<< Tu veux être quoi quand tu seras grand, Jean-Kévin ?>> << Indifférent, maman.>>.      (3/3)

Un des nombreux messages/commentaires reçus ces derniers jours (ce billet fait suite aux deux billets précédents).

Visiblement, Arya est à Serpentard… 

Alors voilà, il ne s’agit pas de cacher à un(e) patient(e) son état.

Il s’agit de ne pas l’humilier. 

Or, ne pas acabler un autre être humain au seul motif que ce n’est pas compassionnel parait insuffisant à certains… Soit, je l’entends. Après tout, un esprit froid, logique, implacable, pour qui la vérité prévaut sur tout, un esprit… comment dire… scientifique (?) adhérerait à cette idée.

Il convient donc, ce n’est pas sorcier, de nous pencher sur… les données scientifiques !
(Fred et Jamy, à l’aide !)

*bruit de camion qui se gare*

ATTENTION RÉVÉLATIONS :

Il est documenté scientifiquement que pratiquer la culpabilisation n’est pas efficace et entretient a contrario des comportements alimentaires personnels néfastes (voir liens plus bas, sous la photo, je ne peux pas détailler, je n’ai pas le temps. Un clic, et vous avez tout !). 

(C’est bon, Fred, et Jamy, vous pouvez repartir !)

*bruit de camion qui s’en va sur les routes de la connaissance*

Bien entendu que « obèse » est un terme médical. Pourtant, comme je l’ai lu dans vos commentaires, une langue est vivante et « vit » aussi à travers des glissements de sens. On imagine mal, en 2016, prescrire des vitamines pour un patient « débile », ou un traitement pour un « crétin »… et pourtant…! 
Je crois, à titre personnel, que la question nous incombe, à nous soignants, de savoir si nous souhaitons être des allié(e)s de ces patient(e)s ou nous inscrire dans la longue lignée de soignant(e)s culpabilisateurs auxquels ces patient(e)s sont confronté(e)s depuis l’enfance ?
Quand on sait que cette culpabilisation est inefficiente (et même néfaste) continuer de la pratiquer n’a aucun sens ! Certains diront (avec pertinence ?) que cela confine même à la maltraitance….

Nos professions sont basées sur des études méthodiques visant l’amélioration de la qualité de vie et la baisse des facteurs de risques présentés par nos patient(e)s. 
Je crois, encore une fois à titre personnel, que nous ne sommes pas les papas ou les mamans de nos patients. Nous sommes des scientifiques qui, parmi tous les champs d’investigation possibles visant à connaître les modalités du Monde énigmatique dans lequel nous évoluons, avons choisi celui nous permettant de devenir soignants.

Alors soignons « pour le plus grand bien possible » !

OUI, il y a bien plusieurs références à Harry Potter dans ce texte. Et d’ailleurs, pourquoi ce texte ? Parce qu’il y a des gens sur internet, ils sont TELLEMENT méchants, je suis sûr que leurs Patronus c’est Nellie Oleson :


Liens : 

(Désolé ils sont en anglais, je n’ai rien en français )
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25212272

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0070048

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21760636

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84 réflexions au sujet de « << Tu veux être quoi quand tu seras grand, Jean-Kévin ?>> << Indifférent, maman.>>.      (3/3) »

  1. Anthony B.

    Fallait-il croire un jour qu’on soit obligé de se justifier de penser avec humanité?
    Dans un premier temps, j’ai eu envie de proférer plein d’insultes sur la belle et douce Arya (plutôt sur ses propos, et sur tous ceux qui en tiennent de semblables).
    Puis je me suis dis que j’étais peut-être au-dessus de ça, et surtout que la belle Arya n’avait si ça se trouve pas une vie très rigolote, et que ce côté brut et direct (voire méchant) était une manière pour elle de se sentir mieux, ou de dissimuler son petit coeur tout doux en chamallow.
    Alors je me suis dit que finalement, il fallait saluer une nouvelle fois la belle humanité de Baptiste, et laisser Nelly Olson se complaire à Walnut Grove…
    Bravo Baptiste, et continue à être une belle personne.

  2. Lemm

    Bonjour Bibi,
    le commentaire d’Arya était méchant. Mais je ne peux m’empêcher quelque part de penser aussi qu’on considère de plus en plus tellement le « il ne faut surtout pas blesser les gens » qu’on ne sait plus comment s’exprimer.
    Au risque de prendre des cailloux, (et attention, en vrac) on est tellement dans le politiquement correct qu’on ne doit plus poster de messages pour dire qu’on aime être mère: on risque d’exercer une pression sociale sur ceux qui n’ont pas d’enfant (soit qu’ils ne peuvent pas en avoir, soit qu’ils ne peuvent pas en avoir).
    On ne sait plus quels termes utiliser (sont à présent exclus noirs, gros, obèses, arabes, etc; j’ai choisi à dessein des mots « cash ») pour rester politiquement correct quand on discute.
    On ne doit plus parler du poids de quelqu’un car ce faisant on exerce une critique envers son apparence, etc etc.

    Je ne critique pas l’entièreté de cette tendance, qui est d’essayer de ne pas blesser les autres, ce qui est normal.
    Mais j’avoue, j’ai l’impression que cette tendance est sur internet de plus en plus poussée à l’extrême et que nous n’avons plus que deux voies:
    la bien-pensance absolue et tyrannique (jurisprudence « technicienne de surface et référentiel bondissant ») et le trolling méchant (façon arya).

    1. Cath

      Je ne sais pas.
      En fait, appeler un chat un chat est une chose. Et j’en suis partisante.
      Mais tenir des propos offensants en connaissance de cause en est une autre, surtout quand l’envie de blesser prédomine. C’est cela qui est inacceptable. Et impardonnable.
      La langue évolue, c’est une bonne chose. Certains termes employés ont perdu de leur « rudesse » pour nous qui les employons maintenant. Mais qu’en est-il pour ceux qui les ont subis des décennies durant, sans pouvoir s’élever contre leur usage ? C’est une question que je me pose souvent.

    2. Yannick

      Pour en avoir fait un métier, né d’une passion du partage avec les autres, je pense que l’on peut tout dire à quelqu’un, même des choses difficiles, désagréables, mais pas n’importe comment. On peut confronter, bousculer, dévoiler des comportements inadéquats tant que c’est fait avec humanité. La seconde phrase d’Arya n’a pour elle qu’un qualificatif : méchante.

  3. Lili

    Je ne sais pas si ses propos sont de la méchanceté, je penche plus pour la bêtise. Il faut vraiment être bête pour ne pas dire c… pour écrire ce genre de phrases ! Je ne voudrais pas être dans sa tête, ça doit être vide !

    1. Cia

      oui, je partage, un commentaire stupide dans le sens où il laisse sous entendre clairement que si on est obèse c’est obligatoirement de notre faute parce que l’on s’empiffre. Sauf que l’on peut être obèse pour tout un tas de raisons médicales qui vont bien au delà du simple manque de volonté.

