Une journée de merde.     (1/3)

Alors voilà :

1/ recevoir une patiente en surpoids,

2/ échouer à prendre sa tension avec un brassard standard,

3/ prendre un brassard adapté qu’on vient d’acheter,

4/la voir pleurer,

5/se sentir gêné,

6/entendre « c’est pas vous, c’est ce qui y a écrit sur votre brassard ». 

Comment j’explique à ma patiente pourquoi même un stupide brassard lui exprime ENCORE ce que TOUTE la société lui matraque DÉJÀ depuis l’enfance ?

Des crachats en maternelle au type qui la montre du doigt dans la rue à ses potes en se marrant (et tout le reste, brimades, et injures, et hontes, et railleries, et vexations terribles, que nous n’imaginons pas, que nous ne POUVONS pas imaginer pour la simple et bonne raison que nous ne sommes pas ELLE et ne le serons jamais), tu as été la goutte d’eau qui fait déborder le vase, petit brassard.

Alors MERCI Spengler, mais ma patiente SAIT qu’elle est obèse, mais moi, à cause de toi, j’ai humilié une patiente pour rien.

Voilà.

PS : anticipons les grincheux qui vont me rentrer dedans immanquablement, voulez-vous ? OUI, je sais que l’obésité est dans certains cas une maladie, et OUI, je sais qu’il ne faut pas cacher la maladie à un malade. Ici, je pointe l’inadéquation entre un objet aussi « inoffensif » qu’un brassard tensionnel et le renvoi -inattendu pour cette patiente- à une représentation douloureuse de sa maladie (le renvoi de ma malade à sa maladie, pour simplifier). 
Elle SAIT qu’elle est malade. Elle le sait déjà TROP.

Photo : moi, certains jours, quand ça dérape sur FACEBOOK

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77 réflexions au sujet de « Une journée de merde.     (1/3) »

  1. Myriam FdF

    Un bon coup de marqueur! Si ça ne suffit pas, du sparadrap!… Tout pour éviter d’avoir à blesser inutilement d’autres personnes à l’avenir. Quel crétin, ce fabricant !
    Je suis sure que tu as trouvé les mots pour la rasséréner, cette pauvre dame. Il fallait qu’elle soit vraiment à cran pour réagir comme ça, saturée par les regards, les remarques qui doivent émailler son quotidien. Mais ce n’est pas toi qui l’a humiliée, Baptiste, c’est ton matériel. Et une grande partie de la société qui prône le paraitre au détriment de l’être. Quelle tristesse.

    Bises à elle et à toi.

  2. DocMinus

    Le brassard à tension, cet instrument de torture, aussi bien pour les patients que pour les soignants… Le nombre de fois où au premier essai j’ai pris le brassard « normal », qui finalement était trop petit… Alors on bredouille un « je vais prendre l’autre, il fonctionne mieux » (ou quand on est encore jeune on feint un petit rire gêné et « je ne suis pas très douée pour prendre la tension… »), on sort le fameux brassard « obèse » et on croise les doigts pour que le patient ne soit pas mal à l’aise à ce moment là.

  3. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

    Oui, je suis obèse, oui je ne marche pas assez, oui je mange entre les repas, oui, oui, oui. Mais venez vous occuper de mon mari qui est en train de mourir à la maison. Restez près de lui pour lui permettre d’aller pisser ou lui tenir la main pendant qu’il souffre. Ne sortez pas 5 minutes car c’est toujours ce moment-là qu’il aura besoin de vomir sa chimio. Remplacez l’infirmière, l’aide-soignante, le médecin, la secrétaire, l’ambulancier, l’auxiliaire de vie, la femme, la maîtresse. Levez-vous à 2 heures du matin avec le sourire pour changer son lit et faire la lessive. Souriez et ne faites pas trop de pas loin de lui car il a besoin de vous plus que j’ai besoin qu’on me rappelle que je ne marche pas assez, que je mange trop pour compenser, que je n’ai pas de vie pour qu’il puisse finir la sienne dans de bonnes conditions.
    Oui je suis obèse et je vous EMME…DE messieurs les médecins qui se débarrassent du problème sur les aidants et qui après les culpabilisent.
    Car c’est souvent les hommes médecins qui refusent de comprendre que je choisirais toujours d’abord celui qui souffre avant moi car moi, je m’en fous si mon mari souffre et part loin de moi vers les poneys arc-enc-ciel. Moi je m’en fous car je serais seule loin de lui et ce n’est pas aux médecins que je veux plaire, surtout pas aux médecins.
    Voilà ce que j’ai répondu à un cardiologue, à un néphrologue et ils n’ont pas compris.
    Il y a un an, mon mari est parti et moi je viens de perdre 10 kilos et mon amour. C’est lourd l’amour.
    Patrice, rappelle-toi, il y a 33 ans demain que je t’ai dit : « je t’aime », il y a 32 ans hier que je t’ai dit ‘je veux bien être ta femme’, il y a 30 ans et 6 mois que tu m’as dit C’est une fille », il y a 15 mois après-demain que je t’ai dit « Au revoir et à bientôt ». Patrice je t’aime et je les e… ces médecins qui n’ont pas su te soigner et qui ont essayé de me culpabiliser sans réussir ni l’un, ni l’autre.

    1. C'line

      Plein de pensées pour vous…
      Je vous souhaiterais bien Force et Courage, mais je vois entre les lignes que vous n’en manquez pas…
      Je me permets de vous embrasser car, oui, vous existez !

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci de vos pensées et de vos baisers. Il est vrai que je ne manque pas de force et de courage. J’aide mes amis, lointains ou proches. Je suis présente pour ma fille et le reste de la famille. Hier, je n’en pouvais plus.

    2. Anne COURBIERE

      A « celle qui n’existait pas »:
      Et si le problème essentiel n’était pas l’obésité?
      Et si, parce que la souffrance est la « chose » la mieux partagée au monde, on se servait de ce qu’on a sous la main pour la déposer, et pour la mettre un peu à distance?
      Et si chacun, on avait notre « prétexte » qui nous évite de faire « avec »?
      Est-ce qu’on ne mettrait pas sur les autres la cause de notre souffrance?
      Pourquoi tant de questions et tant de guillemets, me direz-vous?
      Parce que, mon mari aussi est mort d’un cancer, et les 2 ans de souffrance extrême qu’on a partagés (les ans et la souffrance…) sont maintenant dans mon souvenir.
      Et… Parce que je ne suis pas obèse…
      Mais qu’il m’a fallu du temps pour prendre conscience que ma colère masquait mon chagrin, et que quand je lui ai enfin laissé la place, à ce chagrin, j’ai senti que je restais quand même debout et que la vie continuait…
      Avec mes enfants qui sont notre amour mis en vie, et avec lui qui nous accompagne…
      De tout coeur avec vous

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci de votre commentaire. Oui je suis en colère contre les médecins « yaqua », ‘ilfaut ».
        Mon mari est dans la montagne, dans la nature qu’il aimait tant et moi, je suis là. Je fais avec mais il y a des fois, un rien me fait flancher.
        Cela prouve que Bibi écrit bien pour qu’une historiette me fasse réagir aussi fort.

