Archives mensuelles : mars 2014

Le dieu des Rhino-pharyngites.

Alors voilà j’aime bien les personnes âgées, mais pas quand elles pètent dans mon bureau.
(quelle entrée en matière !… courte, efficace, un brin trop naturaliste, j’en conviens, mais nous sommes des machines à vapeurs et quiconque a une formation scientifique et connait son « cycle de krebs » sait à quel point la vie toute entière est littéralement une usine à gaz…)
Non, vraiment, je n’aime pas quand madame Cassoul, 86 ans, ce vendredi soir à 19 heures 30, vient s’installer toute guillerette dans mon bureau pour partager ses douleurs rhumatismales et ses flatulences. Moi, d’une élégance so british que je tiens de ma mère, je fais mine de n’avoir rien entendu, même si, très vite je me demande comment un si petit corps peut produire autant de gaz… miracle de la nature… Madame Cassoul est vieille et très sourde, ce qui présente peu d’avantages si ce n’est celui de ne pas s’entendre « chanter ». Je ne dis rien, je serre les dents, pince le nez, examine, prescris, souris, pense au patient d’après et là me vient un doute affreux : « et si le patient d’après croit que c’est moi ? ».
Vous vous direz sûrement que c’est idiot, que j’ai vu la mort, la sale, la vraie, celle qui déchire les familles, que j’ai même fait des stages en hématologie-pédiatrique (croyez-moi rien n’est plus dur au monde que l’hématologie pédiatrique, chapeau les équipes, chapeau bas…) et pourtant, à ce moment précis, celui où madame chante avec son colon sigmoïde, je ne pense qu’à une chose : « qu’est-ce que le prochain patient va penser de moi ? »
Madame Cassoul se lève, moi aussi, Madame Cassoul chante un dernier air en Do majeur (très réussi ce dernier chant… Trop ? Je me rassois, terrassé).
– Adieu, Madame Cassoul…
– Au revoir Docteur, je ne vous dis pas « à bientôt ! »
(la blague préférée des patients… se lever et dire « je ne vous dis pas au plaisir de se revoir…)
J’ouvre une fenêtre, minuscule, la prochaine patiente arrive. Jeune et, en plus, « physiquement très intelligente ». Je me décompose… « Elle va croire que c’est moi, elle va croire que c’est moi, elle va croire que c’est moi… »
– Bonjour Docteur, je viens parce que j’ai une rhino-pharyngite, je n’arrive plus à respirer par le nez et j’ai les narines bouchées.

YEEEEEEEEAH !

God bless la rhino, je veux dire : que Dieu bénisse la rhino-pharyngite !

Amen !

Dieu a le sens de l’humour ! Regardez l’ornithorynque !
Dogma

Le haricot, c’est le piano du pauvre.
Le grand-père de Cicero, un lecteur !

L’HOMME SOUS LA NEIGE.

L’histoire c’est F., la mise en scène et l’écriture c’est moi.

(Pour AMÉLIE, comme tout ce que j’écris depuis l’autre nuit, là, il y a un an, hier, toujours. J’ai hésité pour ne pas rappeler de mauvais souvenirs aux membres de sa famille qui sont devenus des amis, mais c’est bien de parler encore d’elle, de ne pas oublier surtout…)

Pièce en trois actes.

Un personnage : Le clochard.

Acte I

Nuit d’été. Deux rochers. Un vieux clochard, assis sur le rocher de droite. Il parle en regardant les étoiles.

Le Clochard :  » Alors voilà on aime une personne, on partage ses repas et ses rires, on écoute ses confidences, un jour nous nous trouvons père/frère/fils/ami d’humanité avec elle. Oui, on peut être beaucoup de choses pour une seule et même personne. Un jour, sans un bruit, la Mort vient à petits pas et nous la vole. Alors il nous pousse un vide au creux du ventre. Un vide et cette pensée fixe, obsession de l’impossible absence : « Ainsi donc il existe des départs sans retour ! » La mort vole et contre elle, on ne peut pas gagner. On ne peut pas prendre la personne aimée et courir sous la neige, courir dans la neige, s’époumoner jusqu’au bout de ses forces pour la ramener à la vie. S’il suffisait que la neige tombe et de courir contre elle en serrant fort la personne qu’on aime pour la sauver, il n’y aurait plus d’enterrement. Les gens se mettraient à courir. Et peu importe le froid. Et peu importe le blizzard.
Ils le feraient.  »

Acte II

Scène I

Le Clochard se lève, change de place, s’assoit sur le rocher de gauche. La lune tombe sur lui et dévoile son visage dont la moitié gauche est brûlée.

