Pourquoi faut-il des étudiants dans les hôpitaux ?

Photographie sublimissime de Benjamin Isidore Juveneton, Adieu et à demain.

Pourquoi faut-il des étudiants dans les hôpitaux ?

OU :

La vie en son domaine.

(((((À tous les externes qui me lisent : tenez le coup, les petits, ça en vaut vraiment la peine !)))))

Alors voilà une soirée à l’internat, beaucoup d’internes et donc beaucoup d’initiales…
M. revient de vacances :
– J’ai dégotté une recette à Majorque : du sorbet au citron…
– Du sorbet citron ? Et c’est tout ??? demande Y.
– ET DU GIN !!!!! hurle M. en sortant une bouteille de sous son manteau.
Sa recette fait fureur : de toute manière, elle a aussi acheté du Doliprane pour demain matin. Elle est Prévoyance.
J., lui, a une bonne nouvelle à célébrer, il a ramené du champagne. Il est Bonheur.
F., elle, a un chagrin d’amour à écraser. Elle est Tristesse.
Son meilleur ami, O., est venu à l’internat pour la consoler. Il est Amitié.
A. retrouve C., son fiancé. Elle ne l’a pas vu depuis deux semaines et il a débarqué sans prévenir. Elle lui saute au cou. Elle est Joie.
Un infirmier du bloc, H., fait une entrée discrète. Lui et D. s’aiment bien (je ne vous fais pas de dessins, vous aurez compris). Ils sont Timidité.
T. a quelque chose qui la démange dans le bas-ventre. Elle ramènera donc O. dans sa chambre. Elle est Désir.
J. supporte mal le champagne : il ne reprendra pas la voiture. Y. lui propose gentiment de rester dormir dans sa chambre : « Je te préviens : toi et moi, dans le même lit, il ne se passera RIEN ! Je te le PROMETS ! » assure-t-il en commettant un mensonge.
J. et Y. sont deux garçons qui… Bref, ils sont Gaieté.
L. traîne un peu trop longtemps sur le canapé, avec F.
« Un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout », « On y va, on y va pas… » Ils sont Hésitation.

Vous perdez-vous dans les initiales ? Dans les noms communs ? C’est normal. Cette soirée-là, tout le monde s’est perdu dans les chambres. L’alphabet entier s’est mélangé. On a joué au Scrabble en poussant jetons sur jetons, mots d’amour comptent triple, petits soupirs et longs gémissements. Avec des Z, des W et beaucoup de X.
Le lendemain, les internes étaient fatigués, mais ils avaient un sourire idiot flottant sur les lèvres.

Ce sourire niais, je le prends pour quelque chose d’infiniment précieux. Il me rappelle une vérité essentielle : les murs de l’hôpital n’appartiennent pas qu’à la Maladie, la Mort, la Douleur, l’Odeur de pisse froide et d’antiseptique. Il y a aussi la Vie. Elle bouillonne, elle court, elle est folle, elle DÉBORDE TOUT et rien ne peut lutter contre elle. Elle est là, à l’hôpital, en son domaine.
Voilà -vraiment- pourquoi il faudra toujours des Étudiants dans les hôpitaux.

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85 réflexions au sujet de « Pourquoi faut-il des étudiants dans les hôpitaux ? »

      1. Albigène

        Onomatopée du matin : Scrub !! j’adore « on ne Bétadine pas avec l’amour ». Merci pour ce moment de fraîcheur matinale Baptiste. L’amour oui et la jeunesse…
        Par contre si je peux me permettre, je crois que E est monté sur T, en fin de texte sur le mot « coure »..

        1. Albigène

          Claudia Chantal G,
          Pour rester dans la pharmacie, nôtre Bibi adoré aurait pu appeler ce post : Consigne aux étudiants dans les hôpitaux : « Trime et butine ! ». J’en ai une boite sous les yeux….
          Je m’en vais…

  1. Patiente

    Mais c’est bien connu ! L’amour est un destressant puissant ! Alors pour éviter le burn out, faites l’amour … une prescription qui n’altèrera pas les comptes de la sécu !!!!