    3. Marie Helene

      Comme je vous comprends….. Perdre son amour , se retrouver seule, errer comme une âme en peine……. Se dire, il y a 30ans aujourd’hui que nous sommes mariés..Compter les jours depuis que tu es parti, puis les semaines, les mois, les années… Se dire encore un dimanche de passé, compter le nombre de dimanche depuis que tu nous a quitté… Assister à la thèse de notre fille en se disant que tu serais tellement fier… Tout ça je sais ce que c’est !! Je ne suis pas obèse mais même si je l’étais , ça n’aurait aucune importance!! Courage à toi et si être obèse peut t’aider à supporter tout ça, c’est le principal!
      On avance comme on peut !!!

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci. Mon obésité est seulement dans les yeux et les paroles des médecins. Je suis petite et le moindre kilo se ressent.
        Je sais qu’il est bien maintenant mais hier c’était trop. Cette histoire de Baptiste, un appel au secours d’un amie lointaine, le sourire que je fige sur mon visage quand ma fille vient pour qu’elle souffre moins. Tout a concouru à ce commentaire.

    4. pierre1911

      Celle qui n’existait pas a existé et existe toujours parce qu’il y a eu et il y a encore l’amour qu’elle porte à Patrice.
      Celle qui n’existait pas à perdu peut être 10 kg sur la balance, mais ses mots disent que ce sont des montagnes qui ont pesé sur ses épaules. Alors ce n’est pas quelques grammes de sarcasme qui devraient changer les plumes en plomb. L’amour à le pouvoir de rendre léger ce qu’il touche. L’amour a le pouvoir de traverser la vie et au delà, la preuve dans ses mots.
      Patrice est parti, le vide après un calendrier si chargé, mais celle qui n’existait pas a encore dans ses bagages tous les souvenirs qui à défaut de la faire voyager à deux, la fait voyager pour deux.

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci. Les dates de notre amour se tient entre le mois d’octobre et décembre sauf la naissance de notre qui est en avril. Heureusement pour elle.
        Mes souvenirs de notre vie commune sont légers et gais sauf hier. Cette histoire de brassard a tout fait remonter. Mais, je vais ouvrir ma malle et trier le mauvais pour le jeter pour ne garder que le bon.

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci Baptiste. Hier, je n’en pouvais plus. Cela prouve que vos histoires touchent le cœur du problème entre patient et médecin.
        Patrice a toujours eu un brassard XXL (muscles, os fabriqués par l’escalade, la construction de maison, le port des malades,..) et à la fin c’est un brassard « enfant » que les infirmières utilisaient.

    5. DocMinus

      @ »Celle qui n’existait pas » : Bien sûr que vous êtes réelle, et vous en avez gros sur le cœur, c’est largement compréhensible. Quelques mots ne compenseront pas toutes les horreurs que l’on a pu vous dire et le vide sans votre mari, mais je vous envoie quand même 10 kilos d’amour.

    6. Nanou

      Mon mari m’a « simplement » quittée après 25 ans de vie commune, 20 ans de mariage, deux enfants, bref, tout un calendrier. Mais ce n’est rien à côté de vous. J’ai pleuré en vous lisant parce que vous transmettez de l’amour. Je vous embrasse.

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci. Oui j’aime mon mari, j’aime la vie, mais je déteste les médecins qui oublient que nous ne sommes pas que des cas et que nous ne suivons pas toujours leurs préceptes théoriques dans la vrai vie.

    7. Foetus

      Je suis un bébé de l’humanité, j’ai rien vécu… Mais vous m’avez fait pleurer…
      Si vous voulez bien je vais vous serez fort, très très très fort dans mes tout petits bras de bébé humain. Et vous remercier de nous rappeler que derrière chaque humain « physique » se cache une vie et bien des soucis

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci de vos embrassades et je vous prie de m’excuser de vous avoir fait pleurer. Vous verrez bien pire que ma vie si vous regardez bien tout autour de vous.

    8. Val

      Vous me faites pleurer, je vous serre contre mon cœur pour vous réconforter un petit peu et je vous envoie toute ma tendresse,
      C’est tellement plus facile de se moquer, plutôt que d’essayer de comprendre.

      Courage à vous et passez de belles fêtes de Noël,

      Val

      1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

        Merci Val. Je vais passer des fêtes avec ma fille qui, elle, comprend et n’aime pas se moquer. Elle est même trop sérieuse pour son âge.
        Oui le Père Noël existe, lisez l’article suivant de Bibi
        Que la nouvelle année vous apporte tout ce que vous espérez et même un peu plus.

    9. SCHIOURM

      Je me permet de vous embrasser et comme le dit C’line ,vous ne manquez pas de courage .Je crois, en toute humilité , vous comprendre . Je vous souhaite de vivre (quand même heureuse , pour lui et pour vous .

      Georges

  4. Tama

    Si tous les objets étaient « mieux pensés », cela se saurait…
    Cette dame, vraisemblablement en grande souffrance 🙁 a aussi la chance d’avoir un médecin soucieux de ce « type de choses ». Même avec un peu de maladresse, peut-être, « l’aspect humain » domine, c’est ce qui reste le plus important ! 🙂
    Big Hugs for You

  5. Emmanuelle

    A mon sens, c’est une question de pudeur et d’empathie.
    Il serait tout aussi simple de mettre des numéros pour les tailles de brassards, ce serait aussi clair pour les soignants et moins choquant pour les patients.
    Juste, la personne qui a conçu la chose n’a jamais réfléchi au fait que le patient qui se voir attribuer le brassard « pour gros » peut s’en trouver peinée.
    Il est des moments où appeler un chat un chat est un brin indélicat…