Le Clochard :  » Alors voilà, la petite fille toussait beaucoup. Elle s’étouffait comme une jolie petite truite posée sur une berge après la pêche. Elle avait 6 ans. Son père a murmuré à son oreille « Monte dans la voiture, ma chérie, on va aux Urgences. »
Il a roulé vers l’hôpital, c’était l’hiver. Il y avait de la neige. Sur le sol, beaucoup, et qui tombait du ciel, beaucoup. La voiture a fait un drôle de bruit, elle s’est arrêtée. Dehors, tout était calme.
Sa petite ne toussait plus du tout, car tousser demandait trop d’effort.
Alors le Père a pris le petit corps fatigué, il a mis une couverture autour parce qu’il faisait froid. Il a couru dans la neige. Il a couru sans regarder en arrière parce que c’était sa fille, qu’elle mourrait dans ses bras, que la voiture avait fait ce drôle de bruit et s’était arrêtée dans le silence de la campagne. Une voiture, ça peut être comme une petite fille, ça peut mourir brisée par le gel.
Au loin, il y avait les lumières de l’hôpital. C’était là-bas qu’il irait, malgré cette immensité blanche autour de lui, en haut, en bas, contre lui et sa petite.
Il a couru sous, dans, contre le blanc.
Partout : lui, elle et la neige. Partout. »

Acte III

Scène I

Le Clochard revient s’assoir sur le premier rocher.
– La petite fille est morte.
Il se lève, change encore de place, pierre de gauche et dit :
– La petite fille a été guérie.

Le Clochard se lève et s’enfonce dans la nuit en disant  » Qui sait ? Il n’y a pas de vérité en ce monde, et même dire ça est un mensonge ».

Rideau

FIN

« Qui sait ? Il n’y a pas de vérité en ce monde et même dire cela est un mensonge. »
B. Scott

Nota : seul F. sait la fin de l’histoire. Je n’ai pas voulu la savoir. D’ailleurs, ce que F. sait de la fin de l’histoire est peut-être faux.

De l’art d’avoir toujours raison.

Alors voilà, nous étions avec le chef de gynécologie obstétricale et nous recevions les patientes enceintes dans son bureau.
Chaque fois, lors de la consultation du premier mois, je le voyais poser sa main sur le ventre de madame Issue ou de madame Desecours, de madame Porte ou de madame Desortie, prendre un air très pénétré, froncer les sourcils broussailleux et dire :
– Ce sera une fille ! Souvenez-vous bien de ce que j’ai dit et que je l’ai écrit là !
Puis il sortait le carnet de suivi et notait à la date du jour : « SEXE DU FŒTUS : MASCULIN »
Ou alors, il disait :
– Ce sera un magnifique petit gars ! Souvenez-vous bien de ce que j’ai dit et que je l’ai écrit là !
Et, dans ce cas, il notait :
« SEXE DU FŒTUS : FÉMININ »

À la fin de la journée, intrigué, je pris mon courage à deux mains et demandai ce que signifiait ce drôle de manège.
Il partit d’un grand éclat rire, sonore et tonitruant, un rire de chef d’état russe :
– Ça, gamin, c’est l’art d’avoir toujours raison ! Si j’ai dit que le bébé serait une fille, et que la suite de la grossesse me donne tort, la mère s’en souviendra. Me faisant remarquer son erreur, je lui adresserai une tape affectueuse sur l’épaule je lui répondrai que non, je ne me trompe jamais, qu’elle a dû mal entendre. Je sortirai le dossier et je lui montrerai que j’avais inscrit « Sexe masculin » lors de notre première consultation. Inversement : si j’avais prédit l’arrivée d’un garçon et que c’est une fille, rebelote. Là aussi, je lui montrerai le dossier. Bien évidemment, dans 50% des cas, je n’ai pas à sortir le dossier car le hasard fait bien les choses et a le bon goût de ne pas me contredire.

Ébloui devant tant d’intelligence, de rouerie et de ruse, je m’inclinai.
J’avais affaire à un maître.

