La femme qui était prête.

Photo : Flora Borsi

Une lectrice m’a envoyé aujourd’hui ce texte décrivant la maltraitance médicale qu’elle a subi. Je le publie ici avec un gros AVERTISSEMENT : c’est VIOLENT. Je le partage car il fait écho à mon prochain roman et car il faut que ce texte soit lu, et partagé. Il faut qu’il interroge les praticiens : les patriarches comme les jeunes carabins.
Le voilà :
Bonsoir Monsieur Beaulieu, enfin Docteur,
je me permets de vous écrire car j’ai vécu un événement qui m’a extrêmement bouleversée vendredi.

Mais laissez-moi me présenter d’abord.

Je m’appelle A., j’ai 38 ans et je souffre depuis plusieurs années de migraines cataméniales. Je suis à bout à cause de mes règles. Entre les migraines, les mastoses, les bouffées de chaleur, j’avoue que j’ai hâte d’être ménopausée. Et c’est pour cela que j’ai pris rdv avec un gynécologue de C., dans l’espoir de trouver une solution définitive. 
Je suis déjà maman d’une petite fille de bientôt 8 ans, et je n’ai jamais eu envie d’avoir un autre enfant. Si on ajoute à ça que je suis séparée de son père depuis 5 ans, que je n’ai eu absolument personne depuis, et que j’ai subi une opération du dos il y a 5 ans qui m’handicape au quotidien sans pour autant que je sois en fauteuil, une autre grossesse est clairement hors de question pour moi.
Je cherche donc un gynécologue qui acceptera de procéder à une ovariectomie afin de ne plus avoir à souffrir chaque mois au point parfois de ne pas pouvoir aller travailler ou de finir aux Urgences quand la crise se déclenche brusquement. J’ai trouvé un gynécologue à côté de mon travail et j’ai eu rdv vendredi à 15h15. 
A 15h45, environ, j’ai été reçue. J’avais vu dans les avis Google que ce gynéco pouvait faire preuve d’un humour un peu particulier et qu’il était direct. Ça m’importait peu, tant qu’il reste professionnel.
J’ai eu droit à tout le discours paternaliste possible : comme quoi avoir un stérilet alors que je n’ai aucun rapport sexuel ne sert à rien (je l’ai fait poser en 2012 au cas où je rencontrerais quelqu’un), que si je voulais ne plus avoir mes règles il fallait que je prenne des hormones (j’ai eu beau expliquer qu’aucune pilule, qu’elle soit à base de progestérone ou d’oestrogène, ne me convenait, il ne m’a pas entendue) et que je ne trouverai jamais de médecin qui accepterait de m’opérer en France et qu’il fallait que j’aille dans un pays du Maghreb pour en trouver un…

J’ai désamorcé tout ça avec humour vu que de toute façon je savais avant même le rdv que ce serait difficile en effet de trouver un médecin prêt à respecter mon choix d’avoir une ovariectomie et qu’il faudrait que je vois plusieurs gynécologues pour y arriver.
On est donc passé à l’examen physique vu que je n’en avais pas fait depuis la pose de mon stérilet, il y a deux ans. J’étais aussi détendue qu’on puisse l’être avant de se faire examiner, mais je ne m’attendais clairement pas à subir ce que j’ai subi.
Pendant que je me déshabillais, j’ai bien répété que je n’avais pas eu de rapports sexuels depuis 5 ans, ce à quoi il m’a demandé si je « n’aimais pas les hommes ? ».

Je lui ai répondu en m’installant qu’en fait, jusqu’à récemment, je n’étais pas prête dans ma tête.

Et là, l’examen a commencé…
Il m’a enfoncé le spéculum d’un coup sec dans le vagin. J’ai éclaté en larmes et j’ai hurlé de douleur en lui demandant de l’enlever et d’utiliser le plus petit spéculum (que tous les gynécos que j’ai eu depuis 15 ans utilisent, vu que je suis étroite de nature) car il me faisait mal. Je lui disais « Arrêtez, vous me faites mal, arrêtez » mais il n’arrêtait pas. Il m’a même dit qu’il ne pouvait pas utiliser le plus petit spéculum parce que sinon il ne pourrait pas voir le col. Et je pleurais et je gémissais de douleur. Et il n’arrêtait pas. Il m’a fait un frottis sans même m’avoir demandée avant si il pouvait le faire. Puis il a retiré d’un coup sec le spéculum en me demandant « de me détendre ». Il a essuyé le sang du spéculum sans même me demander comment j’allais. Puis il a fait une échographie par voie pelvienne pour vérifier mes ovaires. Encore une fois, il ne m’a pas demandé si je voulais la faire. J’étais tétanisée de douleur au point de ne pas pouvoir parler. Puis je me suis rhabillée toute tremblante. 
Il était environ 16h et le rdv était fini. J’ai quand même obtenu l’ordonnance pour faire une prise de sang pour voir mon taux d’hormones afin de savoir si je suis en présménopause ou si j’en suis loin.
Je suis allée aux toilettes car je savais que je saignais. Et je saignais, en effet. Beaucoup plus que ce que je pensais. J’ai mis une serviette hygiénique que j’avais heureusement sur moi et j’ai de nouveau éclaté en larmes. 
J’ai écrit à une copine pour lui raconter ce qui venait de m’arriver, mes mains tremblaient. J’ai retenu mes larmes sur le chemin du retour dans les transports en commun. Puis j’ai appelé ma meilleure amie pour lui raconter. Et j’ai pleuré. J’avais l’impression d’avoir un gouffre béant et brûlant entre les jambes, d’avoir été violée.
J’ai laissé mes larmes couler, j’ai bu un thé et fumé clope sur clope, le temps que mes larmes se tarissent, puis j’ai pris une douche pour enlever cette sensation de crasse en me disant que ça irait mieux le lendemain.
Le lendemain, je me suis réveillée en ayant toujours mal. Et je saignais encore. Moins, mais je saignais encore. Mon vagin me brûlait et mon utérus se contractait. J’ai pleuré, encore. J’ai attendu de voir si après une douche ça irait mieux. Ca n’allait pas mieux. J’ai pleuré. J’avais toujours cette impression d’être un trou béant. 
J’ai pris la décision à 16 heures d’aller aux urgences de l’hôpital P. pour vérifier si j’avais des lésions. J’ai été reçue par une infirmière qui a été extrêmement choquée de ce que j’avais subi et qui m’a rassurée: ce n’est pas de ma faute. Puis j’ai vu un jeune interne qui quand je me suis remise à pleurer a fait preuve de douceur et m’a rassurée.
Une doctoresse est venue pour m’examiner. Et en un coup d’oeil sur mon entrejambe elle a tout de suite vu que j’étais étroite et a choisi le petit spéculum. Elle m’a rassurée et m’a expliquée ce qu’elle allait faire et m’a bien dit de lui dire dès que j’avais mal pour qu’elle arrête l’examen. Elle m’a introduit en douceur un doigt et j’ai eu mal, très mal. Elle m’a expliqué que mes parois vaginales étaient enflées. Puis elle a introduit très très très doucement le petit spéculum pour vérifier si tout allait bien. Pas de lésions vaginales. Elle a tenu à vérifier si j’avais une infection vu que j’avais des brûlures. J’ai donc uriné dans un pot. Pas d’infection mais toujours des traces de sang dans mes urines car j’avais une petit plaie ou irritation à l’entrée du vagin. Pour éviter qu’une infection se déclenche, elle m’a prescrit des ovules et une crème pour soulager l’irritation.
Je suis rentrée et j’ai encore pleuré. Dimanche en me réveillant, j’ai pleuré. J’avais encore mal. J’ai eu plusieurs crises de larmes au cours de la journée. 
Aujourd’hui lundi, j’ai encore mal et j’ai encore pleuré. Un homme m’a regardé dans le bus plus tôt. Pas méchamment, c’était pas du harcèlement, il m’a juste regardée, ou peut-être même qu’il regardait derrière moi après tout, mais rien que ça, rien que savoir qu’un homme me regarde ça me dégoûte. Je suis en colère et je suis prête à mettre la grande majorité des hommes dans la catégorie des brutes immondes. 
Avant vendredi, j’étais enfin prête dans ma tête à rencontrer quelqu’un et à enfin (peut-être) retomber amoureuse, à faire l’amour, à vivre quoi !!! Mais ça, c’était avant vendredi. Maintenant j’ai encore plus peur. Maintenant, je vais avoir encore plus de difficultés à faire confiance. Je n’arrive même pas à rire de l’absurdité de la chose: j’ai été violée par un spéculum.
Merci de m’avoir lue jusque là.
A.

68 réflexions au sujet de « La femme qui était prête. »

  1. Bulledesavon

    Ce témoignage est terrible … comment peut-on « pratiquer un tel examen », comment peut-on abuser de la faiblesse, comment peut-on être vil à ce point …
    Cela me laisse sans voix, toutes mes pensées , ma tendresse et mon soutien pour A.

  2. Maritxu IBARBURU

    Merci d’avoir prévenu que c’était violent !! Je ne m’attendais quand même pas à ça.. N’y-a-t-il pas moyen de faire un « signalement » à l’ordre des médecins. C’est une honte.
    Tout mon soutien à vous madame.

  3. Sam

    Je ne commente jamais mais là je suis révoltée. J’ai mal physiquement en lisant!!!!
    Il faut révéler le nom de ce médecin!!!! Ne serait ce que pour éviter à d’autres de subir la même chose!!!!

  4. Mésange

    Indignée, en colère et tellement triste… Je ne comprends pas ce que cela leur apporte à ces bouchers-là (mes excuses aux bouchers…) de faire leur métier comme ça. Le plaisir d’assouvir leur pouvoir sur des personnes à leur merci parce qu’ils ne se sentent pas assez bien dans leur vie ? Ah il est loin le serment d’Hippocrate ! Monsieur qui n’avait plus de médecin que le titre sur votre plaque, il est vraiment temps de changer de métier !
    A. je vous fais un nid de douceur dans mes plumettes.