  6. betty 67140

    Moi aussi, je suis en situation de surpoids sévère… par chance, j’ai une morphologie qui atténue cette état de fait… mais mon IMC de 35 reste là devant mes yeux à chaque fois que je rentre dans une boutique de fringues, dans le regard de la petite vendeuse qui est sapée en taille 36/38 et qui me dit avec un certain engouement que leur ligne s’arrête à la taille 42… arf! Nous vivons dans une société faite d’images, de faux semblants…
    Ben oui le surpoids est une souffrance: maux de dos, respiration haletante, problèmes circulatoires, et moral en berne… oui, la souffrance est aussi bien physique que psychologique… un genre de gangrène, quand on a envie de s’en sortir et que malgré les efforts l’aiguille de la balance ne bouge pas, ben on se venge… en général sur la bouffe qu’on a pas osé ingurgité quelques jours avant, quand on y croyait encore…

    1. Lily

      je suis vendeuse, je fais un 42, mes collègues un 34 et un 36
      autant dire que je fais tâche
      et oui c’est très dur d’être vendeuse en prêt à porter féminin
      toutes ces femmes qui disent « oh il faudrait que je perde du poids pr que ce vêtement m’aille bien », non ce n’est pas à vous de vous adapter au vêtement mais au vêtement de vous mettre en valeur
       » j’ai un gros cul, un gros ventre, des vilains bras, des mollets de coq » laissez toutes les mentions
      alors qu’au final, vous êtes toutes magnifiques

      Aimez vous bordel, vous êtes BELLES

  7. bluetit

    je me rappelle une femme , dans mon village qui tricotait et crochetait merveilleusement , j ai réalisé bien plus tard qu elle était « obèse » a mes yeux d enfant puis de jeune femme je n y attachait aucune importance
    il y as 3 ans en surpoids , je suis entrée dans un magasin et là rien a ma taille et la vendeuse m as presque dit de revenir plus tard………
    notre société se veut parfaite , dans le moule et heureusement nous sommes humains avec nos défauts et nos qualités
    met un coup de feutre indélébile pour ton brassard et grosse pensée pour tous

  8. KAOUENN

    Cela me fait penser aux magasins de sport aussi (eh oui !). Pour maigrir il faut faire du sport mais lorsqu’on va dans un magasin pour acheter un simple pantalon de jogging, pas de grande taille ou alors, forcément des « sacs ». Bref, rien qui donne envie. On est gros alors il faut faire des efforts à tous les plans. « T’as qu’à rester mince pour pouvoir courir bien habillée ». Sinon va maigrir dans ton coin, sans qu’on te voie, et reviens acheter des joggings sympas quand tu aura maigri !!
    C’est la même chose partout : hors les normes, point de salut !
    De gros hugs à vous et à votre patiente et merci pour votre humanité et ce vous faites pour vos patients tous les jours.

  9. Gibelin

    C’est vrai qu’on ne choisit pas d’être obèse! Tout est fait pour culpabiliser: les places dans les transports en commun, les vêtements, le mobilier…
    Pour les soignants que nous sommes, se pose le problème du matériel que nous utilisons au quotidien, du brassard à tension (3 tailles adulte et on n’a jamais celle adaptée au patient sous la main), la chemise d’hôpital qui ne ferme pas et du coup on en met deux au patient, une devant et une derrière, la table d’opération trop étroite, le fauteuil roulant, la veine si difficile à trouver qu’on pique 3 fois sans y arriver et que l’anesthésiste refuse d’endormir au masque, la boîte d’instruments longs réclamée en hurlant par le chirurgien fou de rage devant la difficulté, les renforts appelés à corps et à cris en toute indiscrétion pour transférer le patient du brancard au lit… autant de tristes scènes quotidiennes!
    J’essaie à mon petit niveau de mettre un peu d’humanité dans la prise en charge en mettant en exergue les magnifiques yeux bleus, les beaux cheveux…que faites vous dans la vie, où habitez-vous, pour faire diversion mais j’avoue la difficulté.

  10. Dasseux Ana

    Le tensiometre pour obèse, j ai connu, quel despespoir, aujourdhui je connais le normal !!

    J’ai comme ça dans mon entourage un chirurgien Bariatique qui ferait bonne entente avec vous docteur Baulieu, deux belles âmes, deux belles personnes.. Deux beaux humains.. Qui parle à mon âme avant mon corps…

    Un Free hug pour vous, je vous aime…et des médecins j en connais, et pourtant je n embrasse pas facilement!!!
    Ana

  11. Nanou

    « XL » sur le brassard, ça suffisait pas? Dans les boutiques j’aimerais bien voir ce genre de truc sur les étiquettes: XS: bravo vous êtes super-mince; S: bien, vous avez la forme; M: ouais gaffe hein! L: non mais faut arrêter là! XL: grosse; XXL: obèse…

  12. Mimifalda

    Et au final deux êtres qui se retrouvent dans une même gêne et un même malaise.
    On est dimanche matin, nous sommes nombreux à être touchés par cette histoire et j’aime bien me dire que « Nous » n’allons pas si mal en fait… Merci pour cette bonne nouvelle.

  13. PALAO

    Cher Baptiste, je fais le voeu que votre regard doux sur les patients en surpoids infuse, diffuse avec douceur, fermeté, persistance tout autour de vous. Je suis engagée, en tant que diététicienne, instructrice de pleine conscience pour enfants, ados et adultes et professeur de yoga pour enfants, dans ce combat. Et j’ai décidé de sensibiliser à ce regard doux et bienveillant dès le plus jeune âge car les adultes sont si enfermés dans leurs croyances et vision…
    Merci d’exister.
    Douces fêtes de fin d’année

  14. vbj

    Au moins, tu as un brassard adapté. Je ne compte plus le nombre de fois où le médecin n’en avait pas et où je me suis sentie vraiment monstrueuse.

    1. Klieb

      Un comportement personnel ? Est-ce un jugement de valeur à vocation culpabilisante comme nombre de médecins rencontrés IRL sont capables ?
      Mais que savez-vous de la vie, du passé, des antécédents, des chocs, bosses et heurts vécus par ces personnes décidément très patientes face à vous petits « sachants » bien ignorants et ne voulant pas savoir. Car nous autres les épanouis – ou les obèses, gros selon vous- pouvons avoir des failles mais aussi être parfaitement heureux et finalement plus tolérants que vous car ayant intégré la différence par la force des choses. Alors, oui, la rondeur, parfois extrême, s’explique par des causes externes liées à la vie mais il y a aussi un terrain qui relève de la maladie. Et c’est quand même étonnant que l’on puisse envisager de stigmatiser des malades.
      Quant à la bonne santé des soignants, une vie à les croiser m’aura enseigné à ne plus placer la parole d’une blouse sur un piédestal : entre les toxicos (pour tenir la distance), les fumeurs pneumologues, les alcoolos notoires et autres déviants …

      1. docteurdu16

        Ouah.
        Voici ce que je veux dire : l’obésité n’est pas une maladie dans la majorité des cas.