Il me reste tant de choses à apprendre pour devenir un bon médecin, je veux dire : il me reste VRAIMENT tant de choses à apprendre.

Le jour où j’ai pleuré.

(Pour ma mère, évidemment !)

Alors voilà, comme tout le monde, j’ai des automatismes : quand je suture, je parle des enfants/petits enfants etc… pour garder l’esprit du patient focalisé sur des choses agréables (je dis agréable peut-être parce que je n’ai pas encore d’enfants…).
Fin de garde, j’entre dans la chambre d’une patiente que je dois suturer. Alzheimer c’est moche. Alzheimer à 54 ans c’est TRÈS moche.
Premier trouble en entrant dans la chambre : elle ressemble étrangement à quelqu’un que je connais et que j’aime. Je dépasse ce petit égarement et je salue la patiente et son fiston de 26 ans qui l’accompagne.
J’installe tout, je me mets en stérile (oui, oui, c’est l’expression : certains se mettent en rogne ou à leur compte, nous on se met en stérile). Le fiston attrape la main de sa mère. Il va rester pour la rassurer.
Au moment de l’anesthésie, j’ai de nouveau cet automatisme idiot :
– Vous avez des enfants ?
Question stupide… Elle en a trois, mais elle me dit, droit dans les yeux, avec ce visage que je connais et que j’aime parce que j’ai le même à la maison :
– Non, aucun.
Je regarde son fils, il baisse la tête vers le sol, comme si sa douleur était en train de s’y trainer en rampant et qu’il saurait la faire taire d’un coup de talon : « CHLACK ! Tiens ! Prends ça dans les dents, douleur de mes couilles ! »
Là, je me suis redressé, j’ai arraché ma blouse en plastique, j’ai menti au fils et à la mère :
– Excusez-moi, je reviens dans une minute.
Mensonge ! Je ne suis jamais revenu dans la chambre : après m’être mis en stérile, j’ai préféré me mettre au vert : j’ai transmis le dossier à Chef Tout-Doux et je suis allé m’enfermer dans les vestiaires lâcher les vannes des glandes lacrymales sans trop savoir pourquoi ça débordait.
Allergie subite au bouleau/boulot ? Fatigue ? Stress ? Grossesse ? Peut-être suis-je enceint ? Impossible : je n’avais pas envie de fraises et je suis un homme. Quoi, alors ?
Ah, oui…
Peut-être le visage de la patiente, cette pâle figure qui ressemble étrangement à une personne que j’aime et qui s’inquiète pour moi depuis 28 ans. J’ai eu un peu peur à l’idée qu’un jour elle ne me reconnaisse plus.

On ne gère rien, on croit gérer-tout-contrôler-tout-savoir, mais l’inconscient est VRAIMENT au dessus de tout.

On est de son enfance comme on est d’un pays.
Antoine de Saint-Exupéry

(Mon pays ressemble à une femme au bord d’une fenêtre, avec des taches de rousseur sur le visage, c’est l’été, on joue avec mes sœurs et mon pays prépare une tarte au citron en me donnant des cours de mythologie grecque. Voilà.)

L’enfant qui aimait sa mère.

Pour A. et S.

L’histoire c’est Docteur S., l’écriture c’est moi.

Alors voilà Madame Sapho qui vient avec son fils, Thomas, 13 ans.
Depuis quelques semaines, Thomas accumule les mauvais résultats scolaires et témoigne d’un comportement de petit merdeux.
– Qu’est-ce qui cloche, Thomas ? demande Docteur S.
– Rien.
– Tu en veux à ta mère ? Parce qu’elle a refait sa vie ?
– Non…
– Parce qu’elle vit avec une femme ?
Haussement d’épaules.
– Elle fait ce qu’elle veut.
– C’est parce que tu te poses des questions sur ton père ?
Madame Sapho ne pipe pas un mot. Il y a 13 ans, elle est partie en Belgique avec sa compagne. C’est là-bas que Thomas a été conçu.
– Parfois, c’est vrai, je me demande depuis quand j’étais congelé, dit Thomas. Peut-être que le sperme venait du moyen-âge ?
– Tu sais bien que ce n’est pas possible.
– Parce qu’il n’y avait pas de congélateur à l’époque ?
– C’est ça, oui, parce qu’il n’y avait pas de congélateur à l’époque.
[Silence]
– Tu as des questions sur le mode de vie de ta mère ? Sur la façon dont deux femmes peuvent s’aimer ?
Ce qui, en gros, revient à demander « mais comment fait maman avec maman quand les piles du vibromasseur sont à plat ? » Les docteurs ne sont pas toujours très subtils…
– Non ! Je m’en fiche, c’est ma mère, je veux qu’elle soit heureuse.
– On se moque de toi ou de ta mère à l’école ?
– Non ! Ils ne le savent pas et ça ne les regarde pas.
[Silence]
Madame Sapho détourne le regard, son corps se tord en avant de douleur rentrée.
Thomas se met à pleurer.
– Elle me manque, dit-il, ma mère me manque…
Madame Sapho attrape la main de son fils et serre.