  5. Airelle

    Bonsoir à tous et toutes, et à vous madame, à qui j’envoie toute ma tendresse de femme.
    J’ai subi ce genre d’examen violent et douloureux par un gynéco qui non seulement m’affirmait que je n’avais pas mal (qu’est-ce qu’il en savait ??), mais m’a prise en photo par surprise quand je me suis rassise devant son bureau après 20 minutes d’examen (si, si). Quand je lui ai demandé ce qu’il faisait avec cette photo, il m’a répondu « c’est pour mes archives ». J’étais tellement crevée, triste, choquée que je n’ai pas répondu, je n’avais qu’une hâte, sortir de ce cabinet. Une semaine après j’ai voulu le revoir, pour avoir le résultat de mon examen, et pour demander des explications sur son déroulement et cette fameuse photo. Impossible, sa secrétaire a fait barrage en me disant que s’il ne m’avais pas rappelée c’est qu’il n’y avait rien d’inquiétant, et je n’ai jamais pu avoir d’autre RV. J’ai contacté le président de l’ordre des médecins de mon département (parce que dans le civil, je suis infirmière, comme quoi on peut être des deux côtés de la « barrière » que Bibi essaie de renverser, merci à lui !), malheureusement ce gynéco avait pignon sur rue auprès de l’Ordre, et j’avoue que j’ai laissé tomber, d’écoeurement surtout, et de lâcheté un peu.
    Dans ce que vous racontez, A., je ne trouve que des raisons de porter plainte, d’autant plus que vous avez les témoignages des vrais soignants que vous avez rencontrés aux urgences. Je ne l’ai pas fait il y a quelques années, mais je le regrette, et ce serait un service à rendre à toutes les femmes qui ont souffert ou souffriront de ce salaud, parce qu’il n’y a pas d’autre mot pour le qualifier.
    Bon courage à vous, je vous embrasse.
    P.S. Il y a des hommes tout doux, tout tendres, avec un tout petit zizi pour les toutes petites femmes 🙂 je vous souhaite de rencontrer le « vôtre » très vite !

  6. Caroline

    Oui, il faut en parler partout, il faut donner son nom, il faut le faire savoir. Qu’on soit brusque, qu’on soit direct, verbalement, passe encore, on peut toujours leur clouer le bec à son tour, mais ça, c’est de la violence physique, et ce n’est pas acceptable de la part de personnes qui se prétendent soignantes. Ne protégez pas ce médecin par votre silence, pensez aux suivantes. Je vous envoie plein de douceur.

  7. Marion

    Courage A. Ne laissez pas cet homme (qui se dit soignant mais fait tant de mal, quelle honte !) insensible et brusque vous faire encore plus de mal et gâcher vos chances de trouver votre futur amoureux tendre et attentionné ! Les hommes ne sont pas tous comme cela ! Ne perdez pas espoir.
    Je vous souhaite de tomber sur un homme bon et doux !
    Et aussi de trouver un soignant qui reconnaîtra vos douleurs et acceptera l’opération que vous attendez pour des raisons justes et médicales.
    Chaleureusement,
    Marion

  8. Nicole

    Ce gynéco, enfin si on peut appeler ça un gynéco, me donne l’impression à cause de la question qu’il pose « si je n’aimais pas les hommes ? », qu’il pense avoir à faire à une homosexuelle et veut lui faire payer. Et quand bien même une homosexuelle viendrait le consulter, il se doit de la respecter ! J’ai toujours été dérangée par le fait qu’un homme choisisse cette profession mais c’est un autre débat. Mes gynécos ont toujours été des femmes et les seules fois où j’ai eu un gynéco, c’était lors des suivis de mes deux dernières grossesses à l’hôpital et je les ai trouvés plus durs (essayez de vous relever seule lors d’un examen gynécologique lorsque vous êtes enceinte… perso, seulement les femmes gynécos m’aidaient à me redresser). Ce type n’est pas gynéco mais sadique et il ne faut avoir aucune seconde d’hésitation pour le dénoncer, surtout que maintenant, cette pauvre femme se sent encore plus mal.

    1. lectrice boulimique

      Témoignage terrible ! Madame A je vous souhaite d’obtenir justice pour cette maltraitance, avec l’aide d’avocat pour châtier ce gynéco violeur (car c’est un viol tant par l’acte que par les mots, les considérations sur « vous n’aimez pas les hommes » n’ont rien à voir dans l’examen médical!), et de psychologue pour vous reconstruire.

      Le choix entre UN ou UNE gynéco appartient à la patiente et à elle seule. Je comprends fort bien qu’une femme préfère être examinée par une autre femme, a fortiori si la patiente a eu une expérience déplaisante avec un médecin masculin. Mais je témoigne qu’on trouve hélas des gynécos et des médecins femmes qui traitent l’humain comme un numéro ou un bout de viande… et qu’on trouve heureusement des gynécos et des médecins hommes doux dans leurs gestes et dans leurs mots, très respectueux des patientes !

      Une alternative pour les patientes qui ont peur du/de la gynéco est tout simplement le/la généraliste; Bi-Bi je pense que tu ne me contrediras pas…. si celui-ci/celle-ci est doux/ce et compétent/e, il/elle peut assurer des soins de première ligne: frottis annuel, conseils de contraception… et pose de stérilet? suivi de grossesse et accouchement ? Bi-Bi qu’est-ce que tu sais faire ? 😉 Avantages: primo le/La médecin de famille vous connaît, cela réduit le stress d’être face à un inconnu et/ou dans un hôpital; secundo vu la carence de gynéco/la distance/les longs délais d’examen dans certaines régions ou pays, passer par votre généraliste peut vous épargner bcp de temps, de stress… et vous sauver la vie en détectant plus tôt un problème. Il est important bien sûr qu’un/e généraliste connaisse ses limites et passe la main à un(e) gynéco en cas de nécessité !

      Dernière remarque. Qu’un homme puisse choisir la spécialisation de gynéco est d’abord, à mon humble avis, un reliquat de la prédominance masculine sur toutes les spécialités médicales; aujourd’hui il y a féminisation progressive de la médecine – les femmes ne sont-elles pas en passe de devenir même majoritaires en gynéco-obstétrique? Par ailleurs le choix de la gynécologie comme spécialité peut être dicté, chez l’homme comme chez la femme, par d’autres raisons que le sadisme ou l’obsession sexuelle j’espère ! ou bien il faut supposer que tout urologue-proctologue en est resté au stade pipi-caca, que tout pédiatre reste infantile, etc. Cela ouvre le débat sur les raisons de choisir telle ou telle spécialité…

  9. sarah

    Ça me fait tellement mal ce témoignage, que j’ai besoin de réagir.
    Il y a un truc qui m’échappe : les médecins soignent une femme qui a subi un mauvais traitement sans lui demander ce qui s’est passé ? les médecins laissent repartir une femme qui est sous le choc sans proposer une aide psychologique ?
    Si le gynécologue avait été le paumé du coin, est-ce que ça aurait été le même silence de la part des médecins ?
    Dans ton histoire, si je comprends bien, il y avait un gynécologue qui n’aimait pas les femmes et des médecins qui aimaient beaucoup leur tranquillité. Faut qu’ils se réveillent hein, ne rien dire, c’est se rendre complice de tels actes. Aux médecins hésitants à te soutenir, peut-être leur demander s’ils se reconnaissent vraiment dans ce genre de soin ?
    Si tu ne sais pas quoi faire, porter plainte ou oublier tout ça, j’ai une façon de formuler le problème qui m’aide souvent à trouver ma réponse : Ce n’est pas une démarche facile de porter plainte mais est-ce que c’est plus facile de me taire ?
    Bon courage dans ton choix.
    Sarah
    Pour les migraines cataméniales, je n’ai pas encore essayé les sangsues médicinales, donc je ne peux pas te dire si ça marche mais une amie a été soulagé en 2 jours pour des douleurs de circulation aux jambes, et la thérapeute lui a dit que ça marchait aussi pour les migraines, que c’est plus complexe mais que ça peut vraiment aider. Un article sur l’hirudothérapie :
    http://www.notretemps.com/sante/arthrose/action-therapeutique-sangsues,i61112

  10. amelie melo

    Bonjour
    je rejoins les précédents commentaires. Il faut porter plainte , ou au moins déposer une main courante dans un commissariat , et mettre un ou des témoignages nominatifs sur internet pour que d’autres femmes n aient pas à subir de telles violences. Oui c est une forme de viol. Et il existe une instance de justice en France , qui n est pas parfaite , qui n est pas très efficace, mais ne serai ce que pour réussir à passer le cap et à digérer cet événement , il faut en parler , le signaler . Ce ne sera pas facile. Vous pourrez demander à déposer plainte auprès d une femme au commissariat, pour ne pas vous retrouver face à un homme. Parfois il faut savoir faire appel à l ordre pour se protéger. C est à cela qu ils servent aussi. Selon vos possibilités , vous faire accompagner d une avocate sera utile. Il faudra peut être demander des témoignages auprès des personnels qui vous ont soignés à l hôpital. Je suis étonnée aussi que personne ne vous ai proposé , ou suggéré l idée , de vous faire aider par une psychologue. Continuez à en parler et à écrire , vous n avez pas à avoir honte , c est lui qui a à avoir honte . Courage à vous.

    1. schtroumpf énervé

      « pas « une forme de viol » : un viol.
      « Article 222-23 :
      Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.

      Article 222-24
      Le viol est puni de vingt ans de réclusion criminelle :

      3° Lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de l’auteur

      5° Lorsqu’il est commis par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions (et dans cette situation particulière où le médecin est un sachant, c’est une forme d’autorité, ça se plaide)

      9° Lorsqu’il a été commis à raison de l’orientation sexuelle de la victime »

      Je m’étonne que les urgences n’aient rien signalé au procureur, car, enfin, selon l’article R.4127-44 du code de la santé publique, le médecin est censé alerter l’autorité publique sur une situation qu’il est obligé d’interpréter puisqu’il doit affirmer que l’état du patient a pour cause, avérée ou probable, des sévices.

      Ce qui m’énerve particulièrement, c’est qu’on VOUS conseille de suivre une psychothérapie ! somme toute, vous ne demandez qu’à reprendre le cours de votre vie. Courage !