        Donc, puisque ce n’est pas une maladie : pourquoi allez voir un médecin ? Je me situe dans ce positionnement : la société est médicalisée (et non pas sur médicalisée) et cette médicalisation est un erreur. On dépossède les citoyens de leurs comportements, on externalise leurs volontés et leurs façons d’être. L’autonomie des patients au sens illichien du terme est devenue illusoire : on apprend aux mères comment allaiter ou donner le biberon, on apprend aux ados qu’ils font des crises nécessitant l’intervention d’un psychiatre, on apprend aux citoyens qu’un chagrin d’amour mérite une benzodiazépine et/ou une thérapeutique comportementale, et cetera. Les experts expliquent aussi aux parents comment élever leurs enfants, aux travailleurs comment parler à leurs chefs.

        Dans un monde normé par les experts il ne faut pas s’étonner que ceux qui sortent de la courbe de Gauss soient culpabilisés ou se sentent fautifs.

        Ensuite, en disant être tolérant vous me faites un procès d’intention sans intérêt.

        Quant à vos attaques sur les médecins déviants, cessez d’aller les voir et vous vous en porterz mieux.

        Connaissez-vous mon IMC (invention diabolique) ?

        Bonne journée.

    2. Sophie

      Cher Docteur du 16, je suis bien heureuse de ne pas vivre en Charente, ainsi, je ne risquerai pas de croiser votre route.
      Des médecins comme vous, j’en ai connu beaucoup dans mon enfance et ma jeunesse (j’ai 51 ans), mais je pensais que c’était fini, que les médecins étaient maintenant mieux formés, moins imbus de leur sacro-saint savoir, plus à l’écoute. Quelle gourde j’ai été puisque vous existez encore !
      Ceci dit, cela fait plus de deux décennies que je ne me fais plus soigner que par des femmes, ce qui explique sans doute cela.
      Voyez-vous, cher Docteur du 16, je suis obèse depuis que je suis née, et pourtant je n’ai jamais été hyperphage. La grosse blague chez nous est de dire que dans notre famille, les femmes sont plus larges que hautes… On m’a mise au régime dès 7 ans, avec des médicaments « coupe-faim » qui me rendaient folle (je tapais ma maîtresse et mes camarades de classe et je n’arrivais plus à dormir). J’en ai vu, des nutritionnistes (ils ne s’appelaient pas encore comme cela à l’époque), qui me disaient : « Ah oui, tu ne manges pas de bonbons, alors, comment expliques-tu d’être si grosse ? Je pense que tu mens ». A 14 ans, après plusieurs mois de régime à 1500 Ca sans effet, j’ai été hospitalisée 10 jours à 500 Ca. Je n’ai perdu « que » 1,200 kg. L’équipe médicale a fouillé mes affaires, parce que si je ne maigrissais pas, c’est bien évidemment parce que je me gavais en cachette !!! Jamais ils ne se sont remis en question.
      De régime en régime, de privation en frustration, j’ai fini à 40 ans par atteindre 149 kg.
      Et là, alors qu’aucun des médecins ni nutritionnistes que je consultais depuis des années ne m’en avaient jamais parlé, c’est une copine d’internet qui m’a parlé de la chirurgie bariatrique. En 5 minutes, j’avais pris ma décision. C’était ça, ou crever bientôt.
      C’est moi qui ai trouvé mon chirurgien (mon médecin traitant de l’époque n’en connaissait pas…).
      La première chose que m’a dit cette merveilleuse équipe pluridisciplinaire (chir, psy et nutri) qui s’est occupée de moi, c’est : « Ce sont les régimes qui vous ont fait grossir ». Quelle paix alors en moi !
      Quand j’(ai été opérée d’un by-pass, je pesais 149 kg pour 1,55m, j’étais en « obésité morbide massive de grade 3 » et en ALD (Vous voyez, cher Docteur du 16, que l’obésité est une maladie, puisque même la Sécu le reconnaît !!!).
      J’ai perdu ensuite 70kg sans rien faire.
      Je suis encore en surpoids, mais tellement mieux qu’avant ! J’ai repris une vie active, je cavale (alors que je ne pouvais presque plus marcher).
      Alors, en fait, j’avais quoi ????
      Ni maladie : non, elle n’a été induite que par mon extrême obésité.
      Ni un « comportement personnel » comme le croit ce bon Docteur du 16 :; jamais je n’ai été hyperphage.
      Voilà, ce que j’avais, c’était juste un SUPER-ORGANISME. C’est-à-dire que mon corps savait stocker jusqu’au plus petit grain.
      Au Moyen-âge, en période de disette, j’aurais été la dernière survivante sur la terre.
      Mais au 21ème siècle, je n’étais qu’une grosse obèse répugnante…
      Voilà, cher Docteur du 16, si je peux vous donner un conseil, c’est d’aller un peu lire les écrits des Dr ZERMATI et APFELDORFER, cela vous fera du bien…

      1. Baptiste Beaulieu

        Inutile de lui répondre. Cet homme est un médecin, bien connu de twitter, un médecin et un pervers qui aime sadiser les gens et les humilier parce que la vie dont il avait rêvée, d’autres la vivent à sa place. Il n’interviendra plus sur le blog et n’insultera personne ici comme il insulte là-bas.

        Quand je lui envoie des mails disant combien ce que lui et ses potes médecins Twittent sur moi me heurtent, il s’excuse, il dit qu’il ne recommencera pas, MAIS il recommence.
        Et quand je lui dis que je n’en peux plus, il me répond « Eh ! Faut pas s’exposer quand on est fragile ! »
        (Tu dis quoi, aux victimes de harcèlement de rue ? « Vous le cherchez un peu, faut pas s’habiller comme cela, mademoiselle !!! »)

        J’accepte les critiques, mais sûrement pas qu’on m’humilie ou me sadise comme il l’a fait régulièrement sur twitter. Mais il ne le fera pas ici, ça non. Je ne me laisserai plus faire par ce « médecin ».
        Il est facile d’être vil, d’humilier et sadiser en se réfugiant derriere un pseudonyme. Manque de chance, je sais qui il est et où il exerce… la prochaine fois je contacte le conseil national de l’ordre et je porte plainte pour harcèlement.
        Ce type est le pire pervers qu’on puisse imaginer.