    1. Herve CRUCHANT

      Oh, en ce qui me concerne, je ne pratique plus. Croyant mais pas (plus!) pratiquant. Pourtant, j’ai grandi dans le moule, j’ai été baptisé, fais mes communions, confirmations, cinq prières par jour, sonné les clochettes à genoux, pratiqué aux cinq fêtes obligatoires, éffectué quelques pélerinages. Mais je me suis lassé. J’aurais même fait ma barmitzva en amour, tiens, si j’avais été juif et si je savais l’écrire comme il faut. Non. Aucun kamasoutra, aucune chevrette, aucune levrette n’a pu ne faire échapper aux affres de l’âge, sournois et afreusement pervers, qui se cachent dans l’attraction universelle. Car tout ceci relève qu’une invraisemblable gravité. Celle qui nous fait pendre du bout et ne dépend pas de nous. J’aimais Aphrodite sans le savoir et je hais Newton. Voilà…. « Que du bonheur ! L’amour… le plus puissant des remèdes ! Merci pour ce début de matinée en bonne humeur. @Isabelle ». Parle pour toi.

  2. Grand33

    Bonjour Bibi, ha ! comme c’est beau la jeunesse …

    « Tout homme qui possède son alphabet est un écrivain qu’il ne faut pas méconnaître. »
    Louis-Ferdinand Céline

  3. Isa Nevers

    Mon premier amour. Interne aux Urgences de l’Hotel-Dieu. Je l’attendais des heures dans ce lit simple en feraille, il me rejoignait a intervalles irreguliers, s’affalait a mes cotes…et, la plupart du temps, s’endormait d’un sommeil lourd et ronflant! C’etait il y a vingt-cinq ans. Nous sommes tous les deux maries (a d’autres). Perdus de vue. Je me souviens avoir pense, alors, et vous remercie, Bibi, de me le rappeler de si belle facon, que ces souvenirs de nuits tendres seraient mon joker si un jour, dans tres longtemps, le destin voulait que je vive mes derniers jours (et mes dernieres nuits) a l’hopital. L’odeur d’antiseptique, de pisse, les cris au loin, les bruits etouffes, seront toujours pour moi la toile de fond de mon premier amour…

    1. Herve CRUCHANT

      C’est stupide, les choses, des fois : va acheter un lit en ferraille roulettes en itou, t’en trouves plus. Imagine que, quand même. Tu le places dans un endroit connu de toi seul. C’est tout stupide car à quoi çà servirait de foutre un plumard en ferraille (avec des roulettes itou) dans un coin que personne ne connait? Tu t’allonges dessus. Et t’attends que ton Premir Amour vienne vite fait te rejoindre. Et personne n’arrive. C’est stupides les choses, des fois…. Mais complètement rationnel. Si t’avais dit à ton Premier amour que t’avais trouvé un lit en ferraille (avec des roulettes itou) que tu l’avais mis dans un endroit connu de lui seul, il serait venu te rejoindre, non? Quoi que. Si tu lui avais dit, il n’aurait plus été dans un endroit connu de toi seule. C’est stupide, les choses, des fois. Je me demande si les souvenirs de lit en ferraille (avec des roulettes itou) on devrait pas les laisser ronfler tranquillement dans un endroit connu d’eux seuls.

  4. Irène

    Première année commune aux études de santé cette année (paces) autrement dit première année d’étude ds le but de devenir médecin un jour alors merci pr ce blog qui est un mega booster-motivateur!!! En espérant devenir comme ça un jour 🙂 merci pr ces beaux témoignages!

  5. Al

    Terrifié d’être nouvel interne dans quelques semaines, tu es de ceux qui me donnent envie de le devenir.
    Merci pour tout ce que tu écris, et qui résonnes en moi. Merci de me laisser toujours avec le sourire aux lèvres ou une larme à l’oeil. Merci Baptiste, pour tout ce que tu accomplis, pas seulement pour la réconciliation médecin-patient, mais pour la réconciliation des médecins avec leur propre métier !
    Bonne continuation, ton livre sera sur mes étagères dès que je trouverai le temps d’aller jusqu’à une librairie !