  11. Charlotte

    Oui, au commissariat et envoyer une copie de cet article a l’ordre des médecins avec le nom du « gyneco ». On ne peut pas laisser passer ça. Si vous n’avez pas la force, demandez, on (je) peut(x) faire ça pour vous.
    Je vous serre très fort dans mes bras,
    Charlotte

  12. Sobouchad

    J’ai vécu la même chose alors que je faisais ma Nième et (je le savais déjà) dernière fausse-couche de « nullipare à tout jamais ». Et en plus il ne s’adressait même pas à moi, il a passé son temps à engueuler la gentille interne qui l’assistait. J’avais l’impression de n’être qu’un tas de viande. Et en plus il sentait mauvais. Depuis, c’est très simple, je ne me fais soigner, et ne me laisse toucher, que par des femmes. Désolée pour les Bibis doux et gentils, car forcément il en existe, mais je ne prends plus de risque. Mais j’aime quand même beaucoup mon mari et mes amis masculins 😉

  13. Emmanuelle

    Quelle honte !
    A t-il tellement besoin de se venger des femmes, d’une femme pour exercer une telle violence, cet immonde lâche ? Je rejoins les commentaires de toutes les femmes qui vous ont écrit : ne vous enfermez surtout pas, ne voyez pas tous les hommes avec le masque de ce bourreau, vos larmes cesseront peut-être de couler si vous dénoncez celui qui abuse lamentablement de sa position de soignant (sic !)… qu’il soit à jamais dans l’impossibilité de recommencer, qu’il vive la honte d’être sur le banc des accusés, qui sait, peut-être commencera t-il alors à comprendre l’horreur de ce qu’il fait…

  14. Enya

    Je suis peut-être à côté de la plaque mais quand vous dites « non » et demandez qu’il retire ce speculum qui vous déchire, quand il refuse et continue malgré tout l’examen, malgré vos non répétés, il me semble que c’est un viol. Une pénétration non consentie est un viol, quel que soit l' »objet » utilisé. Et le consentement peut être retiré à tout moment. Ce n’est pas parce que vous avez accepté l’examen que vous avez consenti à être ainsi agressée.
    Un lien utile pour se sentir moins seule peut-être, et parce qu’il m’a éclairée, tout comme Martin Winckler, pour comprendre quels étaient mes droits de patiente: http://jenaipasconsenti.tumblr.com/

    Amitiés

  15. Julie

    Le comportement de cette personne est absolument indigne.
    Je rejoins ce qu’ont dit beaucoup de commentaire, il peut être utile de porter plainte et de signaler cette personne auprès de l’ordre des médecins afin qu’elle ne puisse plus sévir (je ne peux utiliser le terme de soigner quand je vois ces mots). Au sens pénal du terme ce qu’il a fait est un viol, dès lors que vous lui aviez demandé de retirer le spéculum il aurait dû le faire immédiatement et non pas poursuivre cette boucherie (encore une fois je ne peux pas qualifier cela d’examen) comme il l’a fait.
    Surtout sachez-le, très chère A., vous n’êtes coupable en rien et n’avez pas à avoir honte; c’est cette… personne… qui devrait avoir honte de ce qu’elle a osé vous faire.
    Peut-être un ou une psychologue pourra-t-il vous aider à traverser ce moment ô combien difficile.
    Je vous souhaite un grand courage très chère A. et espère sincèrement que vous arriverez à vous remettre, tant physiquement que moralement, de ce que vous avez vécu. Soyez assurée de mon entier et indéfectible soutien dans cette épreuve; je vous envoie par mon écran tout mon réconfort.
    Bien à vous, très chère A.
    Une petite lectrice qui passait par là et qui est indignée par ce que l’on vous a fait subir

  16. Sarah

    Bonjour,
    Je rejoins tous les commentaires qui vous disent de porter plainte et de le dénoncer à l’ordre. Cela s’appelle un viol, d’autant plus qu’il est commis par une personne ayant un ascendant sur vous.
    Pour ce qui est de « s’en sortir » après un acte pareil, sachez qu’il y a plein de possibilités qui s’offrent à vous.
    En marge des thérapies classiques, il y en a une qui s’appelle l’EMDR (il y en a sûrement d’autres que je ne connais pas), et qui permet de dépasser des traumatismes de façon rapide et assez extraordinaire (testée et approuvée). Celui que j’avais vu traitait souvent des femmes violées, et les résultats étaient au delà de tout ce qu’on peut imaginer.
    Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez aller voir ce site et rencontrer un des praticiens (il y en a dans toute la france) : http://www.emdr-france.org/web/annuaire-general/
    Je vous souhaite d’avancer et de vous remettre de tout ça.
    La justice fera ce qu’elle a à faire, mais vraiment, faites ce qu’il faut pour vous. Ce connard doit devenir un mauvais souvenir lointain et ne pas continuer à vous pourrir le futur.
    Je vous embrasse et vous serre fort dans mes bras <3

  17. Pat

    Ce témoignage est poignant et me bouleverse . Un médecin est là pour aider , accompagner ses patients .
    De tout coeur avec Vous A. pour que vous puissiez vous reconstruire et empêcher ce sinistre personnage de continuer ses méfaits . je vous fais un gros câlin d’ours et vous transmets toute mon amitié .

  18. Isabulle

    Choquée par tant de barbarie et d’irrespect ! Toute ma tendresse à Mme A. Comme beaucoup de femmes, je subis ce genre d’examen certes parfois nécessaire mais en arriver à de tels actes c’est effectivement à mes yeux un viol et comme beaucoup le conseille ici, vous devriez porter plainte même si je me doute que cela est loin d’être simple à la lecture de votre souffrance et de votre détresse ! Et pour soutenir bibi dans sa volonté de réconciliation soignant/soigné je vous conseille la lecture d’un livre : le chœur des femmes de Martin Winkler. Courage à vous chère A. J’espère que vous irez mieux très vite !

  19. josecile

    Un viol est un viol à partir du moment où on dit non, où on dit stop et où les choses ne s’arrêtent pas. Un spéculum est un instrument d’examen, pas de torture. Et s’il est utilisé comme tel, son utilisateur devient un violeur. Et le viol, c’est selon la loi française un crime. Alors si vous décidez au fond de votre détresse d’attaquer cette personne, vous aurez raison et tout mon soutien, même s’il n’est que virtuel. Courage à vous.

  20. Mec en colère

    Bravo pour votre courage. C’est un viol. Portez plainte pour ce « chef » et non agression sexuelle ou autre – vous n’êtes pas obligée de vous déplacer et d’affronter des regards policiers pour ça, un courrier au procureur de la république fonctionne. Également formulaire de pré-plainte en ligne.
    Courage et je vous serre dans mes bras virtuellement à vous en fêler quelques côtes mais pour la bonne cause. Un homme tout malheureux pour vous mais qui est sûr que le courage dont vous faites preuve vous aidera à avancer, petit à petit.

  21. Muriel

    C’est terrible qu’aucune femme n’ait le réflexe de donner à un praticien agresseur un bon coup de talon dans la figure pour se dégager. En plus, tous les témoignages de cette série donnent à supposer que le praticien a demandé ses honoraires à la cliente et qu’elle a payé sans lui dire ses quatre vérités immédiatement.

    Cette docilité de la patiente devant son « médecin » me fait penser à un dessin de Sempé où on voyait dans une immense cathédrale très haute un tout petit bonhomme qui, levant les yeux au ciel, disait: « Mon Dieu, je vous admire tellement que, parfois, je vous appelle « docteur »!

    1. alix

      « Docilité » ?
      ça se comprend un minimum, quand on homme tient fermement un objet dans vos entraille, je qualifie plutôt ça d’instinct de survie … mais ça doit être mon asservissement qui parle … femme dociel que je suis…

    2. Léa

      Bonjour,
      Qu’il est aisé de juger ainsi… Je rejoins Alix, il ne s’agit aucunement de docilité. Personnellement, lorsque j’ai un spéculum entre les jambes, je ne suis déjà généralement pas rassurée et je bouge le moins possible pour éviter d’avoir mal alors dans les circonstance du témoignage je n’ose même pas imaginer.
      Ensuite, les personnes victimes de viol -il s’agit bien d’un viol- sont souvent sous le choc, oui oui le choc, ça existe. Bref, parler de docilité et laisser passer la victime en partie pour la « responsable » car elle n’a pas eu le « reflexe de donner à un praticien agresseur un bon coup de talon dans la figure pour se dégager » je trouve ça irrespectueux et pas du tout adapté.
      Une belle journée à vous et du courage à A.

  22. Michel Fischof

    Votre témoignage est très touchant !

    Homme ou femme, un médecin n’a pas tous les droits et surtout pas celui d’abuser de son pouvoir, d’humilier et de faire souffrir inutilement… Tout le contraire de sa mission !

    Je soutiens votre intention de réagir et puisque je comprends que vous voulez, entre autres, intenter une action auprès du Conseil de l’ordre des médecins, je vous engage vivement à vous préparer et vous protéger. J’ai eu affaire à eux, certainement insuffisamment préparé et ça s’est avéré une expérience difficile. Je me suis trouvé face à plusieurs médecins, faisant front contre moi, prêts à tout pour me décourager. Ca se passait dans le Morbihan. Dans un contexte différent. Mais je préfère vous mettre en garde. Si possible, trouvez des personnes compétentes, bienveillantes, de confiance, prêtes à vous soutenir jusqu’au bout, pour vous accompagner dans ces démarches.
    Amicalement.
    Michel

  23. Emmanuelle M.

    Bonjour,

    Je lis avec attention ce blog depuis quelques jours.
    Même si ces histoires nous démontrent qu’il peut y avoir du beau et de l’espoir dans certaines situations dramatiques, ce témoignage reste glaçant. Il fait d’ailleurs écho à d’autres récits que j’ai pu lire grâce au #payetonuterus. IL FAUT IMPERATIVEMENT DENONCER CET HOMME que je ne qualifierai pas de médecin. Il ne fait qu’abuser de sa position pour s’adonner à des actes plus que répréhensibles. Je regrette sincèrement que A. soit à compter parmi ses victimes. Cependant, peut être que les choses changeront grâce à elle pour que d’autres n’aient pas à subir ce genre de violence.
    Je suis de tout coeur avec vous. La reconstruction psychologique prendra peut-être un peu de temps mais sachez que vous êtes soutenue par des milliers d’entre nous. Femmes et hommes. Recevez tout mon soutien et mon amour. Je vous embrasse.

  24. Poup

    CETTE brute épaisse devrait changer de métier. Il s’est permis de vous demander si vous aimiez les hommes. Je pense que lui est misogyne. Bon courage à vous.