  4. titou59

    J’adore la fin « Parce qu’il y a des gens sur internet, ils sont TELLEMENT méchants, je suis sûr que leurs Patronus c’est Nelly Oleson ! » je la garde pour la ressortir, car elle est vraiment trop bonne !

  5. Wyrdie

    Merci pour cette tranche de rire mais j’aimerais quand même pousser un (petit) coup de gueule :
    Ce n’est pas bien de s’acharner sur cette Arya (ou « cet Arya » d’ailleurs – ne soyons pas sexiste ce n’est qu’un pseudo issu de Game of throne probablement après tout).
    Je veux dire mince quoi, vous êtes médecin et vous la stigmatisez ainsi c’est limite indigne : n’avez vous pas vu la campagne de sensibilisation de Michel Cymès sur la pathologie – pourtant répandue- dont souffre manifestement cette personne ?!
    –> https://youtu.be/AM4c9ckSy9M
    Un peu de compassion que diable 😉

  6. Caramiel

    Le commentaire d’Arya est juste méchant. On ne sait pas pourquoi Arya est méchante tout comme on ne sait pas pourquoi ta patiente est en surpoids. Elles ont sans doute chacune de bonnes raisons d’être comme ça…. J’ai juste un peu plus de sympathie pour la personne en surpoids parce que elle, elle ne fait de mal à personne.

  7. Palat Chantal

    Je suis une abonnée heureuse et fidèle. Merci pour tout ce que vous publiez. Petit sourire à vous communiquer: quand nous sommes partis en coopération en Acadie ( la région la plus publiée du Canada et pourtant une des plus belles) mon mari terminait tout juste ses études de médecine à Strasbourg. Nous étions installés depuis moins d’une semaine et une passante m’interpelle: c’est y toi la femme du docteur Michel? Oui. Ben je l’connais. Il est pas malin.
    Je rentre à la maison un peu déconfite après qu’elle ait traitée ma fille de trois mois de « jolie catin » pour me faire expliquer que le malin c’était le diable et que la catin c’est une jolie poupee en francais du 18 eme siècle parlé en Acadie. Les mots sont vivants, ils changent progressivement de sens et il vaut mieux respecter leur évolution. Je trouve que l’entreprise Sprengler à merveilleusement réagi . Bravo

    1. Marie-Eve

      Hu hu merci pour le sourire 😉 faut avouer dans la même conversation le mari pas malin et le bébé catin c’est rude à avaler avant d’en avoir compris le sens.

  8. Foetus

    J’écris vite vite, demain j’ai la deuxième partie de mon concours de PACES, avec espoir d’apporter quelque chose à la médecine de demain.
    Bref, je ne suis pas obèse ni en surpoids. Pourtant pendant 2 ans j’ai fait de la boxe française. Avant de commencer je faisais entre 47 et 48 kg pour 1m60 environ donc jusqu’ici rien « d’hors normes » (dans le sens où poids/taille niveau chiffre convient aux médecins)
    Après 2 ans de boxe j’ai pris énormément de muscle (57 cm de diamètre de tour de cuisse pour un petit gabarit c’est énorme… Sachant qu’aujourd’hui étant revenu à la « normal » après avoir arrêté pour mes études je fais entre 50 et 52 cm)
    Tout ça pour en venir au fait que poids graisse <<<< poids de muscle comme on le sait tous, je suis donc monté à presque 55 kg (ce qui en soit n'est pas affolant hein…)
    J'avais 16 ans, j'étais pas super a l'aise dans mon corps depuis le début de mon adolescence (comme toutes les jeunes filles) et mon médecin m'a balancé comme ça "ça va pas du tout, c'est beaucoup trop, il faut manger mieux" sans m'avoir demandé préalablement mon régime alimentaire, ma façon de vivre etc. … J'adore les légumes, je ne grignote pas… Je faisais juste du sport, mes jambes étaient dur comme du roc…
    Eh bien le peu de confiance en moi que j'avais réussi a grailler ça et là a disparu…
    Le manque de tact de certains médecin par rapport à notre physique, peu importe notre morphologie est juste horrible (il en convient pour les obèses, les anorexiques, les "un peu trop" minces/gros/musclés).
    Alors je comprends ton initiative BiBi… Parler de la santé de tes patients et les mettre en garde contre les dangers de l'obésité est une chose mais leur balancer en pleine face qu'ils ne conviennent pas au standard de la société à tord et à travers est contre productif.
    Bisous, je file.

    1. Docminus

      Je te souhaite tout plein de bonnes choses Fœtus (c’est mimi comme Pseudo tiens!), un gros m**** pour ce fichu concours, et accroche-toi on a besoin de futurs soignants comme toi 😉

      1. Foetus

        Ooooh (faut pas remercier ça porte la poisse, mais le coeur y est haha)
        Merci !! J’adore aussi ton pseudo !!
        Un gros m…. à toi aussi, comme j’ai cru comprendre pour toi aussi cette année c’est une grande année 🙂

      1. Foetus

        Pour moi c’est un des meilleure sport qu’on puisse faire.
        Ca boots aussi la confiance en soi, apprend à connaitre ses limites, etc.
        Je pense que c’est un sport qu’on devrait faire en EPS au collège/lycée (d’ailleurs mon lycée le faisait et ça plaisait plutôt pas mal)

  9. Geneviève

    Je t’admire Baptiste de continuer à répondre tranquillement.
    Donc je ne commenterai pas sur… le commentaire mais je commente pour te remercier d’être un médecin dans l’échange et l(humanité…

  10. Lily

    j’ai pris 30 kg, décès de mon père, maladie auto immune, arrêt de la clope,implant contraceptif, haine farouche du sport et amour encore plus farouche pour le chocolat au nougat
    ma famille m’a houspillé, un de mes frères s’est carrément montré insultant, je me suis caché sous des mètres de tissus noirs et plus on me faisait de remarques plus je mangeais
    et puis j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit (et montré) que j’étais jolie sans jamais faire un seul commentaire sur mes formes autre que « tu es jolie »

    j’ai bizarrement retrouvé le chemin de la salle de sport et perdu 24 kg

  11. Christine

    Faut s’entourer de gens qui nous aime pour ce que l’on est, les autres c’est des….. (au choix pour l’insulte) (et encore, les haïr c’est les considérer, alors que nous, souffrants, on leur importe peu).

    Sinon pour les complexes, les médecins m’ont aussi dit pendant des années que j’étais maigre, 1,67m pour 49kgs. Moi je m’en fichais et j’étais en forme, mais ouais, ça fait mal et ça fait chier!!!!!!!!! c’est pas gentil de la part d’un docteur ou doctoresse!!!!!!!!

    De plus je fais un bonnet A- (A moins, si si ça existe, c’est moi qui l’ai inventé), du coup j’ai l’air encore plus fluette du fait d’être foutue comme un xylophone du haut.
    Mais maintenant je m’en fiche des avis et regards des autres, le plus important c’est ma mère (très très très très malade, et ma VIE!!!!!!)

