à tenir la barre, que je n’avais plus la force ni la capacité à serrer tellement les douleurs aux mains sont fortes. Il a roulé des yeux, ne m’a pas cru et m’a dit : « Si vous ne voulez pas que je vous soigne, ce n’était pas la peine de venir ». Les larmes me sont montées. Je ne sais pas si c’était la colère ou la tristesse. En tout cas je me suis senti humilié, pris pour un menteur. Je me suis rhabillé. Il a rangé ses affaires, moi les miennes. Mon médecin généraliste n’a jamais reçu de compte-rendu, même des autres examens pratiqués par ce cardiologue.

        Je rêve d’un véritable réseau de médecins sensibilisés à la fibromyalgie et qui s’investissent vraiment. Parce que l’on fini par taire beaucoup de choses, et je suis convaincu que ça peut nuire à tous les soins que nous recevons – ou pas – pour une chose ou pour une autre.

  15. Florence

    Bonjour Baptiste et merci pour ces partages.
    J’ai pleuré de paix, de joie, de tristesse à la fin de la lecture de ton livre les 1001 vies des urgences. Un livre humain à mettre dans toutes les mains des adolescents et des adultes. Tu m’aides à avoir un autre regard sur la vie. MERCI.
    Ton livre, Alors vous ne serez plus jamais triste, est un bijou, un joyaux d’humanité, j’ai pleuré et ri pendant sa lecture. Je te remercie d’écrire aussi bien et de me transmettre des émotions. MERCI.
    Bien à toi. Florence

  16. Poulette Dodue

    Ô que je comprends ton sentiment de « réussite » dans le soulagent immédiat.
    De plus libérer le conduit auditif c’est supra important (je bosse dans le secteur « surdité »)
    On peut tout à fait être auteur (topissime ET blogueur (toipissime itou), clin d’oeil à Virginie Grimaldi (que j’aime ENORMEMENT).
    Bonnes dédicaces…à quand mon secteur !!?!

  17. Marie la mère

    Ton blog est un rayon de soleil dans ma journée, et me fait patienter en attendant ton prochain livre !
    Oui, moi aussi j’aurai aimé être ta patiente mais ma Bretagne est trop éloignée de ta région !
    Merci pour tout, tes blagues, tes coups de gueules, tu nous tires vers le haut et ça fait du bien 🙂
    On t’aime et ceux qui ne te connaissent pas encore t’aimeront à la minute où ils te liront, t’entendront !
    Bises à tous et belle journée !

  18. Koko

    C’est amusant, ce billet porte sur le thème du film The Brood de David Cronenberg.
    Avec un traitement appelé psychoprotoplasmes, les patients peuvent extérioriser leur problèmes sous forme physique. Un conflit psychologique peut enfin être excisé et littéralement vidé comme un abcès.

  19. Julie

    Mais oui, c’est fou tout ce qu’il t’arrive ! De mon point de vue de lectrice du blog et des livres, j’ai du mal à croire que le temps passe si vite. Je me souviens encore des premières histoires que tu écrivais alors que tu étais interne, du premier roman, de ton anonymat sur le blog. A l’époque ton visage était celui d’un lion avec des dreadlocks et maintenant tu nous prends dans tes bras.
    Ta réussite me touche aussi. Un grand BRA-VO ! C’est très mérité tout ça 😉

    Anecdote: un pote médecin a dû m’enlever une écharde lors d’un déménagement. Tout était en carton, il a donc fait ça avec une épingle à nourrice. J’ignore si ça lui a fait du bien, mais moi je m’en souviens encore (non, je n’ai pas pleuré) ! Mais je le reconnais, une fois terminé, le soulagement a été immédiat . Et si c’était à refaire, et bien… voilà !

    La bise !

  20. Véronique Vial

    Bien agréable ce petit billet ! Etant infirmière depuis fort longtemps, je suis toujours partante pour un sondage évacuateur, un pansement/drainage, et en famille , enlever les échardes, les bouchons de cérumen, veiller à ce que « tout circule bien ». Je me sens moins bizarre grâce à vous.