    1. docteur Vincent

      Je comprends que vous soyez terrifié, mais juste un petit conseil: les infirmières connaissent leur travail et la plupart du temps vous orientent subtilement,  » ni vu ni connu », l’honneur est sauf et vous signez.
      Un peu comme les ministres qui ne restent que peu de temps à Matignon: qui c’est qui gouverne? Ce qui sont dans la place depuis 20 ans et qui connaissent tous les rouages.
      Et puis quand vous aurez de l’expérience ça sera différent.

      1. Cilou

        merci pour ce p’tit clin d’œil aux IDE. Mine de rien on se fait aider pareil des aides soignantes, qui connaissent souvent le patient encore mieux que nous ! ^^

        1. pantherspirit

          Elles sont là, elles sont là,
          Et me tiennent la main
          Lorsque devant mes pas
          Se profile un ravin,
          Où que la terre s’enfonce
          Sous le poids des journées,
          Et qu’un tapis de ronces
          Vient écorcher mes pieds.

          Elles sont là, elles sont là,
          Avec dans leur sourires
          Ce merveilleux éclat,
          Douceur de cachemire
          Caressant mon regard
          Tel un voile sincère :
          Alors sans elles, ma part
          Serait sombre et amère …

          Pour toi Cilou, ainsi pour toutes les IDE, du fond du cœur et encore plus …

  6. J.

    c’est très beau! Comme tous vos textes…
    Et, ça m’a bien fait sourire, car, j’ai un ami avec lequel, nous nous apprécions, nous nous cherchons tout le temps, mais, nous sommes TIMIDITE!
    Alain, si tu lis ça, je t’attends… Viens me rejoindre! Passons le cap de cette timidité!

  7. Ln

    Baptiste,

    Quand tu seras médecin tu me diras dans quel hopital tu travailles !
    Ta façon de voir les choses est plein d’humanité… j’adore!
    Une (ni toute jeune ni toute vieille) étudiante IFSI 3ieme année!!

    1. Herve CRUCHANT

      « Ta façon de voir les choses est plein d’humanité… j’adore! ». Bibi, il enseigne l’alphabet aux étudiantes IFSI 3ième année qui s’appellent Ln. Si! demandes lui.

  8. pascale

    tout cela rejoint la conversation que j’ai eu la nuit derniere avec une toute jeune AS et une toute jeune IDE qui toute les deux regrettaient l’ambiance de leurs études , les liens qui se creaient trés facilement entre étudiants . Alors que dans le milieu professionel c’est plus distant : le boulot c’est le boulot et la vie privee est à cote . Il y avait comme de la nostalgie déjà dans l’air chez ces 2 toute jeunes personnes .

  9. Nat

    Tout à fait d’accord avec toi ! Je sors de 2 semaines à Rangueil (Toulouse) et j’ai donné l’adresse du site à beaucoup de soignants (y compris des étudiants) qui se sont si bien occupé de moi ^_^ Merci, tu fais du bien, je veux dire tu fais VRAIMENT du bien…

  10. pky

    Bonsoir Bibi,
    Merci de me montrer qu’il n’existe pas que des gens déshumanisés etfermé dans cet univers que j’intégrerais dans deux ans si tout va bien…Maururuu roa comme on dirait dans mes îles de coeur…

  11. Julie

    Tout les internes présents ce jour-là ont donc mélangé les lettres de l’alphabet pour finalement trouver la lettre A…
    Une petite J qui espère la trouver un jour elle aussi…

  12. kath de Belgique

    Souvent j’aime, parfois pas, j’ai les dents qui grincent.
    Mais là pour le coup, j’aime à la folie.
    C’est sincère, authentique et honnête.
    Optimiste et tellement bien écrit !
    Chapeau à toi l’artiste !