    D’ailleurs c’est quoi votre but à tous dans la vie?
    Moi c’est juste d’être heureuse, sans m’attarder sur des futilités passagères.
    Allez couraaaaage à toutes et tous!!!!! Et merci baptiste, t’es trooop foooooortttttt!!!!!!!!!!

    1. Cath

      Malin de me faire rire ! Je ne dois pas rire, ça fait maaaal, surtout quand on sort de chirurgie digestive ( ce qui est écrit sur les panneaux indicateurs de l’hosto) !
      Mais je ne vous en veux pas 😉

  12. Muriel B

    Etre obèse, j’ai commencé à devenir en surpoids puis obèse à 19 ans, comme ça, sans prévenir, sans moins bien manger (au contraire), j’ai découvert l’enfer d’être grosse. J’ai vu une diététicienne (je ne peux rien pour vous, il faut voir un médecin), j’ai vu des médecins, j’ai fait des analyses… Hormonal! ça me fait une belle jambe, j’ai le cortisol et la prolactine qui jouent aux montagnes russes, lié au stress, résultat: 40 kg en plus en deux ans… Les remarques, j’en ai encaissé, entre le groupe de jeune que tu croises avec un du groupe qui manque de te rentrer dedans avec sa pote qui dit « fait gaffe, tu vas rebondir », la famille, les amis, le regard des gens dans la rue, des médecins aussi parce que une échographie de grossesse « c’est difficile de faire un examen correcte avec toute cette graisse abdominale »… Le plus dur se sont les remarques des parents « il faut que je te prenne en photo pour que tu vois que tu grossis » « je t’ai faite belle et tu as tout gâché » « tu crois que tu vas le garder ton mec, les hommes ça n’aiment pas les grosses »… Finalement mon « mec » de l’époque est non seulement resté malgré mes problèmes de santé mais m’a épousé et m’a fait deux merveilleux enfants… Perdre du poids est très décourageant, un épisode de stress c’est 3 ou 4 kilos de plus en 1 semaine alors que pour les perdre il me faut un mois et demi sans aucun écart. Le seul moment où je perd facilement du poids, sans régime, c’est enceinte ou allaitante, j’ai perdu les deux fois 20 kg mais j’en ai repris chaque fois… même si j’ai 7 kg de moins qu’au pire moment. A 30 ans, je ne supporte même pas de me voir dans un miroir, celle que je vois, ce n’est pas moi. Quand je dors, dans mes rêves, je ne me vois pas tel que je suis mais comme j’étais… avant…. M’habiller est un supplice, rien ne me va jamais… Mon corps ne m’appartient plus… Mais dans les yeux de mes fils, je suis belle et unique pour le grand 4 ans et demi je suis « princesse d’amour de la reine des neiges » et pour le petit 2 ans et demi « ma minnie » , alors quand je déprime, c’est dans leur odeur, dans leur yeux, tout contre eux que je retrouve la force d’avancer chaque jour… Peut-être que sans eux, mes trois hommes, je n’aurais pas eu la force de vivre…

    Ps: je suis soignante mais qui prend soin des soignants…

  13. josecile

    Pour ta patiente qui a pleuré, il reste un espoir, celui d’arriver un jour à retrouver un corps qui ne la fasse plus souffrir, dans lequel elle se sente bien.
    Pour Arya par contre, je crains qu’il n’y ait plus rien à faire …

    1. Marie-Eve

      C’est triste de dire ça, je suis sûre qu’Arya peut progresser en humanité, rien n’est jamais perdu et on apprend tellement des aléas de la vie. Peut-être qu’elle n’a pas encore assez vécu, peut-être qu’elle a reçu une éducation qui a cassé son empathie mais qu’elle va progresser en vivant elle même des choses difficiles un jour.

  14. Lysa

    Merci Baptiste : tout mon soutien.
    Quand il n’y aura plus de gens comme toi sur terre, ce monde crèvera. Mais les malintentionnés/médisants/esprits fermés ne nous tireront pas vers le bas, ils feront ce qu’ils veulent mais on n’a pas le genou à terre pour le moment. Alors continuons…

  15. Curvyvéro

    A toi, Baptiste

    Love… et bisous, coeurs, paillettes comme diraient mes deux petites.
    ( et hihihihi pour la photo finale, on avait tous -sauf Arya m’est avis, une folle envie de lui défroisser ses horribles anglaises, non?)

  16. Cath

    Ce dénommé (e) « arya » , c’est un(e) handicapé (e) du bulbe ? Bas du front ?
    Je comprends que cette personne souhaite demeurer cachée. Pareille laideur…

  17. Rosi

    Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

    C’est connu mais c’est tout ce que m’évoque la méchanceté de ce commentaire. Comment la vie doit être triste quand on a l’esprit si étriqué !

  18. sarah

    Le plus gros défaut de la Connerie, c’est qu’elle éprouve toujours le besoin de se faire entendre. Ce qui est bien sur ce site, c’est que l’Intelligence humaine parle encore plus fort qu’elle, aaaah merci pour toutes vos voix bienveillantes, ça fait du bien. Désolée Arya .. mais un peu d’empathie, par pitié, un peu d’empathie.
    On ne choisit pas d’être obèse. On choisirait de l’être si on était payéE** au kilo. Jamais entendu parler de ça. Ce n’est pas simple d’être obèse et c’est encore moins simple d’être Hors-standard.
    Et pourtant, le Hors-standard, c’est une grande part de la poésie de ce monde. Il décale le regard, il surprend, il oblige à voyager dans ses pensées, qu’on aime ou pas ce voyage, c’est toujours bon d’être bousculéE. Ça réveille quand on s’endort dans le train-train.
    Comme ce spectacle que j’ai vu un jour « Gros » d’un danseur qui joue avec sa forte corpulence pour nourrir sa danse d’une présence, de mouvements et de rythmes inattendus, qu’on ne peut pas voir de fait chez un danseur « standard » avec un corps ferme et mince.
    Et cette pièce de théâtre « Tempête » jouée par des personnes handicapées où on a rigolé de bon cœur à plusieurs reprises parce que le handicap déclenche des comiques de situation qu’on ne peut pas voir de fait dans une interprétation « standard ».
    C’est tellement bon d’être surprisE. Dans l’art, mais surtout dans le quotidien.
    Et puis c’est le mouton noir qui nous rappelle qu’on est des moutons blancs, qui nous rappelle notre « chance » de faire partie de la majorité.
    Alors pour toutes ces raisons, commençons par dire merci aux moutons noirs.
    Et puis faisons de la place.

    **Pour les amoureux de la langue française, permettez cette évolution syntaxique « payéE » pour faire figurer les hommes et les femmes dans un même mot, sans mettre les femmes entre parenthèses .. « payé », « payé(e) » ou « payéE » ? Pour être reconnues égales aux hommes dans un monde d’hommes, peut-être est-il nécessaire que les femmes soient aussi vues et entendues que les hommes. Alors si le E majuscule du féminin permet de nourrir celui de l’Egalité, ça mérite le changement, non ?

