Tous les enfants du monde.

Alors voila, nous étions à cette table de restaurant. On plaisantait. Un groupe d’internes, c’est forcément un peu graveleux ( mais drôle, hein ! ). Comme je dis souvent, j’aime la vulgarité, elle me donne l’impression de ne jamais mentir.
Cette famille est venue s’installer à côté de nous. Le père, la mère, quatre adolescents. L’un d’eux, 12 ou 13 ans, cachait son visage au fond d’une capuche noire. Il portait des lunettes teintées. J’ai trouvé cela étrange : même dans le sud-ouest de la France, il n’y a plus de soleil à 23 heures (je sais, je viens de balancer un gros coup de pied dans la fourmilière !).
Le premier mot a fusé dans l’air comme Ariane dans un coin de Kourou :
– Sale con.
Puis deux autres, juste après, en saccade :
– Jacques est un connard.
Ça a été craché -ou glapi- plus que ça n’a été dit.
J’ignore ce qu’il y avait au menu ce soir-là, mais le gosse, lui, on lui avait servi un très mauvais syndrome de Gilles de la Tourette en entrée.
Saleté de Tourette. Ou de Gilles, je ne sais pas.
Imaginez-vous : premier rendez-vous avec une fille. Vous vous faites beau et là, entre deux œillades gênées, paf !, vous traitez Jacques de sale connard. Qui est Jacques ? Vous n’en savez rien. Mais vous l’avez traité haut et fort de « connard », et tout le monde a entendu.
Difficile d’arriver jusqu’au dessert avec la demoiselle…
J’ai réfléchi à cette phrase « J’aime la vulgarité, elle me donne l’impression de ne pas mentir. »
J’ai eu envie d’aller voir le gosse d’à côté, de lui retirer ses lunettes noires, de découvrir son visage. Lui dire de plus se cacher.
Souvenons-nous de toutes les fois où les parents rabâchent à leurs enfants « ne dis pas ça, c’est un gros mot ».
Et si les gens atteints par cet affreux syndrome n’étaient pas malades ? Et si, par une étrange bizarrerie de la nature, ils n’étaient que les porte-paroles de tous ces « gros-mots » que les enfants ravalent ? Comme une soupape verbale refroidissant la « marmite mondiale des gros mots » quand celle-ci menace de déborder ?
Voilà, voilà : chaque fois qu’un gamin ravale sa grossièreté, elle rejaillit ailleurs, dans la bouche d’un autre, portée par le vent messager et d’invisibles rails.
Oui, je crois que c’est ce qu’il faudrait leur dire, aux gosses avec leurs lunettes noires :  » N’ayez pas honte, gamins : par vous chantent tous les enfants du monde. N’ayez pas honte. Vraiment ».

Si vous aimez, partagez sur Facebook ! En bas à droite de chaque anecdote, comme d’habitude !

Illustration : Marie-Lys

IMG_8454.JPG

(Visited 34 times, 1 visits today)

51 réflexions au sujet de « Tous les enfants du monde. »

  1. heliotrope

    « la marmite mondiale des gros mots » à laisser déborder, j’aime bien l’hypothèse,
    je tente l’hypothèse d’ Alzheimer qui laisserait déborder la marmite mondiale des bons sentiments …

  2. Firewitch

    J’vais p’tetre commencer à laisser ma fille répéter les gros mots de son père, histoire d’éviter que ça ne ressorte ailleurs….
    Sinon, je suis en train de relire le livre… pour la troisième fois… et j’aime toujours autant!

  3. Hélène

    C’est simplement beau. Et si joliment poétique!
    Une fois, nous avons croisé un jeune homme atteint de ce syndrôme avec ma fille de 8 ans. Evidement, elle m’a assaillie de questions, sur sa maladie, pourquoi, comment, est-ce que je peux l’attraper, est-ce que ça peut se guérir. Après le flot de questions, un silence, long silence de réflexion. Puis elle me sort : « moi j’aimerais bien pouvoir avoir cette maladie là, et pouvoir dire des gros mots. Ca fait du bien, des fois, les gros mots quand on a trop mal, au corps ou au coeur! »
    Passe une jolie journée Baptise, tu as embelli la mienne! Hugs!

    1. lectrice boulimique

      Combien de laryngites
      dues à ces mots rentrés
      tout au fond de la gorge?
      Et combien sont les peaux
      que le psoriasis ronge
      faute de beaux gros mots
      à oser dire haut ?
      Un « merde » ravalé,
      ça pèse à l’estomac…
      Digérer poliment
      La honte et la colère
      ne vaut que des ulcères !