La compagne de Madame Sapho est partie d’un cancer du sein il y a deux ans. Parfois, les meilleures explications sont aussi les plus simples, comme un ado qui déconne à plein tube parce qu’un de ses parents est mort et ne reviendra pas.

Sitôt que je vois ton visage,
ma voix se brise,
Ma langue sèche dans ma bouche,
un feu subtil court sous ma peau,
mes oreilles deviennent sourdes,
mes yeux aveugles.
Mon corps ruisselle de sueur,
un tremblement me saisit toute,
je deviens plus verte que l’herbe.
Je crois mourir…

Poème de Sapho, entre -650 et -580 avant J.C.

Vous pouvez écouter le dernier album de Carla Bruni et de Frédéric Francois… ou vous pouvez partager cet article sur Facebook/Twitter/mail, etc !

La bise à tous, c’est toujours un plaisir de vous retrouver ici +++…
Baptiste B.

Un gars dur.

L’histoire c’est J., infirmier, l’écriture c’est moi. Juste merci !
Pour raconter, c’est ICI

Alors voilà il arrive grand, cassé en deux tellement il est grand, gras aussi, un peu rouge, la voix éraillée mais douce, la peau pelée et sèche.
C’est le Père GéantVert
Un gendarme dirait « tiens, voilà un client pour nous… »
Un boucher dirait « tiens v’la l’équarrisseur ! »
J. est infirmier, il dit donc « tiens, v’la un patient. »
– Qu’est-ce qui vous amène ?
Réponse laconique :
– Mal à la main.
L’infirmier commence à dérouler le bandage de fortune que s’est confectionné Père GéantVert.
– Racontez-moi, demande J.
Nouvelle réponse toute aussi lapidaire :
– J’ai mis la main où je devais pas.
– C’est à dire ?
((((( Oui, les soignants sont chiants, ils aiment bien savoir le pourquoi du comment, ça permet de savoir quel traitement donner, pour quoi et comment…))))
– J’étais aux champs, je poussais la machine pour sillonner la terre… (Haussement d’épaules.) …et j’ai mis la main où je devais pas !
Lampion clignotant dans la tête de l’infirmier : TÉTANOS FIESTA ! TÉTANOS FIESTA ! TÉTANOS FIESTA !
– La machine était propre ?
Magnifique réponse du Père GéantVert :
– Ben oui, c’est ma terre qu’elle sillonnait !…
(Évidemment.)
– J’avais pas le temps de rentrer, je me suis occupé de la plaie en enveloppant le tout avec ma chaussette.
– Votre chaussette ?
– Ben oui, j’avais rien d’autre ! Pas de bandage, rien…
– Elle était propre, cette chaussette ?
Magnifique réponse :
– Ben non, c’était une chaussette !
(Évidemment.)
– Vous avez désinfecté, au moins ?
– Non, non, j’ai pas eu le temps de refaire le bandage…
– C’était quand ?
-Trois jours.
J. ouvre le pansement et là, savez-vous ce qu’il trouve ?
LA chaussette, celle qui est sale (parce que sinon c’est pas rigolo…)
Depuis trois jours.

Il y a des gars durs, je veux dire : il y a VRAIMENT des gars durs.

La dame qui voyait ses morts.