      1. sarah

        Merci pour le concept de l’écriture inclusive ! Je ne connaissais pas le manuel, où les auteurs expliquent qu' »une langue qui rend les femmes invisibles est la marque d’une société où elles joueraient un rôle secondaire ».
        Ils proposent donc : payé.e (c’est un point au dessus du point normal, je n’ai pas la bonne touche) car
        payé(e) : indiquant une valeur secondaire
        payé/e : indiquant une division, pour répondre à Caroline 😉
        payéE : marquant une différence.
        Pour ma part, tant que ce n’est pas formalisé, je reste sur la majuscule:-), elle donne une visibilité égale mais différente pour chacun des 2 sexes : la marque de l’homme est en première place avec un accent, la marque de la femme est en 2ème place mais plus grande en hauteur. Ca équilibre la balance. Bonne journée !

        1. Eulalie

          Depuis peu j’utilise « payé-e », ça me plaît comme ça, le trait d’union… tout est là non ?!

          J’ai voyagé avec ton commentaire Sarah, ça faisait plein d’échos dans ma tête. Sauf que moi j’ai tendance à vouloir partir avec les moutons noirs ! Et puis, je ne savais pas si finalement j’étais un mouton noir ou blanc parce que vous comprenez ma tête est bien au dessus de mes 4 pattes, et alors les autres je ne voyais pas non plus. Bref, j’aime bien l’idée d’un ensemble de moutons Jacob vous voyez ?… 😉

  19. Tellou

    Je crois que dans un sens ou dans l’autre, dans le cas de la patiente, du medecin d’Arya, tout depend du regard que l’on porte sur les autres et surtout de comment on analyse ce regard. Est-ce que je regarde et je juge en mettant une grosse etiquette sur la personne? (La grosse dame pas bien dans sa peau, la grosse fille qui rigole tout le temps-trop sympa, la femme qui est mechante parce qu’elle poste des atrocites, le gentil medecin etc…) . Ou est-ce que je regarde l’autre en etant « indifferent » comme le suggere le titre, ou je dirai plutot « en lui donnant toute sa dignite d’etre humain ». En regardant autre chose que la graisse, la mechancete ou tout aute chose.

    Plus facile a ecrire qu’a faire…je sais 🙁

    1. sarah

      Ne pas réduire la qualité d’une personne à une seule opinion, tout-à-fait d’accord. Mais réagir à des propos discriminants, c’est indispensable. On ne peut pas passer sous silence ce genre de commentaire. Ça devient une façon de pensée, l’intolérance ces dernières années. On ne peut plus banaliser ce genre de propos avec des « Fais pas attention, c’est pas grave ». La discrimination, c’est grave. Qu’elle soit faite aux obèses, aux femmes, aux migrants, aux homos … Rappelons aux personnes qui dérapent, qu’elles dérapent.
      Tant qu’il y aura du monde pour nous remettre à notre place quand on dérape, on continuera de grandir.

    2. Flexable

      Certes. Mais pour ne pas juger, et pouvoir analyser il faut du temps. Et on ne l’a pas souvent. Du coup, on se fait notre opinion dans l’urgence, et malheureusement ce « premier regard » est souvent discriminant, négatif quand ça ne correspond pas à nos codes, nos présupposés ou nos attentes (lisez Système 1, Système 2 c’est édifiant). Alors si nous (ici) nous sentons un peu plus emphatiques, tant mieux, ça fait du bien, mais je pense qu’il y a du boulot d’éducation à faire – rien à voir avec du politiquement correct, ça n’existait pas quand j’avais 20 ans, et je pense pareil aujourd’hui sur le respect dû aux personnes (le respect à un peu tout en fait). Ça peut s’apprendre, ça ne s’impose pas d’emblée. J’ai souffert de surpoids que j’ai perdu mais repris – rien à voir avec un pb médical (qui pourrait me servir « d’excuse » dans le sens explication, c’est rassurant), c’est psychologique, mais je n’ai pas envie d’étaler mes soucis au reste du monde, alors oui, les regards, les remarques c’est blessant (« Pense à ta santé… » « Tu étais mieux avec moins de kg »…) mais je refuse de me justifier ou de me victimiser en essayant de convaincre les autres et des inconnus : je n’ai pas envie que tout le monde me connaisse non plus ! Et je me vois mal arrêter les personnes dans la rue pour leur expliquer que « bon, voilà, je suis moche c’est parce que… » Vous avez déjà réussi à faire changer d’avis quelqu’un qui a des opinions « contraires » à vos principes, vous ? Moi jamais. Tout ça n’est pas dans la réflexion ou l’argumentation, mais dans l’émotion et le réflexe. Et oui, c’est grave, je ne minimise pas le poids et l’effet de ces attitudes, mais je suis devenue cynique, c’est trop d’efforts pour rien.
      Oui, je veux bien militer pour l’indifférence, la citation me plait. Je suis pour la présomption d’innocence. Aux autres de prouver que je suis coupable.

      1. Cath

        L’important n’est pas de justifier quoi que ce soit, c’est d’être en accord avec vous-même.
        Il ne s’agit pas de nier le surpoids et ses conséquences éventuelles, mais si il y a action à prendre, il faut que cela vienne de vous et non des remarques que vous feraient les uns et les autres. Et rappelez-vous qu’on ira tous au paradis, même moi 😉

  20. Linou

    Pour ma part, je pense, comme Marshall B. Rosenberg, que « la violence, quelle que soit sa forme, est une expression tragique de nos besoins insatisfaits ». Et, comme Lise Bourbeau, qu' »il n’y a pas de méchants dans ce monde, seulement des souffrants ».
    Tout ça pour dire qu’à mon avis, le monde manque surtout de communication non violente. Mais je pense qu’il s’agit avant tout d’un travail personnel pour apprendre à écouter derrière des mots que l’on trouve méchants, tout en réconfortant ceux-celles qui ont pu se sentir blessé-e-s en les entendant !
    Je pense aussi que c’est surtout l’intention qui compte plus que les mots utilisés. Et qu’il y a donc pour moi une 3e voie entre « la bien-pensance absolue et tyrannique […] et le trolling méchant ».

  21. Broccoli

    Si le remède contre la connerie existait, on l’aurait déjà découvert…
    donc « Don’t feed the troll ! « , même si c’est louable d’expliquer, je crois que certains cas comme Arya sont définitivement perdu
    Courage !