        1. Cath

          Ce type est médecin ? Y en a des comme lui ?
          Vrai ?
          À le lire, on a l’impression d’avoir affaire à un vulgaire troll. À un lâche aussi, du style, je pose ma petite mesquinerie -comme je laisse ma m… et je me barre en courant. Le minable dans toute sa splendeur.

          Ta réponse me prouve que l’instinct fonctionne bien, et que surtout, les ratés se retrouvent dans toutes les professions, malheureusement. Et je parie que si un jour quelqu’un lui allonge une baffe, il ira chouiner qu’il ne comprend pas…

          1. Klieb

            De fait lorsque je parlais des médecins à l’hygiène de vie douteuse qui tyrannisaient amphis et patients alors qu’ils ne s’appliquaient si peu à eux mêmes, il y a une double détente : d’une part un médecin reste un humain, il y peut aussi avoir ses failles et donc sortir aussi du sacro-saint cadre et ce n’est pas si grave, mais d’autre part, étant humain un médecin ne devrait savoir qu’il ne doit pas projeter sur ses patients. J’ai parfois constaté que les médecins les plus « intolérants » avec les gros sont eux-mêmes d’anciens gros (du style « si je m’en suis sortis, vous en sortirez ou vous êtes une larve ») ou ont un problème personnel avec ça. Et quite à être trèèès méchant j’ai eu une poussée de « Schadenfreude » le jour où ce médecin si sportif, si actif, si insistant sur mon hygiène de vie est mort bêtement d’un infarctus fulgurant en faisant du jogging, « tout ça pour ça » me suis-je dis en débouchant une bonne bouteille (sortie avant l’annonce, je précise), ultime pied de nez.

    3. lili

      Ahahah !! C’est tellement facile de plaquer ça là, sans autre argument, pour soutenir cette merveilleuse idée, que « Bonne journée »…
      Alors moi, je ne me cache pas sous un pseudo « pseudodocteur », je ne suis pas docteur !! Mais, pour avoir eu des amis obèses qui m’ont toujours parlé de leur obésité avec une grande ouverture (de bouche à papoter et pas de bouche à tout avaler), je ne suis pas aussi catégorique que vous sur la question.
      Il y a de nombreux cas où il s’agit clairement d’une maladie mais, quoi qu’il en soit, si ce n’est maladie du corps, c’est au moins maladie de l’ame. Et, ils/elles sont nombreux/ses à souffrir psychologiquement et à trouver une échapatoire dans leur alimentation et meme à vouloir s’échapper de cette suralimentation sans pour autant pouvoir y parvenir… (vous savez, un peu comme les anciens toxico qui essayent, tant bien que mal, de se faire violence en essayant d’arreter leur produit de substitution par tous les moyens mis à leur disposition (à savoir, rien… ou presque) et qui renoncent avant d’avoir essayé tant la violence du sevrage est extreme, tant l’idée meme de cet hypothétique sevrage fait mal…)
      Mais, comme pour tous les maux de la société, il est tellement plus facile de dire que les gens souffrent et adoptent des comportements dits déviants parce qu’ils n’ont pas assez de force de caractère ou de motivation pour s’en sortir plutot que de remettre en question ce système de m… qui est à l’origine du mal-etre d’un grand nombre de personnes qui n’y trouvent plus leur place parce qu’aucune place ne leur est faite… Y a qu’à voir comment un certain nombre de tribus (ou de pays plus ou moins voisins) vivent, sans problèmes d’obésité, de dépression, de burn-out (ou si peu) et j’en passe pour réaliser qu’il nous reste du chemin à faire pour enfin placer l’humain sur le devant de la scène et permettre à chacun de vivre une vie, quelle qu’elle soit, enfin épanouie !!
      Si vous etes réellement médecin, j’espère ne pas etre votre patiente… non, à bien y réfléchir, mon doc est un super doc !!! Il ne véhicule pas ce genre d’idées archaiques mais surtout, il met un point d’honneur à toujours expliquer et argumenter le fond de sa pensée (scientifique ou personnelle) …
      Mon message est la résultante d’un comportement tout à fait personnel, soyez-en assuré.
      Bonne journée (enfin, soirée).

  15. Eleanor

    Ma belle soeur est en surpoids. Obèse peut-être selon les critères médicaux, je ne sais pas.
    Ma belle soeur a une maladie auto-immune au nom bizarre que je ne retiens pas et des problèmes importants de thyroïde. Je ne l’ai jamais connue autrement qu’au régime.
    Elle a une volonté de fer. Fait attention à tout ce qu’elle mange et fait du sport.
    Ma belle soeur et mon frère sont un couple infertile. Le problème vient de mon frère qui est porteur d’une translocation génétique. Cela leur impose de faire des FIV avec tri des embryons. Mais c’est ma belle soeur qui doit suivre les traitements, les ponctions d’ovocytes, les douleurs qui vont avec et qui pourtant ne se plaint jamais.
    Ils en ont vécu 6 : 5 en France, une à l’étranger, toutes sans résultat.
    Pourtant, à chaque fois, la gynécologue du service AMP qui suit leur dossier, au lieu de s’inquiéter de comment ils vont, individuellement et en tant que couple, fait monter ma belle-soeur sur ma balance et lui assène : vous vous rendez compte qu’il faut perdre du poids ?
    Oui elle s’en rend compte ! Oui elle fait tout ce qui est possible pour elle ! Elle bataille, tous les jours pour ne pas prendre plus, pour perdre si possible, pour ne pas compromettre leurs chances déjà minces d’avoir un bébé.
    Mais ça, la gynécologue s’en fout. Elle la pèse et la juge sans jamais écouter la souffrance qui pèse déjà sur leurs épaules et qu’elle ne fait qu’accroitre.
    Alors, Baptiste, merci pour vos patients d’être un médecin à l’écoute, merci de les respecter, quelle que soit leur morphologie, leur passé, leur condition sociale. Vous n’êtes pas si nombreux !