  4. saur

    je n’ai pas le syndrome de la Tourette mais j’avais déjà constaté combien ça faisait redescendre la pression de lâcher un chapelet de jurons en grappe!Je n’ai jamais dit à mes enfants de ne pas dire de gros mots,la société et l’école s’en est chargé.Résultat c’est moi qui me fait rappeler à l’ordre par mes enfants!
    Je leur ai quand même expliquer que ça faisait du bien des fois de lâcher les gros mots!Qu’ils avaient une saveur spéciale en bouche!

  5. Bordel de moi même putain

    Oh, tiens souvenir israélien.
    Je fais une crise d’épilepsie, l’un des soldats qui nous escorte vient me réconforter après la tempête, m’explique qu’il ne faut pas avoir honte et qu’il a un copain qui a la même chose, qu’il se balade toujours avec un sac d’un kilo de sucre sur lui et qu’en plus il a « Touré ».
    – C’est quoi Touré?
    – Il dit putain quand il s’assoit !
    Il me mime son copain qui a « Touré », assis, yeux qui clignent, crachant des gros mots, attrapant une poignée de sucre en même temps.
    Il n’y a pas la moindre trace de moquerie dans son imitation.

    C’est super chié de cumuler autant quand même, la vie est une truie, mais il a un bon pote !

  6. Lilou

    Beaucoup de poésie pour une maladie qui ne doit pas être facile à vivre (comme si une maladie pouvait être facile à vivre… mais passons).
    J’adore l’idée de la marmite à gros mots, je participe de temps en temps à l’écopage, comme tout le monde, et ce que ça fait du bien ! 🙂
    Merci Baptiste encore une fois pour ce beau texte.

  7. capucine

    j’ai beaucoup aimé la fin de ce post. car oui, je crois que les mots qu’on retient ressorte forcément. mais par contre moi je n’aime pas du tout la vulgarité, justement parce que j’ai l’impression qu’elle sert à sortir des mots qui n’arrivent pas à sortir autrement, et en cela je trouve qu’elle a quelque chose de faux : on se sert de la vulgarité pour dire des choses qu’on n’arrive pas à dire simplement. elle est une armure, pour nous permettre de dire des émotions sans en avoir l’air, sans nous exposer. moi quand je dis « mais putain merde », c’est pour ne pas dire « je n’en peux plus de mon impuissance et je me sens tellement nulle ». et quand je dis « putain merde » je crois que ça me soulage, parce que la soupape lâche un peu de vapeur, mais en fait j’ai laissé le couvercle, alors le problème n’est pas résolu, et il ne le sera que quand j’aurais dit : »je cris parce que je me sens si impuissante ». et ce n’est qu’avec une infinie pudeur et des mots bien pesés que je peux arriver à dire ces émotions au fond de moi qui ont besoin de sortir, mais qui pour moi ne le peuvent qu’habillées de mots fins, qui expriment leur complexité et les enrobent afin qu’elles ne puissent pas blesser les autres.
    j’aime beaucoup votre blog même si je ne comprends pas pourquoi les internes seraient toujours graveleux 😉
    merci pour cet ado qui n’ose pas sortir et à qui vous donnez une voix. j’espère que vos mots lui parviendront.

    1. Anne de Toulon

      J’ai bien du mal à ne pas être vulgaire (et oui, même ordurière, parfois) quand mes deux fils de 4 et 6 ans se mettent à deux pour me faire monter dans les tours. J’aime votre commentaire, Capucine… même si j’assume mes gros mots, car je sais que cette violence verbale me sert de garde fou pour ne pas laisser sortir une violence physique, je sais aussi très bien qu’ils ne sont que les symptômes de mon impuissance. Et sans doute la pression retomberait-elle bien plus vite si on apprenait à dire cette impuissance, en effet, au lieu, simplement, de laisser sortir les émotions sans trop contrôler la façon dont elles sortent. Mais même sans avoir « Touré », comme le dit un commentaire plus haut, c’est bien difficile, parfois de contrôler suffisamment sa langue pour empêcher les « moches mots » (comme disent mes enfants) de s’envoler en désordre…