  22. msr_60

    Le commentaire d Arya est cash. Mais la réflexion sur le fond et la forme intéressante. Quand mon médecin traitant me décrit les risque du surpoids il a raison. Je lui réponds régulièrement que si c’était facile de passer d’IMC 30 à IMC 20 ce serait déjà fait et que certains sont obligés de grappiller % par %… Et retombent. La loterie de la génétique est injuste. Pleurer est inefficace. S’affamer frustrant. Le regard de certains autres meurtrier. Et après?
    J’ai été élevée au son du refrain « marche ou crève ». Ça fait plus de 50 ans que je marche, dont 25 et 2 grossesses à tirer mon IMC avec philosophie. Parce que ce qui se passe au cabinet médical reste au cabinet médical et qu’après la consultation je me lève et je marche vers la salle de gym, sans illusion et sans complexe . Et si d’aventure je pleure c’est toute seule dans la salle de bain d’où le miroir en pieds a disparu.

  23. Marie-Eve

    C’est pas un bus, c’est un camion ! J’étais obligée de le dire, j’ai l’esprit scientifique même si mon amour des sciences n’a pas mangé mon empathie.

    Et je fond devant le « princesse d’amour de la reine des neige », ça veut tout dire, vous êtes magnifique Muriel.

  24. Cath

    Dites, toutes et tous, vous rappelez-vous la Vénus callypige ?
    Et jetez un œil sur les sculptures et autres peintures qui habillent les murs et hantent nos musées. Cela devrait vous remonter le moral. D’accord, je n’aime pas Rubens, mais il a fait un tabac en son temps 😉

  25. Valily

    J’ai mal à mon humanité devant tant de violences décomplexées (raison pour laquelle je fuis désormais les réseaux sociaux ) mais vos commentaires à tous ici, font chauds au coeur et redonnent fois en une certaine vision des relations finalement apaisées. Merci.
    Et merci à toi Baptiste, de continuer ainsi avec une humanité et une bonté sans faille face à toute cette violence. Je t’admire d’autant plus que j’ai décidé de ne plus y être confrontée, je préfère mon monde de bisounours et j’espère encore et toujours que le moment viendra où nous serons plus nombreux et plus bruyants que ces haineux qui doivent être bien tristes et malheureux.
    Namasté

  26. Christine

    Je n’ai jamais été trop grosse pour la société, juste trop maigre. Alors j’ai une suggestion que je vais formuler sous forme d’une question: « peut-on faire abstraction des regards et remarques des autres? »
    Je sais c’est pas facile à faire du tout, mais c’est peut-être la solution, filtrer ce qui arrive et le renvoyer loin direct!!!
    Beaucoup de gens sont méchants, ça ne changera jamais.
    Et être standard c’est quoi? On focalise trop sur les « normaux », mais ya plein de variétés!

    Un été je me suis amusée à regarder les pieds des gens dans le métro. Beaucoup de gens sont complexés par leurs pieds, et en cette période, c’est difficile de les planquer.
    Et bien entre les tongs, savates, spartiates et autres noms de chaussures que je ne connais pas, j’en ai vu des bizaretés!!!!! Beaucoup!!!! Mais était-ce des bizaretés, ou juste la norme??? 🙂
    (Attendez l’été prochain, vous verrez…. vous ne regarderez plus vos pieds comme avant…..).

    Et pour finir, pourquoi faire vivre cette fille à l’origine de cette discussion en écrivant son nom partout, est-elle si importante?

    1. Cath

      Les pieds…
      Les miens sont plus beaux que ceux de la Vénus de Boticelli (pas difficile), des orteils longs et réguliers, classiques, à faire rêver les peintres, et ils auraient pu inspirer le « délire de la Gradiva ».
      Seulement voilà, ce ne sont que des pieds, cachés la plupart du temps. Tant pis, je garderai leurs secrets dans mes escarpins fleuris 😉

  27. DOMINIQUE

    Pour une maniaque comme moi du vocabulaire, nègre, noir, black et maintenant afro-américain sont les mêmes mots. Cela veut dire que ce ne sont pas des « blancs » ! Cela ne sert à rien de changer les mots, le sens est exactement le même.
    Mais dans le cas médical, où le médecin est là pour réconforter, aider, soutenir, les mots doivent être choisis en douceur, ne serait-ce que pour faire sentir que l’on n’est pas jugé. Que l’on est simplement là pour comprendre, aider.
    J’ai montré ma jambe « d’hiver » à mon médecin… poils évidemment. Je lui ai dit « je ne me suis pas épilée, pardon ». Il a haussé les épaules « aucune importance » d’un ton négligent, tout occupé qu’il était à vérifier si l’œdème était bien résorbé. Ma honte poilue a disparu !
    C’est simple : un haussement d’épaule, un mot à la place d’un autre, plus doux, moins agressif, peut vraiment, vraiment réconforter.

  28. Amaïa

    Moi j’t’aime bien Baptiste et même que j’aimerai que tu sois mon médecin parfois. A dire vrai j’en ai pas vraiment de généraliste, c’est comme les médecins des urgences je l’ai fui parce qu’au moment où j’avoue toujours à demi-mot souvent en baissant les yeux parce que j’ai honte que je suis anorexique, pour eux tout s’ecclaire. Je suis.la parce que la cretine de service n’a encore une fois pas assez mangé ou c’est trop fait vomir. Souvent j’ai envie de leur dire que moi aussi j’ai pas plus envie d’être la qu »eux, que j’ai bien dit aux gens de ne pas m’envoyer aux urgences que ça ne changerait rien. Mais peut être que la prochaine je dirai emmené moi chez Baptiste Beaulieu il n’a pas la recette miracle mais lui au moins il aura des mots qui ne me feront pas me sentir sotte, incapable. Alors voilà comme tu dis Baptiste je t’aime d’amour et je te remercie pour tout.

    1. Christine

      AMAÏA, faut pas avoir honte d’être anorexique, c’est pas de ta faute, et c’est pas une bêtise que tu fais. C’est un état que tu subis. Tu vas l’a trouver la solution au fond de toi!!!!!! Si Si!!!!!! 🙂 🙂

  29. Julie

    EXPECTO PATRONUUUUM !!! Oooh mon patronus est trop choupi ! (Crois-tu que le patronus de Nelly Olson soit Arya ?). De toute évidence cet(te) Arya souffre du profond sortilège Confundo pour avoir écrit cela.