  13. Catherine(d'Argentine)

    Finalement,je me suis embarquee sur le vol 2549 de la compagnie ‘ALMODOVAR en direction DES AMANTS PASSAGERS,avec Mamy Birdy,en cabine….on est en train de survoler,l’hopital ou des etudiants en medecine ,pas vraiment illettres,ont organises le meme genre de fete que nous dans notre avion…Cher Baptiste,alias B,sache que je ne suis pas sure qu’on puisse atterir,mais leve le nez dans l’apres midi,tu nous verras faire des ronds en l’air, alors n’oublies pas de nous saluer…Mamy Birdy est deja bien emmechee(elle en est a sa 3°caipiriña bien condensee) et insiste pour se badigeonner de betadine,car elle affirme que c’est son medecin prefere qui le lui a prescrit…il parait que c’est une coutume de son pays:se peinturlurer et danser…j’espere que Benjamin et Isidore ont prepares leur appareil photo pour immortaliser nos retrouvailles…je leve mon verre a ta sante…tchin,tchin.

      1. Catherine(d'Argentine)

        @Grand 33:Je trinque bien volontiers avec toi…ce serait quoi ton initiale a toi?moi,c’est le C de MUCHACHA…Euh,c’est quoi c’t’embrouille????

  14. Kimannelaure

    Oui, bah t’as fait une soirée de cul quoi…. ça fait du bien par où ça passe….
    Elle CourT par contre….

    Beau chemin parcouru, bravo et belle continuation
    (tu gères assez bien cet afflux d’amour, là aussi: Bravo)
    AL

    1. Herve CRUCHANT

      Que c’est beau, l’art brut ! Surtout la poésie, je trouve. Et la délicatesse des propos. Bah t’as fait une remarque de cul, quoi. Beau chemin parcouru. Encore un peu et çà sera la gross’rigolad’ et la chenille autour de la table, assis à poil sur les chaises de la cantine. Ach !…

  15. Sylvie

    Il y a bien longtemps quand j’ai commencé à travailler à l’hôpital, mon homme avait un petit air inquiet. J’ai fini par apprendre que des copains bien intentionnés lui avaient signifié que c’était  » le plus grand bordel de Toulouse ».
    Je suis le F de fidélité alors…. Mais qu’est-ce que c’est bon de voir, de sentir, de vivre que la vie et toujours plus forte que la merde, le sang et la mort!
    C’était pas un bordel, juste un nid d’espérances.
    Bisous

    1. Herve CRUCHANT

      Confondre bordel et hôpital… On confond bien démocratie et mensonge… Fidélité et dépendance. Charytbe et Sylla (je m’en fous, d’ailleurs, je sais pas comment s’écrit ‘homère’!)… Chacun ses amers (jeu de maux marin).

    1. Cilou

      C’est vrai : dans celle où je bosse, une grand mère de 107 ans (décédée depuis) avait retrouvé l’amour avec un p’tit jeune de 80. Ah les cougars !! ^^

  16. claire

    Merci pour le clin d’oeil aux externes Baptiste 😉
    C’est motivant de lire tes textes et de se dire que même si on voit nos internes en baver un peu tous les jours ca vaut le coup !

  17. LN

    Et bien moi ce que j’aime c’est qu’il y à un infirmier dans ce texte, et que ce mélange amical entre toutes les categories professionnelles de ces hôpitaux est bon pour le futur.
    Pour là réconciliation patient-soignants, il faut des soignants qui travaillent en équipe, des tensions parfois mais des tensions saines, qui améliorent là qualité de travail.
    Ce clivage médecin infirmier ou autre, rend les soins moins humains, moins bons.
    Vive les équipes qui ont compris ça !

    1. Baptiste

      Entièrement d’accord avec toi… Je ne compte plus le nombre de fois qu’une infirmière m’a sauvé la mise…
      Cette semaine encore :
      – Tu devrais aller voir le ventre de M. X., je le sens pas…
      – T sur ?

      M. X. avait une ischémie du mésentère…

      Merci Mme l’infirmière !!!