  16. Sophie

    J’espère que docteurdu16 n’en a que le pseudo et qu’il n’est pas médecin !
    Il balance sa bombe sans expliquer quoi que ce soit et l’empathie n’en parlons pas !
    Que ce soit personnel ou d’une maladie, peu importe car ce sont des êtres humains avant tout !!!!!
    Je crois que la majorité des médecins ont eu trop haute estime d’eux même pour ne nous voir que comme quoi d’ailleurs ???
    Ma fille souffre d’anorexie mentale. Un jour je l’emmène en urgence chez le médecin, ça n’allait pas du tout.
    Notre médecin habituel je précise.
    C’est vrai qu’elle nous a pris en plus ça aussi je le précise.
    La porte s’ouvre, je me lève et là elle me dit, je vous prend après.
    Je regarde ma fille qui n’y arrivait plus.
    On patiente.
    La porte s’ouvre à nouveau, je me lève.
    Elle prend un autre patient.
    Je me dépêche de la rejoindre et lui dit, ma fille est vraiment mal.
    Et là, elle pose sa main sur mon bras et me dit tout sourire, ne vous inquiétez pas je connais les anorexiques elles aiment monopoliser l’attention, passer en priorité, je l’a prendrais après.
    C’était à un des moments les plus durs de sa maladie – nous avons failli la perdre – et ce médecin qui l’a suit depuis le début me dit que ma fille fait un caprice.
    Conclusion après cette visite ? 7 mois d’hospitalisation à temps complet.
    Rien qu’en l’écrivant j’ai la chair de poule au vue du manque d’humanité et de compétence !
    Courage à tout ceux qui traversent des moments douloureux.

  17. Marie la Mère

    Malheureusement tout le monde n’est pas comme toi, comme nous, avec de l’empathie et du respect pour son prochain. Je suis sûre que tu as trouvé les mots, que ta patiente sait à quel point tu es un type bien. Kiss and hugs à toi et ta patiente.

  18. figuier 66

    A l’adolescence, dans les années 60, j’ai été en surpoids et je le vivais très mal.
    Ma mère m’a alors amenée chez un généraliste de notre connaissance.
    Ce « médecin » ne s’est adressé qu’à elle, disant en me désignant : Vous savez, si on LA mettait sur un grill, ELLE maigrirait !
    La blessure narcissique a été d’autant plus grande que je trouvais ce type très beau…

    Merci pour ce blog et tous ces témoignages, ils permettent de réfléchir et remettent l’humanité au centre des préoccupations alors que l’on peut très vite l’oublier.

    1. Cath

      « Ce type très beau »…. « beau et con à la fois » ajoutait J. Brel. Comme quoi, ce n’est pas incompatible n’est-ce pas ?
      Mes aïeux ont toujours été plus grands que  » la normale ». Et proportionnés en conséquence : faites excuse, mais on aime la régularité dans la famille 😉 . Si ça passait bien pour un homme, la femme s’en entendait de vertes et de pas mûres. À mon tour, j’ai entendu « plus grande que la moyenne » dès la maternelle, et puis « comment l’habiller ? À 10 ans déjà… ». Bah. La suite aussi, surpoids etc etc.
      Jusqu’au jour où entrant dans un magasin parisien qui se vantait de faire des soldes monstres et où j’avais eu la faiblesse de rentrer, je me suis entendue répondre par un vieux machin décrépit et peinturluré qu’ici on s’arrêtait à la taille x et que c’était bien suffisant. Mon sang n’a fait qu’un tour, et malgré mes 20 ans et ma bonne éducation, j’ai répondu au machin qui ne m’arrivait pas à l’épaule qu’elle aurait dû accrocher une banderole  » ici on n’habille que les nains de jardin » pour éviter que les gens sérieux ne perdent leur temps. Et je l’ai plantée là éructant et s’étouffant de rage. Et je ne le regrette toujours pas !
      Je sais que le surpoids – tout comme la maigreur- est un drame pour qui le subit, et je sais aussi que ce n’est pas en tapant sur la personne qui subit qu’on arrange les choses, ou qu’on aide. Les facteurs aggravants sont multiples et on ne les identifie pas tous. Et les assertions de trolls qui s’affublent du nom de docteur n’y changeront rien.
      Mais moi, je suis mauvaise, avec tendance « planter les crocs » pour qui est blessant envers une personne qui souffre de son apparence. Je le fais pour moi, mais aussi pour celles et ceux qui « encaissent » sans répondre. Et ça, je vous jure bien que ça fait reculer !

  19. Marion

    Cher docteur du 16 et à tous les autres donneurs de leçon… vous croyez pas que s’il y avait une solution miracle contre le surpoids et l’obésité, tous les « gros » se seraient précipités dessus depuis longtemps ??? Parce vous croyez vraiment que nous ne sommes pas conscients de notre « problème » ou « maladie » ? (Peut importe le terme d’ailleurs… le poids est toujours la…)… vous croyez vraiment que c’est un choix ??? Et uniquement lié au fait qu’on se goinfre tte la journée ? Non mais sérieux vous vivez dans quel monde ?
    En fait ce que vous n’imaginez pas, c’est que quand on est gros (que ce soit selon des critères médicaux ou ceux de la société ), c’est très dur à vivre pour soi, pour le regard accusateur des autres… ca serait drôle si ce n’était pas si blessant : en fait quand on est gros, la plupart du temps on aimerait se faire « tout petit » (etre transparent…) dans le monde extérieur…
    Petite info : avant de nous considérer comme des gros… on adore être considéré comme des HUMAINS (vous savez, des êtres avec des sentiments et des émotions)…
    Désolée pour le coup de gueule et MERCI encore une fois Baptiste pour ton humanité et ton empathie…

  20. Raphaelle

    Bibi, merci d’écrire encore ici. J’ai coupé Facebook a cause de ces fachos qui me déprimaient, mais je me coupe aussi de choses bien. De tes textes par exemple.

    Un jour j’ai pas eu le droit de monter sur une table d’examen gynéco car enceinte de 8 mois et quelques je faisais plus que 80kg. Et qu’elle aurait pas supporté. Ça ne devrait pas exister ce genre d’objets…

  21. marie

    « Que tu sois beau,beau,ou,laid
    Fais ce qu’il te plait
    En dehors de toi même qui sait,
    la part du vrai ou du faux oh oh »
    Ou toutes les paroles de « L a la beauté »
    De Jacques higelin
    Je suis passé tres tot a L, enceinte 2XL et je pètais la forme
    Maintenant voluptueuse épicétou!