    Je suis allée faire un tour sur Fesse de Bouc pour voir les commentaires. Je me suis arrêtée de lire, j’avais envie de pleurer. Heureusement que la grande majorité des messages étaient bienveillants, mais pour certains… Je mets cela sur le compte de la bêtise et de l’ignorance. Comment peut-on véhiculer de tels préjugés ou de tels clichés ?
    Les gens ne se posent même pas de questions et parlent sans savoir ni connaître le quotidien d’une personne en surpoids. Que savent-ils de cette patiente ? De son histoire familiale ? De ses échecs ? Ou bien de ses espoirs ? Faire des raccourci comme « elle n’a qu’à se prendre en main » ou « elle n’a qu’à moins manger »… Tristesse. Où c’est écrit qu’elle n’a pas essayé ? Merci les gens, je crois bien que les personnes en surpoids SAVENT ce qu’il faut faire. Et je crois que ceux qui écrivent ces imbécilités NE SAVENT PAS ce que ces personnes vivent quotidiennement. Si ces personnes souffrent de leur situation, c’est bien qu’ils traversent de véritables difficultés (ils ne se complaisent pas dans leur souffrance tout de même!). Autre précision et autre cliché: toutes les personnes en surpoids ne le sont pas à cause d’un déséquilibre alimentaire. (Et au passage, toutes ne souffrent pas de leurs kilos en plus, s’aimer c’est important). Faire des commentaires à la c… empreints de méchanceté de surcroît c’est carrément nier la souffrance de l’autre. Et c’est insupportable.
    Les gens se trompent de message. Ici il ne s’agit pas de faire le procès d’une patiente (bon sang, mais elle n’en a nul besoin!!! J’ai l’impression qu’on cherche à lyncher quelqu’un déjà à terre) mais de parler des mots qui peuvent blesser et de l’évolution de la société quant aux termes employés. C’est l’histoire d’une femme qui ne supporte pas qu’un simple mot lui rappelle ce qu’elle endure depuis toute petite. On ne cherche pas à cacher le fond, c’est la forme qui n’est pas toujours bonne. Un peu de bienveillance et de douceur.
    Tout simplement.
    Fatiguée moi, vais dormir. Et pour rester dans le thème de M. Potter… Nox 😉

      1. Eulalie

        Il est génial à écouter, tu es génial à lire, vous avez des messages super posés, sainement cohérents. Hmm, de quoi continuer à me nourrir, merci à vous !

    1. sarah

      Merci pour la vidéo ! Un jour viendra où on pourra se baigner avec plein de poils aux jambes sans devoir décliner une invit de dernière minute avec une excuse à la con : « euh non désolée, l’eau est un peu froide, et tu vois j’aime pas l’eau froide » (quand il fait 40 degrés). Oui, j’espère qu’un jour on s’aimera parce qu’on sera nous-mêmes.
      Aujourd’hui, j’ai vu dans un musée d’ethnographie une paire de chaussures que portait les chinoises aux pieds bandés des années 1000 à 1900 : 8cm. C’était le standard érotique. Dans leur petits chaussons, ça excitait les hommes, les pieds en fleurs de lotus. Sauf que tu enlèves les chaussons, elles ont les orteils à la place du talon … Et les mandchoues à qui on interdisait cette coutume, portaient des chaussures inconfortables pour se donner la même démarche. Pourtant, il n’y avait pas la télé à l’époque, pas de pubs, pas de magasines « infemmes ».
      En fait, être soi-même quand on est une femme, c’est un acte militant.
      Alors quand on est une femme et obèse, être soi-même c’est plus que militant, c’est révolutionnaire ;-).

  30. Sophie

    Eh, les filles, vous savez quoi ?
    Ces gens qui disent très facilement que « maigrir c’est une question de volonté », ils en savent quoi ? Ils ont vécu quoi ?
    Alors je les mets au défi de vivre ce que j’ai (et beaucoup d’autres d’entre vous) vécu, et nous en discuterons après.
    Les régimes, c’est pendant des mois (8 mois, 10 mois, 12 mois… 3 ans, sans JAMAIS faillir, manger :
    – Le matin : rien
    – Le midi : un sachet de protéines de pharmacie,
    – Le soir : enfin un VRAI repas (youpi !) : une tranche de 40 gr de jambon de dinde dégraissé, 100 gr de légumes verts à l’eau, et un yaourt nature 0% sans sucre.
    Pendant des mois. Sans faillir.
    Et quand on est sur un palier, pendant des semaines, sans perdre un gramme, décider de baisser encore la mise : le soir c’est AUSSI un sachet de protéines, le temps de descendre du palier.
    Perde 20kg, en reprendre 30.
    Perdre 30 kg, en reprendre 40.
    Perdre 40 kg, en reprendre 50.
    Ne plus avoir le courage de faire cet effort monstrueux de perdre 50 kg…
    Ceux qui ont vécu également cela, je les autorise à me faire des reproches.
    Les autres, qu’ils commencent déjà par en chier autant, ils auront ensuite le droit de me parler !!!

    1. Cath

      Ça c’est pas un régime : c’est de la torture. Et c’est forcé que ça rate et ne fasse qu’empirer les choses.
      Il vaut mieux manger sainement et régulièrement, sans sauter ses repas. Bref, se respecter et surtout se connaître.
      Après, on verra ce qu’il est possible de faire : préserver la santé dans les meilleures conditions, voilà l’objectif. Le reste, laissez-le.
      😉

      1. Sophie

        Je suis bien d’accord que c’était de la torture, totalement contre-productive, mais c’était tout ce que pouvait m’offrir la médecine de base ici bas chez moi avant que je ne rencontre la merveilleuse équipe pluridisciplinaire dont je parlais deux posts avant et qui m’a conduite à un by-pass.

        C’était juste pour dire et redire aux grosses comme moi qu’elles n’acceptent plus de se laisser dire qu’elles n’ont pas de volonté. La plupart d’entre nous, les grosses, avons eu tellement plus de volonté que ces gens maigres malgré eux qui disent que nous n’en avons pas…

    2. heliotrope

      bonjour beauté
      en surpoids presque toute ma vie, je n’ai jamais fait de régime ça alimente le stress ! ! !
      retraitée depuis 0 ans, je viens de me débarrasser d’un énorme fardeau émotionnel, j’ai commencé par me sentir légère puis je me suis rendu compte que j’ai perdu plus ou moins 10 kg tout tranquillement,
      la vie est belle
      et là je suis bien contente
      good luck

  31. Herve CRUCHANT

    @ »Nos professions sont basées sur des études méthodiques …(…)… avons choisi celui nous permettant de devenir soignants. »

    Je reviens avec la nébuleuse ‘doxa’. Personne ne se gausse d’un crâne rasé pour cause de chasse au cancer en cours. Ni d’une atèle ou d’une allergie au gluten….etc. On pourrait peut-être admettre l’obèse -comme l’anorexique- dans le champ des humains normaux. Normaux, c’est à dire ayant toute légitimité à vivre avec les autres sociétaires humains sans plus de remarques. Eradiquer une bonne fois pour toutes ce ‘délit de faciès’ qui nous englue l’empathie. Premier point au sujet de la reconnaissance des composantes sociales de ce Monde. Premier point.

    A partir de là, comme pour un patient préoccupant, dresser avec lui le tableau clinique de son état, si tant est qu’il consulte pour les gènes que son poids lui impose. Alors, après avoir isolé et caractérisé le(s) fauteur(s) de trouble(s) physique(s) comme une tierce entité indélicate dont on peut se passer pour vivre, forts d’une certaine complicité et d’une solide détermination, l’équipe soignant-soigné tord le cou aux dangers de la pathologie. Second point.