  25. Fleur

    Pour cette personne, ainsi que pour toutes les autres qui veulent faire ce type de démarche ou tout simplement être sûres de ne pas être maltraitées, le site https://gynandco.wordpress.com/ propose une liste collaborative des praticien-ne-s respectueux-ses de nos corps et de nos choix. A faire circuler le plus possible…
    Et tous mes encouragements pour cette lectrice

  26. pol

    ahah, « avertissement : c’est violent »… Le mâle de 36 ans que je suis se dit que ça ne doit pas être si terrible… Qu’il en a lu d’autres des posts violents….
    Et le mâle lit.
    et le mâle pleure…
    oui, c’est violent. Violent de se rendre compte que notre espèce en est encore là, que la gent masculine n’arrive pas à changer, que cet homme me rappelle l’obstétricien à moustaches odieux qui nous avait reçu pour notre premier accouchement (oui, j’écris « notre »)…. et qu’il y a des jours où je me dis que je ne vaut pas mieux que lui et que, de toutes façons, tant que des mâles agiront ainsi sans même se rendre compte de leur connerie, le Mâle en général ne vaudra pas mieux que son frère…
    oui, c’est violent, mais Baptiste, ces messages sont d’utilité publique.
    Continue de nous faire pleurer (parce que ce n’est pas la première fois que je pleure devant mon ordi à cause de toi) et continue de nous faire rire….
    Continue de dépeindre ainsi la vie
    Madame, « mes mains de mâle honteux tremblent » comme dirait Yves Jamait, je n’ai pas de mots pour vous dire ce que je ressens. Vous n’avez pas été violée par un speculuum. Parce qu’il y avait une personne de l’autre côté de cet outil et que ce speculuum ne doit pas cacher cette personne. Et que j’espère du fond du coeur qu’il y aura un avant et un après la publication de votre histoire par Baptiste.
    Je vous envoie tout mon soutien dans cette douloureuse histoire…. et tout ce que je n’arrive pas à exprimer si ce n’est par des mots maladroits et grossiers…

  27. LBV

    Très chère A
    QUe dire de plus: cet homme est non seulement un médecin incompétent mais il est coupable de viol à votre égard. Il faut vous persuader de l’absence de faute de votre part. Je suis navrée que les médecins des urgences ne vous aient pas encourragé a porter plainte. C’est indigne que ce type de praticien puisse continuer à exercer en toute impunité.*Bon courage!
    LBV

  28. Adrien Henry

    Bonjour A (et bibi bien sûr).

    Cet énèrgumène, que je refuse de nommer gynécologue et encore moins de qualifier d’homme, est semble-t-il membre de la caste des violeurs.
    Car c’est de cela dont il s’agit. Peut-être même homophobe.
    Je vous encourage à déposer plainte (il semblerait que vous ayez décidé, fort courageusement, de le faire) et de prendre lien avec le Collectif Féministe Contre le Viol. Ce collectif a longtemps compté parmi ses sympathisants le Dr Emmanuelle Piet, du coup vous pourriez bénéficier d’un soutien spécialisé sur le viol, mais aussi éclairé peut-être, en terme de démarches juridiques et médicales.
    C’est un connard, un criminel, un abuseur et un violeur qui vous a violenté. Vous n’avez rien à vous reprocher, j’espère que cela est clair pour vous.
    Je vous encourage également vivement à consulter un psychothérapeute, ce que vous décrivez des suites de la violence que vous avez subie relève des symptômes traumatiques, vous pouvez vous faire aider.
    Si vous avez des difficultés à trouver quelqu’un, orientez vous sur le CFCV ou l’institut de Victimologie de Paris – Centre de Psychotrauma ou l’association Mémoire Traumatique.
    Vous souhaitant beaucoup de courage et vous envoyant toute la douceur, la tendresse er les ondes positives possibles,

    Adrien.

  29. Looklike

    Très choquée par ce que vous avez subi; cet homme est une insulte à la profession et il doit être jugé comme il le mérite
    Je vous soutiens de tout coeur

  30. Corinne Spodek

    il vous faut porter plainte, avec les C.R. de l’hôpital P. Ne vous l’ont-ils pas proposé?
    pour vous et toutes celles qui ont pu où risqueraient d’avoir affaire à ce sadique.

  31. Maya

    Merci Bibi, enfin merci docteur (!) de relayer ce témoignage.

    Je crois que presque toutes les femmes ont déjà rencontré des médecins peu doux, et ce témoignage me rappelle une douloureuse anecdote personnelle.

    J’ai eu moi aussi l’occasion d’être « soignée » par une gynécologue horriblement brutale : aucune douceur face à la patiente nue sur la table, un speculum bien trop gros, introduit sans me prévenir et sans « lubrifiant », pendant l’examen elle m’a fait un frottis sans même me prévenir … moi aussi j’ai saigné….
    Pendant près de 3 jours après le rendez vous j’ai eu des saignements et une douleur telle que je me suis demandée si elle ne m’avait pas « cassé » quelque chose à l’intérieur …

    (Et puis bien sûr, la honte, la culpabilité et la difficulté d’en parler)

    A tous, je conseille le Tumblr « je n’ai pas consenti » qui recense de nombreux témoignages de maltraitance gynécologique et médicale.

  32. Fasila

    Bonjour à tous,
    Cette histoire donne des hauts le coeur.. et je n’irai pas sur « je n’ai pas consenti » malgré toute mon affection pour Martin Winkler dont j’ai adoré les bouquins…
    Juste un petit commentaire….. n’oublions pas que les femmes gynécos peuvent être maltraitantes aussi: physiquement et psychologiquement.
    Après des années de maltraitance chez une gynéco douce mais très très incompétente dans ses prescriptions et dans son abord de la relation ( elle voulait entre autres me pousser à avoir un enfant alors que je savais que ce n’était pas mon chemin et m’a prescrit à 50 ans une pilule qui a fait des ravages chez des femmes de… 18 ans) j’ai vécu des examens plus que musclés avec une jeune gynéco qui me demandait violemment « si j’avais bien enlevé mon tampon hygiénique  » après avoir introduit le speculum… Larmes et sang ont coulés pendant des années mais franchement .. hommes et femmes se valent dans la maltraitance… donc vigilance!!
    J’ai maintenant UN gyneco correct qui fait à peu près bien ce qu’il doit faire, mais qui ne supporte aucune discussion.. donc… pas évident non plus. De deux maux choisissons le moindre Mesdames
    et Courage
    Fasila

  33. Julie

    Effarée par l’attitude de ce type. Il représente tout ce qu’on ne veut pas voir chez un soignant et terni l’image du corps médical. Ces soignant traumatisent leurs patients au risque que ces derniers ne veulent plus aller en consultation voire même se faire soigner.
    Je traine des pieds pour aller voir un gynéco. Dernièrement, ma gynéco m’a tellement fait mal en m’auscultant que je me suis promise de ne plus jamais aller la voir. Tétanisée par la douleur, sur le moment je n’ai pas pu lui dire que je souffrais. Mon premier réflex en rentrant chez moi a été de vérifier si je ne saignais pas. Heureusement non. Avec le recul, je pense qu’elle avait tellement banalisé le geste médical qu’elle en avait oublié que cela pouvait être douloureux pour certaines patientes.
    Mais ce type a délibérément choisi de ne pas tenir compte de la douleur de sa patiente, c’est scandaleux ! Normalement, face à la souffrance de l’autre on s’arrête non ? Ce n’est pas seulement une attitude qu’on attend d’un médecin mais de tout être humain.

    Chère A. je vous souhaite beaucoup de force et de courage pour vos démarches. Je suis heureuse de savoir que vous allez porter plainte et j’espère que cela vous apportera de l’apaisement. Je vous souhaite le meilleur pour la suite, bonheur, amour, sérénité et confiance. Cela prendra le temps qu’il faudra mais je vous le souhaite, sincèrement.

    Bises à tous.

  34. Med-O

    Bonsoir,
    J’arrive un peu tard après la publication de ce témoignage, mais je tient à réagir également. Je ne saurais beaucoup mieux dire que ce qui à déjà été dit, mais je voulais juste faire part à A. de mon sentiment: oui le terme de « viol » est approprié, oui, il faut donner suite (et c’est chose faite si j’ai bien tout suivi?) et j’espère sincèrement que vous aurez gain de cause!
    Je suis un (jeune?) papa de 32 ans, nous avons également eu à subir un obstétricien peu délicat pour le suivi de grossesse de notre ainé, mais nous avons eu la chance de lui « échapper » à l’accouchement.
    Je suis tout simplement écoeuré de constater qu’en 2016, en France, il est encore possible de tomber sur des… je ne sais même pas comment les qualifier! Quand un homme est capable de comprendre tout le courage et la grandeur de la condition féminine (qui ne l’oublions pas, est quand même bien responsable de la survie de l’espèce!! ce n’est pas rien!!), il ne peut qu’être profondément révolté par ce genre de comportement. Je sais que ce n’est pas bien en soi, mais j’ai des envies de « voie de fait » sur ce genre d’individu. Pardonnez ma grossièreté, mas je ne sais pas comment formuler cela autrement: UNE FEMME ÇA SE RESPECTE BORDEL!!
    Battez vous! bec et ongles! jusqu’au bout! il ne doit pas s’en tirer sans dommage, et il est n’est à mes yeux rien de plus vil n’y de plus criminel que de faire souffrir gratuitement une femme. La Femme est le début et la fin de tout, elle détient ce pouvoir extraordinaire de créer une nouvelle vie, entière, complète, avec ses joies et ses peines, ses aventures, ses développements, Sa Conclusion… elle peut offrir au monde un nouvel Être Humain qui influencera le monde, à son niveau.
    Une telle capacité, ça se respecte au minimum, dans mon cas particulier, ça s’honore avec déférence: Mesdames, vous détenez le pouvoir de donner la vie et vous trouvez le temps de nous faire croire que ce n’est qu’une bagatelle. J’ignore comment ou pourquoi, mais vous ne nous trompez pas tous: certain d’entre nous ont les yeux ouverts et savent reconnaitre votre puissance.
    Nul ne mérite pareil traitement, mais certainement pas vous.
    Voilà, pardon d’avoir été un peu long, mais vraiment sachez le: vous êtes d’une valeur inestimable à ce monde, même si certain (descendant de ?) primates ne sont pas assez futés pour le comprendre.
    Je vous envoi grâce à ce message, toute ma sympathie, tout l’Amour que je porte aux Femmes car vous le méritez et vous assure de mon plus profond respect.
    Énormément de courage à vous, ne vous laissez pas faire et merci d’avoir partagé cela avec nous.
    Med-O.

  35. Marine

    Chaque détail de ce témoignage est consternant et effectivement violent. Je souhaite plein de bonnes choses à Mme A. et pourquoi pas de rencontrer quelqu’un qui lui fasse croire à nouveau en l’amour.
    Même si c’est difficile à lire, merci de la publication de ce témoignage, cela nous permet de rendre compte de ce qu’il peut se passer.