    2. Cath

      Oui, je comprends cela. Et c’est joliment écrit.
      Et en dehors de toute maladie, effectivement, sur le moment ça peut soulager. Mais d’expérience, c’est une perte de contrôle qui n’apporte rien à terme, au contraire. Alors, je m’astreins au silence, pas toujours avec succès, j’en conviens.
      Cela dit, un gros mot balancé d’un ton calme et posé n’en a que plus d’effet sur le destinataire, je l’ai remarqué aussi. Le prix de la rareté peut-être.
      Pourtant je me délecte à lire San Antonio, et ce dès mon plus jeune âge. Je n’en dirais pas autant de Céline pour lequel j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. Mais si l’un fait usage de gros mots et fait preuve d’une ingéniosité remarquable et créatrice à faire pleurer de rire, le second est extrêmement violent, même si le style est puissant.

  8. Marina

    De beaux mots pour des gros maux, encore une belle façon de nous parler du sensible. Mes fils ont fait connaissance avec Gilles sur le marché du dimanche : un monsieur en fauteuil qui égrène ses mots au vent. Ils n’ont pas été choqués … comme quoi les gros, c’est peut-être plus naturel qu’on ne le pense.

  9. Mamzelle B.

    Bonsoir,
    Permettez-moi de commencer par une petite correction (c’est l’métier qui veut ça !) : « l’un d’eux », ce sera mieux. 😉
    Sinon, comme toujours, merci pour cette anecdote qui rappelle à quel point ça fait du bien de se lâcher. J’ai pensé au sketch de Bigard sur le risque de « cancer de l’anus », c’est du même tonneau ! Perso, j’essaie quand même de privilégier le vocabulaire du capitaine Haddock quand je m’énerve (sauf en voiture où je ferais rougir San Antonio !) mais parfois, le sentiment de rage (ou d’impuissance, c’est vrai) prend le dessus.
    Bises à vous, Dr. B !

    1. Cath

      Tiens, une anecdote du temps où deux petites puces de 3 et 5 ans étaient assises à l’arrière d’un véhicule conduit par leur maman ( pas moi).
      Arrive un fou du volant qui fait une magnifique queue de poisson, générant une frousse bleue à maman au volant qui lâche sous l’effet de la trouille un c… retentissant.
      Et dans le silence qui suit, la maman entend la conversation suivante à l’arrière de la voiture :
      – Qu’est-ce qu’elle a dit maman ?
      – Ce n’est rien ma chérie, maman explique au monsieur…

  10. dédé

    Rêver son enfant. Beau, sain, magique, heureux, drôle, intelligent. Le rêver aussi généreux, vis à vis des autres, des pauvres, des différents, des petits, des malades. Et après on comprend. On comprend que la répartition mentale qu’on vient de faire, implicitement, c’est que son enfant sera gentil et généreux avec ceux qui sont différents, mais qu’il ne sera pas leur ami. On ne sait jamais, cela pourrait être contagieux. Alors, alors, après on se souvient, que soi-même, les gens bizarres, les gens différents, les gens anormaux, on était spécialiste. Et que finalement, on est devenu amoureux du conformisme. Car le conformisme, ça fait moins mal. ça vient avec des certitudes, des facilités, des amis. Et puis on sait. alors on sait, que son enfant, il faudra qu’il fasse des choix, il faudra lui ouvrir les portes, et les choisir ses amis. On sait aussi que la normalité, ça se discute. Parce qu’il ne faudrait pas lui déposer entre ses mains, ses propres névroses. ça va être rock’n roll !

  11. Soulalune

    Ma fille a dit son premier « puta » à 2 ans .. elle était à bonne école, et comme elle a une excellente mémoire, elle en connait plein d’autres maintenant !
    Je ne connaissais pas cette maladie, mais peut-être Jacques est-il vraiment un gros con 😉

    1. Cath

      Moi non plus je ne connaissais pas. Et je viens de comprendre qu’une de mes camarades de classe en était -peut-être – affligée quand des rafales de tics nerveux l’affligeaient. C’était particulièrement perturbant quand elle s’asseyait à côté de moi je dois dire, les mouvements du corps pouvaient être violents. Et ça se terminait toujours de la même manière : il fallait que je lui file mes notes. J’avais mis ça sur le compte de la cigarette, de la nervosité… J’ai appris plus tard qu’elle avait fondé une famille. J’espère qu’elle n’en est plus affectée.