    La doxa (coucou, la revoilà!) doit admettre que le médecin n’est pas l’archange Gabriel (ou un autre, qu’importe) et le patient le Schtroumpf Grognon. A contrario, un médecin machine-à-café et le patient consommateur. Question : qui va lui enfoncer çà dans la nébuleuse ? Tout médecin et tout patient, cette belle blague. Comment ? chaque fois que nous entendons une sottise proférée dans le domaine, réagir fermement et tranquillement. Comme nous le faisons chaque fois que nous sommes en présence d’un jugement xénophobe ou discriminatoire. Enfin, je le suppose.

    Que Mieux vous rassemble.

  32. marie

    Pluridisciplinaire c’est la clé du soin pour les balances qui font du yoyo entre des extrêmes, pour la méchanceté pareil , des arya poussent sur les terreaux de la maltraitance , il est plus ardue de les guérir.

  33. fionabynight

    Bonjour à toutes et a tous,

    je vous donne les liens suivants: https://www.ted.com/talks/sandra_aamodt_why_dieting_doesn_t_usually_work?language=de.
    le livre Why diets make us fat (pourquoi les régimes nous rendent gros) ISBN 978-1-925228-59-5 et le site du GROS: groupement de réflexion sur l’obésité et le surpoids. ce blog est tenu par le Dr. Gérard Apfledorfer & le Dr. Jean Philippe Zermati. http://www.gros.org/
    Sandra Aamodt est chercheuse en neuroscience et ancienne régimeuse maitre es Yoyo.

  34. big girl du 74

    Bonjour,
    des histoires avec un tensiomètre j’en ai 2 à vous raconter.
    Que penser d’un endocrinologue qui se plaît à crier sur les toits qu’ il est « le » spécialiste de l’obésité sur la grande ville où vous résidez, et qui vous plante sur la table d’examen, pour aller toquer à la porte de son confrère et récupérer un tensiomètre avec un brassard de taille adaptée.
    Non mais allo quoi ! Tu traites des personnes obèses à longueur de journée, et tu n’as pas le matériel pour t’occuper d’elles correctement ?
    Pour la seconde histoire, elle met en cause deux anesthésistes travaillant dans le même établissement et se partageant la même salle d’examen et le même matériel. Je dois en effet subir 2 chirurgies à quelques mois d’écart. Le premier me demande de relever ma manche et prend ma tension en positionnant le brassard sur le biceps, sans rencontrer de difficultés particulières. Sa consoeur, me reçoit 5 mois plus tard et au moment où je dénude mon bras et le lui tend pour la prise de tension, elle décrète que je peux remettre ma veste parce que :  » avec le bras que vous avez, je ne vais jamais pouvoir refermer le brassard, je vais donc prendre votre tension sur l’avant-bras ». Là, je lui mets dans les dents que 5 mois avant son collègue a très bien réussi, et j’ai déchaîné une furie elle a été infecte pour le restant de la consultation. Refusant de me prescrire des bas de contention (quand on sait que j’ai eu un antécédent d’embolie pulmonaire), mais plutôt des bandes de contention « parce que vous comprenez j’en ai assez des grosses qui veulent des bas, n’en trouvent pas à leur taille et puis me dérangent au téléphone pour obtenir une nouvelle ordonnance pour des bandes. Alors maintenant je prescris directement des bandes ». M’informant que je sortirais du bloc avec une voie centrale, mais sans m’expliquer de quoi il s’agit. Examinant ma gorge et mes dents depuis sa place derrière son bureau, sans s’approcher de moi. Sait on jamais c’est peut être contagieux le gras. Et j’ai gardé le plus beau pour la fin, vous savez quelle était l’intervention que je m’apprêtais à subir ? Un by-pass gastrique !! Parce que avec des antécédents de diabète dans ma famille, un IMC de 45, de l’hypertension, des apnées du sommeil c’était ça ou j’y restais dans les 10 ans. Dieu merci pour me préparer à cette opération dans le cadre du bilan très complet qui est fait en amont, j’ai rencontré d’autres médecins, tous aussi empathiques et gentils, que celle-ci a été odieuse, détestable et minable. J’ai fait le choix de dénoncer son attitude à sa direction et à mon chirurgien, j’attends encore une réponse de la direction de la clinique, et quant au chirurgien, il m’a dit qu’il ne fallait pas la juger, « elle a elle même des problèmes de type anorexique, alors, vous comprenez quelqu’un comme vous (sous entendu de 135 kgs) ça ne peut que l’angoisser ».
    Mais moi, me faire traiter comme une grosse merde à 15 jours, de subir une grosse chirurgie c’est pas grave, ça ne va pas rajouter à mon angoisse.
    Baptiste, continue à te soucier de tes patients comme tu le fais, je t’en supplie, ne change pas et ne deviens pas un toubib aigri qui n’en a plus rien à foutre et ne cherche qu’à encaisser son paiement. Je lis régulièrement ton blog, parce qu’il m’aide vraiment à prendre du recul et me rappeler que même si je suis tombée sur des médecins particulièrement peu à l’écoute, brutaux dans leurs propos mais aussi parfois dans leurs actes, et aussi grossophobes, je suis aussi tombée sur certains autres profondément humains, gentils et à mon écoute. Big hug for you.

  35. Louve

    Argh, moi ce que je trouve triste, c’est qu’à cause de messages et commentaires comme ça, tu te sentes de plus en plus régulièrement obligé de faire des posts où tu dois te justifier et argumenter, après le post d’origine.

  36. Esbée14

    Bonjour,
    Je rejoins Big Girl du 74 pour dire la douleur, terrible, lorsqu’on est obèse (pestiférés parmi les pestiférés) de ne pas recevoir des personnels médicaux la bienveillance à laquelle on aspire et que l’on croit pouvoir trouver auprès d’eux ; après tout, ils le savent bien, les médecins, que nous sommes des humains, des humains malades comme tous les autres malades… Hélas, force est de constater que tel n’est pas le cas, même dans certains services pourtant spécialisés dans l’accueil des personnes souffrant d’obésité : le matériel inadapté (pèse-personne limité, brassard trop court, fauteuil trop étroit, blouse -ah, ces maudites blouses en intissé transparent !- blouse trop petite qui vous oblige à arpenter les couloirs de l’hôpital le cul à l’air libre, le sourire aux lèvres et la dignité en équilibre précaire sur la tête) ; ces quelques services où les comportements et propos humiliants sont courants. Je la vois là, la méchanceté, de la part des sachants… enfin, de la part de ceux qui devraient savoir… qui devraient savoir faire semblant à tout le moins.
    Mais j’ai ma part de responsabilité, car je ne dis rien ; on m’a appris à me taire « quand on est comme moi », à accepter les petites humiliations quotidiennes socialement admises, à sourire, à être drôle (« elle est déjà grosse, il manquerait plus qu’elle soit chiante »). C’est à moi de refuser l’inacceptable et à moi de le dire. Le commentaire d’Arya n’est que la conséquence de tous mes silences.