  22. Caroline

    Ce que certains médecins n’aiment pas entendre, c’est qu’on peut parfaitement être gros et en bonne santé. On peut être gros et heureux. On peut être gros et s’en foutre. « Pourquoi allez-vous chez le médecin ? » demande le Docteur du 16. Eh bien, parce qu’on peut être gros et malade d’autre chose. On peut avoir un rhume, on peut se fouler la cheville, on peut avoir un problème de santé qui n’a rien, mais alors RIEN à voir avec le surpoids. Et pourtant, on vous fait monter sur la balance et on vous dit « Vous savez que vous êtes en surpoids ? » Et la réponse adaptée serait un bon gros (yeux ronds et bouche bée d’étonnement) « Nooooon ? Vous êtes sûr ?! Ca alors, on ne me l’a encore jamais dit !! » Histoire de leur montrer l’absurdité de leur propos…

  23. fionabynight

    Cher Baptise,

    merci à ton papa et ta maman et à toi d’être comme tu es.
    J’ai offert le traduction allemande d’un de tes premiers livres à mon chéri (son francais est un peu limité) « leben ist nicht schwer ». Ce livre m’a aidé a passer mes premières nuits sans la pompe à morphine à l’hosto et m’a bien faire rire. Il m’a aussi aidé à comprendre pourquoi les infirmiers & infirmières n’ont pas toujours le temps d’aider un patient à se laver (6 jours à mariner dans ses humeurs).
    Moi aussi je suis obèse et je n’avais qu’une trouille: tourner de l’oeil et m’ècrouler avec ma déco de noel (pompe à morphine, pochette à electrolytes, pochette drainage…) sur le sol.
    Bon voici un lien qui peut être utile à tous ceux qui se sentent concernés par le surpoids, aussi en tant que parents:
    https://www.ted.com/talks/sandra_aamodt_why_dieting_doesn_t_usually_work
    Sandra Aamodt, chercheuse en neurobiologie de son état, a également écrit un livre « why diets make us fat » ISBN 978-1-925228-59-5.
    Il n’est malheureusement pas encore traduit en francais. Mais pour tous ceux qui peuvent lire l’anglais il est du plus grand intérêt. Surtout pour tous les ceusses qui veulent (se) mettre au régime hypocalorique.
    Et voici un second lien qui mène sur la page du GROS, le groupement de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Dr. Jean Philippe Zermati & Dr. Gerard Apfeldorfer) cf. le commentaire de Sophie.
    http://www.gros.org/1er-symposium-du-gros-nice-1
    Je n’ai pas encore lu tous les commentaires: Pardon !
    Chère « celle qui n’existait pas »: ce que vous écrivez est très touchant, moi aussi vous m’avez émue aux larmes.
    Le renard avait bien raison, l’essentiel est invisible aux yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur.
    Bises et tendres embrassades à tous.

    P.S. quand je serai à nouveau plus mobile (arthrodèse L3+L4et L5),c’est avec plaisir que je passerai le Rhin pour aller te vois à Strasbourg lorsque tu repasseras par là Baptiste.

    Fionabynight dans son coin du pays de Bade

  24. M.A Gouguenheim

    Oui, bravo à Spengler pour la réaction et la réactivité.
    Peut-être même qu’un message en direct à leur direction aurait eu le même effet.

    1. CELLE QUI N'EXISTAIT PAS

      Oui un message à la direction aurait peut-être eu le même effet mais il y aurait une seule personne qui aurait écrit. Bibi a fédéré plus de 100 personnes qui ont réagi avec « leurs tripes » et leur ressenti sauf un mais il faut bien un salaud dans tout groupe.

  25. Maia

    De toute façon, on n’est pas fichus pareil : ma mère a passé mon adolescence à me reprocher de me resservir, ce qui m’a poussé au grignotage puisque j’avais continuellement faim. Depuis que je suis étudiante, je peux enfin manger tranquillement à l’heure des repas et je ne grignote plus. Ma sœur qui s’est nourrie pendant des années de bonbons est, comme ma mère, mince comme un roseau. Quand elles grossissent légèrement, elles prennent des fesses et des cuisses. Je tiens de mes grand-mères, je prends facilement du ventre mais je n’ai pas une once de graisse sur le popotin. J’ai arrêté d’écouter les gens qui voudraient me faire rentrer dans du 38, et je relativise d’autant plus que je vis dans un pays où une partie des vêtements sont des « tailles chinoises » : habituellement, pour les hauts, je choisis du 44 (français), et là, je rentre à peine dans du XXXL. Le XXL est trop petit.

    Alors flûte, faites ce que vous pouvez pour combattre votre maladie ou vos problèmes de santé, mais dites vous bien que :
    1 – vous n’êtes pas les seuls dans votre cas
    2 – vous devez aller vers des gens qui ont des problèmes similaires pour vous entraider et vous soutenir (pour chaque maladie, même rare, on trouve des associations de patients)
    3 – vous avez assez de problèmes comme ça sans y ajouter la dépression
    4 – il est toujours temps de changer de médecin, quitte à faire des kilomètres en plus
    5 – pas de honte à pleurer quand on en a besoin
    6 – on n’arrange rien en martyrisant son corps
    7 – trouvez un truc qui vous fait rire, c’est urgent.

    Mon grand-père s’est vu reprocher par un médecin car il mange trop gras : trop de fromage, trop de charcuterie, trop de trucs frits, trop d’œufs, trop de beurre. En plus, il est en surpoids. Mais mon grand-père mange aussi largement plus de fruits et de légumes que recommandé, il consomme son poisson péché dans la rivière. Le médecin est mort d’un accident cardiaque, et mon grand-père, à 95 ans, continue de bêcher son jardin et de manger la cuisine de ma grand-mère, et d’engloutir son saucisson au petit-déjeuner avec ses tartines beurrées. Son médecin actuel lui a dit qu’on n’embêtait pas les gens de son âge qui n’avaient pas de gros problèmes de santé.

    Bizarrement, les patients de mon village vont globalement mieux avec le nouveau médecin.

    1. Caroline

      J’aime bien le portrait que vous faites de votre grand-père 🙂 Il est vrai qu’à son âge, on peut dire qu’il a largement atteint le but que les médecins nous agitent devant le nez pour nous prescrire toutes leurs injonctions : devenir vieux et rester en bonne santé !!! Alors si sur la ligne d’arrivée on n’a pas le droit de manger comme on a envie, zut ! J’ai pour habitude de dire qu’il faut bien mourir de quelque chose, alors autant mourir d’avoir vécu, et le pain beurré-sauciflard fait partie des grands plaisirs de la vie.