  21. Victoria Beckham

    Docteur Beaulieu, cette atroce histoire de kyste sous-cutané devait rester entre nous. Vous allez recevoir une lettre de mon avocat.

  22. Sonia

    ah, comme on aime vous retrouver Baptiste ! Même si c’est cracra ce que vous racontez là, ben moi, ça m’a fait marrer. Ce soulagement quand ça sort enfin…oui, je parle bien d’excrément. Parce qu’on n’a en pas encore parlé, mais ça aussi, c’est jouissif…Alors on vous pardonne les trucs cradingues. On aime vous lire,dans le blog ou dans les livres. Je vais m’y mettre, promis, aux livres. Continuez cher docteur, vos messages sont comme une série style Games of Throne ou The walkind Dead, on attend impatiemment le prochain épisode en trépignant. La bise de Perpignan sous la pluie ce soir….exceptionnellement.

  23. isabelle

    autre soulagement magique, mais dans le style beaucoup plus propret du remplissage qui donne une satisfaction immédiate :
    Madame-presque-centenaire retrouvée inanimée. Hypoglycémie majeure. Vu son très grand âge, sa délicate peau en papier de soie sur laquelle une effraction intra-veineuse aurait été agressive, la décision spontanée s’oriente sur le coca-cola, breuvage abject qui sait pourtant ressusciter : au goutte-à goutte sublingual, à la seringue, patiemment, longuement, en se disant que c’est peut-être l’heure finale du poney multicolore…
    quand tout à coup, un clignement de paupière, une langue qui frétille et vient lécher les babines, puis des petits soupirs de plaisir incontestables, les gouttes deviennent des cuillerées pour assurer le coup.
    Et ça marche ! la preuve ? Madame-presque-centenaire lance « dites, vous n’auriez pas des frites pour accompagner ça ? »
    Inoubliable soin, la puissance du soignant !

  24. Martingoule

    Extirper un bouchon moi aussi ça me la régale je l’ai fais à ma nièce y’a pas plus’tard qu’hier l,eau oxygénée un vrai miracle je précise pour les oreilles
    .pour les autres bouchons y’a aussi des solutions simples …
    c’est vrai que soulager en instantané c’est une vraie jouissance
    C’est vrai que si tout était si simple …….
    Les autres bouchons je sais pas faire j’ai pas fais médecine et je sais pourquoi ……je n’aime pas perdre.
    Faut être courageux pour perdre et je n’ai pas ce courage.
    Je t’embrasse.

  25. Pilou

    Cher Baptiste, Permettez à une mamie de 83 ans de vous serrer dans ses bras, vous me faites un bien fou, et à la fin de ma vie, j’aimerais trouver un médecin chaleureux comme vous qui accompagnerait mes derniers instants et me permettrait de partir le sourire aux lèvres.
    Continue mon grand, je t’aime.

  26. Pilou

    J’en suis toute émue, c’est la 1° fois que j’ose faire un commentaire sur Internet, et  » alors voilà  » que Baptiste me répond, cela a illuminé ma soirée, et je me sens moins seule.
    Merci mon grand, comme quoi il suffit d’un petit mot pour rompre certaines solitudes. Si seulement tout le monde pouvait faire de même pour les autres, que d’heureux l’on pourrait faire ! Et pourtant c’est bien peu de choses, de même qu’un simple sourire dans la rue fait du bien.
    Vous allez trouver que je radote vu mon âge, mais je peux encore donner aussi.
    Bien à vous

  27. Lise

    Nous aussi on t’aime Baptiste …

    Et j’en profite pour saluer Pilou qui a décidé de nous rejoindre du haut de ses 83 printemps …
    Bienvenue à vous …

    Lise.