  37. bonneau danielle

    Une désolante « anecdote » : En gérontologie où maman est hospitalisée pour une chute, une autre dame, plus jeune et adorable partage sa chambre. Le jour de la sortie de celle ci, un médecin déboule et lui dit brutalement : « Vous ne devez pas sortir aujourd’hui, vous avez un cancer ! » Stupeur et choc absolu… 2 ou 3 jours après, on vient lui : Ah non tout compte fait vous n avez pas de cancer, vous pouvez partir ! ……..

  38. Batman

    De plus je fais un bonnet A- (A moins, si si ça existe, c’est moi qui l’ai inventé), du coup j’ai l’air encore plus fluette du fait d’être foutue comme un xylophone du haut.

  39. phil

    Alors voilà, je vais te raconter une histoire, écrite en Octobre 94 par Jean-Marie Creff dans le quotidien Sud-Ouest. Elle me touche particulièrement, en tant que père d’une enfant IMC de naissance. Il y a beaucoup d’humanité et beaucoup d’espoir aussi, comme dans tes écrits.

    Le poème

    A tout propos, sa grand-mère soupirait : « Demain on sera en 2000 et après-demain en 3000. On ne voit plus le temps passer. »

    Lui qui éprouvait tant de difficultés à faire le moindre geste, tendre la main, saisir un objet, cela avait fini par l’énerver.

    Et pourtant, aujourd’hui, lui non plus n’avait pas vu le temps passer. Il avait l’impression d’avoir accompli plus de choses que d’habitude, vécu plus d’évènements qu’à l’ordinaire.

    D’abord ç’avait été l’arrivée à l’école.

    En avait-t-il rêvé de cet instant, véritable rite dont il pressentait, sans qu’aucun de ses camarades lui ait jamais fait l’observation, que seule elle le ferait reconnaître d’eux.

    Sa mère l’y avait conduit, et son père qui, pour une fois les accompagnait.

    La maîtresse avait fait montre, en l’accueillant d’une très grande gentillesse. Elle lui avait demandé son prénom. Il l’avait prononcé avec application.

    Dans la cour, des garçons et des filles parlaient. Certains couraient. Les plus proches de la grille s’étaient arrêtés de parler ou de jouer à son entrée. Et l’enfant avait craint l’impression qu’il leur faisait.

    Très vite la maîtresse avait appelé ses élèves..

    Elève…

    Jamais il n’avait mesuré autant qu’aujourd’hui la beauté de ce mot.

    Alors, c’était vrai, on pouvait être handicapé, ne connaître que les positions assise et allongée et pourtant s’élever ?

    Comme cette fois, en forêt, où la voix de son père déclamant des vers l’avait transporté ?

    La maîtresse avait prononcé quelques mots de bienvenue à son égard et demandé à ses camarades d’exclure la brutalité de leurs relations avec lui.

    Ensuite la classe avait commencé.

    Chacun avait raconté ses vacances. Quand son tour était arrivé, il avait parlé du soleil, des arbres, des oiseaux qui y chantaient, de la nuit et du ciel étoilé.

    Puis la maîtresse avait demandé à chacun ce qu’il attendait de cette année.

    Lui avait répondu qu’il voulait « apprendre les mots », ce qui avait amusé tout le monde.

    Il avait expliqué que, pour lui, le langage était comparable à un instrument de musique et qu’il rêvait d’en jouer comme un virtuose.

    Malgré ses difficultés d’expression et sa lenteur, ils l’avaient écouté jusqu’au bout en silence.

    Et ce silence s’était prolongé, bien après qu’il se soit tu, comme si, en leur confiant son espérance, il leur avait confié une belle histoire.

    Bien sûr, il y avait eu l’incident de l’après-midi. Cet incident, il aurait dû s’y attendre, et même s’y préparer.

    Les maladresses, il en était tellement coutumier.

    Quelle confusion il avait éprouvé !

    Il est vrai que les témoins de ses difficultés avaient changé :

    La maîtresse avait commandé de prendre les crayons. Ceux-ci se trouvaient à portée de main. Sauf pour lui.

    Pour lui, à portée de main ne signifiait rien. Ses bras étaient en permanence agités de mouvements désordonnés et quand il parvenait à en prendre le contrôle, c’étaient ses doigts qui se contractaient, à un point tel qu’ils lui devenaient inutiles.

    Il fit tout ce qu’il put, et quand, au bout d’un temps infini, l’ensemble bras, main, doigts se trouva aligné, il s’aperçut qu’il ne se rappelait plus dans quel but il avait tant peiné.

    Cette propension à sans cesse oublier ce qu’on lui demandait avait longtemps irrité son père, jusqu’au jour où, un éducateur avait découvert la raison de ses absences : « Mobiliser son corps exige de sa part tellement d’efforts, avait-t-il expliqué, qu’entre-temps il perd de vue la raison de ceux-ci. »

    De cet instant, le regard que son père portait sur lui avait semblé se modifier. Et lui-même s’était senti moins coupable du chagrin qu’il lui causait.

    Mais, aujourd’hui, personne n’avait su comment réagir. Fallait-t-il l’aider ? Fallait-t-il le laisser se débrouiller ? Tous l’avaient regardé, gênés.

    Pourtant quelle belle journée ç’avait été.

    A midi, le peu de temps dont ils disposaient pour déjeuner et l’aide dont il avait besoin ne lui avaient pas permis de profiter des propos de ses camarades, tout à la joie de se retrouver. Mais, à la récréation qui avait suivi, ils l’avaient associé à leurs échanges, et plusieurs s’étaient relayés pour pousser son fauteuil.

    Comme ils s’étaient esclaffés lorsqu’il leur avait avoué n’avoir jamais goûté de chewing-gum !

    Déjà, pour prononcer le mot ! Rien que d’y penser il avait de nouveau envie de rire.

    Il avait insisté pour aller à l’école. Il s’y trouvait. Maintenant il fallait tenir !

    Et il tiendrait. Il le savait, depuis le jour où, se promenant en forêt avec son père, celui-ci s’était mis à déclamer de la poésie. Ses mots lui étaient apparus – bien que semblables aux mots que tout un chacun utilisait – si différents de tous ceux qu’il entendait quotidiennement, par leur arrangement et par ce qu’ils évoquaient en lui d’images, qu’il n’aurait plus de cesse que de posséder ce pouvoir magique de tout transcender.

    Ce pouvoir, il avait commencé à se l’approprier. En secret. Il écrivait des poèmes dans sa tête, les composant et les corrigeant jusqu’à ce qu’ils sonnent juste et bien.

    C’était fou comme il était aisé de se rappeler les termes qui expriment ce que l’on ressent vraiment.

    ——

    Il entre dans la forêt. Lentement il progresse dans les sous-bois. Quelques rayons de soleil l’atteignent comme à travers les blancs d’un vitrail.

    Tout se tait.

    Il parle :

     » Je marche,

    Tu marches,

    Il ou elle marche,

    Nous marchons,

    Vous marchez,

    Ils ou elles marchent… »

    Il le redit une fois pour le rythme et une fois pour le plaisir.

    Et l’enfant s’endort en rêvant.

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