  26. fionabynight

    Chère Maia, chère Caroline,

    Je plussoie, le saucisson avec les tartines de beurre, c’est divin.
    PS.: je n’ai aucun mérite à lire le francais, c’est ma langue maternelle. Je suis venue dans le pays de Bade pour un stage, j’y suis restée car les gens ici cuisinent bien, font du bon vin, des bières régionales très chouettes(Ulmer / Tannenzäpfle / Alpirsbacher….), des eaux de vie très comment dire: ca ne brule pas mais ca coupe les pattes (cerise, poire,prune).
    Et puis j’y ai rancontré mon Shrek et on a fait deux schrecklich lieben Kinder… 🙂 qui sont bidingues.
    L’année dernière une amie nous a offert pour nos anniversaires une photo de Fiona & Shrek prise il y a 20 ans. Commentaire de ma fille adorée: Oh regarde Papa et Maman en mince!
    Et oui parfois derrière un(e) gros(se) se cache un(e) mince qui a trop régimé par exemple…et qui ne pouvait plus bouger « pasque » le dos est cassé. Pour le docteur du 16: c’est sur la sténose et la spondylolisthèse ca n’arrive qu’aux gros. Mais ce qui console c’est que la connerie,c’est une des choses les mieux partagée au monde comme disait Crick ou Watson, je sais plus. Y même des cons parmis les prix nobel qu’il disait…

    Des bises à toutes et tous les pas grossophobes

  27. Evelyne

    Merci Baptiste de réunir de si belles personnes autour de ce blog, je t’embrasse (et comme tu le sais, je suis du 16, donc j’ai un peu honte des écrits de ce médecin).

  28. la schtroumpfette

    Pourtant, avec toute la pression qui s’exerce sur les personnes enrobées et qui ont été rappelées ici (mépris, difficulté à s’habiller, à prendre l’avion, etc….), c’est du simple bon sens de se dire qu’elles n »ont pas choisi leur silhouette et qu’elles ont beau elzonkapaboufééasboujer, ça n’est pas efficace au plan pratique. Pour les aider, je peux témoigner qu’une femme trop grande pour les standards actuels subit les mêmes pressions : impossible de s’habiller sauf au rayon homme (difficile de trouver des collants), crampes dans les avions car pliée en 4, réactions agressives des hommes (surtout ceux qui portent des talonnettes, donc ni augmentation, ni promotion), et enceinte et même de la veille au soir, elle dépasse largement les 80kg (ben oui, quand on fait 1,85m…). Ben quoi, elle n’avait qu’à pas manger si bien sa soupe étant petite. C’est tout aussi bête que la grossophobie ! Quant à se promener en couple dans la rue… c’est peut-être encore moins admis (on peut aimer les Rubens, mais les géantes…) Il y aurait une thèse à écrire sur les « maladies » (car une taille excessive n’est pas une maladie !) qui déclenchent l’agressivité, parmi lesquelles l’obésité, les maladies mentales…

  29. Tchamaska

    Comme je vous comprends tous et toutes…
    Pas obèse. Grosse ? Oui, certainement, un peu de gras aux hanches, aux cuisses (pas dans les seins. Mon drame personnel !). Peut-être aussi dans le ventre, j’ai jamais trop su, en fait il est tout plat. Merci les abdos de la cavalière !
    En vrai, j’ai longtemps râlé après mon miroir, mais depuis, je m’en fous.
    Même si mon « Iiiiièèèmessssé » (acronyme pénible s’il en est !) est un peu au-dessus de la normale. D’un poil, un vrai poil, un 0.1, 0.2…

    Le médecin de famille ?
    –> « Ouh la, tu as grossi. » 13 ans, ouais, pas une brindille comme les copines et déjà, des complexes là-dessus. Paye ta confiance.
    –> « Tu as mal au dos ? En même temps, faudrait maigrir un peu ! » 14 ans, et des lombalgies qui me faisaient pleurer à chaque fois que je me levais d’un fauteuil. Passées toutes seules parce que « c’est la croissance, et puis si elle maigrissait aussi… ».
    –> Du mal à respirer en course d’endurance au collège, à la piscine en course de vitesse ? « Maigris, aussi ! C’est normal d’avoir du mal si on ne fait pas de sport ! » 16 ans, asthme à l’effort qui débute.

    Ado, on regarde les copines se gaver de bonbons et on mange ses cinq fruits et légumes par jour. Avec plaisir, j’ai toujours adoré les légumes, la viande sans sauce. Maman cuisine sans sel, par habitude, elle trouve qu’on en a déjà bien assez à la cantine. C’est pas très gras, et c’est toujours fait maison, et c’est pas astronomique en quantité. Alors quoi ?
    Ben oui, on n’est pas maigres ! Personne n’est maigre de ce côté de la famille. Tout le monde a des analyses sanguines de compétition, aussi…alors quoi ?

    Et puis l’incrédulité dans la voix du prof de sport, pas méchant, juste désolé de me voir aussi mauvaise avec les ballons et qui me demande : « Mais tu fais du sport, le reste du temps ? »…sous-entendu, elle bouge, la grossote ? Ce n’était pas méchant de sa part, simplement, il n’a jamais cru ma réponse.

    La réponse ?
    Au collège, au lycée, une heure d’équitation par semaine, 3h d’aikido, 3 autres de plongée quand j’étais ado. Des après-midis entiers en forêt.
    Une heure de marche rapide par jour en prépa.
    De la course à pieds, chaque semaine, pendant les études (oui, parce que maigri ou pas, quand on apprend à gérer son échauffement et son effort, on reste asthmatique mais…), de l’escrime de spectacle où ça sautille dans tous les sens, du rock, endiablé, encore du cheval, de l’escalade avec la frangine, du fitness pour le plaisir de faire travailler mes muscles et puis ahaner comme une malade en retournant 50kg de veau dans 800kg de vache en bénissant le fitness (sauf pour certains muscles de l’avant-bras qui ne sont, clairement, pas sollicités dans les sports usuels. Venez fouiller les vaches, meilleure muscu du monde !!^^).
    Des muscles, et toujours du gras par-dessus tout ça, mais hé ! Un coeur et des poumons de guerrière dessous, et un cerveau bien oxygéné avec 15 000 idées à la minute…

    Et quand je suis retournée chez le médecin de famille pour un certificat ?
    « Tu sais que ton IMC est un peu au-dessus de 25 ? Faudrait faire attention, tu sais, faire un peu plus de sport et manger sain. »

    Moi, j’abandonne.
    Je dirais à ma soeur que les hanches, c’est beau et que celui qui vient l’emmerder avec ça n’a qu’à franchir les surplombs qu’elle passe et où moi, je lâche. Je dirai à mon frère que si 4h de voile intensive plusieurs fois par semaine, à se battre avec la houle, ne font pas fondre ses kilo « en trop », c’est pas de ne rien manger qui le fera. Et je dirai à ma fille si j’en ai une que l’important, c’est de se sentir vraiment en forme, pas de le paraître. Et de ne pas préjuger de la forme et des formes des autres.

    Ah, et j’ai un peu dérivé du sujet, non ?

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