  12. Isabelle

    je lis, je Vous lis… depuis le début et chaque jour je viens ici espérant découvrir vos mots sans jamais avoir commenté par pudeur peut être… mais aujourd’hui je tenais à vous remercier, car si par vos anecdotes, vos histoires que vous partagez vous souhaitez réconcilier les soignants et les soignés, sachez que vous allez bien au-delà ! Tant d’humanité, de respect de l’Homme m’émeut bien plus que je ne saurai vous l’exprimer ! Vous me (nous…) réconciliez avec l’âme Humaine. Alors voilà, merci Baptiste.

  13. Fugue

    Ne connaissant pas cette histoire de Tourette, à la première lecture je n’ai pas compris grand chose, mystère, c’est en lisant les commentaires, que j’ai deviné que c’était une maladie bizarre, en changeant quelques lettres ça fait merde (mon gros mot préféré).

  14. Herve CRUCHANT

    Le poids de la doxa… Ronger, rogner, fendre, frapper dessus, défoncer, tarauder, percer, meurtre-à-la-tronçonner, acidifier, bastonner, suicider, raper, vacciner… attaquer la doxa par tous les bouts, tous les moyens, comme on s’attaque au virus-qui-mute et vous pollue la vie !

    L’ennemi sournois, cette « fabrique du consentement », comme disent Noam Chomsky ou Howard Zinn -au hasard (!), utilise toutes les ficelles de la raison, référence à une société inexistante dite idéale. Et qualifie tout manquement à sa discipline du vocable définitif de « vulgaire ».

    Faire admettre à un interlocuteur l’idée qu’il a de la chance de nous parler et, inversement, que c’est un trésor de pouvoir dialoguer avec lui, est un exercice difficile. Et pourtant. Je tente l’exposition de ce petit apophtegme. Généralement, çà marche bien avec un interlocuteur en colère; le flux s’arrête d’un coup, le temps d’assimiler. Et peut reprendre le duel qui n’est plus porteur de haine mais d’un antagonisme social ordinaire, vulgaire. Voilà. Vulgaire.

    Parce que j’aime le vulgum, que j’assimile avec toute la force de ma mauvaise foi, à une entité incontrôlable et heureusement créatrice. L’anti-thèse de la doxa en somme, pour aller au bout de cette schizophrénie intime.

    Après la cassure de l’agressivité par le moyen sus-décrit, le dialogue peut s’engager. Avec des mots vulgaires, gros de leurs contenus de connivences, de sous-entendus complices. Les gros mots ne sont pas des insultes. Les gros mots sont chargés, amis comme des relations de comptoir. Des brèves de comptoir. Qui disent : je t’aime bien, toi, gros nez. Et je te dis « oh, putain ! t’es con ! » comme on dit « je t’aime bien, tu sais. T’es comme moi. tu es là je suis là et on s’aime bien. voilà… ». Qui, de la doxa ou du vulgum -le peuple- est le plus bas ? Celle qui produit des règles élitistes indiscutables, cache ses effluves et ses liquides, ou ce peuple que l’on dit inculte, sauvage, mouton, informe et sans goût. Cour des miracles où s’aimer c’est jouir de l’autre. Et non, pas seulement de sexe. Alors que sous les ors des salons on traite d’affaires et d’orgies de dividendes.

    On appuie la main bien à plat sur le foie. L’autre main, pliée, tape sèchement sur la première main. Coucou, qui c’est ? Sur l’autre bord, poussé par l’ensemble milieu qui râle un peu -je veux dire qu’il arrive que le pet s’exprime, -détendez-vous dit le Docteur- la rate se soulève. Merdalor, se dit-elle, qu’arrive tilici ? Fait pas chier ! répond l’intestin. Vous faites pas de bile, abrutis ! organes de peu de foie….

    On peut rire de tout. Çà dépend avec qui. J’aime bien rire avec ceux qui veulent partager. Le vulgaire partage; même et surtout quand il n’a que maigre pitance. T’as déjà vu quelqu’un de bien partager Barrès avec un autre de ses relations et partir en guerre de conserve ? La doxa ne partage pas, elle a été pourvue a priori par ses dieux parce qu’elle le vaut bien. Bouducon, çà pourrait être risible !