  28. Pilou

    Merci Lise, j’ai l’impression de me trouver entre de jeunes amies, mais je prends une bouffée d’air pur en lisant tous ces commentaires oh combien revigorants, qui redonne l’espoir dans  » l’homme « . Tout n’est peut-être pas perdu s’il y avait de plus en plus de Baptiste dans le monde.
    A bientôt peut-être si vous voulez bien.

  29. Lise

    Pilou,

    Rien n’est perdu, et notre présence ici atteste du fait que nous sommes nombreux à mettre l’Humain au coeur de nos vies …
    Je vous rejoins tout à fait, cet îlot de bienveillance réchauffe le coeur dans ce monde souvent trop brutal.

    A bientôt.

    Lise.

  30. Charly

    Ah que je te comprends, que c’est tentant dans un massage d’un patient de lui percer ses beaux points noirs… mais non, je me retiens 🙂
    Dans le même genre, chez moi c’est la jouissance des bougies d’oreilles.
    Il s’agit de cylindres un peu cireux qu’on allume d’un côté (avant de l’éteindre pour obtenir un bout incandescent) et on met l’autre côté dans l’oreille en position allongée sur le côté.
    Et là, jouissante extrême de sentir le bouchon de cérumen remonter dans l’oreille puis etre aspiré dans la cylindre.
    Et de finir en concours de celui qui a une bougie d’oreille la plus remplie 😉 beurk, degeu mais fous rires assurés!
    Pour les maux qu’on ne voit pas, etre déjà là pour écouter des patients, pour beaucoup c’est déjà énorme!
    Des bises

  31. cecile

    Dis Baptitse, c’est quoi ton truc pour continuer à faire ce métier ( le même que le mien) quand t’as très très envie de tout plaquer ?
    Et sinon merci .J’aurais du commencé par ça . Ton blog est une bouffée d’air .

  32. Marie-Noelle

    Il expurge ! 🙂 ….. au propre… : des boutons, des abcès, ….. et au figuré : en écrivant…
    Vous devriez essayer Cécile… Il y en a aussi qui crient, qui pleurent, qui dessinent, qui chantent,… A chacun sa façon de faire sortir les « humeurs » !

  33. FloM

    et bien, si j’ai compris Giulia Anders, fonctionnement de l’intestin et mal-être dépressif, voir d’autres troubles rhumatopsychos seraient liés, alors en soignant une constipation, vous soigner aussi la tête !

  34. L

    Quel dommage pour la schizophrénie, la boulimie, etc… J’aimerai tellement dire ça à mes patients… « Et voilà ! Hop ! C’est terminé ! Bonne journée ! »

  35. Hervé CRUCHANT

    Bien sur, bien sur … Je vois une version Hollywood avec fumée, plans contre-plongée, maquillage Forêt Noire, musique plagia du « Mépris »… le titre de la péloche 3D? « L’Exorciste Bibi 2″…
    classe, le décapsulage bio du bubon vers la 15°minute; tout à la prémolaire, façon capsule Heineken … et la patiente, nue sur la table, qui sussure sous le scalpel exploratoire : « Oh, Docteur…vous avez un tel tranchant… »
    (pour quoi « L’Exorciste Bibi 2″… parce que le Hun a toujours du succès, en cours de réédition. Pour l’heur, yena pus)

  36. Petit Bourgeon

    Le soulagement se trouve quelques fois dans une solution simple, pas toujours facile à et agréable à accomplir, mais simple ! Comme psychomotricienne je suis rarement en contact avec ce genre de fluides et matières corporelles (si certaines visions et odeurs ne m’effrayaient pas autant, j’aurais sans doute fait en sorte de devenir médecin ou infirmière 😉 ) et dans mon travail, les solutions sont rarement simples. Mais parfois, un modification de posture, un petit réaménagement de l’espace, une façon de toucher, d’écouter… changent tout ! Et ça me surprend à chaque fois. J’ai l’impression d’être un peu magicienne et de ne pas avoir volé mon diplôme.
    En tous cas, j’admire la capacité des professionnels de santé à surmonter ces dégoûts !

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