  36. LE GOFF

    Bonjour,
    je viens de lire ce témoignage, vos commentaires.
    violence physique et psychologique. violence gratuite. lourdes conséquences…
    Bien sûr j’ai été touchée, en tant que Femme, mais je ne peux aussi m’empêcher de faire référence à mon expérience.
    Août 2015, premier bébé, grossesse assez angoissante : amniocentèse, pré éclampsie,
    hâte que mon bébé vienne au monde et que tout aille bien pour nous.
    Cette fois ce n’est pas le gynéco qui est en cause, mais une sage-femme. « SAGE-FEMME » ces 2 mots sont pourtant tellement symboliques.
    la seule ombre au tableau de mes souvenirs de séjour dans cette maternité.
    Car mon gynéco est un homme charmant, lui aussi doté d’un humour mais toujours bienveillant.
    J’ai rencontré des sages-femmes extraordinaires, attentionnées envers moi, le bébé et même le papa.
    Mais il y en a une, une jeune sage-femme qui a été odieuse.
    Je suis restée 3 jours à la maternité pour déclencher mon accouchement à l’aide de cachets.
    mon col ne s’ouvrait pas, il restait à 1 cm. mais j’avais des contractions.
    donc j’avais le droit à des examens de col par les sages-femmes assez régulièrement.
    je ne sais pas pourquoi, Est-ce que c’est mon corps qui est comme ça, mais cet examen la première fois m’a fait assez mal. du coup je l’ai précisé à la première sage-femme qui m’a rassurée et qui en a parlé auprès des autres collègues du service.
    la deuxième nuit, la fameuse sage-femme d garde. qui me dit « si vous perdez les eaux, ou si vous perdez du sang n’hésitez pas à venir sonner en salle d’accouchement.
    je perds du sang. je vais sonner en salle d’accouchement avec mon conjoint.
    déjà je la réveille, donc avec son air endormie « vous êtes sure??? »
    Ensuite elle me dit je vais examiner le col.
    et là une douleur insupportable.
    j’en pleure
    Voici sa réponse, devant mon conjoint :
    « Ohlalala Mme, vous exagérez pas un peu là? comment vous faites avec votre mari quand il vous fait des calins intimes? vous avez subit des violences sexuelles quand vous etiez plus jeune? »
    Non la violence que je subit actuellement c’est la votre. violence psychologique, violence physique.
    « bon y’a rien encore! et je vous préviens, si vous revenez dans la nuit, je serai bien obligée de vous rééxaminer le col, alors préparer vous psychologiquement ».
    je ne suis pas revenue la voir
    j’ai attendu le lendemain, la relève.
    et j’ai raconté ça aux 2 sages femmes en qui j’avais confiance.
    elles ont été outrées de son comportement et ont été le signaler à mon gynéco, chef du service.
    Qui est lui venu me rassurer en disant qu’il y a beaucoup de femmes qui comme moi ressentent
    de la douleur lors d’un examen de col, et qu’il allait faire le nécessaire auprès de ladite sage-femme.
    les autres sages-femmes ont été extraordinaire, dont une avait une technique d’examen pendant lequel elle nsérait mm par mm ses doigts, entre chaque mm, me demandait « j’y vais? » et je devais répondre » ok ou stop » pour arriver jusqu’au col.
    une autre a testé sur moi l’hypnose, très efficace aussi.
    bref.
    c’est l’ombre au tableau de mon accouchement. qui me revient souvent en mémoire.
    alors quand je lis tout ça ici…

    bien à vous.

  37. Quelqu'une

    Bonjour à toi,
    Ton histoire me touche. Je suis désolée et emplie d’une grande tristesse pour ce qu’il t’es arrivé. En colère aussi, contre ce  »medecin » brutal et dépourvu d’humanité ! Comme tant d’autres personnes… Je suis en colère contre cette société qui mène ces être à devenir ainsi. Et triste, si triste.
    Ce que je veux par ce message, qui t’es adressé et qui parlera à d’autres, c’est dépasser ceci.
    C’est pour cela que je t’envoie toute la bienveillance possible et imaginable pour t’aider, te soutenir et t’envoyer beaucoup d’amour.
    Garde courage et force, n’hésite pas à demander du soutien, tu trouveras des personnes prêtes à répondre 🙂
    Je t’encourage à t’écouter, te dire de garder patience, d’être douce avec toi même et que l’amour sera lui aussi te retrouver, que ce soit de quelqu’un d’autre ou de toi même.
    J’aime beaucoup ces mots, que j’aime à me répéter: moi-même
    Et j’aime encore plus à les modifier pour moi: moi m’aime
    Je les partage avec toi en espérant qu’ils t’aident autant que possible, ou qu’ils aident quelqu’un qui lira ces lignes.
    Je vous souhaite à tous beaucoup de courage, de désirs et de projets dans vos vies.
    Bien à vous <3

  38. Line

    Ton témoignage m’a fait froid dans le dos et mise les larmes aux yeux… Je suis désolée pour toi franchement. Ca me fout la rage ces enfoirés ! En plus d’un sexisme et une misogynie puantes, ce cinglé… J’ai envie de lui couper la tête purée.

    J’ai lu plus haut que les gens ici t’avaient aidée à porter plainte et redonné du courage.. Je t’envoie aussi tout mon soutien dans ces démarches. <3 <3 <3

  39. Vanessa CARRON

    Bonjour
    Cet article fait cruellement écho à quelque chose que j’ai vécu lorsque j’avais 16 ou 17 ans. (J’en ai 35 aujourd’hui)
    Je suis également « étroite  »
    Ce jour là j’avais rdv avec un gynécologue pour visite de routine.
    Il m’a introduit le speculum de façon vraiment violente et m’a fait très mal, à tel point que j’ai pleuré et dit qu’il me faisait souffrir.
    Cet odieux personnage n’a rien trouvé de mieux à répondre à la jeune fille que j’étais « oh ça va le cinéma, c’est un speculum pour vierge (ça existe ça ? ) que j’ai utilisé, vous n’allez pas me faire croire que vous êtes vierge !  »
    J’ai mis longtemps avant de pouvoir faire confiance à un autre gynécologue. .. une femme en l’occurrence qui a su être douce et respecter mon seuil de douleur. ..
    Aujourd’hui encore, je suis très sensible. .. à mon rdv du 9eme mois de grossesse mon gynécologue me disait encore de me détendre. .. je suis très sensible, je n’y peux rien. .. non ce n’est pas du cinéma !
    Bref j’ai vu un gynéco !

  40. Hélène

    Bonjour, je suis effarée, dégoûtée de lire ce que « cette brute immonde » vous a fait subir. Cà n’a pas de nom!!! Heureusement vous avez pu voir cette doctoresse. Mais je comprends que le traumatisme subi reste en vous très fortement.
    J’ai moi-même souffert durant 4 longues et interminables années, au moment de mes règles, qui n’en étaient plus, mais de véritables hémorragies, la dernière année.
    J’ai rencontré plusieurs médecins durant cette période, jusqu’à une femme, qui a osé me dire « çà se passe dans votre tête » Comment a-t-elle osée? Moralement j’étais de plus en plus mal.
    Un jour une belle-soeur m’a parlé de son gynécologue, qu’elle appréciait, et que je n’avais rien à perdre en allant le voir. Effectivement, j’ai rencontré un homme gentil, doux dans ses gestes. De suite une échographie a été faite, puis une radio de l’utérus (très douloureuse, mais à l’époque il fallait en passer par-là). Le problème été diagnostiqué de suite. Il fallait opérer très vite. Je faisais une endométriose ovarienne. J’ai subi une ablation des ovaires et de l’utérus, y compris du col, j’allais tout droit au cancer.
    Heureusement, il y a des praticiens hommes sérieux, et des praticiennes incompétentes.
    J’ai eu la chance d’avoir ce conseil avisé de ma belle-soeur, et elle ne sait pas à quel point, grâce à elle, j’ai retrouvé ma joie de vivre après. Je suis de l’avis d’interdire de pratiquer à ce genre « d’individu », mais l’on sait combien il est difficile de se battre contre.
    Faites le bon choix, jusqu’à l’avoir trouvé(e) d’un ou d’une gynéco digne de ce nom.
    Bon courage, de tout coeur avec vous. à vous.

  41. Marie

    Bonjour,
    Merci pour votre témoignage. Je suis horrifiée à sa lecture, en tant que femme et médecin. C’est innommable.
    Je fais beaucoup de gyneco ( je suis généraliste) et il faut procéder avec délicatesse, dans les questions et les gestes. J’apprécie cela chez la gyneco qui me suit d’ailleurs ( je ne suis pas un bout de viande) !
    Vous avez raison de vous battre contre ce type !
    Je vous souhaite le meilleur pour l’avenir et notamment de trouver une relation amoureuse harmonieuse avec un homme respectueux et attentionné.

  42. Gaelle

    Ce témoignage bouleversant me rappelle un stage que j’ai fait auprès d’un gynécologue… J’ai pu tenir que deux demi journées car je ne comprenais pas ce qui se passait et d’ailleurs je me demande toujours si c’était vraiment réel.
    Ce gynécologue faisait des blagues plus que douteuses avec des examens très limites.
    La première fois que je suis allée en stage je croyais qu’il faisait la comédie pour me tester … Je suis sortie de cette demi journée comme sonnée. Puis quand j’y suis retournée pour une deuxième demi journée j’ai compris qu’il travaillait toujours comme ça et j’ai pas pu supporter.
    Il faisait des blagues de cul, il parlait aux femmes comme si il les connaissait, il les faisait se déshabiller en entier devant lui en faisant des petits bruits et j’en passe…
    J’y suis plus jamais retourné !
    J’en ai parlé a d’autres médecins ( j’étais interne en médecine ), pour ne plus y retourner et pour ne plus y envoyer d’étudiants.
    Ce qui m’a fait le plus flipper c’est que j’étais la première à ne plus vouloir y mettre les pieds!
    Je me suis sentie coupable d’avoir assister à ces consultations de gynécologie, de n’avoir pas su réagir pendant les consultations et j’y pense toujours !
    J’imagine la difficulté des femmes victimes de ces violences à réaliser ce qui leur est arrivé puis à porter plainte…
    Malheureusement il existe des malades dans toutes les professions mais savoir que des médecins peuvent être capables de faire de tels horreurs c’est impardonnable.
    Je ne sais pas si ce gynécologue a eu des comportements aussi violents avec les femmes mais je me suis toujours dit qu’il avait déjà du en traumatiser plusieurs.
    Encore tout mon soutien aux femmes victimes de gynécologues violents.

    1. Navalais

      Je crois très sérieusement que l’on devrait se pencher sérieusement sur la sélection des médecins, et au lieu de faire celle ci sur les maths, leur faire passer un entretien psy avec des tests à l’appui.