    Tourette pourrait être socialisé si on n’en avait pas fait un monstre. Imaginons qu’au lieu de dire « Martine est une pute et une salope! » -ce qui est peut-êre bien le jaillissement de la vérité vraie, factuelle et brutale autant que mal venue. moi-même, j’ai connu une Martine…. mais, bon. Au lieu de çà, disais-je, le bougre se mettait à déclamer « aimez-vous les zins les zotres !  » en plein meeting de l’OTAN, et le voilà canonisable. « Peace and Love, guys ! » et le voilà Gandisé ! etc. Un homme, appelé Issa en arabe, plus connu sous le nom de Jésus, était-il atteint par Tourette ? Mais non, bien sur. Imaginez qu’un adepte clâme en pleine ville: « doux moi-même, priez mon père et que la paix soit avec vous ! ». Imaginez…imaginez…. Oua lors référez-vous à Aristote, ce cher disparu qui n’a pas proféré que des conneries -paraît-il, mais qui était petit de taille, pauvre et miséreux, disait sa parole dans la rue… Aristote, une icône de la doxa….

    Allons, mes Gens, allez en paix. Et que Mieux vous garde….

    1. marie

      Père était un homme dépourvu de toute vulgarité et il n »avait en bouche qu’un seul juron assez réducteur du monde, j’en conviens, il associait les péripatéticiennes au monde clérical , un visionnaire d’aucun dirait…donc comme Pappa était ma nounou et qu’il ponctuait toutes ses émotions (étonnement colère ravissement réflexion intense ) d’un tonitruant « putain de moines » bein le premier mot que j’ai prononcé in my life c’est « p’tain! » voilà voilà armée pour la vie!!!!!!!.

  15. Libellule

    Aujourd’hui, une des personnes dont je m’occupe tenait à travailler la lecture après un AVC massif… Nous voilà donc partis dans les méandres de sa mémoire sur les traces des voyelles. Au détour d’un exercice, je m’aperçois qu’elle confond bizarrement le O et le Q (sans problème de vue). En fait, la politesse inculquée semble-t-il avec des méthodes très strictes dans son enfance, l’empêche de nommer la lettre Q. De peur que tous ces « Q » non prononcés ne ressortent pas la bouche du gamin aux lunettes noires de ce post, j’ai passé la séance à parler de « Q » sur tous les tons. Ça n’a pas débloqué la personne, mais elle s’est autorisée à rire à gorge déployée !

    1. Grand33

      Pas dû être facile de faire un grillade au barbe O, faire la O au cinéma, et pire s’essuyer avec du papier O ….
      Finalement t’as du Q, dans lulubelle il n’y a pas de O !

    1. Libellule

      Cela m’étonnerait que mes nouveaux collègues (je fais des remplacements, je change souvent d’équipe), m’appellent « douce Lulubelle » après ce premier jour et le tonitruant :
      « J’ai mal occu…
      J’ai mal occupé ma jeunesse,
      J’ai trop été…
      j’ai trop été dans les salons
      et j’y ai mis, et j »y ai mis tant d’allégresse,
      que j’ai troué oui j’ai troué tous mes caleçons ! »
      Mais j’ai fait rire la dame de tout son coeur, je pense qu’elle a vécu par procuration la joie de tous les gros mots interdits qu’elle n’a jamais pu dire depuis la volée de bois vert qui a dû suivre son premier « cacaboudin » il y a plus d’un demi-siècle (ça en fait des gros mots non dits qui sont allés remplir la marmite mondiale !)

          1. lectrice boulimique

            Pour enrichir ton répertoire médical 😉
            souvenir lointain d’un chahut au catéchisme d’avant la première communion (angelots et diablotins précoces que nous étions héhé) :
            « J’ai fait un pet… un long pet… un long pèlerinage
            « avec le cu… le gros cu… l’gros curé d’mon village »

    1. marie

      merci pour ce clip extraordinaire Brigitte Fontaine est un génie, une perle rare d’humanité, si elle avait était avec Baptiste elle aurait mis une capuche et des lunette pour apprivoiser l’ado, l’aurait pris par la main, serait sortie dans la rue et aurait fait du théâtre ….qu’à la fin tourette n’aurait plus droit de cité qui de Brigitte ou de l’ado serait atteint au soleil automnal sans capuche sans lunette , putain ça aurait de la gueule