L’histoire c’est B., l’écriture, c’est moi. Merci !
Pour raconter votre histoire si vous êtes patient :
ICI

Alors voila Mme U., 56 ans. Elle consulte sous la pression de son mari.
On est le 26 mai.
Elle :
– Non, non je vous assure tout va bien, je ne sais pas pourquoi mon mari m’envoie. Il ne s’est rien passé, n’en parlons plus.
Son époux n’est pas du même avis : l’autre jour, il l’a surprise devant la télé en train de manger des pistaches et de parler à ses parents.
Le Hic ? Il était 2 heures du matin, le bol de pistaches était vide et ses parents sont morts quand elle avait 16 ans.
– J’ai eu un petit moment d’égarement, c’est tout. Je ne les vois plus.
Le mari secoue la tête. Hier soir, encore, elle était en pleine discussion avec sa mère décédée et s’adressait, assise dans le salon, à un canapé vide.
On est le 26 mai.
Batterie d’examens, confirmation diagnostic. Pour B., le nom d’une maladie qu’on n’oublie plus jamais, le nom que toute notre génération a entendu rabâché par les médias, sans vraiment croire que cette maladie existe.
Image bovine d’une tache blanche maculée de tache noire qui flagelle sur ses jambes avant de s’écrouler sur le côté.
On est le 26 août, fin du stage de B., Mme U. s’en va faire du poney multicolore.
26 mai —> 26 août : trois mois de calvaire.
Mme U., 56 ans, la maladie qui a terrorisé toute une génération, la maladie qui existe VRAIMENT : Creutzfeld Jacob.
La maladie de la vache folle.
Un nom bien inapproprié pour une dame qui prenait l’apéro avec les fantômes de son enfance.

Les enfants sont les symptômes des parents.
Françoise Dolto

Parfois l’inverse est vrai aussi.
BB

La femme qui voulait être heureuse (et qui avait bien raison !)

Alors voilà, elle est entrée avec son conjoint. Tous les deux s’appellent par des surnoms prout-prout, mais qui font du bien. Je préfère manger trop de sucre et avoir des boutons que de boire du vinaigre… Et la vie de couple nous transforme très vite en de jolis cornichons aigris. Donc, merci à eux !
Mamour par-ci, mamour par-là, ma douce, mon tibidi, etc.
Ils sont là, un sourire jusqu’aux oreilles, des problèmes médicaux loin d’être insolubles, même pour un bébé(otien) médecin tel que moi… Bref, c’est LA consultation parfaite !
– Qu’est-ce qui vous rend aussi heureux ?
(((((Ben oui, amis lecteurs, quand je vois des gens nager dans le bonheur, je demande comment kilfont, des fois que le mode d’emploi soit pas trop compliqué à suivre…))))
– Je change de métier, du coup je déménage et il me suit. On reprend tout à zéro.
(((((Ah ? Ce serait donc si simple le bonheur ? Une histoire de reboot ? On appuie sur le bouton reset ?))))
– Au début, ce n’était qu’une vague envie, un projet un peu fou… J’en ai parlé en riant à mon patron. Je pensais qu’il rirait aussi. Il m’a dit « Tu es trop vieille pour recommencer » alors le lendemain je lui donnais ma démission et me voilà ! Prête à tout recommencer !
Je regarde cette femme et je me dis que j’ai beaucoup de chance de faire ce travail, de rencontrer des mamours, bichettes, ma douce and co. Cette femme-là vient de me démontrer que la vie n’est faite que de retournements lumineux et solaires, que le vent gonfle d’autres voiles et que, toujours, les cartes changent de mains : l’existence est bruit, agitation, mouvement. Et quoi ! Rien n’est figé ! Les lignes bougent ! Tout est courant, circulation et rythme. La vie des Hommes ne s’arrête jamais de changer.
Je lui souhaite bon courage et elle s’en va avec son mamoureux.

Elle a 50 ans et va devenir infirmière.

J’annonce officiellement l’arrêt de ma profession de médecin : j’ai décidé de devenir ventriloque pour chèvres en Moldavie, là où tout n’est que « calme, luxe et volupté ». Amen.
(Evidemment, le contenu du blog risque de changer un peu…)
Prenez soin de vous et changez tout si vous devez changer tout pour être heureux, même (surtout) si on vous dit trop vieux pour y arriver….
(quand je dis « changez tout » je ne parle pas, évidemment, de la lecture assidue de ce merveilleux blog écrit par ce merveilleux medecin et qui commence par ces deux merveilleux mots « Alors voilà »… Ça, gardez-le. Partagez-le même sur Facebook ou par mail… Puis plaquez tout et rejoignez-moi en Moldavie !… Yala !)

Yala !
Sœur Emmanuelle.

Viens-là !
Emmanuelle (dans le fauteuil en osier…)