  43. Rousset

    Bonjour,

    Vous avez raison, il faut témoigner, au moins écrire à l’ordre, ca soulage…
    J’ai subi quelque chose d’approchant pour un retrait de stérilet, envoyer une lettre à l’ordre et à la direction de l’hôpital m’a beaucoup libérée même si seul l’ordre a pris le temps de me répondre alors que l’hôpital et le gynécologue qu’il remplaçait n’ont pas daigné le faire. Aujourd’hui, même si je n’ai pas encore trouvé le courage d’aller revoir un gynécologue, je me sens juste d’avoir témoigné, de me dire que j’ai essayé de faire quelque chose pour que d’autre ne subisse pas ca.

    Bon courage,

    Catherine

  44. Anne

    Vous me faites revivre ma premiere osculation gyneco, par une femme (hé oui) dans la douce ville de Nantes. Je n’ai pas saigné plusieurs jours, mais je suis sortie de chez elle tremblante, au bord de l’évanouissement. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, des jours durant. J’en ai encore aux yeux en écrivant ici….Elle savait pourtant, que c’était mon premier examen… Je me souviens encore du nom de la rue dans laquelle elle exerçait. Rue dans laquelle je ne suis allée qu’une seule fois. Elle a été rude, dure, seche. Dans ses propos. Dans ses gestes…. Depuis je suis terrorisée du spéculum. Ça fait heu… 15 ans. Je ne savais pas que l’on pouvait porter plainte, je n’ai pas pensé à aller à l’hôpital. C’était ma premier consultation, je ne savais pas comment ça devait se passer… Bref. Portez plainte pour vous et pour les suivantes. Allez voir un psy, ou mieux une personne qui fait de l’emdr, il paraît que c’est formidable.

  45. Léa

    Sonnée et triste à la lecture de ce témoignage. Si A. lit les commentaires, je lui envoie une pluie de bonnes pensées et de câlins et de lumière et de chocolat et de musique et tout ça tout ça.

  46. Pascale

    Colère et compassion à la lecture de ce post. Colère contre la bêtise et la méchanceté gratuite. Faire des études de médecine ne rend pas forcément bon et intelligent. Compassion pour la victime, car cela en est une, l’infirmière des urgences le lui a dit, heureusement.
    Merci à Baptiste d’avoir parlé à cette femme et de lui avoir donné le courage de dénoncer cette agression caractérisée. Il y a fort à parier qu’elle n’est pas la seule patiente de ce gynécologue à subir çà, trouver d’autres témoins est primordial.
    Pour l’encourager, juste un témoignage personnel : un membre de ma famille a eu affaire à un chirurgien odieux dans le cadre d’une intervention programmée lourde. Tout s’est passé 24 h avant l’intervention. Le soir-même, nous discutons au téléphone et je le persuade de porter plainte au conseil de l’ordre et à la CPAM de son département. Plusieurs mois d’échanges de courrier, convocations et entretiens y compris dans le cadre d’une médiation. Résultat : chirurgien condamné avec toutes les conséquences administratives et judiciaires. Car au fil du temps d’autres témoignages ont émergé. La parole de dizaine de patients a été entendue.

  47. Elise

    J’espère que vous lisez tous ces messages de soutien et donc également le mien.
    Je suis choquée, révoltée et triste par ce qui s’est passé. Vous avez trouvé le courage pour en parler, le courage de porter plainte.
    Vous méritez tout le bonheur et l’amour de ce monde.
    Bon courage et bonne continuation.
    Tenez nous au courant.

  48. Navalais

    Je peux dire à la lecture de ce message que j’ai eu de la chance, en plus de 40 d’exercice comme généraliste je n’ai jamais rencontré, par oui dire de telles brutes, des médecins incompétents, imbus de leur personne beaucoup mais des violents jamais, heureusement pour eux car me connaissant il n’auraient pas eu l’occasion de recommencer.

  49. Alya

    Bonjour Baptiste,
    Bonjour à tous les lecteurs,

    je suis tombée sur votre blog en faisant des recherches sur les violences médicales subies par les femmes et le témoignage de A. m’a beaucoup touchée. Je suis émue en pensant à ce qu’elle a enduré et je voudrais témoigner à mon tour car mon histoire ressemble beaucoup à la sienne…je souhaite partager avec vous ce vécu douloureux pour qu’en France de plus en plus de personnes sachent que ce n’est pas rare, que ça existe, et qu’elles aient une vision plus claire de ce qui constitue les maltraitances médicales, une réalité sordide. J’ai subi trois viols en milieu médical, ainsi que des humiliations et des violences, en 2007, 2011 et 2015.
    Mon calvaire a commencé en 2007: cystite chronique avec saignements hémorragiques de vessie, jamais vu de gynéco mais on m’envoie chez un urologue, qui avant que l’infirmière du bloc n’arrive dans la salle, et juste avant de pratiquer une cystoscopie (ce qui était prévu dans l’intention de vérifier et trouver la cause de mes saignements répétés), est devenu nerveux et pressant, m’a fait allonger sur la table en insistant « dans la position d’une jolie grenouille les pattes écartées », puis s’est permis de faire des va et vient dans mon vagin avec son index en me disant « alors, ça fait quoi quand je fais ça, hein, ça fait quoi? On dit rien, hein? »… le plus dingue c’est que le salaud s’est arrêté de faire son geste et ses paroles dégoûtantes pile au moment où il a entendu les pas de l’infirmière du bloc dans le couloir…je savais bien qu’il se passait un truc grave et que c’était pas normal, que ce geste n’avait rien de médical…mais j’avais peur, si peur…Et j’avais tellement mal au ventre, j’étais affaiblie et très anémiée par mes saignements, il a profité de mon état de faiblesse, de ma peur, de ma douleur physique et de ma vulnérabilité…je n’avais que 21 ans…j’étais une jeune fille malade, incontinente, saignant aussi très souvent, mon ventre déjà meurtri, 1ère hémorragie de ma vessie survenue à l’école maternelle quand j’avais trois ans et demi, multiples infections urinaires streptococciques et echerischia coli très douloureuses. L’uro m’a revue en consultation post-examen soi-disant pour me donner les résultats de la cysto… Il ne m’a rien donné du tout. Je n’ai jamais eu les résultats. Jamais… En revanche il a eu des paroles bizarres et m’a humiliée. M’a dit que « incontinente à 21 ans mais franchement c’est pas normal, c’est quoi ces fuites, vous n’avez aucune hygiène ». Et il s’est moqué du talc que j’avais appliqué sur mes muqueuses tuméfiées, fissurées par les candidoses à répétition que j’avais à cette époque. Le pire dans ses paroles au moment où je me suis rongée légèrement les ongles car je me sentais mal à l’aise dans cette consultation : « vous savez votre pouce là, au lieu de le sucer, on peut faire autre chose de plus intéressant, non? et vos doigts là, au lieu de les manger vous devriez vous en servir pour vous faire du bien ailleurs, ça vous détendrait, vous êtes inhibée pour votre âge! La plupart des filles de 21 ans elles sont pas comme ça hein heureusement…Pensez-y, essayez avec les doigts, vous verrez comme ça fait du bien, hein… » en clair le sale type il m’invitait clairement à la masturbation… Un mec qui est censé être médecin et qui se comporte comme une pourriture. Dégueulasse… J’ai gardé mon secret pendant 7 ans et 1/2. J’avais tellement peur qu’on ne me croie pas. Peur de faire de la peine à mes parents. Brisée. Je suis brisée. humiliée. violée avec les doigts d’un salaud, avec ses paroles aussi. je ne sais plus être vivante. Je suis une survivante…
    Je dédie ce témoignage à toutes les femmes blessées, violées dans leur chair et dans leur coeur de femme…
    Pardon pour toute cette violence qui sûrement va choquer certaines personnes
    Mais pourtant c’est la vérité
    Et cette vérité je ne veux plus qu’elle reste muette sous une chape de plomb, de peur ou de bien-pensance
    Pour qu’enfin soit levé le rideau sur les violences sexuelles et les maltraitances graves commises dans le milieu médical

    Suite à ce « viol médical » et à ces humiliations et paroles déplacées j’ai d’abord traversé une période de « creux » pendant laquelle ma vie s’est mise à tourner au ralenti parce que j’étais traumatisée…il m’a fallu 7 ans et quelques mois pour rassembler mes forces et entamer une procédure contre ce médecin (qui n’a de médecin que le nom; « pervers » serait le qualificatif le plus juste). J’ai porté plainte contre lui… La procédure a duré 18 mois… Malheureusement j’ai reçu des menaces de la part de cet homme, qui m’a sommé de retirer ma plainte car sinon lui aussi porterait plainte pour harcèlement… il n’a pas contesté les faits mais m’a juste dit qu’il se retournerait contre moi et se vengerait car selon ses dires « je lui pourrissais la vie »et que « j’étais perverse »…il a dit que « j’avais fait de lui une victime qui ne pourrait pas dîner avec sa femme et ses enfants tout cela par ma faute » à cause du temps passé en confrontation/réunions etc. dues à la procédure de plainte + le temps passé avec les nombreuses démarches par courrier avec l’Ordre des Médecins et tout ça… Il s’est posé en victime tout de suite et a inversé les rôles, selon lui c’est moi la perverse et lui la victime…comportement typique d’un pervers narcissique manipulateur…
    mais je n’ai pas voulu retirer ma plainte. je n’ai pas cédé à ses menaces et j’ai vu une avocate. elle a fait tout ce qu’elle a pu. mais malgré cela, ma plainte a été rejetée et j’ai été déboutée, puis « affaire classée sans suite ».

    En 2011 une autre expérience difficile et violente… au mois de novembre je me rends chez un gynéco de ville pour me faire renouveler ma contraception car je dois la prendre en continu vu qu’en 2010 j’ai malheureusement développé une endométriose…Donc je demande un renouvellement…Le gynéco me dit qu’il ne veut pas me prescrire de contraception sans avoir fait de frottis avant. je lui dis que mon médecin traitant lui me la prescrit sans problème et ne me demande jamais rien sauf de lui expliquer mes symptomes pour faire le point sur mon état régulièrement (chaque mois) et que ce généraliste demande uniquement une échographie abdominale de temps en temps pour voir s’il n’y a pas de kyste endométriosique. j’ai même eu un scanner abdopelvien avec produite de contraste par injection mais jamais rien d’invasif, car mon médecin traitant sait ce que j’ai vécu de très dur avant et du coup il a l’intelligence de ne pas m’infliger des examens invasifs pour ne pas réactiver mon traumatisme.

    Mais le gynéco ne veut rien entendre. il refuse de me prescrire mon médicament. je lui dis « tant pis, je m’en vais donc maintenant qu’on a fait le tour ». il me répond ah mais non attendez, il faut quand même que je vérifie visuellement l’état de vos organes génitaux externes. je lui dis « je suis d’accord pour que vous regardiez mais vous ne touchez rien et je ne veux pas de frottis, jamais. Vous ne faites que regarder et c’est tout ». « Promis, je vous promets que je ne fais que regarder et c’est tout », me dit-il. Je l’ai cru sincère. Alors je me suis mise sur la table d’examen et je me suis allongée, mais pas de bol, à ce moment mon coeur à commencer à battre très vite, très fort, bien trop, j’ai commencé à me sentir mal, en coton, la tête qui tourne et je voyais tout trouble, j’ai compris que j’étais en train d’avoir un malaise avec en plus une crise de tachycardie (dans ma famille on a ça et c’est héréditaire on a une arythmie cardiaque).

    En plus le fait de m’allonger sur la table d’examen ça a dû réactiver mon traumatisme de 2007 et du coup ça m’a donné une sorte de malaise – crise d’angoisse – vertige, tout ça ensemble… Alors mes muscles ne me répondaient plus, j’étais comme paralysées avec mes jambes et mes bras tout mous et immobiles…et ma voix était bloquée plus un seul son n’arrivait à sortir de ma gorge…et j’avais une douleur dans la poitrine à cause de la tachycardie, je me sentais vraiment pas bien! le gynéco il n’a rien voulu savoir et surtout il a fait semblant de ne pas voir mon malaise…au moment où je m’y attendais le moins il a soudainement brandi une espèce d’instrument que je n’ai même pas eu le temps de reconnaître tellement ça s’est passé très vite et il me l’a enfoncé sans ménagement dans le vagin sans rien me demander comme consentement ni rien… et puis j’ai senti un horrible truc comme une sorte de pince qui m’aurait enlevé un petit bout de peau à l’intérieur du corps et après j’ai saigné j’ai senti un écoulement et dans l’état où j’étais je comprenais rien à ce qui m’arrivais!! et alors le gynéco tout fier de lui qui me dit « bon j’envoie ce frottis au labo vous aurez le résultat dans 15 jours »!!! Quoi ?!? en fait il a profité d’un moment d' »absence » de ma part et de mon état vulnérable (tachycardie+vertige+malaise+crise d’angoisse)pour me faire subir un frottis sans me le dire!! Il ne me l’a dit qu’après!! J’étais furieuse…et humiliée, dégoûtée!! surtout que ça faisait un sacré moment que je n’arrêtais pas de lui dire mon refus total de frottis ou de quelque examen intrusif que ce soit et que je lui ai clairement expliqué pour ce qui m’étais arrivé avant.

    Alors je suis sortie de là meurtrie, honteuse et vraiment furieuse. j’ai décidé de porter plainte pour abus de faiblesse et malhonnêteté car il m’a menti, a fait semblant de comprendre mon cas et en fait pas du tout! J’ai porté plainte…et l’affaire a été classée sans suite au bout de deux ans passés. Je suis dégoûtée car je vois que lorsqu’on se bat contre une institution (médicale, administrative, scolaire…)on n’arrive jamais à faire entendre nos griefs ni à obtenir réparation du préjudice. En France c’est toujours la bureaucratie et les « puissants » qui gagnent… la parole d’une patiente blessée et humiliée n’a pas beaucoup de poids face à celle d’un grand ponte qui a fait des années d’études compliquées mais qui n’a pas une once de psychologie et d’humanité.

    le corps des femmes et notre intégrité, notre dignité sont vraiment en danger chez certains praticiens…
    il est grand temps que les institutions de santé françaises prennent la mesure de tous ces faits qui sont une violence grave à l’encontre des femmes et que de tels actes de violence intime soient punis à hauteur du traumatisme qu’ils engendrent avec toutes les conséquences que cela suppose

    Je dédie ce témoignage à toutes les femmes qui ont vécu des viols médicaux et des manipulations de la part de certains praticiens peu scrupuleux qui sont en cheville avec les laboratoires et multiplient les actes pour gagner plus d’argent et faire du profit…

    Mon calvaire s’est achevé en 2015 sur une apothéose de violence, alors que j’étais venue en urgence dans la même clinique qu’en 2007 (je précise que je n’ai pas eu le choix car au CHU de ma ville ils n’avaient pas réussi à trouver ce que j’avais et ce sont eux qui m’ont redirigée sur cette clinique et vu que j’avais l’appendicite-péritonite je n’avais pas le choix ni le temps d’aller ailleurs car c’était une urgence vitale).

    Nous étions le 4 mai 2015.
    Ce jour-là vers midi, j’arrive en urgence là-bas, un chirurgien gynéco-obstétricien me reçoit, ma mère me tenait car je ne pouvais presque plus marcher tant j’avais mal au ventre… Je lui précise que je souhaite restée accompagnée vu mon état car je ne tiens pas debout, ne peux pas marcher normalement, de plus j’ai très peur parce que j’ai atrocement mal au ventre donc j’ai besoin du soutien de ma famille. Il dit sèchement sur un ton monocorde sans même me regarder en parlant »bon pas de problème votre mère pourra vous accompagner durant toute la durée du déroulement de l’examen, allez on y va,on va se dépêcher, on va aller faire une échographie pour voir l’état des ovaires s’il n’y a pas de nouveau kyste qui aurait pu éclater et déclencher une infection, y’a pas d’autre examen de prévu, on fait juste une échographie et voilà, après j’appelle mon collègue en gastroentérologie pour fixer les rendez-vous anesthésiste et celui de votre opération ». Ok…L’homme était froid et antipathique mais son discours m’a semblé logique et cohérent d’un point de vue strictement médical donc j’ai dit ok pour l’échographie…On se rend à la salle d’écho, arrivées devant la salle il laisse tout juste le temps à ma mère de m’aider à m’ asseoir et là il la pousse violemment contre le montant de la porte et la met dehors sans ménagement! alors qu’il venait de me dire qu’elle pourrait m’accompagner durant tout l’examen!! Donc déjà ça commence mal…

    Ensuite il fait son échographie mais ne respecte pas les indications de mon médecin traitant qui a écrit et souligné sur la feuille « échographie par voie abdominale uniquement – pas d’écho vaginale »…Or le type je le vois prendre une sonde en plastique et il me l’enfourne sans ménagement dans le vagin sans rien dire ni me demander mon accord!! L’horreur pour moi, vu que j’avais une péritonite mon ventre me brûlait et j’ai souffert le martyre, il remuait très vite sa sonde dans mon vagin et tapait contre mon col de l’utérus ainsi que contre ma vessie qui était déjà douloureuse et très fragilisée… j’ai cru que j’allais m’évanouir de douleur, je lui ai dit « hé mais doucement, s’il vous plaît, doucement, moins fort, ça fait très mal »…Il n’a pas du tout tenu compte de mes paroles et a continué avec brutalité…Quand il a eu enfin retiré sa fichue sonde en plastique j’ai pensé que c’était la fin de mon calvaire…Mais je me trompais.

    il a imprimé les résultats de l’échographie sur son ordinateur sans dire un mot.
    puis il s’est levé. j’ai cru qu’il allait m’inviter à descendre ou plutôt m’aider à descendre de la table vu que je ne pouvais presque plus marcher. Erreur… il s’est contenté de faire des pas en tournant en rond comme un lion en cage dans la salle en me regardant bizarrement, en me fixant sans arrêt. Je n’ai pas compris ce qu’il voulait faire mais ça ne me disait rien qui vaille. Puis sans cesser de me fixer du regard il a eu un sourire cynique et s’est dirigé vers la porte d’entrée de la salle et là…il a tourné la serrure de deux tours…il a verrouillé la porte !!!! Je commençais à avoir peur, très peur… j’avais un mauvais pressentiment… Puis il est revenu vers la table en métal où j’étais allongée…J’ai remarqué que son visage avait littéralement changé d’expression, il froissait ses mains, semblait agité, étrangement nerveux… il s’est littéralement planté pile entre mes jambes et m’a lancé : « bon…à nous deux maintenant »… je l’ai regardé avec des yeux plein d’appréhension, je sentais la panique m’envahir peu à peu. Il a attrapé ma cuisse gauche avec sa main gauche et l’a empoignée comme pour l’immobiliser. Ma jambe droite, par réflexe, s’est repliée tout contre mon ventre douloureux dans une vaine tentative de protéger mon corps.

    Et d’un seul coup il a projeté trois de ses doigts de la main droite dans mon vagin, avec une brutalité et une force physique démesurées. il a commencé à faire un mouvement de va et vient dans mon vagin sans lâcher ma jambe gauche et il serrait tellement ses doigts autour de mon muscle que ça me meurtrissait la jambe… J’ai crié, hurlé…J’ai dit « non, non, arrêtez!! arrêtez ça tout de suite, lâchez-moi, laissez-moi! » puis j’ai hurlé de douleur car plus je protestais contre cette intrusion, ce viol digital horrible, plus il faisait montre de force, de brutalité, de violence dans ses gestes… A croire que de voir ma souffrance semblait lui faire plaisir…il se satisfaisait clairement du pouvoir qu’il avait pris sur moi . il me regardait et ne cessait de me fixer pendant qu’il faisait ces horreurs, avec un sourire sardonique. plus je hurlais de douleur, plus il continuait…c’était l’horreur, l’horreur totale… je ne savais pas comment m’en sortir, ni si j’allais m’en sortir, ni dans quel état j’allais m’en sortir. j’ai tenté d’alerter du monde en hurlant « à l’aiiiiiide! »…j’espérais que ma mère pouvait peut-être entendre ce qui se passait…mais la salle d’échographie se trouvait au bout d’un dédale de couloirs et comme ma mère s’était faite renvoyer dehors avec brutalité elle avait dû s’éloigner et regagner la salle d’attente ou le secrétariat qui malheureusement se trouvaient assez loin de là où j’étais…je ne pouvais pas compter sur une chance qui semblait minime, donc j’ai essayé de faire appel à mes propres ressources, le peu de forces et de présence d’esprit qui me restait…