      1. LN

        Merci mille fois de cette façon d’appréhender les choses, je suis infirmière depuis quelques années, pas assez pour en avoir assez de tout ça mais presque…
        Quand je lis tes articles -et je les lis tous- je me dis que peut être votre génération, ma génération donc, de médecin, est peut être plus apte à comprendre cette nécessité de réconcilier les soignants ENSEMBLE.
        Parce qu’un médecin n’est rien sans une infirmière, une aide soignante, une ASH… Nous ne sommes rien l’un sans l’autre et peu d’entre nous l’ont compris…
        MERCI

        1. anne

          Ça fait du bien, moi aussi je suis infirmière et j’ai envie d’une équipe de soins unie et réfléchie. Pour tous les gens qui pense que plus on a de professionnels dans différents domaines, ergo, kiné, ide, as, diet, assistante sociale, ……….. donne une équipe plus forte et bien je ne suis pas si sure. Si tous ces professionnels n’arrivent pas à communiquer, c’est foutu!!!
          Par contre si l’équipe, même petite, s’écoute , échange et agit ensemble on tend vers une vrai cohésion de soins, si en plus cette équipe est capable de « bringuer »…………………..wahou

          1. Herve CRUCHANT

            Je vais vous dire avant d’écrire de nouveau: j’ai donné un coup de pouce intempestif sur une touche et hop là tout a foutu le camp dans le machin à Boushfiss…

            Je réessaie donc.

            Je disais en gros que j’aime toutes les femmes des soignantes. De la Dame Aide-Soignante à tous les échelons du corps médical. Pour moi, d’ailleurs, « corps médical » n’évoque certainement pas un poilu ou un barbu, patron ou pas. Devines quoi? Sinon, je trouve bien sympa ces débondes après le boulot. Sans vice mais avec versas, pour sur. Recto verso. Je voulais dire aussi que le F n’est pas forcément une barrière. Elle appartient à un autre système, incomparable. Il n’y a pas de fourberie ou de tromperie à faire une cohésion. Chacun sait toujours ce qu’il fait quand il le fait, même en étant complètement barré. Réfléchis bien, tu vas voir que « c’est pas faux », comme on dit dans Kaamelot.
            C’est la mort qui gruge et qui trahit tout ce qu’elle touche. Elle t’invente des trucs pas possibles à faire rougir un Vidal de 1930, te fait douter, te rend sur de l’échec; puis t’organise un come-back de patient rapé-cuit-foutu en moins de temps qu’il n’en fallait à Yul Brinner pour se faire la raie au milieu! Ah, la belle salope!
            Exorcisme par la fête, la convivialité. Et si çà passe par les yeux -notamment- d’une belle praticante, quoi donc est-ce mal?
            Mais je voudrais aussi exprimer mon humble avis en tant que patient. Mais si, tu vois qui: celui qui passe à l’improviste, entre vite fait par la porte des urgences ou l’autre auquel on a fait le lit depuis deux heures. Un qui revient toujours tout le temps, qui s’est enfoncé une dent de scie dans la patte de derrière quand il prétendait couper ses arbres ou un légume dans le fion parce qu’il a cru son conseiller qui lui a dit « cinq fruits et légumes… ». Que ce soit pour plein de fois pour presque rien ou « d’une seule foi » pour règler ca détail de dernière heure. Ce patient là, il aimerait bien qu’on en tienne un peu plus compte: qu’on lui dise quand c’est un tonus. Que ce soit préscrit sur sa feuille de soins, rembousé par la caisse noire des anesthésistes, inscrit au livre d’or du service. Entre « je voudrais pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique… (Vian, Boris) », « Fernande (Brassens, Georges) » ou « A mon dernier repas (Brel, Jacques) ». Et qu’on reprenne avec vous toutes, Mesdames, quelque antienne virile dont vous appréciez le charme désuet mi nuit passée en lorgnat sur votre proie mâle future. Le genre « La Petite Huguette (folklore paillard) » me paraît convenir assez. Pour les féministes, « Père Dupanlou (hymne de l’amicale des médecins légistes aérostiers de la plaine de l’Hers) » sera de rigueur.
            On commence quand?

  18. Gilles

    Un texte bien coquin…
    Rien de telle que la pulsion de vie (Eros et Thanatos se regardent dans un miroir).
    Mais dans toutes ces initiales nous ne savons toujours pas ce qu’a fait B. ce soir là 😉

  19. J.

    Bonjour! Je ne sais pas si vous savez la force que vous avez… Ce pouvoir que vous possédez, à faire sourire (et, rire) vos lecteurs, en lisant vos textes (magnifiques).
    Je me surprends, très souvent, sourire aux lèvres , devant mon Pc (ou téléphone )
    Encore MERCI pour TOUT ce que vous nous donnez… Bientôt ce sera votre tour de recevoir 😉

  20. Patiente

    Tiens, tiens … Je ne sais pas vous, mais moi, quelque chose me chagrine … Hervé Cruchant pointe aux abonnés absents depuis quelques jours !!! Ou alors il se fiche pas mal de la vie sexuelle des jeunes blancs-becs de l’internat !!!! En tout cas son silence m’interpelle !!! Ce blog est devenu le rendez-vous de quelques « commentateurs » de la première heure et Hervé en fait partie ! Un seul être nous manque et tout est dépeuplé ! Alors à tous ceux dont je (re)connais la plume et que j’ai beaucoup de plaisir à lire régulièrement, (Catherine d’Argentine, Cilou, Hervé, Grand33, Panterspirit, Albigène) je souhaite un très bon week-end et aux autres qui lisent le blog et les commentaires sans jamais intervenir (si, si j’en connais !) : une simple recommandation : parlez de ce blog autour de vous. Notre GRAND Bibi le mérite et dans quelques jours il va être le Docteur Bibi ! Pensez donc il devient Toubib et en plus célèbre !!!! On a du mal à le suivre l’animal !!! Pourvu qu’il reste NOTRE Bibi, après tout, le reste, on s’en fout !!! Bises Baptiste.

    1. Albigène

      Je suis aussi étonné par le silence ou l’absence d’Hervé Cruchant. Patiente, nous ne pouvons que faire preuve de Patience… Nôtre sage gourou et certain(e)s de ses adeptes risquent de nous mettre en état de dépendance. Garçon, l’addiction !
      Bonne fin de journée.

    2. Cilou

      N’ayez pas peur mesdames il va bien revenir 😀
      L’idole de ces dames se repose peut être incognito avec Bibi 😉
      Moi aussi je vous souhaite une belle semaine à tous, vous les commentateurs et amis fidèles de Baptiste, et un peu les miens aussi 😉

      Plein de belles et douces pensées

      Cilou

    3. Catherine(d'Argentine)

      @Patiente:Merci pour tenir si gentiment en compte ma presence.J’aime vraiment ce moment de joyeux delire avec toute cette fratrie de l’humanitaire,que Bibi a su generer.La ou je vis,j’essaye aussi d’apporter en toute humilite,mon petit grain de sable pour construire un monde meilleur,et c’est surement notre medecin prefere,qui a contribue sans meme le savoir,a m’inspirer sur ce joli chemin.Pour ce qui est d’Herve,ne t’inquiete pas,il a avoue qu’il aimait s’envoyer en l’air,et depuis le hublot de mon avion,je le vois,il fait des loopings endiables et c’est surement pas de jeunes etudiants,sans encore trop d’experience qui vont l’effaroucher…c’est juste pour se faire un peu desirer,il en avait marre que Bibi ait autant de succes aupres de ses dames,alors il voulait qu’on le reclame…et voila c’est fait…donc,il ne devrait pas tarder…et je me joins a toi pour lui dire: »HERVE,revient,ne nous fait pas languir…son initiale a lui c’est S,comme …Surprise(car il a plus d’un tour dans son sac)…PS:je compte sur ta protection Patiente,parce s’il revient mal lune,qu’est-ce que vais prendre…je n’ose pas l’imaginer…

      1. Patiente

        @Catherine (d’Argentine) Pas de souci !! Nous sommes parées et nous l’attendons de pied ferme !!!
        Bonne journée à vous tous et pour Bibi, c’est le compte à rebours qui commence … ne l’oublions pas. C’est grâce à ce Grand Bonhomme que nous sommes là et heureux de nous y retrouver ! Merci Baptiste. Je t’embrasse … virtuellement !

      2. Herve CRUCHANT

        Jamais mal luné, le Mézigue. C’est la Lune qui coprend pas tout, des fois. J’aime pas qu’on garde la face cachée en public. Croissant ou pas.

        J’étais à règler l’allumage d’une vieille, comme je l’ai expliqué plus haut. Çà prend du temps et puis il convient d’être prévenant et attentif. Classe, quoi. C’est pas si facile.

        Et puis j’ai passé le cap d’une demi-journée chez « Notre Ami Chirurgien Dentiste ». Certes, un balaize de chez les balaizes, mais, après m’avoir bichonné depuis pas mal de temps, on en est arrivés à parler argent. Je vais pas détailler mais j’ai besoin de m’en remettre un peu. Y en a qui ont le courage trouble d’avoir peur de rentrer chez eux affronter leur compagne, moi, depuis peu, j’ai le courage déterminé et complètement intenable de divorcer c’est-comme-si-c’était-fait d’avec ma banque. Même que j’ai l’intention de l’envoyer se faire voir chez les Grecs. Je sais pas si çà va marcher !

        nb : (je n’écris plus « ps », allez savoir pourquoi…): petit message personnel à-qui-se-reconnaîtra : bises. Bibise, déconnes pas, garde pas tout pour toi. Penses à Catherine de Russie, d’Argentine, de Monaco… etc. Partage !

    4. Grand33

      Oui Patiente, on essaye de garder « l’esprit » Bibi; et concernant Hervé je crois que quand il va revenir ( on l’espère tous bientôt) cela va être du lourd……
      Prenez soin de vous !!!

    5. Herve CRUCHANT

      Voilà ! Encore gaullé par la patrouille ! Cette vie que nous menons, nous, faibles hommes, n’est qu’un monstrueux matriarcat. Et on en redemande, évidemment. Donc, je m’exécute. « Si j’ai perdu mes bajoues, ma bedaine… ». Non, çà, c’est Georges B. que je fredonne souvent durant la journée. J’explique vite fait: j’ai trouvé une deux chevaux citroën presque du modèle que j’avais quand j’étais petit et que j’avais fait le tour de Bretagne par les chemins les plus près de la mer. Camping dehors à la sauvage. Personne sur la lande. La Baie des Trépassés comme un coin de planète avant Nicolas Hulot. Des hippocampes dans les algues brunes, les grand-mères des vertes. Une gamelle pleine de langoustines….Bon. J’ai trouvé une deux pattes et, pris d’un élan soudain, je l’ai promptement mise à poil -vous imaginez, jeunes étudiantes en médecine, quelle bête avons-nous là!- et commencé à lui redonner une jeunesse qu’elle croyait dur comme rouille avoir à oublier pour toujours. Que nenni ! Me voilà abandonnant l’écran plat pour la clé plate, le cruciverbisme por le cruciforme et la douceur légendaire de mes doigts d’artistes pour la pogne encrassée de l’honnète garagiste amateur. Ne pensez pas (à ce niveau, vaut mieux laisser la crise évoluer naturellement) que cette activité puisse être partagée avec quoi que ce soit, y compris la lecture et le commentaire des galéjeades de Bibi-l’Anxieux-Impatient. La machine a des emprises morales tentaculaires sur celui qui lui prète attention. Elle voud ennivre de ses odeurs mêlées de 95 sans plomb et de SAE été-hiver. Ses cliquettis vous rassurent comme un concert bien mené de tachymètres dans un dortoir de soins intensifs. Et si, par quelque facétie, un bémol vient à passer, un cri de mouette (?!) ou les trilles d’un corbeau (ce type est fou, docteur!) juché sur l’épicéa de la vieille d’en face suggère une hypothétique perte de tours, le camé aux huiles de vidanges quitte le pont, se précipite dans les entrailles fumantes de son garage muni du plus gluant chiffon et se penche vers l’invraissemblable assemblage bruyant. Il faut avoir vu une fois dans sa vie l’image de cette créature, ne ressemblant plus tout à fait à un homme, qui se penche à demi vers le joint de culasse en faisant une sourde prière comme les moissonneurs de l’angélus écoutant leur téléphone portable à bout de piles.

      Après çà, comment voulez-vous, vraiment, que j’aie la tête à faire quelque chose de sérieux?

      Je demande qu’on procède au vote à main levée, je réclâme donc l’absolution. Amen.

      1. Nat

        Ahhh la deux pattes… ma première auto… le cabriolet le moins cher du marché… la mienne était vert pâle, pas besoin d’auto radio, le moteur tient compagnie… et l’odeur unique des caoutchoucs des sièges ! De très mémorables instants avec cette magnifique complice ^_^

  21. pantherspirit

    C’est beau un alphabet qui se mélange pour recréer un langage, un langage secret que le dais en velours de la nuit couvre, afin qu’il puisse s’abandonner en toute liberté. Car ces flambées qui s’enroulent dans tes tourbillons de VIE, permettent justement à ceux qui sont garants de cette dernière de la sentir couler dans leur veines, non pas comme un filet ridicule mais comme un torrent. Un torrent triomphal portant des noces de sève et de feu, et recomposant toutes les couleurs d’un arc en ciel au gré de ses flots. Et lorsque l’aube se lève, lorsque l’alphabet retrouve sa place, les pierres précieuses d’une nuit indulgente aideront les jeunes fantassins à protéger le Château de la Vie !
    Bises félines, The Bibi des Bibis

      1. pantherspirit

        @ Grand33 : Merci, Merci, Merci 😀 !
        Rires, spirit et panther sont liées par un serment indestructible depuis leur sortie de l’œuf, l’une reniflant les airs, l’autre la terre, et toutes deux dansent en cœur dans les flammes ou au creux des ondes…Allez, hop, une petite gigue !

        1. Patiente

          Est-ce qu’on peut danser avec vous dans ce ruedo maravilloso ! L’eau, le feu, l’air, la terre, notre Panther est absolument insaisissable ! Et son esprit nous enchante !!! Dans des fées ou des sorcières ? Peu importe, j’aime danser … et voler .. et chanter …
          Voilà où notre Bibi est capable de nous amener … je vous laisse apprécier !!!

          1. Catherine(d'Argentine)

            Mais non ,Grand 33,tu te trompes,on est juste SAOULES DE BONHEUR et on patiente en virevoltant ,en attendant que Bibi reposte un texte et qu’Herve reapparaisse…

  22. saint-jean

    ouah!!!!!!!

    je suis infirmière et je te dis merci pour tous ces textes,pleins de sensibilité,de vérité et d’amour de ton travail!!!!

    je crois que je vais courir acheter ton livre!!????même si à la réunion,c’est un peu,beaucoup plus cher que la métropole,je suis certaine que ça vaudra le coup!

    et donc,bonne continuation,bonne inspiration et bonnes rencontres car c’est de ça que tes histoires sont faites…..

    à la prochaine!!!

    emma*

  23. samydij

    donc ce qu’on voit dans les séries médicales (pas la clinique de la forêt blanche, des Inconnus, hein !) est vrai, ça bézouille à tout va dans le milieu médical ?

  24. la stagiaire assistante sociale (à l'hôpital)

    Cet article est bien ancien mais je vais quand même commenter.
    Je fais actuellement mon premier stage d’étude (travail social) dans un service social de psychiatrie, il y a les patients, les troubles, les pathologies diverses et variées, les noms de médocs auxquels je comprends rien, je suis plus axée assurances et curatelle (!), les alarmes qui sonnent, les cris parfois. Et puis il y a l’équipe soignante avec qui on collabore, les réunions pluridisc, les entretiens, les réseaux, les infos échangées entre deux portes, les pauses café, les sourires. Et puis il y a les internes, celle qui devient une confidente avec qui je prends mes pauses, et il y a lui, et cette fois où je suis arrivée les traits un peu tirés et avec les habits de la veille… Alors oui, l’hôpital c’est les rencontres, les amitiés naissantes, les sentiments, c’est la vie…

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