  16. Julie

    « Chaque fois qu’un gamin ravale sa grossièreté, elle rejaillit ailleurs, dans la bouche d’un autre ». Ouuuh que j’aime cette idée ! Elle me fait penser à celles que je pouvaient avoir étant gamine. L’époque bénie où l’imagination n’avait pas de frontières, où elle n’était pas étouffée par le triste sens des réalités des adultes.
    Et si on disait qu’en fait, les enfants qui sont hyperactifs sont la soupape de ceux qui sont trop calmes ?
    Et si on disait qu’en fait, les gens dans la lune sont la soupape de ceux qui sont trop terre à terre ?
    Et si on disait qu’en fait, les personnes qui lisent Nabilla sont la soupape de ceux qui lisent « L’art d’avoir toujours raison : Suivi de La lecture et les livres et Penseurs personnels » de Arthur Schopenhauer ?
    Et si… et si… hein? C’est infini. C’est génial. Chaque personne pourrait-il avoir sa soupape ? On rétablirait un certain équilibre, on créerait une sorte d’ordre universel, les gens se complèteraient et plus personne ne serait vu comme « différent ».
    J’aime.

  17. Grand33

    Bonjour Bibi,
    Si ce gamin parle du même jacques il n’a peut-être aucun syndrome, parce que si c’est le même jacques et bien c’est un connard.
    Et puis, les gros mots, nous dans le sud-ouest cela sert de ponctuations alors forcément on est beaucoup beaucoup plus tolérant.
    la bise

  18. Grand33

    Je vous ai fait la copie du message d’une collègue reçu récemment et qui colle bien à ce billet.
    (son fils est un copain de gilles)
    Bonjour,
    Enfin une vidéo qui traite du syndrome Gilles de la Tourette sans montrer une personne vociférant des insultes et faisant des gestes obscènes…
    Les personnes atteintes de ce syndrome sont, dans 80 % des cas, comme le jeune homme sur la vidéo… (certains gags en moins ;-))
    Alors, pour qu’on parle autrement de ce syndrome, n’hésitez pas à partager sur vos réseaux sociaux favoris et sur vos comptes perso la vidéo suivante.
    MERCI
    http://youtu.be/H4hszZDegeE

    http://youtu.be/H4hszZDegeE

    1. Cath

      J’ai bien ri. La camarade de classe dont je parlais plus haut était un peu comme ça, mais moins drôle. Disons que quand on se prenait un coude dans les côtes en cours, ça surprenait toujours… Mais bon, comme c’était absolument involontaire et incontrôlable, qu’y faire ?
      Cela dit, j’ai quelques baffes à distribuer, alors je peux toujours me prévaloir du copain Gilles ? A étudier dirais- je, la tentation étant ce qu’elle est et mon indice de résistance à la dite tentation si faible, je pense que je finirai bien par me faire plaisir (« never resist temptation, it may never come again. » C’est Oscar qui l’a dit 😉 )

    2. Julie

      Partagé, ça, c’est fait ! J’ai même précisé que l’acteur est pas mal pour inciter les gens à regarder la vidéo (mais ce n’est que mon avis très personnel).
      Plus sérieusement, j’ai lu quelques commentaires sur YouTube. Certains n’ont pas apprécié la vidéo car ils y ont vu une manière de se moquer gratuitement. (Bien sûr, la frontière entre l’humour et la moquerie peut être parfois ténue, je le comprends). Mais quel dommage. L’humour peut être une magnifique arme pour dédramatiser et démystifier des pathologies, des comportements ou même des pratiques. En rire, c’est déjà en avoir moins peur, non ?
      Vous vous souvenez de: « Vas y mémère ! Mon anus a peint La Joconde ! »
      Voilà, l’humour sert aussi à ça.
      Il sert à avoir (presque) envie d’aller se faire faire un toucher rectal.

  19. Boselli Katarina

    Suis fan depuis longtemps (j’ai acheté le livre en 2 exemplaires, des amis me les ont piqués tous les 2… snif)
    Bref, alors voilà, depuis que j’ai lu ce post-là précisément, j’ai décidé de ne plus reprendre mes enfants quand ils sont grossiers (tant qu’ils ça s’adresse pas à des personnes bien sûr faut pas pousser non plus). Rhôo ma fille comment elle injurie ses joujous! ça me fait rire et je remercie qui de droit de me les avoir confié en bonne santé

  20. Cécile

    Je vais dire en passant que dire des gros mots ce n’est pas vulgaire mais grossier. Et que c’est très différent. La vulgarité c’est un état d’esprit pas la grossièreté. Voila. Ensuite je vous informe qu’en Bretagne à 23h en juin il fait très jour… Et qu’on peut donc mettre des lunettes de soleil. Mais Jaime bien votre blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *