Que faire si je suis victime de violences médicales ?

Tutoriel (à partager un max.)
1) Faire attester l’authenticité des lésions par un médecin (aux Urgences, par exemple) avec remise d’un certificat constatant les traces physiques du traumatisme et votre état psychologique général après ce choc (angoisse, prostration, larmes, agitation, etc.).

Ce certificat vous sera très utile lors du procès et éventuellement pour une demande d’indemnisation.

2) Aller déposer plainte au commissariat. La plainte ne peut être refusée. Au pire, on peut vous proposer de revenir à une heure et date précise en cas d’indisponibilité;

3) Si, malgré tout, vous ne parvenez pas à déposer plainte, alors saisissez le procureur de la république en décrivant les faits et en joignant les certificats médicaux des urgences;

4) Déposer la même plainte à l’ordre des médecins;

5) pour un dossier de cette nature (très délicat et très dur), soyez accompagné(e) dans vos démarches par un avocat dès le départ. Si vous n’avez pas les moyens, vous bénéficiez peut-être d’une protection juridique dans le cadre d’un contrat d’assurance lambda (vérifiez) ou pourrez bénéficier de l’aide juridictionnelle.

6) il serait souhaitable de contacter une association d’aide aux victimes qui pourra vous accompagner dans ces démarches (et dans le choix d’un avocat spécialisé sur ses questions particulièrement compliquées sur le plan pénal).

Voilà, j’espère que cela sera utile. 
De plus, suite au témoignage de A., les remarques suivantes me paraissent importantes :

1) N’est-il pas incroyable que, à la lecture de cet article, beaucoup d’internautes trouvent que « la femme a exagéré »… alors même que je relaie AUSSI le témoignage de l’interne des Urgences ayant reçu cette femme APRÈS l’agression de ce gynécologue, et que ce même interne confirme avoir constaté des lésions vaginales, etc ! Pourtant, non, certains sont persuadés que la femme a exagéré. C’est insultant pour la victime (mais sans doute très rassurant pour la société ?). Pourquoi ce « mythe de la femme qui ment » ? Les fausses accusations concernent 2 à 8 % environ des plaintes pour viols. Autrement dit, quand on remet la parole du plaignant en doute, on a « raison » de le faire 8 fois sur 100 (au max.). Les autres 92 fois, on se trompe, et on ajoute du malheur au malheur.
2) Suite au témoignage terrible de A., j’ai reçu des dizaines de mails (violents à lire) attestant de faits similaires sur des patientes. Parmi ceux-ci, plusieurs femmes – qui ne se connaissent pas – me parlait du même praticien, le docteur X, dans la ville de C. Je les ai mises en contact et j’espère que, ensemble, elles arriveront à faire éclater la vérité (d’où l’importance de faire circuler le tutoriel plus haut).
3) Insister pour que je balance un nom sur la place publique n’est pas ma conception de la Justice Républicaine. Je ne suis pas là pour allumer des buchers (même si j’entends votre colère et la partage, j’essaie de garder un cap : « un oui, un non, une ligne droite » comme disait Nietzsche.)

Cependant, je peux (dois ?) profiter de mon audience pour indiquer les démarches à suivre en cas de violences médicales similaires à celles de A.

4) Enfin, la violence extrême de certains commentaires sur Facebook m’oblige à prendre un peu de distance : je côtoie la violence tous les jours dans mon cabinet médical et mon nouveau roman (deux ans de travail, pour moi, deux ans de ma vie !) sort en Librairie après-demain, j’ai donc besoin de toutes mes forces pour :
– soigner mes patients « dans la vraie vie »,

– partir sur les routes vous rencontrer en librairie et distribuer des free-hugs…
Ne m’en voulez donc pas si je n’interviens pas dans les commentaires ou si je mets du temps à modérer ceux qui dérapent (mais taguez-moi en dessous comme cela je les retrouve plus facilement). 

5) Si vous avez des remarques à ajouter au tutoriel n’hésitez pas à me les faire parvenir en commentaires.
Merci encore pour vos soutiens, à A. et aux autres victimes. Elles liront vos commentaires (ici ou sur Facebook) et cela les aidera beaucoup, elles, mais aussi toutes et tous les autres qui n’osent pas faire reconnaitre leurs statuts de victimes.

(Pour une fois que les réseaux sociaux servent à quelque chose… On ne va pas s’en priver…) 
Paix et Harmonie à toutes et tous
 Baptiste Beaulieu

(Visited 84 times, 3 visits today)

79 réflexions au sujet de « Que faire si je suis victime de violences médicales ? »

  1. ACT

    Je ne comprends pas comment certaines personnes se permettent d’insulter une personne en souffrance, vous insulter parce que vous permettez à cette personne de s’exprimer et de l’aider.
    Merci de montrer qu’il puisse y avoir des recours face à des erreurs médicales. Que la justice fasse son travail au mieux.
    J’espère que les différentes personnes qui ont souffert de ce médecin arriveront à se faire reconnaître victimes et de par leur force, d’autres ne le seront pas. Et, oui, surtout faites vous assister par un avocat !
    Messieurs, mesdames qui croyaient à la fabulation, ne soyez jamais vous-même ou les vôtres traité d’affabulateurs pour des faits réels car là vous réaliserez enfin ce qu’est cette double peine.
    Baptiste, j’irais acheter votre nouveau livre en sachant qu’en plus de me faire plaisir, cela vous aidera à aider des enfants.
    Pour le free-hug, qui c’est …

  2. Rosi

    bonjour,
    pour avoir déjà (malheureusement) testé, lors du dépôt de plainte le certificat du medecin n’était pas suffisant, un rdv a été pris à la médecine légale directement par les gendarmes.
    (charmante medecin très très compréhensive)

  3. Juliette

    Bon courage Mesdames pour votre combat, merci infiniment pour vos témoignages et pour vous battre pour que ces praticiens immondes puissent cesser de martyriser les autres. Je suis de tout cœur avec vous.

  4. Lemm

    Bonjour Baptiste,
    merci de faire suivre ce tutoriel; pour le reste, les commentaires agressifs, cela me rappelle assez fortement ce qui avait circulé sur le blog d’Emma (Check ta Chatte) quand elle avait fait une bd-témoignage sur une épisio non consentie.

    Dès lors que tu es une femme, ton ventre ne sert qu’à procréer, et pour le reste autour, on s’en bat les ovaires, de tes envies, de ton consentement, de ton vêcu (en tout cas, à en croire certains témoignages ultra violents sur internet ou, même, les commentaires « alàcon » autour de la naissance: faudra m’expliquer pourquoi on continue de te demander « alors, ça s’est bien passé ? » si personne ne veut entendre la réponse).

    Encore félicitations pour la sortie de ton nouveau roman, j’ai hâte de le lire 🙂

  5. Sandrine

    Comment peut-on dire, comment peut-on ne serait-ce que penser, que la victime a exagéré?? Je suis une femme qui a eu la chance de ne pas avoir à subir ce genre de violences, et pourtant j’ai été vraiment choquée par ce récit, j’y ai repensé plusieurs fois dans les jours qui ont suivi la lecture… Imaginer la souffrance, c’est une chose, mais aussi l’immense courage qu’il a fallu à la victime pour oser aller aux urgences, pour oser témoigner!
    J’espère sincèrement que toutes ensemble, vous arriverez à faire punir cet abominable personnage. En attendant, je vous envoie tout mon soutien et mes meilleures pensées de réconfort.
    (Baptiste, je tiens aussi à vous dire que j’apprécie votre attitude et je pense que votre cap est le bon, même s’il n’est pas dans la tendance du moment 😉 )

  6. Darlinguette

    On dit que l’union fait la force , alors j’espère que grâce à vous Baptiste, toutes ces femmes vont créer une armée et vaincre ce monstre qui exerce en toute impunité , se croyant à l’abri de poursuites . Je suis atterrée par ce que vous écrivez au sujet de réactions violentes à l’égard du témoignage de cette victime qui en fait, l’a bien cherché , non ? Comme la fille qui se fait violer parce qu’en jupe trop courte, ou parce qu’elle a souri à un mec et que dans sa tête de mec ça voulait dire  » vas-y , prends-moi  » …Comme j’aimerai que ces hommes soient femmes quelques jours …car je n’ose penser qu’il y ait aussi des femmes pour penser  » qu’elle exagère  » … Courage pour les démarches , je vous envoie plein d’ondes positives .

  7. Maya

    J’ai déjà commenté ci dessous et je reviens pour un deuxième merci : merci pour ce « tuto » sur la manière dont il faut réagir face à ce genre de violences médicales.

    J’ai déjà été « brutalisée » par une gynéco et je ne savais même pas que j’aurais pu porter plainte …

    Je m’étais juste dit que je ne ficherai plus jamais les pieds dans ce cabinet. D’ailleurs à bien y repenser, je ne suis même pas retournée chez le gynéco depuis ( … j’ai peur je crois …)

  8. Victoria

    Je pense que ceux qui disent qu’elle a exagéré sont soient des hommes qui n’ont jamais eu besoin d’aller consulter chez des Urologues ou pour des spécialités un peu délicates, soient des femmes qui ont eu beaucoup de chance dans leur choix de gynéco ou qui considèrent que la souffrance et l’inconfort fait parti de l’examen médical.
    L’absence de respect peut se vivre à plusieurs niveau dans la vie de tous les jours mais quand on se met littéralement à nue devant un inconnu pour des raisons médicales (prévention ou consultation de soin) quand ça se passe bien on le sait. Si il y a un truc qui cloche, douleurs, malaises, ce n’est pas normal et on n’a pas juste à prendre sur soi. On est vulnérable et l’agression est d’autant plus grave qu’on n’a aucun moyen de se défendre au moment où ça se passe.
    A ces personnes qui pensent que A. a exagéré, je vous souhaite de tout coeur d’avoir toujours autant de chance et de ne pas connaître de praticien qui vous fasse vous sentir aussi mal… Vous trouveriez la vie bizarre…

    Merci Baptiste pour le tutoriel.
    J’ai une question toutefois, peut-on demander d’interrompre la consultation quand il y a quelquechose qui cloche et qu’on ne se sent pas entendu(e) par le medecin qui nous osculte ? Car on pense bien souvent qu’on doit attendre jusqu’au bout que le calvaire soit fini…

    1. Xavier

      Bonjour,
      Je ne suis pas juriste, je ne suis pas médecin, mais je suis sûr de la réponse : s’il s’agit de votre corps, vous avez tous les droits.
      J’ai été horrifié par ce témoignage, je suis de tout cœur avec vous toutes.

    2. Sevpoup

      Bonjour
      Je suis moi même médecin et bien sûre choquée en tant que femme d’abord et médecin ensuite par ce récit! Bien sûr on peut interrompre une consultation, tout comme on peut refuser un traitement ou une chirurgie, du moment que c’est en ayant bien compris les tenants et les aboutissants la décision appartient au patient!
      Votre question montre à quel point certaines relations patients médecins sont restées archaïques. Le médecin doit expliquer et conseiller avec des mots adaptés pour être compris, cela n’est pas toujours facile et à mes yeux c’est ce qui fait de la médecine un art.

    3. Biscotte

      De même qu’on a le droit de sortir du magasin sans rien acheter, on a le droit de sortir de la consultation sans se faire examiner. Lors du don de sang, vous pouvez décider d’arrêter y compris en cours de prélèvement, et vous pouvez partir de chez votre généraliste y compris au cours de l’examen. C’est contraire aux bonnes manières, mais même si rien ne tourne mal, c’est tout à fait légal. Tout au plus, le médecin peut facturer la consultation, mais pas vous séquestrer.

      Si un patient est victime de violences de la part de son médecin, il peut même se défendre en lui mettant un coup de pied dans le nez (et vice-versa) Dans le cas d’A., ça serait passé pour la légitime défense devant n’importe quel juge, vu la gravité des lésions.

    4. Caroline

      Pour les hommes qui parlent d’exagération, leur mettre un bon coup de pied dans l’entrejambe et ensuite leur dire d’arrêter de faire leur chochotte quand ils se tortillent au sol…

    5. Amélie Poulain

      Mais enfin! Je suis effarée par ce commentaire: On se lève tout de suite et on part sans payer et si ça ne se passe pas bien on menace de porter plainte (ça marche très bien)
      je suis atterrée par la mentalité de soumission d’une très (beaucoup trop) grande part des femmes française…
      Le médecin est un type (ou une nana) qui a été à la fac de médecine. Un point c’est tout. Il (elle) va sur le trône comme tout un chacun et n’est pas au-dessus des lois. Bien que nombre d’entre eux /elles fassent tout pour le faire croire: car oui, la médecine en France est un des bastions du patriarcat et de la caste dominante…

  9. Brunet

    Bravo Baptiste, vous êtes, à votre mesure, un gardien de vie engagé et formidable. Je n’ai pas voulu ajouté ma voix au concert de commentaires et de messages de soutien sur les deux précédents post, même si j’ai été, bien évidemment, choqué par le message de cette patiente et ce qu’elle a subi. Je trouve votre attitude digne et raisonnable, et je souhaite à A. plein de réconfort et de se reconstruire sereinement.

    Merci pour votre implication à porter votre métier avec autant d’intelligence et de respect pour vos patients. Je ne rate aucun post de ce blog, et je suis admiratif de ce (double) travail. Reposez vous aussi de temps en temps, Bibi !

    Bine amicalement,
    Sam

  10. Caramiel

    Merci pour ce message. Ma mauvaise expérience avec un gynécologue a été moins traumatisante. Rdv rapide (en 3 jours alors que ses confrères/soeurs ne prenaient plus de nouveaux patients). Mes autres pathologies ignorées (du coup les médicaments prescrits étaient dangereux). Je me suis contentée de ne plus y retourner… Mais je pense que dans le cabinet où il exerçait, son incompétence devait être connue alors pourquoi lui mettre des patientes ??? Je me suis contentée de revenir récupérer mon dossier…
    Pour répondre à Victoria, bien sûr qu’on peut interrompre la consultation…. Mais ça doit être très difficile. Alors courage !!!!

  11. E.

    Avant tout merci beaucoup Baptise pour ces quelques messages sur la question.

    La question est effectivement très complexe (et Ô combien révoltante !). A fortiori, je me demande (bien évidemment parce que je fus confrontée récemment à la situation) ce que nous sommes censé.e.s faire de « l’entre-deux », et par là je veux désigner les situations, nombreuses je le crains, vraiment vraiment limites, les soignant.e.s «  » »légèrement » » » (plusieurs guillemets) violent.e.s, l’absence de lésions, de preuves, etc. Que faire quand rien ni personne ne peut attester de l’attitude «  » »légèrement » » » (plusieurs guillemets) limite de telle personne ? Du shaming (fat/slut/emotionnal/whatever), des examens non-consentis, des remarques sur la maternité qui se fait attendre, etc. des rendez-vous gynécologiques dont on rentre et après lesquels on passe la journée à pleurer dans son lit ?

    Par ailleurs, ayant déjà eu affaire à la médecine légale du CHU de ma ville (grande ville, grand CHU), ayant rencontré le médecin et son interne, tous deux extrêmement froids et m’imposant des examens non consentis, dans une pièce sombre où la chaise à étrier était face à la porte donnant sur le couloir (qu’ils ouvraient régulièrement pour circuler), comment COMMENT imaginer aller porter plainte et me faire examiner là-bas ?

    C’est une vraie question que je me pose, suite à mon expérience, mais plus globalement aussi. Comment pouvons-nous nous défendre ? Que pouvons-nous mettre en place qui soit réellement efficace rapidement ?
    J’ai malheureusement l’impression que « rien » est la seule possibilité que nous ayons. Aucun recours. Parce que c’est « notre parole contre la parole du/de la soignant.e. Qui aura donc toujours raison.

    1. Biscotte

      La première chose à faire est simple en théorie et complexe en pratique : le médecin n’a pas le droit de vous imposer des examens sans votre consentement. D’après mon expérience, le plus efficace est de le lui dire en face, calmement et froidement. Vous n’avez pas d’enfants (ou trop d’enfant, ou pas assez) ? C’est votre affaire, pas la sienne. Vous ne voulez pas d’un examen ? Vous avez le droit de lui dire d’arrêter et de vous rhabiller. Vous pouvez lui demander de s’en tenir à son travail de médecin (ou d’infirmière) et de ne pas se mêler de votre vie privée. Tout le problème est d’arriver à trouver les mots et le ton quand on est en situation. Le mieux, si l’on peut, est de changer de médecin. Un simple examen, à moins qu’il ne se termine par la révélation d’une maladie grave, ne doit pas faire pleurer le patient pendant toute une journée.

      Sur ce genre de personnes, la politesse froide donne de très bons résultats. Les examens gynécologiques placent la femme dans une position très vulnérable, physiquement et psychologiquement. Certains en abusent. Mais quand on leur tient tête, ça change très vite. Le truc est de ne pas se mettre en colère.

      Une autre solution, tout à fait légale : demander à ce qu’une autre personne, époux, ami, parent… soit présent lors de l’examen. Un accompagnant ne peut accompagner son épouse en salle d’opération (normalement), mais si celle-ci l’exige, il peut assister à l’examen. Il suffit de demander à ce qu’on le fasse entrer avant de se déshabiller, et de refuser de se dévêtir avant qu’il soit là. Le médecin n’est pas obligé d’accepter la présence de l’accompagnant, mais le patient ne l’est pas non plus de se soumettre à l’examen.

      1. Eulalie

        D’abord je me glace, puis je réalise à quel point j’étais isolée aussi, soumise lors de ces actes médicaux. Je suis suivie à présent par de bons médecins / gynéco mais je garde à l’esprit que si je rencontre une gêne je ne dois plus me considérer comme méprisable (genre la seule nana au monde gênée et donc bizarre), je suis respectable ! Merci Biscotte.

        1. Biscotte

          Je suis heureuse si j’ai pu vous être utile.

          Personnellement, je suis assez pudique, et je déteste me déshabiller entièrement même devant un médecin. Beaucoup de femmes (et d’hommes) sont gênés lors de certains examens. C’est normal. Ce qui ne l’est pas, c’est de se sentir sale, humiliée, en danger ou encore de fondre en larmes. La plupart des médecins et des infirmiers comprennent et connaissent ce sentiment de gêne que beaucoup de leurs patients ont ressenti un jour. Par bonheur, très rares sont ceux qui en abusent, et il est important de les empêcher de nuire. Ce sont ces derniers qui doivent avoir honte !

          1. Caroline

            Perso, je ne me suis jamais entièrement déshabillée pour un examen gynéco : je me suis toujours contentée de mettre une grande jupe ou robe très ample et d’enlever ma culotte, et d’un chemisier déboutonnable pour le haut. Quand j’ai déménagé pour la France (arrivant de Suisse, où cela n’a jamais suscité le moindre commentaire) j’ai entendu dire qu’ici il fallait de mettre toute nue, ce qui m’a semblé complètement aberrant, alors quand il m’a fallu consulter au CHU pour mettre en train une IVG, j’ai posé la question au médecin présent de savoir si c’était vrai, et il a dit oui. J’ai dit que cela me semblait un peu délicat de se mettre toute nue devant un inconnu, il a répondu (vaguement sur le ton de la plaisanterie) qu’une fois tout nu on n »était plus un inconnu. Je ne me souviens plus si j’ai dit « tout haut » ce qui m’est alors spontanément passé par la tête : « Eh bien, mettez-vous donc à poil, on va faire connaissance ! » Toujours est-il que je ne lui ai jamais « obéi », et que jamais, jamais, je ne me suis mise toute nue pour me faire examiner. Et c’est pas demain que je vais commencer !

          2. Eulalie

            Pas mal ta remarque ! être « connue » face à un inconnu c’est sûr que c’est inconfortable, surtout à poils..! Par contre, chez le gynéco on ne m’a jamais demandé de me mettre entièrement nue, seulement chez la dermato (avec la fenêtre ouverte et les couvreurs qui bossaient en face, ah ah je lui ai fait la remarque, elle ne voyait pas le problème mais a accepté de gérer avec ma pudeur !). Les consultations sont plus simples quand une relation de confiance avec le soignant s’est instaurée.

  12. Tama

    Baptiste,
    « Des pluies torrentielles de Merci » ne suffiraient pas au regard de tout ce que tu fais pour « l’autre » ! Nous sommes nombreuses et nombreux à penser de toi les même « jolies choses » ! Tu fais tellement !!! PRENDS SOIN DE TOI AUSSI !!! 🙂

    Bizoux
    Tam

  13. Margot

    Merci Bibi

    vous faites partie des hommes qui réparent. Il faudrait tellement d’hommes qui réparent, qui aident à réparer les crimes des hommes qui haïssent les femmes…

  14. EmiMarSoRa

    Baptiste, tu es une belle personne.

    Je ne remercierai jamais assez @penseebycaro d’avoir mis ton blog sur mon chemin à l’époque de l’article du Monde.

    Bonne continuation

    Émilie

  15. Philippe Renève

    L’histoire de A. est terrifiante et vous faites bien d’informer sur les suites possibles à donner à ce genre de choses, qui sont indignes d’un médecin.
    Toutefois, il ne faut pas accabler ceux qui ont affiché un certain scepticisme après le premier texte. Quand on ne sait rien de la personne qui raconte, les faits relatés sont si incroyables qu’on peut a priori douter de la réalité de cette violence : la personne n’est-elle pas hypersensible, psychologiquement instable voire malade, n’est-ce pas une vengeance quelconque ? On a vu des faits divers lamentables dus à ce genre de situation. Le témoignage de l’interne met fin à toute hésitation mais il faut pas oublier d’être prudent quand on n’a qu’un son de cloche (testis unus, testis nullus, disaient les Latins). Etre critique n’est pas être incrédule.

  16. carolaluciole

    Lorsque j’ai publié ton article sur A ; un de mes contacts a dit  » ce n’est pas un Viol à proprement dit …. j’ai dis SI elle demande et dit NON ; c’est un VIOL ….. encore un  » bas du front  » excuse moi pour cette phrase .. je reste hallucinée par certaines remarques ….
    Merci pour les démarches … A faire tourner au plus …. En souhaitant beaucoup de courage à A …..
    …..
    Caro

    1. Caroline

      Encore un qui croit qu’un viol ne peut se faire qu’avec un pénis… Mets-lui quelque chose dans le fondement, pour voir s’il ne se sent pas violé 🙂

  17. Biscotte

    Particulièrement important : trouver du soutien, dans son entourage mais aussi auprès d’une association de victimes ou d’un psychothérapeute. En aucun cas, il ne faut rester seul, l’isolement risque de faire des ravages. Les démarches peuvent être longues et douloureuses, mais avec de l’aide il est possible de renverser les obstacles. Une des choses dont il faut avoir conscience est que l’on est rarement la seule victime de ce genre d’individus (à moins d’être la première…), et qu’il suffit souvent d’une seule personne qui parle pour que l’on s’en rende compte (la preuve…). Souvent, la première personne à sauter le pas permet à plusieurs victimes de commencer à sortir du cauchemar… Et plus il y a de témoignages, plus le s…. en question sera vite neutralisé par l’appareil judiciaire.

    Quant aux gens qui entendent parler de semblables faits, il ne faut surtout pas faire l’autruche, ni répandre de rumeurs, mais aider la victime, ne serait-ce qu’avec une oreille attentive ou en l’orientant vers une association spécialisée dans l’assistance aux victimes.

    Vous qui avez témoigné, vous êtes une femme courageuse, et vous allez permettre à d’autres femmes de parler à leur tour… et éviter d’autres victimes.

    Quoi qu’il en soit, bon courage !

  18. Fleur

    Salut, j’avais déjà posté le lien sous le premier article, mais puisque tu fais un post spécifique je me permets de le remettre : le site https://gynandco.wordpress.com/ a mis en place une liste participative des praticien-ne-s respectueux-ses de nos corps et de nos choix. Pour les femmes qui veulent aborder des démarches comme la stérilisation volontaire, démarche qui n’est déjà pas simple en elle-même, cela permet de trouver plus rapidement une personne qui sera respectueuse…. C’est important aussi que chacun-e complète la liste, afin de connaître au mieux les praticien-ne-s « safe » et de faire perdre aux autres la possibilité de nuire ! Ca n’empêche absolument pas les démarches juridiques bien sûr, mais à mon sens c’est complémentaire…
    Bisous

  19. Frenchie au Canada

    Merci pour cette serie d’articles, c’est tellement important de parler de ces sujets tabous. Combien de femmes se sont retrouvees dans ce type de situation sans pourvoir mettre les mots, ou savoir vers qui se tourner. J’espere que cette femme et les autres victimes qui vous ont envoye leurs temoignages arriveront a faire triompher la justice.
    J’apprecie aussi le fait que vous ne publiez pas le nom de cet homme, ce n’est pas la justice.
    Et je voulais aussi dire a la personne qui a temoigne en premier qu’on peut se remettre d’une agression sexuelle, se reconstruire et avoir une belle relation amoureuse. Malheureusement cela prend un peu de temps pour se reconstruire, alors qu’elle semblait prete a reprendre une vie amoureuse.

    1. CourbesGenereuses

      ah ben j’allais donner le meme lien, Claire McK 😉

      J’espère n’avoir jamais besoin de ton tuto, ni mes 2 filles (11 et 13.5 ans), mais un grand MERCI de l’avoir partagé avec nous (et hop, partagé sur mon FB pour toutes mes amies et leurs filles, soeurs, mères etc) ♥

      Plein de chaudoudoux pour la sortie de ton bouquin ♥ je me le procurerai dès sa sortie, comme les autres 😉 ♥

    2. Caroline

      Quand je marchais sur la queue de mon chat, oui je le grondais, parce qu’il était venu se fourrer dans mes pieds pendant que je marchais (et non pendant qu’il était immobile devant SA gamelle), et que n’avais pas fait exprès de lui marcher dessus. En quelque sorte, il était venu mettre sa queue sous mes pieds, je ne lui avais pas fait mal exprès, et comme je l’aimais, ça me faisait de la peine de lui avoir fait mal par SA faute. Quant au lien que vous donnez, je ne l’ai pas encore lu en entier, mais je le ferai lorsque j’aurai un peu plus de temps devant moi. Je reviens toutefois sur la notion de « elle l’a bien cherché » : cela ne se justifie bien entendu pas. Néanmoins, je l’entends parfois comme « cette personne a pris des risques inconsidérés, et cela lui est retombé dessus ». Quand dans mon bulletin d’infos, j’entends qu’une personne a été tuée par un arc électrique alors qu’elle avait grimpé sur un wagon de chemin de fer, je ne me dis en effet pas « Oh le pauvre ! » , je me dis que la sélection naturelle fonctionne encore et que cette personne était trop bête pour survivre. La vie, c’est parfois risqué. Oui, je trouve que laisser la fenêtre ouverte quand on n’est pas là pour surveiller, c’est risquer de se faire cambrioler. Laisser une bougie brûler dans une pièce où on ne se trouve pas, c’est risquer de mettre le feu à la maison (et oui, ça m’est arrivé, il était moins une et j’ai eu beaucoup de chance) Et parfois, choisir une certaine tenue vestimentaire dans un certain contexte avec certaines personnes à un certain endroit, c’est risquer de laisser planer un doute sur vos moeurs et vos intentions. Cela ne veut pas dire que « s’il vous arrive une bricole » vous l’auriez mérité, mais seulement que je comprendrais en partie pourquoi c’est arrivé. Je n’excuserais pas le ou les auteurs pour autant, mais je trouverais que la victime avait pris un risque inconsidéré et aurait pu mettre plus de chances de son côté pour que cela ne lui arrive pas.

      1. Emma

        Le meilleur moyen pour que ça n’arrive pas étant bien entendu de ne jamais sortir de chez soi ou bien de porter un tchador. Où est la limite ?
        C’est exactement avec ce genre de raisonnement que les victimes de violences deviennent coupables. Elles l’ont cherché, quand même, hein ?

        Eh bien non. Si je me fais cambrioler, ce n’est pas de ma faute, même si j’ai laissé la fenêtre ouverte. Ce qui est à moi est à moi, personne n’a le droit de me le prendre. C’est tout.
        Et idéalement, je devrais pouvoir me promener même à poil dans la rue sans risquer plus qu’une amende pour outrage à la pudeur (et encore).

        Je n’adhèrerai jamais à ce discours qui dit que si on n’a pas fait assez « attention » (et encore une fois, où est la limite ? Sortir le soir ? Sortir seule ? Et pourquoi moi, femme, je ne pourrais pas sortir si les hommes le peuvent ? Et l’égalité, merde !) on est coupable. Jamais.

        Parce qu’en plus, c’est toujours dans le même sens : aucun homme ne risquera jamais de se faire violer par une femme parce qu’il sera sorti seul ou vêtu de manière « provocante ». C’est toujours les mêmes, les femmes, qui perdent, dans cette histoire. Tout ça, c’est encore et toujours juste un discours pour culpabiliser les femmes, les enfermer à la maison et les faire taire. Marre à la fin.

        Quand une femme se fait agresser ou violer, le coupable, c’est l’agresseur. Pas elle. Même si elle était en jupe, même s’il était minuit.

        1. Caroline

          Calmons-nous, je ne veux blesser personne. J’aimerais moi aussi vivre dans un monde où je peux sortir seule le soir sans me faire agresser. Lorsque je vivais en Suisse, j’allais souvent me promener seule la nuit en ville sans peur, parce que je ne craignais tout simplement rien, la ville était sûre, il ne m’était jamais rien arrivé qui pût me faire croire le contraire. Et puis, j’ai changé de pays, et désormais, sortir de chez moi seule à la nuit tombée, dans mon quartier, ne serait-ce que pour faire le tour du pâté de maisons pour prendre l’air, ne me viendrait pas à l’idée, parce que je vis dans un contexte différent, dangereux. Ici, dans cette ville, on se fait agresser, en plein jour parfois, pour n’avoir pas donné de feu à un fumeur ! Je vous jure que c’est vrai ! Ne confondons pas « faute » et « cause », « responsabilité » et « déclencheur ». « Ce qui devrait être » et « ce qui est »… Je regrette ma liberté d’antan, mais je ne vais pas prendre le risque de me faire agresser pour continuer d’agir comme je le faisais quand le contexte était différent.
          Moi autant que tout autre, je veux vivre dans un monde où chacun serait en sécurité. Je n’accable pas les victimes, je ne veux pas ajouter à leur peine. Mais je persiste à penser qu’être une victime n’est pas un statut enviable, et que je veux faire ce qu’il faut pour ne pas en devenir une. Certaines choses sont plus risquées que d’autres, et il y a un fragile équilibre entre liberté et sécurité, je crois qu’on ne peut pas avoir les deux entièrement en même temps. La survie est une question d’adaptation au contexte, et ceux qui survivent ne sont pas les plus forts, mais ceux qui s’adaptent le mieux, on le sait depuis Darwin. Donc, je pense que vous avez raison, si vous laissez votre fenêtre ouverte, personne n’a le droit de vous prendre vos affaires, c’est pour ça que c’est interdit. Pourtant, si vous laissez votre fenêtre ouverte, c’est ce qui arrivera. Parce que des tas de gens font des choses qu’ils ne devraient pas faire, juste parce qu’ils peuvent. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Soit on est réaliste et on essaye de faire ce qu’il faut pour que ce qui risque de se passer ne se passe pas, soit on est idéaliste et on tombe de haut quand la réalité ne correspond pas à nos idéaux. Il y aura toujours des gens pour donner raison aux uns et aux autres. On peut comprendre les deux, on peut passer d’un camp à l’autre, on peut ETRE un peu des deux mélangé (c’est comme ça que je me sens)
          Et je ne crois pas que les hommes soient les adversaires des femmes. Je crois que nous sommes PARTENAIRES dans le même jeu et qu’on est plus forts quand on joue ensemble que quand on joue les unes contre les autres.

        2. Lola

          Quelle horreur de lire un tel commentaire, de la part d’une femme de surcroît. J’espère pour vous que vous ne vous retrouverez jamais victime d’un s… et malheureusement on peut se faire violer alors qu’on est vêtue d’un jean’s avec un vieux sweat shirt et pas d’une micro jupe, j’ignore dans quel monde vous vivez mais c’est révoltant de lire un tel amas d’inepties (et je garde mon calme)

          1. Caroline

            Je ne sais pas bien si c’est à mon commentaire que cela s’adresse ou à celui d’Emma, ce n’est pas très clair, pardonnez-moi si je réponds de travers. Au cas où c’est le mien, je suis désolée de vous inspirer de l’horreur, et j’espère moi aussi ne jamais me retrouver victime d’un s… (alaud ? adique ?), et oui, je sais que si quelqu’un veut vous violer, il le fera que vous portiez une mini-jupe ou un vieux jean. Je sais cela, et je le regrette. Le monde dans lequel je vis est inégalitaire, violent, dangereux. Il est aussi beau, joyeux, plein de bonnes choses. Il est tout cela à la fois. A l’image de la vie. J’essaye de vivre mon petit bonhomme de chemin en me faufilant à travers les gouttes, de grapilller ma portion de bonheur, sans chercher à le faire aux dépens de celui des autres. Je fais ce que je peux, comme je peux, où je peux. La vie m’ adonné quelques claques, et m’a rappelé qu’il existe quelque chose dont je n’entends plus beaucoup parler dans la société actuelle qui a élevé le principe de précaution au rang de principe suprême : la prudence. Non pas la frilosité, mais le bon sens, celui qui nous permet de profiter du meilleur, tout en essayant d’éviter le pire. Celui de notre maman qui nous disait « Bien sûr, tu peux aller jouer dehors, mais fais attention et rentre quand les réverbères s’allument ! » Bien sûr, si le pire doit arriver, il arrivera. Des tas de mauvaises choses arrivent à des gens bien, parce que la vie est injuste : des enfants développent des cancers, il y a des tremblements de terre qui tuent des milliers de gens, certaines maladies ne sont toujours pas éradiquées, on peut même choper un cancer du poumon sans avoir jamais fumé une seule cigarette, si ce n’est pas injuste, ça ! Ce serait merveilleux si on ne récoltait que ce que l’on sème. Si on avait un mode d’emploi qui nous assurait que pour obtenir A, il suffirait de faire B. Genre « pour ne pas se faire violer, voyez page 64 » Je ne raisonne pas en termes de moralité ou de faute : je raisonne en termes de causalité, de causes et de conséquences. Ce n’est pas fait pour juger. C’est fait pour comprendre, et pour progresser. J’ai appris que quand je fais certaines choses, certaines autres choses risquent d’arriver. Donc, si je veux éviter (comprenez que « éviter », ce n’est pas « supprimer » : c’est TENTER de supprimer, on n’est pas sûr d’y arriver, mais on essaye) certaines conséquences, j’évite de faire les choses qui ont produit ces conséquences dans le passé. Cela ne m’assure pas que ce que je veux éviter ne m’arrivera pas, mais j’essaye de réduire les risques, les probabilités. S’il vous plaît, comprenez que je ne veux pas juger les victimes. Que je ne souhaite pas accabler. Je viens en paix.

          2. Caroline

            Ah et puis je crois que j’ai compris où je me suis mal exprimée et où ça peut prêter à confusion : quand je dis que le monde est violent et que la vie est injuste, je ne veux pas dire du tout que c’est très bien comme ça ! Bien sûr qu’il faut se battre pour un monde meilleur et pour plus de justice et d’égalité ! Comme je le disais, je me sens AUSSI idéaliste ! Idéaliste n’est pas naïf ! Mais si vous voulez vous battre, il faut rester vivant. D’où mon idée de prudence. A la guerre, l’héroïsme sur le champ de bataille a vite fait de vous tuer, donc, si vous voulez vous battre longtemps et avoir une chance de remporter la bataille, il faut s’arranger pour passer entre les balles et prendre le moins de risques possible. Il faut évaluer la situation, peser les risques, mettre un maximum de chances de son côté. Et agir efficacement en actionnant les bons leviers. Pour reprendre une analogie, je voudrais vivre dans un monde où je peux laisser tourner ma voiture devant la boulangerie le temps d’aller chercher ma baguette. Dans le monde dans lequel je vis, si je fais ça, on va me la voler (j’avais commencé par taper « je vais me la faire voler », mais ça aurait indiqué que c’était moi la coupable…). C’est bien malheureux, mais c’est ce qui se passe ! Alors oui, je peux crier au voleur et me plaindre qu’il n’aurait jamais dû faire ça, et j’aurais raison. C’est lui le voleur, je ne suis pas coupable. Mais qui va me plaindre ?

  20. , à l'aube de

    J’ai pleuré le 23/09 en lisant le témoignage de A .
    Je n ai heureusement pour moi, jamais rencontré ce type d individu, j ai plutôt la chance d’avoir une gyné à l’ecoute , trés douce et ce depuis de nombreuses années .Elle déteste les vacances , adore son métier , je l’imagine à l’âge d’une retraite pourtant bien méritée et qu’elle même n envisage surtout pas .
    J’ai subi FIV et parcours d’adoption avant d’avoir ma fille , ma chance , 15ans saujourd’hui , à l’aube de ses vies sexuelle et amoureuse et je prie pour qu elle ne croise jamais la route de ces pervers qu il faut bien sûr dénoncer.
    j’ encourage A. à le faire même si j’imagine aisément les obstacles qu’elle va devoir affronter .Je pense fort à elle et voudrais lui souffler un peu de force et d’energie pour son combat
    Je pense aussi trés fort à Baptiste !
    non mais quel homme merveilleux ! sur tous les combats ! merci d’être là .
    bonne route au nouveau livre qui sera LE cadeau sous le sapin ..

  21. Souki

    Juste merci Baptiste pour tout ce que tu fais!
    Je comprends très bien que tu ne souhaites pas donner le nom de cet individu (on n’est pas au Far West), mais c’est vraiment une bonne chose de mettre ses victimes en contact, et de servir de passerelle de la sorte. Tu fais vraiment un boulot formidable (à tous les niveaux)
    Je souhaite énormément de courage à A. (Bien sûr que c’est un viol! Merci de le dénoncer pour protéger les autres femmes!!! Merci! J’espère aussi que vous trouverez le soutien nécessaire (EMDR, hypnose, ou n’importe quelle thérapie efficace pour vous) pour parvenir à laisser cette sinistre histoire derrière vous, et un ou une vrai(e) gynéco pour vous accompagner médicalement, (et aussi un gentil amoureux un jour 😉
    Bravo pour votre courage (d’aller aux urgences, de témoigner, de porter plainte) et vraiment du fond du cœur merci (même si je ne vis plus en France, et ne me fais pas soigner dans la ville de C., même si jusque là j’ai eu énormément de chance avec mes gynécos, ce que vous faites est très important et utile-aussi pour moi!!)
    Je vous embrasse (sauf si vous n’avez pas envie qu’on vous touche)
    (Quant à « la victime exagère », c’est un mécanisme de défense psychologique malheureusement assez répandu je crois, il ne faut pas que ça vous abatte)

  22. Artémis

    Courage à tous et à toutes qui ont subi une forme de violence médicale ou autre, heureusement que la majorité des médecins sont humanistes et font bien leur métier dans le respect du corps et de l’âme, courage à eux d’exercer ce métier si dur et qui demande tant. Je pense à vous! ❤️❤️❤️❤️❤️❤️❤️

  23. Cath

    Il n’y a rien à ajouter : ton post et tes conseils sont très clairs et d’un grand soutien pour celles et ceux qui en ont besoin.
    Je suis effarée de lire que tu dois faire face à un tel déchaînement de violence vis à vis de ton action de soutien et de secours. De même pour la mise en doute du témoignage que tu publies et vis à vis de la victime.
    Il appartient aux enquêteurs d’établir ce qui s’est passé, en s’appuyant sur le témoignage de la victime et sur les certificats produits. Ceci n’appartient pas à la clameur populaire – j’allais écrire à la populace, car c’est bien de ce niveau que relèvent certains commentaires.
    Merci, vraiment merci pour ce courage et pour l’aide que tu apportes Baptiste.
    C’est parce qu’il y a des gens comme toi que je me dis que ça vaut la peine de lire et de ne pas désespérer de l’humain.

  24. virginie

    Le numéro d’appel 08Victimes mis en place par l’INAVEM et le ministère de la justice (08 842 846 37) est destiné à toutes les victimes d’infractions, quelle que soit la forme de l’agression ou le préjudice subi.

    Non surtaxé, disponible 7 jours sur 7 de 9h à 21h, le 08 Victimes est un point d’entrée unique pour toutes les victimes, une plateforme d’écoutants professionnels, un service qui oriente vers les associations d’aide aux victimes de proximité et qui rassure et informe la victime sur ses droits.

    Le service est gratuit et assuré dans le respect de la confidentialité et de l’autonomie de décision de la personne victime.

    Pour les victimes, leurs proches et aussi pour les professionnels :
    08 842 846 37
    Courriel : 08victimes@inavem.org
    http://www.inavem.org est conçu pour donner des informations
    aux victimes dans l’espace dédié, ainsi qu’aux professionnels.

    Pour accompagner les victimes et les guider dans leurs démarches, un guide des droits des victimes est également diffusé ; http://www.justice.gouv.fr

  25. virginie

    Il est également possible de se constituer partie civile devant le doyen des juges d’instruction (avec ou sans versement d’une caution selon les revenus).

  26. stampf

    Droit et sans aucun doute pas rigide, vous êtes à mon sens un être unique (mais paradoxalement pas solitaire) . Je vous suis et s’il le faut je passerai devant.
    Na !

  27. Le_Lige

    Tout simplement un grand merci Bibi, pour ton blog en général (que je suis maintenant depuis quelques années…) et pour tes derniers articles en particulier.

  28. mimi

    Merci pour tout ce que vous avez mis en route pour cette personne, je suis heureuse de sa décision de porter plainte !
    Je me répète, mais pour avoir eu affaire à beaucoup de praticiens de spécialités très différentes, mais aussi aux urgences, mon expérience m’a amené à constater deux choses bien distinctes :
    -un gros pourcentage de soignants sont effarants de suffisance et ne font preuve d’aucune humanité. Mon expérience : ces défauts augmentent avec leur position hierarchique. Et je me fiche qu’on m’explique pourquoi. Un bon nombre d’entre eux vous écoutent seulement si vous les agressez en retour, comme si pour eux la communication était un combat (pour le pouvoir?). Et comme l’école française nous a formés à nous taire et nous écraser devant la hierarchie, beaucoup de patients sont simplement des victimes de ce système.
    Conclusion : apprenons, nous, et à nos enfants, à nous exprimer clairement, et à entrer en communication, vraiment, avec une personne, même plus âgée, même quelqu’un d »important ». Mon principe a toujours été : un être humain = un être humain. Point.
    Concrètement : préparons nos rendez vous médicaux (listes de questions, expression des peurs, des doutes…) et changez de médecin si la communication ne se fait pas, et soyez sûr qu’on peut interrompre un rdv/un examen ! oh, et puis, accompagnez vos anciens, si vous le pouvez ! c’est hallucinant comment on leur parle, comment on les traite, souvent !

    -un plus petit pourcentage de soignants sont extraordinaires d’humanité, ce sont ceux là qui font du bien ! j’ai bien sûr croisé quelques (trop rares) médecins et spécialistes très chouettes, mais les infirmier(e)s et les aide-soignant(e)s sont, en pourcentage, bien plus humains et plus « soignants » ! eux mêmes, parfois, sont aussi des « victimes » de supérieurs inhumains…
    Conclusion: mettons les en avant, valorisons les, remercions les, et augmentons les !! battons nous tous pour eux, leurs droits, ce sont nos droits, ils méritent beaucoup plus !

    Et puis, je viens de relire King Kong théorie de Virgine Despentes. Et les commentaires, bien sûr, que vos derniers articles ont suscités. Je crois qu’on est, somme toute, très peu conscients du fossé qui existe encore et toujours entre les hommes et les femmes, de ce fossé que nous creusons tous et toutes, encore, tous les jours. Toutes ces femmes qui souffrent en silence. Tous ces hommes qui ne savent pas. Toutes ces femmes qui croient qu’il faut se taire, pour être comme eux, et qui participent ainsi de ce cercle vicieux.
    Ne pouvons nous donc pas simplement communiquer, échanger, d’égal à égal, d’humain à humain ? ne sommes nous pas tous dans le même bateau ?
    On perçoit une espèce de solidarité entre les femmes, au travers des commentaires (sans doute parce que nous avons toutes été « agressées » ou « humiliées »à divers degré à cause de notre sexe), avec, heureusement, quelques hommes tout aussi choqués, et solidaires.
    Mais comme le suggérait Despentes, n’est ce pas aux hommes aussi, peut être avant tout, de lutter, de s’organiser, de provoquer des changements : pourquoi les Chiennes de garde, et pas les Chiens de garde ??Battez vous, messieurs, battez vous pour vous, pour vos femmes, vos filles, pour nous tous et toutes ! avez vous déjà posé la question à votre femme, à vos filles, en quoi le fait d’être fille a pu les stigmatiser ? apprenez à les écouter, et qu’elles apprennent à s’exprimer, apprenez à communiquer ! c’est urgent, dans ce monde où on communique le nez sur un écran et où les replis identitaires creusent le fossé !

    1. Anne

      Bonjour Mimi,
      Autant je ne peux qu’être d’accord avec la révolte et le dégoût que nous font ressentir ce genre de pratiques, autant je trouve exagéré de dire qu' »un gros pourcentage de soignants sont effarants de suffisance et ne font preuve d’aucune humanité » , surtout les médecins d’après vous. Je vis peut être dans le monde des Bisounours, mais la plupart des soignants font du mieux qu’ils peuvent, ils ont tous leurs qualités et leurs défauts. Bien sûr certains sortent du lot en bien ou en mal, mais il est injuste de tous les traiter ainsi.
      Je vous souhaite une bonne journée

      1. mimi

        Bonjour Anne
        La première année, le temps que les diagnostics soient posés, j’ai vu plein de médecins et de spécialistes pour ma mère, veuve (personne agée), pour mon fils (10 ans). Pour moi, ça a été plus rapide, puisque les urgences ont diagnostiqué rapidement mon embolie. Bref, j’ai vraiment croisé beaucoup de soignants, pendant une période assez longue (mon fils a été en ALD pdt 6 ans, ma mère a un cancer rare), sur les deux plus gros hôpitaux d’Alsace, et dans plusieurs cabinets privés, et donc dans des services très différents, et j’aimerais pouvoir dire que mes propos sont exagérés.
        Mais non.
        J’espère être un cas isolé, j’ai bien peur que non quand j’entends des amis ou des proches raconter leurs anecdotes. Ce qui est certain, c’est que c’est heureusement assez rare de gérer autant de soucis plutôt graves sur une période aussi ramassée, (que voulez vous, je dois avoir la poisse !!) et que mes expériences ont concentré les problèmes et les rencontres avec des soignants vraiment nuls. Il se trouve que j’avais déjà, par le passé, été hospitalisée 3 semaines pour avoir frôlé une septicémie quelques ans auparavant, eu un fils intubé en néonat et que ma fille a eu, à deux reprises, affaire aux urgences (fractures). (sinon ça va, merci !). Bref, j’ai vraiment déjà côtoyé beaucoup de soignants dans ma vie.
        Croyez moi, je pourrais écrire un bouquin. Et puis le temps passe, et puis la vie « normale » et on veut essayer d’oublier ses souffrances, et on se dit qu’on ne va pas ressasser. Mais le blog de Bibi me rappelle régulièrement ces souffrances, qui ont été parfois créées, parfois décuplées par la bêtise ou l’inhumanité de certains soignants. Et là je me sens lâche de ne pas dire, parce que je sais que beaucoup de malades le vivent encore tous les jours. Et qu’il est mal vu de critiquer ce système de santé qui fonctionne encore, en France. Et que ça fait peur : les gens n’aiment pas entendre trop de souffrances (elle exagère? elle a la poisse?). Mais je trouve qu’il est lâche de ne pas en parler, et puis, n’est ce pas la raison d’être de ce blog?
        Je tiens à dire que j’ai une vie très normale, très heureuse et privilégiée, et que je ne suis pas quelqu’un d’aigri, de dépressif.
        Désolée, Anne, de vous préciser que je n’exagère pas, peut être juste, ne suis je pas représentative d’une moyenne, ayant clairement « cumulé » les soucis et donc les rencontres dans ce monde parallèle qu’est le soin.

  29. au Bangladesh

    Bonjour à tous et toutes,

    en complément de la procédure et du message de Virginie, un ajout.

    Si vous le pouvez, si vous connaissez quelqu’un en qui vous avez confiance, dont vous êtes proche, qui ne vous laissera pas tomber : Allez porter plainte accompagnée (accompagné).
    Une victime ne peut pas penser à tout. Elle a l’esprit occupé. Elle est faible par rapport à une situation nouvelle. La présence d’un soutien inconditionnel est très rassurante. A l’hôpital, au commissariat, à la gendarmerie, devant un avocat… on est mieux devant un inconnu avec un soutien que seule (seul), même quand on se sent « plutôt pas si mal ».

    Et évidemment, si quelqu’un vous demande de l’accompagner, lâchez-tout, et allez-y sur le champ.

    Et merci à Virginie pour ces informations :
    « Pour les victimes, leurs proches et aussi pour les professionnels : 08 842 846 37
    Courriel : 08victimes@inavem.org
    http://www.inavem.org est conçu pour donner des informations aux victimes dans l’espace dédié, ainsi qu’aux professionnels. »

    1. virginie

      Toutes les associations ne se valent pas. Celles référencées par l’Inavem et le ministère de la justice (cf mon commentaire) sont sérieuses : compétence, confidentialité, autonomie de choix de la victime .

      ATTENTION : tous les groupements et associations ne le garantissent pas !!!!
      Certaines ne font «  » »que » » » du militantisme, les sectes sont comme toujours à l’affut de personnes vulnérables, etc. etc.

  30. Nathalie Pardigon

    Oui Dr Beaulieu vous avez entièrement raison de réagir très vivement aux violences médicales physiques. Elles sont inacceptables. Mais quid des « petites » violences morales incluant le mépris, les commentaires désagréables, blessants, déplacés, le paternalisme et j’en passe…ayant subi ce genre de violences (je vous avais écrit à ce sujet l’an passé), j’estime qu’elle ne sont pas plus acceptables que les violences physiques, en particulier du fait de l’autorité dite morale qu’on prête au médecin. Elles sont moins visibles, moins médiatiques aussi, mais tellement plus fréquentes. Vous qui voulez nous réconcilier avec la médecine et ses intervenants, n’oubliez pas ces petites agressions qui font qu’on recule avant de retourner « chez le docteur »…

  31. JORAND

    Bonjour Docteur Bibi,

    Je rajoute juste une indication : si le certificat médical est établi par une unité médicojudiciaire présente dans certains centres hospitaliers, avec indication de la durée d’ITT (incapacité temporaire de travail) c’est encore mieux !

    Marion

  32. josecile

    Et si ceux (ou celles, car il y a en a certainement) qui parlent d’exagération goûtaient un peu du speculum, quel que soit l’orifice … Peut-être y verraient-ils (ou elles) plus clair …
    Courage à toutes les victimes de ces agissements qui sont plus dégradants pour le soignant qui les pratique que pour le soigné qui les subit.

  33. sarah

    Merci A.

    Vraiment merci pour ta démarche : Faire savoir au monde la violence faite contre les femmes.
    La violence sur seul motif d’être une femme, c’est pousser l’intolérance au degré max, non? C’est pas comme s’il y avait plein de sortes d’habitants chez les humains, il y a les hommes et les femmes. Une femme devrait avoir la même place qu’un homme sur cette planète sans se poser de questions n’est-ce pas ? Des fois, j’ai l’impression qu’on est juste des invitées, qui s’adaptons au mode de vie des hommes.

    On sous-estime la violence quotidienne dont les femmes sont victimes, en même temps pas trop étonnant, on nous a nous-même appris, en tant que femmes, à la banaliser. Toutes ces petites violences du quotidien (insultes, exhibitionnistes, mains baladeuses), on se blinde tellement depuis qu’on est petites, tellement qu’on se construit avec ça : on te dit « avance, fais pas attention », combien d’hommes supporteraient qu’on leur parle comme ça ?

    Combien de fois j’ai envie de crier : « oh c’est grave là ce qu’on m’a fait! »
    Oui graves, tous ces incidents, sans même parler de grande violence, toutes ces petites agressions en tout genre qui dévalorisent, sous prétexte qu’on est une femme. Notre Chère société, toi qui condamne les pays étrangers pour le non-respect des droits de l’homme, bats-toi aussi pour les droits de la femme chez toi. Le jour où on se sentira en confiance pour aller au commissariat se plaindre d’une main baladeuse dans le métro juste pour être écoutée, reconnue en tant que victime et se laver de ça, c’est que ces femmes-là et ces hommes-là auront reçu comme éducation l’évidence qu’aucune raison, absolument aucune raison ne justifie de poser la main sur une femme et que la moindre de ces actions est absolument inacceptable.

    Tant qu’on entendra cette petite phrase « Fais pas attention, c’est un con » résonner dans la bouche des gens qu’on aime, les femmes continueront d’être agressées. Parce que la première chose à faire justement, c’est d’y faire attention.

    Alors parce que ce n’est pas une évidence aujourd’hui de porter plainte, Merci A.
    Mille fois merci.

    Et surtout beaucoup de courage.

    Sarah

  34. Fabienne

    En complément de ce qui a été écrit dans l’article, en cas d’agressions, il est possible de contacter le collectif féministe contre le viol (0 800 05 95 95) où des professionnelles se relaient pour écouter et assister les victimes dans leurs démarches. En espérant que ce commentaire pourra aider, je souhaite sincèrement du courage aux victimes.

  35. Adèle

    Cela a peut-être déjà été suggéré dans les commentaires, mais il pourrait être utile de donner un ou deux noms d’associations d’aide aux victimes à contacter dans ce genre de cas ?

    Merci et bon courage.

    1. virginie

      Toutes les associations ne se valent pas. Celles référencées par l’Inavem et le ministère de la justice (cf mon commentaire) sont sérieuses : compétence, confidentialité, autonomie de choix de la victime . ATTENTION : toutes les associations ne le garantissent pas !!!!

  36. Agnès

    Merci à toi, Baptiste , d’être la pour que l’on se sente moins seul(e)s et pour nous lier les un(e)s aux autres
    Et, et, prends le temps de t’occuper un peu de toi!!
    Je te serre très fort dans mes bras de maman
    PS quand passes tu à Paris?

  37. Binette

    Bonsoir Baptiste.

    D’abord, j’adore vous lire. J’apprécie (énormément) votre sensibilité et vos mots toujours justes.

    Et ensuite, félicitations. Grâce à cette forme de tribune que vous offrez à vos lecteurs, vous avez initié quelque chose de primordial dans la vie de ces femmes. D’une part, cette victime qui a pu partager son expérience et qui a tout notre soutien. D’autre part, toutes ces femmes qui se retrouvent dans la même situation, une action qui va être lancée, d’autres éventuelles patientes a qui il ne nuira pas.
    Quant aux commentaires « elle a exagéré », c’est affligeant.

    Bref, un pavé qui ne sert pas à grand chose mais qui me permet d’exprimer mon admiration. Bonne soirée.

  38. Lise

    Juste un message de soutien à celles qui ont été victimes de cet homme brutal (qui n’est malheureusement surement pas un cas unique …) dont on se demande bien, lorsque l’on considère son comportement avec les femmes, ce qui a pu le pousser à choisir ce métier ….

    Tenez bon, rassemblez-vous, et faites comprendre à cet homme que ces femmes qu’il a traitées avec tant de mépris dans la solitude de son cabinet sont désormais unies pour lui barrer la route.
    Nous sommes de tout cœur à vos côtés, et tenez-nous a courant ….

  39. Sophie

    Tout d’abord, bon courage, chère A. Je pleure d’avoir lu ce qui t’est arrivé. Et je crois que tu t’engages sur un chemin long et difficile parce qu’à côté du gros salaud, il y aura sans doute quelqu’un pour penser que tu exagères, quelqu’un d’autre pas si salaud mais qui trouvera que tu n’as aucun sens de l’humour, et puis encore un autre qui s’arrêtera sans doute si sa patiente hurle de douleur mais qui fera le geste sans vérifier le consentement, ni que la personne soit prête.
    Et si je n’ai jamais croisé de gros salauds, les médecins qui font le geste trop banalement ou qui se montrent supérieurs sont légion. Ils ne sont malheureusement pas l’apanage des hommes. J’ai changé deux fois de gynéco après une consultation. La première parce qu’elle m’a enfoncé le spéculum avant que je ne me sois détendue même si elle s’est adoucie après avoir constaté sa brutalité : j’en ai saigné, j’en ai ressenti de la honte, je n’en ai parlé qu’à mon ami qui a été à l’écoute mais qui n’a pu se représenter ce que c’était que ce mélange de sentiments d’humiliation, de salissure, de culpabilité, … La deuxième parce que madame n’était pas à l’écoute, qu’elle me coupait la parole et que ses réponses étaient à des lieues de ce que j’essayais de lui faire entendre. J’ai docilement payé avant l’examen et je n’y ai plus remis les pieds. Ce qu’ils font n’est pas suffisamment sordide pour que ce soit relayé.
    Alors non seulement je te souhaite du courage pour encaisser, te reconstruire et porter plainte. Mais en plus je te remercie de soulever le sujet sur ce blog et bientôt j’espère dans les tribunaux, et même de faire entendre nos voix.
    Et depuis j’ai trouver d’autres gynéco à l’écoute, patientes et délicates. Merci aussi à toi Baptiste, d’être ce médecin bienveillant. Merci de d’être témoin.