    Alors à un moment, révoltée par tant de violence, j’ai senti beaucoup de colère en moi. et j’ai entendu une voix dans ma tête qui me disait « te laisse pas faire, cette fois, il est capable de tout, c’est un malade. Bats-toi, bats-toi jusqu’au bout ! »
    Alors une colère tellement grande m’a envahie que j’ai décidé de jouer mon va – tout. j’ai eu l’idée de surprendre ce sale type pour lui faire lâcher prise. J’ai déplié d’un seul coup ma jambe droite qui était jusque là repliée sur mon ventre et lui ai projeté mon pied en pleine poitrine. Il s’est reçu un coup de talon dans le sternum, a reculé et a lâché ma jambe et interrompu son geste sous l’effet de la surprise. Il a chancelé légèrement mais a eu un geste de colère pour se venger sans doute…il m’a poussée contre l’une des barrières en métal de la table et ma hanche et le bas de mon dos ont heurté de plein fouet la barre métallique et j’ai perdu l’équilibre. je suis passée par-dessus la barre métallique et je suis tombée à côté de la table sur le carrelage froid. j’ai fait une chute d’une hauteur d’1 mètre 15 environ. Je suis tombée sur le coccyx et le sacrum…j’ai hurlé de nouveau sous l’effet de la douleur, puis j’ai eu encore la force de m’écrier « à l’aiiiide, à l’aiiiide, aaaaargh… » avant de sentir peu à peu un brouillard devant mes yeux, prémisse avant l’évanouissement…j’ai eu le temps d’entendre le bruit de la serrure qu’il a déverouillée, il a tapé du pied de colère et a crié « sortez, partez d’ici, vous me faites perdre mon temps, dégagez!! » j’ai encore entendu un dernier fracas de portes claquées, de pas lourds…puis j’ai perdu conscience. Un blanc de deux minutes. Deux minutes pendant lesquelles ma mère, alertée par le vacarme et par les cris, a eu le temps de revenir et s’est précipitée dans le couloir puis dans la salle. Quand j’ai repris connaissance, elle me tenait, je ne tenais même plus assise toute seule…J’étais hagarde, hébétée, en état de choc. Epuisée, brisée, vidée de mes forces, épuisée de douleur.
    Elle m’a soulevée doucement, m’a portée jusque dans la voiture…on est rentrés chez moi…Ma mère m’a portée jusqu’à mon lit, m’a retiré ma robe trempée de sueur et tachée de sang sur le bas… le surlendemain elle m’a lavée dans la baignoire et a découvert le sang séché entre mes jambes, et les hématomes sur ma hanche, ma fesse et mon dos… Témoins de ma chute et de ce  » viol médical  » … J’ai croisé le regard de ma mère…j’ai lu beaucoup de tristesse et de détresse dans ses yeux de maman. C’est un choc pour elle de voir sa fille dans cet état de souffrance. les jours passaient et à mesure que le temps s’étirait personne ne prenait de décision pour m’opérer…La péritonite avançait et je me sentais partir, je diminuais de jour en jour…Il me devenait impossible de m’alimenter réellement ni même de boire sans être secouée de douleurs atroces et de nausées incoercibles, je me projetais le corps en avant pour vomir…J’avais beaucoup maigri. Mes seules formes c’était mon gros ventre très tendu, tout dur, gonflé par la péritonite. Mon calvaire a duré si longtemps que je voulais mourir…

    Dans la nuit du 21 au 22 mai la fièvre est beaucoup montée… j’ai revu plein d’images de ma vie défiler devant mes yeux…j’ai commencé à me sentir « flotter »…mes jambes étaient bloquées et ne bougeaient plus…A 4 h du matin j’ai appelé une infirmière qui a fini par amener le médecin de garde… Nous étions pendant le début de congé de Pentecôte et il n’y avait même pas la moitié du personnel… le médecin de garde ma envoyée aussitôt au bloc…quand je me suis réveillée il est revenu me voir et m’a dit « il était grand temps…vous êtes une miraculée ». Ce mec m’a sauvé la vie. Mais je reste tellement fragile, meurtrie par toute la violence que j’ai subie avant…En plus je me suis battue des jours et des jours pour vivre… J’ai été jusqu’au bout de mes forces. Mais je ne sais pas si je peux dire « vivante »… Je me sens plutôt « survivante » de toute cette horreur…

    Aujourd’hui je suis encore très fragile et je souffre de troubles du sommeil, de troubles alimentaires (de tendance anorexique), de convulsions… J’ai des séquelles importantes à cause de ces violences… Ma vessie n’a jamais bien fonctionné, mais c’est bien pire maintenant…je saigne très souvent…J’ai de terribles douleurs au bas-ventre que seule la morphine parvient à atténuer… En plus de cela depuis mai 2010 une fichue endométriose s’est développée, avec des adhérences qui m’handicapent et ruinent ma féminité. Ma vie de femme est devenue très difficile, émaillée de douleurs, de peur, de doutes. J’ai tout le temps des problèmes de douleurs en bas du dos. Mes hanches et mon sacrum, mon coccyx me font mal au moindre mouvement trop ample, à la moindre humidité qui apparaît dans l’air et à la mauvaise saison. Mon ventre est meurtri. Je ne peux plus, à ce jour, pousser un caddie de supermarché sous peine de me provoquer des douleurs semblables à des « éclairs » dans le ventre qui me causent des évanouissements. Depuis deux ans je ne peux plus du tout passer l’aspirateur. Je ne peux pas tenir un balai ni porter d’objets trop lourds. Je suis devenue incapable de soulever un pack de 6 bouteilles d’eau minérale. Je ne peux plus m’accroupir sans craindre que ma vessie ne se vide par terre…mon incontinence et ma cystite interstitielle chronique sont pires qu’avant…Je ne vois pas beaucoup de monde et je n’ai gardé contact qu’avec un tout petit noyau restreint d’amis et mon entourage très proche : mes parents. J’ai souvent des jours dans le mois où je suis obligée de rester couchée tellement je suis mal… En clair, j’ai 31 ans et je vis la vie d’une personne de 75 ans… j’ai réussi à mener une vie « extérieure » jusqu’en juillet 2012, mais à cause de l’endométriose et d’une pathologie chronique digestive et respiratoire pour laquelle je suis en ALD, à cause des conséquences liées à ma cystite chroniques aussi, pour toutes ces raisons je suis très fragile et ne peux plus mener une vie normale, je suis désormais en invalidité. Je ne sais plus faire confiance aux institutions, je suis devenue sauvage et méfiante…j’ai conscience que mon témoignage est tellement violent qu’il est choquant ou peut-être difficile à croire pour certaines personnes…pourtant c’est la réalité de ce que j’ai vécu…et je suis sûre de ne pas être un cas isolé. Mais la majorité des gens qui subissent de telles choses se taisent, car trop de honte, de souffrance.

    Je suis une survivante…

    Merci de publier et de partager ce témoignage
    Pour toutes les femmes qui n’ont pas pu le dire, qui n’ont pas eu de voix pour cela
    Ce texte leur est dédié.

    Bien à vous
    Alya

  50. De filippi

    Quelle horreur! Ce « soignant »a un problème avec les femmes il a besoin d un psychanalyste et d une radiation de l ordre des médecins toute ma compassion pour cette dame

  51. dijoux

    Je suis dégoûtée et tellement en colère que je lui mettrais bien un spéculum XXL dans l’anus à ce petit salopard. Malheureusement il n’y a que ça qui l’aiderait peut-être à comprendre sa violence.

    1. dijoux

      J’ajoute que oui notre éducation nous a rendue dociles devant les gynécos et les autres médecins et qu’il serait temps que ça change . J’ai l’intention de dire à ma petite-fille que si ça lui arrive un jour, eh ben qu’elle a le droit de se défendre en lui mettant un bon coup de pied dans la figure. Et non je ne suis pas violente, je déteste les abus de pouvoir et l’injustice en général c’est tout. Le changement passera par l’éducation de la nouvelle génération comme pour toutes les causes.

  52. Christine

    Faut porter plainte pour non respect de l’intimité.
    (moi je suis tombée sur de gynécos femmes bizarres, il y a de tout, faut pas les laisser continuer).

  53. FERRY Valérie

    bonjour,
    votre histoire est un peu la même que vous mais à ceci prêt que c’était une femme .Cela c’est passé au mois de juillet 2016 pour moi c’est un viol médical , elle m’en a déplacée le sacrum, le cocxis et le nerf pelvien.
    A l’heure actuelle je suis en arrêt maladie car mon dos à souffert énormement du déplacements de tout ce fatras.
    j’en suis arrivée à consultée à l’hopital mais pour mon malheur le gynéco qui m’a reçu et de nouveau « labouré » est un de ces amis …. j’ai honte , je n’ai osé en parler à mon mari que hier .
    je recherche une personne qui pourrait m’orienté vers un gyneco obstetricien qui comprenne que je ne veux plus que personne me touche ou d’exam vaginal .
    je voudrais simplement que l’on me retire l’uterus , les ovaires pour ne plus etre violentée!!
    j’ai 47 ans 2 enfants une malformation utérine double col bicorne dont 1 en retroversion de l’adénomyose et fibromes , 1 kyste de 3.4cm sur ovaires gauche et biensur des douleurs dans le bas ventre et comme je fais de l’apnée du sommeil , je me contente de boites de paracetamol……….. a quand plus souffrir et etre respectée je rentre dans une phase de depression car les medecins vues me prennent pour une folle car c’est ma parole contre celle de la gyneco que faire ?

  54. jc

    Ma femme a subi la même chose… Par une femme gynéco. Malgré lui avoir dit qu’elle était stressée (on consultait pour saignement pendant la grossesse…) Et qu’elle était Europe, que d’habitude c’était le plus petit speculum… Elle a prit le plus gros, avec la même excuse… C’est pour voir le col… Quand ma femme lui disait qu’elle avait mal, elle continuait en lui disant de déstresser…. Quand elle a dit qu’elle avait vraiment mal, la gynéco a fait pause de quelques seconde, avec le spéculum toujours à l’intérieur, avant de recommencer… Je bouillais à votre, et l’ai engueulée. Ma femme me disais de me calmer, que c’était sûrement car elle était stressée qu’elle avait mal. Moi, j’avais l’impression qu’on violait ma femme sous les yeux. Et qu’elle avait le syndrome de Stockholm.

    Là, c’est bien plus violent pour cette patiente… bien plus grave. On a entre nos mains des gens qu’il faut protéger, en tant que soignant. Une personne violente n’a qu’à changer de métier… Bon courage à cette patiente dans ses démarches.

  55. Endogirl07

    Comme je te comprend, cette sensation de viol, d’être souillée, de n’être qu’un objet me suit depuis mes 18 ans (j’en ai 27 maintenant), j’ai une Endométriose et les examens invasifs (vaginales et rectales) pas toujours fait en douceur et dans tous les cas jamais agréables je connais… A tel point que j’ai beaucoup de blocage concernant le sexe (jamais un rapport sans douleur, plus d’envie non plus de peur d’avoir mal….), tellement que je n’apprécie plus ce que j’ai entre les jambes, que je ne le considère plus comme faisant partie de moi, comme quelque chose pouvant me faire du bien… Que faire?

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