  40. une femme

    Bon courage à A. Vous avez raison de vous battre !! Ce qu’a fait ce médecin (peut-on appeler encore médecin ce genre d’individu ??) est inqualifiable et révoltant.
    Pourquoi tant de femmes ont-elles à subir un comportement déplacé, voire carrément violent de la part de ceux et celles qui sont censés apporter du mieux-être ?

    Je n’ai pas eu beaucoup à faire aux gynécos pourtant…
    Il est le chef du service de la maternité, une soixantaine d’années. Je me dis qu’il a l’expérience, la compétence et l’humanité, pour avoir soigné tant de femmes. Après une grossesse un peu compliquée, on m’avait dit de me présenter à la maternité pour une énième consultation. Il entre dans la pièce sans même me regarder, ne dit évidemment pas bonjour (je ne suis qu’un utérus après tout), s’adresse à la sage-femme et lui dit qu’il va m’examiner. Je m’attends donc à un geste médical bien connu, l’examen du col.
    Sans me prévenir de quoi que ce soit, il agit vite et fort. Je sens une douleur vive qui monte jusque dans le ventre. Je commence à saigner. M Le Médecin Chef venait de déclencher le début du travail. Tout ça s’est passé devant témoins : mon conjoint et la sage-femme. Personne n’a vraiment compris ce qui s’était passé, ça s’est fait trop rapidement. Il est sorti en lançant un au revoir bien sonore, fier d’avoir accompli sa mission.
    J’ai eu du mal à me lever ensuite, ai dû réclamer une serviette hygiénique, la sage-femme, adorable, s’est sentie obligée de l’excuser.

    Ma fille a plus d’un an maintenant, mais je n’ai pas accepté que ce geste de violence (oserai-je dire le mot qui me brûle les lèvres ??) ait permis à mon enfant de voir le jour.

    J’ai croisé cet homme dans les couloirs le lendemain. Je bouillonnais intérieurement, j’aurais pu lui dire que je n’avais pas accepté son comportement. Qu’un mot ou un regard de sa part aurait changé beaucoup de choses. A la place, J’ai été lâche et j’ai simplement dit bonjour. Poliment.

  41. Roberto

    Voilà notre histoire…
    – mon épouse fait un avc (la semaine des attentats au Bataclan) en presence d’une amie non-francophone. Ma femme s’effondre par terre, alors qu’elle ötait dans un fauteuil, à la maison, consciente .
    – l’amie fait le 15 paniquée et demande « ambulance , malade, vite ». Le regulateur prend son temps, demande à parler a la victime partiellement paralysée et avec un probleme d’expression
    – le regulateur dit a mon epouse que puisque son amie lui a mal parlé il n’enverra pas l’ambulance, et que maintenant il veut verifier les symptomes. Ca dure 20 mn, mon epouse demande une ambulance….
    – le regulateur finit par dire qu’un medecin passera dans 3 heures et qu’aucune ambulance ne viendra parce qu’on lui a mal parlé. Cynique il demande pour finir , mais de quoi avez vous donc peur?
    – mon epouse finit par alerter un ami qui l’emmene chez le medecin traitant qui mobilise immediatement le SAMU-> urgences-> hospitalisation en moins de 30 mn

    Plainte, enquète administrative: on essaye au cours d’un entretien de la dissuader de poursuivre sa plainte administrative en tant qu’usager, et puis finalement plus rien (le rapport parle d’incomprehension),
    Demande d’intervention de la Halde qui demande des preuves pour agir: quelles preuves voulez vous? Pas de réponse à ce jour depuis mars 2016.
    Prochaine étape plainte au pénal, puis au civil.
    Ensuite on embauchera des amis albanais. le régulateur va adorer

    1. Cath

      Dans un cas aussi manifeste de maltraitance – je pense que cela peut être assimilé – la plainte au pénal devrait être déposée dès le départ. J’ai dans l’idée que cela accélérerait les choses. Parce que les instances en charge pour le moment s’occupent davantage d’étouffer les dossiers importants qu’autre chose. On parie que l’enregistrement de l’appel au 15 sera effacé par inadvertance ?
      Il y a des responsables de services qui ne font pas non plus leur boulot !
      De lire des témoignages pareils me fiche en boule pour la journée : je sais, cela n’apporte rien.

  42. Raymari

    Les hommes aussi sont concernés… On est tous potentiellement concernés…. Mon mari a subi une coloscopie sans anesthésie générale ni autre dans un grand chu… Et a appris en direct grâce à un praticien très délicat qu’il avait un cancer, que c’était « moche » …. Le même praticien l’a laissé en larmes sur un lit dans le couloir… Et j’ai du insisté pour le voir et qu’il daigne m’expliquer ce qui se passait….

  43. Zuiplap

    Au sujet de la maltraitance médicale, je conseille de lire (la fin de) l’article suivant:
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/16/martin-winckler-les-medecins-ne-doivent-pas-etre-des-cadors_5014541_3232.html

    J’en retiens notamment le passage suivant:
    « Quand j’écris un livre sur la contraception ou sur le pouvoir abusif des médecins, ce n’est pas seulement pour exercer la critique : c’est pour donner des outils. C’est pour ça que je termine Les Brutes en blanc en disant à mes lecteurs que s’ils ont un problème avec un médecin, il vaut mieux porter plainte au pénal qu’à l’Ordre des médecins. »

  44. geronimo

    En 1990, suite a une violente agression je me suis retrouvée aux urgences.
    J’ai refusé l’examen gynécologique, j’ai été endormie pour soigner les traumatismes et lors de l’instruction j’ai appris que les résultats de l’examen gynéco étaient versés au dossier.
    J’étais jeune et bête, j’avais tort de refuser l’examen mais j’avais ma fierté et j’ai longtemps considéré cet examen sous anesthésie comme un 2eme viol.
    En plus la suite a été assez bizarre, l’examen avait été fait « selon la loi » d’après les médecins (j’étais mineure, sans adulte référent à contacter) mais comme j’ai continué à dire que je l’avais refusé clairement, la justice n’a retenu que les examens externes faits quand j’étais consciente.
    Un examen qui n’a donc servi à pas grand chose…. sauf à me fâcher longtemps avec le corps médical en général et l’hôpital en particulier!

  45. Scribouille

    Je voulais juste laisser un lien vers une émission de France Inter sur la maltraitance médicale en général : https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-10-octobre-2016
    Ayant dans mon entourage un petit garçon malade (il n’a qu’un seul rein en état de fonctionnement, et encore), qui se rend donc très régulièrement au CHR, ayant moi-même été un « sujet » pour les internes alors que je consultais au CHR pour des problèmes de peau (mais toujours avec la demande très gentille de la chef de service, puisque j’étais un « cas intéressant »), le sujet m’intéressait tout particulièrement.
    Je vous souhaite tout le meilleur, docteur, et toute l’énergie et le courage nécessaire pour la sortie de votre livre.

  46. Clara

    Les violences médicales ne sont pas que physiques. Le manque d’empathie, le mépris, le jugement moral font de gros dégâts lorsqu’on est déjà en situation de fragilité médicale. Je dois mon salut à un médecin, Martin Winckler, qui a pris le temps de me répondre par email un dimanche, lorsque je lui ai écris de désespoir parce que le monde s’était écroulé pour moi et que je ne voyais aucune issue. Il m’a répondu avec bienveillance, gentillesse et empathie, lui qui ne me connaissait pas alors que ma généraliste m’avait traitée comme une merde sans raison. Oui, sans raison. J’ai bien sûr changé de médecin généraliste (je lui souhaite d’avoir changé de métier), mais cela m’a fait prendre beaucoup de recul vis-à-vis des médecins de pacotille, qui ont fait de longues études mais sont incapables d’avoir des relations humaines avec leurs patients, et je n’en apprécie que plus les Médecins, avec une majuscule, ceux qui ne se contentent pas d’appliquer des techniques sur des corps.
    Courage, monsieur, vous faites honneur à votre profession.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *